Évaluation horizontale de la Stratégie emploi jeunesse - Volet Connexion compétences

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Principaux constats et observation

Quatre constats principaux ont été tirés de cette évaluation :

  1. Immédiatement après l'intervention qui les concernait, plus de 7 participants sur 10 ont déclaré avoir un emploi ou être retournés à l'école, dépassant ainsi l'objectif de 60 % prévu pour le programme. Il convient de noter que, pour le volet Entrepreneuriat, ce sont 85 % des participants ayant pris part à une intervention qui ont déclaré avoir un emploi ou être retournés à l'école.
  2. Dans l'ensemble, lorsque l'on compare les résultats des participants avec ceux d'un groupe témoin, on constate que l'impact différentiel des interventions de Connexion compétences sur la participation au marché du travail des participants était limité. Cette constatation met en évidence les défis inhérents à l'aide aux jeunes confrontés à des obstacles à l'emploi, qui peuvent avoir besoin d'une gamme d'interventions plus large et plus complète.
  3. Les jeunes qui ont bénéficié d'interventions sous forme d'expériences de travail ont eu un lien plus fort avec le marché du travail, par rapport à ceux qui ont bénéficié d'interventions sous forme d'ateliers de groupe.
  4. Bien que l'impact des interventions impliquant une approche en atelier ait été généralement négatif, l'analyse à l'échelle des sous-groupes laisse à croire que ce type d'intervention était relativement plus efficace pour les jeunes ayant un niveau d'éducation plus faible. En outre, les impacts ont été relativement meilleurs pour les jeunes plus âgés (plus de 19 ans), en particulier pour les interventions comportant un volet d'expérience de travail.

À partir de ces principaux constats, on peut formuler l'observation suivante.

  • Les résultats portent à croire qu'il peut exister des défis liés à l'approche des ateliers de groupe lorsque celle-ci est appliquée à un groupe mixte de jeunes confrontés à divers obstacles à l'emploi. Cela met en évidence les avantages d'une meilleure adaptation des interventions aux besoins des différents segments de jeunes participants.

Introduction

Ce rapport d'évaluation présente les principaux constats et observations concernant le volet Connexion compétences de la Stratégie emploi jeunesse (ci-après appelée la Stratégie). Il a été réalisé conformément à la Loi sur la gestion des finances publiques et à la Politique sur les résultats.

Outre le volet Connexion compétences, la Stratégie comprenait également deux autres volets distincts : Objectif carrière et Expérience emploi été. Tous les volets visaient des jeunes âgés de 15 à 30 ans, mais leurs objectifs respectifs et le segment de jeunes ciblé étaient différents, d'où la nécessité de présenter les résultats dans des rapports distincts.

Emploi et Développement social Canada (EDSC) est le ministère responsable de cette initiative horizontale, et collabore avec dix autres ministères et organismes pour assurer sa réalisation.

Du point de vue de la conception et de l'exécution des programmes, chaque ministère est responsable de la gestion et de la mise en œuvre de ses programmes respectifs pour obtenir des résultats. En tant que ministère responsable, EDSC a joué un rôle de supervision, qui comprenait la coordination d'une évaluation.

À cette fin, le présent rapport d'évaluation s'appuie sur le précédent, qui date de 2015. Il donne un aperçu du profil des participants et de leurs résultats immédiats après la participation, pour tous les ministères et organismes contributeurs pour lesquels des renseignements étaient disponibles. Ces résultats sont ensuite complétés par une analyse d'impact différentiel pour les participants au volet Connexion compétences d'EDSC, qui ont bénéficié d'une intervention entre janvier 2010 et décembre 2011.

  • L'analyse d'impact différentiel compare les résultats des participants sur le marché du travail aux résultats d'un groupe témoin pour savoir ce qui se serait passé en l'absence du programme. Pour la première fois, une analyse d'impact différentiel a été réalisée au niveau des interventions et, pour les interventions les plus importantes, au niveau des sous groupes. Pour réaliser ce type d'analyse, il faut relier les dossiers administratifs des participants aux bases de données de l'Agence du revenu du Canada et de l'assurance-emploi, ce qui n'a pu être fait que pour les participants d'EDSC.
  • Les cohortes de 2010 et 2011 ont été sélectionnées pour permettre l'évaluation des impacts des interventions sur la participation au marché du travail pendant une période d'au moins cinq ans après leur achèvement, soit jusqu'à l'année civile 2016 (données fiscales les plus récemment diffusées en 2018 au moment de l'évaluation).
  • La méthodologie précise utilisée pour évaluer le rendement des initiatives de Connexion compétences est décrite à l'annexe A et dans le rapport technique qui est disponible sur demande.

Compte tenu des similitudes entre la population cible des diverses initiatives menées dans le cadre de Connexion compétences, les organisations participantes peuvent s'inspirer des principaux constats et des principales observations du présent rapport pour guider leur propre initiative, en tenant compte de leurs politiques, de leur conception et de leurs modalités de mise en œuvre respectives.

Contexte du programme

À propos de Connexion compétences

Dans le cadre du programme, des jeunes de 15 à 30 ans ont eu la possibilité d'acquérir des expériences de travail ainsi que des connaissances et des compétences grâce à un ensemble d'interventions. Ce programme a ciblé en particulier les jeunes confrontés à des obstacles.

  • Les obstacles comprenaient, entre autres, les difficultés rencontrées par les jeunes immigrants récents, les jeunes handicapés, les jeunes n'ayant pas terminé leurs études secondaires et les jeunes autochtones.

Les interventions de Connexion compétences comprenaient un volet de soutien du revenu pour s'assurer que les participants avaient les moyens de subvenir à leurs besoins, pendant qu'ils prenaient des mesures pour trouver un emploi. Un soutien du revenu était fourni lorsqu'aucune autre aide, telle que l'aide sociale, n'était disponible. Il prenait la forme d'une allocation égale au salaire minimum provincial ou territorial, jusqu'à un montant maximum par participant.

Deux ministères fédéraux et une société d'État ont participé au programme et ont chacun mis en œuvre des initiatives différentes (voir le tableau 1 pour plus de renseignements) :

  • Emploi et Développement social Canada (EDSC);
  • Affaires autochtones et du Nord Canada (AANC);
  • La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).

Pour la période de 2013 à 2018, environ 72 % de l'enveloppe de financement de Connexion compétences a été allouée à EDSC, 25 % à AANC et 3 % à la SCHL.

Tableau 1. Interventions de Connexion compétences, par ministère (2013 à 2018)
Ministère Interventions Participants (#) Pourcentage
du total de participants
Dépenses (M$) Pourcentage
du total des dépenses
EDSC Connexion compétences soutient les jeunes qui font face à des obstacles pour développer leurs compétences en matière d'employabilité et acquérir une expérience professionnelle précieuse. 41 639 69 % 437,8 72 %
AANC* L'initiative Connexion compétences pour les Premières nations et les Inuits soutient des activités qui aident les jeunes à acquérir les compétences essentielles qui leur permettront de trouver un emploi, de bien fonctionner sur le marché du travail et de s'informer sur les possibilités d'emploi et de carrière. 17 003 28 % 151,3 25 %
SCHL L'initiative Stages en habitation pour les jeunes Autochtones fournit des subventions salariales pour aider les entreprises et les organisations des Premières nations et des Inuits à créer des stages en habitation pour les jeunes. 1 748 3 % 16,4 3 %
Ensemble Total 60 390 100 % 605,5 100 %
  • *For 2014-15, INAC's spending reflects planned spending rather than actual spending.

Transition de la Stratégie emploi jeunesse à la Stratégie emploi et compétences jeunesse

Dans le cadre de la modernisation de la Stratégie emploi jeunesse, les trois volets – Objectif carrière, Expérience emploi été et Connexion compétences – ont été remaniés pour répondre à une série de défis relatifs au marché du travail auxquels les jeunes font face, en particulier ceux qui sont confrontés à des obstacles à l'emploi, dans le cadre d'une nouvelle Stratégie emploi et compétences jeunesse (SECJ) entrée en vigueur en juin 2019.

La nouvelle Stratégie continue d'être mise en œuvre par 11 ministères et organismes du gouvernement du Canada. Elle vise à fournir des services d'emplois plus souples et adaptés
à chaque individu et des aides renforcées pour tous les jeunes Canadiens, ainsi qu'à élargir l'admissibilité et à offrir un plus large éventail de programmes pour aider les jeunes à acquérir les compétences, les aptitudes et l'expérience dont ils ont besoin pour obtenir des emplois de qualité.

La transition de la Stratégie emploi jeunesse vers la Stratégie emploi et compétences jeunesse modernisée a eu lieu pendant la réalisation de cette évaluation de Connexion compétences. Les données préliminaires du présent rapport et de ceux des autres volets de la Stratégie ont été communiquées au secteur des programmes pour soutenir l'élaboration des politiques au fur et à mesure. En outre, les constats et les observations du présent rapport serviront à l'élaboration des politiques et à la conception et à la mise en œuvre de programmes similaires.

