Partie 3 du document de consultation : modification de la liste des espèces terrestres de la Loi sur les espèces en péril, résumé décembre 2023
Abronie à petites fleurs
Nom scientifique
Tripterocalyx micranthus
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
Préoccupantes
Aire de répartition canadienne
Alberta, Saskatchewan
Justification de la désignation
Cette plante annuelle, tolérante à la sécheresse, pousse dans les complexes de dunes et de vallées de coulées/rivières dans les prairies. Sa population varie d’une année à l’autre, en fonction des conditions de germination et de croissance. Le réservoir de semences permet le maintien de la population durant les périodes de sécheresse, jusqu’à ce que les conditions environnementales déclenchent la germination. La stabilisation de l’habitat causée par la suppression des incendies, la modification des régimes de broutage, les changements climatiques et l’empiétement par des espèces envahissantes sont des préoccupations continues. Cependant, la découverte de sites additionnels, l’amélioration du suivi des sous‑populations et un changement apporté à l’application des critères d’évaluation ont permis de faire passer le statut de l’espèce à une catégorie de moindre risque.
Description et importance de l’espèce sauvage
L’abronie à petites fleurs (Tripterocalyx micranthus) est une espèce de plante vasculaire annuelle adaptée à la sécheresse, et l’une des rares espèces végétales de la famille des Nyctaginacées présentes dans les prairies sèches du Canada.
Répartition
L’abronie à petites fleurs est présente dans les écorégions sèches de l’ouest de l’Amérique du Nord. Au Canada, l’espèce atteint la limite nord de son aire de répartition dans le sud‑est de l’Alberta (six sous‑populations) et le sud‑ouest de la Saskatchewan (quatre sous‑populations).
Répartition des sous-populations d’abronies à petites fleurs au Canada.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Alberta = Alberta
Saskatchewan = Saskatchewan
Red Deer River = Rivière Red Deer
CFB Suffield NWA = RNF de la BFC Suffield
Medicine Hat = Medicine Hat
Wolf Island = Île Wolf
Bow River = Rivière Bow
Purple Springs = Purple Springs
Lost River = Rivière Lost
S Sask River Loop = Boucle de la rivière Sask. Sud
Drowning Ford = Drowning Ford
Manyberries Creek Crossing = Traverse du ruisseau Manyberries
Outlook = Outlook
Cramersburg = Cramersburg
Sask Landing PP = Parc provincial Sask. Landing
Extant Subpopulations = Sous‑populations existantes
Extirpated and Historical Subpopulations = Sous‑populations disparues ou historiques
Kilometres = Kilomètres
Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’abronie à petites fleurs (Tripterocalyx micranthus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 51 p
Description longue
Carte du sud‑est de l’Alberta et du sud‑ouest de la Saskatchewan montrant l’emplacement de 13 sous‑populations d’abronie à petites fleurs, classées en deux catégories : les sous‑populations existantes et les sous‑populations disparues ou historiques. Sur les neuf sous‑populations du sud‑est de l’Alberta, six existent toujours (du nord au sud : RNF de la BFC Suffield, Drowning Ford, rivière Bow, île Wolf, Purple Springs et rivière Lost) et trois sont disparues ou historiques (du nord au sud : rivière Red Deer, Medicine Hat et traverse du ruisseau Manyberries). Les quatre sous‑populations du sud‑ouest de la Saskatchewan existent toujours (du nord au sud : Outlook, Cramersburg, boucle de la rivière Saskatchewan Sud et parc provincial Saskatchewan Landing). Aucun emplacement en Saskatchewan ne correspond à la catégorie de sous‑population « disparue ou historique ». La région illustrée sur la carte fait environ 400 km de large (d’ouest en est) et 500 km de long (du nord au sud).
Habitat
Les abronies à petites fleurs occupent les parcelles de sable ouvertes qui se trouvent dans deux types de mosaïques paysagères dynamiques : les dunes actives (basses et hautes) et les complexes actifs de vallées de coulées/rivières. Dans ces mosaïques paysagères, les parcelles d’habitat convenable apparaissent et disparaissent au fil du temps, en fonction des processus de perturbation et de stabilisation. Il semble que des mosaïques paysagères dynamiques sont disponibles dans l’ensemble de l’écorégion des prairies mixtes du Canada, ce qui fournit un habitat pour une éventuelle expansion des sous‑populations et de la population. On ne connaît pas le nombre de parcelles d’habitat convenable ni leur répartition dans les mosaïques paysagères disponibles, mais la stabilisation des parcelles a généralement augmenté dans les dunes du sud du Canada. En outre, dans une mosaïque paysagère donnée, le réservoir de graines enfouies a une répartition différente de celle des parcelles d’habitat abritant des plantes, formant des parcelles tridimensionnelles qui ne correspondent pas exactement à celles occupées par les plantes. L’habitat convenable qui permet de maintenir une viabilité élevée chez les graines du réservoir pour leur conservation à long terme n’est pas connu.
Biologie
L’abronie à petites fleurs est une plante annuelle adaptée aux conditions chaudes, sèches et venteuses; elle présente des feuilles succulentes, une racine pivotante robuste, un port bas et une capacité à pousser et à se reproduire rapidement une fois qu’elle a germé. Les grosses graines ailées de cette espèce sont recouvertes d’un tégument contenant une substance chimique qui empêche la germination prématurée des graines en cas de sécheresse; elles ont donc besoin de conditions d’humidité précises pour sortir de leur dormance et germer. La germination peut être déclenchée à n’importe quel moment au cours de la période de croissance lorsque les conditions sont propices. Une fois mûres, les graines ailées tombent au sol, hivernent sous forme de réservoir de graines, et germent dans les années suivantes. De grosses graines endurcies sont souvent enfouies par suite des processus dynamiques qui modèlent la mosaïque paysagère, ce qui peut créer un profond réservoir de graines et une source de graines à long terme, peu importe les conditions à la surface. Il est possible que certains individus passent plus de temps comme graine que comme plante à cause des exigences de germination rigoureuses qui sont associées à la stratégie de survie à long terme de l’espèce. La viabilité du réservoir de graines n’a pas été étudiée chez cette espèce, mais on dispose de suffisamment d’indices qui permettent de croire que la viabilité des graines diminue plus lentement que ce qui avait été signalé précédemment et qu’elles peuvent demeurer viables durant des décennies.
Taille et tendances des populations
On ne peut pas décrire avec exactitude la taille et les tendances de la population canadienne de cette espèce de plante annuelle, car les données actuellement compilées ne représentent pas les observations annuelles de chaque sous‑population. Toutefois, en additionnant le nombre moyen de plantes comptées entre 2000 et 2021 dans chaque sous‑population, on a estimé la population canadienne à 5 152 plantes. Un aperçu des tendances de la population chez cette espèce est fourni par la sous‑population de la RNF de la BFC Suffield, qui a fait l’objet d’un programme de surveillance sur dix ans réalisé entre 2011 et 2020. Cette sous‑population a montré une tendance stable ou à la hausse quant au nombre de plantes et à la superficie occupée. Pour cette sous‑population, tant le nombre de plantes que la superficie occupée ont fluctué d’une année à l’autre et, dans un cas, le nombre de plantes a varié d’un ordre de grandeur en l’espace d’un an. Toutefois, grâce au réservoir de graines, la population de l’espèce ne subit pas de fluctuations extrêmes.
Menaces et facteurs limitatifs
Les menaces pesant sur l’abronie à petites fleurs comprennent l’empiètement des parcelles d’habitat ouvertes par des plantes indigènes et non indigènes; la destruction des plantes par le piétinement intense, le terrassement routier, et l’utilisation de véhicules hors route; ainsi que la conversion des terres pour les activités pétrolières et gazières et les activités d’extraction de sable, de transport, et de culture de végétaux, laquelle a pour effet d’éliminer des parcelles d’habitat et, dans certains cas, une partie ou l’ensemble du réservoir de graines.
Les conditions environnementales particulières nécessaires à sa germination constituent le principal facteur limitatif pour cette plante annuelle – ces conditions se manifestent moins fréquemment dans un climat changeant. La disponibilité des parcelles d’habitat convenable limite également l’abronie à petites fleurs. Au sein d’une mosaïque paysagère, les effets cumulatifs de l’utilisation des terres et des pratiques de gestion des terres sur les régimes de perturbation et de stabilisation menacent l’équilibre dynamique naturel, ce qui pourrait se traduire par une réduction du nombre de parcelles convenables dont l’espèce a besoin.
Protection, statuts et classements
L’abronie à petites fleurs a été désignée « menacée » par le COSEPAC en 1992. À la suite d’un réexamen de son statut, l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en 2002 et « préoccupante » en 2022. En 2005, l’abronie à petites fleurs a été inscrite comme espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada. Dans les provinces où elle est présente, l’espèce est inscrite comme espèce menacée en vertu du Wildlife Regulation de la Wildlife Act de l’Alberta et comme espèce en voie de disparition en vertu du Wild Species at Risk Regulations de la Saskatchewan.
Au Canada, la cote de conservation nationale de l’abronie à petites fleurs est « en péril » (N2). Elle est également classée « en péril » en Alberta et en Saskatchewan. Aux États‑Unis, dans les États où l’espèce est classée, les cotes varient entre « gravement en péril » (S1) et « en sécurité » (S5); dans les États voisins du Montana et du Dakota du Nord, l’espèce est « non classable » et « non classée », respectivement.
Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’abronie à petites fleurs (Tripterocalyx micranthus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 51 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Aster du golfe Saint-Laurent
Nom scientifique
Symphyotrichum laurentianum
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Québec (Îles-de-la-Madeleine), Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard
Justification de la désignation
Cette plante annuelle endémique dans les milieux côtiers du golfe du Saint‑Laurent pousse principalement dans des sites où le sable est saumâtre, autour de lagunes et d’étangs côtiers qui sont isolés de la mer par des cordons littoraux, ainsi que dans des marais côtiers. L’espèce compte actuellement 12 sous‑populations : 4 au Québec (aux Îles‑de‑la‑Madeleine), 3 à l’Île‑du‑Prince‑Édouard et 5 au Nouveau‑Brunswick. Treize autres sous‑populations n’ont pas été observées depuis au moins 15 ans et ont probablement disparu. Le nombre d’individus matures dans un site peut fluctuer considérablement, mais les moyennes de population à long terme qui tiennent compte de ces fluctuations indiquent des déclins de plus de 50 % au cours des 10 dernières années. Le changement de statut depuis la dernière évaluation reflète ces déclins, qui seraient principalement attribuables à une augmentation de la fréquence et de la gravité des tempêtes.
Description et importance de l’espèce sauvage
L’aster du golfe Saint-Laurent est une petite plante herbacée annuelle halophyte endémique au Canada, qui pousse dans les milieux côtiers au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard et aux Îles-de-la-Madeleine, au Québec. Il présente un intérêt sur les plans de l’évolution et de la phytogéographie, et pousse souvent aux côtés d’autres espèces dont la conservation est préoccupante.
Répartition
L’aster du golfe Saint-Laurent se rencontre sur les berges du golfe du Saint-Laurent, au Québec, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard. Au Québec, il ne pousse que dans l’archipel des Îles-de-la-Madeleine, et la grande majorité des individus matures se trouvent dans deux complexes de milieux humides (Havre-aux-Basques et Le Barachois). Au Nouveau-Brunswick, l’espèce compte cinq sous-populations situées sur la côte est, depuis le parc national Kouchibouguac (où l’espèce a récemment été réintroduite) jusqu’à Val-Comeau et à l’île Miscou, au nord. Les sous-populations de l’Île‑du-Prince-Édouard se trouvent toutes sur la côte nord de la province, dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard, à l’exception d’une sous-population historique située à 85 km plus au nord-ouest, à Tignish.
Carte de l’aire de répartition canadienne de l’aster du golfe Saint-Laurent, sur laquelle est tracé le plus petit polygone convexe représentant la zone d’occurrence. Les points qui semblent foncés reflètent une densité élevée d’occurrences.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
MAP AREA = ZONE DE LA CARTE
Kilometers = Kilomètres
Esri, HERE, Garmin. © OpenStreetMap contributors, and the GIS user community = Esri, HERE, Garmin. © contributeurs OpenStreetMap et communauté des utilisateurs de SIG
PRINCE EDWARD ISLAND = ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD
Source : COSPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’aster du golfe Saint-Laurent (Symphyotrichum laurentianum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 53 p.
Description longue
Aire de répartition de l’aster du golfe Saint-Laurent. La zone d’occurrence est indiquée et des points représentent les fortes densités d’occurrences. On peut voir de fortes densités d’occurrences aux 3 endroits suivants le long de la côte est du Nouveau-Brunswick : île Miscou (5 points), Tracadie-Sheila (2 points) et parc national Kouchibouguac (5 points); aux 2 endroits suivants le long de la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard : Tignish Shore (1 point) et parc national de l’Île-du-Prince-Édouard (6 points); et partout aux Îles-de-la-Madeleine (25 à 30 points). Les Îles-de-la-Madeleine se trouvent au nord et légèrement à l’est de l’Île-du-Prince-Édouard. Une carte en médaillon montre la zone représentée par la grande carte par rapport au reste du Canada. La zone d’occurrence est formée en reliant les points de l’extrême nord-ouest, au Nouveau-Brunswick; les points situés dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard; et l’extrémité nord-est des Îles-de-la-Madeleine
Habitat
L’aster du golfe Saint-Laurent pousse dans les milieux côtiers sableux saumâtres, généralement sur les berges d’étangs de barachois (lagunes côtières) et dans les marais salés formés par des cordons dunaires. Les microhabitats convenables se caractérisent par des zones humides dénudées de sable, de boue ou de tourbe, plus précisément les zones à végétation clairsemée dans ces communautés. Ces zones sont soumises à des perturbations périodiques naturelles et anthropiques qui peuvent considérablement modifier la superficie de l’habitat disponible pour l’espèce d’une année à l’autre.
Biologie
L’aster du golfe Saint-Laurent est une plante annuelle. Il germe en juin, fleurit de la mi-août à la mi-septembre, fructifie à la fin septembre et disperse ses fruits à la fin octobre. La plupart des graines de l’aster du golfe Saint-Laurent sont issues d’une autopollinisation, mais l’espèce se reproduit aussi par pollinisation croisée. Le taux de viabilité du réservoir de semences du sol est relativement élevé la première année et diminue au fil du temps. La viabilité du réservoir de semences du sol naturel est estimée à 10 ans. Les inondations, les basses températures et la salinité élevée ont une incidence négative sur le taux de germination.
Taille et tendances des populations
Le nombre d’individus matures de l’aster du golfe Saint-Laurent peut connaître de très importantes fluctuations d’une année à l’autre, mais le réservoir de semences du sol stabiliserait la population, de sorte que la notion de fluctuation extrême ne s’applique pas. En raison de cette variabilité élevée, la population est estimée en fonction de la moyenne sur trois générations (~15 ans, depuis 2007; 208 186 individus matures; 88 % au Québec, 12,0 % au Nouveau-Brunswick, < 1 % à l’Île-du-Prince-Édouard). La majeure partie (98 %) de la population canadienne se concentre dans quatre sous-populations : Havre-aux-Basques, au Québec (68 %), Le Barachois, au Québec (19 %), Windsors Malbaie, au Nouveau-Brunswick (8 %) et lac Frye / Miscou Lighthouse, au Nouveau‑Brunswick (3 %). Cette concentration rend l’espèce particulièrement vulnérable aux tempêtes stochastiques ou à la modification anthropique de l’habitat.
Le nombre de sous-populations connaît un déclin continu. Des 25 sous-populations jamais répertoriées, 8 sont disparues avant 2000, et 5 des sous-populations des Îles‑de‑la‑Madeleine sont potentiellement disparues entre 2000 et 2008. Parmi les 12 sous-populations existantes, 3 à 5 sous-populations de l’Île-du-Prince-Édouard et du parc national Kouchibouguacs pourraient dépendre de réintroductions continues.
