Page 2 : Michael Bradstreet à Marc-André Cyr

Michael Bradstreet

Photo: Jane Bowles

Cygne siffleur

Photo: Andrew Couturier


En mars 1965, alors que j’étais un adolescent torontois de 15 ans, je me suis retrouvé ravi et frissonnant au lever du soleil, sur les dunes de la pointe Long au bord du lac Érié, contemplant les vastes marais de la baie Inner. Un cri agressif résonnant au-dessus des oiseaux noirs a annoncé l’arrivée des premiers Cygnes siffleurs du printemps. Je ne le savais pas alors, mais cette confluence enchanteresse de saison et d’endroit allait se répéter encore et encore durant les 50 années à suivre. J’espère qu’une intendance responsable permettra de conserver ce moment de solitude pour les autres, et que les cygnes, ces parangons des oiseaux, pourront se reposer chaque printemps dans un étang paisible.

Gerhard Bruins

Photo: Gerhard Bruins


Au fil des ans, j’ai réalisé de nombreux Relevés d’oiseaux nicheurs. J’ai participé à des projets provinciaux d’atlas des oiseaux nicheurs et de recensement d’oiseaux de rivage dans la baie James. Un mois de juin, après avoir effectué un inventaire des oiseaux nicheurs près de Wawa, j’ai mentionné à mon partenaire que, les années précédentes, j’avais observé des Grues du Canada dans un champ de bleuets à proximité. Nous avons décidé d’aller y jeter un coup d’oeil. Dans le champ, j’ai remarqué une douzaine de Bernaches du Canada et une Grue du Canada solitaire, un peu plus loin. Puis ceci s’est produit : les Bernaches du Canada se sont envolées, et la Grue du Canada volait en formation avec elles. Il s’agissait d’un spectacle absolument incroyable.

Caroline Burean

Photo: David Prince

Épervier brun

Photo: Suzanne Labbé


Mon emploi ne m’amène pas à faire du terrain. Depuis quatre ans, je consacre donc une partie de mes vacances à faire du bénévolat pour l’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac. Cet automne sera ma 5e saison à titre de démailleuse. Cette photo a été prise lors de ma première saison. Je venais de démailler mon premier Épervier brun. Quelle joie ce fut de tenir entre mes mains cet oiseau magnifique aux pattes puissantes et aux yeux perçants! C’est un privilège de pouvoir toucher et observer de près une foule d’espèces de passereaux et d’oiseaux de proie. Merci la vie!

Barbara Campbell

Photo: Lesley Howes


C’était la fin du mois de juin, et nous étions prêts à déplacer des Bernaches du Canada le long du secteur riverain de Toronto. Quand tout se déroule bien, les oiseaux se déplacent doucement lors du transport. Juste au moment où nous étions prêts à commencer, un autobus bondé d’étudiants enthousiastes est venu menacer de faire échouer le plan. L’un des membres de notre équipe, vif d’esprit, a suggéré que nous demandions aux étudiants de se placer en rang de manière à créer un chemin pour les bernaches. Les étudiants se sont placés, et les bernaches se sont avancées dans le chemin. Je suis prête à parier que ces jeunes n’oublieront jamais cette rencontre inattendue avec des Bernaches du Canada, par cette chaude journée d’été de la fin de leur année scolaire!

Rebecca Campbell

Photo: Barbara Campbell

Pygargue à tête blanche

Photo: Suzanne Labbé


Lors d’une randonnée sur l’île de Vancouver, je me suis réveillée en entendant des bruits à l’extérieur de ma tente. J’avais l’impression qu’il s’agissait d’un gros animal. Étant sur le territoire des ours et des cougars, j’ai crié pour lui faire peur. Quelque chose a alors donné un coup sur la tente. Mon partenaire a saisi notre vaporisateur contre les ours, puis nous avons attendu. Un autre coup, des battements d’ailes, puis plus rien… Je suis sortie, et j’ai vu qu’il y avait une centaine de Pygargues à tête blanche en train de se nourrir sur la plage. Ils se sont envolés aussitôt qu’ils m’ont vue. C’était incroyable ! Le sol autour de la tente était couvert de poissons. Les Pygargues avaient échappé leur petit déjeuner des arbres, et se battaient à côté de notre tente pour le récupérer.

