Enquête canadienne sur le cannabis (ECC) de 2018 : Sommaire des résultats

Introduction

Le gouvernement a mis en place la Loi sur le cannabis, un nouveau cadre national strict permettant de contrôler la production, la distribution, la vente et la possession du cannabis au Canada. Santé Canada a recueilli des données supplémentaires afin de mieux comprendre l’opinion des Canadiens au sujet du cannabis et la façon dont ils en font usage. Ces données serviront à évaluer l’incidence de la nouvelle loi, entrée en vigueur le 17 octobre 2018, et à appuyer l’élaboration de projets de politiques et de programmes, notamment des activités d’éducation et de sensibilisation du public.

Santé Canada évalue la prévalence de l’usage du cannabis au sein de la population générale grâce à deux enquêtes : l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues (ECTAD) et l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues chez les élèves (ECTADE). Ces enquêtes auprès de populations générales répondent à des questions importantes entourant la prévalence du cannabis. À titre d’exemple, selon l’ECTAD de 2017, 15 % des Canadiens âgés de 15 ans et plus (soit 4,4 millions) avaient consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois (19 % dans le groupe d’âge des 15 à 19 ans, 33 % auprès des 20 à 24 ans, et 13 % auprès des 25 ans et plus). L’ECTADE de 2016-2017 indiquait que 17 % des élèves de la septième à la douzième année (environ 354 000 élèves) avaient consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois. Ces enquêtes ne sont toutefois pas conçues pour recueillir des renseignements détaillés sur la consommation de cannabis au Canada, comme la fréquence de la consommation, les méthodes de consommation et les perceptions sur la consommation de cannabis par les consommateurs et les non-consommateurs. Pour obtenir des renseignements plus complets, Santé Canada a donc conçu et mis en œuvre l’Enquête canadienne sur le cannabis (ECC).

L’Enquête canadienne sur le cannabis a été menée pour la première fois en 2017. Elle a examiné de manière approfondie les habitudes de consommation, telles que les quantités de cannabis consommées et l’usage du cannabis à des fins médicales, le marché du cannabis tel que les sources et le prix du cannabis, ainsi que des questions de sécurité publique, comme la conduite avec facultés affaiblies. L’Enquête canadienne sur le cannabis de 2018 visait à recueillir des données supplémentaires, notamment l’évolution du consentement à déclarer publiquement la consommation de cannabis lorsqu’elle sera légale, le risque perçu lié à diverses méthodes de consommation de cannabis, la source attendue de cannabis une fois ce dernier légal, l’absentéisme à l’école et au travail dû à la consommation de cannabis, et le traitement ou le counseling pour consommation de cannabis. L’Enquête canadienne sur le cannabis de 2018 comprenait également des questions au sujet de la consommation par les mères pendant la grossesse et l’allaitement; cependant, l’échantillon était trop petit pour signaler ces résultats. En outre, les données de 2018 permettront la comparaison avec les données recueillies en 2017 et avec les données qui seront recueillies après la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur le cannabis en octobre 2018.

L’ECC a été conçue selon un processus de recrutement en deux étapes, où les répondants sont d’abord recrutés par téléphone (téléphone traditionnel et téléphone mobile) à partir de listes de numéros de téléphone aléatoires. Les répondants qui étaient alors jugés admissibles au sondage  sur la base d’un ensemble de questions de sélection ont par la suite reçu, par courriel ou par SMS (service de messagerie texte) sur leur téléphone mobile, un lien menant au sondage en ligne. Il fallait en moyenne 22 minutes aux répondants qui ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois et 10 minutes aux répondants qui ont déclaré ne pas en avoir consommé pour répondre à l’ECC de 2018.

Le sommaire qui suit présente les conclusions de l’enquête issues du deuxième cycle de collecte de données, qui a commencé le 15 mai 2018 et a pris fin le 9 juillet 2018. Les conclusions de l’enquête ont été pondérées par province, par groupes d’âge et par sexe à la naissance. Les résultats de 2018 se fondent sur les réponses fournies en ligne par 12 958 répondants âgés de 16 ans et plus dans l’ensemble des provinces et des territoires. L’ECC a été conçue afin d’obtenir un nombre suffisant de répondants de sous-populations clés et des quotas ont été déterminés et respectés afin de garantir la pertinence des résultats sur le plan statistique et la représentativité. Sur toutes les réponses reçues, 3 395 provenaient de personnes ayant déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois à des fins médicales ou non médicales. La répartition selon le sexe et l’âge est la suivante : 6 662 femmes et 6 160 hommes; 503 répondants âgés de 16 à 19 ans, 879 répondants âgés de 20 à 24 ans et 11 576 répondants âgés de 25 ans et plus. Les répondants dans les provinces et territoires étaient au nombre de 1 614 en Alberta, 1 631 en Colombie-Britannique, 608 au Manitoba, 455 au Nouveau-Brunswick, 507 à Terre-Neuve-et-Labrador, 476 en Nouvelle-Écosse, 3 876 en Ontario, 485 dans l’Île-du-Prince-Édouard, 2 622 au Québec, 468 en Saskatchewan et 216 des trois territoires combinés.

Des données ont été recueillies au sujet de quatre secteurs thématiques : les connaissances, attitudes et comportements; la consommation de cannabis et les produits consommés; la conduite sous l’influence du cannabis, et la consommation à des fins médicales. On trouve ci-dessous un sommaire des résultats clés. Des tableaux de résultats détaillés ont été publiés dans le site Web de Bibliothèques et Archives Canada.

Bien que certaines questions ont été modifiées entre le cycle de 2017 et de 2018, on a effectué une comparaison avec les données de l’ECC de 2017 lorsque possible. Toutes les augmentations et diminutions figurant dans le texte ci-dessous représentent des changements statistiquement significatifs (en d’autres termes, il est peu probable qu’ils soient survenus par hasard seulement). Par souci de lisibilité, l’expression « statistiquement significatif » sera omise. De même, le texte indique parfois que la proportion est « inchangée » ou n’est pas différente entre deux groupes, même si les chiffres ne sont pas identiques. Cela se produit lorsque les différences entre les chiffres ne sont pas statistiquement significatives. En ce qui concerne les analyses entre les hommes et les femmes, il faut faire preuve de prudence lorsque l’on examine les différences entre 2017 et 2018. En 2017, ces analyses étaient fondées sur le genre avec lequel le répondant s’identifiait, alors qu’un 2018, c’est le sexe à la naissance du répondant qui a été utilisé.

Définitions

  • La consommation de cannabis comprend la consommation du cannabis sous sa forme sèche ou lorsqu’il est mélangé à un autre produit ou transformé en un autre produit, comme un produit comestible, un concentré (y compris le hachisch), un liquide ou un autre produit.
  • La consommation de cannabis à des fins non médicales s’entend de la consommation pour un éventail de raisons autres que médicales (p. ex., à des fins sociales, pour le plaisir ou l’amusement, ou pour une raison spirituelle, de mode de vie ou autre que médicale).

