Les dix événements météorologiques les plus marquants au Canada en 2018

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Les dix phénomènes météorologiques les plus marquants au Canada en 2018

10 Ontario et Québec

Froid et mauvais temps en avril

9 Canada

Record de froid : coup d’envoi d’un long hiver

8 Toronto

Déluge au mois d’août

7 Rivière Saint-Jean

Crues rapides et inondations

6 Colombie-Britannique

Inondations printanières

5 Ottawa-Gatineau

Tornades en été

4 Ontario

Forts vents en mai

3 Prairies

Temps chaud et sec et neige abondante

2 Canada

Vague de chaleur estivale

1 Canada

Feux de forêt records et fumée

Notre climat change, et les Canadiens d’un océan à l’autre sont touchés. Soyez prudent! Soyez météo-logique!

Le Canada n’est pas aussi froid qu’auparavant, les régions et les saisons sont toutes plus chaudes que jamais. Le Canada reste le pays le plus enneigé, mais il tombe moins de neige dans les régions du Sud. Notre manteau neigeux en montagne et nos glaciers disparaissent rapidement, et le nombre de jours sans gel augmente. Nos périodes de végétation sont plus longues, mais tout comme la durée et l’intensité de la saison des feux de forêt. Les Grands Lacs ont enregistré au cours des dix dernières années à la fois le niveau d’eau historiquement le plus élevé et le plus bas. Lorsqu’il pleut, il pleut souvent plus fort et plus longtemps avec un plus grand nombre de crues soudaines, notamment dans nos villes. Les tempêtes semblent prendre de l’ampleur et se déplacer plus lentement, laissant plus de dégâts dans leur sillage.

Les scientifiques d’Environnement et Changement climatique Canada ont conclu que le risque d’incendie dans l’Ouest est passé de deux fois plus élevé à six fois plus élevé depuis 2015 en raison du réchauffement lié à l’activité humaine et que dans l’Arctique, les valeurs minimales extrêmes de la glace marine dans les dernières années auraient été « très peu probables » en l’absence de l’influence humaine. En réalité, les scientifiques ont établi un lien clair entre les changements climatiques et les phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les vagues de chaleur, les incendies de forêt, les inondations et la disparition de la glace marine.

Les changements météorologiques au Canada se manifestent soudainement et non subtilement, rapidement et non progressivement. Au fur et à mesure que les Canadiens continuent de subir un plus grand nombre de phénomènes météorologiques extrêmes, les vagues de chaleur intenses pouvant durer des mois, la fumée et la brume suffocantes provenant des feux de forêt et les inondations extrêmes deviendront tout simplement la norme dans quelques décennies. Des événements qui étaient autrefois rares ou inhabituels pour nos grands-parents sont désormais chose commune, alors que nous devenons tous plus vulnérables et exposés à des risques liés aux phénomènes météorologiques extrêmes. Comme les dix événements météorologiques les plus marquants de 2018 le confirment, les Canadiens doivent faire preuve de plus de résilience, non seulement pour les événements à venir, mais aussi pour les variations climatiques qui se manifestent déjà.

Cette année a été une autre année destructrice et coûteuse qui s’est caractérisée par des conditions météorologiques extrêmes, ayant une grande incidence partout au pays. Des rivières ont connu des crues historiques en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick, tandis que la région du Grand Toronto a connu des inondations presque chaque fois que des fortes pluies ont eu lieu. Dans le Nord, des pertes importantes de la couverture de la glace marine et des réductions de l’épaisseur de la glace se poursuivent; toutefois, d’une année à l’autre, la variabilité de l’étendue de la glace a représenté un défi important pour les collectivités de l’Arctique et pour la navigation maritime. Paulatuk, Kugluktuk, Cambridge Bay et d’autres villages n’ont pas été en mesure de recevoir une partie ou la totalité de leur réapprovisionnement annuel par bateau entraînant une pénurie de certains biens et une hausse des prix pour les résidents, les entreprises et le gouvernement. Comme l’année dernière, le climat a été chaud et sec pendant trop longtemps dans les Prairies, situation qui a donné lieu à des difficultés graves pour les producteurs et les éleveurs. La différence entre cette année et l’année dernière est qu’une fois la récolte commencée, un épisode de neige et de froid hivernal prématuré a eu lieu pendant près de six semaines. Des incendies incontrôlables ont fait rage en Colombie-Britannique en juillet, et en Ontario en août. Les pompiers de la Colombie-Britannique ont commencé l’année de la même manière que la précédente, en venant en aide aux résidents aux prises avec des inondations printanières record avant de se mettre à combattre près de trois fois le nombre moyen d’incendies dans le cadre d’un état d’urgence étendu à toute la province. Des brasiers ont vicié l’air pendant des mois avec un niveau inégalé de fumée et de brume touchant des millions de Canadiens d’un océan à l’autre.

