Ministre Philpott – Assemblée extraordinaire des Chefs de l’Assemblée des Premières Nations, séance plénière principale
Discours
5 décembre 2018 – Ottawa ON
Bonjour. Kwe. Aaniin. Je tiens tout d’abord à reconnaître que nous sommes réunis ici en territoire algonquin non cédé. Je tiens à remercier tout particulièrement le peuple algonquin pour le privilège de nous réunir en cette enceinte. Je tiens à remercier tous les aînés qui sont ici, la plume d’aigle, le bâton d’aigle, le tambour et, bien sûr, en particulier, je tiens à souligner la mémoire d’Elmer Courchene, que je ne connaissais pas aussi bien que vous, mais qui était avec nous à de nombreuses réunions lorsque j’ai rencontré la direction de l’APN en particulier.
J’ai reçu de lui et de ses prières de nombreuses paroles de sagesse. Je tiens à rendre hommage à sa famille et nous continuerons de vous demander de l’aider dans son cheminement et de nous soutenir alors que nous traversons une période de deuil. Je ne suis pas très douée pour cacher mes émotions, alors vous me pardonnerez si je ne suis pas tout à fait dans mon assiette ce matin.
Je tiens à remercier tous les aînés qui nous aident en cette période de deuil et à remercier les nombreux dignitaires qui sont ici, les chefs et les mandataires. C’est agréable de vous voir si nombreux. Merci d’avoir fait le déplacement pour venir ici. Je vois des parlementaires dans la salle. Beaucoup d’entre vous consacrent leur vie à faire de ce pays un endroit meilleur. Je vous remercie de votre présence à cette importante réunion aujourd’hui.
C’est toujours un plaisir d’assister à l’Assemblée extraordinaire des Chefs. Dans mon discours, je vais me concentrer sur un aspect dont le chef régional Hart a parlé, c’est à dire les enfants. Ce matin, je voulais axer mes observations sur la question des enfants et des familles. Je vais passer du temps à la fin pour parler d’autres questions liées à l’infrastructure, comme l’eau et le logement. Commençons par les enfants parce que, comme l’a dit le chef régional Hart, c’est ce qu’Elmer aurait voulu que l’on discute.
C’est un aspect sur lequel nous consacrons tous beaucoup d’attention. Que faisons nous pour les enfants? Certains d’entre vous savent que l’automne dernier, le chef national et moi avons fait une annonce. Nous nous sommes réunis sur les marches de la colline du Parlement. Le chef national et moi étions là avec Cindy Blackstock pour parler de ce qui se passe avec les enfants, vos enfants, dans ce pays.
Ce jour-là, j’ai dit que nous vivons une crise humanitaire. Certaines personnes se sont moquées de moi pour avoir dit cela, mais j’ai commencé à entendre les confidences des chefs. J’ai commencé à entendre les confidences des mères, des grands-mères et des aînés. Je crois que même l’aîné Elmer a reconnu ce que j’ai dit à ce sujet, et il a dit que j’avais raison. C’est bel et bien une crise humanitaire.
Je l’ai déjà dit et d’autres ont reconnu que tous les jours au Canada, sous notre gouverne, alors que nous sommes des leaders, nous savons que quelqu’un entre dans la maison de l’un des vôtres ou dans une chambre d’hôpital où une jeune femme a accouché et lui enlève son enfant. La raison pour laquelle ils emmènent cet enfant est presque toujours la même : la négligence.
On appelle cela de la négligence, comme si on blâme cette jeune mère ou le père ou la famille. Cette négligence, c’est la négligence de notre société. C’est notre société qui a placé cette famille dans une situation de pauvreté, de logement inadéquat, parfois de problèmes de santé pour les parents ou l’enfant. Cet enfant est séparé de sa famille. Nous savons tous qu’il s’agit là d’un héritage permanent dans notre pays, l’héritage du colonialisme, l’héritage de la domination et de l’assimilation, et des politiques gouvernementales comme les pensionnats et la rafle des années soixante.
