Comité permanent du Bureau de régie interne : 12 mars 2026

Services d’interprétation

Date : 12 mars 2026, 11 h 30 à 12 h 30

Lieu : En présentiel

En présence : L’honorable Joël Lightbound, Ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement

Sur cette page

Points généraux

1. Déclaration préliminaire

L’honorable Joël Lightbound
Ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement

Le Bureau de Régie Interne (BOIE)
Le 12 mars 2026
11 h 30
Ottawa, ON

680 mots

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Bureau,

Je vous remercie de m’avoir invité à comparaître devant vous aujourd’hui. J’apprécie l’occasion de faire le point sur les services d’interprétation offerts à l’appui des activités parlementaires.

Avant de commencer, j’aimerais souligner que nous sommes réunis aujourd’hui sur le territoire traditionnel non cédé du peuple Algonquin Anishinaabe. J’en profite aussi pour saluer et remercier nos interprètes qui sont en cabine aujourd’hui, [LE BUREAU FOURNIRA LES NOMS].

Monsieur le Président, l’interprétation est essentielle au bon fonctionnement du Parlement et à l’exercice plein et entier des droits des parlementaires dans les deux langues officielles.

Assurer la continuité, la qualité et la fiabilité de ces services est une responsabilité que le gouvernement du Canada, par l’entremise de Services publics et Approvisionnement Canada et du Bureau de la traduction, prend très au sérieux.

La demande pour les services d’interprétation est en croissance au Canada, tant au Parlement que dans l’ensemble des institutions publiques. Parallèlement, l’interprétation simultanée à distance s’impose rapidement comme un mode de prestation important sur le marché, ici comme à l’international.

Dans ce contexte, il est essentiel que nous travaillions en collaboration étroite avec l’Administration de la Chambre des communes, l’Administration du Sénat et les parlementaires. L’adaptation des services d’interprétation à cette réalité en évolution ne peut se faire qu’en reconnaissant collectivement les réalités opérationnelles, techniques et humaines qui caractérisent ce secteur.

Au cours des dernières années, le Bureau de la traduction a mis en œuvre plusieurs mesures pour répondre à ce contexte :

En ce qui concerne ce dernier point : le Ministère a lancé, en octobre, une nouvelle demande d’offres à commandes pour des services d’interprétation en langues officielles pour le Parlement et d’autres événements de grande envergure. Il s’agit d’une nouvelle approche, plus efficace. Nous prévoyons qu’elle simplifiera les processus et améliorera la vitesse de réaction de toutes les parties concernées.

L’un des principaux avantages de cette approche est sa capacité d’intégrer de nouveaux fournisseurs au fil du temps, grâce à des périodes de renouvellement planifiées. Cette option n’était pas offerte avec le précédent modèle de contrat axé sur les tâches.

Le Bureau de la traduction dispose aujourd’hui d’un bassin de 41 interprètes pigistes grâce aux nouvelles offres à commandes. Comme par le passé, il peut aussi utiliser d’autres moyens contractuels pour faire appel à davantage d’interprètes pigistes accrédités pour répondre aux besoins du Parlement.

Notre objectif est de répondre au besoin croissant de services d’interprétation de qualité partout au Canada, sans interruption ni compromis.

Je tiens également à réaffirmer que le Parlement demeure la priorité absolue. Le Bureau de la traduction continue d’agir pour répondre aux besoins parlementaires, en travaillant étroitement avec l’Administration de la Chambre des communes pour gérer, de manière rigoureuse et réaliste, les aspects techniques et les besoins en interprétation.

Enfin, l’accréditation des interprètes demeure la principale garantie de qualité. Oui, il y a eu des ajustements au processus d’accréditation, mais l’examen continue d’être administré conformément aux mêmes normes strictes qui font sa crédibilité depuis longtemps.

La seule nouveauté, c’est l’ajout d’un regard externe et indépendant, issu de la communauté hautement respectée des interprètes de conférence, afin de renforcer la transparence et de soutenir l’amélioration continue.

Mais laissez-moi le dire très clairement : les décisions finales concernant la réussite ou l’échec d’un candidat à l’examen demeurent exclusivement du ressort du Bureau de la traduction. Le niveau de compétence attendu reste inchangé.

Monsieur le Président, mes collègues et moi sommes ici aujourd’hui pour vous présenter la situation de façon claire, expliquer la logique qui sous-tend les changements récents et répondre à vos questions. Nous demeurons pleinement engagés à travailler en collaboration avec la Chambre des communes, le Sénat et les parlementaires pour adapter les services d’interprétation aux réalités actuelles et futures. 

Je vous remercie, Monsieur le Président. Je serai heureux de répondre aux questions des membres du Bureau. 

Documents pertinents

2. Aperçu des services d’interprétation parlementaires

Objet

Le Bureau de la traduction offre des services d’interprétation au Parlement afin de garantir le bon fonctionnement des travaux de la Chambre des communes, du Sénat et de leurs comités respectifs.

Faits saillants

Messages clés

Contexte

En vertu de la Loi sur le Bureau de la traduction, le Bureau de la traduction a pour mission de servir les ministères et autres organismes institués par une loi fédérale ou par un décret en conseil, ainsi que les deux Chambres du Parlement, pour tout ce qui concerne la traduction et la révision de leurs documents : notamment rapports, débats, projets de loi, lois, procès-verbaux ou comptes rendus, et correspondance, ainsi que l’interprétation, l’interprétation gestuelle et la terminologie.

Conformément au Règlement sur le Bureau des traductions, le Bureau de la traduction doit donner la priorité à la traduction des documents parlementaires et à l’interprétation des séances des deux Chambres du Parlement ainsi que de leurs comités.

Le Bureau de la traduction est le fournisseur exclusif de la Chambre des communes et du Sénat, en vertu d’ententes de partenariat quinquennales. Pour leur part, les ministères peuvent retenir les services de fournisseurs du secteur privé pour répondre à leurs besoins en matière de traduction et d’interprétation.

L’entente de partenariat entre le Bureau de la traduction et l’Administration de la Chambre des communes était en vigueur du 1er avril 2020 au 31 mars 2025. Elle a été prolongée jusqu’au 30 avril 2026, et devrait être renouvelée pour une période de 5 ans d’ici cette échéance.

L’entente prévoit que le Bureau de la traduction doit répondre aux besoins en matière d’interprétation du Parlement selon l’ordre de priorité suivant :

L’entente couvre l’interprétation en langues officielles ainsi que dans les autres langues pour lesquelles le Bureau de la traduction a des interprètes (employés et/ou fournisseurs) accrédités. Dans le cas des langues autochtones, elle prévoit que le Bureau de la traduction s’efforce de trouver des ressources adéquates, mais qu’il peut lui être impossible d’y parvenir à l’occasion.