Thème 1 : Connaissances, attitudes et comportements

Tous les répondants ont dû répondre à des questions sur leurs opinions et leurs connaissances sur le cannabis. Parmi les sujets abordés, notons l’acceptabilité sociale de la consommation de cannabis et d’autres substances, le risque perçu lié à la consommation de cannabis et d’autres substances, l’observation de la consommation de cannabis en public et la consommation de cannabis à la maison.

Acceptabilité sociale

Les répondants ont été interrogés sur l’acceptabilité sociale de la consommation occasionnelle (2017 et 2018) et régulière (2018) de divers produits. Parmi les substances proposées (alcool, tabac et cannabis), le produit dont la consommation était la plus acceptée socialement était l’alcool, suivi par le cannabis et le tabac. Par exemple, 60 % des répondants ont indiqué que la consommation régulière d’alcool était tout à fait ou assez acceptable socialement en comparaison à 46 % pour l’usage de cigarettes électroniques contenant de la nicotine, 45 % pour fumer du cannabis à des fins non médicales (45 %), suivi de 44% pour le vapotage ou la consommation de cannabis dans des aliments à des fins non médicales, et 38 % pour la consommation de tabac (sous forme de cigarette, cigare ou tabac sans fumée). L’acceptabilité sociale de la consommation occasionnelle du cannabis, fumé, mangé dans des aliments ou par vapotage, a légèrement augmenté par rapport à 2017.

La proportion des répondants ayant indiqué avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois qui ont déclaré que la consommation occasionnelle ou régulière d’alcool, de tabac et de cannabis était socialement acceptable était supérieure à la proportion des répondants ayant indiqué ne pas avoir consommé de cannabis. Cette même tendance s’est également dégagée en 2017.

Consentement à divulguer la consommation de cannabis

Trente-et-un pourcent (31 %) des répondants ont déclaré qu’ils seraient plus volontiers à divulguer leur consommation de cannabis si ce dernier était légal, tandis que 24 % des répondants ont indiqué déjà consentir à déclarer leur consommation et 25 % ont affirmé qu’ils ne seraient pas plus disposés à dire qu’ils consomment du cannabis.

Risques perçus liés à la consommation de diverses substances

Pour la première fois, les répondants ont été priés d’indiquer dans quelle mesure ils étaient d’avis qu’une personne risque de se causer du tort en consommant divers produits occasionnellement ou régulièrement. Le risque perçu a été déterminé au moyen d’une échelle de Likert en quatre catégories : aucun risque, léger risque, risque modéré, risque élevé et « ne sait pas ».

En général, la majorité des répondants estimaient que la consommation occasionnelle d’alcool ou de cannabis ne présentait aucun risque ou présentait un léger risque, alors qu’ils jugeaient que la consommation occasionnelle de tabac et de cigarettes électroniques contenant de la nicotine présentait un risque modéré ou élevé.

En ce qui concerne la consommation régulière de ces substances, la majorité des répondants considéraient en général que la consommation de tabac présentait un risque modéré ou élevé (95 %), suivie par la consommation d’alcool (78 %), la consommation de cannabis en le fumant (72 %), la consommation de produits de vapotage à base de cannabis (70 %) et la consommation de produits comestibles contenant du cannabis (66 %). Le risque perçu lié à la consommation régulière d’alcool ou de tabac était indépendant de si un répondant avait consommé ou non du cannabis dans la dernière année; en contraste, le risque perçu lié à la consommation du cannabis en le fumant, le vapotant ou le mangeant dans des produits comestibles étaient moins élevé pour les répondants ayant consommé du cannabis dans la dernière année que pour ceux n’en ayant pas consommé. À titre d’exemple, moins de la moitié (40 %) des répondants qui avaient consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois percevaient un risque modéré ou élevé de le fumer contre 81 % des répondants qui n’avaient pas consommé de cannabis au cours des 12 derniers mois.

Opinions sur le fait que la consommation de cannabis engendre la dépendance

En général, 82 % de l’ensemble des répondants croyaient que la consommation de cannabis pouvait engendrer la dépendance, une augmentation par rapport à la proportion de 77 % en 2017. La majorité des répondants qui ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois (71 %) et des non-consommateurs (85 %) croyaient aussi que le cannabis pouvait engendrer la dépendance; ces proportions sont toutes deux des augmentations par rapport à 2017 (respectivement 64 % et 80 %).

Observation de la consommation dans des lieux publics

Les répondants ont été priés d’indiquer s’ils avaient été témoins de consommation de cannabis dans des lieux publics. Quarante-sept pourcent (47 %) des répondants ont dit avoir vu une personne fumer ce qui semblait être du cannabis dans un lieu public et 57 % avaient senti l’odeur de cannabis et soupçonné que quelqu’un en avait consommé récemment dans les environs. Ces pourcentages sont inchangés par rapport à ceux de 2017. Les répondants ont moins fréquemment remarqué les autres façon de consommer du cannabis, comme vapoter (16 %), en hausse par rapport à 14 % en 2017, manger ou boire (9 %) et consommer du cannabis d’une autre façon (7 %). Ces proportions étaient les mêmes en 2017.

En général, les répondants qui ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois étaient plus susceptibles que les non-consommateurs d’observer ce qui semblait être une personne en train de fumer du cannabis dans des lieux publics (70 % par rapport à 40 % respectivement; ces valeurs sont inchangées par rapport à 2017).

Consommation de cannabis à la maison

Tous les répondants ont été priés de répondre à des questions sur les méthodes de consommation de cannabis à la maison au cours des 12 derniers mois. En général, le quart des répondants a indiqué qu’une personne avait fumé du cannabis dans la maison, une proportion inchangée par rapport à 2017 (25 %). Les réponses de ceux qui avaient consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois étaient sensiblement différentes : 72 % d’entre eux ont répondu qu’une personne avait fumé du cannabis à l’intérieur de leur maison, une proportion inchangée par rapport à 2017, suivi de manger ou boire du cannabis (39 %) et de consommer du cannabis par vapotage (31 %), en hausse par rapport à 2017 (les valeurs respectives étaient de 33 % et de 27 %).

Thème 2 : Consommation de cannabis et produits utilisés

Les résultats présentés sous le thème 2 incluent de façon plus spécifique les répondants qui ont déclaré avoir consommé du cannabis à des fins non médicales pendant leur vie (n=7 743), dans les 12 mois avant de répondre au sondage (n=2 900) et dans les 30 jours avant de répondre au sondage (n=1 990).