Pour ce qui est des tornades, il n’est jamais possible d’obtenir un nombre exact, mais 49 tornades confirmées et possibles ont été enregistrées en 2018, soit moins que la normale. Toutes étaient d’une intensité faible, sauf pour une tornade meurtrière à Alonsa au Manitoba le 6 août, occasionnant le premier décès au Canada en sept ans, et une série de tornades violentes qui s’est abattue sur certaines parties de l’Est de l’Ontario et de l’Ouest du Québec le dernier jour de l’été. Et quel été! Avec une chaleur incessante, de Victoria à St John’s et Ottawa, qui a connu sa deuxième fête du Canada la plus chaude depuis la Confédération. Montréal a connu le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré avec des conséquences mortelles. Des centaines de records sont tombés dans l’Ouest, y compris le jour le plus chaud jamais enregistré à Calgary. Pour certaines villes, des records opposés se sont enchaînés avec le mois le plus froid jamais enregistré en avril suivi du mois le plus chaud jamais enregistré en mai. Si vous demandez à la plupart des Canadiens, ils vont vous dire que la longue chaleur estivale a été soit une bénédiction, soit une malédiction, mais que ce qui les a irrités le plus c’est l’interminable hiver. Le froid s’est installé tôt dans la saison et n’a pas lâché prise jusqu’en mai.

Pour la période de 12 mois allant de décembre 2017 à novembre 2018, chaque saison s’est avérée plus chaude que la normale, avec une moyenne de 0,4 ⁰C au-dessus des normales. Malgré le froid apporté par La Niña au début de l’année, 2018 s’est rapidement transformé en l’année la plus chaude avec des températures au-dessus des normales pour la 22e année consécutive. Selon l’Organisation météorologique mondiale des Nations Unies, 2018 était la 40e année consécutive à l’échelle mondiale où les températures se situaient au-dessus de la normale et la quatrième année la plus chaude depuis le début des observations il y a 135 ans. Les 20 années les plus chaudes ont été enregistrées au cours des 22 dernières années, dont les quatre dernières années ont été les plus chaudes.

1. Le nombre record d’incendies de forêt et d’heures sous un ciel enfumé

Partout au Canada, la saison des incendies de forêt a connu un départ lent en raison de l’hiver long et persistant qui a duré jusqu’en mai dans certaines régions. Malgré ce début tardif, les statistiques nationales indiquent qu’il y a eu plus de feux que jamais l’an dernier et que la superficie totale brûlée correspondait au double des moyennes à plus long terme.

En Colombie-Britannique, les inondations printanières ont mené à un accroissement de la végétation, laquelle s’est desséchée durant l’été chaud et sec la rendant ainsi propice à l’embrasement. Pour la deuxième année consécutive, la Colombie-Britannique a été confrontée à un état d’urgence à l’échelle de la province. Près de 2 000 incendies de forêt ont fait rage dans toute la province. Si la saison a commencé tard, elle a rattrapé le temps perdu. En date du 8 août, on avait recensé 460 incendies de forêt simultanés, soit plus que n’importe quel jour de 2017, dont 25 d’une ampleur considérable.

Le mois de mai a été l’un des plus chauds et des plus secs jamais enregistrés sur l’ensemble de la côte intérieure et sud de la Colombie-Britannique. Un mois de juin humide a atténué temporairement les préoccupations liées aux incendies de forêt, mais en juillet, les choses ont pris des proportions alarmantes. Le 18 juillet, la foudre a enflammé les forêts de l’Okanagan. Les rafales de vent et la chaleur intense ont créé des feux agressifs et se propageant rapidement qui ont entraîné des évacuations et un état d’urgence. Étant donné l’élévation des températures de l’air et la chute de l’humidité, les feux se propageaient très vite, portés par le vent, devenant impossibles à maîtriser. Les forces militaires se sont jointes aux pompiers du Canada, des États-Unis, du Mexique, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande pour lutter contre les brasiers.

