Refuge d’oiseaux migrateurs du Havre‑de‑Victoria

Le refuge d’oiseaux migrateurs (ROM) du Havre‑de‑Victoria est situé à la pointe sud de l’île de Vancouver, en Colombie‑Britannique. Il offre un habitat important pour de nombreux oiseaux marins.

Importance du refuge : oiseaux migrateurs et espèces sauvages

Le refuge d’oiseaux migrateurs du Havre‑de‑Victoria, le premier refuge d’oiseaux du Pacifique canadien, est situé le long d’un corridor faunique achalandé à la pointe sud de l’île de Vancouver, dans le détroit de Juan de Fuca, au cœur de la mer des Salish. Il se trouve sur le territoire traditionnel Lekwungen (Premières Nations Songhees et Esquimalt), à « l’endroit pour fumer le hareng ». Il est également à proximité de cinq des municipalités du District de la capitale régionale de la Colombie‑Britannique : Victoria, Oak Bay, Esquimalt, Saanich et View Royal.

Ce refuge a été créé le 27 octobre 1923 pour contrôler la chasse aux oiseaux, en particulier la chasse à la bernache, à une époque où la chasse commerciale et la diminution rapide du nombre d’oies et de canards étaient préoccupantes. Le faible nombre d’oiseaux, expliqué par divers facteurs, demeure préoccupant aujourd’hui. Le refuge comprend tout le port public de Victoria, l’un des six ports fédéraux de la Colombie‑Britannique mentionnés dans le Six Harbours Agreement (accord sur les six ports) de 1924.

Au cours des dernières décennies, la désindustrialisation, le nettoyage, les programmes de restauration écologique et de rétablissement des espèces sauvages par plusieurs gouvernements, organisations privées, non gouvernementales et bénévoles, entreprises et organismes ont contribué au rétablissement des eaux, devenues saines, et le retour d’espèces sauvages qui n’avaient pas été observées depuis plus de 50 ans, et ont favorisé le renouvellement urbain. La construction d’une installation régionale de traitement des eaux usées, qui a commencé en 2017 après des décennies de discussions, est une autre initiative digne de mention.

Ce refuge abrite des espèces sauvages précieuses, dont des oiseaux, des poissons, des mammifères, des mollusques, des crustacés, des plantes et d’autres organismes, dont plusieurs sont des espèces en péril. Le refuge est situé à proximité d’une ville animée, mais il demeure un site de repos et d’hivernage important pour un grand nombre d’espèces d’oiseaux migrateurs qui utilisent cet habitat essentiel de façon saisonnière ou toute l’année. Le refuge offre un habitat essentiel pour de nombreuses espèces de plantes et d’animaux côtiers et marins, dont plusieurs espèces qui figurent sur la liste fédérale des espèces en péril.

Bernaches cravants noires
Bernaches cravants noires à la pointe Clover, 2017. Photo : Marie O’Shaughnessy
 

Le saviez‑vous?

La bernache cravant noire, une petite oie de mer, est un oiseau migrateur assez courant, qui se nourrit souvent d’algues marines et de zostères près des côtes. Maintenant rare résidente en hiver, la bernache y était courante il y a 100 ans et constituait un repas de Noël populaire. Dans les années 1920 et 1930, le désir de freiner la chasse commerciale des oiseaux, en particulier de la bernache cravant, a mené à la création de trois refuges d’oiseaux peu après la signature de la Convention concernant les oiseaux migrateurs avec les États‑Unis en 1916.

Les principales espèces d’oiseaux présentes dans ce ROM sont les suivantes :

Sur la côte extérieure, hiver :

  • petit garrot
  • macreuse à front blanc
  • plongeon du Pacifique
  • grèbe jougris
  • arlequin plongeur
  • pluvier argenté
  • tourne‑pierre noir
  • goéland argenté

En eaux protégées, hiver :

  • canard d’Amérique
  • grand harle
  • harle couronné
  • petit garrot

En été :

  • macareux rhinocéros
  • goéland de Heermann
  • goéland de Californie
  • hirondelle noire de l’Ouest
  • hirondelle à face blanche
  • balbuzard pêcheur

Présents toute l’année :

  • goéland à ailes grises
  • guillemot colombin
  • huîtrier de Bachman
  • cormoran pélagique
  • pyrague à tête blanche
  • grand héron
  • martin‑pêcheur d’Amérique
  • colibri d’Anna
  • corneille d’Alaska
  • grand corbeau

Dans le refuge, la portion de la baie Oak est l’une des nombreuses aires d’hivernage importantes de la région pour les oiseaux migrateurs. Au total, la population d’oiseaux en hiver s’élève à environ 4 200 individus, dont 21 espèces d’oiseaux aquatiques, y compris des goélands, des cormorans, des canards plongeurs (qui plongent sous la surface de l’eau pour se nourrir), des canards barboteurs (qui se nourrissent principalement à la surface de l’eau au lieu de plonger), des grèbes, des alcidés (oiseaux de mer) et des harles; 90 % de cette population se concentre dans les eaux d’une profondeur de moins de 11 mètres. Bien que de nombreuses espèces soient seulement des résidents hivernaux, plusieurs, comme le Cormoran pélagique, passent toute l’année dans le refuge. On retrouve, plus particulièrement, au moins 239 couples reproducteurs de cormorans pélagiques sur les îlots Chain, le récif Lewis et l’île Harris. Parmi ces îles, seule l’île Harris est comprise dans les limites du refuge.

