Partie 3 du document de consultation : modification de la liste des espèces terrestres de la Loi sur les espèces en péril, résumé janvier 2025
Bouton voûté
Nom scientifique
Discus patulus
Taxon
Mollusques
Statut du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
ON
Justification de la désignation
Cet escargot terrestre de taille moyenne (diamètre de la coquille d’environ 1 cm) occuperait un seul site de 150 hectares dans la forêt carolinienne mature du sud de l’Ontario. Il pourrait aussi se trouver sur un autre site qui n’a pas récemment fait l’objet de recherches. Le site sur lequel la présence de l’espèce est connue ne contient que quelque 20 % d’habitat forestier convenable; la microrépartition de l’espèce est en outre limitée par le fait que les individus tendent à se regrouper sous des troncs et des branches d’arbres en décomposition au sol. Onze occurrences historiques ont disparu du sud de l’Ontario, et des recherches soutenues n’ont pas permis de trouver d’autres sous‑populations. Parmi les principales menaces qui pèsent sur l’espèce, on compte les changements climatiques (par exemple sécheresses, changements du régime de gel) et les espèces envahissantes (par exemple lombrics et limaces). La désignation de l’espèce est justifiée par sa répartition très limitée, sa faible dispersion et son historique de disparition de sites adjacents soumis à l’expansion de l’agriculture.
Description et importance de l'espèce sauvage
Le bouton voûté (Discus patulus) est un escargot terrestre de taille moyenne (largeur de la coquille d’environ 1 cm chez l’adulte) dont la coquille brun rougeâtre présente un grand ombilic (trou sur le dessous). Une mince couche aplatie (callus) est présente à la base de l’ouverture de la coquille, et celle-ci porte des nervures radiales grossières. Cette population canadienne fait partie de la faune unique de la forêt carolinienne; elle contribue de manière importante au fonctionnement de l’écosystème, notamment au cycle des nutriments, ainsi qu’à la conservation de l’espèce à l’échelle mondiale, puisqu’elle se trouve à la limite de son aire de répartition. Toutes les espèces sont importantes, interreliées et interdépendantes. Le rapport ne contient aucune connaissance traditionnelle autochtone spécifique à l’espèce.
Répartition
La répartition mondiale de l’espèce s’étend aux États-Unis depuis le Michigan, dans le nord-ouest, jusqu’à New York, dans le nord-est, et vers le sud depuis le sud de l’Ontario, au Canada, jusqu’en Louisiane et en Floride. Au Canada, l’espèce pourrait persister dans les comtés de Middlesex et d’Essex, dans le sud-ouest de l’Ontario. Elle semble avoir disparu d’environ 11 sites occupés par le passé dans le sud-ouest de l’Ontario.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Discus patulus occurrences = Occurrences de Discus patulus
Sites searched in and near historical locations = Sites qui ont été cherchés, aux emplacements historiques et leurs alentours
Uncertain = Incertaines
Extant = Existantes
Kilometres = Kilomètres
Répartition canadienne du bouton voûté (Discus patulus) en Ontario d’après les mentions compilées aux fins du présent rapport (tableau 1). « Existante » (point noir) signifie que des coquilles ou des individus vivants ont été trouvés sur le site au cours des 20 dernières années. « Incertaine » (point gris) signifie que la présence de l’espèce est incertaine, car l’habitat n’était pas accessible (terres privées). Comme les sites historiques exacts n’étaient pas toujours identifiables à cause de l’utilisation actuelle des terres, tous les sites ayant fait l’objet de recherches à proximité d’occurrences historiques (tableau 1) sont indiqués comme étant « historiques » (points orange).
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le bouton voûté (Discus patulus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada Ottawa, x + 53 p.
Description longue
Carte du sud de l’Ontario montrant les occurrences du bouton voûté au Canada. La majorité des points de distribution (43 points en tout) sur la carte correspond aux sites qui ont été cherchés aux emplacements historiques et leurs alentours; la plupart d’entre eux forment des regroupements assez proches les uns des autres. Ils sont situés comme suit : sur la côte ouest du lac Ontario, sur la côte nord-est du lac Érié, sur la côte sud-est du lac Huron, dans la zone entre Peterborough et Kingston, et dans la zone entre Petawawa et Pembroke. Il n’y a qu’un seul point d’occurrence existant sur la carte, situé près des points historiques au sud-est du lac Huron. Un point de distribution dans le comté d’Essex est considéré comme étant incertain.
Habitat
En Amérique du Nord, le bouton voûté vit dans des forêts matures et de fin de succession, habituellement dans des ravins fluviaux aux pentes abruptes, et on peut le trouver en groupes sous des troncs et des branches d’arbres en décomposition au sol et dans de la litière de feuilles profonde. L’habitat dans le seul site occupé connu au Canada (comté de Middlesex) est entouré de terres arables non convenables et d’un cours d’eau. L’habitat semble intact dans l’autre site possiblement occupé (comté d’Essex), mais les terres, qui sont privées, n’ont pas fait l’objet de recherches.
Biologie
Le bouton voûté est un escargot terrestre ovipare. La reproduction a probablement lieu au printemps et à la fin de l’été. L’hibernation a lieu du début octobre à avril dans les régions tempérées. L’estivation peut quant à elle avoir lieu seulement pendant une sécheresse prolongée. L’espèce peut atteindre la maturité sexuelle à 1 an, et vivre de 2 à 3 ans. Il est possible qu’elle se nourrisse principalement de bois en décomposition ou de champignons dans la litière de feuilles. La dispersion active aux fins de la colonisation de nouveaux secteurs est extrêmement lente, car l’espèce se trouve généralement dans un microhabitat abrité (troncs et branches d’arbres en décomposition au sol, pierres). Rien n’indique que l’espèce soit transportée par les humains.
Taille et tendances des populations
Au Canada, 11 des occurrences historiques de l’espèce ont disparu. Une occurrence est considérée comme étant existante (dernière collecte en 2008); l’existence d’une autre occurrence est incertaine, parce qu’elle se trouve sur des terres privées qui n’ont pas fait l’objet de recherches depuis 1994; la situation d’une autre occurrence possible (collecte en 1899) demeure inconnue (les coordonnées exactes sont inconnues, et il n’y a pas de terres publiques dans le secteur général). L’origine d’une autre mention, provenant d’un objet à la dérive sur la rivière Thames, est également inconnue. La seule sous-population connue se trouve dans une zone de terres protégées de 148 hectares, dont environ 30 à 40 hectares sont constitués de forêts matures et de pentes boisées. La répartition des individus dans l’habitat est éparse, car les colonies se forment aux endroits où l’on trouve des troncs et des branches d’arbres en décomposition au sol.
Menaces et facteurs limitatifs
La faible capacité de dispersion de l’espèce et sa faible résistance physiologique aux variations des facteurs environnementaux comme la température et l’humidité constituent des facteurs limitatifs. Les principales menaces qui pèsent sur le bouton voûté sont les changements climatiques (sécheresses, changements dans les régimes de gel) et les espèces envahissantes, comme les lombrics, qui détruisent la litière des feuilles, ou les limaces, qui peuvent entrer en compétition avec l’espèce pour les abris et les aliments.
Protection, statut et classements
Le bouton voûté n’a aucune désignation juridique. Il est classé comme étant non en péril à l’échelle mondiale (G5) et nationale (N5) aux États-Unis, mais en péril (N2) au Canada et en Ontario (S2).
Source: COSEPAC. 2024.Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le bouton voûté (Discus patulus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada Ottawa, x + 53 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Mésange lapone
Nom scientifique
Poecile cinctus
Taxon
Oiseaux
Statut du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
NT, YT
Justification de la désignation
Ce petit passereau présente une répartition holarctique, soit du nord de l’Europe jusqu’à l’extrême nord-ouest de l’Amérique du Nord, en passant par l’Asie. Son aire de répartition canadienne historique atteignait les Territoires du Nord‑Ouest, mais il n’a récemment été observé qu’au Yukon, où l’on compte les deux seules observations au Canada depuis 2000 malgré d’importants relevés effectués en 2019. Bien que peu de choses soient connues sur cette espèce au Canada, elle est considérée en péril à cause de sa très petite population ainsi que du déclin inféré et prévu de ses effectifs. Les principales menaces qui pèsent sur elle sont probablement les changements climatiques et les phénomènes météorologiques violents ainsi que les changements connexes des processus naturels, notamment en ce qui concerne le cycle gel-dégel et les feux de friches. Ces facteurs agissent sur la qualité de l’habitat utilisé pour la nidification, le repos et la recherche ou le stockage de nourriture.
Description et importance de l'espèce sauvage
La Mésange lapone (Poecile cinctus) est une mésange à tête brune d’apparence similaire à la Mésange à tête brune, mais qui se distingue par des joues et un cou blancs, des flancs plus clairs et des plumes alaires bordées de blanc. Le plumage est semblable chez les deux sexes. Les vocalisations de la Mésange lapone peuvent être distinguées de manière fiable de celles des autres mésanges par une vocalisation distincte, le cri EL , caractérisé par un spectrogramme qui ressemble à la lettre majuscule « L ». La sous-espèce résidant au Canada, P. c. lathami, est endémique à l’Amérique du Nord. La Mésange lapone est l’une des espèces d’oiseaux les moins bien connues d’Amérique du Nord, en raison d’un suivi et de recherches scientifiques limités et de l’éloignement de son aire de répartition, en grande partie inaccessible, où la population humaine est peu nombreuse et dispersée. L’espèce a apparemment connu des déclins malgré le fait qu’elle vit toute l’année dans des régions sauvages isolées et intactes.
Répartition
La Mésange lapone a une répartition holarctique qui s’étend du nord de l’Europe à l’extrême nord-ouest de l’Amérique du Nord, en passant par l’Asie. L’aire de répartition historique au Canada comprenait les Territoires du Nord-Ouest, mais des données récentes suggèrent une contraction vers le nord de l’aire de répartition historique de l’espèce en Amérique du Nord, soit vers les écorégions des monts British-monts Richardson et du bassin de la rivière Old Crow dans le nord du Yukon, ainsi que la chaîne Brooks dans le nord de l’Alaska. Il n’y a eu que deux mentions au Canada depuis 2000, et aucun oiseau n’a été détecté lors de relevés importants (nouvelles visites à des sites historiques et échantillons basés sur la conception au moyen d’unités d’enregistrement autonomes [UEA]) et du traitement des données (traitement automatisé et manuel des enregistrements) au Yukon en 2019.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Distribution of Gray-headed Chickadee (Poecile cinctus) in Canada = Distribution de la mésange lapone (Poecile cinctus) au Canada
Historical Canada Distribution [pre-2000] = Distribution canadienne historique [avant l’année 2000]
Current Canada Distribution [2000-2023] = Distribution canadienne actuelle [de 2000 à 2023]
Alaska Historical Distribution [pre-2000] = Distribution historique en Alaska [avant l’année 2000]
Alaska Current Distribution [2000-2023] = Distribution actuelle en Alaska [de 2000 à 2023]
Extent of Occurrence Canada = Zone d’occurrence au Canada
EOO: 133 727 km2 [Historical] = Zone d’occurrence : 133 727 km2 [Historique]
Extent of Occurrence North America = Zone d’occurrence en Amérique du Nord
EOO: 347 912 km2 [Current] = Zone d’occurrence : 347 912 km2 [Actuelle]
EOO: 845 276 km2 [Historical] = Zone d’occurrence : 845 276 km2 [Historique]
Zone d’occurrence historique (avant 2000) et actuelle (de 2000 à 2023) de la Mésange lapone (Poecile cinctus) en Amérique du Nord et au Canada. Il n’est pas possible de cartographier la zone d’occurrence actuelle au Canada, car il n’y a que deux mentions documentées entre 2000 et 2023.
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Mésange lapone (Poecile cinctus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa, xiv + 57 p.
Description longue
Carte du nord-ouest du Canada et de l’Alaska montrant la distribution de la mésange lapone au Canada, avec 3 zones d’occurrence et 4 groupes de points représentant la distribution historique (avant l’année 2000) et actuelle (de 2000 à 2023) de l’espèce au Canada et en Alaska.
La zone d’occurrence historique de l’Amérique du Nord s’étend sur 845 276 km2; une partie de sa superficie chevauche la zone d’occurrence actuelle de l’Amérique du Nord, qui se trouve dans la partie nord-est de celle-ci. L’étendue couverte uniquement par la zone d’occurrence historique de l’Amérique du Nord correspond principalement au nord de l’Alaska, et comprend une petite partie du Yukon près de la frontière avec les États-Unis. Dans l’étendue unique à cette zone d’occurrence, il n’y a que des points de distribution historiques de l’Alaska (18 points distincts).
La zone d’occurrence actuelle de l’Amérique du Nord s’étend sur 347 912 km2, soit environ la moitié de la zone d’occurrence historique de l’Amérique du Nord (dans sa partie nord-est). Elle inclut également une petite partie du Yukon près de la frontière avec les États-Unis, qui elle chevauche la zone d’occurrence historique canadienne. Dans la zone d’occurrence actuelle de l’Amérique du Nord, il y a 4 types de points de distribution : des points historiques de l’Alaska (16 points distincts), des points actuels de l’Alaska (12 points distincts), des points historiques canadiens (6 points distincts) et des points actuels canadiens (2 points).
La zone d’occurrence historique canadienne s’étend sur 133 727 km2, qui correspondent à la partie nord du Yukon et la partie nord-ouest des Territoires du Nord-Ouest. Dans cette zone d’occurrence, il y a 2 types de points de distribution, dont certains sont les mêmes que ceux comptés dans la zone d’occurrence actuelle de l’Amérique du Nord : des points historiques canadiens (34 points) et des points actuels canadiens (2 points).
Habitat
La Mésange lapone est une résidente à l’année qui occuperait un habitat similaire tout au long de l’année. Elle est généralement présente dans les forêts mixtes de conifères et de feuillus de la région arctique et boréale, près des limites nord et ouest de la zone arborée dans l’écozone de la taïga de la Cordillère. L’habitat de reproduction est dominé par les épinettes et les saules (par exemple, les zones riveraines et les hautes arbustaies) et des peuplements de peuplier baumier. La Mésange lapone ne niche que dans des cavités, creusant de nouvelles cavités ou rénovant des cavités naturelles ou des trous de pics. Les changements dans la couverture terrestre, le type de forêt et la composition des arbres dans la région arctique et boréale au cours des 20 à 30 dernières années coïncident avec la contraction de l’aire de répartition de la Mésange lapone vers le nord.
Biologie
La Mésange lapone est un reproducteur monogame, qui se reproduit probablement à l’âge d’un an et qui produit une couvée par année. Les couples nichent seuls, et les oiseaux hivernent en petits groupes. La construction du nid commence au début du mois de mai, la taille de la couvée est généralement de 6 à 10 oeufs, la période d’incubation est de 14 à 15 jours et la période d’élevage au nid est de 19 jours. Les femelles élèvent les jeunes nouvellement éclos, et les deux parents nourrissent les jeunes à l’envol pendant environ 10 jours, après quoi les jeunes commencent à se disperser. Selon les estimations, la durée d’une génération est de 2,2 ans. Les principaux facteurs limitatifs pour la Mésange lapone ne sont pas bien connus. L’espèce peut être vulnérable à des déclins démographiques abrupts parce qu’elle n’est pas migratrice, qu’elle occupe un climat nordique rigoureux et que la taille de sa population, sa répartition et son aire de répartition annuelle sont petites. Les autres facteurs limitatifs peuvent comprendre la compétition livrée par la Mésange à tête brune, la dépendance à l’égard des caches de nourriture hors des périodes de reproduction, et la dépendance à l’égard de la disponibilité d’arbres de nidification et de repos convenables.
Taille et tendances des populations
Les données de relevé sont insuffisantes pour estimer la taille de la population reproductrice de la Mésange lapone au Canada. Les relevés menés en 2019 à 24 sites ciblés où l’espèce était autrefois présente et à 62 sites de relevé basés sur la conception du Programme de surveillance des oiseaux boréaux dans le nord du Yukon n’ont pas permis de détecter l’espèce. L’analyse bayésienne basée sur des intervalles de détection supposés et des simulations de diverses abondances de la Mésange lapone indique que ce résultat de non-détection se produit dans 50 % des simulations lorsqu’il y a 159 individus dans la population (c’est-à-dire une probabilité de 50 % qu’il y ait moins de 159 individus matures au Canada). Ces simulations suggèrent également une probabilité de 99 % que le nombre d’individus matures soit inférieur à 1 000 et une probabilité de 68 % que le nombre d’individus matures soit inférieur à 250. Les données de relevé sont insuffisantes pour quantifier les tendances de la population au Canada. Cependant, un déclin continu est déduit sur la base d’une contraction substantielle de la zone d’occurrence au cours des dernières décennies à la fois au Canada et en Alaska, et de la rareté des mentions récentes à des sites où des observations régulières étaient faites auparavant.
Menaces et facteurs limitatifs
Les principales menaces qui pèsent sur la Mésange lapone seraient les changements climatiques et les phénomènes météorologiques violents, ainsi que les modifications des systèmes naturels (incendies). Les changements continus et interdépendants des perturbations naturelles, des processus naturels et de l’état des forêts qui sont induits par le climat entraînent des modifications constantes susceptibles de réduire la superficie, la localisation spatiale et la répartition temporelle des forêts matures contenant des arbres morts, mourants ou endommagés pour le repos et la nidification, ainsi que des arbres vivants pour l’alimentation. Les changements de température, d’humidité, du nombre d’épisodes de gel-dégel et de la présence ou de l’absence d’épisodes de grand gel qui sont induits par le climat peuvent avoir une incidence sur la qualité et l’intégrité de la nourriture cachée hors de la période de reproduction. L’hybridation avec la Mésange à tête brune peut constituer une menace supplémentaire, car des données préliminaires d’hybridation entre la Mésange lapone et la Mésange à tête brune ont été recueillies dans le nord de l’Alaska. L’impact global des menaces est « moyen-faible ».
Protection, statut et classements
Au Canada, la Mésange lapone est protégée par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. NatureServe (2024) classe la Mésange lapone dans la catégorie « vulnérable à apparemment non en sécurité » (G3G4) à l’échelle mondiale, la catégorie « gravement en sécurité » (N1) au Canada, la catégorie « gravement en sécurité » (N1) au Yukon et dans la catégorie « gravement en sécurité à en sécurité » (S1S2) en Alaska. L’espèce est considérée comme non classable (SU) dans les Territoires du Nord-Ouest. L’Alaska Species Ranking System classe également l’espèce dans la catégorie II Rouge (Red), c’est-à-dire qu’elle fait l’objet d’une très grande préoccupation en matière de conservation.
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Mésange lapone (Poecile cinctus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa, xiv + 57 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Onagre de Cleland
Nom scientifique
Oenothera clelandii
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
ON
Justification de la désignation
Cette relique des communautés de prairies sèches à grandes graminées est présente du centre‑ouest des États‑Unis à l’Ontario. Au Canada, cette fleur sauvage des prairies est connue dans quatre sites isolés du sud‑ouest de l’Ontario. Bien qu’aucune plante n’ait été observée depuis 2001, il est possible que l’espèce soit encore présente dans le réservoir de semences du sol. Son déclin au Canada serait dû à la dégradation et à la perte d’habitat causées par les activités de développement, la suppression des incendies et la compétition avec les plantes terrestres exotiques et indigènes.
Description et importance de l'espèce sauvage
L’onagre de Cleland (Oenothera clelandii) est une plante herbacée généralement bisannuelle qui, en Ontario, produit des fleurs jaunes en épi entre les mois de juillet et d’août. L’espèce pourrait être une relique des communautés de prairie à herbes hautes qui s’étendaient depuis le Midwest des États-Unis jusqu’à l’Ontario et qui constituaient une grande partie du paysage du sud de l’Ontario après le retrait de l’inlandsis laurentidien.
La population canadienne d’onagre de Cleland se limite à la zone carolinienne du sud-ouest de l’Ontario, où elle fait partie d’un ensemble d’espèces d’importance nationale qui, se trouvant à la limite nord de leur aire de répartition, sont préoccupantes sur le plan de la conservation.
