Évaluation des risques liés à l’exposition combinée à plusieurs substances (mélanges): Guide de référence rapide à l’intention des évaluateurs de risques

Sur cette page

Membres du groupe de travail

Préparé par l'equipe de travail sur l'évaluation des risques liés aux mélanges chimiques du Groupe de travail sur l'évaluation scientifique des risques.

Introduction

Le mandat de Santé Canada est d'aider les Canadiens à maintenir et à améliorer leur santé. L'un des moyens de réduire les risques pour la santé consiste à réglementer les substances qui peuvent être préoccupantes pour la santé et la sécurité humaines ou à établir des lignes directrices à leur égard (par exemple, les contaminants de l'environnement et les produits de santé). L'évaluation des risques pour la santé humaine est essentielle pour éclairer ces mesures. En 2009, Santé Canada a créé le Groupe de travail sur l'évaluation scientifique des risques (GTESR) afin de soutenir les activités d'évaluation des risques pour la santé humaine. Le GTESR est composé d'évaluateurs de risques et de gestionnaires de différents bureaux de Santé Canada. Il cherche à améliorer la coordination, l'uniformité et la cohérence des évaluations scientifiques des risques dans tous les secteurs de programme. Le GTESR crée des équipes de travail composées d'experts en la matière afin d'élaborer des rapports explicatifs, des documents de position ou d'orientation et d'autres documents sur les questions touchant l'évaluation des risques pour la santé humaine. Le GTESR a déterminé que l'évaluation des risques liés à un mélange est une priorité nécessitant des recherches plus approfondies. Par souci de concision dans le reste du texte, nous abrégeons l'expression « évaluation des risques liés à un mélange » par « ER d'un mélange ».

En général, l'exposition à un mélange peut être définie comme la coexposition à deux ou plusieurs produits chimiques présentant un potentiel d'effets conjoints. Différentes expressions permettent de décrire l'exposition à un mélange de produits chimiques, notamment « exposition cumulative » et « exposition combinée à plusieurs produits chimiques », tout comme l'évaluation des risques liés à l'exposition à ces produits chimiques multiples. On peut employer les expressions « ER d'un mélange », « évaluation des risques liés à l'exposition cumulative » ou « évaluation des risques liés à l'exposition combinée ». Toutefois, certaines de ces expressions s'emploient dans un contexte plus spécifique que ce qui est décrit dans le présent document. Par exemple, l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) a une définition précise de l'évaluation des risques cumulatifs (c'est à dire, les risques pour la santé humaine associés à la coexposition à deux ou plusieurs pesticides qui causent un ou plusieurs effets toxiques communs selon la même, ou essentiellement la même, séquence d'événements biochimiques majeurs [c'est à dire, un mécanisme commun de toxicité]). L'ARLA a élaboré une politique pour appliquer ces concepts dans le contexte spécifique de son programme, ce qui dépasse la portée du présent document (Santé Canada, 2018a).

Dans le cadre du présent guide, l'ER d'un mélange désigne une « évaluation des risques de l'exposition combinée à plusieurs substances » (il convient de noter qu'un mécanisme de toxicité commun n'est pas nécessairement requis), ce qui correspond à la terminologie utilisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme international sur la sécurité des substances chimiques (PISSC), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l'Agency for Toxic Substances et Disease Registry (ATSDR) et le Health and Environmental Sciences Institute (HESI). De nombreux documents d'orientation sur l'ER d'un mélange ont été publiés. Cependant, il est difficile et fastidieux pour les évaluateurs de risques de se retrouver dans cette abondance de documents pour choisir l'approche la plus appropriée et chercher comment l'appliquer à une évaluation des risques donnée. C'est pourquoi le GTESR a créé une équipe de travail chargée d'élaborer un « guide de référence rapide » pour aider les évaluateurs de risques à faire une évaluation préalable des mélanges, à les hiérarchiser puis à les évaluer en vue de déterminer leurs risques. Ce « guide de référence rapide » (a) fournit aux secteurs de programme de Santé Canada des orientations adaptées à l'objectif établi et conformes aux orientations internationales et (b) favorise le recours aux ER d'un mélange pour la santé humaine en réduisant les obstacles (temps et ressources) à la réalisation de telles évaluations. Le présent guide technique est destiné aux évaluateurs de risques. Bien que l'accent soit mis sur la santé humaine, le guide pourrait être étendu à l'ER d'un mélange présent dans l'environnement, en raison des nombreuses similitudes méthodologiques.

Guide de référence rapide : évaluation des risques liés à l'exposition combinée à plusieurs substances (mélanges)

Le présent guide de référence rapide (figure 1) peut être utilisé pour des mélanges entiers ou constitués de composants aux fins suivantes :

Figure 1. Vue d'ensemble de l'évaluation des risques liés à l'exposition combinée à plusieurs substances (mélange).
voir la description textuelle ci-dessous
Figure 1: Description textuelle

Description : La figure 1 fournit une illustration graphique du processus et des décisions décrits ci-dessous à la section 2 du document, c'est-à-dire « Guide de référence rapide ».

Étape 1 : utilise la Formulation du problème (tableau 1) pour déterminer si une ER d'un mélange est appropriée et définir les groupes d'évaluation. Le tableau pose les questions récapitulatives suivantes: Une ER pour mélange est-elle nécessaire en fonction de l'objectif?

  • La nature de l'exposition est-elle connue?
  • La coexposition est-elle probable, compte tenu du contexte?
  • Une coexposition est-elle probable dans un laps de temps pertinent?
  • Existe-t-il une justification pour classer les substances dans un groupe à évaluer d'après leur danger?

Si une co-exposition aux substances est probable (compte tenu du contexte ET du délai) ET qu'il est possible qu'au moins une des substances provoque des effets nocifs sur la santé humaine, alors OUI, une ER d'un mélange est appropriée; Si NON, les options sont : 1) une ER d'un mélange n'est pas nécessaire, 2) redéfinir le groupe d'ER ou 3) plus d'informations sont nécessaires.

Les réponses à ces questions constituent le plan d'analyse et répondent à la question : Un mélange RA est-il recommandé et si oui, quel(s) groupe(s) et comment sera menée l'analyse?

Si la réponse est OUI, une ER d'un mélange est appropriée, passez à la deuxième étape.

Étape 2 : Utilise plusieurs niveaux d'information sur l'exposition et les dangers dans le cadre d'analyses progressives, intégrées et itératives pour éclairer la décision (tableau 2).

Les niveaux d'exposition et de toxicité sont résumés dans le tableau suivant:

Tableau. Résumé de la caractérization des risques du tableau 3
Mode d'action similaire Mode d'action different pas d' interaction Interactions
ID/QD (défaut) addition de réponse ID Poids de la preuve binaire
IPRf FPR combinés Probabilité de risque
MET ID modifiés Modèle PBTK
FPR Poids de la preuve binaire  

Un niveau numéroté plus élevé est plus raffiné (moins conservateur et incertain) mais nécessite plus de ressources (main-d'œuvre et données).

La prochaine étape, Étape 3 : Compare l'exposition potentielle aux dangers pour la caractérisation des risques à l'aide des modèles recommandés en fonction des niveaux d'information de l'étape 2 (tableau 3). Les méthodes du tableau 3 sont résumés dans le tableau suivant:

Tableau. Résumé de la caractérization des risques du tableau 3
Mode d'action similaire Mode d'action different pas d' interaction Interactions
ID/QD (défaut) addition de réponse ID Poids de la preuve binaire
IPRf FPR combinés Probabilité de risque
MET ID modifiés Modèle PBTK
FPR Poids de la preuve binaire  

La méthode appropriée du tableau 3 est utilisé pour répondre à la question: la mesure du risque est-elle acceptable?
La réponse est oui si une des situations suivantes s'applique : ID<1; QD<1, IPRf<1, MET>100, Exp<RL IC
La réponse est non si une des situations suivantes s'applique : ID>1; QD>1, IPRf>1, MET<100, Exp>RL IC

Si la réponse est oui, l'ER du mélange est acceptable et aucune autre action n'est donc nécessaire.

Si la réponse est non, il existe 3 options : 1) redéfinir le groupe du mélange pour l'ER à l'aide de l'étape 1, 2) affiner les informations sur l'exposition ou les dangers en passant à un niveau numéroté plus élevé à l'étape 2 (tableau 2) ou 3) atténuer les risques ou gérer les risques.

Finalement, Étape 4 sagit de consigner dans le formulaire de déclaration de l'ER d'un mélange toutes les données critiques, y compris le paramètre de risque et l'analyse des incertitudes, utilisées pour éclairer la décision à des fins de transparence et de communication. Les orientations sont adaptées des organismes nationaux et internationaux œuvrant dans le domaine de la santé (annexe A).

Exp: exposition; ID: indice de danger; QD: quotient de danger; IC : produit chimique de référence; MOA : mode d'action; ME : marge d'exposition; MET : marge d'exposition totale; PBTK : modèle toxicocinétique à base physiologique; PD : point de départ; ER: évaluation des risques; IPRf: indice du point de référence; RL : valeur de référence; FRP : facteur de puissance relative.

Étape 1 : Formulation du problème pour déterminer si une ER d'un mélange est appropriée et définir les groupes d'évaluation (tableau 1). Si la coexposition aux substances est probable (compte tenu du contexte ET du laps de temps) ET si au moins une des substances est susceptible d'avoir des effets néfastes sur la santé humaine, alors OUI, une ER d'un mélange est appropriée; si NON, une ER d'un mélange n'est pas nécessaire : il faut redéfinir le groupe à évaluer ou obtenir davantage de données (case rose avec pointillé).

Étape 2 : Utiliser plusieurs niveaux d'information sur l'exposition et les dangers dans le cadre d'analyses progressives, intégrées et itératives pour éclairer la décision (voir tableau 2 pour un résumé des niveaux). Un niveau supérieur est plus approfondi (moins conservateur et incertain), mais aussi plus exigeant en termes de ressources (main-d'œuvre et données).

Étape 3 : Comparer l'exposition potentielle aux dangers pour la caractérisation des risques à l'aide des modèles recommandés en fonction des niveaux d'information de l'étape 2 (les méthodes sont présentées en tableau 3). À chaque niveau, le résultat peut être le suivant : l'ER d'un mélange est acceptable et, aucune autre action n'est alors requise (case verte), ou dans la case rose à contour ondulé: redéfinition du groupe à évaluer à l'aide de l'étape 1, approfondissement des données sur l'exposition ou le danger en passant à un niveau supérieur à l'étape 2 (tableau 2), ou atténuation ou gestion des risques.

Étape 4 : Consigner dans le formulaire de déclaration de l'ER d'un mélange toutes les données critiques, y compris le paramètre de risque et l'analyse des incertitudes, utilisées pour éclairer la décision à des fins de transparence et de communication. Les orientations sont adaptées des organismes nationaux et internationaux œuvrant dans le domaine de la santé (annexe A). Exp: exposition; ID: indice de danger; QD: quotient de danger; IC : produit chimique de référence; MOA : mode d'action; ME : marge d'exposition; MET : marge d'exposition totale; PBTK : modèle toxicocinétique à base physiologique; PD : point de départ; ER: évaluation des risques; IPRf: indice du point de référence; RL : valeur de référence; FRP : facteur de puissance relative.

Étape 1 : formulation du problème

La formulation du problème est un processus itératif qui commence par un échange entre les évaluateurs de risques et le demandeur afin de déterminer le champ d'application, les éventuels groupes (ou mélanges entiers) à évaluer et la disponibilité des données. Le groupe initial des substances est défini dans la formulation du problème par l'évaluateur. Le groupe peut inclure des métabolites et des produits de dégradation et il peut être basé sur le potentiel de coexposition ou de danger. Les questions posées dans le tableau 1 permettent de s'assurer que l'ER d'un mélange est appropriée et adaptée à l'objectif établi.

Si certaines questions liées à la formulation du problème ne peuvent être résolues en raison d'un manque de données, il convient d'envisager d'utiliser des outils permettant de combler ces lacunes (par exemple, composant de substitution, analyse des tendances, lecture croisée, nouvelles approches méthodologiques [NAM]). Le résultat de la formulation du problème est une recommandation et une justification pour réaliser (ou non) une ER d'un mélange.

Si une ER d'un mélange est recommandée, on produit un plan d'analyse décrivant :

Le résultat final est un paramètre de risque, accompagné de son interprétation et d'une analyse globale des incertitudes.

Tableau 1. Étape 1 : Formulation du problème : L'ER d'un mélange est-elle appropriée? Définition des groupes possibles
Formulation du problème Considérations

Objectif de l'évaluation des risques :

La principale question à laquelle il faut répondre est « Quel est le résultat souhaité par le demandeur »? Considérations pourraient inclure: Est-ce que l'ER fait-il partie d'un mandat réglementaire? Quel est le champ d'application? Évaluation de la population générale ou d'un sous-groupe de la population définie? Qu'est-ce que la domaine d'applicabilité par exemple, est-ce qu'une ER d'un mélange est-elle demandée ou nécessaire? Comment l'ER sera-t-elle appliquée? (par exemple, évaluation préalable, hiérarchisation, élaboration de lignes directrices complètes)? L'ER d'un mélange peut être quantitative ou qualitative. Si certaines voies d'exposition sont mineures ou peu probables, on peut les évaluer qualitativement (si elles sont couvertes par d'autres voies plus importantes). S'il n'existe pas de données sur l'exposition ou le danger, le résultat sera « obtenir davantage de données » ou « utiliser une stratégie d'atténuation ou de gestion des risques ».

La nature de l'exposition est-elle connue?

La nature de l'exposition peut être obtenue en examinant la composition d'un mélange et de ses composants:

Exposition combinée : exposition à plusieurs substances par une seule voie, ou exposition à plusieurs substances par plusieurs voies.

Approche pour les mélanges entiers ou constitués de composants (approche préférable lorsque les composants sont connus). On peut employer une combinaison d'approches, par exemple si un mélange est mal défini, mais contient des composants préoccupants, comme des substances génotoxiques.

Dans quelle mesure la composition du mélange est-elle constante (par exemple, variabilité des composants, stabilité)?

La coexposition est-elle probable, compte tenu du contexte?

Les considérations comprennent: Les substances sont-elles utilisées de manière similaire? S'agit-il d'une utilisation occasionnelle ou fréquente (y compris une utilisation ou une exposition répétée ou intermittente)? Les substances sont-elles présentes dans les mêmes milieux? L'exposition peut être due à « l'utilisation » d'un produit ou à l'exposition à des contaminants environnementaux (c'est à dire, non intentionnelle, ou non due à « l'utilisation » d'un produit).

Une coexposition est-elle probable dans un laps de temps pertinent?

On tient compte des facteurs de co-exposition externes et internes ainsi que des mesures de biosurveillance:

Coexposition externe : Est-ce que les substances sont présentes simultanément, se chevauchent ou se succèdent dans le temps et dans un même endroit? Les substances dans un groupe à évaluer ont-elles des propriétés physico-chimiques qui permettent une coexposition (par exemple, solubilité, volatilité, devenir dans l'environnement et demi-vie)? Les substances sont-elles persistantes (c'est à dire, qu'elles ne se dégradent pas et ne se diluent pas) dans l'environnement? Le temps écoulé entre l'exposition initiale et les expositions ultérieures est-il suffisant pour permettre une coexposition?

Coexposition interne : Les substances ont-elles la même absorption, la même distribution dans les tissus cibles? Sont-elles métabolisées en une substance active ou inactive (cinétique)? Les effets sont-ils de courte ou de longue durée (dynamique)?

Mesures de biosurveillance de l'exposition : Les substances sont-elles détectées dans les mêmes milieux (par exemple, urine, sérum, lait maternel, sang du cordon ombilical) et au même moment?

Existe-t-il une justification pour classer les substances dans un groupe à évaluer d'après leur dangerosité?

S'il y a un risque qu'au moins une des substances ait des effets néfastes sur la santé humaine, on peut envisager de classer les substances dans des sous-groupes en raison de leur similarité ou de leur différence : mandat réglementaire, structure (groupes fonctionnels), cinétique, effets sur la santé (humaine ou animale), mode d'action ou voie associée aux effets toxiques (VET), le cas échéant. La justification fondée sur le danger peut s'appuyer sur des données réelles ou prédictives. Les approches par catégories et par analogues peuvent permettre de regrouper les produits chimiques.

Plan d'analyse

Recommandations possibles :

  1. L'ER d'un mélange n'est pas nécessaire : Si la coexposition aux substances est improbable (compte tenu du contexte OU du laps de temps) OU s'il n'y a pas de risque qu'au moins une des substances ait des effets néfastes sur la santé humaine.
  2. Inclure ou exclure des substances du groupe à évaluer d'après les données disponibles, puis formuler de nouveau le problème.
  3. De plus amples renseignements sont requis avant de pouvoir évaluer les risques liés à un mélange.
  4. Il y a lieu d'effectuer une ER d'un mélange : Si la coexposition aux substances est probable (compte tenu du contexte ET du laps de temps) ET si au moins une des substances est susceptible d'avoir des effets néfastes sur la santé humaine, il existe une justification et des renseignements permettant d'envisager l'ER d'un mélange de substances. Fournir le plan d'analyse proposé.

Exemple de plan d'analyse : Les données sur l'exposition et le danger seront examinées dans le cadre d'une approche itérative et à plusieurs niveaux, puis comparées afin de permettre la caractérisation des risques au moyen de l'approche par défaut, soit l'addition des doses (sauf si les données indiquent que les méthodes d'interaction ou d'addition des réponses [différents modes d'action] conviennent mieux). L'incertitude sera documentée à la fois pour les analyses de danger et les analyses d'exposition. Le paramètre de risque évalué en premier lieu sera l'indice de danger (mélange constitué de composants) ou le quotient de danger (mélange entier). Un paramètre de risque est jugé adéquat lorsque la méthode appropriée et l'interprétation correspondante des données peuvent être justifiées (tableau 3). Le résultat final de l'ER d'un mélange sera le paramètre de risque, son interprétation et l'analyse globale des incertitudes.

Sources : OMS 2017, EFSA et al. 2019 (annexe A).

Étape 2 : Évaluation de l'exposition et des dangers

Les renseignements concernant l'exposition et les dangers sont utilisés dans le cadre d'analyses progressives, intégrées et itératives afin d'éclairer la décision concernant l'ER d'un mélange. Les composants du mélange d'ER sont définis lors de l'étape précédente de la formulation du problème. Pour les ER d'un mélange entier et les ER de mélanges constitués de composants, les renseignements sur l'exposition et les dangers sont évalués à l'aide de concepts et de méthodes semblables à l'approche généralement utilisée pour les produits chimiques uniques (EFSA et al., 2019).

