Allocution de la ministre Gould au Sommet sur le leadership mondial du Canada - Conseil canadien pour la coopération internationale

Discours

Le jeudi 28 novembre – Ottawa (Ontario)

Le discours prononcé fait foi. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles du gouvernement du Canada et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à sa politique sur les communications.

Bonsoir. Merci beaucoup de m’avoir fait une petite place dans votre programme à la dernière minute! J’ai de bonnes raisons de vouloir venir à ce sommet. Je suis très heureuse de pouvoir m’adresser à vous aujourd’hui en tant que ministre du Développement international.

J’ai été ravie de travailler aux côtés d’un aussi grand nombre d’entre vous alors que j’étais secrétaire parlementaire et d’avoir pu écouter vos interventions durant le processus d’élaboration de la Politique d’aide internationale féministe. J’ai été très heureuse de constater qu’une aussi grande partie des consultations ont été intégrées à la politique.  Je me réjouis de travailler avec vous à continuer de mettre en œuvre cette politique. Nos partenaires canadiens auront un rôle très important à jouer. Il reste encore beaucoup de travail à faire.

J’ai beaucoup réfléchi aux domaines dans lesquels nous devons nous améliorer. Ce qui m’est apparu très clairement, c’est que nous avons besoin d’une mobilisation au niveau national pour nous assurer de l’appui des Canadiens à l’égard du programme d’aide au développement.

La campagne électorale nous a clairement montré que nous avons du travail à faire ici même au pays. Lorsque l’opposition officielle fait campagne pour réduire de 25 p. 100 l’aide internationale que nous versons, nous devons déployer encore davantage d’efforts pour mobiliser les Canadiens. Je suis heureuse de constater que le CCIC [Conseil canadien pour la coopération internationale] en a fait une priorité pour l’année à venir. Je vous promets que je serai votre alliée et votre partenaire lorsqu’il s’agira de discuter avec les Canadiens.

Lorsque nous nous adressons aux Canadiens nous devons mieux raconter nos histoires.

En effet, nous devons communiquer aux Canadiens nos succès et nos histoires de manière plus efficace.

Parce que vous faites un travail incroyablement important et essentiel à l’étranger. Vous faites un travail courageux qui s’inscrit dans la longue tradition canadienne qui consiste à contribuer à un monde meilleur et à façonner l’ordre d’après-guerre.

De la Conférence de Bretton Woods à l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce [ou GATT] en passant par les Nations Unies, le Canada et les Canadiens ont joué un rôle important dans l’établissement d’un ordre international fondé sur des règles. À une époque où cet ordre est menacé, nous - le Canada et les Canadiens – devons faire preuve de leadership et faire valoir nos valeurs. Non seulement parce qu’il s’agit de la bonne chose à faire partout dans le monde, mais parce que c’est la bonne chose à faire pour les Canadiens.

Notre travail - le vôtre en tant qu’intervenants en développement et le mien en tant que ministre - est de prouver aux Canadiens que le système international fondé sur des règles est d’une importance cruciale à la protection de nos propres droits et libertés, et que l’aide internationale que nous accordons contribue au maintien d’un monde stable où nous pouvons tous prospérer.

Au CCCI, vous êtes bien placés pour présenter ce travail puisque vous mobilisez les Canadiens partout au pays, dans toutes les régions et dans toutes les municipalités, quelle que soit leur taille. Notre défi consiste notamment à montrer aux Canadiens que ce n’est pas le gouvernement ou une ONG qui travaille dans le domaine du développement dans un endroit éloigné du monde, mais bien des Canadiens ordinaires de toutes les régions du pays.

Les Canadiens se montrent très généreux après une catastrophe, mais ils attachent une importance tout aussi grande au développement quotidien et à long terme, qu’il s’agisse d’un groupe religieux local qui envoie des robes de mariée à Haïti, des agriculteurs du Manitoba qui se consacrent à la Banque canadienne de grains ou des étudiants sur les campus universitaires qui transmettent leurs compétences sur tous les continents.

Je souhaite souligner le fait que les organisations de la société civile canadienne distribuent près d’un milliard de dollars du budget d’aide internationale du Canada, soit près du quart de nos efforts en matière de développement et d’aide humanitaire.

Les Canadiens se soucient du monde dans lequel ils vivent et sont fiers du rôle que nous jouons tous pour créer un monde plus pacifique et plus prospère. Le développement doit être un élément de l’identité canadienne au même titre que le maintien de la paix. Voilà notre tâche.

Je viens de quitter un portefeuille où la défense de notre démocratie contre des acteurs étrangers malveillants était une de mes principales responsabilités. Ces menaces sont réelles. Nous traversons une période où diverses visions du monde s’affrontent. Ce sont donc nos réactions qui vont façonner notre histoire.

Si nous désirons que notre politique étrangère défende la démocratie et protége les droits de la personne, nos efforts en matière de développement doivent faire partie du récit et de notre trousse d’outils.