La population canadienne a subi un déclin de 90 % au cours des 15 dernières années (~3 générations), c’est-à-dire si on compare l’effectif des sous-populations pour la période 2007 à 2022 à celui de la période 1999 à 2006. Les déclins ont été considérables à l’Île-du-Prince-Édouard (déclin de 98,9 %) et aux Îles-de-la-Madeleine (déclin de 90,3 %), mais une augmentation importante a été observée au Nouveau‑Brunswick (hausse de 1721 %) au cours de la même période.
Parmi les causes possibles du déclin à long terme aux Îles-de-la-Madeleine, on compte la modification de l’habitat par les tempêtes associées aux changements climatiques et la modification par l’humain des régimes de drainage. Les importants déclins à long terme observés à Blooming Point, à l’Île-du-Prince-Édouard, sont attribués à la succession végétale naturelle, qui a éliminé la majeure partie de l’habitat convenable.
Menaces et facteurs limitatifs
Les principales menaces pesant sur l’aster du golfe Saint-Laurent sont la modification de l’habitat causée par les tempêtes violentes et l’élévation du niveau de la mer associées aux changements climatiques, les modifications causées par l’humain des des cycles de l’eau à l’échelle du site et l’aménagement des rives. Les menaces de moindre gravité ou potentielles sont les dommages causés à l’habitat par les véhicules tout-terrain et le piétinement, la concurrence exercée par les espèces exotiques et indigènes et l’hybridation potentielle avec l’aster à rayons courts, espèce introduite. L’herbivorie par les insectes et le faible taux de dispersion pourraient constituer des facteurs limitatifs pour l’aster du golfe Saint-Laurent.
Protection, statuts et classements
L’aster du golfe Saint-Laurent est protégé à titre d’espèce menacée aux termes de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral. Il a le statut légal d’espèce menacée au Québec et d’espèce en voie de disparition au Nouveau-Brunswick. À l’Île-du-Prince-Édouard, il ne bénéficie d’aucune protection officielle en vertu du Wildlife Conservation Act, mais toutes les occurrences existantes sont protégées parce qu’elles se trouvent dans le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Au Québec, tous les sites hébergeant l’aster du golfe Saint-Laurent (plages et dépressions interdunaires) sont de compétence provinciale, et trois des quatre sous-populations existantes se trouvent dans des habitats floristiques désignés ou des réserves fauniques provinciales. Au Nouveau‑Brunswick, deux occurrences existantes se situent dans le parc national Kouchibouguac, et une se trouve dans une réserve naturelle de Conservation de la nature Canada
Source : COSPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’aster du golfe Saint-Laurent (Symphyotrichum laurentianum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 53 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Carex tumulicole
Nom scientifique
Carex tumulicola
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Colombie Britannique
Justification de la désignation
Cette plante vivace, caractéristique des prés mésiques à humides, est associée aux chênaies de Garry, qui ne se rencontrent que dans le climat semi‑méditerranéen du sud‑est de l’île de Vancouver, en Colombie‑Britannique. La population canadienne se compose de quelques milliers d’individus matures. Seize sous‑populations ont récemment été découvertes, mais nombre d’entre elles comptent très peu d’individus. La principale menace pesant sur l’espèce est l’empiétement par des plantes herbacées non indigènes et indigènes ainsi que par des arbres et arbustes non indigènes. Compte tenu des changements apportés à l’application des critères d’évaluation, la population de l’espèce n’est plus considérée comme gravement fragmentée, ce qui a fait passer le statut de l’espèce à une catégorie de moindre risque.
Description et importance de l’espèce sauvage
Le carex tumulicole est une plante graminoïde qui se propage au moyen de stolons souterrains et forme de grandes touffes de feuilles. Les fleurs indistinctes sont portées à l’extrémité de tiges plus longues que les feuilles, et les tiges, tout comme les feuilles, sont souvent couchées. Le carex tumulicole fait partie d’un ensemble d’espèces qui, au Canada, ne sont présentes que dans les écosystèmes à chêne de Garry et les écosystèmes connexes, dans le sud‑est de l’île de Vancouver et les îles adjacentes.
Répartition
Le carex tumulicole est présent à l’ouest des monts Cascade et de la Sierra Nevada, depuis l’île de Vancouver jusqu’au sud de la Californie. Au Canada, on le rencontre principalement dans la région de Victoria, une sous‑population isolée existant près de Nanaimo. Moins de 1 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada.
Répartition du carex tumulicole au Canada et dans le territoire adjacent des États Unis.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Canadian Observations = Observations au Canada
Nearby US Observations = Observations dans le territoire adjacent des É. U.
Kilometers = kilomètres
Strait of Georgia = Détroit de Georgia
ROCKY MOUNTAINS = ROCHEUSES
Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le carex tumulicole (Carex tumulicola) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 38 p.
Description longue
Observations du Carex tumulicola dans le sud de l’île de Vancouver, les îles San Juan et l’île Whidbey. Sur l’île de Vancouver, il y a une grande concentration de l’espèce à Victoria, deux observations supplémentaires ayant été répertoriées légèrement au sud‑ouest, deux autres sur l’île Sidney et une autre près de Nanaimo. Dans les îles San Juan, des observations ont été répertoriées sur l’île San Juan, l’île Orcas et l’île Lopez. Dans l’île Whidbey, des observations ont été répertoriées à l’extrémité nord, près de l’île Fidalgo, et dans Ebey’s Landing.
Habitat
À l’échelle de son aire de répartition, le carex tumulicole pousse dans divers milieux de prairies, de prés et boisés clairsemés. Au Canada, la plupart des plantes de l’espèce sont présentes dans des prés mésiques et des chênaies de Garry.
Biologie
Le carex tumulicole est une espèce vivace longévive à croissance lente. La plante demeure verte pendant la majeure partie de l’année, la croissance ayant lieu surtout en automne et au printemps. La floraison survient en juin et en juillet, et les graines arrivent à maturité à la fin de l’été. Les graines germent au printemps suivant. Les mécanismes de dispersion sont inconnus, mais pourraient comprendre le déplacement des graines par des oiseaux ou des petits mammifères. L’espèce ne semble pas être une espèce fourragère importante pour les herbivores.
Taille et tendances des populations
On estime que la population canadienne totale compte entre 1 660 et 3 514 individus matures. Environ 85 % de tous les individus font partie d’une sous‑population, et plusieurs sous‑populations ne comptent que 1 ou 2 individus. Au cours des 10 dernières années, des déclins du nombre d’individus matures ont été observés dans 7 des 23 sous‑populations connues au Canada. D’autres sous‑populations semblent stables, bien qu’elles aient pu connaître des déclins historiques.
Menaces et facteurs limitatifs
L’habitat potentiel du carex tumulicole a été considérablement réduit par l’urbanisation. Il s’agit d’un habitat parmi les plus menacés au Canada, qui a été réduit à une infime fraction de son étendue originale. Dans les sites où il est encore présent, le carex tumulicole est menacé par la surabondance d’espèces ligneuses, y compris des arbres et des arbustes indigènes et non indigènes. L’absence d’incendies et l’introduction d’arbustes non indigènes ont entraîné la conversion des prés en fourrés et en forêts. Les intrusions humaines, notamment le fauchage et les activités récréatives, continuent de menacer les plantes de carex tumulicole dans certains sites. L’espèce semble être limitée par de faibles taux d’établissement des semis et par la petite taille d’un grand nombre de sous‑populations.
Protection, statuts et classements
Le carex tumulicole est désigné espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Il n’est protégé par aucune loi provinciale. De nombreuses sous‑populations sont présentes dans des parcs où il est interdit de nuire aux individus d’espèces végétales indigènes. Le carex tumulicole n’est pas classé comme étant en péril dans les États de Washington, de l’Oregon et de la Californie.
Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le carex tumulicole (Carex tumulicola) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 38 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Chauve-souris argentée
Nom scientifique
Lasionycteris noctivagans
Taxon
Mammifères
Statut du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Colombie Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau Brunswick, Nouvelle Écosse, Terre Neuve et Labrador, Yukon, Territoires du Nord-Ouest
Justification de la désignation
Cette chauve‑souris de grande taille a un pelage noir à brun foncé, et l’extrémité des poils est souvent argentée ou grise. Elle est présente partout au Canada pendant les mois d’été et la migration automnale. Certains individus passent l’hiver en Colombie‑Britannique et dans le sud de l’Ontario, mais la plupart migrent chaque année hors du pays. Cette migration saisonnière les expose à un éventail de menaces, dont la plus importante est la mortalité dans les parcs éoliens. Bien qu’il y ait une grande incertitude concernant les taux exacts de déclin de cette chauve‑souris au Canada, la diminution du nombre de carcasses dans les parcs éoliens laisse croire à des déclins supérieurs à 50 % sur 3 générations. L’augmentation prévue de la capacité de production d’énergie éolienne accroîtra cette menace, mais des mesures d’atténuation sont possibles. D’autres menaces pèsent sur l’espèce, notamment le déclin continu et généralisé de l’abondance d’insectes, la perte d’habitat forestier de repos et d’alimentation, et la pollution.
Description et importance de l’espèce sauvage
La chauve‑souris cendrée, la chauve‑souris rousse de l’Est et la chauve‑souris argentée sont de taille moyenne à grande par rapport aux autres espèces de chauves‑souris présentes au Canada, et la première est la plus grande au pays. Les trois espèces ont une coloration complexe et variée qui les aide à se camoufler lorsqu’elles se reposent ou hibernent. Elles se ressemblent en ce sens qu’elles se reposent principalement dans les arbres, migrent sur de longues distances entre les aires de reproduction estivales et l’aire d’hivernage, sont longévives, donnent naissance à plus d’un petit par an et ont un régime alimentaire et une écomorphologie similaires.
Il n’y a pas de signe de structure génétique de la population chez ces trois espèces, et il n’existe qu’une seule unité désignable pour chaque espèce au Canada.
Répartition
Les trois espèces de chauves‑souris sont largement répandues en Amérique du Nord, depuis la forêt boréale septentrionale jusqu’au centre du Mexique. Au Canada, l’aire de répartition des trois espèces s’étend de la Colombie‑Britannique aux provinces de l’Atlantique pendant l’été, quoique leur zone d’occurrence dans l’Île‑du‑Prince‑Édouard et dans les territoires soit incertaine. Ces espèces migrent de façon saisonnière des aires estivales du nord vers les aires d’hivernage du sud à l’extérieur du Canada; toutefois, certaines chauves‑souris argentées passent l’hiver en Colombie‑Britannique et dans la région des Grands Lacs.
Aire de répartition approximative de la chauve‑souris argentée d’après des observations visuelles (en vert) et des observations visuelles additionnelles représentées par des points verts. Les zones approximatives où l’espèce a été observée en hiver sont délimitées par des lignes pointillées roses. Les données sont insuffisantes pour délimiter avec précision les limites nord de l’aire de répartition de cette espèce. Sources : Nagorsen et Nash, 1984; Parker et al., 1997; Lucas et Hebda, 2011; Stantec Consulting Ltd, 2012; Blejwas et al., 2014; Wilson et al., 2014; GBIF, 2020; Lausen et al., sous presse; BC Community Bat Program, données inédites.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Legend = Légende
Approximative range = Aire de répartition approximative
Additional visual records = Observations visuelles additionnelles
Approximative locations of winter records in Canada and Alaska = Emplacement approximatif des observations hivernales au Canada et en Alaska
Source : COSEPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la chauve‑souris cendrée (Lasiurus cinereus), la chauve‑souris rousse de l’Est (Lasiurus borealis) et la chauve‑souris argentée (Lasionycteris noctivagans) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xxv + 116 p.
Description longue
Carte de l’Amérique du Nord montrant l’aire de répartition approximative de la chauve‑souris argentée.
La carte montre l’aire de répartition approximative de la chauve‑souris argentée, qui couvre l’ensemble des États‑Unis continentaux, à l’exception de la majeure partie de la Floride et de l’extrême sud de la Louisiane. Au Canada, l’aire de répartition comprend toute la Colombie‑Britannique, sauf le coin le plus au nord‑ouest, toute l’Alberta et toute la Saskatchewan, sauf le coin nord‑est. Le point le plus au nord se trouve dans les Territoires du Nord‑Ouest, sur la rive sud du Grand lac des Esclaves, à environ 100 kilomètres au nord de la frontière de l’Alberta. À partir de ce point, la limite s’étend légèrement vers le sud‑est jusqu’à l’extrémité sud de la baie James, en passant par la baie d’Hudson, à Churchill, puis s’étend plus à l’est jusqu’au fleuve Saint‑Laurent, dans les environs de Tadoussac. À partir de ce point, l’aire de répartition comprend toute la Gaspésie, tout le Nouveau‑Brunswick et toute la Nouvelle‑Écosse, sauf l’île du Cap‑Breton. Une observation visuelle supplémentaire est illustrée à environ 100 km à l’est de la Nouvelle‑Écosse.
La carte montre également quatre zones approximatives où des observations hivernales ont été faites au Canada et en Alaska. Trois de ces zones se trouvent en Colombie‑Britannique : la zone la plus au nord‑est située sur la côte nord de la province et dans l’enclave de l’Alaska; une zone est située dans le sud de l’île de Vancouver et les basses‑terres continentales; une zone est située dans l’intérieur méridional de la province. La quatrième zone où des observations hivernales ont été faites est située dans le sud‑ouest de l’Ontario; il s’agit d’une toute petite zone située près de la partie la plus au sud du lac Érié.
Habitat
Les trois espèces ont besoin d’habitat d’alimentation, d’abreuvement et de repos, ce dernier étant considéré comme le plus contraignant. Elles se reposent dans les arbres : la chauve‑souris cendrée et la chauve‑souris rousse de l’Est se perchent en se suspendant aux branches, tandis que la chauve‑souris argentée préfère s’abriter dans les cavités des arbres ou sous l’écorce exfoliée.
Les trois espèces attrapent des insectes aériens en vol. L’habitat d’alimentation varie pour les trois espèces, mais comprend des milieux humides, des zones ouvertes et de l’habitat de lisière ou de trouées dans les paysages forestiers.
Biologie
Les trois espèces migrent de façon saisonnière. Elles volent relativement vite et chassent le plus souvent dans un habitat ouvert ou le long de lisières et dans les trouées du couvert des paysages forestiers. Ce sont des insectivores stricts qui se nourrissent d’insectes aériens.
Ces espèces sont relativement fécondes par rapport aux autres chauves‑souris. Il est probable qu’elles mettent bas pour la première fois au cours de leur deuxième année de vie. Les chauves‑souris cendrées et les chauves‑souris argentées ont généralement des jumeaux, tandis que les chauves‑souris rousses de l’Est peuvent avoir jusqu’à quatre petits.
Les indices vitaux (survie, longévité, structure démographique, etc.) sont pour la plupart inconnus, mais on déduit d’espèces similaires qu’elles vivent relativement longtemps, avec des durées de vie maximales d’au moins 12 à 15 ans. La durée d’une génération est inconnue, mais estimée à 2 à 6 ans selon la méthodologie de l’UICN et des déductions à partir de la durée d’une génération de chauves‑souris similaires.
Taille et tendances des populations
Les principaux moyens utilisés pour évaluer l’abondance relative des chauves‑souris sont les études de marquage‑recapture et le dénombrement de l’émergence de sites de repos. Il n’y a pas eu de suivi coordonné des chauves‑souris à l’échelle de l’Amérique du Nord (p. ex. North American Bat Monitoring Program [NABat]) depuis assez longtemps au Canada pour produire des données sur les tendances des populations. Compte tenu de ces limites, de multiples sources d’information ont servi à l’évaluation des tendances des populations, notamment la recherche de carcasses dans les parcs éoliens, l’observation des changements dans les taux de capture et de détection acoustique, les taux de soumission d’échantillons pour la détection de la rage et la modélisation de la viabilité de la population qui repose sur des estimations d’experts.