Paysage

Ce refuge comprend 1 840 hectares d’eaux marines et estuariennes sous la laisse des hautes eaux, dans la baie Portage, la voie navigable Gorge, le bras Selkirk, le port de Victoria et les eaux côtières, de la pointe Macaulay aux îles Trial et à la pointe Ten Mile. Il comprend les rives des pointes Holland, Finlayson, Clover, Harling, Gonzales et Cattle et des baies Ross, Gonzales, McNeill, Oak et Cadboro.

Le refuge comprend une grande superficie d’eaux marines et de côtes. Le paysage marin est parsemé de petites îles et de récifs rocheux entourés par de forts courants de marée. La rive rocheuse est entrecoupée de baies abritées et de baies d’eau libre. Une portion du refuge comprend un étroit chenal de marée d’une longueur de 7 km qui abrite de vastes herbiers de zostères. Les terres autour du refuge sont à faible altitude et densément urbanisées. Si elle est non touchée, la végétation se développe en des écosystèmes du chêne de Garry. Ces rares communautés sont caractérisées par le chêne de Garry, l’arbousier et de magnifiques fleurs sauvages.

L’habitat comprend des eaux de marée peu profondes au débit rapide, des forêts de varech, des herbiers de zostères et de phyllospadix, des vasières, des marais intertidaux, de petits estuaires (Colquitz, Craigflower et Bowker), des bancs de mollusques, des aires d’alevinage de poissons et de krill, des plages de sable et de galets, des rivages rocheux et plusieurs îles avec des prés maritimes et des chênes de Garry nains. Le refuge offre un habitat important pour toute sorte d’oiseaux et d’espèces sauvages, dont des plantes rares et en voie de disparition des écosystèmes du chêne de Garry (limnanthe de Macoun, castilléjie de Victoria), l’huître plate du Pacifique (espèce en situation préoccupante), l’ormeau nordique et l’épaulard résident du sud (en voie de disparition).

Le saviez‑vous?

Le spectacle bruyant et comique de l’Huîtrier de Bachman peut être observé toute l’année sur les rives rocheuses. Ce gros oiseau de rivage niche sur plusieurs îles et îlots. En hiver, plus de 75 huîtriers se rassemblent et se reposent sur les îlots près de l’îlot Kitty, dans la baie Oak.

Huîtrier de Bachman
Huîtrier de Bachman. Photo : Marie O’Shaughnessy


Les ports intérieur et extérieur constituent une aire d’hivernage pour les harles, tandis que les lits de varech au large des côtes de la pointe McMicking, de la pointe Clover et de nombreuses petites baies abritent d’autres oiseaux, notamment des oiseaux de rivage. La zone de la pointe Clover attire un nombre impressionnant d’oiseaux aquatiques, notamment durant les mois d’hiver; sur une période de quatre ans, 161 espèces d’oiseaux ont été observées à cet endroit. Certains de ces oiseaux sont observés de façon rare ou non fréquente, mais un grand nombre d’espèces sont courantes dans la région.

Le saviez‑vous?

Les grèbes mangent régulièrement leurs propres plumes et les donnent à manger à leurs nouveau-nés. Ce comportement les aide à former des boulettes de régurgitation avec les matières non digestibles qu’ils ont mangées.

Les zones telles que la pointe de la baie Portage et les îles Trial sont considérées comme particulièrement importantes pour les espèces sauvages. La baie Portage, où l’on trouve de vastes lits de zostères, fournit un habitat important pour les espèces de la sauvagine en hiver.

Carte du refuge

Carte du refuge d'oiseaux migrateurs du Havre de Victoria
  • Description longue

    Carte montrant l’emplacement du refuge d’oiseaux migrateurs (ROM) du Havre-de-Victoria par rapport à la Colombie‑Britannique, à Victoria, à Esquimalt, à l’îlot Portage, à la pointe Clover, aux îles Trial, à la pointe McMicking, à l’île Harris, à la baie Oak, au canal Baynes et au détroit de Haro. La carte indique les limites du refuge, qui renferme une grande partie des eaux au sud de l’île et qui s’étend sur toute la voie navigable qui sépare Esquimalt et Victoria. Le ROM se situe au sud des autoroutes 1 et 17. L’échelle de la carte est en kilomètres. Les eaux permanentes, les eaux intermittentes, les routes ainsi que les autoroutes sont indiquées sur la carte. Un médaillon montre l’emplacement du refuge au Canada.

