Consultation : modification de la liste des espèces terrestres de la Loi sur les espèces en péril, résumé : decembre 2020


Anisote du Manitoba

Figure 1
Photo: © Don Henne

Nom scientifique

Anisota manitobensis

Taxon

Arthropodes

Statut du COSEPAC

Préoccupante

Aire de répartition canadienne

Manitoba

Justification de la désignation

Ce grand papillon de nuit a une petite aire de répartition mondiale, dont la majeure partie se trouve au Canada, qui se limite à une petite région du sud du Manitoba et des États-Unis adjacents. Des explosions démographiques localisées se sont produites de façon irrégulière au cours des années 1900, mais leur fréquence a diminué. La dernière a eu lieu en 1997, et aucun individu n’a été découvert depuis 2000. Les menaces pesant sur l’espèce sont principalement associées au déclin du chêne à gros fruits, le principal arbre hôte des larves. Le chêne à gros fruits est sensible aux maladies secondaires, surtout quand celles ci sont exacerbées par des facteurs de stress anthropiques et environnementaux. Parmi les autres menaces figurent la suppression des incendies, le broutage par les cerfs et l’empiétement subséquent de plantes envahissantes, ainsi que l’utilisation d’insecticides ciblant des papillons de nuit nuisibles. De façon cumulative, toutes ces menaces contribuent au déclin continu de la santé du chêne à gros fruits et entraînent par le fait même la réduction ou la perte d’habitat. Les terrains boisés de chêne à gros fruits sont fragmentés dans l’ensemble de leur aire de répartition au Manitoba, et les sous populations du papillon de nuit le sont peut-être même davantage en raison de leur faible capacité de dispersion et de la préférence des larves pour des chênes à gros fruits plus jeunes. La présente espèce pourrait en fait être désignée « espèce menacée », mais les données, actuellement insuffisantes, ne permettent pas d’évaluer si les seuils des critères de cette catégorie de statut sont respectés.

Description et importance de l’espèce sauvage

L’anisote du Manitoba (Anisota manitobensis) est un papillon de taille moyenne (longueur des ailes antérieures de 19 à 30 mm) de la famille des Saturniidés. L’espèce passe par quatre stades vitaux et une métamorphose complète. Les adultes sont orange brunâtre, les femelles étant habituellement plus roses que les mâles, qui sont plus foncés. Les œufs aplatis et ovoïdes sont lisses et jaunes et deviennent brunâtres avec le temps. La chenille (larve) est habituellement brune foncée ou noire avec des rayures plus pâles (tendant vers le rose chez les derniers stades larvaires) et porte des épines et des cornes thoraciques. La chrysalide est brune et mesure environ 3 cm de long.

Répartition

L’aire de répartition mondiale et canadienne connue de l’anisote du Manitoba se limite au sud du Manitoba et à l’extrême nord du Dakota du Nord et du Minnesota. La majeure partie de l’aire de répartition mondiale se trouve au Manitoba, où l’espèce a été observée dans environ 25 sites, le site le plus au nord se trouvant dans le parc national du Mont Riding. L’espèce a été signalée dans deux sites dans les États adjacents du Dakota du Nord et du Minnesota, à environ 40 et 65 km, respectivement, du site canadien connu le plus proche. L’aire de répartition de l’espèce au Canada, comprenant les sites historiques où elle est peut-être encore présente, couvre environ 43 000 km2.

Figure 2, voir description longue

Mentions canadiennes de l’anisote du Manitoba

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Canadian Anisota manitobensis Records = Mentions canadiennes de l’Anisota manitobensis

North Dakota 1973 Anisota manitobensis Records = Mention de l’Anisota manitobensis au Dakota du Nord en 1973

Roseau MN Anisota manitobensis Records = Mention de l’Anisota manitobensis à Roseau (Minnesota)

Major roads = Routes principales

Major waterbody = Grands plans d’eau

Major river = Principales rivières

Lake Manitoba = Lac Manitoba

Lake Winnipeg = Lac Winnipeg

Lake of the Woods = Lac des Bois

Pembina Valley P.P. = Parc provincial de la Vallée‑de‑la‑Pembina

Sandilands P.F. = Forêt provinciale Sandilands

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’anisote du Manitoba (Anisota manitobensis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 52 p.

Description longue 

Carte des mentions canadiennes de l’anisote du Manitoba, y compris celles dans les limites de la ville de Winnipeg. La carte montre également les mentions dans le nord ouest du Minnesota et le Dakota du Nord.

Habitat

L’anisote du Manitoba n’est présente que dans des habitats qui abritent le chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa) dont se nourrit sa chenille. Les chênaies et les savanes à chêne le long des vallées fluviales et de l’escarpement du Manitoba constituent l’habitat potentiel le plus abondant pour l’espèce. On a récemment trouvé l’anisote du Manitoba dans des chênaies riveraines à Winnipeg ainsi que sur de jeunes chênes en plein soleil le long d’emprises routières et autres près de Fullers.

Biologie

La biologie de l’anisote du Manitoba est mal connue. Elle pond ses œufs en grappes sur des feuilles de chêne à gros fruits de juin à la mi été. Les jeunes chenilles récemment écloses sont grégaires, mais le sont moins aux derniers stades larvaires. L’espèce passe l’hiver dans le sol au stade de chrysalide durant au moins huit mois. Les adultes, qui volent principalement pendant la journée, sont observés du début de juin à la fin de juillet.

Taille et tendances des populations

On connaît peu la taille et les tendances de population de l’anisote du Manitoba. Comme bon nombre d’autres anisotes, elle peut connaître des pics d’abondance périodiques entrecoupés d’années de faible abondance.

Menaces et facteurs limitatifs

On connaît peu les menaces qui pèsent sur l’anisote du Manitoba et son habitat. La pulvérisation d’insecticides pourrait constituer une menace pour elle, mais se limiterait probablement à la ville de Winnipeg. Le développement urbain, notamment résidentiel, a déjà détruit de l’habitat historique et pourrait continuer de présenter une menace localisée, tout comme la menace de construction de routes et de lignes de transport d’électricité. Le compactage du sol causé par les activités récréatives et autres peut nuire à la santé des chênes et ainsi avoir un impact indirect sur l’anisote du Manitoba à Winnipeg et dans d’autres zones urbaines. De façon plus générale, la suppression des feux pourrait réduire la qualité de l’habitat de savane à chêne de l’anisote du Manitoba à long terme.

L’anisote du Manitoba est naturellement limitée par l’abondance et la répartition du chêne à gros fruits dans le sud du Manitoba, lesquelles ont diminué par rapport à leurs niveaux historiques en raison surtout de l’exploitation forestière et du défrichage pour le développement résidentiel et autre au 19e siècle et au début du 20e. L’adulte de l’espèce n’a pas de pièces buccales fonctionnelles et ne se nourrit pas, dépendant plutôt de la graisse emmagasinée durant son développement larvaire. La femelle vole peu et ne se déplace probablement pas loin, principalement parce qu’elle est alourdie par ses œufs. Une végétation dense peut limiter la dispersion des phéromones.

Protection, statuts et classements

L’anisote du Manitoba et son habitat ne jouissent d’aucune protection légale au Canada et aux États Unis. L’espèce est classée « en péril » (G2) à l’échelle mondiale. Au Canada, elle est classée « en péril » à l’échelle nationale (N2) et au Manitoba (S2). Aux États Unis, elle est classée « présence historique » à l’échelle nationale (NH) et à l’échelle des États du Minnesota et du Dakota du Nord (SH).

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’anisote du Manitoba (Anisota manitobensis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 52 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.


Bourdon de Suckley

Figure 3
Photo: © Cory Sheffield

Nom scientifique

Bombus suckleyi

Taxon

Arthropodes

Statut du COSEPAC

Menacée

Aire de répartition canadienne

Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Colombie Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau Brunswick, Île du Prince Édouard, Nouvelle Écosse, Terre Neuve-et-Labrador

Justification de la désignation

Ce bourdon parasite les nids d’autres bourdons et dépend de ses hôtes pour élever ses petits. On le rencontre dans toutes les provinces et tous les territoires, sauf le Nunavut. Plus commune dans l’Ouest que dans l’Est du Canada, l’espèce est toujours moins abondante que ses hôtes. Malgré une hausse importante des activités de recherche de bourdons au pays ces deux dernières décennies, moins d’individus de l’espèce ont été observés que dans le passé. On note une baisse de plus de 30% de l’abondance relative par rapport à celle de tous les bourdons (indiquant un déclin démographique) ainsi qu’une diminution de la zone d’occupation. La baisse est particulièrement marquée dans les régions où l’espèce était historiquement plus commune, en Colombie-Britannique et en Alberta. La principale menace pesant sur l’espèce est le déclin abrupt des espèces de bourdons hôtes, toujours en Colombie-Britannique et en Alberta. Les principales menaces auxquelles font face les hôtes sont les bourdons qui se sont échappés de colonies aménagées dans des serres commerciales et qui sont infectés d’agents pathogènes, l’utilisation de pesticides (particulièrement les néonicotinoïdes) ainsi que les changements climatiques.

Description et importance de l’espèce sauvage

Le bourdon de Suckley est l’une des six espèces de psithyres véritables présentes en Amérique du Nord. Les individus des deux sexes sont de taille moyenne (15 à 25 mm de longueur). Les femelles sont légèrement plus grosses que les mâles, et leur abdomen comporte des tergums (segments dorsaux de l’abdomen) noirs brillants et des poils jaunes près de son extrémité; les mâles présentent une coloration semblable, mais leur abdomen comporte plus de poils jaunes. Les femelles psithyres, contrairement à celles des espèces de bourdons construisant des nids, ne possèdent pas de corbicule (corbeille à pollen) sur les pattes postérieures, puisqu’elles ne recueillent pas de pollen pour leur progéniture.

Le bourdon de Suckley se distingue de psithyre bohémien, espèce similaire, par ses carènes triangulaires prononcées sous le dernier segment de l’abdomen. Les mâles de l’espèce ont généralement plus de poils jaunes sur le corps que le psithyre bohémien.

