Consultation : modification de la liste des espèces terrestres de la Loi sur les espèces en péril, résumé : decembre 2022

Chardon écailleux – population de Mingan

Photo du Chardon écailleux – population de Mingan
Photo: © Pierrot Vaillancourt

Nom scientifique

Cirsium scariosum

Taxon

Plantes vasculaires

Statut du COSEPAC

En voie de disparition

Aire de répartition canadienne

Québec

Justification de la désignation

Cette plante herbacée vivace est restreinte à la portion supérieure des plages de quatre îles de l’archipel de Mingan, dans le golfe du Saint-Laurent. La population a une aire de répartition très restreinte et compte seulement quelques individus : en 2018, il n’y avait que 367 individus matures. La population devrait continuer à décliner à cause de menaces continues, principalement l’augmentation du nombre de tempêtes découlant des changements climatiques, tempêtes qui entraînent l’érosion des plages et le dépôt de sédiments et de débris ligneux. Compte tenu de la petite taille des zones côtières abritant la population, une seule tempête peut gravement perturber des sites entiers. Parmi les autres menaces liées aux changements climatiques figurent l’élévation du niveau de la mer, la réduction de la couverture de glace de mer et de neige, les sécheresses et l’empiétement par les arbres.

Description et importance de l’espèce sauvage

Le chardon écailleux (Cirsium scariosum var. scariosum) est une plante herbacée vivace dont la tige florifère, dressée, pousse à partir d’une rosette feuillue. Il mesure de 10 à 100 cm de haut et porte des fleurs roses à pourpres.

Le chardon écailleux compte deux populations au Canada, séparées par environ 3 500 km : une population dans les Rocheuses et une autre dans l’archipel de Mingan, dans le golfe du Saint‑Laurent. Les deux populations ont été isolées l’une de l’autre pendant des milliers d’années, ont divergé sur le plan génétique et sont considérées comme des unités désignables distinctes. La population de Mingan revêt une importance scientifique et éducative particulière en ce qui a trait à la survie des espèces végétales en lien à la fois avec l’histoire glaciaire qui s’est déroulée sur des milliers d’années et les effets actuels des changements climatiques.

Répartition

La population de Mingan est présente dans l’est du Québec, dans le golfe du Saint‑Laurent, sur quatre îles de l’archipel de Mingan. Elle possède une zone d’occurrence d’environ 32 km2 et est complètement isolée des autres populations nord‑américaines. L’aire de répartition canadienne totale représente environ 0,5 % de l’aire de répartition mondiale (nord‑américaine).

Carte du chardon écailleux de la population de Mingan, s'il vous plaît voir la longue description

Occurrences existantes et disparues du chardon écailleux de la population de Mingan. Carte produite par le Secrétariat du COSEPAC.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Quebec = Québec

Havre St Pierre Airport = Aéroport de Havre‑Saint‑Pierre

Mingan Archipelago National Park Reserve = Réserve de parc national du Canada de l’Archipel‑de‑Mingan

Kilometres = kilomètres

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chardon écailleux (Cirsium scariosum), population des Rocheuses et population de Mingan, au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 90 p.

Description longue

Carte montrant une partie des terres du Québec sur la partie supérieure de la carte, une zone d'eau située au milieu et dans la partie inférieure de la carte. Il y a plus de 10 îles sur la zone d'eau située au sud de la rive sud du Québec. Ces îles sont connues sous le nom de réserve du parc national de l'Archipel-de-Mingan. Six populations existantes de chardon écailleux sont situées au centre de la carte se trouvent sur certaines des îles et sur une péninsule. Les populations existantes sont situées sur l'île Niapiskau, l'île du Fantôme, l'île du Havre, l'île aux Goélands, la Grosse île au Marteau et Grande Pointe.

Habitat

La population de l’Est (celle de l’archipel de Mingan) se compose d’individus épars confinés dans une bande étroite de la partie supérieure des plages, entre le rivage et la forêt intérieure de conifères, dans un sol bien drainé reposant sur un substrat rocheux calcaire. Les individus sont exposés aux embruns ainsi qu’aux tempêtes qui érodent les sites et déposent des sédiments et des débris végétaux. Ils sont souvent éparpillés entre des morceaux de bois de grève, et certains poussent à la lisière de la forêt, là où il y a suffisamment de lumière.

Biologie

Le chardon écailleux ne fleurit et ne produit des graines qu’une seule fois au cours de son existence et ne se multiplie pas par voie végétative. La tige florifère pousse à partir d’une rosette feuillue, puis la plante meurt au cours de la même période de végétation. Les individus de la population des Rocheuses fleurissent généralement après 2 à 9 ans et ceux de la population de Mingan, après 5 à 22 ans. Environ 70 % des rosettes de la population des Rocheuses et 97 % de celles de la population de Mingan ne survivent pas jusqu’au stade de la floraison. Les principales causes de la mort des rosettes au sein de la population des Rocheuses sont l’herbivorie des petits mammifères et la sécheresse; au sein de la population de Mingan, ces causes sont l’érosion due aux tempêtes, la compétition d’autres espèces végétales, une couverture neigeuse insuffisante et la sécheresse.

Taille et tendances des populations

En 2019, la population des Rocheuses était estimée à environ 4,4 millions d’individus de tous âges, dont environ 2,5 millions d’individus matures (capables de se reproduire). Selon deux transects établis dans le parc national des Lacs‑Waterton, on constate un déclin de 96 % sur 3 générations (12 ans) ainsi qu’un déclin semblable de 2002 à 2019. Des dénombrements répétés, effectués dans 24 sites d’observation ponctuelle situés dans d’autres parties de la population des Rocheuses, ont également révélé des déclins (médiane de ‑88 %), ce qui porte à croire que la population entière est en déclin.

En 2018, la population de Mingan était composée de 1 349 individus de tous âges, dont 367 individus matures. On estime que la population a diminué de 26 % au cours des 2 dernières générations et qu’elle devrait encore diminuer de 8 % sur trois générations (2017‑2047). Les effectifs de la population ont fluctué au fil des ans, une certaine augmentation du recrutement ayant été observée grâce aux graines semées manuellement. Les modèles démographiques prévoient que la population continuera de diminuer jusqu’à atteindre des niveaux très bas, voire jusqu’à disparaître complètement, malgré les interventions de rétablissement mises en œuvre depuis 2001.

Photo du Chardon écailleux
Photo: © Nancy Dénommée

Menaces et facteurs limitatifs

La principale menace pesant sur la population des Rocheuses est le charançon du chardon penché, une espèce d’insecte introduite provenant d’Eurasie. D’autres menaces, d’impact moindre, comprennent la mortalité liée à une augmentation de la fréquence, de l’ampleur et de l’intensité des incendies, le pâturage du bétail et les programmes de désherbage au moyen d’herbicides.

Les principales menaces pesant sur la population de Mingan sont les tempêtes qui entraînent l’érosion des plages ainsi que le dépôt de sédiments et de débris ligneux. Les tempêtes surviennent probablement de plus en plus souvent en raison des changements climatiques, cette augmentation causant aussi l’élévation du niveau de la mer et la réduction de la glace marine en hiver. Les autres menaces comprennent la réduction de la superficie de l’habitat en raison de l’empiétement des arbres, la diminution de la couverture neigeuse et les sécheresses.

Protection, statuts et classements

La population des Rocheuses se trouve principalement sur des terres publiques (parcs nationaux et provinciaux, terres provinciales de la Couronne). La population de Mingan se trouve dans la réserve de parc national de l’Archipel‑de‑Mingan. Le chardon écailleux est actuellement coté « non en péril » à l’échelle mondiale; ce classement a été révisé pour la dernière fois en 2009 et doit être réexaminé. Au Canada, il est considéré comme « vulnérable » et, aux États‑Unis, il est considéré comme « non en péril ». Il est classé « gravement en péril » au Québec, « en péril » en Alberta et « vulnérable » en Colombie‑Britannique. Il est classé « apparemment non en péril à non en péril » au Montana et « en péril » au Wyoming. Cependant, rien n’indique que la menace posée par le charançon du chardon penché dans tout l’ouest de l’Amérique du Nord ait été prise en compte. Le chardon écailleux est désigné légalement comme espèce menacée au Québec.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chardon écailleux (Cirsium scariosum), population des Rocheuses et population de Mingan, au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 90 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Chardon écailleux – population des Rocheuses

Photo du Chardon écailleux
Photo: © Peter Achuff

Nom scientifique

Cirsium scariosum

Taxon

Plantes vasculaires

Statut du COSEPAC

En voie de disparition

Aire de répartition canadienne

Colombie‑Britannique, Alberta

Justification de la désignation

Cette plante herbacée vivace se rencontre dans les prés herbeux montagnards à subalpins et les clairières de forêt des montagnes du sud-est de la Colombie‑Britannique et du sud-ouest de l’Alberta. La plante fleurit et produit des graines une seule fois, après 2 à 9 ans d’existence, après quoi elle meurt. La plupart des plantes ne survivent pas jusqu’au stade de la floraison à cause des sécheresses et de l’herbivorie par les petits mammifères. Les individus qui parviennent à fleurir sont menacés par le charançon du chardon penché, espèce non indigène, qui réduit ou élimine la production de graines, entraînant ainsi un déclin continu et précipité depuis 2002. Parmi les autres menaces figurent la mortalité liée à la hausse des feux de forêt sous l’effet des changements climatiques, le broutage par les animaux d’élevage et les programmes de désherbage au moyen d’herbicides ciblant les espèces de chardons exotiques envahissantes.

Description et importance de l’espèce sauvage

Le chardon écailleux (Cirsium scariosum var. scariosum) est une plante herbacée vivace dont la tige florifère, dressée, pousse à partir d’une rosette feuillue. Il mesure de 10 à 100 cm de haut et porte des fleurs roses à pourpres.

Le chardon écailleux compte deux populations au Canada, séparées par environ 3 500 km : une population dans les Rocheuses et une autre dans l’archipel de Mingan, dans le golfe du Saint‑Laurent. Les deux populations ont été isolées l’une de l’autre pendant des milliers d’années, ont divergé sur le plan génétique et sont considérées comme des unités désignables distinctes. La population de Mingan revêt une importance scientifique et éducative particulière en ce qui a trait à la survie des espèces végétales en lien à la fois avec l’histoire glaciaire qui s’est déroulée sur des milliers d’années et les effets actuels des changements climatiques.

Répartition

La population des Rocheuses est présente dans le sud‑est de la Colombie-Britannique et le sud‑ouest de l’Alberta. Elle possède une zone d’occurrence estimée à 3 181 km2 et est contiguë à des populations qui s’étendent vers le sud jusqu’en Californie, dans l’Utah et au Colorado. L’aire de répartition canadienne totale représente environ 0,5 % de l’aire de répartition mondiale (nord‑américaine).

Carte du zone d’occupation du chardon écailleux, s'il vous plaît voir la longue description

Zone d’occurrence et indice de zone d’occupation du chardon écailleux – population des Rocheuses. Carte produite par le Secrétariat du COSEPAC.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Distribution of Rocky Mountain population of Cirsium scariosum = Répartition du Cirsium scariosum, population des Rocheuses

Extant occurrences = Occurrences existantes

Index of Area of Occupancy (IAO) = Indice de zone d’occupation (IZO)

Extent of Occurrence (EOO) = Zone d’occurrence

BRITISH COLUMBIA = COLOMBIE‑BRITANNIQUE

Kilometres = kilomètres

Source: COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chardon écailleux (Cirsium scariosum), population des Rocheuses et population de Mingan, au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 90 p.

Description longue

Carte montrant l'étendue du chardon écailleux – population des Rocheuses, dans les terres de l'Alberta et de la Colombie-Britannique, la Colombie-Britannique dans la partie gauche de la carte, l'Alberta dans la partie droite de la carte. Un triangle montrant l’étendue du chardon écailleux est situé dans la zone entre la Colombie-Britannique et l'Alberta, au centre de la carte. Un groupe de points représentant l'indice de la zone d’occurrence est situé à l'intérieur du triangle. Les zones d’occurrences existantes sont situées dans les zones suivantes : moitié gauche du triangle, et coin inférieur droit du triangle. 

Habitat

La population de l’Ouest (celle des Rocheuses) se trouve principalement dans des prés herbeux montagnards à subalpins et des clairières forestières. Ces zones dégagées comprennent des sites non perturbés et des sites touchés par des perturbations naturelles (p. ex. avalanches, présence d’animaux, incendies) et humaines (p. ex. routes, sites de puits, gravières, blocs de coupe). Le chardon écailleux semble être intolérant à l’ombre et pousse souvent dans des sites humides.

Biologie

Le chardon écailleux ne fleurit et ne produit des graines qu’une seule fois au cours de son existence et ne se multiplie pas par voie végétative. La tige florifère pousse à partir d’une rosette feuillue, puis la plante meurt au cours de la même période de végétation. Les individus de la population des Rocheuses fleurissent généralement après 2 à 9 ans et ceux de la population de Mingan, après 5 à 22 ans. Environ 70 % des rosettes de la population des Rocheuses et 97 % de celles de la population de Mingan ne survivent pas jusqu’au stade de la floraison. Les principales causes de la mort des rosettes au sein de la population des Rocheuses sont l’herbivorie des petits mammifères et la sécheresse; au sein de la population de Mingan, ces causes sont l’érosion due aux tempêtes, la compétition d’autres espèces végétales, une couverture neigeuse insuffisante et la sécheresse.

Taille et tendances des populations

En 2019, la population des Rocheuses était estimée à environ 4,4 millions d’individus de tous âges, dont environ 2,5 millions d’individus matures (capables de se reproduire). Selon deux transects établis dans le parc national des Lacs‑Waterton, on constate un déclin de 96 % sur 3 générations (12 ans) ainsi qu’un déclin semblable de 2002 à 2019. Des dénombrements répétés, effectués dans 24 sites d’observation ponctuelle situés dans d’autres parties de la population des Rocheuses, ont également révélé des déclins (médiane de ‑88 %), ce qui porte à croire que la population entière est en déclin.

En 2018, la population de Mingan était composée de 1 349 individus de tous âges, dont 367 individus matures. On estime que la population a diminué de 26 % au cours des 2 dernières générations et qu’elle devrait encore diminuer de 8 % sur trois générations (2017‑2047). Les effectifs de la population ont fluctué au fil des ans, une certaine augmentation du recrutement ayant été observée grâce aux graines semées manuellement. Les modèles démographiques prévoient que la population continuera de diminuer jusqu’à atteindre des niveaux très bas, voire jusqu’à disparaître complètement, malgré les interventions de rétablissement mises en œuvre depuis 2001.

Menaces et facteurs limitatifs

La principale menace pesant sur la population des Rocheuses est le charançon du chardon penché, une espèce d’insecte introduite provenant d’Eurasie. D’autres menaces, d’impact moindre, comprennent la mortalité liée à une augmentation de la fréquence, de l’ampleur et de l’intensité des incendies, le pâturage du bétail et les programmes de désherbage au moyen d’herbicides.

Les principales menaces pesant sur la population de Mingan sont les tempêtes qui entraînent l’érosion des plages ainsi que le dépôt de sédiments et de débris ligneux. Les tempêtes surviennent probablement de plus en plus souvent en raison des changements climatiques, cette augmentation causant aussi l’élévation du niveau de la mer et la réduction de la glace marine en hiver. Les autres menaces comprennent la réduction de la superficie de l’habitat en raison de l’empiétement des arbres, la diminution de la couverture neigeuse et les sécheresses.

Protection, statuts et classements

La population des Rocheuses se trouve principalement sur des terres publiques (parcs nationaux et provinciaux, terres provinciales de la Couronne). La population de Mingan se trouve dans la réserve de parc national de l’Archipel‑de‑Mingan. Le chardon écailleux est actuellement coté « non en péril » à l’échelle mondiale; ce classement a été révisé pour la dernière fois en 2009 et doit être réexaminé. Au Canada, il est considéré comme « vulnérable » et, aux États‑Unis, il est considéré comme « non en péril ». Il est classé « gravement en péril » au Québec, « en péril » en Alberta et « vulnérable » en Colombie‑Britannique. Il est classé « apparemment non en péril à non en péril » au Montana et « en péril » au Wyoming. Cependant, rien n’indique que la menace posée par le charançon du chardon penché dans tout l’ouest de l’Amérique du Nord ait été prise en compte. Le chardon écailleux est désigné légalement comme espèce menacée au Québec.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chardon écailleux (Cirsium scariosum), population des Rocheuses et population de Mingan, au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 90 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Couleuvre à queue pointue – population de la côte du Pacifique

Photo du Couleuvre à queue pointue – population de la côte du Pacifique
Photo: © James Harding

Nom scientifique

Contia tenuis

Taxon

Reptiles

Statut du COSEPAC

Menacée

Aire de répartition canadienne

Colombie‑Britannique

Justification de la désignation

La répartition canadienne de cette minuscule couleuvre est restreinte à une petite zone du sud‑est de l’île de Vancouver et du sud des îles Gulf, en Colombie‑Britannique. Les activités de recherche accrues depuis la dernière évaluation ont permis de documenter la présence de cinq sous‑populations qui n’avaient pas encore été répertoriées, élargissant ainsi l’aire de répartition connue. Le nombre d’individus matures s’élèverait à environ 12 000. Cette couleuvre continue de faire face aux menaces suivantes : espèces introduites, activités de développement continues, activités récréatives hors sentier, fragmentation de l’habitat par les routes, sécheresses accrues associées aux changements climatiques. Récemment, la croissance explosive du lézard des murailles, espèce envahissante introduite, soulève des préoccupations. En effet, ce lézard, prédateur probable des œufs et des nouveau‑nés de l’espèce, pourrait éliminer ou grandement réduire certaines sous‑populations dans un avenir rapproché. La réévaluation du degré de fragmentation de la population et l’acquisition de meilleures connaissances sur la répartition et l’abondance ont contribué à changer le statut de l’espèce, de la catégorie « en voie de disparition » à la catégorie « menacée ».

Description et importance de l’espèce sauvage

La couleuvre à queue pointue (Contia tenuis) est une petite couleuvre mince dont la longueur totale est généralement inférieure à 34 cm chez l’adulte. Elle se reconnaît principalement à ses écailles sans carène qui lui donnent une apparence lisse, à la coloration uniforme de son dos et à l’absence de rayures longitudinales distinctes chez l’adulte. Les bandes noires et blanches distinctes sur la face ventrale et l’écaille en forme d’épine à l’extrémité de la queue sont des critères d’identification. Étant l’une des deux seules espèces du genre Contia, l’espèce revêt une importance scientifique pour les études sur l’évolution. Sur la côte, l’espèce fait partie des rares écosystèmes à chêne de Garry et à arbousier d’Amérique.