Les répondants qui ont déclaré avoir consommé du cannabis à des fins non médicales ont été priés de répondre à des questions détaillées sur leur consommation de cannabis à des fins non médicales. Les sujets abordés incluaient, la fréquence de consommation de cannabis, l’âge au moment de l’initiation à la consommation, le nombre d’heures passées « gelé » pendant une journée de consommation typique, les méthodes de consommation, les types de produits du cannabis utilisés, le montant d’argent dépensé en moyenne sur ces produits et l’endroit où le cannabis est conservé à la maison.

Consommation de cannabis

Les répondants ont été interrogés sur leur consommation de cannabis à des fins non médicales au cours des 12 derniers mois. Sur l’ensemble des répondants, 22 % ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois, une proportion inchangée par rapport au cycle précédent. Les estimations provinciales et territoriales allaient de 16 % à 39 %. Au moment du recrutement, les répondants étaient informés que l’enquête portait sur le cannabis. Cette information a pu créer un biais de participation, car les personnes qui consomment du cannabis étaient peut-être plus susceptibles de répondre au sondage. De ce fait, ainsi que pour d’autres raisons méthodologiques, l’ECC peut présenter des estimations de la prévalence de la consommation de cannabis au sein de la population générale qui sont plus élevées que celles d’autres enquêtes comme l’ECTAD. Toutefois, l’ECC vise à obtenir des renseignements détaillés au sujet des habitudes des gens qui consomment du cannabis et sur les comportements associés à une telle consommation.

Consommation au cours des 12 derniers mois chez les répondants de divers groupes démographiques

Les répondants à l’enquête âgés de 16 à 24 ans étaient environ deux fois plus susceptibles de déclarer avoir consommé du cannabis au cours de la dernière année que les répondants âgés de 25 ans et plus. En particulier, la consommation de cannabis au cours des 12 derniers mois chez les répondants âgés de 16 à 19 ans et chez ceux âgés de 20 à 24 ans s’élevait respectivement à 36 % et à 44 %, par rapport à 19 % chez les répondants âgés de 25 ans et plus; toutes ces valeurs étaient inchangées par rapport à 2017. Une proportion plus élevée d’hommes (26 %) que de femmes (18 %) ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois, un taux également inchangé par rapport au cycle précédent.

Les étudiants à temps plein ou à temps partiel étaient plus susceptibles de déclarer avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois (34 %) que les répondants qui n’étaient pas actuellement des étudiants ou ne l’avaient pas été au cours des 12 derniers mois (19 %). Les retraités (8 %) ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois dans une plus faible proportion que les répondants qui travaillaient à temps plein ou à temps partiel, étaient des travailleurs indépendants, étaient au chômage ou ne faisaient pas partie de la population active (de 17 % à 28 %). Ceux qui ont indiqué que leur niveau d’éducation le plus élevé était une huitième année terminée ou moins (29 %) ou certaines études secondaires (29 %) étaient plus susceptibles de déclarer avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois, soit près du double de ceux qui possèdent un diplôme universitaire (14 %).

Âge de l’initiation

Les répondants ayant déclaré avoir consommé du cannabis au cours de leur vie ont été priés d’indiquer l’âge auquel ils avaient essayé pour la première fois ou commencé à consommer du cannabis à des fins non médicales. L’âge moyen de l’initiation au cannabis correspondait à 18,9 ans, inchangé par rapport à 2017, ce qui est comparable à l’âge moyen de 18,6 ans obtenu dans l’ECTAD de 2017. Les femmes étaient un peu plus âgées que les hommes lorsqu’elles ont consommé du cannabis pour la première fois (âge moyen de 19,2 ans comparativement à 18,5 ans pour les hommes). L’âge moyen de l’initiation parmi les répondants âgés de 20 à 24 ans est passé à 16,8 ans en 2018, par rapport à 16,5 ans en 2017. L’ECTADE de 2016-2017, réalisé auprès d’élèves de la septième à la douzième année, a obtenu un âge moyen d’initiation de 14,2 ans. L’âge moyen de l’initiation dépend considérablement de la fourchette d’âge des répondants à une enquête ainsi que de la répartition des répondants dans des groupes d’âge prédéterminés. Pour l’ECC, l’âge de l’initiation est plus élevé dans le groupe d’âge le plus large des répondants âgés de 25 ans et plus, ce qui donne lieu à un âge moyen d’initiation plus élevé en général.

Les estimations provinciales et territoriales de l’âge moyen d’initiation de la consommation de cannabis allaient de 17,2 ans à 19,7 ans.

Fréquence de la consommation de cannabis

Les répondants qui avaient déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois ont été priés d’indiquer la fréquence à laquelle ils avaient consommé la substance. Un peu plus de la moitié de ces répondants ont déclaré avoir consommé du cannabis moins de quatre jours par mois (55 %), tandis que 19 % ont déclaré en consommer quotidiennement. La réponse la plus commune était « moins d’une journée par mois » (35 %), suivie de « quotidiennement » (19 %), « de deux à trois jours par mois » (14 %), « d’un à deux jours par semaine » (10 %), « de trois à quatre jours par semaine » (10 %), « d’un jour par mois » (6 %), et « de cinq à six jours par semaine » (6 %). Ces résultats sont inchangés comparativement au dernier cycle.

Un pourcentage plus élevé d’hommes (28 %) que de femmes (21 %) ont déclaré une consommation quotidienne ou presque quotidienne, alors qu’une proportion plus élevée de femmes (43 %) que d’hommes (30 %) ont déclaré une consommation moins fréquente qu’une fois par mois. On n’a constaté aucune différence significative dans les pourcentages de répondants ayant déclaré une consommation moins fréquente qu’une fois par mois ou une consommation quotidienne ou presque quotidienne entre les groupes d’âge examinés. Les estimations provinciales et territoriales de la consommation quotidienne ou presque quotidienne allaient de 22 % à 30 %, et les estimations de la consommation moins fréquente qu’une fois par mois allaient de 25 % à 39 %.

Les répondants ayant déclaré avoir consommé du cannabis dans les 30 derniers jours (15 % des Canadiens âgés de 16 ans et plus) ont été priés d’indiquer combien de fois ils consomment du cannabis par jour de consommation typique. La réponse la plus commune était « une fois par jour » (44 %), suivie de « deux fois par jour » (21 %), de « trois fois par jour » (12 %), de « quatre fois par jour » (6 %) et 16 % des répondants en consommaient au moins cinq fois au cours de la journée, une augmentation par rapport à 13 % en 2017.