Aux termes de l’entente de partenariat, l’Administration de la Chambre des communes a la responsabilité de fournir le soutien technique nécessaire à l’interprétation, ce qui comprend le matériel nécessaire et la présence sur place d’un technicien en audiovisuel.

L’entente prévoit des obligations pour le Bureau de la traduction afin de garantir la qualité de l’interprétation, à savoir le recours exclusif à des interprètes professionnels accrédités, le respect des normes reconnues de la profession, et la mise en place de mesures d’assurance de la qualité à chaque étape des processus de travail.

Contrairement aux services fournis aux ministères, lesquels sont offerts à recouvrement des coûts, les services que le Bureau de la traduction offre au Parlement sont financés depuis 2008 à 2009 au moyen d’une affectation à but spécial annuelle couvrant la traduction, l’interprétation et le sous-titrage codé. Pour 2025 à 2026, ce budget s’élevait à près de 49 millions de dollars.

Ces fonds additionnels continuent d’être affectés exclusivement aux dépenses de fonctionnement, et sert à absorber les coûts liés :

Il est important de rappeler qu’à l’exception du Parlement, les organisations fédérales sont libres de faire affaire avec le secteur privé plutôt qu’avec le Bureau de la traduction. Les Comptes publics montrent d’ailleurs une croissance du recours au secteur privé en interprétation : de 2020 à 2021 à 2024 à 2025, les dépenses des ministères à cet égard sont passées de 7,6 à 28,6 millions de dollars. Le Bureau ne peut garantir la qualité de ces services.

3. Capacité en interprétation pour soutenir les activités parlementaires

Objet

Afin de répondre aux besoins en services d’interprétation du Parlement, le Bureau de la traduction doit compter sur un important effectif d’interprètes qualifiés (employés et fournisseurs) pour composer avec les enjeux découlant d’une demande élevée, de la pénurie d’interprètes et de l’évolution technologique.

Faits saillants

Messages clés

Si l’on insiste sur l’interprétation à distance :

Si l’on insiste sur l’aide qui peut être offerte par l’intelligence artificielle pour l’interprétation :

Contexte

Depuis de nombreuses années, une pénurie d’interprètes de conférence au Canada et partout dans le monde limite la capacité d’interprétation du Bureau de la traduction.

Les incidents de santé et sécurité au travail survenus lors du passage au virtuel occasionné par la pandémie ont également perturbé la capacité. La durée de travail des interprètes employés demeure réduite par mesure de protection lors des rencontres virtuelles et hybrides (4 heures, par rapport à 6 heures en présentiel). À leur discrétion, les fournisseurs de services d’interprétation peuvent choisir de travailler au-delà de ces limites.

Des réunions tripartites ont lieu régulièrement entre les gestionnaires du Bureau de la traduction et les administrations de la Chambre des communes et du Sénat pour discuter des enjeux communs, notamment de la capacité d’interprétation et de la répartition des ressources existantes entre le Sénat, la Chambre des communes et la Bibliothèque du Parlement en fonction de leurs priorités. Le Bureau de la traduction fait preuve d’une grande souplesse afin de répondre aux demandes de dernière minute et aux imprévus. Il dispose d’une équipe d’interprètes en attente, prêts à remplacer rapidement des collègues au besoin.

Le Bureau de la traduction poursuit son étroite collaboration avec l’Administration de la Chambre afin d’offrir un service d’interprétation à distance pour un maximum de 8 séances par semaine.

Par ailleurs, le Bureau de la traduction prend de nombreuses mesures concrètes pour renforcer sa capacité :

4. Processus d’approvisionnement des services d’interprétation en langues officielles et nouvelle offre à commandes

Objet

En 2025, en collaboration avec la Direction générale de l’approvisionnement, le Bureau de la traduction a modifié son outil d’approvisionnement. Les nouvelles offres à commandes sont entrées en vigueur en janvier 2026.

Faits saillants

Messages clés

Si l’on insiste à propos des rapports du Bureau de l’ombud de l’approvisionnement :

Si l’on insiste à propos de l’impact du choix du plus bas soumissionnaire sur la qualité de l’interprétation :

Si l’on insiste à propos de l’impact des nouvelles offres à commandes sur la santé et la sécurité des fournisseurs :

Contexte

En vue de remplacer les contrats qui venaient à échéance le 31 décembre 2025, Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) a lancé à la fin juin 2025 un processus de demande de renseignements qui s’est clôturé le 8 août 2025. Près de 50 fournisseurs ont soumis des commentaires qui ont été pris en compte dans la préparation du nouvel outil d’approvisionnement : une demande d’offres à commandes.

La demande d’offre à commandes a été affichée le 24 octobre 2025, avec une première date de clôture fixée au 24 novembre 2025 pour les interprètes qui détiennent déjà une accréditation avec le Bureau de la traduction. Trente-quatre soumissionnaires ont été retenus, pour un total de 36 ressources de services d’interprétation disponibles. Une deuxième phase a eu lieu du 24 décembre 2025 au 16 janvier 2026 afin de permettre aux candidats ayant réussi le dernier examen d’accréditation de déposer leur offre. Cinq nouveaux soumissionnaires ont été retenus, portant le total à 41 ressources de services d’interprétation disponibles.

Entre juin et août 2025, le Bureau de l’ombud de l’approvisionnement (BOA) a reçu des plaintes écrites de 4 fournisseurs canadiens concernant l’administration de leurs contrats distincts attribués par SPAC pour la « prestation de services d’interprétation parlementaire et de conférences ». Le BOA a traité chaque plainte dans un rapport distinct. Les 4 rapports du BOA portent essentiellement sur l’attribution du travail, et l’un d’entre eux traite également des préoccupations liées au temps de déplacement. D’autres aspects ont aussi été soulevés, tels que l’utilisation de la plateforme AchatsCanada (Ariba) et la mauvaise foi du ministère quant à l’administration du contrat. Les sommaires des 4 rapports d’examen des plaintes ont été publiés dans le site Web du BOA entre le 12 janvier et le 23 février 2026. SPAC s’est engagé à communiquer les résultats de son examen des conclusions des rapports au BOA.

5. Processus d’accréditation

Objet

Le Bureau de la traduction détient un processus d’accréditation rigoureux en place afin d'assurer des services en interprétation de haute qualité au Parlement.

Faits saillants

Messages clés

Si l’on insiste sur l’intégrité et l’impartialité du processus :

Si l’on insiste sur la qualité :

Contexte

Depuis plus de 30 ans, le Bureau de la traduction s’appuie sur son examen d’accréditation rigoureux, qu’il gère lui-même, afin de veiller à ce que seuls des professionnels répondant à des normes strictes soient mis au service des parlementaires du Canada.