Le bourdon de Suckley est un parasite social obligatoire des bourdons nidificateurs du sous genre Bombus. Des quatre espèces de ce sous genre présentes au Canada, le bourdon de l’Ouest est son seul hôte confirmé dans l’ouest du Canada, et le bourdon terricole en est probablement l’hôte dans l’est du Canada, puisque les deux espèces partagent le même habitat dans la majeure partie de l’aire de répartition orientale du bourdon de Suckley. Le bourdon à tache rousse (Ontario et Québec) et le bourdon cryptique (nord ouest du Canada) s’ajoutent probablement aux espèces hôtes du bourdon de Suckley, puisqu’ils appartiennent également au sous genre Bombus (comme l’hôte confirmé) et partagent l’habitat du bourdon de Suckley dans son aire de répartition. Cependant, aucune preuve directe ne permet de confirmer que ces deux espèces de bourdons sont des hôtes.

Trois des espèces hôtes ou hôtes probables ont été désignées en péril au Canada par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) : le bourdon de l’Ouest des sous espèces occidentalis (menacée) et mckayi (préoccupante), le bourdon terricole (préoccupante) et le bourdon à tache rousse (en voie de disparition). Le bourdon cryptique, espèce holarctique et hôte probable, n’a pas été évalué par le COSEPAC et est désigné non en péril.

Répartition

Le bourdon de Suckley a une vaste aire de répartition, qui s’étend depuis le sud des États Unis jusqu’aux régions subarctiques du Canada (Yukon) et, vers l’est, jusqu’à l’île de Terre Neuve (présence non confirmée au Labrador). Au Canada, l’espèce a été signalée dans toutes les provinces et tous les territoires, à l’exception du Nunavut. L’espèce est plus abondante dans l’ouest du Canada, et la plupart des sites de capture se trouvent à l’ouest du Manitoba.

Des mentions du bourdon de Suckley au Canada sont répertoriées de 1897 (Colombie Britannique) et 1901 (Ontario) à 2019 (Saskatchewan et Yukon). Au cours des dix dernières années, l’espèce a également été signalée en Alberta (2018), en Colombie Britannique (2013) et dans l’île de Terre Neuve (2010). La répartition du bourdon de Suckley est limitée par la répartition, et vraisemblablement l’abondance, de ses espèces hôtes, mais d’autres facteurs semblent intervenir, puisque les captures de bourdons de Suckley dans l’aire de répartition de ses hôtes ont été inégales.

Figure 4, lire la longue description

Aire de répartition canadienne du bourdon de Suckley

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

United States = États-unis

Great plains = Grandes plaines

Source: COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Bourdon de Suckley (Bombus suckleyi) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xii + 80 p.

Description longue 

Carte illustrant la répartition canadienne du bourdon de Suckley et de ses deux espèces hôtes : le bourdon de l’Ouest (sous espèce méridionale) et le bourdon terricole (hôte présumé).

Habitat

Le bourdon de Suckley fréquente divers habitats, dont des prés ouverts et des prairies, des terres agricoles et cultivées, des zones urbaines, la forêt boréale et des prés montagnards. L’espèce a été observée depuis le niveau de la mer jusqu’à des altitudes de 1 200 m, mais elle pourrait également se trouver à de plus hautes altitudes, dans la mesure où son ou ses hôtes sont également présents. Au début du printemps, les hôtes font généralement leur nid dans les terriers de rongeurs souterrains abandonnés ou d’autres cavités naturelles sèches; comme le bourdon de Suckley parasite les nids, les sites de nidification de ses hôtes lui servent également d’habitat. Les adultes se nourrissent du pollen et du nectar de nombreuses fleurs.

Biologie

Le bourdon de Suckley est un parasite social obligatoire des bourdons nidificateurs et, par conséquent, il ne forme pas de colonies eusociales comportant des castes distinctes (il n’y a donc pas d’ouvrières). L’espèce a un cycle de vie annuel. Les femelles accouplées émergent au printemps, un peu plus tard que les espèces hôtes nidificatrices (p. ex. les hôtes émergent en mars et avril, et les psithyres émergent d’avril à juin, et parfois plus tard à des latitudes ou altitudes plus élevées), et partent à la recherche de nids d’une espèce hôte. Les psithyres femelles parviennent à parasiter le nid une fois que les hôtes ont établi une colonie comprenant quelques ouvrières; cependant, la colonie ne doit pas être trop grande, sinon les ouvrières s’emploieraient à la défendre et à en chasser le psithyre. Une fois qu’elle a trouvé un nid hôte, la femelle psithyre neutralise ou tue la reine et pond ses propres œufs dans le nid; les ouvrières de la reine fondatrice prennent alors en charge les œufs de la femelle psithyre. Les psithyres émergent tout au long de l’été, en plus grand nombre vers la fin de l’été et le début de l’automne. Les jeunes femelles et mâles psithyres émergent du nid hôte pour se nourrir de nectar et ensuite se reproduire. Les femelles accouplées entreprennent ensuite de trouver un site d’hivernation, présumément à proximité d’une espèce hôte nidificatrice. Les mâles et les femelles qui ont déjà pondu meurent à l’arrivée du temps froid.

Taille et tendances des populations

On dispose de peu d’information sur la taille et les tendances des populations mondiale et canadiennes de bourdon de Suckley. La plupart des relevés des bourdons visent l’ensemble des espèces du genre Bombus, mais pas spécifiquement les psithyres. Dans le passé, les relevés englobaient tous les bourdons et ont généralement été effectués de façon désordonnée ou par transects aléatoires dans les habitats propices, et ils avaient pour principalement but l’observation de nouvelles sous populations ainsi que l’étude de l’histoire naturelle et de l’habitat des bourdons en général. Les nombreux relevés de bourdons et les recherches universitaires menés au cours des 20 dernières années étaient axées sur les pollinisateurs, y compris les bourdons; le bourdon de Suckley a d’ailleurs été signalé dans le cadre de ces travaux. L’espèce est intrinsèquement moins abondante que les autres espèces de bourdons, car elle ne produit pas d’ouvrières et est moins commune que ses hôtes.

Les données historiques semblent montrer que le bourdon de Suckley toujours été plus commun dans l’ouest que dans l’est du Canada. L’espèce n’a pas été observée dans le sud de l’Ontario depuis les années 1970, en dépit des recherches de grande envergure effectuées depuis les 20 dernières années. Cependant, dans d’autres parties de son aire de répartition, l’espèce demeure présente, quoique peu commune, lorsque ses hôtes sont également présents.

Menaces et facteurs limitatifs

La principale menace pesant sur le bourdon de Suckley est le déclin des populations de ses hôtes : le bourdon de l’Ouest dans l’ouest du Canada, et probablement le bourdon terricole dans l’est du pays. Le bourdon de l’Ouest et le bourdon terricole ont déjà été plus communs et répandus, et leurs sous populations sont en déclin dans la majeure partie de leur aire de répartition, sans doute en raison de l’usage des pesticides (incluant les néonicotinoïdes), de la dissémination d’agents pathogènes (surtout dans les zones d’agriculture intensive) ainsi que la perte de ressources florales et d’habitat attribuable à l’intensification de l’agriculture et aux modifications des systèmes naturels (p. ex. suppression des incendies, empiétement naturel des arbustes dans les zones ouvertes).

Protection, statuts et classements

Le bourdon de Suckley n’a pas de statut légal et n’est protégé par aucune loi fédérale ou provinciale au Canada. L’espèce est classée comme gravement en péril (G1) à l’échelle mondiale et comme vulnérable (N3) au Canada (NatureServe, 2018). Le bourdon de Suckley est classé parmi les espèces en danger critique (CR) de la Liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Les sous espèces occidentalis (menacée) et mckayi (préoccupante) du bourdon de l’Ouest ont été évaluées par le COSEPAC, mais ne sont pas inscrites à la liste de la LEP. Le bourdon terricole (préoccupante) a été évalué par le COSEPAC et figure sur la liste de la LEP. Le bourdon à tache rousse a été désigné en voie de disparition par le COSEPAC et ajouté à la liste de la LEP.

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Bourdon de Suckley (Bombus suckleyi) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xii + 80 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.


Couleuvre à groin des plaines

Figure 5
Photo: © Kristiina Ovaska

Nom scientifique

Heterodon nasicus

Taxon

Reptiles

Statut du COSEPAC

Préoccupante

Aire de répartition canadienne

Alberta, Saskatchewan, Manitoba

Justification de la désignation

Cette grande couleuvre des prairies, qui se distingue par son museau retroussé proéminent, appartient à un groupe d’espèces des prairies restreint à l’intérieur aride de l’Amérique du Nord. Son aire de répartition est vaste, mais morcelée, dans le sud de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. La perte d’habitat s’est surtout produite dans le passé, mais la conversion de prairies en terres cultivées de manière intensive se poursuit. La taille de la population actuelle est probablement de moins de 10 000 individus matures, mais l’on ne dispose pas d’estimations fiables. Les tendances démographiques récentes ne sont pas connues, mais un déclin continu est soupçonné, d’après les menaces, qui comprennent la perte, la fragmentation et la dégradation d’habitat continues causées par l’agriculture, la suppression des incendies, le développement énergétique et la mortalité attribuable à la circulation routière. L’espèce correspond presque aux critères de la catégorie « menacée », et pourrait continuer à faire l’objet d’un déclin si les menaces ne sont pas gérées efficacement.

Description et importance de l’espèce sauvage

La couleuvre à groin des plaines (Heterodon nasicus) est l’une des deux espèces de serpents du genre Heterodon au Canada, l’autre étant la couleuvre à nez plat (Heterodon platirhinos), présente en Ontario. Les adultes ont un corps trapu et mesurent de 45 cm à 75 cm, du museau au cloaque. Les individus de cette espèce se distinguent par la présence d’une écaille retroussée au bout de leur museau, qui donne à leur nez l’apparence d’un groin. Les comportements défensifs de la couleuvre à groin des plaines, tels que dilater son cou, siffler et simuler la mort, constituent certains des comportements les plus intéressants et les plus étranges jamais observés chez les serpents. Bien que l’espèce soit légèrement venimeuse, elle présente un risque négligeable pour les humains.

Répartition

Au Canada, la couleuvre à groin des plaines se trouve dans les parties méridionales de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. L’aire de répartition mondiale s’étend, au sud, jusqu’au Nouveau-Mexique et au Texas. Au Canada, la répartition de l’espèce est mal comprise; ceci s’explique en partie par les caractéristiques propres à l’écologie de l’espèce qui rendent son observation difficile. Des mentions historiques et récentes de l’espèce suggèrent qu’au Canada, l’aire de répartition de la couleuvre à groin des plaines n’est pas continue; certaines concentrations de mentions pourraient signaler la présence de sous-populations isolées.