Nombre d’heures « gelé » au cours d’une journée de consommation typique

Les répondants qui avaient déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 30 derniers jours ont été priés d’indiquer le nombre d’heures qu’ils passaient dans un état « gelé » au cours d’une journée de consommation typique. Sur l’ensemble de ces répondants, 40 % ont déclaré qu’ils seraient « gelés » au cours d’une journée de consommation typique pendant une à deux heures, suivie de trois ou quatre heures (27 %), de moins d’une heure (19 %), de cinq ou six heures (8 %) et de sept heures ou plus (6 %); toutes ces valeurs sont inchangées par rapport à 2017.

Méthodes de consommation

Les répondants qui avaient déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois ont été priés d’indiquer leurs méthodes de consommation à des fins non médicales. La consommation du cannabis en le fumant était la méthode de consommation la plus communément déclarée (89 %) par les répondants ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois, soit une diminution par rapport à 2017 (94 %). Les autres méthodes de consommation étaient les suivantes : consommer dans des aliments (42 %, en hausse par rapport à 34 % en 2017), vaporiser au moyen d’un vaporisateur-stylo (26 %, en hausse par rapport à 20 % en 2017), et vaporiser au moyen d’un vaporisateur (14 %, valeur inchangée).

Lorsqu’on examine les méthodes de consommation par province et dans les territoires, la vaporisation au moyen d’un vaporisateur-stylo et la vaporisation au moyen d’un vaporisateur sont combinées. Dans toutes les régions, la méthode de consommation la plus courante était la consommation de cannabis en le fumant (les estimations vont de 84 % à 95 %). Cette méthode était suivie par la consommation de produits comestibles (les estimations allaient de 18 % à 49 %) et la vaporisation au moyen d’un type de vaporisateur quelconque (les estimations allaient de 13 % à 45 %).

Types de produits à base de cannabis utilisés et fréquence

Les répondants qui avaient déclaré avoir consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois ont été priés d’indiquer les types de produits à base de cannabis qu’ils avaient consommé au cours des 12 derniers mois. Les cinq produits principaux consommés étaient les fleurs et les feuilles séchées (82 %, une baisse par rapport à 88 % en 2017), suivies des produits comestibles (41 %, hausse par rapport à 32 %), le hachisch ou le skuff (26 %, inchangé par rapport à 2017), le concentré solide (19 %, hausse par rapport à 15 %), et le concentré liquide (17 %, hausse par rapport à 13 %). Les répondants ont également été priés d’indiquer la fréquence à laquelle ils consommaient ces produits à base de cannabis. La fréquence la plus souvent déclarée pour ces cinq produits était « moins d’une journée par mois », et allait de 33 % pour les fleurs et les feuilles séchées à 55 % pour les produits comestibles, en baisse par rapport à 2017 (respectivement 38 % et 63 %).

Parmi les répondants qui avaient consommé du hachisch ou du skuff, les hommes étaient presque deux fois plus susceptibles de déclarer en avoir consommé que les femmes (respectivement 31 % par rapport à 19 %). La consommation de hachisch ou de skuff déclarée par les répondants âgés de 16 à 19 ans et de 20 à 24 ans était plus fréquente que celle des répondants âgés de 25 ans et plus (respectivement 47 % et 34 % par rapport à 22 %). Les produits à base de cannabis les moins consommés étaient les boissons (4 %). Ces pourcentages étaient tous les mêmes qu’en 2017.

Dans toutes les provinces et territoires, le produit le plus couramment consommé était les fleurs et les feuilles séchées, qui allaient de 80 % à 87 %. Les produits comestibles venaient ensuite (les estimations allaient de 39 % à 51 %), sauf au Québec (16 %). Au Québec, le produit le plus couramment déclaré après les feuilles et les fleurs séchées était le hachisch ou le skuff (34 %).

Quantité moyenne consommée par jour

On a demandé aux répondants ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois d’indiquer la quantité moyenne consommée par jour de consommation. Les répondants ayant consommé des fleurs ou des feuilles ont consommé une quantité moyenne quotidienne d’environ 1 gramme, soit une légère hausse par rapport à 2017 (0,9 gramme). Les répondants ayant consommé des produits du cannabis comestible ont consommé une quantité moyenne quotidienne d’une portion, ceux ayant consommé du hachisch ou du skuff ont consommé une quantité moyenne quotidienne de 0,4 gramme. La quantité moyenne quotidienne consommée de concentré solide était de 0,2 gramme et d’un peu moins de 1 millilitre pour les concentrés liquides. Les répondants ayant consommé des boissons en ont consommé une quantité de 300 millilitres lors d’un jour de consommation typique.

Sources d’obtention du cannabis

On a demandé aux répondants ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois d’indiquer le nombre de sources d’obtention du cannabis. Dans une proportion de 55 %, les répondants ont indiqué avoir une source unique d’obtention, soit une hausse par rapport à 52 % en 2017, 34 % ont indiqué avoir deux à trois sources, une baisse par rapport à 38 % en 2017. Parmi les répondants, 3 % ont indiqué cultiver leur propre cannabis, 4 % ont indiqué avoir quatre à cinq sources et 3 %, six sources et plus.

On a demandé aux répondants ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois d’indiquer auprès de qui et à quel endroit ils obtenaient du cannabis. Les principales sources d’obtention du cannabis étaient un ami (34 %), un club de compassion ou un dispensaire (15 %), un partage entre amis (13 %), un revendeur (7 %), une culture faite par soi ou pour soi (7 %) et une connaissance (7 %).

Le principal lieu d’obtention du cannabis indiqué était chez quelqu’un d’autre (57 %, soit une baisse par rapport à 73 % en 2017). Les autres réponses moins courantes étaient un club de compassion ou un dispensaire (21 %, une hausse par rapport à 13 %); chez soi (13 %), dans un lieu public (12 %), soit une baisse par rapport à 16 %; une commande sur Internet livrée chez soi (provenant d’une source autre qu’un producteur autorisé par Santé Canada) (11 %, une hausse par rapport à 6 %), et un producteur autorisé par Santé Canada (5 %, inchangé). Six pour cent (6 %) des répondants ont indiqué qu’ils consommaient leur propre culture de cannabis, soit une hausse par rapport à 2 % en 2017.

Lorsqu’on demandait aux répondants auprès de qui ils obtiendraient du cannabis si sa consommation devenait légale chez les adultes, 52 % des personnes ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois devraient obtenir ce cannabis dans une boutique physique autorisée, 10 % dans une boutique en ligne autorisée, 6 % auprès d’un producteur autorisé par Santé Canada, 12 % à même leur propre culture, 16 % auprès de quelqu’un le partageant avec eux et 5 % auprès d’une source illégale.

Montant mensuel moyen dépensé pour l’achat de cannabis

Les répondants ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois ont indiqué dépenser près de 73 $ par mois en utilisation de produits du cannabis non médical. Les répondants ayant consommé du cannabis au cours des 30 derniers jours ont indiqué avoir dépensé près de 85 $ au cours des 30 derniers jours en utilisation de produits du cannabis non médical. Les femmes indiquent généralement dépenser moins pour le cannabis que les hommes. Aucun changement n’est à signaler entre ce cycle et le précédent.

