À propos des ouragans : cyclones post-tropicaux

Quand les prévisionnistes du National Hurricane Center (NHC>) des États-Unis déclarent qu’un cyclone est passé en mode extratropical, ils veulent dire qu’il a en bonne partie quitté son état purement tropical et qu'il est devenu quelque chose qui ressemble à un cyclone extratropical. À ce stade, le NHC cesse ses messages sur la tempête, car se spécialise dans les prévisions sur les cyclones qui sont presque exclusivement tropicaux. Étant donné que le NHC est l’autorité chargée par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) d'attribuer un nom à chaque cyclone dans le bassin de l'Atlantique, les autres organismes de météorologie ne peuvent continuer à utiliser le nom d’une tempête qui est déclarée extratropicale par le NHC. Le cas échéant, on parle des restes du cyclone tropical ou du cyclone extratropical.

Cette règle pose toujours certains problèmes au Canada, car de nombreuses personnes croient que les termes « restes de cyclone » et « cyclone extratropical » signifient que la tempête est moins menaçante. En fait, les « restes » peuvent transporter des conditions météorologiques extrêmes ou violentes, sans les caractéristiques d'un cyclone purement tropical. Le fait est que la plupart des pires désastres causés au Canada par des cyclones tropicaux sont en fait causés par des restes plus extratropicaux que tropicaux. Toutefois, en laissant entendre par inadvertance qu'un cyclone tropical en transition est moins menaçant, cette pratique de non-utilisation du nom a augmenté la vulnérabilité du public.

En outre, le simple fait de déclarer qu'un cyclone tropical et devenu extratropical entraîne son lot de problèmes. Premièrement, le cyclone extratropical est un type particulier de cyclone avec sa structure et sa géométrie propres. Souvent, les cyclones tropicaux en transition ne sont pas encore extratropicaux même si on le déclare; ils sont en quelque sorte hybrides. Des études démontrent que les cyclones tropicaux qui atteignent des latitudes moyennes perdent peu de leurs caractéristiques tropicales. Généralement, ils conservent suffisamment d’humidité et de mouvement en haute atmosphère pour énergiser de manière significative le cyclone extratropical qu'ils transforment (ou le nouveau cyclone extratropical) en quelque chose de plus puissant que ce qui aurait dû être. Ce fut le cas avec l’ouragan Hazel en 1954.

Tentative de meilleures communications

Lors d’un sondage à la fin des années 1990, les Canadiens ont demandé ce que signifiait la phrase suivante : « Une tempête tropicale se transforme en tempête extratropicale. » Les réponses ont démontré qu’il y avait de sérieux malentendus dans le grand public. Un répondant a déclaré : « Cela veut probablement dire que le cyclone empire ... parce qu'il devient EXTRA tropical. » Un autre répondant a demandé : « Est-ce que ça veut dire qu’il y en a maintenant deux …un cyclone tropical EXTRA? » La meilleure réponse, bien qu’inexacte, a été : « Cela signifie que le cyclone tropical se déplace vers les extratropiques. » Tous les termes suivants n’ont été d’aucune utilité : extratropical, restes de cyclone, cyclone extratropical.

En 1998, dans ses messages diffusés lors de la tempête tropicale Bonnie, le Canada a commencé à utiliser le terme « post-tropical » quand le NHC a déclaré que Bonnie était devenue extratropicale. Grâce à cette convention, les tempêtes potentiellement dangereuses peuvent être qualifiées de post-tropicales et on peut continuer à les appeler par leur nom. Fondamentalement, le terme « cyclone post-tropical » signifie simplement que le cyclone était tropical; on n’émet aucune autre hypothèse météorologique à savoir s’il s’agit d'une tempête extratropicale, non tropicale ou même subtropicale. Grâce à une utilisation soutenue et à des efforts de sensibilisation du public, cette nouvelle pratique de désignation a été acceptée et facilite les communications avec le public.

Depuis 2000, l’est du Canada a subi quelques cyclones post-tropicaux avec des conditions météorologiques encore jamais vues.

Gabrielle 2001 (flooding rains to the Avalon Peninsula of Newfoundland). Photo: NOAA
Gabrielle, 2001 (pluies torrentielles dans la presqu’île Avalon à Terre-Neuve).
Photo: NOAA
Florence 2006 (hurricane-force winds to southern Newfoundland). Photo: NASA
Florence, 2006 (vents de la violence d’un ouragan sur le sud de Terre-Neuve).
Photo: NASA
Chantal 2007 (flooding rains to Newfoundland). © Environnement Canada,  2009
Chantal, 2007 (pluies torrentielles sur Terre-Neuve).
© Environnement Canada, 2009
Noel 2007 (extreme waves and coastal damage in Nova Scotia). Photo: NASA
Noel, 2007 (vagues extrêmes et dommages sur la côte de Nouvelle-Écosse).
Photo: NASA
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