Les travailleurs âgés les plus à risque de se retirer du marché du travail ou de se retrouver sans emploi : Points de vue des employeurs sur la façon de maintenir en poste et d’attirer les travailleurs âgés

Introduction

Le vieillissement de la population canadienne représente une tendance importante dont les vastes répercussions économiques et sociales se feront sentir pendant des décennies. Dans le passé, la croissance économique du Canada était principalement attribuée à la croissance de la population active. Cependant, l’évolution des facteurs démographiques, soit un taux de fécondité plus faible agencé à une espérance de vie à la hausse ainsi que le départ à la retraite massif imminent des baby-boomers, signifie que d’ici 2020 le taux de croissance de la population active ralentiraFootnote 2 .

Ce ralentissement du taux de croissance de la population active pourrait exacerber les pénuries de main-d’œuvre actuelles et l’on s’attend à ce qu’il réduise la croissance économiqueFootnote 3 . Ces effets négatifs pourraient toutefois être atténués par une augmentation du taux de participation au marché du travail des travailleurs âgés, puisque cela contribuerait à retarder le ralentissement de la croissance de la population active et à tirer tous les avantages possibles de l’expertise et du leadership des travailleurs âgés.

Autre aspect tout aussi important, le fait de mener une vie active et de participer au marché du travail contribue à la santé et au bien-être financier des aînés. La participation continue au marché du travail peut procurer un sentiment d’utilité et de satisfaction, fournir des occasions d’interactions sociales, être source de stimulation intellectuelle et avoir des effets positifs sur la santé de nombreux aînésFootnote 4 . La recherche indique également que nombre de travailleurs âgés veulent continuer à travailler ou en ont besoin en raison de leur situation financièreFootnote 5 .

Un pourcentage plus important de Canadiens travaille maintenant plus longtemps. Des analyses de Statistique CanadaFootnote 6  montrent que les Canadiens prennent leur retraite trois ans plus tard qu’en 1990. Parmi tous les Canadiens employés en 2011, un sur six était âgé de 55 ans et plus, comparativement à un sur neuf en 2001Footnote 7 . On s’attend à ce que le pourcentage de la population active représenté par les 55 ans et plus (ayant un emploi ou cherchant un emploi) continue d’augmenter. En fait, d’ici 2036, il devrait se situer à 18,7 %, comparativement à 16 % en 2009Footnote 8 .

Toutefois, bien que dans l’ensemble les tendances portent à croire que les Canadiens âgés se portent généralement bien comparativement à leurs homologues d’il y a aussi peu que dix ans, ils ne forment pas un groupe homogène.

Certains groupes d’aînés – par exemple les travailleurs âgés licenciés, les personnes âgées souffrant d’une maladie chronique, épisodique ou prolongée, d’une blessure, de problèmes de santé mentale ou d’une incapacité, les personnes âgées ayant un faible niveau de scolarité, les Autochtones âgés, les immigrants récents âgés, les personnes âgées qui doivent assumer d’importantes responsabilités non rémunérées d’aidant – peuvent être confrontés à un plus grand nombre d’obstacles, avoir plus de difficulté à trouver un emploi ou présenter un plus grand risque de quitter le marché du travail. En plus d’afficher de faibles taux de participation au marché du travail, ces groupes peuvent également être plus susceptibles que la population générale des travailleurs âgés d’avoir un faible niveau de revenu ou de pension et de dépendre de l’aide sociale.

« Au cours des prochaines années, notre prospérité dépendra également de notre capacité à nous assurer que tous les Canadiens possèdent les compétences et qu’ils saisissent les occasions leur permettant de contribuer, d’innover et de réussir. Le plan de notre gouvernement prévoit de l’aide pour les travailleurs qui souhaitent acquérir de nouvelles compétences et saisir les occasions qui s’offriront à eux. Il éliminera les obstacles qui empêchent les travailleurs âgés de poursuivre leur carrière. »

(Discours du Trône du gouvernement du Canada de 2011)

Les employeurs sont dans une position exceptionnelle pour s’attaquer activement aux obstacles et aux défis auxquels sont confrontés les travailleurs âgés. Toutefois, bien qu’elles se préoccupent de leur effectif vieillissant, de nombreuses organisations n’ont pas encore adapté leurs politiques et programmes afin de répondre aux besoins des travailleurs d’expérience, y compris ceux qui courent un risque accru d’abandonner le marché du travailFootnote 9 .