En regard les dépenses par province et territoire, les répondants ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois ont indiqué dépenser aussi peu que 63 $ et jusqu’à 97 $ par mois en utilisation de produits du cannabis non médical. Les répondants ayant consommé du cannabis au cours des 30 derniers jours ont indiqué avoir dépensé entre 67 $ et 115 $ au cours des 30 derniers jours, selon leur lieu de résidence.

Produits de cannabis achetés ou reçus et fréquence

Les répondants ayant consommé du cannabis au cours des 30 derniers jours devaient indiquer quels types de produits de cannabis ils avaient achetés ou reçus au cours des 30 derniers jours ainsi que la fréquence de ces deux types de transactions. Le choix de réponse le plus fréquent était l’achat ou la réception de fleurs ou de feuilles séchées (87 %, une baisse par rapport à 90 % en 2017), suivi des produits comestibles (22 %, hausse par rapport à 15 % 2017), puis du hachisch ou du skuff (11 %) et de concentré solide (10 %), ces deux dernières proportions inchangées par rapport à 2017. Pour tous les produits, la fréquence d’obtention la plus souvent citée était d’un jour par mois. La quantité moyenne d’un achat de cannabis variait selon le type du produit. En moyenne, les répondants ayant consommé du cannabis avaient acheté ou reçu 15,1 grammes de fleurs ou de feuilles séchées, une hausse par rapport à 2017 (11,5 grammes), 5,6 portions de cannabis comestible, 6,2 grammes de hachisch ou de skuff, 12,6 millilitres de concentré liquide, 3,2 grammes de concentré solide et 1,5 cartouche d’huile de cannabis ou de vaporisateur stylo jetable.

Prix moyen par unité de cannabis, selon le type de produit

Les répondants ayant acheté du cannabis au cours des 30 derniers jours ont indiqué le prix moyen déboursé par unité, selon le type de produit. Au cours des 30 derniers jours, les répondants ont dépensé le plus par unité pour acheter des cartouches d’huile de cannabis ou des vaporisateurs stylos (46,17 $ par cartouche), du concentré solide (36,35 $ par gramme) et du concentré liquide (28,99 $ par millilitre). Le prix moyen par unité pour les types de produits les plus souvent utilisés était de 8,62 $ par gramme de fleurs ou de feuilles séchées, une baisse par rapport au prix de 11,40 $ par gramme en 2017; 8,94 $ par portion de cannabis comestible et 13,04 $ par gramme de hachisch ou de skuff, une baisse par rapport au prix de 16,64 $ par gramme en 2017.

Pourcentage de consommateurs de cannabis ayant reçu des produits du cannabis gratuits

Parmi les répondants ayant obtenu du cannabis au cours des 30 derniers jours, certains ont indiqué avoir reçu des produits de cannabis gratuits. Dans l’ensemble, 24 % des répondants ont obtenu des produits comestibles gratuits, une baisse par rapport à 2017 (34 %) et 14 % ont obtenu des fleurs ou des feuilles séchées, soit à peu près le même pourcentage qu’en 2017 (17 %). Plus de femmes (17 %), une baisse (24 %) par rapport à 2017, ont indiqué avoir obtenu des fleurs ou des feuilles séchées gratuites que d’hommes (12 %, pourcentage inchangé par rapport à 2017). Ces données indiquent que les produits comestibles sont plus souvent offerts gratuitement que les autres types de produits.

Fréquence de consommation du cannabis pour ressentir les effets psychotropes avant l’école ou le travail

On a demandé aux étudiants et aux personnes étant aux études au cours des 12 derniers mois qui avaient consommé du cannabis durant les 12 derniers mois à quelle fréquence ils consommaient du cannabis pour ressentir ses effets psychotropes avant ou pendant l’école ou le travail. Dans l’ensemble, 53 % des répondants n’avaient pas consommé de cannabis pour ressentir ses effets psychotropes avant ou pendant l’école au cours des 12 derniers mois, soit un pourcentage inchangé par rapport à 2017. Les répondants qui étaient des étudiants ou en étaient au cours des 12 derniers mois ont indiqué consommer du cannabis avant ou pendant l’école dans une proportion de 27 % (moins d’une fois par mois), soit une hausse par rapport à 2017 (21 %) et 12 % des répondants ont consommé du cannabis avant ou pendant l’école au moins une fois par semaine. La majorité (92 %) des étudiants actuels ou récents ont indiqué ne s’être jamais absentés de l’école en raison de la consommation du cannabis.

La majorité des répondants ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois (64 %) n’avaient pas consommé de cannabis pour ressentir ses effets psychotropes avant ou pendant le travail au cours des 12 derniers mois et 10 % ont indiqué qu’ils n’étaient pas des travailleurs au cours des 12 derniers mois. Dans une proportion de 15 %, les répondants ont indiqué consommer du cannabis rarement (moins d’une fois par mois) avant ou pendant le travail et 8 % des répondants ont consommé du cannabis avant ou pendant le travail au moins une fois par semaine. La majorité des répondants (90 %) ont indiqué ne pas s’être absentés du travail en raison de la consommation du cannabis et 9 % ont indiqué qu’ils n’étaient pas des travailleurs.

Aide professionnelle par rapport à la consommation du cannabis non médical

La majorité des répondants (96 %) qui avaient consommé du cannabis plus d’une fois dans leur vie ont indiqué ne jamais avoir ressenti avoir besoin d’aide professionnelle à cet égard (traitement ou counseling). Seulement 2 % des répondants ont indiqué avoir obtenu de l’aide professionnelle par rapport la consommation du cannabis non médical.

Rangement du cannabis à l’intérieur de la résidence

On a demandé aux répondants ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois d’indiquer à quel endroit ils rangeaient le cannabis chez eux. Parmi les répondants qui étaient en possession de cannabis chez eux, ils ont indiqué l’entreposer dans une armoire ou un tiroir non barrée (31 %, une baisse par rapport à 38 % en 2017), dans des contenants barrés (26 %, hausse par rapport à 21 %); dans un contenant à l’épreuve des enfants (24 %, hausse par rapport à 20 %), et sur une tablette ou table exposée (14 %, inchangé de 17 % en 2017).

Avec qui les répondants consomment le cannabis

On a demandé aux répondants ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois d’indiquer avec qui ils consommaient le cannabis. Les réponses les plus souvent choisies étaient avec des amis (89 %), seul (69 %), avec un conjoint ou un partenaire (53 %), avec un membre de la famille ou un proche (52 %) et avec des collègues (30 %). La proportion de consommation du cannabis avec un conjoint ou un partenaire a été plus élevée chez les femmes que chez les hommes. La proportion de consommation du cannabis avec des amis, des collègues, des étrangers, un revendeur ou seul était plus élevée chez les hommes que chez les femmes. Des comparaisons à 2017 ne peuvent être établies, car les questions ont été modifiées en 2018.