Le Bureau de la traduction explore activement des moyens d’améliorer le processus sans faire entorse aux normes ni à la qualité, qui n’est pas négociable. Pour son examen de novembre 2025, en plus de son jury habituel, le Bureau a invité 2 experts indépendants à porter un regard extérieur sur les évaluations :

Le Bureau de la traduction demeure engagé à garantir son impartialité dans tous ses processus opérationnels incluant l’évaluation des interprètes, et ce, dans un souci d’amélioration continue. De nombreuses institutions de renommée mondiale font de même, et certaines ont déjà fait appel à des interprètes employés du Bureau à titre d’experts externes. Cette démarche visait à protéger la qualité, et non à l’affaiblir. L’examen n’a pas été plus facile, et le taux de réussite de novembre 2025 est comparable aux taux d’examens antérieurs : 10 candidats ont réussi sur un total de 60.

En 2024, le Bureau de la traduction a envisagé de lancer une accréditation de « niveau d’entrée » afin de conclure des contrats avec des interprètes du secteur privé qui n’ont pas réussi l’examen d’accréditation, mais qui ont démontré des aptitudes suffisantes pour les conférences à faible visibilité et non parlementaires. Le projet n’est pas allé de l’avant, mais le Bureau souhaite toujours améliorer son programme d’accréditation afin de mieux couvrir les besoins liés à ces conférences. Le Bureau a notamment consulté ses homologues internationaux qui ont élaboré différents niveaux de certification selon le degré de spécialisation approprié. Un outil d’approvisionnement distinct sera par ailleurs mis en place pour ces conférences.

6. Conditions de travail des fournisseurs de services d’interprétation et santé et sécurité

Objet

Le Bureau de la traduction joue un rôle crucial dans l’exercice de la démocratie canadienne grâce à la prestation de services d’interprétation. Depuis quelques années, la pénurie mondiale d’interprètes de conférence ainsi que les incidents de santé et sécurité liés à la qualité du son ont compromis sa capacité d’offrir des services d’interprétation au Parlement.

Faits saillants

Messages clés

Contexte

Le Bureau de la traduction considère la santé et la sécurité des interprètes comme un élément essentiel au maintien de la capacité d’interprétation. Depuis plusieurs années, le Bureau de la traduction améliore constamment ses mesures de prévention en matière de santé et sécurité, notamment par la mise en place de protocoles de protection acoustique et d’outils de suivi des incidents. Les risques liés au son, dont l’effet Larsen, persistent dans tout environnement comportant un équipement audio complexe, mais des protocoles précis, des mesures technologiques et une collaboration étroite avec les partenaires parlementaires ont permis de réduire les incidents de manière significative depuis 2020.

L’entente de partenariat entre le Bureau de la traduction et l’Administration de la Chambre des communes prévoit les conditions techniques requises pour garantir la santé et la sécurité des interprètes. C’est l’Administration de la Chambre des communes qui est responsable de veiller à ce que ces conditions techniques soient en place. Le Bureau de la traduction travaille de concert avec cette dernière afin d’identifier et de remédier à tout enjeu possible.

Heures d’interprétation et tarifs

La durée de travail des interprètes du Bureau de la traduction assignés aux rencontres virtuelles et hybrides est en moyenne de 4 heures. À leur discrétion, les fournisseurs de services d’interprétation peuvent choisir de travailler au-delà de ces limites.

Les tarifs des fournisseurs ont connu une augmentation des coûts d’environ 70 % au cours des dernières années, en dépit de la diminution du nombre d’heures d’interprétation (de 6 h à 4 h par jour), ce qui reflète à la fois le contexte de rareté et la forte demande pour des ressources hautement spécialisées (en 2024 à 2025, en moyenne, les fournisseurs ont effectué 3,27 heures par jour en interprétation).

Attribution du travail aux fournisseurs

Le Bureau de la traduction attribue les contrats aux fournisseurs de services d’interprétation accrédités qui répondent aux critères exigés (accréditation, disponibilité, lieu de résidence, profil linguistique, indice de qualité et cote de sécurité), en choisissant le plus bas soumissionnaire, conformément aux règles en vigueur. Le Bureau de la traduction suit attentivement l’évolution de l’industrie de l’interprétation afin d’assurer une rémunération juste, de préserver la qualité des services et de maintenir un équilibre financier global.

7. Assurance de la qualité et normes de services

Objet

Le Bureau de la traduction accorde une très grande importance à l’assurance de la qualité des services d’interprétation offerts au Parlement, ainsi qu’au respect strict des normes de service les plus élevées afin de garantir le bon déroulement des activités de la plus haute institution démocratique au pays.

Faits saillants

Messages clés

Contexte

Le nouvel outil d’approvisionnement en services d’interprétation pour le Parlement énonce les attentes du Bureau de la traduction en matière de qualité, de gestion du rendement et de mise en œuvre des mesures correctives, le cas échéant. Il renforce la gestion du rendement et priorise, à qualité constante, le meilleur tarif entre fournisseurs accrédités.

La qualité de l’interprétation est assurée non pas par le prix demandé par les fournisseurs, mais par un processus d’accréditation obligatoire et par un mécanisme de gestion du rendement (qualité) des fournisseurs. Pour travailler au Parlement, le Bureau de la traduction exige que les fournisseurs de services d’interprétation aient obtenu l’accréditation du Bureau, laquelle constitue un gage de qualité. Le Bureau évalue également la qualité du travail des interprètes employés et fournisseurs en s’appuyant sur la rétroaction obtenue.

Par ailleurs, un ou des interprètes-ressources employés du Bureau sont responsables de chaque comité parlementaire afin de suivre les travaux, de s’assurer que les autres interprètes employés et fournisseurs affectés aux rencontres disposent des lexiques, de la terminologie, des documents et des renseignements pertinents, et de veiller à la qualité constante du service.

L’assurance de la qualité et les normes de services reposent ainsi sur une base de ressources qualifiées (accréditées), sur une gouvernance renforcée et sur des outils opérationnels (attribution, suivi des incidents et rétroactions). Les exigences en matière de santé et de sécurité, la capacité globale (employés et fournisseurs) et l’encadrement de l’interprétation à distance soutiennent la continuité, la qualité et la fiabilité des services au Parlement, dans une logique d’amélioration continue et de saine gestion des fonds publics.

Niveau de service au Parlement et dans les ministères

Dans un contexte de pénurie d’interprètes de conférence et d’augmentation de la demande d’interprétation, les interprètes accrédités (employés et fournisseurs) ne peuvent répondre à tous les besoins de l’appareil fédéral. Le Règlement sur le Bureau des traductions prévoit que le Bureau de la traduction doit servir le Parlement en priorité. Néanmoins, le Bureau ne ménage aucun effort pour servir les ministères dans la mesure de sa capacité.

8. Aperçu de l’interprétation au Canada

Objet

L’interprétation joue un rôle essentiel au Canada et le Bureau de la traduction de Services publics et Approvisionnement Canada est le principal fournisseur de services d’interprétation pour le gouvernement fédéral. Ces services soutiennent la dualité linguistique du Canada et maintiennent des standards professionnels élevés.