Le Canada est un chef de file. Nous sommes à l’avant-plan de la défense des droits, surtout en ce qui a trait à l’égalité des genres. Toutefois, le monde fait marche arrière en ce domaine. Nous assistons à un recul en matière des droits des femmes et des droits de la personne partout dans le monde.

Les actes d’agression contre les défenseurs des droits de la personne, les journalistes et les travailleurs humanitaires sont à la hausse. Nous devons défendre ces droits chaque fois que l’occasion se présente et lutter contre l’impunité. Cela comprend la lutte contre l’impunité en ce qui a trait à la violence sexuelle et à la violence fondée sur le genre. Un nombre trop élevé de femmes et de filles continuent d’être attaquées et exploitées. Le viol continue d’être utilisé comme arme de guerre. Ensemble, nous avons déployé d’importants efforts pour sensibiliser la population à cette question. Je tiens à vous assurer que mon engagement à l’égard de cette question et du programme d’action pour les femmes, la paix et la sécurité demeure inébranlable. Ceci est particulièrement important en prévision de la conférence Pékin + 25 et du vingtième anniversaire de la résolution 1325 l’an prochain.

Nous devons aussi nous rappeler pourquoi une approche féministe en matière de politique étrangère et d’aide internationale est si essentielle et si transformative parce que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de laisser pour compte la moitié de la population.

Un voyage que j’ai fait en Éthiopie à titre de secrétaire parlementaire a été l’une des expériences les plus éclairantes que j’ai vécues. Nous avons visité un petit village près de Mekele et nous nous sommes arrêtés à la clinique de santé locale. Une demi‑douzaine de femmes sont venues nous accueillir.

Nous avons parlé du programme de vaccination, de la nutrition des enfants et du fait que ces mesures ont grandement amélioré la santé au sein de leur collectivité. Puis, nous sommes passées au sujet de la régulation des naissances. Une femme a parlé de l’autonomie qu’elle avait sur son corps et sur sa vie reproductive, et de la transformation que cette autonomie a eue sur la dynamique du pouvoir au sein de son mariage. Elle a expliqué qu’elle est devenue praticienne en santé au sein de sa communauté, qu’elle contribue au revenu familial, et qu’elle s’est attiré le respect de son mari parce qu’elle gagne un bon revenu. Enfin, elle a ajouté que sa fille de 15 ans, qui est maintenant au secondaire et qui nourrit l’espoir de devenir infirmière, pouvait la considérer comme un modèle à suivre et voir d’elle-même que les femmes peuvent être autosuffisantes.

Nous avons discuté de la santé sexuelle et reproductive et des droits dans ce domaine en tant que fondement de l’égalité des genres. Toutefois, ce sont aussi des facteurs qui nous aident à atteindre nos autres objectifs de développement, soit la sécurité alimentaire, le développement économique et de meilleurs résultats en matière de santé et d’éducation. Les personnes qui ont une sécurité du revenu et une santé plus stable peuvent participer davantage aux décisions concernant l’environnement. Il est impossible de dissocier le changement climatique de l’égalité des genres.

L’égalité des genres et le développement vont de pair. Je suis fière du travail que nous avons accompli lors de l’élaboration de la Politique d’aide internationale féministe et du travail que nous faisons pour la mettre en œuvre.

Le Canada figure maintenant parmi les principaux donateurs en matière d’égalité entre les genres et de santé et de droits sexuels et reproductifs intégraux. 

Nous avons aussi fait d’importants progrès pour mobiliser les organismes philanthropiques et de nouveaux secteurs grâce au leadership de partenaires comme le Fonds Égalité. 

Par le truchement des consultations que nous avons menées avec bon nombre d’entre vous ici aujourd’hui et en prenant appui sur la créativité qui caractérise ce secteur, nous avons lancé un financement axé sur les petites et moyennes organisations au Canada. Nous continuons d’apprendre ce que nous pourrions mieux faire dans ce domaine.

Plus tôt cette année, nous avons annoncé un nouveau financement pour promouvoir les droits de la personne des membres de la communauté LGBTQ2 dans les pays en développement.

Et nous sommes le premier donateur d’aide humanitaire à être doté d’une politique spécifique sur les démarches féministes en matière d’action humanitaire.

Toutefois, nous devons continuer d’aller de l’avant, même si cela met certaines personnes mal à l’aise. Nous ne pouvons pas lever le pied de l’accélérateur — et je vous assure que je ne le ferai pas. J’espère que je pourrai compter sur votre soutien pour faire avancer ce travail important. Ces efforts sont d’autant plus importants alors que nous envisageons l’année à venir et les engagements qui façonneront Pékin + 25.

Il y a beaucoup d’autres sujets que je pourrais aborder aujourd’hui, mais les principaux messages que je veux vous laisser sont de veiller à ce que nous demeurions concentrés sur la mise en œuvre de notre Politique d’aide internationale féministe.  Nous devons collaborer pour sensibiliser les Canadiens à l’importance du développement et leur montrer qu’en tant que Canadiens nous pouvons être fiers du rôle que nous jouons. Je me réjouis à l’idée de travailler avec vous tous.

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