Allocution de la Ministre Jane Philpott au Canada 2020 – Symposium sur le développement économique des Autochtones
Discours
Le 25 avril 2018 – Fairmont Château Laurier – Ottawa (Ontario)
TEL QUE PRONONCÉ
Bonjour. Je suis très heureuse de commencer la journée avec vous. Je vous remercie de vous être levés tôt et d’être ici pour cette conférence très importante. Je tiens à remercier la nation algonquine – représentée ici par Claudette – de nous avoir accordé le privilège de nous réunir sur ce territoire algonquin non cédé. C’est un grand privilège d’être ici aujourd’hui. Merci, Aînée Claudette, d’avoir ouvert notre rencontre avec une prière et une bénédiction de cette journée, nous sommes ravis que vous vous soyez jointe à nous.
Il y a beaucoup d’invités spéciaux parmi nous. Je vais avoir des problèmes si je dois tous les citer, mais je dois bien sûr rendre hommage au très honorable Paul Martin, que je ne vois pas pour l’instant, mais que j’ai vu tout à l’heure. Je ne pense pas qu’il soit sorti pour éviter mon discours. (Rires) Et je vois mon collègue, le ministre Carr. Je ne sais pas s’il y a d’autres ministres ici, mais beaucoup de chefs et de gens très importants. Je remercie donc chacun d’entre vous d’être là aujourd’hui.
C’est un très grand honneur pour moi d’être ici en tant que toute première ministre à la tête de Services aux Autochtones. Il s’agit d’une tâche complexe et exigeante, mais chaque jour est une source d’espoir. Malgré les structures sociales et politiques qui ont négligé les peuples autochtones et été discriminatoires à leur endroit pendant de nombreuses générations, les Premières Nations, les Inuits et les Métis ont fait preuve de persévérance et démontré la résilience et la dignité des premiers peuples du Canada. Il est désormais collectivement notre devoir d’offrir aux peuples autochtones les possibilités, l’espace et le respect qu’ils méritent pour qu’ils puissent guérir leur esprit, revitaliser leur culture et exercer leurs droits.
Merci à Canada 2020 et à Tim de m’avoir invitée. Je vous remercie de le reconnaître, et je suis sûre que le très honorable Paul Martin a souri quand vous m’avez appelée ministre de l’Économie, parce que je le suis effectivement, et il ne devrait pas y avoir de distinction entre la politique sociale et la politique économique. Elles sont intimement liées et nous n’aurons pas de succès économique et de prospérité sans succès social.
Continuons dans cet esprit. Je pense que j’occupe le meilleur emploi au gouvernement. Nous en discuterons peut-être avec mes collègues plus tard, mais j’ai ce privilège incroyable. J’ai l’occasion de visiter certaines des régions les plus éloignées et les plus belles de ce merveilleux pays et d’assister aux innombrables exemples d’innovation autochtone dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’infrastructure, de la protection de l’enfance et de la création d’emplois. Il s’agit en effet d’une transformation de notre pays dirigée par les Autochtones et fondée sur la mise en œuvre des droits. C’est la clé pour améliorer la qualité de vie des Autochtones, mais ne nous méprenons pas, lorsque nous reconnaissons les droits et permettons cette transformation de notre société par les Autochtones, cela a une incidence positive sur toute notre économie et sur le tissu social de notre pays.
Aujourd’hui, nous parlons de l’autonomisation économique des Autochtones. Je dirais que c’est l’un des moyens les moins compris ou reconnus de stimuler l’économie canadienne. Le Conseil national de développement économique des Autochtones, dont je soupçonne qu’il y a des membres ici aujourd’hui, a estimé que la participation des Canadiens autochtones à l’économie au même rythme que celle des Canadiens non autochtones augmenterait le PIB du Canada de 1,5 % et entraînerait une croissance économique de près de 28 milliards de dollars. Et plusieurs autres ont laissé entendre que ce chiffre est en fait beaucoup plus élevé.
Certains d’entre vous lisent peut-être de temps à autre des articles sur le travail d’une merveilleuse chef d’entreprise des Premières Nations, Carol Anne Hilton, de la Colombie-Britannique. Elle en a récemment écrit un pour l’Institut Macdonald-Laurier dans lequel elle suggère que le Canada devrait se préparer à une économie autochtone de 100 milliards de dollars. Et elle se demande si le moment est enfin venu pour le Canada de comprendre que les peuples autochtones font partie intégrante de la chaîne de valeur de ce pays.
