Les dix événements météorologiques les plus marquants au Canada en 2025

Les dix événements météorologiques les plus marquants de 2025

L'année 2025 a connu son lot d'événements météorologiques marquants. Nous avons été confrontés aux défis d'un climat changeant, où les événements météo extrêmes gagnent en fréquence et en intensité. Feux de forêt dévastateurs, inondations généralisées, sécheresses prolongées, canicules sans précédent et orages violents ont mis à l'épreuve nos infrastructures et nos communautés. Face à ces défis, la résilience et la capacité d'adaptation de nos communautés ont rayonné, démontrant une solidarité et une force remarquables.

Chaque année, une équipe de météorologues sélectionne avec soin les événements météo les plus marquants en fonction de leurs répercussions sur la population, tels les dommages causés, les coûts engendrés, l'ampleur de la zone touchée ou de leur intérêt médiatique. Ces événements soulignent l'importance de renforcer notre préparation et notre capacité d'adaptation face aux changements environnementaux en cours.

Jetez un œil aux 10 événements météorologiques les plus marquants de l'année 2025.

1. Deuxième pire année de feux de forêt au Canada

L'année 2025 se classe au deuxième rang des pires années jamais enregistrées pour les feux de forêt. Les feux ont brûlé environ 8,9 millions d'hectares, soit une superficie supérieure à celle du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard réunis. Près de la moitié de la superficie totale couverte par les incendies se trouvait en Saskatchewan et au Manitoba, où de nombreux feux ont pris des proportions considérables, certains allant même jusqu'à se fusionner. Les effets ont été ressentis dans tout le pays. Plus de 75 000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile et près de trois personnes évacuées sur cinq appartenaient à des communautés des Premières Nations. Tragiquement, deux personnes ont perdu la vie au Manitoba.

En 2025, la superficie annuelle brûlée se classe au deuxième rang, après la saison des feux de forêt sans précédent de 2023.

Fin avril et début mai en Alberta, en Colombie-Britannique, à Terre-Neuve, au Manitoba et en Ontario

La saison s'est déroulée par vagues dans les différentes régions. Des incendies se sont déclarés pendant de longs épisodes de temps chaud, sec et venteux. La sécheresse généralisée a rendu les forêts et la végétation extrêmement inflammables, ce qui a accentué l'intensité des feux.

Peu de temps après la fonte des neiges, du temps chaud et venteux a rapidement asséché les forêts de l'ouest.

Alberta et Colombie-Britannique

À la fin avril, les premiers feux de forêt de la saison ont commencé à éclater dans certaines régions de l'Alberta. Au début mai, des incendies ont fait leur apparition dans le centre et le nord de la Colombie-Britannique. Dans les régions du nord-est de la Colombie-Britannique frappées par la sécheresse, certains feux de forêt qui avaient pris naissance en 2023 ont repris vie pour la troisième année consécutive après avoir couvé sous terre pendant deux hivers.

Terre-Neuve

Pendant ce temps, les feux de forêt se sont aussi intensifiés à l'autre bout du pays. Le manque de neige en hiver a fait en sorte que le sud-est de Terre-Neuve était extrêmement sec au début mai. Le 7 mai, un feu de forêt près d'Adam's Cove dans le nord de la baie de la Conception a déclenché l'état d'urgence local et l'évacuation de centaines de résidents. Quarante-cinq structures ont été perdues, dont sept maisons.

Manitoba et Ontario

Puis, du 11 au 14 mai, des records de chaleur ont fait grimper le mercure entre 34 et 39 °C dans le sud du Manitoba et le nord-ouest de l'Ontario. Le temps chaud et venteux a alimenté la propagation rapide des feux de forêt près de la frontière entre le Manitoba et l'Ontario, forçant des évacuations et détruisant plusieurs bâtiments. Deux personnes sont mortes tragiquement le 13 mai après avoir été piégées par un incendie à Lac du Bonnet, au Manitoba, où 28 maisons et chalets ont été détruits.

Fin mai en Colombie-Britannique, au Manitoba, en Alberta et en Saskatchewan

À la fin mai, un nouvel épisode de temps chaud et venteux dans l'ouest a provoqué la prolifération rapide des feux du nord-est de la Colombie-Britannique jusqu'au Manitoba. Le 26 mai, un feu de forêt au nord de Swan Hills, en Alberta, a forcé l'évacuation de toute la ville. Dans le nord de la Saskatchewan et du Manitoba, plusieurs grands feux ont fusionné et menaçaient les collectivités avoisinantes. Le 28 mai, des milliers de personnes ont été évacuées au Manitoba, notamment toute la ville de Flin Flon.

La Saskatchewan et l'Alberta ont déclaré l'état d'urgence pendant un mois. Les Forces armées canadiennes ont été déployées dans les deux provinces pour lutter contre les incendies et participer à l'évacuation des collectivités éloignées du Manitoba. La Main d'œuvre humanitaire a également épaulé les personnes évacuées dans les deux provinces. La fermeture d'autoroutes et le manque d'hôtels ont compliqué davantage les évacuations massives dans ces régions, certaines personnes ayant dû se rendre jusqu'en Alberta et en Ontario.

Plus à l'ouest, le 29 mai, le feu de forêt de la rivière Kiskatinaw a provoqué de nouvelles évacuations au sud de Dawson Creek, en Colombie-Britannique. En Alberta, les rafales causées par le passage d'un front froid ont intensifié plusieurs incendies et certains feux sont devenus assez puissants pour générer leurs propres orages. À Chipewyan Lake, en Alberta, les pompiers se sont retrouvés piégés temporairement lorsqu'un feu de forêt a bloqué la seule voie d'évacuation. Plus de la moitié des bâtiments de la collectivité, dont des infrastructures essentielles, ont été détruits.