Les niveaux démographiques actuels pour les trois espèces sont inconnus, mais les experts ont postulé que la taille la plus probable de la population de chauves‑souris cendrées en Amérique du Nord est d’environ 2,25 millions d’individus. Compte tenu des similitudes dans le cycle vital et l’écologie des trois espèces, on a supposé que cette estimation pouvait également s’appliquer à la chauve‑souris argentée et à la chauve‑souris rousse de l’Est.
En 2007, une modélisation de l’effet de la production d’énergie éolienne sur les populations de chauves‑souris cendrées en Amérique du Nord a été réalisée à partir d’avis d’experts et de taux de mortalité prévus. Les modèles étaient fondés sur une taille de population initiale, le développement prévu du secteur de l’énergie éolienne et des taux de mortalité variables à partir de 2014, ainsi que sur des taux de croissance de la population favorables sans mortalité attribuable aux éoliennes. En d’autres termes, les modèles ne prenaient en compte que la mortalité additive résultant des individus tués par les éoliennes, et non par d’autres menaces. Certains modèles plausibles laissent croire que la population de chauves‑souris cendrées diminuera de 50 à 90 % au cours des 50 prochaines années, soit un déclin annuel de 1,4 à 4,5 %. Le scénario démographique « le plus probable » prévoyait que la mortalité associée aux parcs éoliens entraînerait un déclin de la population de 90 % en 50 ans, avec une probabilité de disparition de 22 % au cours des 100 prochaines années. Des études complémentaires incluant des modèles démographiques tenant compte de l’expansion projetée du secteur éolien, avec ou sans mesures d’atténuation pour réduire les taux de mortalité, ont permis d’estimer un risque de disparition de la chauve‑souris cendrée de 0 à 40 % d’ici 2050 selon divers scénarios d’expansion, avec un point médian de 20 %. Ces résultats donnent à penser que des déclins importants de la population pourraient avoir déjà eu lieu si la taille initiale de la population de chauves‑souris cendrées était inférieure à 3 millions d’individus. Des estimations génétiques multiples et indépendantes récentes de la taille réelle des populations des trois espèces en Amérique du Nord portent aussi à croire que la taille actuelle de leurs populations est bien inférieure à 3 millions d’individus. On s’attend à ce que des probabilités similaires s’appliquent à la chauve‑souris rousse de l’Est et à la chauve‑souris argentée, bien que ces espèces n’aient pas fait l’objet d’une modélisation.
À l’appui du déclin que laisse supposer la modélisation de la population de chauves‑souris cendrées, il existe de nombreuses sources de données qui indiquent que des déclins démographiques se produisent chez les chauves‑souris arboricoles migratrices, y compris une baisse des taux de capture des chauves‑souris de la tribu Lasiurini (chauves‑souris du genre Lasiurus), et une diminution des soumissions annuelles d’échantillons pour la détection de la rage. L’évolution des taux de mortalité attribuables aux éoliennes, des taux de capture et de détection acoustique et des taux de soumission d’échantillons pour la détection de la rage laisse croire à des déclins pour les trois espèces.
En Ontario, le nombre de carcasses trouvées sous les éoliennes durant la migration à la fin de l’été et en automne a diminué de manière importante en sept ans. De plus, une modélisation récente de l’occupation sur la côte pacifique nord‑ouest des États-Unis fournit des données probantes de la diminution de la probabilité d’occurrence régionale des chauves‑souris cendrées (2016 à 2018 par rapport à 2010). Des études acoustiques et de capture pluriannuelle fournissent également des preuves de changements démographiques pour les trois espèces. Aux États‑Unis, elles ont connu un déclin en termes de proportion de l’ensemble des soumissions d’échantillons pour la détection de la rage.
Menaces et facteurs limitatifs
Les trois espèces sont confrontées à de nombreuses menaces, dont certaines sont communes à toutes les chauves‑souris présentes au Canada, tandis que d’autres sont plus spécifiques à ces espèces migratrices. Plusieurs menaces contribuent de façon cumulative aux déclins présumés des trois espèces. D’après le calculateur de menaces de l’UICN, l’impact des menaces est élevé à très élevé pour la chauve‑souris cendrée, la chauve‑souris rousse de l’Est et la chauve‑souris argentée.
Le développement du secteur de l’énergie éolienne est la menace la plus immédiate et la plus préoccupante. Les chauves‑souris cendrées, suivies des chauves‑souris argentées et des chauves‑souris rousses de l’Est, sont à l’origine de la plupart des cas de mortalité attribuables aux éoliennes au Canada. Le nombre et l’étendue des parcs éoliens (ci‑après le développement) continueront d’augmenter considérablement dans l’aire de répartition de l’espèce.
Le déclin global des insectes est particulièrement préoccupant pour ces chauves‑souris, qui sont des insectivores stricts, tout comme pour les oiseaux migrateurs qui sont également des insectivores aériens. Les causes du déclin des insectes sont probablement multifactorielles, cumulatives et difficiles à inverser. Bien qu’il n’existe pas de donnée sur l’abondance à long terme des chauves‑souris migratrices, il est probable qu’elles soient toutes aussi touchées par le déclin généralisé des proies que les oiseaux dont le régime alimentaire est similaire.
Au nombre des autres menaces, citons la pollution chimique et sonore, de même que la déforestation qui entraîne la perte d’habitat de repos. Ces menaces sont toutefois considérées comme ayant un faible impact sur les trois prochaines générations des trois espèces.
Protection, statuts et classements
Aucune de ces chauves‑souris ne bénéficie d’une protection particulière au Canada, sauf au Québec, où elles sont intégrées à la Liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Le Québec est également la seule province à avoir établi un programme de rétablissement pour la chauve‑souris rousse de l’Est. Dans la plupart des provinces et des territoires, elles bénéficient, au même titre que d’autres espèces sauvages, d’une protection générale au titre des lois provinciales et territoriales sur les espèces sauvages. En 2018, la chauve‑souris cendrée et la chauve‑souris rousse de l’Est ont été ajoutées à l’annexe II de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS), en raison de leur « état de conservation défavorable » lié à l’expansion rapide du secteur de l’énergie éolienne et de la nécessité d’une coopération internationale pour assurer leur conservation.
Les trois espèces sont classées dans la catégorie « préoccupation mineure » de la Liste rouge de l’UICN, mais les principales menaces cernées dans la présente évaluation n’ont pas été prises en compte. En revanche, la cote mondiale (G) de NatureServe pour les trois espèces est G3G4, arrondie à G3 (vulnérable). Au Canada, la cote nationale (N) de ces chauves‑souris est N5B, NUM; c’est‑à‑dire que la population reproductrice est évaluée comme étant en sécurité, tandis que le statut de la population migratrice est indéterminé. Le statut de chacune des trois espèces évaluées dans chaque province, territoire ou État (S) est variable, reflétant probablement davantage l’état des connaissances dans chaque administration que leur statut de conservation réel.
Source : COSEPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la chauve‑souris cendrée (Lasiurus cinereus), la chauve‑souris rousse de l’Est (Lasiurus borealis) et la chauve‑souris argentée (Lasionycteris noctivagans) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xxv + 116 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Chauve‑souris cendrée
Nom scientifique
Lasiurus cinereus
Taxon
Mammifères
Statut du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Colombie‑Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau‑Brunswick, Nouvelle‑Écosse, Île‑du‑Prince‑Édouard, Terre‑Neuve‑et‑Labrador, Yukon, Territoires du Nord‑Ouest, Nunavut.
Justification de la désignation
Cette chauve‑souris de grande taille possède une fourrure brun‑jaune clair au niveau du visage et du cou et des poils blancs sur la plus grande partie du corps. Elle est présente dans tout le Canada pendant les mois d’été et la migration automnale. La migration saisonnière expose les individus à diverses menaces, comme un risque élevé de mortalité dans les parcs éoliens. Bien qu’il y ait une grande incertitude concernant les taux exacts de déclin de cette chauve‑souris au Canada, la diminution du nombre de carcasses dans les parcs éoliens laisse croire à des déclins supérieurs à 50 % sur 3 générations. L’augmentation prévue de la capacité de production d’énergie éolienne accroîtra cette menace, mais des mesures d’atténuation sont possibles. La modélisation de la viabilité de la population permet d’estimer une probabilité de disparition se situant au moins au seuil de 20 % d’ici 2050 (3 générations). D’autres menaces pèsent sur l’espèce, notamment le déclin continu et généralisé de l’abondance d’insectes, la perte d’habitat forestier de repos et d’alimentation, et la pollution.
Description et importance de l’espèce sauvage
La chauve‑souris cendrée, la chauve‑souris rousse de l’Est et la chauve‑souris argentée sont de taille moyenne à grande par rapport aux autres espèces de chauves‑souris présentes au Canada, et la première est la plus grande au pays. Les trois espèces ont une coloration complexe et variée qui les aide à se camoufler lorsqu’elles se reposent ou hibernent. Elles se ressemblent en ce sens qu’elles se reposent principalement dans les arbres, migrent sur de longues distances entre les aires de reproduction estivales et l’aire d’hivernage, sont longévives, donnent naissance à plus d’un petit par an et ont un régime alimentaire et une écomorphologie similaires.
Il n’y a pas de signe de structure génétique de la population chez ces trois espèces, et il n’existe qu’une seule unité désignable pour chaque espèce au Canada.
Répartition
Les trois espèces de chauves‑souris sont largement répandues en Amérique du Nord, depuis la forêt boréale septentrionale jusqu’au centre du Mexique. Au Canada, l’aire de répartition des trois espèces s’étend de la Colombie‑Britannique aux provinces de l’Atlantique pendant l’été, quoique leur zone d’occurrence dans l’Île‑du‑Prince‑Édouard et dans les territoires soit incertaine. Ces espèces migrent de façon saisonnière des aires estivales du nord vers les aires d’hivernage du sud à l’extérieur du Canada; toutefois, certaines chauves‑souris argentées passent l’hiver en Colombie‑Britannique et dans la région des Grands Lacs.
Aire de répartition approximative de la chauve‑souris cendrée d’après des observations visuelles (en vert). Des observations visuelles additionnelles sont représentées par des points verts, et des mentions acoustiques supplémentaires, par un astérisque. Les données sont insuffisantes pour délimiter avec précision les limites nord de l’espèce. L’aire de répartition hivernale est basée sur Cryan et Veilleux (2007), mais n’est pas différenciée dans cette figure. Sources : Hitchcock, 1943; Shump et Shump, 1982a; Anand‑Wheeler, 2002; Maisonneuve et al., 2008; Stantec Consulting Ltd, 2012; Blejwas et al., 2014; Mora et López, 2014; Slough et al., 2014; Wilson et al., 2014; Hansen et al., 2018; de Lacoste et SFEPM, 2020; Faure-Lacroix et al., 2020; GBIF, 2020; Washinger et al., 2020, Rae et Lausen, 2021; Slough et al., 2022; Humber, comm. pers., 2023; New Brunswick Museum (NBM-5801, NBM-1202).
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Legend = Légende
Approximative Range = Aire de répartition approximative
Additional visual records = Observations visuelles additionnelles
Additional acoustic records = Enregistrements acoustiques additionnels
Source: COSEPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la chauve‑souris cendrée (Lasiurus cinereus), la chauve‑souris rousse de l’Est (Lasiurus borealis) et la chauve‑souris argentée (Lasionycteris noctivagans) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xxv + 116 p.
Description longue
Carte montrant l’aire de répartition approximative de la chauve‑souris cendrée en Amérique du Nord.
La limite nord de l’aire de répartition approximative de la chauve‑souris cendrée s’étend de la pointe de l’île de Vancouver jusqu’à l’île du Cap‑Breton. Le point le plus au nord se trouve dans les Territoires du Nord‑Ouest, juste au nord de la frontière de l’Alberta. L’aire de répartition comprend presque tout le reste de l’Amérique du Nord et se prolonge jusque dans la partie ouest du Guatemala, mais n’englobe pas la moitié sud de la Floride, la péninsule du Yucatán, au Mexique, et les îles des Caraïbes. Des observations visuelles supplémentaires sont illustrées et se trouvent au Nunavut, sur la côte ouest de la baie d’Hudson; sur la côte sud de l’île Southampton, dans le nord de la baie d’Hudson; sur la côte sud de Terre‑Neuve; à la frontière entre Haïti et la République dominicaine; dans le sud du Nicaragua. Une autre observation est située à environ 1 200 kilomètres à l’est de la Caroline du Nord. Des mentions acoustiques sont illustrées et se trouvent dans la partie supérieure de l’enclave de l’Alaska, dans le nord et le centre de la Colombie‑Britannique, dans le sud des Territoires du Nord‑Ouest, sur la côte nord du Labrador, sur la côte ouest de Terre‑Neuve et sur la rive nord du fleuve Saint‑Laurent, au nord de Gaspé.
Habitat
Les trois espèces ont besoin d’habitat d’alimentation, d’abreuvement et de repos, ce dernier étant considéré comme le plus contraignant. Elles se reposent dans les arbres : la chauve‑souris cendrée et la chauve‑souris rousse de l’Est se perchent en se suspendant aux branches, tandis que la chauve‑souris argentée préfère s’abriter dans les cavités des arbres ou sous l’écorce exfoliée.
Les trois espèces attrapent des insectes aériens en vol. L’habitat d’alimentation varie pour les trois espèces, mais comprend des milieux humides, des zones ouvertes et de l’habitat de lisière ou de trouées dans les paysages forestiers.
Biologie
Les trois espèces migrent de façon saisonnière. Elles volent relativement vite et chassent le plus souvent dans un habitat ouvert ou le long de lisières et dans les trouées du couvert des paysages forestiers. Ce sont des insectivores stricts qui se nourrissent d’insectes aériens.
Ces espèces sont relativement fécondes par rapport aux autres chauves‑souris. Il est probable qu’elles mettent bas pour la première fois au cours de leur deuxième année de vie. Les chauves‑souris cendrées et les chauves‑souris argentées ont généralement des jumeaux, tandis que les chauves‑souris rousses de l’Est peuvent avoir jusqu’à quatre petits.
Les indices vitaux (survie, longévité, structure démographique, etc.) sont pour la plupart inconnus, mais on déduit d’espèces similaires qu’elles vivent relativement longtemps, avec des durées de vie maximales d’au moins 12 à 15 ans. La durée d’une génération est inconnue, mais estimée à 2 à 6 ans selon la méthodologie de l’UICN et des déductions à partir de la durée d’une génération de chauves‑souris similaires.
Taille et tendances des populations
Les principaux moyens utilisés pour évaluer l’abondance relative des chauves‑souris sont les études de marquage‑recapture et le dénombrement de l’émergence de sites de repos. Il n’y a pas eu de suivi coordonné des chauves‑souris à l’échelle de l’Amérique du Nord (p. ex. North American Bat Monitoring Program [NABat]) depuis assez longtemps au Canada pour produire des données sur les tendances des populations. Compte tenu de ces limites, de multiples sources d’information ont servi à l’évaluation des tendances des populations, notamment la recherche de carcasses dans les parcs éoliens, l’observation des changements dans les taux de capture et de détection acoustique, les taux de soumission d’échantillons pour la détection de la rage et la modélisation de la viabilité de la population qui repose sur des estimations d’experts.
Les niveaux démographiques actuels pour les trois espèces sont inconnus, mais les experts ont postulé que la taille la plus probable de la population de chauves‑souris cendrées en Amérique du Nord est d’environ 2,25 millions d’individus. Compte tenu des similitudes dans le cycle vital et l’écologie des trois espèces, on a supposé que cette estimation pouvait également s’appliquer à la chauve‑souris argentée et à la chauve‑souris rousse de l’Est.