Répartition
L’aire de répartition de l’onagre de Cleland atteint sa limite nord au Canada, où ont été documentées quatre sous-populations situées dans la zone biologique carolinienne du sud-ouest de l’Ontario. Aux États-Unis, l’aire de répartition de l’espèce s’étend depuis le Wisconsin jusqu’au New Jersey, à l’est, et jusqu’à l’Arkansas, au sud.
Répartition des sous-populations historiques d’onagre de Cleland en Ontario, au Canada
Sources: COSEPAC. 2023. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’onagre de Cleland (Oenothera clelandii) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiv + 45 p.
Description longue
Carte de la répartition de l’onagre de Cleland (Oenothera clelandii) au Canada, qui se concentre dans le sud-ouest de l’Ontario. La carte montre la zone d’occurrence historique et les sous-populations possiblement disparues. La zone d’occurrence historique forme un triangle, dont les angles se situent à Komoka, à Jaffa et à Mississauga. Il y a quatre sous-populations possiblement disparues, soit une à chaque extrémité de la zone d’occurrence historique ainsi qu’une à London.
Habitat
L’onagre de Cleland pousse sur des sols sableux secs dans les champs, les prairies, les landes sableuses et les savanes ainsi que le long des routes et des couloirs ferroviaires. Dans ces milieux, l’espèce privilégie souvent le plein soleil et les zones où la perturbation du sol a créé une couverture irrégulière de végétation herbacée et de substrat nu. En Ontario, l’espèce a été observée dans des prairies sèches à herbes hautes et des zones sableuses dégagées le long des couloirs ferroviaires et des routes. La qualité de l’habitat est généralement en baisse dans une grande partie de son aire de répartition en raison de la compétition exercée par des espèces envahissantes et de l’absence de perturbations naturelles, notamment par suite de la suppression des incendies.
Biologie
L’onagre de Cleland est une plante herbacée principalement bisannuelle qui se reproduit par graines. La plupart des plantes ont un cycle vital de deux ans; elles produisent une rosette basale la première année, puis une tige florifère et des graines la deuxième année. Les plantes sont autocompatibles et capables de s’autoféconder. Les fleurs, munies d’un tube floral relativement long, s’ouvrent la nuit et sont pollinisées par des insectes à langue longue, notamment les sphinx (Sphingidés), ainsi que par d’autres papillons de nuit, les abeilles, les papillons diurnes, les mouches et les colibris. Les graines d’onagre peuvent demeurer viables durant plusieurs décennies et rester en dormance dans le réservoir de graines jusqu’à ce qu’une perturbation du sol se produise et crée des conditions favorables à la germination de l’espèce.
Taille et tendances des populations
Toutes les sous-populations connues de l’espèce au Canada semblent avoir disparu, si l’on se fonde sur les relevés ciblés effectués en 2022 dans les quatre sites en question. En ce qui concerne la sous-population de Jaffa, aucune estimation du nombre de tiges n’a été fournie en 1975, mais les plantes ont été documentées comme étant éparses et rares; on présume donc que la sous-population ne comptait que peu d’individus matures. On a noté que les plantes de la sous-population de Mississauga étaient peu communes et qu’il y avait environ 30 individus en fleur en 1985. La sous-population de London était composée de quelques plantes en 1993. Dans ces trois sous-populations, l’habitat a subi des modifications importantes en raison de la prolifération d’espèces envahissantes. La sous-population de Komoka comptait, dans les années 1990, pas moins de 200 à 300 plantes dans une zone restreinte, et les plantes ont été décrites comme étant abondantes au début des années 2000. L’espèce a été observée pour la dernière fois au Canada à Komoka en 2001, avant un projet de développement qui a probablement fait disparaître cette sous-population, ou du moins l’a fortement réduite. Si l’on se fonde sur le nombre de tiges estimé dans chaque sous-population, les activités de recherche infructueuses effectuées dans l’intervalle, et les changements qui se sont produits à chaque site, il est possible que les plantes matures aient toutes disparu avant 2012. En l’absence de plantes matures, la persistance continue de toutes les sous-populations de l’espèce repose maintenant sur la germination des graines du réservoir, le cas échéant.
Menaces et facteurs limitatifs
Parmi les principales menaces pesant sur l’espèce figurent la modification du régime de perturbation du sol et du régime des feux ainsi que l’établissement de plantes concurrentes (dont des espèces envahissantes) qui entraîne la dégradation de l’habitat. Le développement résidentiel représente également une menace importante pour l’une des sous-populations. La compétition accrue exercée par des espèces envahissantes, observée dans les quatre sous-populations, est largement attribuable à la suppression des incendies, laquelle menace la persistance des prairies sèches. Les activités de développement continues représentent une menace pour les sites se trouvant le long de couloirs ferroviaires à London et à Mississauga.
Protection, statut et classements
L’onagre de Cleland ne bénéficie actuellement d’aucune protection juridique au Canada. L’espèce est protégée dans l’État de l’Ohio, où elle figure sur la liste des espèces en voie de disparition. L’espèce est cotée S1 (gravement en péril) en Arkansas et S2 (en péril) au Missouri. NatureServe a attribué à l’onagre de Cleland la cote de conservation G3G5 (vulnérable à en sécurité) à l’échelle mondiale. L’espèce est cotée N1 (gravement en péril) au Canada et S1 en Ontario, et elle non classée aux États-Unis à l’échelle nationale. Trois des quatre sous-populations canadiennes documentées sont situées sur des terres privées, et l’une des trois, sur une terre appartenant à un office de protection de la nature. Le quatrième site se trouve sur une terre appartenant au gouvernement de l’Ontario.
Sources: COSEPAC. 2023. SOUS PRESSE. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’onagre de Cleland (Oenothera clelandii) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiv + 45 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Orobanche des pins
Nom scientifique
Aphyllon pinorum
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
BC
Justification de la désignation
La population canadienne de cette plante annuelle parasite compte moins de 60 individus matures; l’espèce ne persiste que dans deux secteurs forestiers de l’île de Vancouver, à l’extrémité septentrionale de son aire de répartition nord‑américaine. Des plantes ont été détruites par l’exploitation forestière par le passé, et la population est actuellement menacée par les activités récréatives, plus particulièrement l’aménagement et l’entretien de sentiers, et par l’augmentation des sources d’allumage des incendies de forêt. Vu sa très faible population et sa répartition limitée, cette plante pourrait disparaître du Canada.
Description et importance de l'espèce sauvage
L’orobanche des pins (Aphyllon pinorum) est une herbacée non graminoïde annuelle parasite, qui se développe à partir d’une grosse masse souterraine ressemblant à un tubercule. L’espèce est dépourvue de chlorophylle et produit des tiges dressées et ramifiées. Elle arbore des fleurs tubulaires, jaunâtres à violacées, en nombre élevé, et produit des fruits capsulaires renfermant de nombreuses graines minuscules, semblables à des grains de poussière.
Répartition
L’orobanche des pins est une espèce peu commune, présente le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord, depuis le sud de l’île de Vancouver jusqu’en Californie. Des sous-populations isolées sont aussi présentes dans le nord-ouest des États-Unis (nord de l’Idaho, est de l’État de Washington et est de l’Oregon) et dans les montagnes du Nouveau-Mexique.
Aire de répartition de l’orobanche des pins au Canada. 1 = « rivière Cowichan » (emplacement général) ; 2 = Parc provincial Koksilah River 3 = Parc régional Sooke Potholes.
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’orobanche des pins (Aphyllon pinorum) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 31 p.
Description longue
Carte montrant la distribution de l’orobanche des pins en Colombie-Britannique, séparée en deux moitiés : à la gauche, une carte de la province avec un encadré autour de la région du sud de l’île de Vancouver, présentée à plus grande échelle sur la carte en médaillon à la droite. Trois zones d’occurrence sont présentées sur la carte en médaillon : la première est dans la région de la rivière Cowichan, la seconde dans le parc provincial de la rivière Koksilah, et la troisième dans le parc régional Sooke Potholes.
Habitat
L’orobanche des pins est étroitement associée aux forêts de conifères sèches, où elle a besoin de la présence de sa plante hôte, l’holodisque discolore, pour la germination de ses graines et sa croissance. Les sous-populations canadiennes sont spécifiquement associées aux forêts à douglas de Menzies.
Biologie
L’orobanche des pins est une espèce annuelle, qui se reproduit principalement par autofécondation et, à l’occasion, par pollinisation croisée grâce aux insectes pollinisateurs (abeilles). L’espèce est parasite et dépend entièrement de sa plante hôte, l’holodisque discolore, à partir de laquelle elle puise l’eau, les minéraux et les éléments nutritifs nécessaires à sa croissance. Ses graines minuscules sont bien adaptées pour la dispersion par le vent; cependant, la distance de dispersion pourrait être réduite dans les milieux forestiers, habituellement denses, où l’espèce est présente.
Taille et tendances des populations
Deux sous-populations existantes d’orobanche des pins sont connues au Canada, toutes deux dans le sud de l’île de Vancouver, et une troisième sous-population aurait existé selon un spécimen historique, mais les données sont insuffisantes. Peu de données ont été publiées sur les tendances à court ou à long terme de ces sous-populations, mais les estimations actuelles de l’abondance aux deux sites connus semblent indiquer que la population canadienne compterait au total moins de 60 individus.
Menaces et facteurs limitatifs
Les principales menaces pesant sur l’espèce au Canada sont les activités récréatives (particulièrement l’aménagement et l’entretien de sentiers) et la perte potentielle de son habitat constitué de forêts due à des événements stochastiques (par exemple incendies de forte intensité). Cependant, étant donné que les deux sous-populations connues sont présentes en grande partie, ou entièrement, à l’intérieur de zones protégées (parcs provinciaux et régionaux), elles bénéficient d’une certaine protection contre les impacts écosystémiques à grande échelle, qui pourraient éliminer de l’habitat convenable.
Protection, statut et classements
Actuellement, l’orobanche des pins ne jouit d’aucune protection juridique au Canada. En Colombie-Britannique (2019), l’espèce est cotée S1S2 (« gravement en péril » à « en péril »), ce qui la place sur la liste rouge provinciale. À l’échelle mondiale, NatureServe considère l’espèce comme « apparemment en sécurité » (G4; réévaluée en 2024). Au Canada, les sous-populations connues se trouvent en grande partie ou entièrement dans des parcs protégés.
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’orobanche des pins (Aphyllon pinorum) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 31 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Necture tacheté (Population du Manitoba)
Nom scientifique
Necturus maculosus
Taxon
Amphibiens
Statut du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
MB
Justification de la désignation
La population du centre du Canada de cette grande salamandre longévive possède une aire de répartition restreinte au sud‑est du lac Winnipeg et à ses affluents, dans le sud du Manitoba. L’espèce est peu commune et n’a pas été observée récemment dans la plus grande partie de son aire de répartition historique canadienne. La répartition est limitée et diminue, et des déclins observés et inférés de la zone d’occupation, du nombre de localités et de la qualité de l’habitat sont répertoriés. Le mode de vie entièrement aquatique, la nature sédentaire et le faible potentiel de reproduction de l’espèce la rendent vulnérable à une gamme de menaces dans tous les bassins versants. Cette salamandre est particulièrement vulnérable à la sédimentation et aux polluants provenant de l’agriculture et de l’exploitation forestière, aux activités de canalisation de cours d’eau et de lutte contre les inondations, et aux effets des espèces envahissantes, dont la moule zébrée et l’écrevisse à taches rouges, récemment introduite.
Description et importance de l'espèce sauvage
Le necture tacheté (Necturus maculosus) est une grande salamandre aquatique pouvant atteindre 49 cm en longueur. Ses branchies externes rouges et proéminentes, ressemblant à des oreilles, qu’il conserve tout au long de sa vie d’adulte, constituent sa caractéristique la plus remarquable. L’espèce est la seule représentante de la famille des Proteidae au Canada. En tant que seul hôte connu de la mulette du Necture (Simpsonaias ambigua), espèce en voie de disparition, le necture tacheté joue un rôle écologique vital.
Répartition
Le necture tacheté est présent dans la majeure partie du centre-est des États-Unis, depuis les Appalaches jusqu’aux Grandes Plaines, à l’ouest, à la Louisiane, au sud, et à l’extrémité sud du Manitoba, de l’Ontario et du Québec, au nord. Au Canada, on en retrouve deux populations, considérées ici comme des unités désignables (UD) distinctes : 1) la population du Manitoba, qui se limite à la partie sud-est du lac Winnipeg et de ses affluents, au Manitoba; 2) la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, largement répandue dans le sud de l’Ontario et du Québec le long des rives des Grands Lacs et des plans d’eau adjacents, ainsi que dans la rivière Sydenham, le bassin de la rivière des Outaouais, les basses terres du Saint-Laurent le long de la rivière des Outaouais, et dans le fleuve Saint-Laurent et certains de ses affluents.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Necturus maculosus observations in Canada = Observations de Necturus maculosus au Canada
Manitoba population = Population du Manitoba
Extant Observations (1998-2023) = Observations existantes (entre 1998 et 2023)
Extent of Occurrence [minimum convex polygon] = Zone d’occurrence [polygone convexe minimum]
EOO: 29 116 km2 = Zone d’occurrence: 29 116 km2
Index of Area of Occupancy (2 km x 2 km) = Indice de zone d’occupation (2 km x 2 km)
IAO: 15 grids = 60 km2 = Indice de zone d’occupation (IZO) : 15 grilles = 60 km2
Kilometres = Kilomètres
Aire de répartition canadienne du necture tacheté. Calcul de la zone d’occurrence et de l’IZO pour la population du Manitoba
Source: COSEPAC. 2023. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation sur le necture tacheté (Necturus maculosus), population du Manitoba et population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xvii + 92 p.
Description longue
A) Carte du sud du Manitoba montrant les observations récentes (de 1998 à 2023) et l’indice de zone d’occupation (IZO) pour la population de nectures tachetés du Manitoba. On compte 15 carrés de grille de 2 kilomètres (km) de côté (60 kilomètres carrés [km2]) dans une zone d’occurrence de 29 116 km2. Le plus petit polygone convexe se dessine en traçant deux traits à partir de Brandon, l’un vers l’est et légèrement vers le sud sur environ 300 km jusqu’au ruisseau Hazel (environ 75 km au nord de la frontière états-unienne et 50 km à l’ouest de la frontière ontarienne), et l’autre, vers le nord-est sur environ 300 km jusqu’à la rive est du lac Winnipeg, près du parc provincial d’Hecla/Grindstone (environ 150 km au nord-est de Winnipeg). Le point le plus à l’est se trouve dans le parc provincial du Whiteshell (à la frontière de l’Ontario, à environ 125 km au nord de la frontière états-unienne). La plupart des observations et des carrés de grilles ayant servi au calcul de l’IZO se situent au nord-est de Winnipeg.
Habitat
Le necture tacheté occupe des milieux aquatiques permanents dont les eaux peuvent être claires ou turbides, notamment des lacs, des réservoirs, des chenaux, des fossés et des cours d’eau. Il est absent des plans d’eau éphémères et des petits étangs qui peuvent geler en hiver. Les adultes recherchent des eaux profondes et froides pendant l’été et se déplacent vers des zones où l’eau est fraîche et bien oxygénée. L’espèce utilise une variété de substrats (y compris la roche, le gravier, le sable et la boue), mais semble intolérante à un envasement important. Le necture tacheté préfère les zones où il y a une abondance de refuges. Les adultes préfèrent les eaux bien aérées, mais évitent les débits élevés. Certains individus ont été capturés à des profondeurs atteignant 32 m.
Biologie
Le necture tacheté est un prédateur généraliste et opportuniste qui se nourrit de divers organismes benthiques. Principalement nocturne, il a tendance à éviter l’exposition au soleil. L’espérance de vie du necture tacheté est assez longue (plus de 30 ans) et, au Canada, les femelles se reproduisent pour la première fois à l’âge de 7 à 10 ans. La durée de génération est prudemment estimée à 15 ans. La reproduction a lieu en eau peu profonde à la fin de septembre et en octobre. Les oeufs sont déposés au sommet d’une petite cavité creusée sous des roches, des troncs d’arbres, des planches ou d’autres débris, généralement près de radiers. Bien que généralement sédentaire, le necture tacheté reste actif tout au long de l’hiver, particulièrement durant les mois les plus froids. La dispersion de l’espèce semble limitée, ce qui entraîne une structuration considérable de la population, tant à l’intérieur des bassins versants qu’entre ceux-ci.
Taille et tendances des populations
Il existe peu de données quantitatives sur la taille ou les tendances des deux populations canadiennes. La présence du necture tacheté semble atteindre des densités locales élevées, particulièrement dans la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent. On observe toutefois des signes de déclin par rapport aux valeurs historiques du côté canadien des Grands Lacs et dans la population du Manitoba. La zone d’occurrence et l’indice de zone d’occupation (IZO) associés à la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent semblent avoir diminué, respectivement de 7 et de 14 %, par rapport aux valeurs historiques (avant 1997), bien qu’on ne sache pas exactement quelle proportion de ce déclin est attribuable aux activités d’échantillonnage plutôt qu’à une diminution réelle de la population. Dans la population du Manitoba, la zone d’occurrence et l’IZO semblent avoir diminué de 68 et de 35 %, respectivement. Bien que les activités d’échantillonnage puissent également représenter un facteur de confusion dans cette unité désignable (UD), il est peu probable que leur incidence sur les observations du necture tacheté soit si importante puisque les activités de recherche ont toujours été faibles au Manitoba. L’échantillonnage dépend en grande partie des prises accessoires de la pêche sur glace, lesquelles sont probablement aussi importantes ou supérieures à ce qu’elles étaient avant 1997.
Menaces et facteurs limitatifs
Le necture tacheté est confronté à d’importantes menaces causées par 1) les polluants agricoles, forestiers, industriels et domestiques, y compris les lampricides; 2) les barrages et la gestion de l’eau, qui entraînent des changements rapides des niveaux d’eau; 3) l’érosion, l’envasement et la modification de l’habitat par des espèces envahissantes récemment introduites. Parmi les autres menaces figurent la modification des rives causée par le développement résidentiel et la mortalité attribuable aux prises accessoires. Le botulisme, les phénomènes météorologiques extrêmes et les lampricides ont tous été mis en cause dans des épisodes de mortalité massive dans la région des Grands Lacs au cours des 20 dernières années, entraînant, d’après les estimations, la mort d’environ 13 000 à 33 000 individus.
La nature sédentaire et obligatoirement aquatique du necture tacheté ainsi que sa grande longévité et sa maturité tardive rendent celui-ci plus sensible à la dégradation de l’habitat et à l’accumulation à long terme de toxines lipophiles, en plus de réduire sa résilience face aux épisodes de mortalité catastrophique.
Protection, statut et classements
Comme le necture tacheté est désigné « non en péril » au Canada, il ne bénéficie d’aucune protection juridique en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Cependant, en tant qu’hôte obligatoire de la mulette du Necture (qui figure sur la liste fédérale des espèces en voie de disparition), les menaces pesant sur le necture tacheté dans l’aire de répartition de la mulette du Necture sont également considérées comme des menaces pesant sur la moule. Cette protection est donc limitée à une localité le long de la rivière Sydenham. Aucune loi provinciale ne protège directement le necture tacheté au Canada; l’espèce est considérée comme « non en péril » au Manitoba, en Ontario et au Québec.
