Discours de la Ministre Carolyn Bennett à l’occasion de la Conférence Aurores boréales

Discours

Centre Shaw
Ottawa, Ontario
Le 31 janvier 2018


La version prononcée fait foi 
Greetings – Bonjour, Ullukkut. Kwey.

Je vous félicite encore d’avoir pu réunir tous les dirigeants présents, et même le premier ministre Quassa. C’est très excitant, car nous aurons l’occasion de collaborer avec Aluki. J’ai hâte de participer au groupe de discussion, plus tard aujourd’hui, qui réunira les signataires des revendications territoriales.

Il est bien d’avoir une conversation sur nos progrès et sur nos plans d’avenir. C’est un moment palpitant. Aussi, je veux souligner le fait que nous sommes réunis aujourd’hui sur le territoire traditionnel des Algonquins. Je souhaite la bienvenue aux ministres qui sont ici, de même qu’à son Honneur Madeleine Redfern, à tous les représentants inuits régionaux, au député Tootoo, à notre représentant spécial de la ministre et à tous les représentants de l’industrie.

Selon moi, cette conférence offre une occasion exceptionnelle dans le Sud de se réunir pour tenir ces échanges très importants. Mon amie, et ma première ambassadrice du Nord, Nancy Keratek-Lindell, a grandement contribué à la formation d’un caucus de l’Arctique, qui m’a permis de me rendre dans le Nord la première fois il y a 20 ans. J’y retourne régulièrement depuis. J’en suis très reconnaissante.

Je veux aussi que ce partenariat fasse comprendre que je ne suis pas la seule touchée. Je voulais que mon équipe des Affaires du Nord soit ici avec nous. J’invite Stephen Van Dine et la directrice générale régionale Elizabeth à se lever, de même que toute l’équipe des vrais partenaires du gouvernement du Canada dans le Nord.

Voici une chose que j’adore : être dans une pièce entourée de gens qui aiment le Nord. C’est une passion que nous souhaitons encore plus contagieuse. Nous voulons toujours qu’un plus grand nombre de Canadiens découvrent la splendeur, l’intégrité et l’identité de cette région du Nord canadien.

C’est avec un grand plaisir que je me joins à vous tous, vous qui partagez cette passion pour un avenir prometteur pour le Nord canadien.

Nous pouvons féliciter les organisateurs et les présidents de la conférence. Il est frappant de voir la croissance et le succès que connaît maintenant la Conférence Aurores boréales. En 10 ans seulement, la Conférence est devenue un événement incontournable pour tous ceux qui s’intéressent au Nord et à la région arctique du Canada.

Encore une fois cette année, la Conférence sera le lieu de présentations très intéressantes et de discussions réellement importantes sur les principaux enjeux et les dernières nouvelles au Nunavut, au Nunavik, au Nunatsiavut et dans les Territoires du Nord-Ouest. On aura la chance d’entente le point de vue de femmes et de jeunes leaders, comme Nellie Cournoyea et Elizabeth Sheutiapik, Mary Simon, Nancy Keratek-Lindell, Eva Aariak et les étudiants de Nunavut Sivuniksavut.

La Conférence nous permet de nous réunir pour entente la perspective des autres et apprendre. Les universitaires et les dirigeants d’affaires comme le Dr Robert Greenwood et Perrin Beatty constateront l’importance de passer ces quelques jours ensemble. Ce sera aussi le cas des premiers ministres provinciaux et territoriaux, des présidents et des PDG des entreprises privées qui ont l’occasion de se réunir avec des universitaires et des chercheurs.

Les délégués profiteront de l’occasion d’entendre les résidants du Nord parler de leurs plans et de leurs idées pour l’avenir. Il est très excitant de voir la grande place accordée à l’art et à la culture inuits lors de la Conférence Aurores boréales. Nous savons que l’art a le pouvoir de transformer, d’illuminer, d’éduquer, d’inspirer, de motiver et, le plus important, de guérir les gens. Je sais que tout le monde ici a hâte de voir le pavillon des arts et de la culture, le 3 février.

Il est très important de comprendre que cette année marque un changement réel. Il y a presque 40 ans maintenant, Nellie Cournoyea, un de nos trésors nationaux, a énoncé les obstacles de base de notre histoire que nous devons affronter pour assurer la réussite. Elle affirmait aussi à l’époque que le paternalisme a été un échec cuisant.