Faits saillants

Messages clés

Contexte

Le secteur de l’interprétation au Canada connaît une croissance régulière et soutenue. À l’instar du secteur de la traduction, on constate une demande accrue pour des interprètes spécialisés dans certains domaines dont la santé, le droit, l’immigration, la diplomatie et les affaires gouvernementales. Dans l’ensemble du marché des services linguistiques, l’interprétation est le secteur qui connaît la croissance la plus rapide, reflétant les exigences croissantes en matière d’accès multilingue et de conformité.

L’interprétation à distance, y compris les services vidéo et téléphoniques, connaît également une croissance rapide, étant devenue un modèle de prestation permanent et évolutif dans les institutions publiques, les marchés privés et les services essentiels. Alors que la technologie et l’intelligence artificielle améliorent l’efficacité et la portée, les interprètes professionnels restent essentiels dans les contextes à haut risque et à enjeux élevés, positionnant l’interprétation comme une infrastructure de base de la fonction publique plutôt que comme un service discrétionnaire.

Au Canada, l’industrie de la langue est composée principalement de travailleurs autonomes et de petites entreprises. Le Bureau de la traduction est le principal employeur de traducteurs, terminologues et interprètes (groupe TR—dont il a l’exclusivité au sein de l’administration publique centrale) et le plus grand donneur d’ouvrage de l’industrie. Les traducteurs, terminologues et interprètes du Bureau sont représentés par l’Association canadienne des employés professionnels (l’ACEP), l’un des plus grands syndicats du secteur public fédéral. L’ACEP conteste fréquemment dans les médias et sur la place publique les conditions de travail des interprètes employés du Bureau. De 2020 à 2024, elle a été très active à dénoncer les problèmes de santé et sécurité liés aux rencontres virtuelles et hybrides. En 2025, elle s’est opposée au recours à des experts indépendants pour évaluer les résultats de l’examen d’accréditation.

L’ACEP entamera en 2026 la négociation du renouvellement de la convention collective du groupe TR. Habituellement, les membres du groupe TR optent pour l’arbitrage et non pour la grève en cas d’impasse des négociations. Cela dit, l’ACEP s’est dotée depuis quelques années d’un fonds de grève et pourrait opter pour cette mesure. Dans un tel cas, il est fort probable que les interprètes seraient désignés comme des employés essentiels et ne pourraient pas débrayer.

La principale association professionnelle représentant les interprètes de conférence est l’Association internationale des interprètes de conférence (AIIC), qui regroupe plus de 3 000 membres dans plus de 100 pays. Elle défend les intérêts de ses membres, établit des normes professionnelles et soutient la formation et le développement professionnel. Au Canada, l’AIIC compte environ 120 membres. Elle ne représente donc pas la totalité des quelque 200 interprètes de conférence accrédités en langues officielles actifs au Canada. Certains employés et certains fournisseurs du Bureau de la traduction en sont membres, mais pas tous. Et bien qu’elle négocie des conventions collectives pour les interprètes de certaines organisations internationales, elle ne joue pas ce rôle syndical pour ses membres au Canada. L’AIIC est néanmoins inscrite au Registre des lobbyistes du Canada et exerce des pressions politiques pour ses membres.

Comme l’ACEP, l’AIIC est très présente dans les médias pour contester les conditions de travail des fournisseurs de services d’interprétation du Bureau de la traduction. De 2020 à 2024, elle a critiqué sévèrement les mesures prises par le Bureau pour protéger les interprètes des incidents acoustiques, et en 2025, elle a attaqué la refonte de l’approvisionnement du Bureau, incité les fournisseurs à ne pas soumissionner au nouvel outil, et appelé le ministre à annuler la refonte de l’approvisionnement ainsi que le dernier examen d’accréditation. Elle s’appuie notamment sur des sondages menés auprès de ses membres, et fait des affirmations qui ne reflètent pas toujours les faits. Elle a obtenu par le passé l’annulation d’initiatives du Bureau liées à l’approvisionnement en interprétation, et elle manifeste pour le statu quo, qui avantagerait ses membres.

9. Gestion des risques

Objet

Le Bureau de la traduction a adopté des mécanismes de gestion des risques lui permettant de garantir la continuité, la fiabilité et la qualité des services d’interprétation offerts au Parlement.

Faits saillants

Messages clés

Si l’on insiste sur les risques d’incidents de santé et sécurité :

Si l’on insiste sur les risques liés au manque de capacité et de relève :

Si l’on insiste sur le risque que les interprètes employés ou fournisseurs refusent de travailler au Parlement :

Si l’on insiste sur les risques liés à la qualité et à l’accréditation :

Si l’on insiste sur les risques liés aux contraintes financières :

Contexte

Le Bureau de la traduction gère les risques liés à l’interprétation de manière intégrée, au moyen d’une série de mesures efficaces :

10. Relève et engagement continu

Objet

Le Bureau de la traduction travaille de concert avec les universités canadiennes afin d’assurer la relève en interprétation pour garantir la viabilité de la profession langagière.

Faits saillants

Messages clés

Contexte

Le Bureau de la traduction collabore depuis de nombreuses années avec le secteur langagier canadien pour appuyer et élargir l’enseignement de la traduction et de l’interprétation afin de stimuler la relève et d’assurer la viabilité de la profession langagière. Services publics et Approvisionnement Canada a reçu le mandat d’établir un programme de bourses d’études pour former la prochaine génération d’interprètes en langues officielles à même ses fonds jusqu’à concurrence de 1,1 million $ sur 5 ans, à compter de 2024 à 2025. Le Bureau de la traduction a remis des bourses de 1 000 $ à 6 étudiants de première année, et des bourses de 7 000 $ à 13 nouveaux diplômés du Collège Glendon et de l’Université d’Ottawa, pour un total de 97 000 $ en bourses (relève en interprétation).

Les enveloppes récentes ont permis de soutenir des étudiants de première année et de nouveaux diplômés, tout en appuyant l’amélioration d’équipements pédagogiques spécialisés, un levier concret pour la viabilité de la profession et l’employabilité. Il mise sur de nouveaux programmes universitaires en interprétation pour renforcer le recrutement, dont ceux lancés à l’Université Laval et à l’Université du Québec à Trois-Rivières, ainsi que sur ses partenariats de longue date avec l’Université d’Ottawa et le Collège Glendon (Université York).

Le Bureau de la traduction est présent dans les universités en fournissant entre autres des interprètes employés pour enseigner aux étudiants, ou en offrant aux étudiants des ateliers de préparation à l’accréditation.