En août, plus de 10 millions de Canadiens, de Victoria aux côtes du lac Supérieur, inhalaient la fumée des feux de l’Ouest. Dans cette région, les alertes sur la qualité de l’air sont devenues une réalité quotidienne pendant des semaines, l’air pollué par la fumée mettant en péril la vie des aînés, des très jeunes et de quiconque aux prises avec une maladie respiratoire. En aval des feux, les résidents de plusieurs villes de l’Ouest ont eu du mal à respirer pendant un nombre record d’heures, comme s’ils étaient assis autour d’un feu de camp couvant. Certaines villes de l’Alberta étaient particulièrement sombres et sales, Calgary ayant enregistré 478 heures de fumée et de brume (on en compte normalement 12 pour tout l’été), dont un épisode entre le 14 et le 20 août qui a duré 141 heures consécutives. Edmonton a connu 230 heures de fumée et de brume, soit plus que le double par rapport à son été le plus enfumé. La magnifique Colombie-Britannique n’était plus aussi belle et dans le pays du grand ciel des Prairies, on n’a pu voir le ciel pendant la majeure partie de l’été.

Une forêt rougie par le feu près de Good Creek en Colombie-Britannique

2. Le Canada touché par la vague de chaleur estivale mondiale

Dans le monde entier, l’été 2018 a été le troisième plus chaud jamais enregistré. La chaleur torride s’est étendue du Japon à la Grande-Bretagne en passant par la Californie, et le Canada n’a pas été en reste. Le mois de mai a apporté un été hâtif qui a persisté implacablement pendant tout le mois d’août, voire plus longtemps dans l’Est. Pour des millions de gens dans le Sud du Canada, l’été dernier a été le troisième plus chaud jamais enregistré. Certains jours, les avertissements de chaleur étaient en vigueur de l’île de Vancouver à Terre-Neuve-et-Labrador, l’humidex atteignant autour de 45 dans certaines régions. Il est rare que le Canada soit en proie à une vague de chaleur humide aussi longue, mais deux anticyclones de blocage semi-permanents ont perduré des deux côtés du pays tout au long de l’été : un anticyclone des Bermudes fixé au-dessus de l’océan Atlantique et un anticyclone de la Californie immobilisé au-dessus de la côte Pacifique. Il en a résulté un dôme qui emprisonnait l’air chaud de l’été et empêchait le temps plus humide de s’installer.

Des millions de personnes dans l’Est ont dû s’armer de patience pour traverser cette vague de chaleur étouffante qui est arrivée à temps pour la longue fin de semaine de la fête du Canada, s’échelonnant de la fin du mois de juin à la fin de la première semaine de juillet, ce qui lui vaut le titre de vague de chaleur la plus longue et la plus intense depuis des années. À Ottawa, la dernière fête du Canada a été la deuxième plus chaude enregistrée depuis les années 1880. De plus, l’humidex a atteint un sommet de 47, le plus haut jamais enregistré dans la capitale nationale. De l’autre côté de la rivière des Outaouais à Gatineau, l’humidex a atteint 48, ce qui constitue un record. Il s’agit probablement de la pire combinaison de chaleur et d’humidité qu’ait connue la région de la capitale nationale. À juste titre, la participation aux célébrations d’après-midi sur la Colline du Parlement a chuté : on attendait 20 000 participants, et il n’y en a eu que 6 000. À Montréal, Urgences-santé a vu ses appels d’urgence augmenter de 30 %. Dans tout le Québec, 93 personnes sont décédées de complications liées à la chaleur.

Les mois de juillet et d’août, combinés, ont été les plus chauds jamais enregistrés dans le Canada atlantique, et l’humidité n’a fait qu’ajouter à l’inconfort. En juillet, certaines villes des quatre provinces de l’Atlantique ont connu la température moyenne la plus élevée jamais enregistrée, dont à Halifax, avec des températures maximales de 25 °C pendant deux semaines de suite, fracassant le record précédent établi en 1876. En Saskatchewan, trois villes ont brisé des records absolus de hautes températures : Regina a établi un record pour le mois d’août avec une température maximale de 41,3 °C le 11 août, selon des statistiques remontant à 1883. Le même jour, la température à Moose Jaw a atteint un sommet record de 42,3 °C. Il ne manquait que deux degrés pour égaler la température maximale la plus chaude jamais enregistrée au Canada. Toutefois, c’est le nouveau record historique de Calgary, selon des statistiques remontant à 1881, qui a fait les manchettes nationales lorsque la température a atteint 36,5 °C le 10 août.