Thème 3 : Conduite d’un véhicule et cannabis

On a demandé aux répondants ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois d’indiquer leurs habitudes de conduite d’un véhicule après la consommation de cannabis, d’alcool ou d’autres drogues. On a demandé à tous les répondants s’ils avaient déjà été à bord d’un véhicule conduit par une personne ayant consommé du cannabis moins de deux heures avant de prendre le volant et on a demandé à tous les répondants leur avis sur la conduite d’un véhicule sous l’influence du cannabis.

Personnes conduisant un véhicule dans les deux heures après avoir consommé du cannabis et à quelle fréquence

L’Enquête canadienne sur le cannabis s’est penchée sur la conduite d’un véhicule sous l’influence du cannabis. Parmi les répondants ayant consommé du cannabis au cours des 12 derniers mois, 39 % ont indiqué qu’ils avaient déjà été au volant d’un véhicule dans les deux heures après avoir consommé du cannabis et, de cette proportion, 43 % l’avaient fait dans les 30 derniers jours, 27 % dans les 12 derniers mois et 31 % il y avait plus de 12 mois, des proportions inchangées par rapport à 2017. Près de la moitié des hommes (48 %) ont indiqué avoir pris le volant dans les deux heures après avoir consommé du cannabis, une proportion semblable à celle de 2017 (45 %), ce qui est une proportion supérieure à celle des femmes (26 %), qui elle est une baisse par rapport à 2017 (31 %). Les proportions par province et territoire pour la conduite d’un véhicule dans les deux heures après avoir consommé du cannabis variaient de 32 % à 52 %. Les données sur le moment où cela s’est produit sont supprimées pour la plupart des régions en raison de la faible taille de l’échantillon.

Personnes ayant conduit un véhicule dans les deux heures suivant la consommation de cannabis en association avec de l’alcool ou d’autres drogues

On a demandé aux répondants ayant indiqué avoir déjà conduit un véhicule dans les deux heures après avoir consommé du cannabis s'ils l’avaient fait en association avec la consommation d’alcool. De ces répondants, 25 % ont indiqué avoir conduit dans les deux heures après avoir consommé du cannabis avec de l’alcool, une hausse par rapport à 15 % en 2017; parmi ceux ayant conduit après avoir consommé du cannabis en association avec la consommation d’alcool, 33 % l’avaient fait au cours des 30 derniers jours, une proportion inchangée par rapport à 2017. Les hommes (27 %) étaient plus nombreux à prendre le volant dans les deux heures après avoir consommé du cannabis et de l’alcool que les femmes (19 %).

On a demandé aux mêmes personnes si elles avaient conduit un véhicule dans les deux heures suivant la consommation de cannabis en association avec d’autres drogues. Dans une proportion de 10 %, ces personnes ont indiqué avoir conduit un véhicule dans les deux heures suivant la consommation de cannabis et d’une autre drogue, une proportion inchangée par rapport à 2017 (8 %).

Les personnes qui ont déjà été passagers d’un véhicule conduit par quelqu’un qui avait consommé du cannabis dans les deux heures précédentes

On a demandé à tous les répondants s’ils avaient déjà été passagers d’un véhicule dont le conducteur avait consommé du cannabis au cours des deux heures précédentes. Dans l’ensemble, 31 % des répondants ont déclaré avoir déjà été passagers d’un véhicule dont le conducteur avait consommé du cannabis récemment, une diminution par rapport à 39 % en 2017. Ce comportement était plus fréquent chez les personnes qui avaient consommé du cannabis dans les 12 derniers mois (70 %), une diminution de 79 %, par rapport à ceux qui n’en avaient pas consommé (20 %), aussi une diminution de 27 % en 2017. Le moment de ce comportement, chez les personnes qui ont dit avoir consommé du cannabis dans les 12 derniers mois, allait de 32 % dans les 30 derniers jours, 31 % dans les 12 derniers mois ou 37 % il y a plus de 12 mois, toutes des proportions inchangées par rapport à 2017. Parmi ceux qui n’avaient pas consommé de cannabis dans les 12 derniers mois, 8 % ont dit avoir été passagers dans un véhicule conduit par une personne qui avait consommé du cannabis dans les 30 derniers jours, 13 % ont dit que cela s’était produit dans la dernière année, et 79 %, que cela s’était produit il y a plus de 12 mois.

Les estimations provinciales et territoriales du nombre de personnes qui ont déjà été passagers d’un véhicule conduit par une personne qui avait consommé du cannabis dans les deux heures précédentes allaient de 26 % à 47 %. Le moment de ce comportement allaient de 17 % à 25 % (l’estimation pour les territoires ne peut pas être communiquée) pour la consommation dans les 30 derniers jours, de 16 % à 25 % (l’estimation pour les territoires ne peut pas être communiquée) pour la consommation dans les 12 derniers mois, et de 51 % à 63 % pour la consommation il y a plus de 12 mois.

Interaction avec les forces de l’ordre liée à la conduite

En tout, 3 % des répondants qui avaient consommé du cannabis dans les 12 derniers mois ont dit avoir eu une interaction avec les forces de l’ordre liée à la conduite sous l’influence du cannabis pendant qu’ils conduisaient un véhicule, un pourcentage inchangé par rapport à 2017.

Opinions au sujet de la consommation de cannabis et de la conduite

On a demandé aux répondants de donner leur opinion sur la façon dont la consommation de cannabis affecte la conduite. Plus des trois quarts (81 %) des répondants ont dit croire que la consommation de cannabis affecte la conduite; il s’agit d’une augmentation par rapport à 75 % en 2017. Ce chiffre baisse à 61 % quand on examine les réponses des répondants qui ont déclaré avoir consommé du cannabis dans les 12 derniers mois, une augmentation de 50 % par rapport à 2017, tandis que moins du quart de ces personnes ont répondu que cela dépend des cas (22 %) ou que la consommation n’affectait pas la conduite (13 %), une diminution par rapport à 19 %.

On a demandé aux répondants de donner leur opinion sur le temps qu’il faut avant que ce soit sécuritaire de conduire après avoir consommé du cannabis. La majorité des répondants n’ont pas précisé le temps qu’il faut avant que ce soit sécuritaire de conduire après avoir consommé du cannabis; 33 % ont dit que cela dépend de la tolérance et du poids de la personne de même que de la quantité consommée, une légère diminution par rapport à 35 % en 2017. De plus, 21 % des répondants ont déclaré qu’ils ne savaient pas après combien de temps il était sécuritaire de conduire, une diminution par rapport à 23 % en 2017.