Répartition

L’aire de répartition mondiale de la couleuvre à queue pointue s’étend depuis le sud‑ouest de la Colombie‑Britannique jusqu’à la côte centrale de la Californie. Au Canada, l’espèce a été observée dans le sud de l’île de Vancouver, dans les îles Gulf méridionales du détroit de Georgia (North Pender, South Pender, Saltspring et Galiano) et dans la vallée de Pemberton sur la partie continentale de la Colombie‑Britannique, où elle a été observée pour la première fois en 2011. La population relique isolée qui se trouve dans la vallée de Pemberton existe à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce. Cette population a probablement fait l’objet d’adaptations locales uniques en raison de son long isolement (milliers d’années) par rapport à ses congénères de la côte, du climat rigoureux et de l’habitat distinct. Deux unités désignables sont donc proposées : la population de la côte du Pacifique, comprenant toutes les sous‑populations insulaires, et la population de la chaîne Côtière, comprenant les individus de la vallée de Pemberton.

Carte du répartition de la couleuvre à queue pointue au Canada, s'il vous plaît voir la longue description

Répartition de la couleuvre à queue pointue au Canada. Le symbole associé aux différentes périodes représente la dernière mention de l’espèce dans chaque site. Pour l’UD de la côte du Pacifique, on dispose de mentions provenant de l’île de Vancouver et de petites îles adjacentes dans le sud ouest de la Colombie Britannique, tandis que, pour l’UD de la chaîne Côtière, on dispose du groupe de mentions les plus septentrionales, dans la vallée de Pemberton, dans la partie continentale de la Colombie Britannique. Carte préparée par Sydney Allen (Secrétariat du COSEPAC).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Strait of Georgia = Détroit de Georgia

UNITED STATES = États‑Unis

Contia tenuis observations in Canada = Observations du Contia tenuis au Canada

Before 1999 (historical) = Avant 1999 (historiques)

kilometres = kilomètres

Source : COSEPAC. 2021. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre à queue pointue (Contia tenuis), population de la côte du Pacifique et population de la chaîne Côtière, au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xviii + 74 p.

Description longue

Carte montrant l'étendue de la couleuvre à queue pointue - population de la côte du Pacifique dans le sud de l'île de Vancouver. Avant 1999, la couleuvre à queue pointue n'était présente qu'à un seul endroit dans le sud de l'île de Vancouver. De 2000 à 2009, la principale sous-population de couleuvres à queue pointue est apparue sur la côte sud-ouest et la côte sud-est du sud de l'île de Vancouver. De 2010 à 2021, la sous-population de couleuvres à queue pointue est répartie dans la zone située le long de la côte sud du sud de l'île de Vancouver.

Habitat

La couleuvre à queue pointue vit dans les boisés au couvert clairsemé en basse altitude, dominés par le douglas; l’arbousier d’Amérique et/ou le chêne de Garry sont généralement aussi présents le long de la côte. Les individus de l’espèce sont souvent observés à l’intérieur ou à proximité de clairières sur des affleurements et des flancs de colline rocheux. Ces milieux sont naturellement fragmentés, ce qui est exacerbé par la présence de zones peuplées, de routes et d’autres aménagements. Les sites occupés ont généralement une bonne exposition au soleil, un sol et une litière de feuilles peu profonds et un vaste couvert rocheux. Les pentes rocheuses exposées au sud offrent le microhabitat chaud nécessaire à la ponte et à la thermorégulation et sont également utilisées pour l’hibernation. De tels sites sont extrêmement importants et peuvent constituer une ressource limitative aux limites septentrionales de la répartition de l’espèce. Les données disponibles semblent indiquer que les individus se trouvent plus ou moins dans les mêmes zones peu importe la période de l’année, seuls des changements saisonniers mineurs étant observés dans l’utilisation de l’habitat. Aucune donnée ne démontre des déplacements migratoires sur de longues distances pour la couleuvre à queue pointue, tels que ceux observés pour de nombreuses espèces de couleuvres plus grandes dans les régions tempérées.

Biologie

La couleuvre à queue pointue est une espèce discrète qui passe la plupart de son temps sous terre, ce qui la rend difficile à trouver et à étudier. Le long de la côte, l’espèce a été détectée tous les mois de l’année, mais l’activité de surface est la plus importante pendant les périodes relativement fraîches du printemps et de l’automne; il y a aussi un certain niveau d’activité pendant les nuits chaudes de l’été, surtout après la pluie. À Pemberton, l’activité saisonnière est limitée par de longues périodes de froid en hiver et des températures élevées en été. Le régime alimentaire de l’espèce serait composé principalement de limaces, y compris d’espèces introduites. La femelle pond de trois à cinq œufs environ, et les jeunes peuvent prendre deux à trois ans pour arriver à maturité, comme c’est le cas pour d’autres petites espèces de couleuvres. La couleuvre à queue pointue peut vivre jusqu’à neuf ans, voire même plus, et la durée d’une génération est estimée à cinq à sept ans.

Taille et tendances des populations

Les effectifs de la population de la côte du Pacifique et ceux de la population de la chaîne Côtière sont estimés à environ 12 000 et 350 individus matures, respectivement, compte tenu des densités observées dans un site de l’île de Vancouver ayant fait l’objet d’un suivi intensif pendant 8 ans. Ces valeurs représentent des estimations minimales, car la zone d’occupation n’est pas complètement connue dans la plupart des sites, et la taille de la population n’a pas pu être estimée pour trois sites côtiers en milieu sauvage qui renferment des zones relativement grandes d’habitat non recensé.

Les tendances des populations sont inconnues, mais un déclin continu est inféré et prévu à partir des tendances de l’habitat et des menaces. En particulier, la perte d’habitat de grande qualité a été documentée au cours de la dernière décennie à Langford, sur l’île de Vancouver, et à Pemberton. L’espèce persiste dans la plupart des sites connus, mais aucune autre observation n’a été effectuée sur l’île Galiano depuis la première observation en 1981.

Menaces et facteurs limitatifs

La rareté de la couleuvre à queue pointue au Canada est probablement due à des facteurs climatiques et historiques. L’espèce se trouve à la limite nord de son aire de répartition dans le sud de la Colombie‑Britannique, et les populations actuelles sont probablement les reliques d’une répartition ancienne plus étendue. La perte, la dégradation et la fragmentation de l’habitat dues au développement résidentiel et à d’autres types de développement constituent des menaces importantes pour les populations de la côte du Pacifique et de la chaîne Côtière. Les espèces envahissantes, en particulier le lézard des murailles, constituent une menace supplémentaire pour la population de la côte du Pacifique. L’expansion des réseaux routiers et la pratique très intensive d’activités récréatives hors sentier constituent des menaces dans certains sites. Les sécheresses estivales, dont la fréquence et la durée devraient augmenter en raison des changements climatiques, constituent une menace généralisée dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne de l’espèce, mais les changements climatiques pourraient également avoir un effet positif sur l’espèce s’ils augmentent les possibilités de thermorégulation à l’extrémité nord de son aire de répartition.

Protection, statuts et classements

La couleuvre à queue pointue est désignée espèce « en voie de disparition » en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada, et elle est inscrite à l’annexe 1 de cette loi, qui constitue la liste officielle des espèces sauvages en péril. Un programme de rétablissement a été préparé pour l’espèce, et une superficie totale d’habitat essentiel de 552,68 ha, répartie dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne de l’espèce, a été délimitée. Des mentions de l’espèce ont été répertoriées sur cinq terrains faisant partie du territoire domanial, où les dispositions de la LEP sont actuellement appliquées. L’espèce est également présente dans plusieurs parcs régionaux et municipaux, où le développement dans l’habitat de l’espèce est limité. Dans les îles Gulf, la majorité des sites occupés se trouvent sur des terres privées non protégées. Dans la vallée de Pemberton, l’espèce est surtout présente sur des terres privées et publiques non protégées. Le Wildlife Act de la Colombie‑Britannique interdit la collecte, la manipulation et le commerce de toutes les espèces sauvages indigènes, y compris la couleuvre à queue pointue, sans permis.

Source : COSEPAC. 2021. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre à queue pointue (Contia tenuis), population de la côte du Pacifique et population de la chaîne Côtière, au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xviii + 74 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Couleuvre fauve de l’Est – population carolinienne

Photo du Couleuvre fauve de l’Est – population carolinienne
Photo: © Joe Crowley

Nom scientifique

Pantherophis vulpinus

Taxon

Reptiles

Statut du COSEPAC

Menacée

Aire de répartition canadienne

Ontario

Justification de la désignation

Ce serpent non venimeux de grande taille est confiné à quelques petites zones isolées du sud‑ouest de l’Ontario, dans un paysage soumis à une agriculture et à une urbanisation intensives, et sillonné par un réseau de routes. Les nouvelles informations obtenues depuis la dernière évaluation ont permis de mieux comprendre la structure génétique de la population, l’abondance et l’utilisation de l’habitat, ainsi que de clarifier les menaces. En formant des rassemblements dans les sites d’hibernation, les serpents augmentent leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles et aux perturbations humaines. Les longues migrations saisonnières en provenance et à destination de ces sites rendent l’espèce particulièrement susceptible à la mortalité attribuable à la circulation routière. On s’attend à ce que le nombre d’individus matures continue de diminuer sous l’effet de la mortalité attribuable à la circulation routière et d’autres menaces, dont les tempêtes et les inondations associées aux changements climatiques. Une meilleure compréhension de la répartition de l’espèce et la réévaluation du degré de fragmentation de la population ont contribué au changement de statut, qui est passé de la catégorie « en voie de disparition » à « menacée ».

Description et importance de l’espèce sauvage

La couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis vulpinus) est une couleuvre nord-américaine et l’un des plus grands serpents du Canada. Les adultes ont des taches foncées en forme d’éclaboussures sur un fond jaunâtre, qui alternent avec d’autres taches foncées, mais plus petites, sur les côtés. Cette couleuvre est un important prédateur des rongeurs et ne représente aucune menace pour les humains, mais elle est souvent tuée par peur ou par haine.

Répartition

À l’échelle mondiale, la couleuvre fauve de l’Est se limite à la région des Grands Lacs, en Amérique du Nord. Au Canada, l’espèce, seulement présente en Ontario, forme deux populations distinctes : la population carolinienne, dans le sud‑ouest de la province, et la population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent, le long de la rive est de la baie Georgienne. Bien que les principales disjonctions de l’aire de répartition canadienne aient eu lieu avant la colonisation par les Européens, la perte d’habitat passée et actuelle a fragmenté davantage la population carolinienne. L’aire de répartition connue de la couleuvre fauve de l’Est au Canada a augmenté depuis le précédent rapport de situation en raison de la hausse des activités de recherche; de même, le nombre connu de sites d’hibernation dans la région de la baie Georgienne est plus élevé. Des sites d’hibernation ont toutefois disparu dans la région carolinienne.

Carte du aire de répartition canadienne actuelle, s'il vous plaît voir la longue description

Aire de répartition canadienne actuelle (1999 2018) de la couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis vulpinus) montrant la zone d’occurrence et l’indice de zone d’occupation (IZO) des deux unités désignables (UD) : population carolinienne et population des Grands Lacs et du Saint Laurent (GLSL). Le groupe de la région du comté de Norfolk est situé dans le nord est de la zone de l’UD carolinienne. Toutes les observations antérieures à 1999 se trouvent à l’intérieur ou à proximité de la zone d’occurrence actuelle de l’UD des GLSL, tandis que certaines observations historiques se trouvent à l’extérieur de la zone d’occurrence de l’UD carolinienne (voir les annexes 1 et 2). La carte a été préparée par Sydney Allen (Secrétariat du COSEPAC).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Pantherphis vulpinus observations in Canada = Observations du Pantherphis vulpinus au Canada

Great Lakes/St. Lawrence population = population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent

IAO (2 km x 2 km): 171 grids = 684 km2 = IZO (2 km × 2 km) : 171 carrés = 684 km2

EOO: 4349 km2 [minimum convex polygon] = Zone d’occurrence : 4 349 km2 [plus petit polygone convexe]

Carolinian population = population carolinienne

IAO (2 km x 2 km): 423 grids = 1 692 km2 = IZO (2 km × 2 km) : 423 carrés = 1 692 km2

EOO: 20 670 km2 [minimum convex polygon] = Zone d’occurrence : 20 670 km2 [plus petit polygone convexe]

EOO: 20 165 km2 [within Canada’s jurisdiction] = Zone d’occurrence : 20 165 km2 [dans le territoire canadien]

Source : COSEPAC. 2021. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis vulpinus), population carolinienne et population des Grands Lacs et du Saint Laurent, Comité sur la situation des espèces au Canada, Ottawa, xvii + 80 p.

Description longue

Carte montrant l'étendue de la population de couleuvre fauve de l'Est – population des Grands Lacs et du Saint-Laurent et de la population carolinienne. La population des Grands Lacs et du Saint-Laurent est située dans la zone centrale supérieure de la carte, sur la rive nord de la baie Georgienne du lac Huron, entourée d'un polygone. La population carolinienne est située dans la zone centrale inférieure de la carte.  Cette dernière a deux zones d’occurrence, une d'entre elle est un groupe ayant une plus grande étendue et est situé sur la rive nord-ouest et à l'intérieur du lac Érié, l’autre est plus petite et est situé sur la rive nord-est et à l'intérieur du lac Érié, les deux groupes sont entourés d'un plus grand polygone. 

Habitat

La couleuvre fauve de l’Est passe la plus grande partie de la saison d’activité dans un habitat ouvert, par exemple les milieux humides et le littoral rocheux. L’espèce a besoin de sites d’hibernation et de sites de ponte convenables, et nombre de ces sites sont utilisés par des dizaines de serpents année après année. Une perte d’habitat à grande échelle s’est produite dans les aires de répartition des deux populations canadiennes, mais de façon disproportionnée dans la région carolinienne à cause de la conversion passée et actuelle des milieux humides et d’autres zones naturelles en zones urbaines et agricoles.

Biologie

La couleuvre fauve de l’Est atteint la maturité vers l’âge de 4 ans environ, et peut vivre jusqu’à 11 ou 12 ans. La durée de génération est estimée à 7,5 ans. La couleuvre passe la moitié de l’année en activité sur le sol, et le reste de l’année, dans des sites d’hibernation sous terre. La couleuvre fauve peut nager sur des kilomètres le long des rives et en eaux libres pour accéder à l’habitat insulaire, mais les étendues d’agriculture intensive constituent un obstacle aux déplacements. L’espèce aime utiliser certaines structures artificielles pour répondre à ses besoins.

Photo du Couleuvre fauve de l’Est

Taille et tendances des populations

Le nombre d’individus matures est d’environ 4 150 à 7 230 dans la population carolinienne et de quelque 1 180 à 2 190 dans la population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent. Les menaces anthropiques contribuent à un déclin continu de l’abondance des deux populations.

Menaces et facteurs limitatifs

La couleuvre fauve a été le plus gravement touchée par la perte passée de milieux humides dans la région carolinienne, qui résulte de l’agriculture intensive et, dans une moindre mesure, du développement résidentiel, du développement commercial et de l’aménagement de routes. La perte d’habitat constitue toujours une menace pour les deux populations. La mortalité routière est maintenant la menace prédominante pour l’espèce, particulièrement dans la région carolinienne, suivie par les changements climatiques et les modifications des systèmes naturels.

Protection, statuts et classements

Le COSEPAC a antérieurement évalué la population carolinienne et la population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent de couleuvres fauves de l’Est et les a toutes deux désignées « en voie de disparition ». De même, les deux populations sont également inscrites en tant qu’espèces en voie de disparition à la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral. À l’échelle provinciale, la population carolinienne figure comme en voie de disparition, et la population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent, comme menacée, dans la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario, qui interdit de tuer ou de harceler des individus d’une espèce inscrite ou de leur nuire, et d’endommager ou de détruire leur habitat. La plupart des parcs et des aires protégées se trouvent dans la portion nord de l’aire de répartition canadienne, si bien que la population du sud ne subsiste que dans quelques petites parcelles d’habitat isolées.

Source : COSEPAC. 2021. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis vulpinus), population carolinienne et population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent, Comité sur la situation des espèces au Canada, Ottawa, xvii + 80 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Couleuvre fauve de l’Est – population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent

Photo du Couleuvre fauve de l’Est
Photo: © Joe Crowley

Nom scientifique

Pantherophis vulpinus

Taxon

Reptiles

Statut du COSEPAC

Menacée

Aire de répartition canadienne

Ontario

Justification de la désignation

Ce serpent non venimeux de grande taille est restreint à la rive est de la baie Georgienne, qui constitue la limite septentrionale de l’aire de répartition de l’espèce. La population est petite, comptant probablement moins de 2 000 individus matures, mais d’autres activités d’échantillonnage des sites historiques sont nécessaires. En formant de grands rassemblements dans les sites d’hibernation, les serpents augmentent leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles et aux perturbations humaines. Les longues migrations saisonnières en provenance et à destination de ces sites rendent l’espèce particulièrement susceptible à la mortalité attribuable à la circulation routière. Une meilleure compréhension de la répartition de l’espèce et la réévaluation du degré de fragmentation de la population ont contribué au changement du statut, qui est passé de la catégorie « en voie de disparition » à « menacée ».

Description et importance de l’espèce sauvage

La couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis vulpinus) est une couleuvre nord-américaine et l’un des plus grands serpents du Canada. Les adultes ont des taches foncées en forme d’éclaboussures sur un fond jaunâtre, qui alternent avec d’autres taches foncées, mais plus petites, sur les côtés. Cette couleuvre est un important prédateur des rongeurs et ne représente aucune menace pour les humains, mais elle est souvent tuée par peur ou par haine.

