Discours de clôture prononcé par la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, à l’occasion de la 21e Conférence annuelle sur les changements climatiques à Chatham House

Discours

[Discours prononcé fait foi]

Londres (Royaume-Uni) – Le 10 octobre 2017

Bonjour. Merci Robert pour cette aimable présentation.

C’est un grand honneur d’être ici à Chatham House. D’ailleurs, cela me rappelle de formidables souvenirs. J’ai consacré beaucoup de temps à la recherche et à la rédaction de mon mémoire de maîtrise à la London School of Economics.

Étonnamment, j’ai été ici à Chatham House à peu près au même moment où la Conférence sur les changements climatiques de Chatham House a commencé. Je suis très contente d’être de retour!

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai consacré une grande partie de ma vie à l’étude, à la compréhension et à la pratique des relations internationales. Je m’y suis penchée sérieusement tout au long de mes études universitaires. Puis, je suis devenue une étudiante dans le monde réel, où j’ai été témoin de la tâche délicate de la mise en pratique de la politique, et où des vies étaient souvent en jeu. En Indonésie, j’ai travaillé comme avocate dans les années qui ont suivi la chute de Suharto et j’ai pu observer des étudiants courageux lutter pour la justice et la responsabilisation. À titre de négociatrice principale pour l’Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental (ATNUTO), la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Timor oriental, j’ai travaillé avec les personnes courageuses de Timor-Leste pour reconstruire la plus récente nation du monde, après des décennies de lutte acharnée pour l’indépendance. Puis, avec Égaliser, l’organisme de bienfaisance dont je suis la cofondatrice, j’ai observé des peuples autochtones au Canada et à l’étranger lutter pour la justice.

Je comprends et je partage votre croyance en l’importance des relations internationales, à savoir l’importance de la façon dont les États interagissent les uns avec les autres, et cela est de plus en plus vrai pour les entreprises, la société civile et les particuliers. L’idée que le monde est un jeu à somme nulle simpliste où un pays gagne ou perd est obsolète. Les défis auxquels nous faisons face sont beaucoup trop complexes, et nos destins sont trop imbriqués. Nous avons le choix : soit nous travaillons tous ensemble pour une cause commune en vue d’un avenir plus prospère et plus durable pour tout le monde, soit nous sombrons tous ensemble.

Il n’y a pas de meilleur exemple que celui des changements climatiques, le défi le plus urgent de notre époque.

Mais je suis une optimiste réaliste. Même si les changements climatiques représentent un énorme défi, le monde entier est enfin prêt à agir. Je l’ai vu de mes propres yeux à Paris il y a presque deux ans, d’une manière qui aurait été inimaginable des années, voire des mois auparavant. Et le mouvement a pris son élan depuis. Les pays, les villes, les entreprises et les particuliers prennent des mesures climatiques tangibles et ambitieuses. Tout aussi important, j’ai observé le marché prendre le virage de la croissance propre.

Je ne prends généralement pas la peine de parler de la science derrière les changements climatiques ou du rôle que les humains jouent dans le réchauffement de notre planète parce que les preuves sont à la fois claires et accablantes. Je préfère consacrer mon temps à agir face aux changements climatiques plutôt qu’à lutter contre les personnes qui nient l’existence des changements climatiques. Malheureusement, certaines personnes en position de pouvoir continuent à entretenir des mythes à ce sujet, même hier ici à Londres.

Donc, je vais commencer par une histoire.

Je pense beaucoup à cette histoire parce qu’elle expose clairement la réalité des changements climatiques et l’énormité de la tâche qui nous attend, ce qui me motive.

L’été dernier, j’ai voyagé dans l’Extrême-Arctique canadien. C’est un endroit d’une beauté stupéfiante, une vaste étendue de toundra, de glace de mer et d’océan bleu, et sa biodiversité comprend les bélugas, les baleines boréales et les ours blancs.

Mais ce qui a rendu ma visite spéciale était la possibilité de voir la région à travers les yeux des jeunes qui y vivent.

J’ai rejoint une expédition qui comprenait des jeunes, des climatologues et des aînés inuits voyageant à travers Tallurutiup Imanga, connu en français sous le nom de détroit de Lancaster – l’entrée du passage du Nord-Ouest – pour mieux comprendre comment les changements climatiques ont changé la vie dans le Nord.