Opinions sur la probabilité de se faire arrêter pendant la conduite d’un véhicule sous l’influence du cannabis

On a demandé à tous les répondants de dire à quel point ils croyaient probable qu’une personne soit arrêtée par la police si elle conduit sous l’influence de l’alcool ou du cannabis. La probabilité a été déterminée selon une échelle de Likert à 5 points, qui comprenait les catégories suivantes : pas du tout probable, peu probable, plutôt probable, probable et très probable.

Chez tous les répondants, la réponse la plus courante concernant le risque d’être arrêté pour conduite sous l’influence de l’alcool ou du cannabis était que cela était « plutôt probable » (40 %). Toutefois, 49 % des répondants ont dit que cela était probable ou très probable quand on leur a demandé si une personne qui conduit sous l’influence de l’alcool risque d’être arrêtée. Une proportion plus élevé que les 23 % de répondants qui ont dit que cela été probable ou extrêmement probable quand on leur a demandé si une personne qui conduit sous l’influence du cannabis risque d’être arrêtée.

Thème 4 : Cannabis à des fins médicales

On a demandé aux répondants s’ils avaient déjà consommé du cannabis à des fins médicales, et ceux ayant dit l’avoir fait dans les 12 derniers mois se sont vu demander s’ils répondraient à une section supplémentaire concernant cette consommation. Parmi les 1 706 répondants qui ont déclaré avoir consommé du cannabis à des fins médicales dans les 12 derniers mois, 1 126 ont accepté de répondre à la section de l’enquête sur la consommation à des fins médicales. Les questions concernaient la source du produit, le type de produit, la fréquence de la consommation, le type de souche, la quantité consommée pendant une journée type, les maladies et symptômes que la consommation de cannabis vise à traiter et les changements dans la prise d’autres médicaments par le répondant associés à la consommation de cannabis.

Consommation à des fins médicales

Les répondants ont été interrogés sur leur consommation de cannabis à des fins médicales dans les 12 derniers mois. En tout, 13 % de tous les répondants âgés de 16 ans et plus ont indiqué qu’ils consommaient du cannabis à des fins médicales, une augmentation par rapport à 12 % en 2017; les estimations provinciales et territoriales allaient de 4 % à 20 %.

Possession de documents médicaux

Un sous-ensemble des répondants qui ont indiqué consommer du cannabis à des fins médicales et qui ont accepté de répondre à la section médicale de l’enquête (n=1 126) a été interrogé pour savoir s’ils possédaient actuellement un document médical d’un professionnel de la santé pour leur consommation de cannabis à des fins médicales. La majorité (66 %) des répondants ont dit ne pas avoir de document médical d’un professionnel de la santé, une baisse par rapport à 71 % en 2017.

Changements dans la prise d’autres médicaments

On a demandé aux répondants qui ont rempli la section médicale de l’enquête si la consommation de cannabis à des fins médicales leur a permis de réduire leur consommation d’autres médicaments. La majorité des personnes qui consommaient du cannabis à des fins médicales ont déclaré que la consommation de cannabis avait aidé à réduire leur prise d’autres médicaments (68 %). Aussi, 19 % ont répondu que cette question ne s’appliquait pas à eux. Cette question a été modifiée depuis le cycle précédent, et aucune comparaison directe n’est possible.

Proportion et fréquence de la consommation de cannabis à des fins médicales

En tout, 78 % des répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales au cours des 12 derniers mois et ayant rempli la section médicale de l’enquête ont déclaré avoir consommé du cannabis à des fins médicales dans les 30 derniers jours, un pourcentage inchangé par rapport à 2017.

Les répondants qui ont répondu à la section médicale de l’enquête et qui avaient consommé du cannabis à des fins médicales dans les 30 derniers jours ont été interrogés sur la fréquence de leur consommation les jours où ils ont consommé du cannabis à des fins médicales. En tout, 37 % de ces répondants ont déclaré avoir consommé du cannabis une fois par jour, 20 % ont indiqué l’avoir fait deux fois par jour, et un autre 20 % ont indiqué avoir consommé du cannabis cinq fois par jour ou plus, toutes des données inchangées par rapport à 2017.

Types de produits de cannabis consommés à des fins médicales

On a demandé aux répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales au cours des 12 derniers mois et ayant rempli la section médicale d’énumérer les types de produits de cannabis qu’ils avaient consommés au cours de la dernière année. Les deux principaux produits consommés étaient les fleurs ou les feuilles séchées (71 %, une diminution par rapport à 81 % en 2017) et les produits comestibles (34 %, aucun changement par rapport à 2017). Parmi les autres produits consommés à des fins médicales énumérés par les répondants, on trouvait l’huile de cannabis provenant d’un producteur autorisé par Santé Canada (21 %, une augmentation par rapport à 14 % en 2017); les concentrés liquides (16 %, une augmentation par rapport à 11 % en 2017); les teintures (16 %, une hausse par rapport à 10 % en 2017); les concentrés solides (15 %, aucun changement par rapport à 2017); les onguents topiques (14 %, une augmentation par rapport à 7 % en 2017); les cartouches d’huile de cannabis ou vaporisateurs stylos (13 %, une hausse par rapport à 5 % en 2017); le hachisch ou skuff (11 %, aucun changement par rapport à 2017); et les liquides (3 %, aucun changement par rapport à 2017).

La prévalence de la consommation de fleurs ou de feuilles séchées était plus élevée chez les personnes âgées de 20 à 24 ans (95 %) que chez celles âgées de 25 ans ou plus (67 %). On a également demandé aux répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales et ayant rempli la section médicale à quelle fréquence ils consommaient ces produits de cannabis. Dans le cas des fleurs ou des feuilles séchées, les réponses variaient d’une consommation quotidienne ou presque quotidienne (43 %, une augmentation par rapport à 34 % en 2017), à une consommation hebdomadaire (24 %) ou mensuelle (19 %), ou encore à moins d’un jour par mois (13 %), proportions inchangées par rapport à 2017. Les produits comestibles suscitaient aussi diverses réponses, qui variaient de moins d’un jour par mois (33 %), à une consommation mensuelle (36 %), hebdomadaire (17 %) ou quotidienne ou presque quotidienne (13 %); toutes ces fréquences étaient les mêmes en 2017.

Quantité moyenne généralement consommée par jour à des fins médicales

Les répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales au cours des 12 derniers mois devaient indiquer la quantité moyenne de cannabis généralement consommée dans une journée. Les répondants ayant consommé des fleurs ou des feuilles séchées consommaient généralement une quantité moyenne quotidienne d’environ 1,6 gramme, et ceux ayant consommé des produits de cannabis comestibles consommaient environ 1,2 portion.