Répartition

À l’échelle mondiale, la couleuvre fauve de l’Est se limite à la région des Grands Lacs, en Amérique du Nord. Au Canada, l’espèce, seulement présente en Ontario, forme deux populations distinctes : la population carolinienne, dans le sud‑ouest de la province, et la population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent, le long de la rive est de la baie Georgienne. Bien que les principales disjonctions de l’aire de répartition canadienne aient eu lieu avant la colonisation par les Européens, la perte d’habitat passée et actuelle a fragmenté davantage la population carolinienne. L’aire de répartition connue de la couleuvre fauve de l’Est au Canada a augmenté depuis le précédent rapport de situation en raison de la hausse des activités de recherche; de même, le nombre connu de sites d’hibernation dans la région de la baie Georgienne est plus élevé. Des sites d’hibernation ont toutefois disparu dans la région carolinienne..

Carte du aire de répartition canadienne actuelle, s'il vous plaît voir la longue description

Aire de répartition canadienne actuelle (1999 2018) de la couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis vulpinus) montrant la zone d’occurrence et l’indice de zone d’occupation (IZO) des deux unités désignables (UD) : population carolinienne et population des Grands Lacs et du Saint Laurent (GLSL). Le groupe de la région du comté de Norfolk est situé dans le nord est de la zone de l’UD carolinienne. Toutes les observations antérieures à 1999 se trouvent à l’intérieur ou à proximité de la zone d’occurrence actuelle de l’UD des GLSL, tandis que certaines observations historiques se trouvent à l’extérieur de la zone d’occurrence de l’UD carolinienne (voir les annexes 1 et 2). La carte a été préparée par Sydney Allen (Secrétariat du COSEPAC).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Pantherphis vulpinus observations in Canada = Observations du Pantherphis vulpinus au Canada

Great Lakes/St. Lawrence population = population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent

IAO (2 km x 2 km): 171 grids = 684 km2 = IZO (2 km × 2 km) : 171 carrés = 684 km2

EOO: 4349 km2 [minimum convex polygon] = Zone d’occurrence : 4 349 km2 [plus petit polygone convexe]

Carolinian population = population carolinienne

IAO (2 km x 2 km): 423 grids = 1 692 km2 = IZO (2 km × 2 km) : 423 carrés = 1 692 km2

EOO: 20 670 km2 [minimum convex polygon] = Zone d’occurrence : 20 670 km2 [plus petit polygone convexe]

EOO: 20 165 km2 [within Canada’s jurisdiction] = Zone d’occurrence : 20 165 km2 [dans le territoire canadien]

Source : COSEPAC. 2021. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis vulpinus), population carolinienne et population des Grands Lacs et du Saint Laurent, Comité sur la situation des espèces au Canada, Ottawa, xvii + 80 p.

Description longue

Carte montrant l'étendue de la population de couleuvre fauve de l'Est – population des Grands Lacs et du Saint-Laurent et de la population carolinienne. La population des Grands Lacs et du Saint-Laurent est située dans la zone centrale supérieure de la carte, sur la rive nord de la baie Georgienne du lac Huron, entourée d'un polygone. La population carolinienne est située dans la zone centrale inférieure de la carte.  Cette dernière a deux zones d’occurrence, une d'entre elle est un groupe ayant une plus grande étendue et est situé sur la rive nord-ouest et à l'intérieur du lac Érié, l’autre est plus petite et est situé sur la rive nord-est et à l'intérieur du lac Érié, les deux groupes sont entourés d'un plus grand polygone. 

Habitat

La couleuvre fauve de l’Est passe la plus grande partie de la saison d’activité dans un habitat ouvert, par exemple les milieux humides et le littoral rocheux. L’espèce a besoin de sites d’hibernation et de sites de ponte convenables, et nombre de ces sites sont utilisés par des dizaines de serpents année après année. Une perte d’habitat à grande échelle s’est produite dans les aires de répartition des deux populations canadiennes, mais de façon disproportionnée dans la région carolinienne à cause de la conversion passée et actuelle des milieux humides et d’autres zones naturelles en zones urbaines et agricoles.

Biologie

La couleuvre fauve de l’Est atteint la maturité vers l’âge de 4 ans environ, et peut vivre jusqu’à 11 ou 12 ans. La durée de génération est estimée à 7,5 ans. La couleuvre passe la moitié de l’année en activité sur le sol, et le reste de l’année, dans des sites d’hibernation sous terre. La couleuvre fauve peut nager sur des kilomètres le long des rives et en eaux libres pour accéder à l’habitat insulaire, mais les étendues d’agriculture intensive constituent un obstacle aux déplacements. L’espèce aime utiliser certaines structures artificielles pour répondre à ses besoins.

Taille et tendances des populations

Le nombre d’individus matures est d’environ 4 150 à 7 230 dans la population carolinienne et de quelque 1 180 à 2 190 dans la population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent. Les menaces anthropiques contribuent à un déclin continu de l’abondance des deux populations.

Menaces et facteurs limitatifs

La couleuvre fauve a été le plus gravement touchée par la perte passée de milieux humides dans la région carolinienne, qui résulte de l’agriculture intensive et, dans une moindre mesure, du développement résidentiel, du développement commercial et de l’aménagement de routes. La perte d’habitat constitue toujours une menace pour les deux populations. La mortalité routière est maintenant la menace prédominante pour l’espèce, particulièrement dans la région carolinienne, suivie par les changements climatiques et les modifications des systèmes naturels.

Protection, statuts et classements

Le COSEPAC a antérieurement évalué la population carolinienne et la population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent de couleuvres fauves de l’Est et les a toutes deux désignées « en voie de disparition ». De même, les deux populations sont également inscrites en tant qu’espèces en voie de disparition à la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral. À l’échelle provinciale, la population carolinienne figure comme en voie de disparition, et la population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent, comme menacée, dans la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario, qui interdit de tuer ou de harceler des individus d’une espèce inscrite ou de leur nuire, et d’endommager ou de détruire leur habitat. La plupart des parcs et des aires protégées se trouvent dans la portion nord de l’aire de répartition canadienne, si bien que la population du sud ne subsiste que dans quelques petites parcelles d’habitat isolées.

Source : COSEPAC. 2021. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre fauve de l’Est (Pantherophis vulpinus), population carolinienne et population des Grands Lacs et du Saint‑Laurent, Comité sur la situation des espèces au Canada, Ottawa, xvii + 80 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Drave à graines imbriquées

Photo du Drave à graines imbriquées
Photo: © Frédéric Coursol

Nom scientifique

Draba pycnosperma

Taxon

Plantes vasculaires

Statut du COSEPAC

Préoccupante

Aire de répartition canadienne

Québec, Terre‑Neuve‑et‑Labrador

Justification de la désignation

Cette petite plante pousse sur des affleurements rocheux, des falaises et des talus d’éboulis situés à moins de 2,5 km de la côte en Gaspésie et le long du détroit de Belle‑Isle (Québec, Terre‑Neuve‑et‑Labrador). Elle ne se rencontre nulle part ailleurs dans le monde. On compte actuellement moins de 3 000 individus de l’espèce. Ces individus occupent une petite partie de l’habitat convenable, qui semble abondant. Des plantes envahissantes introduites dégradent l’habitat. La plupart des colonies de l’espèce ne comptent que quelques individus et sont associées à des substrats dynamiques et à des pentes escarpées. Elles pourraient donc être vulnérables à des événements stochastiques tels que des éboulements. L’espèce satisfait presque aux critères du statut d’espèce menacée, et elle pourrait être considérée comme menacée si rien n’est fait pour atténuer efficacement les menaces qui pèsent sur elle.

Description et importance de l’espèce sauvage

La drave à graines imbriquées est une petite plante vivace qui pousse en touffes compactes. Les feuilles en rosettes basales sont couvertes de poils cruciformes dont les quatre rayons sont parfois éperonnés ou ramifiés. Les tiges florifères portent de 5 à 40 fleurs blanches et de 1 à 4 feuilles. Les fruits secs, renflés et charnus, contiennent des graines qui se chevauchent, à la manière de bardeaux, et qui sont placées obliquement par rapport à la mince cloison séparant les deux loges du fruit. Il s’agit d’une espèce endémique de l’Est du Canada.

Répartition

Cette espèce est confinée à la région de la Gaspésie et le long de la rive nord du golfe du Saint‑Laurent jusqu’au Labrador, près de la frontière avec le Québec, la plus grande partie de la population étant concentrée autour de Percé. Il existe aussi une mention historique provenant de l’île de Terre‑Neuve. On sait maintenant que les mentions antérieures provenant de la Nouvelle‑Écosse avaient été incorrectement identifiées.

Carte du répartition de la drave à graines imbriquées au Canada, s'il vous plaît voir la longue description

Répartition de la drave à graines imbriquées au Canada : calcul de la zone d’occurrence et de l’indice de zone d’occupation (IZO). Carte produite par le Secrétariat du COSEPAC.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Distribution of Dense Draba, Draba pycnosperma, in Canada = Répartition de la drave à graines imbriquées (Draba pycnosperma) au Canada

Known Sites = Sites connus

Extant = Sites existants

Historical = Sites historiques

Extent of Occurrence (All Records) = Zone d’occurrence (toutes les mentions)

EOO = Zone d’occurrence

Quebec = Québec

Forteau Point = Pointe Forteau

Strait of Belle Isle = Détroit de Belle‑Isle

NORTHERN PENINSULA = PÉNINSULE GREAT NORTHERN

BAIE VERTE PENINSULA = PÉNINSULE BAIE VERTE

Newfoundland = Terre‑Neuve

THE LONG RANGE MOUNTAINS = MONTS LONG RANGE

Forillon National Park = Parc national Forillon

Chaleur Bay = Baie des Chaleurs

Saint Lawrence Seaway = Voie maritime du Saint‑Laurent

NEW BRUNSWICK = NOUVEAU‑BRUNSWICK

Gulf of Saint Lawrence = Golfe du Saint‑Laurent

Cabot Strait = Détroit de Cabot

Kilomètres = kilomètres

Source: COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la drave à graines imbriquées (Draba pycnosperma) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 33 p.

Description longue

Carte montrant la zone océanique entre le Québec, Terre-Neuve et le Nouveau-Brunswick. La zone d’occurrence de la drave à graines imbriquées a une forme rectangulaire sur l'océan. Deux sites historiques sont situés dans le coin nord-ouest sur la côte nord du Nouveau-Brunswick, deux autres sites historiques sont situés dans le coin nord-est de la côte est du Nouveau-Brunswick et un autre site historique est situé dans le coin nord-est de la zone d’occurrence sur la côte nord-ouest de Terre-Neuve. Les zones d’occurrence actuelles sont situées dans le coin sud du rectangle sur la côte est du Nouveau-Brunswick. Une autre zone d’occurrence actuelle est située sur la côte sud-est du Québec et la côte sud du Labrador.

Habitat

Cette espèce pousse en plein soleil ou à l’ombre légère dans des sites mésiques à xériques, sur des escarpements, des falaises maritimes rocheuses, des talus d’éboulis ou des affleurements rocheux en bord de mer ou à proximité. La roche mère dans ces sites est composée de mudstone, de calcaire ou de grès calcaire et de conglomérat.

Biologie

La drave à graines imbriquées fleurit de la fin de mai à juillet, et la période de fructification dure jusqu’à la fin d’août. Les graines sont dispersées principalement par le vent et la gravité. Les fleurs reçoivent la visite des bourdons, et la plante est attaquée par les insectes herbivores. L’espèce est confinée aux parois des falaises ou des escarpements, où la végétation est très clairsemée et où la compétition interspécifique est faible. Dans les prés de l’île Bonaventure ou au bord du sommet d’escarpements ou de falaises, un couvert dense de graminoïdes ou d’arbustes bas peut limiter l’expansion de l’espèce.

Taille et tendances des populations

On dénombre dix sous‑populations connues, dont quatre sont historiques, mais considérées comme existantes en attendant des activités de recherche supplémentaires. La population totale connue est de 2 742 individus. Cependant, ce chiffre correspond à un effectif minimum, car la plupart des données démographiques sont des estimations, et la plupart des sites n’ont été que partiellement recensés. Les données disponibles ne permettent pas d’établir des tendances claires de la population.

Menaces et facteurs limitatifs

Toutes les menaces potentielles sont de nature locale. Les principales menaces sont l’invasion de l’habitat de l’espèce par des plantes introduites, comme l’anthrisque des bois dans certains sites de l’île Bonaventure, ainsi que le piétinement par les visiteurs dans les endroits accessibles par sentier dans la région de Percé. Bien que son impact soit inconnu, l’expansion de la colonie de reproduction des Fous de Bassan sur cette île pourrait également nuire à l’espèce. La très petite taille de la plupart des colonies de drave à graines imbriquées les rend vulnérables aux événements stochastiques, tels que l’effondrement de certaines parties des parois rocheuses où l’espèce pousse.

Protection, statuts et classements

La drave à graines imbriquées n’a actuellement aucun statut particulier ni à l’échelle nationale au Canada ni à l’échelle internationale. Au Québec, elle est désignée menacée depuis 2010 en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Elle est cotée G1 et N1 (gravement en péril) par NatureServe. Au Québec, le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ) lui a attribué la cote S1, alors qu’elle est cotée SH (possiblement disparue) à Terre‑Neuve. L’occurrence la plus importante de l’espèce se trouve dans le parc provincial de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé; elle se trouve donc sur des terres publiques. Les colonies de l’Anse‑Blanchette, de l’Anse‑Saint‑Georges et de l’Anse‑aux‑Amérindiens, en Gaspésie, sont protégées, parce qu’elles se trouvent dans le parc national Forillon.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la drave à graines imbriquées (Draba pycnosperma) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 33 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Frêne pubescent

Photo du Frêne pubescent
Photo: © William van Hemessen

Nom scientifique

Fraxinus profunda

Taxon

Plantes vasculaires

Statut du COSEPAC

En voie de disparition

Aire de répartition canadienne

Ontario

Justification de la désignation

Cet arbre rare se rencontre dans les milieux humides forestiers de la zone carolinienne du sud de l’Ontario, où, selon les estimations, l’agrile du frêne aurait causé le déclin de plus de 90 % du nombre d’individus matures. Au Canada, le nombre d’arbres matures restants s’élève à deux connus et à moins de dix présumés, tous exposés à d’autres menaces découlant de l’exploitation forestière et de la conversion des terres. En outre, plus de 400 plantules et gaules sont continuellement menacées par l’agrile du frêne.

Description et importance de l’espèce sauvage

Le frêne pubescent (Fraxinus profunda) est un arbre feuillu de taille moyenne qui appartient à la famille des Oléacées. Il a été découvert au Canada en 1992. Ses feuilles, opposées et composées-pennées, mesurent 20 à 45 cm de longueur. Les folioles sont densément pubescentes sur leur face inférieure ou, parfois, uniquement sur leurs nervures. Le frêne pubescent produit un fruit ailé (samare) plus gros que celui de tous les autres frênes. Comme la plupart des espèces de frênes au Canada, le frêne pubescent est menacé par l’agrile du frêne, insecte non indigène envahissant.

Description morphologique

Parmi les frênes, le frêne pubescent fait partie de la section Meliodes, qui comprend également le frêne blanc et le frêne rouge. Le frêne pubescent est difficile à distinguer d’autres espèces, particulièrement en l’absence de fruits, mais certains caractères végétatifs clés permettent son identification. Le fruit du frêne pubescent possède une aile plus large et un calice plus long que ceux des autres frênes de la section Meliodes.

Carte du aire de répartition canadienne du frêne pubescent, s'il vous plaît voir la longue description

Aire de répartition canadienne du frêne pubescent (Fraxinus profunda). Carte préparée par Alain Filion (Secrétariat du COSEPAC).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Distribution of Pumpkin Ash (Fraxinus profunda) subpopulations in Canada = Répartition des sous-populations du frêne pubescent (Fraxinus profunda) au Canada

Extant = Existante

Statut unknown = Situation inconnue

Possibly extirpated / Extirpated = Possiblement disparue / disparue

NIAGARA PENINSULA = PÉNINSULE DU NIAGARA

Kilometres = kilomètres

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le frêne pubescent (Fraxinus profunda) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 57 p.

Description longue

Carte montrant l'étendue du frêne pubescent. Elle comprend le lac Érié, le lac Huron et le lac Ontario, ainsi que la zone terrestre centrale située entre les trois grands lacs. Les points représentant les sous-populations de frênes pubescents sont répartis sur les terres situées entre les lacs Huron, Érié et Ontario. Des frênes pubescents se trouvent dans la partie ouest et dans la partie sud de la zone centrale.  On soupçonne aussi la présence du frêne pubescent dans la partie sud de la zone centrale et dans la partie ouest de la zone centrale. Il est possible que le frêne pubescent ait disparu et qu'il soit distribué dans la partie inférieure ouest, la partie inférieure centrale et la partie inférieure est de la zone centrale.

Habitat

Dans l’ensemble de son aire de répartition, le frêne pubescent se rencontre dans des marécages, des forêts humides de plaine inondable et, parfois, des marécages côtiers saumâtres. Au Canada, le frêne pubescent a été observé dans des marécages occupés par des peuplements de feuillus intermédiaires à matures souvent dominés par l’érable argenté, ainsi que des forêts de plaine inondable. L’habitat convenable du frêne pubescent a en grande partie été détruit dans son aire de répartition canadienne depuis l’établissement des Européens, et la conversion des marécages de feuillus en terres agricoles se poursuit.

Biologie

Le frêne pubescent atteint la maturité sexuelle (production de fleurs et de fruits) plus tard que la plupart des autres espèces de frênes au Canada. Les fleurs sont unisexuées, et les arbres sont dioïques. Les fleurs du frêne pubescent, comme celles des autres espèces de frênes, sont petites et pollinisées par le vent. Les fleurs apparaissent de la fin avril à la mi-mai, généralement en même temps que les feuilles. Les graines arrivent à maturité de la fin de l’été à l’automne et sont dispersées d’octobre à décembre, par le vent et l’eau. Le frêne pubescent produit peu fréquemment des graines, et celles‑ci ont généralement une courte durée de vie, leur viabilité après la dispersion allant de quelques mois à deux ou trois ans, selon les estimations. Le réservoir de semences est donc peu susceptible de persister dans les sites où les individus ayant atteint la maturité sexuelle ont été tués par l’agrile du frêne. La durée d’une génération est estimée à 60 ans comme pour d’autres espèces de frênes, dont le frêne noir, mais ce chiffre pourrait représenter une sous-estimation dans le cas du frêne pubescent.