Levée du soleil à Montréal sur une journée chaude

3. Un temps chaud et sec suivi de chutes de neige nuit aux récoltes des Prairies

Les agriculteurs et les éleveurs des Prairies ont affronté d’énormes défis en cette saison de croissance éprouvante. La ligne de gel faisant deux mètres de profondeur par endroits, le printemps long et froid n’a pas permis aux agriculteurs d’accéder à leurs champs avant la mi-mai. Une sécheresse est venue ensuite jusque dans le sud et le centre des Prairies, où, entre avril et août, il n’y a eu que 60 % des chutes de pluie moyennes. Par endroits, la quantité totale de pluie a été à son plus bas depuis au moins 40 ans. Certains producteurs ont connu une troisième année sèche d’affilée. À Regina, les années consécutives de sécheresse de 2017 et de 2018 ont été les plus sèches enregistrées, selon des registres s’échelonnant sur 135 ans.

Lorsque la chaleur étouffante est arrivée en juillet et en août, les cultures se sont flétries. Les éleveurs de bétail et les producteurs laitiers ont vu leurs stocks de céréales fourragères s’étioler et les prix augmenter, ce qui les a contraints à vendre leur bétail et leurs vaches laitières prématurément. À Val Marie, en Saskatchewan, par exemple, les chutes de pluie durant la saison de croissance se sont chiffrées à 72 mm à peine, ce qui équivaut à moins d’un tiers de la quantité normale. Dans une ferme située près de Val Marie, le pré de fauche ne comportait que 32 balles par acre, par rapport à 210 l’année précédente, couvrant moins du tiers des besoins pour l’hiver.

La région est passée de l’été à l’hiver avec la chute des températures et la pluie qui s’est changée en neige lorsqu’une masse d’air froid en provenance du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest a envahi les Prairies la deuxième semaine de septembre, s’installant jusqu’à la mi-octobre. Le gel en septembre est normal, mais six semaines de froid et de neige, c’est du jamais vu. La grande majorité des cultures, dont la valeur s’élève à plus de 4 milliards de dollars, sont restées dans les champs et ont été aplaties par les chutes de neige record. Les agriculteurs ont assisté à la dégradation de la qualité de leurs cultures journée froide après journée froide, jusqu’à ce qu’elles touchent le bas-fond fourrager. L’Alberta a été la province la plus durement touchée par les conditions météorologiques exécrables au moment de la récolte. Sans aucun doute, Edmonton a connu son mois de septembre le plus misérable de tous les temps. Les températures en après-midi avoisinaient un record de 6,6 °C en deçà des normales de saison, et il y a eu des chutes de neige record de 38,4 cm, alors que la normale est de 1 cm. En octobre, Calgary a eu droit à son tour à la misère météorologique. Durant les deux premiers jours du mois, 38 cm de neige au total sont tombés à l’aéroport, brisant le record pour n’importe quelle journée d’octobre en 138 ans.

Un champ de blé desséché

4. Les vents puissants du mois de mai coûtent un milliard de dollars

Le 4 mai, une ligne de grain formée par des orages et se déplaçant rapidement a traversé le sud-ouest de l’Ontario vers midi, est passée par la région du Grand Toronto vers 16 h et s’est précipitée vers les villes de Montréal et de Québec dans la soirée. Les rafales de la force d’un ouragan ont produit des vitesses de vent record au mois de mai : 126 km/h à Hamilton, 122 km/h à Kitchener-Waterloo, 119 km/h à Toronto et 117 km/h à Montréal. Des lignes électriques se sont effondrées, ce qui a entraîné des pannes de courant étendues. Au Québec, 285 000 clients ont été privés d’électricité, tandis qu’en Ontario, où les vents ont endommagé 350 poteaux électriques, 300 000 clients ont été touchés. Sous l’effet de ces vents violents, des clôtures, des panneaux, des bardeaux, des bardages, du mobilier de patio et des abris d’autobus se sont envolés. Des vents rectilignes ont fait tomber des branches d’arbres sur des véhicules et des résidences, ont fait osciller des immeubles de grande hauteur et ont provoqué l’effondrement de grues. À certaines intersections, des feux de circulation sont tombés. À Toronto et dans ses environs, le service ferroviaire GO a été interrompu. Le long des côtes de l’est du lac Ontario, des vents forts et des vagues hautes ont détruit des quais. Au Québec, des vagues ont dépassé des brise-lames et érodé les côtes. Malheureusement, trois travailleurs ont été tués pendant la tempête. Selon le Bureau d’assurance du Canada, il s’agissait de la tempête la plus coûteuse du pays en cinq ans, les pertes totales ayant été estimées à près de un milliard de dollars.

