Pholade tronquée de l'Atlantique : description de la résidence

Renseignements supplémentaires

Pour de plus amples renseignements sur Loi sur les espèces en péril (LEP) ou de l’information supplémentaire sur les espèces en péril (EP), consultez le Registre public des espèces en péril.

Citation recommandée :

Pêches et Océans Canada. 2019. Description de la résidence de la pholade tronquée de l’Atlantique (Barnea truncata) du Canada. Série de descriptions de la résidence liées à la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa. pp.5.

1.0 Site de résidence de l’espèce

La LEP stipule qu’« Il est interdit d’endommager ou de détruire la résidence d’un ou de plusieurs individus soit d’une espèce sauvage inscrite comme espèce en voie de disparition ou menacée, soit d’une espèce sauvage inscrite comme espèce disparue du pays dont un programme de rétablissement a recommandé la réinsertion à l’état sauvage au Canada. » [art. 33].

La LEP définit la résidence comme un « gîte – terrier, nid ou autre aire ou lieu semblable – occupé ou habituellement occupé par un ou plusieurs individus pendant tout ou partie de leur vie, notamment pendant la reproduction, l’élevage, les haltes migratoires, l’hivernage, l’alimentation ou l’hibernation ». [paragr. 2(1)]

Voici l’énoncé de résidence de la pholade tronquée de l’Atlantique.

Le terrier de la pholade tronquée de l’Atlantique est sa résidence. Une fois qu’une larve de pholade tronquée de l’Atlantique se dépose sur le substrat solide de mudstones rouges de son choix, elle consacre son énergie à creuser un terrier qui sera essentiel à sa survie. La pholade tronquée de l’Atlantique grandit et devient adulte dans son terrier. Elle se nourrit et fraie à l’intérieur de son terrier où elle restera tout au long de son stade adulte.

Les informations qui suivent proviennent du MPO (2010), d’Hebda (2010), et de Clark et al. (2019).

Au Canada, la résidence de la pholade tronquée de l’Atlantique est limitée au bassin Minas en Nouvelle-Écosse. Cette espèce dépend de son habitat qui consiste en une seule formation géologique : les faciès de mudstones rouges. La pholade tronquée de l’Atlantique réside dans cinq types d’habitats principaux de mudstones rouges (Figure 1).

Pholade tronquée
Figure 1 : Les terriers des pholades tronquées de l’Atlantique peuvent être : 1) enfouis sous le substrat rocheux résistant; 2) joints à des éléments plus résistants du substrat rocheux, comme des grosses pierres (comme illustré ici), des gros galets ou de la matière rocheuse exposée, ou être creusés dans des surfaces exposées créées par l’érosion des formations rocheuses résistantes, comme : 3) des ruisselets 4) des bassins de marée, et 5) des taches dans la zone intertidale.
Description

Principaux types d’habitats de mudstone rouge où les terriers de la pholade tronquée de l’Atlantique se trouvent: le substrat rocheux résistant, grosses pierres, ruisselets, des bassins de marée, et dans des taches.

Une fois qu’une larve de pholade tronquée de l’Atlantique se dépose sur les faciès de mudstones rouges et qu’elle se crée un terrier, l’individu demeure immobile pour le reste de sa vie. Il est estimé que l’aire de substrat convenable pour la fixation des larves de pholade tronquée de l’Atlantique est de moins de 1,84 km2 et qu’elle consiste en une bande étroite située dans la zone intertidale où la salinité varie normalement entre 14 et 30 parties par millier (ppm).

Le nid ou le terrier (ci-après appelé le terrier) respectif de chaque individu devient sa résidence. Étant donné qu’il existe une correspondance biunivoque entre le nombre de pholades tronquées de l’Atlantique et de terrier, la répartition des résidences concorde parfaitement à celle de la population post-fixation et n’est pas une sous-zone de répartition (figure 2).

La pholade tronquée de l’Atlantique ne peut survivre qu’en l’absence d’accumulation rapide ou importante de sédiments, puisqu’elle risque d’être étouffée lors de perturbations importantes de sédiment, ce qui est commun dans plusieurs estuaires. Les terriers doivent être situés où des courants adéquats écartent les risques d’accumulation de sédiments dans les terriers, ce qui évite l’étouffement des individus et leur permet de filtrer la matière organique dont ils s’alimentent. La pholade tronquée de l’Atlantique requiert par ailleurs de l’eau bien oxygénée en raison de son confinement dans un terrier. Cette espèce dépend entièrement des conditions appropriées hors de son terrier, puisqu’elle ne peut se délocaliser si son habitat se détériore et ne suffit plus à sa survie.