NatureServe classe le necture tacheté comme « non en péril » à l’échelle mondiale (cote G5 et cote G5T5 pour la sous-espèce N. m. maculosus), en raison de sa vaste aire de répartition en Amérique du Nord et de son abondance dans plusieurs régions. Au Manitoba, l’espèce est classée « vulnérable » (S3), alors qu’elle est « apparemment en sécurité » au Québec et en Ontario (S4). Selon la Liste rouge de l’UICN, l’espèce est considérée comme une « préoccupation mineure »
Source : COSEPAC. 2023. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation sur le necture tacheté (Necturus maculosus), population du Manitoba et population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xvii + 92 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Grive à joues grises de la sous-espèce minimus
Nom scientifique
Catharus minimus minimus
Taxon
Oiseaux
Statut du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
NL, NS, QC
Justification de la désignation
Cette sous‑espèce d’oiseau chanteur se reproduit uniquement dans les forêts montagnardes denses de l’archipel de Terre‑Neuve et de la côte sud du Labrador. De petits nombres d’oiseaux sont également présents dans les îles côtières de la Nouvelle‑Écosse et les îles françaises de Saint‑Pierre‑et‑Miquelon. Cette sous-espèce passe probablement l’hiver dans les forêts du nord‑est de la Colombie et du nord‑ouest du Venezuela. Elle diffère génétiquement, par sa couleur et par son chant, de la sous‑espèce septentrionale de plus grande taille qui est répandue dans tout le Canada boréal. Autrefois abondante dans toute l’île de Terre‑Neuve, cette grive est aujourd’hui largement limitée à l’habitat de haute altitude et à certaines îles côtières. Cette situation est principalement due à la déprédation des nids par une espèce d’écureuil introduite à Terre‑Neuve en 1963. Selon des estimations prudentes, les effectifs globaux de la sous‑espèce ont diminué de 26,7 à 30,4 % au cours des 10 dernières années, et ce déclin devrait continuer. Parmi les autres menaces de faible impact figurent les modifications écosystémiques liées à l’introduction d’herbivores et à la lutte contre les éclosions d’insectes, le développement énergétique, l’exploitation minière et les effets de l’agriculture et de l’exploitation forestière sur l’habitat d’hivernage.
Description et importance de l'espèce sauvage
La Grive à joues grises (Catharus minimus) est une grive de taille moyenne présente dans les forêts boréales de conifères et les forêts mixtes du nord du Canada, de l’Alaska et de la Sibérie. La Grive à joues grises de la sous-espèce minimus (C. m. minimus) a une taille et une coloration intermédiaires entre la sous-espèce aliciae (C. m. aliciae), présente dans les régions continentales, et la Grive de Bicknell (C. bicknelli), une espèce soeur étroitement apparentée.
La quasi-totalité de l’aire de reproduction de la Grive à joues grises de la sous-espèce minimus se trouve au Canada : 92 % se trouvent dans des îles, dont 90 % dans l’île de Terre-Neuve. La Grive à joues grises reste l’un des oiseaux chanteurs les moins étudiés d’Amérique du Nord en raison de ses habitudes furtives, de son affinité pour l’habitat dense et enchevêtré et de son aire de reproduction septentrionale.
Répartition
La Grive à joues grises de la sous-espèce minimus est un oiseau chanteur migrateur néotropical qui se reproduit dans tout l’archipel de Terre-Neuve (y compris le territoire français de Saint-Pierre-et-Miquelon) et dans des zones limitées le long de la côte nord du golfe du Saint-Laurent (aire de répartition historique) et du détroit de Belle Isle dans le sud du Labrador, et probablement dans quelques petites îles de la côte atlantique de la Nouvelle-Écosse. Bien que la Grive à joues grises ait été autrefois commune à toutes les altitudes sur l’île de Terre-Neuve, elle est maintenant largement limitée à l’habitat montagnard, probablement à cause des répercussions de l’écureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus), une espèce introduite. L’aire de répartition hivernale de la sous-espèce minimus est mal connue, mais comprend le nord-est de la Colombie et le nord-ouest du Venezuela.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Gulf of St. Lawrence = Golfe du Saint-Laurent
Nova Scotia = Nouvelle-Écosse
Newfoundland = Terre-Neuve
Kilometers = Kilomètres
Aire de reproduction de la Grive à joues grises de la sous-espèce minimus au Canada (en rose) et à Saint-Pierre-et-Miquelon (en bleu). Les points jaunes représentent les sites où la sous-espèce a été observée pendant la période de reproduction (juin-août) de 1899 à 2008 (n = 899), et les points bleus indiquent les observations de 2009 à 2021 (n = 466). La zone d’occurrence actuelle est délimitée par la ligne pointillée gris foncé, et les polygones rouges indiquent les principaux éléments géographiques de l’aire de reproduction de la population au Canada : Terre-Neuve, la côte nord du golfe du Saint-Laurent et la Nouvelle-Écosse. L’aire de reproduction approximative (présumée) de la Grive à joues grises de la sous-espèce aliciae au Labrador (en vert) est indiquée à titre de référence.
Source: COSEPAC. 2023. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Grive à joues grises de la sous-espèce minimus (Catharus minimus minimus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. xii + 82 p.
Description longue
La carte montre l’aire de reproduction de la Grive à joues grises de la sous‑espèce minimus au Canada et à Saint‑Pierre‑et‑Miquelon (France). Elle montre l’île de Terre‑Neuve, la pointe est du Labrador et du Québec, l’est de l’Île‑du‑Prince‑Édouard, le nord‑est de la Nouvelle‑Écosse et les îles de Saint‑Pierre‑et‑Miquelon, tout juste au sud de Terre‑Neuve. La carte comprend les observations faites pendant la saison de reproduction de 1899 à 2008 et de 2009 à 2021, ainsi que la zone d’occurrence et l’aire de reproduction. Les observations de 1899 à 2008 sont plus nombreuses que celles de 2009 à 2021. Une partie de l’aire de reproduction de la Grive à joues grises de la sous‑espèce aliciae dans le sud‑est du Québec et du Labrador est également illustrée à titre de référence.
Au Canada, les observations de 1899 à 2008 sont réparties en lignes denses sur l’île de Terre‑Neuve. Cinq lignes se trouvent sur la péninsule Great Northern : une ligne latitudinale se situe à l’ouest de St. Anthony, une ligne latitudinale longe la côte du détroit de Belle Isle, une ligne latitudinale s’étend à l’ouest de Roddickton, une ligne forme un arc autour de la côte sud de Shoal Cove et une autre longe la côte entre St. Pauls et Rocky Harbour. Dans la partie principale de l’île, les observations se concentrent à trois endroits. Sur la côte sud‑ouest, les observations suivent la route 480, au nord de Burgeo. D’autres observations s’étendent longitudinalement le long de la route 360, au sud de Grand Falls, Windsor. Trois groupes denses se trouvent sur les côtes nord, sud et est de la baie de Bonavista : le long de la route 320, à l’intérieur du parc national Terra‑Nova et dans les environs de Bonavista, respectivement. Deux autres groupes se trouvent sur la presqu’île Avalon : un longe la côte est de la baie Trinity et l’autre longe la côte est près de St. John’s. Outre ces principales observations qui forment des lignes et des groupes, des observations isolées et de plus petits groupes sont répartis sur l’ensemble de l’île de Terre‑Neuve. Cinq autres observations ont été faites le long de l’extrémité la plus à l’est du Québec, et deux ont été faites à l’extrémité la plus à l’est du Labrador.
Les observations de 2009 à 2021 sont moins nombreuses et se présentent sous forme de groupes denses ou de lignes dans quelques régions seulement. Un groupe clairsemé se trouve sur la péninsule Great Northern à l’ouest de St. Anthony et chevauche le groupe d’observations faites de 1899 à 2008 à St. Anthony. Un groupe moyennement dense se trouve entre St. Pauls et Rocky Harbour, sur la péninsule Great Northern; il s’étend vers l’intérieur à partir de la côte et chevauche partiellement la partie nord du groupe d’observations faites de 1899 à 2008 dans la même région. Un groupe dense s’étend longitudinalement de 30 à 50 kilomètres à l’est du groupe de St. Pauls et Rocky Harbour. Un troisième groupe se trouve sur la presqu’île Avalon, le long de la côte est, près de St. John’s, et chevauche le groupe d’observations faites de 1899 à 2008 à St. John’s. Les autres observations sont plus rares et sont réparties de façon éparse sur le reste de l’île de Terre‑Neuve. Un autre groupe dense longe la côte sud du Labrador, tandis que trois observations ponctuelles ont été faites sur la côte sud‑est de la Nouvelle‑Écosse.
À Saint‑Pierre‑et‑Miquelon (France), deux observations ont été faites de 1899 à 2008, une sur chaque île, et aucune observation n’a consignée de 2009 à 2021.
La zone d’occurrence ressemble grossièrement à un triangle. Le premier sommet, dans le coin sud‑ouest de la zone d’occurrence, se trouve sur la côte sud de la Nouvelle‑Écosse, près de Sheet Harbour. Le deuxième sommet, au point le plus au nord de la zone d’occurrence, se trouve sur la côte sud‑est du Labrador, au nord de Red Bay. Les troisième et quatrième sommets se trouvent juste à l’est de St. John’s et dans coin sud‑est de la presqu’île Avalon, respectivement. Ensemble, ces deux sommets correspondent au point le plus à l’est de la zone d’occurrence.
L’aire de reproduction de la Grive à joues grises de la sous‑espèce minimus comprend l’île de Terre‑Neuve, une petite zone sur la côte sud de la Nouvelle‑Écosse, à l’ouest de l’île Cap‑Breton, ainsi qu’une petite zone a l’extrémité la plus à l’est de la côte du Québec et du Labrador. L’aire de reproduction de la Grive à joues grises de la sous‑espèce aliciae illustrée dans la zone cartographiée couvre une petite partie du sud du Labrador, juste au nord de la frontière entre le Labrador et le Québec.
Habitat
L’habitat de reproduction de la Grive à joues grises de la sous-espèce minimus comprend des forêts côtières de conifères rabougris et balayés par le vent, des forêts montagnardes anciennes de conifères, des zones de coupe à blanc en régénération et des broussailles de conifères. Ces types d’habitat ont la caractéristique structurelle commune d’avoir une couverture basse et dense, en particulier le sapin baumier (Abies balsamea). On en sait peu sur l’habitat hivernal de la sous-espèce, mais il comprend la forêt tropicale prémontagnarde du nord de l’Amérique du Sud.
Biologie
Le système d’accouplement de la Grive à joues grises de la sous-espèce minimus est peu connu, mais il peut s’agir de groupes d’oiseaux reproducteurs comprenant possiblement plusieurs mâles et femelles s’occupant de nids individuels, comme c’est le cas chez certaines espèces de grives étroitement apparentées. La ponte commence à la mi-juin, mais les autres aspects de la biologie de la reproduction sont peu connus. Selon des données probantes indirectes, l’écureuil roux est un prédateur important des nids de la sous-espèce minimus. Les deux espèces coexistent désormais rarement.
Taille et tendances des populations
La population mondiale de Grives à joues grises de la sous-espèce minimus est estimée à environ 91 000 individus matures, d’après la moyenne des estimations du Projet de modélisation de l’avifaune boréale et de Partenaires d’Envol et des calculs détaillés effectués pour la présente évaluation à partir des données de relevés locaux.
La Grive à joues grises de la sous-espèce minimus a connu l’un des déclins les plus importants enregistrés par le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) au Canada, avec une réduction estimée des effectifs nicheurs dans les zones échantillonnées par le BBS de -99,5 % (IC à 95 % : -99,9, -97,5) entre 1974 et 2019. Le déclin cumulatif enregistré par le BBS sur 10 ans (2009-2019) était de -71,4 % (IC à 95 % : -90,7, -21,4). Le BBS surestime le déclin réel, car il n’échantillonne pas les hautes altitudes et les îles côtières, où la population persiste. Des estimations plus prudentes qui tiennent compte des zones non couvertes par le BBS laissent croire à un déclin global de la population à long terme de -93,5 à -95,5 %, et à un déclin de -26,7 à -30,4 % au cours des 10 dernières années.
Menaces et facteurs limitatifs
La principale menace pesant sur la Grive à joues grises de la sous-espèce minimus est constituée par les espèces envahissantes non indigènes, en particulier l’écureuil roux, qui a été introduit pour la première fois à Terre-Neuve en 1963 et a ensuite atteint d’autres îles dans l’aire de reproduction de l’espèce. Parmi les autres menaces de moindre importance figurent le développement énergétique et l’exploitation minière, les modifications écosystémiques liées à l’introduction d’herbivores et à la lutte contre les infestations d’insectes, ainsi que la perte et la dégradation constantes de l’habitat d’hivernage dues à la conversion des forêts à des fins agricoles et à la déforestation causée par l’exploitation forestière. Les répercussions de ces menaces sont exacerbées par le fait que les aires de reproduction sont largement confinées aux îles. Elles sont également aggravées par une productivité et un recrutement variables dans un contexte d’une faible survie et de fluctuations modérées de la population.
Protection, statut et classements
La Grive à joues grises de la sous-espèce minimus ne figure pas à l’annexe I de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) du Canada, bien que la sous-espèce et ses nids soient protégés en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (L.C. 1994, ch. 22). La Grive à joues grises de la sous-espèce minimus a été inscrite à la liste des espèces vulnérables (vulnerable) de l’Endangered Species Act (S.N.L. 2001, c.E-10.1) de Terre-Neuve-et-Labrador en 2005, puis sur la liste des espèces menacées (threatened) en 2014. Elle n’est pas inscrite sur la liste du Québec et son statut n’a pas été évalué en Nouvelle-Écosse. NatureServe classe cette sous-espèce G5T4 à l’échelle mondiale (sous-espèce apparemment en sécurité). Dans l’île de Terre-Neuve, où seule la sous-espèce minimus est présente, l’espèce est classée dans la catégorie S2B, SUM (population nicheuse en péril, migrateur non classé).
Source: COSEPAC. 2023. SOUS-PRESSE. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Grive à joues grises de la sous-espèce minimus (Catharus minimus minimus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. xii + 82 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Aster râpette
Nom scientifique
Eurybia radulina
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
BC
Justification de la désignation
Cette plante herbacée vivace se trouve dans le sud‑est de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, où elle atteint la limite septentrionale de son aire de répartition en Amérique du Nord. Au Canada, elle se reproduit principalement par des réseaux souterrains de rhizomes, et son apparence se limite souvent à des rosettes de feuilles. L’espèce ne compte que 5 sous‑populations connues, réparties dans une petite aire de répartition de 260 km2; on dénombre seulement 330 tiges florifères et 788 tiges non florifères au total. On soupçonne que des déclins ont lieu en raison des changements de la superficie, de l’étendue et de la qualité de l’habitat. Cette espèce sauvage pourrait subir les effets négatifs des activités d’entretien le long des corridors de transport et des espèces envahissantes dans son habitat; elle pourrait aussi être limitée par l’absence d’individus florifères matures dans certaines sous‑populations.
Description et importance de l'espèce sauvage
L’aster râpette est une herbacée vivace, voyante et longévive. Ses feuilles épaisses sont bordées de dents pointues, et ses fleurs sont regroupées en capitules plats aux rayons violet pâle et au disque central jaune.
Répartition
Au Canada, l’aster râpette se trouve à la limite nord de son aire de répartition. Il est présent dans le sud-est de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Aux États-Unis, il est présent dans l’État de Washington, l’Oregon et la Californie, principalement à l’ouest de la chaîne des Cascades.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Legend = Légende
Subpopulation status = Statut de la sous-population
Extant = Existante
Historical = Historique
Vancouver Island = île de Vancouver
Garibaldi Provincial Park = Parc provincial Garibaldi
Moresby Island = Île Moresby
United States = États-Unis
Kilometres = Kilomètres
Répartition des sous-populations d’aster râpette existantes et historiques au Canada.
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’aster râpette (Eurybia radulina) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 43 p.
Description longue
Carte du sud de l’île de Vancouver montrant les distributions historiques et existantes de l’aster râpette au Canada. Les occurrences historiques sont situées à proximité des villes suivantes : au nord de Port Alberni, au sud de Parksville, légèrement au nord-ouest de Nanaimo et autour de la zone entre Landford (non identifié sur la carte) et Victoria. Les occurrences existantes sont situées légèrement au sud-ouest près de Duncan et entre Landford et Victoria (légèrement au nord des deux villes).
Habitat
En Colombie-Britannique, l’aster râpette est présent dans des forêts mixtes de douglas, de chênes de Garry, d’arbousiers et de pins tordus au couvert partiellement fermé dans la zone biogéoclimatique côtière à douglas. Les sites sont modérément humides et présentent des sols modérément riches à des altitudes variant de 60 à 427 m au-dessus du niveau de la mer. La composition du sous-étage est variable, et la plupart des sites présentent un certain couvert arbustif. Toutes les sous-populations connues sont situées à proximité de sentiers ou de routes.
Biologie
L’aster râpette est une herbacée vivace qui se reproduit par graines et se propage par des rhizomes souterrains. La floraison a lieu de juin à août, mais elle est clairsemée et peu fréquente dans trois des cinq sous-populations. D’après des études sur des espèces semblables de la sous-tribu des Astérées, l’aster râpette fleurit probablement à sa deuxième année. Sa fécondité est inconnue. D’après des études sur des espèces étroitement apparentées, on présume que l’aster râpette est principalement allogame. La germination et l’établissement de semis de l’espèce n’ont pas été observés en milieu naturel au Canada.
Taille et tendances des populations
En 2022, des relevés de toutes les sous-populations connues au Canada ont permis de recenser 330 tiges florifères et 788 tiges non florifères dans cinq sous-populations. Les tiges sont reliées par des rhizomes, et le nombre d’individus distincts est inconnu. Selon des estimations antérieures de la taille des sous-populations, la population serait stable, bien que des sous-populations historiques aient pu être détruites en raison de la conversion de l’habitat. On présume que l’espèce vit longtemps, et la population devrait rester stable au fil du temps s’il n’y a pas de destruction d’habitat.
Menaces et facteurs limitatifs
L’impact global des menaces qui pèsent sur l’aster râpette est moyen-faible. Les menaces comprennent le genêt à balais, un arbuste envahissant qui fait de l’ombre, modifie la structure de la végétation et la composition chimique du sol, créant des conditions plus favorables pour d’autres espèces envahissantes, et limite les déplacements des pollinisateurs, ce qui réduit la grenaison. Des herbacées non indigènes concurrencent l’aster râpette pour la lumière et l’humidité. Deux sous-populations se trouvent à côté de routes asphaltées où le fauchage et d’autres activités d’entretien peuvent limiter la reproduction sexuée de l’aster râpette. Les incendies et la suppression des incendies (y compris l’utilisation d’agents ignifuges) peuvent nuire à l’espèce; les incendies d’origine humaine sont possibles, en particulier pour les deux sous-populations en bordure de route. Deux sous-populations pourraient être touchées par des changements d’utilisation des terres liés aux activités d’un propriétaire privé ou du ministère des Transports et de l’Infrastructure (MOTI). Les impacts des tremblements de terre, des sécheresses et des températures et précipitations extrêmes sont inconnus.
Protection, statut et classements
En mai 2024, le COSEPAC a évalué l’aster râpette comme étant « menacé », mais l’espèce n’est pas inscrite à la Loi sur les espèces en péril. NatureServe la classe comme « en péril » (N2) au Canada et « non en péril » (G4G5) à l’échelle mondiale. En Colombie-Britannique, elle est cotée « en péril » (S2) et inscrite à la liste rouge de la province. Trois des cinq sous-populations existantes au Canada sont protégées contre le développement dans des parcs régionaux. Aux États-Unis, l’espèce n’est pas classée à l’échelle nationale ni dans les États de Washington, de l’Oregon et de la Californie.
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’aster râpette (Eurybia radulina) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 43 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Trichostème fourchu
Nom scientifique
Trichostema dichotomum
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
NS, ON, QC
Justification de la désignation
Au Canada, cette espèce de menthe annuelle pousse sur des dépôts sablonneux ouverts et secs ainsi que sur des landes rocheuses acides, dans seulement quelques sites du sud de l’Ontario, du Québec et de la Nouvelle‑Écosse. Au cours des 10 dernières années, la population canadienne a diminué d’au moins 50 %, pour s’établir à 3 200-3 700 individus matures. Bien que les facteurs à l’origine de ce déclin ne soient pas entièrement compris, la plupart des menaces actuelles sont liées aux activités humaines qui perturbent les processus écologiques naturels, comme la suppression des incendies et la compétition avec des espèces indigènes et des espèces envahissantes, dans les milieux touchés par le développement humain.