Le fait est que les entreprises autochtones, dont bon nombre sont représentées par des personnes ici présentes, sont imaginatives, diversifiées et en pleine croissance. Selon les statistiques clés sur les petites entreprises d’Industrie Canada, les entreprises autochtones affichent un rendement supérieur à celui de l’ensemble des entreprises canadiennes dans deux domaines particuliers. Premièrement, elles sont plus novatrices et, deuxièmement, elles sont plus susceptibles d’exporter, ce qui est fascinant. Nous savons donc qu’il y a maintenant plus de 40 000 petites et moyennes entreprises autochtones au pays, de toute sorte. On compte des entreprises complexes comme des franchises alimentaires, de jeunes entreprises de haute technologie, des projets d’énergie renouvelable : une telle diversité. Cela comprend, bien sûr, le tourisme autochtone, secteur en croissance qui représente maintenant 1,4 milliard de dollars du PIB annuel du Canada et qui emploie plus de 33 000 personnes.
Donc, avant de vous donner plus de détails sur la façon dont nous pouvons accroître la prospérité économique des Autochtones, permettez-moi de préciser une chose. Pour que les peuples autochtones puissent prospérer, la marche à suivre doit reposer sur la reconnaissance des droits des Autochtones. C’est une conversation que nous avons à l’échelle nationale. Le premier ministre a fait un discours très important à ce sujet le 14 février dernier à la Chambre des communes. C’est quelque chose que les gens ici présents comprendront et nous avons tous l’obligation de partager ce fondement avec nos collègues.
Les peuples autochtones ont des droits inhérents. Dans bien des cas, ils ont des droits issus de traités. Ces droits sont fondés sur le droit international et sont énoncés dans des documents comme la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Ils sont également précisés dans notre Constitution et souvent, comme je l’ai dit, dans les traités. Nous devons reconnaître ces droits et, en fait, nous devons veiller à leur mise en œuvre, y compris le droit inhérent à l’autodétermination.
Ce dont les peuples autochtones ont besoin nous a été expliqué très clairement dans le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, il y a plus de 20 ans : les peuples autochtones doivent avoir le contrôle de leur propre vie. Le premier ministre a déclaré que l’inertie du gouvernement fédéral depuis des générations en matière de reconnaissance et de mise en œuvre des droits des Autochtones a entraîné l’exclusion sociale et économique, l’incertitude et les litiges, alors que nous aurions toujours dû mettre l’accent sur la création de prospérité et de possibilités pour tous.
Par conséquent, notre travail collectif en vue de la pleine participation des peuples autochtones à l’économie repose sur un impératif économique et un impératif juridique, sans parler de l’impératif moral. Comme Tim l’a dit, j’aime me concentrer le plus possible sur les bonnes nouvelles. Les gens disent que c’est une approche axée sur les forces parce que beaucoup de choses peuvent nous décourager, mais je pense que nous nous rendons également service lorsque nous examinons les possibilités.
Je veux donc vous faire part de certaines des choses auxquelles notre gouvernement travaille de concert avec les peuples autochtones pour appuyer le développement économique, et je vais me concentrer sur trois éléments facilitateurs précis que nous pouvons, je crois, influencer. Il y a les institutions, les partenariats et l’éducation.
Et comme Tim a déjà dit, je ferai ensuite quelque chose d’un peu différent. J'inviterai Clint Davis, partenaire et directeur général d'Acasta Capital Indigenous à venir me rejoindre sur la scène pour qu'il nous présente sa perspective. Il est essentiel d'entendre la voix des dirigeants d'entreprises autochtones comme Clint pour établir le programme de développement économique alors que nous cheminons vers la réconciliation.
Commençons donc par le premier élément facilitateur : les institutions. Dans tous les secteurs de la vie publique, il est nécessaire d’élargir le travail des institutions autochtones, y compris les mécanismes de financement qui donnent l’élan nécessaire pour faire avancer leur travail. Je commencerai par mentionner, par exemple, l’Association nationale des sociétés autochtones de financement – je voulais demander à quelqu’un si Shannin était ici aujourd’hui – Shannin Metatawabin, qui est le PDG de l’ANSAF. Je ne le vois pas dans la salle.
Toutefois, l’Association nationale des sociétés autochtones de financement a joué un rôle dans la collaboration avec plus de 50 institutions financières autochtones, et elle a eu beaucoup de succès dans la prestation de prêts, de subventions et de conseils aux entrepreneurs autochtones en herbe. Ils ont soutenu près de 1 400 entreprises chaque année et ont consenti plus de 41 000 prêts, totalisant 2,3 milliards de dollars au cours des 30 dernières années. Les institutions comme l’ANSAF jouent un rôle essentiel en tant qu’élément facilitateur.