Juin et juillet en Saskatchewan, en Colombie-Britannique, à Terre-Neuve et au Manitoba

Le 2 juin, des feux de forêt près de La Ronge, en Saskatchewan, ont entraîné l'évacuation de la collectivité et des régions environnantes. Plus à l'est, un feu de forêt près de Denare Beach, en Saskatchewan, a détruit des maisons.

Tout au long des mois de juin et de juillet, les panaches de fumée des feux de forêt ont causé une mauvaise qualité de l'air sur une grande partie du Canada et des États-Unis. Des villes des Prairies comme Saskatoon, Regina, Prince Albert et Winnipeg ont connu le mois de juillet le plus enfumé jamais enregistré. Ailleurs, les incendies ont causé des problèmes par moments en Colombie-Britannique, de l'île de Vancouver et la côte sud jusqu'à l'intérieur des terres.

Le 18 juin, la ville de Badger, à Terre-Neuve, a été évacuée brièvement, et le 4 juillet, les habitants de Lynn Lake, au Manitoba, ont été évacués pour la deuxième fois de l'année. Le 10 juillet, le Manitoba a déclaré à nouveau l'état d'urgence provincial, car les feux continuaient de menacer des collectivités et forçaient des milliers de personnes supplémentaires à quitter leur domicile.

Août en Saskatchewan, au Manitoba, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à l'Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve

En août, les grandes quantités de pluie ont enfin donné du répit à une grande partie du nord de la Saskatchewan et du Manitoba. Dans les provinces atlantiques, en revanche, les semaines de temps chaud et sec ont porté le risque d'incendie à des niveaux extrêmes. Des forêts ont été fermées en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, tandis que l'Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve ont décrété des interdictions de feux. À Halifax, un feu de forêt à Bayer's Lake a déclenché des évacuations juste à l'ouest de la ville, suivi d'une autre près de Long Lake le 14 août.

Des feux ont également fait rage à Terre-Neuve, notamment le feu de l'étang Paddy's près de St. John's et le feu de Kingston dans le nord de la baie de la Conception. Le 19 août, le feu de Kingston avait ravagé plus de 8 000 hectares.

Fin août et début septembre en Colombie-Britannique, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest

Lorsque l'été a fait place à l'automne, la plupart des feux de forêt se sont concentrés à nouveau dans l'ouest du pays. Les records de chaleur enregistrés en Colombie-Britannique et au Yukon de la fin août au début septembre ont aggravé la situation, ce qui a provoqué des évacuations dans la région de Cariboo-Chilcotin et la fermeture de la route de Coquihalla au nord de Hope, en Colombie-Britannique, pendant deux jours. Dans les Territoires du Nord-Ouest, les feux de forêt ont forcé l'évacuation de Fort Providence et de Whatì à la fin du mois d'août. La fumée causée par les feux dans l'ensemble de la région a réduit la qualité de l'air dans l'ouest du pays tout au long du mois de septembre, surtout en Colombie-Britannique.

La vaste superficie brûlée en 2025 s'inscrit dans la tendance de saisons des feux de forêt de plus en plus sévères. La superficie brûlée s'est avérée bien supérieure à la moyenne pour quatre des cinq dernières années. Vu les répercussions généralisées dans tout le pays, on se souviendra de l'année 2025 comme l'une des pires années de feux de forêt au Canada.

2. La sécheresse s'aggrave dans une grande partie du pays

La sécheresse a touché une grande partie du Canada en 2025, se faisant sentir partout au pays. Elle a d'ailleurs joué un rôle majeur dans la saison des feux de forêt de cette année. La sécheresse a également eu d'importantes répercussions sur l'agriculture, en plus de faire baisser les niveaux d'eau et d'augmenter la pression sur les réserves d'eau dans de nombreuses régions.

De longs épisodes de temps chaud et sec pendant l'été ont entraîné l'apparition de sécheresse dans certaines régions et son aggravation dans d'autres. Certaines régions ont reçu moins de la moitié de leur pluie estivale habituelle, notamment certaines parties de la Colombie-Britannique, le centre et le nord des Prairies, l'est de l'Ontario et le sud du Québec, ainsi qu'une grande partie des Maritimes et plusieurs régions dans le Nord. Selon l'Outil de surveillance des sécheresses au Canada, environ 85 % du pays était anormalement sec ou en situation de sécheresse à la fin septembre, dont environ 76 % des terres agricoles du Canada.

La sécheresse généralisée de 2025 était inhabituelle tant par son ampleur que par son intensité. Elle nous a rappelé avec force que, même dans un pays reconnu pour ses vastes réserves d'eau douce, aucune région n'est à l'abri.

Colombie-Britannique

Dans le nord-est de la Colombie-Britannique, la sécheresse qui s'est installée en 2021 a continué d'empirer. Le faible manteau neigeux accumulé en hiver et les précipitations limitées de l'été se sont traduits par une humidité du sol extrêmement faible et une réduction du débit des rivières. À Dawson Creek, une ville de 15 000 habitants, les autorités ont annoncé au début de septembre que les réserves d'eau ne dureraient que 150 jours, forçant la ville à mettre en place des mesures strictes pour conserver l'eau.

Ailleurs en Colombie-Britannique, le manteau neigeux inférieur à la normale a réduit la capacité de production d'énergie hydroélectrique pour une troisième année consécutive. En septembre, des ordonnances visant à protéger le poisson ont été émises dans la région de Thompson-Okanagan, car les faibles niveaux des rivières mettaient les populations de saumon en danger. Les agriculteurs d'une grande partie de la province ont dû faire face à des récoltes plus faibles et à des pénuries d'aliments pour le bétail.