Taille et tendances des populations

Il y a actuellement 13 sous-populations existantes au Canada, qui englobent 417 individus dénombrés dans les classes de taille suivantes : 1) <5 cm – 350 plantules ou gaules; 2) 5-10 cm – 56 gaules; 3) 10-20 cm – 11 arbres immatures; 4) >20 cm – 2 individus ayant atteint la maturité sexuelle (femelles), présentant tous deux des signes d’infestation par l’agrile du frêne. D’après des travaux de terrain réalisés pour la préparation du présent rapport de situation, 15 sous-populations sont disparues ou présumées disparues, ce qui représente un déclin de 38 % du nombre de sous-populations. La situation de 12 sous-populations est inconnue.

L’agrile du frêne a causé la mort d’un grand nombre de frênes pubescents matures en une génération, mais le nombre exact d’individus ainsi perdus est difficilement quantifiable, en raison de l’absence de données historiques sur l’abondance. Le déclin total du nombre d’individus matures au cours de la génération précédente est estimé à plus de 90 %.

Menaces et facteurs limitatifs

Le frêne pubescent est menacé par l’agrile du frêne, coléoptère xylophage asiatique qui a causé une mortalité importante chez les frênes dans le sud-est du Canada. L’agrile du frêne est bien établi dans l’aire de répartition canadienne du frêne pubescent, et il aurait déjà tué plus de 90 % des frênes pubescents matures selon les estimations. D’après le calculateur des menaces de l’UICN, l’impact global des menaces pesant sur l’espèce est très élevé.

Les autres menaces pesant sur le frêne pubescent sont : 1) la conversion des terres pour l’agriculture; 2) les routes et services publics; 3) l’exploitation forestière et la récolte du bois; 4) les activités récréatives; 5) les changements climatiques; 6) le broutage par les cerfs et 7) la modification des écosystèmes par des plantes non indigènes envahissantes.

Photo du Frêne pubescent
Photo: © William van Hemessen

Protection, statuts et classements

Le frêne pubescent ne bénéficie actuellement d’aucune protection juridique fédérale au Canada. En Ontario, l’habitat du frêne pubescent est en partie protégé par des politiques provinciales ou municipales de protection des boisés, des milieux humides et des plaines inondables. La majorité (54 %) des sous-populations existantes de frêne pubescent se trouve sur des terres privées et municipales. Trois sous-populations existantes sont sur des terres gérées à des fins de conservation (parcs provinciaux et terres appartenant à des groupes tels que Conservation de la nature Canada). Trois sous-populations sont sur des terres gérées par des offices de protection de la nature pour leurs ressources hydriques ou à des fins récréatives.

Le frêne pubescent est actuellement coté G4 (apparemment non en péril) à l’échelle mondiale, N1 (gravement en péril) à l’échelle nationale au Canada et S1 (gravement en péril) à l’échelle infranationale en Ontario.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le frêne pubescent (Fraxinus profunda) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 57 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Gentiane de Victorin

Photo du Gentiane de Victorin
Photo: © Frédéric Coursol

Nom scientifique

Gentianopsis virgata ssp. Victorinii

Taxon

Plantes vasculaires

Statut du COSEPAC

Préoccupante

Aire de répartition canadienne

Québec

Justification de la désignation

Cette plante annuelle ou bisannuelle peu longévive et endémique au Canada se rencontre dans un habitat très restreint soumis aux marées le long de l’estuaire d’eau douce ou d’eau saumâtre du Saint-Laurent, au Québec. Quelque 30 000 plantes matures sont actuellement connues, réparties dans 35 petits sites côtiers localisés. Un grand éventail de menaces pèsent sur l’espèce : dommages à l’habitat et perte d’habitat à cause de la compétition livrée par des espèces végétales envahissantes; érosion et inondation dues aux changements climatiques; perturbations causées par les véhicules tout-terrain; risques de déversement d’hydrocarbures. Le changement de statut de l’espèce, considérée comme « menacée » dans l’évaluation précédente, reflète principalement le changement de définition de certains critères d’évaluation. Cette sous-espèce satisfait presque aux critères du statut d’espèce menacée, et elle pourrait être considérée comme menacée si rien n’est fait pour atténuer efficacement les menaces qui pèsent sur elle.

Description et importance de l’espèce sauvage

La gentiane de Victorin (Gentianopsis virgata ssp. victorinii) est une plante annuelle ou bisannuelle haute d’environ 15 à 50 cm. Elle est la seule gentiane qui se rencontre dans les marais littoraux d’eau douce du cours inférieur du fleuve Saint‑Laurent.

Répartition

La gentiane de Victorin est endémique de l’estuaire du Saint-Laurent, dans le sud du Québec, où elle pousse exclusivement dans les marais littoraux d’eau douce, sur les deux rives du fleuve.

Carte du répartition actuelle de la gentiane de Victorin au Canada, s'il vous plaît voir la longue description

Répartition actuelle de la gentiane de Victorin au Canada; carte montrant les occurrences existantes et disparues, la zone d’occurrence et l’indice de zone d’occupation (Secrétariat du COSEPAC).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Gentianopsis virgata Distribution = Répartition du Gentianopsis virgata

Extant = Existante

Extirpated = Disparue

Extent of Occurrence = Zone d’occurrence

EOO: 1855 km2 [minimum convex polygon] = Zone d’occurrence : 1 855 km2 [plus petit polygone convexe]

Index of Area of Occupancy = Indice de zone d’occupation

IAO (2 km x 2 km): 82 grids = 328 km2 = IZO (2 km × 2 km) : 82 carrés = 328 km2

Kilometres = kilomètres

Source : COSPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la gentiane de Victorin (Gentianopsis virgata var. victorinii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 41 p.

Description longue

Carte montrant l'étendue de la gentiane de Victorin dans la zone inférieure du fleuve Saint-Laurent. Le fleuve coule de la partie inférieure gauche vers la partie supérieure droite de la carte. Les rives gauche et droite sont les terres du Québec. L’aire de répartition de la gentiane de Victorin est entourée d'un polygone en forme de banane, couvrant les deux rives du fleuve, de la partie inférieure gauche au centre de la carte. Ce polygone couvre une superficie de 1 855 km2. Les zones d’occurrence actuelles sont réparties uniformément à l'intérieur du polygone. Six populations disparues sont situées au centre inférieur du polygone, une autre au centre supérieur du polygone, et deux autres dans la zone supérieure du polygone. Une population disparue est également située loin à l'extérieur du polygone, sur la rive est du cours d'eau, plus bas que ce qui est montré sur la carte.

Habitat

La gentiane de Victorin pousse généralement dans de denses et hautes herbaçaies à spartine pectinée, et parfois sur des affleurements rocheux surélevés. Elle préfère les dépôts de surface épais (plus de 15 cm) de texture fine ou mixte (rarement grossière), dont la pierrosité est nulle ou très faible (rarement très élevée). Cette zone est couverte d’eau durant deux ou trois heures par jour durant les marées hautes, mais les marées basses et les basses marées hautes l’atteignent rarement.

Biologie

La gentiane de Victorin est une plante annuelle, annuelle d’hiver ou bisannuelle qui fleurit de la mi-juillet à la mi-septembre. Une nyctinastie est observée chez les fleurs du taxon, qui restent fermées les jours sombres et lorsque la marée les submerge. La pollinisation est effectuée par des insectes. La fructification débute en août et se poursuit jusqu’en octobre. Les graines sont dispersées par l’eau. Les graines du réservoir de semences auraient une viabilité d’au moins deux ans.

Taille et tendances des populations

La sous-espèce compte 48 sous-populations : 35 existantes, 1 historique, 7 disparues et 5 non retrouvées. La population canadienne totale s’élève à au moins 30 432 individus, qui se concentrent principalement dans six sous-populations (représentant 70 % de la population).

La taille des sous-populations fluctue d’une année à l’autre. Depuis la précédente mise à jour du rapport de situation, cinq nouvelles sous-populations ont été découvertes, et sept sont disparues. Aucune tendance globale n’est observée à l’échelle de la zone d’occupation.

Menaces et facteurs limitatifs

Les principales menaces qui pèsent sur la sous-espèce sont l’empiétement de plantes non indigènes envahissantes sur son habitat, les effets des changements climatiques et les activités récréatives et autres perturbations humaines. La sous-espèce est considérée comme très vulnérable aux répercussions des changements climatiques.

Protection, statuts et classements

La gentiane de Victorin a été classée comme menacée au Canada en 2004 et a été inscrite à ce titre à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. Le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec a attribué à la variété les cotes du système de NatureServe de G2 (en péril) à l’échelle mondiale, de N2 (en péril) au Canada et de S2 (en péril) à l’échelle provinciale.

La gentiane de Victorin a été désignée comme menacée au Québec en février 2001 et est actuellement inscrite à la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Vingt-cinq sous-populations existantes sont situées en totalité ou en partie dans des aires protégées.

Source : COSPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la gentiane de Victorin (Gentianopsis virgata var. victorinii) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 41 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Goglu des prés

Photo du Goglu des prés
Photo: © Christian Artuso

Nom scientifique

Dolichonyx oryzivorus

Taxon

Oiseaux

Statut du COSEPAC

Préoccupante

Aire de répartition canadienne

Colombie‑Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau‑Brunswick, Nouvelle‑Écosse, Île‑du‑Prince‑Édouard, Terre‑Neuve‑et‑Labrador

Justification de la désignation

Cet oiseau chanteur des prairies effectue chaque année une migration d’environ 20 000 km aller‑retour entre son aire de nidification, dans le sud du Canada, et son aire d’hivernage, dans le centre de l’Amérique du Sud. Plus de 25 % de la population mondiale de l’espèce se reproduit au Canada, principalement de la Saskatchewan au Québec. La population a diminué de façon marquée durant les années 1980 et 1990, et son déclin s’est poursuivi par la suite, mais plus lentement. Selon des techniques d’analyse améliorées, le déclin sur dix ans indiqué dans le rapport de situation de 2010 s’établirait plutôt à 26 %, ce qui se rapproche du déclin de 25 % établi entre 2009 et 2019. Les principales menaces qui pèsent sur l’espèce sont présentes tout au long de son cycle vital et comprennent la mortalité accidentelle et l’échec de nidification causés par la fenaison et d’autres activités agricoles, la perte d’habitat, la fragmentation de l’habitat et l’exposition aux pesticides en toutes saisons, ainsi que la persécution aux sites d’alimentation et de repos durant l’hiver. Si ces menaces ne sont pas contrées efficacement, l’espèce pourrait devenir « menacée ».

Description et importance de l’espèce sauvage

Le Goglu des prés est un oiseau chanteur de taille moyenne de la famille des Ictéridés. Pendant la période de reproduction, les mâles sont noirs, éclaboussés de blanc et d’or sur leurs parties supérieures. Les femelles, les juvéniles et les mâles en dehors de la période de reproduction sont beiges, lisérés de marron, et sont fréquemment confondus avec des bruants de grande taille. Aucune sous‑espèce ou distinction génétique n’est reconnue. Le Goglu des prés est un spécialiste des prairies et il dépend de celles‑ci. Il est également un consommateur d’insectes nuisibles à l’agriculture.

Répartition

L’aire de reproduction du Goglu des prés comprend des parties du sud du Canada, de la Colombie‑Britannique à l’île de Terre‑Neuve, et au sud, le nord des États‑Unis. Il passe l’hiver en Amérique du Sud, principalement à l’est des Andes, en Bolivie, au Paraguay et en Argentine.

Carte du répartition mondiale du Goglu des prés, s'il vous plaît voir la longue description

Répartition mondiale du Goglu des prés. Données adaptées de NatureServe (Ridgely et al., 2003).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

James Bay = Baie James

Lake Superior = Lac Supérieur

Lake Huron = Lac Huron

Montreal = Montréal

Rocky Mountains = Rocheuses

Great Plains = Grandes Plaines

United States = États-Unis

Philadelphia = Philadelphie

Appalachian Mountains = Appalaches

Mexico = Mexique

Mexico City = Mexico

Gulf of Mexico = Golfe du Mexique

Caribbean Sea = Mer des Caraïbes

Venezuela = Venezuéla

Colombia = Colombie

Ecuator = Équateur

Peru = Pérou

Amazon Basin = Bassin de l’Amazone

Bolivia = Bolivie

Brazil = Brésil

Guyana Highlands = Plateau des Guyanes

Source: Renfrew, R.B., K.A. Peters, J.R. Herkert, K.R. VanBeek, and T. Will. 2019. A full life cycle conservation plan for Bobolink (Dolichonyx oryzivorus). U.S. Fish and Wildlife Service.

Description longue

Carte montrant les continents d'Amérique du Nord et d'Amérique du Sud. L'aire de reproduction du Goglu des prés est située au milieu du continent nord-américain. Les zones de migration sont situées au sud-est de l'Amérique du Nord, dans les îles des Caraïbes et au nord-ouest de l'Amérique du Sud. L'aire d'hivernage est située au centre de l'Amérique du Sud.

Habitat

Avant la colonisation par les Européens, l’aire de reproduction du Goglu des prés coïncidait avec la prairie à herbes hautes du centre‑ouest des États‑Unis et du centre‑sud du Canada. Une bonne partie de la prairie a été transformée en terres agricoles il y a plus d’un siècle. À peu près à la même époque, de vastes étendues de forêt de l’est de l’Amérique du Nord ont été transformées en prairies de fauche et en prés offrant un habitat aux oiseaux. Depuis, le Goglu des prés niche principalement dans les prairies de fauche et les prés, mais il est également présent dans les prairies humides, les tourbières herbeuses, les alvars, les champs abandonnés composés majoritairement d’herbes hautes, les vestiges de prairies indigènes et même les prés de carex et de graminées des marais et des tourbières. Il est généralement moins présent dans les prairies à herbes courtes sèches, les pâturages surexploités, les luzernières ou les monocultures en rangs.

Biologie

Le Goglu des prés est une espèce au comportement semi‑colonial souvent polygame. Les oiseaux reviennent au Canada de leurs aires d’hivernage sud‑américaines à la mi‑mai. Les mâles établissent leur territoire de reproduction par des vols, des poursuites et des chants de parade nuptiale. Les femelles construisent les nids au niveau du sol. Chaque couvée contient de 3 à 7 œufs. Les oisillons sont nourris par les deux parents pendant 10 ou 11 jours, et les jeunes à l’envol sont nourris pendant au moins une semaine.

Taille et tendances des populations

Au Canada, la population de Goglus des prés est estimée se composer d’environ 2,6 millions d’adultes, ce qui représente 26 % de la population mondiale. Les données du Relevé des oiseaux nicheurs de l’Amérique du Nord (Breeding Bird Survey - BBS) pour la période allant de 1970 à 2019 indiquent un déclin important de l’ordre de 2,63 % par année au Canada (intervalle de crédibilité [IC] à 95 % = 2,99 à 2,27 %), soit une perte de 73 % de la population en 49 ans. Le taux de déclin annuel au Canada a été légèrement plus marqué au cours de la période de dix ans la plus récente (de 2009 à 2019), soit 2,87 % (IC à 95 % = 4,08 à 1,47), ce qui correspond à une perte cumulative de population de 25 % au cours de cette période. La population aux États‑Unis a également connu des déclins à long et à court terme, mais pas aussi importants.

Photo du Goglu des prés
Photo: © Avery Wells

Menaces et facteurs limitatifs

On a déterminé que les principales raisons du déclin de l’abondance du Goglu des prés étaient : 1) la perte d’habitat dans les aires de reproduction et d’hivernage, principalement causée par la conversion des prairies indigènes et des cultures fourragères (foin et pâturages) en cultures en rangs intensives (maïs, soja), 2) la mortalité accidentelle liée aux activités de fauchage qui détruisent les nids, et 3) l’utilisation de pesticides dans les aires de reproduction et d’hivernage, qui entraîne une mortalité directe et indirecte. Dans l’ensemble, l’impact des menaces susceptibles d’avoir une incidence sur le Goglu des prés au cours de la prochaine décennie est considéré comme élevé.

Protection, statuts et classements

Au Canada, le Goglu des prés, son nid et ses œufs sont protégés en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. L’espèce est actuellement protégée à titre d’espèce menacée inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril de 2002 et en vertu de diverses lois provinciales. Elle est désignée en sécurité à l’échelle mondiale (G5) et nationale (N5 au Canada et aux États‑Unis) par NatureServe, bien qu’à l’échelle provinciale, elle soit classée S2 (en péril) en Alberta et à l’Île‑du‑Prince‑Édouard, et S1 (gravement en péril) à Terre‑Neuve‑et‑Labrador.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Goglu des prés (Dolichonyx oryzivorus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xi + 69 pp.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Gomphe ventru

Photo du Gomphe ventru
Photo: © Danny O’Shea

Nom scientifique

Gomphurus ventricosus

Taxon

Arthropodes

Statut du COSEPAC

Préoccupante

Aire de répartition canadienne

Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse

Justification de la désignation

Cette espèce de libellule de l’est de l’Amérique du Nord est rarement observée et ne se trouve qu’en petits nombres dans les sites connus. Les larves vivent dans des cours d’eau de petite à grande taille. On croit que les adultes passent le plus clair de leur temps à se nourrir loin des cours d’eau, où ils ne retournent que pour se reproduire, ce qui expliquerait pourquoi ils sont rarement observés. Des activités de recherche accrues ont permis de répertorier 10 nouvelles sous-populations depuis la première évaluation de 2010, ce qui porte le total à 13 sous-populations, lesquelles sont réparties sur une superficie beaucoup plus grande qu’auparavant. L’espèce est exposée au développement urbain et rural, et aux effets cumulatifs de la pollution aquatique (larves), de la mortalité routière, de la circulation des bateaux et des espèces aquatiques envahissantes. Si ces menaces ne sont pas atténuées, le statut de l’espèce pourrait passer à « menacée ».

Description et importance de l’espèce sauvage

Le gomphe ventru est l’une des espèces de libellules les plus saisissantes au Canada. Les adultes se caractérisent par une protubérance quasi circulaire et plate au bout de leur abdomen étroit. Le corps du gomphe ventru, long de 45 à 48 mm, est brun foncé et noir, et il présente des marques jaune vif sur la face dorsale de l’abdomen, des marques jaune verdâtre sur le thorax, des yeux vert foncé et des ailes transparentes.