En 2007, une modélisation de l’effet de la production d’énergie éolienne sur les populations de chauves‑souris cendrées en Amérique du Nord a été réalisée à partir d’avis d’experts et de taux de mortalité prévus. Les modèles étaient fondés sur une taille de population initiale, le développement prévu du secteur de l’énergie éolienne et des taux de mortalité variables à partir de 2014, ainsi que sur des taux de croissance de la population favorables sans mortalité attribuable aux éoliennes. En d’autres termes, les modèles ne prenaient en compte que la mortalité additive résultant des individus tués par les éoliennes, et non par d’autres menaces. Certains modèles plausibles laissent croire que la population de chauves‑souris cendrées diminuera de 50 à 90 % au cours des 50 prochaines années, soit un déclin annuel de 1,4 à 4,5 %. Le scénario démographique « le plus probable » prévoyait que la mortalité associée aux parcs éoliens entraînerait un déclin de la population de 90 % en 50 ans, avec une probabilité de disparition de 22 % au cours des 100 prochaines années. Des études complémentaires incluant des modèles démographiques tenant compte de l’expansion projetée du secteur éolien, avec ou sans mesures d’atténuation pour réduire les taux de mortalité, ont permis d’estimer un risque de disparition de la chauve‑souris cendrée de 0 à 40 % d’ici 2050 selon divers scénarios d’expansion, avec un point médian de 20 %. Ces résultats donnent à penser que des déclins importants de la population pourraient avoir déjà eu lieu si la taille initiale de la population de chauves‑souris cendrées était inférieure à 3 millions d’individus. Des estimations génétiques multiples et indépendantes récentes de la taille réelle des populations des trois espèces en Amérique du Nord portent aussi à croire que la taille actuelle de leurs populations est bien inférieure à 3 millions d’individus. On s’attend à ce que des probabilités similaires s’appliquent à la chauve‑souris rousse de l’Est et à la chauve‑souris argentée, bien que ces espèces n’aient pas fait l’objet d’une modélisation.
À l’appui du déclin que laisse supposer la modélisation de la population de chauves‑souris cendrées, il existe de nombreuses sources de données qui indiquent que des déclins démographiques se produisent chez les chauves‑souris arboricoles migratrices, y compris une baisse des taux de capture des chauves‑souris de la tribu Lasiurini (chauves‑souris du genre Lasiurus), et une diminution des soumissions annuelles d’échantillons pour la détection de la rage. L’évolution des taux de mortalité attribuables aux éoliennes, des taux de capture et de détection acoustique et des taux de soumission d’échantillons pour la détection de la rage laisse croire à des déclins pour les trois espèces.
En Ontario, le nombre de carcasses trouvées sous les éoliennes durant la migration à la fin de l’été et en automne a diminué de manière importante en sept ans. De plus, une modélisation récente de l’occupation sur la côte pacifique nord‑ouest des États-Unis fournit des données probantes de la diminution de la probabilité d’occurrence régionale des chauves‑souris cendrées (2016 à 2018 par rapport à 2010). Des études acoustiques et de capture pluriannuelle fournissent également des preuves de changements démographiques pour les trois espèces. Aux États‑Unis, elles ont connu un déclin en termes de proportion de l’ensemble des soumissions d’échantillons pour la détection de la rage.
Menaces et facteurs limitatifs
Les trois espèces sont confrontées à de nombreuses menaces, dont certaines sont communes à toutes les chauves‑souris présentes au Canada, tandis que d’autres sont plus spécifiques à ces espèces migratrices. Plusieurs menaces contribuent de façon cumulative aux déclins présumés des trois espèces. D’après le calculateur de menaces de l’UICN, l’impact des menaces est élevé à très élevé pour la chauve‑souris cendrée, la chauve‑souris rousse de l’Est et la chauve‑souris argentée.
Le développement du secteur de l’énergie éolienne est la menace la plus immédiate et la plus préoccupante. Les chauves‑souris cendrées, suivies des chauves‑souris argentées et des chauves‑souris rousses de l’Est, sont à l’origine de la plupart des cas de mortalité attribuables aux éoliennes au Canada. Le nombre et l’étendue des parcs éoliens (ci‑après le développement) continueront d’augmenter considérablement dans l’aire de répartition de l’espèce.
Le déclin global des insectes est particulièrement préoccupant pour ces chauves‑souris, qui sont des insectivores stricts, tout comme pour les oiseaux migrateurs qui sont également des insectivores aériens. Les causes du déclin des insectes sont probablement multifactorielles, cumulatives et difficiles à inverser. Bien qu’il n’existe pas de donnée sur l’abondance à long terme des chauves‑souris migratrices, il est probable qu’elles soient toutes aussi touchées par le déclin généralisé des proies que les oiseaux dont le régime alimentaire est similaire.
Au nombre des autres menaces, citons la pollution chimique et sonore, de même que la déforestation qui entraîne la perte d’habitat de repos. Ces menaces sont toutefois considérées comme ayant un faible impact sur les trois prochaines générations des trois espèces.
Protection, statuts et classements
Aucune de ces chauves‑souris ne bénéficie d’une protection particulière au Canada, sauf au Québec, où elles sont intégrées à la Liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Le Québec est également la seule province à avoir établi un programme de rétablissement pour la chauve‑souris rousse de l’Est. Dans la plupart des provinces et des territoires, elles bénéficient, au même titre que d’autres espèces sauvages, d’une protection générale au titre des lois provinciales et territoriales sur les espèces sauvages. En 2018, la chauve‑souris cendrée et la chauve‑souris rousse de l’Est ont été ajoutées à l’annexe II de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS), en raison de leur « état de conservation défavorable » lié à l’expansion rapide du secteur de l’énergie éolienne et de la nécessité d’une coopération internationale pour assurer leur conservation.
Les trois espèces sont classées dans la catégorie « préoccupation mineure » de la Liste rouge de l’UICN, mais les principales menaces cernées dans la présente évaluation n’ont pas été prises en compte. En revanche, la cote mondiale (G) de NatureServe pour les trois espèces est G3G4, arrondie à G3 (vulnérable). Au Canada, la cote nationale (N) de ces chauves‑souris est N5B, NUM; c’est‑à‑dire que la population reproductrice est évaluée comme étant en sécurité, tandis que le statut de la population migratrice est indéterminé. Le statut de chacune des trois espèces évaluées dans chaque province, territoire ou État (S) est variable, reflétant probablement davantage l’état des connaissances dans chaque administration que leur statut de conservation réel.
Source : COSEPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la chauve‑souris cendrée (Lasiurus cinereus), la chauve‑souris rousse de l’Est (Lasiurus borealis) et la chauve‑souris argentée (Lasionycteris noctivagans) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xxv + 116 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Chauve‑souris rousse de l’Est
Nom scientifique
Lasiurus borealis
Taxon
Mammifères
Statut du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Colombie‑Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau‑Brunswick, Nouvelle‑Écosse, Île‑du‑Prince‑Édouard, Terre‑Neuve‑et‑Labrador, Yukon, Territoires du Nord‑Ouest, Nunavut
Justification de la désignation
Cette chauve‑souris orange rougeâtre de taille moyenne est présente dans la plus grande partie du Canada pendant les mois d’été et la migration automnale. Elle migre chaque année, ce qui l’expose à de nombreuses menaces, dont la plus importante est la mortalité dans les parcs éoliens. Bien qu’il y ait une grande incertitude concernant les taux exacts de déclin de cette chauve‑souris au Canada, la diminution du nombre de carcasses dans les parcs éoliens laisse croire à des déclins supérieurs à 50 % sur 3 générations. L’augmentation prévue de la capacité de production d’énergie éolienne accroîtra cette menace, mais des mesures d’atténuation sont possibles. Au nombre des autres menaces, citons la perte et la dégradation d’habitat, le changement de l’habitat, l’utilisation de pesticides et le déclin généralisé de l’abondance d’insectes‑proies.
Description et importance de l’espèce sauvage
La chauve‑souris cendrée, la chauve‑souris rousse de l’Est et la chauve‑souris argentée sont de taille moyenne à grande par rapport aux autres espèces de chauves‑souris présentes au Canada, et la première est la plus grande au pays. Les trois espèces ont une coloration complexe et variée qui les aide à se camoufler lorsqu’elles se reposent ou hibernent. Elles se ressemblent en ce sens qu’elles se reposent principalement dans les arbres, migrent sur de longues distances entre les aires de reproduction estivales et l’aire d’hivernage, sont longévives, donnent naissance à plus d’un petit par an et ont un régime alimentaire et une écomorphologie similaires.
Il n’y a pas de signe de structure génétique de la population chez ces trois espèces, et il n’existe qu’une seule unité désignable pour chaque espèce au Canada.
Répartition
Les trois espèces de chauves‑souris sont largement répandues en Amérique du Nord, depuis la forêt boréale septentrionale jusqu’au centre du Mexique. Au Canada, l’aire de répartition des trois espèces s’étend de la Colombie‑Britannique aux provinces de l’Atlantique pendant l’été, quoique leur zone d’occurrence dans l’Île‑du‑Prince‑Édouard et dans les territoires soit incertaine. Ces espèces migrent de façon saisonnière des aires estivales du nord vers les aires d’hivernage du sud à l’extérieur du Canada; toutefois, certaines chauves‑souris argentées passent l’hiver en Colombie‑Britannique et dans la région des Grands Lacs.
Aire de répartition approximative de la chauve souris rousse de l’Est d’après des observations visuelles (en vert) et des observations visuelles additionnelles représentées par des points verts. Les données sont insuffisantes pour délimiter avec précision les limites nord de l’aire de répartition de l’espèce. Sources : Nagorsen et Nash, 1984; Knowles, 2005; Brown et Hamilton, 2006; Lucas et Hebda, 2011; Nagorsen et Paterson, 2012; Natural Resourse Solutions Inc., 2012; Cebellos, 2014; AEP, 2018; GBIF, 2020; ; Solick et al., 2020; Humber, comm. pers., 2023; Canadian Museum of Nature (CMNMA 2822); R. Barclay, données inédites; Klymko, comm. pers.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Legend = Légende
Approximative range = Aire de répartition approximative
Additional visual records = Observations visuelles additionnelles
Source : COSEPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la chauve‑souris cendrée (Lasiurus cinereus), la chauve‑souris rousse de l’Est (Lasiurus borealis) et la chauve‑souris argentée (Lasionycteris noctivagans) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xxv + 116 p.
Description longue
Carte de l’Amérique du Nord montrant l’aire de répartition approximative de la chauve‑souris rousse de l’Est.
La carte montre la limite nord de l’aire de répartition approximative de la chauve‑souris rousse de l’Est, qui s’étend d’un point situé à la frontière entre la Colombie‑Britannique et l’Alberta, à environ 500 kilomètres au sud de la frontière des Territoires du Nord‑Ouest, légèrement vers le nord‑est jusqu’à son point le plus au nord, juste à l’ouest de la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan, à environ 300 km au sud de la frontière des Territoires du Nord‑Ouest. À partir de ce point, la limite s’étend légèrement vers le sud‑est, jusqu’à l’extrémité sud de la baie James, puis vers le nord‑est juste avant d’atteindre le fleuve Saint‑Laurent, à Baie‑Comeau, et se rend jusqu’en Gaspésie. La limite est de l’aire de répartition s’étend de la Nouvelle‑Écosse, à l’exclusion de l’île du Cap‑Breton, jusqu’à la moitié de la Floride. La limite sud s’étend de la côte nord du golfe du Mexique jusqu’à un point situé juste au sud de la frontière entre les États‑Unis et le Mexique. La limite ouest suit la Sierra Madre et les Rocheuses jusqu’à l’extrémité nord‑ouest de l’aire de répartition.
La carte montre également quatre observations visuelles supplémentaires isolées : une à la frontière entre la Colombie‑Britannique et l’État de Washington, à environ 100 km ou moins de la mer des Salish; une sur la côte sud de l’île Southampton, dans le nord de la baie d’Hudson; deux au point le plus à l’est de Terre‑Neuve.
Habitat
Les trois espèces ont besoin d’habitat d’alimentation, d’abreuvement et de repos, ce dernier étant considéré comme le plus contraignant. Elles se reposent dans les arbres : la chauve‑souris cendrée et la chauve‑souris rousse de l’Est se perchent en se suspendant aux branches, tandis que la chauve‑souris argentée préfère s’abriter dans les cavités des arbres ou sous l’écorce exfoliée.
Les trois espèces attrapent des insectes aériens en vol. L’habitat d’alimentation varie pour les trois espèces, mais comprend des milieux humides, des zones ouvertes et de l’habitat de lisière ou de trouées dans les paysages forestiers.
Biologie
Les trois espèces migrent de façon saisonnière. Elles volent relativement vite et chassent le plus souvent dans un habitat ouvert ou le long de lisières et dans les trouées du couvert des paysages forestiers. Ce sont des insectivores stricts qui se nourrissent d’insectes aériens.
Ces espèces sont relativement fécondes par rapport aux autres chauves‑souris. Il est probable qu’elles mettent bas pour la première fois au cours de leur deuxième année de vie. Les chauves‑souris cendrées et les chauves‑souris argentées ont généralement des jumeaux, tandis que les chauves‑souris rousses de l’Est peuvent avoir jusqu’à quatre petits.
Les indices vitaux (survie, longévité, structure démographique, etc.) sont pour la plupart inconnus, mais on déduit d’espèces similaires qu’elles vivent relativement longtemps, avec des durées de vie maximales d’au moins 12 à 15 ans. La durée d’une génération est inconnue, mais estimée à 2 à 6 ans selon la méthodologie de l’UICN et des déductions à partir de la durée d’une génération de chauves‑souris similaires.
Taille et tendances des populations
Les principaux moyens utilisés pour évaluer l’abondance relative des chauves‑souris sont les études de marquage‑recapture et le dénombrement de l’émergence de sites de repos. Il n’y a pas eu de suivi coordonné des chauves‑souris à l’échelle de l’Amérique du Nord (p. ex. North American Bat Monitoring Program [NABat]) depuis assez longtemps au Canada pour produire des données sur les tendances des populations. Compte tenu de ces limites, de multiples sources d’information ont servi à l’évaluation des tendances des populations, notamment la recherche de carcasses dans les parcs éoliens, l’observation des changements dans les taux de capture et de détection acoustique, les taux de soumission d’échantillons pour la détection de la rage et la modélisation de la viabilité de la population qui repose sur des estimations d’experts.
Les niveaux démographiques actuels pour les trois espèces sont inconnus, mais les experts ont postulé que la taille la plus probable de la population de chauves‑souris cendrées en Amérique du Nord est d’environ 2,25 millions d’individus. Compte tenu des similitudes dans le cycle vital et l’écologie des trois espèces, on a supposé que cette estimation pouvait également s’appliquer à la chauve‑souris argentée et à la chauve‑souris rousse de l’Est.
En 2007, une modélisation de l’effet de la production d’énergie éolienne sur les populations de chauves‑souris cendrées en Amérique du Nord a été réalisée à partir d’avis d’experts et de taux de mortalité prévus. Les modèles étaient fondés sur une taille de population initiale, le développement prévu du secteur de l’énergie éolienne et des taux de mortalité variables à partir de 2014, ainsi que sur des taux de croissance de la population favorables sans mortalité attribuable aux éoliennes. En d’autres termes, les modèles ne prenaient en compte que la mortalité additive résultant des individus tués par les éoliennes, et non par d’autres menaces. Certains modèles plausibles laissent croire que la population de chauves‑souris cendrées diminuera de 50 à 90 % au cours des 50 prochaines années, soit un déclin annuel de 1,4 à 4,5 %. Le scénario démographique « le plus probable » prévoyait que la mortalité associée aux parcs éoliens entraînerait un déclin de la population de 90 % en 50 ans, avec une probabilité de disparition de 22 % au cours des 100 prochaines années. Des études complémentaires incluant des modèles démographiques tenant compte de l’expansion projetée du secteur éolien, avec ou sans mesures d’atténuation pour réduire les taux de mortalité, ont permis d’estimer un risque de disparition de la chauve‑souris cendrée de 0 à 40 % d’ici 2050 selon divers scénarios d’expansion, avec un point médian de 20 %. Ces résultats donnent à penser que des déclins importants de la population pourraient avoir déjà eu lieu si la taille initiale de la population de chauves‑souris cendrées était inférieure à 3 millions d’individus. Des estimations génétiques multiples et indépendantes récentes de la taille réelle des populations des trois espèces en Amérique du Nord portent aussi à croire que la taille actuelle de leurs populations est bien inférieure à 3 millions d’individus. On s’attend à ce que des probabilités similaires s’appliquent à la chauve‑souris rousse de l’Est et à la chauve‑souris argentée, bien que ces espèces n’aient pas fait l’objet d’une modélisation.
