Message du directeur
Bilan de l’année : s’adapter à un environnement en constante évolution
L’année 2025 a été une année de turbulences pour le Canada comme pour beaucoup d’autres pays dans un monde où les certitudes s’effritent. Tandis que le gouvernement du Canada compose avec des difficultés croissantes sur le plan de la géopolitique et de la sécurité, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) joue un rôle essentiel pour protéger la sécurité nationale et offrir au gouvernement un avantage en matière de renseignement. En 41 ans d’histoire, notre rôle n’a jamais été aussi crucial.
Le rapport public de cette année rend compte de la complexité de l’environnement de sécurité nationale actuel au Canada. De plus, il souligne en quoi les exigences auxquelles nous devons satisfaire influent sur nos activités et il décrit comment nous continuons de relever les défis toujours croissants pour le Canada.
Le SCRS est souvent limité dans ce qu’il peut dire publiquement, mais j’espère que nous avons su trouver un juste équilibre dans le présent rapport. Nous voulons nous montrer précis, clairs et ouverts tout en protégeant les informations qui doivent rester secrètes pour préserver l’intégrité de nos opérations. Dans un monde où la diplomatie et la collaboration sont de plus en plus importantes pour la sécurité et la prospérité du pays, nous veillerons à déployer de plus en plus d’efforts pour régler les questions de sécurité nationale en collaborant avec les services étrangers qui entendent défendre nos intérêts communs et en confrontant ceux dont les activités menacent ces intérêts. Nous continuerons de recueillir des renseignements, de donner des conseils et de prendre des mesures pour protéger le Canada. Nous informerons aussi les Canadiens et les Canadiennes quand il est dans leur intérêt de le faire. Même lorsque nous ne pouvons pas parler des mesures que nous prenons ni des informations que nous possédons, nous continuons de rendre des comptes au Parlement et faisons continuellement l’objet d’examens de la part des organismes chargés de s’assurer que nos activités servent les intérêts du Canada et de la population canadienne.
Avec le recul, l’année 2025 aura été une année de grandes réalisations et de rappels brutaux. Les réussites que nous avons connues dans la lutte contre le terrorisme ont mené à des interventions policières, y compris à l’arrestation de membres du groupe Hide and Stalk à Québec et à celle d’un mineur qui avait l’intention de commettre une attaque violente contre des Juifs et des policiers à Montréal. Le présent rapport donne des exemples des progrès que nous avons accomplis en matière de contre-espionnage et de lutte contre l’ingérence étrangère. Il décrit en outre comment nous avons contré un cas de répression transnationale qui mettait des vies en danger et empêché des tentatives de cyberintrusion de la part d’États étrangers. Il importe aussi de souligner que nous avons fourni des renseignements et des conseils cruciaux pour favoriser la sécurité du Canada dans le cadre du programme ambitieux de croissance économique et de diversification du gouvernement.
En 2025, nous avons également déployé des efforts impressionnants pour investir dans nos capacités et revoir nos priorités opérationnelles afin de mettre l’accent sur les initiatives qui ont le plus de valeur et le plus de retombées. Dans son budget de 2025, le gouvernement a octroyé au SCRS des fonds réservés à des fins précises, dont 60 millions de dollars pour soutenir les capacités de défense du Canada et accroître notre soutien direct en matière de renseignement à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Il a également prévu 25,7 millions de dollars afin que le SCRS et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) puissent contribuer à appuyer les garanties liées à la sécurité nationale prévues dans la Loi sur les services bancaires axés sur les consommateurs.
