Compassion collective : la ville et le gouvernement unissent leurs efforts pour lutter contre l'itinérance

Les vents froids de novembre soufflaient déjà sur Ottawa lorsque Sophie Frenette, experte en location à Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), a reçu une demande de la Ville d’Ottawa.

Au centre-ville d’Ottawa, le gouvernement du Canada possède plusieurs immeubles à bureaux qui sont gérés par SPAC et en voie d’être aliénés. Les représentants de la Ville ont demandé si l'un de ces immeubles pouvait accueillir un refuge d'urgence temporaire pour les personnes qui cherchent à se protéger des intempéries, de janvier à la fin de mars.

« Nous n'avions jamais accueilli auparavant un refuge de ce genre dans la capitale nationale. Malgré les délais serrés et la courbe d’apprentissage que cela représentait pour mon équipe, nous étions déterminés à aider la collectivité, et nous avions le soutien de notre direction », indique Mme Frenette.

Les représentants de la Ville ne savaient pas trop comment se déroulerait la collaboration avec le gouvernement fédéral. « Nous appréhendions que les politiques et les procédures posent problème, mais nous avions grandement besoin de locaux, conscients de l'arrivée du temps froid et du fait que nos refuges étaient remplis au maximum de leur capacité. Mais une fois que tout le monde a été mobilisé, les choses ont avancé rapidement », indique Rachel Ladouceur, gestionnaire de programme à la Ville d’Ottawa. « L'idée que des gens puissent souffrir nous a tous incités à travailler en collaboration pour concrétiser ce projet. »

De bureau à refuge

Il a donc été établi que la Ville d’Ottawa choisirait un immeuble convenable parmi les immeubles excédentaires de SPAC, et que les 2 parties négocieraient un accord d'occupation temporaire. C'est finalement l'immeuble au 250, avenue Lanark, qui a été retenu. « L'emplacement était idéal », indique Mme Ladouceur. « L'immeuble était situé près des transports en commun, dans un secteur résidentiel qui n'était pas densément peuplé, et les commodités offertes, y compris les douches, répondaient parfaitement à nos besoins. »

 L'extérieur d'un petit immeuble en béton entouré de neige.

SPAC a organisé une visite des lieux avec les représentants de la Ville d’Ottawa. Or, il se trouve que les locaux étaient tout à fait adaptés aux besoins du refuge. « Il y a une aire ouverte, que le personnel de la Ville peut surveiller facilement, ainsi que des aires d'entreposage, des salles plus petites pour les activités de soutien aux bénéficiaires, ainsi qu'une aire centrale pour la réception », explique Mme Ladouceur. La ville étant prête à saisir l'occasion, l'équipe de Mme Frenette a élaboré un accord permettant que cet ancien immeuble fédéral soit utilisé à cette fin. « Nous avons eu d'autres discussions et d'autres visites pour que mon équipe puisse bien comprendre comment la Ville prévoyait de mener les activités du refuge », affirme Mme Frenette.

Celle-ci ajoute que son équipe a consulté des collègues de SPAC dans d'autres régions et les responsables concernés des immeubles avoisinants afin de ne négliger aucun aspect du projet. L'équipe a en outre tenu compte de la nécessité que l'immeuble soit protégé et bien entretenu, car SPAC poursuivait le processus d'aliénation.

Grâce au travail d'équipe et à leur esprit de partenariat, SPAC et la Ville d’Ottawa ont su régler rapidement tous les détails. L'étape suivante a consisté à préparer les 715 mètres carrés du rez-de-chaussée à leur nouvelle vocation. « Pour des raisons de sécurité, nous avons enlevé certaines portes, avons désactivé les ascenseurs, avons limité l'accès à certaines parties de l'immeuble et avons effectué des analyses de la qualité de l'eau », explique Mme Frenette. De son côté, la Ville a installé des détecteurs de monoxyde de carbone et des avertisseurs d'incendie supplémentaires. « Nous avons consulté le service d'incendie et avons fait le nécessaire pour nous assurer que l'immeuble était sûr pour les occupants et l'utilisation que nous voulions en faire », explique Mme Ladouceur. « Nous avons ensuite apporté notre matériel, y compris des lits de camp, des tables et des chaises, et nous avons commencé à accueillir les bénéficiaires le 20 janvier 2024. »

Une rangée de lits de camp en tissu vert dans une petite pièce où il y a du tapis et des fenêtres.
Un bureau de réception octogonal dans des locaux bien éclairés.

Une bonne action qui porte fruit

L'immeuble a rendu un fier service à la collectivité. « L'immeuble est arrivé à point nommé et nous a aidés à répondre à une demande de plus en plus forte », indique Mme Ladouceur. « Le refuge a également permis de diversifier les ressources offertes aux itinérants, c’est-à-dire un autre toit où ils pouvaient se mettre à l'abri des intempéries, obtenir l'aide dont ils avaient besoin et éviter les graves conséquences d'une vie difficile dans notre climat glacial. Pour la Ville, cette expérience a été très positive », ajoute-t-elle. « Qu'il s'agisse du fait que l'immeuble ait répondu d'emblée à tous nos critères, de la volonté des employés de SPAC de nous aider ou encore de la facilité avec laquelle le tout s'est déroulé. »

L'expérience a été tout aussi gratifiante pour Mme Frenette et son équipe. « Le projet a permis à SPAC de faire preuve de bon voisinage, de rendre un immeuble excédentaire utile pendant son aliénation et d'aider les personnes dans le besoin. Nous disons souvent que nous ne sauvons pas des vies dans notre domaine de travail, mais dans ce cas-ci, nous l'avons peut-être fait. »

Découvrez comment nous optimisons notre portefeuille de biens immobiliers et lisez d'autres articles sur SPAC sur la page Nos histoires.

Détails de la page

2024-03-20