J’aimerais également souligner les institutions que vous connaissez, je l’espère, et sinon, je vous encourage à regarder ce qui se passe dans les institutions qui ont été fondées en vertu de la Loi sur la gestion financière des Premières Nations et je fais référence à la Commission de la fiscalité des Premières Nations, à l’Administration financière des Premières Nations et au Conseil de gestion financière des Premières Nations. Ces institutions fantastiques rassemblent les Premières Nations afin qu’elles puissent échanger leur expertise et bâtir une fonction publique gouvernementale plus vaste pour les Premières Nations. Et cette approche a été très efficace.
Prenons l’exemple de l’Administration financière des Premières Nations. Pas plus tard que l’automne dernier, ils ont terminé leur quatrième émission d’obligations sur les marchés financiers. Ils ont recueilli 126 millions de dollars de nouveaux fonds au profit des collectivités autochtones participantes et, en fait, la demande des investisseurs était deux fois supérieure à ce qui était disponible. Je suis donc heureuse de constater que, dans le budget de 2018, nous avons annoncé un investissement supplémentaire de 50 millions de dollars au cours des cinq prochaines années pour renforcer ces institutions particulières.
Nous examinons aussi des choses comme la Stratégie d’approvisionnement auprès des entreprises autochtones du Canada. Au cours des 20 dernières années, les entreprises autochtones enregistrées ont réussi à obtenir des contrats gouvernementaux totalisant plus de 5,2 milliards de dollars et, bien que nous sachions que ceux qui présentent une demande ont souvent du succès, nous savons aussi qu’il y a des obstacles à l’approvisionnement auprès du gouvernement du Canada. Nous avons donc entamé un processus de mobilisation des entreprises autochtones pour moderniser notre stratégie. Et je pense que Clint pourra exprimer quelques réflexions sur le sujet de l’approvisionnement lorsqu’il se joindra à moi un peu plus tard.
Parlons maintenant du deuxième élément facilitateur, celui des partenariats. L’un de mes exemples d’affaires autochtones favoris relativement au pouvoir des partenariats est celui-ci. C’est le travail de Wataynikaneyap Power Corporation dans le Nord de l’Ontario. À Thunder Bay, en mars, j’ai annoncé une aide fédérale de 1,6 milliard de dollars à Watay Power. Watay Power est donc un partenariat des Premières Nations. Vingt-deux Premières Nations se sont regroupées pour former Wawaynikaneyap Power, et elles vont travailler en partenariat avec Fortis Canada Inc. pour raccorder 16 collectivités au réseau électrique provincial, un projet fantastique.
L’une des choses que j’adore dans ce projet – il y en a plusieurs – l’une des choses que j’adore est la façon dont notre ministère des Finances, ce ministère innovateur de notre gouvernement, a été en mesure de nous proposer une nouvelle façon fantastique de pouvoir fournir notre contribution fédérale en utilisant les économies à venir, et en reconnaissant que si nous regardons ce que seraient nos dépenses de diésel pour les 40 prochaines années, pour les collectivités qui dépendent du diésel, qui n’est pas durable pour diverses raisons, nous pourrions, en fait, réserver ces économies et les prendre en compte afin de faire une contribution fédérale.
L’autre chose que j’aime à ce sujet, c’est que les investisseurs des Premières Nations de Watay Power vont utiliser une partie de leurs profits au fil des ans pour augmenter leur part de capital avec le temps, de sorte qu’ils seront finalement propriétaires à part entière de ce corridor de transport. J’espère donc que nous verrons de nombreux autres projets de ce genre à l’avenir.
Certains d’entre vous savent peut-être que c’est quelque chose que la Commission de vérité et réconciliation a demandé. L’appel à l’action no 92 porte sur le rôle des entreprises dans la réconciliation et demande au secteur privé, aux gens comme vous dans cette salle, de veiller à ce que les collectivités autochtones tirent des avantages durables à long terme des projets de développement économique. Des partenariats comme ceux-ci entre les entreprises autochtones et tous les ordres de gouvernement et le secteur privé sont essentiels à la promotion de la prospérité économique. Comme je l’ai dit, ces partenariats doivent reposer sur la reconnaissance des droits des peuples autochtones.
Permettez-moi de vous donner des exemples de la façon dont le gouvernement fédéral favorise les partenariats en matière de développement économique. Le gouvernement réalise de bons progrès dans le cadre de l'initiative sur les partenariats stratégiques, qui aide les collectivités autochtones en coordonnant le travail et le financement de multiples partenaires fédéraux. Les responsables de l'initiative travaillent aussi avec d'autres ordres de gouvernement et le secteur privé pour amasser des fonds. De 2016 à 2017, ils ont amassé plus de 52 millions de dollars qui ont été alloués à des projets sur l'énergie propre, l'exploitation minière et le tourisme, entre autres. Et ils ont travaillé avec 213 collectivités des Premières Nations.