Changements dans la conception du programme

Dans le cadre de la stratégie modernisée, le volet Connexion compétences n'existe plus de manière autonome mais a été fusionné avec les volets Objectif carrière et Expérience emploi été afin d'offrir un ensemble d'interventions plus intégrées et plus souples qui répondent mieux aux besoins de chaque jeune. Enfin, le programme Droit au but a également été ajouté comme volet supplémentaire pour aider les jeunes confrontés à des obstacles à terminer leurs études secondaires et à faire la transition vers des études postsecondaires ou un emploi.

Modifications au cadre de rendement

La SECJ comprend aussi un nouveau cadre de rendement par lequel tous les partenaires fédéraux de la SECJ mesureront des résultats communs et normalisés pour évaluer dans quelle mesure les jeunes progressent sur un continuum vers l'emploi. Ces nouveaux résultats comprennent la préparation à l'emploi et l'avancement professionnel, ce qui implique de vérifier si les jeunes Canadiens acquièrent les compétences que les employeurs recherchent grâce aux programmes de la SECJ. Le nouveau cadre de rendement se concentre également sur une collecte de renseignements plus approfondis sur les combinaisons et les types d'interventions dont bénéficient les jeunes.

Portée et questions d'évaluation

  1. Connexion compétences a-t-il atteint ses participants admissibles? Quelles étaient les caractéristiques des participants?
  2. Dans quelle mesure les participants de Connexion compétences ont-ils amélioré leur participation au marché du travail (employés, chômeurs, travailleurs indépendants, retour à l'école)?
  3. Quel était le coût moyen par participant? Quels étaient les coûts par rapport aux avantages de la participation à Connexion compétences?
  4. Quels ont été les impacts des interventions de Connexion compétences sur le soutien des participants pour l'obtention d'un emploi et la diminution de la dépendance aux programmes de soutien du revenu, tels que l'assurance-emploi ou l'assistance sociale?
  5. Les impacts ont-ils varié selon les régions, les groupes cibles, la durée ou le type d'intervention?

Sources de données et période couverte

Pour rendre compte des tendances récentes du nombre de participants ainsi que des dépenses réelles, nous avons utilisé des renseignements provenant de la base de données des initiatives horizontales du Secrétariat du Conseil du trésor (SCT) ainsi que du Système de collecte des données et du Système commun pour les subventions et les contributions d'EDSC de 2013 à 2018 (y compris les rapports annuels de fin d'exercice des ministères lorsque disponibles). En outre, pour la période allant de 2014 à 2018, les renseignements fournis par Affaires Autochtones et du Nord Canada (AANC) ont été utilisés.

Des renseignements sur les résultats immédiats ou le statut dans les 12 semaines suivant la participation à Connexion compétences ont également été tirés de ces sources de données. Aucun renseignement similaire n'était disponible pour AANC.

Pour réaliser l'analyse de l'impact différentiel pour les participants au programme Connexion compétences d'EDSC, les renseignements du Système commun pour les subventions et les contributions pour la période de janvier 2010 à décembre 2011 ont été utilisés afin d'établir un profil des participants.

Ces cohortes de participants ont servi à évaluer adéquatement l'impact du programme sur les participants. Grâce à ces cohortes, on a pu obtenir les résultats sur le marché du travail, après la participation, sur une période de cinq ans afin d'évaluer l'efficacité d'une intervention. En utilisant ces cohortes, l'évaluation peut s'appuyer sur les données fiscales les plus récentes publiées en 2018 pour l'année d'imposition 2016.

D'autres sources de données ont été utilisées, notamment le Profil vectoriel de l'assurance-emploi et les relevés d'emploi. Le cas échéant, les éléments de preuve ont été enrichis par d'autres sources de données externes et par la littérature pertinente afin de mettre l'analyse en contexte.

Connexion compétences - Perspective horizontale

De 2013 à 2018, les interventions de Connexion compétences ont accueilli près de 60 400 jeunes, pour un coût moyen d'environ 10 000 $ par participant.

  • Sur la période allant de 2013 à 2014, à 2017 à 2018, le niveau des dépenses réelles a fluctué et a atteint un minimum d'environ 82 M$ en 2015 à 2016 et un maximum d'environ 170 M$ en 2017 à 2018 (figure 2 – axe de droite).
  • De même, comme le montre la figure 1, le nombre de participants a atteint un minimum d'environ 7 600 en 2015 à 2016 et un maximum d'environ 19 000 en 2017 à 2018.
  • Sur cette période, le coût moyen par participant a évolué différemment selon les ministères (figure 2 – axe de gauche).
    • Pour EDSC, le coût par participant est resté stable autour de 10 500 $.
    • Pour AANC, le coût par participant a fluctué et atteint un maximum d'environ 13 400 $ en 2016 à 2017 et un minimum d'environ 6 200 $ en 2013 à 2014 et 2017 à 2018.
    • Pour la SCHL, le coût par participant est passé d'environ 7 100 $ en 2013 à 2014 à environ 11 800 $ en 2017 à 2018.
  • Enfin, avant 2016 à 2017, les dépenses réelles avaient tendance à être constamment inférieures aux dépenses prévues. Cela s'explique en partie par la réaffectation des fonds fédéraux entre Connexion compétences et Objectif carrière, ainsi que par d'autres facteurs tels que les retards dans le lancement des appels de propositions
Figure 1. Nombre de participants de Connexion compétences, 2013 à 2018
Figure de la : la description suit
Description textuelle du graphique figure 1
Ministère 2013-2014 2014-2015 2015-2016 2016-2017 2017-2018
EDSC 9603 6563 6024 8790 10659
AANC 2651 1255 1440 3944 7713
SCHL 136 122 129 702 659
Figure 2. Dépenses totales et coût par participant, 2013 à 2018
Figure de la : la description suit
Description textuelle du graphique figure 2
Coût par participant et dépenses 2013-2014 2014-2015 2015-2016 2016-2017 2017-2018
EDSC, coût par participant 10 000 $ 10 000 $ 11 000 $ 10 000 $ 11 000 $
AANC, coût par participant 6 000 $ n/a 11 000 $ 13 000 $ 6 000 $
SCHL, coût par participant 7 000 $ 8 000 $ 8 000 $ 9 000 $ 12 000 $
Dépenses réelles totales (en M$) 116 87 82 150 170
  • Sources: Base de données des initiatives horizontales du SCT et Système de collecte des données d'EDSC. À partir de 2015 à 2016, AANC a fourni directement les informations du programme Connexion compétences pour les Premières nations et les Inuit. Pour 2014 à 2015, les dépenses d'AANC reflètent les dépenses prévues et non les dépenses réelles.

Intervention d'Affaires Autochtones et du Nord Canada: Connexion compétences pour les Premières nations et les Inuits

Le programme Connexion compétences pour les Premières Nations et les Inuits a appuyé des activités aidant les jeunes à acquérir les compétences essentielles qui leur permettront de trouver un emploi, de bien fonctionner sur le marché du travail et de s'informer sur leurs possibilités d'emploi et de carrière. Le programme comportait quatre initiatives distinctes :

  • placements professionnels encadrés;
  • placements en enseignement coopératif et stages;
  • promotion des carrières et sensibilisation connexe;
  • activités scientifiques et technologiques (par exemple, le camp scientifique national).

Ces initiatives reposaient sur les activités clés suivantes :

  • des subventions salariales pour les placements professionnels et l'encadrement de jeunes qui ne fréquentent pas l'école afin de leur permettre d'acquérir des compétences augmentant l'employabilité et de favoriser leur cheminement scolaire et professionnel;
  • des activités visant à aider les jeunes entrepreneurs inuits et des Premières Nations à travailler à leur compte;
  • des expériences de formation qui aident les jeunes à acquérir les compétences nécessaires aux placements professionnels;
  • de l'information sur le perfectionnement professionnel, dont des activités de soutien et de sensibilisation, comme des salons de l'emploi et des projets de leadership;
  • des activités de planification de carrière et d'orientation;
  • des activités promouvant les sciences et technologies comme choix d'études ou de carrière, incluant les camps scientifiques, clubs d'informatique et activités qui permettent de faire le lien entre les sciences et technologies et le savoir autochtone traditionnel.

Projet de robotique des Premières nations – Un exemple pratique

Le projet a été réalisé par First Peoples Development Inc. et Cogmation Robotics. Il s'agissait de fournir aux Premières nations une formation et une expérience de travail encadrée en robotique, ainsi que d'animer des ateliers et d'y enseigner.

Dans le cadre du projet, 6 jeunes des Premières nations ont développé les qualifications pour devenir des instructeurs en robotique certifiés des Premières nations. Au cours des quatre semaines de formation, les participants ont été encadrés par des instructeurs expérimentés en vue d'offrir des ateliers de robotique à 120 jeunes dans les communautés des Premières nations du Manitoba.