Figure 6, lire la longue description

Répartition de la couleuvre à groin des plaines au Canada, relativement aux écorégions de l’écozone des Prairies.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Heterodon nasicus and Ecoregion in Canada = Heterodon nasicus et écorégions du Canada

EOO : 142,428 km2 (1991-2005) = Zone d’occurrence : 142 428 km2 (1991 à 2005);

*Historic (1927-1990) = *Mentions historiques (1927 à 1990);

●Recent (1991-2015) = ●Mentions récentes (1991 à 2015);

Ecoregions = Écorégions;

Aspen Parkland = Tremblaie-parc;

Boreal Transition = Transition boréale;

Cypress Upland = Hautes terres Cypress;

Fescue Grassland = Prairie à fétuque;

Interlake Plain = Plaine interlacustre;

Lake Manitoba Plain = Plaine du lac Manitoba;

Mid-Boreal Lowland = Basses terres boréales du Centre;

Mid-Boreal Uplands = Hautes terres boréales du Centre;

Mixed Grassland = Prairie mixte;

Moist Mixed Grassland = Prairie mixte humide;

Northern Continental Divide = Nord de la ligne de partage des eaux;

Southwest Manitoba Uplands = Hautes terres du sud-ouest du Manitoba

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre à groin des plaines (Heterodon nasicus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa,  xii + 46 p.

Description longue 

Carte montrant la répartition de la couleuvre à groin des plaines au Canada relativement aux écorégions de l’écozone des Prairies et indiquant l’étendue de la zone d’occurrence de l’espèce (142 428 kilomètres carrés de 1991 à 2015).

Habitat

Au Canada, les couleuvres à groin des plaines sont présentes dans les prairies, sur des sols dont la teneur en sable est supérieure à la moyenne. Elles peuvent se trouver dans diverses communautés à couvert végétal ouvert, allant des milieux relativement secs aux basses terres humides; l’espèce est souvent présente à proximité de l’eau. La couleuvre à groin des plaines hiberne généralement seule, contrairement à la plupart des autres serpents de grande taille de la région du sud des Prairies canadiennes qui hibernent en groupe. Il semble que la plupart des sites d’hibernation soient des terriers, entièrement creusés par le serpent ou creusés à l’origine par des petits mammifères. Par ailleurs, ces terriers sont aussi utilisés pour la nidification et comme abri.

Biologie

Les femelles pondent une seule couvée de 4 à 23 œufs, généralement dans des terriers de rongeur abandonnés; les jeunes émergent du nid de la fin juillet à la mi septembre. Les femelles peuvent se reproduire tous les ans, mais des cycles biennaux se produisent également. La maturité sexuelle est parfois atteinte dès l’âge de 2 ans, mais il est possible que certains membres de l’espèce ne l’atteignent pas avant l’âge de 3 ou 4 ans. La durée de vie est de 8 à 14 ans, et la durée d’une génération est estimée entre 5 et 8 ans. Les couleuvres à groin des plaines sont surtout actives le jour; elles se nourrissent principalement d’amphibiens, mais également de petits mammifères, d’oiseaux qui nichent au sol, d’œufs de tortues et de lézards.

Taille et tendances des populations

La taille de la population canadienne de couleuvres à groin des plaines est inconnue. Les données qui permettraient de documenter les tendances et les fluctuations d’effectifs sont insuffisantes, et bien qu’un nombre croissant d’activités de relevé aient eu lieu au cours des dernières années, des relevés n’ont pas été effectués de manière systématique à l’échelle de l’aire de répartition de l’espèce. Le déclin de la population peut être attribuable à la dégradation de l’habitat ou à d’autres menaces.

Menaces et facteurs limitatifs

Les menaces associées à la dégradation de l’habitat, soit l’agriculture et la suppression des incendies, la production d’énergie et la mortalité sur les routes, sont toutes considérées comme des menaces de faible impact. Les sous-populations de l’Alberta, tout particulièrement celles autour de Medicine Hat, sont les plus touchées par la mortalité sur les routes et par les intrusions et les perturbations humaines. Toutes les sous-populations peuvent être touchées par les effets négatifs de la mortalité sur les routes en gravier en raison du nombre élevé de routes (0,74 km/km2) qui sillonnent l’aire de répartition de l’espèce. Les sites de la Saskatchewan et du Manitoba sont surtout affectés par l’agriculture, tout particulièrement les terres cultivées.

Protection, statuts et classements

En novembre 2019, le COSEPAC a désigné la couleuvre à groin des plaines comme espèce « préoccupante »; l’espèce ne détient actuellement aucun statut en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Dans les parcs nationaux, l’espèce est protégée au titre de la Loi sur les parcs nationaux. À l’échelle provinciale, la couleuvre à groin des plaines et ses gîtes d’hivernage sont protégés en vertu des lois sur la faune (Wildlife Acts) de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. Elle est désignée menacée en vertu de la Loi sur les espèces et les écosystèmes en voie de disparition du Manitoba. À l’intérieur des limites des parcs provinciaux, la couleuvre à groin des plaines est protégée par les lois sur les parcs provinciaux (Parks Acts) de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. Il existe des variations en matière de protection de l’espèce au sein de la réserve nationale de faune de Suffield en Alberta, des aires de gestion de la faune au Manitoba et des pâturages gérés par l’Administration du rétablissement agricole des Prairies en Saskatchewan. Environ 13 % de toutes les occurrences et 10 % de l’aire de répartition canadienne de l’espèce se trouvent dans des aires protégées.

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre à groin des plaines (Heterodon nasicus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa,  xii + 46 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.


Drave des monts de Puvirnituq

Figure 7
Photo: © Serge Payette

Nom scientifique

Drave des monts de Puvirnituq

Taxon

Plantes vasculaires

Statut du COSEPAC

Préoccupante

Aire de répartition canadienne

Québec

Justification de la désignation

L’ensemble de l’aire de répartition mondiale de cette moutarde vivace de petite taille se limite à deux petits sites se trouvant sur un type rare de cailloutis de roche ignée, dans la toundra du Nunavik, dans le Nord du Québec. Son aire de répartition connue occupe moins de 13 km2. Même si les données sont insuffisantes et ne permettent donc pas de déterminer les tendances, la taille de la population de cette espèce est sans nul doute très petite, s’élevant à moins de 1 000 individus selon les estimations. Les modifications de l’habitat associées aux changements climatiques constituent une menace potentielle.

Description et importance de l’espèce sauvage

La drave des monts de Puvirnituq est une minuscule plante herbacée vivace qui produit une dense touffe de feuilles basilaires et ne dépasse pas 6 cm de hauteur. Elle forme une tige florale dépourvue de feuilles terminée par des grappes de petites fleurs blanches. Toutes ses parties comportent des poils simples crispés, caractère singulier qui la distingue de toutes les autres espèces de draves du Canada à l’exception de la drave de Taylor (Draba taylori), espèce endémique de la Colombie-Britannique à fleurs jaunes.

Répartition

La répartition mondiale de la drave des monts de Puvirnituq se résume à une seule occurrence localisée au Québec nordique (Nunavik), composée d’individus répartis sporadiquement dans deux sites se trouvant près l’un de l’autre. L’espèce pousse sur un type de substrat extrêmement rare, soit des pierrailles de péridotite à surface oxydée reposant sur une matrice fine loameuse au sein de la toundra arctique exposée, à une altitude d’environ 450 m.

Figure 8, lire la longue description
Répartition de la drave des monts de Puvirnituq au Canada.
Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la drave des monts de Puvirnituq (Draba puvirnituqii) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 34 p.
Description longue 

Carte montrant la répartition de la drave des monts de Puvirnituq, dans le nord du Québec.

Habitat

La drave des monts de Puvirnituq vit dans la toundra arctique, sur une étendue essentiellement dénudée où l’on trouve des pierrailles de péridotite à surface oxydée. Il s’agit généralement de milieux mésiques situés à une altitude d’environ 450 m, dans des espaces à découvert exposés aux grands vents.

Biologie

La longévité de l’espèce semble assez grande à en juger par le nombre de feuilles sèches des années antérieures que portent les spécimens d’herbier disponibles. La floraison se produit tôt en saison. Les graines matures sont dispersées par le vent. Il est probable que l’espèce soit apomictique (reproduction sans fécondation), mais la présence apparente d’hybrides à l’un des sites laisse croire à une certaine fertilité interspécifique. L’espèce est serpentinicole et possède donc probablement certaines adaptations lui permettant de coloniser ces environnements ultrabasiques où les conditions de croissance sont à la fois particulières et hostiles.

Taille et tendances des populations

Dans l’état actuel des connaissances, la population canadienne (et mondiale) n’est composée que d’environ 25 individus (excluant les spécimens d’herbier) qui sont répartis entre deux sites distants de 2,3 km et forment une seule sous-population. Toutefois, compte tenu de la faible proportion de l’habitat explorée, il faut considérer les données démographiques disponibles comme étant très fragmentaires.

Menaces et facteurs limitatifs

Il existe peu de menaces concrètes à court ou moyen terme. Les changements climatiques pourraient représenter une menace à l’intégrité de l’habitat. Il est cependant difficile d’envisager comment ces changements affecteront l’habitat de l’espèce.

Protection, statuts et classements

Il n’y a actuellement aucun statut de conservation juridique à l’échelle internationale pour la drave des monts de Puvirnituq. Au Québec, sa désignation légale en tant qu’espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables est en cours. NatureServe a octroyé à l’espèce les rangs de G1 et de N1 (gravement en péril) à l’échelle mondiale et à l’échelle nationale, alors qu’au Québec le Centre de données sur le patrimoine naturel lui a attribué le rang de S1. Son habitat dans le cours supérieur de la rivière Déception est situé en totalité sur des terres publiques et il n’est visé par aucun titre minier.

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la drave des monts de Puvirnituq (Draba puvirnituqii) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 34 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.


Escargot galuchat

Figure 9
Photo: © Annegret Nicolai

Nom scientifique

Inflectarius inflectus

Taxon

Mollusques

Statut du COSEPAC

En voie de disparition

Aire de répartition canadienne

Ontario

Justification de la désignation

Cet escargot terrestre de taille moyenne se rencontre dans la zone carolinienne du sud-ouest de l’Ontario, où il se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition mondiale. Historiquement, il est connu dans deux sites de la partie continentale de l’Ontario et sur cinq îles du lac Érié. On ne le trouve aujourd’hui que sur deux îles, habitant des boisés rocailleux ou ouverts et où on peut le retrouver en groupes d’individus sous des troncs ou des roches, ainsi que dans la couche de feuilles mortes. L’habitat convenable au Canada a connu une perte et une dégradation, et la fragmentation continue de l’habitat est problématique pour cette espèce en raison de sa faible capacité de dispersion. L’espèce est menacée par les changements climatiques (températures extrêmes, sécheresses et inondations), les brûlages dirigés et les espèces envahissantes.