Nous avons commencé à travailler à des projets avec des partenaires autochtones afin d’élaborer, par exemple, un défi en matière de logement et d’infrastructure pour encourager l’innovation dans ces domaines. Il y a tellement de possibilités d’innovation dans le domaine du logement et de l’infrastructure à l’intérieur et à l’extérieur des réserves. J’aimerais vous parler d’un autre projet qui m’a beaucoup impressionnée et qui a été mené par la Métis Nation of Alberta Housing Corporation.
Donc, ce qu’ils ont fait, c’est qu’ils ont conçu un modèle pour réunir les familles, faire des économies durant le processus, et ils l’ont financé en allant aux organismes de services à l’enfance et à la famille de l’Alberta, et en regardant combien d’argent était dépensé pour placer les enfants en familles d’accueil, ce qui était de l’ordre de dizaines de milliers de dollars par année par enfant. Et ils ont dit que nous allions en fait prendre moins d’argent que ce que vous paieriez pour placer ces enfants en famille d’accueil. Donnez-nous assez d’argent pour acheter un petit immeuble d’appartements, un complexe de huit logements. Nous allons le rénover, nous allons réunir les familles, les familles monoparentales ou les familles biparentales qui ont été séparées de leurs enfants, nous allons les réunir, rénover l’unité, l’équiper complètement; les familles vont rester avec nous pendant un à trois ans. Nous allons assurer un soutien sur place, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, fourni par des travailleurs sociaux, des conseillers, des intervenants qui vont être formés au travail; donner à ces gens une nouvelle chance d’être ensemble; réunir les familles et économiser de l’argent.
Pourquoi ne pouvons-nous pas le faire dans toutes les villes du pays?
Permettez-moi de mentionner le troisième élément facilitateur dont je voulais vous parler aujourd’hui, c’est-à-dire l’éducation, tellement essentielle à la réussite. Comme vous le savez, notre économie ne prospérera pas sans une main-d’œuvre qui participe pleinement. En général, le Canada est l’un des pays les plus scolarisés au monde. Nous disposons d’une main-d’œuvre talentueuse et innovatrice, mais les peuples autochtones ne sont pas pleinement représentés. Ils ont souffert tant le rejet que la négligence en ce qui concerne la participation à l’éducation et aux possibilités d’emploi, et notre économie est nettement plus faible à cet égard.
Quatre-vingt-huit pour cent des Canadiens non autochtones âgés de 18 à 24 ans ont obtenu un diplôme d’études secondaires ou l’équivalent. Mais seulement 44 % des membres des Premières Nations dans cette tranche d’âge vivant dans les réserves ont le même niveau de scolarité, seulement la moitié. De même, alors que 66 % des Canadiens non autochtones âgés de 25 à 64 ans ont obtenu un diplôme d’études postsecondaires, seulement la moitié des Canadiens autochtones dans la même tranche d’âge en ont obtenu un.
En raison de ces défis et du niveau de scolarité, les Autochtones sont sous-représentés dans l’ensemble de la main-d’œuvre. Mais la bonne nouvelle, c’est que cela change et que le changement est piloté par les communautés autochtones. Je voulais également vous parler d’une autre histoire formidable, la STEAM Academy de la rivière Grand. J’étais récemment à Six Nations pour célébrer l’inauguration de la STEAM Academy. Elle a reçu l’appui d’IBM. Ils ont mis en œuvre un programme fondé sur les sciences, la technologie, l’ingénierie, les arts et les mathématiques (fondé sur l’acronyme anglais STEAM) et j’ajouterai mon grain de sel en disant qu’il ne faut pas oublier le « A ». STEM n’est rien sans les arts. Ce doit être STEAM. C’est ma petite bête noire.
Mais cette académie relie directement l’industrie à la formation en cours d’emploi et aux arts et à la culture autochtones. C’est la première école au Canada qui permet aux étudiants autochtones d’obtenir en parallèle un diplôme d’études secondaires et un diplôme d’études collégiales. Les étudiants commencent donc à suivre un cours de niveau collégial dès la 10e année. Ils terminent le programme en cinq ou six ans. Le programme est axé sur les compétences et les étudiants le suivent ainsi au rythme de leurs compétences. Bon nombre d’entre eux le terminent beaucoup plus vite que prévu et obtiennent ainsi à la fois un diplôme d’études secondaires de l’Ontario et un diplôme collégial de technicien de l’Ontario.