Description et importance de l'espèce sauvage
Le trichostème fourchu est une petite plante à fleurs annuelle de la famille de la menthe. Le nom commun de cette espèce réfère aux étamines arquées de ses délicates fleurs bleues.
Cette espèce ne se rencontre que dans des zones ouvertes à végétation clairsemée sur des sols minéraux sableux ou graveleux secs à mésiques et acides. Ces milieux sont importants pour plusieurs autres espèces considérées comme rares ou en péril au Canada. La population canadienne de trichostème fourchu se trouve à la limite nord de l’aire de répartition mondiale de l’espèce.
Répartition
Le trichostème fourchu est présent dans tout l’est de l’Amérique du Nord; il s’étend du Texas, de la Floride et des Bahamas jusqu’au sud-est du Canada — Ontario, Québec et Nouvelle-Écosse. Moins de 1 % de l’aire de répartition et de la population mondiales de l’espèce se trouve au Canada.
Sous-populations canadiennes de trichostème fourchu
Source: COSEPAC. 2023. SOUS-PRESSE. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le trichostème fourchu (Trichostema dichotomum) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 55 p.
Description longue
La carte montre 11 sites dans le sud-est du Canada, et chaque sous‑population (SP) est numérotée. Les SP1 et SP2 se situent près de Montréal, au Québec, et sont toutes deux disparues. Au sud-est, toujours au Québec, les SP6, SP7, SP9 et SP10 sont regroupées à moins de quelques kilomètres (km) l’une de l’autre sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, près de la frontière entre le Canada et les États-Unis. À environ 43 km à l’est de ces quatre SP se trouve la SP8, près de Huntingdon, au Québec. Les SP3, SP4 et SP11 se trouvent à moins de 7 km l’une de l’autre, immédiatement au nord de Port Rowan, en Ontario. Une localité est désignée comme adventice et disparue à l’ouest de Port Rowan, sur la rive du lac Érié. La SP5 se trouve au nord-est de Yarmouth, en Nouvelle-Écosse. Les SP existantes présentées sur la carte s’étendent sur environ 1 300 km d’est en ouest.
Habitat
Dans l’ensemble de son aire de répartition, le trichostème fourchu se rencontre dans une variété de milieux naturels, y compris les milieux arides, les affleurements rocheux, les prairies et les forêts ouvertes. On le trouve également dans des milieux ouverts associés aux perturbations anthropiques, comme les champs sablonneux et les bords de route. Dans son aire de répartition principale, dans le sud-est des États-Unis, le trichostème fourchu tend à être une espèce généraliste; il peut tolérer un large éventail de conditions d’humidité et de pH du sol, mais il préfère les milieux complètement ou partiellement ensoleillés. Dans la partie nord de son aire de répartition, y compris son aire de répartition canadienne, les besoins du trichostème fourchu en matière d’habitat sont plus contraignants, et on ne le trouve généralement que sur des sols minéraux sableux ou graveleux acides, secs à mésiques, dans des zones ouvertes à végétation clairsemée. Il existe des différences régionales en matière d’habitat au sein de la population canadienne.
Biologie
Le trichostème fourchu accomplit son cycle vital en une seule saison de croissance. Au Canada, la floraison commence à la fin de juillet, atteint son apogée à la mi-août et prend fin au début de septembre. Le nombre de fleurs par individu varie en fonction de la taille de l’individu et va de moins de 10 à plus de 250. Dans des conditions idéales, le trichostème fourchu peut produire un grand nombre de graines. Si les conditions sont favorables, la plupart des graines germent l’année suivante, mais certaines graines peuvent persister pendant plusieurs années sous forme de réservoir de graines. Comme pour d’autres espèces de plantes annuelles, la constitution d’un réservoir de graines est essentielle les années où la survie, la floraison ou la production de graines sont faibles. La longévité des graines est incertaine. Les fruits ne sont dotés d’aucun mécanisme de dispersion spécialisé et la dispersion sur de longues distances est considérée comme rare.
Le trichostème fourchu a besoin de sols minéraux exposés, lâches et bien éclairés pour germer et prospérer. Il n’est pas capable d’entrer en compétition avec une couverture végétale dense ou de pousser dans l’ombre créée par d’autres plantes. Au Canada, le trichostème fourchu est probablement limité par les conditions climatiques. L’espèce est tolérante à la sécheresse et au feu. Les perturbations naturelles ou anthropiques qui exposent le sol minéral, réduisent la couverture végétale et maintiennent le couvert forestier ouvert peuvent être bénéfiques pour cette espèce, à condition que l’étendue des perturbations n’entraîne pas la perte totale du réservoir de graines ou une mortalité excessive des individus.
Taille et tendances des populations
On estime que la population actuelle de trichostème fourchu au Canada se situe entre 3 200 et 3 700 individus matures. Il s’agit d’une valeur minimale, car elle est fondée sur des dénombrements réalisés à la fin de l’été ou au début de l’automne ou sur des estimations du nombre d’individus faites par différents observateurs dans les sites connus au cours des dernières années. On pense que les sites connus représentent la majeure partie de la population, mais il se peut que quelques autres sous-populations ou sites existent à d’autres endroits.
Dans l’ensemble, la population canadienne de trichostème fourchu semble avoir diminué de plus de 50 % au cours des 10 dernières années par suite de l’important déclin observé dans quatre des neuf sous-populations. On ne dispose d’aucun renseignement sur les tendances à long terme.
Menaces et facteurs limitatifs
La principale menace qui pèse sur le trichostème fourchu au Canada est la perturbation générale des processus écologiques dans plusieurs sites de l’Ontario et du Québec. En l’absence de perturbations naturelles ou anthropiques, la croissance de plantes indigènes et non indigènes peut rapidement rendre l’habitat non convenable pour cette espèce. L’impact global des menaces pesant sur le trichostème fourchu est considéré comme moyen à faible.
Protection, statut et classements
À l’heure actuelle, le trichostème fourchu ne bénéficie d’aucune protection ou statut juridique au niveau fédéral ou provincial au Canada. À l’échelle mondiale, l’espèce est considérée comme étant « en sécurité » (G5). Au Canada, le trichostème fourchu est considéré comme « gravement en péril » à « en péril » (N1N2) et est classé comme « gravement en péril » (S1) dans les trois provinces où il est présent (Ontario, Québec et Nouvelle-Écosse). Environ la moitié de la population actuelle se trouve sur des terres protégées, notamment une réserve de conservation provinciale en Ontario, un milieu naturel de conservation volontaire au Québec, et une zone de nature protégée provinciale en Nouvelle-Écosse.
Source: COSEPAC. 2023. SOUS-PRESSE. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le trichostème fourchu (Trichostema dichotomum) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 55 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Trille de Hibberson
Nom scientifique
Trillium hibbersonii
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
BC
Justification de la désignation
Cette plante vivace endémique au Canada n’est présente, à l’échelle mondiale, que dans une petite zone de la côte ouest de l’île de Vancouver, en Colombie‑Britannique. Elle est répartie en sept sous‑populations, la plupart comptant moins de quelques centaines d’individus. L’espèce vit sur des affleurements rocheux et des falaises à suintements saisonniers, situés aux abords de l’océan, des cours d’eau et des lacs. Elle est menacée par le déclin continu de son habitat, attribuable aux glissements de terrain, par la gravité des tempêtes et des inondations dues aux changements climatiques et, indirectement, par les activités d’exploitation forestière, qui augmentent l’érosion et modifient les régimes de suintement. La taille limitée de la population et le faible nombre de sous‑populations rendent l’espèce vulnérable à ces événements stochastiques.
Description et importance de l'espèce sauvage
Le trille de Hibberson est une petite herbacée vivace à trois feuilles, largement ovées. Ses fleurs, portées par un court pédicelle, ont trois pétales roses, intercalés avec trois sépales verts, non soudés.
Le trille de Hibberson est endémique à la côte ouest du Canada. Ses fleurs voyantes et sa petite taille font de lui une espèce horticole recherchée.
Répartition
Le trille de Hibberson n’est présent qu’en Colombie-Britannique, où il compte sept sous-populations connues situées sur la côte ouest de l’île de Vancouver, à proximité de la baie Kyuquot, du lac Hesquiat et du bras Sydney.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Distribution of Hibberson’s Trillium, Trillium hibbersonii, in Canada = Distribution du trille de Hibberson, Trillium hibbersonii, au Canada
Known Occurrences (Extant) = Occurrences connues (existantes)
United States = États-Unis
Kilometres = Kilomètres
Répartition mondiale du trille de Hibberson
Source: COSEPAC. 2023. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le trille de Hibberson (Trillium hibbersonii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 39 p.
Description longue
Carte de l’île de Vancouver, en Colombie‑Britannique, sur laquelle sont indiquées les occurrences existantes connues du trille de Hibberson. Toutes les occurrences se trouvent sur la côte ouest de l’île de Vancouver, principalement en deux petits groupes, à environ 240 kilomètres (km) à vol d’oiseau de la ville de Victoria. Un troisième petit groupe d’occurrences se trouve plus loin sur la côte, à environ 330 km à vol d’oiseau de Victoria.
Habitat
Le trille de Hibberson est présent dans la zone biogéoclimatique côtière à pruche de l’Ouest. La plupart des sous-populations se trouvent à basse altitude, près de l’océan ou de lacs, sur des sols minces et peu développés. Six des sous-populations poussent sur d’épaisses couches de mousses et de lichens sur des corniches et affleurements rocheux dégagés et des falaises à suintement saisonnier. La septième sous-population pousse dans de petites crevasses moussues dans la roche, dans une zone riveraine qui est inondée pendant les périodes de débit de pointe.
Biologie
Le trille de Hibberson a été cultivé à partir de rejetons, de même qu’à partir de graines semées dans des pots; les individus issus du semis ont fleuri en trois ou quatre ans. La reproduction à l’état sauvage n’a pas été étudiée. En jardin, le trille de Hibberson peut persister pendant au moins 35 ans. Les tiges émergent de rhizomes chaque année au printemps, et la floraison survient au début d’avril. Les mouches, abeilles et coléoptères comptent parmi les pollinisateurs d’autres espèces de Trillium. Les fourmis, les guêpes, les carabes et la limace terrestre du Pacifique, attirés par l’appendice des graines, riche en lipides, contribuent à la dispersion de celles-ci chez d’autres espèces de Trillium. Les ours et les cerfs consomment le trille de Hibberson et peuvent donc également agir comme agents de dispersion des graines. De plus, les graines et les semis pourraient être dispersés par l’eau.
Taille et tendances des populations
Compte tenu des données des relevés les plus récents (de 2014 à 2023) effectués pour les sept sous-populations, on obtient un effectif total estimé de 1 220 à 1 370 individus matures florifères de trille de Hibberson. Le nombre d’individus florifères par sous-population varie d’environ 20 à 400-450. On ne dispose pas de données de suivi ou de modélisation de la population permettant de déterminer les fluctuations et les tendances.
Quatre sous-populations de trille de Hibberson, qui ont fait l’objet de visites répétées, persistent depuis qu’elles ont été observées pour la première fois en 1938, 1958, 1981 et 2001. Les trois autres sous-populations ont été découvertes en 2019, et deux d’entre elles ont fait l’objet d’un nouveau relevé en 2023. La perte d’habitat est continue dans les zones non protégées, qui pourraient abriter des sous-populations non répertoriées.
Menaces et facteurs limitatifs
L’impact global des menaces pesant sur le trille de Hibberson est considéré comme moyen-faible. La récolte du bois dans l’habitat du trille de Hibberson et les zones adjacentes situées en haut de pente peut modifier les régimes de suintement, causer de l’érosion et provoquer des glissements de terrain. Les tempêtes et les inondations associées aux précipitations extrêmes peuvent provoquer des glissements de terrain. Les changements climatiques peuvent entraîner l’assèchement prématuré des zones de suintement ainsi que des phénomènes météorologiques extrêmes et une élévation du niveau de la mer, ce qui pourrait avoir des répercussions sur l’espèce.
Protection, statut et classements
Le trille de Hibberson est coté S3 (vulnérable) à l’échelle provinciale, N3 (vulnérable) à l’échelle nationale et G3 (vulnérable) à l’échelle mondiale. À l’heure actuelle, l’espèce ne bénéficie pas d’une protection juridique, et elle n’est pas inscrite à la Loi sur les espèces en péril. Elle ne figure pas sur la liste des espèces protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) considère actuellement le trille de Hibberson comme une subdivision du trille à feuilles ovées (classé « préoccupation mineure » dans la Liste rouge), mais a déterminé qu’il doit être désigné comme une espèce à part entière. En tant qu’espèce distincte, le trille de Hibberson sera probablement classé « vulnérable » selon le critère D1 (très petite population ou répartition restreinte), mais les données étaient insuffisantes au moment de l’évaluation.
Quatre des sous-populations connues de trille de Hibberson se trouvent dans des parcs provinciaux (BC Parks), et les trois autres se trouvent sur des terres de la Couronne provinciale.
Source: COSEPAC. 2023. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le trille de Hibberson (Trillium hibbersonii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 39 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Necture tacheté (Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent)
Nom scientifique
Necturus maculosus
Taxon
Amphibiens
Statut du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
ON, QC
Justification de la désignation
La population de l’est du Canada de cette salamandre longévive de grande taille est largement répartie dans le sud de l’Ontario et du Québec, le long des Grands Lacs et des basses terres du Saint‑Laurent. Elle demeure largement répandue, mais il semble qu’elle ait récemment disparu de 14 % des sites qu’elle occupait dans le passé, principalement dans le sud de l’Ontario. Son mode de vie entièrement aquatique, sa nature sédentaire et son faible potentiel de reproduction la rendent vulnérable à une gamme de menaces répandues et croissantes touchant la qualité de l’eau, notamment la sédimentation et les polluants provenant de l’agriculture, de l’industrie, de l’exploitation forestière et du développement urbain. Elle est également menacée par les activités de canalisation de cours d’eau et de lutte contre les inondations, et les effets des espèces envahissantes. Elle est particulièrement sensible aux lampricides utilisés régulièrement pour lutter contre la lamproie marine dans le bassin des Grands Lacs. Cette population pourrait devenir « menacée » si ces menaces ne sont pas inversées ou gérées efficacement.
Description et importance de l'espèce sauvage
Le necture tacheté (Necturus maculosus) est une grande salamandre aquatique pouvant atteindre 49 cm en longueur. Ses branchies externes rouges et proéminentes, ressemblant à des oreilles, qu’il conserve tout au long de sa vie d’adulte, constituent sa caractéristique la plus remarquable. L’espèce est la seule représentante de la famille des Proteidae au Canada. En tant que seul hôte connu de la mulette du Necture (Simpsonaias ambigua), espèce en voie de disparition, le necture tacheté joue un rôle écologique vital.
Répartition
Le necture tacheté est présent dans la majeure partie du centre-est des États-Unis, depuis les Appalaches jusqu’aux Grandes Plaines, à l’ouest, à la Louisiane, au sud, et à l’extrémité sud du Manitoba, de l’Ontario et du Québec, au nord. Au Canada, on en retrouve deux populations, considérées ici comme des unités désignables (UD) distinctes : 1) la population du Manitoba, qui se limite à la partie sud-est du lac Winnipeg et de ses affluents, au Manitoba; 2) la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, largement répandue dans le sud de l’Ontario et du Québec le long des rives des Grands Lacs et des plans d’eau adjacents, ainsi que dans la rivière Sydenham, le bassin de la rivière des Outaouais, les basses terres du Saint-Laurent le long de la rivière des Outaouais, et dans le fleuve Saint-Laurent et certains de ses affluents.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Necturus maculosus observations in Canada = Observations de Necturus maculosus au Canada
Great Lakes / St. Lawrence population = Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent
Extant Observations (1997-2023) = Observations existantes (entre 1997 et 2023)
Extent of Occurrence [minimum convex polygon] = Zone d’occurrence [polygone convexe minimum]
EOO : 569 859 km2 = Zone d’occurrence : 569 859 km2
Index of Area of Occupancy (2 km x 2 km) = Indice de zone d’occupation (2 km x 2 km)
IAO: 409 grids = 1 636 km2 = Indice de zone d’occupation (IZO) : 409 grilles = 1 636 km2
Kilometres = Kilomètres
Aire de répartition canadienne du necture tacheté. Calcul de la zone d’occurrence et de l’IZO pour la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent
Source: COSEPAC. 2023. SOUS-PRESSE. Évaluation et Rapport de situation sur le necture tacheté (Necturus maculosus), population du Manitoba et population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xvii + 92 p.
Description longue
B) Carte du sud de l’Ontario et du sud-ouest du Québec montrant les observations récentes (de 1997 à 2023) ainsi que l’IZO pour la population de nectures tachetés des Grands Lacs et du Saint-Laurent. On compte 409 grilles de 2 km de côté pour le calcul de l’IZO (1 636 km2), dans une zone d’occurrence de 569 859 km2. Le plus petit polygone convexe se dessine en traçant deux traits à partir du point le plus à l’ouest, près de Thunder Bay, l’un vers le sud-est sur environ 900 km jusqu’à l’extrémité ouest du lac Érié, et l’autre, sur environ 1 400 km vers l’est et légèrement vers le nord jusqu’au point le plus à l’est, situé juste à l’est de la ville de Québec. La plus grande concentration d’observations et de carrés de grille servant au calcul de IZO se trouve autour de Montréal, à environ 200 km de l’extrémité est du polygone.
Habitat
Le necture tacheté occupe des milieux aquatiques permanents dont les eaux peuvent être claires ou turbides, notamment des lacs, des réservoirs, des chenaux, des fossés et des cours d’eau. Il est absent des plans d’eau éphémères et des petits étangs qui peuvent geler en hiver. Les adultes recherchent des eaux profondes et froides pendant l’été et se déplacent vers des zones où l’eau est fraîche et bien oxygénée. L’espèce utilise une variété de substrats (y compris la roche, le gravier, le sable et la boue), mais semble intolérante à un envasement important. Le necture tacheté préfère les zones où il y a une abondance de refuges. Les adultes préfèrent les eaux bien aérées, mais évitent les débits élevés. Certains individus ont été capturés à des profondeurs atteignant 32 m.
Biologie
Le necture tacheté est un prédateur généraliste et opportuniste qui se nourrit de divers organismes benthiques. Principalement nocturne, il a tendance à éviter l’exposition au soleil. L’espérance de vie du necture tacheté est assez longue (plus de 30 ans) et, au Canada, les femelles se reproduisent pour la première fois à l’âge de 7 à 10 ans. La durée de génération est prudemment estimée à 15 ans. La reproduction a lieu en eau peu profonde à la fin de septembre et en octobre. Les oeufs sont déposés au sommet d’une petite cavité creusée sous des roches, des troncs d’arbres, des planches ou d’autres débris, généralement près de radiers. Bien que généralement sédentaire, le necture tacheté reste actif tout au long de l’hiver, particulièrement durant les mois les plus froids. La dispersion de l’espèce semble limitée, ce qui entraîne une structuration considérable de la population, tant à l’intérieur des bassins versants qu’entre ceux-ci.
Taille et tendances des populations
Il existe peu de données quantitatives sur la taille ou les tendances des deux populations canadiennes. La présence du necture tacheté semble atteindre des densités locales élevées, particulièrement dans la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent. On observe toutefois des signes de déclin par rapport aux valeurs historiques du côté canadien des Grands Lacs et dans la population du Manitoba. La zone d’occurrence et l’indice de zone d’occupation (IZO) associés à la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent semblent avoir diminué, respectivement de 7 et de 14 %, par rapport aux valeurs historiques (avant 1997), bien qu’on ne sache pas exactement quelle proportion de ce déclin est attribuable aux activités d’échantillonnage plutôt qu’à une diminution réelle de la population. Dans la population du Manitoba, la zone d’occurrence et l’IZO semblent avoir diminué de 68 et de 35 %, respectivement. Bien que les activités d’échantillonnage puissent également représenter un facteur de confusion dans cette unité désignable (UD), il est peu probable que leur incidence sur les observations du necture tacheté soit si importante puisque les activités de recherche ont toujours été faibles au Manitoba. L’échantillonnage dépend en grande partie des prises accessoires de la pêche sur glace, lesquelles sont probablement aussi importantes ou supérieures à ce qu’elles étaient avant 1997.
