Document d'information - Relations bilatérales

Document d'information

Le Mali est l’un des principaux partenaires du Canada en Afrique et au sein de la Francophonie. Les deux pays ont établi des relations diplomatiques en 1969 et, près d’un demi-siècle plus tard, ils continuent d’entretenir des relations bilatérales solides. Le Canada et le Mali collaborent étroitement à l’instauration d’une paix durable, ainsi qu’à l’égard de la coopération au développement et du soutien au développement démocratique et à la bonne gouvernance au Mali. Malgré des échanges commerciaux modestes entre le Canada et le Mali (le commerce bilatéral se chiffrait à 28,7 millions de dollars en 2017), la valeur des actifs canadiens dans le secteur minier a atteint 1,54 milliard de dollars en 2016. Un Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) est également en vigueur depuis 2016.

Crise au Mali

Le Mali est confronté à d’importants défis en matière de gouvernance, de sécurité, de développement et d’aide humanitaire sur l’ensemble de son territoire. Le Mali est l’un des pays les moins développés et les plus fragiles du monde, figurant parmi les 15 derniers pays selon l’indice du développement humain 2016, et parmi les 31 derniers pays selon l’indice des États fragiles. Les femmes et les filles y sont parmi les plus vulnérables à l’insécurité et aux conflits, et les plus touchées par la violence fondée sur le genre. Selon l’indice d’inégalité de genre du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Mali se trouvait au 156e rang sur 188 pays en 2016.

La crise que vit actuellement le Mali a été déclenchée par une série d’événements : d’abord le retour au pays, en 2011, des combattants touareg qui avaient combattu pour Mouammar Kadhafi en Libye, ce qui a mené à la guerre civile de 2012 dans le nord du Mali entre le gouvernement et le Mouvement national touareg de libération de l’Azawad (MNLA); puis un coup d’État militaire est survenu après que ces rebelles ont mis en déroute l’armée malienne. En décembre 2012, le Conseil de sécurité des Nations Unies a autorisé le déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA), qui est devenue la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) en avril 2013. La priorité stratégique de la MINUSMA consiste à appuyer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, signé en 2015 par le gouvernement malien et les deux principales coalitions de groupes armés. Entre-temps, à l’invitation du gouvernement malien, la France a lancé l’Opération Serval de lutte contre le terrorisme en 2013. En août 2014, la France a remplacé l’Opération Serval par l’Opération Barkhane et l’a étendue aux cinq pays du Sahel (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie, Niger). Au début de 2017, les pays du G5 Sahel ont annoncé leur intention de constituer une force conjointe régionale à l’appui de la MINUSMA et des opérations françaises de lutte contre le terrorisme dans les zones frontalières. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a salué la création de la Force conjointe du G5 Sahel en juillet 2017 et a demandé à la MINUSMA de lui fournir un soutien opérationnel et logistique en décembre 2017.

Alors que les griefs fondamentaux des opposants demeurent ancrés dans des enjeux de longue date, dont la marginalisation politique et économique, la dynamique quotidienne des conflits devient de plus en plus complexe et fluide à mesure que les extrémistes violents, les trafiquants et les réseaux du crime organisé s’implantent dans les régions du nord, du centre et des pays voisins. La violence intercommunautaire et les violations des droits de la personne par les forces de sécurité étatiques et non étatiques s’ajoutent à ce mélange toxique.

Réponse du Canada

Le Canada reconnaît que la façon la plus sûre de parvenir à une paix durable au Mali passe par un processus politique large et inclusif. À cette fin, le Canada travaille de concert avec le gouvernement du Mali, les Nations Unies et d’autres intervenants pour établir au Mali et dans la région des conditions politiques qui permettront la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali (aussi connu sous le nom d’Accord d’Alger).

Pour atteindre cet objectif, le Canada concentre ses efforts sur trois grands axes dans le domaine de la paix et de la stabilisation : soutenir la mise en œuvre de l’Accord d’Alger; appuyer la MINUSMA dans l’exécution de son mandat; renforcer les capacités locales et régionales pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Ces efforts complètent et renforcent l’engagement plus général du Canada d’améliorer l’efficacité des opérations de paix de l’ONU.

À cet égard, de 2016 à 2019, le Canada a investi plus de 30 millions de dollars dans le cadre du Programme pour la stabilisation et les opérations de paix (PSOP) (bilatéralement et par l’entremise de l’ONU). Le PSOP contribue à renforcer la confiance entre les parties à l’Accord d’Alger, à promouvoir la participation des femmes et des filles à la mise en œuvre du processus de paix, à protéger et à promouvoir les droits de la personne, à soutenir les efforts de consolidation de la paix et de stabilisation déployés par l’ONU, à favoriser le dialogue entre les autorités maliennes et les communautés touchées par les conflits, et à favoriser un processus politique davantage axé sur l’inclusion et la participation.

Par ailleurs, pour contribuer à bâtir une nation plus unie et plus pacifique et jeter les bases de la prospérité et d’une meilleure qualité de vie pour tous, le Canada est un ardent défenseur de la gouvernance inclusive. Par exemple, grâce à son programme d’aide au développement, le Canada appuie la mise en œuvre de réformes publiques, le recouvrement de l’impôt et le renforcement du rôle de la société civile, notamment la participation des femmes aux processus décisionnels.

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2018-07-05