À l’appui du déclin que laisse supposer la modélisation de la population de chauves‑souris cendrées, il existe de nombreuses sources de données qui indiquent que des déclins démographiques se produisent chez les chauves‑souris arboricoles migratrices, y compris une baisse des taux de capture des chauves‑souris de la tribu Lasiurini (chauves‑souris du genre Lasiurus), et une diminution des soumissions annuelles d’échantillons pour la détection de la rage. L’évolution des taux de mortalité attribuables aux éoliennes, des taux de capture et de détection acoustique et des taux de soumission d’échantillons pour la détection de la rage laisse croire à des déclins pour les trois espèces.
En Ontario, le nombre de carcasses trouvées sous les éoliennes durant la migration à la fin de l’été et en automne a diminué de manière importante en sept ans. De plus, une modélisation récente de l’occupation sur la côte pacifique nord‑ouest des États-Unis fournit des données probantes de la diminution de la probabilité d’occurrence régionale des chauves‑souris cendrées (2016 à 2018 par rapport à 2010). Des études acoustiques et de capture pluriannuelle fournissent également des preuves de changements démographiques pour les trois espèces. Aux États‑Unis, elles ont connu un déclin en termes de proportion de l’ensemble des soumissions d’échantillons pour la détection de la rage.
Menaces et facteurs limitatifs
Les trois espèces sont confrontées à de nombreuses menaces, dont certaines sont communes à toutes les chauves‑souris présentes au Canada, tandis que d’autres sont plus spécifiques à ces espèces migratrices. Plusieurs menaces contribuent de façon cumulative aux déclins présumés des trois espèces. D’après le calculateur de menaces de l’UICN, l’impact des menaces est élevé à très élevé pour la chauve‑souris cendrée, la chauve‑souris rousse de l’Est et la chauve‑souris argentée.
Le développement du secteur de l’énergie éolienne est la menace la plus immédiate et la plus préoccupante. Les chauves‑souris cendrées, suivies des chauves‑souris argentées et des chauves‑souris rousses de l’Est, sont à l’origine de la plupart des cas de mortalité attribuables aux éoliennes au Canada. Le nombre et l’étendue des parcs éoliens (ci‑après le développement) continueront d’augmenter considérablement dans l’aire de répartition de l’espèce.
Le déclin global des insectes est particulièrement préoccupant pour ces chauves‑souris, qui sont des insectivores stricts, tout comme pour les oiseaux migrateurs qui sont également des insectivores aériens. Les causes du déclin des insectes sont probablement multifactorielles, cumulatives et difficiles à inverser. Bien qu’il n’existe pas de donnée sur l’abondance à long terme des chauves‑souris migratrices, il est probable qu’elles soient toutes aussi touchées par le déclin généralisé des proies que les oiseaux dont le régime alimentaire est similaire.
Au nombre des autres menaces, citons la pollution chimique et sonore, de même que la déforestation qui entraîne la perte d’habitat de repos. Ces menaces sont toutefois considérées comme ayant un faible impact sur les trois prochaines générations des trois espèces.
Protection, statuts et classements
Aucune de ces chauves‑souris ne bénéficie d’une protection particulière au Canada, sauf au Québec, où elles sont intégrées à la Liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. Le Québec est également la seule province à avoir établi un programme de rétablissement pour la chauve‑souris rousse de l’Est. Dans la plupart des provinces et des territoires, elles bénéficient, au même titre que d’autres espèces sauvages, d’une protection générale au titre des lois provinciales et territoriales sur les espèces sauvages. En 2018, la chauve‑souris cendrée et la chauve‑souris rousse de l’Est ont été ajoutées à l’annexe II de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS), en raison de leur « état de conservation défavorable » lié à l’expansion rapide du secteur de l’énergie éolienne et de la nécessité d’une coopération internationale pour assurer leur conservation.
Les trois espèces sont classées dans la catégorie « préoccupation mineure » de la Liste rouge de l’UICN, mais les principales menaces cernées dans la présente évaluation n’ont pas été prises en compte. En revanche, la cote mondiale (G) de NatureServe pour les trois espèces est G3G4, arrondie à G3 (vulnérable). Au Canada, la cote nationale (N) de ces chauves‑souris est N5B, NUM; c’est‑à‑dire que la population reproductrice est évaluée comme étant en sécurité, tandis que le statut de la population migratrice est indéterminé. Le statut de chacune des trois espèces évaluées dans chaque province, territoire ou État (S) est variable, reflétant probablement davantage l’état des connaissances dans chaque administration que leur statut de conservation réel.
Source : COSEPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la chauve‑souris cendrée (Lasiurus cinereus), la chauve‑souris rousse de l’Est (Lasiurus borealis) et la chauve‑souris argentée (Lasionycteris noctivagans) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xxv + 116 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Engoulevent bois pourri
Nom scientifique
Antrostomus vociferus
Taxon
Oiseaux
Statut du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau Brunswick, Nouvelle Écosse et Île du Prince Édouard.
Justification de la désignation
Comme de nombreux autres insectivores aériens, cet oiseau nocturne bien connu a subi un déclin à long terme de sa population au Canada. Cependant, une nouvelle analyse des données sur les tendances laisse croire que ce déclin n’était peut‑être pas aussi grave qu’on le croyait lors de la dernière évaluation, et de nouvelles données donnent à penser que l’effectif pourrait maintenant être stable ou à la hausse. Il subsiste des inquiétudes découlant de la réduction d’insectes‑proies, attribuée à l’utilisation continue de pesticides ainsi qu’à la présence d’autres menaces, comme la perte et la dégradation d’habitat et la hausse de la fréquence et de la gravité des ouragans le long des voies migratoires de l’espèce. Bien que l’effectif demeure relativement important, cette espèce risque de devenir « menacée » si les menaces ne sont pas adéquatement atténuées.
Description et importance de l’espèce sauvage
L’Engoulevent bois‑pourri est un engoulevent qui possède une grosse tête aplatie et un plumage cryptique brun‑gris. Son bec est petit, mais s’ouvre largement et est bordé de vibrisses sensorielles servant à la capture d’insectes volants. L’espèce est couramment évoquée comme un symbole de la vie rurale. Elle occupe une place importante dans la culture populaire, étant mentionnée dans d’innombrables chansons, poèmes, livres et films.
Répartition
L’aire de reproduction de l’Engoulevent bois‑pourri s’étend depuis le centre‑est de la Saskatchewan jusqu’à la Nouvelle‑Écosse et vers le sud, aux États‑Unis, de l’Oklahoma à la Caroline du Sud. Elle occupe une superficie d’environ 2 833 000 km2, dont environ 553 000 km2 se trouvent au Canada. L’aire d’hivernage de l’espèce s’étend de la région côtière de la Caroline du Sud (rarement) à la Floride et le long de la côte du golfe du Mexique aux États‑Unis jusqu’au Mexique et à l’Amérique centrale, aussi loin au sud que le Costa Rica et l’ouest du Panama.
Aire de reproduction, zone de migration et aire internuptiale (hivernage) de l’Engoulevent bois‑pourri (adapté de Birds of the World, 2020 et d’eBird, 2020). L’aire de reproduction est fondée sur les données d’atlas des oiseaux nicheurs (Cadman et al., 2007; Stewart et al., 2015; Artuso et al., 2018; Robert et al., 2019; Birds Canada, 2020) et d’eBird (2020). Les changements dans la répartition illustrée sur cette carte comparativement à la répartition dans le rapport de situation du COSEPAC précédent ne représentent pas une expansion de l’aire de répartition de l’Engoulevent bois‑pourri, mais reflètent plutôt l’augmentation des activités de recherche et de la disponibilité des données..
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
U.S.A. = ÉTATS‑UNIS
Breeding = Aire de reproduction
Non-breeding = Aire internuptiale
Migration = Zone de migration
MEXICO = MEXIQUE
GULF OF MEXICO = GOLFE DU MEXIQUE
ATLANTIC OCEAN = OCÉAN ATLANTIQUE
PACIFIC OCEAN = OCÉAN PACIFIQUE
1,000 = 1 000
Kilometers = kilomètres
Projection: North America Albers Equal Area Conic = Projection conique équivalente d’Albers pour l’Amérique du Nord
COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Engoulevent bois‑pourri (Antrostomus vociferus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 65 p
Description longue
Aire de reproduction, zone de migration et aire internuptiale (hivernage) de l’Engoulevent bois-pourri.
L’aire de reproduction commence dans le sud du Canada, couvrant une petite zone en Saskatchewan et de plus grandes zones au Manitoba, en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. Elle s’étend dans l’est des États-Unis, couvrant la majeure partie de la région qui sépare le Minnesota à l’ouest et le Maine à l’est. La limite occidentale traverse le Dakota du Sud, le Nebraska, le Kansas et l’Oklahoma. Au sud, la limite traverse l’Oklahoma, l’Arkansas, le Mississippi, l’Alabama, la Géorgie et la Caroline du Sud.
Il y a deux zones de migration principales. La première couvre de petites parcelles dans le sud de l’Ontario, en Indiana, en Ohio, dans l’État de New York, en Pennsylvanie et au New Jersey, principalement concentrées autour des Grands Lacs. La seconde couvre une plus grande superficie englobant des parties de l’Oklahoma, du Texas, de l’Arkansas, de la Louisiane, du Tennessee, du Mississippi, de l’Alabama, de la Géorgie et de la Floride.
L’aire internuptiale couvre la côte sud-est des États-Unis, traversant la Caroline du Nord, la Caroline du Sud, la Géorgie, la Floride, l’Alabama, le Mississippi, la Louisiane et le Texas. Elle s’étend dans l’est du Mexique et dans la majeure partie de l’Amérique centrale, jusqu’au Costa Rica et à l’ouest du Panama.
Habitat
Pour la nidification, l’Engoulevent bois‑pourri évite à la fois les grands espaces ouverts et les forêts à couvert fermé, privilégiant les zones à couvert clairsemé dans les forêts semi‑ouvertes ou les forêts à couvert épars avec des clairières, comme les landes ou les boisés en régénération. La structure des forêts est plus importante que leur composition, bien que l’espèce soit communément associée, en été et en hiver, avec le pin et le chêne. En hiver, l’Engoulevent bois‑pourri est surtout présent dans les forêts mixtes, généralement dans les forêts latifoliées à feuillage persistant près de milieux ouverts.
Biologie
L’Engoulevent bois‑pourri peut se reproduire l’année qui suit son éclosion, et la couvée comprend normalement deux œufs, pondus directement sur la litière de feuilles. Les deux parents participent à l’élevage des jeunes. La période d’incubation dure de 19 à 21 jours; les jeunes prennent leur envol au cours de la troisième semaine suivant l’éclosion. Les couples peuvent élever une ou deux couvées par année, mais les deuxièmes couvées sont rares au Canada. On estime que la durée d’une génération est d’environ 3,7 ans. Le régime alimentaire de l’Engoulevent bois‑pourri consiste en une variété d’insectes volants nocturnes, notamment des papillons de nuit, des coléoptères, des mouches, des sauterelles et des moustiques.
Taille et tendances des populations
On estime que la population d’Engoulevents bois‑pourri au Canada compte 140 000 individus matures (IC à 95 % [intervalle de confiance] = 65 000 à 250 000), ce qui représente 7,8 % de la population mondiale. Environ 64 % (n = 89 000; IC à 95 % = 25 000 à 190 000) de la population canadienne se trouve en Ontario.
Le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) d’Amérique du Nord offre une couverture limitée pour les espèces principalement nocturnes comme l’Engoulevent bois‑pourri, mais il s’agit de la seule source de données sur les tendances à long terme pour l’espèce. De 1970 à 2019, la tendance annuelle moyenne a été de ‑0,9 % (intervalle de crédibilité [ICr] à 95 % = ‑3,2 % à 1,2 %) au Canada, ce qui représente un déclin de ‑35,2 % (ICr à 95 % = ‑79,3 % à 76,2 %) sur 49 ans. Au cours de la période de 10 ans la plus récente (2009 à 2019), les données indiquent une augmentation annuelle moyenne de la population de 5,3 % (ICr à 95 % = ‑1,2 % à 13,3 %), ce qui représente une augmentation de 68,3 % (ICr à 95 % = ‑10,9 % à 247,1 %) au cours de la décennie. Bien que la probabilité d’augmentation de la population au cours de cette période soit de 95 %, l’estimation à court terme comporte une grande incertitude et présente une faible fiabilité statistique. On obtiendrait donc probablement une meilleure estimation de la tendance récente en faisant une interpolation à partir du plus grand ensemble de données de la tendance à long terme, ce qui donne une estimation sur 3 générations (11 ans) de ‑9,3 % (ICr à 95 % = ‑29,8 % à 13,5 %). Les deuxièmes atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario, du Québec et des Maritimes montrent également des déclins sur des périodes de 20 à 25 ans, ces périodes étant en grande partie, voire entièrement, antérieures à la plus récente période de 3 générations. Que la population ait réellement rebondi ou qu’elle ait continué à diminuer, les meilleures données disponibles semblent indiquer que la plus récente tendance sur 11 ans est considérablement moins grave que le déclin de ‑35 % sur 3 générations, estimé dans le rapport de situation précédent.
Menaces et facteurs limitatifs
Les lacunes qui restent à combler dans les connaissances empêchent de bien comprendre les menaces auxquelles est confronté l’Engoulevent bois‑pourri tout au long de son cycle annuel. Les données disponibles portent à croire que les plus grandes menaces qui pèsent sur l’espèce sont les modifications des systèmes naturels (à cause de l’utilisation généralisée de pesticides et de la suppression des incendies), l’expansion agricole, le développement résidentiel et industriel et les phénomènes météorologiques violents dus aux changements climatiques (en particulier les tempêtes violentes). Parmi les autres facteurs menaçant l’espèce figurent les perturbations humaines directes, la production d’énergie et l’exploitation minière, les corridors de transport ainsi que les espèces envahissantes et problématiques, et, possiblement, la pollution et l’exploitation forestière, mais des études supplémentaires sont nécessaires.
Protection, statuts et classements
Au Canada, l’Engoulevent bois‑pourri est inscrit sur la liste des espèces menacées de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2002) depuis 2011. Il est également protégé par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. Il figure parmi les espèces désignées menacées en vertu de lois provinciales dans quatre provinces : Manitoba, Ontario, Nouveau‑Brunswick et Nouvelle‑Écosse. Au Québec, il figure sur la Liste des espèces floristiques et fauniques susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables. L’Engoulevent bois‑pourri n’est pas protégé par l’Endangered Species Act aux États‑Unis, mais il est protégé par le Migratory Bird Treaty Act.
À l’échelle mondiale, NatureServe a attribué la cote G5 (en sécurité) à l’Engoulevent bois‑pourri, tandis que l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a classé l’espèce comme « quasi menacée ». Au Canada, la population reproductrice de l’espèce est cotée N3B (vulnérable), tandis que, à l’échelle provinciale, elle est cotée S1 (gravement en péril) à S3 (vulnérable) dans les six provinces où elle est régulièrement présente. Aux États‑Unis, la population reproductrice est cotée N5B (en sécurité). L’Engoulevent bois‑pourri est inscrit sur la liste de surveillance jaune « D » des Partenaires d’envol.
Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’Engoulevent bois pourri (Antrostomus vociferus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 65 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Gomphe riverain
Nom scientifique
Stylurus amnicola
Taxon
Arthropodes
Statut du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Manitoba, Ontario, Québec
Justification de la désignation
Cette rare libellule est présente au Canada dans au moins 17 sous-populations de 22 cours d’eau du Manitoba, de l’Ontario et du Québec. On a observé l’espèce sur plusieurs nouveaux cours d’eau cette dernière décennie. Cependant, les mentions de cette espèce cryptique et peu abondante ne permettent pas de conclure à une expansion de l’aire de répartition. Cette libellule semble préférer les cours d’eau dont le substrat est principalement sablonneux et dont l’eau est claire ou légèrement trouble. Elle est vulnérable aux menaces cumulatives, principalement celles qui ont une répercussion possible sur la qualité de l’eau et l’habitat riverain, dont la pollution, la perte de couvert forestier dû au développement agricole, forestier, industriel et résidentiel, et les transports..
Description et importance de l’espèce sauvage
Le gomphe riverain (Stylurus amnicola) est une libellule de taille moyenne (longueur de 47 à 49 mm) noirâtre au corps effilé et à l’abdomen orné de taches jaunes. L’abdomen est renflé à son extrémité chez les mâles. La partie antérieure du thorax est ornée d’un collier thoracique en forme de « T » caractéristique qui distingue cette espèce des autres membres du genre Stylurus. Bon nombre d’espèces d’odonates sont considérées comme des indicateurs de la bonne qualité de l’eau. Le gomphe riverain est une espèce rare et peu connue du public.
Répartition
À l’échelle mondiale, le gomphe riverain est présent en Amérique du Nord, où son aire de répartition s’étend depuis le Manitoba jusqu’au Québec et depuis le Minnesota et le Vermont jusqu’en Louisiane et au centre de la Géorgie. Au Canada, le gomphe riverain se rencontre depuis le sud‑est du Manitoba jusqu’au sud‑est du Québec, en passant par le sud‑ouest de l’Ontario. L’espèce compte 17 sous‑populations existantes se trouvant dans 22 cours d’eau.
Dans le cadre du premier rapport de situation du COSEPAC, le gomphe riverain a été évalué en tant que trois unités désignables (UD) distinctes, soit la population boréale (dans les vallées de la rivière des Outaouais et du fleuve Saint‑Laurent, au Québec), la population des plaines des Grands Lacs (dans la partie centrale de la rive nord du lac Érié) et la population des Prairies (dans le centre‑sud du Manitoba). Depuis le premier rapport, la présence de l’espèce a été signalée à plusieurs nouveaux sites sur des cours d’eau en Ontario et au Québec, ainsi qu’à d’autres sites aux États‑Unis. Selon ces nouvelles données, les trois UD sont reliées géographiquement, par conséquent, la structure à trois UD n’est plus justifiée. Le gomphe riverain est maintenant évalué comme une seule UD.
Aire de répartition canadienne du gomphe riverain (Stylurus amnicola), qui comprend les 17 sous‑populations connues. Carte préparée par Alain Filion (Secrétariat du COSEPAC).
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Legend = Légende
Subpopulations = Sous‑populations
Known records of Riverine Clubtail in Canada = Mentions connues du gomphe riverain au Canada
Recent (>2002) = Mentions récentes (> 2002)
Older (≤2022) = Mentions antérieures (≤ 2002)
James Bay = Baie James
Kilometres = Kilomètres
COSEPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le gomphe riverain (Stylurus amnicola) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 91 p.
Description longue
Carte présentant les mentions connues du gomphe riverain dans chacune des 17 sous-populations du Canada. Toutes les mentions sauf deux (notés plus loin) sont considérées comme récentes, c’est-à-dire qu’elles ont été relevées après 2002. La sous-population numéro 1 se trouve à l’ouest de Winnipeg, au Manitoba, et compte au moins 10 mentions le long d’une rivière. Trois sous-populations (numéros 2, 3 et 6) sont regroupées sur la rive nord du lac Érié, en Ontario. Trois autres sous-populations (numéros 4, 5 et 7) se trouvent légèrement au nord et à l’est de la baie Georgienne, en Ontario. Cinq sous-populations (numéros 8, 9, 10, 11 et 16) se trouvent dans le sud-ouest du Québec, juste au nord de la frontière provinciale avec l’Ontario. La sous-population 9 compte deux mentions qui remontent à 2002 ou avant. Trois sous-populations (numéros 12, 13 et 17) se trouvent le long du fleuve,
juste au sud-ouest de Québec, et deux autres (numéros 14 et 15) se trouvent au nord-ouest de Québec. Six mentions ou moins sont indiquées pour chacune des sous-populations de l’Ontario et du Québec.
Habitat
Le gomphe riverain se trouve dans des milieux riverains de taille variable, allant du grand fleuve Saint‑Laurent à des cours d’eau de taille moyenne, habituellement dans des endroits où l’ombre du couvert forestier riverain ne s’étend pas sur la largeur complète du cours d’eau. Cette espèce fréquente généralement des cours d’eau dont le substrat est principalement sablonneux et dont l’eau est claire ou légèrement trouble; ces eaux sont nécessaires au développement des larves et à la reproduction des adultes (p. ex. pour la sélection du partenaire et la ponte). Après être sortis de l’eau, les adultes se dispersent dans le couvert forestier où ils se nourrissent avant de retourner au cours d’eau pour s’accoupler. Les femelles pondent leurs œufs à la surface de l’eau.
Biologie
Le gomphe riverain compte trois formes morphologiques distinctes : œuf, larve (nymphe) et adulte. Les femelles adultes pondent leurs œufs dans des tronçons d’eaux libres à débit rapide des cours d’eau; les œufs dérivent ensuite en aval où ils éclosent dans des bassins ou des eaux à débit lent. Les larves restent dans l’eau, enfouies sous des sédiments meubles, et ne laissent dépasser que l’extrémité de leur abdomen dans la colonne d’eau pour respirer. Les larves projettent rapidement leurs pièces buccales vers l’avant pour capturer de petits invertébrés benthiques, et, à mesure qu’elles deviennent plus grandes, des proies plus grosses comme de petits poissons et des têtards. Elles passent de deux à quatre ans dans des milieux aquatiques et, lorsqu’elles sont prêtes à devenir des adultes, elles gagnent des rives sablonneuses ou de la végétation qui pousse à proximité et rejettent leur cuticule selon un processus appelé exuviation pour se transformer en adultes. Au Canada, l’émergence des adultes survient à la fin de juin ou au début de juillet, et la période de vol se prolonge jusqu’au début de septembre. Les mâles établissent de petits territoires et patrouillent rapidement de petits tronçons de cours d’eau, souvent dans des zones d’eaux libres à débit rapide, où ils attendent que des femelles volent dans leur territoire.
Taille et tendances des populations
La taille et les tendances des populations de gomphes riverains au Canada sont inconnues.
Menaces et facteurs limitatifs
Les principales menaces pesant sur le gomphe riverain sont celles ayant des effets sur la qualité de l’eau et le milieu riverain. Plusieurs sous‑populations en Ontario et au Manitoba se trouvent dans un paysage composé principalement de terres agricoles. Les barrages continuent de modifier les niveaux d’eau dans les cours d’eau abritant le gomphe riverain, mais l’espèce persiste à ces sites. Les changements climatiques peuvent également constituer une menace pour cette espèce, étant donné que les phénomènes météorologiques violents de plus en plus fréquents sont susceptibles d’augmenter les risques de mortalité, surtout pour les larves émergentes et les adultes. L’habitat des sous‑populations dans le nord et le centre de l’Ontario et dans les régions plus au nord du Québec est fortement boisé, ce qui devrait donc permettre de maintenir une bonne qualité de l’eau et des milieux riverains. La préférence du gomphe riverain pour les cours d’eau au substrat sablonneux bordés de végétation riveraine limite vraisemblablement l’habitat de l’espèce.
Protection, statuts et classements
La population (UD) des plaines des Grands Lacs est inscrite comme espèce en voie de disparition à l’échelle fédérale en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) et à l’échelle de l’Ontario en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition. L’habitat essentiel de la population des plaines des Grands Lacs (décrit dans le programme de rétablissement fédéral) comprend les cours d’eau où l’espèce est présente et l’habitat riverain environnant qui s’étend jusqu’à 200 m du cours d’eau. Le gomphe riverain n’est pas protégé par la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec ou par la Loi sur les espèces et les écosystèmes en voie de disparition du Manitoba.
La cote mondiale de l’espèce est G4 (en sécurité), sa cote nationale est N2 (vulnérable) et ses cotes provinciales sont S1 (gravement en péril) au Québec, S2 (en péril) en Ontario et S3 (vulnérable) au Manitoba. Aux États‑Unis, le gomphe riverain est protégé dans plusieurs États où il est considéré comme une espèce en voie de disparition (Massachusetts) ou menacée (Connecticut et Indiana), et il fait l’objet d’un suivi dans d’autres États où sa cote infranationale varie de SH à S3S4 (possiblement disparue à apparemment en sécurité).
Source : COSEPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le gomphe riverain (Stylurus amnicola) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 91 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Grand Héron de la sous-espèce fannini
Nom scientifique
Ardea herodias fannini
Taxon
Oiseaux
Statut du COSEPAC
Sans objet
Aire de répartition canadienne
Colombie‑Britannique
Justification de la désignation
Le statut n’a pas été attribué. Cette population n’est plus une unité désignable valide, car elle ne correspond plus aux critères révisés de 2020 du COSEPAC sur le caractère distinct et le caractère important dans l’évolution. Elle n’est donc pas admissible à l’évaluation de la situation par le COSEPAC.
Description et importance de l’espèce sauvage
Le Grand Héron (Ardea herodias), un oiseau qui atteint plus de un mètre de hauteur, est le plus grand échassier d’Amérique du Nord. La sous-espèce Ardea herodias fannini, nommée Grand Héron du Pacifique dans le présent rapport, réside à longueur d'année sur les côtes de la Colombie-Britannique. Cette sous-espèce est non migratoire et partiellement isolée des hérons continentaux par les hautes chaînes de montagnes de l’est et une saison de reproduction légèrement précoce. Par comparaison aux hérons continentaux, le Grand Héron du Pacifique est plus foncé et de plus petite taille, et produit des nichées de plus petite taille.
Le Grand Héron du Pacifique est un animal très apprécié et un symbole de la conservation des terres humides et de la qualité de l’environnement.
Répartition
Le Grand Héron niche dans la plupart des régions de l’Amérique du Nord au sud de l’Alaska et dans les îles Galápagos. Sa répartition, en incluant les aires non reproductrices, s’étend depuis la limite sud des régions polaires jusqu’au Panama. Le Grand Héron du Pacifique est confiné à la côte du Pacifique, entre le golfe du Prince William en Alaska et Puget Sound dans l’État de Washington, où il réside à longueur d’année.
Carte de l’aire de répartition du Grand Héron d’eBird, montrant les zones où l’espèce serait présente pendant au moins une semaine au cours de chaque saison, établie à partir des observations signalées par des ornithologues amateurs tout au long de l’année. Les occurrences sont représentées comme suit : toute l’année (violet), période de reproduction (10 mai au 28 juin; rouge), période internuptiale (28 décembre au 25 janvier; bleu), et périodes de migration précédant et suivant la reproduction (1er février au 3 mai; 6 juillet au 21 décembre; jaune) (d’après Fink et al., 2021).
Source : COSEPAC. 2023. Addenda au Rapport de situation du COSEPAC de 2008 sur le Grand Héron de la sous espèce fannini (Ardea herodias fannini) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xxv p.
Description longue
La carte montre que le Grand Héron se rencontre principalement depuis la côte est des États-Unis jusqu’aux Rocheuses et depuis le Mexique (au sud du Texas) jusque dans le nord de l’Alberta et le centre du Québec. Cette vaste superficie se divise essentiellement en trois zones principales. La zone illustrant la période de présence tout au long de l’année apparaît comme une large bande violette qui longe toute la côte est des États-Unis vers le sud, à partir du Massachusetts. La bande s’étend ensuite vers l’ouest le long de la côte du Golfe et couvre la plus grande partie du Texas, avant de remonter vers le nord jusqu’au sud du Kansas et jusqu’aux coins méridionaux du Missouri. Les occurrences durant la période de reproduction (du 10 mai au 28 juin) se trouvent dans la zone rouge qui part depuis la bande violette jusqu’au nord de l’Alberta, en passant par le sud et l’est de cette province, et qui s’incurve ensuite progressivement vers le sud-est, couvrant ainsi une partie de la Saskatchewan, du Manitoba et le nord-ouest de l’Ontario, avant de s’étendre jusqu’à la pointe de la baie James et de s’incurver de nouveau vers le sud-est, traversant le fleuve Saint-Laurent et se rendant jusque dans le Maine. Les aires montrant les périodes de migration précédant la reproduction (du 1er février au 3 mai) et suivant la reproduction (du 6 juillet au 21 décembre) sont moins distinctes. Elles apparaissent en jaune le long des limites les plus septentrionales des aires occupées pendant les périodes de reproduction, plus particulièrement dans le nord de l’Alberta, le centre-est de l’Ontario, le centre-ouest du Québec et le nord du Maine; de plus grandes parcelles peuvent être observées dans le sud-est de l’Alberta, le sud-ouest de la Saskatchewan et le nord du Montana ainsi que sur la rive sud du lac Supérieur.
De très petites parcelles de tous les types d’occurrence sont dispersées dans les zones montagneuses et côtières de l’ouest de l’Amérique du Nord, depuis la côte sud et l’enclave de l’Alaska jusqu’au nord-ouest de la Colombie, ainsi que sur la côte est du Mexique et des pays d’Amérique centrale, et un peu partout dans les Caraïbes. La zone d’occurrence la moins commune, en bleu, soit celle correspondant à la période internuptiale (du 28 décembre au 25 janvier), se trouve principalement le long de la côte ouest et des côtes caribéennes; ce type d’occurrence est quasi absente de l’est et du centre des États-Unis et du Canada.
Habitat
Les Grands Hérons du Pacifique se nourrissent le long du littoral marin, dans des marais d’eau douce et d’eau salée, le long de cours d’eau et dans des terres herbeuses. Un plus petit nombre d’individus se nourrit dans des forêts de varech, sur des quais et dans des plans d’eau artificiels (p. ex. étangs décoratifs et piscicultures). La plupart des hérons nichent dans des terrains boisés à proximité de grands prés de zostère marine (Zostera marina), le long de cours d’eau et dans des marais estuariens et d’eau douce. Les colonies de nidification changent d’emplacement, en particulier dans les régions où les perturbations sont nombreuses. Certaines colonies sont utilisées pendant de nombreuses années, mais la plupart d’entre elles, et en particulier celles qui comptent moins de 25 nids, changent d’emplacement après quelques années. En automne, les juvéniles occupent les terres herbeuses du delta du Fraser et du sud de l’île de Vancouver, tandis que les adultes occupent des marais estuariens et riverains et des terres herbeuses.
La taille des populations de Grands Hérons est proportionnelle à la superficie de l’habitat d’alimentation disponible à l’échelle locale. Par conséquent, les plus grandes concentrations de Grands Hérons du Pacifique se trouvent dans la région du delta du Fraser, dont les grandes vasières et zosteraies offrent une abondance de sites d’alimentation. Les pertes localisées d’habitat d’alimentation ont probablement été le plus sévères sur la côte sud de la Colombie-Britannique, car c’est dans cette région que vit la plupart de la population humaine de la province. En outre, l’utilisation de certaines aires d’alimentation pourrait être limitée par la quantité d’habitats de nidification conservés à l’état sauvage.
L’abondance de grands arbres convenables pour la nidification près des aires d’alimentation a diminué dans certaines parties de la Colombie-Britannique au cours du siècle dernier, en raison de l’accroissement de la population humaine et du développement industriel. La côte sud de la Colombie-Britannique, en particulier la très peuplée vallée du bas Fraser, où la population humaine continue de s’accroître, est particulièrement touchée par ce phénomène. Dans cette région, le facteur limitant la taille de la population de hérons pourrait être l’habitat de nidification. La destruction d’habitat dans la côte sud de la Colombie-Britannique a provoqué l’abandon d’au moins 21 colonies (de 1972 à 1985 et de 1998 à 1999).