Répartition

L’aire de répartition mondiale du gomphe ventru se limite à l’Amérique du Nord, à l’est du Mississippi et de la rivière Rouge; elle s’étend au nord jusqu’au Minnesota et au Nouveau-Brunswick, et au sud jusqu’au Tennessee. Au Canada, l’espèce compte 13 sous-populations très dispersées dans le sud de l’Ontario (rivière Saugeen), dans le sud du Québec (rivières Batiscan, Bécancour, Nicolet, Nicolet-Sud-Ouest, Sainte-Anne, Godefroy, Saint-François, Chaudière et Chicot), au Nouveau-Brunswick (rivière Saint‑Jean, rivière au Saumon et rivière Canaan), et d’autres sous-populations historiques au Québec, en Nouvelle-Écosse et en Ontario.

Carte du répartition mondiale du gomphe ventru, s'il vous plaît voir la longue description

Répartition mondiale du gomphe ventru (Gomphurus ventricosus). Les points noirs indiquent l’emplacement de toutes les mentions connues de l’espèce au Canada et dans les comtés des États-Unis (données tirées de COSEWIC, 2010; Odonata Central, 2020). Carte préparée par A. Harris.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Status = Situation

Extant = Existante

Historical = Historique

Kilometers = kilomètres

Sous-populations canadiennes de gomphes ventrus (Gomphurus ventricosus) et mentions de l’espèce de 1924 à 2021 (tableau 1). Carte préparée par A. Harris.

Description longue

Carte montrant les zones d’occurrence du gomphe ventru en Ontario, au Québec et dans les provinces maritimes. Une étendue actuelle du gomphe ventru est située sur la rive est du lac Huron, neuf zones d’occurrence actuelles sont situées dans le sud-est du Québec et trois zones d’occurrence actuelles sont situées au Nouveau-Brunswick. Deux zones d’occurrence historiques sont situées en Nouvelle-Écosse, deux autres dans le sud-ouest du Québec et une autre dans l'est de l'Ontario.

Habitat

Les larves du gomphe ventru vivent dans des rivières de petite à grande taille dont le fond est limoneux, graveleux ou rocheux avec des bassins et des parcelles de sédiments meubles. Les eaux qu’elles habitent présentent une vaste gamme de turbidité, et vont de limpide à colorée et relativement trouble. On connaît peu l’habitat des adultes, qui sont rarement observés. Ces derniers semblent passer la majeure partie de leur vie dans des milieux boisés ou ouverts, jusqu’à environ trois kilomètres de la rivière.

Biologie

Le cycle vital du gomphe ventru, au cours duquel il se produit une métamorphose complète des individus, compte trois stades. Les femelles pondent leurs œufs dans l’eau. Après l’éclosion, les larves s’enfouissent peu profondément dans les sédiments meubles, où elles peuvent se développer pendant au moins deux ans avant l’émergence de l’adulte. Dans le centre du continent, l’espèce émerge à la fin mai, et sa période de vol s’étend jusqu’à la mi-août. Toutefois, dans la majeure partie de son aire de répartition canadienne, l’émergence des adultes se fait de manière synchrone au cours des deux dernières semaines de juin. Après l’émergence, les libellules s’envolent pour suivre une longue période de maturation à l’écart du cours d’eau. Les adultes semblent passer peu de temps à proximité des eaux où ils ont vécu leur stade larvaire, et passent vraisemblablement la majeure partie de leur vie dans les boisés avoisinants.

Taille et tendances des populations

On ne connaît pas la taille ni les tendances de la population canadienne du gomphe ventru. Depuis le premier rapport de situation du COSEPAC, huit sous-populations jusqu’alors inconnues ont été répertoriées dans le sud de l’Ontario et du Québec, de même que des spécimens muséaux issus de deux nouvelles sous-populations du Québec. De nombreuses activités de recherche réalisées au Nouveau-Brunswick n’ont abouti qu’à un petit nombre de mentions de l’espèce, ce qui laisse croire que celle-ci y est rare. La mention provenant du côté ontarien de la rivière des Outaouais demeure historique.

Menaces et facteurs limitatifs

Quatre menaces de faible impact pèsent sur le gomphe ventru et son habitat. Ces menaces sont les suivantes : la perte d’habitat (tant l’habitat aquatique des larves que l’habitat terrestre servant à l’alimentation des adultes) en raison du développement résidentiel et urbain, la mortalité routière d’adultes (en continu dans la plupart des sous‑populations); le battement des vagues en provenance des bateaux qui circulent sur les plus grandes rivières, susceptible de causer la mort de libellules émergentes, et la pollution de l’eau issue du ruissellement agricole. Les menaces dont l’impact est inconnu sont les suivantes : les espèces aquatiques envahissantes qui modifient l’habitat ou consomment des larves de libellules, les changements dans la qualité de l’eau causés par le développement résidentiel, et les barrages et les mesures de gestion de l’eau. L’élévation du niveau de la mer pourrait présenter une menace pour la sous-population de la rivière Saint‑Jean à l’avenir.

Protection, statuts et classements

Le gomphe ventru a été désigné « en voie de disparition » par le COSEPAC en 2010 et figure à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral. Il est également désigné « espèce en voie de disparition » en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Nouveau-Brunswick, alors qu’en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario, on lui a attribué le statut « données insuffisantes ». Au Québec, l’espèce figure sur la Liste des espèces floristiques et fauniques susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables.

L’habitat essentiel du gomphe ventru désigné dans le programme de rétablissement fédéral comprend quatre sections de la rivière Saint-Jean et deux sections de la rivière Batiscan. Certains habitats de rivière et de ruisseau, là où des poissons sont présents, bénéficient d’une certaine protection en vertu de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral, quoique cette protection ne vise pas particulièrement le gomphe ventru. Les lois provinciales sur la protection des eaux protègent l’eau des lacs et des rivières sur les plans de la qualité et du débit. Aucune rivière abritant les larves des sous-populations canadiennes ne traverse un parc ou un autre type d’aire protégée, et la majeure partie des terres bordant ces rivières sont des propriétés privées.

Le gomphe ventru est coté « vulnérable » à l’échelle mondiale (G3); à l’échelle nationale, il est coté « en péril » (N2) au Canada et « vulnérable » (N3) aux États-Unis. Au Québec, en Nouvelle-Écosse et en Ontario, l’espèce est cotée « gravement en péril » (S1), et au Nouveau-Brunswick, de « gravement en péril » à « en péril » (S1S2). L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a inscrit le gomphe ventru dans la catégorie « préoccupation mineure » de sa liste rouge des espèces menacées.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le gomphe ventru (Gomphurus ventricosus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. xii + 54 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Hespérie de Dukes

Photo du Hespérie de Dukes
Photo: © Blake A. Mann

Nom scientifique

Euphyes dukesi

Taxon

Arthropodes

Statut du COSEPAC

Préoccupante

Aire de répartition canadienne

Ontario

Justification de la désignation

Ce papillon spécialiste des milieux humides se rencontre dans les marécages de feuillus ouverts et les clairières de l’extrême sud de l’Ontario. Son aire de répartition se limite aux comtés d’Essex, de Chatham-Kent et de Lambton, où seulement 12 sous-populations existantes sont connues. Son habitat s’est modifié depuis la colonisation par les Européens, et les parcelles de milieux humides convenables sont maintenant isolées géographiquement. Le roseau commun, espèce envahissante qui empiète sur l’habitat de milieu humide du papillon, déplace les carex indigènes dont les larves se nourrissent. Cette plante envahissante, présente dans 7 des 12 sous-populations existantes, a augmenté son aire de répartition dans le sud de l’Ontario de près de 30 % de 2010 à 2017. La propagation de plantes envahissantes pourrait mener à la disparition de l’espèce de certains sites.

Description et importance de l’espèce sauvage

L’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) est un grand papillon (envergure de 31 à 37 mm) sombre de la famille des Hesperiidae à la bordure des ailes arrondie. L’espèce affiche un dimorphisme sexuel. Les ailes des mâles sont d’un noir charbonneux, présentant à l’occasion des zones orangées le long du bord costal (bord avant) de l’aile antérieure et dans le centre de l’aile postérieure. Les femelles sont brun foncé et présentent parfois une ou deux taches orangées au centre de l’aile antérieure. La face ventrale est brun orangé chez les deux sexes, avec une pâle bande jaune orangé traversant le centre de l’aile postérieure. L’espèce est peu commune dans l’ensemble de son aire de répartition. Il existe deux sous-espèces d’hespérie de Dukes dans le monde, à savoir E. dukesi dukesi et E. d. calhouni, mais le présent rapport de situation ne traite que de la sous-espèce E. e. dukesi.

Répartition

L’aire de répartition mondiale de l’hespérie de Dukes s’étend du sud de l’Ontario jusqu’à l’est du Texas et à la Louisiane, au sud, en passant par le Michigan et le bassin hydrographique du Mississippi; vers l’est, elle s’étend jusqu’en Floride sur les côtes de l’Atlantique et du golfe du Mexique. Les aires de répartition des deux sous-espèces (E. d. dukesi et E. d. calhouni) se chevauchent dans le nord de la Floride; seul E. e. dukesi est présent au Canada.

Au Canada, la répartition de l’hespérie de Dukes est confinée à l’extrême sud-ouest de l’Ontario, dans les comtés d’Essex, de Chatham-Kent et de Lambton. On a répertorié 28 sous-populations de l’espèce : 12 encore existantes et 16 historiques. L’étendue de l’aire de répartition canadienne, en comptant à la fois les sous-populations existantes et les sous-populations historiques, est de 2 486 km2.

Carte du sous-populations de l’hespérie de Dukes, s'il vous plaît voir la longue description

Sous-populations de l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) au Canada (voir le tableau 1 pour les noms des sous-populations). Carte réalisée par G. Schaus.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Extant subpopulation = Sous-population existante

Historical subpopulation = Sous-population historique

Lake St. Clair = Lac Sainte-Claire

Lake Erie = Lac Érié

Kilometres = Kilomètres

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. xi + 51 p.

Description longue

Carte montrant le lac Sainte-Claire au nord de la carte et le lac Érié au sud de la carte ainsi qu’une péninsule située entre le lac Sainte-Claire et le lac Érié.  La majorité de la sous-population historique de l'hespérie de Duke est située à l'intérieur de la péninsule. Une autre zone d’occurrence historique est située au sud de la péninsule du lac Érié.  La sous-population actuelle est située sur le côté ouest, sur le côté nord et sur le sud-est de la côte de la péninsule. Trois autres zones d’occurrence actuelles sont situées au nord du lac Sainte-Claire.

Habitat

L’hespérie de Dukes est une espèce spécialiste des milieux humides. Elle est présente dans les marécages de feuillus et dans les clairières naturelles ou en bordure de boisés où se trouvent de grandes parcelles de carex. En Ontario, les plantes hôtes sont le carex lacustre (Carex lacustris) et le carex à écailles hyalines (Carex hyalinolepis), tous deux courants et répandus dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. La présence d’ombre semble importante pour l’espèce, puisque les adultes sont observés sous la canopée forestière, là où la lumière du soleil est tamisée. Les adultes se nourrissent du nectar d’une variété de fleurs sauvages, dont l’asclépiade incarnate (Asclepias incarnata), l’asclépiade commune (Asclepias syriaca) et certains chardons (famille des Cardueae).

Biologie

L’hespérie de Dukes produit une génération par an. Sa période de vol s’étend du début de juillet à la mi-août, et sa durée de vie au stade adulte est d’environ trois semaines. Les femelles pondent leurs œufs sur la face inférieure des feuilles des plantes hôtes. Après l’éclosion des œufs, les chenilles se nourrissent jusqu’à atteindre le quatrième stade larvaire, puis elles entrent en diapause (c.-à-d. l’étape d’hivernage de leur cycle vital). Au printemps, les chenilles émergent de leur diapause et continuent à se nourrir de plantes hôtes jusqu’à atteindre le cinquième stade larvaire, après quoi elles se métamorphosent en chrysalide.

Les hespéries de Dukes mâles ne semblent pas adopter de comportement territorial, mais ils patrouillent activement dans les parcelles de carex en quête de femelles. Les femelles sont au repos sur les carex, exposées au soleil.

La capacité de dispersion des hespéries de Dukes n’a pas fait l’objet d’études et est donc inconnue. On a toutefois remarqué que leur vitesse de vol est plus lente que celle des autres espèces du genre Euphyes. En s’appuyant sur ce que l’on connaît des espèces d’Euphyes apparentées, la distance de dispersion est estimée à un maximum de deux kilomètres.

Taille et tendances des populations

Les relevés de l’hespérie de Dukes se sont concentrés sur la consignation de sa présence, de ses préférences en matière d’habitat et d’autres renseignements liés à son histoire naturelle. Au Canada, toutes les observations signalées portaient sur des adultes, et aucun renseignement sur les tendances et les fluctuations des populations n’est disponible.

La perte généralisée de milieux humides et marécageux dans le sud de l’Ontario au cours des 200 dernières années a entraîné un isolement géographique des parcelles d’habitat convenable de l’hespérie de Dukes. Il n’y a pas suffisamment de données quantifiées montrant les tendances en matière d’habitat dans le sud-ouest de l’Ontario au cours de la dernière décennie, mais les changements observés dans les écosystèmes tendent à être causés par le roseau commun (Phragmites australis australis), une espèce non indigène envahissante qui se répand rapidement dans de nombreux milieux humides.

Menaces et facteurs limitatifs

Les menaces qui pèsent sur l’hespérie de Dukes ont été inférées à partir des déclins de l’étendue et de la qualité de l’habitat aux sites connus du sud-ouest de l’Ontario. La principale menace est la modification des écosystèmes causée par la progression d’espèces envahissantes, en particulier le roseau commun, lequel est abondant dans l’habitat d’au moins sept des sous-populations d’hespéries de Dukes existantes. Parmi les autres menaces figurent la conversion de l’habitat en cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois et en zones résidentielles, et les changements de l’habitat de milieux humides en raison des changements climatiques. Les facteurs limitatifs qui peuvent contribuer au déclin de l’espèce sont notamment la petite taille et le caractère localisé de ses sous-populations, de même qu’une capacité de dispersion limitée. D’après les modifications des écosystèmes causées par la progression du roseau commun, les sous-populations du Canada sont près d’être considérées comme gravement fragmentéesNote de bas de page 1. Une seule tige de roseau commun peut s’étendre sur 1 à 2 mètres par an. Cette plante envahissante croît jusqu’à une hauteur de 2 mètres. Elle peut faire ombrage aux plantes hôtes dont se nourrit la chenille et aux plantes nectarifères dont dépendent les adultes et prendre le dessus sur celles-ci, contribuant ainsi au déclin progressif de l’habitat de l’hespérie de Dukes, tant sur le plan de la qualité que celui de la quantité.

Protection, statuts et classements

Ni l’hespérie de Dukes ni ses plantes hôtes ne sont inscrites en vertu de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral, ni en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Le latris à épi (plante nectarifère) est désigné comme espèce menacée en vertu des deux lois (NHIC, 2020b). L’hespérie de Dukes est cotée « vulnérable » à l’échelle mondiale (G3G4), « en péril » (N2) à l’échelle nationale et « en péril » (S2) en Ontario.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. xi + 51 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Hypogymnie maritime

Photo du Hypogymnie maritime
Photo: © Stephen Scharnoff

Nom scientifique

Hypogymnia heterophylla

Taxon

Lichens

Statut du COSEPAC

Non en péril

Aire de répartition canadienne

Colombie‑Britannique

Justification de la désignation

Ce lichen foliacé est endémique dans l’ouest de l’Amérique du Nord. Au Canada, on a d’abord cru que l’espèce était confinée à l’extrémité sud de l’île de Vancouver. La découverte de deux nouvelles sous‑populations, l’une plus au nord sur l’île de Vancouver et l’autre à Haida Gwaii, a entraîné une augmentation importante de l’aire de répartition et de l’amplitude écologique connues de l’espèce. Selon les relevés effectués depuis la dernière évaluation, le nombre de thalles se situe entre 600 000 et 3 000 000, ce qui multiplie par 30 les effectifs de la population connue. Compte tenu de ces nouvelles données, le lichen est évalué comme étant « non en péril ». Les menaces comprennent les incendies, le développement résidentiel, les intrusions humaines et la pollution. Leur impact global est toutefois considéré comme faible. Les effets des tempêtes et des sécheresses estivales sur l’espèce n’ont pas pu être quantifiés, mais il est peu probable qu’ils aient un impact important à court terme sur la très grande population de l’espèce.

Description et importance de l’espèce sauvage

L’Hypogymnia heterophylla (hypogymnie maritime) est un grand lichen formant des lobes creux, renflés, de largeur irrégulière qui pour la plupart sont étalés vers le haut et qui portent habituellement des lobules latéraux. Il s’agit d’un lichen épiphyte qui peut atteindre un diamètre de 8 cm ou plus. Sa surface supérieure est blanchâtre et sa surface inférieure est noire. Il est localement abondant dans trois régions de la côte de la Colombie-Britannique, où il forme la partie la plus septentrionale d’une population qui s’étend le long de la côte ouest des États‑Unis.

Répartition

L’hypogymnie maritime est endémique à l’ouest de l’Amérique du Nord. L’espèce est présente en Colombie‑Britannique, au Canada, et en Californie, en Oregon et dans l’État de Washington, aux États-Unis. En Colombie‑Britannique, elle est présente à l’extrémité sud de l’île de Vancouver, au lac Kennedy, situé du côté ouest de l’île de Vancouver et dans le nord de l’île Graham, qui fait partie de l’archipel de Haida Gwaii.

Carte du occurrences et zone d’occurrence estimée, s'il vous plaît voir la longue description

Occurrences et zone d’occurrence estimée (ligne rouge) d’Hypogymnia heterophylla au Canada. Voir les figures 3 et 4 pour plus de détails. Les trois sous populations sont constituées du groupe d’occurrences du sud de l’île de Vancouver, de l’occurrence du lac Kennedy et de celle de Haida Gwaii. Carte produite par le Secrétariat du COSEPAC.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Haida Gwaii subpopulation = Sous‑population de Haida Gwaii

Kennedy Lake subpopulation = Sous‑population du lac Kennedy

Southern Vancouver Island subpopulation = Sous‑population du sud de l’île de Vancouver

Kilometres = kilomètres

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hypogymnie maritime (Hypogymnia heterophylla) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 47 p.

Description longue

Carte montrant les zones d’occurrences de l’hypogymnie maritime. La sous-population d’Haida Gwail est situé au nord-est des îles de la Reine-Charlotte, la sous-population du lac Kennedy est situé à l’ouest de l’Ile de Vancouver et la sous-population du sud de l'île de Vancouver est situé au sud de l’île de Vancouver. 