En ce qui a trait à l’Université d’Ottawa et au Collège Glendon, ce sont respectivement 8 et 5 diplômés qui pourraient être prêts à interpréter sur la colline parlementaire au printemps 2026 (suite à la réussite de l’examen d’accréditation). L’Université Laval pourrait diplômer jusqu’à 19 étudiants au printemps 2026 tandis que l’Université du Québec à Trois-Rivières pourrait en diplômer jusqu’à 19 au printemps 2027, selon les données d’admission dont le Bureau de la traduction dispose. Les nouveaux diplômés embauchés sont appuyés par des interprètes employés chevronnés pour une durée de 2 ans afin de les préparer à l’examen d’accréditation.

11. Services linguistiques assistés par la machine GCtraduction

Objet

GCtraduction est la première solution de traduction assistée par l’intelligence artificielle du Gouvernement du Canada, conçue de manière à centraliser les données linguistiques, à améliorer l’uniformité et à offrir des services de traduction plus rapides et plus sûrs dans l’ensemble du Gouvernement du Canada.

Faits saillants

Messages clés

Contexte

L’intelligence artificielle joue un rôle central dans la modernisation des opérations de la fonction publique qui s’inscrit dans la transformation numérique du gouvernement du Canada. En améliorant l’efficacité, la productivité et la qualité des services, elle permet aux fonctionnaires de se concentrer sur le travail à valeur ajoutée qui donne de meilleurs résultats pour la population canadienne.

Dans le cadre des initiatives du Budget 2024 liées à l’intelligence artificielle, le Bureau de la traduction a développé un prototype d’outil de traduction automatique alimenté par l’intelligence artificielle. Le Bureau de la traduction a profité de l’entente entre Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) et Microsoft pour entraîner une version d’Azure AI Translator au moyen de son corpus de textes spécifiques à SPAC. Appelé SPACtraduction, le prototype a d’abord été mis à la disposition de tous les employés de SPAC en juin 2025. Le prototype SPACtraduction a obtenu un taux de satisfaction supérieur à 90 %. Les utilisateurs citent la facilité d’utilisation, la précision, la sécurité et la possibilité d’une révision professionnelle comme principaux avantages.

Compte tenu de son succès, l’outil a été déployé sous le nom de GCtraduction dans 6 autres organisations fédérales, soit Patrimoine canadien, la Gendarmerie royale du Canada, le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE), le ministère des Finances, le Bureau du Conseil privé et le Secrétariat du Conseil du Trésor (excluant SPAC). Les organisations participantes ont été choisies de manière à valider différents aspects du projet, comme la prise en charge d’organisations de tailles différentes, la disponibilité des données requises, le respect des exigences de sécurité propres à chaque organisation, la compatibilité entre les systèmes, etc. Un déploiement plus large au gouvernement du Canada est prévu en avril 2026 (environ une 30aine de ministères et organismes) et le déploiement complet d’ici le 31 mars 2027.

En plus de la traduction en langues officielles, le Bureau de la traduction compte explorer l’appui que peut offrir l’intelligence artificielle pour la rédaction, l’interprétation et la reconnaissance vocale. À long terme, d’autres outils s’ajouteront à GCtraduction afin d’offrir aux fonctionnaires du gouvernement fédéral un centre linguistique en libre-service alimenté par l’intelligence artificielle. Le Bureau de la traduction étudiera notamment le soutien que l’IA peut apporter à la traduction vers les langues autochtones et d’autres langues.

L’objectif de GCtraduction est de permettre aux fonctionnaires de traduire des textes de routine, de manière sécurisée et efficace, avec des résultats validés par des traducteurs professionnels, au besoin. Les fonctionnaires demeurent responsables de respecter la Loi sur les langues officielles, y compris de garantir l’égalité réelle entre le français et l’anglais dans les communications avec la population canadienne et au sein du gouvernement fédéral. GCtraduction comprend un avertissement à ce sujet, et une fonctionnalité qui facilite les demandes de révision auprès du Bureau de la traduction.

GCtraduction n’est actuellement pas disponible sur le réseau parlementaire toutefois, le Bureau de la traduction a travaillé de concert avec le Conseil national de recherches Canada pour développer des outils d’intelligence artificielle mis à la disposition des traducteurs du Bureau de la traduction pour soutenir les travaux du Parlement.

12. Situation financière des établissements d’enseignement postsecondaire dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire

Fiche pour la Période des questions
Ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles

Enjeu

Situation financière des établissements d’enseignement postsecondaire dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire

Mise à jour

13 janvier 2026

Source

S.O.

Sommaire

Les établissements postsecondaires dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire font souvent face à un financement restreint et dépendent de fonds publics (gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux), qui sont souvent jugés insuffisants.

Réponse recommandée

Toile de fond

Préparé par : Jean Marleau (613-266-3277)

Directrice générale associée – communications : Pamela O'Leary (343-576-3716)

Directrice générale : Sarah Boily (819-635-7362)

Sous-ministre adjointe : Julie Boyer (613-852-4129)

Autres

13. Questions pertinentes inscrites au feuilleton concernant les services d’interprétation

Remarque : les données ci-dessous sont en date de la question.

Q-2966 – 17 septembre 2024

La question portait sur le nombre de fois, depuis le 1er janvier 2020, où le Bureau de la traduction n’a pas été en mesure de répondre aux demandes d’interprétation pour les réunions du Cabinet ou des comités du Cabinet à l’heure initialement prévue en raison d’un manque de ressources, ventilé par année civile.

Réponse

Dans sa réponse, le Bureau de la traduction a d’abord indiqué qu’il rencontrait activement ses clients, gérait les priorités et travaillait à l’augmentation de la capacité d’interprétation, ce qui lui a permis de fournir des services à toutes les réunions avec interprétation pour les réunions du Cabinet et des comités du Cabinet. Deuxièmement, et pour répondre plus directement à la question, le Bureau de la traduction n’effectue pas réellement de suivi de l’heure initialement prévue des séances, étant donné que le calendrier des réunions du Cabinet change constamment. Il n’enregistre les affectations que lorsqu’elles sont terminées, ce qui signifie qu’il ne conserve pas les données relatives aux heures initialement proposées ou prévues. En fait, aucun chiffre précis n’a pu être fourni, car ces données n’ont jamais été recueillies.

S-314 – 29 février 2024

La question portait sur les activités d’interprétation simultanée du Bureau de la traduction pour les exercices 2018 à 2019 à 2022 à 2023 et couvrait 6 domaines : les heures d’interprétation par organe parlementaire, le nombre d’interprètes (salariés et pigistes), la répartition des services à distance et en personne, les accidents du travail, les annulations dues à des problèmes d’interprétation et les corrections apportées à une réponse antérieure (Q-535).

Réponses

Nombre d’heures d’interprétation : Les réunions des comités de la Chambre des communes sont celles qui nécessitent le plus d’heures, avec un pic de 8 544 heures en 2022 à 2023. Le nombre d’heures pour toutes les catégories a chuté en 2019 à 2020 (probablement lié à la COVID-19) avant de se redresser. Les séances du Sénat sont celles qui avaient le nombre d’heures le moins élevé.

