Égalité de traitement – IPG - 122

Date d’entrée en vigueur : 20 octobre 2026

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Objet

Le présent Interprétation, politique et guide (IPG) vise à clarifier les articles 182.1 et 182.2 de la section III de la partie III du Code canadien du travail (Code). L'article 182.1 interdit à l'employeur de payer à une personne employée un taux de salaire inférieur à celui qu'il paie à une autre personne employée en raison d'une différence dans leurs situations d'emploi si les conditions ci‑après sont réunies :

  1. a) les personnes employées travaillent dans le même établissement;
  2. b) les personnes employées exécutent un travail qui est essentiellement le même;
  3. c) les exigences du travail sont essentiellement les mêmes sur le plan des compétences, de l'effort et des responsabilités;
  4. d) le travail est exécuté dans des conditions de travail comparables ;
  5. e) toute autre condition prévue par règlement.

Le règlement prescrit que, pour être comparable, le salaire des personnes employées doit être calculé en fonction d'un taux de salaire du même type, notamment :

  1. a) en fonction du temps;
  2. b) selon un taux kilométrique;
  3. c) à la pièce;
  4. d) en fonction du chargement;
  5. e) à la commission.

Le Code prévoit des exceptions si la différence entre les taux de salaire est attribuable à un régime qui, selon le cas :

  1. a) établit une échelle d'ancienneté;
  2. b) permet une distinction basée sur le mérite;
  3. c) est fondé sur la quantité ou la qualité de la production d'une personne employée;
  4. d) est fondé sur tout autre critère prévu par règlement.

Le régime en question doit s'appliquer à toutes les personnes employées ayant des taux de salaire comparables. En outre, les détails du régime doivent leur avoir été communiqués par écrit ou leur être facilement accessibles pour consultation.

Remarque : Les « personnes employées » comprennent également les « stagiaires » . Les étudiantes ou les étudiants stagiaires ne sont pas assujetties aux dispositions sur l'égalité de traitement.

Enjeu

Les dispositions suivantes ont été ajoutées au Code :

Il y a lieu d'assurer une approche uniforme pour déterminer si, quand et comment ces dispositions s'appliquent. À cette fin, cet IPG traitera des points suivants :

Interprétation

À compter du 20 octobre 2026, il est interdit à un employeur assujetti à la réglementation fédérale de verser des taux de salaire différents en fonction des situations d'emploi. Des critères spécifiques et des exceptions précises doivent être pris en compte dans la comparaison des taux de salaire des personnes employées pour voir si elles reçoivent un traitement égal.

Critères

Pour que les taux de salaire de deux personnes employées soient jugés comparables et que les exigences en matière d'égalité de traitement s'appliquent, les critères suivants doivent tous être satisfaits :

a) elles travaillent dans le même établissement;

b) elles exécutent un travail qui est essentiellement le même;

c) les exigences du travail sont essentiellement les mêmes sur le plan :

d) le travail est exécuté dans des conditions de travail comparables;

Pour être comparables, les conditions dans lesquelles deux personnes employées effectuent un travail doivent se ressembler - elles n'ont pas besoin d'être identiques.

Il convient de noter qu'une personne employée en formation qui effectue le même travail qu'une autre personne employée qui n'est pas en formation doit recevoir le même taux de salaire. Toutefois, si la personne en formation exécute un travail qui est essentiellement différent - comme un travail qui nécessite plus de supervision ou qui est assorti de moins de responsabilités - elle n'aura pas droit au même taux de salaire.

Exceptions

Le taux de salaire payé à deux personnes employées peut être différent si cette différence est attribuable à un régime qui, selon le cas :

a) établit une échelle d'ancienneté;

b) permet une distinction basée sur le mérite;

Le mérite s'entend des qualités et des actions qui déterminent ce qui revient à une personne.

c) est fondé sur la quantité ou la qualité de la production;

d) est fondé sur tout autre critère prévu par règlement.

Le règlement précise les critères supplémentaires suivants :

Interdiction

Il est interdit à un employeur de réduire le taux de salaire d'une personne employée pour se conformer aux exigences des dispositions sur l'égalité de traitement. L'employeur ne peut remédier aux disparités dans les taux de salaire que par une hausse du taux de la personne employée dont la paie est inférieure en raison de sa situation d'emploi.

Demande de révision

Une personne employée qui estime que son taux de salaire est inférieur à celui qui est versé à une autre personne employée en raison d'une différence dans sa situation d'emploi peut demander à son employeur de le réviser. L'employeur doit l'examiner dans les 90 jours suivant la réception de la demande et fournir une réponse écrite à la personne employée. Il doit indiquer dans cette réponse qu'il augmente le taux de salaire pour le rendre conforme aux exigences sur l'égalité de traitement ou expliquer les raisons pour lesquelles le taux de salaire actuel s'y conforme déjà.

