Notes d’allocution de l’honorable Catherine McKenna, ministre de l’Environnement et du Changement climatique, sur la résolution du Canada à mettre en œuvre l’Accord de Paris

Discours

Discours prononcé fait foi

Le 6 juin 2017 – Ottawa (Ontario)

Monsieur le Président,

C’est pour moi un privilège de prendre la parole aujourd’hui et de m’adresser à vous, honorables députés, et bien entendu à tous les Canadiens, afin de réaffirmer notre engagement indéfectible envers l’Accord de Paris.

Aujourd’hui, après des décennies d’avertissements, les répercussions des changements climatiques ne sont plus une menace lointaine. D’un bout à l’autre du pays, nous en observons les effets indéniables sur l’environnement.

  • Dans la forêt boréale, des feux plus destructeurs et plus tenaces que jamais font rage.
  • Dans les Prairies, les sécheresses et les inondations surviennent à une fréquence accrue et leurs effets sont encore plus dévastateurs qu’auparavant.
  • En Arctique, la glace de mer s’amincit à une vitesse alarmante et transforme le territoire où chassent les Inuits depuis des millénaires.
  • Et d’un océan à l’autre, l’élévation du niveau de la mer est une menace bien réelle et potentiellement catastrophique.

Monsieur le Président, ce sont là des problèmes d’envergure auxquels nous sommes confrontés, et ceux-ci touchent l’ensemble de la planète.

En nous y attaquant maintenant, soit en diminuant nos émissions et en passant à une économie à faible production de carbone, nous pourrions profiter d’une occasion extraordinaire.

Il s’agit non seulement d’une occasion de prévenir les effets les plus néfastes des changements climatiques, mais également de stimuler l’innovation technologique, de renforcer notre économie et de créer des emplois bien rémunérés pour les Canadiens en ce siècle de la croissance propre.

Mais soyons clairs monsieur le Président. Alors que les températures augmentent et que la crise environnementale prend de l’ampleur, il n’est plus possible de se montrer inactif et indifférent.

Le gouvernement précédent ne prenait pas la question des changements climatiques au sérieux. Il s’est fixé des buts sans avoir l’intention de les atteindre et il a refusé de soutenir leur réalisation avec des plans concrets.

Les Canadiens s’attendent toutefois à ce que nous prenions des mesures de lutte contre les changements climatiques et c’est ce que nous avons fait depuis notre arrivée au pouvoir.

À Paris, il y a près de deux ans, le monde et le Canada ont décidé de saisir une occasion très importante.

Après de longues nuits et des négociations difficiles, 196 pays ont convenu de créer un accord historique qui :

  • limitera la hausse des températures moyennes de la planète à moins de 2 degrés Celsius – tout en visant une limite de moins de 1,5 degré.
  • réduira les émissions de carbone au moyen de mesures prises par chacun des pays;
  • protégera les pays vulnérables contre les effets les plus graves des changements climatiques;
  • et contribuera à la croissance économique propre en libérant le potentiel du marché.

Monsieur le Président, nous pouvons être fiers du rôle majeur que le Canada a joué dans le cadre de l’Accord de Paris.

En fait, notre travail a été déterminant pendant les négociations. Nous avons défendu les droits des Autochtones et leur savoir traditionnel; nous avons reconnu l’incidence disproportionnée des changements climatiques sur les femmes; et nous avons reconnu l’importance des mécanismes de marché pour réduire la pollution par le carbone.

Notre délégation ne comprend pas seulement des maires, des premiers ministres, des travailleurs, des jeunes, des entreprises et des dirigeants autochtones de partout au pays, mais aussi des membres de l’opposition. Ensemble, les membres de notre délégation ont travaillé sans relâche pour parvenir à un consensus et exiger des mesures plus strictes.

Au bout du compte, nous avons réussi.

Monsieur le Président, l’Accord de Paris nous aidera non seulement à prévenir les effets les plus néfastes des changements climatiques, mais également à créer des occasions de développement économique d’une ampleur sans précédent pendant le siècle de la croissance propre.

Un rapport récent de l’Agence internationale de l’énergie concluait que l’Accord de Paris enrichirait l’économie mondiale de 19 mille milliards de dollars au cours des 3 prochaines décennies, et ce, à mesure que le monde progresse vers des énergies renouvelables, des transports sans émissions polluantes et une efficacité énergétique accrue.