Planifiez votre visite

Ignoré et négligé durant des décennies, le refuge d’oiseaux migrateurs du Havre‑de‑Victoria est peut‑être le refuge le plus visité au Canada simplement en raison de son emplacement urbain, de l’abondance de parcs urbains et d’espaces publics à proximité, de sa beauté naturelle et du grand nombre d’observateurs d’oiseaux et de passionnés de la nature dans la région. En 2015, le refuge a été reconnu par Nature Canada comme faisant partie du programme CommuNature en raison de sa faune et de sa flore côtières et marines exceptionnelles, probablement la meilleure dans une région urbaine du Canada.

Les refuges d’oiseaux migrateurs, comme celui de havre de Victoria, sont établis pour la protection et la conservation des oiseaux migrateurs. Que ces aires soient utilisées pour l’alimentation, le repos ou la nidification, elles jouent un rôle important dans la survie de nombreuses espèces. Les activités qui pourraient nuire aux oiseaux migrateurs, à leurs nids et à leurs œufs sont interdites. Certaines parties du refuge d’oiseaux migrateurs du Havre‑de‑Victoria sont désignées comme une réserve écologique provinciale et font l’objet d’un ensemble de règlements (disponible en anglais seulement) supplémentaire. Veuillez vous assurer de savoir comment, en tant que visiteur, vous pouvez aider à protéger ce refuge et, avant d’accéder au site, veuillez lire les interdictions, y compris celles sur les armes à feu et la chasse, qui sont en place pour conserver la faune qui le fréquente. Les chiens et les chats sans laisse sont interdits dans les refuges d’oiseaux migrateurs.

Si vous souhaitez obtenir de plus amples renseignements sur ce qui est permis dans les refuges d’oiseaux migrateurs, veuillez consulter la section Gestion et activités du site Web. Pour en savoir plus sur le refuge d’oiseaux migrateurs du Havre‑de‑Victoria, veuillez communiquer avec notre bureau régional.

Faits saillants sur le refuge d’oiseaux migrateurs du Havre-de-Victoria

Désignation de l’aire protégée Refuge d’oiseaux migrateurs
Province ou territoire Colombie-Britannique
Latitude et longitude 48° 25 'N, 123° 20' O
Superficie 1 841 hectares (31,03 terrestres et 1 809,97 marins)
Date de création (publication dans la Gazette du Canada) 1923
Catégorie de gestion de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) Sans objet
Désignations supplémentaires Aucune
Type d’habitat principal Eaux libres (60 %), bord de mer rocheux (20 %), chenal de marée (20 %)
Principales espèces d’oiseaux Bernache du Canada, goéland à ailes grises, cormoran pélagique, harles, canards barbotteurs et canards plongeurs, huards, grèbes, oiseaux de rivage, alcidés, guillemot colombin, huîtrier de Bachman, pygargue à tête blanche, grand héron, martin‑pêcheur d’Amérique, colibri d’Anna, corneille d’Alaska, grand corbeau et pélican d’Amérique.
Espèces figurant sur la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP) Guillemot à cou blanc, pigeon à queue barrée, guillemot marbré, bécasseau maubèche de la sous-espèce roselaari, grand héron de la sous-espèce fannini, faucon pèlerin de la sous-espèce pealei, bruant vespéral de la sous-espèce affinis, baleine grise, marsouin commun, rorqual à bosse, épaulard, loutre de mer, otarie de Steller, ormeau nordique, huître plate du Pacifique, triphysaire versicolore, sanicle patte-d’ours, renoncule de Californie, silène de Scouler, lupin densiflore, castilléjie dorée, limnanthe de Macoun, orthocarpe à épi feuillu, lotier splendide, castilléjie de Victoria et aster rigide.
Organisme de gestion Service canadien de la faune, région du Pacifique
Propriétaires fonciers Transports Canada, ministère de la Défense nationale et province de la Colombie-Britannique

Liens connexes

Coordonnées

Environnement et Changement climatique Canada – Région du Pacifique et du Yukon
Service canadien de la faune
Conservation des écosystèmes
5421, chemin Robertson
Delta (Colombie-Britannique)  V4K 3N2

Ligne sans frais : 1-800-668-6767 (au Canada seulement)
Courriel : ec.enviroinfo.ec@canada.ca

Signaler un problème ou une erreur sur cette page
Veuillez sélectionner toutes les cases qui s'appliquent :

Merci de votre aide!

Vous ne recevrez pas de réponse. Pour toute question, contactez-nous.

Date de modification :