Grâce au projet, les 6 stagiaires et les 120 participants à l'atelier ont été sensibilisés aux possibilités de carrière et acquis une expérience pratique dans le domaine des technologies de l'information et de la communication (TIC). Les jeunes autochtones ont pu en apprendre sur la robotique, découvrir les possibilités dans le domaine des TIC et apprendre à utiliser leurs capacités et intérêts dans d'autres possibilités de formation et de carrière dans ce nouveau domaine.

Intervention de la Société canadienne d'hypothèques et de logement: Stages en habitation pour les jeunes Autochtones

L'initiative de stages en habitation pour les jeunes des Premières nations et les jeunes inuits a permis de fournir des subventions salariales aux organisations autochtones telles que les conseils des Premières nations, les conseils tribaux, les entités autonomes et les entreprises autochtones afin de fournir une formation en milieu de travail dans le secteur du logement à des jeunes âgés de 15 à 30 ans.

  • Les possibilités de stage comprenaient des postes d'administration ou de bureau, d'entretien, de construction, de rénovation ou de conseil aux clients, pour une durée minimale de huit semaines et maximale de deux ans, selon le financement.
  • Grâce à ce stage, la SCHL a soutenu le développement de compétences et de possibilités d'emploi pour aider les jeunes des Premières nations et les jeunes inuits à passer de l'école au marché du travail.

Entre 2013 et 2018, environ 350 stagiaires par an, en moyenne, ont bénéficié d'une expérience de travail. Parmi les participants, la plupart des stagiaires étaient des hommes et la plupart avaient 20 ans et plus (voir figure 3). De plus :

  • environ 4 personnes sur 10 ont terminé leurs études secondaires avant le stage;
  • dans les 12 semaines suivant leur stage, environ 1 personne sur 8 (13 %) était employée ou indépendante, et environ 4 % étaient retournées à l'école (voir figure 4).
Figure 3. Proportion moyenne des participants de la SCHL par groupe d'âge, 2013 à 2018
Figure 3 : la description suit
Description textuelle du graphique figure 3
SCHL part des participants
moins de 20 ans 17 %
20 à 24 ans 41 %
25 ans et plus 42 %
Figure 4. Statut des participants de la SCHL dans les 12 semaines suivant leur stage, part moyenne de 2013 à 2018
Figure 4 : la description suit
Description textuelle du graphique figure 1
SCHL part des participants
Statut inconnu 33 %
retour à l'école 4 %
sans-emploi 6 %
employé/auto-employé 13 %
  • Source: Système de collecte des données d'EDSC.
  • Note: Les résultats n'égalent pas 100 % en raison des non-réponses (43 % non-spécifié)

Connexion compétences – Perspective d'EDSC

Conditions d'admissibilité au programme Connexion compétences d'EDSC

Les interventions de Connexion compétences ont été réalisées par des organisations régionales et locales répondant à des appels de propositions. À l'issue d'un processus d'évaluation, le financement sous forme de contributions a été fourni directement aux employeurs, aux organisations ou aux coordonnateurs communautaires.

Un coordonnateur communautaire est un bénéficiaire de contribution qui se voit accorder des fonds pour conclure sa propre entente avec des employeurs et des participants admissibles pour l'exécution d'activités qui visent la réalisation des objectifs de Connexion compétences.

Afin de faciliter la lecture, à partir de maintenant et pour le reste du rapport, les organisations qui reçoivent un financement d'EDSC seront qualifiées de prestataires de services d'EDSC.

Participants admissibles

Pour participer, le jeune devait remplir les conditions suivantes :

  • être âgé de 15 à 30 ans (inclusivement) au moment de l'inscription ou de la sélection;
  • être un citoyen canadien, un résident permanent ou une personne ayant le statut de réfugié;
  • avoir le droit de travailler conformément aux lois et aux règlements provinciaux et territoriaux applicables;
  • ne pas toucher de prestations d'assurance emploi;
  • avoir besoin d'aide pour surmonter les obstacles à l'emploi.

Organisations admissibles

Les organisations admissibles pour recevoir un financement d'EDSC comprenaient :

  • organismes sans but lucratif;
  • administrations municipales;
  • organisations autochtones (conseils de bande, conseils tribaux et entités autonomies);
  • organisations sans but lucratif;
  • gouvernements et institutions provinciaux et territoriaux et sociétés d'État.

Les décisions de financement se fondaient sur les priorités du programme, les besoins du marché du travail, les modalités du programme et les fonds disponibles. Pour être admissible au financement du programme Connexion compétences, les projets proposés devaient réunir un minimum de huit jeunes participants. Des exceptions ont été faites pour les régions rurales et éloignées.

De janvier 2010 à décembre 2011, 86 % des participants ont pris part à des interventions de Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe ou Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail.

  • Les interventions de Connexion compétences d'EDSC ont été compilées en cinq types disponibles pour les participants. Au cours de la période de référence, la plupart des participants n'ont pris part qu'à une seule intervention. Pour ceux qui ont participé à plusieurs interventions, seule l'intervention la plus longue reçue à été prise en compte.
Tableau 2. Interventions de Connexion compétences à EDSC, par type
Intervention d'EDSC Nombre de participants (jan. 2010 à déc. 2011) Pourcentage du total de participants (jan. 2010 à déc. 2011) Description de l'intervention
Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe (CAE-OG) 16 180 56 % Les jeunes participaient à des ateliers de courte durée pour apprendre ou améliorer des compétences transférables sur le lieu de travail telles que le leadership, le travail d'équipe et les compétences en communication.
• Durée maximum de 24 semaines (30 heures par semaine ou plus),
• Coût maximum par participant de 12 000 $.
Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail (CAE-ET) 8 832 30 % Des ateliers sur les compétences en matière d'employabilité étaient combinés à des périodes pendant lesquelles les participants travaillaient directement avec les employeurs.
• Durée maximum de 52 semaines,
• Coût maximum par participant de 25 000 $.
Expérience de travail (ET) 2 245 8 % Les jeunes avaient la possibilité de travailler avec des employeurs. Ces expériences de travail pouvaient également être soutenues par un coaching ou une formation sur le terrain.
• Durée maximum de 52 semaines,
• Coût maximum par participant de 25 000 $.
Amélioration des compétences individuelles (ACI) 1 425 5 % Les jeunes participaient à des cours de courte durée.
• Durée maximum de 12 semaines,
• Coût maximum par participant de 10 000 $.
Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'un entrepreneuriat (CAE-E) 310 1 % Fournissait des compétences entrepreneuriales pour aider les personnes à créer une nouvelle entreprise, plutôt que d'assumer la propriété et/ou l'exploitation d'une entreprise existante.
• Durée maximum de 52 semaines,
• Coût maximum par participant de 25 000 $.
Total 28 992 100 % n/a
  • Source: EDSC (2020). Rapport technique interne.

Profil des cohortes sélectionnées

Entre janvier 2010 et décembre 2011, environ 29 000 jeunes ont participé à une intervention de Connexion compétences d'EDSC, pour une durée comprise entre 12 et 17 semaines. Parmi les participants :

  • près de 3 sur 5 étaient des hommes (59 %);
  • la plupart avaient entre 20 et 24 ans (44 %).

Par rapport à l'ensemble des jeunes Canadiens, une plus grande proportion de participants s'est déclarée autochtone, alors que la proportion des personnes handicapées était comparable.

  • 20 % des participants se sont déclarés autochtones, contre environ 6 % pour l'ensemble des jeunes Canadiens (recensement de 2016 et Enquête nationale auprès des ménages de 2011);
  • 11 % des participants se sont déclarés comme personnes handicapées, contre environ 13 % pour l'ensemble des jeunes Canadiens (Statistique Canada, 2019). Les résultats de l'Enquête canadienne sur l'incapacité de 2017 sont utilisés plutôt que ceux de l'enquête de 2012, car ils incluent les personnes souffrant de handicaps cognitifs et de santé mentale (Statistique Canada, 2018).

Enfin, près de 6 participants sur 10 n'avaient pas terminé leurs études secondaires (55 %) et 25 % avaient reçu des prestations d'aide sociale dans l'année précédant leur participation.

Tableau 3. Portrait des participants d'EDSC de Connexion compétences, 2010-2011
Caractéristiques Pourcentage des participants
Genre, masculin 59%
Genre, féminin 41%
Âge, 15 à 19 ans 34%
Âge, 20 à 24 ans 43%
Âge, 25 à 30 ans 22%
Auto-identification, Minorité visible 19%
Auto-identification, Autochtone 20%
Auto-identification, Personne handicapée 11%
Localisation, Urbaine 85%
Éducation, Études secondaires non-terminées 55%
Réception d'aide sociale (année précédente) 25%
  • Source : Système commun pour les subventions et les contributions.
  • Note : Les participants peuvent appartenir à plus d'une catégorie.