Nous assistons déjà à des bouleversements sismiques.

  • Pour la première fois en 2013, la capacité de production d’électricité à faibles émissions de carbone a augmenté plus que la capacité de production à partir de combustibles fossiles dans le monde.
  • Deux ans plus tard, près d’un tiers de mille milliards de dollars américains a été investi à l’échelle mondiale dans la production d’énergie renouvelable – soit près du double de la somme investie dans l’énergie des combustibles fossiles.
  • Aujourd’hui, près de 10 millions de personnes dans le monde occupent un emploi dans le secteur de l’énergie renouvelable – et d’autres emplois sont créés chaque jour.

Monsieur le Président, cette transition en matière d’énergie est sans précédent et, partout dans le monde, des pays saisissent ces occasions de croissance.

  • En Chine, on érige deux éoliennes par heure, chaque jour. En 2016, on a mis en place pratiquement suffisamment de panneaux solaires pour recouvrir trois terrains de soccer à l’heure.
  • Le mois dernier seulement, en une heure, les énergies renouvelables ont permis pour la première fois de répondre presque entièrement à la demande en énergie de l’Allemagne.
  • Aux États-Unis, les industries des énergies solaire et éolienne ont généré des emplois 12 fois plus rapidement que le reste de l’économie. En fait, on compte aux États-Unis deux fois plus d’emplois dans le secteur de l’énergie solaire que dans celui du charbon.

Il y a dix ans, ces réalisations remarquables auraient semblé impossibles.

Toutefois, les innovations technologiques, la demande du marché et le désir de laisser aux générations futures une planète plus propre ont ensemble déclenché une révolution énergétique.

Ce sont là les mesures novatrices et les solutions audacieuses que demande notre génération.

Pendant trop longtemps, au Canada et partout ailleurs, les cyniques ont travaillé avec acharnement pour empêcher la prise de mesures de lutte contre les changements climatiques.

Certains n’ont pas su reconnaître l’occasion majeure qui s’offre à nous; et d’autres ne croient tout simplement pas que les changements climatiques sont réels.

Cette période d’inaction est toutefois terminée. Aujourd’hui, l’Accord de Paris témoigne de la collaboration transfrontalière entre les pays, les villes et les entreprises qui travaillent ensemble au service d’une cause commune.

Tout récemment, un groupe de 1 100 entreprises – dont la valeur totale dépasse les trois mille milliards de dollars – ont réitéré leur engagement envers l’Accord de Paris.

Dans une lettre publique, des entreprises comme Walmart, Google et Nike ont déclaré qu’en prenant les bonnes mesures climatiques maintenant, nous pourrons créer des emplois et stimuler la compétitivité économique.                

De plus, de nombreuses entreprises passent de la parole aux actes.

Le secteur privé est responsable de près de la moitié de la consommation mondiale en électricité, et certaines des plus grandes sociétés dans le monde intensifient leurs efforts et effectuent des changements draconiens.

Walmart s’engage à exploiter ses installations exclusivement au moyen d’énergies renouvelables, tout comme Google, Coca Cola et Starbucks. Ces sociétés font toutes parties du RE100, soit un groupe de sociétés d’envergure qui déploient des efforts pour s’alimenter en énergies renouvelables.

Les villes prennent également des initiatives.

La moitié de la population mondiale vit en ville et génère 70 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

Cette portion de la population est également durement touchée par les effets des changements climatiques.

Au Canada, d’ici 2020, les villes pourraient être tenues de débourser 5 milliards de dollars par année en réponse aux événements météorologiques extrêmes; et d’ici 2050, ces frais pourraient s’élever au montant colossal de 43 milliards de dollars par année.

Plusieurs d’entre elles prennent des mesures indépendantes pour atténuer ces effets.

Au Canada, la ville de Vancouver s’est engagée à réduire le niveau de ses émissions de 2007 d’au moins 80 % d’ici 2050.

Elle s’est aussi jointe à Toronto, Montréal, Ottawa, Edmonton et 18 autres villes canadiennes qui font partie du groupe Compact of Mayors. Avec plus de 7 000 membres de partout dans le monde, ce groupe amène les villes à s’engager à prendre des mesures concrètes pour réduire leurs émissions.

New York, Séoul, Los Angeles et Hong Kong ne sont que quelques-unes des grandes villes qui se sont engagées à réduire de façon drastique leurs émissions de carbone.

