Transformer la formation des élèves-officiers de la Garde côtière
« J'ai du mal à croire que ce projet extraordinaire a commencé par un simple diagramme dans mon bureau », affirme Joan Muise, gestionnaire principale de projet à Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC).
« J'étais en réunion avec des collègues de la Garde côtière canadienne, et nous avons élaboré le projet ambitieux d'installer un moteur de navire en parfait état de marche à l'intérieur d'un immeuble, afin de faire passer la formation maritime au niveau supérieur. Nous avons dû innover considérablement, mais nous sommes parvenus à nos fins. »
Grâce à tout ce travail, le Collège de la Garde côtière canadienne à Sydney, en Nouvelle-Écosse, dispose aujourd’hui d'un moteur d’instruction au diesel Wärtsilä opérationnel, qui est la réplique des moteurs que les élèves-officiers trouvent sur les navires. Cet outil de formation est le seul du genre au Canada et l'un des 6 au monde.
Cet outil à la fine pointe de la technologie présente de nombreux avantages. Le moteur Wärtsilä, installé au Collège, a les mêmes fonctions que celui d’un navire. Il se trouve dans une salle des machines similaire et comporte un équipement et des commandes identiques. Il constitue une grande amélioration par rapport aux répliques statiques utilisées auparavant par les élèves‑officiers, qui voyaient un moteur opérationnel seulement lors de leur formation en mer. Maintenant, le moteur Wärtsilä leur permet de simuler des situations et d’être beaucoup mieux préparés à travailler en mer avec efficacité et en toute sécurité.
Mme Muise et l'équipe de SPAC, dont faisaient partie des ingénieurs mécaniciens et des ingénieurs électriciens, ont facilité les travaux de conception, la passation des contrats et l'obtention des services d'installation pour la mise en place du moteur d'instruction du Collège.
Aménager un navire dans un immeuble
Au départ, l'équipe du projet était déroutée par la situation. « C'était du nouveau pour nous, et le Collège n'était pas un chantier naval, pas plus que nous n'étions des constructeurs de navires. Nous étions toutefois déterminés à apprendre et à trouver des solutions », indique Mme Muise.
À la suite d'un processus d'appel d'offres, SPAC a retenu les services d'un expert-conseil pour l'aider à réaliser l'un des éléments les plus complexes du projet : la conception. « Tout d'abord, nous devions nous assurer que l'installation du moteur pouvait se faire dans le respect des codes canadiens du bâtiment », explique Mme Muise. « De plus, les formateurs du Collège, qui voulaient mener des simulations réelles, avaient élaboré un plan détaillé visant à reproduire l'environnement d'un navire. Et il y avait aussi un cahier de charges complet de Wärtsilä. »
La disposition des composantes présentait un autre défi. Le moteur est raccordé à 14 réservoirs contenant, entre autres, du diesel et des liquides de refroidissement. Or, chaque réservoir a sa propre tuyauterie. « Nous ne pouvions pas installer un seul tuyau sans savoir exactement où iraient les autres, ni même les pieds du pont structurel », indique Mme Muise. « Tout a été bien défini dans des dessins 3D. » Parallèlement, un expert en environnement de SPAC a donné des conseils sur la réduction du risque de déversement et des impacts qu’un tel déversement pourrait avoir.
Une fois la conception terminée, SPAC a attribué le contrat pour les travaux de construction en juillet 2021. Le contrat prévoyait non seulement la prestation de services d'installation, mais aussi l'acquisition de pièces supplémentaires. « Le moteur qui nous a été livré comportait les raccords pour une installation sur un navire, lesquels n'étaient pas toujours adaptés à nos besoins. »
Une grue s’est avérée nécessaire pour transporter l'immense moteur autour de l'immeuble et le mettre en place. Selon Mme Muise, cette étape des travaux a nécessité beaucoup de soin et de précision, « notamment parce que nous devions bien placer le moteur sur des plaques parfaitement au niveau, selon les marges de tolérance prescrite par Wärtsilä ». Il a également fallu installer un système d'échappement complexe, et des experts de Wärtsilä sont venus tester et approuver l'équipement du moteur sur place.
Prêt pour l’avenir
En service depuis le printemps 2022, le moteur d'instruction a permis aux élèves-officiers et au personnel de la flotte de la Garde côtière canadienne d'explorer divers scénarios en ce qui a trait au fonctionnement et à l'entretien des navires.
« Je suis très fier de notre contribution à ce projet unique et impressionnant, réalisé en collaboration avec la Garde côtière canadienne, ainsi que des avantages qu'il offrira aux élèves du Collège à long terme », affirme Glen Hynes, directeur général de la Région de l'Atlantique de SPAC.
Dena Richardson, directrice exécutive du Collège, précise qu'« avec l'installation d’un moteur d'instruction Wärtsilä en parfait état de marche et des systèmes de commande connexes, nous montrons notre engagement envers l'excellence de la formation maritime et l'expertise des formateurs en ingénierie navale du Collège, qui ont collaboré avec SPAC tout au long du projet ». Possédant déjà plusieurs simulateurs de calibre mondial, le Collège recevra un autre moteur Wärtsilä, dont l’installation a aussi été confiée à SPAC. Ce nouveau moteur ne sera pas opérationnel. Les élèves pourront le démonter et le remonter à des fins d'apprentissage.
Ces installations de formation exceptionnelles permettront à la Garde côtière canadienne de préparer la prochaine génération de personnel maritime et de consolider sa position de chef de file mondial en matière de sécurité et d’intervention en mer.
Pour en savoir plus sur ce projet, regardez cette vidéo montrant le moteur d'instruction au Collège de la Garde côtière canadienne. Pour lire d’autres articles intéressants sur les employés et les services de SPAC, visitez Nos histoires.