Mais ce que je préfère de la STEAM Academy c’est la façon dont ils enseignent la technologie du XXIe siècle aux côtés des enseignements historiques de la culture haudenosaunee. Ils enseignent donc les beaux-arts et les langues, ils redynamisent la langue cayuga, dont il reste très peu de locuteurs natifs. Ils enseignent ces arts et cette culture dans une salle et dans la salle à côté, ils enseignent la conception assistée par ordinateur et l’impression 3D ainsi que les outils technologiques ultramodernes du XXIe siècle.
Ils libéreront ainsi le potentiel des jeunes Autochtones qui seront imprégnés de culture traditionnelle et ouvriront la voie à des emplois hautement spécialisés. Partout au pays, il y a de nombreux exemples de ce qui se passe lorsque les collectivités autochtones sont habilitées à exercer leur droit à l’autodétermination et à l’éducation. Il y a quelques mois, j’ai célébré l’ouverture du système scolaire des Premières Nations du Manitoba du Centre de ressources éducationnelles des Premières Nations du Manitoba qui dessert 10 collectivités des Premières Nations du Manitoba.
Nous travaillons à l’heure actuelle avec les Premières Nations du pays qui souhaitent établir des systèmes scolaires semblables pour leurs collectivités. Et je ne peux pas oublier de souligner le travail réalisé dans le milieu postsecondaire par des organismes comme Indspire, un incroyable organisme sans but lucratif dirigé par l’incroyable Roberta Jamieson. Chaque année, ils accordent 3 700 bourses de financement à des étudiants autochtones et ils ne sont pas en mesure de satisfaire la demande.
Il y a tellement d’exemples de progrès et il reste encore beaucoup de travail à accomplir pour tirer parti de la capacité des collectivités autochtones de contrôler la prestation d’éléments comme l’éducation et le travail culturellement adaptés dans tous les autres secteurs. Nous travaillons avec l’Assemblée des Premières Nations à l’élaboration d’un nouveau cadre stratégique pour l’éducation qui fournira, pour la première fois, un financement « équitable plus » pour l’éducation des Premières Nations dans les réserves.
C’est une question que beaucoup de gens ne reconnaissaient pas. Le très honorable Paul Martin est l’un de ceux qui ont reconnu que, partout au pays, nous faisions preuve de discrimination à l’endroit des étudiants des Premières Nations dans les réserves et que nous ne leur fournissions pas le même genre de financement équitable que s’ils avaient fréquenté des écoles provinciales. Mais pour la première fois cette année, le financement des étudiants sera aussi bon ou meilleur que le financement provincial dans l’ensemble du pays et nous cherchons à réformer les méthodes de financement.
La politique mettra donc l’accent sur la souplesse dans l’élaboration des ententes sur l’éducation. Elle permettra d’appuyer la formation linguistique et culturelle et la formation sur le terrain. Il sera incroyable de découvrir ce qui se passera lorsque les écoles des Premières Nations dans les réserves seront financées équitablement. Je soupçonne, comme d’autres l’ont démontré, que les taux de scolarisation vont augmenter simultanément.
Au bout du compte, dans chacun de ces domaines, qu’il s’agisse d’institutions, de partenariats ou d’éducation, on contribuera à stimuler la pleine participation économique des peuples autochtones, au profit de tous.
En terminant, j’aimerais vous faire part d’une citation que j’ai entendue il y a environ 10 ans dans un discours prononcé par Bill Clinton à l’occasion d’une conférence internationale sur le sida, et je ne l’ai jamais oubliée. Il a dit : « Plus j’avance en âge et plus je voyage, plus je réalise que l’intelligence, les compétences, les efforts et les rêves sont répartis uniformément parmi les humains, dans chaque pays, quelles que soient leur race, leur religion et leur culture. Par contre, les mécanismes qui donnent vie à ces choses ne sont pas répartis uniformément, pas plus que les occasions, les investissements et la capacité systématique qui établissent des liens entre l’intelligence, les compétences, les efforts et les rêves d’une personne et le portrait de la vie qui en émerge. »
C’est l’objectif de la réconciliation économique au Canada. Nous voulons faire en sorte que tout enfant des Premières Nations, inuit ou métis né au Canada en 2018 puisse grandir dans un pays qui favorise les occasions, les investissements et la capacité systématique de donner vie à ses rêves. Sur ce, j’ai le grand plaisir d’inviter Clint Davis, associé et directeur général d’Acasta Capital Indigenous, à se joindre à moi maintenant.
Merci beaucoup. Chi Miigwetch.