Remarques du ministre Goodale annonçant l’élargissement de la Stratégie nationale pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle sur Internet

Discours

Ottawa (Ontario)
Le 6 août 2019

Bonjour à toutes et à tous. Je vous remercie de votre présence.

La semaine dernière, j’étais à Londres, pour une réunion avec mes homologues de l’alliance du Groupe des cinq responsables de la sécurité publique et de la sécurité nationale – le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada.

Nous avons abordé de nombreux sujets importants – la cybersécurité, l’accumulation de preuves contre Daesh liées aux champs de bataille, l’extrémisme de droite violent, la lutte contre la radicalisation, les préjudices sociaux mortels que transmettent les médias sociaux, entre autres.

Mais le sujet prioritaire à l’ordre du jour était le crime épouvantable de l’exploitation sexuelle des enfants, tout particulièrement sur Internet.

C’est un crime avec des répercussions mondiales; les avancées technologiques poussent une augmentation de ce crime.

Les incidents de pornographie juvénile au Canada signalés à la police ont augmenté de 288 % entre 2010 et 2017, soit 5 cas par 100 000 personnes en 2010 par rapport à 18 cas en 2017. De plus, nous savons que tous les incidents de ce crime ne sont pas signalés.

Les principales victimes sont de très jeunes filles, et leur victimisation peut durer très longtemps. Les conséquences sont douloureuses et dévastatrices.

Dans les pays du Groupe des cinq, nous sommes complètement unis dans notre détermination de lutter contre le mal absolu de l’exploitation sexuelle des enfants.

Dans cette lutte, nous transmettons des renseignements afin de poursuivre les prédateurs en ligne, nous mobilisons l’industrie numérique à l’échelle mondiale pour éliminer les images infâmes et empêcher qu’elles ne soient publiées.

De grandes entreprises étaient parmi nous à Londres – Microsoft, Twitter, Facebook, Google et Snap ainsi que Roblox.

Nous avons réitéré notre attente envers les dirigeants de l’industrie. Nous voulons qu’ils mettent en priorité la sécurité des enfants sur leurs plateformes. Ils ont convenu de travailler avec le Groupe des cinq, au cours des prochains mois, sur un ensemble de principes qui guidera leur comportement numérique, y compris le comportement de principaux opérateurs qui aident les petites entreprises afin qu’elles puissent également protéger le bien-être des enfants.

Je dois, à ce point-ci, remercier Lianna McDonald et le Centre canadien de protection de l’enfance situé à Winnipeg pour le leadership dont ils ont fait preuve, ici au Canada, et à l’échelle internationale. Ces personnes donnent l’attention nécessaire à ce grave problème criminel.

Les points essentiels de nos discussions à Londres ont été en grande partie compilés par le Centre canadien. Les autres pays et les entreprises numériques ont reconnu ce centre comme un partenaire indispensable dans la lutte mondiale et cybernétique contre l’exploitation sexuelle des enfants.

Depuis 2004 au Canada, nous avons une Stratégie nationale pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle sur Internet. Mon ancienne collègue, Anne McLellan est celle qui l’avait présentée. Entre autres, elle prévoit l’octroi, de la part du gouvernement fédéral, de soutiens financiers au Centre canadien à Winnipeg, dont Cyberaide.ca.

Au cours des dernières années, notre gouvernement a travaillé à renforcer les efforts suivants :

  • l’accroissement de la sensibilisation du public à propos de ce crime;
  • la réduction de la stigmatisation associée aux signalements;
  • l’augmentation de notre capacité de sévir contre les contrevenants et de les poursuivre;
  • la découverte de nouvelles façons de lutter contre ce crime et de le prévenir.

En 2017, nous avons investi 6 millions de dollars sur une période de cinq ans pour accroître la sensibilisation, la coordination des politiques et la recherche, ainsi que pour financer davantage le Projet Arachnid, un outil en ligne pour cerner et retirer tout matériel lié à l’abus des enfants.

Le Centre canadien de protection de l’enfance assure le fonctionnement du Projet Arachnid. Cette plateforme peut examiner 12 000 images par seconde et détecter le contenu lié à l’exploitation sexuelle des enfants sur Internet. On avise les fournisseurs de services de retirer tout contenu dangereux. Depuis 2016, près de 80 milliards d’images ont été traitées et quatre millions d’avis ont été envoyés.

En 2018, nous avons octroyé 19 millions de dollars supplémentaires sur une période de cinq ans. Ensuite 5,8 millions de dollars seront octroyés chaque année de façon permanente pour le Centre national de coordination contre l’exploitation des enfants de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le travail qu’ils font est si essentiel, et je veux prendre un instant pour féliciter la force et le courage individuels de tous les policiers et les autres intervenants qui se consacrent à ce travail très difficile. Travailler avec des images qui illustrent cette exploitation horrifiante, et ce, quotidiennement et tout au long de la journée, est extrêmement traumatisant. En plus de soutenir les victimes, nous devons veiller à ce que les services policiers aient accès au counseling et à d’autres services pour contrer les blessures de stress post-traumatique (BSPT).

Aujourd’hui, nous élargissons notre Stratégie nationale pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle sur Internet, avec un ajout de 22,24 millions de dollars sur trois ans. J’ai le plaisir d’annoncer que :

  • Un peu plus de 2,1 millions de dollars seront accordés pour intensifier notre collaboration avec l’industrie numérique pour aider à maintenir leur travail ciblé, à développer de nouveaux outils en ligne et à soutenir les principes d’exploitation efficace.
  • Une somme de 4,9 millions de dollars sera utilisée pour accroître la recherche, mobiliser le public, augmenter la sensibilisation et collaborer avec les organisations non gouvernementales.
  • Une somme de 15,25 millions de dollars sera fournie aux unités d’enquête sur l’exploitation d’enfants sur Internet au sein des forces policières municipales et provinciales partout au pays pour améliorer leur capacité. Nous contribuerons aussi à mieux éclairer et améliorer le travail des procureurs.

L’élargissement de notre Stratégie nationale reconnaît que la technologie facilite de plus en plus l’accès simple et sans frontière à des volumes considérables d’images répugnantes. Elles sont partagées à l’échelle mondiale. Les enquêtes sont de plus en plus complexes. L’augmentation de la sensibilisation est essentielle pour nos efforts collaboratifs.

Aucun enfant ne devrait devenir la victime de l’exploitation sexuelle, peu importe sa forme.

Ces crimes sont parmi les pires que l’on puisse imaginer et complètement intolérables.

Le gouvernement du Canada continuera de travailler vigoureusement avec tous ses partenaires des secteurs public et privé, et avec nos alliés internationaux, pour assurer la sécurité de nos enfants, pour prévenir toute autre victimisation et pour traduire les auteurs en justice.

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