Carte : répartition de la pholade tronquée de l’Atlantique au Canada basée sur des enquêtes de terrain de 2017-2018
Figure 2 : Répartition de la pholade tronquée de l’Atlantique au Canada basée sur des enquêtes de terrain de 2017-2018.
Description

Répartition de la pholade tronquée de l’Atlantique au Canada basée sur des enquêtes de terrain de 2017-2018.

Les triangles rouges indiquent les sites où des Pholades tronquées de l’Atlantique vivants se retrouvent : Kingsport, Port Williams, Plage Evangeline, Tennycape, Burntcoat Head, Noel Bay, Sloop Rocks, Shad Creek, Mungo Brook, Spencer Point, Economy A, Parc Provincial Five Islands, et Parrsboro.

Les triangles jaunes indiquent les sites où la Pholade tronquée de l’Atlantique n’est plus présente : The Guzzle, Walton Cove, Salter Head, Maitland, Five Houses Road, Saint’s Rest, and Economy B.

Les X indiquent un site où l’on s’attend de trouver la Pholade tronquée de l’Atlantique , mais qui n’a pas été examiné en 2017 et 2018 : Brick Kiln Island

2.0 Structure, forme et investissement

Le processus de construction de la résidence commence lorsque la larve se dépose sur le substrat et s’y enfouit. À l’état larvaire, l’animal possède un pied fonctionnel et un vélum (membrane) encore fonctionnel, ce qui laisse entendre qu’il peut se déplacer pour choisir son substrat lors de son établissement. En grandissant, le terrier de la pholade tronquée de l’Atlantique augmente en diamètre, créant ainsi un terrier en forme de cône qui la piège à l’intérieur (figure 3). La pholade tronquée de l’Atlantique adulte mesure généralement de 3 à 5 cm de longueur et dépend de son terrier creusé pour se protéger, puisque sa coquille ne peut la contenir en entier.

Son terrier commence à la surface du substrat et se termine un peu plus bas où finissent les valves (les coquilles) de l’animal. Le terrier est plus profond que les coquilles du mollusque, puisqu’il accueillait son pied qui était temporairement ancré dans le substrat afin de permettre aux valves de tourner pour forer le terrier (communication personnelle d’Hebda, 2017).

La structure et la forme du terrier composent la résidence de la pholade tronquée de l’Atlantique. Sa seule motivation est de s’enfouir dans le substrat, de se rendre dans son habitat et de forer un terrier qu’elle va ensuite occuper pour le reste de sa vie.

Pholade tronquée
Figure 3 : Section transversale de la pholade tronquée de l’Atlantique dans leurs terriers qui démontre l’adulte piégé dans le substrat.
Description

Section transversale de la pholade tronquée dans leurs terriers qui démontre l’adulte piégé dans le substrat.

3.0 Occupation et fonction du cycle biologique

La pholade tronquée de l’Atlantique vit dans son terrier à longueur d’année tout au long de son cycle de vie postlarvaire. Les fonctions du cycle biologique, notamment la croissance, la maturation, le frai et l’alimentation se déroulent tous à l’intérieur du terrier.

Une fois que ce terrier est créé, il est considéré comme la résidence de la pholade tronquée de l’Atlantique qui y reste toute sa vie durant.

4.0 Références

  • Clark, C.M., Hebda, A., Jones, G., Butler, S., and Pardy, G. 2019. Identification of Atlantic Mud-piddock Habitat in Canadian Waters. DFO Can. Tech. Rep. Fish. Aquat. Sci. 3295. iv + 42 p.
  • DFO. 2010. Recovery Potential Assessment for the Atlantic Mud-piddock (Barnea truncata). DFO Can. Sci. Advis. Sec. Sci. Advis. Rep. 2010/068.
  • Hebda, A. 2010. Information in Support of a Recovery Potential Assessment of Atlantic Mud-piddock (Barnea truncata) in Canada. DFO Can. Sci. Advis. Sec. Sci. Res. Doc. 2010/117.
  • Hebda, A. comm. pers.2017. Correspondance par courriel avec T. Pelrine. Avril 2017. Conservateur (zoologie). Museum of Natural History. Halifax, Nova Scotia.
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