Menaces et facteurs limitatifs
Le necture tacheté est confronté à d’importantes menaces causées par 1) les polluants agricoles, forestiers, industriels et domestiques, y compris les lampricides; 2) les barrages et la gestion de l’eau, qui entraînent des changements rapides des niveaux d’eau; 3) l’érosion, l’envasement et la modification de l’habitat par des espèces envahissantes récemment introduites. Parmi les autres menaces figurent la modification des rives causée par le développement résidentiel et la mortalité attribuable aux prises accessoires. Le botulisme, les phénomènes météorologiques extrêmes et les lampricides ont tous été mis en cause dans des épisodes de mortalité massive dans la région des Grands Lacs au cours des 20 dernières années, entraînant, d’après les estimations, la mort d’environ 13 000 à 33 000 individus.
La nature sédentaire et obligatoirement aquatique du necture tacheté ainsi que sa grande longévité et sa maturité tardive rendent celui-ci plus sensible à la dégradation de l’habitat et à l’accumulation à long terme de toxines lipophiles, en plus de réduire sa résilience face aux épisodes de mortalité catastrophique.
Protection, statut et classements
Comme le necture tacheté est désigné « non en péril » au Canada, il ne bénéficie d’aucune protection juridique en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Cependant, en tant qu’hôte obligatoire de la mulette du Necture (qui figure sur la liste fédérale des espèces en voie de disparition), les menaces pesant sur le necture tacheté dans l’aire de répartition de la mulette du Necture sont également considérées comme des menaces pesant sur la moule. Cette protection est donc limitée à une localité le long de la rivière Sydenham. Aucune loi provinciale ne protège directement le necture tacheté au Canada; l’espèce est considérée comme « non en péril » au Manitoba, en Ontario et au Québec.
NatureServe classe le necture tacheté comme « non en péril » à l’échelle mondiale (cote G5 et cote G5T5 pour la sous-espèce N. m. maculosus), en raison de sa vaste aire de répartition en Amérique du Nord et de son abondance dans plusieurs régions. Au Manitoba, l’espèce est classée « vulnérable » (S3), alors qu’elle est « apparemment en sécurité » au Québec et en Ontario (S4). Selon la Liste rouge de l’UICN, l’espèce est considérée comme une « préoccupation mineure »
Source: COSEPAC. 2023. SOUS-PRESSE. Évaluation et Rapport de situation sur le necture tacheté (Necturus maculosus), population du Manitoba et population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xvii + 92 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Anisote de Finlayson
Nom scientifique
Anisota finlaysoni
Taxon
Arthropodes
Statut du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
ON
Justification de la désignation
Ce papillon de nuit, connu uniquement au Canada, est limité aux chênaies du sud de l’Ontario, qui comprend des savanes, des boisés, des lisières de forêt et d’autres milieux semi‑ouverts. L’espèce est exposée à de nombreuses menaces, dont la compétition, pendant les stades larvaires, avec la spongieuse, espèce de papillon de nuit non indigène et envahissante ainsi que les effets du pesticide Btk, utilisé pour lutter contre cette dernière. Parmi les autres menaces figurent la modification de l’écosystème due à la suppression des incendies et la diminution du nombre de chênes.
Description et importance de l'espèce sauvage
L’anisote de Finlayson (Anisota finlaysoni) est un papillon de nuit de taille moyenne de la famille des Saturniidae (Saturnidés). L’espèce affiche un dimorphisme sexuel au stade adulte, l’aile antérieure étant généralement plus courte chez le mâle (17 à 20 mm) que chez la femelle (24 à 30 mm). Cette dernière présente des ailes de couleur fauve-ocre en face dorsale, et jaune-ocre en face ventrale. Chez le mâle, la face ventrale des ailes est d’un jaune-laiton distinct. L’anisote de Finlayson est difficile à différencier d’Anisota senatoria sur le plan phénotypique.
Le cycle vital de l’espèce suit une périodicité annuelle et comporte quatre étapes (oeuf, larve [avec cinq stades larvaires], nymphe et adulte). Les larves matures mesurent environ 50 mm de long et ont le dos rayé noir et jaune vif. En général, les larves d’anisote portent une paire de longues « cornes » (scolus) derrière la tête, mais celles-ci sont réduites à de petits boutons chez l’anisote de Finlayson. Les courts scolus sont considérés comme une caractéristique distinctive pour l’identification des larves. Il est donc possible d’identifier les larves matures à partir de photographies.
Répartition
L’anisote de Finlayson est considérée comme endémique au Canada, son aire de répartition étant limitée au sud de l’Ontario. L’aire de répartition s’étendait anciennement vers l’ouest depuis Rockport, dans la région des Mille-Îles, en suivant les rives du lac Ontario, puis vers le sud jusqu’à la rive nord-est du lac Érié, et enfin vers l’est jusqu’à Fort Érié en passant par la péninsule du Niagara. Au moins 81 sites ont été répertoriés, mais son aire de répartition actuelle se limite à présent à un minimum de 15 sous-populations existantes, situées à l’extrémité est du lac Ontario et au nord du lac Érié. En raison de la faible probabilité de détection et de la faible abondance, il est possible que l’espèce soit encore présente à certains sites considérés comme historiques.
Zone d’occurrence et indice de zone d’occupation de l’anisote de Finlayson (Anisota finlaysoni) au Canada
Source: COSEPAC. 2023. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’anisote de Finlayson (Anisota finlaysoni) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada Ottawa. xii + 78 p.
Description longue
Carte du sud de l’Ontario montrant les mentions existantes et historiques de l’anisote à proximité des rives canadiennes des lacs Ontario et Érié. Il y a deux groupes de sites existants, l’un à Kingston et dans les environs, à l’extrémité nord‑est du lac Ontario, et l’autre près de la baie Long Point du lac Érié. Quelques autres sites se trouvent plus près de Hamilton. L’indice de zone d’occupation (IZO) fondée sur les populations existantes est de 140 kilomètres carrés (km2) et est considéré comme étant discontinu, avec 35 grilles à carrés de 2 km de côté. Selon la méthode du plus petit polygone convexe dessiné autour des populations existantes, la zone d’occurrence est de 19 310 km2. Les sites historiques sont plus dispersés, mais toujours en deux endroits principaux : l’un dans la région de Peterborough à Kingston, au nord de l’extrémité nord‑est du lac Ontario, et l’autre dans la région de Mississauga à Hamilton et de la péninsule du Niagara, à l’ouest et au sud‑ouest du lac Ontario. L’IZO fondé sur toutes les mentions est de 336 km2 et est considéré comme étant discontinu, avec 84 grilles à carrés de 2 km de côté. L’étendue de la zone d’occurrence fondée sur toutes les mentions est de 41 592 km2, calculée selon la méthode du plus petit polygone convexe.
Habitat
L’habitat de l’anisote de Finlayson est restreint à l’écozone des plaines à forêts mixtes et comprend généralement des boisés, des savanes et des forêts à chênes et à canopée ouverte; des terres défrichées comportant une part de milieux naturels et des chênes épars; et des milieux naturels à chênes en bordure ou voisines de zones agricoles. D’après les observations récentes et plus anciennes, l’espèce préfère les chênes qui poussent en milieu ouvert, comme ceux que l’on trouve dans les savanes à chênes naturelles, avec une végétation arbustive de faible densité et peu abondante. Les plantes hôtes larvaires sont notamment le chêne blanc (Quercus alba), le chêne à gros fruits (Q. macrocarpa), le chêne noir (Q. nigra), le chêne rouge (Q. rubra) et, dans une moindre mesure, le chêne jaune (Q. muehlenbergii). On ne dispose pas de renseignements plus précis sur les communautés écologiques et végétales préférées par ce papillon de nuit.
Biologie
La période de vol s’étend de la mi-juin à la mi-juillet. Les oeufs sont pondus en grappes sur la face inférieure des feuilles de chêne. Les jeunes larves sont très grégaires, puis, après une suite de mues successives, les larves aux stades avancés se dispersent et deviennent plus solitaires. Les larves arrivent à maturité vers la fin d’août et le début de septembre, puis elles passent l’hiver dans le sol, au stade nymphal, jusqu’en juin. L’espèce produit une génération par année.
Taille et tendances des populations
La taille de la population canadienne d’anisotes de Finlayson et l’abondance des sous-populations distinctes à l’intérieur de son aire de répartition sont inconnues. Dans le passé, l’abondance de l’espèce semblait fluctuer, comme on l’a constaté lors des relevés des insectes forestiers et des maladies menés par le Service canadien des forêts entre les années 1940 et 1980. Au cours de ces relevés historiques, l’abondance des larves ou des adultes du papillon a été recensée, mais consignée au moyen de vagues descriptions du degré de défoliation d’arbres ou de groupes d’arbres (par exemple, 50 %, 100 %). Les données consignées dans ces rapports de foresterie historiques montrent des signes de fluctuations extrêmes.
Menaces et facteurs limitatifs
Les répercussions de la propagation de la spongieuse (Lymantria dispar dispar), une espèce non indigène, de même que d’autres espèces ravageuses à leur stade larvaire constituent la menace la plus grave et la plus plausible pour l’anisote de Finlayson. La spongieuse est cause de défoliation chez les chênes, ce qui réduit cette source de nourriture et rend les feuilles moins appétissantes pour les larves d’anisote. Du Btk est régulièrement pulvérisé sur le feuillage pour lutter contre la spongieuse, et ce pesticide, lorsqu’il est ingéré, cause directement la mort des larves d’anisote de Finlayson en quelques jours. La décision de lutter contre la spongieuse est prise par les administrations de comté, les municipalités ou les propriétaires fonciers, et de nombreuses personnes ne tiennent pas compte des espèces de lépidoptères en péril dans leurs programmes de pulvérisation contre la spongieuse. Les modifications des écosystèmes découlant de la succession végétale et de la suppression des incendies ainsi que les menaces cumulatives pour les chênes hôtes (par exemple, les maladies) sont au nombre des autres menaces qui pèsent sur l’anisote de Finlayson. En outre, le développement résidentiel, urbain et agricole continue de fragmenter une grande partie des milieux de prés ouverts de la région, tout comme l’exploitation minière, l’exploitation de carrières et la construction de routes. On pense également que la pollution lumineuse a une incidence sur les sous-populations de papillons à l’échelle locale.
Protection, statut et classements
L’anisote de Finlayson n’est pas légalement protégée au Canada. L’espèce est classée en péril à l’échelle mondiale (G2) de même qu’à l’échelle provinciale (S2).
Source: COSEPAC. 2023. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’anisote de Finlayson (Anisota finlaysoni) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada Ottawa. xii + 78 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Asile de la côte Ouest
Nom scientifique
Lasiopogon pacificus
Taxon
Arthropodes
Statut du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
BC
Justification de la désignation
Au Canada, la répartition de cette mouche se limite aux clairières des forêts de début ou de milieu de succession de la région du Lower Mainland de la Colombie-Britannique. On ne trouve le stade larvaire que dans les sols sableux ou graveleux. Neuf sous‑populations ont été répertoriées, dont trois reposent sur des mentions historiques seulement. Il existe probablement d’autres sous‑populations, mais il est peu probable qu’il y en ait plus de 20 au total. L’habitat de l’espèce est menacé par le développement et la dégradation issue de multiples facteurs.
Description et importance de l'espèce sauvage
L’asile de la côte Ouest (Lasiopogon pacificus) est une mouche asilide (famille des Asilidae) de taille moyenne (environ 1 cm). Parmi les caractères distinctifs de l’espèce figurent un large espace entre les yeux sur le dessus de la tête, une moustache noire et touffue, trois bandes foncées traversant le dessus du thorax, des segments abdominaux affichant des anneaux droits sombres et pâles en alternance, et, chez le mâle, deux pinces opposables et trapues en forme de coin à l’extrémité de l’abdomen.
L’asile de la côte Ouest fait partie d’un groupe de mouches asilides dont la diversification et la coexistence des espèces qui le composent ont été favorisées par une spécialisation dans des niches écologiques particulières. Les mouches asilides sont populaires auprès des naturalistes amateurs, comme en témoigne le nombre croissant de ressources et de guides de terrain en ligne.
Répartition
L’aire de répartition mondiale de l’asile de la côte Ouest longe la côte du Pacifique, depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’au sud de l’Oregon. Au Canada, moins de 10 sous-populations sont connues le long de la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Subpopulation Distribution of Lasiopogon pacificus in Canada = Distribution des sous-populations de Lasiopogon pacificus au Canada
Subpopulations = Sous-populations
Extant = Existante
Historical = Historique
Index of Area of Occupancy = Indice de zone d’occupation (IZO)
IAO [2 km x 2 km]: 9 grids = 36 km2 = Indice de zone d’occupation (IZO) [2 km x 2 km]: 9 grilles = 36 km2
Extent of Occurrence = Zone d’occurrence
EOO : 1 082 km2 [minimum convex polygon] = Zone d’occurrence : 1 082 km2 [polygone convexe minimum]
Kilometres = Kilomètres
Carte de la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique, indiquant toutes les sous-populations existantes et historiques de l’asile de la côte Ouest de même que le polygone représentant la zone d’occurrence autour des sous-populations connues
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur l’asile de la côte Ouest (Lasiopogon pacificus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 53 p.
Description longue
Carte des basses terres du fleuve Fraser (Colombie-Britannique) montrant la distribution de l’asile de la côte Ouest au Canada. Un polygone indiquant la zone d’occurrence s’étend sur 1 082 km2 de Vancouver à Chilliwack. Les sommets du polygone correspondent à des points de distribution, avec trois points additionnels se trouvant à l’intérieur du polygone. Trois points de distribution historique (dont un à l’intérieur du polygone) sont situés du côté ouest de la zone d’occurrence, et 6 points de distribution existante (deux à l’intérieur du polygone) sont du côté est de la zone d’occurrence. Chacun des points de distribution se trouve dans un carré représentant l’indice de zone d’occupation, qui correspond à 36 km2.
Habitat
L’asile de la côte Ouest habite les forêts de début ou de milieu de succession dans la zone biogéoclimatique côtière à pruche de l’Ouest, généralement dans les clairières de forêts sèches vallonnées à faible altitude (moins de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer), à proximité de cours d’eau. Durant la journée, les adultes se perchent sur le sable nu ou sur des rochers et des troncs bas dans des zones exposées et ensoleillées, et ils s’abritent dans de bas arbustes durant la nuit. Les oeufs, les larves et les nymphes vivent enfouis dans le sol sablonneux. Les perturbations ponctuelles d’origine naturelle (par exemple, vent, inondations ou érosion) ou anthropique (par exemple, abattage d’arbres, construction de sentiers) peuvent contribuer à maintenir une constellation de petites zones ouvertes, dans lesquelles se trouvent les sous-populations d’asiles de la côte Ouest.
Biologie
Le cycle vital de l’espèce comporte une métamorphose complète, c’est-à-dire qu’il suit, dans l’ordre, les quatre étapes suivantes : oeuf, larve, nymphe et adulte. La durée d’une génération est d’au moins deux ans. Les adultes émergent pendant quelques semaines à la fin du printemps (principalement à la fin mai et en juin). Les adultes sont probablement des prédateurs généralistes qui se nourrissent principalement d’autres petites mouches, de punaises et d’insectes aquatiques adultes, tandis que les larves se nourrissent probablement de larves de coléoptères. Le domaine vital de la plupart des individus adultes ne dépasse pas quelques dizaines de mètres carrés seulement, la dispersion nette au cours de la vie étant généralement inférieure à un kilomètre.
Taille et tendances des populations
On ne connaît ni la taille ni les tendances de la population d’asiles de la côte Ouest au Canada. Les récents relevés se sont concentrés sur la localisation des sous-populations existantes et sur la consignation d’information relative à l’habitat. Ces relevés ont principalement été réalisés au moyen de transects aléatoires pendant la période de vol des adultes. Au Canada, on compte 35 spécimens et observations de l’espèce, dont 12 datent des 10 dernières années. Sur les six sous-populations dont l’existence a été confirmée par des mentions récentes, cinq ont été nouvellement répertoriées dans le cadre de récentes activités de recherche. Trois sous-populations sont connues d’après des données historiques uniquement.
Menaces et facteurs limitatifs
L’aire de répartition canadienne de l’asile de la côte Ouest a connu d’importantes vagues d’extraction de ressources, de conversion de forêts en terres agricoles et de développement urbain, qui ont entraîné la réduction et la fragmentation de l’habitat potentiel. Parmi les menaces les plus importantes qui pèsent sur l’asile de la côte Ouest figurent le développement résidentiel et commercial, l’exploitation forestière, la pollution et les modifications de l’habitat. Les activités visant la croissance d’étendues de forêt dans la zone biogéoclimatique côtière de la pruche de l’Ouest peuvent avoir interrompu certains des processus de perturbation qui maintenaient autrefois la mosaïque de communautés de début et de milieu de succession qui convient à l’asile de la côte Ouest.
Protection, statut et classements
L’asile de la côte Ouest n’a pas été évalué par le COSEPAC, n’est pas inscrit sur la liste de la LEP et n’est pas protégé par la législation de la Colombie-Britannique. L’espèce n’a pas de statut de conservation aux États-Unis ni à l’échelle mondiale. Elle est classée comme en péril au Canada et en Colombie-Britannique (N2 et S2), et elle figure sur la liste rouge du Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique. La majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce au Canada relève de la compétence de gouvernements locaux ou se trouve sur des terres publiques provinciales.
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur l’asile de la côte Ouest (Lasiopogon pacificus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 53 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Silphe térébenthine
Nom scientifique
Silphium terebinthinaceum
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
ON
Justification de la désignation
Cette plante voyante et longévive est associée à un habitat de prairie à grandes graminées, et atteint la limite nord de son aire de répartition dans le sud‑ouest de l’Ontario, où elle est répartie en neuf sous‑populations. Bien que le nombre de plantes soit probablement supérieur à 10 000, seul un petit pourcentage se reproduit par des graines. Les changements de l’habitat indigène causés par la compétition avec des plantes indigènes et exotiques et aggravés par la suppression des incendies semblent constituer la plus grande menace pour l’espèce; la construction d’habitations, de commerces et de routes, tout comme l’épandage d’herbicides, représente toutefois aussi une menace. La persistance de cette plante exigera probablement des activités soutenues de suivi et de gestion.
Description et importance de l'espèce sauvage
Le silphe térébenthine (Silphium terebinthinaceum) est une plante herbacée non graminoïde de la famille des Astéracées associée aux prairies à herbes hautes. L’espèce possède une racine pivotante qui s’enfonce profondément dans le sol, une masse de grandes feuilles basilaires et une tige qui peut atteindre plus de 2,5 m de hauteur se terminant par des fleurs composées jaunes. Deux variétés sont reconnues, mais tous les individus présents au Canada appartiennent à la variété terebinthinaceum.
Répartition
Le silphe térébenthine est présent dans l’est des États-Unis, depuis le Wisconsin jusqu’à l’Arkansas à l’ouest, et de la Virginie à la Géorgie à l’est. Son aire de répartition principale comprend le sud du Wisconsin, l’Illinois et le Missouri. La répartition canadienne de l’espèce se limite à la zone carolinienne, dans le sud-ouest de l’Ontario. Il existe neuf sous-populations indigènes existantes de silphe térébenthine au Canada, dans les comtés d’Essex et de Lambton. Une sous-population à Brantford et une autre près de Townsend n’ont pas pu être retrouvées en 2023 et sont présumées disparues. Ces deux sous-populations sont d’origine incertaine. Trois autres sous-populations sont considérées comme disparues : celles de la rivière Canard et de l’île Knapps, considérées comme indigènes, ainsi que celle de Paris, elle aussi d’origine incertaine. Dans certains sites, le silphe térébenthine a été introduit par semis et transplantation, et il est parfois inclus dans les espèces utilisées pour la remise en état ou la création de prairies, à l’extérieur de son aire d’indigénat.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Native Range Subpopulations = Sous-populations de l’aire de répartition d’origine
Native = Endémique
Historical = Historique
Extirpated = Disparue
Intralimital = « À l’intérieur des limites »
Extralimital = « À l’extérieur des limites »
Répartition des sous-populations de silphe térébenthine en Ontario, au Canada
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le silphe térébenthine (Silphium terebinthinaceum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 77 p.