L'ER d'un mélange entier

Pour l'ER d'un mélange entier, le mélange est traité comme une entité unique et une évaluation quantitative est réalisée directement à l'aide des données disponibles sur l'exposition et la toxicité, puis le résultat est comparé à l'étape 3, qui prévoit la caractérisation des risques à l'aide de la méthode du quotient de danger (tableau 3).

  • Avantages : Les ER du mélange entier peuvent être utilisée pour des mélanges mal définis par ce qu'elle tient compte de toutes les matières non identifiées dans le mélange chimique et de toutes les interactions entre les composants.
  • Limitations : Les ER de mélange entier ne s'appliquent qu'aux mélanges stables dont la composition ne varie pas et qui ne sont pas censés changer au fil du temps (par exemple, les scellants pour les entrées, la capsaïcine, les carburants) (ATSDR, 2018; EFSA et al., 2019), et la base de données disponibles est généralement limitée. En l'absence de données sur le mélange en cause, on peut utiliser des données sur l'exposition et la toxicité pour un mélange similaire ou de substitution (dont les composants et les proportions sont semblables). Toutefois, ces données sont généralement rares et variables, et il n'y a pas suffisamment de renseignements sur les interactions potentielles entre les composants du mélange similaire ou de substitution.
L'ER d'un mélange constitué de composants

Dans le cas d'une ER d'un mélange constitué de composants, les données sur l'exposition et la toxicité sont évaluées dans le cadre d'analyses progressives, intégrées et itératives afin d'éclairer la décision concernant cette évaluation (tableau 2). Les évaluations aux premiers niveaux (niveaux 0 et 1) s'appuient sur des méthodologies prédictives et des hypothèses prudentes. Au besoin, on peut passer à des approches plus affinées, qui sont de plus en plus probabilistes et fondées sur un nombre croissant de données (niveaux 2 et 3). Le passage à un niveau supérieur peut s'avérer nécessaire si la caractérisation des risques (étape 3) semble indiquer que la protection est insuffisante (c'est à dire, si l'exposition dépasse la limite de référence). Il peut également être nécessaire d'approfondir le groupe à évaluer en revenant à l'étape de formulation du problème et en utilisant des approches fondées sur le poids de la preuve, des données dosimétriques (cinétique) ou mécanistes (c'est à dire, mode d'action ou VET), ou encore en demandant que des données critiques soient produites. L'évaluation est approfondie de manière itérative à l'aide de modèles d'exposition et de danger plus complexes aux niveaux suivants, jusqu'à ce que l'ER d'un mélange soit acceptable (c'est à dire, qu'aucun autre approfondissement ne soit nécessaire). S'il n'est pas possible d'approfondir l'évaluation ou d'évaluer les risques, il faut élaborer une stratégie d'atténuation ou de gestion des risques.

  • Avantages : On dispose d'une base de données plus importante sur les composants chimiques, que l'on peut utiliser pour l'évaluation des risques liés à des mélanges variables (dont les composants et les proportions peuvent changer).
  • Limitations : L'ER d'un mélange peut ne pas tenir compte des substances non identifiées dans le mélange chimique ni des interactions entre les composants, ce qui pourrait entraîner une sous-estimation ou une surestimation des risques. Il est important de disposer de renseignements sur le mode d'action et toute association potentielle entre les différents composants, sinon, il convient d'employer l'hypothèse par défaut selon laquelle il n'y a pas d'interactions entre les composants ou elles sont négligeables aux taux d'exposition pertinents.
Considérations générales pour l'évaluation de l'exposition et des dangers
  • Différents taux d'exposition et de toxicité peuvent être utilisés (tableau 2)
  • Il existe des outils pour combler les lacunes dans les données sur un membre du groupe à évaluer, par exemple :
    • les lignes directrices de l'OCDE en matière d'essais, la lecture croisée, l'analyse des tendances
    • les relations quantitatives structure-activité (QSAR)
    • le seuil de préoccupation toxicologique (SPT)
    • les modèles toxicocinétiques à base physiologique
    • les nouvelles approches méthodologiques (NAM), le cas échéant
  • Approfondir l'évaluation des risques d'après le mode d'action : Il faut prendre en compte divers aspects, notamment les incertitudes, le degré de confiance, le type de mode d'action ou de VET (c'est à dire, putatif, qualitatif ou quantitatif), le niveau de complexité, le niveau d'examen externe (c.-à-d. en cours d'élaboration, en cours d'examen, approuvé ou avalisé) et l'événement clé.
  • Facteurs à prendre en considération : Différences entre les espèces (y compris la pertinence pour les humains), variations interindividuelles (y compris les personnes touchées de manière disproportionnée), qualité et robustesse de la base de données, nature du danger et aspects temporels.
  • Données sur la génotoxicité : Elles peuvent éclairer l'élaboration d'un mode d'action de liaison directe avec l'ADN, ainsi que le type d'approche (c.-à-d. linéaire ou avec seuil) pour les ER des mélanges entiers ou constitués de composants.
  • Substances qui interagissent :
    • les interactions pertinentes sur le plan toxicologique sont rares aux faibles taux d'exposition.
    • lorsque les données indiquent que des interactions sont probables, il convient de calculer l'exposition pour chaque composant séparément et de traiter les synergies ou les antagonismes potentiels à l'étape de l'évaluation des dangers.
    • les méthodes à appliquer dépendront de la nature et de la qualité des données disponibles pour ces interactions (ATSDR, 2018; EFSA et al., 2019).
  • Les incertitudes devraient être explicitées, notamment en ce qui concerne les différents niveaux et les outils utilisés pour combler les lacunes dans les données.
Tableau 2. Étape 2 : Évaluations hiérarchisées de l'exposition et des dangers dans le cadre des ER d'un mélange constitué de composants
Niveau Exposition Danger

Tous

Existe-t-il des preuves crédibles d'une exposition à certaines substances du groupe à évaluer, voire à toutes ces substances?

Existe-t-il des preuves d'un potentiel d'effets néfastes pour les humains? Les produits chimiques dans le groupe à évaluer ont-ils une toxicité similaire ou affectent-ils ou non les mêmes organes? Les approches de caractérisation des risques pour les modes d'action similaires ou différents sont présentées à l'étape 3, tableau 3.

0

Estimations semi-quantitatives simples de l'exposition
Ces estimations sont souvent faites à partir d'hypothèses par défaut; les sous-groupes potentiellement exposés devraient être pris en compte.
On peut combiner le volume, l'utilisation ou les propriétés physico-chimiques pour établir un classement relatif des substances, qui peut ensuite être comparé à des estimations quantitatives pour des substances présentant des profils similaires. On peut utiliser des données prédictives ou hypothétiques.

Approche par défaut : Addition des doses selon les valeurs de référence (VRf) ou les valeurs guides (VG) pour tous les composants sans approfondissement. On suppose que tous les composants ont la même puissance que le composé le plus toxique connu. Approche prudente et protectrice, fondée sur les effets critiques à la dose la plus faible

Groupes à évaluer : D'après les organes cibles, ou d'après un mode d'action ou une VET similaire.

Données : On peut utiliser les valeurs de référence ou les VG (par exemple, DJT, DJA, LMR). S'il n'y a pas de VG, on peut utiliser les données prédictives pour chaque composant (par exemple, données in silico [QSAR, lecture croisée], données in vitro, données physico-chimiques, données in vivo; valeurs du SPT), le cas échéant. Si les données ne sont pas disponibles pour un composant, on peut utiliser la VG du composant le plus puissant et un FI, ou utiliser des outils permettant de combler les lacunes dans les données (voir ci-dessus).

Limitations : Les FI peuvent varier pour chaque VG.

Méthode à utiliser pour l'étape 3 : Indice de danger (ID; tableau 3).

1

Scénarios d'exposition génériques utilisant des estimations ponctuelles prudentes.
Somme des estimations déterministes de l'exposition pour tous les composants d'après les données mesurées ou modélisées (par exemple, limite supérieure de l'utilisation ou de la dose journalière). Prise en compte du profil d'utilisation ou d'exposition (par exemple, si les produits sont utilisés dans un laps de temps pertinent).

Limitations : Les différences individuelles en matière d'exposition ne sont pas prises en compte; incohérence dans les données sur la demi-vie biologique et les prédictions des propriétés physico-chimiques.

Approfondissement de la puissance d'après un PD individuel

Groupes à évaluer : D'après les organes cibles, ou d'après un mode d'action ou une VET similaire.

Données : Données prédictives pour chaque composant, par exemple données in silico (QSAR, lecture croisée), in vitro, physico-chimiques, in vivo, SPT. Approfondir le PD en incorporant la puissance des composants individuels pour l'effet commun et des mesures plus précises du PD (modélisation de la DR) pour le danger. Relation dose-réponse pour au moins un événement clé dans le mode d'action ou la VET pour chaque composant (OCDE, 2018). Suppose l'addition des doses.

Méthode à utiliser pour l'étape 3 : ID ou indice du PD (tableau 3).

2

Évaluation approfondie de l'exposition, avec une utilisation accrue de données réelles mesurées.
Les scénarios d'exposition déterministes sont mieux définis (ils conviennent mieux à la situation). Les modèles peuvent intégrer davantage de paramètres et de données pour être plus réalistes tout en restant prudents. Les sources d'exposition multiples peuvent être prises en compte par sommation. On peut réaliser une analyse de sensibilité déterministe en établissant des valeurs faibles, moyennes ou élevées. Prend en compte les données d'exposition pour différents sous-groupes (plus ou moins sensibles, plus ou moins à risque que la population générale).
Limitations : Nécessite davantage de données.

Approfondissement accru de la puissance (par exemple, FPR) et regroupement fondé sur le mode d'action.

Groupes à évaluer : Approfondissement d'après le mode d'action ou la VET (pourrait être au niveau de la cible moléculaire).

Mode d'action similaire (méthode de l'étape 3 : addition des doses or concentrations);
Mode d'action différent (méthode de l'étape 3 : addition des réponses);

Interactions : L'effet peut être plus important (synergique, potentialisant, supra-additif) que prévu par l'addition des doses, concentrations ou réponses, ou être plus faible (antagoniste, inhibitif, sous-additif, infra-additif) (méthode de l'étape 3 : voir le tableau 3 des interactions).

Données : In silico, in vitro, NAM (par exemple, approches omiques). Données requises pour étayer des VET ou des modes d'action différents ou pour étayer le potentiel d'interaction. Données requises sur plusieurs substances pour les mêmes systèmes d'essai

Valeur approfondie de la puissance (FPR) : Si elle est disponible, la puissance de chaque composant est exprimée comme étant équivalente à celle d'un composé de référence (c'est à dire, le PD d'un composé de référence divisée par le PD du composé d'intérêt).

3

Les estimations probabilistes de l'exposition tiennent compte des distributions des facteurs d'exposition ou des données sur l'exposition. Il doit y avoir des données sur le scénario d'exposition et les populations concernées pour les différentes utilisations et populations. Les modèles incluent des sources d'exposition multiples et pourraient prendre en compte les différences d'absorption et d'élimination entre les substances.
Limitations : L'utilisation de ces approches peut nécessiter des données importantes et une formation approfondie des évaluateurs.

Estimations probabilistes des dangers.

Groupes d'évaluation : Incorporent des renseignements de plus en plus précis sur la VET ou le mode d'action.

Données : Idéalement, on dispose de données sur plusieurs événements clés dans la VET ou le mode d'action. Incorporer des données cinétiques et dynamiques sur le mode d'action à l'aide de modèles PBTK et BBDR, ainsi que des estimations probabilistes du danger. Les modèles aident à traduire les données externes ou in vitro en concentrations d'exposition interne associées à des dangers. Les modèles peuvent également servir à ajuster les concentrations afin de tenir compte des différences de danger (c'est à dire, de puissance), et d'extrapoler les concentrations entre les espèces et d'après la voie d'exposition. Les NAM (par exemple, approches omiques, IVIVE) sont également utiles pour combler les lacunes en matière de données, le cas échéant. La somme des rapports exposition-activité (REA) ou des rapports exposition-bioactivité (REB) peut être utilisée pour quantifier le risque des expositions chimiques combinées. Le REA est la concentration externe (par exemple, mesurée dans l'eau) divisée par un degré de danger obtenu à l'aide de la NAM (par exemple, CA50). Le REB est la concentration interne (par exemple, la concentration plasmatique à l'état d'équilibre) divisée par la mesure du danger obtenue à partir d'une NAM (par exemple, CA50) qui a été convertie en dose équivalente pour les humains par extrapolation IVIVE. Pour ces deux approches, une somme > 1 peut être considérée comme étant un seuil de préoccupation.

Avantage : Permet de mieux caractériser les différences interspécifiques et la variabilité humaine.

Limitations : L'utilisation de ces approches peut nécessiter des données importantes et une formation approfondie des évaluateurs; elles peuvent ne pas convenir dans certaines situations.

CA50 : concentration à laquelle 50 % de l'activité maximale est observée; DJA : dose journalière admissible; VET : voie associée aux effets toxiques; BBDR : modèle dose-réponse fondé sur des données biologiques; IVIVE : extrapolation d'in vitro à in vivo; LMR : limite maximale de résidus; NAM : nouvelles approches méthodologiques; PBTK : modèle toxicocinétique à base physiologique; PD : point de départ; QSAR : relation quantitative structure-activité; FPR : facteur de puissance relative; SAR : relation quantitative structure-activité; DJT : dose journalière tolérable; SPT : seuil de préoccupation toxicologique; FI : facteur d'incertitude (EFSA et al., 2019; OMS, 2017).

Étape 3 : Caractérisation des risques et analyse des incertitudes

La caractérisation des risques est l'évaluation de la probabilité et de la gravité des effets nocifs. Il détermine la probabilité que des effets néfastes se produisent dans un organisme, une population ou un sous-groupe d'une population donnée en fonction des conditions d'exposition définies dans la formulation du problème. Cette probabilité ou ce paramètre de risque est déterminé à l'aide de méthodes qui comparent l'exposition potentielle aux dangers dans les ER, autant pour les mélanges entiers que les mélanges constitués de composants (tableau 2). Les méthodes recommandées pour l'« Étape 3 : Caractérisation des risques » sont décrites dans le tableau 3. Les méthodes peuvent être utilisées pour les substances cancérogènes et non cancérogènes (ATSDR, 2018).

Les méthodes d'addition des doses sont l'approche par défaut lorsque le mode d'action est inconnu, ou lorsque des produits chimiques ont un mode d'action similaire ou qu'ils sont toxiques pour les mêmes organes cibles. L'addition des doses est jugée prudente et protectrice pour la santé (d'après des analyses empiriques des effets d'expositions chimiques combinées) (ATSDR, 2018; EFSA et al., 2019).

Aux niveaux supérieurs, à l'étape 2, les paramètres de risque deviennent davantage quantitatifs et probabilistes : on prend en compte la dose interne en utilisant soit des données de toxicocinétique, soit la modélisation PBTK ou PBTK-TD. Toutefois, de telles données sont rarement disponibles (EFSA et al., 2019). Les renseignements sur les modes d'action permettent d'utiliser des méthodes qui tiennent compte de l'interaction entre les substances d'intérêt et les substances ayant des modes d'action différents.

L'adéquation du paramètre de risque dépend de l'objectif, des conditions d'exposition et des incertitudes concernant l'ER d'un mélange, qui sont énoncés dans la formulation du problème. Une analyse des incertitudes devrait examiner les incertitudes potentielles liées à l'exposition, les incertitudes liées au danger et les incertitudes générales. À chaque étape de l'ER d'un mélange, ainsi que pour l'ensemble de l'évaluation, ces incertitudes devraient être consignées dans le formulaire de déclaration de l'ER d'un mélange (étape 4). Habituellement, un paramètre de risque moins de 1 est jugé acceptable, tandis qu'un paramètre de risque supérieur ou égal à 1 reflète un risque potentiel (ATSDR, 2018; ECHA, 2017; EFSA et al., 2019; OCDE, 2018; OMS, 2017). Cette interprétation du niveau préoccupant est proposée à titre d'orientation, et les secteurs de programme peuvent choisir d'adapter l'interprétation à leurs besoins. Si un risque est constaté, trois options sont possibles (voir la figure 1) :

  1. Redéfinir le groupe à évaluer (formulation itérative du problème à l'étape 1).
  2. Approfondir les données à un niveau supérieur ou générer des données supplémentaires (étape itérative 2).
  3. Atténuation ou gérer les risques d'après l'objectif de l'ER du mélange.
Tableau 3. Étape 3 : Méthodes et interprétation pour la caractérisation des risques dans le cadre d'une ER d'un mélangeNote de tableau c
Méthode et interprétationNote de tableau a Résumé et
Avantages
Limitations Utilisation dans
le cadre

Approche du mélange entier

Quotient de danger (QD)
QD ≥ 1 = préoccupantNote de tableau a

Pour les substances génotoxiques et cancérogènes, ME ≥ 10 000 = peu préoccupanteNote de tableau a.

QD = exposition/valeur de référence (VRf)

Tout comme pour les mélanges entiers, cette méthode est applicable uniquement aux mélanges dont la composition ne varie pas et qui ne devraient pas changer au fil du temps (EFSA et al., 2019). La collecte d'échantillons, les données et la disponibilité des normes analytiques sont limitées. Il y a peu de mélanges « suffisamment similaires » en raison de la nature variable de chaque mélange. Il est peu probable qu'une valeur de référence ou une valeur guide pour un mélange soit applicable à d'autres mélanges.

Mélanges entiers

Approche par composants : Pour les produits chimiques ayant un mode d'action similaire (hypothèse par défaut lorsque les données ne sont pas disponibles); addition des doses

Indice de danger (ID)

ID < 1 = risque faible
ID ≥ 1 = risque préoccupantNote detableau a

Somme de l'exposition par rapport aux VRf. Méthode transparente, rapide et simple à appliquer. Peut prendre en compte les différentes voies et sources d'exposition.
E – Taux d'exposition de chaque composant individuel; VRf – Valeur de référence (par exemple, DJT, DJA, LMR, etc.) pour chaque composant individuel, mais elle doit être la même pour chaque composant. Les critères d'évaluation ne doivent pas nécessairement être les mêmes pour le choix des VRf (OCDE, 2018). Si on ne dispose pas de VRf pour tous les composants, on peut utiliser la VRf la plus faible disponible (pour le produit chimique le plus puissant et en supposant que tous les composants ont la même puissance). Il s'agit souvent d'une estimation prudente des risques (EFSA et al., 2019).
HI = E1/RL1 + E2/RL2 + … + En/RLn

Les VRf ne sont souvent pas directement comparables (effets critiques variables, FI, jugements stratégiques ou scientifiques, périodes d'examen et méthodes). Il peut s'avérer nécessaire d'établir une VRf si les données sont disponibles. Difficilement applicable aux produits chimiques nouveaux et pour lesquels on dispose de peu de données, sans VRf. Risque d'un excès de prudence (OCDE, 2018). Ne tient pas compte des interactions. Suppose que les courbes dose-réponse des composants sont congruentes ou similaires.