Ces enfants sont séparés de vous, de votre communauté et de vos familles. Le chef national dit toujours, et personne ne le contredit lorsqu’il cite les statistiques, qu’il y a environ 40 000 enfants des Premières Nations pris en charge par les services sociaux dans l’ensemble du pays. Nous ne connaissons pas le nombre exact, mais c’est à peu près ce nombre. Ce sont les enfants les plus vulnérables de notre pays.
Notre pays doit écouter la voix de ces enfants, mais leur voix est à peine audible, surtout compte tenu du bruit qui existe dans la société, de toutes les autres choses dont les médias parlent. Les voix de ces enfants peuvent à peine être entendues. Je sais que vous voulez élever ces voix aujourd’hui.
Ce problème s’aggrave plutôt que de s’améliorer. Il y a maintenant plus d’enfants des Premières Nations pris en charge par les services sociaux qu’il n’y avait d’enfants dans les pensionnats au plus fort de cette politique discriminatoire. Je ne sais pas combien d’entre vous étaient en vie en 1959, mais j’ai demandé à mon ministère de faire une analyse rétrospective et on m’a dit qu’en 1959, le nombre d’enfants des Premières Nations pris en charge représentait seulement 1 % de tous les enfants pris en charge. Puis les choses ont commencé à changer dans les années soixante. À la fin des années soixante, entre 30 % et 40 % des enfants pris en charge étaient des Autochtones, en grande partie des Premières Nations.
À l’heure actuelle, on peut affirmer qu’environ 52 % des enfants pris en charge dans l’ensemble du pays sont autochtones. Ce chiffre est plus élevé dans certaines provinces; le Manitoba a notoirement les pires statistiques avec 87 %. La Saskatchewan n’est pas loin derrière. Des études montrent que les enfants retirés de leur famille peuvent vivre en moyenne dans trois à treize familles d’accueil différentes au cours de leur enfance.
Je n’ai pas besoin de vous parler de tout ça. Vous êtes au courant. Vous avez vécu cette crise de manière très directe. J’ai reçu de vos nouvelles. Je vous ai entendus dire que vos propres enfants avaient été enlevés, vos petits-enfants, vos nièces et vos neveux. J’ai entendu vos propres expériences, beaucoup d’entre vous ou vos parents sont des survivants des pensionnats. Certains d’entre vous m’ont dit qu’ils faisaient partie de la rafle des années soixante.
D’une manière ou d’une autre, et souvent malgré le prix élevé que vous avez payé et contre toute attente, vous êtes rentrés chez vous, et plus encore, vous êtes devenus des leaders dans vos communautés. Vous avez canalisé la douleur qui vous a été infligée pour une bonne cause, pour dire que vous ne voulez pas que cela arrive à vos enfants ou aux enfants de votre communauté. Vous êtes des leaders et je suis fière de vous, vous qui avez transformé votre douleur en pouvoir. Je suis fière de votre esprit de survie et je veux continuer à apprendre de vous.
Ces enfants sont sur une pente dangereuse. Nous devons reconnaître le chemin sur lequel ils se sont engagés. Nous savons où il mène. Nous savons que plus de la moitié des sans-abri dans les rues de nos villes ‒ Winnipeg a fait une étude cette année ‒ plus de la moitié des sans-abri de Winnipeg ont grandi dans des familles d’accueil ou des établissements. La majorité d’entre eux se sont retrouvés dans la rue, ou ont carrément été mis à la porte, dans le mois qui a suivi l’atteinte de la majorité, lorsqu’ils ont cessé d’être pris en charge par les services sociaux. C’est le chemin qu’empruntent ces enfants. Ce sont ceux et celles qui feront partie des personnes disparues. Ce sont ceux et celles qui finissent par être impliqués dans le système de justice pénale et carcéral. Ce sont ceux et celles qui essaient de soulager leur douleur en consommant des substances qui peuvent devenir problématiques et dangereuses.