Description longue
Carte du sud de l’Ontario montrant la distribution du silphe térébenthine au Canada. Un polygone représentant la zone où se trouvent les sous-populations de l’aire de répartition d’origine est dessiné entre le comté d’Essex et le comté Townsend. Au bord du polygone côté ouest, neuf sous-populations de l’aire de répartition d’origine se trouvent dans les comtés d’Essex et de Lambton. Deux sous-populations, à Brantford et près de Townsend, sont présumées disparues, et trois autres près de la rivière Canard, l’île Knapps et Paris sont considérées comme disparues. Deux sites historiques sont situés sur le bord est du polygone. De plus, 5 sous-populations « à l’intérieur des limites » sont situées à l’intérieur du polygone et 7 à l’extérieur et au sud du polygone. 17 sous-populations « à l’extérieur des limites » sont situées à l’extérieur et au nord de l’aire de répartition d’origine.
Habitat
Au Canada, le silphe térébenthine a été observé dans des prairies à herbes hautes mésiques-humides à mésiques, des savanes de chênes et des marais. Plusieurs des sites existants qui se trouvent le long de voies ferrées, de corridors de transport d’électricité et de bords de route abritent des assemblages d’espèces de prairies à herbes hautes, et nombre d’entre eux sont considérés comme des vestiges de prairies. Aux États-Unis, l’espèce est également présente dans les communautés de prairies humides. Les sites où pousse le silphe térébenthine présentent généralement une couverture arborée et arbustive limitée et un sol calcaire.
Biologie
Le silphe térébenthine est une espèce longévive qui atteint la maturité en trois à cinq ans en conditions de culture, mais dont la maturation peut être beaucoup plus longue à l’état sauvage. Un individu peut vivre plus de 25 ans et produit une grosse racine pivotante supportant la haute tige florifère. La racine pivotante stocke l’énergie et permet aux individus de résister à la sécheresse, au feu, au fauchage et à la dégradation des conditions de l’habitat. En plein soleil, les feuilles du silphe térébenthine prennent une orientation nord-sud pour minimiser l’évapotranspiration. Les individus adultes de l’espèce peuvent entrer dans un état prolongé de suppression de la reproduction lorsque les conditions deviennent inadaptées en raison d’une végétation concurrente, de périodes de sécheresse ou d’une combinaison de ces facteurs.
Les fleurs composées sont pollinisées par des abeilles à longue langue, des syrphes et des colibris et sont auto-incompatibles. L’espèce se reproduit au moyen de ses graines, qui sont viables pendant un à deux ans, mais celles-ci subissent une prédation sélective de la part des petits mammifères et les roselins. Les graines ne présentent pas d’adaptations spécialisées pour la dispersion sur de longues distances.
Taille et tendances des populations
Sur les 12 803 individus recensés et estimés, seulement 133 étaient florifères en 2022, soit un peu plus d’un pour cent de la population canadienne. On ne sait pas combien des individus qui subsistent sont susceptibles de se reproduire dans l’avenir. Le reste des individus est probablement immature, ou leur reproduction est inhibée. Les individus ont une très longue durée de vie et peuvent persister pendant des années sans fleurir.
Les estimations passées ne faisaient état du nombre d’individus matures pour aucune sous-population indigène. Les relevés effectués en 2022 permettent d’inférer un déclin du nombre d’individus florifères dans trois sites qui ont déjà abrité des dizaines, voire des centaines d’individus florifères dans les dix dernières années.
Menaces et facteurs limitatifs
Les principales menaces qui pèsent sur l’ensemble des sous-populations indigènes de silphe térébenthine au Canada sont la suppression des incendies et la détérioration de l’habitat par des espèces exotiques envahissantes, notamment le roseau commun et l’oléastre à ombelles. Cinq des sous-populations existantes sont également menacées par l’aménagement de routes et de voies ferrées, tandis que trois sous-populations sont menacées par un développement résidentiel et commercial imminent. L’utilisation d’herbicides peut aussi menacer les individus qui poussent le long des voies ferrées, des corridors de services publics et des routes.
Protection, statut et classements
À l’heure actuelle, le silphe térébenthine ne bénéficie d’aucune protection juridique au Canada ni aux États-Unis. NatureServe a attribué au silphe térébenthine la cote de conservation G4 (apparemment en sécurité) à l’échelle mondiale. L’espèce est cotée N1 (gravement en péril) au Canada, S1 en Ontario, et de S1 à S3 (gravement en péril à vulnérable) dans six États du sud des États-Unis. Elle n’a pas été classée dans neuf États américains et est considérée comme SU (données insuffisantes) en Iowa. Trois des sous-populations canadiennes existantes se trouvent dans une réserve naturelle provinciale, un parc municipal et un sentier récréatif appartenant à un office de protection de la nature. Une quatrième sous-population se trouve sur les terres de la Première Nation de Walpole Island. Les autres sous-populations existantes se trouvent sur des terres privées.
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le silphe térébenthine (Silphium terebinthinaceum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 77 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Grèbe esclavon
Nom scientifique
Podiceps auritus
Taxon
Oiseaux
Statut du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
AB, BC, MB, NB, NT, NS, NU, ON, QC, SK, YT, Océan Atlantique, Océan Pacifique
Justification de la désignation
Environ 92 % de l’aire de reproduction nord‑américaine de cet oiseau aquatique se trouve au Canada, principalement dans les prairies et les milieux humides boréaux de l’ouest et du centre du pays. Un très petit groupe isolé se reproduit aux Îles‑de‑la‑Madeleine, au Québec. Bien que ce groupe ait été auparavant évalué séparément, l’espèce est maintenant considérée comme formant une seule population puisque l’absence de signes d’adaptations uniques ne justifie plus une évaluation distincte. Les données accessibles sur les tendances de la population ne sont pas claires. Cependant, l’espèce est menacée par la perte et la dégradation de milieux humides, la sécheresse, les collisions avec les lignes de transport d’électricité et d’autres structures et, dans les aires d’hivernage, par le risque de déversements d’hydrocarbures et de prises accidentelles dans le cadre d’activités de pêche. L’impact global des menaces actuelles et futures pourrait entraîner un déclin allant jusqu’à 30 % au cours des trois prochaines générations.
Description et importance de l'espèce sauvage
Le Grèbe esclavon (Podiceps auritus) est un petit oiseau aquatique au long cou et au bec court. Le nom latin de l’espèce fait référence aux touffes de plumes érectiles (oreillettes) de couleur chamois qui s’étendent des yeux jusqu’à l’arrière de la nuque. En plumage nuptial, la tête et le dos sont noirs, et l’avant du cou et les flancs sont marron. Deux sous-espèces sont reconnues à l’échelle mondiale : le P. a. auritus, qui se reproduit en Eurasie, et le P. a. cornutus, qui se reproduit en Amérique du Nord.
Répartition
Le Grèbe esclavon se rencontre en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Environ 92 % de l’aire de reproduction nord-américaine de l’espèce se trouve au Canada, depuis le Yukon et la Colombie-Britannique jusqu’au Québec, mais la majeure partie de la population niche dans les Prairies et les Territoires du Nord-Ouest. La population nord-américaine hiverne principalement aux États-Unis, et les effectifs sont le plus élevés le long des côtes du Pacifique et de l’Atlantique.
Aire de répartition et abondance relative du Grèbe esclavon pendant la période de reproduction (du 7 juin au 27 juillet), d’après les données d’eBird recueillies de 2005 à 2020. Les zones rouge foncé indiquent une densité de population plus élevée.
Source: COSEPAC. 2023. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Grèbe esclavon (Podiceps auritus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiv + 63 p.
Description longue
La carte indique que la zone la plus vaste et la plus foncée occupée par des individus nicheurs est dans la moitié sud de la Saskatchewan, qu’elle s’étend dans le quartier sud‑est de l’Alberta et forme une étroite bande diagonale depuis le coin nord‑ouest jusqu’à la frontière sud du Dakota du Nord. Une autre zone vaste, mais moins foncée, couvre une grande partie de l’intérieur des Territoires du Nord‑Ouest, s’étend vers le sud jusqu’aux coins nord‑est et nord‑ouest de la Colombie‑Britannique et de l’Alberta, respectivement, et au coin nord‑est de la Saskatchewan. La carte montre aussi des zones beaucoup plus petites au Yukon et en Alaska, mais il semble que ces zones, en particulier celles qui se trouvent en Alaska, présentent les densités de population les plus élevées.
Habitat
Le Grèbe esclavon se reproduit principalement dans les régions écologiques boréale et des prairies, où il occupe des milieux humides d’eau douce de petite à moyenne taille ainsi que des plans d’eau saumâtres ou alcalins à l’occasion. Les étangs de reproduction convenables comportent de la végétation émergente pour la nidification et des eaux libres pour l’alimentation. Des couples peuvent aussi occuper des milieux humides artificiels à l’occasion, y compris des étangs de zones d’emprunt. Le Grèbe esclavon passe principalement l’hiver dans les eaux salées côtières, mais il hiverne également dans des lacs et des étangs d’eau douce de moyenne à grande taille.
Biologie
La durée de génération du Grèbe esclavon est estimée à 4,4 ans, et la maturité sexuelle est atteinte à un an. La nidification commence dès l’arrivée au site de reproduction, et la ponte a généralement lieu entre la mi-mai et la mi-juin; une couvée compte entre cinq et sept oeufs en moyenne. L’incubation dure de 22 à 25 jours, les jeunes sont ensuite nourris par les parents pendant 14 jours, et ils deviennent autonomes de 19 à 21 jours après leur éclosion. L’alimentation du Grèbe esclavon se compose principalement d’invertébrés aquatiques en été, et de poissons et de crustacés en hiver.
Taille et tendances des populations
Selon les estimations, la population canadienne de Grèbes esclavons compterait de 200 000 à 500 000 individus matures. Étant donné que le Relevé des oiseaux nicheurs (Breeding Bird Survey, BBS) couvre principalement la partie méridionale de l’aire de reproduction de l’espèce au Canada, il est possible que les tendances démographiques ne s’appliquent pas à l’ensemble de la population. En effet, les données du BBS indiquent une tendance à long terme (de 1970 à 2019) de -1,71 % par année au Canada (intervalle de crédibilité [IC] à 95 % : -4,56, 0,67), ce qui correspond à un déclin estimé de 57,0 % (IC à 95 % : -89,9, 38,7) sur 49 ans. Au cours de la plus récente période de 3 générations (de 2006 à 2019), la tendance moyenne était de -1,11 % par année (IC à 95 % : -6,05, 4,54), soit une baisse de 13,5 % (IC à 95 % : -55,5, 78,0) pour l’ensemble de la période. Les résultats du Recensement des oiseaux de Noël (RON), un programme de suivi mené à l’échelle continentale, sont probablement plus représentatifs de l’ensemble de la population canadienne de Grèbes esclavons puisque la plupart des individus hivernent aux États-Unis. La tendance à long terme de 0,38 % par année (IC à 95 % : -0,54, 1,59) observée depuis 1970 se traduit par une augmentation estimée à 21,3 % (IC à 95 % : -24,1 %, 123,6 %) sur 51 ans. Au cours de la plus récente période de 3 générations (de 2008 à 2021), la tendance annuelle moyenne a été estimée à 1,23 % (IC à 95 % : -3,22, 5,88), ce qui correspond à une augmentation de 17,2 % (IC à 95 % : -34,7, 110,2) pour l’ensemble de la période. Les tendances du BBS et du RON ne sont pas significatives, mais les tendances établies d’après les données d’eBird qui ont été publiées récemment indiquent des déclins significatifs sur 3 générations (de 2007 à 2020), et les taux de déclin médians sont généralement supérieurs à 30 % dans l’ensemble de l’aire d’hivernage continentale de l’espèce. Aucune estimation établie d’après cette méthode d’analyse pour l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce n’est disponible actuellement.
Menaces et facteurs limitatifs
La perte permanente de milieux humides causée par des activités associées à l’agriculture, à l’aquaculture, à la production d’énergie et à l’exploitation minière constitue une menace pour le Grèbe esclavon. Jusqu’à 70 % des milieux humides de la région des Prairies ont disparu depuis la colonisation européenne, et cette tendance se poursuit. La modification de l’écosystème, par exemple, la diminution de la superficie des zones d’eau libre causée par des végétaux aquatiques envahissants ainsi que l’eutrophisation et la dégradation des étangs de reproduction dues aux activités agricoles, est une autre menace qui pèse sur le Grèbe esclavon. Les changements climatiques ont aussi des effets sur l’espèce : l’assèchement temporaire des milieux humides causé par la modification du régime de précipitations peut entraîner le déplacement d’individus ou rendre l’habitat non convenable. De plus, le Grèbe esclavon est exposé à un risque de mortalité associé aux collisions avec des lignes de services publics (lignes de transport d’électricité) et des infrastructures d’énergie renouvelable (éoliennes). Dans les sites d’hivernage, la pollution causée par les déversements d’hydrocarbures et les prises accessoires des pêches peuvent également avoir un effet négatif sur la population. L’impact global des menaces pesant sur le Grèbe esclavon au cours des 3 prochaines générations (13 ans) est jugé « moyen ».
Protection, statut et classements
Au Canada, le Grèbe esclavon, son nid et ses oeufs sont protégés par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. Les populations de Grèbes esclavons de l’Ouest et des îles de la Madeleine étaient considérées comme deux unités désignables (UD) dans le rapport de situation précédent, mais, selon la version en vigueur des Lignes directrices du COSEPAC pour reconnaître les unités désignables, il n’y a qu’une seule UD de cette espèce au Canada. En décembre 2023, le COSEPAC a déterminé que les populations de l’Ouest et des îles de la Madeleine constituaient une seule UD pour l’ensemble de l’aire de répartition canadienne de l’espèce, en plus de désigner cette unité comme étant « préoccupante ». Toutefois, la population de l’Ouest est toujours désignée « préoccupante », et la population des îles de la Madeleine est considérée comme étant « en voie de disparition » aux termes de la Loi sur les espèces en péril. Au Québec, l’espèce est désignée espèce menacée selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables, et elle est protégée en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. Aux États-Unis, l’espèce est également protégée par le Migratory Bird Treaty Act. Le Grèbe esclavon est classé dans la catégorie « en sécurité » à l’échelle mondiale (G5), mais l’espèce est considérée comme étant « vulnérable » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Au Canada, l’espèce est considérée comme étant « en sécurité » (N5B, N4N5N). À l’échelle provinciale ou territoriale, le Grèbe esclavon s’est vu attribuer les cotes S1B, S3N et S4M (population reproductrice gravement en péril) en Ontario, S3 (vulnérable) en Alberta, au Manitoba et dans les Territoires du Nord-Ouest, et les autres cotes de conservation infranationales indiquent que l’espèce n’est pas en péril. Par ailleurs, NatureServe considère toujours qu’il y a deux sous-populations au Québec : la cote S3M a été attribuée à la sous-population de l’Ouest, tandis que la sous-population des îles de la Madeleine est considérée comme étant « gravement en péril » (S1B).
Source: COSEPAC. 2023. SOUS-PRESSE. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Grèbe esclavon (Podiceps auritus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiv + 63 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Rainette grillon de Blanchard
Nom scientifique
Acris blanchardi
Taxon
Amphibiens
Statut du COSEPAC
Disparue du pays
Aire de répartition canadienne
ON
Justification de la désignation
Cette petite rainette est répandue dans l’est des États‑Unis, aux abords des lacs, des étangs et des cours d’eau, là où la végétation aquatique est dense. Au Canada, elle n’était présente que dans deux endroits du sud de l’Ontario (la pointe Pelée et l’île Pelée); sa présence a été confirmée pour la dernière fois en 1977 sur l’île Pelée. Son chant puissant et distinctif permet de repérer facilement l’espèce dans son habitat convenable durant la période de reproduction. Cependant, malgré les recherches intensives et les programmes de science citoyenne menés dans l’habitat précédemment occupé ou apparemment convenable, aucune observation fiable n’a été signalée depuis celle de 1977. On dispose donc de suffisamment d’information pour conclure qu’il ne reste plus d’individus de cette espèce sauvage au Canada.
Description et importance de l'espèce sauvage
La rainette grillon est une petite grenouille semi-aquatique à apparence verruqueuse, et elle a un museau pointu. La rainette grillon est brune ou grise et elle a une marque en forme de V entre les yeux, des marques à peine visibles sur le dos et une large bande foncée sur les longues pattes arrières dont les pieds sont palmés. Au moment de la saison des amours, l’appel du mâle ressemble au cliquetis produit par des cailloux qui sont frappés rapidement les uns contre les autres. Les adultes mesurent de 16 à 38 mm de long.
Répartition
L’espèce demeure répandue et commune/abondante dans des endroits de sa répartition aux États-Unis mais a décliné de façon significative dans la partie nord de sa répartition (Gray et Brown 2005).
La présence de la rainette grillon n’a pas été confirmée en Ontario depuis 1961 (COSEPAC 2001; COSEPAC 2011; Environnement Canada 2011). La dernière confirmation a été faite sur l’île Pelée en 1977 (Oldham et Campbell 1990), mais des signalements non confirmés ont eu lieu dans les années 1990 (Kellar et al. 1997; voir Environnement Canada 2011 et Oldham 2011 pour une liste complète des observations). Le Comité sur la situation des espèces en péril en Ontario (COSSARO 2011) a déclaré la rainette grillon disparue de la province en 2011 basé sur l’absence d’observations malgré de vastes efforts de recherche.
De vastes inventaires de la faune entrepris de 2015 à 2021 sur l’île Pelée (Hathaway comm. perso. 2022; Hossie comm. perso. 2022; Wolfe comm. perso. 2022) et de vastes programmes de science citoyenne (Choquette et Jolin 2018) ont échoué à produire des observations fiables depuis la dernière évaluation. Étant donné la durée de vie courte (Dodd 2013), les déclins répandus de populations, et la très petite répartition fragmentée au Canada sans possibilité d’effet de sauvetage des États-Unis, il est extrêmement peu probable que la rainette grillon persiste au Canada.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Canard River = Rivière Canard
Big Creek Marsh = Marche Big Creek
Pelee Island = Île Pelée
Comber Lagoon = Lagune Comber
Point Pelee = Pointe Pelée
Lighthouse Cove = Anse Lighthouse
Lake Erie = Lac Érié
Long Point = Pointe Long Point
Turkey Point = Pointe Turkey Point
Sources: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Addenda au Rapport de situation du COSEPAC de 2011 sur la rainette grillon de Blanchard (Acris blanchardi) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii p.
COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la rainette grillon (Acris crepitans) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. v + 14 p
Description longue
Carte de la rive nord du lac Érié au sud de l’Ontario montrant les occurrences historiques de la rainette grillon en Ontario. Les relevés d’observations non confirmées sont situés à la rivière Canard (1981), à la marche Big Creek (1962), à la lagune Comber (1985), à l’anse Lighthouse (1980), à la pointe Long (1984) et à la pointe Turkey (1985). Les observations confirmées sont situées à l’île Pelée (1997?) et à la pointe Pelée (1920).
Habitat
L’espèce se trouve en bordure de masses d'eau tels des lacs, des étangs, des rivières, des ruisseaux, et, parfois, des étangs temporaires et des mares d'eau créées par la pluie. Sur l’île Pelée, l’espèce a été observée dans des marais riverains, des trous d’eau, des lagunes, des chenaux d’écoulement utilisés à des fins agricoles, des fossés et des champs inondés. Elle se trouve habituellement sur des rives boueuses ou dans la végétation aquatique en eau peu profonde.