Bardeau manquant sur un toit à Toronto

5. Les tornades d’Ottawa-Gatineau le dernier jour de l’été

Le 21 septembre, le dernier jour de l’été, des météorologues en Ontario et au Québec étaient occupés à faire le décompte des statistiques sur le temps violent de la saison. La saison des tempêtes avait été relativement calme avec cinq tornades en Ontario et deux au Québec, ce qui était inférieur aux chiffres normalement relevés de douze et sept tornades, respectivement. En même temps, ils gardaient un œil sur la collision possible d’une masse d’air chaude et humide avec un front froid puissant. Les conditions étaient propices pour produire des orages en fin d’après-midi dans l’est de l’Ontario et l’ouest du Québec.

À 16 h 17, une veille de tornade qui avait été émise pour une grande partie des comtés de Renfrew et de Lanark, près d’Ottawa, s’est transformée en avertissement. Juste avant 17 h, une tornade a frappé Kinburn-Dunrobin, a traversé la rivière des Outaouais et s’est abattue sur la région du Pontiac (Luskville) du cours inférieur de l’ouest du Québec, avant de toucher le quartier Mont-Bleu à Gatineau. Moins d’une heure plus tard, une autre ligne d’orages a traversé la vallée de l’Outaouais, créant une autre tornade qui a frappé Ottawa d’Arlington Woods (Nepean) à Greenboro (Gloucester).

La tornade de Dunrobin et Gatineau a été classée EF3 avec des vents d’une vitesse maximale allant jusqu’à 265 km/h, ce qui en a fait la tornade la plus forte frappant l’est de l’Ontario depuis 1903. Cela est d’autant plus remarquable qu’il s’agissait, depuis 120 ans, de la tempête la plus terrible à avoir frappé le Canada, quelle que soit la province canadienne concernée, au mois de septembre. La tornade de Dunrobin et Gatineau a duré 40 minutes et a semé la destruction sur un parcours de presque 40 kilomètres de long. La tornade d’Arlington Woods a été classée EF2 avec des vents d’une vitesse maximale de 220 km/h. L’éruption de tornades a également compris quatre autres tornades classées EF1 (entre 138 et 177 km/h), une à Calabogie en Ontario et trois au Québec (Val-des-Bois; près du réservoir Baskatong et 25 km au nord de Otter Lake). À la suite de ces tornades, 430 000 personnes se sont retrouvées sans électricité.

Maisons détruites après le passage de la tornade à Dunrobin en Ontario

6. Les inondations printanières dans tout le sud de la Colombie-Britannique

Pour la deuxième année consécutive en Colombie-Britannique, des inondations printanières étendues ont menacé des collectivités dans tout le sud de la province, en particulier le long des rivières Okanagan, Kettle et du fleuve Fraser. Après un hiver enneigé, l’enneigement dans l’ensemble de la province au printemps a été le plus grand observé depuis près de 40 ans de tenue des registres, soit de 160 à 260 % supérieur à la normale, avec une hauteur de plus de dix mètres sur certains pics montagneux. Lors des températures maximales records à la fin du printemps, une « fonte abrupte » a frappé la région. L’enneigement, des pics alpins aux vallées, a fondu tout d’un coup, saturant les réseaux hydrographiques et entraînant des inondations prolongées.