Un jour, vers la fin de mon voyage, un garçon inuit de 14 ans s’est assis sans faire de bruit à côté de moi et m’a montré une liste. Elle énumérait tous les changements qu’il observait et qui pourraient être attribuables, selon lui, aux changements climatiques. Il m’a raconté comment il est resté coincé à cause de la fonte du pergélisol alors qu’il chassait; il m’a parlé de la perte de caribous, un aliment de base pour les Inuits; des ours blancs plus maigres; et des chasseurs expérimentés qui ne sont plus en mesure de déterminer l’épaisseur de la glace qui peut céder sous leur poids. Un climatologue dans notre groupe nous a malheureusement confirmé que ce sont tous des signes tangibles d’un réchauffement climatique.

Et, effectivement, le climat se réchauffe. L’Extrême-Arctique canadien subit un réchauffement trois fois plus rapide que dans le reste du Canada. L’existence de l’un des écosystèmes les plus fragiles au monde est menacée.

Je peux dire avec certitude que contrairement à certains, mon jeune ami inuit ne pense pas que « tout se passe bien » en matière de changements climatiques.

Je peux également affirmer avec certitude que la grande majorité des habitants des pays, des États et des villes qui ressentent les effets dévastateurs des ouragans, des sécheresses extrêmes ou des inondations massives aggravées par le réchauffement de la planète ne remettent pas en cause les données scientifiques concernant les changements climatiques.

Contrairement à certaines personnes, ils n’ont pas le luxe de faire l’autruche. Les dommages causés par les phénomènes météorologiques extrêmes coûtent des centaines de milliards de dollars et détruisent des économies. Mais bien pire, ils menacent la survie d’êtres humains.

Et c’est aux dirigeants du monde, et aux gens comme nous dans cette salle, de les protéger et de protéger la seule planète que nous avons.

La grande question qui se pose maintenant est la suivante : Que ferons-nous face aux changements climatiques? Vers qui ou vers quoi le monde se tournera-t-il alors que le besoin de coopération internationale se fait criant?

La conclusion heureuse de l’Accord de Paris, lequel est soutenu par près de 200 pays, est un grand pas dans la bonne direction. J’ai été très fière de prendre part aux négociations. Il y a eu de longues nuits et des débats difficiles, mais, en fin de compte, nous avons vu les pays se mobiliser contre l’inertie que le scepticisme entraîne et s’attaquer résolument aux changements climatiques. L’Accord de Paris a concilié des différends entre les pays développés et les pays en développement. Il a établi un large consensus selon lequel tous les pays doivent prendre des mesures concrètes. Il a également établi un cadre qui garantit la responsabilisation et la transparence. Et les pays développés s’engagent à soutenir les mesures que prendront les pays en développement. L’Accord de Paris a prouvé que tous les pays peuvent se rallier, car la coopération dans la lutte contre les changements climatiques sert les intérêts de tous les pays et nos intérêts collectifs, en tant qu’êtres humains. Et, étonnamment, l’Accord de Paris est entré en vigueur l’an dernier, bien des années avant la date prévue, après que des pays du monde entier se soient unis pour le ratifier le plus rapidement possible.

Mais les mesures mondiales ne se sont pas arrêtées là. L’an dernier, à Kigali, au Rwanda, plus de 170 pays se sont mis d’accord pour limiter les polluants émis par les climatiseurs qui contribuent aux changements climatiques, lesquels sont des milliers de fois plus néfastes que le dioxyde de carbone, par un amendement au Protocole de Montréal. Cette entente pourrait prévenir une augmentation des températures d’un demi-degré Celsius d’ici la fin du siècle et représente l’une des mesures les plus importantes que nous pouvons prendre maintenant pour atteindre l’objectif de l’Accord de Paris, qui consiste à limiter la hausse de la température mondiale nettement en deçà de 2 degrés.

L’an dernier, les pays ont également signé un accord avec l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), lequel a été en grande partie négocié par le Canada, qui établit un cadre visant la réduction des émissions de carbone produites par le transport aérien international. Cette mesure est essentielle puisque les émissions atmosphériques n’ont pas été traitées dans l’Accord de Paris.

Depuis, bien sûr, certains obstacles se sont posés. L’annonce de l’administration des États-Unis d’Amérique de son intention de se retirer de l’Accord de Paris fait partie des plus grands obstacles.