Habitat

L’hypogymnie maritime est un épiphyte qui pousse surtout sur des pins tordus côtiers et des douglas verts dans des forêts ouvertes et sur des arbres solitaires le long de rivages marins, soit dans des milieux suffisamment aérés pour que ses thalles et leur substrat s’assèchent rapidement après la pluie. On observe parfois quelques thalles de l’espèce sur des clôtures de bois près d’arbres qu’elle a colonisés.

Biologie

L’hypogymnie maritime est un lichen dont le partenaire photosynthétique est une algue verte. Elle est dépourvue d’organe de reproduction asexuée, mais elle peut se disperser très localement par fragmentation du thalle. Elle se reproduit principalement au moyen des apothécies produites par le partenaire fongique. Ces organes de reproduction contiennent des ascospores qui sont éjectées à maturité et dispersées par le vent et la pluie. Pour former un nouveau thalle, la spore germée doit entrer en contact avec le bon partenaire algal. La longévité des thalles est inconnue mais est d’au moins une décennie.

Taille et tendances des populations

Il y a trois sous‑populations d’hypogymnie maritime au Canada, et on estime qu’elles comptent au total entre 600 000 et trois millions de thalles poussant sur quelque 30 000 arbres. Presque tous les thalles connus au Canada se trouvent dans une petite région du sud de l’île de Vancouver, sur des promontoires situés entre Sooke et Victoria. Une petite sous-population de quelques centaines de thalles a été découverte au bord du lac Kennedy, sur la côte ouest de l’île de Vancouver. Une troisième très petite sous‑population de moins de 100 thalles a été trouvée à Haida Gwaii, près du village de Masset. Les tendances de la taille des populations sont inconnues, mais les baisses futures seront probablement faibles en l’absence de grands changements climatiques. L’augmentation apparente de la taille de la population canadienne connue depuis la dernière évaluation en 2008 est attribuable à l’intensification des activités de recherche et à une meilleure compréhension de l’écologie de l’espèce plutôt qu’à une hausse réelle de la population.

Menaces et facteurs limitatifs

Selon l’évaluation des menaces, l’impact global des menaces qui pèsent sur la très grande population actuelle d’hypogymnie maritime est faible. Le développement résidentiel, les intrusions humaines et la pollution atmosphérique ont sans doute un impact négligeable. Les effets des tempêtes et de la sécheresse estivale n’ont pas pu être quantifiés pour ce lichen, que l’on croit résistant à ces menaces puisqu’il est surtout présent sur des promontoires côtiers. L’hypogymnie maritime pourrait être touchée par des incendies, dont le nombre augmentera probablement en raison des changements climatiques. Les incendies peuvent entraîner la perte de thalles de lichen en tuant leurs arbres hôtes. Par contre, la fréquence et l’impact des incendies dans les zones où le lichen est le plus abondant seront probablement faibles. Enfin, la majeure partie de la population canadienne de l’espèce se trouve dans des aires protégées, dans une région restreinte à l’extrémité sud de l’île de Vancouver.

Protection, statuts et classements

NatureServe a attribué à l’hypogymnie maritime la cote mondiale G4 (apparemment non en péril) en 2017 et la cote nationale N2 (en péril) au Canada. Depuis avril 2019, l’espèce est cotée S2 (en péril) et inscrite à la liste rouge du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. Les nouvelles données du présent rapport n’ont pas été intégrées en cotes infranationale ou nationale. L’hypogymnie maritime a été désignée « espèce menacée » par le COSEPAC en 2008 et est inscrite comme telle à la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement du Canada. Elle n’a pas été évaluée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hypogymnie maritime (Hypogymnia heterophylla) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 47 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Isopyre à feuilles biternées

Photo du Isopyre à feuilles biternées
Photo: © William van Hemessen

Nom scientifique

Enemion biternatum

Taxon

Plantes vasculaires

Statut du COSEPAC

Préoccupante

Aire de répartition canadienne

Ontario

Justification de la désignation

Cette plante herbacée forestière vivace se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition au Canada, où elle est restreinte à quelques sites riverains fragmentés du sud-ouest de l’Ontario. L’espèce compte six sous‑populations, dont la superficie et la qualité de l’habitat risquent de décliner sous l’effet de diverses activités, notamment l’utilisation des sentiers récréatifs et l’expansion des plantes exotiques envahissantes.

Depuis l’évaluation précédente, le COSEPAC a changé l’interprétation et l’application des termes « fragmentation grave » et « zone d’occupation » pour mieux refléter les critères d’évaluation de l’UICN si bien que l’espèce dépasse les seuils des critères tels qu’ils sont maintenant appliqués.

Description et importance de l’espèce sauvage

L’isopyre à feuilles biternées (Enemion biternatum) est une plante herbacée vivace délicate à floraison printanière qui peut atteindre 10 à 40 cm de haut. Ses fleurs mesurent 1,5 à 2 cm de large et possèdent cinq sépales blancs semblables à des pétales, qui entourent un groupe d’étamines dont les anthères sont jaunes.

La population canadienne d’isopyre à feuilles biternées se limite à la zone carolinienne, dans le sud-ouest de l’Ontario, où elle fait partie d’un ensemble d’espèces d’importance nationale qui, se trouvant à la limite nord de leur aire de répartition, sont préoccupantes sur le plan de la conservation.

Répartition

On trouve l’isopyre à feuilles biternées aux États-Unis et au Canada. L’espèce est considérée comme commune dans la majeure partie de son aire de répartition, qui s’étend vers le sud depuis les Grands Lacs jusqu’en Oklahoma, en Arkansas et au Tennessee, à l’ouest des Appalaches. L’espèce est rare en périphérie de son aire de répartition, et elle est possiblement disparue des États de New York et du Dakota du Sud. Au Canada, l’isopyre à feuilles biternées est présent par endroits dans le sud‑ouest de l’Ontario, qui représente moins de 1 % de son aire de répartition mondiale. Il y a six sous-populations existantes documentées.

Carte du répartition de l’isopyre à feuilles biternées au Canada, s'il vous plaît voir la longue description

Répartition de l’isopyre à feuilles biternées au Canada. Les numéros indiqués correspondent aux numéros d’identification des sous-populations utilisés dans le présent rapport (voir le tableau 1). Carte produite par le Secrétariat du COSEPAC aux fins du présent rapport et reproduite avec son autorisation.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Known sites of Eastern False rue-anemone (Enemion biternatum) in Canada = Sites connus occupés par l’isopyre à feuilles biternées (Enemion biternatum) au Canada

Extant = Existant

Historical = Historique

Extirpated = Disparu

Kilometres = Kilomètres

Lake Michigan = Lac Michigan

Lake Huron = Lac Huron

Lake Ontario = Lac Ontario

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’isopyre à feuilles biternées (Enemion biternatum) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 66 p.

Description longue

Carte montrant la répartition de l’isopyre à feuilles biternées dans la partie terrestre centrale entre le lac Huron et le lac Erie. Les zones d’occurrence actuelles sont situées sur le côté nord, au centre et sur le côté sud de la partie terrestre centrale. De nombreuses zones d’occurrence historiques sont situées au sud-ouest, au centre et au nord de la partie terrestre centrale.

Habitat

Cette plante herbacée vivace forestière pousse dans des boisés décidus humides et des fourrés, souvent sur des terrasses alluviales et sur des pentes des vallées, et parfois sur de hauts plateaux. Les sous-populations canadiennes se trouvent généralement dans des forêts de feuillus caroliniennes, souvent dominées par l’érable à sucre en combinaison avec diverses autres espèces.

Biologie

Au Canada, l’isopyre à feuilles biternées fleurit d’avril à mai et produit des fruits de mai à juin. Les insectes sont les principaux pollinisateurs. Les graines germent en automne. Cette plante vivace présente une multiplication végétative considérable. On ne dispose pas de renseignements précis sur l’âge des individus à la première floraison, leur longévité ou l’âge moyen des individus matures dans la population. Il faut probablement plusieurs années pour qu’un individu issu d’une graine ou d’une propagule végétative fleurisse pour la première fois.

Taille et tendances des populations

La population d’isopyre à feuilles biternées au Canada était auparavant estimée à un million de tiges et considérée comme stable. Cette population est répartie dans plusieurs sous-populations et dans de nombreux sites, bien que la grande majorité des plantes se trouve dans seulement deux sites, qui correspondent à deux sous‑populations. La taille actuelle de la population est considérée comme semblable aux valeurs estimées antérieurement, ce qui s’explique en partie par des activités de relevé accrues. On a observé ou inféré un déclin dans quelques sites, notamment un déclin important (environ 70 %) du nombre estimé de tiges dans la plus grande colonie signalée.

Menaces et facteurs limitatifs

La compétition exercée par les plantes non indigènes envahissantes est considérée comme la principale menace pesant sur l’isopyre à feuilles biternées au Canada. Une forte densité de cerfs de Virginie pourrait réduire la vigueur des plantes. Des sentiers récréatifs sont présents à proximité de plusieurs sites occupés par l’espèce, ce qui pourrait entraîner le piétinement des plantes et le compactage du sol à certains endroits. Plusieurs sous-populations se trouvent dans des zones urbaines en expansion ou à proximité de celles-ci; on s’attend donc à ce que la pression exercée par les activités récréatives augmente.

Parmi les facteurs limitatifs importants pour l’espèce figurent sa capacité de dispersion limitée, le faible taux de visite par les pollinisateurs et l’autocompatibilité, qui peut mener à la dépression de consanguinité ou à une baisse du succès reproducteur, particulièrement dans les petites sous-populations occupant un habitat fragmenté.

Protection, statuts et classements

L’isopyre à feuilles biternées figure sur la liste des espèces menacées de la Loi sur les espèces en péril du Canada et de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Un programme de rétablissement fédéral dans lequel l’habitat essentiel est désigné a été préparé en 2017. L’Ontario a adopté ce programme de rétablissement fédéral et a préparé une déclaration indiquant les mesures que le gouvernement provincial prévoit prendre ainsi que ses priorités à cet égard. Les plantes et leur habitat général bénéficient d’une protection en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition du gouvernement provincial. Plusieurs sous-populations existantes se trouvent sur des terres privées. Plusieurs sites abritant un nombre considérable de plantes se trouvent sur des terres appartenant à des municipalités et dans des aires gérées à des fins de conservation. Aucune occurrence connue ne se trouve sur le territoire domanial.

NatureServe a attribué à l’isopyre à feuilles biternées la cote de conservation « En sécurité » à l’échelle mondiale (G5), mais ce statut n’a pas été réexaminé depuis 1984. L’espèce est classée « En péril » en Ontario (S2) et au Canada (N2). L’espèce est également considérée comme préoccupante sur le plan de la conservation dans neuf territoires situés en périphérie de son aire de répartition aux États-Unis.

Environ la moitié de la population canadienne connue de cette espèce se trouve sur des terres publiques.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’isopyre à feuilles biternées (Enemion biternatum) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 66 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Martre d’Amérique – population de Terre‑Neuve

Photo du Martre d’Amérique – population de Terre‑Neuve
Photo: © Tyrone Mulrooney, Parks Canada

Nom scientifique

Martes americana atrata

Taxon

Mammifères

Statut du COSEPAC

Préoccupante

Aire de répartition canadienne

Terre‑Neuve‑et‑Labrador

Justification de la désignation

Cette espèce, isolée géographiquement, est constituée d’une population génétiquement et écologiquement distincte. Il s’agit de l’une des 14 espèces de mammifères endémiques sur l’île de Terre‑Neuve. Le déclin démographique, qui s’est amorcé au début du 20e siècle, résulte largement de la récolte directe et accidentelle. Selon les données actuelles et une récente estimation de la population, la répartition et l’abondance ont augmenté depuis la dernière évaluation du COSEPAC de 2007. Cette augmentation s’explique probablement par la sous‑estimation du nombre de martres, une diminution de la mortalité causée par la récolte et l’amélioration des conditions écologiques de l’espèce. La population ne satisfaisant plus aux critères du statut d’espèce menacée, elle est considérée comme préoccupante; elle pourrait devenir menacée si les menaces ne sont pas efficacement gérées.

Description et importance de l’espèce sauvage

La population terre‑neuvienne de la martre d’Amérique (Martes americana atrata) est une unité désignable géographiquement isolée et distincte sur les plans génétique et écologique qui ne se trouve que sur l’île de Terre‑Neuve. Cette population est constituée d’individus de plus grande taille et au pelage plus foncé que les autres sous‑espèces de martres. La martre est l’un des 14 mammifères indigènes de Terre‑Neuve. Les caractéristiques génétiques et écologiques particulières de la martre de Terre‑Neuve en font un élément important de la biodiversité au Canada.

Répartition

On présume que l’aire de répartition de la martre de Terre‑Neuve coïncidait avec les écosystèmes forestiers. L’aire de répartition terre‑neuvienne de l’espèce s’est rétrécie au début du 20e siècle et est actuellement constituée d’écosystèmes forestiers dans l’ensemble de l’île, en particulier dans le centre-sud et le sud-ouest de Terre-Neuve (complexe du lac Little Grand et du lac Red Indian), dans la péninsule Northern (bassin versant de la rivière Main) et sur la côte est (région de Terra Nova).

Carte du zone d’occurrence de la population de martres d’Amérique, s'il vous plaît voir la longue description

Zone d’occurrence de la population de martres d’Amérique de Terre‑Neuve, au Canada

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Newfoundland Marten = Martre de Terre‑Neuve

Extent of Occurrence calculation = Calcul de la zone d’occurrence

Legend = Légende

Extent of Occurrence = Zone d’occurrence

The 82699.61 km2 Extent of Occurrence (EO) is shown. = La carte montre la zone d’occurrence de 82 699,61 km2.

The EO is calculated as… = La zone d’occurrence est calculée comme « la superficie délimitée par un polygone sans angles concaves comprenant la répartition géographique de toutes les populations connues d’une espèce sauvage. »

Prepared by: Wildlife Division and Atlantic Canada Conservation Data Centre = Préparé par : Division de la faune et Centre de données sur la conservation du Canada atlantique

Date: November 2020 = Date : novembre 2020

Datum: Transverse Mercator NAD83 = Système de référence : NAD83 – projection transverse de Mercator

Source : Atlantic Canada Conservation Data Centre; Forestry and Wildlife Branch, Government of Newfoundland and Labrador. 2020.

Description longue

Carte montrant la répartition de la marte d’Amérique, population de Terre-Neuve.  Le tout est représenté par un triangle sur la carte montrant Terre-Neuve. La plus grande zone d’occurrence est située sur le côté sud-ouest de l'île et à l'intérieur du coin ouest du triangle. La deuxième plus grande zone d’occurrence est située à l'angle sud-est de l'île et à l'intérieur du triangle et la plus petite zone d’occurrence est située à la limite nord-ouest de l'île et à l'intérieur du triangle.

Habitat

Dans l’ensemble de son aire de répartition nord‑américaine, la martre d’Amérique (Martes americana) est généralement associée à des forêts conifériennes et mixtes matures. Les vieilles forêts présentent un couvert dense, des débris ligneux grossiers, des branches basses et un sous-étage arbustif. Ces éléments de l’habitat offrent à l’espèce des refuges contre les prédateurs des tanières de mise bas et, mais ils sont moins restrictifs pour la répartition de l’espèce à Terre‑Neuve, où le paysage est naturellement fragmenté et où il y a moins de prédateurs et de compétiteurs qu’ailleurs. On croyait que les forêts matures constituaient le principal besoin de la martre en matière d’habitat, mais de récentes études ont montré que l’espèce utilise de jeunes peuplements en régénération (de moins de 6 m de hauteur) et des peuplements qui ont subi une éclaircie précommerciale.

Biologie

La martre de Terre-Neuve se nourrit de manière opportuniste et a un régime alimentaire diversifié. Le campagnol des champs constituait auparavant la ressource alimentaire essentielle de la population. La présence du campagnol à dos roux de Gapper a été documentée pour la première fois en 1999 sur la côte ouest de Terre-Neuve. Depuis deux décennies, cette espèce introduite a étendu son aire de répartition à Terre-Neuve et est maintenant présente dans l’ensemble de l’île. Elle constitue un aliment de base d’autres populations de martres d’Amérique en Amérique du Nord et est maintenant consommée par les martres de Terre-Neuve. Le régime alimentaire actuel de la martre de Terre-Neuve n’a pas été réexaminé depuis que le campagnol à dos roux de Gapper s’est répandu sur l’île.

Taille et tendances des populations

L’aire de répartition et la taille de la population de martres de Terre-Neuve ont diminué au cours du 20e siècle, initialement en raison du piégeage pour sa fourrure et de sa mortalité accidentelle dans des collets et des pièges. L’établissement de l’industrie forestière au début du 20e siècle a eu un effet aggravant en accélérant la modification de l’habitat par les coupes forestières et en augmentant l’accès des humains et le piégeage.

En 1985, la population de martres de Terre-Neuve était estimée entre 630 et 875 individus. Elle a été estimée à 300 individus matures en 1995 et entre 320 et 622 individus matures en 2007. En 2019, une quatrième estimation, plus complète que les précédentes, a suggéré que la population avait augmenté à 2 494-2 773 individus matures. Bien qu’elle était quand même incomplète (~75 % de la superficie de l’île couverte par des données d’inventaire forestier), l’estimation de la population totale est de 2 558‑2 837 si l’on inclut l’estimation d’environ 64 individus matures dans les parcs nationaux Terra‑Nova et du Gros‑Morne. La croissance apparente de la population résulte de la combinaison de deux facteurs : 1) une augmentation réelle du nombre de martres et 2) les estimations antérieures de la population qui étaient prudentes et limitées par le manque de données empiriques.

La répartition de la martre de Terre-Neuve a augmenté depuis l’évaluation précédente du COSEPAC (2007); l’espèce est maintenant présente dans au moins 15 des 18 districts d’aménagement forestier désignés de l’île, ainsi que dans les deux parcs nationaux. L’espèce recolonise certaines parties de son aire de répartition historique, notamment dans la péninsule de Baie Verte, le secteur sud de Stephenville et les zones forestières du centre-sud de Terre-Neuve. Elle est peut‑être présente sur la presqu’île Avalon pour la première fois depuis plus d’un siècle.