Je me souviens qu’à cette époque, le mouvement des femmes diffusait ce message, et maintenant je constate à titre de ministre chargée du Nord que cette déclaration était très importante. Le paternalisme est un problème important, et nous avons maintenant la possibilité de nous en défaire. C’est le paternalisme qui a orienté l’évolution de la gouvernance dans le Nord, et il existe encore un poste de ministre fédéral pour gérer les affaires du Nord.

Il est révélateur que les Canadiens apprécient la nordicité de notre pays, mais que relativement peu de Canadiens nés dans le Sud voyagent même une fois dans le Nord ou découvrent la vraie nature du Nord. En effet, les chiffres ne mentent pas, environ 90 % des Canadiens vivent à moins de 100 miles de la frontière avec les États-Unis. Dans la région où se trouve mon chalet, à 100 miles au nord de Toronto, il y a des journaux qui parlent du nouveau Nord.

On constate encore ici que la conception qu’on les gens du Nord est assez erronée, et nous essayons de leur expliquer que le lac Baker se situe en fait au centre du Canada. Nous avons un travail d’éducation à faire. Les gens du Sud s’imaginent le Nord et s’en font parfois une idée romantique. Nous essayons de leur faire comprendre qui s’ils ne se rendent pas dans le Nord et n’écoutent pas les résidants, ils ne comprendront pas la vraie nature du Nord. Il faut en faire l’expérience, mais il faut aussi écouter les résidants.

Pendant des décennies, nous dans le Sud, nous avons essayé de gérer le Nord. Nous sommes nombreux à avoir grandi avec une conception du Nord qui est fondée sur des livres, des films et des œuvres d’art qui décrivent le Nord comme un endroit rude et stérile, une nature indomptée et intransigeante. Je crois que j’ai déjà parlé de ceci à certains d’entre vous, mais voilà : il y a de nombreuses années, mon beau-frère, John O’Brien, un historien de l’art qui travaillait à l’époque à l’Université Harvard et qui est maintenant à l’Université de la Colombie-Britannique, a expliqué que les artistes du célèbre Groupe des Sept Lawren Harris et A. Y. Jackson avaient été invités à bord de brise-glaces de la Garde côtière afin de peindre notre Nord pour exprimer la souveraineté canadienne.

Les œuvres du Groupe des Sept ont défini l’imaginaire populaire du paysage canadien. Mais finalement, dans les années 1960, les artistes inuits ont commencé à représenter leur patrie, l’Inuit Nunangat, partout au Canada et à expliquer que c’était plus qu’un simple paysage.

Il faut absolument se rendre dans le Nord pour constater la splendeur du territoire, de l’eau et de la glace, et la dignité de ses habitants.

Ce sont les gens dans les collectivités que les habitants du Sud ne comprennent pas vraiment. L’attitude de supériorité des « colonisateurs » prévaut toujours, soit qu’en quelque sorte les autres savent ce qui est le mieux pour le Nord et ses habitants. Ce n’est que dans les années 1960 que les Canadiens ont pris conscience de l’existence du peuple inuit. L’artiste inuite Ashevak et ses collègues de la West Baffin Eskimo Cooperative nous ont appris à voir le Nord autrement.

La pièce emblématique Le hibou enchanté a présenté une autre vision du Nord – celle de l’audace, de la force, de la richesse des traditions et de la culture. La regrettée Annie Pootoogook nous a fait franchir un pas de plus en représentant les réalités de la vie quotidienne dans l’Arctique d’aujourd’hui, les succès comme les défis.

Certaines de ses œuvres portent sur les difficultés éprouvées par les familles du Nord et mettent en scène la vie dans le Nord. L’exposition Cutting Ice, présentée à la galerie McMichael, près de Toronto, jusqu’au 11 février, célèbre la force, la contemporanéité et l’influence de l’œuvre de Pootoogook. Voilà un exemple de la façon dont l’art audacieux peut nous inciter à jouer un rôle positif pour générer le changement.

La vérité est toute simple : personne ne connaît mieux le Nord que les habitants du Nord.