Évaluation préalable : pour la caractérisation des risques aux niveaux 0 et 1 (si un niveau supérieur est nécessaire). Pour le niveau 1, la VRf est ajustée en fonction de l'effet commun; un IPD peut aussi être calculé (voir ci-dessous). Lorsque la base de données est plus exhaustive, il est possible d'utiliser la dose toxique pour les organes cibles (DTOC) dans le cadre d'une approche affinée de l'ID. Cette approche tient compte du fait que les composants n'ont pas tous les mêmes effets indésirables ou les mêmes organes cibles, de sorte qu'un ID est établi pour chaque critère d'effet.

Approche par composants : Pour les produits chimiques ayant un addition des doses

Indice du point de référence (IPRf) OU indice du point de départ (IPD);

IPRf x FIgroupe < 1Note de tableau a
Le risque combiné est acceptable.

MET > 100Note de tableau a
Le risque combiné est acceptable.

Somme de l'exposition par rapport au PRf (ou au PD) pour l'effet en cause (réponse repère sélectionnée). Étant donné que les FI ne sont pas utilisés, les PRf sont directement comparables. La méthode est transparente, rapide et simple à appliquer. Elle peut être appliquée à des produits chimiques sans VRf, réduit l'incertitude associée à l'approche de l'ID et réduit la surestimation du risque potentiel (OCDE, 2018).
IPRf= Exp1/PRf1 + Exp2/PRf2 + … + Expn/PRfn
Par exemple, si la DR10 est utilisée comme PRf : ME= DR10/exposition;
La réciproque de l'IPRf est la marge d'exposition totale (MET), la marge d'exposition individuelle (ME) étant le rapport entre le PRf et le taux d'exposition chez les humains (mesuré ou estimé).

MET = 1/ (1/ME1) + (1/ME2) + … + (1/Men).
Un seul FI pour le groupe peut être appliqué comme dernière étape du processus; sinon, on peut appliquer les FCSC plus tôt dans le processus, au besoin. Il peut aussi y avoir une série d'IPD pour différents effets.

Difficile dans le cas des produits chimiques pour lesquels on dispose de peu de données. Il faut connaître le PD à partir d'indicateurs de toxicité animale pour un effet donné.

Niveaux 1, 2 ou 3.

Approche par composants : Pour les produits chimiques ayant un mode d'action similaire (hypothèse par défaut lorsque les données ne sont pas disponibles); addition des doses

Facteur depuissance relative (FPR), facteur d'équivalence toxique (FET) et facteur d'équivalence de puissance (FEP)

Si l'exposition totale équivalente est inférieure à la VRf du PCRf, le risque combiné est jugé acceptableNote de tableau a. Une ME > 100 est également acceptableNote de tableau a.

Pour les mélanges composés d'une seule classe de produits chimiques provoquant des effets similaires par un mode d'action commun, et pour lesquels on dispose de données détaillées sur au moins un membre de la classe chimique (produit chimique de référence – PCRf). La méthode peut être utilisée dans les situations où il y a peu de données sur les autres membres. On peut utiliser des facteurs d'échelle (FPR, FEP ou FET) pour exprimer la toxicité des autres produits chimiques en termes de dose équivalente du PCRf afin de déterminer la toxicité globale du mélange. Les puissances sont généralement calculées d'après les courbes dose-réponse, en utilisant la même réponse repère (par exemple, 10 %), bien que des DSENO aient également été utilisées. L'activité du mélange est ensuite déterminée à partir de la somme des doses normalisées en fonction de la puissance pour obtenir une exposition équivalente totale exprimée en équivalents de PCRf. Cette exposition équivalente totale est ensuite comparée à la VRf du PCRf (par exemple, dioxines et autres agonistes du récepteur d'aryl hydrocarbone). Cette méthode permet de mieux normaliser les paramètres de dose pour chaque produit chimique. De plus, il s'agit d'une méthode simple (s'il existe des FPR). Si aucun FET n'est disponible, l'évaluation peut s'appuyer sur un composant de substitution (par exemple, le BaP dans le cas des HAP, du PBDE).
Hypothèse : La toxicité d'un mélange est déterminée par la toxicité de son composant le plus puissant ou le mieux étudié, après ajustement en fonction de l'exposition relative; mode d'action commun et courbes dose-réponse parallèles pour toutes les substances.

L'évaluation porte sur un effet ou mécanisme spécifique. D'autres effets ou mécanismes pertinents pourraient faire l'objet d'une évaluation distincte. Les valeurs FPR, FET et FEP d'une substance chimique sont présumées équivalentes pour les critères d'effet pertinents pour l'évaluation et les scénarios d'exposition, bien que les FPR puissent varier selon le régime de dosage, la voie, l'effet, l'espèce et la souche. Il convient toutefois de noter que des FPR propres à la voie d'exposition peuvent être calculés et incorporés dans l'évaluation. La pertinence des FPR calculés à partir des doses externes pour l'évaluation des concentrations internes (c'est à dire, les données de biosurveillance humaine) est souvent inconnue. Dépendance à l'égard de la qualité de la base de données toxicologiques sur les PCRf.
Exige beaucoup de travail dans le cas des produits chimiques pour lesquels il n'y a pas de FPR. Méthode utilisée uniquement lorsqu'il est possible de relever les effets communs d'un ou de plusieurs événements biologiques clés suffisamment connus.

Comme pour le niveau 1, la ME au niveau 2 est examinée dans le contexte des incertitudes connexes et sert de base pour déterminer si une évaluation à un niveau supérieur est nécessaire.

Approche par composants : Pour les produits chimiques dont le mode d'action est indépendant, différent ou sans interaction#

Addition des réponses

Si les concentrations de chaque composant restent inférieures aux valeurs sans effet, elles ne contribuent théoriquement pas à la toxicité combinée (EFSA et al., 2019).

On calcule la probabilité que l'exposition au mélange (pm) entraîne un effet nocif en multipliant les probabilités d'effets néfastes dus à l'exposition pour chaque composant (p1, p2, pi, etc.) :
pm = 1 – (1-p1)* (1-p2)* … *(1-pn)
On peut estimer le risque comme étant soit le centile de la population dépassant la valeur de référence, soit le dépassement maximal de la valeur de référence, soit le pourcentage de la population qui se situe à la valeur de référence ou en dessous pour un centile donné de la distribution (par exemple, le 99,9e centile).

La fiabilité des données à de faibles doses augmente de manière exponentielle lorsque le nombre de composants du mélange augmente. Cependant, la mauvaise qualité des données d'un seul composant peut réduire la fiabilité globale.

Évaluation préalable des dangers et utilisation d'un niveau supérieur.

Approche par composants : Pour les produits chimiques dont le mode d'action est indépendant, différent ou sans interaction#

Approche par composants : Pour les produits chimiques dont le mode d'action est indépendant, différent ou sans interaction

FPR combinés

Les avantages de la méthode des FPR sont mis à profit. La méthode tient compte de la puissance des différents groupes de produits chimiques présents dans le mélange. Prenons l'exemple de l'ER d'un mélange de sous-produits de désinfection dans l'eau potable. Ces mélanges contiennent des sous-groupes de composants qui produisent des effets similaires. Les composants sont regroupés en sous-classes d'après leur mode d'action. Pour chaque sous-classe, un PCRf est déterminé et des FPR sont calculés pour toutes les autres substances chimiques de la sous-classe. Les risques sont ensuite estimés pour chaque sous-classe d'après la relation dose-réponse pour le PCRf. Enfin, on additionne les estimations des risques pour les sous-classes, en utilisant des méthodes d'addition des réponses, afin d'estimer les risques pour l'ensemble du mélange.

La méthode des FPR présente des inconvénients.
Elle repose sur l'existence de facteurs d'échelle des FPR et de puissance pour différents groupes de produits chimiques.

La méthode combine l'addition des doses et l'action indépendante. À utiliser aux niveaux supérieurs de l'évaluation.

Approche par composants : Pour les produits chimiques dont le mode d'action est indépendant, différent ou sans interactionNote de tableau b

ID modifiés
QD = addition des ID modifiés pour chaque composant
QD < 1Note de tableau a = risque peu probable d'effets néfastes sur la santé.

C'est l'approche la plus simple pour les mélanges chimiques présentant une action indépendante. Il s'agit de considérer chaque composant indépendamment en utilisant l'approche des ID modifiés. Un FI supplémentaire (entre 1 et 100) est ajouté au calcul habituel de l'ID pour refléter le degré de confiance dans les données disponibles sur les interactions et la concentration des composants du mélange (car la probabilité d'interactions augmente avec la dose). L'approche est simple et peut être utilisée s'il y a peu de données. Les avantages de l'ID sont mis à profit.

La méthode ne tient pas compte de la variabilité de la sensibilité aux composants du mélange au sein d'une population.

Ne devrait être envisagée que pour une évaluation préliminaire des risques (niveau 0).

Approche par composants : Pour les produits chimiques dont le mode d'action est indépendant, différent ou sans interactionNote de tableau b

Poids de la preuve binaire

Évaluation systématique des types d'interactions; des cotes numériques sont attribuées dans diverses circonstances.

Approche complexe et longue.

Processus long. À utiliser aux niveaux supérieurs.

Approche par composants : Pour les produits chimiques qui interagissent

ID modifiés par des interactions binaires

Les avantages de l'ID sont mis à profit. La méthode évalue les données sur les dangers pour des paires possibles de produits chimiques afin de déterminer le poids de la preuve binaire pour chacune de ces paires, ce qui permet de déterminer la direction attendue d'une interaction (EFSA et al., 2019).

La méthode des ID présente des inconvénients. Méthode exigeant l'analyse d'une grande quantité de données.

Méthode employée à un niveau inférieur.

Approche par composants : Pour les produits chimiques qui nteragissent

Approche des ID et du poids de la preuve fondée sur les interactions

Les avantages de l'ID sont mis à profit. Les renseignements sur l'interaction sont convertis en une cote numérique d'après un jugement expert ou une évaluation du poids de la preuve (ATSDR, 2018; U.S. EPA, 2007). La cote numérique tient compte de ce qui suit : 1) la nature de l'interaction; 2) la qualité des données disponibles; 3) la plausibilité biologique ou toxicologique de l'interaction dans des conditions d'exposition réelles; 4) la pertinence pour la santé humaine (EFSA et al., 2019). Les interactions étudiées entre les paires de substances au sein d'un mélange servent à pondérer l'ID (ANSES, 2021). Un facteur d'incertitude peut être appliqué pour tenir compte des interactions entre les composants d'un mélange (ATSDR, 2018).

Ne fournit qu'une cote numérique des risques. La méthode repose sur une évaluation subjective, les incertitudes intrinsèques affectant les valeurs de référence sont combinées et amplifiées. (EFSA et al., 2019). Ne peut prédire la nature de l'interaction autre que la cible commune.

Niveau 2 ou supérieur.

Approche par composants : Pour les produits chimiques qui interagissent

Probabilité globale de risque (PGR)

Additivité étendue des réponses fondée sur des effets indépendants, antagonistes et synergiques. La méthode suppose que la PGR de chaque contaminant reste la même comme si les contaminants étaient dans un système à un seul contaminant (ANSES, 2021).

Données rarement disponibles, méthode complexe à mettre en œuvre.

À utiliser aux niveaux supérieurs.

Approche par composants : Pour les produits chimiques qui interagissent

Modélisation PBTK

Utilisée pour : 1) estimer la concentration interne des contaminants individuels par rapport à l'exposition externe à un mélange (indice de danger biologique), 2) étudier les interactions toxicocinétiques possibles entre les contaminants dans le mélange et 3) estimer l'exposition interne pour une voie d'exposition particulière à l'aide de données obtenues pour une autre voie d'exposition. (ANSES, 2021).

Données rarement disponibles, méthode complexe à mettre en œuvre. Des conseils experts sont nécessaires.

À utiliser aux niveaux supérieurs.

Note de tableau a

L'interprétation du niveau préoccupant est proposée à titre d'orientation. Les programmes peuvent adapter leur interprétation à leurs besoins.

Retour à la référence de la note de tableau a

Note de tableau b

Approche par composants : Pour les produits chimiques dont le mode d'action est indépendant, différent ou sans interaction (la méthode suppose que toute perturbation biologique induite par un produit chimique n'a pas d'effet sur les relations dose réponse d'autres produits chimiques).

Retour à la référence de la note de tableau b

Note de tableau c

FCSC : facteurs de correction spécifiques au composé; ID : indice de danger; QD : quotient de danger; PCRf : produit chimique de référence; ME : marge d'exposition; MET : marge d'exposition totale; LMR : limite maximale de résidus : DSENO : dose sans effet nocif observé : PGR : probabilité globale de risque; PBTK : modèle toxicocinétique à base physiologique; FEP : facteur d'équivalence de puissance; IPD : indice du point de départ; ER : évaluation des risques; IPRf : indice du point de référence; VRf : valeur de référence; FPR : facteur de puissance relative; FET : facteur d'équivalence toxique; DJT : dose journalière tolérable; FI : facteur d'incertitude (ANSES, 2021; EFSA et al., 2019; OMS, 2017).

Retour à la référence de la note de tableau c

Étape 4 : Consigner l'évaluation dans le formulaire de déclaration de l'ER d'un mélange

Consigner tous les renseignements essentiels pour assurer la transparence et une communication cohérente dans la formulaire de déclaration de l'ER d'un mélange. Ce formulaire est un résumé de tous les informations critiques des étapes 1 à 3.

Étape 1 : Formulation du problème
Formulation du problème Considérations

Objectif de l'évaluation des risques

Question principale : Quel est le résultat souhaité par le demandeur? Les considérations peuvent inclure : Une ER d'un mélange est-elle demandée ou nécessaire? Cela fait-il partie d'un mandat réglementaire? L'ER fait-elle partie d'un mandat réglementaire? Quelle est la portée? Par exemple, l'ER évalue-t-elle la population générale ou une sous-population définie? Comment l'ER sera-t-elle appliquée? Par exemple, dépistage, priorisation, élaboration de lignes directrices complètes?

La nature de l'exposition est-elle connue?

La nature de l'exposition peut être obtenue en examinant la composition d'un mélange et de ses composants. Considérations comprennent : mélange entier ou constitué de composants? Quels composants? Existe-t-il des données d'exposition utilisables? La composition du mélange est-elle cohérente?

La coexposition est-elle probable compte tenu du contexte?

Considérations comprennent : Les substances sont-elles utilisées de manière similaire? Est-ce occasionnel ou habituel? Les substances sont-elles présentes dans les mêmes milieux?

Une coexposition est-elle probable dans un laps de temps pertinent?

Coexposition externe : Les substances sont-elles présentes au même moment, au même endroit en même temps, ou ont-elles des propriétés physico-chimiques qui permettent une coexposition?

Coexposition interne : Les substances ont-elles une cinétique similaire?

Biosurveillance : Des traces des substances sont-elles détectées dans les divers milieux biologiques?

Existe-t-il une justification pour classer les substances dans un groupe à évaluer d'après leur dangerosité?

S'il y a un risque qu'au moins une des substances ait des effets néfastes sur la santé humaine, on peut envisager de placer les substances dans des sous-groupes sur la base de similitudes ou de différences : mandat réglementaire, structure (groupes fonctionnels), cinétique, effets sur la santé, mode d'action ou VET (le cas échéant). La justification peut être fondée sur des données réelles ou prévisionnelles. Les approches par catégories et par analogues peuvent permettre de regrouper les produits chimiques.

Plan d'analyse

Le plan peut indiquer que l'évaluation des risques liés aux mélanges n'est pas nécessaire, décrire les substances incluses ou exclues, conclure que des données supplémentaires sont nécessaires, ou encore que l'évaluation des risques liés aux mélanges est applicable et spécifier le plan d'analyse. Par exemple, les données sur l'exposition et le danger seront examinées dans le cadre d'une approche itérative et hiérarchisée puis comparées pour la caractérisation des risques à l'aide de l'approche par défaut, à savoir l'addition des doses (sauf si les données indiquent que les méthodes d'addition des interactions ou des réponses [différents modes d'action] conviennent mieux). L'incertitude sera documentée pour les analyses des dangers et de l'exposition. Le paramètre de risque évalué en premier lieu sera l'indice de danger (mélange constitué de composants) ou le quotient de risque (mélange entier). Un paramètre de risque est jugé adéquat lorsque la méthode appropriée et l'interprétation correspondante des données peuvent être justifiées (tableau 3). Le résultat final de l'ER d'un mélange sera le paramètre de risque, son interprétation et l'analyse globale des incertitudes.

Étape 2 : Évaluations de l'exposition et des dangers

Renseignements à inclure dans toutes les ER d'un mélange : groupe visé par l'évaluation (mélange entier ou constitué de composants), données et paramètre, hypothèses (par exemple, addition des doses, addition des réponses, interactions, mélange stable), incertitudes liées à l'exposition potentielle, incertitudes liées au danger, incertitudes générales et limites de l'ER d'un mélange entier ou constitué de composants. L'évaluation aux niveaux 1 à 3 est réalisée au besoin.

Niveau Exposition Danger
Tous Existe-t-il des preuves crédibles d'une exposition à certaines substances du groupe à évaluer, voire à toutes ces substances? Existe-t-il des preuves d'un potentiel d'effets nocifs pour les humains? Les produits chimiques dans le groupe à évaluer provoquent-ils une toxicité similaire ou affectent-ils les mêmes organes? Les approches de caractérisation des risques pour les modes d'action similaires ou différents sont présentées à l'étape 3, tableau 3.
0

Estimations semi-quantitatives simples de l'exposition

  • Groupes à évaluer :
  • Données :
  • Paramètre de l'exposition :
  • Hypothèses, limitations et incertitudes :

Addition par défaut des doses selon les valeurs de référence ou les valeurs guides pour tous les composants, sans approfondissement.