Au cours des dernières années, le gouvernement fédéral a mis en œuvre différentes consultationsFootnote 10  et initiatives auxquelles a participé un groupe représentatif d’intervenants – universitaires, aînés, personnes approchant de l’âge de la retraite, travailleurs âgés, employeurs, dirigeants communautaires, etc. – afin de recueillir des points de vue sur l’activité sur le marché du travail des aînés et des personnes approchant de l’âge de la retraite, et d’aider les travailleurs âgés qui souhaitent demeurer actifs sur le marché du travail.

« Le gouvernement présentera des mesures pour simplifier les processus et augmenter le financement accordé de manière à mieux intégrer au marché du travail certains groupes sous-représentés comme les immigrants, les personnes handicapées, les jeunes, les Autochtones et les Canadiens âgés. »

(Budget de 2012 du gouvernement du Canada)

Le gouvernement fédéral s’est engagé à promouvoir en priorité la participation au marché du travail de tous les adultes dans le but de combler les pénuries connues, de prévenir la diminution de la productivité économique et d’améliorer le mieux-être social et financier des Canadiens.

Par conséquent, le gouvernement fédéral s’est donné comme priorité d’encourager la participation à la vie active des travailleurs âgés et des groupes sous-représentés qui ont de la difficulté à intégrer ou à réintégrer le marché du travail.

Qui plus est, dans le cadre de son examen récent des pénuries de travailleurs spécialisés, le Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées du Parlement canadien a insisté sur le rôle important que peuvent jouer les groupes sous-représentés pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre et de compétences et fait remarquer que l’une des solutions est de « profiter au maximum du potentiel non exploité des individus parmi certains groupes de la population canadienne qui ont un taux d’activité plus faible ou un taux de chômage plus élevé que la moyenne, comme les personnes âgées, les personnes handicapées, les Autochtones et les immigrants récentsFootnote 11 . »

Le rôle du Conseil national des aînés dans l’examen de la question

En 2010, on a demandé au Conseil national des aînés de se pencher sur la question de la participation au marché du travail des aînés et des personnes approchant de l’âge de la retraite, ainsi que des relations intergénérationnelles.

À la suite de son examen, le Conseil a préparé en 2011 le rapport Consultations sur la participation au marché du travail des aînés et des personnes approchant de l’âge de la retraite et sur les relations intergénérationnelles. Ce rapport, qui porte sur la participation des travailleurs âgés en général, précise les défis et les obstacles que ceux-ci doivent surmonter et présente des recommandations générales pour s’y attaquer. Il souligne que de nombreux travailleurs âgés ont besoin de demeurer ou de redevenir actifs sur le marché du travail après l’âge de la retraite ou le souhaitent, mais que nombre d’entre eux quittent néanmoins le marché du travail ou se retrouvent sans emploi. Le rapport souligne également qu’il est important de faire participer les employeurs à la discussion.

« Nous possédons certaines connaissances sur la meilleure façon d’encourager des groupes d’aînés ou de personnes approchant de l’âge de la retraite qui présentent un risque élevé de quitter le marché du travail à continuer de travailler, mais une lacune importante dans ces connaissances, soit le point de vue de l’employeur, nous empêche de comprendre pleinement la situation. Il n’y a pas eu suffisamment de discussions avec les employeurs sur ces questions – pourtant leur voix est de première importance et ils sont extrêmement bien placés pour s’attaquer activement aux obstacles et aux défis auxquels sont confrontés les groupes de travailleurs âgés à risque. »

(Conseil national des aînés, Consultations sur la participation au marché du travail des aînés et des personnes approchant de l’âge de la retraite et sur les relations intergénérationnelles, octobre 2011).

En mars 2012, les ministresFootnote 12  ont demandé au Conseil d’examiner plus à fond la question en recueillant les points de vue des employeurs sur la façon de maintenir en poste et d’attirer des travailleurs âgés, en particulier ceux qui sont le plus à risque de se retirer du marché du travail ou de se retrouver sans emploi.

Le Conseil national des aînés est heureux de présenter au gouvernement fédéral le présent rapport sur sa priorité la plus récente. Il propose au gouvernement fédéral des manières d’attirer et de maintenir en poste des travailleurs âgés, ce qui comprend les principaux sous-groupes qui courent peut-être un risque plus élevé de se retirer du marché du travail ou se retrouver sans emploi, ainsi que de faciliter leur pleine participation au marché du travail.

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