Déclaration nationale du Canada à la COP24 : Discours de la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna

Discours

Le 12 décembre 2018 – Katowice (Pologne) 

Sous réserve de modifications. Ce discours a été traduit en conformité avec la Politique sur les langues officielles et révisé aux fins d’affichage et de distribution conformément à la Politique de communication de gouvernement du Canada.

Monsieur le Président, Vos Excellences, distingués invités, Mesdames et Messieurs, je suis ravie d’être ici à la COP24, à Katowice. Aujourd’hui, nous célébrons la Journée des genres, et je tiens à remercier toutes les femmes qui sont des chefs de file de l’action climatique : des femmes du secteur public, des dirigeantes autochtones, des dirigeantes d’entreprises, des femmes des collectivités locales ou des membres de la société civile. Continuez votre excellent travail.

Nous sommes la première génération à subir à grande échelle les répercussions des changements climatiques. Nous sommes également la première génération à en comprendre les solutions, et nous nous sommes tous engagés à faire notre part. Et comme l’indique si bien le rapport du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C, que nous accueillons d’ailleurs favorablement : nous sommes la dernière génération à pouvoir agir afin de prévenir les conséquences les plus désastreuses. Les Canadiens en sont conscients.

Les phénomènes météorologiques extrêmes sont plus nombreux et causent des dégâts plus coûteux, et sont plus dévastateurs pour les collectivités canadiennes.

Au cours des dernières années seulement, des inondations ont touché Calgary, Toronto et les provinces de l’Atlantique; une vague de chaleur a causé près de 100 décès à Montréal; des feux de forêt sans précédent ont éclaté aux quatre coins du Canada; une sécheresse intense a frappé le Manitoba, et des tornades dévastatrices se sont formées près d’Ottawa, là où j’habite.

Nous voyons concrètement les répercussions des changements climatiques, que ce soit par la perte d’habitat, la disparition d’espèces, la piètre qualité de l’air, une plus grande transmission de maladies et la migration de millions de personnes partout sur la planète. Les répercussions sur la population sont bien réelles. Elles ont une grave incidence sur les finances, la santé et le moral.

Comme notre premier ministre Justin Trudeau l’a clairement indiqué, en tant que chefs de file, nous avons une responsabilité importante envers nos citoyens quant à la prise de mesures ambitieuses pour assurer à tous un avenir plus sécuritaire, plus sain et plus prospère. Nous pouvons le faire et nous devons le faire. Et le Canada est déjà sur la bonne voie.

En travaillant pendant plus d’un an avec les provinces et les territoires ainsi qu’avec les peuples autochtones et la rétroaction des Canadiens, nous avons élaboré un ambitieux plan canadien de lutte contre les changements climatiques. À compter de l’an prochain, polluer ne sera désormais plus gratuit au Canada. Il est maintenant plus évident que jamais qu’il est impossible de prôner la gratuité de la pollution si nous voulons que celle-ci diminue. Voilà pourquoi nous imposons un prix sur la pollution d’un océan à l’autre. La tarification de la pollution est la manière la plus efficace de réduire les émissions et de stimuler l’innovation propre dont nous avons besoin.

En fait, la province de la Colombie-Britannique reçoit en ce moment même un prix pour son action climatique, et je dois dire que j’en suis très fière. La Colombie-Britannique impose un prix sur la pollution depuis maintenant une décennie. Son économie figure parmi celles qui ont connu le plus fort taux de croissance au Canada, et la province est un chef de file dans le secteur des technologies propres.

De plus, nous espérons que les Canadiens sauront s’adapter à la nouvelle réalité imposée par la tarification de la pollution. Il est extrêmement important d’adopter une approche axée sur les personnes pour veiller à ce que le coût de la vie soit abordable dans une économie à faibles émissions de carbone. Un bon nombre de provinces et de territoires ont accepté le défi de la tarification de la pollution, mais dans les provinces qui l’ont décliné, nous mettrons en œuvre un système de tarification de la pollution et nous fournirons à chaque adulte et à chaque enfant un incitatif à agir pour le climat pour veiller à ce que ce système soit avantageux pour eux.

La tarification de la pollution s’inscrit dans une série de plus de 50 mesures que le Canada a instaurées sur son territoire pour réduire la pollution. De plus, nous éliminons la production d’électricité à partir du charbon et nous nous sommes fixé comme objectif que notre secteur de l’électricité soit composé à 90 % d’énergies renouvelables. Nous réglementons la pollution des secteurs du pétrole et du gaz; nous investissons dans l’énergie renouvelable et l’infrastructure du réseau électrique. Nous faisons des investissements historiques dans le transport en commun et l’infrastructure verte. Nous investissons dans les mesures d’efficacité énergétique pour que les entreprises et les familles puissent économiser de l’argent.