Description et importance de l’espèce sauvage

L’escargot galuchat est un escargot terrestre de taille moyenne (la coquille de l’adulte est d’une largeur d’environ 1 cm). Sa coquille est imperforée (absence de trou au milieu de la coquille, où les tours convergent), aplatie, d’une couleur allant de jaune à brun et dotée de trois denticules semblables à des dents dans son ouverture. Cette espèce fait partie de la faune unique de la forêt carolinienne au Canada et joue un rôle important dans le fonctionnement de l’écosystème par l’entremise du cycle des nutriments. La population qui se trouve à la limite de l’aire de répartition de l’espèce au Canada est importante pour la conservation de l’espèce à l’échelle mondiale.

Répartition

L’aire de répartition mondiale de l’escargot galuchat s’étend depuis le sud de l’Ontario, le Michigan et l’État de New York vers le sud jusqu’en Floride, à l’est, et au Texas à l’ouest. Au Canada, l’espèce est toujours présente dans le comté d’Essex sur deux îles du lac Érié : Middle et Pelée. L’espèce semble avoir disparu de deux endroits sur la terre ferme dans le sud-ouest de l’Ontario et de deux autres îles du lac Érié.

Figure 10, lire la longue description

Aire de répartition canadienne de l’escargot galuchat (Inflectarius inflectus) en Ontario

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Inflectarius inflectus occurrences = Occurrences de l’Inflectarius inflectus

Historical = Historique

Uncertain = Incertaine

Extant = Existante

Lake St. Clair = Lac Sainte-Clair

Lake Erie = Lac Érié

Middle Sister Island = Île Middle Sister

North Harbour Island = Île North Harbour

East Sister Island = Île East Sister

Pelee Island = Île Pelée

Middle Island = Île Middle

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’escargot galuchat (Inflectarius inflectus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 59 p.

Description longue 

Carte montrant l’aire de répartition canadienne de l’escargot galuchat en Ontario, selon les mentions compilées pour le présent rapport.

Habitat

L’escargot galuchat habite dans des boisés rocheux ou ouverts et peut se trouver en groupes sous des débris ligneux ou des roches et dans la litière de feuilles. Dans tous les sites, l’habitat est entouré d’eau ou de terres arables ne convenant pas à l’espèce. Au total, environ 480 ha d’habitat protégé se trouvent sur les îles Pelée et Middle.

Biologie

L’escargot galuchat est un escargot terrestre ovipare. La reproduction se produit probablement au printemps et à la fin de l’été. L’hibernation se déroule du début d’octobre jusqu’en avril dans les régions tempérées. L’estivation ne peut se produire qu’en cas de sécheresse ou de vagues de chaleur prolongées. La maturité sexuelle peut être atteinte à 1 an et les individus peuvent vivre de 2 à 3 ans. L’espèce se nourrit principalement de bois en décomposition ou de champignons dans la litière du sol forestier. La dispersion active pour la colonisation de nouvelles zones est excessivement lente, car l’espèce demeure confinée dans des microhabitats (débris ligneux, roches) où elle trouve refuge. La dispersion passive de l’espèce par la crue des rivières ou le transport par les oiseaux est possible, mais n’a pas été documentée. Aucun élément ne prouve l’existence d’un transport par des humains.

Figure 11
Photo: © Annegret Nicolai

Taille et tendances des populations

L’espèce semble avoir disparu de six occurrences historiques; la situation à trois autres sites est incertaine, car il s’agit de terres privées qui n’ont pas fait l’objet de recherches. La densité mesurée de l’espèce peut être excessivement faible, soit < 0,1 individu mature/m2, car l’espèce vit en colonies sous de grands débris ligneux. La taille totale de la population est inconnue.

Menaces et facteurs limitatifs

Une faible capacité de dispersion et une faible résistance physiologique aux fluctuations des facteurs environnementaux, tels que la température et l’humidité, sont des facteurs limitatifs. Les principales menaces qui pèsent sur l’escargot galuchat sont les changements climatiques (sécheresses, variation des régimes de gel), les brûlages dirigés et les modifications de l’habitat dues à des espèces envahissantes, comme les vers de terre qui détruisent la litière de feuilles et les Cormorans à aigrettes qui altèrent les conditions de litière.

Protection, statuts et classements

L’escargot galuchat ne fait pas l’objet de désignations au titre de lois. L’espèce est classée comme étant non en péril à l’échelle mondiale et à l’échelle nationale aux États Unis, mais comme étant gravement en péril au Canada et en Ontario.

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’escargot galuchat (Inflectarius inflectus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 59 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.


Gobelet dentelé

figure 12
Photo: © UMMZ Mollusk Division

Nom scientifique

Mesodon zaletus

Taxon

Mollusques

Statut du COSEPAC

En voie de disparition

Aire de répartition canadienne

Ontario

Justification de la désignation

Au Canada, ce gros escargot terrestre se trouve près de la limite septentrionale de son aire de répartition mondiale dans le sud de l’Ontario. L’espèce est observée sur des îles du lac Érié et sur la partie continentale des comtés d’Essex et de Middlesex. Elle est probablement disparue de six des neuf sites connus. Bien que l’espèce n’ait pas été observée à l’état vivant depuis 1994, elle pourrait encore être présente dans les trois sites restants inaccessibles, là ou de l’habitat convenable existe encore. Les principales menaces sont notamment les sécheresses et les inondations accrues associées aux changements climatiques, les espèces envahissantes et la pollution.

Description et importance de l’espèce sauvage

Le gobelet dentelé est un gros escargot terrestre (largeur de la coquille adulte de 2,4 à 3,1 cm) à coquille jaune, déprimée (comme une sphère aplatie) et solide. L’ouverture de la coquille présente un denticule. Cette espèce fait partie de la faune unique de la forêt carolinienne du Canada et, comme d’autres escargots terrestres, elle peut jouer un rôle important dans le fonctionnement des écosystèmes par le biais du cycle des nutriments. Une population canadienne établie à la limite de l’aire de répartition serait importante pour la conservation de cette espèce à l’échelle mondiale, à l’instar d’autres populations se trouvant à la limite de leur aire de répartition.

Répartition

Si le gobelet dentelé était encore présent au Canada, son aire de répartition mondiale s’étendrait depuis le sud de l’Ontario jusqu’à la Caroline du Sud, à l’est, et jusqu’au Texas, à l’ouest. Au Canada, l’espèce pourrait encore se trouver sur des terres privées et des terres des Premières Nations dans les comtés d’Essex et de Middlesex. L’espèce semble avoir disparu de la plupart des sites du sud ouest de l’Ontario, principalement des îles du lac Érié.

Figure 13, lire la longue description

Aire de répartition du gobelet dentelé (Mesodon zaletus) au Canada

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Hamilton = Hamilton

Caradoc Indian Reserve = Réserve indienne de Caradoc

White Oak Woods = Boisé de chêne blanc

Oxley = Oxley

Middle Sister Island = Île Middle Sister

East Sister Island = Île East Sister

Hen Island = Île Hen

Fish Point, Pelee Island = Pointe Fish, île Pelée

Middle Island = Île Middle

Occurrences of Toothed Globe Mesodon zaletus = Occurrences du gobelet dentelé (Mesodon zaletus)

Historical = Mention historique

Uncertain = Présence incertaine

Source: COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le gobelet dentelé (Mesodon zaletus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 44 p.

Description longue 

Carte montrant l’aire de répartition canadienne du gobelet denté, d’après des occurrences incertaines et des données historiques compilées pour ce rapport.

Habitat

Le gobelet dentelé habite des forêts caduques fraîches et se trouve principalement dans la litière des forêts anciennes de chênes. L’habitat restant où l’espèce pourrait encore être présente se trouve sur des terres privées, des terres non protégées ou des terres gérées par des Premières Nations. L’habitat de tous ces sites est entouré de terres arables non convenables ou d’eau.

Biologie

Le gobelet dentelé est un escargot terrestre qui pond des œufs. La reproduction a probablement lieu au printemps et à la fin de l’été, tandis que l’hibernation s’étend du début octobre à avril dans les régions tempérées. En été, l’estivation ne pourrait qu’avoir lieu durant des sécheresses prolongées. La maturité sexuelle est probablement atteinte à l’âge de deux ou trois ans, et l’espèce pourrait vivre jusqu’à l’âge de huit à dix ans. L’espèce pourrait se nourrir principalement de végétaux ou de champignons en décomposition dans la litière. La dispersion active aux fins de colonisation de nouveaux sites est de l’ordre de dizaines de mètres sur plusieurs années. La dispersion passive par crues des rivières ou transport par des oiseaux est possible, mais n’a pas été observée. Il n’y a pas de signes de transport par l’humain.

Taille et tendances des populations

L’espèce a probablement disparu d’au moins six des neuf sites d’occurrence connus par le passé. La présence de l’espèce dans les trois autres sites n’a pas pu être confirmée.

Menaces et facteurs limitatifs

La faible capacité de dispersion et la faible résistance physiologique aux fluctuations de facteurs environnementaux, comme la température et l’humidité, constituent des facteurs limitatifs. Les menaces générales pesant sur les gastéropodes en Ontario sont les changements climatiques (sécheresses, changements des régimes de gel), la pollution et les espèces envahissantes, de même que toutes les répercussions anthropiques directes et indirectes touchant chacun des trois sites restants. Toutes ces menaces, propres à chaque site, demeurent incertaines, car la présence du gobelet dentelé n’a pas pu être confirmée.

Protection, statuts et classements

Aucune désignation juridique n’est attribuée au gobelet dentelé. L’espèce est classée comme étant non en péril à l’échelle mondiale et à l’échelle nationale aux États Unis, mais elle est considérée comme gravement en péril au Canada et en Ontario.

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le gobelet dentelé (Mesodon zaletus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 44 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.