Ils deviennent victimes de la traite de personnes, du suicide et de l’homicide. Les enfants élevés dans des familles d’accueil sont plus susceptibles d’être pauvres à l’âge adulte. Ils font partie d’un cycle intergénérationnel de pauvreté. Si, collectivement, nous pouvons trouver un moyen de faire en sorte que ces enfants ne soient pas mis sur cette voie, il y aura d’énormes avantages non seulement pour ces enfants et leurs familles, mais pour tout le pays.
Nous avons annoncé l’an dernier à cette réunion que nous allions tenir une réunion d’urgence. C’est ce que nous avons fait et bon nombre d’entre vous se sont joints à nous en janvier, où nous avons pris des engagements ensemble. Le gouvernement fédéral a pris des engagements en faveur d’un plan d’action en six points sur lequel nous travaillons ensemble. L’Assemblée des Premières Nations s’est saisie de cette question et a joué un rôle de chef de file incroyable.
Pendant votre Assemblée extraordinaire des Chefs, à laquelle j’ai participé en mai dernier, vous avez adopté une résolution dans laquelle vous avez dit qu’il fallait agir à cet égard sur divers plans, y compris sur le plan législatif. Nous avons travaillé ensemble très activement à ce dossier au cours des derniers mois, dans un esprit de collaboration, parce que c’est vous qui savez ce que cette loi devrait contenir et quelle incidence elle devrait avoir sur vos communautés.
Mon ministère se penche également sur cette question. Nous avons organisé 65 séances dans tout le pays, auxquelles ont participé plus de 2 000 personnes. Certains d’entre vous ont participé à ces séances. Des aînés ont pris part à nos réunions. Nous avons écouté les grands-mères, les conseils des femmes, les jeunes. En particulier, je salue le courage des jeunes qui ont été eux-mêmes pris en charge, des jeunes extraordinaires qui savent mieux que quiconque à quel point le système a échoué et comment nous pouvons le changer.
Je me suis réunie avec vous sur la base d’un traité et j’ai rencontré des représentants des nations signataires de traités de tout le pays. Nous avons parlé de ce à quoi devrait ressembler un processus fondé sur les traités alors que nous entreprenons la réforme des services à l’enfance et à la famille dans ce pays. Nous nous sommes rencontrés en tant qu’organisations nationales, régionales et infrarégionales, et nous avons eu des rencontres extraordinaires avec de nombreuses Premières Nations autonomes, dont certaines font un travail extraordinaire sur la question des services à l’enfance et à la famille.
J’ai rencontré les ministres des provinces et des territoires pour les informer du travail que nous faisons. Ils doivent en faire partie. Nous avons rencontré des représentants d’organismes et des experts en protection de l’enfance et nous avons écouté de très bons conseils sur les valeurs qui sont essentielles, sur vos traditions ‒ les merveilleuses traditions que vous m’avez enseignées ‒ et sur vos pratiques culturelles. J’ai entendu les expériences vécues des jeunes, qui m’ont conté ce que c’était que de vivre dans jusqu’à 14 familles d’accueil différentes.
Nous avons écouté la recherche universitaire; il y a d’excellents chercheurs universitaires d’un bout à l’autre du pays. Vous avez beaucoup de préoccupations communes, lesquelles ont été soulevées à maintes reprises. Tout cela a été intégré au processus du groupe de référence dont vous avez entendu parler. Le chef régional Hart y a fait allusion hier et d’autres personnes conseilleront le gouvernement sur les options stratégiques.
Nous avons collectivement perçu un mouvement en faveur de l’adoption d’une loi fédérale et, vendredi dernier, je me suis jointe au chef national pour confirmer qu’il y aura une loi fédérale élaborée conjointement. Le premier ministre a annoncé hier que cette loi sera présentée en janvier. Nous devrons travailler ensemble sur cette question. Nous ne serons pas tous du même avis, mais il y a beaucoup de choses sur lesquelles nous sommes d’accord.
Les provinces et les territoires sont peut-être inquiets à ce sujet, mais nous travaillerons avec eux parce qu’ils savent tous à quel point c’est important. Nous travaillerons avec eux à la mise en œuvre de ce projet de loi.