Sous l’effet d’une crête de haute pression stationnaire, un air chaud et sec, supérieur de 5 à 10 °C à la moyenne saisonnière observée au début du mois de mai, s’est déplacé vers le nord, favorisant une fonte des neiges constante. Quelques jours plus tard, des averses et des orages dispersés ont aggravé la situation. L’eau a augmenté dans les rivières pour atteindre des niveaux qui n’avaient pas été observés depuis plus d’un demi-siècle, causant des inondations dévastatrices et contraignant des milliers de résidents à évacuer leur foyer. Trois cents membres des Forces armées canadiennes, 200 pompiers et des centaines de bénévoles ont passé une semaine éreintante à pomper et à endiguer à l’aide de sacs afin de lutter contre les eaux dont le niveau augmentait. Près de 5 000 résidents ont été évacués et une alerte de veille a été émise pour 7 000 autres résidents, tandis que des états d’urgence ont été déclarés dans l’ensemble de l’intérieur des terres. Deux jours de pluie abondante ont fait en sorte que les rivières ont atteint des niveaux plus élevés que ceux enregistrés au cours des inondations dévastatrices 70 années auparavant. Les forêts brûlées, dépourvues de végétation, à la suite des feux de végétation de l’été dernier, ont été particulièrement vulnérables aux crues soudaines, aux coulées de boue et de débris. Les années successives marquées par des inondations et des incendies de forêt importants ne sont pas encore une tendance, mais sont une source de préoccupations, car chacune de ces catastrophes peut augmenter le risque de l’autre.

Un chemin inondé en Colombie-Britanique

7. La crue éclair de la rivière Saint-Jean

Les inondations le long de la rivière Saint-Jean sont un rite du printemps au Nouveau-Brunswick : des tâches liées à l’érection de digues de sable sont prévues. Néanmoins, rien d’inhabituel n’avait été prévu pour les inondations de cette année. Même les experts en inondation les plus chevronnés ont été pris par surprise. L’enneigement avait été important, mais n’avait pas battu des records. Les premiers jours avaient été chauds, mais aucun record de chaleur n’avait été relevé. Des pluies abondantes se sont déversées, mais elles n’étaient pas inhabituelles. Aucun des éléments déclencheurs d’inondations n’était en soi remarquable, mais leur combinaison a créé des inondations qui ont fait sortir de son lit l’eau la rivière Saint-Jean pendant plus de deux semaines. Au début du mois d’avril, Edmundston a été recouvert de 50 à 80 cm de neige. Au cours d’une période de 48 heures, les températures dans la province ont grimpé pour atteindre 29 °C, en transformant le bassin de la rivière Saint-Jean. Des tempêtes de pluie abondante ont toutefois commencé à se former, la pluie tombant durant 31 des 32 jours suivants, totalisant 152 mm. Il en a résulté une élévation de près de deux mètres au-dessus des niveaux d’inondation dans la rivière Saint-Jean. Plus la température a augmenté, plus la fonte des neiges s’est accélérée et plus les eaux de crue sont montées. En aval de la rivière de Fredericton, les niveaux d’eau ont dépassé les niveaux de 2008 et les niveaux historiques de 1973, ce qui caractérise l’année 2018 par les inondations les plus importantes et les plus dévastatrices de l’histoire moderne du Nouveau-Brunswick. Dans l’ensemble de la province, les rivières ont été remplies d’eaux usées brutes, huiles à moteur, de réservoirs à propane et d’animaux noyés. Les niveaux d’eau ont été tellement élevés que les célèbres chutes réversibles ont cessé leur phénomène d’inversion. À cela se sont ajoutés plusieurs jours de vents violents qui ont créé des vagues importantes et une érosion connexe. La Transcanadienne entre Fredericton et Moncton a été fermée, ainsi que plus de 150 autres routes, ponts et ponceaux dans l’ensemble de la province. L’armée canadienne et la Garde côtière canadienne sont intervenues pour contribuer aux opérations de secours lors des inondations.