Biologie
Au Canada, la rainette grillon se reproduit en juin et en juillet. Les grenouilles fixent leurs oeufs à la végétation submergée. Les têtards se métamorphosent en 5 à 10 semaines. Les juvéniles arrivent à maturité sexuelle peu de temps après la métamorphose. La rainette grillon hiberne sous des roches ou des billots, ou dans des dépressions, des trous ou des crevasses près de la rive, mais non dans l'eau.
Menaces et facteurs limitatifs
L’érosion des marais côtiers pendant de violentes tempêtes, et la prédation par les oiseaux, les reptiles, les ouaouarons et les poissons sont quelques facteurs naturels qui jouent un rôle quant au déclin de l’espèce. Cependant, la perte de terres humides due au développement est un facteur important qui touchent les populations de rainettes grillons. Le dommage causé à l’habitat comprend le drainage des marais et le dragage des chenaux d’écoulement qui sont utilisés par les grenouilles comme habitat de reproduction. La détérioration de l’habitat est aussi un facteur important. L’espèce ne tolère pas la pollution, et l'écoulement de pesticides et de fertilisants semble être une des principales raisons du déclin et de la disparition de l’espèce.
Protection, statut et classements
La rainette grillon est listée en tant qu’espèce disparue du pays sous la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition ontarienne.
COSEPAC. 2024. Sous-presse. Addenda au Rapport de situation du COSEPAC de 2011 sur la rainette grillon de Blanchard (Acris blanchardi) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii p.
COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la rainette grillon (Acris crepitans) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. v + 14 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Courlis à long bec
Nom scientifique
Numenius americanus
Taxon
Oiseaux
Statut du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
AB, BC, SK
Justification de la désignation
Cet oiseau de rivage de grande taille et au long bec niche dans les prairies de l’ouest du Canada, soit du centre de la Colombie-Britannique à la Saskatchewan, et passe l’hiver dans le sud des États‑Unis et au Mexique. L’espèce se reproduisait au Manitoba par le passé, mais la reproduction a été observée pour la dernière fois dans cette province au milieu des années 1980. Des déclins sont constatés au Canada depuis les années 1970, mais les tendances à la baisse se sont récemment accentuées : déclin d’environ 50 % au cours des 20 dernières années (3 générations), réduction probable de la zone occupée par des individus nicheurs depuis le dernier rapport de situation en 2011 et une diminution de la qualité de l’habitat. Parmi les principales menaces qui pèsent sur l’espèce figurent les sécheresses et les phénomènes extrêmes causés par les changements climatiques; les changements connexes de la gestion des eaux dans les lieux d’hivernage; les effets des pesticides sur les insectes proies; la conversion et la fragmentation des prairies et de l’habitat agricole convenable en raison du développement énergétique, de l’étalement urbain et de l’aménagement rural dans les lieux de reproduction et d’hivernage. Comme il s’agit d’une espèce relativement longévive ayant un faible taux de reproduction, sa population se limite à une croissance lente même dans des conditions favorables.
Description et importance de l'espèce sauvage
Le Courlis à long bec (Numenius americanus) est un très gros bécasseau tacheté de brun, présentant un bec extrêmement long et courbé vers le bas et dont les ailes sont couleur cannelle sur le dessous. Les individus présents au Canada appartiennent à la sous-espèce N. a. parvus.
Répartition
Le Courlis à long bec se reproduit dans les régions de prairie de l’Amérique du Nord, depuis le sud du Canada jusqu’au nord du Texas, et passe l’hiver depuis le centre de la Californie jusqu’au sud de la Floride et au Mexique et, de façon irrégulière, en Amérique centrale. Au Canada, il se reproduit en Colombie-Britannique, en Alberta et en Saskatchewan, et il se reproduisait au Manitoba jusqu’au milieu des années 1980. La Colombie-Britannique et les Prairies sont reconnues par certains comme abritant des sous-populations distinctes, mais rien n’indique la présence de plus d’une unité désignable au Canada.
Occurrences d’élément du Courlis à long bec au Canada d’après les mentions entrées dans NatureCounts (2024) pour la période allant du 1er avril au 31 juillet, de 2000 à 2023.
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Courlis à long bec (Numenius americanus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 65 p.
Description longue
Carte du sud-ouest du Canada montrant les occurrences du courlis à long bec en Colombie-Britannique, Alberta et Saskatchewan. Les observations entrées dans NatureCounts sont présentées sur la carte; elles sont très nombreuses et ne peuvent pas être comptées visuellement puisque plusieurs d’entre elles se chevauchent. En Colombie-Britannique, les regroupements de points sont situés principalement dans la région intérieure sud, avec de plus petits groupes aussi présents sur l’île de Vancouver. De grands regroupements de points s’étendent sur la majorité du sud de l’Alberta et du sud-ouest de la Saskatchewan.
Habitat
Le Courlis à long bec préfère les vastes zones plates de prairies indigènes à herbacées courtes pour la reproduction, mais il utilise également certaines zones agricoles pour l’alimentation, la nidification et l’élevage des oisillons. Pendant la migration et en hiver, l’espèce fréquente divers types de milieux humides et riverains.
Biologie
Le Courlis à long bec est un oiseau migrateur, qui arrive généralement au Canada en mars (Colombie-Britannique) ou en avril (Alberta et Saskatchewan). La taille d’une couvée est habituellement de quatre oeufs. L’incubation dure de 27 à 30 jours, et le mâle et la femelle s’en occupent tous les deux. La durée d’une génération est estimée à 6,7 ans. Les oeufs sont exposés à la prédation par des mammifères et d’autres espèces d’oiseaux ainsi qu’au piétinement par le bétail. Lorsque les oisillons sont éclos, les adultes se dispersent hors du territoire de reproduction. Les femelles partent en premier, suivies des mâles, puis des oiseaux immatures. Le taux de mortalité est élevé chez les oisillons, qui peuvent succomber au stress dû à la chaleur, à l’inanition et à la prédation par des rapaces diurnes, des corvidés et des belettes. Le Courlis à long bec se nourrit principalement de sauterelles et de coléoptères dans les lieux de reproduction. Les individus nicheurs qui ne sont pas parvenus à se reproduire peuvent quitter le Canada avant la fin de juin, et la plupart des autres quittent le pays avant la fin d’août.
Taille et tendances des populations
L’estimation la plus récente de la population de l’espèce au Canada, pour 2023, provient de la modélisation de données de télédétection et semble indiquer une fourchette d’individus matures de 139 795 à 147 783. Cette dernière estimation est beaucoup plus élevée que les précédentes estimations pour le Canada, mais elle reflète un changement dans les méthodes plutôt qu’une augmentation de la population. Le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) indique une réduction considérable et constante de la taille de la population canadienne à compter de 2004 environ, qui correspond à une perte cumulative d’environ 51 % au cours des 3 dernières générations (20 ans). Le déclin a été le plus marqué en Alberta, où vit la plus grande partie de la population canadienne de l’espèce. Un relevé ciblé de la population de la Colombie-Britannique, beaucoup plus petite, qui a été effectué en 2022, n’a pas révélé de variation notable de la population par rapport à un relevé effectué en 2005. Aux États-Unis, dans les États qui sont à proximité de l’aire de répartition canadienne, les tendances vont de « à la baisse » à « fortement à la hausse »; toutefois, une immigration depuis les États-Unis est considérée comme peu probable, car les individus immigrant au Canada seraient confrontés à des conditions sous-optimales dans les zones où l’habitat de l’espèce a été détruit ou dégradé.
Menaces et facteurs limitatifs
Les menaces actuelles et prévues qui pèsent sur le Courlis à long bec sont les suivantes : le développement énergétique; les sécheresses et les phénomènes extrêmes causés par les changements climatiques, y compris les changements connexes de la gestion des eaux; la conversion de prairies aux cultures annuelles et pérennes, parfois associée à des pratiques agricoles intensives, non durables, qui réduisent la qualité de l’habitat; la suppression des incendies entraînant l’empiétement des forêts ou des arbustaies; l’étalement urbain et l’aménagement rural dans l’habitat de reproduction et d’hivernage; les effets des pesticides entraînant des déclins chez les insectes proies; la fragmentation de l’habitat qui favorise la prédation accrue et la prolifération d’espèces végétales non indigènes envahissantes, particulièrement l’euphorbe ésule et des centaurées.
Les autres menaces pesant sur l’espèce comprennent la gestion inadéquate du pâturage (c’est-à-dire l’absence de pâturage ou le pâturage intensif, fréquent ou prolongé par le bétail, qui réduit la qualité de l’habitat); la mortalité directe causée par l’utilisation de pesticides agricoles; la chasse et le braconnage dans les lieux d’hivernage et pendant la migration; les perturbations ou les dommages causés par des activités industrielles; et la mortalité accidentelle causée par des collisions avec des éoliennes ou des véhicules. Compte tenu du déclin récent et marqué de la population de l’espèce, il est possible que l’impact des menaces soit en train d’augmenter. L’impact global des menaces est évalué comme étant « moyen-élevé ».
Protection, statut et classements
Le Courlis à long bec a été inscrit à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du Canada, à titre d’espèce préoccupante, en 2005. Le COSEPAC a confirmé ce statut en mai 2011. Plus récemment, en mai 2024, le COSEPAC a réévalué l’espèce comme étant menacée. L’espèce et ses nids sont protégés en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs au Canada et d’une loi équivalente aux États-Unis. Le Courlis à long bec figure sur la liste jaune de la Colombie-Britannique (depuis 2022), et il est considéré comme une espèce préoccupante en Alberta. Moins de 1 % de l’habitat de reproduction du Courlis à long bec est protégé de façon officielle au Canada.
Aux États-Unis, le Courlis à long bec n’a aucun statut en vertu de l’Endangered Species Act, mais l’U.S. Fish and Wildlife Service le considère comme un oiseau préoccupant sur le plan de la conservation (Bird of Conservation Concern) à l’échelle nationale, dans cinq de ses régions et dans plusieurs régions de conservation des oiseaux. Le Courlis à long bec figure également sur la liste des espèces préoccupantes dans plusieurs États.
Selon NatureServe, l’espèce est « apparemment en sécurité » à l’échelle mondiale et aux États-Unis; « vulnérable » au Canada, en Alberta et en Saskatchewan; « apparemment en sécurité » en Colombie-Britannique; et « présumée disparue » au Manitoba.
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Courlis à long bec (Numenius americanus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 65 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Bartramie à feuilles dressées
Nom scientifique
Bartramia aprica
Taxon
Mousses
Statut du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
BC
Justification de la désignation
Cette mousse est présente au Canada dans le climat méditerranéen du sud de l’île de Vancouver et des îles Gulf. Elle est restreinte aux affleurements rocheux et aux sols peu profonds et bien drainés, étroitement associés aux suintements, qui se trouvent pour la plupart dans les écosystèmes menacés de chênes de Garry. Des activités de recherche accrues ont montré que l’espèce est plus répandue qu’on ne le pensait et que son risque de disparition du pays est donc moins élevé. Toutefois, la population demeure petite et continue de subir des menaces attribuables à la perte d’habitat due aux changements climatiques, aux incendies et à la suppression des incendies ainsi qu’aux espèces non indigènes envahissantes.
Description et importance de l'espèce sauvage
La bartramie à feuilles dressées est une mousse cespiteuse vert à vert-jaune. Elle produit des sporanges (capsule contenant les spores) sphériques à l’état jeune (jusqu’à maturité) et des feuilles linéaires qui sont droites et dressées tant à l’état humide qu’à l’état sec.
Au Canada, l’espèce se trouve à la limite nord de son aire de répartition mondiale et ne se rencontre que dans les écosystèmes de chênes de Garry et les écosystèmes connexes, qui sont considérés comme « gravement en péril » au Canada.
Répartition
La taxinomie de la bartramie à feuilles dressées a récemment été modifiée à la suite de nouvelles analyses moléculaires : l’espèce présente au Canada ne se trouve que sur la côte ouest de l’Amérique du Nord et dans les régions à climat méditerranéen d’Europe. Au Canada, seulement treize sous-populations ont été répertoriées dans le sud-est de l’île de Vancouver et dans les îles Gulf adjacentes, en Colombie-Britannique. En dehors d’une mention de la bartramie à feuilles dressées dans l’État de Washington, la population canadienne est largement éloignée du centre de l’aire de répartition nord-américaine de l’espèce, en Californie.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Species distribution = Distribution de l’espèce
Extant (First Obs. pre 2009) = Existante (première observation avant 2009)
Extant (First Obs 2010-2020) = Existante (première observation entre 2010 et 2020)
Extirpated = Disparue
Unverified Observation (First Obs. 2023) = Observation non vérifiée (première observation en 2023)
Kilometres = Kilomètres
Répartition canadienne de la bartramie à feuilles dressées. Île de Vancouver : mont Finlayson (FIN), Government House (GOV), colline Mary (MRH), colline Notch, près de Nanoose (NOH), colline Observatory (OBS). Île Salt Spring : mont Maxwell (MAX), rocher Musgrave (MUR), colline Reginald (REH), mont Tuam (TUA); île Lasqueti, réserve écologique de la Colombie-Britannique (LAS). Îles Pender : falaise Oaks (OAB). Île Sidney : pointe Wymond (SID), île Hornby (HOR).
Source: COSEPAC. 2023. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation sur la bartramie à feuilles dressées (Bartramia aprica) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 54 p.
Description longue
Carte montrant les 14 sous-populations de bartramie à feuilles dressées dans le sud et le centre de l’île de Vancouver et les alentours. Il y a cinq sous-populations existantes (observées pour la première fois avant 2009) : deux dans la portion centrale de l’est de l’île de Vancouver, dont une à l’île Lasqueti, près du centre du détroit de Georgia, une près de Nanoose, à environ 23 kilomètres (km) au sud-est de Lasqueti, et trois formant une ligne traversant l’extrémité sud de l’île de Vancouver, séparées par environ 20 km et 16 km. Sept sous-populations existantes (observées pour la première fois entre 2010 et 2020) sont indiquées : quatre dans l’île Salt Spring et une dans l’île Pender voisine, à environ 40 km au nord de Victoria, une à environ 20 km à l’ouest de Victoria et une autre à Victoria. Une sous‑population disparue est marquée, à environ 20 km au sud-ouest de Victoria, très près d’une sous-population existante (observée avant 2009). Une seule observation non vérifiée (2023) est indiquée, à l’île Hornby, tout juste au large de la côte est de l’île de Vancouver, à environ 160 km au nord-ouest de Victoria; elle représente le site le plus septentrional.
Habitat
Les populations de la bartramie à feuilles dressées sont habituellement associées à des étés chauds et secs et à des hivers doux et humides. La plupart des sous-populations poussent dans des zones exposées au sud. La population canadienne de la bartramie à feuilles dressées a été observée dans deux microhabitats distincts, tous deux dépourvus de couverture de graminées ou d’herbacées : (1) sur des sols minces, compactés et bien drainés, (2) dans des crevasses ou sur la face inférieure de petites saillies de substrat rocheux méta-igné. Les sous-populations de la bartramie à feuilles dressées sont étroitement associées à des zones de suintement et se trouvent souvent à des endroits mouillés de façon intermittente ou saisonnière.
Biologie
La bartramie à feuilles dressées se disperse principalement au moyen de ses spores, issues de la reproduction sexuée. La bartramie à feuilles dressées est une petite mousse dressée dont les organes sexuels sont portés à l’extrémité de soies. Les organes mâles et femelles sont présents chez un même individu. La population canadienne semble produire des spores de manière régulière, mais la dispersion de celles-ci est probablement limitée à une échelle locale, et il est peu probable que des spores soient dispersées entre les sous-populations. La durée d’une génération serait de 11 à 25 ans chez l’espèce.
Taille et tendances des populations
Au Canada, il y a douze sous-populations existantes de bartramie à feuilles dressées, et une sous-population disparue. Il est difficile d’estimer la taille et la densité de chacune des sous-populations de bartramie à feuilles dressées, compte tenu de la nature incomplète des mentions historiques et de l’historique irrégulier des observations. Trois des sous-populations existantes ont fait l’objet d’un suivi tous les huit à dix ans, et une, presque chaque année. Un relevé de référence a été effectué dans la plupart des autres sous-populations.
Menaces et facteurs limitatifs
La dépendance à l’égard d’une gamme restreinte de conditions précises du microhabitat et du macrohabitat représente le principal facteur limitatif de la bartramie à feuilles dressées. La bartramie à feuilles dressées est particulièrement sensible aux changements climatiques, en raison de son étroite association avec de rares conditions macroclimatiques et microclimatiques. Ces conditions devraient changer, et les températures et la fréquence des précipitations extrêmes devraient augmenter dans l’avenir. Cette sensibilité est corroborée par l’indice de vulnérabilité aux changements climatiques de NatureServe, selon lequel l’espèce est « extrêmement vulnérable », ce qui appuie fortement l’évaluation de la menace pour les changements climatiques.
La suppression des incendies, les feux de friche et les espèces envahissantes, autres menaces ayant un impact élevé sur l’espèce, sont exacerbées par les changements climatiques. Les menaces ayant un plus faible impact, comme le développement résidentiel et commercial et les intrusions et perturbations humaines (activités récréatives, exercices militaires et travail) ont une portée plus restreinte ou sont moins imminentes. Au cours des dernières années, le type d’habitat occupé par l’espèce a été détruit et dégradé par le développement urbain.
Protection, statut et classements
La bartramie à feuilles dressées a été inscrite en 2003 à titre d’espèce en voie de disparition à la Loi sur les espèces en péril (LEP), et trois sous-populations situées sur le territoire domanial sont protégées. En Colombie-Britannique, elle a été classée « S2/en péril » (liste rouge) et bénéficie d’une certaine protection dans les réserves écologiques et parcs provinciaux (trois sous-populations), dans des propriétés visées par des covenants de conservation ou des réserves écologiques (trois sous-populations) ainsi que dans un parc du district régional de la capitale (une sous-population).
Source: COSEPAC. 2023. SOUS-PRESSE. Évaluation et Rapport de situation sur la bartramie à feuilles dressées (Bartramia aprica) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 54 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Aster à rameaux étalés
Nom scientifique
Eurybia divaricata
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
ON, QC
Justification de la désignation
Cette herbacée vivace se trouve dans les forêts tempérées de l’est de l’Amérique du Nord et atteint la limite nord de son aire de répartition au Canada. Trente sous‑populations isolées et géographiquement restreintes se situent dans des parcelles de forêts décidues de l’extrême sud de l’Ontario et du sud‑ouest du Québec. Des relevés récents ont permis de découvrir des sous‑populations additionnelles, pour un total de plus de 100 000 plantes matures connues au Canada. Le changement de statut reflète cette estimation plus élevée de l’abondance et les changements dans la manière dont les critères sont appliqués. Cependant, cette espèce est encore menacée par la dégradation et la perte d’habitat dues au développement résidentiel, aux activités récréatives, à l’agriculture et à l’exploitation forestière ainsi que par les espèces envahissantes et le broutage par les cerfs.
Description et importance de l'espèce sauvage
L’aster à rameaux étalés (Eurybia divaricata) est une herbacée vivace à floraison automnale, à feuilles supérieures lancéolées et profondément dentées et à feuilles inférieures étroitement cordées et dentées. L’inflorescence est un capitule de fleurs tubuleuses, jaunes ou pourpres, entourées de fleurs ligulées blanches. Les capitules sont regroupés en corymbes.
Répartition
L’aster à rameaux étalés est présent au Canada et aux États-Unis. L’espèce est commune dans la majeure partie de son aire principale, située dans les Appalaches, depuis la Nouvelle-Angleterre jusqu’en Géorgie et en Alabama. Au Canada, où l’espèce se trouve à la limite nord de son aire de répartition, on la retrouve en sous-populations isolées dans le sud de l’Ontario (régions de Niagara, de Norfolk et de la ville de Quinte West) ainsi que dans quelques zones boisées du sud-ouest du Québec (Montérégie et Estrie).
Répartition de l’aster à rameaux étalés au Canada
Source: COSEPAC. 2023. Sous-press. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’aster à rameaux étalés (Eurybia divaricata) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 37 p.