Que fera le projet de loi? Vous en avez entendu parler, mais je le répète. Il y a deux grands volets à celui-ci. Premièrement, il établira dans la loi fédérale les principes dont vous nous avez parlé, comme l’intérêt supérieur de l’enfant, les droits de l’enfant et de la famille, l’importance de garder les familles unies.
Si les parents ne sont pas en mesure de s’occuper de leurs enfants, nous devons trouver des moyens de soutenir les tantes et les oncles et les Nokomis et les Kokomis pour qu’ils puissent s’occuper de leurs petits-enfants comme beaucoup d’entre vous l’ont fait. Nous préciserons l’importance essentielle de la continuité culturelle. Un enfant ne devrait jamais être arraché à sa culture.
Le principe de l’égalité réelle, que tant d’entre vous ont affirmé, et le principe de non discrimination, c’est-à-dire qu’on ne peut pas faire de discrimination à l’encontre d’un enfant parce que ses parents sont pauvres ou parce qu’ils n’ont pas une maison assez grande. Trouvons un moyen de régler ces problèmes. On n’enlève pas l’enfant.
Le deuxième grand volet du projet de loi, et probablement ce que j’ai entendu le plus haut et fort de votre part, c’est qu’il affirmera les droits qui sont déjà les vôtres, énoncés dans le droit international, dans la Constitution et dans les traités. Le droit à l’autodétermination en matière de services à l’enfance et à la famille. Le projet de loi ouvre cet espace pour exercer les compétences qui vous reviennent de droit. Il ouvrira cet espace pour exercer les compétences qui sont déjà les vôtres à juste titre.
Ce travail a été guidé par des travaux extraordinaires comme ceux de la Commission royale sur les peuples autochtones, qui parle longuement des services à l’enfance et à la famille, de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et, évidemment, de la Commission de vérité et réconciliation.
J’ai dit la semaine dernière que les Canadiens ne devraient pas sous-estimer l’importance de cette mesure législative. Le sujet n’attire pas autant l’attention et la couverture médiatique que d’autres domaines. C’est un travail très important que nous faisons ensemble. Je suis consciente que personne n’est naïf. Nous ne pensons pas qu’une mesure législative puisse à elle seule renverser la vapeur sur ce qui se passe dans ce pays, mais je crois qu’elle peut être un tournant.
Je crois que ça peut être un appel à l’action, un appel à travers le pays pour dire « Plus jamais! » Finies les rafles d’enfants des Premières Nations pour les priver de leurs familles et de leurs communautés, fini le déchirement de vos familles, finis les enfants perdus qui ne connaissent pas leur langue, leur culture, leur patrimoine. Je crois que le projet de loi, conjugué à tous les autres travaux que nous menons ensemble sur la réforme des services à l’enfance et à la famille, peut nous permettre de définir des limites pour l’avenir.
Je me réjouis à l’idée de poursuivre le travail avec vous.
Passons brièvement à un autre sujet avant d’avoir une période d’échange. L’infrastructure. Elle a un certain lien avec le sujet précédent. Vous m’avez dit à maintes reprises que si nous n’avons pas d’infrastructure adéquate, nous ne pouvons pas garder nos enfants. Si nous n’avons pas de maisons, nous sommes privés de la garde de nos enfants. Nous travaillons ensemble sur les énormes lacunes qui existent en matière d’infrastructure, sur des questions comme l’accès à l’eau potable.
Le premier ministre en a parlé hier; des progrès ont été réalisés avec vous, sous votre direction. Nous sommes en voie de respecter l’engagement pris par le premier ministre de veiller à ce que tous les avis à long terme concernant la qualité de l’eau potable dans les réseaux publics des réserves soient levés d’ici mars 2021. Nous avons fait de grands progrès ensemble : 75 de ces avis concernant la qualité de l’eau potable ont été levés. Il en reste 66. Nous avons parcouru plus de la moitié du chemin.
