Déclaration du Groupe de Lima du 4 février 2019

Déclaration

Les gouvernements de l’Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, de la Colombie, du Costa Rica, du Guatemala, du Honduras, du Panama, du Paraguay et du Pérou, membres du Groupe de Lima, expriment ce qui suit :

  1. Ils réitèrent leur reconnaissance et leur soutien à Juan Guaidó en tant que président intérimaire de la République bolivarienne du Venezuela, conformément à sa constitution. Ils saluent le nombre grandissant de pays ayant reconnu le président intérimaire Guaidó, et demandent à la communauté internationale d’apporter son soutien le plus ferme au président intérimaire Guaidó et à l’Assemblée nationale dans leurs efforts pour mettre en place un gouvernement de transition démocratique au Venezuela.
  2. Ils acceptent avec grand plaisir la demande du président intérimaire Guaidó d’incorporer le gouvernement légitime du Venezuela au Groupe de Lima et lui souhaitent la bienvenue.
  3. Ils conviennent de reconnaître et de travailler avec les représentants désignés par le gouvernement du président intérimaire Juan Guaidó dans leur pays respectif.
  4. Ils notent que les tentatives de dialogue amorcées par divers acteurs internationaux ont été manipulées par le régime Maduro, qui les a transformées en stratégies dilatoires afin de demeurer au pouvoir, et, conséquemment, ils considèrent que toute initiative politique ou diplomatique développée doit viser à soutenir la feuille de route constitutionnelle présentée par l’Assemblée nationale et par le président intérimaire Juan Guaidó, qui cherche à établir une transition pacifique pour les Vénézuéliens, ce qui entraînera la sortie du régime dictatorial de Maduro et permettra la tenue d’élections et le rétablissement de la démocratie au Venezuela.
  5. Ils demandent le rétablissement immédiat de la démocratie au Venezuela par la tenue d’élections libres et équitables convoquées par les autorités légitimes, conformément aux normes internationales, et ce, dès que possible. Ces élections doivent être menées avec toutes les garanties appropriées, avec la participation de tous les dirigeants politiques et sous observation internationale, y compris la création d’un nouveau Conseil national électoral.
  6. Ils condamnent les violations persistantes et graves des droits de la personne au Venezuela. À cet égard, ils rejettent les actes de violence et la répression des manifestations populaires des forces de sécurité qui ont causé de nombreux morts, blessés et détenus.
  7. Ils demandent le rétablissement de la complète liberté de presse, la fin de la censure et le retour au fonctionnement normal des médias, dont les activités ont été entravées de façon arbitraire par le régime Maduro.
  8. Ils réitèrent l’importance d’appliquer efficacement la résolution du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies approuvée le 27 septembre 2018, « Promotion et protection des droits de l’homme en République bolivarienne du Venezuela », et exhortent la haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme à réagir immédiatement à la gravité de la situation relative aux droits de la personne dans ce pays.
  9. Ils expriment leur profonde préoccupation pour la situation de tous les prisonniers politiques au Venezuela et exigent leur libération immédiate, et demandent de garantir la sécurité physique des membres de l’Assemblée nationale.
  10. Ils réitèrent leur profonde préoccupation devant la situation humanitaire grave au Venezuela, causée par le régime Maduro. Ils considèrent impératif que l’accès à l’aide humanitaire soit garanti afin de répondre aux besoins urgents des Vénézuéliens. Ils demandent aux Nations Unies et à leurs agences, ainsi qu’à la communauté internationale, de se préparer à fournir une aide humanitaire aux populations vulnérables de ce pays, et ce, dès que possible et en fonction de leurs besoins.
  11. Ils demandent aux Forces armées nationales du Venezuela de démontrer leur loyauté au président intérimaire dans ses fonctions constitutionnelles en tant que commandant en chef. Parallèlement, ils exhortent les Forces armées nationales à ne pas entraver l’entrée et le transit d’aide humanitaire aux Vénézuéliens.
  12. Ils réitèrent leurs inquiétudes relatives à la situation migratoire causée par la crise politique, économique et sociale au Venezuela, et soulignent son lien direct avec la rupture de l’ordre constitutionnel. Parallèlement, ils reconnaissent les efforts des pays hôtes et soulignent le besoin de soutenir et de renforcer leur capacité à répondre aux besoins humanitaires en facilitant leur accès aux ressources nécessaires.
  13. Ils prennent note de la résolution 1/2019 de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) qui a accordé des mesures de précaution en faveur de Juan Guaidó et de sa famille, et demandent qu’elles soient mises en place immédiatement.
  14. Ils rejettent les mesures prises par le Tribunal supérieur de justice, contrôlé par le régime Maduro, d’interdire la sortie du pays à Juan Guaidó et le gel de ses comptes bancaires et de ses avoirs au Venezuela.
  15. Ils reconnaissent le rôle fondamental qu’a joué la légitime Cour suprême de justice dans l’initiation d’un processus de transition démocratique.
  16. Ils exhortent les membres de la communauté internationale à prendre des mesures pour empêcher le régime Maduro d’effectuer des transactions financières à l’étranger, d’accéder aux avoirs internationaux du Venezuela et de faire des affaires dans les domaines du pétrole, de l’or et d’autres avoirs.
  17. Enfin, ils réitèrent leur soutien à un processus de transition pacifique par des moyens politiques et diplomatiques sans recours à la force.

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