La personne employée qui demande une révision de son taux de salaire ne peut déposer une plainte auprès du Programme du travail que si l'une des situations suivantes se produit :

Exemples

Veuillez noter que les exemples qui suivent sont fournis à titre indicatif seulement. Les faits de chaque cas doivent être soigneusement évalués pour décider si une contravention a eu lieu ou non.

Exemple 1

Lara travaille pour une banque à charte à titre de spécialiste des TI. Elle travaille à temps plein 40 heures par semaine. William occupe exactement le même emploi, dans les mêmes conditions, pour la même entreprise, dans le même établissement. Il a été embauché pour travailler à temps partiel 25 heures par semaine. Lara gagne 50 $ l'heure, tandis que William gagne 45 $ l'heure.

Après avoir demandé une révision à son employeur et n'avoir reçu aucune réponse dans le délai de 90 jours, William dépose une plainte auprès du Programme du travail, alléguant qu'il est payé à un taux inférieur à celui de Lara en raison d'une différence dans leur situation d'emploi. Au cours de l'enquête, l'employeur présente la preuve que la différence dans les taux de salaire est fondée sur un régime existant établissant une échelle d'ancienneté, lequel est décrit dans une politique écrite remise à toutes les personnes employées. William a été embauché en octobre 2022, tandis que Lara a été embauchée en janvier 2010. Selon le régime de paie, toute personne employée qui occupe ce poste et qui est embauchée à la même date que Lara, y compris une personne travaillant à temps partiel, gagnerait également 50 $ l'heure. Le taux de salaire inférieur de William est donc attribuable au fait qu'il a moins d'ancienneté que Lara.

Dans ce cas, il n'y a pas de contravention aux dispositions relatives à l'égalité de traitement. La différence dans les taux de salaire est justifiée par le régime d'ancienneté établi par l'employeur.

Exemple 2

Ahmad travaille comme camionneur pour ABC Trucking. Il transporte des marchandises dangereuses. Son parcours habituel l'amène à traverser les montagnes en Alberta et en Colombie‑Britannique. Ahmad occupe un poste de durée indéterminée et gagne 0,60 $ le mille. Jeff travaille également pour ABC Trucking comme camionneur. Il transporte des marchandises non périssables et son parcours habituel est concentré autour de Calgary. Il occupe un poste à durée déterminée, ne travaillant que pendant les mois du printemps et de l'été, et gagne 0,50 $ le mille.

Tous deux sont basés dans le même terminal d'attache et sont donc considérés comme travaillant dans le même établissement.

Après avoir demandé une révision à son employeur et n'avoir obtenu aucune réponse dans le délai de 90 jours, Jeff dépose une plainte auprès du Programme du travail, affirmant qu'il est rémunéré à un taux de salaire inférieur à celui d'Ahmad en raison de sa situation d'emploi. Au cours de l'enquête, l'employeur fournit la preuve que la différence dans le taux de salaire s'explique par les conditions de travail des camionneurs. Les camionneurs qui transportent des marchandises dangereuses dans des régions montagneuses gagnent des salaires plus élevés que ceux qui ne le font pas, car leurs conditions de travail sont différentes.

Il n'y a pas de contravention aux dispositions relatives à l'égalité de traitement dans ce cas, puisque le critère exigeant que deux personnes employées exécutent leur travail dans des conditions de travail comparables n'est pas satisfait.

Exemple 3

Jeremy et Fatima travaillent pour la Banque XYZ Canada, une banque à charte. Ils sont tous deux conseillers financiers. Cependant, Jeremy travaille à temps partiel, tandis que Fatima travaille à temps plein. Ils répondent aux mêmes critères : ils ont le même emploi, travaillent dans les mêmes conditions, pour la même compagnie, dans le même établissement.

Jeremy n'a pas présenté de demande de révision des taux de salaire à l'employeur. Il a plutôt déposé une plainte auprès du Programme du travail alléguant que le taux de salaire de Fatima est plus élevé en raison d'une différence dans leur situation d'emploi.

Au cours de l'enquête, l'agent des affaires du travail (AAT) juge que l'employeur a établi un régime qui évalue le travail des personnes employées en fonction de la qualité et attribue des cotes de « A » à « E ». La personne employée qui accomplit un travail presque dénué de toute erreur reçoit la cote « A ». À mesure que les erreurs s'accumulent, la cote diminue; la cote « E » signale un non‑respect des attentes. L'employeur fournit la preuve que cette échelle d'évaluation est en place depuis de nombreuses années, que tous les conseillers financiers sont évalués sur la même base et que leur taux de salaire est fixé en conséquence. Suivant cette échelle, le taux de salaire de base des personnes employées est de 35 $ l'heure, applicable aux cotes « C » à « E ». Une personne employée dont le travail est coté « A » a droit à 40 $ l'heure, tandis que pour le travail coté « B », elle gagne 37,50 $ l'heure.