Nous, au Sud, ne parviendrons jamais à bien soutenir le Nord si nous n’écoutons pas ceux qui y vivent.

Lorsque j’ai visité l’exposition sur l’expédition de Franklin, au Musée maritime national, dans le quartier Greenwich, à Londres, j’ai été très impressionnée par la façon dont les conservateurs ont réussi à nous transporter dans cette époque, mais surtout par la façon dont ils sont parvenus à illustrer le point de vue des Inuits.

Il y avait un enregistrement vocal très révélateur, vieux de cent ans. Un aîné inuit y décrit la première impression, transmise par la tradition orale, qu’avaient donnée ces gens étranges. Trois fois durant ce très court enregistrement, il observe : « et leur chapeau n’était pas attaché à leur manteau ».

Puis il dit de nouveau « et leur chapeau n’était pas attaché à leur manteau », et le répète encore une fois.

Cela pourrait expliquer pourquoi les Inuits étaient si sceptiques à l’égard de ces étrangers arrivés sur leurs terres. Je dois dire que, pour moi, en tant que ministre, cela explique aussi pourquoi il est si exaspérant pour les peuples autochtones de notre pays que les colons aient pensé que leurs façons de faire étaient supérieures aux leurs. Le paternalisme est depuis toujours un échec total. Il est donc temps de changer notre façon d’agir.

Voilà pourquoi le gouvernement du Canada travaille maintenant en étroite collaboration avec les habitants du Nord à l’élaboration d’un cadre stratégique pour l’Arctique qui remplacera la Stratégie pour le Nord du Canada. Lors de la réunion du cercle polaire arctique, à Reykjavik, en Islande, l’automne dernier, nous avons été préoccupés par le fait que des participants, provenant des pays du Sud, ont exprimé le point de vue à savoir que l’Arctique est un « bien commun ».

En tant que Canadiens, nous avons fait valoir que la politique pour l’Arctique doit représenter les priorités des gens qui y vivent. Nous sommes aussi conscients que, pour bien faire les choses, il faudra inclure un volet national et international dans la politique. Nous menons en ce moment un processus novateur d’élaboration commune, avec les habitants du Nord, les gouvernements territoriaux et provinciaux et les peuples autochtones – dont la plupart dans le Nord bénéficient de l’autonomie gouvernementale ou sont en voie d’y accéder.

Il y a deux semaines, j’ai passé du temps à Iqaluit avec le groupe de jeunes dirigeants auquel l’aîné a fait référence dans son commentaire et nous avons eu une discussion franche au sujet des priorités du Nord. Un des participants a exprimé un sain scepticisme quant à la capacité du Sud à prendre des décisions pour le Nord. Il m’a demandé ce que je vais faire pour habiliter les résidants du Nord à prendre des décisions.

La réponse à sa question doit être conforme à l’esprit du Cadre stratégique pour l’Arctique. Les décisions concernant le Nord doivent être prises dans le Nord. Le Cadre stratégique pour l’Arctique délimitera ce changement. L’époque du paternalisme est révolue. Nous irons de l’avant avec l’élaboration conjointe du cadre stratégique.

Nous devons nous assurer que les politiques sur le Nord sont élaborées par le Nord.

Le cadre a suscité beaucoup d’intérêt dans les médias sociaux et sur le Web, à un point tel que le délai pour la présentation des observations du public a été prolongé d’un mois, soit jusqu’à la fin de février, afin de nous permettre de connaître l’opinion de tous les résidants du Nord qui souhaitent participer. Ils peuvent le faire par l’intermédiaire du site Canada.ca/arctique-ensemble.

Notre travail s’appuie sur le travail extraordinaire de Mary Simon, une dirigeante brillante et inspirante.

Comme vous le savez, elle a mené de vastes consultations auprès des résidants du Nord et a publié un rapport sur ce qu’elle a entendu.