De plus, dans son budget de 2025, le gouvernement exigeait des organisations fédérales qu’elles trouvent des solutions pour réaliser des économies annuelles à la suite de l’Examen exhaustif des dépenses, et le SCRS devait lui aussi se plier à l’exercice. Bien que nous ayons élaboré différentes solutions prévoyant des coupures allant jusqu’à 15 % du budget du SCRS, le gouvernement a choisi de fixer le pourcentage de réduction des dépenses annuelles du SCRS à seulement 2 %, ce qui correspond à l’objectif fixé à certains de nos partenaires du milieu du renseignement, de la défense et de l’application de la loi. Nous devons donc réaliser des économies de l’ordre de 14,4 millions de dollars par année à compter de 2026. Pour ce faire, nous comptons réaliser des gains d’efficacité dans notre façon de travailler, diminuer le nombre de postes de cadre et adapter les programmes existants au lieu de réduire la taille d’un effectif hautement spécialisé qui possède déjà les habilitations de sécurité requises.
Tout au long de 2025, nous avons continué de bâtir de nouvelles relations bilatérales et multilatérales ainsi que d’approfondir nos partenariats à l’étranger. L’alliance que forme le Groupe des cinq demeure solide, mais nous avons déterminé qu’il était avantageux pour nous d’approfondir notre collaboration avec des partenaires régionaux en Europe, dans l’Indo-Pacifique et au Moyen-Orient, entre autres. Comme nous entretenons de nombreuses relations de confiance dans le milieu du renseignement partout dans le monde, nous pouvons collaborer avec ces partenaires pour défendre nos intérêts communs et établir de vastes alliances fondées sur la confiance afin de servir les intérêts nationaux du pays. Parmi nos partenaires étrangers, certains ne partagent pas l’ensemble des valeurs et des intérêts du Canada, mais nous collaborons avec eux quand les intérêts de notre pays et du leur convergent et, lorsque ce n’est pas le cas, nous entretenons des échanges francs avec eux de façon à faire avancer les intérêts du Canada. En 2026, il faudra poursuivre et accentuer nos efforts pour bâtir un Canada plus souverain et plus résilient.
Au SCRS, nous avons veillé à instaurer l’environnement de travail nécessaire ainsi qu’à renforcer le leadership et les compétences dont nous avons besoin pour offrir le meilleur de nous-mêmes. Je me suis employé personnellement, tout comme mon équipe de la haute direction l’a fait, à établir des attentes et des responsabilités claires pour les cadres, à corriger les problèmes de comportement en milieu de travail et à bâtir un climat de confiance à tous les niveaux et dans toutes les directions du SCRS, et ce, au moyen d’échanges directs et honnêtes. Nous avons nommé la première ombuds du SCRS et publié le premier rapport annuel sur les cas d’inconduite et les actes répréhensibles, ce qui aidera l’organisation à traiter les problèmes en milieu de travail de façon transparente. Ainsi, l’ensemble du personnel du SCRS devra rendre compte des moyens pris pour remplir l’obligation qu’ils ont de favoriser un milieu de travail positif qui repose sur l’inclusion, la mobilisation et la solidarité. Les membres du personnel se consacrent au service de leur pays et, aujourd’hui plus que jamais, ils doivent donner leur plein potentiel au travail parce que les Canadiens et les Canadiennes ont besoin d’eux. Or, pour être en mesure de le faire, ils doivent sentir qu’ils peuvent se présenter au travail tels qu’ils sont pour donner le meilleur d’eux-mêmes.
À l’instar des rapports des années antérieures, le rapport de 2025 contient des détails sur ce que nous avons vu et ce que nous avons fait dans la dernière année. Il a pour but d’aider la population canadienne à mieux comprendre le contexte de la sécurité nationale et le travail que nous accomplissons pour assurer sa sécurité et sa prospérité. Si nous donnons des exemples de ce que nous avons constaté, c’est pour aider la population à renforcer sa résilience face aux menaces et à prendre des décisions plus éclairées. J’espère que le présent rapport rassurera les Canadiens et les Canadiennes en leur montrant que le SCRS et ses partenaires de l’appareil canadien de la sécurité et du renseignement sont là pour eux et qu’ils veillent sans relâche à leurs intérêts.
Dan Rogers
Directeur, Service canadien du renseignement de sécurité