Nous avons élargi le champ d’application. Certains d’entre vous ont reçu des appels à ce sujet dans votre communauté et nous en ont remerciés, parce que nous nous rendons compte que notre travail initial n’avait pas pris en compte tous les réseaux qui devaient être abordés. Nous surveillons davantage de réseaux, nous essayons de prévenir les problèmes dans les réseaux à risque parce que nous savons qu’ils existent aussi. Au dernier décompte, les responsables au Ministère m’ont dit qu’il y a 364 projets d’approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées en cours ou terminés dans 280 collectivités des Premières Nations partout au pays. Cela représente près de la moitié de vos communautés qui ont des projets dans le domaine de l’eau que vous avez réalisés ou que vous êtes en train de réaliser. Il existe des dizaines d’autres initiatives dans des domaines comme la formation des techniciens en traitement de l’eau.
Le chef national et moi sommes très conscients du travail qu’il reste à faire en ce qui concerne la Loi sur la salubrité de l’eau potable. Je tiens à reconnaître que nous y travaillons ensemble, en collaboration avec vous, pour décider de la ligne de conduite à tenir en matière de réglementation fédérale pour donner suite à la Loi sur la salubrité de l’eau potable. J’attends avec impatience d’autres commentaires et d’autres échanges à ce sujet. Une série de séances de mobilisation menées par l’APN nous guide dans ce domaine crucial.
Je vais aborder brièvement la question du logement. Nous ne pouvons pas parler des enfants sans parler du logement. Je sais que c’est une préoccupation critique. Je crois que je n’ai jamais eu de réunion avec les chefs sans que la question du logement soit soulevée. Elle est profondément liée à la santé, à l’éducation et à la protection de l’enfance.
Des progrès ont été réalisés. Je suis heureux de dire qu’au cours des trois dernières années, 10 000 demeures supplémentaires ont été construites ou ont fait l’objet de rénovations majeures. Les travaux sont en cours dans plus de 4 000 autres demeures. Il y a des progrès. Nous faisons également des progrès en ce qui concerne la stratégie nationale en matière de logement.
Nous avons ajouté de l’argent dans les budgets en 2016, puis de nouveau en 2017, et plus récemment, nous avons ajouté 600 millions de dollars sur trois ans pour appuyer non seulement la construction de logements, mais aussi l’élaboration conjointe de cette stratégie du logement. Nous collaborons avec le Comité des chefs sur le logement et l’infrastructure pour nous assurer qu’une approche efficace à long terme permettra de combler l’écart.
Il y a un groupe de travail conjoint sur la collecte de données qui nous donnera une meilleure idée de l’ampleur des écarts et des domaines où ils existent, et j’ai particulièrement hâte de recevoir ses conclusions.
Les maisons visent à réunir des familles. Je pense à une visite dans la communauté de Dakota Plains, au Manitoba, où je suis allée voir certaines des maisons construites dans le cadre du budget de 2016. Je me souviens d’une femme magnifique, Vanessa, qui m’a dit que dans son ancienne maison (et Dakota Plains n’est pas loin de Winnipeg), elle n’avait pas de place pour ses enfants. Son fils adulte vivait dans la rue à Winnipeg. Elle m’a dit : « maintenant que j’ai ma maison, mon fils est rentré au bercail. Il a une place pour vivre avec moi ». Cette maison était plus qu’un immeuble. C’était une façon de réunir une famille.
Il y a encore du travail à faire. J’ai hâte de travailler sur les ajouts aux réserves. J’aime chaque jour où j’ai l’occasion d’approuver un autre ajout à une réserve. Nous nous efforçons d’accélérer ce processus, y compris certaines des modifications législatives qui font leur chemin dans le processus parlementaire en vue d’accélérer les ajouts aux réserves.
Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir ensemble pour combler les lacunes, que ce soit dans les services à l’enfance et à la famille, l’eau ou l’infrastructure. Ce n’est jamais assez rapide. Je suis impatiente comme vous, mais nous avons fait des pas importants. J’espère que nous avons amélioré la façon dont le gouvernement collabore avec vous et l’allure que prend notre relation de nation à nation.