Kamil Chatila-Amos

Photo: Sonia Périllat-Amédée

Lagopède alpin

Photo: Charles Francis


Il y a quelques années, j’ai eu le privilège de travailler au Refuge d’oiseaux migrateurs de l’île Bylot. Le travail était pénible, mais à chaque moment de faiblesse un instant magique m’égayait. Que ce soit en me penchant dangereusement sur le bord d’une falaise pour entrapercevoir un nid de Buse pattue, manquer de piétiner un Lagopède alpin camouflé avec ses oeufs dans la toundra, découvrir des poussins Harfangs des neiges protégés par leurs parents, rassembler des Oies des neiges depuis un hélicoptère ou observer quelques-unes de nos espèces les plus rares comme le Faucon gerfaut et le Plongeon à bec blanc, j’ai acquis un amour profond et une nouvelle admiration pour notre faune cet été-là.

Ted Cheskey

Photo: Marilyn Labrecque

Hirondelle rustique

Photo: Don Ford


J’avais 16 ans, et j’étais dans la piscine d’un ami à Milton lors d’une belle journée d’été. Les Hirondelles rustiques étaient actives, descendant en piqué près de nous, probablement à la recherche de nourriture pour leurs petits. Elles semblaient plus bruyantes que d’habitude, perturbées par quelque chose. Et soudain je l’ai vu. Pressé contre le sol se trouvait un des chats de mon ami. Il laissait les hirondelles s’approcher de plus en plus de lui. BANG. Le chat a sauté et attrapé une hirondelle, avant de partir en courant avec l’oiseau dans sa gueule. J’ai pourchassé le chat, mais il était trop tard. Les petits poussaient des plaintes.

Julie Cousineau

Photo: Julie Cousineau

Grand héron

Photo: Julie Cousineau


J’étais au bord du marais près de l’immeuble abritant Bibliothèque et Archives Canada à Gatineau pour photographier un héron avec sa prise… je me disais, mais qu’est-ce qu’il peut bien y avoir comme poissons dans ce marais ? Comble de surprise, c’était rempli de… poissons rouges ! Et la prise de ce beau héron était gigantesque, comme on le voit très bien dans la photo.

Andrew Courturier

Photo: Andrew Couturier

Merle d’Amerique

Photo: Pierre Bannon


Je me trouvais dans la ville de Mexico pour une réunion de Partenaires d’envol, à la fin du mois de janvier. Nous travaillions au rapport Sauvegardons nos oiseaux en commun, la première évaluation de la conservation des oiseaux terrestres couvrant les territoires du Canada, des États-Unis et du Mexique. L’un des thèmes principaux du rapport était l’importance de travailler au-delà des frontières pour assurer la conservation des populations d’oiseaux communes. Ce concept a pris tout son sens lorsque nous avons observé par douzaines « nos » Merles d’Amérique rassemblés dans un petit parc urbain de Mexico sorti tout droit d’une carte postale. Ce fut un moment émouvant pour nous tous : la migration est vraiment l’un des spectacles les plus époustouflants de la nature!

Marc-André Cyr

Photo: Yves Aubry

Goéland à bec cerclé

Photo: Christian Marcotte


Au cours de mes études en sciences environnementales, j’ai été fasciné par la thèse avancée dans le livre « Printemps silencieux » (Silent Spring), publié en 1962 par Rachel Carson. En 2017, nous soulignons le centenaire d’un engagement important de notre gouvernement envers les oiseaux : l’adoption de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. Toutefois, cette année marque aussi une remise en cause importante : celle de l’utilisation généralisée de néonicotinoïdes, ces pesticides causant le déclin de nombreuses espèces d’oiseaux. En me tournant vers l’avenir, j’espère que jamais ne soit écrit « L’Année silencieuse » (Silent Year).

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