Biologie
Au printemps, la plupart des hérons se rassemblent dans des colonies où ils se font la cour, nichent et élèvent leurs petits. La diète est principalement composée de petits poissons durant la saison de reproduction, complétée par des petits mammifères en hiver. Généralement, les femelles pondent quatre œufs, et moins de deux oisillons atteignent en moyenne le stade de l’envol et quittent le nid pour atteindre le stade juvénile. Moins de 25 p. 100 des juvéniles survivent à leur premier hiver, après quoi le taux de survie augmente pour atteindre environ 75 p. 100 par année chez les adultes. Les nids, généralement construits dans des arbres, sont faits de grandes branches.
Taille et tendances des populations
Il est difficile d’estimer la taille de la population de Grands Hérons du Pacifique, car les colonies sont instables et il est difficile d’en faire le suivi de manière standardisée. Les meilleures estimations suggèrent que la population canadienne de Grands Hérons du Pacifique compterait entre 4 000 et 5 000 adultes reproducteurs. La population mondiale de Grands Hérons du Pacifique se situe probablement entre 9 500 et 11 000 adultes reproducteurs.
Les données du Recensement des oiseaux de Noël indiquent un déclin démographique au cours des trois dernières générations, alors que les relevés des oiseaux aquatiques des côtes indiquent une croissance au cours d’une récente période de cinq ans. Les relevés des colonies suggèrent que la productivité a diminué considérablement depuis les années 1970.
Menaces et facteurs limitatifs
On croit que les déclins et les autres problèmes de productivité et de taille des populations sont liés à la prédation par le Pygargue à tête blanche, aux perturbations humaines et à la destruction des habitats de nidification et d’alimentation. On estime que la population humaine vivant au centre de l’aire de répartition de la sous-espèce doublera au cours des 30 prochaines années, ce qui risque d’accentuer les perturbations humaines et la destruction de l’habitat. En outre, les prédateurs auraient un impact sur la qualité de l’habitat en obligeant les hérons à se déplacer vers de nouveaux sites encore plus restreints.
Protection, statuts et classements
Il est interdit de chasser ou de tourmenter tout Grand Héron en vertu de la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, du Règlement sur les oiseaux migrateurs et de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique. Les deux sous-espèces de Grands Hérons présentes en Colombie-Britannique figurent dans la liste bleue du Ministry of Environment de la Colombie-Britannique. Le Grand Héron du Pacifique a été désigné « espèce préoccupante » en 1997 par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).
Source : COSEPAC. 2023. Addenda au Rapport de situation du COSEPAC de 2008 sur le Grand Héron de la sous‑espèce fannini (Ardea herodias fannini) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xxv p.
COSEPAC. 2008. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le grand héron de la sous-espèce fannini (Ardea herodias fannini) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 46 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Hétérodermie squamuleuse
Nom scientifique
Heterodermia squamulosa
Taxon
Lichens
Statut du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
Nouveau‑Brunswick, Nouvelle‑Écosse
Justification de la désignation
Au Canada, ce lichen ne se trouve qu’en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, dans les forêts anciennes de feuillus ou mixtes non perturbées qui ne présentent pas de signes d’exploitation forestière passée. La petite population canadienne (qui comprend moins de 550 thalles répartis entre 145 arbres hôtes connus) devrait connaître un déclin à cause des menaces. Celles-ci comprennent l’exploitation forestière, la construction routière et le développement résidentiel, qui mènent à la perte d’arbres hôtes ou à une ouverture du couvert forestier rendant l’habitat non convenable pour l’espèce. La pollution atmosphérique et l’agrile du frêne sont d’autres facteurs susceptibles de contribuer au déclin projeté..
Description et importance de l’espèce sauvage
L’hétérodermie squamuleuse (Heterodermia squamulosa) est un lichen rare qui pousse sur l’écorce de feuillus dans de vieilles forêts, qui sont maintenant rares au Canada atlantique. Il s’agit d’un lichen foliacé qui présente habituellement de petits lobes gris pâle et de nombreux lobules dressés. Ses organes de fructification (apothécies) en forme de disque sont extrêmement rares en Amérique du Nord : ils n’ont été trouvés qu’une seule fois au Canada et une seule fois aux États-Unis.
Répartition
L’hétérodermie squamuleuse a une répartition discontinue en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud; elle est également présente en Afrique et en Asie. Sa population mondiale est principalement concentrée dans le sud et le centre des Appalaches des États‑Unis. Au Canada, l’espèce se trouve à la limite nord, plus froide, de son aire de répartition; on la trouve surtout en Nouvelle‑Écosse, mais elle est également présente au Nouveau‑Brunswick.
Sous-populations de l’Heterodermia squamulosa au Canada. Les polygones tiretés verts et les polygones tiretés bleus regroupent les occurrences de chaque sous-population au Nouveau‑Brunswick et en Nouvelle‑Écosse, respectivement (carte produite par Alain Belliveau).
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
NB = Nouveau-Brunswick
NS = Nouvelle-Écosse
Source: COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hétérodermie squamuleuse (Heterodermia squamulose) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 60 p.
Description longue
Sous-populations de l’Heterodermia squamulosa au Canada; ces sous-populations sont concentrées dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et sur la côte sud du Nouveau-Brunswick et comprennent une sous-population isolée située au milieu de la côte sud-est de la Nouvelle-Écosse. Une liste des sous-populations suit, où le nombre approximatif d’occurrences est indiqué entre parenthèses.
Nouveau-Brunswick :
- Côte sud du Nouveau-Brunswick, à environ 20 kilomètres au nord-ouest de Saint John (2)
- Côte sud du Nouveau-Brunswick, à environ 100 kilomètres au nord-est de Saint John, près d’Alma (4)
Nouvelle-Écosse :
- Pointe sud-ouest de la partie de la Nouvelle-Écosse reliée au Nouveau-Brunswick, près d’Eatonville et d’Advocate Harbour (3)
- Milieu de la côte nord de la Nouvelle-Écosse continentale, près de Wolfville et de Canning (7)
- Milieu de la côte nord-ouest de la Nouvelle-Écosse continentale, près de Middleton (2)
- Milieu de la côte nord-ouest de la Nouvelle-Écosse continentale, près de Digby (5)
- Côte ouest de la Nouvelle-Écosse continentale, près de la pointe Church et de Saulnierville (1)
- Côte ouest de la Nouvelle-Écosse continentale, près de Cape St. Marys (4)
- Côte ouest de la Nouvelle-Écosse continentale, près d’Argyle (5)
- Intérieur des terres du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse continentale, juste au nord du parc national Kejimkujik (1)
- Intérieur des terres du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse continentale, près de Kempt (1)
- Intérieur des terres du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse continentale, près de Chelsea (4)
- Milieu de la côte sud-ouest de la Nouvelle-Écosse continentale, près de Lunenburg (3)
- Milieu de la côte sud-est de la Nouvelle-Écosse continentale, près de Spanish Ship Bay (1)
Habitat
Au Canada, l’hétérodermie squamuleuse n’est présente qu’à moins de 50 km de la côte et vit presque exclusivement dans de vieilles forêts feuillues ou mixtes qui ne présentent aucun signe évident d’exploitation forestière passée. Elle vit sur des bouleaux jaunes, érables à sucres, érables rouges et frênes blancs vivants qui poussent sur des sols relativement riches en nutriments dans des habitats humides ou secs.
Biologie
Les lichens sont des organismes symbiotiques formés par l’association d’un champignon et d’une algue verte photosynthétique ou d’une cyanobactérie. Ainsi, l’hétérodermie squamuleuse est une symbiose entre le champignon Heterodermia squamulosa et l’algue verte Trebouxia. La durée d’une génération de l’hétérodermie squamuleuse est estimée à 19 ans. Elle se reproduit principalement par des lobules végétatifs, relativement lourds, ou par des fragments de thalle, de sorte que la dispersion se limite surtout à de courtes distances (à l’intérieur d’un même peuplement forestier). L’espèce forme très rarement des organes de fructification en Amérique du Nord.
Taille et tendances des populations
L’hétérodermie squamuleuse est présente en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick où 31 occurrences formant 14 sous‑populations ont été trouvées. La population dénombrée est de 515 thalles poussant sur 145 arbres. L’occurrence au cap Split (sous‑population de la baie Scots) représente environ 50 % de tous les thalles connus sur environ 50 % des arbres hôtes colonisés. Bien que les vastes relevés de 2019‑2020 effectués pour le présent rapport aient permis de découvrir plus de 73 thalles et 31 arbres hôtes jusque‑là inconnus, le nombre total de thalles connus reste faible. La population totale au Canada est estimée à moins de mille thalles. Dans l’ensemble, en raison des menaces décrites ci-dessous, la population semble diminuer aux sites où elle a été dénombrée plus d’une fois.
Menaces et facteurs limitatifs
Les principales menaces qui pèsent sur l’hétérodermie squamuleuse sont l’abattage d’arbres hôtes et la construction de routes qui entraînent la perturbation de l’habitat. Les autres menaces qui touchent l’espèce ou ses arbres hôtes comprennent les changements climatiques, la pollution atmosphérique (en particulier les précipitations acides), l’agrile du frêne envahissant et le développement foncier. Les facteurs limitatifs pour l’espèce comprennent sa courte distance de dispersion, la quantité limitée d’habitat convenable et le fait qu’au Canada, elle se trouve à la limite nord de son aire de répartition climatique et géographique.
Protection, statuts et classements
L’hétérodermie squamuleuse est cotée G3G5 (vulnérable à non en péril) à l’échelle mondiale, N3 (vulnérable) à l’échelle nationale, S1 (gravement en péril) au Nouveau-Brunswick et S3 (vulnérable) en Nouvelle‑Écosse. Elle est désignée SNR (non classée) au Québec, où sa présence a été signalée par le passé sur la foi d’un spécimen incorrectement identifié, qui était en fait d’une espèce différente. À l’heure actuelle, environ 32 % des arbres hôtes de l’espèce au Canada se trouvent dans des aires protégées.
Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hétérodermie squamuleuse (Heterodermia squamulose) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 60 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Marah d’Orégon
Nom scientifique
Marah oregana
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Au Canada, cette plante grimpante vivace longévive est présente dans seulement quatre sous‑populations largement séparées, dans le sud‑est de l’île de Vancouver et les îles Gulf adjacentes. Moins de 50 individus matures subsistent, et une production de semis a été observée dans un seul site. Des pertes d’habitat, de sous‑populations et d’individus matures sont prévues dans l’aire de répartition canadienne de l’espèce. Les principales menaces sont le développement des quelques sites connus, les espèces exotiques et les phénomènes aléatoires pouvant toucher les quelques individus restants. Il s’agit d’une plante médicinale maintenue par certaines Premières Nations de la côte Ouest.
Description et importance de l’espèce sauvage
Le marah d’Orégon (Marah oreganus) est une vivace grimpante de grande taille de la famille des Cucurbitacées. Chaque année, la racine, grosse et ligneuse, donne naissance à des tiges aériennes rampantes munies de vrilles ramifiées. Les feuilles sont alternes, pétiolées, longues d’environ 20 cm et irrégulièrement palmées–lobées. La plante est monoïque, produisant des fleurs unisexuées blanchâtres. Les fleurs mâles sont réunies en grappe à l’aisselle des feuilles. Elles sont pédicellées, et leur périanthe, en forme de cloche, est généralement formé de cinq pièces. Les fleurs femelles sont isolées, pédicellées et également portées à l’aisselle des feuilles. Elles se distinguent par un renflement à la base. L’ovaire se développe pour donner un fruit épineux renfermant plusieurs grosses graines lourdes à tégument lisse.
Les populations de marah d’Orégon de la Colombie–Britannique ont une valeur de conservation élevée puisqu’elles constituent la totalité de l’effectif canadien d’une espèce dont l’aire de répartition est très restreinte. Les peuples autochtones utilisaient différentes parties de la plante à des fins médicinales
Répartition
Le marah d’Orégon se rencontre depuis le sud de la Colombie–Britannique jusqu’au centre de la Californie, surtout à l’ouest de la chaîne des monts Cascade. Au Canada, l’espèce est confinée à une petite zone allant du sud–est de l’île de Vancouver à l’île Pender, dans la partie méridionale des îles Gulf. Sa zone d’occurrence s’étend sur 77 km2, mais les quelques sites qu’elle occupe réellement couvrent une superficie inférieure à 12 km2.
Aire de répartition du marah d’Orégon au Canada (tirée de B.C. Ministry of Environment, 2012).
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Distribution of coast manroot in British Columbia = Aire de répartition du marah d’Orégon en Colombie‑Britannique
Legend = Légende
Extirpated = Population disparue
Confirmed = Population confirmée
Parks and Protected Areas = Parcs et aires protégées
Kilometres = Kilomètres
Projection: BC Albers = Projection d’Albers de la C.‑B.
Datum: NAD 83 = Système de référence : NAD 83
Date: October 2012 = Date : octobre 2012
Produced by: Knowledge Management Branch = Produite par : Direction générale de la gestion des connaissances
Ministry of Environment = Ministère de l’Environnement
Thetis Island = Île Thetis
Saltspring Island = Île Saltspring
North Pender Island = Île North Pender
South Pender Island = Île South Pender
Patricia Bay = Baie Patricia
British Columbia = Colombie‑Britannique
Source : COSEPAC. 2009. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le marah d’Orégon (Marah oreganus)au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 30 p.
Description longue
Carte du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf avoisinantes montrant une population disparue et quatre occurrences confirmées du marah d’Orégon. La population disparue se trouvait sur la côte sud de l’île South Pender. Les quatre occurrences confirmées se trouvent sur la côte ouest de l’île North Pender, près d’un bras de mer s’enfonçant dans les terres à l’extrémité sud de l’île Saltspring, dans l’île Thetis et sur la rive de la baie Patricia dans l’île de Vancouver. La carte montre une région d’environ 40 kilomètres du nord au sud et d’environ 40 kilomètres d’ouest en est. Une carte en médaillon montre la Colombie-Britannique et comporte un marqueur indiquant la zone agrandie qui constitue la carte principale.
Habitat
En Colombie–Britannique, l’habitat du marah d’Orégon est en corrélation avec la répartition du chêne de Garry, qui est souvent observé à proximité. Les populations actuelles et historiques du marah d’Orégon ont été trouvées sur des versants rocheux exposés au sud, dans des fourrés en bordure de la route ou à la lisière du bois, à faible altitude près de la côte du sud–est de l’île de Vancouver et de celle des îles Gulf méridionales, souvent à moins de 30 m du bord de l’eau.
Biologie
Le marah d’Orégon est une herbacée vivace à grosse racine ligneuse qui donne naissance à une ou plusieurs tiges aériennes chaque année. L’espèce ne se multiplie pas par voie végétative. Lorsque la graine germe, les cotylédons (feuilles séminales) se soudent et s’allongent rapidement en s’enfonçant dans le sol, formant sous la terre un organe tubulaire de réserve. Ce mode de germination des graines et d’établissement des semis est particulier au genre Marah et à quelques autres dicotylédones. Il serait une adaptation complexe favorisant un établissement rapide des semis dans les régions à climat de type méditerranéen, connaissant une saison chaude et sèch.
Taille et tendances des populations
En 2006, l’effectif canadien du marah d’Orégon s’élevait à 18 individus matures répartis entre trois localités. Une quatrième population est tenue pour disparue puisqu’elle n’a pas été revue depuis 1964. Faute de données historiques, il est impossible de dégager des tendances démographiques pour les trois populations actuelles.
Menaces et facteurs limitatifs
La principale menace pesant sur le marah d’Orégon est la perte d’habitat découlant de l’aménagement, des activités récréatives et de la présence d’espèces envahissantes. Une des populations a été détruite par piétinement; les autres sont très petites et sont aussi fortement exposées au piétinement.