Alberta et Saskatchewan

Dans les Prairies, le printemps et l'été secs ont contribué à rendre plus active la saison des feux de forêt dans toute la forêt boréale. À la fin de l'été, de nombreuses municipalités du centre et du nord se sont déclarées zones de catastrophes agricoles en raison de la sécheresse. Des lacs se sont asséchés dans certaines parties du centre de l'Alberta. Seuls le sud de l'Alberta et certaines parties du sud-ouest de la Saskatchewan ont reçu plus de pluie que la normale pendant l'été. Une pluie forte tombée juste à temps dans les montagnes alimentant plusieurs rivières des Prairies a permis de prévenir des pénuries d'eau plus graves, après un hiver où le manteau neigeux en montagne était bien en dessous de la normale.

Ontario

Dans certaines parties de l'est de l'Ontario, la sécheresse estivale a entraîné des niveaux d'eau extrêmement bas. Certaines collectivités ont demandé à leurs habitants de réduire de moitié leur consommation d'eau. Les niveaux d'eau dans le fleuve Saint-Laurent ont tellement baissé que les bateaux se sont retrouvés bloqués dans la boue. Les exploitations agricoles locales ont été durement touchées : les vergers de pommiers et les champs non irrigués ont enregistré des rendements plus faibles, tandis que les récoltes de citrouilles ont diminué de près de 70 %.

Canada atlantique

Les Maritimes ont également été confrontées à une sécheresse intense après plusieurs mois de faibles précipitations. Les mois de juillet à septembre ont été les plus secs jamais enregistrés dans plusieurs collectivités, notamment à Amherst, Truro et Greenwood, en Nouvelle-Écosse, et à Summerside, sur l'Île-du-Prince-Édouard. Moncton et Saint John, au Nouveau-Brunswick, et Charlottetown, sur l'Île-du-Prince-Édouard, ont enregistré leur deuxième période estivale la plus sèche, tandis que Halifax a connu sa troisième période la plus sèche.

Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick

La sécheresse a provoqué des pénuries d'eau et de graves répercussions sur l'agriculture. Les ruisseaux et les cours d'eau se sont asséchés dans certaines régions de la Nouvelle-Écosse, forçant l'imposition de restrictions quant à l'utilisation de l'eau dans certaines parties de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, et dans les environs. Les puits se sont asséchés dans plusieurs régions du Nouveau-Brunswick, en particulier sur l'île Grand Manan. Les cultures ont souffert, ce qui a entraîné de plus petits fruits et une baisse de la production de pommes, de maïs, de haricots, de baies, de citrouilles, de pommes de terre et de nourriture pour le bétail. Pour éviter les feux de forêt, les autorités ont instauré des interdictions d'allumer des feux et des restrictions d'utilisation des terres. À la fin du mois d'août, les habitants se sont tournés vers les réseaux sociaux pour célébrer le moindre signe de pluie dans le ciel.

Terre-Neuve

Certaines parties de Terre-Neuve ont également souffert d'une sécheresse extrême. Après un hiver où l'accumulation de neige a été inférieure à la moyenne, les cours d'eau et les lacs ont atteint des niveaux très bas. En juillet, le niveau du réservoir de la ville de Bonavista avait tellement baissé que la conduite principale, normalement submergée, s'est retrouvée exposée à l'air libre. Des restrictions sur l'usage de l'eau ont été émises et l'on a demandé aux résidents d'économiser l'eau en fermant les robinets pendant qu'ils se brossent les dents et en prenant des douches plus courtes.

En août, le réservoir de Sunnyside s'est asséché, ce qui a obligé les autorités à distribuer des bouteilles d'eau. En septembre, ce fut au tour de Hughes Brooks de déclarer l'état d'urgence lorsque son réservoir a atteint un niveau critique.

3. De puissants orages frappent le centre et l'est de l'Ontario

Du 21 juin en soirée jusqu'à l'aube du 22 juin, un violent système orageux a balayé une grande partie du centre et de l'est de l'Ontario, apportant des pluies torrentielles et des vents destructeurs.

Les orages ont privé d'électricité des dizaines de milliers de personnes, endommagé des biens et entravé la circulation dans certaines régions en raison des routes inondées et des débris. De nombreux arbres ont été déracinés par de violentes rafales alors que les orages traversaient le paysage densément boisé en direction du sud-est. Parmi les campeurs qui se trouvaient sur le chemin des orages, plusieurs personnes ont été blessées et une personne a été tragiquement tuée par la chute d'un arbre. Cet événement nous rappelle à quel point les conditions météo peuvent rapidement devenir dangereuses dans la nature.

Parc provincial Samuel de Champlain

Vers 21 heures, les orages se sont intensifiés alors qu'ils se déplaçaient vers l'est de North Bay, touchant de plein fouet le parc provincial Samuel de Champlain. Un homme a failli être blessé lorsqu'un arbre s'est écrasé sur le toit de son chalet, tandis qu'un autre s'est cassé la jambe quand un arbre est tombé sur sa caravane. Des arbres sont également tombés sur d'autres caravanes, tentes et véhicules, ce qui a entraîné l'évacuation du parc, une opération rendue extrêmement difficile en raison des nombreux débris.

Une enquête menée par le Northern Tornadoes Project a révélé que des rafales descendantes étaient à l'origine des dégâts dans la région. Une rafale descendante est une masse d'air qui descend rapidement d'un orage et se propage vers l'extérieur le long du sol. Les dégâts sont causés par des vents rectilignes plutôt que par la rotation des vents comme dans le cas d'une tornade. Certaines de ces rafales ont atteint une vitesse estimée de 190 km/h dans la région, laissant sur leur passage un sillage de destruction d'environ 30 kilomètres de long et jusqu'à 7 kilomètres de large.