Menaces et facteurs limitatifs

Le piégeage accidentel constitue la plus importante menace qui pèse sur la martre de Terre‑Neuve. Toutefois, la baisse générale du nombre de personnes qui pratiquent le piégeage (pièges et collets), les modifications apportées à la réglementation et aux engins de piégeage et la mise en œuvre de meilleures pratiques de gestion ont réduit la capture accidentelle de l’espèce. La mortalité par collision avec des véhicules motorisés et la perte d’habitat causée par l’exploitation forestière et les corridors de services publics sont des menaces de moindre impact pour l’espèce.

Protection, statuts et classements

La martre de Terre-Neuve est inscrite comme espèce menacée en vertu de l’Endangered Species Act de la province et de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. L’UICN classe la martre d’Amérique comme espèce de préoccupation mineure à l’échelle mondiale, mais ni la population de Terre-Neuve ni la sous-espèce M. americana atrata n’ont été évaluées. Se servant de la méthodologie de NatureServe, la province a provisoirement classé la martre de Terre-Neuve comme « vulnérable à apparemment non en péril » (S3S4).

L’habitat de la martre est protégé dans les réserves et les parcs. De l’habitat essentiel a été désigné dans le cadre du processus de planification du rétablissement de l’espèce; en 2010, 16 % de l’habitat essentiel était protégé contre l’exploitation forestière et le piégeage (pièges et collets). Le piégeage commercial visant la martre est interdit à Terre‑Neuve depuis 1934. Des martres sont prises accidentellement dans des pièges et collets dans les régions de l’île où ces activités ne sont pas directement interdites.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du sur la martre d’Amérique (Martes americana atrata), population de Terre-Neuve, au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 47 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Noctuelle sombre des dunes

Photo du Noctuelle sombre des dunes
Photo: © Nick Page

Nom scientifique

Copablepharon longipenne

Taxon

Arthropodes

Statut du COSEPAC

Menacée

Aire de répartition canadienne

Saskatchewan, Manitoba, Ontario

Justification de la désignation

Cette noctuelle est confinée à quelques zones ouvertes et actives de dunes et de creux de déflation sableux des Prairies. Depuis les années 1940, ces dunes se stabilisent et acquièrent lentement un couvert végétal. La superficie des zones sableuses dénudées de nombreuses dunes a diminué à un taux estimé à 10 à 40 % par décennie. La diminution de la superficie des dunes a réduit l’habitat de l’espèce et a accentué la fragmentation du paysage. Bien que cette noctuelle puisse être commune dans les sites où elle se trouve, elle n’est présente que dans une petite proportion des sites qui semblent convenables et elle a disparu de quelques sites historiques. La dispersion entre la plupart des systèmes de dunes est considérée comme très peu probable; la noctuelle n’est probablement pas viable dans plusieurs sites et sa viabilité est incertaine dans d’autres, mais on observe des déclins constants de la qualité et de la superficie de l’habitat.

Description et importance de l’espèce sauvage

La noctuelle sombre des dunes (Copablepharon longipenne) est un papillon noctuidé (ver gris) brun clair, de taille moyenne (11 à 20 mm), dont les ailes antérieures présentent une ligne caractéristique formée de points noirs. Les adultes présentent un dimorphisme sexuel sur le plan de la taille, les mâles étant légèrement plus petits que les femelles. Les mâles ont des antennes étroitement bipectinées (environ 2,5 fois plus longues que larges), tandis que les femelles ont des antennes filiformes. La noctuelle sombre des dunes fait partie d’une communauté hautement spécialisée de plantes et d’animaux qui vivent dans les dunes; cette communauté ne se trouve que dans les dunes actives isolées qui ont été laissées dans le paysage des Prairies à la suite du retrait des glaciers continentaux, il y a des milliers d’années.

Répartition

La noctuelle sombre des dunes ne se trouve que dans les grandes plaines de l’Amérique du Nord, et son aire de répartition mondiale s’étend des environs de Saskatoon, dans les Prairies canadiennes, jusqu’au Texas. L’aire de répartition canadienne de l’espèce s’étend depuis le parc provincial Spruce Woods, dans le sud-ouest du Manitoba, jusque dans le sud-est de l’Alberta, en passant par le sud de la Saskatchewan. L’aire de répartition mondiale et canadienne n’est pas continue, et les sous-populations sont confinées dans de petits îlots d’habitat convenable hautement fragmenté.

Au Canada, on a répertorié 15 sous-populations de noctuelles sombres des dunes : 13 existantes et 2 historiques. Ce nombre comprend trois nouvelles sous-populations qui ont été répertoriées après la publication du premier rapport de situation du COSEPAC. Au sein de l’habitat dunaire où se trouvent les 13 sous-populations, la noctuelle sombre des dunes est présente dans 35 sites (c.-à-d. dunes ou creux de déflation distincts séparés par un habitat couvert de végétation). Il existe probablement d’autres sous-populations non répertoriées de noctuelles sombres des dunes, étant donné que seulement 60 % environ de l’habitat potentiellement convenable pour cette espèce ont fait l’objet de relevés. L’espèce ne semble pas abondante.

Carte du mentions connues de la noctuelle sombre des dunes, s'il vous plaît voir la longue description

Mentions connues de la noctuelle sombre des dunes (Copablepharon longipenne) au Canada. Voir l’annexe 1 pour obtenir des renseignements détaillés sur les sites. Carte préparée par R. Foster le 1er août 2021.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Extant = Existante

Presumed Extant = Présumée existante

Presumed Extirpated = Présumée disparue

Erroneous Record = Mention erronée

Unsuccessful Survey = Relevé infructueux

US Dusky Dune Moth = Noctuelle sombre des dunes aux États-Unis

Major Sand Hill (Wolfe) = Dunes d’importance

Prairie Ecozone = Écozone des Prairies

Ecodistrict = Écodistrict

Palliser’s Triangle (Wolfe et al. 2013) = Triangle de Palliser (Wolfe et al., 2013)

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la noctuelle sombre des dunes (Copablepharon longipenne) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa xiii + 65 p.

Description longue

Carte montrant l'Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba. Un polygone de l'écozone des Prairies représentant la répartition de la noctuelle sombre des dunes est visible dans les trois provinces.  Les zones d’occurrence actuelles sont situées au sud-est de l'Alberta, au sud-ouest et au centre de la Saskatchewan, et au sud-ouest du Manitoba. Les zones d’occurrence présumées existantes sont situées dans le coin sud-est de l'Alberta, dans la région sud-ouest de la Saskatchewan et dans la région sud-ouest du Manitoba. Les zones d’occurrence présumées disparues sont situées dans les régions du sud et sud-ouest de l'Alberta. Trois mentions erronées sont situées dans le sud-ouest de la Saskatchewan. Quelques relevés infructueux sont situés dans le centre-est de l'Alberta, le centre-ouest de la Saskatchewan et le sud-ouest du Manitoba. Une zones d’occurrence actuelle est située dans la région nord-est du Minnesota, aux États-Unis. La plupart des zones d’occurrence actuelles sont situées sur les principales collines de sable dans le sud-est de l'Alberta, le sud-ouest de la Saskatchewan et le sud-ouest du Manitoba. La plupart des zones d’occurrence actuelles sont situées dans les zones de l'éco district et du triangle de Palliser, à l'exception des zones d’occurrence situées au Manitoba. 

Habitat

La noctuelle sombre des dunes est surtout présente dans les dunes actives ou dans l’habitat sableux offert par les creux de déflation associés aux champs de dunes. Elle utilise plus rarement les zones sableuses dénudées issues de l’activité humaine (p. ex. routes de sable et coupe-feux). L’espèce semble plus abondante dans les dunes naturelles.

Biologie

On sait peu de choses sur la biologie de la noctuelle sombre des dunes; comme elle est nocturne, cette espèce est difficile à recenser. Au Canada, l’espèce produit une génération par année et sa période de vol s’étend de la mi-juin à la fin août. La noctuelle sombre des dunes ne semble pas spécifique à une plante hôte. L’accouplement a lieu sur la végétation basse ou sur le sol et l’oviposition (ponte) se déroule dans le sable peu profond. Les œufs éclosent environ trois semaines après la ponte et les chenilles se nourrissent de végétation dunaire sous la surface du sol, s’enfouissant probablement dans le sol pour l’hiver, bien que la profondeur du microsite et du sable demeure inconnue. Les chenilles émergent au printemps ou au début de l’été et continuent de s’alimenter avant la nymphose, qui a lieu dans le sol. On ne connaît pas la capacité de dispersion des adultes de la noctuelle sombre des dunes. Les parcelles d’habitat dunaire sont souvent réparties de manière éparse, et il est probable qu’une dispersion sur de courtes distances se produise vers les parcelles adjacentes. Toutefois, la dispersion entre des systèmes dunaires géographiquement isolés (>10 km) est peu probable.

Taille et tendances des populations

Le nombre de sites occupés par la noctuelle sombre des dunes semble être resté stable au cours de la dernière décennie, mais il a diminué par rapport aux niveaux historiques en raison de la perte d’habitat dunaire. Au cours des 100 dernières années, l’habitat de dunes actives dont dépend ce papillon nocturne a considérablement diminué dans la région, une tendance qui devrait se maintenir. Au moins deux sous-populations (Lethbridge et Sunnydale) sont disparues au cours du dernier siècle. Il est probable qu’une troisième sous-population, l’occurrence se trouvant dans le champ de dunes Dominion, soit également disparue, puisqu’il reste très peu de zones sableuses dénudées à cet endroit. Il existe trop peu de données sur lesquelles fonder des estimations des sous-populations ou une estimation de l’ensemble de la population canadienne. Il y a cependant un déclin présumé de l’abondance de la noctuelle sombre des dunes dans les sites existants, comme inféré d’après la perte d’habitat de dunes actives dénudées attribuable à la stabilisation des dunes.

Menaces et facteurs limitatifs

La survie à long terme de la noctuelle sombre des dunes semble principalement menacée par la perte d’habitat résultant de la stabilisation des dunes actives par des espèces végétales tant indigènes qu’introduites. Ce processus naturel est contrôlé dans une large mesure par les tendances climatiques régionales, mais il s’est accéléré au cours des 150 dernières années, en partie en raison de la diminution de l’aridité, de la réduction des feux de prairie et du déclin de l’abondance du bison des plaines (Bison bison bison), qui font partie du régime de perturbations naturelles de l’habitat.

Protection, statuts et classements

La plupart des sites connus abritant la noctuelle sombre des dunes bénéficient d’une protection du fait qu’ils se trouvent sur des terres publiques provinciales louées, dans des parcs provinciaux ou régionaux, ou sur des terres fédérales du ministère de la Défense nationale. Quelques sites se trouvent sur des terres autochtones, des terres privées ou des terres dont on ne connaît pas le régime foncier (particulièrement en ce qui concerne les occurrences historiques).

La noctuelle sombre des dunes est inscrite comme espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral et de la Loi sur les espèces et les écosystèmes en voie de disparition du Manitoba. L’espèce est classée G4 (apparemment non en péril) à l’échelle mondiale, N2 (en péril) à l’échelle nationale au Canada, et S1 (gravement en péril). À l’échelle provinciale, l’espèce est classée S1S2 (gravement en péril) au Manitoba, S1S2 en Alberta, et S2 (en péril) en Saskatchewan.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la noctuelle sombre des dunes (Copablepharon longipenne) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa xiii + 65 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Porte‑queue de Johnson

Photo du Porte‑queue de Johnson
Photo: © Michelle Connolly

Nom scientifique

Callophrys johnsoni

Taxon

Arthropodes

Statut du COSEPAC

Préoccupante

Aire de répartition canadienne

Colombie‑Britannique

Justification de la désignation

Au Canada, ce papillon se rencontre uniquement dans le sud de la Colombie‑Britannique, de l’île de Vancouver jusqu’à Hope, vers l’est. Il vit dans les forêts anciennes côtières et les forêts conifériennes secondaires de fin de succession qui présentent une importante composante de pruche de l’Ouest. Les chenilles de l’espèce se nourrissent exclusivement des fleurs du faux‑gui de la pruche, une espèce hémiparasite de la pruche de l’Ouest. Le faux‑gui de la pruche réduit la valeur économique des arbres, et les pratiques d’aménagement forestier consistant à éliminer des pruches de l’Ouest pour lutter contre le faux‑gui de la pruche dans les vieilles forêts représentent une menace constante. Cette espèce de papillon pourrait devenir « menacée » si rien n’est fait pour contrer les menaces qui nuisent à sa persistance.

Description et importance de l’espèce sauvage

Le porte‑queue de Johnson est un petit papillon (envergure de 2,5 à 3,0 cm) diurne brun chocolat aux ailes postérieures dotées de petits appendices caudaux à pointe blanche. Le mâle et la femelle diffèrent légèrement; la femelle est généralement plus grande et plus pâle que le mâle.

Le porte‑queue de Johnson fait partie d’un groupe de papillons diurnes dont l’aire de répartition au nord se termine dans l’ouest du Canada. Ses chenilles se nourrissent du faux‑gui de la pruche qui pousse dans les forêts où la pruche de l’Ouest est l’espèce dominante. Le faux‑gui est considéré comme une espèce nuisible par l’industrie forestière.

Répartition

Au Canada, l’aire de répartition du porte‑queue de Johnson est petite et s’étend dans le sud‑ouest de la Colombie‑Britannique, depuis l’extrême sud‑est du continent jusqu’à Hope. L’espèce compte dix sous‑populations existantes et cinq sous‑populations historiques, mais il existe probablement d’autres sous‑populations. Son aire de répartition mondiale s’étend jusqu’à la côte de la Californie et jusqu’à l’Idaho vers l’est. Moins de 5 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada.

Carte du aire de répartition canadienne du porte queue de Johnson, s'il vous plaît voir la longue description

Aire de répartition canadienne du porte queue de Johnson (Callophrys johnsoni) basée sur un polygone convexe entourant les mentions connues de l’espèce (voir le tableau 1). La zone d’occurrence est de 17 385 km2, basée sur un polygone convexe entourant les sous populations connues et en retirant la partie du polygone située aux États Unis. Carte : Greg Amos (ENV).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Johnson’s Hairstreak subpopulation = Sous‑population de porte‑queues de Johnson

Johnson’s Hairstreak Extent of Occurrence (EOO = 17,385 sq. km) = Zone d’occurrence du porte‑queue de Johnson (17 385 km2)

Scale: 1:1,000,000 = Échelle : 1:1 000 000

W = O. [along the horizontal axis]

N = N. [along the vertical axis]

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le porte queue de Johnson (Callophrys johnsoni) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 71 p.

Description longue

Carte montrant la répartition du porte-queue de Johnson.  Des zones terrestres sont situées en haut à droite de la carte et en bas à gauche de la carte et sont séparées par une zone d'eau qui est située au centre de la carte. Un polygone entoure le centre de la carte et couvre la partie centrale des terres au nord, la partie centrale de la zone d'eau au milieu, ainsi que la partie centrale des terres au sud. Le porte-queue de Johnson est présent sur les terres du nord et du sud. Le nord est plus peuplé que le sud.

Habitat

En Colombie‑Britannique, le porte‑queue de Johnson vit dans les forêts anciennes côtières et les forêts conifériennes de seconde venue en fin de succession (> 81 ans) qui présentent une importante composante (> 40 %) de pruche de l’Ouest. La plupart des mentions proviennent d’endroits situés à moins de 625 m au‑dessus du niveau de la mer; il y a toutefois une sous‑population sur l’île de Vancouver qui se trouve à 880‑980 m au‑dessus du niveau de la mer.

Les chenilles du porte‑queue de Johnson se nourrissent de faux‑gui de la pruche, une plante hémiparasite de la pruche de l’Ouest. À mesure qu’un peuplement forestier vieillit, l’abondance du faux‑gui s’accroît tant sur chacun des arbres infestés qu’à l’échelle du peuplement. Le faux‑gui forme des balais denses sur plusieurs branches, produit des graines et se propage dans tout l’arbre. Les chenilles se nourrissent des pousses de faux‑gui en floraison. En Colombie‑Britannique, on estime que 15 % des peuplements de pruche de l’Ouest abritent le faux‑gui de la pruche, principalement dans une bande nord‑sud large d’environ 150 km, le long de la côte.

Les adultes passent leur temps dans la partie supérieure du couvert forestier et descendent dans les prés dégagés pour se nourrir du nectar de diverses fleurs.

Biologie

Le porte‑queue de Johnson subit une métamorphose complète, où se succèdent l’œuf, la chenille, la chrysalide et l’adulte. Les périodes de vol et d’accouplement des adultes s’étendent de la fin mai à la fin juin en Colombie‑Britannique. Les œufs sont pondus individuellement sur les pousses de faux‑gui en croissance et en floraison, vraisemblablement dans la partie supérieure du couvert forestier. Les œufs éclosent en quelques semaines, et les chenilles passent par quatre stades, se nourrissant de toutes les parties du faux‑gui. Les porte‑queues de Johnson passent l’hiver sous forme de chrysalides, abritées dans les balais de faux‑gui. L’espèce produit une génération par année en Colombie‑Britannique.

Taille et tendances des populations

Les relevés du porte‑queue de Johnson visaient à découvrir de nouvelles sous‑populations de l’espèce et à recueillir des données sur son histoire naturelle et son habitat et ont permis de répertorier des observations de 1900 à 2021. La principale méthode de relevé a consisté à parcourir des transects aléatoires pendant la période de vol des adultes, dans des zones où l’espèce peut être présente et où les plantes en fleurs sont abondantes, l’observateur ciblant les parcelles en fleurs pour observer les papillons au repos et en train de butiner. On ne dispose d’aucun renseignement sur la taille ou les tendances de la population canadienne. Un déclin de l’ensemble de la population canadienne est inféré et prévu, compte tenu de la perte historique documentée de forêts anciennes, de la perte future prévue d’habitat du porte‑queue de Johnson à cause des pratiques d’exploitation forestière actuelles et des pratiques d’aménagement forestier à long terme qui réduisent au minimum l’abondance du faux‑gui pour protéger la qualité du bois.

Menaces et facteurs limitatifs

La menace dont l’impact est le plus élevé pour le porte‑queue de Johnson et son habitat potentiel est l’enlèvement des forêts anciennes et des forêts de seconde venue en fin de succession (> 81 ans) dans toute la zone biogéoclimatique côtière à pruche de l’Ouest du sud‑ouest de la Colombie‑Britannique. À l’heure actuelle, il reste environ 1 945 km2 de forêts anciennes et de forêts de seconde venue en fin de succession (> 81 ans) dans l’aire de répartition potentielle du porte‑queue de Johnson.