Et pourtant, malgré cette décision, nous avons vu les pays, et un très grand nombre d’Américains, s’unir encore une fois.

Dans les heures qui ont suivi la décision des États-Unis, des pays du monde entier ont réaffirmé leur engagement à l’égard de l’Accord de Paris. Des dizaines de villes et d’États américains, menés par la Californie, la sixième plus grande puissance économique du monde, de même que des centaines d’entreprises américaines, ont annoncé leur engagement à soutenir l’Accord de Paris.

Des chefs de file du secteur public, comme l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, ont aidé à promouvoir cet engagement dynamique envers l’Accord de Paris. Comme il me l’expliquait récemment, il est persuadé que les mesures prises par les villes, les entreprises et les collectivités américaines pourraient atteindre, voire dépasser, la cible qu’avait établie l’administration Obama. Il s’efforce de faire accepter de telles mesures par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) parallèlement à la participation des pays à l’Accord de Paris.

La décision de l’administration des États-Unis, loin d’affaiblir les liens tissés par l’Accord de Paris, a plutôt renforcé la volonté de tous les pays.

La décision de l’administration des États-Unis a également renforcé la volonté du Canada. À la suite de l’annonce des États-Unis de son retrait des mesures de lutte contre les changements climatiques, nous nous sommes résolus à intensifier nos efforts à l’échelle internationale.

Auparavant, c’était l’administration des États-Unis qui invitait les plus grandes puissances économiques à discuter et à proposer des mesures de lutte contre les changements climatiques. C’était certainement le cas sous le leadership du président Obama. Cependant, lorsqu’il est apparu évident que cela ne se produirait pas, je suis allée à Berlin ce printemps pour rencontrer mes homologues chinois et de l’Union européenne. Nous avons parlé de la nécessité d’avoir un leadership mondial et du besoin de redoubler d’efforts. Cette réunion a donné lieu à un engagement du Canada, de la Chine et de l’Union européenne d’organiser conjointement la première réunion des plus grandes puissances économiques avant la 23e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 23). Je suis heureuse de dire que, le mois dernier, nous avons eu une réunion ministérielle très fructueuse à Montréal. Des ministres et des représentants de trente pays développés et en développement y étaient présents. Et le message émanant de cette réunion était clair : l’Accord de Paris est non négociable et irréversible. Le monde évolue.

Permettez-moi de dire quelques mots au sujet de la Chine, puisqu’il convient de comprendre l’engagement de ce pays à titre de leader dans la lutte contre les changements climatiques. Je peux vous assurer que la Chine comprend bien le besoin d’agir, et elle agit. Voici quelques statistiques incontestables : en Chine, deux éoliennes sont érigées toutes les heures, chaque jour. En 2016, le pays a ajouté presque suffisamment de panneaux solaires pour couvrir trois terrains de soccer toutes les heures. La Chine a récemment annoncé qu’elle visait à ce que cinq millions de véhicules à énergie propre sillonnent ses routes d’ici 2020. Cette année, le pays lance le marché du carbone le plus important du monde.

Le Canada continuera d’agir à l’échelle internationale. Nous venons d’inviter des centaines de scientifiques qui soutiennent le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat de l’ONU à Montréal et nous avons doublé notre financement offert à ce groupe. Nous nous efforçons de promouvoir l’élaboration d’un plan d’action pour l’égalité entre les sexes en vertu du CCNUCC et la formation de femmes comme négociatrices en matière de climat pour les pays en développement, de sorte que les femmes se trouvent en plus grand nombre autour de la table. De plus, nous avons organisé conjointement un atelier sur les collectivités locales et les peuples autochtones, toujours en vertu de la CCNUCC. Pour terminer, nous nous sommes engagés à soutenir les pays les plus vulnérables aux répercussions des changements climatiques avec un financement historique de 2,65 milliards de dollars pour la lutte contre les changements climatiques.

Nous nous sommes également engagés à prendre des mesures liées au climat dans notre pays. Au Canada, nous savons que l’environnement et l’économie vont de pair. Il est tout simplement faux de laisser entendre que nous devons, ou pouvons, choisir entre les deux. Nous reconnaissons que nous devons laisser aux générations futures une planète propre et saine. Nous comprenons également qu’au cours du siècle de la croissance propre, la population canadienne récoltera les fruits de la transition ambitieuse vers un avenir plus propre : davantage d’emplois et une économie plus forte.