Pour l'année en cours, Fatima a reçu la cote « B » pour son travail et elle gagne 37,50 $ l'heure. Jeremy a reçu la cote « C » pour son travail et il gagne 35 $ l'heure.

L'AAT en arrive à la conclusion qu'il n'y a aucune contravention aux dispositions relatives à l'égalité de traitement, puisque la différence dans le taux de salaire est basée sur un régime fondé sur la qualité de la production de chaque personne employée.

Exemple 4

Lory et Marco travaillent pour Heli Hélicoptères Inc. Lory occupe un poste de durée indéterminée, tandis que Marco a un contrat à durée déterminée. Ils sont tous deux ingénieurs et travaillent dans le même établissement, dans les mêmes conditions. Lory touche 110 000 $ par année, tandis que Marco touche 99 000 $ par année.

Marco a déposé une plainte auprès du Programme du travail à la suite du refus de son employeur de rajuster son taux de salaire pour qu'il corresponde à celui de Lory, après qu'il eut demandé une révision. Marco allègue que Lory est rémunérée à un taux de salaire plus élevé en raison de sa situation d'emploi. L'employeur a refusé de modifier le taux de salaire de Marco, affirmant que son taux actuel est conforme aux dispositions sur l'égalité de traitement. L'employeur a fourni des motifs, par écrit, en réponse à la demande de révision, expliquant que Lory et Marco ne sont pas capables de fournir le même effort. Lory est rémunérée à un taux de salaire plus élevé parce qu'elle peut travailler à l'extérieur par temps froid pendant 10 heures, tandis que Marco n'est capable de le faire que pendant sept heures.

Au cours de l'enquête, l'employeur admet que les deux emplois n'exigent que les personnes employées travaillent à l'extérieur que pendant une période maximale de sept heures. Sur le plan de l'effort requis, l'effort que la personne employée est capable de déployer est sans conséquence. Le travail exige le même effort de la part des deux personnes employées.

Dans ce scénario, il y a contravention aux dispositions relatives à l'égalité de traitement, car tous les critères ont été remplis et aucune exception ne s'applique. L'employeur est tenu de payer les deux personnes employées au même taux, à compter de la date à laquelle Marco a présenté sa demande de révision.

Exemple 5

Ana et Naoko travaillent comme gestionnaires et supervisent des membres du personnel chez Compagnie Télécom Inc. Elles effectuent essentiellement le même type de travail, dans le même établissement.

Ana est payée 30 $ l'heure et travaille 28 heures par semaine. Naoko est payée 32 $ l'heure et travaille 40 heures par semaine.

Après avoir demandé une révision par son employeur et n'avoir obtenu aucune réponse dans le délai de 90 jours, Ana dépose une plainte auprès du Programme du travail, alléguant que Naoko reçoit un taux de salaire plus élevé parce qu'elle travaille à temps plein.

Au cours de l'enquête, l'employeur explique que Naoko est rémunérée à un taux de salaire plus élevé parce qu'elle travaille au centre d'appels, dans un milieu de travail très bruyant et distrayant. Ana travaille à la facturation, dans un bureau fermé et un environnement calme.

Il n'y a aucune contravention aux dispositions relatives à l'égalité de traitement dans ce cas, puisque le critère exigeant que deux personnes employées travaillent dans des conditions de travail comparables n'est pas satisfait.

Example 6

Olga et Yuriy travaillent chez Télécom XYZ Inc. à titre d'analystes de réseau et effectuent le même type de travail. Depuis deux ans, Olga occupe son poste permanent à temps plein et touche 20 $ l'heure. Yuriy a été embauché il y a six mois pour occuper un poste à temps partiel pour un mandat renouvelable d'un an et est payé 19 $ l'heure. Yuriy dépose une plainte auprès du Programme du travail, alléguant qu'Olga reçoit un salaire plus élevé parce qu'elle travaille à temps plein.

Au cours de l'enquête, l'employeur fait valoir qu'il existe un régime établissant une échelle d'ancienneté qui offre un salaire plus élevé aux personnes employées qui comptent plus d'années de service. Toutefois, après un examen plus approfondi, l'AAT conclut que le régime n'a été établi qu'après le dépôt de la plainte de Yuriy auprès du Programme du travail. Les détails du régime fondé sur l'échelle d'ancienneté n'ont jamais été communiqués aux personnes employées ni mis à leur disposition. Par conséquent, l'exception ne s'applique pas et il y a contravention aux dispositions relatives à l'égalité de traitement.

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2026-05-06