Haploa inversé

Figure 14
Photo : @Mary Gartshore

Nom scientifique

Haploa reversa

Taxon

Arthropodes

Statut du COSEPAC

En voie de disparition

Aire de répartition canadienne

Ontario

Justification de la désignation

Ce papillon de nuit rare est limité à quatre régions du sud-ouest de l’Ontario, qui sont considérées comme des sous-populations séparées (comté de Lambton, comté de Norfolk, London et comté d’Essex). L’espèce n’a été détectée qu’à proximité de savanes de chênes, de chênaies et de dunes. En Ontario, jusqu’à 98 % des savanes de chênes ont disparu, et les chênaies qui restent sont petites et fragmentées. La qualité de l’habitat restant continue de se dégrader en raison de la suppression des incendies et des plantes envahissantes. Parmi les autres menaces potentielles figurent la pulvérisation d’insecticide pendant les infestations de spongieuses, ces insecticides tuant à la fois les insectes nuisibles et les chenilles de la présente espèce.

Description et importance de l’espèce sauvage

L’haploa inversé (Haploa reversa) est un papillon de taille moyenne (envergure de 33 à 48 mm) dont le dessus des ailes est marqué de bandes brunes et de taches blanches. Les ailes antérieures présentent une tache basale blanche triangulaire partant du thorax ainsi que trois taches costales blanches de grandeur semblable le long du bord d’attaque, qui sont distinctives de l’espèce. La chenille est noire, porte des rayures longitudinales jaunes à orange et une rayure dorsale orangée à rougeâtre et est recouverte d’épines soyeuses.

Au Canada, l’haploa inversé est associé aux savanes à chênes, aux chênaies et aux dunes de la zone carolinienne du sud-ouest de l’Ontario. Ces milieux sont parmi les plus menacés au Canada; environ 98 % de ceux-ci sont disparus, et il n’en subsiste que 2 256 ha. Le déclin et la disparition de plusieurs espèces de Lépidoptères rares qui se rencontraient dans les mêmes zones géographiques que l’haploa inversé ont été attribués à la perte des savanes à chênes.

Répartition

L’haploa inversé est présent en Amérique du Nord, où son aire de répartition s’étend depuis le sud-est du Minnesota jusqu’au Texas et dans l’ouest de l’Arizona, et vers l’est jusque dans certaines portions du sud-ouest de l’Ontario, en Ohio et en Caroline du Nord.

Au Canada, l’haploa inversé est limité à quatre régions du sud-ouest de l’Ontario séparées les unes des autres, soit le comté de Lambton, le comté de Norfolk, le comté d’Essex et la région de London; chacune de ces régions héberge une sous-population qui est considérée comme distincte. La dispersion entre les sous­populations est peu probable. Toutefois, la sous­population de la région de London pourrait être liée aux sous­populations connues au Michigan, qui en sont séparées par environ 11 à 21 km; une immigration de source externe pourrait donc être possible.

Figure 15, lire la longue description

Sous­populations d’haploa inversé (Haploa reversa) au Canada

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Haploa reversa observations in Canada = Observations de l’Haploa reversa au Canada

Extant = Existante

Kilometers = kilomètres

Subpopulation A = Sous-population A

United States = États-unis

The Pinery Provincial Park = Parc provincial The Pinery

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’haploa inversé (Haploa reversa) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 45 p.

Description longue 

Carte des sous populations de l’haploa inversé au Canada, indiquant les quatre sous populations et les cinq localités.

Habitat

Les besoins en matière d’habitat de l’haploa inversé ne sont pas bien compris. Les chenilles du genre Haploa sont polyphages (c’est-à-dire qu’elles peuvent se nourrir de nombreuses espèces de plantes), et les chenilles des premiers stades sont couramment associées aux espèces du genre Eupatorium (eupatoires), qui sont indigènes des régions tempérées de l’hémisphère Nord et poussent dans les milieux mésiques. Jusqu’à maintenant, deux chenilles ont été signalées au Canada; la première a été observée en train de se nourrir sur un grémil de Caroline (Lithospermum caroliniense), et la deuxième n’était pas en train de se nourrir.

Biologie

L’haploa inversé compte une seule génération par année. La période de vol des adultes s’échelonne de la fin juin à la fin juillet et atteint son maximum à la mi-juillet. Les comportements d’accouplement, de ponte et d’alimentation des chenilles n’ont pas été décrits, mais chez d’autres espèces du genre Haploa le processus d’accouplement est déclenché lorsque la femelle libère des phéromones sexuelles attractives, et la femelle pond directement sur les plantes hôtes. La nymphose a lieu au printemps. Les chenilles ne dépendent peut-être pas d’une seule plante hôte pour se nourrir, et, selon des observations faites chez d’autres espèces du genre Haploa, les espèces de plantes utilisées pour l’alimentation pourraient différer d’un stade larvaire à l’autre. L’haploa inversé ne migre pas, et sa capacité de dispersion est inconnue.

Figure 16
Photo: © Brad Bolduan

Taille et tendances des populations

Les activités de recherche menées au Canada incluent la capture d’adultes au moyen de pièges lumineux ou au moyen de filets fauchoirs dans le cadre de relevés généraux des insectes réalisés dans des prés humides (dans un paysage composé de chênaies, de savanes à chênes et de dunes), des recherches ciblant les chenilles ainsi que la publication de photographies sur des forums Web de naturalistes.

On ne dispose d’aucune estimation de la population pour l’haploa inversé. L’espèce compte quatre sous­populations existantes connues et a été signalée régulièrement uniquement dans la sous­population du comté de Lambton (sites à Grand Bend, à Port Franks et à Ipperwash). On dénombre deux mentions de l’espèce à Walsingham (comté de Norfolk), deux mentions à la prairie Ojibway (Windsor, comté d’Essex) et une mention à London (The Coves). Des individus ont été observés dans les quatre sous­populations en 2018 et en 2019.

Menaces et facteurs limitatifs

Les menaces pesant sur l’haploa inversé sont associées au déclin historique des chênaies et des savanes à chênes (y compris les dunes dans ces milieux) dans lesquelles l’espèce a été signalée ainsi qu’aux effets résultant de cette fragmentation historique de l’habitat. Le Bacillus thuringiensis (Bt), pesticide utilisé pour lutter contre la spongieuse (Lymantria dispar dispar) du biotype non indigène européen, est appliqué à grande échelle dans les municipalités où ce ravageur est présent et est considéré comme la principale menace pour les sous­populations d’haploa inversé. Les activités récréatives et la gestion inappropriée de l’habitat, qui entraînent l’invasion d’espèces végétales concurrentes ou la fermeture du couvert végétal, sont des menaces possibles dans toutes les sous­populations. On ignore quels seront les effets des changements climatiques sur les sous­populations de l’espèce, mais ils pourraient entraîner une perte du synchronisme entre l’émergence des chenilles et la disponibilité de leurs plantes hôtes.

Protection, statut et classements

L’haploa inversé ne figure pas sur la liste de la Loi sur les espèces en péril fédérale ni sur celle de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Il n’est protégé par aucune loi fédérale ou étatique aux États-Unis. L’espèce est classée comme non en péril (G5) à l’échelle mondiale et comme vulnérable à en péril (N2N3) à l’échelle nationale au Canada. En Ontario, elle est également considérée comme vulnérable à en péril (S2S3) et elle est non classée à l’échelle infranationale aux États-Unis.

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’haploa inversé (Haploa reversa) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 45 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.


Houppe gracile

Figure 17
Photo: © Wynne Miles

Nom scientifique

Zygodon gracilis

Taxon

Mousses

Statut du COSEPAC

En voie de disparition

Aire de répartition canadienne

Colombie-Britannique

Justification de la désignation

En Amérique du Nord, cette mousse est confinée à une seule localité à Haida Gwaii, en Colombie Britannique. Sa population, extrêmement petite, vit dans une parcelle d’un mètre carré sur la paroi d’une falaise calcaire près de l’océan. Les menaces imminentes qui pèsent sur l’espèce sont la prolifération de jeune végétation ligneuse dense adjacente à la falaise, qui exerce des effets à la fois directs (humidité et ombrage accrus) et indirects (multiplication excessive de cyanobactéries) sur la population. D’autres menaces importantes sont notamment la modification du régime des précipitations, les sécheresses et les températures extrêmes associées aux changements climatiques, l’extraction de calcaire de Sadler de qualité sur lequel pousse l’espèce, et les phénomènes stochastiques tels que les inondations causées par les tsunamis.

Description et importance de l’espèce sauvage

La houppe gracile (Zygodon gracilis) est une mousse petite à moyenne, jaunâtre à vert brunâtre, qui pousse sur les parois rocheuses sèches. Les feuilles, lancéolées à oblongues lancéolées, sont étalées et récurvées (recourbées vers l’arrière) lorsqu’elles sont mouillées, et tordues et incurvées lorsqu’elles sont sèches. La marge des feuilles est fortement dentée près du sommet et entière (non dentée) près de la base. La nervure médiane de la feuille atteint le sommet de la feuille ou se prolonge tout juste au delà de celui ci. Aucune capsule contenant des spores n’a été observée au Canada, et des capsules ont rarement été observées ailleurs.

L’espèce est importante en raison de sa rareté à l’échelle mondiale. La population canadienne aurait persisté dans un refuge côtier pendant la dernière glaciation.

Répartition

La houppe gracile est extrêmement rare. Son profil de répartition a été caractérisé comme étant l’ouest de l’Europe et l’ouest de l’Amérique du Nord. En Amérique du Nord, une seule localité de l’espèce est connue, sur l’île Moresby, dans l’archipel Haida Gwaii (anciennement connu sous le nom d’îles de la Reine Charlotte), en Colombie Britannique, au Canada. Ailleurs, elle a été récoltée à un endroit dans le nord de l’Angleterre, un endroit en Pologne, quelques endroits dans les Alpes (Autriche, France, Allemagne, Italie et Suisse) et quelques endroits dans l’ouest des monts Carpathes (Pologne, Roumanie et Slovaquie).

Figure 18, lire la longue description
Répartition canadienne de la houppe gracile (Zygodon gracilis) (cercle noir) et sites de récolte dans les milieux calcaires (cercles verts) et les gisements de calcaire de Sadler (en orange), le seul type de calcaire ayant une teneur très élevée en carbonate de calcium (CaCO3) dans l’archipel.
Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la houppe gracile (Zygodon gracilis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 30 p.
Description longue 

Carte montrant la répartition canadienne de la houppe gracile (une seule occurrence) et les sites de récolte de bryophytes dans les milieux calcaires et les gisements de calcaire de Sadler à Haida Gwaii.