Participants d'EDSC à travers le Canada

Géographiquement, la distribution des participants par province et territoire correspond à peu près à la distribution des jeunes Canadiens dans l'ensemble du pays (voir tableau 4).

La majorité des participants vivaient en Ontario et au Québec – les plus petites proportions se trouvant dans les provinces de l'Atlantique (N.-B., T.-N.-L. et Î.-P.-É.) et les territoires.

  • En ce qui concerne la dimension urbaine-rurale, 85 % des participants vivaient dans des collectivités urbaines tandis que 15 % résidaient dans des collectivités rurales. Cette distribution correspond également à peu près à celle qu'on observe dans l'ensemble de la population des jeunes Canadiens.

Bien que cela ne soit pas indiqué dans la Tableau 4, la plupart des participants qui vivaient dans les territoires ont participé à des interventions prenant la forme d'expériences de travail plutôt que d'acquisition de compétences. Des renseignements plus détaillés sur le profil des participants, au chapitre des interventions, se trouvent dans le rapport technique, qui est disponible sur demande (EDSC, juin 2020).

Tableau 4. Distribution des participants par province et territoire, 2010-2011
Province ou territoire Nombre de participants Distribution (en %)
Yukon, Nunavut et Territoires du Nord-Ouest 123 0,4 %
Colombie-Britannique 3 213 11 %
Alberta 3 240 11 %
Saskatchewan 1 361 5 %
Manitoba 1 597 6 %
Ontario 11 413 39 %
Québec 5 594 19 %
Terre-Neuve-et-Labrador 507 2 %
Nouveau-Brunswick 820 3 %
Nouvelle-Écosse 743 3 %
Île-du-Prince-Édouard 377 1 %
Total 28 988 100 %
  • Source: ESDC (2020). Rapport technique interne.

Principaux constats

Constat nº1

Immédiatement après la fin de leur intervention, plus de 7 participants sur 10 ont déclaré avoir un emploi ou être retournés à l'école, dépassant ainsi l'objectif de 60 % prévu pour le programme. Notamment, 85% des participants ayant pris part à une intervention en matière d'entrepreneuriat (CAE-E) ont déclaré avoir un emploi ou être retournés à l'école.

Pour EDSC, les résultats souhaités des interventions de Connexion compétences étaient qu'au moins 60 % des jeunes participants soient employés ou retournent à l'école.

  • Immédiatement après la fin d'une intervention et selon les prestataires de services d'EDSC, environ 48 % des participants avaient un emploi et 25 % sont retournés à l'école, pour un total de 73 % (voir figure 5). Voici quelques observations sur les interventions :
    • les personnes qui avaient suivi une intervention d'Amélioration des compétences individuelles (ACI) avaient plus de chances d'être à l'école (35 %) que d'avoir un emploi (26 %);
    • les personnes qui avaient suivi une intervention de CAE-OG étaient plus susceptibles d'être au chômage.
Figure 5. Statut des participants immédiatement après la fin de leur intervention respective, 2010 et 2011
Figure 5 : la description suit
Description textuelle du graphique figure 5
Intervention employé à l'école sans-emploi
Connexion compétences (ensemble) 48% 25% 15%
CAE-OG 45% 26% 18%
CAE-ET 52% 23% 13%
ET 57% 24% 9%
ACI 26% 35% 7%
CAE-E 70% 15% 4%
  • Source: Système commun pour les subventions et les contributions.

Notes:

  • - Les résultats ne totalisent pas 100 % en raison des valeurs manquantes ou inconnues qui ont varié entre 11 % (pour CAE-OG) et 32 % (pour ACI).
  • - Certains jeunes pouvaient ne pas avoir trouvé d'emploi ou décidé de retourner à l'école ou bien encore ne pas être joignables. Dans ce dernier cas, un suivi après 12 semaines était requis afin de vérifier si leur statut avait changé.

Au cours des cinq années suivant une intervention, les jeunes participants ont gagné environ 6 300 $ de plus par an par rapport à ce qu'ils gagnaient avant leur intervention.

Comme le montre la figure 6, au cours des cinq années suivant leur participation :

  • les jeunes gagnaient en moyenne près de 6 300 $ de plus par an, par rapport à ce qu'ils gagnaient l'année précédant leur participation;
    • environ 6 participants sur 10 (57 %) ont été employés dans la cinquième année suivant leur intervention.
  • la plus forte augmentation moyenne des revenus après participation (environ 8 750 $ par an) a été observée chez les participants qui avaient pris part à l'intervention Expérience de travail (ET);
  • une augmentation moyenne plus modeste d'environ 4 000 $ par an a été observée chez les participants ayant pris part à l'intervention Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'un entrepreneuriat (CAE-E).
Figure 6. Augmentation moyenne des revenus annuels des participants d'EDSC au cours des cinq années suivant une intervention, comparé à ce qu'ils avaient gagné avant cette intervention, 2010-11, par intervention
Figure de la : la description suit
Description textuelle du graphique figure 6
Intervention Augmentation moyenne annuelle de revenus pour les participants
Connexion compétences (ensemble) 6 345 $
CAE-OG 5 890 $
CAE-ET 6 735 $
ET 8 745 $
ACI 5 825 $
ESE 4 030 $
  • Source: Données administratives, rapport technique.
  • En moyenne, les participants gagnaient moins de 2 400 $ l'année avant leur intervention.

Connexion compétences d'EDSC – Jeunes participants autochtones

Des résultats similaires ont été observés chez les jeunes autochtones qui ont participé au programme Connexion compétences d'EDSC. Plus précisément, pendant les cinq années qui ont suivi leurs interventions, ils gagnaient près de 4 400 $ de plus par an par rapport à ce qu'ils gagnaient avant leur intervention. Environ 27 % des jeunes autochtones qui ont participé au programme Connexion compétences d'EDSC vivaient dans une zone rurale.

L'analyse de regroupement des participants au volet CAE-OG montre qu'il s'agit d'un groupe très hétérogène, confronté à des obstacles très différents et dont les résultats avant et après le programme varient beaucoup.

Afin d'examiner les différents segments de la population des jeunes confrontés à des obstacles à l'emploi, une analyse de regroupement a été effectuée pour les participants qui ont pris part à des interventions de type Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe (CAE-OG). Comme le montre la Figure 7, quatre groupes distincts ont été identifiés, représentant environ 50 % des participants.

  • L'algorithme de mise en grappes par apprentissage automatique consiste en un processus itératif qui partitionne un ensemble de données en groupes homogènes (grappes) en fonction de caractéristiques ou de traits donnés, de sorte que des objets similaires sont conservés dans un groupe alors que des objets dissemblables se trouvent dans des groupes différents.
Figure 7. Quatre groupes distincts de participants à CAE-OG, 2010-2011
Figure de la : la description suit
Description textuelle du graphique figure 7
Groupe 1 2 3 4
Poucentage de tous
les participants de Connexion compétences
28% 8% 8% 7%
nom du groupe Jeunes avec un plus faible niveau d'éducation Immigrants hautement éduqués Comptant sur l'aide sociale Plus forte participation au marché du travail
éléments clés du groupe 76% avaient moins de 20 ans;
70% n'avaient pas terminé le secondaire;
67% étaient des hommes.
70% étaient des immigrants;
69% étaient des femmes;
45% avaient complété le postsecondaire.
90% percevaient des prestations d'AS;
61% étaient des femmes;
21% avaient un handicap.
81% étaient employés l'année précédente;
60% avaient plus de 25 ans;
29% percevaient des prestations d'AE.

En termes de résultats pré/post observés du programme pour tous les participants de CAE-OG, certains groupes ont eu des résultats pré/post programme distincts. Ainsi, concernant le montant de revenus qu'ils gagnaient ou des prestations qu'ils recevaient au cours de l'année précédant leur intervention :

  • les immigrants hautement éduqués (groupe 2) ont connu la plus forte augmentation des revenus après la participation (14 730 $ par an comparé aux 5 890 $ pour tous les participants de CAE-OG, comme le montre la Tableauau 8 );
  • les personnes comptant sur l'aide sociale (groupe 3) étaient les seules à avoir vu une réduction de leurs prestations d'aide sociale après la participation (2 030 $ par an);
  • les personnes avec une plus forte participation au marché du travail (groupe 4) étaient les seules à avoir vu une réduction de leurs prestations d'assurance-emploi après la participation (465 $ par an).

Constat nº2

Dans l'ensemble, en comparant les résultats des participants avec ceux d'un groupe témoin, l'ampleur de l'impact différentiel des interventions de Connexion compétences sur la participation au marché du travail des participants était limitée. Cela met en évidence les défis inhérents à l'aide aux jeunes confrontés à des obstacles à l'emploi, qui peuvent avoir besoin d'une gamme d'interventions plus large et plus complète.