  • Groupes à évaluer :
  • Données :
  • Paramètre de danger :
  • Hypothèses, limitations et incertitudes :

Résultat : L'ER d'un mélange est acceptable ou aucune autre action n'est requise; approfondir le groupe à évaluer; approfondir les données (niveau supérieur ou obtention de données); ou gérer les risques.

1-3 Au besoin Au besoin
Étape 3 : Caractérisation des risques et analyse des incertitudes
Caractérisation des risques et analyse des incertitudes Considérations
Paramètre de risque, calcul et interprétation :
Hypothèses : Par exemple addition des doses, addition des réponses, interactions, mélange stable.
Analyse des incertitudes : Les incertitudes potentielles liées à l'exposition, les incertitudes liées aux dangers et les incertitudes générales devraient être documentées à chaque étape de l'ER d'un mélange, et pour l'évaluation du mélange dans son ensemble. Il convient également de documenter les limites de l'approche utilisée (évaluation d'un mélange entier ou constitué de composants).
Décision recommandée concernant l'ER d'un mélange
Objectif de l'ER d'un mélange :
Recommandation :
Hypothèses, limitations et incertitudes :
Renseignements susceptibles de modifier la décision :

D'études de cas

Le formulaire de déclaration est destiné à guider l'évaluateur des risques tout au long de l'évaluation des mélanges et a été modifié pour correspondre à l'objectif et aux besoins de chaque étude de cas.

Étude de cas 1 : L'ER d'un mélange n'est pas appropriée pour quatre trihalométhanes (THM) dans l'eau potable
Étape 1 : Formulation du problème
Problem Formulation Considerations
Objectif de l'évaluation des risques : Déterminer si l'évaluation et la gestion des risques de quatre trihalométhanes (THM) dans l'eau potable devraient être fondées sur des substances individuelles, un mélange des quatre substances ou un mélange des substances bromées seulement. Faire ressortir les domaines d'incertitude et déterminer les données critiques requises.
La nature de l'exposition est-elle connue? Oui. Le mélange est constitué de composants et comprend du chloroforme, du BDCM, du DBCM et du bromoforme, ces trois derniers étant considérés comme des « THM bromés ». Les données de surveillance de ces substances dans l'eau potable sont disponibles pour l'ensemble des provinces et des territoires du Canada, sauf les Territoires du Nord-Ouest.
La coexposition est-elle probable compte tenu du contexte? Oui. Les quatre THM sont des sous-produits de la désinfection de l'eau potable. Ils se forment lorsque le chlore ou le brome utilisé pour désinfecter l'eau potable réagit avec les matières organiques présentes naturellement dans les réserves d'eau brute. Par conséquent, ils se retrouvent régulièrement ensemble dans l'eau potable et une coexposition est probable.
Une coexposition est-elle probable dans un laps de temps pertinent?

Coexposition externe : Oui. Les quatre THM sont modérément à hautement solubles dans l'eau. Comme on les trouve couramment ensemble dans l'eau potable, une coexposition externe au cours d'un laps de temps similaire est probable.

Coexposition interne : Oui. La coexposition interne est probable par l'ingestion d'eau. Les quatre THM sont rapidement absorbés et distribués dans l'ensemble de l'organisme. Les quatre THM sont métabolisés par des voies d'oxydation et de réduction. Toutefois, contrairement au chloroforme, les THM bromés peuvent également être métabolisés par conjugaison en métabolites mutagènes.

Biosurveillance : Les quatre THM ont été détectés ensemble dans le plasma, l'urine et l'air expiré.

Existe-t-il une justification pour classer les substances dans un groupe à évaluer d'après leur dangerosité? Les quatre THM affectent le foie et les reins. Les THM bromés ont également des effets sur le côlon, tandis que le chloroforme a des effets sur les voies nasales. Alors que les quatre THM sont métabolisés par des voies d'oxydation et de réduction, les THM bromés peuvent également être métabolisés par conjugaison en métabolites mutagènes. Bien qu'il s'agisse d'une voie de pénétration quantitativement mineure, il est probable que les métabolites mutagènes soient disproportionnellement plus toxiques. Les effets seront probablement observés au niveau du côlon dans le cas des THM bromés, mais non dans le cas du chloroforme, car les enzymes CYP2E1 du côlon sont plus facilement saturées (par rapport au foie), ce qui détourne le métabolisme vers la voie de conjugaison. Cette voie métabolique toxique est observée avec les THM bromés, mais pas avec le chloroforme. Les THM chlorés ont donc un mode d'action différent de celui des THM bromés.
Plan d'analyse Recommandation : L'ER d'un mélange n'est pas nécessaire. Bien que la coexposition aux quatre THM soit probable dans un contexte et un laps de temps pertinents, et que les quatre THM puissent affecter des organes cibles communs (foie et reins), on n'a pas eu recours à l'ER d'un mélange : les modes d'action à l'origine des effets critiques utilisés pour calculer les valeurs basées sur la santé sont différents pour le chloroforme (effets non cancérogènes sur les reins) et le BDCM (cancer du gros intestin). Compte tenu de la différence des modes d'action, on ne devrait pas additionner les valeurs pour le chloroforme et le BDCM. Bien que les organes affectés soient en partie les mêmes, il a été décidé en fin de compte de ne pas recourir à une ER d'un mélange.
Étape 2 : Évaluations de l'exposition et des dangers
Niveau Exposition Danger
Tous Existe-t-il des preuves crédibles d'une exposition à certaines substances du groupe à évaluer, voire à toutes ces substances? OUI. Existe-t-il des preuves d'un potentiel d'effets néfastes pour les humains? Les produits chimiques dans le groupe à évaluer provoquent-ils une toxicité similaire ou affectent-ils les mêmes organes? NON, ils ne présentent pas de toxicité similaire.

Étape 3 : Caractérisation des risques et analyse des incertitudes

Sans objet

Source : Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada : Documents techniques – Les trihalométhanes, pour consultation publique (www.canada.ca/fr/sante-canada/programmes/consultation-ebauche-recommandations-qualite-eau-potable-canada-trihalomethanes.html; Version finale sera disponible à https://www.canada.ca/en/health-canada/services/environmental-workplace-health/reports-publications/water-quality.html#tech_doc).

Étude de cas 2 : Sélection et priorisation des métaux appropriés pour la recherche sur les mélangeson a mixture
Étape 1 : Formulation du problème
Formulation du problème Considérations
Objectif de l'évaluation des risques : Un chercheur étudie la toxicité de l'arsenic et a demandé à un évaluateur de risques de lui recommander un métal prioritaire supplémentaire à prendre en compte dans la production de données sur la toxicité d'un mélange binaire avec de l'arsenic, dans le but d'éclairer de futures recommandations sur la qualité des sols et de l'eau. Portée : Soutenir l'élaboration de recommandations pour la qualité des sols et de l'eau. Évaluation pour la population canadienne. Les voies d'exposition à prendre en compte sont la voie orale (eau potable) et les activités autour des sites contaminés (qualité des sols).
La nature de l'exposition est-elle connue? Groupe à évaluer : Composants potentiels pouvant être recommandés avec l'arsenic (As) : plomb (Pb), cadmium (Cd), chrome (Cr) et manganèse (Mn). Exposition : Chronique par voie orale (eau potable). Disponibilité des données : oui, pour les composants individuels, mais elles sont limitées pour les mélanges entiers et les mélanges de composants définis.
La coexposition est-elle probable compte tenu du contexte? Oui, les substances peuvent pénétrer dans l'eau et le sol par le biais des processus naturels d'altération, du traitement et de la distribution de l'eau, par l'exploitation minière et par les sites d'enfouissement des déchets. L'importance toxicologique et le risque correspondant pour la santé humaine de ces coexpositions dépendront de nombreux facteurs environnementaux et biologiques.
Une coexposition est-elle probable dans un laps de temps pertinent?

Coexposition externe : Oui, les substances peuvent être présentes au même moment et au même endroit. Leurs propriétés physico-chimiques permettent une coexposition. Les substances persistent dans l'environnement.

Coexposition interne (cinétique similaire?) : Tous les composants sont absorbés dans le système gastro-intestinal et pénètrent ensuite dans la circulation systémique pour être largement distribués. Les niveaux d'absorption sont plus élevés chez les nourrissons et les enfants que chez les adultes dans le cas du Pb et du Mn. Taux d'absorption plus faibles dans le cas du Cr. Toutes les substances traversent la barrière hématoencéphalique et le placenta. La demi-vie interne (t1/2) de l'As, du Pb, du Cd et du Mn indique un potentiel de coexposition de longue durée (quelques jours à quelques années). Le Cr a une t1/2 plus courte de 40 heures, ce qui indique qu'il ne persiste pas autant dans l'organisme que les autres substances chimiques. D'après les concentrations chimiques et les schémas temporels, l'exposition peut être aiguë, subchronique et chronique. Il doit y avoir une exposition chronique entraînant des effets chroniques pour que des recommandations canadiennes puissent être élaborées.

Biosurveillance : Substances détectées dans les mêmes milieux (par exemple, le sang et l'urine).

Existe-t-il une justification pour classer les substances dans un groupe à évaluer d'après leur dangerosité? Oui. L'As, le Pb, le Cd et le Mn ont une cinétique similaire et ont des effets neurologiques et développementaux, ce qui entraîne une neurotoxicité. Des études font état d'une additivité de l'As avec le Pb et le Cd. Dans le cas du Cr et de l'As, l'additivité est moindre; l'exposition n'entraîne pas d'effets similaires sur la santé (effets intestinaux contre la neurotoxicité). Le mode d'action n'est pas entièrement compris, mais il pourrait être plausible en ce qui concerne l'additivité avec l'As et le Pb. Il est possible que l'As, le Cd et le Mn aient un mode d'action épigénétique commun. Ces données justifient l'exclusion du Cr du groupe à évaluer, car il ne partage pas de mode d'action commun.
Plan d'analyse Recommandation : L'ER est pertinente, mais le Cr ne devrait pas être pris en compte dans le groupe à évaluer. L'ER du mélange devrait prendre en compte les renseignements concernant l'exposition et les dangers pour l'As, le Pb, le Cd et le Mn dans le cadre d'une approche itérative et par niveaux. Pour la caractérisation des risques, une approche additive de la dose est appropriée (aucune donnée n'indique que l'interaction ou l'addition des réponses est plus appropriée). L'incertitude devrait être documentée pour l'analyse du danger et de l'exposition, et un indice de danger (ID) sera utilisé. Un ID < 1 sera considéré comme un risque faible et un ID ≥ 1 sera potentiellement préoccupant et nécessitera l'examen des données sur l'exposition ou le danger au niveau suivant.
Étape 2 : Évaluations de l'exposition et des dangers
Niveau Exposition Danger
Tous Existe-t-il des preuves crédibles d'exposition à certaines substances du groupe à évaluer, voire à toutes ces substances? OUI. Existe-t-il des preuves d'un potentiel d'effets néfastes pour les humains? Les produits chimiques dans le groupe à évaluer provoquent-ils une toxicité similaire ou affectent-ils les mêmes organes? OUI.
0 Pas nécessaire. Des renseignements suffisants pour éclairer la décision ont été obtenus.

Niveau 0

Données : Valeurs guides pour tous les composants.

Paramètre de danger : Valeurs guides (valeur maximale acceptable ou valeur basée sur la santé), en µg/L.

Hypothèses, limitations et incertitudes : La méthode suppose l'approche par défaut, soit l'addition des doses, car il n'y a pas d'interaction et il n'y a pas de données indiquant le contraire. De plus, le mode d'action est similaire ou inconnu, et tous les composants ont la même puissance. Les facteurs d'incertitude pour les valeurs guides des composants individuels varient. La neurotoxicité est le critère d'effet critique dénotant la plus grande sensibilité. Incertitudes générales : La quantité et la qualité des données varient selon les composants.

Résultat : Acceptable pour formuler une recommandation au groupe de recherche (ce qui est l'objectif de la formulation du problème). Approfondir les données : doit-on passer à un niveau supérieur ou doit-on obtenir des données pour l'As.

1

Données : Concentrations mesurées dans l'eau potable au Canada. Exposition : Niveaux moyens de l'ordre du µg/L.

Hypothèses, limitations et incertitudes : Mesure individuelle des métaux et pas de mesures directes de la coexposition. Les méthodes d'échantillonnage rendent difficiles les mesures de l'exposition au plomb.

Pas nécessaire compte tenu de l'objectif de cette ER d'un mélange.
2 et 3 Pas nécessaire. Des renseignements suffisants pour éclairer la décision ont été obtenus. Pas nécessaire compte tenu de l'objectif de cette ER d'un mélange.
Étape 3 : Caractérisation des risques et analyse des incertitudes
Caractérisation des risques et analyse des incertitudes Considérations
Paramètre de risque, calcul et interprétation : ID (somme de l'exposition [E] divisée par le danger [D] pour chaque composant)
ID = EAs/DAs + EPb/DPb + ECd/DCd + EMn/DMn

Calcul de l'échantillon : ID = 2,6 µg/L/0,3 µg/L + 1,3 µg/L/5 µg/L + 0,07 µg/L/7 µg/L +10,8 µg/L/120 µg/L ID = 8,67 + 0,26 + 0,01 + 0,09 = 8,96

Hypothèses : Addition des doses, pas d'interactions et mélange stable.
Comme l'ID est ≥ 1, cette évaluation des risques indique que le mélange est potentiellement préoccupant et nécessite l'examen des données sur les dangers au niveau suivant. Il faut examiner surtout les données concernant la neurotoxicité et le mode d'action de l'As avec le Pb, le Cd ou le Mn.

Décision recommandée concernant l'ER d'un mélange

Objectif de l'ER d'un mélange : Recommander le métal prioritaire supplémentaire à tester dans un mélange binaire avec l'As afin de contribuer à l'élaboration de recommandations canadiennes pour la qualité de l'eau potable et des sols.

Recommandation : Production de données sur la neurotoxicité, le mode d'action et l'interaction de l'As avec le Pb, le Mn ou le Cd (la priorité pourrait éventuellement être fondée sur l'ID). Dans l'idéal, des données devraient être produites pour l'ensemble des substances.

Étude de cas 3 : Ajout de données de biosurveillance
Étape 1 : Formulation du problème
Formulation du problème Considérations
Objectif de l'évaluation des risques : Évaluer le lien entre l'exposition prénatale à un mélange de cinq métaux (arsenic [As], cadmium [Cd], manganèse [Mn], plomb [Pb] et mercure [Hg]) et le poids des enfants à la naissance parmi les participantes à l'étude MIREC.
La nature de l'exposition est-elle connue? Dans l'étude MIREC, l'exposition aux métaux a été évaluée à l'aide des données de biosurveillance provenant d'échantillons de sang total prélevés chez les participantes enceintes au cours du premier trimestre de la grossesse. Des données sur les habitudes alimentaires et les comportements liés aux antécédents de santé (par exemple, l'absorption de Cd par la fumée de tabac) sont disponibles, mais il n'y avait pas de mesures des métaux dans les échantillons environnementaux d'après la source ou la voie d'exposition (par exemple, eau potable, poussière domestique, aliments).
La coexposition est-elle probable compte tenu du contexte? Oui. Pour évaluer la coexposition, des coefficients de corrélation ont été calculés. Ils varient de 0,0 pour l'As à 0,4 pour le Hg, ce qui indique une corrélation modérée. Il n'y a pas de données sur la coexposition dans l'environnement des participantes (par exemple, traitement ou sources/distribution de l'eau, proximité de sites miniers ou de sites d'enfouissement).
Une coexposition est-elle probable dans un laps de temps pertinent? Oui. Étant donné que les demi-vies du Pb (1-2 mois), du Hg (50 jours), du Cd (10-40 ans) et du Mn (10-42 jours) dans les échantillons de sang sont relativement similaires et se chevauchent (CDC, 2022), nous avons supposé que les données de biosurveillance représentaient une exposition exogène survenue au cours de la période précédant la conception et au début de la grossesse. Par conséquent, une coexposition est probable. Par rapport à d'autres métaux, l'As dans le sang a une demi-vie plus courte, soit de 2 à 4 jours. (CDC, 2022). Par conséquent, la concentration d'As au premier trimestre peut refléter une exposition plus récente. Cependant, de nombreuses participantes à l'étude MIREC ont probablement été exposées de manière stable à l'As par l'eau potable et les aliments. Par conséquent, une coexposition avec d'autres métaux est probable.
Existe-t-il une justification pour classer les substances dans un groupe à évaluer d'après leur dangerosité? Oui. Les métaux ont une toxicocinétique similaire, un mode d'action commun et des effets communs sur la santé. Toutefois, dans cette analyse, les métaux n'ont pas été regroupés en fonction d'une réduction connue du poids à la naissance : ils ont plutôt été regroupés en fonction de la classe chimique et subdivisés en métaux essentiels (Mn) et en métaux non essentiels (As, Cd, Pb, Hg).
Plan d'analyse Recommandation : L'ER est pertinente. La relation entre l'exposition et le danger devrait être examinée à l'aide de la méthode de régression BKMR (Bayesian Kernel Machine Regression), et les effets devraient être quantifiés par régression linéaire. Le paramètre de danger évalué sera une variation du poids à la naissance (en grammes). Les résultats graphiques de la régression BKMR incluront les effets globaux du mélange, les contributions chimiques individuelles au mélange et tout effet interactif entre les métaux. Le résultat final sera le paramètre de danger (effets principaux), son interprétation et les incertitudes globales (intervalles de confiance à 95 %). L'analyse des résultats selon le sexe sera également examinée.
Étape 2 : Évaluations de l'exposition et des dangers
Niveau Exposition Danger

Tous

Existe -t-il des preuves crédibles d'une exposition à certaines substances du groupe à évaluer, voire à toutes ces substances?

Oui, tous les métaux ont été détectés dans au moins 90 % des échantillons de sang au premier trimestre.

Groupes à évaluer : Les composants regroupés pour évaluation d'après la formulation du problème sont les suivants : Hg, As, Pb, Cd et Mn.

Données : Échantillons de sang prélevés au cours du premier trimestre de la grossesse

Paramètre de l'exposition : Concentrations sanguines (μg/L).

Hypothèses, limitations et incertitudes : L'utilisation des données de biosurveillance est limitée par plusieurs inconnues, soit la voie, le moment, la durée et l'intensité de l'exposition. En raison de ces limitations, la procédure analytique n'a permis de détecter que cinq métaux. Les concentrations de métaux ont été transformées en log2 afin que l'influence potentielle des valeurs aberrantes soit diminuée.