Dotation : Les interprètes salariés étaient plus nombreux que les interprètes pigistes dans la plupart des catégories. Notamment, le recours aux pigistes pour les séances du Sénat et de la Chambre a fortement diminué en 2022 à 2023 (à seulement 4 chacun), tandis que le recours aux pigistes lors des réunions des comités a augmenté.

À distance ou en personne : Le Bureau de la traduction ne fait pas le suivi de cette distinction. Il signale qu’à l’exception des séances du Sénat (maintenant entièrement en personne), tout le travail est traité comme ayant une composante à distance par défaut.

Blessures sur le lieu de travail : Les données antérieures à 2020 à 2021 n’étaient pas accessibles. Depuis 2020 à 2021, le Bureau de la traduction enregistre des rapports de situations comportant des risques liés à l’interprétation et à la qualité du son, soit un total de 153, 91 et 119 au cours des 3 exercices consignés, respectivement. La grande majorité des situations comportant des risques n’a fait l’objet que d’un rapport (aucune blessure physique), les blessures invalidantes représentant environ un tiers de ces situations. Le plus grand nombre de blessés a été enregistré pour les réunions des comités de la Chambre des communes. Aucune donnée sur les blessures subies par les pigistes n’est conservée.

Annulations : Le Bureau de la traduction ne peut pas fournir de données fiables, car la décision d’annuler une séance relève du président de chaque séance et le Bureau de la traduction n’est pas toujours informé des raisons.

Corrections à la Q-535 (données de 2021 à 2022) : Des mises à jour mineures ont été apportées : quelques heures d’interprétation ont été ajoutées aux comités de la Chambre et du Sénat, le nombre d’employés a été révisé à la baisse de 65 à 62 pour les travaux parlementaires, les honoraires professionnels ont été corrigés à la hausse, passant de 5 142 159 $ à 5 155 624 $, et quelques rapports de blessures ont été reclassifiés.

Q-2180 – 13 décembre 2023

Cette question portait sur les activités du Bureau de la traduction ventilées par exercice depuis 2011 à 2012, notamment : le nombre total d’heures d’interprétation simultanée, le nombre d’interprètes salariés, le nombre d’interprètes pigistes et la valeur monétaire des contrats de pige – le tout réparti entre les séances de la Chambre des communes et les réunions des comités de la Chambre.

Réponses

Heures d’interprétation (partie a) : Les données pour l’ensemble de cette question ne remontent qu’à l’exercice 2017 à 2018, car le Bureau de la traduction faisait auparavant le suivi des jours-interprètes plutôt que des heures. Les réunions des comités ont toujours demandé plus d’heures que les séances de la Chambre. Le nombre d’heures de travail a considérablement diminué en 2019 à 2020 (probablement lié à la COVID‑19), puis s’est redressé pour atteindre ses plus hauts niveaux en 2022 à 2023, soit 6 370 heures pour la Chambre et 8 544 heures pour les comités.

Interprètes salariés (partie b) : Le nombre total d’interprètes salariés a légèrement augmenté au cours de la période, passant de 62 à 68. Les réunions des comités ont mobilisé beaucoup plus de personnel que les séances de la Chambre tout au long de l’année.

Interprètes pigistes (partie c) : On a eu beaucoup plus recours aux pigistes pour les réunions des comités que pour les séances de la Chambre. Notamment, le recours aux pigistes pour les séances de la Chambre a fortement chuté à seulement 4 en 2022 à 2023, contre 13 l’exercice précédent.

Valeur en dollars des contrats de pige (partie D) : Le gouvernement n’a pas été en mesure de fournir cette information, affirmant qu’elle ne fait pas l’objet d’un suivi centralisé.

Q-1434 – 21 avril 2023

Cette question visait à obtenir des renseignements sur la dotation, les ressources, les délais d’exécution et les arriérés au Bureau de la traduction.

Réponses

Dotation (question a) : Le Bureau de la traduction compte 32 traducteurs pour les documents parlementaires et les rapports des comités de la Chambre, 42 pour les débats et le Hansard, 34 pour les séances des comités et 665 pour les autres ministères fédéraux.

Délais d’exécution (question b) : La réponse renvoie à une annexe qui contient les délais de traduction des rapports et des autres documents destinés aux comités de la Chambre des communes pour les périodes du 1er avril 2015 au 31 mars 2021 et du 1er avril 2022 au 31 mars 2027.

Arriérés (questions c et g) : Le gouvernement signale qu’il n’y a pas d’arriéré de longue durée dans les opérations normales. Les grands projets exceptionnels peuvent ne pas être visés par les cadres de service normaux, mais le Bureau de la traduction travaille avec ses partenaires pour s’assurer qu’ils n’ont pas d’incidence sur les activités normales. Le sous‑ministre et le président-directeur général fournissent régulièrement des mises à jour au ministre.

Ressources supplémentaires (questions d et e) : Le Bureau ajoute à sa capacité un bassin du secteur privé pour les grands projets, et des traducteurs salariés supervisent le contrôle de la qualité lorsque le temps le permet. Les délais d’exécution des grands projets sont négociés avec les partenaires parlementaires en fonction du volume et du format des documents.

Explication des délais d’exécution (question f) : Les échéances des travaux parlementaires ordinaires sont fixées en fonction des besoins du Parlement et des exigences de qualité prévues dans les accords de service. Les délais des grands projets sont négociés individuellement.

Politique sur le télétravail (questions h et i) : Depuis 2016 à 2017, le Bureau de la traduction a adopté une approche de télétravail progressive. Depuis avril 2023, la plupart des traducteurs sont exemptés de la directive gouvernementale sur le travail hybride sur place de 40 % et peuvent travailler entièrement à distance, à l’exception de ceux qui traitent des documents classifiés ou Protégé C; ces employés travaillent sur place à tour de rôle.

14. Réponses pertinentes écrites aux comités liées aux services d'interprétation

Note : les réponses ci-dessous correspondent à la date de la réponse à la question.

Le Bureau de régie interne – le 13 juin 2024

Question 

Le plan d’intégration, le guide et la stratégie de suivi détaillés du Bureau de la traduction pour les nouveaux interprètes qui font partie du nouveau projet pilote qui accorde une accréditation de niveau débutant aux candidats prometteurs qui n’ont pas réussi à obtenir l’accréditation complète.

Réponse

Le Bureau de la traduction (le Bureau) continuera de servir le Parlement en priorité, avec ses interprètes accrédités.

Le Bureau a développé un projet pilote sur l’accréditation générale en interprétation pour les conférences du gouvernement du Canada seulement (c.-à-d. les services autres que ceux fournis au Parlement). Le Bureau a également élaboré un document de travail préliminaire pour encadrer le projet pilote, ainsi qu’un guide et des outils aux encadreurs. Ce document de travail préliminaire évoluera et sera révisé à la suite de la rétroaction obtenue cet automne.