Comme lors de la précédente évaluation de 2015, une analyse d'impact différentiel a été réalisée pour les participants au programme Connexion compétences d'EDSC. À cette fin, le Ministère s'est appuyé sur sa plateforme de données sur le marché du travail en examinant des participants ayant terminé leur intervention entre janvier 2010 et décembre 2011. Cette période a été choisie pour permettre l'évaluation des impacts des interventions sur la participation au marché du travail au moins cinq ans après leur achèvement, jusqu'à l'année civile 2016 (renseignements disponibles les plus récents). S'appuyant sur les évaluations précédentes, l'analyse d'impact différentiel a été étendue et menée au niveau des interventions ainsi qu'au niveau des sous-groupes (par ex., l'âge et le sexe) pour les deux interventions les plus importantes.

Globalement, à la suite d'une intervention de Connexion compétences, les participants d'EDSC n'avaient pas amélioré leur participation au marché du travail, par rapport à un groupe similaire de non-participants. Comme le montre la Figure 8, l'année de participation à une intervention, le montant gagné et l'incidence de l'emploi des participants étaient comparables à ceux observés pour les non-participants.

  • Les participants gagnaient environ 125 $ de moins que les non-participants, et l'incidence de l'emploi était d'environ 7,3 points de pourcentage plus élevé. L'incidence plus élevée de l'emploi reflète, en partie, l'impact des participants ayant bénéficié d'un placement professionnel en tant qu'intervention, ce qui n'était pas le cas pour le groupe de comparaison.
  • En outre, en raison des limites des données, l'incidence de l'emploi est déterminée en fonction de l'existence ou non d'un revenu au cours d'une année civile. Il est donc possible de trouver des cas où l'impact net d'une intervention est négatif pour les revenus et positif pour l'incidence de l'emploi; ou vice-versa. Le premier cas se produit quand un nombre relativement plus important de participants ayant un emploi gagne moins qu'un nombre relativement plus faible de personnes ayant un emploi dans le groupe de comparaison au cours d'une année civile.
Tableau 8. Gains et incidence de l'emploi, Connexion compétences dans l'ensemble
Intervention et période de référence Total des revenus déclarés Incidence de l'emploi
Connexion compétences dans l'ensemble
(en cours d'année)
-125 $* +7,3 pp
Connexion compétences dans l'ensemble
(moyenne annuelle, 5 ans post-participation)
-910 $ -0,2 pp
  • Source: Données administratives, rapport technique.
  • pp = points de pourcentage
  • *: Les résultats sont statistiquement non significatifs, cependant ils demeurent valables pour informer la direction de l'impact (négatif ou positif).

Au cours des cinq années suivant l'intervention des participants, les résultats ne se sont pas améliorés par rapport à ceux observés chez les non-participants.

  • Les participants gagnaient environ 910 $ de moins par an comparé aux non-participants, et leur incidence de l'emploi était inférieure d'environ 0,2 point de pourcentage en moyenne.

L'impact différentiel des interventions de Connexion compétences sur la dépendance des participants aux programmes de soutien du revenu tels que l'assurance-emploi ou l'aide sociale était de moindre ampleur et se trouve à l'annexe E.

Ces résultats limités mettent en évidence les défis inhérents à l'aide aux jeunes confrontés à des obstacles à l'emploi et à une faible participation au marché du travail. Ces conclusions sont également conformes aux résultats obtenus dans le cadre de l'évaluation de 2015 ainsi que pour des programmes similaires de mesures actives d'emploi ciblant les jeunes défavorisés dans d'autres pays de l'OCDE (Kluve, 2014).

Groupe témoin

L'analyse d'impact différentiel compare les résultats des participants aux résultats d'un groupe témoin pour savoir ce qui se serait passé en l'absence du programme.

Le groupe témoin était composé d'un sous-ensemble de personnes âgées de 15 à 30 ans présentant les mêmes caractéristiques que les participants à Connexion compétences, mais qui n'avaient reçu qu'un niveau de traitement limité par l'intermédiaire d'interventions mineures des Services d'aide à l'emploi (SAE) dans le cadre des ententes sur le développement du marché du travail (EDMT). Cette approche est conforme à celle utilisée dans un certain nombre d'évaluations antérieures des EDMT.

  • L'annexe C donne un exemple de la manière dont les caractéristiques socio-économiques du groupe témoin correspondent à celles du groupe de participants.

Aucune analyse d'impact n'a été réalisée pour l'intervention Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'un entrepreneuriat (CAE-E), car aucun groupe témoin n'a pu être constitué.

Il convient de noter que les résultats d'une analyse d'impact différentiel dépendent des caractéristiques observables des participants à ce moment-là, et que c'est sur cet ensemble de caractéristiques qu'un groupe témoin est constitué. En pratique, cela signifie que lorsqu'une analyse d'impact différentiel est effectuée pour des femmes qui ont bénéficié d'une intervention de Connexion compétences, un groupe témoin distinct composé uniquement de femmes présentant des caractéristiques observables similaires a été constitué. La même approche a été appliquée à tous les autres sous-groupes.

Par conséquent, il convient de faire preuve de prudence en ne généralisant pas à l'excès les résultats présentés au niveau des sous-groupes.

Voir l'annexe B pour obtenir davantage de précisions sur la méthodologie.

Constat nº3

Les jeunes qui ont bénéficié d'interventions sous forme d'expériences de travail ont eu un lien plus fort avec le marché du travail, par rapport à ceux qui ont bénéficié d'interventions sous forme d'ateliers de groupe.

Sur la base de l'évaluation de 2015, une analyse d'impact différentiel a été menée au niveau des interventions afin d'évaluer l'efficacité relative des différentes interventions.

Comme le montre la tableau 9, les jeunes qui ont participé à des interventions de Connexion compétences comprenant un volet d'expérience de travail – Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail (CAE-ET) et Expérience de travail (ET) – ont eu des impacts plus positifs sur la participation au marché du travail que les autres interventions. Néanmoins, l'impact positif sur la participation au marché du travail des participants ne s'est pas maintenu dans le temps et a eu tendance à revenir à ceux observés pour le groupe témoin dans les cinq ans suivant une intervention.

Impact différentiel sur les revenus d'emploi et l'incidence de l'emploi, pour l'année de participation (en cours d'année) et les cinq années suivantes (moyenne annuelle), par intervention

Tableau 9. Gains et incidence de l'emploi, par intervention
Intervention et période de référence Total revenus déclarés Incidence de l'emploi
CAE-OG (en cours d'année) -630 $ +2,6 pp
CAE-OG (moyenne annuelle, 5 ans post) -1 310 $ -1,3 pp *
ACI (en cours d'année) -640 $ -3,1 pp*
ACI (moyenne annuelle, 5 ans post) -800 $ -2,1 pp *
CAE-ET (en cours d'année) 600 $ +16,1 pp
CAE-ET (moyenne annuelle, 5 ans post) -670 $ +2,3 pp
ET (en cours d'année) 860 $ +17,2 pp
ET (moyenne annuelle, 5 ans post) 100 $* +5,9 pp
  • Source: Données administratives, rapport technique.
  • pp = points de pourcentage
  • *: Les résultats sont statistiquement non significatifs, cependant ils demeurent valables pour informer la direction de l'impact (négatif ou positif).

Par exemple, comme le montre la Tableau 9, au cours de l'année d'une intervention d'expérience de travail, les participants gagnaient environ 860 $ de plus que les non-participants et leur incidence de l'emploi était d'environ 17,2 points de pourcentage plus élevée. Cela était attendu puisque l'intervention impliquait un placement professionnel lié à des revenus supplémentaires, ce qui n'était pas le cas pour le groupe témoin.

Au cours des cinq années suivant leur intervention, les participants gagnaient environ 100 $ de plus par an que les non-participants et leur incidence de l'emploi était en moyenne supérieure d'environ 5,9 points de pourcentage.

Comme pour toutes les interventions de Connexion compétences (voir Tableau 8), les participants qui ont pris part aux programmes Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe (CAE-OG) et Amélioration des compétences individuelles (ACI) n'ont pas amélioré leur participation au marché du travail par rapport à leurs groupes témoin respectifs dans les années qui ont suivi une intervention.

Ces résultats sont également conformes aux données internationales, qui suggèrent que les programmes de mesures actives d'emploi ciblant les jeunes défavorisés peuvent être utiles, s'ils sont complets – c'est-à-dire incluant l'aide à la recherche d'emploi, le conseil, la formation et les services de placement (Kluve, 2014).

Des contrôles de robustesse ont été effectués pour examiner si le classement relatif des effets de chaque intervention de Connexion compétences était sensible au choix du groupe témoin (voir annexe D). L'impact différentiel des interventions de Connexion compétences sur la dépendance des participants aux programmes de soutien du revenu tels que l'assurance-emploi ou l'aide sociale était de moindre ampleur et se trouve à l'annexe E.