Son rapport, intitulé Un nouveau modèle de leadership partagé dans l’Arctique, rend compte de l’essence du problème que nous nous efforçons de résoudre avec les résidants du Nord. « En fait, les stratégies qui ont été mises en œuvre au cours de ma vie dans l’Arctique étaient rarement équivalentes à l’ampleur des lacunes fondamentales entre ce qui existe dans l’Arctique et ce que les autres Canadiens tiennent pour acquis, et elles ne permettaient pas d’aborder ces lacunes. Combler ces lacunes est ce dont les habitants du Nord, dans l'ensemble de l’Arctique, souhaitaient discuter avec moi en tant que priorité urgente. »

Si nos actions sont fondées sur la conviction que l’avenir du Nord doit être façonné par les résidants du Nord – et elles le sont –, je crois que nous réussirons non seulement à combler les lacunes, mais aussi à créer un environnement dans lequel les collectivités dynamiques du Nord pourront prospérer et s’épanouir.

C’est ainsi que nous mettons fin à l’histoire du paternalisme.

Nous écoutons les gens et nous les habilitons à prendre des décisions concernant leurs terres et leurs ressources.

Pour ce faire, nous poursuivons le travail que nous avons déjà entrepris avec les collectivités autochtones du Nord. Nous concentrons nos efforts sur le renforcement des collectivités, sur l’établissement d’une gouvernance solide qui s’oppose à l’attitude paternaliste et colonialiste que le Sud a adoptée envers le Nord. La plupart des collectivités autochtones du Nord ont conclu des traités modernes et bon nombre d’entre elles sont autonomes. Elles sont un modèle pour les Premières Nations et les autres collectivités qui souhaitent se retirer de la Loi sur les Indiens.

Les revendications territoriales des Inuits sont maintenant réglées et nous collaborons à la pleine mise en œuvre des ententes.

Ces ententes mettent fin au modèle colonial paternaliste en permettant aux collectivités inuites de fonctionner comme des institutions démocratiques afin de réaliser leurs priorités.

Depuis l’annonce du budget de 2016, le gouvernement verse une aide financière au Nunatsiavut, au Nunavik, à la région désignée des Inuvialuit et à d’autres régions afin de fournir des logements aux membres de leurs collectivités.

Notre gouvernement appuie le gouvernement Tłı̨chǫ dans la mise en œuvre de programmes de santé adaptés à la culture, comme le programme de soins à domicile et en milieu communautaire dans les collectivités de Behchokǫ̀, de Gamètì, de Whatì et de Wekweètì dans les Territoires du Nord-Ouest.

Nous espérons célébrer la conclusion de nouvelles ententes au cours de la prochaine année pour la région des Inuvialuit et les collectivités du Sahtu.

Comme les résidants du Nord nous le disent depuis des années, un aspect important du développement responsable est l’énergie propre. L’Approche responsable pour le développement énergétique des collectivités du Nord (le programme ARDEC Nord) est axée sur l’idée que ce sont les résidants du Nord qui savent le mieux ce dont leur collectivité a besoin pour prospérer.

Les projets communautaires, comme le système énergétique centralisé d’Iqaluit visant à récupérer la chaleur pour le centre aquatique et le projet éolien du lac Kluane au Yukon, transforment le Nord.

Dans le budget de 2017, le gouvernement s’est engagé à investir plus de 53 millions de dollars dans le programme ARDEC Nord.

Le gouvernement du Canada a également investi 400 millions de dollars dans le Fonds pour l’énergie dans l’Arctique et soutient la sécurité énergétique pour les collectivités du Nord. Ces investissements aideront le Canada à atteindre son objectif consistant à promouvoir l’énergie propre et à appuyer les dirigeants des collectivités autochtones éloignées du Nord dans leur transition vers l’énergie propre.

Il reste encore un long chemin à parcourir, mais nous sommes résolus à y parvenir, et ce, en travaillant en collaboration avec les dirigeants autochtones, les gouvernements territoriaux et l’ensemble de nos partenaires.

Même si nous prenons ces mesures importantes, les changements climatiques continuent d’avoir des répercussions majeures dans le Nord.

Les résidants des collectivités du Nord signalent que les conditions de la glace de mer sont de plus en plus dangereuses et imprévisibles.

Dans l’Ouest de l’Arctique canadien, le pergélisol fond. Il s’agit d’un changement permanent, et le paysage s’érode dans le fleuve Mackenzie et l’océan.

Je me souviens de la première fois que je suis allée à Tuktoyaktuk en 1999. Nous avons visité un congélateur communautaire qui s’était enfoncé dans le pergélisol.