Existe-t-il des preuves d'un potentiel d'effets néfastes pour les humains? Les produits chimiques dans le groupe à évaluer provoquent-ils une toxicité similaire ou affectent-ils les mêmes organes, ou non?

Oui

Groupes à évaluer : Groupes composés de métaux essentiels et non essentiels.

Données : Poids des enfants à la naissance (en grammes), extrait des dossiers médicaux.

Paramètre de danger : Variation du poids à la naissance (en grammes) pour chaque augmentation d'un facteur 2 des concentrations de métaux dans le sang.

Hypothèses, limitations et incertitudes : Nous supposons que nous pouvons suffisamment réduire les variables confusionnelles en ajustant ces variables et les covariables disponibles.

Résultats : Dans cette étude épidémiologique, le mélange de métaux a été associé de manière monotone à une réduction du poids à la naissance dans toute la plage des expositions. Le Pb a été identifié comme étant le métal le plus important de ce mélange.

Étape 3 : Caractérisation des risques et analyse des incertitudes
Caractérisation des risques et analyse des incertitudes Considérations
Résultats et interprétations : Pour déterminer s'il existe un lien entre les paramètres d'exposition et de danger, nous avons examiné les résultats graphiques du modèle BKMR pour déceler les tendances (figure 2). La ligne de régression négative indique un lien lorsqu'une augmentation de la concentration du mélange de métaux est liée à une réduction du poids à la naissance.

Hypothèses, limitations et incertitudes générales : Les études épidémiologiques se concentrent sur la mesure des liens. Cependant, la découverte d'un lien n'implique pas une causalité. Les incertitudes sont courantes dans les études épidémiologiques et comprennent les rôles potentiels du hasard, des biais de sélection ou de mesure, et des facteurs de confusion. Cette étude a pu réduire au minimum l'impact potentiel de ces incertitudes en contrôlant des facteurs tels que le tabagisme, le sexe, l'âge de la mère, la race, l'indice de poids corporel avant la grossesse et le statut socio-économique, et en effectuant des analyses par des méthodes statistiques multiples (BKMR et régression linéaire). Cependant, même si la méthode BKMR, une méthode d'apprentissage automatique non paramétrique, est très flexible et peut estimer des courbes dose-réponse complexes de même que distinguer les métaux présentant des liens positifs ou négatifs avec les effets sur la santé, les résultats ne sont pas faciles à interpréter. Par conséquent, on pourrait employer d'autres méthodes comme une régression linéaire qui examine les produits chimiques individuels et suppose une linéarité pour quantifier la relation entre le poids à la naissance et l'exposition aux métaux. Dans cette étude de cas, des résultats cohérents ont été obtenus à la fois avec l'ER d'un mélange (BKMR) et l'évaluation des produits chimiques individuels (régression linéaire). Enfin, la population dans l'étude MIREC comprend principalement des participantes blanches, nées au Canada, non-fumeuses, de statut socio-économique moyen à élevé et présentant de faibles concentrations de métaux par rapport à la population générale. Par conséquent, un facteur de confusion minime est associé à cette population d'étude en raison de sa nature et de facteurs sociodémographiques. Toutefois, les résultats ne sont pas généralisables à des populations dont les taux d'exposition, les caractéristiques sociodémographiques ou les antécédents de santé diffèrent.

Conclusion : Une augmentation de la concentration du mélange de métaux est associée à une réduction du poids à la naissance. Les résultats de l'étude montrent que le Pb est le principal composant associé à un poids moindre à la naissance, même à de faibles concentrations de plomb dans le sang (médiane = 6,0 µg/L, écart interquartile = 4,1 µg/L) mesurées chez les participantes à l'étude MIREC. Les résultats de la régression linéaire indiquent que chaque doublement des concentrations de Pb au premier trimestre est associé à une diminution de 39 g du poids à la naissance (intervalle de confiance de 95 % : -69, -9).

Renseignements susceptibles de modifier la décision : De futurs travaux et études incluant les interactions complexes de facteurs chimiques et non chimiques tels que le stress social, la race, la nutrition et l'inflammation permettraient d'élargir nos connaissances.

Source : (Hu et al., 2021)
Figure 2. Effet global (intervalle de crédibilité de 95 %) du mélange de métaux sur le poids à la naissance selon le modèle BKMR lorsque toutes les expositions se situent à des centiles particuliers (comme il est indiqué sur l'axe des x) par rapport à une exposition au 50e centile.
voir la description textuelle ci-dessous
Figure 2 : Description textuelle

La figure 2 présente un graphique de l'exposition sur l'axe des x (de 0,3 à 0,7 quantiles) et de la variation du poids à la naissance sur l'axe des y (de -25 à 50 grammes). Dans l'ensemble, le graphique montre qu'une augmentation de la concentration du mélange de métaux est associée à une réduction du poids à la naissance.

Étude de cas 4 : Addition des doses et utilisation d'un substitut : Produits chimiques dans l'eau potable
Étape 1 : Formulation du problème
Formulation du problème Considérations
Objectif de l'évaluation des risques : Déterminer si l'évaluation et la gestion des risques pour quatre substances dans l'eau potable devraient être fondées sur des valeurs guides pour les substances individuelles, un mélange des quatre substances ou un sous-groupe. Mettre en évidence les points d'incertitude et déterminer les données critiques requises.
La nature de l'exposition est-elle connue? Oui. Le mélange est constitué de composants et les données de surveillance de ces substances dans l'eau potable sont disponibles dans l'ensemble des provinces et des territoires du Canada.
La coexposition est-elle probable compte tenu du contexte? Oui. Les quatre composants sont régulièrement détectés ensemble dans l'eau potable et une coexposition est probable.
Une coexposition est-elle probable dans un laps de temps pertinent?

Coexposition externe : Oui. Les quatre composants sont modérément à hautement solubles dans l'eau. Étant donné qu'ils sont régulièrement détectés ensemble dans l'eau potable, une coexposition externe au cours d'un laps de temps similaire est probable.

Coexposition interne : Oui. Il peut y avoir coexposition interne par ingestion d'eau, inhalation de vapeur (pendant un bain) et absorption cutanée. Les quatre composants sont rapidement absorbés et distribués dans l'ensemble de l'organisme. Ils sont tous métabolisés par des voies d'oxydation et de réduction.

Biosurveillance : Les quatre composants ont été détectés ensemble dans le plasma, l'urine et l'air expiré.

Existe-t-il une justification pour classer les substances dans un groupe à évaluer d'après leur dangerosité? Les quatre composants ont un groupe fonctionnel similaire, sont métabolisés par des voies d'oxydation et de réduction (cinétique similaire), affectent le foie et les reins (effets similaires sur la santé) et ont un mode d'action similaire.
Plan d'analyse Recommandation : Il y a lieu d'évaluer les risques liés à un mélange. Il convient d'examiner les renseignements concernant l'exposition et le danger dans le cadre d'une approche itérative et hiérarchisée et de les comparer en vue de caractériser les risques selon une approche fondée sur l'addition des doses (aucune donnée n'indique que l'addition des interactions ou des réponses est plus appropriée). L'indice de danger (ID) sera utilisé. Un ID < 1 sera considéré comme un risque faible et un ID ≥ 1 sera potentiellement préoccupant et nécessitera l'examen des données supplémentaires sur l'exposition ou le danger.
Étape 2 : Évaluations de l'exposition et des dangers
Niveau Exposition Danger
Tous Existe -t-il des preuves crédibles d'une exposition à certaines substances du groupe à évaluer, voire à toutes ces substances? OUI. Existe-t-il des preuves d'un potentiel d'effets néfastes pour les humains? Les produits chimiques dans le groupe à évaluer provoquent-ils une toxicité similaire ou affectent-ils les mêmes organes, ou non? OUI.
0 Pas nécessaire. Il y a suffisamment de renseignements pour prendre une décision. Addition par défaut des doses selon les valeurs guides (valeurs basées sur la santé; VBS) pour tous les composants sans approfondissement
Groupes d'évaluation : 4 composants
Paramètre de danger : VBS (µg/L)
Paramètre de risque : indice de danger (ID)
Hypothèses, limitations et incertitudes : La méthode suppose qu'on peut additionner les doses et qu'il n'y a pas d'interaction. Comme aucune VBS n'était disponible pour le composant 4, la VBS la plus faible (dénotant la plus grande puissance) a été utilisée comme substitut (composant 2).
Résultat : ID < 1 pour les quatre composants. L'évaluation des risques du mélange est acceptable et aucun approfondissement supplémentaire n'est nécessaire.
1 Groupes d'évaluation : 4 composants
Données : Concentrations mesurées dans l'eau potable au Canada (concentrations médianes, 90e centile des données de surveillance provinciales et territoriales)
Paramètre de l'exposition : µg/L
Hypothèses, limitations et incertitudes : Les composés ne sont pas tous mesurés dans l'ensemble des provinces et des territoires.
Pas nécessaire. Il y a suffisamment de renseignements pour prendre une décision.
2 et 3 Pas nécessaire. Il y a suffisamment de renseignements pour prendre une décision. Pas nécessaire. Il y a suffisamment de renseignements pour prendre une décision.
Étape 3 : Caractérisation des risques et analyse des incertitudes
Caractérisation des risques et analyse des incertitudes Considérations

Paramètre de risque, calcul et interprétation :
ID = Exposition (E) / Valeur basée sur la santé (VBS);
ID=Ecomposant1/VBScomposant1+
Ecomposant2/VBScomposant2+
Ecomposant3/VBScomposant3+
Ecomposant4/VBScomposant4

Exemple : Données provinciales sur l'exposition;
ID = 129/1400 + 27/90 + 10/104 + 1/90
= 0,5; comme ID < 1, le mélange est acceptable

Hypothèses : Addition des doses, pas d'interactions et mélange stable.

Analyse globale des incertitudes : L'exposition à tous ces composés n'est pas mesurée dans l'ensemble des provinces et des territoires, et la base de données sur les dangers est inadéquate dans le cas de certains composés. Il n'y a pas de VBS dans le cas d'un composé, ce qui impose l'utilisation d'un produit de substitution. Par ailleurs, on en sait peu sur la pertinence pour l'être humain, et l'approche suppose que les doses peuvent être additionnées et que les composés ont des effets indépendants.

Décision recommandée concernant l'ER d'un mélange

Objectif de l'ER d'un mélange : Déterminer si l'évaluation et la gestion des risques de quatre substances dans l'eau potable devraient être fondées sur des valeurs guides pour les substances individuelles, un mélange des quatre substances ou un sous-groupe.

Recommandation : L'ER d'un mélange est pertinente et les quatre substances peuvent être évaluées ensemble.

Renseignements susceptibles de modifier la décision : Si l'on dispose un jour de données sur le danger qui sont suffisantes pour le calcul d'une VBS pour le composant 3, ces données seront utilisées au lieu de données de substitution.

Étude de cas 5 : Addition des réponses et utilisation de substituts : ER d'un mélange d'acides haloacétiques (AHA) dans l'eau potable

Dans l'eau potable, les AHA sont souvent mélangés entre eux et avec d'autres sous-produits de désinfection (SPD). La base de données provenant d'études sur les effets de l'exposition orale à des mélanges d'AHA est limitée. Par conséquent, les risques liés à un mélange pour les personnes au Canada exposées par voie orale aux AHA par l'intermédiaire de l'eau potable ont été évalués à l'aide du guide de référence rapide.

Étape 1 : Formulation du problème
Formulation du problème Considérations
Objectif de l'évaluation des risques : Déterminer si les 13 AHA à évaluer devraient l'être individuellement ou ensemble pour l'évaluation et la gestion des risques. Soutenir l'élaboration de recommandations pour la qualité de l'eau au Canada.
La nature de l'exposition est-elle connue? Oui. Le mélange est constitué de composants et comprend 13 types d'AHA, dont 9 acides mono-, di- ou trihalogénés contenant du chlore et du brome et 4 acides acétiques contenant de l'iode (AHA-I). Les données de surveillance de ces substances dans l'eau potable au Canada sont disponibles auprès des provinces et des territoires. Les AHA ont une longue durée de vie dans l'eau.
La coexposition est-elle probable compte tenu du contexte? Oui. Tous les AHA sont des sous-produits de la désinfection de l'eau potable. Par conséquent, on les trouve régulièrement ensemble dans l'eau potable.
Une coexposition est-elle probable dans un laps de temps pertinent?

Coexposition externe : Oui. Étant donné que les AHA sont très solubles dans l'eau et qu'on les trouve couramment ensemble dans l'eau potable, une coexposition externe au cours d'un laps de temps similaire est probable. Toutefois, on ne s'attend pas à ce que l'eau soit traitée avec le brome et le chlore en même temps, un des deux modes de désinfection étant généralement préféré à l'autre. Par conséquent, la coexposition aux AHA bromés et aux AHA chlorés est moins probable.

Coexposition interne : Oui. La coexposition interne est probable par l'ingestion d'eau. Les mono-, di- et tri-AHA sont rapidement absorbés et largement distribués dans l'organisme. Cependant, il existe des différences dans la liaison aux protéines plasmatiques, le métabolisme et la clairance qui pourraient justifier la séparation des substances en sous-groupes. D'après les données disponibles, les tendances semblent cohérentes entre les espèces (humain, souris et rat).

Biosurveillance : Pas de données disponibles.

Existe-t-il une justification pour classer les substances dans un groupe à évaluer d'après leur dangerosité? Oui. Toutefois, la structure, la cinétique, les effets potentiels sur la santé et les modes d'action de ces substances varient selon le type ou le nombre de substitutions structurales. Les AHA contenant du brome sont plus facilement métabolisés et sont plus toxiques que les AHA contenant du chlore. Les AHA contenant au moins deux halogènes (dont l'un est du brome) induisent des tumeurs du foie chez la souris, des mésothéliomes malins chez le rat et des tumeurs extrahépatiques chez la souris et le rat. Inversement, aucune tumeur extrahépatique n'a été induite par les AHA contenant du chlore. Le mode d'action cancérogène dépend de la spéciation des AHA (chlore ou brome ou iode). Les AHA bromés ont un plus grand potentiel de réaction directe avec l'ADN, tandis que les AHA chlorés ont une réaction non directe avec l'ADN (réaction épigénétique ou altération du métabolisme énergétique). Les AHA-I sont également susceptibles de réagir directement avec l'ADN. Étant donné que les AHA n'ont pas tous le même mode d'action, il est recommandé de les regrouper d'après leur mode d'action, c.-à-d. d'après leur réactivité directe ou non directe avec l'ADN.
Plan d'analyse Recommandation : L'ER d'un mélange est pertinente. Il existe des preuves crédibles d'une exposition combinée aux AHA. De plus, des données démontrent que l'exposition aux AHA peut avoir des effets néfastes chez les humains, et il est possible que les AHA entraînent une toxicité similaire ou affectent les mêmes organes. L'ER d'un mélange est appropriée pour des sous-groupes d'AHA, plutôt que pour l'ensemble des 13 AHA. Il est déraisonnable de supposer que les AHA ont tous le même mode d'action; par conséquent, l'approche de l'indice de danger par simple addition des doses ne convient pas. Les AHA devraient être réunis en sous-groupes d'après leurs modes d'action (réactivité directe ou non directe avec l'ADN). Les données sur l'exposition et le danger devraient être prises en compte dans le cadre d'une approche itérative et hiérarchisée, et elles devraient être comparées en vue de la caractérisation des risques selon une méthode d'addition des réponses. Il convient donc d'utiliser la méthode de l'addition des réponses selon le facteur de puissance relative combinée (FPRC) pour regrouper les renseignements sur l'exposition au mélange et les dangers connexes. Cette approche a également été utilisée ailleurs pour l'ER d'un mélange de SPD dans l'eau potable (AHA et THM) (U.S. EPA, 2003). L'incertitude sera documentée pour l'analyse des dangers et de l'exposition.
Étape 2 : Évaluations de l'exposition et des dangers
Niveau Exposition Danger
0 Estimations semi-quantitatives simples de l'exposition. Non nécessaire puisque des données de surveillance sont disponibles. Addition par défaut des doses selon les valeurs guides pour tous les composants sans approfondissement.
1

Scénarios d'exposition génériques utilisant des estimations ponctuelles prudentes

Groupes d'évaluation : Composants regroupés d'après leur mode d'action (réactivité directe avec l'ADN ou réactivité non directe avec l'ADN).

Données : Concentrations mesurées dans l'eau potable au Canada
Paramètre de l'exposition : µg/L

Hypothèses, limitations et incertitudes : Les composés ne sont pas tous mesurés dans l'ensemble des provinces et des territoires

Puissance approfondie d'après un PD individuel.

Résultat : Inapproprié. Il est déraisonnable de supposer que les modes d'action sont les mêmes pour tous les AHA.

2 Non requis, car il y a suffisamment de renseignements pour prendre une décision.

Valeur approfondie de la puissance et regroupement fondé sur le mode d'action

Groupes à évaluer : Composants réunis en sous-groupes d'après leur mode d'action (réactivité directe avec l'ADN ou réactivité non directe avec l'ADN).

Données : Facteur de puissance relative (FPR) : la puissance de chaque composant est exprimée en équivalent de la puissance d'un produit chimique de référence (PCRf) (c'est à dire, la dose humaine équivalente [DHE] d'un PCRf divisée par la DHE du composé d'intérêt).

Paramètre de danger : PD (DHE) mg/kg p.c. par jour.

Paramètre de risque : Facteur de puissance relative combinée (FPRC). Addition des réponses pour obtenir une dose équivalente au produit chimique de référence (DEPCRf) pour le sous-groupe. Voir l'étape 3 pour plus de détails.

Hypothèses, limitations et incertitudes : La méthode suppose une addition des réponses, pas d'interactions, un mélange stable, et des AHA biodisponibles à 100 %. Incertitudes : La base de données sur les dangers n'est pas adéquate pour tous les composants; absence de DHE pour 2 AHA (utilisation de substituts); les connaissances sur la pertinence pour les humains sont insuffisantes. Limitations : Dépendance à l'égard de la qualité de la base de données toxicologiques sur le PCRf. Nécessite beaucoup de travail dans le cas des produits chimiques qui n'ont pas de facteurs d'échelle ou de puissance définis. Les AHA-I ont été exclus, car les données étaient insuffisantes pour l'évaluation.

Résultat : Étant donné que les DEPCRf du sous-groupe sont inférieures aux VG pour les PCRf du sous-groupe, le risque combiné est jugé acceptable (voir la légende du tableau ci-après).