Constat nº4

Bien que l'impact des interventions impliquant une approche par atelier ait été généralement négatif, l'analyse à l'échelle des sous-groupes suggère que ce type d'intervention était relativement plus efficace pour les jeunes avec un niveau d'éducation plus faible. De plus, les impacts ont été relativement meilleurs pour les jeunes plus âgés (plus de 19 ans), en particulier pour les interventions avec un volet d'expérience de travail.

Enfin, une analyse d'impact différentiel a été menée au niveau des sous-groupes (p. ex. sexe, âge, niveau d'éducation et caractère rural/urbain) pour les deux plus importantes interventions de Connexion compétences, à savoir Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe (voir Tableau 10) et Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail (voir Tableau 11). Sélectionner ces deux interventions a permis de réunir un nombre suffisant de participants pour soutenir la réalisation d'une analyse plus granulaire au niveau des sous-groupes.

Principales leçons à tirer

Les résultats sur les impacts des deux interventions sur les revenus après la participation et sur l'incidence de l'emploi mettent en évidence les aspects suivants :

  • Sexe : L'impact différentiel sur les hommes et les femmes étaient quelque peu comparables, avec des impacts relativement plus importants pour les hommes participant à des interventions de Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe et pour les femmes participant à des interventions de Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail.
  • Niveau d'éducation : Les jeunes ayant un niveau d'éducation inférieur (c'est-à-dire secondaire complété ou incomplet) ont bénéficié d'impacts relativement plus positifs que les jeunes ayant un niveau d'éducation supérieur (postsecondaire complété ou incomplet).
  • Âge : Les participants ont été répartis en trois sous-groupes, 15-19 ans, 20-24 ans et 25-29 ans. Il s'agit d'une approche traditionnelle dans l'examen des jeunes à risque, compte tenu de leur relation différente avec le système éducatif et le marché du travail (Statistique Canada, 2018). Les résultats sont quelque peu mitigés. Néanmoins, lorsqu'on examine l'indicateur sur l'incidence de l'emploi, l'analyse suggère que les jeunes plus âgés (20-24 et 25-30 ans) ont vu des gains plus importants que leurs homologues plus jeunes, en particulier pour les interventions comportant un volet d'expérience de travail. Cela met en évidence les avantages des interventions précoces lorsqu'il s'agit d'améliorer les transitions entre l'école et le travail pour les jeunes (EDSC, 2019).
  • Rural/Urbain : L'impact différentiel était similaire en milieu urbain et rural.

L'impact différentiel sur la dépendance des participants aux programmes de soutien du revenu, au niveau des sous-groupes, a été de moindre ampleur et est présenté aux annexes F (Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe) et G (Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail).

Comme le montre la Tableau 10, pour les interventions de Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe, les barres bleu foncé montrent des résultats relativement meilleurs pour les personnes ayant un niveau d'éducation plus faible et pour les jeunes plus âgés. Par exemple, dans les cinq ans après une intervention, on peut constater:

  • une diminution annuelle moyenne de 450 $ des revenus post-participation pour ceux ayant terminé leurs études secondaires par rapport à une diminution de 2 590 $ pour ceux qui ont terminé leurs études postsecondaires;
  • une augmentation annuelle moyenne de 3,2 points de pourcentage de l'incidence de l'emploi pour les participants entre 25 et 30 ans, par rapport à une diminution de 3,9 points de pourcentage pour ceux entre 15 et 19 ans.
Tableau 10. Gains et incidence de l'emploi pour les participants Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe (CAE-OG), par sous-groupe
Intervention Total revenus déclarés Incidence de l'emploi
CAE-OG (ensemble) -1 310 $ -1,3 pp *
Secondaire incomplet -660 $ -0,4 pp *
Secondaire complété -450 $ ♦ -1,0 pp *
Postsecondaire incomplet -2 360 $ -2,3 pp *
Postsecondaire complété -2 590 $ -4,7 pp *
15-19 ans -1 420 $ -3,9 pp
20-24 ans -1 540 $ -0,8 pp *
25-30 ans -1 065 $ +3,2 pp*
Femmes -2 240 $ -1,4 pp *
MaleHommes -870 $ +0,2 pp *
Zone urbaine -2 050 $ -1,8 pp *
Zone rurale -1 670 $ +0,3 pp *
  • Source: Données administratives, rapport technique.
  • pp = points de pourcentage
  • *: Les résultats sont statistiquement non significatifs, cependant ils demeurent valables pour informer la direction de l'impact (négatif ou positif).

Comme le montre la Tableauau 11, pour les interventions de Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail, les barres bleu foncé indiquent des résultats relativement meilleurs pour les personnes ayant un niveau d'éducation plus faible et pour les jeunes plus âgés. Par exemple, dans les cinq ans après une intervention, on peut constater:

  • une augmentation annuelle moyenne de 320 $ des revenus post-participation pour ceux qui ont terminé leurs études secondaires par rapport à une diminution de 1 710 $ pour ceux qui ont terminé leurs études postsecondaires;
  • une augmentation annuelle moyenne de 4,2 points de pourcentage de l'incidence de l'emploi pour les participants âgés de 25 à 30 ans, par rapport à une diminution de 2,4 points de pourcentage pour ceux âgés de 15 à 19 ans.
Tableau 11. Gains et incidence de l'emploi pour les participants de Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail (CAE-ET), par sous-groupe
Intervention Total revenus déclarés Incidence de l'emploi
CAE-ET (ensemble) -670 $ +2,3 pp
Secondaire incomplet -440 $ +2,0pp *
Secondaire complété 320 $ +2,7pp *
Postsecondaire incomplet -1 420 $ * +0,7pp *
Postsecondaire complété -1 710 $ * +0,2pp *
15-19 ans -1 080 $ -2,4 pp
20-24 ans -580 $ +1,4pp *
25-30 ans -1 220 $ +4,2 pp
Femmes -560 $ +1,9pp *
MaleHommes -990 $ +2,6 pp
Zone urbaine -1 020 $ +2,4 pp
Zone rurale -1 420 $ +2,6pp *
  • Source: Données administratives, rapport technique.
  • pp = points de pourcentage
  • *: Les résultats sont statistiquement non significatifs, cependant ils demeurent valables pour informer la direction de l'impact (négatif ou positif).

Conclusion

Le rapport montre qu'il peut être difficile d'aider les jeunes confrontés à des obstacles à l'emploi à acquérir les compétences, les capacités et l'expérience nécessaires pour faciliter leur transition vers le marché du travail. Le Canada ne fait pas cavalier seul à cet égard, et d'autres pays de l'OCDE sont parvenus à des résultats similaires.

Comme le montre le présent rapport, le groupe de jeunes participant aux interventions de Connexion compétences est assez hétérogène, allant de jeunes décrocheurs du secondaire à des minorités visibles relativement plus âgées ayant fait des études universitaires. Nous avons notamment constaté les points suivants :

  • Immédiatement après la fin de l'intervention qui les concernait, plus de 7 participants sur 10 ont déclaré avoir un emploi ou être retournés à l'école, dépassant ainsi l'objectif de 60 % prévu pour le programme. Il convient de noter que 85 % des participants ayant pris part à une intervention Entrepreneuriat ont déclaré avoir un emploi ou être retournés à l'école.
  • Dans l'ensemble, lorsque l'on compare les résultats des participants avec ceux d'un groupe témoin, l'ampleur de l'impact différentiel des interventions de Connexion compétences sur la participation au marché du travail des participants était limitée. Cela met en évidence les défis inhérents à l'aide apportée aux jeunes confrontés à des obstacles à l'emploi, qui nécessitent généralement une gamme d'interventions plus large et plus complète.
  • Les jeunes qui ont bénéficié d'interventions sous forme d'expériences de travail ont eu un lien plus fort avec le marché du travail, par rapport aux jeunes qui ont bénéficié d'interventions sous forme d'ateliers de groupe.
  • Bien que l'impact différentiel des interventions impliquant une approche par atelier aie été généralement négatif, l'analyse au niveau des sous-groupes suggère que ce type d'interventions était relativement plus efficace pour les jeunes ayant un niveau d'éducation plus faible. En outre, l'impact a été relativement meilleur pour les jeunes plus âgés (plus de 19 ans), en particulier pour les interventions comportant un volet d'expérience de travail.

Ces résultats suggèrent qu'il existe des défis potentiels liés à l'approche par atelier de groupe lorsqu'elle est appliquée à un groupe mixte de jeunes confrontés à divers obstacles à l'emploi. Cela met en évidence les avantages d'une meilleure adaptation des interventions aux besoins des différents segments de jeunes participants.

Annexes

Annexe A. Bibliographie

Data sources:

  • Emploi et Développement social Canada. Données administratives, Système commun pour les subventions et les contributions.