Dans le cadre de ce projet, qui s’adresse uniquement aux organismes et ministères gouvernementaux, une accréditation de niveau d’entrée serait accordée aux interprètes pigistes en langues officielles qui ont les compétences nécessaires pour travailler lors d’événements généraux et à faible visibilité, mais pas les compétences requises pour être autonomes lors d’affectations complexes et de haut niveau. Grâce au projet pilote, les ministères pourraient recourir aux services d’interprétation du Bureau pour leurs événements plutôt que de devoir engager eux‑mêmes des interprètes non accrédités. L’objectif est de fournir à ces interprètes les ressources et les possibilités nécessaires pour qu’ils obtiennent de l’expérience et éventuellement une accréditation complète. Comme il s’agit d’un projet pilote, des ajustements seraient apportés au fil du temps, à la lumière des résultats et des leçons retenues.

Le Bureau a l’habitude d’embaucher des étudiants en interprétation fraîchement diplômés et de les accompagner pendant 2 ans ou jusqu’à ce qu’ils puissent passer l’examen et obtenir une accréditation complète. Le Bureau fournit déjà de la rétroaction constructive aux candidats qui échouent de justesse à l’examen d’accréditation afin de les aider à répondre aux normes de qualité élevées en matière d’interprétation au Parlement. Le projet pilote s’appuie sur cette expérience.

Les interprètes pigistes faisant partie du projet pilote bénéficieraient d’un plan d’accompagnement afin de parfaire leurs connaissances tout en offrant des services d’interprétations pour les conférences du gouvernement. Ils seraient également encouragés à se présenter à l’examen pour obtenir l’accréditation complète lorsque le Bureau jugera qu’ils ont acquis l’expérience et les compétences nécessaires. Comme il n’y a pas de relation employeur-employé avec les interprètes pigistes, cet accompagnement diffère de celui offert aux interprètes stagiaires qui sont des employés du Bureau.

Comme tous les pigistes du Bureau, le travail des interprètes du projet pilote ferait l’objet d’une évaluation de la qualité. Ainsi, dans le cadre de sa stratégie de contrôle et de suivi de la qualité des services d’interprétation, le Bureau envisage plusieurs options, comme l’utilisation d’enregistrements, afin de fournir régulièrement de la rétroaction aux interprètes. Les interprètes du projet pilote seraient jumelés à des interprètes expérimentés qui leur donneraient de la rétroaction constructive et seraient prêts à intervenir afin de soutenir le nouvel interprète.

Le Bureau de la traduction est persuadé que ce plan lui permettrait de former des pigistes compétents, de découvrir de nouveaux talents et d’augmenter sa capacité à offrir des services d’interprétation.

Le Bureau de régie interne – le 29 septembre 2022

Question

Le plan du Bureau de la traduction pour accroître la capacité des services d’interprètes accrédités destinés à appuyer les travaux de la Chambre des communes. Par cette demande, on tient à obtenir une clarification du nombre total net de nouveaux interprètes supplémentaires et accrédités (y compris les départs) depuis le 23 juin 2022.

Réponse

Le Bureau de la traduction a embauché 7 interprètes de plus depuis le 23 juin 2022. Tous les interprètes sont affectés en priorité au Parlement (Chambre des communes et Sénat). Les affectations à l’extérieur du Parlement ont été grandement réduites afin de veiller à avoir la capacité requise pour les activités principales du Parlement. Veuillez noter que tous les nouveaux employés et les interprètes indépendants nouvellement accrédités étaient déjà inclus dans la préparation du calendrier de la Chambre des communes et du Sénat pour l’automne 2022.

Le Bureau collabore également avec l’Administration de la Chambre pour offrir une expertise quant au projet pilote de la Chambre des communes sur l’interprétation en mode dispersé. Si la Chambre décide d'aller de l'avant avec cette nouvelle façon de fournir des services, nous sommes prêts à travailler à sa mise en œuvre. Une douzaine d'interprètes pigistes accrédités ont déjà exprimé leur intérêt à participer au projet.

Question

Le plan du Bureau de la traduction pour trouver des solutions à long terme et remédier à la pénurie d’interprètes qualifiés dans l’ensemble de l’industrie, pour ce qui est d’assurer un soutien continu et adéquat à la Chambre des communes.

Réponse

Le Bureau de la traduction continue de travailler sur plusieurs initiatives pour s’attaquer à tous les aspects des problèmes de capacité. Le Bureau travaille en collaboration avec les 2 seuls établissements qui offrent un programme en interprétation de conférence au Canada – l’Université d’Ottawa et l’Université York – pour former la relève en interprétation, et embauche tous les diplômés en tant que stagiaires.

Chaque année, le Bureau tient un examen d’accréditation ouvert aux candidats qui répondent aux critères d’admissibilité. Le plus récent examen a eu lieu le 4 novembre. Plus de 70 interprètes l’ont fait. Les résultats sont attendus d’ici janvier 2023. Depuis 2021, l’examen se déroule virtuellement, ce qui permet à plus de candidats d’y participer.

Le Bureau explore également des solutions novatrices pour accroître la capacité, y compris le recrutement à l’étranger. En outre, le Bureau poursuivra ses discussions avec ses partenaires de l’industrie, au Canada et à l’étranger, afin de trouver de nouvelles façons d’accroître la capacité ainsi que d’attirer de nouvelles personnes dans la profession et de les maintenir en poste.

Le Bureau de régie interne – le 3 mars 2022

Question

Pouvez-vous différencier le nombre de blessures liées à la fonction parlementaire de celles du cabinet et du Premier ministre ? Y a-t-il un moyen de quantifier comment cela s’est déroulé ?

Réponse

Le tableau ci-dessous indique où les incidents comportant des risques se sont produits au cours des 3 dernières années, en distinguant la Chambre des communes, le Sénat, le Théâtre national de la presse, le BCP - Cabinet et les autres ministères. Un incident est une situation dans laquelle un Rapport d’enquête sur les situations comportant des risques a été déposé. Il est important de noter qu'un rapport de situation comportant des risques n'est pas synonyme de blessure.

Tableau 1 : Où les incidents comportant des risques se sont produits au cours des 3 dernières années
Client 2020 2021 2022 à ce jour (22 mars 2022) TOTAL
Chambre des communesnote * du tableau 1 65 43 20 128
Sénatnote * du tableau 1 18 16 3 37
Théâtre national de la presse 13 13 9 35
BCP – Cabinet 13 5 0 18
Autres ministères 5 21 1 27
TOTAL 114 98 33 245
Note du tableau 1
Note * du tableau 1

Inclut les chambres législatives, les comités et les réunions des caucus.