Un immeuble inondé

8. Le déluge du mois d’août à Toronto

Tard dans la soirée le 7 août, une tempête dense a pris naissance près de l’Université York dans la banlieue de Toronto avant de se diriger vers le sud et de déverser son humidité sur le centre de la ville. Une station météorologique du centre-ville a enregistré 58 mm de pluie et l’aéroport de l’île de Toronto en a reçu 72 mm. Étonnamment, l’aéroport international Lester B. Pearson à Mississauga et l’aéroport de Buttonville à Richmond Hill ont reçu à peine 6 mm de pluie; d’autres stations météorologiques n’ont enregistré aucune pluie. Au centre-ville, la crue éclair a inondé les rues et sous les viaducs, submergé des véhicules et forcé conducteurs et passagers à se mettre rapidement en lieu sûr. L’eau a pénétré dans les installations souterraines et a même coincé deux hommes dans un ascenseur souterrain. Durant l’inondation, leur immeuble de bureaux a manqué d’électricité et des policiers ont dû se précipiter à la nage pour les sortir de l’ascenseur où le niveau d’eau montait rapidement. Lorsque les deux hommes ont enfin été secourus, il ne restait que 30 cm d’espace d’air dans la cabine. L’eau a inondé des parcs de stationnement et des quais de métro et semé le chaos dans le réseau de transport de la ville. Durant l’été, des pluies modérées ont parfois causé des inondations, ce qui a mis au jour une problématique plus complexe dans les zones urbaines : à mesure que les villes s’étalent et que de plus en plus de surfaces deviennent imperméables, le risque d’inondation urbaine s’accroît.

Un parc inondé

9. Un froid record annonciateur d’un long hiver

Au Canada, l’hiver 2017 à 2018 a commencé en novembre, s’est amplifié en décembre, s’est calmé en janvier et est revenu en lion en février, pour s’installer pendant deux mois. Cet hiver de six mois a été pénible même pour les plus fervents amateurs de la saison froide au Canada. Il a commencé lorsque le redouté vortex polaire a fléchi et libéré une masse d’air glacial et des refroidissements éoliens brutaux. Puis, juste à temps pour le 21 décembre, le premier jour de l’hiver, un courant arctique d’un froid record venu du pôle Nord s’est répandu sur tout le Canada. Entre Noël et le Jour de l’an, des records de froid ont été fracassés et l’année 2018 a commencé sur des avertissements météorologiques de froid extrême pour une bande du Canada de la taille de l’Europe. De Calgary à l’île du Cap-Breton, les célébrations du Nouvel An prévues à l’extérieur ont eu lieu à l’intérieur et la plupart des baignades polaires du 1er janvier ont été pour ainsi dire mises sur la glace.

À la fin janvier, au début d’hiver, le sud du Québec avait déjà atteint le nombre annuel moyen de jours affichant des mercures de -20 °C ou plus bas. Edmonton a enregistré un nombre record de 127 jours consécutifs de mercures inférieurs au point de congélation. Devant les édifices du Parlement à Ottawa, le « Hockey sur la Colline » a dû avoir lieu à l’intérieur lorsque les températures froides sont devenues trop dangereuses. Le long hiver polaire a eu des répercussions dans tout le pays dont, notamment, des retards de livraison du courrier, de collecte des déchets et des matières recyclables en milieu rural, de trains et d’avions, en raison de pièces d’équipement gelées. Les refuges urbains pour personnes itinérantes et vulnérables cherchant à se protéger du froid étaient débordés.

Un chemin et des arbres couverts de verglas

10. Un mois d’avril cruel, froid et orageux

Connu comme le mois le plus cruel, avril a fait honneur à sa réputation presque partout au Canada en 2018. À l’échelle nationale, ce fut le mois d’avril le plus froid depuis 16 ans et, en Ontario et au Québec, il n’avait pas été aussi froid depuis 71 ans. Certains l’ont surnommé le mois de « javril » et agriculteurs et golfeurs ont dû patienter pour que la nature se réveille enfin.

Le 4 avril, une puissante tempête ayant pris naissance au Colorado a traversé le sud de l’Ontario et du Québec recouvrant les surfaces de pluie verglaçante, déversant de la pluie ou de la neige (ou les deux à la fois) en abondance et ébranlant la région de violents vents dominants (courant-jet). Pendant près de 20 heures, la pluie verglaçante s’est abattue sur Montréal et la Gaspésie. Une onde de tempête à Québec a fait sortir le fleuve Saint-Laurent de son lit, inondant des routes. Puis, le 15 avril, une tempête deux fois plus puissante venue du Texas a causé plusieurs jours de grésil et de pluie verglaçante dans la région. En trois jours, le sud de l’Ontario avait reçu des chutes de pluie équivalentes à ce que reçoit la région en deux semaines. La Ville de Toronto a connu 21 heures de grésil, 9 heures de pluie verglaçante et 24 heures de pluie. Ce cocktail météo a donné des accumulations de 7 à 12 centimètres par endroit. Dans le sud et dans l’est de l’Ontario, des vents forts ont délogé des plaques de neige et de glace des bâtiments fracassant des fenêtres des édifices de la Colline du Parlement à Ottawa et du centre-ville à Toronto. La tour du CN a fermé après que de la glace en soit tombée et ait percé le dôme du stade, ce qui a forcé l’annulation d’une partie des Blue Jays. Le nombre de pannes d’électricité provoquées par ces deux tempêtes a atteint 500 000 en Ontario et 100 000 au Québec, et certains abonnés ont été touchés par ces pannes deux fois en moins de deux semaines.