Mais ce ne fut pas toujours le cas. Pendant une décennie, le gouvernement précédent a échoué dans la prise de mesures contre les changements climatiques : cette expression n’était pas utilisée et les scientifiques étaient muselés. Mais devant l’inertie du gouvernement fédéral, les provinces sont intervenues. La Colombie‑Britannique a tarifé la pollution, ce qui a entraîné une diminution des émissions et une croissance de l’économie, et le Québec s’est joint au système de plafonnement et d’échange de la Californie. L’Alberta a mis en place les tout premiers plafonds absolus pour les émissions provenant des sables bitumineux, en plus de s’engager à éliminer progressivement l’utilisation du charbon et à instaurer une tarification de la pollution.

Depuis son entrée au pouvoir, en octobre 2015, notre gouvernement a suivi cet exemple. Nous avons annoncé que nous instaurerons une tarification de la pollution par le carbone à l’échelle du pays, qui sera établie à 10 $ en 2018 et qui augmentera de 10 $ par la suite. Il s’agissait du cœur de notre plan canadien sur les changements climatiques, que nous avons élaboré l’an dernier avec nos provinces et territoires, et en consultation avec les peuples autochtones.

La tarification du carbone, même au Canada, n’est pas nouvelle. En effet, 80 % de la population canadienne vit déjà dans une région où il existe un système de tarification de la pollution par le carbone.

L’idée est simple : nous mettons un prix sur ce que nous ne voulons pas, soit la pollution, et favorisons ce que nous voulons, soit de faibles émissions et l’innovation propre.

Il s’agit d’une possibilité réelle d’exploiter la puissance du marché pour orienter les comportements, en vue de protéger notre environnement et de faire croître notre économie.

Bien que la tarification du carbone représente une partie importante de notre plan sur les changements climatiques, il ne s’agit pas de la seule initiative majeure.

À l’heure actuelle, nous assurons également l’élimination du charbon, de manière progressive et rapide.

Avant de poursuivre, je souhaite prendre le temps de féliciter le Royaume-Uni pour son initiative visant l’élimination progressive de la production traditionnelle d’électricité à partir du charbon d’ici 2025.

Le Canada et le Royaume-Uni sont à l’avant-plan des mesures mondiales de réduction du carbone, et l’élimination progressive de la production traditionnelle d’électricité à partir du charbon signifiera un air plus propre et une meilleure santé pour les citoyens de ces deux pays.

Le plan sur les changements climatiques du Canada inclut aussi ce qui suit :

  • Des normes du bâtiment de plus en plus strictes;
  • Une nouvelle norme relative au combustible propre;
  • Une stratégie sur les véhicules ne dégageant aucune émission;
  • De nouvelles normes liées au méthane qui permettront de réduire les émissions de méthane de 40 % à 45 % d’ici 2025;
  • La réduction des émissions de gaz à effet de serre du gouvernement fédéral au sein de ses bâtiments et parcs de véhicules;
  • L’expansion de l’approvisionnement propre et la modernisation des pratiques d’approvisionnement du gouvernement.

Comme je l’ai dit, nous savons que les mesures climatiques offrent aussi des perspectives économiques énormes pour le Canada.

L’Accord de Paris était un signal clair indiquant aux marchés que les pays se dirigent vers un avenir plus propre. Le siècle de la croissance propre est commencé, et vous pouvez en constater des exemples clairs. Mark Carney, mon ami exporté temporairement au Royaume-Uni, considère que la croissance propre offre une possibilité économique de 30 mille milliards de dollars. Bloomberg New Energy Finance s’attend à ce que 5,1 mille milliards de dollars soient investis dans les nouvelles énergies renouvelables d’ici 2030.

Les sources d’énergie renouvelable deviennent de plus en plus concurrentielles sur le plan financier. En fait, dans certains cas, elles deviennent plus abordables que les sources d’énergie traditionnelle. Par exemple, le Chili produit de l’énergie solaire pour environ trois sous par kilowattheure.