Parc provincial Algonquin

Dans le parc provincial Algonquin situé à proximité, la seule route menant à un terrain de camping voisin a été emportée par la forte pluie. Une station météo forestière située à proximité a enregistré 87 millimètres de pluie en seulement deux heures. Cette situation a entraîné une nouvelle opération d'évacuation le lendemain afin de transporter les campeurs bloqués par hélicoptère.

Cette terrible épreuve s'est poursuivie ailleurs dans le parc provincial Algonquin. Tard dans la soirée, les secouristes ont reçu un message SOS par satellite d'une mère et de son fils de 13 ans qui campaient à North Depot Lake. Les sauveteurs ont parcouru 25 kilomètres de routes et de sentiers couverts de débris, déblayant les arbres tombés à la tronçonneuse au fur et à mesure de leur progression. Ils ont parcouru les 300 derniers mètres en canoë pour rejoindre la famille. Le garçon, gravement blessé par la chute d'un arbre sur leur tente, a été transporté à l'hôpital par hydravion dès l'aube.

Vallée du Saint-Laurent

Le système orageux a produit d'autres rafales descendantes alors qu'il se dirigeait vers le sud-est en direction de la vallée du Saint-Laurent. Peu avant 2 heures, des rafales estimées à 115 km/h ont balayé les environs de Mallorytown, provoquant des dégâts sur une distance de neuf kilomètres de long et jusqu'à cinq kilomètres de large. Un homme a tragiquement perdu la vie et sa fille a été blessée lors de la chute d'un arbre sur leur tente dans un camping local avant que les orages ne se déplacent vers l'État de New York.

4. La chaleur et les conditions sèches alimentent les feux de forêt au Manitoba

Peu après la fin de l'hiver, une vague de chaleur intense et précoce a commencé à sévir dans les Prairies canadiennes. Le 7 mai, l'Alberta avait déjà battu des records de température quotidienne. Un jour plus tard, les trois provinces des Prairies ont battu des records, avec des températures journalières dépassant largement les 30 °C.

Dans le sud du Manitoba, la chaleur est devenue véritablement étouffante entre le 11 et le 13 mai, avec des températures maximales supérieures à 35 °C pendant ces trois jours dans certaines stations situées au sud. Emerson a été la première ville à atteindre 37,8 °C le 11 mai. Le 13 mai, Winnipeg a atteint 37 °C, soit la deuxième journée la plus chaude jamais enregistrée en mai. Les nuits ont apporté peu de répit de la chaleur et de nombreuses régions ont enregistré des records de températures nocturnes élevées.

Les conditions ont été plus sèches que la normale dans toute la région pendant au moins un an, et le paysage était encore brun après l'hiver. Ces quelques jours de temps chaud et sec avaient rendu les forêts extrêmement sèches. Le 12 mai, de nouveaux feux de forêt se sont déclarés dans le sud-est du Manitoba et le nord-ouest de l'Ontario, qui se sont rapidement propagés sous l'effet des vents chauds du sud. Le plus grand feu s'est déclaré dans le parc provincial Nopiming, au Manitoba, et s'est propagé sur plus de 100 000 hectares jusqu'au 15 mai.

Les autorités ont déclaré l'état d'urgence et environ 1 000 habitants du Manitoba ont dû fuir leur domicile. Près de 1 200 personnes ont été évacuées à l'ouest de Kenora, en Ontario, dans la région des Nations indépendantes de Wabaseemoong. Dans la région des chalets du Manitoba, près du Lac du Bonnet, les flammes ont détruit 28 bâtiments. Malheureusement, deux personnes ont perdu la vie car les secours ont été incapables de les atteindre en raison de l'intensité des feux.

Dans les jours qui ont suivi, la pluie a offert un répit momentané dans toute la région. Mais ce dernier a été de courte durée. Les feux de forêt de la mi-mai n'étaient malheureusement que le début d'une longue et difficile saison des feux de forêt qui allait s'étendre à de nombreuses autres régions du pays.

5. Quand tout s'est figé : la tempête de verglas qui a paralysé l'Ontario

Du 28 au 31 mars, l'Ontario et le Québec ont été frappés par de longues périodes de pluie verglaçante, provoquant d'importantes accumulations de glace et des répercussions généralisées dans les deux provinces.

La pluie a gelé au contact du sol, recouvrant de verglas tout ce qui était exposé. Sous le poids de la glace, les lignes électriques se sont affaissées et des arbres se sont effondrés, tandis que le craquement des branches qui cédaient et s'écrasaient au sol résonnait dans l'air. Des millions de foyers et de commerces en Ontario et au Québec ont été plongés dans l'obscurité, rendant cette période particulièrement éprouvante.

La pluie verglaçante a persisté dans certaines parties de l'Ontario alors qu'une dépression du Colorado se déplaçant lentement s'est introduite par l'ouest. Elle est tombée pendant 21 heures à Sault Ste. Marie et Ottawa, 26 heures à Sudbury et 35 heures à Trenton, ce qui a permis au verglas d'atteindre une épaisseur importante dans certaines régions. Il est tombé 15 mm de verglas à Barrie, 19 mm à Orillia, 20 mm à Peterborough et Harrowsmith, et 25 mm à Lindsay. Les photos prises par les habitants montraient des branches et des bourgeons emprisonnés dans des bulles de glace parfaitement transparentes, qui auraient pu être magnifiques si elles n'étaient pas aussi destructrices.