Retour au renvoi * de la note du tableau 1

Le Bureau de régie interne - le 2 décembre 2021

Question

Les 124 interprètes sont-ils suffisants pour les besoins de la Chambre et de ses commissions (nous comprenons que les 124 sont en fait pour toutes les activités parlementaires que vous soutenez, HOC et Sénat)

Réponse

Le Bureau de la traduction a actuellement la capacité de continuer à servir le Parlement et le gouvernement du Canada. Pour des services d’interprétation en langues officielles, le Bureau peut faire appel à environ 65 interprètes internes et 60 interprètes pigistes qui ont obtenu un contrat ouvert en 2021 à 22 (volet parlementaire).

La demande de services pour l’'interprétation peut fluctuer considérablement. Pour mieux répondre à la demande, le Bureau de la traduction collabore avec ses clients pour planifier et prioriser leurs besoins à l'avance, et retient les services de pigistes au besoin. Les interprètes pigistes sont également sollicités par le secteur privé, c'est pourquoi le nombre de ressources dont dispose le Bureau de la traduction varie quotidiennement.

Le Bureau de la traduction sert le Parlement en priorité et travaille en étroite collaboration avec l'administration de la Chambre, qui détermine l'affectation des ressources en fonction des priorités de la Chambre. Lorsque la demande dépasse la capacité pour un créneau horaire donné, l'administration de la Chambre consulte les whips des partis afin d’obtenir des directives sur les réunions qui obtiendront les ressources requises.

La profession d'interprète de conférence est un groupe en pénurie, non seulement au Canada, mais dans le monde entier. Le Bureau de la traduction travaille depuis 30 ans sur des initiatives visant à augmenter le nombre d'interprètes – employés et pigistes – qualifiés sur lesquels il peut compter.

Question

Combien d'interprètes sont francophones / anglophones ?

Réponse

Tous les interprètes du Bureau de la traduction (employés et pigistes) sont testés et accrédités pour travailler de façon bidirectionnelle (de l'anglais vers le français et vice versa). Par conséquent, faire la distinction entre interprètes francophones et interprètes anglophones ne s’applique pas dans ce contexte. Le nombre d’interprètes disponibles varie quotidiennement. Que la réunion soit en personne, hybride ou virtuelle, les députés et les témoins peuvent s'exprimer dans la langue officielle de leur choix et les interprètes du Bureau de la traduction sont prêts à assurer une couverture complète dans les deux langues officielles.

15. Interventions des membres du comité concernant les services d’interprétation

L’honorable Steven MacKinnon

Affiliation politique : Libéral

Circonscription : Gatineau (Québec)

Depuis 2022, le ministre MacKinnon se penche, au Bureau de régie interne, sur la capacité du Bureau de la traduction à maintenir ses services tout en faisant face à des pénuries de personnel causées par le faible taux de diplomation et le départ à la retraite de spécialistes. Il a examiné la corrélation entre le travail à distance et l’augmentation des blessures auditives, cherchant à comprendre les risques pour la santé des interprètes et des parlementaires. Ses recherches ont mis en évidence les compromis techniques difficiles pour trouver un équilibre entre un son de haute qualité et les mesures de sécurité nécessaires pour éviter les chocs acoustiques.

L’honorable Arielle Kayabaga

Affiliation politique : Libéral

Circonscription : London-Ouest (Ontario)

À l’automne 2025, les questions de la leader parlementaire adjointe du gouvernement, Mme Kayabaga, au Bureau de régie interne portaient sur la viabilité opérationnelle et financière du modèle d’interprétation dans le cadre du système parlementaire hybride. Elle cherchait à connaître les effets de la participation à distance sur la concentration des interprètes et à savoir comment le Bureau de la traduction gérait la lourde charge de travail et les horaires irréguliers requis pour les séances en continu. Elle a également abordé l’augmentation de 70 % des coûts des services, et a demandé aux témoins d’indiquer si ces dépenses étaient viables et comment de nouvelles structures tarifaires pourraient atténuer ces dépenses.

Yves Perron

Affiliation politique : Bloc québécois (Québec)

Circonscription : Berthier—Maskinongé

Lors de la réunion du Bureau de régie interne du 12 février 2026, le député Yves Perron a critiqué la surveillance indépendante du nouveau processus d’approvisionnement du Bureau de la traduction. Il a soutenu que la présence d’un cadre supérieur du Bureau de la traduction nuit à l’impartialité et fait en sorte que les préoccupations concernant la qualité du service ne sont pas prises en compte. Il a souligné une baisse de 56 % de la capacité des pigistes, et a attribué la pénurie aux contrats des soumissionnaires les plus bas et aux problèmes persistants de sécurité auditive associés au travail à distance. Il a également affirmé qu’il préférait les interprètes sur place, car leur présence virtuelle aurait supposément entraîné des retards.

Les autres membres du Bureau de régie interne n’ont pas fait d’interventions importantes liées aux services d’interprétation.

Questions et inquiétudes soulevées précédemment

Depuis 2020, les membres du comité ont régulièrement exprimé leur inquiétude sur ce qu’ils qualifient de situation précaire des services d’interprétation. Ils ont notamment insisté sur la corrélation directe entre le modèle parlementaire hybride et l’augmentation des blessures chez les interprètes pendant la pandémie. Les premières inquiétudes concernaient la fréquence élevée des chocs acoustiques et des incidents « évités de justesse » causés par la mauvaise qualité audio des participants à distance. Cette situation a donné lieu à des appels en faveur d’une présence obligatoire des témoins et des présidents, ainsi que de règles strictes concernant la protection du personnel (« pas de casque d’écoute, pas de participation »). Les membres ont exprimé leur frustration face aux disparités techniques entre la Chambre et le Sénat. Ils ont soutenu que la commodité pour les membres semblait avoir préséance sur la sécurité physique des interprètes, qui souffraient de maux de tête débilitants, de fatigue et de dommages auditifs à long terme.

Depuis l’été 2023, le comité ne s’inquiète plus seulement de la sécurité physique immédiate des interprètes, mais aussi de la détérioration à long terme de la capacité de service. Les membres ont constaté un « plafonnement » des heures d’interprétation offertes, qui s’est traduit par l’annulation de réunions de comités et la perte d’heures de travail parlementaire. Ils ont étudié la pénurie de personnel qualifié et ont constaté que les départs à la retraite surpassaient le lent afflux de nouveaux diplômés issus des 2 seuls programmes canadiens menant à l’agrément. Cette situation a suscité un débat sur des solutions expérimentales, telles que la réduction de la durée des quarts de travail de 6 à 4 heures et le lancement de projets pilotes visant à faire appel à des étudiants « presque agréés » ou à des pigistes régionaux. À la fin de 2024 et au début de 2025, le débat s’est tourné vers la viabilité budgétaire : les membres ont été confrontés à une augmentation de 70 % des coûts des services et au recours éventuel de l’intelligence artificielle, tout en maintenant que les normes d’agrément élevées ne devaient pas être compromises pour répondre à la demande.

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2026-06-22