Aux États-Unis, les industries de l’énergie solaire et de l’énergie éolienne permettent de créer des emplois 12 fois plus rapidement que le reste de l’économie. En fait, ces industries ont permis de créer près de 485 000 emplois. Parallèlement, l’industrie charbonnière, qui enregistre des suppressions de postes depuis 2012 principalement en raison des forces du marché et de la concurrence provenant du gaz naturel à bas prix, a fourni un peu plus de 160 000 emplois à l’échelle mondiale, desquels seulement 54 000 sont liés à l’exploitation minière. Le charbon fera bientôt partie du passé.

Les investisseurs ont beaucoup à voir avec cela. En 2015, pour la première fois, plus d’argent a été investi dans l’énergie renouvelable (265,8 milliards de dollars américains) que dans les nouvelles énergies provenant des nouveaux projets d’exploitation du charbon et du gaz (130 milliards de dollars).

Nous reconnaissons que durant le siècle de l’énergie propre, le Canada a l’occasion d’être un chef de file dans le développement des principales technologies propres, ce qui permet de faire croître notre économie et de créer des emplois de qualité. Nous savons que les pays qui innovent auront un avantage concurrentiel dans le futur.

Notre gouvernement a investi plus de 2 milliards de dollars afin de soutenir la technologie et l’innovation propres dans des sous-sols et des laboratoires, et pour favoriser la commercialisation et la croissance. Nous nous sommes également joints à Mission Innovation avec les États-Unis, le Royaume-Uni et d’autres pays afin de doubler notre investissement en recherche et développement.

Toutefois, nous savons que la technologie commence dans les laboratoires, et j’ai visité plusieurs d’entre eux. Nous avons aussi renouvelé le financement de Technologies du développement durable Canada, qui aidera les nouveaux innovateurs à nouer les premiers contacts, une première étape qui est essentielle.

En collaboration avec les provinces, nous investissons également des milliards de dollars dans l’infrastructure verte, comme les recharges de véhicules électriques, les transports en commun, et le haut rendement énergétique. Les investissements de notre gouvernement permettent à l’innovation de prendre de l’essor sur le marché.

Finalement, par de nombreux mécanismes de financement novateurs, comme la Banque de l’infrastructure du Canada et l’obligation verte d’Exportation et développement Canada, nous contribuons à ce que les nouvelles technologies deviennent monnaie courante.

Bien sûr, l’étape finale est le partage de l’innovation à l’échelle mondiale, et c’est pourquoi notre gouvernement est favorable au libre‑échange. C’est aussi pourquoi il est important pour nous de conclure des accords d’échanges progressistes avec les marchés stratégiques mondiaux, comme l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne qui vient d’entrer en vigueur.

Plus tôt cette année, 11 entreprises canadiennes de technologies propres ont figuré parmi les 100 entreprises les plus importantes du monde. Nous prenons plus que notre place. Il s’agit d’entreprises comme Carbon Cure, en Nouvelle-Écosse, qui a développé une technologie de pointe permettant de capter la pollution industrielle par le carbone et de l’injecter dans le ciment afin de créer du béton plus économique et solide.

Pour conclure, je vais vous parler d’une conversation que j’ai entendue l’an dernier lors de la 22e Conférence des Parties au Maroc, entre un aîné inuit et le dirigeant d’un petit État insulaire. Ils échangeaient sur l’incidence dévastatrice qu’avaient les changements climatiques sur leurs collectivités, et l’aîné inuit a conclu la conversation en disant : « Donc, ma terre natale est en train de fondre et elle entraîne la vôtre sous l’eau ». J’en ai eu le cœur brisé.

Les relations internationales ne portent pas vraiment sur la politique. Elles concernent les personnes.

En définitive, lorsque nous élaborons des politiques environnementales et décidons des mesures qui devraient être prises par les pays et le monde entier, nous devons nous rappeler que des personnes sont liées à ces politiques.

Selon elles, les changements climatiques ne relèvent pas d’une discussion théorique ou d’une question litigieuse : il s’agit d’un problème qui menace leur mode de vie, leur culture et leur avenir. Notre avenir.

Comme le pape François l’a indiqué dans sa lettre encyclique intitulée Laudato si’, nous sommes tous responsables de protéger notre maison commune... pour mes trois enfants, pour vos enfants et pour les générations futures.

Je tiens à vous remercier de m’avoir accueillie ici, aujourd’hui. La mission de Chatham House visant à bâtir un monde durable, prospère et juste est des plus importantes.


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