Les effets de la tempête de verglas ont été ressentis partout, du nord-est et du sud de l'Ontario jusqu'au sud-ouest du Québec, mais les régions les plus touchées se trouvaient dans un couloir traversant le centre et l'est de l'Ontario. La ville d'Orillia, le district de Muskoka, la collectivité d'Oro-Medonte et la ville de Peterborough ont tous déclaré l'état d'urgence, car des poteaux électriques se sont cassés et des branches d'arbres se sont effondrées sur des lignes électriques, des maisons et des véhicules. Dans l'après-midi du 30 mars, jusqu'à 380 000 clients ont été privés d'électricité en même temps dans l'ensemble de l'Ontario.

Les températures ont chuté à un niveau inconfortable dans de nombreux foyers, ce qui a incité les autorités à ouvrir des centres d'hébergement, convertissant une variété d'espaces en haltes-chaleur publiques, notamment des autobus. Les pompes de puisard étant hors service en raison des pannes, de nombreux sous-sols ont été inondés. Les équipes d'hydro ont dû parcourir des routes presque impraticables, jonchées de débris d'arbres. Il leur a fallu plusieurs jours pour rétablir l'électricité, en particulier dans les régions les plus éloignées.

Dans l'est de l'Ontario, la tempête a provoqué près de 100 collisions de véhicules, faisant plusieurs blessés et un mort. De nombreuses routes ont été fermées dans l'ensemble de l'Ontario, ainsi que des écoles et des commerces au début de la semaine suivante.

Hydro One en Ontario a déclaré qu'il s'agissait de la pire tempête de verglas de la province depuis l'événement historique de 1998.

6. Tempêtes de neige mémorables dans le centre et l'est du Canada en 2025

L'hiver et l'automne 2025 ont été marqués par une série de tempêtes de neige remarquables et perturbatrices dans le centre et l'est du Canada. La saison a commencé par un trio de puissantes tempêtes consécutives en février, qui ont occasionné des vents violents et enseveli une grande partie de ces régions sous la neige.

Quelques mois plus tard, en novembre, un autre puissant système a donné un avant-goût de l'hiver à bon nombre de ces mêmes régions. Même si ces tempêtes ont eu lieu à des moments différents, elles avaient un point en commun : des dépressions qui se sont rapidement intensifiées, suivant une ligne de démarcation nette entre les températures et puisant dans une humidité abondante. De l'Ontario au Labrador, ces régions ont enduré des épisodes répétés de forte neige, de vents violents et de perturbations généralisées des déplacements.

Première tempête de neige : une dépression du Colorado sur le sud de l'Ontario puis sur le Canada atlantique

Le 8 février, la neige forte a commencé à tomber dans certaines parties du sud de l'Ontario, alors qu'une dépression du Colorado est passée au sud des Grands Lacs. La tempête a apporté de la forte neige dans certaines parties du sud-ouest de l'Ontario et dans la région du Golden Horseshoe. Il est tombé 13 cm dans le centre-ville de Toronto et 15 cm à l'aéroport international Pearson. Il s'est accumulé 15 cm de neige à Guelph et 18 cm à Goderich.

Alors qu'elle se déplaçait sur l'Atlantique, la tempête s'est rapidement intensifiée au sud des Maritimes avant d'atteindre l'est de Terre-Neuve en fin de journée le 9 février. La tempête a occasionné du blizzard sur la péninsule d'Avalon jusqu'au 10 février. Il est tombé 41, 4 cm de neige à l'aéroport de Saint John's et de 20 à 40 cm de neige sur le sud-est de Terre-Neuve. Les vents ont soufflé en rafales à 143 km/h au cap Pine et à 126 km/h au cap Race. Le 10 février, de nombreux commerces et écoles ont fermé et les voyages ont été interrompus en raison de l'annulation des vols et des traversiers.

Deuxième tempête : une dépression du Texas vers l'Ontario et le Québec, puis vers le Canada atlantique

Le 12 février, une dépression du Texas a atteint le nord-est des États-Unis et occasionné de la forte neige dans le sud de l'Ontario et du Québec. À la fin de la tempête, on a enregistré 26 cm de neige à Toronto, 31 cm de neige à Ottawa et 34 cm à Montréal - avec des totaux encore plus élevés dans les montagnes Laurentiennes du sud du Québec, notamment à Saint-Sauveur, où il est tombé 45 cm de neige.

À Toronto, cette deuxième tempêtes a causé des problèmes plus importants, ce qui a incité les autorités à interdire le stationnement sur les rues enneigées. Le 13 février, les écoles ont fermé et les services postaux ont été interrompus. Les déplacements ont été considérablement entravés en Ontario et au Québec et la visibilité réduite et les routes en mauvais état ont contribué à de nombreuses collisions. Les voyageurs aériens ont également subi des contretemps, les aéroports de la région ayant connu des retards et des annulations généralisés.

La tempête s'est intensifiée lorsqu'elle a atteint la côte atlantique le 14 février, ce qui a occasionné un mélange explosif de précipitations et de vents très violents. Les vents Les Suêtes, au Cap-Breton, ont soufflé en rafales à 209 km/h, tandis qu'à Terre-Neuve, les vents de Wreckhouse ont atteint 167 km/h. La forte neige et la poudrerie ont balayé le nord du Nouveau-Brunswick jusqu'à certaines parties de Terre-Neuve et du Labrador, avant que la tempête ne s'éloigne vers le large en fin de journée le 14 février.