Sources utilisées pour obtenir des produits de cannabis à des fins médicales

Les répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales au cours des 12 derniers mois et ayant rempli la section médicale de l’enquête devaient indiquer où ils s’étaient procuré le cannabis à des fins médicales. Le cannabis à des fins médicales provenait principalement d’un ami (30 %), d’un club de compassion/dispensaire (28 %), d’un producteur autorisé par Santé Canada (24 %), d’une source en ligne autre qu’un producteur autorisé par Santé Canada (13 %) ou d’un revendeur de drogue (13 %). La proportion de répondants ayant déclaré que leur source était un club de compassion/dispensaire ou un producteur autorisé par Santé Canada est la même qu’en 2017, mais la proportion de ceux ayant déclaré avoir obtenu leur cannabis d’un revendeur de drogue a diminué, par rapport à 22 %. Il n’y avait pas de réponse directement comparable à « ami » ou à « source en ligne autre qu’un producteur autorisé par Santé Canada » dans l’enquête de 2017.

Vingt-deux pour cent (22 %) des répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales ont déclaré qu’ils avaient obtenu leur cannabis par l’intermédiaire du programme d’accès au cannabis à des fins médicales, soit la même proportion qu’en 2017.

Montant mensuel moyen généralement dépensé pour l’achat de cannabis à des fins médicales

Les répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales au cours des 12 derniers mois et ayant rempli la section médicale de l’enquête avaient généralement dépensé environ 115 $ par mois pour se procurer du cannabis à des fins médicales. Lorsqu’on a demandé aux répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales au cours des 30 derniers jours combien ils avaient déboursé pour se procurer du cannabis au cours des 30 derniers jours, ils ont déclaré avoir dépensé environ 119 $. Ces sommes étaient inchangées par rapport à 2017.

Types de produits de cannabis achetés ou reçus à des fins médicales et fréquence des transactions

Les répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales au cours des 30 derniers jours devaient indiquer quels types de produits de cannabis ils avaient achetés ou reçus au cours des 30 derniers jours, ainsi que la fréquence de ces deux types de transactions. Les choix de réponse le plus souvent sélectionnés étaient l’achat ou la réception de fleurs ou de feuilles séchées (72 %, une diminution par rapport à 81 % en 2017), de produits comestibles (21 %), d’huile de cannabis d’un producteur autorisé par Santé Canada (17 %), de concentrés solides, et de teintures (11 % chacun); toutes ces fréquences étaient comparables en 2017. Pour tous les produits, la fréquence d’obtention la plus souvent citée était d’un jour par mois.

La quantité moyenne d’un achat de cannabis à des fins médicales variait selon le type du produit. En moyenne, les répondants ayant consommé du cannabis avaient acheté ou reçu 17,2 grammes de fleurs ou de feuilles séchées, 7 portions de produits comestibles, 94,8 millilitres d’huile de cannabis d’un producteur autorisé, et 3,2 grammes de concentré solide. Ces sommes étaient inchangées par rapport à en 2017.

Prix moyen par unité de cannabis acheté à des fins médicales, selon le type de produit

Les répondants ayant acheté du cannabis à des fins médicales au cours des 30 derniers jours ont aussi déclaré le prix moyen déboursé par unité, selon le type de produit. Au cours des 30 derniers jours, les répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales ont dépensé les sommes les plus élevées par unité pour des cartouches d’huile de cannabis ou vaporisateurs stylos (43,63 $ par cartouche) et des concentrés (41,20 $ le gramme).

Produits de cannabis à des fins médicales reçus gratuitement

Parmi les répondants ayant obtenu du cannabis à des fins médicales au cours des 30 derniers jours, certains avaient reçu des produits de cannabis gratuits. Dans l’ensemble, 8 % des répondants ayant obtenu du cannabis à des fins médicales avaient reçu gratuitement des fleurs ou des feuilles séchées. Cette proportion était inférieure à celle de 2017 (13 %).

Opinions au sujet de la consommation de cannabis à des fins médicales et la conduite d’un véhicule

On a demandé aux répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales et ayant rempli la section médicale de l’enquête s’ils croyaient que la consommation de cannabis à des fins médicales nuisait à la capacité de conduire. Une plus grande proportion de ces personnes ont répondu que « oui », la consommation de cannabis à des fins médicales nuit à la capacité de conduire (39 %), comparativement à celles ayant répondu « non » (27 %) ou « cela dépend » (34 %); ces pourcentages étaient inchangé de 2017. On a demandé à ces mêmes personnes de donner leur opinion sur le délai après lequel il est sécuritaire de conduire un véhicule après avoir consommé du cannabis à des fins médicales. Les réponses les plus fréquentes étaient « cela dépend » (29 %, une diminution par rapport à 36 % en 2017), suivi de « une à trois heures » (17 %, une diminution par rapport à 23 % en 2017) et de « trois à cinq heures » (17 %, proportion inchangée par rapport à 2017). Parmi ces personnes, 9 % ont répondu qu’il était sécuritaire de conduire immédiatement après avoir consommé du cannabis à des fins médicales (proportion inchangée de 2017).

Conduite d’un véhicule après la consommation de cannabis à des fins médicales, et à quelle fréquence

On a étudié la conduite d’un véhicule après la consommation de cannabis à des fins médicales chez les répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales et ayant rempli la section médicale de l’enquête. Quarante pour cent (40 %) de ces répondants ont déclaré avoir conduit dans les deux heures suivant la consommation de cannabis à des fins médicales; parmi ceux ayant conduit après leur consommation, plus de la moitié (55 %) l’avait fait au cours des 30 derniers jours. Une plus grande proportion d’hommes (47 %) ont déclaré avoir conduit dans les deux heures suivant la consommation de cannabis à des fins médicales, comparativement aux femmes (34 %). Ces pourcentages étaient inchangés par rapport à 2017.

Conduite d’un véhicule dans les deux heures suivant la consommation de cannabis à des fins médicales en association avec de l’alcool ou d’autres drogues

Les répondants ayant consommé du cannabis à des fins médicales au cours des 12 derniers mois et ayant déclaré avoir conduit après leur consommation de cannabis devaient aussi indiquer s’ils avaient conduit un véhicule dans les deux heures suivant la consommation de cannabis à des fins médicales en association avec de l’alcool. Au total, 8 % de ces répondants (proportion inchangée par rapport à 2017) ont indiqué avoir conduit un véhicule dans les deux heures suivant la consommation de cannabis à des fins médicales en association avec de l’alcool, et 5 % ont indiqué avoir conduit un véhicule dans les deux heures suivant la consommation de cannabis à des fins médicales en association avec une autre drogue. Ces données avaient été supprimées en 2017.

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