Nous travaillons avec les entreprises et les entrepreneurs afin de profiter des possibilités mondiales d’une valeur de quelque 26 mille milliards de dollars liées aux technologies propres. Ce ne sont là que quelques exemples qui montrent que nous nous tournons vers l’avenir, tout en créant de bons emplois.

Nous travaillons en outre à favoriser la prise de mesures plus ambitieuses au Canada et à l’étranger. Voilà pourquoi nous nous sommes engagés à doubler la superficie de nature que nous protégeons, ce qui nous aidera à atténuer les répercussions des changements climatiques et à nous y adapter. Nous élaborons également une stratégie visant à éliminer les déchets de plastique qui nous permettra de réduire les émissions et de nous attaquer à la pollution plastique présente dans nos océans et nos rivières.

De plus, nous pouvons sans cesse peaufiner notre stratégie à long terme pour l’horizon vingt-cinq ans, visant à réduire la pollution et à créer une croissance économique propre. Nous avons adopté une approche de type « Équipe Canada », qui appuie les mesures ambitieuses prises par les villes, les entreprises, les entrepreneurs, les peuples autochtones, ainsi que les jeunes.

Sur la scène internationale, vous êtes tous invités à célébrer demain le premier anniversaire de l’Alliance : Énergiser au-delà du charbon qui a été lancée par le Canada et le Royaume-Uni. Nous savons tous que nous devons nous détourner du charbon, mais nous devons le faire tout en offrant du soutien aux travailleurs et aux collectivités qui sont tributaires du charbon, car la transition ne se fait pas toujours facilement.

Les personnes sont au cœur du plan de croissance propre du Canada. Chaque jour, en tant que représentante élue, il est de mon devoir de me souvenir de toutes ces personnes pour qui je travaille : les mères et les pères, les enfants, les personnes qui s’échinent au travail. Les mesures que nous prenons pour lutter contre la pollution doivent également créer des avantages concrets pour la population : de nouveaux emplois dès aujourd’hui et des emplois pour nos enfants; des manières plus économiques et plus pratiques de se rendre au travail; un air et une eau de meilleure qualité, et une réduction des factures résidentielles d’électricité et de chauffage.

Le Canada comprend la valeur du multilatéralisme. L’Accord de Paris est un exemple parfait où les pays ont uni leurs forces pour faire face au plus grand défi que la communauté internationale ait à surmonter, soit les changements climatiques.

Notre rencontre ici à Katowice constitue un moment charnière, et il est absolument nécessaire que nous maintenions l’élan mondial. Le Canada est déterminé à ce que nous parachevions les règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris (et j’espère vraiment que nous y parviendrons dans les délais prévus), qui assureront la mise en œuvre efficace, ambitieuse et transparente de l’Accord de Paris.

J’ai bon espoir que tous les pays qui sont venus à Katowice souhaitent un dénouement positif. Je crois que nous pouvons repartir d’ici avec un ensemble de règles présentant clairement des lignes directrices sur la manière de mettre en œuvre nos plans et d’envoyer des signaux économiques clairs qui stimuleront l’innovation propre et la croissance propre, afin que nous puissions assurer un avenir plus sécuritaire et plus prospère à nos enfants et à nos petits-enfants.

Il reste beaucoup de travail à faire pour atteindre le consensus que nous recherchons sur les éléments clés des règles de mise en œuvre, notamment en matière de transparence, de finances, de marché et d’ambition.

Pour ce qui est de la transparence, nous sommes en faveur d’accorder une certaine flexibilité pour une période déterminée aux pays qui en ont vraiment besoin, étant donné que certains pays en développement doivent être soutenus pour renforcer leurs capacités et déclarer avec exactitude et transparence leurs émissions.

Sur le plan financier, le Canada demeure résolu à verser la contribution promise de 2,65 milliards de dollars. D’ailleurs, une somme de plus de 1,2 milliard de dollars a été versée jusqu’à présent.

En ce qui concerne les règles relatives au marché, une section de l’Accord de Paris à laquelle j’ai personnellement eu la chance de contribuer, nous devons élaborer des règles crédibles et transparentes permettant de préserver l’intégrité de l’environnement. Il doit s’agir d’un système dont les pays voudront se servir par le truchement d’accords bilatéraux, ce qui signifie que ce système doit réduire autant que possible les obstacles transactionnels et financiers.

Sur le plan de l’ambition, la « solidarité » doit être le mot d’ordre. Nous devons absolument pouvoir dire que les pays prennent des mesures réelles qui reset [sic] ensemble… [respectent] un ensemble de règles communes.

Nous savons qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, mais nous demeurons confiants de pouvoir trouver une solution consensuelle ici à Katowice. Bien honnêtement, nous n’avons d’autre choix que de trouver des solutions. Alors mettons-nous au travail.


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