Dernière tempête de la série : Troisième et plus forte tempête sur l'Ontario, le Québec puis le Canada atlantique

Alors que les équipes progressaient dans le nettoyage de la tempête précédente, la troisième et la plus forte tempête de la série a balayé le sud de l'Ontario et le Québec le 15 février. La forte neige et les vents violents ont affecté un tronçon fortement achalandé de la route 401, ainsi que la vallée du Saint-Laurent au Québec. On a mesuré 25 cm de neige à l'aéroport international Pearson de Toronto, 37 cm à Ottawa et 40 cm à l'aéroport de Montréal. Mirabel, au Québec, est arrivé en tête avec 53 cm de neige. L'effet combiné de la neige et des vents de 60 à 90 km/h a provoqué les impacts les plus sévères dans le sud du Québec, produisant de rares conditions de blizzard de Montréal jusqu'à la péninsule gaspésienne.

Les répercussions sur l'Ontario et le Québec ont été majeures, perturbant fortement les déplacements dans toute la région. Cela a entraîné la fermeture de routes, de nombreuses collisions et des véhicules immobilisés. Des trains ont été annulés et des centaines d'avions ont été cloués au sol. À Montréal, les trottoirs ont disparu sous d'imposants bancs de neige. Le ramassage des ordures, du recyclage et du compost a été suspendu pendant toute la semaine. Le 17 février, Montréal a connu l'épisode de quatre jours le plus enneigé depuis le début des relevés en 1941, avec 74 cm de neige. L'aéroport international Pearson de Toronto a enregistré la quatrième accumulation de neige la plus importante jamais enregistrée, avec 50 cm de neige au sol.

À l'image des deux précédentes, la tempête s'est intensifiée à mesure qu'elle s'est dirigée vers le Canada atlantique. Le nord du Nouveau-Brunswick a reçu entre 30 et 45 cm de neige, dont 56 cm à Bas-Caraquet. Ailleurs dans les Maritimes, la tempête a occasionné un mélange de précipitations et de vents violents.

Chaque événement s'ajoutant au précédent, la neige avait atteint des hauteurs considérables dans certaines régions de l'Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick lorsque la troisième tempête s'est abattue.

L'hiver arrive (à nouveau) : la tempête de début novembre

Après la série de tempêtes qui a frappé le Canada en février, les habitants de l'est du pays espéraient que la prochaine saison hivernale serait plus clémente. Mais la météo en a décidé autrement.

Dans certaines régions de l'Ontario et du Québec, d'importantes chutes de neige ont marqué le début de l'automne, alors qu'un système dépressionnaire traversait lentement le nord-est des États-Unis. Le 9 novembre, il a neigé dans le sud et l'est de l'Ontario, ce qui a occasionné des accumulations de 16 cm à Hamilton, 11,7 cm à Ottawa et 9,8 cm à l'aéroport Pearson de Toronto et à Trenton. Ottawa a établi un nouveau record quotidien, battant celui de 1967, tandis que Toronto a connu la chute de neige supérieure à 5 cm la plus précoce depuis 1966. La neige a rendu les conditions routières dangereuses dans toute la région, provoquant des centaines de collisions dans la région du Grand Toronto et dans l'est de l'Ontario.

Les vents forts du nord-ouest qui accompagnaient le système ont également produit de la neige forte causée par l'effet de lac sur certaines parties du sud de l'Ontario, avec 17 cm de neige à l'aéroport de London et jusqu'à 58 cm de neige signalés par un observateur à Glencoe.

Entre-temps, le 10 novembre, une neige forte a balayé le sud et le centre du Québec, laissant de 10 à 25 cm de neige dans de nombreuses régions, notamment au centre-ville de Montréal, où l'on a enregistré jusqu'à 20 cm de neige. La neige lourde et mouillée a privé d'électricité près de 400 000 clients, principalement dans la région de Montréal, et a entraîné la fermeture de nombreuses écoles.

Des tempêtes record de février aux premières chutes de neige de novembre, 2025 a été une année marquée par des conditions hivernales mémorables dans le centre et l'est du Canada. Les puissants systèmes météorologiques qui ont déferlé sur la région ont laissé derrière eux d'importantes accumulations de neige, des perturbations généralisées et des souvenirs impérissables.

7. De puissants orages plongent les Prairies dans le chaos

Le 20 août, de violents orages ont balayé les trois provinces des Prairies, apportant de la grosse grêle, des vents destructeurs, des pluies causant des inondations et même une tornade. L'un des orages a laissé derrière lui un véritable couloir de destruction s'étirant sur plusieurs centaines de kilomètres dans le sud de l'Alberta et de la Saskatchewan.

L'épisode a commencé en milieu d'après-midi lorsqu'un orage s'est formé dans les contreforts des Rocheuses, dans le sud de l'Alberta. Il s'est rapidement intensifié et a accéléré vers l'est, dépassant les 90 km/h. Dans les heures qui ont suivi, les orages ont ravagé les cultures et les prairies sur leur passage. Les agriculteurs locaux appellent ce type d'orages dévastateurs « la grande moissonneuse-batteuse blanche » (Great White Combine).

Les orages ont atteint leur puissance maximale juste au nord de Brooks, en Alberta. La grosse grêle, projetée par les vents destructeurs, a causé d'importants dommages. Elle a arraché le recouvrement de maisons, brisé des fenêtres et détruit des toits. Les véhicules laissés à l'extérieur ont été gravement bosselés et des résidents ont dit que le bruit de la grêle frappant leur maison ressemblait à des coups de feu. Les orages ont dépouillé les arbres de leurs feuilles et fauché les champs de maïs, ne laissant que des tiges brisées, donnant au paysage une apparence hivernale. Au nord-ouest de Brooks, les vents ont renversé plusieurs grandes tours de transmission et fait tomber des lignes électriques sur la route Transcanadienne. Plusieurs collisions impliquant de multiples véhicules ont eu lieu, forçant la fermeture temporaire de la route.