Habitat

La houppe gracile est une plante lithophyte (c. à d. qu’elle ne pousse que sur les rochers). Elle colonise généralement les parois de falaises calcaires sèches dans les zones humides, mais, en Angleterre, elle pousse sur des parois rocheuses de calcaire carbonifère.

Biologie

La houppe gracile a été observée à un même endroit pendant de nombreuses décennies dans plusieurs pays. Les structures reproductives mâles et femelles se trouvent sur des plantes distinctes, mais des sporophytes (organismes qui produisent des spores) ont rarement été observés. Bien que des structures reproductives asexuées spécialisées aient été produites en culture, elles n’ont pas été observées sur des plantes à l’état sauvage. Il est donc peu probable que la population canadienne puisse s’agrandir au moyen de la dispersion de spores. La population persiste plutôt grâce à une croissance clonale à long terme.

En tant qu’espèce spécialiste en matière d’habitat, présente sur des parois sèches de calcaire très pur dans des zones à forte humidité, la houppe gracile est peu susceptible de survivre ou de concurrencer avec succès d’autres espèces si les conditions de l’habitat telles que l’éclairement, l’humidité et la circulation d’air changent.

Taille et tendances des populations

Au Canada, la population de la houppe gracile est constituée de plusieurs petites colonies (tout au plus 2 cm2) éparpillées sur une superficie de moins de 1 m2 sur la paroi d’une falaise. L’espèce a été découverte en 1961 et observée pour la dernière fois en 2018. Le nombre de colonies n’a pas été documenté en 1961, en 1966, en 1994 ni lorsque l’espèce a été observée de nouveau en 2018. Selon le concept d’« équivalent individu » adopté par l’UICN, la taille de la population de la houppe gracile est de un individu au Canada si on se fonde sur la seule paroi de falaise occupée par l’espèce.

Menaces et facteurs limitatifs

Les menaces les plus importantes pesant sur la houppe gracile sont l’exploitation de carrières; les conséquences sur l’habitat de l’espèce résultant de la croissance de jeunes arbres d’espèces indigènes; les événements stochastiques comme les tsunamis; et les effets des changements climatiques tels que les sécheresses et l’augmentation des températures. L’espèce pourrait également être menacée par la récolte excessive aux fins d’études scientifiques.

Les principaux facteurs limitatifs touchant la houppe gracile sont l’absence apparente de reproduction, la petite taille des populations dans une grande partie de son aire de répartition, un profil de répartition discontinu à l’échelle mondiale et un habitat très restreint.

Protection, statuts et classements

La houppe gracile est considérée comme une espèce en péril à l’échelle mondiale. Elle a été désignée comme espèce candidate pour la liste rouge des espèces de bryophytes menacées d’Europe de l’UICN sur la base des cotes suivantes (par pays) : Autriche : présumée en péril (Risk Assumed), Suisse : vulnérable, Allemagne : extrêmement rare, Grande Bretagne, Italie et Pologne : en danger; et Slovaquie : en danger critique. L’espèce est présente en Roumanie, et sa présence est confirmée en France, mais sa cote de conservation dans ces pays n’a pas été évaluée.

Au Canada, la houppe gracile a été désignée « gravement en péril » à l’échelle nationale. Elle est aussi classée gravement en péril en Colombie Britannique et figure sur la liste rouge de la province. À l’heure actuelle, elle n’est protégée ni par la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral, ni par le Wildlife Act de la Colombie-Britannique, ni par aucune autre loi ni aucun autre règlement au Canada.

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la houppe gracile (Zygodon gracilis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 30 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.


Limace à manteau de la Caroline

Figure 19
Photo: © Annegret Nicolai

Nom scientifique

Philomycus carolinianus

Taxon

Mollusques

Statut du COSEPAC

Menacée

Aire de répartition canadienne

Ontario

Justification de la désignation

Au Canada, cette grande limace terrestre habite des forêts anciennes non perturbées et des zones riveraines de la région de la forêt carolinienne de l’Ontario, où elle se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition mondiale. Les premières mentions fiables (1994, 1995) proviennent de deux sites sur la partie continentale du sud ouest de l’Ontario et de l’île Pelée. De récentes recherches n’ont permis de confirmer l’existence que d’un petit nombre de sites additionnels au sein de cette petite aire de répartition. L’habitat convenable au Canada a connu une perte et une dégradation historiques, et la fragmentation continue de l’habitat est problématique car cette espèce a une faible capacité de dispersion. L’espèce est menacée par les changements climatiques (températures extrêmes, sécheresses et inondations), les brûlages dirigés et les espèces envahissantes.

Description et importance de l’espèce sauvage

La limace à manteau de la Caroline est une limace de grande taille (la longueur moyenne du corps à l’âge adulte chez les individus actifs est d’environ 7 cm). Un manteau gris couvre tout son corps, et son dos arbore deux lignes centrales de points noirs. Elle fait partie de la faune unique de la forêt carolinienne au Canada et a une importance particulière pour le fonctionnement de l’écosystème par son rôle dans le cycle des éléments nutritifs. La population établie à la limite de l’aire de répartition de l’espèce au Canada est importante pour assurer la conservation de l’espèce à l’échelle mondiale.

Répartition

La répartition mondiale de la limace à manteau de la Caroline s’étend depuis le nord du Michigan vers le sud jusqu’à la Floride à l’est et au Texas à l’ouest. Au Canada, l’espèce est toujours présente sur l’île Pelée et dans quatre sites dans la partie continentale de l’Ontario, situés dans les comtés d’Essex, de Chatham Kent et de Lambton. La présence de l’espèce à deux sites historiques est incertaine, car ces sites se trouvent sur des propriétés privées et n’ont pas pu être recensés.

Figure 20, lire la longue description

Répartition canadienne de la limace à manteau de la Caroline

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Lake Saint Clair = Lac Sainte Claire

Pelee Island = Île Pelée

Lake Erie = Lac Érié

Philomycus carolinianus occurrences = Occurrences du Philomycus carolinianus

Uncertain = Incertaine

Extant = Existante

Source: COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 64 p.

Description longue 

Carte montrant la répartition canadienne de la limace à manteau de la Caroline dans le sud ouest de l’Ontario, fondée sur les mentions compilées pour le présent rapport.

Habitat

La limace à manteau de la Caroline habite les forêts de feuillus riveraines ou humides et peut être observée en groupes serrés sous les gros débris ligneux ou dans la litière de feuilles lorsque l’humidité est élevée. L’espèce dépend d’une diversité d’espèces de champignons et de lichens pour son alimentation. Dans tous les sites, l’habitat de l’espèce est entouré de terres arables ou de plans d’eau, constituant un habitat non convenable. L’espèce est présente dans environ 981 ha d’habitat protégé et 96 ha de terres forestières privées.

Biologie

La limace à manteau de la Caroline est une limace terrestre ovipare. La reproduction a probablement lieu au printemps et à la fin de l’été. L’hibernation s’étend du début d’octobre à avril dans les régions tempérées. La maturité sexuelle peut être atteinte au bout d’un an, et l’espèce peut vivre de trois à quatre ans. Selon son régime alimentaire, la limace à manteau de la Caroline pond 1 ou 2 couvées d’environ 70 œufs. Le taux d’éclosion varie en fonction de la température et peut atteindre environ 75 %. La dispersion active pour la colonisation de nouvelles zones est extrêmement lente, car l’espèce reste confinée à l’intérieur de microhabitats protégés (gros débris ligneux). La dispersion passive par la crue des rivières est possible, mais n’a pas été documentée. Rien n’indique que les humains transportent des individus de l’espèce.

Figure 21
Photo: © Annegret Nicolai

Taille et tendances des populations

La densité de l’espèce est très probablement extrêmement faible; elle varierait de moins de 0,01 à 0,2 individu mature/m2. La taille et les tendances des populations sont inconnues.

Menaces et facteurs limitatifs

Bien que la limace à manteau de la Caroline soit plus résistante à la sécheresse que d’autres limaces, sa faible capacité de dispersion et sa faible résistance physiologique à la fluctuation des conditions environnementales, telles que la température (p. ex. aux températures basses), sont des facteurs limitatifs. Les principales menaces pesant sur la limace à manteau de la Caroline sont les changements climatiques (inondations, changements des régimes de gel et sécheresses) ainsi que les brûlages dirigés. Les espèces envahissantes, notamment les lombrics qui détruisent la litière de feuilles et perturbent les associations existant entre les plantes et les champignons, ainsi que la pollution provenant de l’agriculture sont des menaces dont l’impact est inconnu.

Protection, statuts et classements

Aucune désignation juridique n’est attribuée à la limace à manteau de la Caroline. Elle est classée comme étant non en péril à l’échelle mondiale et à l’échelle nationale aux États Unis, mais elle est considérée comme gravement en péril au Canada et en Ontario.

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la limace à manteau de la Caroline (Philomycus carolinianus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 64 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.


Plectrophane à ventre noir

Figure 22
Photo: © Christian Artuso

Nom scientifique

Calcarius ornatus

Taxon

Oiseaux

Statut du COSEPAC

En voie de disparition

Aire de répartition canadienne

Alberta, Saskatchewan, Manitoba

Justification de la désignation

Ce remarquable oiseau chanteur des prairies ne se trouve que dans les grandes plaines de l’Amérique du Nord. La population a subi un déclin de plus de 50 % au cours de la dernière décennie et d’environ 95 % depuis 1970. L’aire de reproduction canadienne s’est contractée vers le sud et l’ouest depuis les années 1970. Les principales menaces sont la dégradation et la fragmentation de prairies indigènes, notamment causées par la conversion en terres agricoles. La perte d’habitat continue dans la principale région d’hivernage du nord du Mexique semble actuellement susciter la plus grande préoccupation, mais la diminution de l’étendue et de la qualité de l’habitat est également problématique au Canada, où les parcelles de prairies d’au moins 40 hectares sont généralement essentielles à la reproduction.

Description et importance de l’espèce sauvage

Le Plectrophane à ventre noir est un oiseau chanteur de taille moyenne. Il s’agit de l’une des deux espèces de Plectrophanes (famille des Calcariidés) qui nichent dans les prairies. Les mâles nicheurs arborent des marques voyantes : ils ont la poitrine, le ventre, la calotte et les bandes oculaires noirs qui contrastent avec la gorge jaune chamois, les sourcils blanchâtres et la tache marron sur la nuque. En hiver, les mâles présentent une coloration très atténuée et ressemblent davantage aux femelles dont la livrée est striée et généralement chamois toute l’année. Dans tous ses plumages, le Plectrophane à ventre noir présente un triangle foncé inversé à l’extrémité de la queue, ce qui le distingue de tous les autres Plectrophanes. Le Plectrophane à ventre noir est l’une des six espèces de passereaux endémiques des grandes plaines de l’Amérique du Nord; cinq d’entre elles sont présentes au Canada et ont toutes été évaluées comme étant en péril.