Michael Bloomberg, ancien maire de New York et homme d’affaires, a dit ce qui suit : « Les villes, les entreprises et les citoyens continueront de réduire les émissions, car ils ont compris que la réduction des émissions est dans leur propre intérêt » (traduction).

J’ai par ailleurs rapidement appris dans le cadre de cet emploi que le sujet des changements climatiques pouvait soulever des opinions et des émotions très fortes.

Certains souhaiteraient abandonner les combustibles fossiles du jour au lendemain. À leur avis, le gouvernement ne pourra jamais agir assez rapidement.

D’autres prétendent que nous pouvons continuer à utiliser des combustibles fossiles jusqu’à l’épuisement des réserves. Selon eux, toute mesure de lutte contre les changements climatiques est futile.

Vous constaterez ces divergences d’opinions à la lecture de mon fil Twitter.

Cependant, j’ai aussi appris que la majorité des Canadiens comprenaient que le Canada et le reste du monde effectuaient une transition vers des formes d’énergie plus propres.

Ils comprennent que cette transition ne s’opérera pas en une nuit.

Ils comprennent que le pétrole et le gaz naturel sont des tremplins essentiels vers une économie à faible production de carbone.

Ils souhaitent s’assurer que leur famille et que tous les Canadiens bénéficieront de cette transition.

Au Canada, la transition vers un avenir plus propre est déjà en cours.

Il ne s’agit pas seulement de réduire la pollution par le carbone, mais aussi de favoriser l’innovation, de renforcer notre économie et de créer les emplois de l’avenir.

Dans le cadre de mes déplacements au pays, j’ai croisé de nombreuses entreprises qui incarnaient l’innovation et l’entrepreneuriat.

Elles regroupent des scientifiques, des ingénieurs et des inventeurs qui façonnent l’économie de l’avenir.

À Burnaby, en Colombie-Britannique, General Fusion développe un procédé qui pourra libérer le potentiel énergétique de la fusion, et ce, afin d’alimenter en énergie nos villes et nos collectivités.

À Calgary, Carbon Engineering a créé une technologie pour capter le carbone dans l’air et l’utiliser pour produire des combustibles.

Bill Gates est leur principal investisseur privé et l’entreprise est également finaliste du Virgin Earth Prize d’une valeur de 25 millions de dollars.

Lorsque j’étais à Edmonton, j’ai visité une usine qui construit des maisons à consommation énergétique nette zéro qui ressemblent à n’importe quelle autre maison de banlieue.

L’entreprise Landmark Homes compte plus de 300 employés, utilise des matériaux écoénergétiques et pose des panneaux solaires sur les toits de ses maisons.

J’ai rencontré une famille qui vit dans l’une de ces maisons. Au lieu de payer des factures d’électricité, elle tire un revenu de la vente d’électricité.

En Alberta, on trouve aussi l’Alliance pour l’innovation dans les sables bitumineux, qui permet à des entreprises de travailler ensemble et de mettre en commun des technologies afin d’assainir l’air, de réaliser des gains accrus d’efficacité et de mieux protéger les terres.

Les membres du secteur agricole de la Saskatchewan effectuent également du travail remarquable. Ils utilisent de nouvelles technologies de localisation par GPS pour leur machinerie agricole; ils améliorent leurs pratiques agricoles de travail minimal du sol; et leurs innovations en matière de cultures permettent de réduire leur consommation de carburant, de diminuer leurs émissions de carbone et d’améliorer la qualité des sols pour les générations à venir.

Les entreprises canadiennes contribuent à stimuler l’innovation dans une économie de croissance propre.

L’an dernier, à Winnipeg, j’ai visité une usine qui fabrique des autobus électriques. Ces autobus sont incroyables. Ils fonctionnent bien, sont silencieux et ne produisent aucune émission. L’entreprise New Flyer offre de bons emplois aux travailleurs de la classe moyenne.

De nos jours, on peut voir des autobus et des véhicules électriques sillonner les routes du pays, et nous en verrons de plus en plus.

À Toronto, l’entreprise SkyPower Global exporte de l’énergie solaire dans plus de 30 pays dans le monde et elle met en place de nouveaux projets qui pourraient permettre d’alimenter des dizaines de millions de ménages.

À Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, Carbon Cure a créé une technologie de pointe. Celle-ci permet de capturer les émissions polluantes de carbone de l’industrie et de les utiliser pour produire du béton plus solide.

En modifiant la façon dont nous nous déplaçons, chauffons nos maisons et exploitons nos industries – ainsi que la façon dont nous alimentons nos petites et nos grandes villes – ces entreprises nous aident à atteindre nos objectifs de l’Accord de Paris et ce faisant, elles génèrent des emplois bien rémunérés.

Le Canada est en train de s’imposer rapidement comme un concurrent de taille dans le secteur de l’énergie renouvelable et des technologies propres.

Plus tôt cette année, 11 des entreprises de technologies propres du Canada se classaient parmi les 100 meilleures dans le monde. Nous dépassons largement les attentes.

Toutefois, pour que le Canada puisse continuer à innover et à créer de bons emplois pour la classe moyenne en ce siècle de la croissance propre, nous devons faire savoir au marché que nous sommes ouverts aux investissements.

[Plan de lutte contre les changements climatiques]

Monsieur le Président, c’est pourquoi notre gouvernement a adopté des politiques pragmatiques, souples et efficaces sur le plan climatique.

Les Canadiens s’attendent à ce que nous respections notre engagement envers l’Accord de Paris; notre engagement à stimuler l’économie et à renforcer la classe moyenne; et notre engagement envers les générations futures.

En fait, c’est ce qu’ils nous ont dit l’an dernier dans le cadre des forums de discussion tenus par les députés partout au pays, de Terre-Neuve-et-Labrador, en passant par le Manitoba et la Colombie-Britannique, jusque dans les territoires. Des milliers d’autres personnes ont participé aux tables rondes d’intervenants et soumis leurs commentaires en ligne.

Des Canadiens de tous âges, jeunes et vieux, des entreprises, des organisations syndicales, des scientifiques, des environnementalistes et des collectivités autochtones ont pris la parole.

Monsieur le Président, je crois que Mark Carney – le gouverneur de la Banque d’Angleterre, et un grand Canadien, a le mieux résumé la situation lorsqu’il a dit que « plus nous investissons avec prévoyance, moins nous aurons de regrets avec le recul ».

Avec cela à l’esprit, laissez-moi réitérer notre plan de lutte contre les changements climatiques.

Le plan de lutte contre les changements climatiques du Canada permettra non seulement de réduire la pollution par le carbone, mais aussi de renouveler nos infrastructures, de renforcer nos réseaux de transport et – par l’entremise d’investissements judicieux et stratégiques – de stimuler l’innovation et la création de possibilités dans les petites et les grandes villes du pays.

Premièrement, monsieur le Président, nous allons tarifer la pollution par le carbone dans l’ensemble du pays.

Le concept est simple : nous appliquons un tarif à ce qui est indésirable, la pollution, de sorte que nous puissions investir dans ce que nous recherchons, comme des entreprises prospères, des emplois bien rémunérés et plus écologiques, et des collectivités plus saines.

Notre plan de lutte contre les changements climatiques a toutefois beaucoup plus à offrir.

Nous investissons 21,9 milliards de dollars dans les infrastructures écologiques, et ce, afin de construire des maisons et des bureaux écoénergétiques, et d’aider les familles à économiser sur leurs factures d’électricité.

Nous investissons 20,1 milliards de dollars à l’appui des transports publics urbains, et ce, afin de réduire les temps de déplacement dans nos villes, accroître l’utilisation des transports écologiques et permettre aux gens de passer davantage de temps avec leur famille, et moins de temps sur la route.

De plus, nous éliminerons progressivement la production d’électricité à partir du charbon d’ici 2030, ce qui équivaut à retirer des routes 1,3 million de voitures et permet de réduire considérablement nos émissions de carbone. Cela préviendra aussi plus de 1 000 décès prématurés et permettra d’économiser des milliards de dollars en soins de santé.

Monsieur le Président, notre plan de lutte contre les changements climatiques doit aider l’ensemble des Canadiens, partout au pays.

Voilà pourquoi nous investissons 21,4 millions de dollars sur 4 ans à l’appui des projets d’énergie renouvelable dans les collectivités autochtones et les collectivités du Nord, dont plusieurs dépendent du diesel pour combler leurs besoins en électricité et en chauffage.

Enfin, le Canada réalise des investissements sans précédent dans les secteurs à croissance rapide des technologies propres et de l’énergie propre.