3 Non requis, car il y a suffisamment de renseignements pour prendre une décision. Possibilité ultérieure d'utiliser des outils qui permettraient de combler les lacunes dans les données (par exemple, des NAM) en ce qui concerne les AHA pour lesquels on dispose de peu de données, y compris les AHA-I.
Étape 3 : Caractérisation des risques et analyse des incertitudes
Caractérisation des risques et analyse des incertitudes Considérations

Paramètre de risque, calcul et interprétation : Facteur de puissance relative combiné (FPRC). Addition des réponses (voir ci-dessous pour le calcul). Si la DEPCRf pour le sous-groupe est inférieure à la VBS pour le produit chimique de référence (PCRf), le risque combiné est jugé acceptable.

Les composants du mélange ont été réunis en sous-groupes d'après leur mode d'action (réactivité directe avec l'ADN ou réactivité non directe avec l'ADN).

Des facteurs de puissance relative (FPR) ont été calculés pour tous les autres AHA de chaque sous-groupe par rapport à un produit chimique de référence (PCRf : ADBA ou ADCA). Les facteurs de puissance sont les doses équivalentes humaines (DHE) obtenues à partir des courbes dose-réponse (en respectant l'hypothèse des courbes dose-réponse de forme similaire dans la région d'exposition concernée), avec la même réponse repère (10 %) pour l'effet critique commun. Le FPR de chaque AHA a été calculé en divisant la DHEpcr par la DHEAHA composant. Si un FPR n'est pas disponible, un composant de substitution peut être utilisé.

Hypothèse : La toxicité du mélange est équivalente à la toxicité de son composant le plus puissant ou le plus étudié, échelonnée en fonction de l'exposition relative (étape suivante).

On calcule une dose équivalente au produit chimique de référence (DEPCRf) pour chaque composant d'un sous-groupe en multipliant l'exposition du composant par le FPR du composant.

La DEPCRf d'un sous-groupe est la somme de toutes les DEPCRf des composants dans chaque sous-groupe. La DEPCRf du sous-groupe peut ensuite être comparée à la VG pour le PCRf. Si la DEPCRf du sous-groupe est inférieure à la VG pour le PCRf, le risque combiné est jugé acceptable. Au besoin, on peut multiplier la DEPCRf du sous-groupe par le facteur de pente du PCRf pour estimer les risques associés au sous-groupe. Si on le souhaite, on peut estimer les risques moyens de cancer pour le mélange total en additionnant les risques posés par les sous-groupes.

Pour le sous-groupe réagissant directement avec l'ADN, la VG proposée en ce qui concerne le PCRf (ADBA) est de 0,00275 mg/L; pour le sous-groupe ne réagissant pas directement avec l'ADN, la VG proposée en ce qui concerne le PCRf (ADCA) est de 0,07 mg/L. Tableau 4 présente un exemple d'exposition, dans lequel la DEPCRf d'un sous-groupe est calculée d'après la présence moyenne des AHA dans un système de distribution d'eau potable (μg/L). Si les DEPCRf du sous-groupe sont inférieures aux VG pour le PCRf du sous-groupe, l'ER d'un mélange est jugée acceptable.

Décision recommandée concernant l'ER d'un mélange

Objectif de l'ER d'un mélange : Déterminer si les 13 AHA devraient être examinés individuellement ou ensemble aux fins de l'évaluation et de la gestion des risques.

Recommandation : D'après les données disponibles, 9 AHA peuvent être réunis en sous-groupe d'après leur mode d'action pour une évaluation d'après le FPRC. L'ER est jugée acceptable. À l'heure actuelle, il n'y a pas assez de données pour inclure les quatre AHA-I dans les sous-groupes.

Hypothèses, limitations et incertitudes : La méthode suppose une addition des réponses, pas d'interactions, un mélange stable et des AHA biodisponibles à 100 %. Incertitudes : La base de données sur les dangers n'est pas adéquate pour tous les composants, absence de VG pour deux AHA (utilisation de substituts), connaissance insuffisante de la pertinence pour les humains. Limitations : Dépendance à l'égard de la qualité de la base de données toxicologiques sur le PCRf. Nécessite beaucoup de travail dans le cas des produits chimiques qui n'ont pas de facteurs d'échelle ou de puissance définis. Les données sont insuffisantes pour l'évaluation des AHA-I, qui ont donc été exclus. Exposition : Les composés ne sont pas tous mesurés dans l'ensemble des provinces et des territoires, et il existe une variabilité potentielle de l'exposition entre différentes populations ou régions géographiques.

Renseignements susceptibles de modifier la décision : Renseignements sur le danger concernant l'AMBA, l'ATBA, l'ACDBA et les AHA-I.

Avantages et considérations potentielles pour l'avenir : L'évaluation des risques du mélange tient compte de la puissance des différents groupes de produits chimiques présents dans le mélange. Cette approche peut s'appliquer à d'autres SPD pour lesquels il existe moins de données en matière de toxicité. Bien que des données in vivo puissent ne pas être disponibles, on peut calculer les FPR en utilisant d'autres mesures de puissance (par exemple, des données de génotoxicité in vitro, des données de développement in vitro ou des données d'extrapolation quantitative d'in vitro vers in vivo [qIVIVE] des AHA-I), à condition que ces données soient pertinentes pour le critère d'effet d'intérêt et qu'elles soient également disponibles pour le produit chimique de référence. Des modèles PBPK approfondis pourraient être utiles pour estimer les doses internes à la suite de l'exposition aux fins de l'évaluation. Les données d'estimation probabiliste du danger obtenues par des NAM pourraient être incluses (par exemple, les données qIVIVE sur les IHA-I) dans le cas des produits chimiques pour lesquels les données sont insuffisantes. Une évaluation des risques pour les mélanges de THM et d'AHA dans l'eau potable pourrait également être envisagée à l'aide de cette approche.

Source : Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada : Document technique – les acides haloacétiques, pour consultation publique (https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/publications/vie-saine/recommandations-qualite-eau-potable-acides-haloacetiques.html; Publication finale sera disponible à https://www.canada.ca/en/health-canada/services/environmental-workplace-health/reports-publications/water-quality.html#tech_doc).
Tableau 4a. Facteur de puissance relative combinée (FPRC) – addition des réponses. Méthode permettant de combiner les renseignements concernant l'exposition et le danger.
Sous-groupe réagissant directement avec l'ADN DHE(mg/kg p.c. par jour) FPR (DHEpcr/DHE) Exemple d'exposition (μg/L) ComposantDEPCRf (μg/L) Exposition*FPR Sous-groupeDEPCRf (μg/L) somme des composants
ADBANote de tableau* 0,57 1 0,2 0,20 0,95
AMBA N/D 1 0,1 0,1 s.o.
ATBA N/D 1 0,1 0,1 s.o.
ABCA 1 0,57 0,5 0,29 s.o.
ACDBA N/D 1 0,3 0,30 s.o.
ABDCA 0,87 0,66 0,1 0,07 s.o.
Tableau 4b. Facteur de puissance relative combinée (FPRC) – addition des réponses. Méthode permettant de combiner les renseignements concernant l'exposition et le danger.
Sous-groupe ne réagissant pas directement avec l'ADN DHE (mg/kg p.c. par jour) FPR (DHEpcr/DHE) Exemple d'exposition (μg/L) Composant DEPCRf (μg/L) Exposition*FPR Sous-groupe DEPCRf (μg/L) somme des composants
ADCANote de tableau* 0,50 1 23 22,90 37,77
ATCA 0,85 0,6 23 13,24 s.o.
AMCA 0,92 0,54 3 1,63 s.o.
Tableau 4a et 4b note *

PCRf : produit chimique de référence; DEPCRf : dose équivalente au produit chimique de référence; DHE : dose humaine équivalente; N/D : non disponible; s.o. : sans objet; FPR : facteur de puissance relative; si un FPR n'est pas connu, on utilise le FPR du PCRf. Exemple d'exposition : Une DEPCRf pour un sousgroupe, calculée à partir de la présence moyenne des AHA dans le système de distribution (μg/L).

Retour à la note de tableau *

Références

ANSES. (2021). État des connaissances sur les approches existantes pour la prise en compte des mélanges. (No Autosaisine 2016-SA-0101 et 2018-SA-0152). ANSES: Maisons-Alfort. https://www.anses.fr/fr/system/files/Rapport_VGAI_melange_phase1_vconsult.pdf

ATSDR. (2018). Framework for Assessing Health Impacts of Multiple Chemicals and Other Stressors. Atlanta, GA: U.S. Department of Health and Human Services, Public Health Service. https://www.atsdr.cdc.gov/interactionprofiles/ipga.html

Beronius, A., Zilliacus, J., Hanberg, A., Luijten, M., van der Voet, H., and van Klaveren, J. (2020). Methodology for health risk assessment of combined exposures to multiple chemicals. Food and Chemical Toxicology : An International Journal Published for the British Industrial Biological Research Association, 143, 111520. https://10.1016/j.fct.2020.111520

CDC. (2022), National Biomonitoring Program | Centers for Disease control and prevention. Retrieved Nov 2, 2023, from https://www.cdc.gov/biomonitoring/index.html

ECHA. (2017). Guidance on the BPR: Volume III Human Health, Assessment and Evaluation (Parts B+C). Version 4.0. https://echa.europa.eu/documents/10162/23036412/biocides_guidance_human_health_ra_iii_part_bc_en.pdf/30d53d7d-9723-7db4-357a-ca68739f5094

EFSA, More, S. J., Bampidis, V., Benford, D., Bennekou, S. H., Bragard, C., Halldorsson, T. I., Hernández-Jerez, A. F., Koutsoumanis, K., Naegeli, H., Schlatter, J. R., Silano, V., Nielsen, S. S., Schrenk, D., Turck, D., Younes, M., Benfenati, E., Castle, L., Cedergreen, N.,... Hogstrand, C. (2019). Guidance on harmonised methodologies for human health, animal health and ecological risk assessment of combined exposure to multiple chemicals. EFSA Journal. European Food Safety Authority, 17(3), e05634. https://10.2903/j.efsa.2019.5634

enHealth. (2012). Environmental Health RA—Guidelines for assessing human health risks from environmental hazards. Canberra: Commonwealth of Australia. www.health.gov.au/sites/default/files/documents/2022/07/enhealth-guidance-guidelines-for-assessing-human-health-risks-from-environmental-hazards.pdf

Haber, L. T., Sandhu, R., Li-Muller, A., Mohapatra, A., Petrovic, S., and Meek, M. E. B. (2016). Framework for human health risk assessment of non-cancer effects resulting from short-duration and intermittent exposures to chemicals. Journal of Applied Toxicology: JAT, 36(9), 1077-1089. https://10.1002/jat.3345

Santé Canada. Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada – Documents techniques pour As, Cr, Cd, Mn et Pb. Documents techniques disponibles à : https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/sante-environnement-milieu-travail/rapports-publications/qualite-eau.html#doc_tech

Santé Canada. (2000). Cadre décisionnel de Santé Canada pour la détermination, l'évaluation et la gestion des risques pour la santé. Disponible à : https://publications.gc.ca/collections/collection_2013/sc hc/H14 131 2000 fra.pdf

Santé Canada (2018a). Document de principes SPN2018-02, Cadre d'évaluation des risques cumulatifs pour la santé. Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire. Document disponible à : https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/securite-produits-consommation/rapports-publications/pesticides-lutte-antiparasitaire/politiques-lignes-directrices/document-principes/2018/cadre-evaluation-risques-cumulatifs-pour-sante-spn-2018-02.html

Santé Canada. (2018b). Poids de la preuve : Principes généraux et applications actuelles à Santé Canada. Dossier préparé pour : Groupe de travail sur l'évaluation scientifique des risques (GTERS). Dossier préparé par : L'équipe spéciale du poids de la preuve. Disponible à : https://www.canada.ca/fr/services/sante/publications/science-recherche-et-donnees/poids-preuve-principes-generaux-applications-actuelles.html

Santé Canada. (2021). Méthode d'évaluation des risques de cancer : Un sondage sur les pratiques actuelles à Santé Canada. Préparé pour : le Groupe de travail sur l'évaluation des risques scientifiques (GTERS). Préparé par : le sous-groupe de travail de la méthode d'évaluation des risques de cancer. Document disponible à : https://www.canada.ca/content/dam/hc-sc/documents/services/publications/science-research-data/cancer-risk-assessment-methodology-survey-current-practices/cancer-risk-assessment-methodology-a-survey-of-current-practices-at-health-canada-fra.pdf

Meek, M. E. (2013). International experience in addressing combined exposures: increasing the efficiency of assessment. Toxicology, 313(2-3), 185-189. https://S0300-483X(12)00370-8

Meek, M. E., Boobis, A. R., Crofton, K. M., Heinemeyer, G., Raaij, M. V., and Vickers, C. (2011). Risk assessment of combined exposure to multiple chemicals: A WHO/IPCS framework. Regulatory Toxicology and Pharmacology : RTP, https://S0273-2300(11)00063-8

Moretto, A., Bachman, A., Boobis, A., Solomon, K. R., Pastoor, T. P., Wilks, M. F., and Embry, M. R. (2017). A framework for cumulative risk assessment in the 21st century. Critical Reviews in Toxicology, 47(2), 85-97. https://10.1080/10408444.2016.1211618

OECD. (2018). Considerations for Assessing the Risks of Combined Exposure to Multiple Chemicals, Series on Testing and Assessment . (No. 296).Environment, Health and Safety Division, Environment Directorate. https://www.oecd.org/en/publications/considerations-for-assessing-the-risks-of-combined-exposure-to-multiple-chemicals_ceca15a9-en.html

Rotter, S., Beronius, A., Boobis, A. R., Hanberg, A., van Klaveren, J., Luijten, M., Machera, K., Nikolopoulou, D., van der Voet, H., Zilliacus, J., and Solecki, R. (2018). Overview on legislation and scientific approaches for risk assessment of combined exposure to multiple chemicals: the potential EuroMix contribution. Critical Reviews in Toxicology, 48(9), 796-814. https://10.1080/10408444.2018.1541964

U.S. EPA. (2007). Concepts, Methods and Data Sources for Cumulative Health Risk Assessment of Multiple Chemicals, Exposures and Effects: A Resource Document. (No. EPA/600/R-06/013F). Cincinnati, OH: U.S. Environmental Protection Agency, National Center for Environmental Assessment. https://cfpub.epa.gov/ncea/risk/recordisplay.cfm?deid=190187

U.S. EPA. (2003). The Feasibility of Performing Cumulative Risk Assessments for Mixtures of Disinfection By-Products in Drinking Water. EPA/600/R-03/051. Cincinnati, OH: https://cfpub.epa.gov/ncea/risk/recordisplay.cfm?deid=56834

WHO. (2017). Chemical mixtures in source water and drinking-water. (No. ISBN 978-92-4-151237-4). Geneva: World Health Organization. 9789241512374-eng.pdf (who.int)

Annexe A : Aperçu des orientations des organismes internationaux sur l'ER de mélanges

Afin qu'il soit possible d'élaborer un « guide de référence rapide » facile à utiliser par les évaluateurs pour la réalisation d'évaluations des risques d'un mélange, les documents d'orientation élaborés par des organismes internationaux ont d'abord été comparés afin de faire ressortir les similitudes et les différences (tableau A). Les éléments communs aux documents d'orientation des organismes internationaux sont les suivants :

Les documents d'orientation diffèrent notamment sur le plan du style utilisé pour la présentation des renseignements, sur le plan des décisions communiquées, sur le plan de la mise en forme et sur le plan de la terminologie employée.

Étant donné que les lignes directrices de l'OMS constituent la base sur laquelle reposent les autres documents d'orientation, nous les avons utilisées comme cadre principal. Nous avons ensuite intégré des éléments supplémentaires tirés de lignes directrices ayant été récemment publiées par des organismes internationaux afin d'élaborer la dernière version du Guide de référence rapide : Évaluation des risques liés à l'exposition combinée à plusieurs substances (mélanges).