Répartition

Le Plectrophane à ventre noir se reproduit dans les prairies à graminées courtes et mixtes dans les grandes plaines du Nord, au Canada et aux États Unis. Il passe l’hiver dans les prairies à graminées courtes et les prairies désertiques du sud des États Unis et du nord du Mexique.

Figure 23, lire la longue description

Répartition estivale du Plectrophane à ventre noir

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Above 100 = Plus de 100 individus

0.05 - 1 = 0,05 – 1

None counted = Aucun individu détecté

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Plectrophane à ventre noir (Calcarius ornatus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 50 p.

Description longue 

Carte montrant l’abondance relative du Plectrophane à ventre noir dans son aire de reproduction l’été de 2011 à 2015, d’après les données du Relevé des oiseaux nicheurs d’Amérique du Nord (BBS).

Habitat

Spécialiste des prairies, le Plectrophane à ventre noir préfère une végétation courte (< 30 cm), une faible accumulation de litière et un couvert minime de végétation ligneuse. Il s’agit d’une espèce sensible à la superficie de l’habitat, car elle a besoin d’un habitat d’au moins 39 ha pour se reproduire. Le Plectrophane à ventre noir ne fréquente pas couramment les terres cultivées durant la saison de reproduction. Il passe l’hiver de préférence dans des zones abritant un dense couvert de graminées ou des herbes hautes, évitant les zones abritant de grands arbustes (> 1,2 m), de grandes herbacées non graminoïdes (> 30 cm) ou une couverture arbustive de plus de 10 %. La superficie des prairies indigènes a diminué, tant dans les aires de reproduction que dans les aires d’hivernage, en raison de la conversion constante de zones d’habitat en cultures annuelles.

Biologie

Le Plectrophane à ventre noir est monogame. Le mâle établit un territoire de reproduction, qui est souvent regroupé avec d’autres. La femelle creuse et aménage un nid dans le sol, puis pond de 3 à 5 œufs qu’elle couve pendant 11 à 13 jours. Les jeunes prennent leur envol 11 jours après leur éclosion (fourchette de 7 à 15 jours). Le couple entreprend plusieurs couvées au cours d’une même saison, en construisant un nouveau nid pour chaque couvée. La durée d’une génération se situe probablement entre deux et trois ans. La prédation est la principale cause de mortalité des œufs et des oisillons.

Figure 24
Photo: © Christian Artuso

Taille et tendances des populations

La population de Plectrophanes à ventre noir au Canada est estimée à 680 000 individus matures (de 360 000 à 1,2 million). Selon les tendances du Relevé des oiseaux nicheurs, la population canadienne de l’espèce a diminué en moyenne de 6,6 % par année (intervalle de confiance [IC] à 95 % : -8,0 % à -5,3 %; n = 99 parcours) entre 1970 et 2017, soit une baisse cumulée de 96 % (IC à 95 % : -98 % à -92 %). Cette valeur est semblable à celle de Wilson et al. (2018) qui ont calculé une baisse de 92 % (IC à 95 % : -94 % à  89 %) dans les Grandes Plaines entre 1967 et 2014. La tendance à court terme (2007 2017) au Canada est tout aussi marquée, avec une moyenne de  7,3 % par an (IC à 95 % :  10,5 % à -4,6 % ; n = 84 parcours) et un total cumulé de  53 % (IC à 95 % : -67 % à -37 %; Smith et al., 2019).

Menaces et facteurs limitatifs

Voici les menaces qui pèsent sur Plectrophane à ventre noir : perte et fragmentation de l’habitat en raison de la conversion de prairies en cultures annuelles; production d’énergie et exploitation minière; corridors de transport et de service; modifications des systèmes naturels; espèces envahissantes; effluents agricoles; suppression des incendies; phénomènes météorologiques extrêmes. La plus grande menace actuelle est probablement la conversion en cultures annuelles de la prairie indigène du désert de Chihuahua, dans le nord du Mexique, une zone d’hivernage particulièrement importante pour l’espèce.

Facteur limitatif important, le Plectrophane à ventre noir est une espèce spécialiste sensible à la superficie de l’habitat, ce qui signifie que sa survie dépend des grandes étendues de prairie indigène qui restent. L’étape la plus limitante du cycle de vie pour la croissance de la population de Plectrophanes à ventre noir est la survie à la première année, suivie par la première année de reproduction, en particulier chez les femelles d’un an.

Protection, statuts et classements

Le COSEPAC a désigné le Plectrophane à ventre noir espèce menacée en novembre 2009. Le COSEPAC a réexaminé le statut de l’espèce et l’a désignée espèce en voie de disparition en novembre 2019. L’espèce est inscrite comme espèce menacée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril et est protégée en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. À l’échelle provinciale, elle n’est protégée qu’au Manitoba où elle est inscrite comme espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces et les écosystèmes en voie de disparition. NatureServe classe le Plectrophane à ventre noir dans la catégorie « non en péril » à l’échelle mondiale (G5) et aux États Unis (N5B, N5N), mais dans la catégorie « vulnérable » (N3B, N3M) au Canada. Au Canada, l’espèce est classée « vulnérable à apparemment non en péril » (S3S4B) en Alberta, « vulnérable » (S3B) en Saskatchewan et « en péril à gravement en péril » (S1S2B) au Manitoba. Le Plectrophane à ventre noir est classé « vulnérable » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et est inscrit à la liste de surveillance jaune « D » de Partenaires d’envol.

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Plectrophane à ventre noir (Calcarius ornatus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 50 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.


Souris des moissons de la sous espèce megalotis

Figure 25
Photo: © Photo: © Andy Teucher, Government of British Columbia

Nom scientifique

Reithrodontomys megalotis megalotis

Taxon

Mammifères

Statut du COSEPAC

En voie de disparition

Aire de répartition canadienne

Colombie Britannique

Justification de la désignation

Cette minuscule souris se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition dans les vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, en Colombie Britannique, et forme l’une des deux unités désignables de l’espèce au Canada. Elle figure parmi les mammifères les moins longévifs du pays. On observe chez cette espèce des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures dans le temps ainsi qu’une vulnérabilité accrue aux perturbations quand les populations atteignent un creux au printemps et au début de l’été. L’aire de répartition limitée, les fluctuations extrêmes, la perte d’habitat justifient la désignation de son statut. Le changement de statut d’espèce « préoccupante » à « en voie de disparition » résulte de l’inclusion des fluctuations extrêmes dans la dernière évaluation. L’urbanisation et l’expansion agricole continues menacent la persistance de cette souris.

Description et importance de l’espèce sauvage

La souris des moissons (Reithrodontomys megalotis) a une masse corporelle d’environ 11g, et sa queue représente près de la moitié de sa longueur moyenne totale de 136 mm. Son corps est brunâtre et présente une bande dorsale foncée, mais peu marquée, qui s’étend de sa tête jusqu’à sa queue. Son pelage est blanchâtre sur le ventre. Elle a de grandes oreilles dénudées, une queue peu poilue et des pattes blanches. Elle ressemble aux espèces de plus grande taille et plus communes que sont la souris sylvestre et la souris commune. Toutefois, les souriceaux de la souris sylvestre sont plus souvent gris et la souris commune a une queue complètement dénudée.

Répartition

La souris des moissons est largement répandue dans le centre et l’ouest des États Unis ainsi que dans certaines régions du Mexique. Deux sous espèces de souris des moissons sont présentes au Canada : le R.m. megalotis dans les vallées de l’Okanagan et de la Similkameen et le R.m. dychei dans le sud de l’Alberta et de la Saskatchewan. Ces sous espèces présentes aux États Unis et au Canada sont géographiquement disjointes. Chaque sous espèce est considérée comme une unité désignable.

Figure 26, lire la longue description

Répartition de la souris des moissons de la sous espèce megalotis en Colombie Britannique

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Reithrodontomys megalotis megalotis observations in Canada = Observations du Reithrodontomys megalotis megalotis au Canada

Extant = Actuelles

Historical = Historiques

Extent of Occurrence = Zone d’occurrence

EOO: 2 904 km2 (minimum convex polygon) = Zone d’occurrence : 2 904 km2 (plus petit polygone convexe)

Index of Area of Occupancy = Indice de zone d’occupation

IAO (2 km x 2 km): 30 grids = 120 km2 = IZO (carrés de 2 km de côté) : 30 carrés = 120 km2

British Columbia = Colombie-britannique

50 Kilometres = 50 kilomètres

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la souris des moissons des sous espèces megalotis et dychei (Reithrodontomys megalotis megalotis et Reithrodontomys megalotis dychei) au Canada.  Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xii + 43 p.

Description longue 

Carte de la répartition de la souris des moissons de la sous espèce megalotis en Colombie Britannique, montrant les mentions actuelles et historiques (de 1942 à 1956), la zone d’occurrence et l’indice de zone d’occupation (IZO).

Habitat

La souris des moissons de la sous espèce megalotis se rencontre dans les ravines asséchées ayant un couvert arbustif dense ainsi que dans les parcours naturels de steppes arbustives, les champs abandonnés, les forêts de pins ponderosa et les écosystèmes à armoise tridentée et à purshie tridentée, pâturés et non pâturés. La souris des moissons de la sous espèce dychei est associée à des prairies basses, plates ou légèrement vallonnées, avec des sols sableux et un couvert de végétation. Les densités les plus élevées de cette sous espèce sont piégées dans des zones à structure végétale très complexe, particulièrement là où le couvert herbacé est haut et dense.

Biologie

La souris des moissons est omnivore, se nourrissant principalement de graines, de nouvelles pousses et d’invertébrés, tels que des chenilles et des papillons nocturnes. Elle construit généralement de petits nids d’herbe au sol ou dans des arbustes à une hauteur maximale d’un mètre. Les femelles peuvent se reproduire à l’âge de quatre mois et avoir jusqu’à cinq portées par saison (de mars à novembre), une portée comptant en moyenne trois souriceaux. Bien que l’espèce puisse vivre 18 mois, la plupart des individus ne vivent pas plus de 6 mois. La souris des moissons semble capable d’entrer en torpeur pour endurer les températures basses. Au Canada, les strigidés, le crotale de l’Ouest et la couleuvre à nez mince sont ses seuls prédateurs confirmés, mais d’autres prédateurs possibles sont notamment le crotale des prairies, les rapaces diurnes, les geais, les pies grièches, le raton laveur, les renards, les belettes, les moufettes, le blaireau d’Amérique et le coyote. La distance de dispersion de la souris des moissons est généralement inférieure à 300 m, mais des déplacements de 3 km ont été enregistrés le long d’emprises routières. Cependant, la souris des moissons semble éviter les routes, et celles ci peuvent donc limiter sa dispersion.