Avec un investissement de 2,2 milliards de dollars, nous favorisons la recherche et le développement, la production, ainsi que l’exportation en matière de technologies propres, et nous accélérons la croissance de cette industrie de manière à accroître notre part du marché mondial.

Voilà comment nous luttons contre les changements climatiques.

Voilà comment nous renforçons notre économie et protégeons notre environnement.

Voilà comment le Canada assume un rôle de premier plan en ce siècle de la croissance propre.

Monsieur le Président, il est bien sûr décevant d’apprendre l’intention du gouvernement des États-Unis de se retirer de l’Accord de Paris.

Certains suggèrent que conséquemment, nous devrions cesser de lutter contre les changements climatiques.

À cela, je réponds deux choses :

Premièrement, comme la ministre des Affaires étrangères l’a dit de manière si éloquente ce matin : « Le Canada doit se tracer une voie qui lui est propre, et qui est claire et indépendante. »

Nous devons travailler avec des personnes dont la vision est similaire et avec des collectivités qui partagent nos objectifs, parce que c’est ce à quoi les Canadiens s’attendent de notre part lorsqu’il est question de s’attaquer aux changements climatiques.

Deuxièmement, j’aimerais dire que la décision du gouvernement fédéral des États-Unis n’a fait qu’accroître la détermination à l’échelle mondiale.

L’Inde, la Chine, la France et d’autres pays dans le monde redoublent leurs efforts pour réduire la pollution causée par le carbone et expriment leur appui envers l’Accord de Paris.

Déjà, les gouverneurs, les maires et les entreprises sont plus de 1 000 à avoir signé le pacte américain, par lequel ils s’engagent à respecter les objectifs de l’Accord de Paris.

J’ai personnellement parlé au gouverneur de la Californie, Jerry Brown, ainsi qu’au gouverneur de l’État de Washington, Jay Inslee, et ils ont tous deux réitéré leur engagement à l’égard de la lutte contre les changements climatiques.

Je sais également que mon collègue, le ministre Garneau, a discuté avec le maire de Pittsburgh de l’engagement de cette ville envers la réduction des émissions.

L’Accord de Paris est un cadre durable.

Et alors que nous sommes confrontés à l’un des plus grands défis que la Terre ait jamais connus, la détermination à l’échelle mondiale est encore plus forte.

Ainsi, monsieur le Président, si l’administration américaine abandonne la lutte contre les changements climatiques, le Canada intensifiera ses efforts.

Il y a près d’un siècle, l’un des meilleurs premiers ministres du pays, Wilfrid Laurier, a lancé un avertissement aux générations futures.

Il a déclaré : « Les nations commettent souvent l’erreur de ne pas saisir entièrement les nécessités de la situation. Elles manquent d’audace. ».

Le monde connaît aujourd’hui un moment charnière. Les changements climatiques sont à la fois le plus grand défi de notre époque, ainsi qu’une source d’immenses possibilités.

Je souhaite donc affirmer que nous relèverons ce défi et profiterons des possibilités qu’il offre. Le Canada ne manquera pas d’audace.

Tandis que nous réitérons aujourd’hui l’engagement du Canada envers l’Accord de Paris, n’oublions pas qu’il s’agit aussi d’un engagement envers nos enfants et nos petits-enfants.

Moi qui suis mère de trois enfants, Madeleine, Isabelle et Cormac, je me demande souvent à quoi ressemblera le monde quand ils auront mon âge.

Je n’ai toutefois pas la réponse, mais je sais que si nous nous efforçons de prendre les bonnes décisions, nous léguerons à nos enfants et à nos petits-enfants un monde meilleur, qui leur offrira une économie robuste, propre et diversifiée; des collectivités saines et dynamiques; ainsi que des lacs et des montagnes immaculés.

Ils n’en méritent pas moins.

Monsieur le Président, mon ami Elder Courchesne, de la Première Nation Sagkeeng du Manitoba, envisage les choses ainsi :

« À la fin de votre vie, on vous demandera si vous vous êtes occupé du jardin. »

Aujourd’hui, nous avons l’occasion de véritablement changer les choses, de nous occuper du jardin dont nous profitons tous.

J’espère que tous les députés appuieront la motion présentée ce soir en faveur de l’Accord de Paris.

Merci.

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2017-06-23