Sources internes, études techniques (non publiées, disponible sur demande):

  • EDSC (juin 2020). Résultats sur les impacts nets de la Stratégie Emploi Jeunesse, Direction de l'évaluation.
  • EDSC (février 2019). Évaluation de Passeport pour ma réussite, rapport final. Direction de l'évaluation.

Sources externes:

  • Emploi et Développement social Canada. (juin 2015). Guide du demandeur Stratégie emploi jeunesse Connexion compétences. Sur Internet : https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social/services/finanncement/connexion-competences/guide-demandeur.html
  • Emploi et Développement social Canada. Rapport ministériel sur le rendement. Sur Internet : http://publications.gc.ca/site/fra/9.504290/publication.html
  • Gebel, M., et J. Vossemer. (2014). « The impact of employment transitions on health in Germany: a difference-in-differences propensity score matching approach », Social Science and Medicine, vol. 108, p. 128-136. Sur Internet : https://doi.org/10.1016/j.socscimed.2014.02.039
  • Heckman, J., H. Ichimura et P. Todd. (1997). « Matching As An Econometric Evaluation Estimator: Evidence from Evaluating a Job Training Program », Review of Economic Studies, vol. 64, no 4, p. 605-654. doi: 10.2307/2971733
  • Kluve, J. (2014). Youth labor market interventions, IZA World of Labour, décembre 2014.
  • Lechner, M., et C. Wunsch. (2013). « Sensitivity of matching-based program evaluations to the availability of control variables », Labour Economics, vol. 21, p. 111-121. Sur Internet : https://doi.org/10.1016/j.labeco.2013.01.004
  • Les peuples autochtones – Feuillet d'information. Publication en 2015 et utilisation de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011 et de l'Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) de 2012 à titre de sources de données principales. Statistique Canada – No 89-656-X2015000 au catalogue.
  • Ressources humaines et Développement des compétences Canada. (2011). Profil de l'incapacité au Canada en 2006. Publié en 2011. Sur Internet : https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social/programmes/invalidite/cra/incapacite-2006.html#s4
  • Ressources humaines et Développement social Canada. (2008-2009). Rapport ministériel sur le rendement. Sur Internet : https://www.tbs-sct.gc.ca/dpr-rmr/2008-2009/inst/csd/csdpr-fra.asp?format=print
  • Société canadienne d'hypothèques et de logement (sans date). Initiative de stages en habitation pour les jeunes des Premières Nations et les jeunes Inuits. Sur Internet : https://assets.cmhc-schl.gc.ca/sf/project/cmhc/pdfs/content/fr/housing-internship-initiative-first-nations-inuit-youth-fr.pdf?rev=1871ceb2-c55f-41b1-bc5c-7ed2e9de44e8
  • Statistique Canada. (2011). Les peuples autochtones au Canada : Premières Nations, Métis et Inuits, Enquête nationale auprès des ménages, 2011.
  • Statistique Canada. (2019). Un portrait des jeunes Canadiens.
  • Statistique Canada. (2018). L'évolution des données sur l'incapacité au Canada : rester en phase avec un Canada plus inclusif, Enquête canadienne sur l'incapacité.
  • Statistique Canada. (2018). La transition de l'école au travail : indicateur ni en emploi, ni aux études, ni en formation (NEET) pour les jeunes âgés de 15 à 19 ans au Canada.
  • Stuart, E.A., Huskamp, H.A., Duckworth, K., Simmons, J., Song, Z., Chernew, M. et Barry, C.L. (2014). « Using propensity scores in difference-in-differences models to estimate the effects of a policy change », Health Services Outcomes Research Methodology, vol. 14, no 4, p. 166–182. doi: 10.1007/s10742-014-0123-z

Annexe B. Approche d'évaluation

Éléments de preuve / Méthodologie

Données administratives / Méthodologie de l'impact différentiel

L'analyse de l'impact différentiel est réalisée à l'aide de la plateforme intégrée de données du programme sur le marché du travail, qui contient des données administratives recueillies au niveau des interventions et des projets par le biais du Système commun pour les subventions et les contributions (SCSC), relié à la banque de données des prestations d'assurance-emploi et aux fichiers d'imposition de l'Agence du revenu du Canada (ARC).

Les données ont été évaluées de manière approfondie et transformées en fichiers analytiques de haute qualité qui comprenaient un grand nombre de variables pertinentes pour les expériences des personnes sur le marché du travail, y compris les caractéristiques sociodémographiques des participants et des groupes témoins (p. ex. âge, sexe, éducation, état-civil, handicap), ainsi que leur province de résidence, leurs qualifications (p. ex. groupe professionnel, codes industriels) et leurs antécédents sur le marché du travail (p. ex. recours aux prestations d'assurance-emploi, revenus d'un emploi ou d'un travail indépendant, recours à l'aide sociale, incidence de l'emploi au cours des cinq années précédant la participation).

En outre, l'évaluation actuelle est la première à contenir des données du programme assorties de renseignements ventilés par types spécifiques d'interventions de Connexion compétences. En collaboration avec le secteur des programmes, l'équipe d'évaluation d'EDSC a classé les interventions en cinq grandes catégories : Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe (CAE-OG), Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail (CAE-ET), Expérience de travail (ET), Amélioration des compétences individuelles (ACI) et Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'un entrepreneuriat (CAE-E). Par conséquent, cette évaluation est en mesure d'examiner l'impact différentiel pour les participants ayant commencé une intervention spécifique de Connexion compétences entre 2010 et 2011 et suit leurs trajectoires ultérieures sur le marché du travail pendant cinq années consécutives, jusqu'en 2016, conformément à la disponibilité actuelle des données de l'ARC.

La méthodologie se fonde sur le même cadre que l'évaluation des Ententes sur le développement du marché du travail. La procédure d'estimation de l'impact différentiel est fondée sur une approche quasi-expérimentale mesurant l'efficacité du programme en comparant les résultats réels pour les participants aux différentes interventions à leurs résultats contrefactuels (c.-à-d. les résultats qu'ils auraient obtenus en l'absence d'une intervention). Puisque l'on ne peut mesurer les résultats d'une même personne à la fois comme participant et comme non-participant à une intervention de la Stratégie Emploi Jeunesse, il faut un groupe témoin approprié pour « faire office » de groupe contrefactuel. Sur la base des données disponibles, deux approches pour la constitution d'un groupe témoin ont été envisagées pour l'évaluation de Connexion compétences.

Conformément à la même stratégie appliquée dans de nombreuses évaluations précédentes d'EDSC, la première approche a fait appel à un sous-ensemble de personnes présentant les mêmes caractéristiques que les participants de Connexion compétences, mais n'ayant bénéficié que d'un niveau de traitement limité par l'intermédiaire d'interventions mineures des Services d'aide à l'emploi (SAE) dans le cadre des Ententes sur le développement du marché du travail (EDMT).

Une deuxième approche a été utilisée pour vérifier la robustesse de la première et s'est appuyée sur un sous-ensemble discret de participants de Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe (CAE-OG). Ceux-ci ont été sélectionnés pour être aussi semblables que possible aux participants de chacun des autres types d'intervention de Connexion compétences. L'avantage de la seconde approche est qu'elle permet d'évaluer la sensibilité des résultats de l'impact différentiel aux variables non observées, étant donné que les participants de CAE-OG sont plus susceptibles d'être semblables à ceux des autres interventions de Connexion compétences en termes d'obstacles non observables à l'obtention et au maintien d'un emploi. Après consultation d'experts universitaires externes (pairs évaluateurs), cette double approche de groupes témoins a été jugée comme étant le choix optimal pour tenir compte des effets possibles des variables non observées et pour renforcer les conclusions de l'évaluation. Quelques différences sont apparues dans l'ampleur des estimations de l'impact différentiel entre les deux scénarios de groupes témoins. Toutefois, le classement relatif des différentes interventions était similaire et les conclusions restent donc les mêmes.

Pour toutes les comparaisons contrefactuelles, les résultats de l'impact différentiel ont été produits en utilisant une combinaison de pointe des méthodes d'estimation de l'écart dans les différences et d'appariement des noyaux de coefficients de propension (Heckman et al., 1997). Étant donné l'étendue des variables de base disponibles dans les fichiers de données liés, on peut raisonnablement être sûr que les estimations d'impact sont robustes (Lechner et Wunsch, 2013). À des fins de validation, les résultats ont également été produits à l'aide de techniques de rechange (c.-à-d. pondération selon la probabilité inverse et appariement au plus proche voisin). Cet exercice de triangulation a confirmé que les résultats de l'impact différentiel étaient insensibles au choix de la méthode d'estimation.

Limites potentielles

Le principal avantage de cette méthode d'évaluation réside dans la possibilité de tirer des conclusions sur les impacts de la SECJ au niveau des interventions spécifiques. Cependant, une limite potentielle à l'interprétation des résultats est que les données collectées peuvent ne pas saisir complètement d'autres renseignements détaillés liés à la séquence des interventions de Connexion compétences suivies par les participants.

