Discours du ministre Blair concernant l’interdiction des armes à feu de style arme d’assaut

Discours

Merci beaucoup, monsieur le premier ministre, et bonjour à tous. Avant de commencer, je tiens à offrir mes plus sincères condoléances aux familles des victimes de l’écrasement d’hélicoptère survenu mercredi au large de la côte en Grèce. Nous n’oublierons jamais leur service et leur sacrifice.

Je vous remercie de tous de vous joindre à nous ici aujourd’hui en cette occasion très importante et, oui, solennelle, selon moi. Il y a quelques semaines, en plein cœur de la pandémie de COVID‑19, le Canada a connu la tuerie la plus meurtrière de son histoire : un carnage d’une fin de semaine dans plusieurs belles communautés de la Nouvelle-Écosse a fait 22 victimes innocentes.

Le drame a bouleversé et dévasté les Canadiens. Au fur et à mesure que nous apprenions l’identité des victimes de ces crimes terribles, nous nous souvenons des répercussions tragiques que la violence armée peut avoir sur toutes nos communautés, urbaines et rurales, d’un bout à l’autre du pays. Des mères et des pères, des fils et des filles, des amis et des voisins nous ont quittés beaucoup trop tôt et de façon horriblement violente.

La violence par armes à feu existe malheureusement depuis longtemps dans notre société; elle est toutefois devenue encore plus meurtrière à cause de la prolifération d’armes à feu plus puissantes que jamais. Les armes à feu de type arme d’assaut, celles qui n’ont pas été conçues pour la chasse ou le tir sportif, sont devenues de plus en plus répandues dans le marché du détail canadien. Par ailleurs, depuis qu’elles existent, ces armes ont infligé des dommages colossaux quand elles sont tombées en de mauvaises mains.

Par exemple, en 1989, 14 femmes ont été assassinées à l’école Polytechnique dans un acte horrible de misogynie meurtrière. Dix-sept ans plus tard, la ville de Montréal a de nouveau été bouleversée par la tuerie au Collège Dawson. En 2014, c’est la ville de Moncton qui a été terrorisée par un criminel qui a tué trois agents de la GRC. Et, il y a trois ans, en janvier, à Sainte-Foy, au Québec, un tueur a assassiné six musulmans innocents pendant qu’ils priaient.

Bon nombre d’entre nous gardent un vif souvenir de chacun de ces événements. Ils font malheureusement partie de notre histoire. Lors de ces moments tragiques, des femmes, des policiers, des personnes en lieux de culte et des Canadiens d’un bout à l’autre du pays ont été tués par des personnes malfaisantes brandies d’armes à feu puissantes.

Depuis des décennies, des chefs de police, des groupes militants, des familles endeuillées et des Canadiens ordinaires réclament l’interdiction de ces armes à feu, des fusils qui ont été conçus pour que des soldats tuent d’autres soldats, pas pour des raisons récréatives. Des fusils qui ont leur place sur un champ de bataille, et pas en circulation civile. Des fusils qui ont été conçus pour tuer des personnes et qui ont servi à tuer des personnes innocentes au Canada.

Pendant des dizaines d’années, les Canadiens réclament à chaque gouvernement d’apporter une réforme pour resserrer le contrôle des armes à feu. Nous avons écouté; aujourd’hui, nous passons à l’action. Aujourd’hui, comme le premier ministre l’a dit, nous imposons immédiatement une interdiction sur plus de 1 500 modèles d’armes à feu de style arme d’assaut. Dès maintenant, il est interdit d’utiliser, de vendre ou d’importer dans notre pays ces armes à feu nouvellement prohibées.

À compter de maintenant, nous fermons le marché de ces armes à feu de style arme d’assaut au Canada. Ça suffit.

Nous mettons fin à la prolifération de ces armes et à la militarisation de notre société. À compter de maintenant, il y aura de moins en moins de ce genre de fusils au Canada. De nombreuses personnes nous ont dit qu’elles s’inquiétaient de la militarisation de leur service de police, une conséquence directe de la militarisation de la société.