En descendant l’échelle qui y menait, nous pouvions voir de petits écoulements, de l’eau qui ruisselait le long des parois.

Nous savions alors que le pergélisol était en train de fondre.

Le gouvernement est déterminé à faire en sorte que les politiques du Canada au sujet du changement climatique soient éclairées par les points de vue des peuples autochtones qui vivent dans le Nord.

Nous avons besoin de politiques fondées sur le savoir autochtone et l’expérience communautaire. Le Canada a investi des sommes considérables dans deux programmes pour tirer parti de ces connaissances des Autochtones. Quelque 25 millions de dollars seront alloués aux organisations autochtones qui participent à l’élaboration de la politique nationale sur les changements climatiques. Plus de 83 millions de dollars seront affectés à l’intégration des connaissances traditionnelles des Autochtones à la surveillance du climat et à l’adaptation au changement climatique à l’échelle communautaire.

En permettant aux habitants du Nord d’influencer davantage la façon dont nous élaborons les politiques et investissons dans le Nord, nous démantelons les vieilles approches paternalistes, pièce par pièce.

Mais cela ne suffit pas.
Comme vous le savez, le premier ministre a pris la décision de dissoudre l’ancien ministère colonial d’Affaires autochtones et du Nord Canada et de créer à sa place deux nouveaux ministères.

En tant que première ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord, mon travail consiste à veiller à ce que nous bâtissions les deux nouveaux ministères en déterminant leur fonction avant leur forme.

Cela signifie que Services aux Autochtones et Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord, avec Mme Philpott, et Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord doivent être des structures dont les processus répondent aux besoins de nos partenaires.

Parmi mes nouvelles responsabilités, je dois également travailler avec tous les ministères, provinces et territoires pour délaisser l’approche coloniale... en passant du déni à un cadre de reconnaissance des droits et à l’autodétermination.  

Tandis que nous entamons cette transition à l’échelle du gouvernement, une autre citation de mon amie Nellie Cournoyea me revient à l’esprit. Comme elle l’a dit dans une entrevue il y a plusieurs années, « nous devons nous mettre au défi de trouver des façons de mobiliser la pensée et l’esprit d’une génération d’habitants du Nord. »

Je pense que des gens de partout au Canada peuvent nous inspirer. Zita Cobb – je pense que certains d’entre vous ont entendu parler du projet réussi de l’île Fogo – parle de résilience économique et culturelle. Comme vous le savez, il s’agit de cette entrepreneure prospère qui a réinvesti son argent et son énergie dans sa collectivité.

Le projet de l’auberge de l’île Fogo a créé une industrie touristique florissante sur l’île de Fogo, et la fondation Shorefast est maintenant le plus gros employeur de l’île.

Les visiteurs peuvent retenir les services de guides communautaires, et toute la communauté en profite.

Un aspect de sa présentation au Cabinet à St. John’s est très intéressant; Zita explique son approche à l’égard du renforcement de la collectivité en parlant « d’étiquette nutritionnelle pour l’économie ».

L’étiquette indique les coûts de la main-d’œuvre, des matériaux et de l’emballage des produits – ainsi que le profit réalisé à chaque vente et le pourcentage, pour chaque dollar, qui revient à la région.

Dans les cartes qui se trouvent à l’hôtel ou à l’auberge de l’île Fogo ou sur les meubles, il y a au dos des étiquettes nutritionnelles pour l’économie, semblables aux étiquettes pour les aliments, qui indiquent combien d’argent investi est demeuré dans la région.

Pour Zita, la transparence s’inscrit dans la même veine que la protection de l’environnement.

L’étiquetage nutritionnel pour l’économie se veut une réponse à ce que nous, ministres du Nord, avons malheureusement appelé « fuite économique ».

En réalité, cela se voulait une réponse au fait qu’il est nécessaire que l’activité économique du Nord se traduise par un avantage économique dans le Nord.

L’argent doit rester dans le Nord et non pas aboutir littéralement dans le Sud.

La croissance du tourisme dans le Nord arrive également à un moment propice dans l’histoire du Canada, alors que les Canadiens ont commencé à accepter la réconciliation avec les peuples autochtones.