Description longue
Carte de la répartition de l’aster à rameaux étalés au Canada sur laquelle la zone d’occurrence, l’indice de zone d’occupation et les sous‑populations existantes, historiques et disparues sont indiqués. La répartition est concentrée dans le sud‑est de l’Ontario et au Québec, au Canada, près de la frontière avec les États‑Unis.
Il y a deux cartes en médaillon montrant en détail les régions où les sous‑populations sont très denses. L’indice de zone d’occupation est également indiqué, coïncidant généralement avec les sous‑populations existantes.
La zone d’occurrence a une forme à peu près rectangulaire, mais elle fait saillie aux deux extrémités. Elle mesure environ 75 kilomètres (km) de large et 700 km de long, s’étendant du lac Érié, au sud‑ouest, jusqu’à Montréal, au nord‑est.
Les sous‑populations existantes sont densément regroupées à l’est de Hamilton, dans la péninsule du Niagara (37 sous‑populations), et au sud‑est de Montréal (12 sous‑populations). Deux autres sous‑populations se trouvent au sud de London sur la rive nord du lac Érié; une sous‑population se trouve au sud‑ouest de Kingston sur la rive nord du lac Ontario; une autre se trouve entre Ottawa et Montréal et une autre se trouve à l’est de Montréal.
Il y a trois sous‑populations historiques, toutes dans la péninsule du Niagara.
Il y a sept sous‑populations disparues : trois dans la péninsule du Niagara; une à Hamilton, une à Toronto et une à Kingston; et une à l’est de Montréal.
Habitat
L’espèce pousse dans des forêts décidues sèches à humides à sol bien drainé. Elle préfère les milieux dont le couvert forestier est clairsemé.
Biologie
L’aster à rameaux étalés se reproduit principalement par voie asexuée (rhizomes), mais peut aussi se reproduire par voie sexuée lorsque les conditions sont favorables. La floraison commence au début du mois d’août et se poursuit en septembre, et la fructification survient du milieu à la fin du mois de septembre.
Taille et tendances des populations
L’effectif connu de la population de l’espèce au Canada a augmenté depuis le dernier rapport de situation du COSEPAC. Cette augmentation est principalement due à une intensification des activités de recherche et à un signalement accru des sites, plutôt qu’à une réelle croissance de la population. D’après les données les plus récentes, il y a 68 sous-populations au Canada : 15 sous-populations au Québec (14 existantes et 1 disparue); et 53 sous-populations en Ontario (45 existantes, 2 historiques et 6 disparues). Vingt-cinq sous-populations étaient répertoriées dans le rapport précédent.
D’après le dénombrement le plus récent au Canada, il y aurait plus de 101 000 tiges florifères, dont environ 4 300 au Québec et 97 150 en Ontario. Dans le rapport précédent, l’effectif est estimé à un peu plus de 10 000 tiges.
Menaces et facteurs limitatifs
L’aster à rameaux étalés est principalement menacé par la perte d’habitat due au développement, à l’agriculture, à l’exploitation forestière, aux espèces envahissantes, au broutage par le cerf de Virginie et aux activités récréatives. Les sous-populations sont pour la plupart isolées, ce qui peut limiter les échanges génétiques.
Protection, statut et classements
L’espèce a été désignée « menacée » par le COSEPAC en 1995 et en 2002. Elle est inscrite comme telle à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) depuis 2005. En Ontario, elle est inscrite sur la liste des espèces menacées de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition provinciale depuis 2007. Au Québec, elle figure sur la liste des espèces menacées de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables provinciale depuis 2005 et bénéficie d’une protection générale de son habitat en vertu de cette loi.
L’espèce est considérée comme « en sécurité » (G5) à l’échelle mondiale, « vulnérable » (N3) au Canada, « en péril » (S2) au Québec et « vulnérable » (S3) en Ontario.
Source: COSEPAC. 2023. Sous-press. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’aster à rameaux étalés (Eurybia divaricata) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 37 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Aster très élevé
Nom scientifique
Symphyotrichum praealtum
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
ON
Justification de la désignation
Cette plante herbacée vivace atteint la limite septentrionale de son aire de répartition au Canada; il s’agit d’une espèce très restreinte sur le plan géographique qui a subi une contraction de son aire de répartition. On compte neuf sous‑populations dans l’extrême‑sud de l’Ontario. De récents relevés ont révélé l’existence d’autres sous‑populations, représentant plus de 200 000 tiges florifères connues au Canada, principalement au sein de sous‑populations transplantées. Le changement de statut reflète cette estimation à la hausse de l’abondance, des changements de la manière dont les critères sont appliqués, et de la découverte de nouvelles sous‑populations. Cependant, cette espèce est toujours menacée par la perte et la dégradation de son habitat causées par le fauchage et l’entretien des routes, des sentiers et des corridors de lignes de transport d’électricité, la suppression des incendies, l’empiétement par la végétation ligneuse issu de la succession écologique naturelle et le développement résidentiel.
Description et importance de l'espèce sauvage
L’aster très élevé est une plante herbacée vivace de la famille des Astéracées. Il se caractérise par des capitules composés de fleurs ligulées presque blanches à violet foncé et de fleurs tubulées jaunes, des feuilles étroites avec des nervures réticulées distinctives sur le dessous, et une croissance par rhizomes.
Au Canada, l’aster très élevé se trouve à la périphérie nord de son aire de répartition mondiale, ce qui pourrait être important pour la capacité d’adaptation future de l’espèce.
Répartition
On ne trouve l’aster très élevé qu’en Amérique du Nord, où il est présent depuis le nord du Mexique jusqu’à une petite partie de l’extrême sud-ouest de l’Ontario. La majeure partie de son aire de répartition se situe dans le centre et l’est des États-Unis.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Legend = Légende
Subpopulation Status in 2024 = Statut de la sous-population en 2024
Extant (7) = Existante (7)
Historical (2) = Historique
Extirpated (6) = Disparue
Species Observations (2003-2022) = Observations de l’espèce (entre 2003 et 2022)
COSEWIC 2022 (28) = COSEPAC en 2022 (28)
NHIC 2022 (135) = Centre d’information sur le patrimoine naturel en 2022 (135)
Spatial Analyses = Analyses spatiales
EOO →7872 km2 = Zone d’occurrence →7872 km2
IAO →72 km2 = Indice de zone d’occupation (IZO) →72 km2
Kilometres = Kilomètres
Zone d’occurrence et indice de zone d’occupation (IZO), fondés sur les sites existants et historiques (présumés existants) (2022).
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’aster très élevé (Symphyotrichum praealtum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiv + 50 p.
Description longue
Carte du sud-ouest de l’Ontario (autour du lac Saint-Clair) montrant les sites historiques et existants pour l’aster très élevé au Canada. La carte principale montre le polygone de la zone d’occurrence de l’espèce qui s’étend sur 7 872 km2 Une plus petite carte en médaillon sur le côté gauche montre à plus grande échelle la région de Windsor, qui se trouve à l’intérieur du polygone. La zone d’occurrence dessinée par le polygone comprend : 7 sous-populations existantes (l’une d’entre elles est présentée en plus grand détail dans la carte en médaillon), 2 sous-populations historiques et 2 sous-populations disparues. Quatre sous-populations disparues sont situées à l’extérieur du polygone, l’une au sud et l’autre au nord de celui-ci. Parmi les observations de l’espèce en 2022, 5 du COSEPAC et 1 du Centre d’information sur le patrimoine naturel, sont situées à l’extérieur de la zone d’occurrence. La carte en médaillon comprend la majorité des observations de l’espèce. Elle montre 12 indices de zone d’occupation, chacun s’étendant sur 72 km2, ainsi que 23 observations du COSEPAC et 134 observations du Centre d’information sur le patrimoine naturel, qui se chevauchent sur la carte et datent toutes de 2022.
Habitat
Au Canada, l’aster très élevé se rencontre dans les prairies à herbes hautes et d’autres milieux ouverts et, parfois, dans les fourrés et le long des routes et des sentiers. Certains milieux ouverts abritant l’aster très élevé au Canada sont en voie d’être remplacés par des fourrés et des boisés par suite de la succession écologique naturelle, ce qui pourrait avoir une incidence négative sur l’espèce.
Biologie
L’aster très élevé est une espèce rhizomateuse qui peut former de grandes colonies comptant jusqu’à 1 000 tiges clonales. L’espèce est pollinisée par les insectes et ses graines sont contenues dans des akènes munis chacun d’un pappus de soies fines qui permet la dispersion par le vent. L’aster très élevé a besoin d’une pollinisation croisée par les insectes pour réussir à produire des graines; les individus doivent donc se trouver suffisamment près les uns des autres pour que des insectes comme les abeilles, les guêpes et les mouches puissent transporter le pollen d’un individu à l’autre. L’espèce peut fleurir et produire des fruits au cours de la première année de croissance suivant la germination des graines. La courte durée de vie des graines de l’espèce limite son potentiel de rétablissement à partir du réservoir de graines.
Taille et tendances des populations
Il existe actuellement au moins 210 530 individus matures (tiges clonales florifères) d’aster très élevé au Canada. Quatre-vingt-six pour cent de ce nombre représente des individus transplantés qui sont établis et se reproduisent. Ce nombre a été déduit d’une combinaison de travaux menés sur le terrain par les rédacteurs du présent rapport en 2022 ainsi que de sources secondaires, à savoir les données d’observation du Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario et les données de surveillance du ministère des Transports de l’Ontario. Les individus sont répartis dans sept sous-populations existantes, mais 98,6 % des individus matures se trouvent dans une seule sous-population située à Windsor et à LaSalle, en Ontario. On ne connaît pas la situation de deux autres sous-populations situées sur le territoire de la Première Nation de Bkejwanong (Walpole Island), mais la présence continue d’habitat convenable laisse supposer qu’elles sont toujours existantes.
L’estimation de l’abondance de l’aster très élevé au Canada a augmenté de plusieurs ordres de grandeur au cours des dix dernières années. Toutefois, cette augmentation est principalement attribuable aux relevés ciblés plus détaillés effectués ces dernières années, surtout au sein des colonies transplantées. Il est difficile de déterminer les tendances de la population depuis le rapport de situation précédent en raison du manque de données sur l’abondance dans les sources secondaires et des différences dans la façon dont les individus ont été définis et dénombrés.
Menaces et facteurs limitatifs
La principale menace qui pèse sur l’aster très élevé au Canada semble être la succession naturelle, sous l’effet de laquelle les milieux ouverts (par exemple prairies et prés) deviennent des fourrés et des boisés non convenables pour l’espèce. L’espèce a besoin de milieux ouverts maintenus par des perturbations naturelles (par exemple les feux) ou des perturbations anthropiques légères (par exemple le débroussaillage). Parmi les autres menaces figurent la perte d’habitat et la dégradation de l’habitat causées par le fauchage et l’entretien des routes, des sentiers et des corridors de lignes de transport d’électricité; la suppression des incendies; l’empiétement de la végétation ligneuse dû à la succession écologique naturelle; et l’aménagement de résidences et de sentiers.
Protection, statut et classements
L’aster très élevé est actuellement inscrit comme espèce menacée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2002) du gouvernement fédéral et dans la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. L’espèce s’est vu attribuer la cote de conservation mondiale G5 (en sécurité), la cote de conservation nationale N2 (en péril) au Canada, et la cote de conservation provinciale S2 (en péril) en Ontario. L’aster très élevé est considéré comme étant en sécurité (N5) aux États-Unis, mais il a été coté S1 (gravement en péril) ou S3 (vulnérable) dans sept États. L’espèce est non classée dans la majorité des États où elle est présente et elle ne bénéficie d’aucun statut juridique au Mexique.
Source: COSEPAC. 2024. Sous-presse. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’aster très élevé (Symphyotrichum praealtum) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiv + 50 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.
Limnanthe de Macoun
Nom scientifique
Limnanthes macounii
Taxon
Plantes vasculaires
Statut du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
BC
Justification de la désignation
Cette plante endémique au Canada se trouve le long d’une étroite bande côtière de microhabitat, humide une partie de l’année. Elle y est menacée par la compétition continue que lui livre une vaste gamme de plantes exotiques, par la fréquence croissante des phénomènes météorologiques extrêmes et par la prédation possible exercée par la Bernache du Canada, espèce introduite et abondante à l’échelle locale. Grâce à des activités de recherche accrues, la population connue de cette plante a considérablement augmenté depuis la dernière évaluation. Ces activités ont permis de découvrir de nouveaux sites, dont un site aménagé, qui multiplie par 50 la taille totale de la population. Le changement de statut de l’espèce découle principalement d’un changement dans la manière dont les critères d’évaluation sont désormais appliqués; la population n’est plus considérée comme étant gravement fragmentée.
Description et importance de l'espèce sauvage
La limnanthe de Macoun est une petite plante annuelle (haute de 2 à 5 cm, atteignant rarement jusqu’à 15 cm) aux feuilles composées-pennées. Les fleurs, campanulées à cyathiformes (en forme de coupe), portent quatre pétales blancs, longs de 4 à 5 mm. Les fruits sont des nucules vert-jaune à brun clair.
La limnanthe de Macoun est la seule espèce du genre et l’une des deux seules espèces de la famille des Limnanthacées présentes au Canada. Sur les 20 taxons de la famille reconnus actuellement à l’échelle mondiale, 8 sont préoccupants sur le plan de la conservation. Des espèces de Limnanthes pourraient fournir du matériel génétique aux programmes de sélection pour les cultures destinées à la production de graines oléagineuses ou de glucosinolates.
Répartition
La limnanthe de Macoun est endémique du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf voisines, en Colombie-Britannique. Elle n’a jamais été observée sur le continent en Colombie-Britannique, ni aux États-Unis.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Distribution of Macoun’s Meadowfoam, Limanthes macounii, in Canada = Distribution de la limnanthe de Macoun, Limanthes macounii, au Canada
Extant Occurrences = Occurrences existantes
Extirpated Occurrences = Occurrences disparues
United States = États-Unis
Kilometres = Kilomètres
Carte montrant la répartition de la population mondiale de limnanthe de Macoun
Source: COSEPAC. 2023. Sous-press. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la limnanthe de Macoun (Limnanthes macounii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 46 p.
Description longue
Carte de la répartition de la limnanthe de Macoun (Limnanthes macounii) au Canada, sur laquelle sont indiquées les occurrences existantes et les occurrences disparues. Les occurrences sont concentrées dans le sud de l’île de Vancouver, les îles Gulf et l’île Hornby.
Le sud de l’île de Vancouver présente la plus forte concentration d’occurrences existantes. On dénombre six ou sept occurrences dans le sud‑est (Victoria), une vers l’est (pointe Ten Mile) et une vers le nord‑est (cap Gordon). Il y a quatre occurrences à l’ouest de Victoria, à Langford, et dix ou onze occurrences au sud‑ouest de Langford, au parc régional East Sooke. Il y a également une occurrence au sud‑est de Nanaimo, au nord de la baie Kulleet. Dans les îles Gulf, il y a une occurrence sur la côte sud‑est de l’île Salt Spring, dans le parc provincial Ruckle, et une occurrence sur la côte sud‑est de l’île Gabriola, dans le parc provincial Drumbeg. La dernière occurrence existante se trouve dans le sud‑est de l’île Hornby.
On dénombre également quatre occurrences disparues, toutes situées près d’occurrences existantes : une au cap Gordon, une à Langford et une au parc régional East Sooke, et une sur la côte sud‑est de l’île Salt Spring, juste à l’ouest de l’occurrence existante.
Habitat
L’habitat de l’espèce se trouve dans des zones dégagées ou des forêts claires, dans des microsites à végétation courte ou clairsemée, qui sont entièrement saturés ou légèrement submergés en hiver et complètement secs en été. La plupart des sous-populations se trouvent sur le littoral, à moins de 200 m de l’océan, là où les embruns salés et les sols minces (d’une profondeur variant de quelques cm à 30 cm) limitent la présence d’arbres et d’arbustes concurrents. L’habitat comprend des mares printanières, des zones sporadiquement mouillées par des suintements, des dépressions humides, l’extrémité des suintements ainsi que des dépressions et des suintements dans des forêts claires.
Biologie
La limnanthe de Macoun est une plante annuelle d’hiver, qui germe après les pluies d’automne et pousse à une époque où la plupart des autres plantes sont en dormance. Les plantes fleurissent de mars au début de mai, et les nucules arrivent à maturité au début de juin. Les taux de germination sont faibles, ce qui donne à penser que l’espèce dépend du réservoir de semences pour décaler la germination au cours des années défavorables. On présume que la dispersion des nucules se fait par voie d’eau sur de courtes distances. Bien que les abeilles et les mouches pollinisent d’autres espèces de Limnanthes, on ne sait pas quelles espèces pollinisent la limnanthe de Macoun ni si des pollinisateurs sont nécessaires, étant donné l’autocompatibilité de celle-ci.
Taille et tendances des populations
La limnanthe de Macoun compte 31 sous-populations existantes, le tiers d’entre elles ayant plus d’un site. La plupart des individus sont concentrés dans une grande sous-population (baie Whirl) située dans une zone pare-feu entretenue qui, selon les estimations, contiendrait plus de quatre millions d’individus. Treize autres sous-populations comptent plus de 1 000 individus chacune, mais les sous-populations restantes comptent moins de 400 individus chacune. L’effectif de la population totale, d’après les données de dénombrement les plus récentes, varierait entre 4 270 000 et 4 275 000 individus. Le nombre d’individus observés fluctue chaque année selon les variations météorologiques annuelles. Un certain nombre de sous-populations et de sites de sous-populations ont été détruits par les activités de développement.
Menaces et facteurs limitatifs
Parmi les menaces associées aux changements climatiques, mentionnons les périodes anormalement sèches au début du printemps, qui ont une incidence sur la production de graines, et le temps sec en automne ou en hiver, qui peut endommager les plantes et les semis. L’augmentation des tempêtes peut provoquer l’inondation des mares printanières par de l’eau salée ou l’augmentation des embruns dans les sites à basse altitude près du littoral. Les températures extrêmes, quant à elles, peuvent retarder la germination ou aggraver les sécheresses.
Les arbustes exotiques envahissants, comme le genêt à balais, l’ajonc d’Europe et le lierre commun, dégradent l’habitat en faisant de l’ombre, en modifiant la structure de la végétation et en fixant l’azote, ce qui peut créer des conditions plus favorables à d’autres espèces envahissantes. Les graminées envahissantes réduisent l’humidité disponible, diminuent la quantité de sol dénudé dans les dépressions et les suintements et, au fil du temps, contribuent à l’accumulation de chaume dans les dépressions et augmentent la matière organique du sol, ce qui favorise la croissance de la végétation concurrente et l’assèchement des mares, l’habitat devenant ainsi moins convenable pour la limnanthe de Macoun. Enfin, les plantes herbacées non graminoïdes exotiques peuvent aussi rivaliser avec la limnanthe de Macoun pour la lumière et l’humidité.
Les activités récréatives, y compris la randonnée, les pique-niques et le camping, peuvent propager des plantes envahissantes. Le piétinement léger semble bénéfique pour la limnanthe de Macoun, car il limite la concurrence des plantes envahissantes, mais le piétinement intense compacte le sol, qui produit alors des plantes plus petites et moins productives. Les activités de développement sur des terres privées et publiques ont détruit des sous-populations historiques, soit directement par des activités de construction, soit par la modification des conditions hydrologiques requises pour les suintements.
Les facteurs limitatifs comprennent l’absence d’habitat spécialisé, notamment de suintements ou de mares, les mécanismes de dispersion limités et l’isolement génétique.
Protection, statut et classements
La limnanthe de Macoun est inscrite comme espèce menacée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Elle est classée « en péril » (S2?) en Colombie-Britannique, « en péril » (N2?) au Canada et « en péril » (G2?) à l’échelle mondiale.
L’espèce compte onze occurrences sur des terres gérées par le gouvernement fédéral, trois sur des terres de réserve des Premières Nations, cinq sur des terres publiques provinciales, huit dans des parcs régionaux et neuf occurrences sur des terres appartenant à des propriétaires privés.
Source: COSEPAC. 2023. Sous-press. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la limnanthe de Macoun (Limnanthes macounii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 46 p.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à enviroinfo@ec.gc.ca.