Miroir de vue latérale gelé suite à une tempête de verglas

Faits saillants régionaux

Canada

  • Une autre année chaude – à peine
  • Bas niveau record des glaces marines (concentration maximum)
  • Et un niveau encore plus faible de glaces marines (concentration minimum)

Canada atlantique

  • Jour de Noël (2017), panne d’électricité en Nouvelle-Écosse
  • Pont couvert perdu dans une inondation
  • Blizzard de Pâques
  • Neige estivale à Terre-Neuve
  • Rare gel en juin
  • Les tempêtes Chris, Beryl et Michael
  • D’autres pannes d’électricité
  • Les homards ne sont pas encore à bord des bateaux
  • Chute de neige record à Happy Valley
  • Une violente tempête frappe Terre-Neuve
  • 350 000 résidents des Maritimes sont plongés dans l’obscurité

Québec

  • Les inondations de janvier suivent des froids records
  • Des surfaces glacées dans l’ensemble du sud du Québec
  • Inondations de février et pannes d’électricité
  • Trois tempêtes coup sur coup en mars
  • Trois tempêtes durant le cruel mois d’avril
  • Les vents d’août ne sont pas doux

Ontario

  • Le cocktail météo de janvier
  • Dégel, averses et inondations en février
  • Rebondissements météorologiques d’avril et de mai
  • La première tornade de l’Ontario
  • Trio de tempêtes de juin dans le nord de l’Ontario
  • Ottawa, temps trop sec pendant trop longtemps et trop humide tout d’un coup
  • Menaçants feux de forêt en Ontario
  • Arbres tombés, arbres tombés
  • La pluie cause des inondations à Toronto
  • Relents de la tempête tropicale Gordon
  • Les dernières tornades de septembre
  • Avant-goût de l’hiver

Provinces des Prairies

  • Blizzard d’un million de dollars
  • Abondance de neige à Calgary
  • La fonte soudaine et les embâcles provoquent des inondations en Alberta
  • La saison des feux de forêt au Manitoba commence tôt et prend fin rapidement
  • Le temps orageux perturbe le bétail et les personnes
  • La neige et le froid de mai cèdent à la chaleur de juin à Churchill
  • Les conditions météorologiques prolongent de trois heures un match de football
  • Tempêtes au cœur des Prairies
  • Les tornades en Saskatchewan – l’équivalent d’une année en deux jours
  • Des averses de grêles d’un million de dollars dans les prairies de l’Ouest
  • Tempête de grêle à Calgary au début août
  • La tornade le plus forte et la plus dévastatrice en Amérique du Nord
  • Chute de neige record en septembre à Edmonton
  • Tempête historique d’octobre à Calgary
  • Retour de l’automne oublié
  • Le verglas éteint les lumières et l’eau en Saskatchewan

Colombie-Britannique 

  • Tempête de verglas du lendemain de Noël dans la vallée du Fraser
  • Tempête de janvier frappant la côte de la Colombie-Britannique
  • Soleil liquide de janvier
  • Le pire moment de l’hiver arrive en février
  • Chaleur et sécheresse records en juillet
  • L’hiver commence à la fin de l’été
  • Les conditions météorologiques freinent les traversiers, mais pas les coureurs

Nord

  • Vague de chaleur de l’hiver arctique
  • La glace de l’ocean Arctique cause des problèmes de transport maritime
  • Noël sous le gel
  • Des heures et des heures de blizzard
  • Chaleur au Yukon
  • Chutes de pluie records à Yellowknife
  • Peu de feux de forêt dans les Territoires du Nord-Ouest
  • Des vents records balaient la capitale du Nunavut
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