Discours de la ministre des Affaires étrangères dans le cadre du débat du CSNU sur le financement du terrorisme

Discours

Le 28 mars 2019 – New York, États-Unis

La version prononcée fait foi. Le présent discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles du gouvernement du Canada, et il a été révisé en vue d’être publié et diffusé conformément à sa politique de communication.

Merci à la France d’avoir organisé ce débat public. Le Canada est fier d’avoir coparrainé la résolution adoptée aujourd’hui.

Nous sommes convaincus qu’elle contribuera à renforcer nos efforts collectifs dans la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes.

Aujourd’hui, je voudrais souligner l’une des menaces les plus graves qui pèsent sur notre monde : la suprématie blanche.

La suprématie blanche et l’islamophobie figurent parmi les menaces terroristes les plus graves auxquelles le monde est confronté actuellement.

Nous nous souvenons tous de ce tragique événement survenu le 15 mars dernier, lorsqu’un suprémaciste blanc a commis un attentat terroriste qui a tué 50 musulmans réunis pour la prière du vendredi dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

En tant que Canadienne, j’ai immédiatement pensé à une attaque de ce genre qui s’était produite dans mon pays. Il y a deux ans, un terroriste a tué six personnes dans une mosquée de Québec.

Les néonazis, les suprémacistes blancs, les « incels », les nativistes et les antimondialistes radicaux qui se livrent à des actes violents sont une menace pour la stabilité de mon pays et celle des autres pays du monde.

Ces attentats doivent figurer en tête de nos priorités lorsque nous parlons de lutte contre le terrorisme.

Et lorsque de telles violences se produisent dans les mosquées, les églises, les synagogues et les rues de nos grandes villes, nous ne devons pas avoir peur de les condamner en utilisant les mots qui conviennent pour les décrire : néonazisme, suprématie blanche, islamophobie, antisémitisme, terrorisme.

Il ne faut pas se cacher derrière des euphémismes qui nous éloignent de la vérité. En fait, en agissant de la sorte, nous mettons nos concitoyens en danger, en particulier ceux des minorités religieuses et des communautés racialisées.

Dans la foulée des actes de terrorisme perpétrés par des extrémistes musulmans, les pays occidentaux exhortent souvent les pays et les dirigeants musulmans à condamner ces attaques au nom de leur peuple et de leur foi.

En suivant cette logique, je sens, en tant que ministre des Affaires étrangères d’un pays majoritairement blanc et majoritairement chrétien, que j’ai une responsabilité toute particulière et personnelle de dénoncer de la même manière les attaques des suprémacistes blancs.

Comme l’a affirmé le premier ministre Justin Trudeau à la Chambre des communes du Canada après l’attaque de Christchurch : « Quand on néglige de dénoncer la haine avec fermeté et conviction, on donne encore plus de pouvoir à ces gens-là et on rend leur violence légitime. »

La haine, malheureusement, est éternelle. Mais les façons dont elle se propage changent constamment.

Aujourd’hui, la haine se propage de plus en plus sur Internet, dans les forums en ligne et sur les médias sociaux.

Nous devons en être conscients et travailler pour y mettre fin.

On ne peut pas travailler en vase clos. Il va de soi que chaque pays abordera cette question de manière différente. Mais nous devons au bout du compte reconnaître qu’il s’agit d’un problème d’envergure mondiale et qu’il faut agir collectivement pour y remédier.

Internet et les médias sociaux ne connaissent pas de frontières et nous devons donc unir nos efforts pour contrer la radicalisation en ligne.

En terminant, je tiens à exprimer, au nom du Canada et des Canadiens, notre soutien et notre compassion à l’égard du peuple de la Nouvelle-Zélande.

En tant que membres du Commonwealth, le Canada et la Nouvelle-Zélande entretiennent des relations étroites et historiques. Nous sommes plus que des amis, nous sommes une famille.

Les Canadiens ont éprouvé beaucoup de compassion à la suite des terribles attentats de Christchurch.

Je tiens tout particulièrement à saluer le leadership moral de la première ministre Jacinda Ardern, qui s’est distinguée non seulement auprès du peuple néo-zélandais, mais aussi du monde entier.

Merci.

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