Je repense à ce que m’a dit l’aîné Elmer lors d’une réunion du comité exécutif de l’APN. Comme l’a dit le chef national, il a toujours eu le don de dire des choses dures de la manière la plus gentille et la plus douce. Je n’oublierai jamais, parce que je l’ai écrit quand il me l’a dit, il m’a dit un jour : « Madame la ministre, nous aimons vos paroles, mais les paroles ne nourrissent pas une table ». Les mots ne nourrissent pas une table. Je ne l’oublierai jamais.
Aujourd’hui, je remercie Elmer de m’avoir donné ce conseil et de m’avoir aidé à comprendre comment chaque promesse doit être appuyée par des mesures et des fonds. Elle doit s’appuyer sur le travail en profondeur que la ministre Bennett est en train de faire avec vous pour affirmer et mettre en œuvre les droits. Plus de travail pour faire face aux réalités quotidiennes. Je vous assure que tant que j’aurai le privilège d’occuper ce poste, je travaillerai chaque jour pour vous servir à ce titre.
Je veux surtout dire que je sais que c’est vous qui faites le dur travail. Je tiens à vous remercier pour le travail extraordinaire que vous accomplissez dans tous les domaines qui sont prioritaires pour notre ministère. Je pense aux services à l’enfance et à la famille, au travail extraordinaire que Kupki Christian a accompli et je n’oublierai jamais la cérémonie que nous avons vécue ensemble lorsque nous avons signé un protocole d’entente avec la Nation Secwepemc. Il s’est assuré que j’étais purifiée par brossage avant de reprendre la route vers Ottawa.
Je tiens à souligner le travail d’organismes comme le Bureau du défenseur des droits familiaux des Premières nations à Winnipeg, qui réunit des familles, des centaines d’enfants qui retournent dans leur famille. Je les applaudis.
Je pense au travail sur l’éducation qui se fait partout au pays, à la fantastique cérémonie de signature que nous avons tenue à Maskwacis, en Alberta. J’aurais aimé que vous soyez tous là. C’était une belle cérémonie où l’entente sur l’éducation des Maskwacîs a été signée pour garantir que les autorités scolaires iront de l’avant. Je pense à des endroits comme la belle communauté attikamek de Wemotaci, au Québec, où j’ai eu l’occasion d’entendre les élèves eux-mêmes parler de ce qu’ils voulaient en éducation. Je salue également le travail fantastique de Mi’kmaw Kina’matnewey – je l’ai bien dit? ‒ l’incroyable autorité scolaire de la Nouvelle Écosse.
En ce qui concerne la santé, je pense à Choose Life, le fantastique programme conçu par des jeunes de la Nation Nishnawbe Aski qui sauve littéralement des vies. Je pense au travail accompli en Saskatchewan dans le domaine de la santé dans le cadre de la campagne Know Your Status, où des chefs comme le chef Larry Ahenakew, qui fait un travail incroyable en dirigeant sa collectivité et toute la province dans leur campagne Know Your Status.
L’incroyable travail d’infrastructure de la Wataynikaneyap Power Corporation, dans le Nord de l’Ontario, où Pikangikum est sur le point d’être illuminée et raccordée pour la première fois à une centrale hydroélectrique propre. Je pense au travail que vous faites dans le domaine du logement et pas seulement la même vieille rengaine.
Je n’oublierai jamais ma visite à Skeetchestn, en Colombie-Britannique, lorsque j’ai pu voir les maisons rondes construites pour restaurer les maisons traditionnelles et tout le travail accompli pour assurer la prospérité économique de vos collectivités. Je vois de petits projets comme l’étonnant centre alimentaire communautaire de la Première Nation d’Eel Ground que j’ai eu l’occasion de visiter, et de plus grands projets comme le nouvel hôtel en construction à Whitecap Dakota.
Partout où je vais, vous m’enseignez et vous m’inspirez. À Services aux Autochtones Canada, nous nous engageons à vous écouter, à apprendre de vous, à vous appuyer, à travailler en partenariat avec vous et à toujours nous efforcer d’être meilleurs, de vous servir. Je vous remercie. Chi Miigwetch.