Correctement géré, le tourisme peut être une force puissante pour la réconciliation. Les non-Autochtones peuvent ainsi apprendre directement ce que nous n’avons jamais appris à l’école… la culture des Premières Nations, des Inuits et des Métis, leurs modes de connaissance et leur vision du monde.

La présentation et le partage respectueux d’expériences authentiques et la sensibilisation à l’importance de la terre, de l’eau et de la glace peuvent aider à sensibiliser les Canadiens et les visiteurs étrangers à la culture autochtone.

Il n’est pas surprenant qu’il y ait sur l’étiquette d’Aurores boréales les représentations d’aurores boréales, de l’ours polaire et de l’étoile Polaire –et il ne devrait pas être nécessaire d’être député pour se rendre sur place et voir de ses propres yeux de telles choses. Dans ma chambre d’hôtel à Reykjavik, il y avait une lucarne qui vous permettait d’observer le ciel toute la nuit durant si vous le vouliez.

Nous savons que le tourisme contribue aussi à forger des liens entre l’histoire et les Premières Nations, les Inuits et la Nation métisse à venir.

De plus, c’est une ressource renouvelable. Comme me l’a dit un aîné, on peut vendre la même promenade en canot plusieurs fois.

J’aimerais également citer quelques exemples d’entreprises appartenant à des Autochtones et de partenariat de développement économique.    

L’été dernier, j’ai eu l’honneur de visiter la mine Hope Bay de TMAC avec des représentants de la Kitikmeot Inuit Association. La mine, qui a coulé son premier lingot d’or il y a presque un an, appartient en partie à la Kitikmeot Inuit Association.

Lors de ma visite, j’ai clairement constaté la réussite de ce partenariat.

Les avantages allaient au-delà des emplois offerts aux Inuits et de la passation de marchés avec eux et concernaient la culture de la mine. Partout sur le site, des panneaux rappelaient aux gens qu’ils avaient la responsabilité de prendre soin de la terre et de la faune.

Les ingénieurs et la Kitikmeot Inuit Association m’ont parlé des nombreux efforts qu’ils consacrent à la protection des sites archéologiques. Les ingénieurs et la Kitikmeot Inuit Association m’ont parlé de la grande importance qu’ils accordent à la protection des sites archéologiques.   

Les valeurs constatées sur le site de la mine reflètent les valeurs des Inuits, et des retombées économiques dont ceux-ci bénéficient.

Les membres de la collectivité doivent savoir que des partenariats novateurs garderont la richesse dans les collectivités et amélioreront la qualité de vie.    

Les véritables partenariats fonctionnent en mettant les partenaires sur un pied d’égalité. Ils incitent les collectivités à voir grand.

Travailler ensemble au Cadre stratégique pour l’Arctique est passionnant. Au fur et à mesure que nous recueillons les idées et commentaires des habitants du Nord, nous constatons déjà que les gens sont au cœur de notre travail.

La Conférence Aurores boréales offre de nombreuses possibilités d’apprendre à connaître l’Arctique canadien par l’entremise des gens qui y vivent.

Les habitants du Nord viennent dans le Sud pour nous instruire.

Ils invitent tous les Canadiens à venir visiter le Nord, à faire véritablement l’expérience du Nord, à écouter et à apprendre. Aurores boréales est une précieuse tribune qui permet aux Canadiens qui vivent au nord et au sud du 60e parallèle de discuter ensemble de la façon de relever les défis importants que le Nord doit relever.

Nous, les habitants du Sud, devrons être attentifs au cours des quelques prochains jours.

Nous devons garder l’esprit ouvert et apprendre. Nous vivons une période captivante!

Nous devons faire en sorte que les Canadiens planifient leur visite, d’un bout à l’autre du pays. Ensemble, nous pouvons faire en sorte que le Nord participe pleinement à la prospérité du Canada.

Travaillons ensemble pour que le Nord puisse bénéficier entièrement de la prospérité du Canada.  

Aurores boréales est important. Les aurores boréales sont dans nos cœurs et dans nos esprits et, comme vous le savez, constituent une partie de l’identité des Canadiens. C’est le Nord vrai, fort et libre.

Merci beaucoup, thank you all, Qujjanamiik, Matna, Quanaq.

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2018-02-09