Selon les enquêteurs du Northern Tornadoes Project, les vents ont probablement soufflé en rafales atteignant 165 km/h près de Brooks. Le vent a renversé de l'équipement d'irrigation et a même été assez puissant pour faire tourner la camionnette d'un résident alors qu'elle était stationnée. Les orages se sont ensuite déplacés vers l'est sur le sud de la Saskatchewan, produisant dans certains cas de la grêle atteignant la taille d'une balle de tennis, avant de se dissiper plus tard dans la soirée. Dans les jours qui ont suivi, les satellites ont capté des images de la trajectoire suivie par les orages, facilement visible depuis l'espace.

Au cours de la soirée, une autre série d'orages violents a frappé plus au nord en Saskatchewan. De la grêle pouvant atteindre la taille d'une balle de baseball est tombée près de Langham, au nord-ouest de Saskatoon, et les vents ont soufflé en rafales jusqu'à 155 km/h lorsque les orages sont passés au nord de la ville. Une faible tornade a été confirmée un peu plus loin à l'est, près du lac Buffer. Les orages ont causé des dommages considérables aux maisons, aux silos à grains, aux arbres et aux remises et ils ont, malheureusement, tué plusieurs animaux de ferme.

Puis ce fut au tour du Manitoba. En fin de soirée et durant la nuit, une série d'orages a déversé des pluies torrentielles accompagnées d'éclairs très fréquents sur le sud de la province. Une collectivité située à la limite ouest de Winnipeg a reçu 138 millimètres de pluie. À l'ouest et au sud de la ville, les précipitations totales ont atteint 119 millimètres à Fannystelle, 115 millimètres à Oakville et 100 millimètres à Portage la Prairie. Dans ces régions, les pluies ont causé plus de mal que de bien pour la plupart des cultures, car elles ont inondé les champs peu avant la récolte.

Le 20 août restera parmi les journées de temps violent estival les plus marquantes des dernières années dans les provinces des Prairies.

8. Tuktoyaktuk inondée par une onde de tempête arctique

Quand on pense à une onde de tempête, l'Arctique n'est généralement pas le premier endroit qui nous vient en tête. Pourtant, ces événements se font plus fréquents ces dernières années dans la communauté côtière de Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest.

À la fin août, une dépression exceptionnellement puissante s'est formée sur le sud de la mer de Beaufort. Tout en se déplaçant vers l'est, elle a généré de forts vents et de fortes précipitations sur plusieurs collectivités de la région désignée des Inuvialuit et de la région de Kitikmeot.

Le 30 août, la tempête a atteint son intensité maximale. De puissants vents d'ouest-nord-ouest soufflaient sur Tuktoyaktuk depuis l'océan. Les résidents disent qu'ils entendaient un « rugissement » troublant sous l'effet des vents à 70 km/h ou plus qui ont soufflé sur le village pendant près de six heures. Vers midi, une rafale a même atteint 102 km/h.

Les vents incessants ont causé un déferlement d'eau de mer grise et froide dans le village. Les vagues s'écrasaient contre la côte, érodant le littoral et remplissant l'air d'embruns. Tout juste avant 14 h 30, le niveau d'eau a atteint une hauteur de 2,62 mètres, le plus élevé jamais enregistré à Tuktoyaktuk. Deux maisons ont été gravement endommagées et 14 autres ont été entourées par les eaux. Les résidents ont perdu de nombreux biens dans les eaux tumultueuses, dont des cabanes de pêche et des fumoirs. La tempête a également causé des pannes de courant et endommagé des routes, ce qui a rendu difficile l'accès au village pendant un certain temps.

Une fois la tempête passée, un important nettoyage attendait les résidents. Les eaux de crue avaient formé de grands tas de bois flotté et d'autres débris autour du village. Il fallait dégager les conduites d'eau et d'égout et réparer les routes.

Un projet de protection des rives terminé peu de temps auparavant a contribué à rendre la communauté plus résiliente aux submersions côtières. Sans lui, les dommages auraient pu être bien pires.

Cet épisode d'onde de tempête est un autre signe des changements qui se produisent dans l'Arctique. Ces changements causent de puissantes tempêtes et une montée des eaux qui créent de nouveaux défis pour les communautés des régions côtières, comme Tuktoyaktuk.

9. Une violente tempête de novembre éclipse la saison des ouragans au Canada

C'était peut-être la saison des ouragans dans le Canada atlantique, mais la tempête la plus forte de l'année n'était pas d'origine tropicale. Les 4 et 5 novembre, une puissante tempête du nordet à Terre-Neuve s'est accompagnée des plus importantes répercussions de la saison.

La saison des ouragans 2025 dans l'Atlantique, qui s'étend du 1er juin au 30 novembre, a été presque normale dans l'ensemble. Comme la plupart des ouragans sont demeurés loin au large, ça a été une année relativement tranquille dans l'est du Canada et des États-Unis.

Seules trois tempêtes nommées ont touché les provinces de l'Atlantique, et leurs répercussions ont été mineures. En juillet, les vestiges de la tempête tropicale Chantal ont occasionné une vague d'humidité qui a alimenté des pluies fortes dans certaines parties de la Nouvelle-Écosse. En août, l'ouragan Erin a produit des vagues dangereuses le long de la côte de la Nouvelle-Écosse, même si elle est passée loin au sud. Enfin, le 1er novembre, la tempête post-tropicale Melissa a entraîné un bref épisode de pluies fortes tout en se déplaçant tout juste au sud de la péninsule d'Avalon, à Terre-Neuve. Toutefois, la tempête la plus puissante de la saison allait arriver seulement quelques jours plus tard.