Les recommandations en matière d’exploitation et d’aménagement des forêts qui limitent la propagation du faux‑gui de la pruche ont pour effet de réduire efficacement l’habitat potentiel futur du porte‑queue de Johnson et peuvent être utilisées pour inférer et prévoir un déclin de l’habitat futur du porte‑queue de Johnson. L’aménagement forestier qui réduit l’abondance du faux‑gui comprend l’enlèvement général ou ciblé des arbres infestés (p. ex. coupe à blanc, coupe partielle avec enlèvement sélectif des arbres infestés) et les pratiques sylvicoles passées qui ont créé des conditions de peuplement non propices à la croissance ou à l’établissement du faux‑gui (p. ex. coupe à blanc suivie d’une plantation équienne).

Protection, statuts et classements

Le porte‑queue de Johnson bénéficie d’une certaine protection en vertu du Forest and Range Practices Act et du Protected Areas Act de la province. Il est inscrit à titre d’espèce sauvage désignée (Identified Wildlife) et géré selon les dispositions énoncées dans la stratégie de gestion des espèces sauvages désignées (Identified Wildlife Management Strategy). Il n’est pas protégé par le Wildlife Act de la province, et on ne dispose d’aucune mention confirmée dans les parcs provinciaux ou les aires protégées. L’espèce a été observée dans le parc Stanley (une propriété fédérale appartenant à l’Agence Parcs Canada et gérée par la Ville de Vancouver) et dans le parc Pacific Spirit (administration régionale de Metro Vancouver).

À l’échelle mondiale, le porte‑queue de Johnson est coté apparemment vulnérable (G3); à l’échelle nationale, il est coté gravement en péril/en péril (N1N2); et à l’échelle provinciale, il est coté gravement en péril (S1). Sa plante hôte n’est pas en péril. La plupart des sous‑populations existantes de porte‑queues de Johnson chevauchent plusieurs propriétés, y compris des terres forestières de la Couronne provinciale, des parcs municipaux et régionaux et des terres privées.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le porte‑queue de Johnson (Callophrys johnsoni) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xi + 71 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Sauterelle de l’île de Vancouver

Photo du Sauterelle de l’île de Vancouver
Photo: © James Miskelly

Nom scientifique

Steiroxys cf. strepens

Taxon

Arthropodes

Statut du COSEPAC

En voie de disparition

Aire de répartition canadienne

Colombie-Britannique

Justification de la désignation

La répartition de cette sauterelle incapable de voler est très limitée dans le sud de l’île de Vancouver, où elle a été observée moins de 10 fois entre 1990 et 2011. Les seules mentions récentes proviennent d’un petit parc urbain, appelé Mount Tolmie, dans la région métropolitaine de Victoria. La population se trouve dans les écosystèmes du chêne de Garry, qui ont subi de lourdes pertes par le passé. La prédation accrue par les lézards des murailles envahissants provenant d’Europe et le déclin de la qualité de l’habitat dans un parc urbain menacent l’existence de cette sauterelle au Canada.

Description et importance de l’espèce sauvage

La sauterelle de l’île de Vancouver (Steiroxys cf. strepens Fulton, 1930) est un insecte mesurant de 25 à 30 mm (longueur du corps) qui appartient à la famille des Tettigoniidés. Les sauterelles de la sous-famille des Tettigoniinés se caractérisent par un corps court et robuste et des antennes fines qui dépassent la longueur du corps.

Répartition

L’aire de répartition mondiale de la sauterelle de l’île de Vancouver se limite au parc Mount Tolmie situé dans le district de Saanich, dans le sud-est de l’île de Vancouver.

On sait que cette sauterelle est présente au Canada grâce à cinq mentions provenant du parc Mount Tolmie et à une mention antérieure à 1985 provenant du sud de l’île de Vancouver.

Les relevés ciblant la sauterelle de l’île de Vancouver effectués au cours des 15 dernières années visaient principalement à trouver de nouvelles occurrences et à vérifier sa présence continue au parc Mount Tolmie. Entre 2010 et 2018, plus de 30 sites renfermant de l’habitat potentiel ont fait l’objet de relevés et plus de 30 heures ont été consacrées à ces relevés, effectués pendant la période d’activité des adultes (juillet à septembre). En 2019 et en 2021, 6 et 5 sites, respectivement, ont fait l’objet d’activités de recherche plus intensives totalisant 97 heures et 75 km. Aucune sauterelle de l’île de Vancouver n’a été observée en 2019 ni en 2021.

Carte du aire de répartition canadienne de la sauterelle de l’île de Vancouver, s'il vous plaît voir la longue description

Aire de répartition canadienne de la sauterelle de l’île de Vancouver (Steiroxys cf. strepens), auparavant appelée sauterelle bruyante; un site se trouvant dans le parc Mount Tolmie à Saanich, en Colombie-Britannique. Carte créée par Greg Amos.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Noisy shieldback katydid - Canadian range = Sauterelle bruyante – aire de répartition canadienne

United States = États-Unis

Scale: 1:1,250,000 = Échelle : 1:1 250 000

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la sauterelle de l’île de Vancouver (Steiroxys cf. strepens) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 48 p.

Description longue

Carte montrant la répartition de la sauterelle de l'île de Vancouver sur la côte sud-ouest de la Colombie-Britannique. Un petit rectangle montre une zone à qui montre le parc du Mont Tolmie à Victoria, au sud de l'île de Vancouver.  Un agrandissement de cette zone de la carte montre un polygone qui indique la zone du parc du Mont Tolmie. Le parc du Mont Tolmie est l'endroit où se trouve la sauterelle de l'île de Vancouver au Canada.

Habitat

L’habitat naturel de la sauterelle de l’île de Vancouver dans le parc Mount Tolmie est celui de la chênaie de Garry à la végétation clairsemée et de la chênaie broussailleuse qui lui est associée. Ces prés ouverts servant d’habitat sont caractérisés par une faible densité de chêne de Garry, de douglas de Menzies, d’arbousier d’Amérique et d’autres espèces. L’étage inférieur est composé de graminées indigènes et introduites et d’une grande diversité d’herbacées non graminoïdes, ainsi que d’arbustes. On peut également trouver de telles chênaies broussailleuses sur les terrains continentaux à forte pente, les falaises, et les affleurements rocheux formés par l’érosion, l’effondrement de parois rocheuses ou de rives et l’accumulation de dépôts organiques au fil du temps. Les sols qui se forment dans les fissures et crevasses du substrat rocheux des falaises et des affleurements permettent la croissance de graminées, de mousses, de lichens, et d’arbres et d’arbustes rabougris. De tels milieux sont susceptibles de servir d’habitat à la sauterelle de l’île de Vancouver.

Les sauterelles de la sous-famille des Tettigoniinés ont tendance à établir des territoires (dans le cas des mâles), à chercher un abri, à chasser, et à se camoufler des prédateurs.

Biologie

Le cycle vital de la sauterelle de l’île de Vancouver est mal compris et les renseignements présentés ci-après sont fondés en grande partie sur la sauterelle bruyante et sur d’autres espèces du genre Steiroxys. La larve est une réplique plus petite de l’adulte et elle passe par une série de mues jusqu’à ce qu’elle atteigne, au milieu de l’été, une taille à maturité de 25 à 30 mm. Les adultes ne volent pas. Le chant des mâles consiste en une série de sons grinçants très brefs; il commence par quelques notes, puis s’amplifie jusqu’à ce qu’on entende des stridulations rapides.

Taille et tendances des populations

On ne dispose d’aucun renseignement sur la taille ou les tendances de la population canadienne, mais on présume que les effectifs sont faibles.

Menaces et facteurs limitatifs

La menace ayant le plus grand impact sur la sauterelle de l’île de Vancouver est probablement la prédation exercée par les lézards des murailles non indigènes provenant d’Europe et par les chats domestiques. Les activités humaines, soit les activités récréatives et les travaux d’entretien du parc, constituent également des menaces. On infère que la qualité de l’habitat dans le parc Mount Tolmie est en déclin à cause des effets cumulatifs de la suppression des incendies et de l’empiètement subséquent des plantes indigènes et non indigènes/envahissantes. La mortalité routière représente peut-être également une menace.

Protection, statuts et classements

La sauterelle de l’île de Vancouver ne bénéficie d’aucune protection en vertu d’une loi provinciale ou fédérale. L’espèce n’a pas encore été classée à l’échelle mondiale. À l’échelle nationale et provinciale, la cote de conservation de l’espèce (considérée comme la sauterelle bruyante) est « En péril » (N1, S1) (Gelling, comm. pers., 2022).

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la sauterelle de l’île de Vancouver (Steiroxys cf. strepens) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 48 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

Thècle méridionale d’Ontario

Photo du Thècle méridionale d’Ontario
Photo: © Jessica Linton

Nom scientifique

Satyrium favonius ontario

Taxon

Arthropodes

Statut du COSEPAC

Menacée

Aire de répartition canadienne

Ontario

Justification de la désignation

Cette espèce, spécialiste des chênaies à couvert dense (> 60 %), ne compte plus que quelques sous-populations isolées dans une petite région du sud-ouest de l’Ontario, bien qu’il existe probablement quelques occurrences non documentées de cette espèce difficile à recenser. Dans cette aire de répartition, l’étendue et la qualité de l’habitat dont l’espèce dépend sont également en déclin. La principale menace est l’application d’insecticides à large spectre pour lutter contre les infestations de lépidoptères non indigènes, ainsi que d’autres changements de l’écosystème qui ont une incidence directe sur l’espèce et réduisent encore davantage la qualité de l’habitat.

Description et importance de l’espèce sauvage

La thècle méridionale d’Ontario (Satyrium favonius ontario) est un petit papillon (envergure de 24 à 38 mm) de couleur gris brunâtre dont les ailes postérieures se caractérisent par la présence de touffes appelées « queues ». Le dessous des ailes est gris brunâtre et est orné de taches orange bien visibles près de la marge des ailes postérieures et d’une tache bleue en dessous de la queue inférieure. Une série de petites lignes blanches et noires orne le dessous des ailes postérieures, et la ligne médiane blanche forme un « W » bien net au-dessus de la tache bleue. Les chenilles sont jaunâtres et ressemblent à des limaces. Leur corps présente des rayures dorsales vertes et une rayure latérale jaune. La chrysalide est brun foncé marbré de poils fins. La thècle méridionale d’Ontario intéresse les entomologistes en raison de son association avec des boisés rares dominés par les chênes dans le sud de l’Ontario.

Répartition

L’aire de répartition de la thècle méridionale d’Ontario (S. f. ontario) s’étend depuis le Massachusetts jusqu’à la Géorgie, vers le sud, et jusqu’à l’extrême sud de l’Ontario, au Michigan, à l’Iowa, à l’Oklahoma et au centre-sud du Texas, vers l’ouest. À l’échelle mondiale, on compte quatre sous-espèces de Satyrium favonius, mais une seule sous‑espèce, la thècle méridionale d’Ontario, est présente au Canada. La thècle méridionale d’Ontario est considérée comme répandue, mais ses occurrences sont localisées, et elle devient plus rare vers la limite nord de son aire de répartition. Au Canada, l’espèce ne compte que six sous‑populations dans le sud-ouest de l’Ontario : Port Stanley (no 1, historique); Grimsby (no 2, historique); comté de Lambton (no 4, existante); île Walpole (no 5, non confirmée), Windsor (no 6, existante) et Middlesex (no 7, existante). Un individu a été observé à la pointe Pelée (no 3, individu errant). Cependant, aucune autre mention ne provient de cet habitat, et on considère que cette observation n’est pas représentative d’une sous-population viable.

Carte du sous-populations de thècles méridionales d’Ontario, s'il vous plaît voir la longue description

Sous-populations de thècles méridionales d’Ontario (Satyrium favonius ontario) au Canada (tableau 1).

Carte produite par Gerry Schaus, Natural Resource Solutions Inc. (mai 2022).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Extant Subpopulation = Sous-population existante

Historical Subpopulation = Sous-population historique

Unconfirmed Subpopulation = Sous-population non confirmée

Vagrant = Individu errant

Extent of occurrence (EOO) = Zone d’occurrence

1183.66 km2 = 1 183,66 km2

Lake Huron = Lac Huron

Lake Ontario = Lac Ontario

Lake Erie = Lac Érié

USA = É.-U.

Pennsylvania = Pennsylvanie

Kilometers = Kilomètres

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la thècle méridionale d’Ontario (Satyrium favonius ontario) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 46 p.

Description longue

Carte montrant la répartition du thècle méridionale d’Ontario. Elle montre le lac Érié, le lac Huron, le lac Ontario et les zones terrestres autour des lacs. Un polygone triangulaire démontre la zone d’occurrence actuelle du thècle méridionale d’Ontario et est situé sur le côté gauche de la carte, cinq sous-populations existantes sont situées à l'intérieur du triangle, qui est situé sur les terres entre le lac Huron et le lac Érié. Deux sous-populations historiques sont situées au centre de la rive nord du lac Érié et sur la rive sud-ouest du lac Ontario, près des chutes du Niagara. Un individu errant a été localisé sur le côté ouest de la rive nord du lac Érié.

Habitat

Au Canada, la thècle méridionale d’Ontario occupe des chênaies dont le couvert forestier est supérieur à 60 %. Les adultes sont des généralistes en ce qui a trait au nectar et butinent les ressources florales des clairières ou des prés situés à la lisière des chênaies. L’identification de la plante hôte ou des plantes hôtes des chenilles n’a pas été confirmée au Canada, mais on pense qu’il pourrait s’agir du chêne blanc (Quercus alba). Dans la partie nord de l’aire de répartition de la thècle méridionale d’Ontario aux États‑Unis, on a vu des femelles pondre des œufs sur des chênes blancs, ce qui se produit également dans les habitats où des sous‑populations existantes de thècles méridionales d’Ontario ont été signalées au Canada. Les jeunes chenilles se nourrissent du pollen des boutons et des fleurs, mais consomment ensuite de jeunes feuilles à mesure qu’elles franchissent les cinq stades de leur développement. Les adultes se nourrissent aussi du miellat produit par les pucerons et des exsudats provenant des galles formées par de petites guêpes de la famille des Cynipidés qui parasitent les chênes. Les larves des guêpes qui se développent dans les glands de chêne sont enfermées dans une petite galle qui fait saillie entre le gland et la cupule. La galle exsude une solution sucrée qui en recouvre la surface et dont se nourrissent les thècles.

Biologie

La période de vol de la thècle méridionale d’Ontario est courte (mi-juin à mi-juillet), et cette sous‑espèce ne produit qu’une génération par année au Canada. La durée de vie des adultes est inconnue, mais est sans doute inférieure à deux semaines. Les adultes passent vraisemblablement la plus grande partie de leur vie dans le couvert forestier des chênaies. Cette caractéristique rend difficile la réalisation de relevés précis et d’estimations de l’abondance. Les œufs sont pondus sur des rameaux dans le couvert des chênaies. Ils survivent à l’hiver et éclosent au printemps. Les chenilles descendent ensuite le long du tronc des arbres et se transforment en chrysalides dans la litière de feuilles à la base des chênes. Les mâles défendent leur territoire de reproduction et adoptent un comportement de sommitisme (comportement ayant pour but la rencontre de partenaires, consistant pour les mâles à établir un territoire sur un promontoire pour y attendre les femelles). Lorsqu’elle est menacée, la thècle méridionale d’Ontario frotte ses ailes postérieures qui sont munies de queues pour simuler une fausse tête et ainsi détourner l’attention. Selon certaines mentions, l’aire de répartition de la thècle méridionale d’Ontario aurait progressé de plusieurs centaines de kilomètres dans le sud de l’Ontario et le nord-est des États‑Unis durant la seconde moitié du 20e siècle, et une nouvelle expansion vers le nord est prévue en raison des changements climatiques.

Taille et tendances des populations

On possède peu de données sur les tendances et les fluctuations des populations de thècles méridionales d’Ontario au Canada et aux États‑Unis. Selon les mentions recueillies, cette sous‑espèce ne serait pas abondante, bien que cette abondance soit probablement sous-estimée. Tous les individus qui ont été observés au Canada étaient des adultes, le plus souvent occupés à se nourrir de nectar. Les observations au sol ne sont pas considérées comme un indicateur fiable de l’abondance des sous-populations.

Menaces et facteurs limitatifs

Les menaces qui pèsent sur la thècle méridionale d’Ontario sont inférées à partir des menaces générales auxquelles sont exposés les lépidoptères dans le sud‑ouest de l’Ontario ainsi que de l’étendue et de la qualité de l’habitat dans les sites connus. La principale menace directe qui pèse sur la thècle méridionale d’Ontario est l’application de pesticide à large spectre contre les infestations de spongieuses (Lymantria dispar dispar), un lépidoptère non indigène envahissant. Parmi les autres menaces figurent les modifications de l’écosystème résultant d’une gestion inappropriée des chênaies (p. ex. la suppression des incendies à long terme), le développement résidentiel, les activités récréatives entraînant le compactage des sites d’hivernage et le piétinement des plantes nectarifères, la récolte de chênes, les espèces envahissantes et les changements climatiques. Les principaux facteurs limitatifs associés à la thècle méridionale d’Ontario sont hypothétiques, mais comprennent vraisemblablement la petite taille des sous‑populations, la capacité de dispersion limitée de la sous‑espèce et ses parasites naturels.

Protection, statuts et classements

La thècle méridionale d’Ontario et la ou les plantes hôtes de ses chenilles ne sont pas protégées aux termes de la Loi sur les espèces en péril du Canada ou de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. L’espèce s’est vue attribuer une cote mondiale de G4G5T4 (apparemment non en péril à non en péril) et une cote nationale (Canada) et provinciale (Ontario) de S1 (gravement en péril). La cote nationale attribuée à l’espèce aux États‑Unis est N4 (apparemment non en péril). Au Michigan (où se trouve la sous‑population la plus proche du Canada), la sous‑espèce est considérée comme gravement en péril.

Source : COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la thècle méridionale d’Ontario (Satyrium favonius ontario) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 46 p.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter l’adresse suivante : Registre public des espèces en péril

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les droits de reproduction, veuillez communiquer avec le Centre de renseignements à la population d’Environnement et Changement climatique Canada au 1-800-668-6767 (au Canada seulement) ou 819-997-2800 ou par courriel à Enviroinfo@ec.gc.ca.

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2022-12-16