L’impressionnante Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique

Bâtiment de couleur suivre en trois sections avec de grandes fenêtres, un petit dôme sur le toit et un terrain vague à l'avant

Travailler au nord du 60e parallèle peut s’avérer très difficile. Des conditions météorologiques éprouvantes, des difficultés d’organisation du transport vers le site et d’autres obstacles ont été rencontrés lors de la construction de la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique (SCREA) à Cambridge Bay, un petit village nordique et éloigné dans la région de Kitikmeot, au Nunavut. La SCREA est une installation novatrice qui peut répondre à un large éventail de besoins en recherche afin de mieux comprendre les effets des changements climatiques.

Pour réaliser cette installation de pointe, exploitée par Savoir polaire Canada (POLAIRE), un organisme chargé de faire progresser les connaissances du Canada sur l’Arctique, Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) a fourni des services de passation de marchés et de gestion de projet pour le compte de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC). L’équipe a apporté une grande expertise technique, mais c’est l’étroite collaboration avec la communauté nordique qui a été essentielle à la réussite du projet.

Avant la très courte saison de construction estivale, toutes les marchandises et tous les matériaux devaient être apportés sur place par bateau au printemps. John Paul Lamberti, directeur principal du projet de la SCREA à SPAC, explique que l’une des leçons tirées du projet est que le transport maritime a ajouté un élément de difficulté au projet de construction, et que les conditions météorologiques ont constitué un défi encore plus grand. « Le climat, c’est vraiment quelque chose. L’hiver, il fait ‑35 ºC ou moins la plupart du temps, et il y a des vents violents. Nous devions concevoir et construire cette installation pour qu’elle soit fonctionnelle dans ces conditions, tout en atteignant nos objectifs de construction d’un bâtiment écologiquement durable de classe mondiale. » En fait, la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique est devenue l’installation canadienne la plus au nord à obtenir la certification « Leadership in Energy and Environmental Design » Argent.

« La planification détaillée, l’approvisionnement et la coordination au jour le jour pour s’assurer que l’équipe respectait le calendrier ont demandé un effort considérable », explique M. Lamberti. Le maintien d’un environnement de travail sain et sécuritaire a également été l’une des difficultés auxquelles l’équipe a dû faire face.

Pour Samir Patel, chef de projet pour la SCREA à SPAC, la communauté locale a contribué à bien des égards à la réussite du projet : 68 % des contrats de construction ont été attribués à des entreprises enregistrées auprès de Nunavut Tunngavik Inc. « Les travaux ont permis de fournir plus de 200 000 heures d’emploi à la communauté inuite », déclare M. Patel. « La contribution de la main-d’œuvre et de l’expertise locales a été la clé de la réussite de ce projet. »

Une inspiration provenant de la culture inuite

Vue en contre-plongée de l'intérieur d'un petit dôme avec des panneaux circulaires en bois et des panneaux verticaux rectangulaires blancs de différentes tailles

La conception de la SCREA s’inspire de la culture inuite. Par exemple, le revêtement à l’intérieur du dôme dans le bâtiment principal de recherche reflète l’architecture de l’habitation de neige traditionnelle des Inuit (igloo), notamment par sa forme et son motif en spirale ascendante de ses blocs.

Le complexe de la SCREA est réparti en 3 sections : le bâtiment principal de recherche, le bâtiment de recherche sur le terrain et d’entretien, et les bâtiments d’hébergement. À l’extérieur du bâtiment principal de recherche, on ne peut manquer le monument emblématique qui accueille les visiteurs. Il s’agit d’un ensemble de 1 614 kilogrammes de tuyaux en aluminium recouverts de cuivre et de lumières DEL (diode électroluminescente), en forme de feuille d’érable stylisée.

Vue d'en haut d'une structure éclairée en cuivre en forme de feuille d'érable, avec un bâtiment à l'arrière et un village derrière
Bâtiment carré en bois avec un escalier à l'avant et un réservoir blanc à gauche

L’utilisation du cuivre rend hommage aux Inuinnait de l’ouest du Nunavut, que l’on appelait aussi les Inuit du cuivre. La couleur du cuivre est également utilisée dans l’espace public du bâtiment. Cet espace public est utilisé par les chercheurs et les membres de la communauté pour communiquer le savoir traditionnel et travailler ensemble pour étudier les changements climatiques et l’environnement. « Les Inuit utilisaient le cuivre pour fabriquer des couteaux, des têtes de harpons et d’autres outils », explique M. Patel. « Nous avons donc intégré le cuivre dans la conception de cet important espace de recherche. »

La fierté de la communauté

Œuvre d'art inuit sur le sol représentant des triangles orange de différentes tailles et un Inuit en costume traditionnel au centre, entouré de visages et de tambours

Le programme scientifique et technologique de POLAIRE fournit du financement, ainsi que des locaux opérationnels, pour faire de la recherche dans un large éventail de domaines scientifiques allant de la biologie à la géologie, en passant par la génomique et l’informatique. En outre, la SCREA a généré d’importantes retombées économiques et a contribué à la croissance économique dans le Nord. « C’est un élan de développement positif et d’engagement dans le Nord », déclare M. Lamberti.

M. Patel a eu l’occasion de visiter le site pendant les travaux de construction. Il a été impressionné par le projet en soi, mais plus encore par la communauté. « Ils sont très fiers de travailler sur ce projet. »

M. Lamberti ajoute : « J’ai trouvé que l’aspect le plus génial du projet, c’était les gens. Le projet a attiré des personnes qui s’intéressent à l’art, au design, à la science, à l’écologisation du gouvernement, à la réconciliation avec les Autochtones, à l’innovation et à l’esprit communautaire. »

Une reconnaissance dont on peut être fier

L’étroite collaboration avec la communauté locale a été officiellement reconnue par l’Institut des biens immobiliers du Canada à la fin d’octobre 2023 avec le prix Excellence dans l’engagement et les partenariats avec les peuples autochtones. L’équipe du projet de SCREA, tout au long de la conception, de la construction et maintenant de l’exploitation de l’installation, a été composée de plus d’une centaine de personnes de SPAC, de RCAANC et de POLAIRE, et le projet demeure une source de fierté pour tous ceux et celles qui y ont participé.

Visitez la page Web de la Station canadienne de recherche dans l’Extrême-Arctique pour en savoir plus sur ce projet. Pour lire plus d’histoires sur les gens, les projets et les initiatives de SPAC, ajoutez Nos histoires à vos favoris.

Détails de la page

2023-11-07