Protection, statuts et classements
Au Canada, le marah d’Orégon n’est protégé par aucune loi visant les espèces en péril. Selon le classement de l’organisme NatureServe, le marah d’Orégon est non en péril à l’échelle mondiale (cote G5), mais gravement en péril à l’échelle de la Colombie–Britannique (cote S1). L’espèce n’est répertoriée dans aucune aire protégé.
Source : COSEPAC. 2022. Examen rapide de la classification du COSEPAC pour le marah d’Orégon (Marah oregana) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiv p.
COSEPAC. 2009. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le marah d’Orégon (Marah oreganus)au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 30 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Polystic de Californie
Nom scientifique
Polystichum californicum
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Colombie‑Britannique
Justification de la désignation
La population canadienne de cette fougère persistante ne compte que 48 individus matures. Elle se rencontre exclusivement sur les falaises de calcaire de l’île de Vancouver et de l’île Texada adjacente, en Colombie‑Britannique. En raison de la valeur commerciale associée au calcaire et aux gisements de minéraux connexes, les sites où pousse cette fougère sont recherchés pour l’exploitation de carrières. Les activités récréatives, notamment l’escalade, constituent une autre menace potentielle. Comme l’espèce compte un très petit nombre d’individus et qu’elle a une aire de répartition restreinte, elle risque fortement de disparaître du Canada.
Description et importance de l’espèce sauvage
Le polystic de Californie est une fougère cespiteuse et persistante dont les feuilles coriaces peuvent mesurer jusqu’à 80 cm de longueur. Les segments primaires des feuilles sont bordés de dents épineuses, ce qui leur donne l’apparence d’une scie, et la face inférieure des feuilles est recouverte de fines microécailles filiformes.
La population canadienne de polystic de Californie est à la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce. Au Canada, l’espèce se rencontre exclusivement sur des falaises de calcaire, tandis qu’elle occupe des milieux présentant différentes conditions d’humidité et de luminosité dans le sud de son aire de répartition.
Répartition
Dans le sud de la Colombie‑Britannique, le polystic de Californie est à la limite septentrionale de son aire de répartition, et près de 300 km séparent les sous‑populations canadiennes de l’occurrence confirmée la plus proche dans l’État de Washington. Aux États‑Unis, l’aire de répartition du polystic de Californie s’étend vers le sud depuis l’État de Washington, jusqu’en Oregon et en Californie, dans la région physiographique de la chaîne Côtière, de la chaîne des Cascades et de la Sierra Nevada. Au Canada, l’espèce a été observée à trois sites en Colombie‑Britannique : deux sur l’île Texada et un troisième près du lac Horne, sur l’île de Vancouver.
Aire de répartition canadienne du polystic de Californie. Carte préparée par Alain Filion (Secrétariat du COSEPAC).
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
THOMPSON PLATEAU = PLATEAU THOMPSON
VANCOUVER ISLAND RANGES = CHAÎNES DE MONTAGNES DE L’ÎLE DE VANCOUVER
Kilometres = kilomètres
Source : COSEPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le polystic de Californie (Polystichum californicum) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 35 p.
Description longue
Cette carte du centre et de l’est de l’île de Vancouver et du nord des îles Gulf montre trois occurrences du polystic de Californie. Le site le plus au sud se trouve au lac Horne, à environ 10 kilomètres (km) à l’intérieur des terres à partir de la côte est de l’île de Vancouver, un peu moins qu’à mi-chemin à partir du sud de l’île. Les deux autres sites se trouvent de l’autre côté du détroit de Georgie à environ 40 km au nord, sur la côte à l’extrême nord-ouest de l’île Texada, et sont séparés par moins de 5 km. Un encadré montre les trois sites sur une carte qui englobe toute l’île de Vancouver ainsi que la côte sud de la Colombie-Britannique, ce qui les place dans un contexte géographique plus large.
Habitat
Au Canada, l’espèce se rencontre exclusivement sur des falaises de calcaire. Il y a peu d’espèces végétales associées au polystic de Californie du fait de sa préférence pour les microclimats xériques.
Biologie
Le polystic de Californie est un tétraploïde (2n = 164) qui atteindrait la maturité au bout de deux à cinq ans et aurait une longue durée de vie. Des juvéniles ont été observés au lac Horne, mais aucun n’a été signalé aux sites de l’île Texada.
Taille et tendances des populations
En 2021, l’effectif total de la population canadienne se composait de 48 individus matures et d’un individu immature. Il ne semble pas y avoir de fluctuation du nombre d’individus matures. Une immigration naturelle depuis les États‑Unis vers le Canada est théoriquement possible, quoiqu’improbable.
Menaces et facteurs limitatifs
En raison de la grande valeur commerciale associée au calcaire et aux gisements de minéraux connexes, les sites où croît le polystic de Californie sont recherchés pour l’exploitation de carrières. Il est possible que les sites occupés par l’espèce sur l’île Texada soient touchés par l’exploitation de carrières, mais cela est peu probable puisque l’on prévoit y créer une réserve de parc. Vraisemblablement, les propriétaires du site du lac Horne ne devraient pas appuyer un projet de carrière. Il est possible, mais peu probable, que des activités d’exploitation forestière et de récolte du bois aient une incidence sur l’espèce. Les activités récréatives, notamment l’escalade, constituent une menace potentielle au lac Horne, mais les répercussions sur le polystic de Californie devraient être minimes. On ignore si l’espèce pourrait être touchée par la pourriture des racines ou d’autres maladies.
Compte tenu du fait qu’il y a peu de sous‑populations connues, les effectifs du polystic de Californie pourraient être limités par le faible taux d’établissement observé dans la petite zone d’habitat disponible.
Protection, statuts et classements
Actuellement, le polystic de Californie n’est pas protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) et l’espèce ne jouit d’aucune protection juridique au Canada. À l’échelle provinciale, l’espèce est inscrite à la liste rouge du Conservation Data Centre de la Colombie‑Britannique et est considérée comme étant « gravement en péril » (S1). Le polystic de Californie est classé « gravement en péril » (N1) à l’échelle nationale, et « apparemment non en péril » (G4) à l’échelle mondiale. Il ne figure pas parmi les espèces protégées en vertu de l’Endangered Species Act des États‑Unis et de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), et n’a pas été évalué par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Source : COSEPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le polystic de Californie (Polystichum californicum) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 35 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Porte-queue cendré – Population de l'Okanagan et de la Similkameen
Nom scientifique
Satyrium semiluna
Taxon
Arthropodes
Statut du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Ce papillon se trouve dans moins de 10 sites isolés dans le sud de la Colombie-Britannique, où il atteint l’extrémité nord de son aire de répartition. La modification des régimes d’incendies et l’invasion de plantes non indigènes réduisent la qualité de l’habitat, et certains sites sont soumis à des pressions liées au développement. Ces menaces combinées pourraient réduire la taille de la population dans un avenir rapproché.
Description et importance de l’espèce sauvage
Le porte-queue cendré fait partie de la grande famille des Lycénidés. Les adultes sont de petite taille, avec une envergure des ailes de 2,5 à 3,4 cm. Les faces dorsales des ailes sont uniformément colorées d’un noir brunâtre charbonneux. Contrairement à ce qu’on observe chez les autres porte-queue, les ailes postérieures des adultes ne portent pas d’extension (« queue »). L’espèce présente un léger dimorphisme sexuel; les femelles tendent à être plus grandes et plus pâles que les mâles. Le porte-queue cendré fait partie d’un groupe de papillons dont la limite nord de l’aire de répartition se trouve dans le sud du Canada. Aucune sous-espèce n’a été décrite, mais les données appuient une division en deux unités désignables : la population de l’Okanagan et de la Similkameen et la population des Lacs-Waterton.
Répartition
À l’échelle mondiale, le porte-queue cendré est présent dans l’ouest de l’Amérique du Nord, du centre-sud de la Colombie-Britannique au nord-est de la Californie et au nord du Nevada, en passant par l’est de l’État de Washington. La limite est de sa répartition s’étend du Colorado au parc national des Lacs-Waterton (PNLW), en Alberta. Moins de 1 % l’aire de répartition mondiale du porte-queue cendré se trouve au Canada.
Au Canada, le porte-queue cendré est réparti en deux unités désignables (UD, aussi appelées populations) : la population de l’Okanagan et de la Similkameen et la population des Lacs-Waterton. La population de l’Okanagan et de la Similkameen est répartie en six sous-populations dans le centre-sud de la Colombie-Britannique. La sous-population la plus au nord se trouve au sud-ouest de Penticton, dans le bassin du lac White, et la plus au sud, environ 6 km à l’ouest d’Osoyoos, en bordure de la frontière avec les États-Unis. La population des Lacs-Waterton est située dans le PNLW, dans l’extrême sud-ouest de l’Alberta. Elle ne compte qu’une seule sous-population, laquelle est toujours existante.
Aire de répartition canadienne du porte-queue cendré, montrant l’emplacement de la population de l’Okanagan et de la Similkameen, en Colombie-Britannique, et de la population des Lacs-Waterton, en Alberta. Carte créée par Greg Amos (B.C. Ministry of Environment and Climate Change Strategy, 2021).
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
UNITED STATES = ÉTATS-UNIS
Waterton Lakes National Park = Parc national des Lacs-Waterton
Scale 1: 2,000,000 = Échelle 1 : 2 000 000
Scale 1: 400,000 = Échelle 1 : 400 000
Scale 1: 200,000 = Échelle 1 : 200 000
Source: COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le porte-queue cendré (Satyrium semiluna), population de l’Okanagan et de la Similkameen et population des Lacs-Waterton, au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xvii + 74 p.
Description longue
Une carte du sud-ouest du Canada indiquant, en médaillon, les emplacements où le porte-queue cendré est présent dans chaque province. En Colombie-Britannique, l’encadré indique six emplacements de la population de l’Okanagan et de la Similkameen. Du nord au sud, ceux-ci se trouvent tout juste au sud-ouest du lac Okanagan, juste à l’est de Keremeos, au nord-ouest du lac Osoyoos et, dans le cas des trois autres, tout près de la frontière entre la Colombie-Britannique et l’État de Washington. Des trois emplacements les plus au sud, deux sont à l’est du lac Osoyoos, alors que le troisième se trouve à l’ouest. En Alberta, l’encadré indique un emplacement de la population des Lacs-Waterton, situé juste au nord du lac du Milieu, dans le parc national des Lacs-Waterton.
Habitat
En Colombie-Britannique, le porte-queue cendré habite les communautés écologiques sèches à armoise tridentée et à agropyre à épi, à une altitude de 600 à 1 000 m au-dessus du niveau de la mer, là où le relief est le plus souvent adouci par rapport aux zones plus escarpées des alentours. En Alberta, le porte-queue cendré est présent uniquement dans le cône alluvial du ruisseau Blakiston, lequel est couvert de prairie sèche et de forêt-parc à trembles, à une altitude d’environ 1 290 m. Les sols se sont formés sur des reliefs fluviaux à texture grossière, qui sont rapidement ou modérément bien drainés.
Biologie
Le porte-queue cendré suit un cycle vital annuel qui comporte une métamorphose complète en quatre étapes : l’œuf, la larve (quatre stades), la nymphe et l’adulte. Les adultes de l’Okanagan et de la Similkameen ont été observés de la fin mai au début de juillet, et ceux de la population des Lacs-Waterton, du début de juillet au début d’août.
Les larves se nourrissent de lupins. Les plantes hôtes de la population de l’Okanagan et de la Similkameen sont vraisemblablement le lupin soyeux et le lupin soufré. Dans le cas de la population des Lacs-Waterton, les plantes hôtes sont le lupin soyeux et le lupin argenté. Les plantes dont se nourrissent les larves sont abondantes et ont une vaste répartition en Colombie-Britannique et en Alberta; l’aire de répartition du porte-queue cendré n’est pas limitée par leur présence (c.-à-d. que la répartition géographique de ces plantes est plus vaste que celle du papillon). En ce qui concerne les plantes nectarifères, les porte-queue cendrés adultes sont vraisemblablement opportunistes, mais semblent préférer les ériogones (Eriogonum spp.).
De nombreux papillons d’Amérique du Nord de la famille des Lycénidés sont myrmécophiles, c’est-à-dire que les larves entretiennent une relation de mutualisme avec des fourmis (Formicidés). Les larves de ces papillons sécrètent du miellat lorsqu’elles se nourrissent, ce qui attire les fourmis, lesquelles toilettent la larve pour obtenir davantage de miellat. Les sécrétions de la larve sont une nourriture pour les fourmis, et la larve profite d’une protection contre les parasitoïdes offerte par les fourmis. Cette relation de mutualisme entre le porte-queue et les fourmis fait actuellement l’objet d’études au PNLW, et semble concerner les fourmis du genre Lasius et les fourmis rousses.
Taille et tendances des populations
Les porte-queue cendrés ont été signalés au Canada de 1895 à 2021. Les relevés réalisés en Colombie-Britannique et en Alberta se sont concentrés sur la découverte de nouvelles sous-populations, l’histoire naturelle, la confirmation des menaces et la consignation de renseignements sur l’habitat. La principale méthode de relevé est de se déplacer le long de transects qui traversent de l’habitat potentiel, en modifiant le trajet pour passer là où les plantes hôtes et les plantes nectarifères sont abondantes. On ne dispose d’aucune information sur la taille des populations canadiennes ni sur les tendances, qu’il s’agisse de la population de l’Okanagan et de la Similkameen ou de celle des Lacs-Waterton.
Menaces et facteurs limitatifs
Les principales menaces qui pèsent sur la population de l’Okanagan et de la Similkameen sont les changements de l’abondance des plantes hôtes et des plantes nectarifères (modifications des écosystèmes en raison de la suppression des incendies, propagation et introduction constante d’espèces non indigènes envahissantes), et les changements dans la communauté écologique en raison du pâturage du bétail domestique. Les incendies de végétation sont aussi une menace directe pour ces milieux.
Dans le cas de la population des Lacs-Waterton, la principale menace est la propagation de plantes non indigènes comme la centaurée maculée. L’abondance accrue de la centaurée diminue la qualité de l’habitat en réduisant l’abondance des plantes hôtes des larves (lupins) et des sources de nectar pour les adultes.
Les facteurs limitatifs sont notamment la présence et l’abondance de plantes hôtes saines. La larve de ce papillon est possiblement dépendante de la relation de mutualisme avec les fourmis et, si c’est le cas, la présence des bonnes espèces de fourmis sera également un facteur limitatif.
Protection, statuts et classements
Le porte-queue cendré a été évalué comme étant en voie de disparition par le COSEPAC en 2006. Il a été inscrit à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral en 2007 (sous le nom français de porte-queue demi-lune), et l’habitat essentiel de l’espèce a été désigné en vertu de cette loi en 2016. La population de porte-queue cendrés des Lacs-Waterton est seulement présente dans le PNLW, et les deux espèces hôtes sont donc protégées par la Loi sur les parcs nationaux du Canada. En Colombie-Britannique, le porte-queue cendré est désigné comme espèce en péril en vertu de la loi sur les pratiques liées à la foresterie et aux pâturages (Forest and Range Practices Act) et figure parmi les espèces désignées dans le cadre de la stratégie de gestion des espèces sauvages désignées (Identified Wildlife Management Strategy).
La cote de conservation mondiale du porte-queue cendré est G4 (apparemment non en péril), alors qu’à l’échelle nationale, il est classé N1 (gravement en péril). À l’échelle provinciale, il est classé S1 (gravement en péril) tant en Colombie-Britannique qu’en Alberta. Les plantes hôtes ne sont pas en péril. Des individus de la population de l’Okanagan et de la Similkameen ont été signalés sur des propriétés privées, des terres de conservation privées, des aires protégées provinciales, des propriétés fédérales louées à des exploitants de fermes d’élevage privées, et des parcelles de terres provinciales non protégées.
Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le porte-queue cendré (Satyrium semiluna), population de l’Okanagan et de la Similkameen et population des Lacs-Waterton, au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xvii + 74 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.