Tableau A : Aperçu des lignes directrices utilisées par divers organismes internationaux en matière d'ER liés aux mélanges
Référence Survol Commentaire
OMS
(Meek et al., 2011; Meek, 2013; OMS, 2017)
Les lignes directrices comprennent la formulation du problème afin d'envisager les regroupements approprié, suivie d'étapes par niveau permettant d'intégrer les données sur l'exposition et le danger dans une analyse itérative. À chaque niveau, le résultat peut être la gestion des risques, l'absence d'action, la production de données supplémentaires ou l'approfondissement à un niveau supérieur d'après une évaluation propre au contexte. De nombreuses autres organisations s'appuient sur la méthodologie et les publications de base de l'OMS ou s'y réfèrent. Point fort : Orientations clés que de nombreux organismes ont utilisées pour leurs orientations. Fondées sur des ateliers d'experts, des études de cas et des leçons tirées de l'expérience internationale.
ANSES
(ANSES, 2021)
Suit une approche générale avec des orientations pour : 1) répertorier les mélanges les plus pertinents pour la santé humaine, 2) regrouper les contaminants (d'après la classe chimique, l'effet commun sur la santé, l'exposition de la population, ou une approche combinée fondée sur l'exposition et les effets communs) et 3) appliquer les méthodes d'évaluation des risques cumulatifs pour l'additivité et les interactions. Point fort : Méthodes et interprétation pour la caractérisation des risques en vue d'évaluer les risques liés aux mélanges constitués de substances qui interagissent entre elles.
EFSA
(EFSA et al., 2019)
S'appuie sur le paradigme de l'évaluation des risques, avec des approches par étapes pour les mélanges entiers ou constitués de composants (se fonde sur les lignes directrices de l'OMS). Comprend le regroupement des produits chimiques dans des groupes d'évaluation communs, l'addition des doses comme hypothèse par défaut, des approches visant à intégrer les preuves d'interaction et l'approfondissement des groupes d'évaluation. Le premier niveau est une évaluation des risques liés à tous les composants d'un mélange, quel que soit le critère d'effet toxicologique. Au niveau suivant, le regroupement est fondé sur des effets spécifiques, et une dose toxique est calculée pour chaque critère d'effet et organe cible. Lorsqu'il est question de voies multiples, l'évaluation de l'exposition globale n'est pas prise en compte de manière explicite. Point fort : Fiches de travail, tableaux et formulaires de déclaration. Un plan d'analyse est le résultat de la formulation du problème et de l'analyse des incertitudes. S'appuie sur des ateliers d'experts et des publications.
ATSDR (ATSDR, 2018) Le cadre consiste en une approche à trois niveaux pour l'évaluation des données sur l'exposition et les effets toxiques qui permet de déterminer comment l'exposition à des produits chimiques multiples et à d'autres facteurs de stress peut avoir une incidence sur la santé publique, et ce, d'une manière qui ne peut être prévue par l'analyse d'un agent unique. Les questions de fond et les options sont les suivantes : 1) les approches quantitatives et qualitatives pour déterminer une similarité suffisante entre les mélanges; 2) la science qui sous-tend les hypothèses par défaut, soit l'addition des doses ou l'addition des réponses; 3) la méthode de l'indice de danger, la modification de cette méthode selon la cible toxicité-organe et les schémas fondés sur le poids de la preuve pour évaluer les signes d'additivité et d'interaction entre les composants binaires des mélanges chimiques; et 4) l'état de la science en vue incorporer d'autres facteurs de stress non chimiques dans les évaluations de la santé. Point fort : Intègre d'autres facteurs de stress non chimiques dans les évaluations de la santé. Présente des orientations explicites pour les substances cancérogènes.
OCDE (OCDE, 2018) Présente une vue d'ensemble des aspects techniques des différentes approches et méthodes disponibles pour l'ER liés aux mélanges. L'approche s'appuie sur le cadre de l'OMS, chaque étape tenant compte des considérations et des orientations formulées par plusieurs organismes (par exemple, l'EPA des États-Unis, l'ATSDR, l'OMS, l'OCDE). Des lignes directrices plus détaillées sont incluses pour la formulation du problème, l'évaluation des dangers, l'évaluation de l'exposition et la caractérisation des risques. Des tableaux présentent les différentes approches possibles pour chaque élément, avec des références aux sources originales. Des formules mathématiques pour la caractérisation des risques sont présentées. Approche par niveaux (comme l'OMS), avec des considérations sur le niveau et la qualité des données requises pour l'évaluation des dangers et de l'exposition. Point fort : Présente des lignes directrices et des considérations supplémentaires pour la formulation des problèmes, l'évaluation des dangers, l'évaluation de la coexposition et la caractérisation des risques. Les lignes directrices et les considérations sont pratiques et semblent destinées aux évaluateurs de risques qui travaillent au niveau opérationnel. Cette approche devrait être considérée comme un complément au cadre de l'OMS.
ECHA
(ECHA, 2017)
L'exposition cumulative à plusieurs substances provenant d'une ou plusieurs sources différentes peut s'appuyer sur l'approche de l'OMS ainsi qu'une méthode supplémentaire fournie dans le rapport de la CE (Commission européenne, 2010). L'ECHA adopte une approche par niveaux dans ses lignes directrices sur l'ER de mélanges de substances actives dans les produits biocides. Le niveau 1 consiste à évaluer, pour chaque produit ou substance, les risques d'exposition primaire et secondaire dans tous les scénarios, ou encore le QD sans tenir compte des systèmes ou organes cibles. Avant de passer au niveau 2, il convient de mieux caractériser les risques. L'objectif du niveau 2 est d'évaluer l'exposition combinée au mélange par addition des concentrations en calculant l'ID. Le niveau 3 comprend la confirmation de l'addition des concentrations (doses) dans le mélange ou le produit biocide. Le niveau 3 est divisé en trois étapes d'approfondissement : d'abord le regroupement des substances par organe cible ou mode d'action commun, puis la détermination du taux d'exposition accepté, et enfin l'examen du mécanisme d'action. Point fort : Approche à plusieurs niveaux pour l'ER des mélanges, avec prise en compte de l'exposition primaire et secondaire. En cas de situation limite ou de préoccupation manifeste, la caractérisation des risques devrait être approfondie au deuxième niveau. Dans ce deuxième niveau, on estime en profondeur l'exposition en introduisant des outils de gestion des risques. Au deuxième niveau, il convient également d'envisager une évaluation plus poussée des dangers et, le cas échéant, de l'estimation de l'exposition. Comprend des diagrammes utiles pour faciliter la compréhension de l'approche.
HESI
(Moretto et al., 2017)
Cadre fondé sur des données probantes, comportant une étape de formulation du problème pour déterminer s'il y a lieu de réaliser l'ER d'un mélange d'après la probabilité d'une coexposition dans un laps de temps pertinent ET des preuves de réponse par addition des doses. Une approche par niveaux est ensuite décrite, dans laquelle des facteurs supplémentaires de stress chimique ou des facteurs modulateurs non chimiques sont pris en compte selon des critères précis. L'approche combine les principes de la méthode RISK21 et de l'ER des mélanges : 1. accent mis sur la formulation du problème; 2. utilisation des données existantes; 3. prise en compte de l'exposition dès le début du processus d'évaluation des risques; 4. utilisation d'une approche progressive pour le développement des données et la prise de décisions. Cadre de travail : 1. Étape de contrôle pour déterminer si l'ER d'un mélange est nécessaire; 2. Formulation du problème; 3. Évaluation et collecte des données sur la toxicité et l'exposition dans le cadre d'une approche par niveaux utilisant des tableaux de données et de concordance; 4. Utilisation de la matrice RISK21 pour l'évaluation des risques. Évaluation des produits chimiques individuels, puis évaluation des risques cumulés; 5. Évaluation des facteurs modulateurs dans le cadre d'un processus progressif et itératif. Point fort :L'accent est mis sur les étapes de contrôle et de formulation du problème, qui sont essentielles pour le processus d'évaluation. Évaluation et collecte de données sur la toxicité et l'exposition dans le cadre d'une approche par niveaux utilisant des tableaux de données et concordance. Évalue les facteurs modulateurs. Présente une étude de cas : les résidus des fongicides triazoles.
Australie (enHealth, 2012) Présente des renseignements sur les lignes directrices et les définitions de l'EPA concernant l'exposition globale et l'exposition cumulative. Rapports : Le « seuil d'interaction » semble être supérieur à la dose ou au niveau d'exposition à partir duquel la toxicité est observée, ce qui indique que les interactions sont probablement non pertinentes. Toutefois, il peut y avoir une exception en ce qui concerne les effets toxiques découlant d'une perturbation du système endocrinien, car ce système peut être sensible à de très faibles doses de produits chimiques présents dans l'environnement. Résume cinq approches de base : évaluation de mélanges représentatifs, approche par facteur d'équivalence de la toxicité, addition des estimations de risque (indice de danger), élimination ou simplification des composants (les estimations de risque associées aux composants les plus toxiques ou à ceux qui présentent le plus grand potentiel d'exposition sont évaluées indépendamment) et approche par biomarqueurs (mesure qui combine les effets de tous les composants d'un mélange qui agissent par cette voie). Point fort : Vue d'ensemble adéquate et simple des lignes directrices en matière de risques pour la santé humaine et l'environnement
Autres initiatives européennes EuroMix (Beronius et al., 2020; Rotter et al., 2018) : Fournit une vue d'ensemble de la législation; s'appuie sur les approches de l'OMS, de l'OCDE et de l'EFSA pour l'élaboration d'une stratégie d'essai intégrée utilisant des essais in vitro et in silico vérifiés pour les mélanges chimiques d'après des données plus appropriées sur les effets combinés potentiels. La stratégie comprend l'utilisation de réseaux de voies associée aux effets toxiques (VET) pour l'élaboration de stratégies d'essai à plusieurs niveaux et le regroupement de substances, ainsi que des considérations sur l'utilisation de la méthode de l'addition des doses. Autres approches citées dans (Rotter et al., 2018) :
Comité scientifique norvégien pour la sécurité alimentaire, 2008. Effets toxiques combinés d'expositions chimiques multiples. Orientation pour les mélanges constitués de composants; ne traite pas clairement des points suivants : l'approche pour l'évaluation de l'exposition, l'hypothèse par défaut d'addition des doses, la stratégie pour l'action indépendante ou les interactions.
Rapport du groupe interministériel britannique sur les risques sanitaires liés aux produits chimiques (2009). Fait référence aux approches de l'EPA et de l'ATSDR.
Approche de l'OMS adaptée par les comités scientifiques de la Commission européenne (2012) et le Conseil européen de l'industrie chimique (2012).
Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (2014). Évaluation des risques pour la santé humaine liés à l'exposition combinée dans le cadre des produits phytopharmaceutiques et des produits biocides. Renvoie à l'EFSA; orientations limitées pour l'évaluation des risques chronique.
Résumé de la législation, des cadres et des besoins futurs (Rotter et al., 2018).
U.S. EPA, (U.S. EPA, 2007) Se concentre sur : 1) les facteurs déclencheurs d'une évaluation cumulative des risques et 2) les approches techniques pour l'évaluation et la caractérisation des risques pour la santé humaine associés à un sous-ensemble d'enjeux liés aux risques cumulatifs (c'est à dire, multiples produits chimiques, expositions et effets). L'accent est mis sur la communication de la variabilité et des incertitudes dans le cadre de la caractérisation finale des risques. L'EPA rédige actuellement des « Lignes directrices pour l'évaluation des risques cumulatifs : planification et formulation des problèmes ». Point fort : Détermination des facteurs déclencheurs. Organigramme montrant les approches pour l'évaluation de mélanges constitués de plusieurs composants, les voies d'exposition, les effets et les interactions toxicologiques.

Annexe B : Glossaire

La terminologie utilisée dans le présent guide est décrite dans des documents clés ou adaptée de ceux-ci (EFSA et al., 2019; Meek et al., 2011; Meek, 2013; OMS, 2017). Les expressions « évaluation des risques de l'exposition combinée à plusieurs substances » et « ER d'un mélange » sont utilisées de manière interchangeable dans le présent guide, tout comme les termes « dose » et « concentration ».

Action indépendante

L'action est indépendante lorsque des substances agissent indépendamment les unes des autres, généralement par des modes d'action distincts qui ne s'influencent pas mutuellement, ou agissent sur des cellules, des tissus ou des organes cibles différents.

Addition des doses ou des concentrations

S'applique aux substances d'un mélange qui agissent selon le même mode d'action ou sur la même cellule, le même tissu ou le même organe cible et qui ne diffèrent que par leur puissance. L'addition des doses est l'hypothèse par défaut lorsque les données ne sont pas disponibles. Voir le tableau 3 pour un résumé des méthodes d'addition des doses en vue de la caractérisation des risques. L'addition des doses s'applique à un large éventail de critères d'effet et fournit des approximations solides des effets combinés observés; elle produit la prédiction la plus prudente. Cette approche est donc privilégiée dans les processus décisionnels visant à protéger la santé ou l'environnement. On la choisit comme modèle par défaut (EFSA et al., 2019). (EFSA et al., 2019). Les méthodes courantes comprennent : l'indice de danger (ID), le facteur de puissance relative (FPR) et le facteur d'équivalence toxique (FET).

Addition des réponses

S'applique dans le cas de substances ou de groupes d'évaluation qui agissent par des modes d'action indépendants pour provoquer la même réponse. La réponse toxique (taux, fréquence, risque ou probabilité d'effets) de la combinaison est égale à la somme conditionnelle des réponses des composants, telle que définie par la formule de la somme des probabilités d'événements indépendants. Les modèles d'addition des réponses ne sont pas largement utilisés (EFSA et al., 2019). L'addition des réponses n'a de valeur ajoutée que si les données de danger sous jacentes quantifient un niveau de réponse, c'est à dire, le pourcentage d'individus dans une population qui subit un effet prédéfini (par exemple, mortalité, immobilité ou cancer) ou dépasse un certain niveau d'effet critique (par exemple, DSEO, DJA, CE50). On peut ensuite combiner les réponses en utilisant la règle des événements aléatoires indépendants. L'addition des réponses est rarement utilisée dans le domaine de la santé humaine et animale, car les points de référence (c'est à dire, les DSENO) reflètent un niveau de réponse inférieur à la limite de détection. Il a été démontré que les DSENO expérimentales représentent souvent un niveau de réponse de 1 % à 10 % qui n'est pas détecté en raison de contraintes méthodologiques. En principe, la courbe dose réponse utilisée dans la modélisation des DR pourrait être appliquée au modèle d'addition des réponses si les éléments révélant l'existence d'une action indépendante donnent à penser que l'hypothèse par défaut, soit l'addition des doses, ne convient pas. Si la variabilité interindividuelle de l'exposition est quantifiée et que les valeurs de référence pour plusieurs substances chimiques sont dépassées pour une partie de la population, on peut employer l'addition des réponses pour quantifier la fraction de la population à risque, c'est à dire, la fraction pour laquelle une ou plusieurs valeurs de référence sont dépassées. Toutefois, comme les expositions à plusieurs substances chimiques sont souvent corrélées, il peut être plus réaliste d'évaluer l'exposition et les risques sur une base individuelle (EFSA et al., 2019).

Additivité

Voir « Addition des doses » ou « Addition des réponses ».

Analyse des incertitudes

Consignation des incertitudes à chaque étape de l'ER d'un mélange et de l'évaluation globale des risques d'un mélange dans le formulaire de déclaration de l'ER d'un mélange (étape 4; tableau 4). Incertitudes générales potentielles : Quantité et qualité variables des données pour les différents composants, données censurées (données déclarées inférieures à la limite de détection) et hypothèses formulées (IGHRC, 2009; mentionné dans [EFSA et al., 2019]). Incertitudes liées à l'exposition potentielle : Niveau de précision caractérisé; étendue et profil de la coexposition (chaque substance chimique a une persistance différente dans l'environnement et dans l'organisme); identification des substances chimiques en cause (IGHRC, 2009; mentionné dans [EFSA et al., 2019]). Incertitudes liées aux dangers : Adéquation de la base de données; connaissances sur la pertinence pour les humains; hypothèses concernant l'addition des doses, l'action indépendante, l'addition des réponses, la synergie, l'antagonisme; les PD (EFSA et al., 2019).

Analyse des tendances

Pour un critère d'effet d'une catégorie donnée, les membres de la catégorie sont souvent liés par une tendance (par exemple, croissante, décroissante ou constante), et on peut analyser les tendances à l'aide d'un modèle fondé sur les données pour les membres de la catégorie.

Approche d'évaluation par catégorie pour les substances d'un groupe

Les propriétés physico chimiques et toxicologiques pour la santé humaine ou l'environnement ou les propriétés de devenir dans l'environnement sont susceptibles d'être similaires ou de suivre un schéma régulier en raison d'une similarité structurelle (ou d'une autre caractéristique de similarité). En l'absence de données, un certain nombre d'outils permettent de combler les lacunes dans les données. Normalement, le regroupement serait fondé sur des données prédictives de la structure chimique, comme les relations structure activité (SAR), la modélisation des relations quantitatives structure activité (QSAR), les alertes structurelles ou, par ailleurs, les données sur le danger ou d'autres données biologiques (toxicité ou efficacité) qui mènent à conclure que les effets sont susceptibles d'être similaires (lecture croisée, analyse des tendances).

Approche du mélange entier

Dans cette approche de l'évaluation des risques, un mélange est traité comme une entité unique, comme s'il s'agissait d'un produit chimique unique. Il faut donc disposer de données sur la relation dose-réponse pour le mélange en cause ou pour un mélange (suffisamment) similaire. Le devenir, le transport et les effets toxicologiques des mélanges similaires devraient être comparables. La détermination des substances marqueurs (composants mesurables et prépondérants du mélange) peut être utilisée dans l'évaluation de l'exposition et l'analyse de la relation dose-réponse. Cette approche convient aux mélanges mal définis et à ceux dont la composition est connue.

Avantage : Tient compte des matières non identifiées dans le mélange chimique et de toute interaction entre les composants. Limitations : Applicable uniquement aux mélanges dont la composition n'est pas variable et qui ne devraient pas changer dans le temps (EFSA et al., 2019). La collecte d'échantillons, les données et la disponibilité des normes analytiques sont limitées. Les mélanges chimiques « suffisamment similaires » sont limités en raison de la nature variable de chaque mélange. Par conséquent, il est peu probable qu'une valeur de référence ou une valeur guide pour un mélange donné soit applicable à d'autres mélanges.

Approche fondée sur le poids de la preuve

Mesure qualitative qui tient compte de la nature et de la qualité des études scientifiques destinées à examiner le risque posé par un agent. Les incertitudes qui résultent du caractère incomplet et de l'absence de données scientifiques obligent souvent les scientifiques à faire des déductions, formuler des hypothèses et porter des jugements afin de caractériser un risque. Le fait de porter un jugement sur le risque en se fondant sur des données scientifiques constitue ce que l'on appelle « l'évaluation du poids de la preuve » (Santé Canada, 2018b; 2000).

Approche par analogues pour des substances d'un groupe

Méthode utilisée lorsque le regroupement est fondé sur un nombre très limité de produits chimiques. On peut utiliser les données sur un ou plusieurs produits chimiques similaires (c'est à dire, des analogues) pour prédire le critère d'effet des produits chimiques cibles. Hypothèse pour la sélection des analogues : Les propriétés d'une série de produits chimiques présentant des caractéristiques structurelles communes montreront des tendances cohérentes dans leurs propriétés physico-chimiques, toxicologiques ou leur devenir dans l'environnement.

Approche par composants

Le risque d'exposition combinée à plusieurs substances est évalué d'après les données sur l'exposition et les effets des composants individuels.

Caractérisation des dangers

Description qualitative et, dans la mesure du possible, quantitative des propriétés inhérentes d'une substance ou d'une situation susceptible de provoquer des effets néfastes. Elle devrait, dans la mesure du possible, inclure une évaluation de la relation dose réponse et des incertitudes qui en découlent. La caractérisation des dangers est la deuxième étape du processus d'évaluation des dangers et la deuxième étape de l'évaluation des risques.

Caractérisation des risques

Détermination qualitative et autant que possible quantitative, y compris les incertitudes connexes, de la probabilité d'apparition d'effets néfastes connus et potentiels d'une substance dans une population ou un sous groupe d'une population, dans des conditions d'exposition définies.

Danger

Propriété inhérente d'une substance ou d'une situation susceptible de provoquer des effets néfastes lorsqu'un organisme, un système, une population ou un sous groupe d'une population est exposé à cette substance.

Détermination des dangers

Détermination du type et de la nature des effets néfastes qu'une substance a la capacité inhérente de provoquer dans un organisme, un système, une population ou un sous groupe d'une population. La détermination des dangers est la première étape de l'évaluation des dangers et la première étape du processus d'évaluation des risques.