Taille et tendances des populations

Aux États Unis, la souris des moissons est un membre important des communautés prairiales. Au Canada, l’espèce est naturellement rare et est présente à de faibles densités, représentant généralement moins de 10 % de la communauté des petits mammifères. Les populations de souris des moissons semblent atteindre un pic d’abondance à la fin de l’automne ou au début de l’hiver, leurs effectifs atteignant un creux au milieu de l’été. On ne dispose pas d’un échantillonnage complet permettant d’établir la répartition et l’abondance de l’une ou l’autre des sous espèces, de sorte que la taille et les tendances des populations sont inconnues.

Menaces et facteurs limitatifs

La souris des moissons est sensible aux changements de l’habitat causés par le feu, mais les populations peuvent croître rapidement, pourvu qu’il y ait un habitat convenable non brûlé à proximité. La fragmentation et la perte d’habitat causées par le développement urbain, les routes et l’agriculture sont les menaces les plus importantes pesant sur la sous espèce megalotis. Les effets futurs des changements climatiques, notamment les sécheresses et les incendies, constituent des menaces pour la sous espèce dychei.

On sait que les effectifs de la souris des moissons fluctuent. Les populations au Canada sont petites et isolées, et la distance de dispersion de l’espèce est modérée.

Protection, statuts et classements

La souris des moissons de la sous espèce megalotis est présente dans plusieurs aires protégées en Colombie Britannique. La souris des moissons de la sous espèce dychei est, quant à elle, présente dans la réserve nationale de faune (RNF) de la Base des Forces canadiennes (BFC) Suffield, en Alberta. La sous espèce megalotis figure sur la liste des espèces préoccupantes, et la sous espèce dychei, sur la liste des espèces en voie de disparition, à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du Canada.

L’espèce est cotée par NatureServe (2018) comme étant « non en péril » à l’échelle mondiale et « vulnérable à en péril » au Canada. Elle est cotée « vulnérable à en péril » en Colombie Britannique et « gravement en péril » en Alberta. La souris des moissons figure sur la liste bleue de la Colombie Britannique, et son statut est indéterminé en Alberta.

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la souris des moissons des sous espèces megalotis et dychei (Reithrodontomys megalotis megalotis et Reithrodontomys megalotis dychei) au Canada.  Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xii + 43 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.


Verge d’or de Gillman

Figure 27
Photo: © John C. Semple

Nom scientifique

Solidago gillmanii

Taxon

Plantes vasculaires

Statut du COSEPAC

En voie de disparition

Aire de répartition canadienne

Ontario

Justification de la désignation

La présente espèce végétale vivace et endémique dans les Grands Lacs ne se trouve plus au Canada que sur une île au large de la rive sud de l’île Manitoulin, dans le lac Huron. La perturbation de l’habitat par les plantes envahissantes constitue une menace pour l’espèce.

Description et importance de l’espèce sauvage

La verge d’or de Gillman a été considérée comme une variété ou une sous espèce de nombreuses espèces de verge d’or. Des travaux génétiques récents appuient la reconnaissance du taxon comme une espèce distincte, appelée Solidago gillmanii. Le nom scientifique de l’espèce sera utilisé dans le présent document pour éviter toute confusion avec des entités qui ont porté le nom de verge d’or de Gillman (Gillman’s Goldenrod) par le passé. Le Solidago gillmanii est une plante vivace qui produit une inflorescence en forme de baguette relativement grande et possède des feuilles pétiolées dont la taille diminue nettement vers le haut de la tige. La marge des feuilles basilaires est dentée. Le Solidago gillmanii peut facilement être confondu avec la verge d’or hispide et la verge d’or des marais, qui se rencontrent parfois dans le même habitat.

Répartition

Le Solidago gillmanii pousse uniquement sur les dunes du rivage des lacs Michigan et Huron. Au Canada, le S. gillmanii est aujourd’hui confiné à l’île Great Duck, dans le nord du lac Huron, au sud de l’île Manitoulin. On y trouve deux sous populations qui sont séparées par une distance de 2,5 km. Le Solidago gillmanii est commun au Michigan, sur les dunes du rivage du lac Michigan, mais est peu commun au lac Huron. Il est présent mais en péril au Wisconsin et en Indiana. L’espèce a été signalée en Illinois, ce qui n’a toutefois pas été confirmé. Un spécimen prélevé en 1976 indique l’existence d’une sous population dans la baie Deans, à l’île Manitoulin, mais cette sous population a disparu avant 2000. On ignore pourquoi le S. gillmanii est absent de la trentaine de sites dunaires apparemment convenables du littoral sud des îles Manitoulin et Cockburn.

Figure 28, lire la longue description

Aire de répartition actuelle du S. gillmanii au Canada

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Cockburn Island = Île Cockburn

Western Duck Island = Île Western Duck

Horseshoe Bay = Baie Horseshoe

Desert Pt. = Pointe Desert

Great Duck Island = Île Great Duck

United States = États Unis

Lake Huron = Lac Huron

Manitoulin Island = Île Manitoulin

Kilometers = Kilomètres

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la verge d’or de Gillman (Solidago gillmanii) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 51 p.

Description longue 

Carte de l’aire de répartition actuelle du Solidago gillmanii au Canada, indiquant les sites ayant fait l’objet de relevés en 2018 et l’emplacement des sous populations existantes sur l’île Great Duck.

Habitat

L’habitat du S. gillmanii est constitué exclusivement de dunes de sable dégagées présentant une végétation clairsemée et des zones de sable dénudé. La communauté végétale de l’habitat dunaire, de type prairie dunaire à barbon à balais, à calamovilfa à feuilles longues et à élyme psammophile, est considérée comme préoccupante sur le plan de la conservation à l’échelle provinciale et est classée en péril en Ontario. Les milieux dunaires sont maintenus par des forces dynamiques (vent, action des vagues, mouvement de la glace, fluctuation du niveau d’eau des lacs, etc.) qui entraînent le déplacement et l’accumulation de sable. Dans les dunes actives, ces forces maintiennent la végétation clairsemée et le sable meuble. La superficie de l’habitat à la pointe Desert et à la baie Horseshoe est restée plus ou moins stable depuis 2004. Cette superficie est d’environ 1,65 hectare à la baie Horseshoe et 27,3 hectares à la pointe Desert. À la baie Horseshoe, la qualité de l’habitat est affectée par la propagation d’une espèce végétale exotique, la gypsophile à feuilles de scorsonère.

Biologie

Les rosettes basilaires du S. gillmanii peuvent être isolées ou bien former des groupes reliés par un très court rhizome. Chaque groupe est considéré comme un individu, même s’il comporte plusieurs tiges florifères dressées. De nombreuses espèces de verge d’or dépendent d’une pollinisation croisée pour produire des graines, et la viabilité de ces graines peut décroître en quelque mois seulement. On ignore cependant ce qu’il en est pour le S. gillmanii. Les graines des verges d’or sont dispersées par le vent, mais la dispersion des graines sur de grandes distances (de l’ordre de plusieurs kilomètres) est rare chez les Astéracées. De nombreux milieux dunaires convenables sont présents sur l’île Manitoulin, à quelques kilomètres de l’île Great Duck. On ignore si des contraintes de dispersion sont en cause dans la répartition restreinte du S. gillmanii.

Taille et tendances des populations

En 2018, le nombre d’individus matures de l’espèce était d’environ 5 000 à la pointe Desert et 1 500 à la baie Horseshoe. Le nombre d’individus par unité de surface est plus élevé à la baie Horseshoe, bien que la superficie des dunes y soit plus faible, la végétation plus dense et les zones de sable nu beaucoup plus petites. Aucun déclin du nombre d’individus matures n’a été documenté. La sous population de la baie Deans a disparu entre 1976 et 2000. L’ampleur de cette perte est inconnue, mais il est peu probable que l’espèce ait été abondante à cet endroit compte tenu de l’étroitesse des plages, qui sont submergées lorsque le niveau du lac augmente, et des activités de nettoyage des plages qui sont réalisées par les propriétaires voisins. On présume qu’une immigration de source externe est improbable.

Menaces et facteurs limitatifs

Il n’y a pas de résidents sur l’île Great Duck, ni d’accès routier. L’endroit est éloigné, même pour la plupart des plaisanciers. Il est très peu utilisé à des fins récréatives. En 2018, aucune trace de camping, de déchets ou d’érosion due à la circulation de piétons n’y a été observée. Les principales menaces qui pèsent sur le S. gillmanii sont les espèces envahissantes (gypsophile à feuilles de scorsonère). Les facteurs limitatifs qui affectent naturellement les espèces dunaires dans d’autres sites (manque d’habitat, absence de dynamique naturelle des dunes) ne semblent pas avoir d’incidence sur le S. gillmanii. L’impact global des menaces calculé est faible.

Protection, statuts et classements

Au Wisconsin et en Indiana, la verge d’or de Gillman (désignée Solidago simplex var. gillmanii) est inscrite comme espèce menacée et est classée comme espèce en péril (S2). Au Michigan, le degré de préoccupation à l’égard de la conservation du S. gillmanii n’a pas été établi, mais la situation de l’espèce ne semble pas justifier son classement. Au Canada, l’espèce est considérée comme gravement en péril (S1) en Ontario et à l’échelle nationale (N1). Le Solidago gillmanii n’est pas inscrit actuellement comme espèce en péril et n’est donc pas protégé par la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral ou par la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. La Déclaration de principes provinciale de l’Ontario limite la modification de l’habitat des espèces rares et des communautés végétales rares, y compris les milieux dunaires. Ces restrictions sont toutefois rarement appliquées dans le district de Manitoulin. L’île Great Duck est constituée d’une seule parcelle cadastrale qui appartient à un particulier.

Source : COSEPAC. 2019. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la verge d’or de Gillman (Solidago gillmanii) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 51 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à ec.enviroinfo.ec@canada.ca.

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