Une autre limite possible est que l'admissibilité universelle de la SECJ crée des difficultés pour la sélection du groupe témoin.

Annexe C. Comparaison entre la construction d'un groupe de participants et leur groupe témoin.

Le tableau 5 présente une comparaison entre diverses caractéristiques socio-démographiques et économiques observées pour les participants de Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe (CAE-OG) et leur groupe témoin composé de jeunes ayant bénéficié de services d'aide à l'emploi (SAE) de faible intensité dans le cadre des Ententes sur le développement du marché du travail.

Le tableau montre comment les deux groupes présentaient des caractéristiques similaires sur un sous-ensemble de caractéristiques sociodémographiques et économiques qui ont été prises en compte.

Tableau 5. Comparaison entre groupe de participants et groupe témoin
Caractéristiques socio-démographiques et économiques Participants de CAE-OG Groupe témoin avec des jeunes ayant reçu des SAE
Nombre de participants 16 160 25 630
Genre, masculin 58 % 58 %
Genre, féminin 42 % 42 %
Âge, moins de 20 37 % 35 %
Âge, 20 à 25 42 % 44 %
Âge, 25 et plus 21 % 21 %
Auto-identification, autochtone 17 % 17 %
Auto-identification, personne handicapée 9 % 10 %
Auto-identification, minorité visible 21 % 24 %
Auto-identification, immigrant 6 % 6 %
Éducation, secondaire incomplet 55 % 53 %
Éducation, secondaire complété 24 % 24 %
Éducation, postsecondaire incomplet 6 % 6 %
Éducation, postsecondaire complété 11 % 10 %
Éducation, autre/manquant 4 % 5 %
Niveau de revenu un an avant la participation, pas de gains 47 % 47 %
Niveau de revenu un an avant la participation, 1 à 5 000 $ 36 % 34 %
Niveau de revenu un an avant la participation, 5 000 à 10 000 $ 11 % 12 %
Niveau de revenu un an avant la participation, plus de 10 000 $ 6 % 7 %

Annexe D. Contrôle de robustesse - Utilisation d'un sous-ensemble discret de participants du programme "Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe" (CAE-OG)

  • Le classement relatif des effets de chaque intervention de Connexion compétences était similaire, que le groupe témoin ait été constitué de jeunes ayant bénéficié d'un niveau de traitement limité dans le cadre d'interventions mineures des Services d'aide à l'emploi (SAE) ou bien de jeunes ayant bénéficié d'une intervention de Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe.
  • En particulier, dans le cadre de ces deux approches, les interventions de Connexion compétences qui comprenaient un volet d'expérience de travail (interventions CAE-ET et ET) ont permis d'améliorer les effets sur la participation au marché du travail.
    • Par exemple, comme le montre la tableau 12, l'année d'une intervention d'ET, les participants gagnaient environ 1 920 $ de plus que les participants comparables de CAE-OG et leur incidence de l'emploi était supérieure d'environ 13,1 points de pourcentage.
    • Au cours de la période de cinq ans suivant une intervention Expérience de travail (ET), les participants gagnaient environ 1 700 $ de plus par an que les participants comparables de CAE-OG et leur incidence de l'emploi était supérieure d'environ 5,6 points de pourcentage en moyenne.
  • De même, Amélioration des compétences individuelles (ACI), sous la forme de cours de courte durée, a eu un impact plus soutenu sur la participation au marché du travail, mais dans une moindre mesure.
Tableau 12. Contrôle de robustesse – analyse d'impact différentiel, par intervention
Intervention et période de référence Total revenus déclarés Incidence de l'emploi
ACI (en cours d'année) 280 $ -6,4 pp
ACI (moyenne annuelle, 5 ans post) 780 $ -0,5 pp
CAE-ET (en cours d'année) 1 260 $ +12,8 pp
CAE-ET (moyenne annuelle, 5 ans post) 900 $ +3,0 pp
ET (en cours d'année) 1 920 $ +13,1 pp
ET (moyenne annuelle, 5 ans post) 1 700 $ +5,6 pp
  • Source: Données administratives, rapport technique.
  • pp = points de pourcentage

Annexe E. Impact différentiel des interventions de Connexion compétences sur la dépendance des participants aux programmes de soutien au revenu, par intervention.

Comme le montre la tableau 13, au cours de l'année d'une intervention de Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe (CAE-OG), les participants recevaient environ 110 $ de moins que les non-participants en prestations d'assurance-emploi et environ 190 $ de moins en prestations d'aide sociale.

Au cours de la période de cinq ans suivant leur intervention, les participants recevaient environ 80 $ de moins par an que les non-participants en prestations d'assurance-emploi, et environ 90 $ de plus en prestations d'aide sociale.

Figure 13. Perception d'assurance-emploi et d'aide sociale, dans l'ensemble et par intervention
Intervention et période de référence Prestations AE Prestations AS
Ensemble de Connexion compétences (en cours d'année) -120 $ -200 $
Ensemble de Connexion compétences (moyenne annuelle, 5 ans post) -10 $ * 30 $ *
CAE-OG (en cours d'année) -110 $ -190 $
CAE-OG (moyenne annuelle, 5 ans post) -80 $ 90 $
ACI (en cours d'année) -150 $ -80 $ *
ACI (moyenne annuelle, 5 ans post) 60 $ * 50 $ *
CAE-ET (en cours d'année) -110 $ -190 $
CAE-ET (moyenne annuelle, 5 ans post) 40 $ * 40 $ *
ET (en cours d'année) -80 $ * -230 $
ET (moyenne annuelle, 5 ans post) 140 $ -170 $ *
  • Source: Données administratives, rapport technique.
  • pp = points de pourcentage
  • *: Les résultats sont statistiquement non significatifs, cependant ils demeurent valables pour informer la direction de l'impact (négatif ou positif).

Annexe F. Impact différentiel de Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe (CAE-OG) sur la dépendance des participants aux programmes de soutien au revenu, par sous-groupe.

Dans la tableau 14, au cours des cinq années suivant une intervention de Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe, on constate le résultat suivant :

  • une diminution annuelle moyenne d'environ 29 $ des prestations d'assurance-emploi perçues après la participation et une diminution d'environ 493 $ des prestations d'aide sociale reçues pour les participants qui ont terminé leurs études secondaires.
Tableau 14. Perception d'assurance-emploi et d'aide sociale pour les participants de Compétences augmentant l'employabilité et orientées vers le groupe (CAE-OG), par sous-groupe
Intervention Prestations d'AE Prestations d'AS
Ensemble de CAE-OG -80 $ 90 $
Secondaire incomplet -70 $ 30 $*
Secondaire complété -30 $* -490 $
Postsecondaire incomplet -140 $ 270 $
Postsecondaire complété 40 $* -50 $*
15-19 ans -20 $* 10 $*
20-24 ans -60 $ -20 $*
25-30 ans -190 $ 90 $*
Femmes -90 $ 20 $*
Hommes -70 $ 150 $
Zone urbaine -170 $ 130 $
Zone rurale -60 $* 20 $*
  • Source: Données administratives, rapport technique.
  • pp = points de pourcentage
  • *: Les résultats sont statistiquement non significatifs, cependant ils demeurent valables pour informer la direction de l'impact (négatif ou positif).

Annexe G. Impact différentiel de Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail (CAE-ET) sur la dépendance des participants aux programmes de soutien au revenu, par sous-groupe.

La tableau 15 montre qu'au cours des cinq années qui ont suivi une intervention de Compétence augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail, on constate les résultats suivants :

  • Augmentation annuelle moyenne d'environ 120 $ dans la perception de prestations d'assurance-emploi après la participation et diminution d'environ 330 $ dans la perception de prestations d'assistance sociale par les participants qui ont terminé leurs études secondaires.

Tableau 15. Perception d'assurance-emploi et d'aide sociale pour les participants de Compétences augmentant l'employabilité dans le cadre d'une expérience de travail (CAE-ET), par sous-groupe

Intervention Prestations d'AE Prestations d'AS
Ensemble de CAE-ET 40 $* 40 $ *
Secondaire incomplet -20 $* 70 $ *
Secondaire complété 120 $ -330 $
Postsecondaire incomplet 40 $* 30 $ *
Postsecondaire complété 160 $ * -20 $ *
15-19 ans 80 $ * 0 $
20-24 ans 40 $* 40 $ *
25-30 ans -30 $* 120 $ *
Femmes 30 $* 120 $
Hommes 50 $* 0 $*
Zone urbaine 0 $* 50 $*
Zone rurale 60 $* 100 $
  • Source: Données administratives, rapport technique.
  • pp = points de pourcentage
  • *: Les résultats sont statistiquement non significatifs, cependant ils demeurent valables pour informer la direction de l'impact (négatif ou positif).
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