Les Canadiens méritent de vivre dans un endroit où ils peuvent être en sécurité. D’un océan à l’autre, les personnes sont claires : nous ne pouvons pas courir le risque qu’une autre tuerie survienne dans une école ou un lieu de culte, ou qu’une autre attaque soit commise visant les policiers, les femmes ou les Canadiens innocents dans ce pays. L’interdiction des armes à feu de style arme d’assaut sauvera la vie de Canadiens.

Permettez-moi de dire quelques mots aux propriétaires d’armes à feu canadiens respectueux de la loi. J’ai appris, au cours de mes nombreuses années d’expérience en tant que policier, que la très vaste majorité des propriétaires d’armes à feu au pays respectent la loi. Ils sont responsables. Ils sont consciencieux. Ils achètent leurs armes de façon légitime. Ils les entreposent et les utilisent de façon sécuritaire. Ils respectent nos lois et nous les respectons.

Je tiens à assurer aux chasseurs, aux agriculteurs et aux tireurs sur cibles du pays que les actions d’aujourd’hui ou de demain ne vise aucunement à faire obstacle à cette activité légitime, responsable. Toutefois, nous mettons fin aujourd’hui à l’accessibilité d’armes qui n’ont pas été conçues pour la chasse ou pour le tir sportif. Elles ont plutôt été conçues pour des soldats, afin qu’ils tuent d’autres soldats.

Je comprends que ces armes ont une valeur récréative pour certains. Toutefois, la réalité tragique est la suivante : ces armes ont été conçues pour tuer des personnes et ont été utilisées pour tuer des Canadiens innocents. La sécurité publique doit demeurer notre priorité absolue. Ces armes à feu puissantes sont devenues des armes meurtrières quand elles sont tombées en de mauvaises mains.

Avant tout, nous devons protéger la vie humaine. Il n’existe aucune raison pour laquelle ces fusils devraient être en circulation civile. Ils n’ont pas leur place dans nos collectivités. L’interdiction de ces armes à feu de style arme d’assaut représente une mesure importante. Cependant, permettez-moi de reconnaître que nous sommes conscients que nous avons beaucoup à faire.

Nous présenterons une loi dès que possible pour respecter nos engagements envers les Canadiens, soit de garder les fusils hors de la portée des criminels en renforçant nos lois en matière d’entreposage, et en empêchant le trafic et la contrebande d’armes à feu. Nous instaurerons un meilleur contrôle des munitions et des capacités des magasins.

Et, c’est peut-être l’élément le plus important, nous instaurerons des lois d’avertissement (red-flag), qui permettront aux services policiers d’enlever les armes à feu dans les situations dangereuses pour garantir qu’elles ne deviennent pas mortelles. Nous renforcerons le pouvoir des victimes, des collectivités, des médecins et des familles. Nous donnerons aux Canadiens les moyens de rendre leur vie sécuritaire.

Nous prendrons toutes ces mesures et nous continuerons de travailler fort afin de veiller à ce que notre société soit plus sécuritaire pour nos enfants et nos petits-enfants.

Nous avons agi concrètement, au cours des quatre dernières années, pour resserrer le contrôle des armes à feu. Nous avons investi plus de 327 millions de dollars pour lutter contre la violence liée aux armes à feu et aux gangs. Ces mesures se sont traduites, par exemple, par une augmentation des ressources pour permettre aux services policiers locaux d’enquêter sur les activités liées aux gangs. Elles ont aussi permis de financer des projets axés sur la prévention du décrochage scolaire, de soutenir les victimes de la traite de personnes et de prévenir le recrutement par les gangs.

Nous avons présenté le projet de loi C-71, qui comportait entre autres une mesure visant à renforcer les vérifications des antécédents pour garantir que les fusils ne tombent pas en de mauvaises mains. Par ailleurs, l’automne dernier nous avons fait campagne en promettant d’en faire plus. Aujourd’hui, nous continuons de tenir notre promesse et de respecter notre plan pour garantir une société plus sécuritaire et des collectivités fortes pour les prochaines générations.

Le Canada peut connaître un avenir avec moins de violence armée et moins de tragédie. En passant à l’action aujourd’hui, nous donnons à nos enfants et à nos petits-enfants une meilleure chance d’avoir un avenir meilleur et plus sécuritaire. Merci à tous.

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