Le 3 novembre, une dépression s'est formée au large du cap Hatteras, en Caroline du Nord, et s'est déplacée vers le nord-est en direction du Canada atlantique. Elle s'est rapidement intensifiée tout en passant au sud de la Nouvelle-Écosse, et sa pression centrale a connu une chute vertigineuse de 60 millibars en seulement 24 heures, soit plus du double de la baisse nécessaire pour correspondre à la définition d'une « bombe météorologique ».

La tempête était à son plus fort lorsqu'elle a atteint la terre ferme dans le sud-est de Terre-Neuve le 4 novembre en fin de journée. À l'île Marticot, la pression minimale a baissé jusqu'à 944,7 millibars, un nouveau record pour l'ensemble de Terre-Neuve-et-Labrador en novembre. À l'aéroport international de St. John's, la pression a atteint à 950,5 millibars, battant ainsi le record précédent de 963,1 millibars établi en 2019.

Le système a produit des vents violents, dont une rafale à 172 km/h enregistrée au cap St. Mary's. Plusieurs autres stations côtières, notamment à Trepassey, au cap Race, au cap Pine et à l'île Sagona, ont enregistré des rafales à plus de 150 km/h. À l'île Sagona, des vents soutenus de 100 à 118 km/h, soit tout juste sous la force ouragan, ont soufflé pendant neuf heures. De nombreuses autres stations météo de l'est de Terre-Neuve ont enregistré des rafales à plus de 100 km/h avant de cesser d'émettre, probablement en raison de pannes de courant ou de communication.

La tempête a eu des incidences généralisées. À Terre-Neuve, des milliers de personnes ont perdu le courant pendant que des vents violents et de puissantes vagues faisaient rage sur la côte. Ces vagues massives ont balayé les routes, détruisant à St. Vincent's un important tronçon de route reliant deux parties de la ville. À Trepassey, les vagues ont franchi le brise-lames de la ville, ce qui a forcé l'évacuation de deux familles. À St. Mary's, les vents violents ont nourri les flammes qui ont détruit une usine de transformation du poisson. Bien que les précipitations aient été modestes, la neige forte dans l'ouest de Terre-Neuve a rendu les conditions routières dangereuses.

Cette tempête de fin d'automne nous rappelle que les événements météo majeurs ne sont pas tous tropicaux, même pendant la saison des ouragans. Dans le climat propice aux tempêtes du Canada atlantique, l'intensité et les répercussions des systèmes non tropicaux peuvent rivaliser, et parfois dépasser, celles des ouragans eux-mêmes.

10. Fin d'été suffocante dans l'ouest du pays

La période la plus longue et la plus chaude de l'été dans l'ouest du Canada n'a fait son apparition qu'à la toute fin de la saison.

La vague de chaleur a atteint son apogée de la fin août au début septembre lorsqu'une crête intense et persistante s'est installée sur la région, y apportant un temps chaud, ensoleillé et sec. Du 22 août au 8 septembre, plus de 200 records de températures maximales quotidiennes ont été enregistrés en Colombie-Britannique et au Yukon.

À la fin août, Lytton, en Colombie-Britannique, a pleinement confirmé sa réputation de « point chaud du Canada ». La température y a atteint 40 °C ou plus pendant quatre jours consécutifs, du 24 au 27 août. La ville a de nouveau atteint les 40 °C le 2 septembre, mais ce n'était pas encore le jour le plus chaud du mois pour la province. Le 3 septembre, la température à Ashcroft, la seule véritable ville désertique du Canada, a grimpé jusqu'à 40,8 °C, établissant un nouveau record de chaleur pour septembre, tant en Colombie-Britannique qu'à l'échelle nationale.

De nombreuses communautés en Colombie-Britannique ont connu leur mois de septembre le plus chaud jamais enregistré, dont Comox, Vancouver, Penticton, Kelowna, Vernon, Cranbrook, Williams Lake, Kamloops, Chetwynd et Fort St. John.

Les températures ont aussi été bien supérieures à la normale au Yukon, surtout dans la première semaine de septembre. Le 4 septembre, la température a atteint 28,3 °C à Carmacks, un record pour le mois.

Le temps chaud et sec a aggravé les conditions de sécheresse dans une grande partie de l'ouest du Canada. Dans la région de Thompson-Okanagan, des ordonnances visant à protéger le poisson ont été émises, car les faibles niveaux des rivières mettaient les populations de saumon en danger. Les conditions ont aussi favorisé les feux de forêt, entraînant de longues périodes où la qualité de l'air était mauvaise dans une bonne partie de la Colombie-Britannique. Au Yukon, les autorités ont prolongé la disponibilité du personnel au-delà de la saison normale des feux de forêt afin d'assurer une intervention rapide en cas de nouveaux incendies.

Pendant ce temps, certaines parties des Prairies et du nord de l'Ontario connaissaient tout l'inverse, avec un temps qui était exceptionnellement froid. Le 4 septembre, les températures maximales quotidiennes sont restées sous les dix degrés dans de nombreuses communautés du sud du Manitoba. Les 6 et 7 septembre, les minimums nocturnes ont chuté sous le point de congélation dans certaines parties de la Saskatchewan et du Manitoba, établissant ainsi de nouveaux records de minimums quotidiens. Les températures les plus basses ont été enregistrées en Saskatchewan le 6 septembre, avec -3,6 °C à Coronach et -4,5 °C à Key Lake. Le gel hâtif a endommagé certaines cultures, surtout dans le nord-ouest de la Saskatchewan.

Au moment où l'été cédait la place à l'automne, le contraste saisissant entre le temps chaud et froid coexistants au pays illustrait toute la diversité du climat canadien. Pour beaucoup dans l'ouest, la chaleur record passera à l'histoire comme une intense finale à l'été 2025 qui aura mis à l'épreuve tant les communautés que l'environnement.

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2025-12-18