Données mécanistes pour approfondir les regroupements

Les données mécanistes issues des essais in vivo, des technologies omiques (transcriptomique, métabolomique, protéomique, etc.) et des essais in vitro, y compris les données obtenues par criblage à haut débit (CHD), peuvent contribuer à approfondir le regroupement des substances dans des groupes d'évaluation. Plus précisément, les données mécanistes peuvent fournir des renseignements sur les voies d'effets néfastes (VEN) et les modes d'action communs.

Dose journalière admissible (DJA); dose journalière tolérable (DJT)

Quantité maximale estimée d'un agent, exprimée en fonction du poids corporel, à laquelle les individus d'une population ou d'un sous groupe d'une population peuvent être exposés, par toutes les voies d'exposition, quotidiennement au cours de leur vie sans risque appréciable pour la santé. La DJA ou la DJT sont exprimées en milligrammes de produit chimique par kilogramme de poids corporel.

Dose journalière tolérable (DJT)

Analogue à la dose journalière admissible.

Dose minimale entraînant un effet nocif observé (DMENO); dose minimale entraînant un effet observé (DMEO)

Concentration ou quantité la plus faible d'une substance, obtenue par expérience ou observation, qui altère de manière néfaste la morphologie, la capacité fonctionnelle, la croissance, le développement ou la durée de vie de l'organisme cible, par rapport à ces caractéristiques chez des organismes normaux (témoins) de la même espèce et de la même souche, dans les mêmes conditions définies d'exposition.

Dose ou concentration

Quantité totale d'une substance administrée, qui est absorbée par un organisme, un système, une population ou un sous groupe d'une population.

Dose repère (DR); concentration repère (CR)

Dose ou concentration qui produisent un changement prédéterminé dans le taux de réponse d'un effet biologique (appelé réponse repère – RR) par rapport aux concentrations de fond. Dose généralement calculée d'après la relation dose réponse modélisée pour une substance et associée à une faible occurrence spécifiée (par exemple,1-10 %) de risque d'un effet sur la santé.

Dose sans effet nocif observé (DSENO); dose sans effet observé (DSEO)

Concentration ou quantité maximale d'une substance, obtenue par expérience ou observation, qui ne provoque aucune altération (néfaste) de la morphologie, de la capacité fonctionnelle, de la croissance, du développement ou de la durée de vie de l'organisme cible, par rapport à ces caractéristiques chez des organismes normaux (témoins) de la même espèce et de la même souche, dans les mêmes conditions définies d'exposition.

Effet nocif

Modification de la morphologie, de la physiologie, de la croissance, du développement, de la reproduction ou de la durée de vie d'un organisme, d'un système, d'une population ou d'un sous groupe d'une population qui entraîne une altération de la capacité fonctionnelle ou de la capacité à compenser un stress supplémentaire, ou encore une augmentation de la sensibilité à d'autres influences.

ER d'un mélange

Voir « Évaluation des risques de l'exposition combinée à plusieurs substances ».

Évaluation de l'exposition

Évaluation de l'exposition d'un organisme, d'un système, d'une population ou d'un sous groupe d'une population à une substance (et à ses sous produits). L'évaluation de l'exposition est l'une des étapes du processus d'évaluation des risques.

Évaluation des dangers

Processus visant à déterminer les effets néfastes possibles d'une substance ou d'une situation à laquelle un organisme, un système, une population ou un sous groupe d'une population pourrait être exposé. Le processus comprend la détermination et la caractérisation des dangers. Le processus se concentre sur le danger, contrairement à l'évaluation des risques, dans laquelle l'évaluation de l'exposition est une étape supplémentaire distincte.

Évaluation des risques (ER)

Processus de calcul ou d'estimation des risques pour un organisme, un système, une population ou un sous groupe d'une population cible à la suite de l'exposition à une substance, ce qui comprend l'évaluation des incertitudes, des caractéristiques inhérentes de la substance et des caractéristiques du système cible en cause.

Évaluation des risques de l'exposition combinée à plusieurs substances ou Évaluation des risques d'un mélange

Évaluation des risques liés à la coexposition dans le temps à deux ou plusieurs produits chimiques qui peuvent contribuer conjointement à des effets réels ou potentiels dans une population réceptrice, par une seule voie ou par l'exposition à plusieurs produits chimiques par des voies multiples. Dans le présent document, nous utilisons indifféremment les expressions « ER d'un mélange » et « évaluation des risques de l'exposition combinée à plusieurs substances ». La définition d'un mélange (c'est à dire, les composants chimiques qui constituent le mélange) peut varier d'une évaluation à l'autre, et la formulation du problème peut servir à définir le mélange en question (c'est à dire, la synthèse des données sur la voie, le moment de l'exposition et la cinétique de la coexposition). Le terme « évaluation des risques cumulatifs » est utilisé par certaines organisations pour décrire l'analyse des risques combinés pour la santé ou l'environnement provenant d'agents ou de facteurs de stress multiples. L'approche d'évaluation des risques cumulatifs utilisée par l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada vise à déterminer les risques pour la santé humaine associés à la coexposition à deux ou à plusieurs pesticides qui provoquent un ou plusieurs effets toxiques communs selon la même, ou essentiellement la même, séquence d'événements biochimiques majeurs (c'est à dire, selon un mécanisme commun de toxicité). On évalue les voies d'exposition (orale, cutanée, par inhalation) et les voies de pénétration (par exemple, les aliments, l'eau potable, l'utilisation en milieu résidentiel) simultanées aux pesticides qui partagent un mécanisme de toxicité commun afin de déterminer le potentiel d'effets cumulatifs, d'après la probabilité que les personnes puissent être exposées à plus d'un de ces pesticides en même temps.

Exposition

Concentration ou quantité d'une substance particulière qui atteint un organisme, un système, une population ou un sous groupe d'une population cible à une fréquence précise pendant une durée définie.

Exposition globale

Exposition combinée à un seul produit chimique par plusieurs voies d'exposition (orale, cutanée, inhalation) et selon plusieurs voies de pénétration (par exemple, les aliments, l'eau potable, le milieu résidentiel). Également appelée « exposition multimilieu » ou « multivoie ».

Facteur d'équivalence de puissance (FEP)

Voir « facteur de puissance relative ».

Facteur d'équivalence toxique (FET)

Facteur qui exprime la toxicité d'un composant parmi un groupe à évaluer par rapport à un composé de référence.

Facteur d'incertitude (FI)

Produit de plusieurs facteurs uniques que l'on divise par le point de départ (PD) de l'effet critique pour obtenir une dose tolérable. Ces facteurs tiennent compte du bien-fondé de l'étude pivot, de l'extrapolation interspécifique, de la variabilité entre les individus chez les humains, du bien-fondé de la base de données globale et de la nature de la toxicité. Le choix du facteur d'incertitude devrait être fondé sur les données scientifiques disponibles. En règle générale, un facteur d'incertitude par défaut de 10x est appliqué au PD pour tenir compte des différences interspécifiques (par exemple, lors de l'extrapolation aux humains des données obtenues sur des animaux de laboratoire) et un facteur d'incertitude supplémentaire de 10x est appliqué pour tenir compte de la variabilité intraspécifique. Remarque : Le concept de facteurs de correction spécifiques au composé (FCSC) a été introduit comme méthode permettant d'incorporer des données quantitatives sur les différences interspécifiques ou la variabilité humaine en matière de toxicocinétique ou de toxicodynamique (mode d'action) dans la procédure d'évaluation des risques, en remplaçant les sous-facteurs toxicocinétiques ou toxicodynamiques par défaut de 10 des FI par des données propres aux produits chimiques.

Facteur de puissance relative (FPR)

Indicateur numérique de la puissance toxicologique d'un produit chimique par rapport à celle d'un produit chimique de référence (souvent le plus toxique de la même classe chimique ou le produit chimique pour lequel on dispose du plus grand nombre de données toxicologiques). Également appelé facteur d'équivalence de puissance (FEP). Il convient de noter que le facteur d'équivalence toxique (FET) est un cas particulier du FPR.

Formulation du problème

Étape initiale de l'évaluation permettant de déterminer s'il y a lieu d'évaluer des expositions combinées et quelles substances chimiques devraient être regroupées (ou non).

Indice de danger (ID)

C'est la somme des expositions à chacun des composants d'un groupe à évaluer, divisées par leurs valeurs de référence respectives. Par conséquent, l'ID représente la somme des risques associés à l'exposition aux composants individuels, ajustée d'après leur dangerosité relative. Si l'ID > 1, la concentration (ou la dose) totale des composants du mélange dépasse le niveau jugé acceptable.

Interaction

Désigne la façon dont les substances individuelles d'un mélange influent sur la réaction de l'organisme aux autres substances présentes. Les interactions peuvent conduire à une sous estimation ou à une surestimation des risques. Les interactions peuvent être classées comme étant infra additives (antagonisme, inhibition, masquage) ou supra additives (synergie, potentialisation). Les interactions peuvent se produire entre des produits chimiques ou être de nature toxicocinétique ou toxicodynamique. Les évaluateurs de risques ont le choix de calculer et d'appliquer soit des facteurs d'incertitude par défaut, soit des facteurs d'ajustement propres à un produit chimique, ainsi qu'un facteur d'incertitude supplémentaire calculé d'après des données d'interaction à des doses plus élevées, si les données sont disponibles (EFSA et al., 2019). On détermine la direction (synergie ou antagonisme) et l'ampleur de l'écart par rapport à l'addition des doses ou des réponses (c'est à dire, le ratio d'écart par rapport au modèle) en comparant la dose réponse disponible pour chaque substance et la dose réponse pour un mélange constitué de plusieurs substances. On peut comparer les pentes des courbes dose réponse pour les produits chimiques individuels et le mélange en utilisant la modélisation de la dose repère, et calculer l'ampleur de l'interaction (EFSA et al., 2019).

Lecture croisée

Technique utilisée pour prédire les données sur les critères d'effet d'un produit chimique en utilisant, pour le même critère d'effet, les données concernant un autre produit chimique similaire (sur le plan de la structure, des propriétés, des activités ou des utilisations).

Limite inférieure de confiance de la dose repère (LICDR)

Limite inférieure de l'intervalle de confiance de la dose repère. La LICDR tient compte des incertitudes dans l'estimation de la relation dose réponse qui est due aux caractéristiques du plan d'expérience, comme la taille de l'échantillon. La LICDR peut être utilisée comme point de départ pour calculer une valeur guide fondée sur la santé ou une marge d'exposition.

Marge d'exposition (ME)

Rapport entre le point de départ établi pour le critère d'effet (par exemple, la dose sans effet nocif observé [DSENO], la dose repère [DR] ou la limite inférieure de l'intervalle de confiance de la dose repère [LICDR]) et la dose ou concentration d'exposition théorique, prédite ou estimée.

Mélange (suffisamment) similaire

Mélange de substances qui diffère légèrement du mélange préoccupant, en ce qui a trait aux composants, aux concentrations, ou aux deux. Un mélange similaire a ou devrait avoir les mêmes types d'activité biologique que le mélange préoccupant, avoir les mêmes modes d'action, et/ou avoir une incidence sur les mêmes critères d'effet toxicologique

Mélange préoccupant

Groupe de substances ou mélange entier qui fait l'objet d'une évaluation des risques parce que, selon des données, les substances du groupe ou du mélange entier pourraient contribuer au risque.

Mode d'action

Décrit la séquence d'événements cytologiques et biochimiques clés conduisant à un effet observé. Chaque événement clé doit être à la fois mesurable et nécessaire pour l'effet observé.

Modélisation pharmacociné-tique fondée sur la physiologie (PBPK)

Le modèle PBPK estime la dose au tissu cible en tenant compte du taux d'absorption dans l'organisme, de la distribution et du stockage dans les tissus, du métabolisme et de l'excrétion, d'après l'interaction entre des déterminants physiologiques, physico chimiques et biochimiques critiques.

Modélisation pharmacodyna-mique fondée sur la physiologie (PBPD)

Le modèle PBPD simule les effets toxicologiques des produits chimiques dans la cellule ou le tissu en réponse à un produit chimique qui est délivré et qui interagit avec le site cible ou le site de l'événement moléculaire déclencheur.

Niveau (valeur) de référence; valeur guide

La dose maximale estimée (d'après le poids corporel) ou la concentration d'un agent à laquelle un individu peut être exposé pendant une période donnée sans risque appréciable. Il s'agit souvent du critère d'effet utilisé dans l'évaluation des risques. Varie selon le ministère ou l'organisation. Exemples : valeur basée sur la santé, concentration maximale acceptable, dose journalière admissible, dose maximale tolérable.

Point de départ (PD)

Dose ou concentration choisie comme point de comparaison avec les estimations de l'exposition en vue de déterminer les risques. Les exemples incluent la dose sans effet nocif observé (DSENO), la dose minimale entraînant un effet nocif observé (DMENO) et la dose repère (DR).

Quotient d'équivalence toxicologique (QET)

Le QET d'un mélange de substances chimiquement apparentées exprime la toxicité du mélange en termes de dose équivalente d'un produit chimique indicateur clé de cette catégorie de substances.

Quotient de danger (QD)

Rapport entre l'exposition potentielle à la substance et la concentration à laquelle aucun effet indésirable n'est prévu (par exemple, la dose journalière admissible [DJA] ou la dose journalière tolérable [DJT]). Valeur utilisée dans le calcul de l'ID.

Rapport cumulatif

Rapport entre la toxicité du composant chimique le plus puissant et la toxicité totale de tous les composants chimiques du mélange.

Relation dose réponse

Relation entre la quantité d'une substance administrée à ou absorbée par un organisme, un système, une population ou un sous groupe d'une population et le changement qui se produit dans cet organisme, ce système, cette population ou ce sous groupe en réaction à la substance.

Relations quantitatives structure activité (QSAR)

Outils informatiques permettant de prédire les effets toxiques des produits chimiques d'après une analyse de leur structure.

Risque; paramètre de risque

Probabilité d'un effet nocif dans une population ou un sous groupe d'une population, causé dans des circonstances précises par l'exposition à une substance. Le paramètre de risque peut être la marge d'exposition (ME), l'indice de danger, l'indice du PD, etc. Voir l'étape 3 : Caractérisation des risques, « Caractérisation des risques » et le tableau 3).

Seuil de préoccupation toxicologique (SPT)

Notion qui part du principe selon lequel les produits chimiques sont associés à une « valeur seuil pratique chez l'humain » au-dessous de laquelle il n'y a pas de risque important pour la santé.

Synergie

Désigne l'interaction de plusieurs substances dont l'effet est supérieur à celui qui est prévu d'après la somme des effets individuels. On parle aussi de potentialisation ou de supra addition.

Toxicité

Propriété inhérente d'un agent provoquant un effet biologique indésirable.

Valeur guide

Voir « valeur de référence ».

Annexe C. Abréviations

BRDD:
Biologic and Radiopharmaceutical Drugs Directorate
DG:
Director General or his/her delegate
eCTD:
Electronic Common Technical Document
FDALO:
Food and Drugs Act Liaison Office
IAS:
Issue Analysis Summary
NNHPD:
Natural and Non-prescription Health Products Directorate
OSIP:
Office of Submissions and Intellectual Property
PDD:
Pharmaceutical Drugs Directorate
RR:
Request for Reconsideration
ABCA :
Acide bromochloracétique
ACDBA :
Acide chlorodibromoacétique
ADBA :
Acide dibromoacétique
ADCA :
Acide dichloracétique
AHA
Acides haloacétiques
AMBA :
Acide monobromoacétique
AMCA :
Acide monochloracétique
ATBA :
Aide tribromoacétique
ATCA :
Acide trichloracétique
ATSDR :
Agency for Toxic Substances et Disease Registry (États Unis)
BBDR :
Modèle dose réponse fondé sur des données biologiques
DEPCRf :
Dose équivalente au produit chimique de référence
DHE :
Dose humaine équivalente
DJA :
Dose journalière admissible
DJT :
Dose journalière tolérable
DSENO :
Dose sans effet nocif observé
EFSA :
Autorité européenne de sécurité des aliments
ER :
Évaluation des risques
FEP :
Facteur d'équivalence de puissance
FI :
Facteur d'incertitude
FPR :
Facteur de puissance relative
GTESR :
Groupe de travail sur l'évaluation scientifique des risques
HESI :
Health and Environmental Sciences Institute
ID :
Indice de danger
IPD :
Indice du point de départ
IPRf :
Indice du point de référence
IVIVE :
Extrapolation d'in vitro à in vivo
LMR :
Limite maximale de résidus
ME :
Marge d'exposition
MET :
Marge d'exposition totale
MIREC :
Étude mère enfant sur les composés chimiques de l'environnement
NAM :
Nouvelle approche méthodologique
OCDE :
Organisation de coopération et de développement économiques
OMS :
Organisation mondiale de la santé
PBTK :
Modèle toxicocinétique à base physiologique
PBTK TD :
Modèle toxicocinétique et toxicodynamique à base physiologique
PCRf :
Produit chimique de référence
PD :
Point de départ
PISSC :
Programme international sur la sécurité des substances chimiques
PGR :
Probabilité globale de risque
QSAR :
Relations quantitatives structure activité
QD :
Quotient de danger
REA :
Rapport exposition/activité
REB :
Rapport exposition bioactivité
SAR :
Relation structure activité
SPT :
Seuil de préoccupation toxicologique
THM :
Trihalométhanes
VET :
VET : Voie associée aux effets toxiques
VG :
Valeur guide
VRf :
Valeur de référence

Annexe D : Tableau de travail pour l'intégration et la comparaison des données dans les ER de mélanges

Ce tableau de travail peut être rempli avec des données spécifiques à la substance chimique (DSSC) afin d'assurer la transparence de la prise de décision.

Type d'information Composant 1 Composant 2 Composant 3 Composant 4 Données sur les mélanges/groupes (tendances, substituts, additifs?)
Structure (groupes fonctionnels) DSSC DSSC DSSC DSSC DSSC
Nature et contexte de l'exposition DSSC DSSC DSSC DSSC DSSC
Potentiel de coexposition externe DSSC DSSC DSSC DSSC DSSC
Potentiel de coexposition interne
(cinétique; données de biosurveillance)
DSSC DSSC DSSC DSSC DSSC
Effets critiques sur la santé
(non liés au cancer ou liés au cancer)
DSSC DSSC DSSC DSSC DSSC
Événement précoce dans le mode d'action cancérogène (le cas échéant) DSSC DSSC DSSC DSSC DSSC
Valeur de référence / valeur guide (mg/L)
(si disponible)
DSSC DSSC DSSC DSSC DSSC

Détails de la page

2026-03-20