Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur L’aster de la Nahanni Symphyotrichum nahanniense au Canada - 2014

L’aster de la Nahanni (Symphyotrichum nahanniense)
Photo : A. Harris © Environnement Canada
Description longue pour la figure

Photo de l’aster de la Nahanni (Symphyotrichum nahanniense). Cette plante herbacée vivace peut atteindre 35 cm de hauteur et forme des touffes de 2 à 10 tiges environ à partir de rhizomes courts et ligneux. Les tiges se ramifient pour former une panicule ouverte qui comporte généralement un à trois capitules, mais certaines plantes peuvent en produire 15 ou plus, comme on peut le voir sur la photo. Les tiges sont vertes à rougeâtres, et les feuilles sont linéaires à lancéolées, à marge entière, sessiles ou faiblement embrassantes. Chaque capitule est constitué d’un disque jaune entouré de 15 à 41 rayons blancs à rose pâle (sur la photo, les rayons sont blancs).

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Les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2014. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l'aster de la Nahanni (Symphyotrichum nahanniense) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. ix + 42 p. (Registre public des espèces en péril site Web).

Rapport(s) précédent(s) :
Crossman, E.J. 1994. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada (COSEWIC) status report on the Nahanni Aster Symphyotrichum nahanniense in Canada, Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa, ## p.

Le COSEPAC remercie Allan Harris et Robert Foster, de Northern Bioscience, ainsi que Doug Tate, de Parcs Canada, d’avoir rédigé le rapport de situation sur l’aster de la Nahanni (Symphyotrichum nahanniense) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Bruce Bennett, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
COSEPAC Courriel
COSEPAC site Web

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Nahanni Aster Symphyotrichum nahanniense in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Aster de la Nahanni -- Photo : Allan Harris (publiée avec son autorisation).

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2014.

No de catalogue CW69-14/698-2014F-PDF
ISBN 978-0-660-22221-9

Logotype du COSEPAC

Sommaire de l’évaluation - mai 2014

L’aster de la Nahanni est une plante herbacée vivace qui peut atteindre 35 cm de hauteur et produit des capitules blancs à rose pâle. L’espèce forme habituellement des touffes de deux à dix tiges environ à partir de rhizomes (tiges souterraines horizontales) courts et ligneux. Les tiges se ramifient pour former une panicule ouverte qui comporte généralement un à trois capitules, mais certaines plantes peuvent en produire 15 ou plus. Le nombre de capitules semble varier d’un site à l’autre et pourrait être déterminé par les conditions de croissance. Les tiges sont vertes à rougeâtres et comportent souvent une fine pubescence laineuse, plus particulièrement vers la base. Chaque capitule est constitué d’un disque jaune entouré de 15 à 41 rayons blancs à rose pâle. L’aster de la Nahanni est une espèce endémique au Canada dont la répartition se limite à la réserve de parc national Nahanni. L’aster de la Nahanni pourrait y avoir évolué à l’époque où cette partie des monts Mackenzie était libre de glace alors que la région environnante en était encore recouverte, jusqu’à il y a environ 11 000 ans.

La répartition de l’aster de la Nahanni se limite à six sites connus, séparés les uns des autres par une distance ne dépassant pas 110 km environ, dans la partie sud des monts Mackenzie, dans les Territoires du Nord Ouest. La plupart des sources chaudes de la région sont alignées le long de deux failles principales. La faille Broken Skull, orientée sud est – nord ouest, suit la vallée de la rivière Nahanni Sud et se trouve sous la source chaude Rabbitkettle. Une autre faille parcourt la vallée de la rivière Flat.

L’habitat de l’aster de la Nahanni comprend des sources chaudes ou tièdes comportant du tuf (dépôts de carbonate de calcium). L’espèce croît en bordure des sources et le long des ruisseaux et des zones de suintement associés aux sources. L’espèce prend racine dans les mousses, mais pousse aussi dans le vieux tuf brisé et dans les peuplements denses de joncs et de carex. Les sites où pousse l’espèce ne sont habituellement pas ombragés par des arbres ou des arbustes.

On sait très peu de choses sur la biologie de l’aster de la Nahanni. Cette plante vivace forme des touffes comportant plusieurs tiges florifères. L’espèce peut se reproduire par la graine ainsi que par voie végétative, au moyen de courts rhizomes. La floraison a lieu d’août à septembre. L’aster de la Nahanni pousse uniquement dans un nombre limité de sources situées dans une même petite région, ce qui porte à croire que l’espèce ne tolère qu’une gamme restreinte de conditions d’habitat. On présume que la dispersion de l’espèce est assurée par les graines portées par le vent, comme c’est le cas pour les autres espèces d’asters. La dispersion d’une source à l’autre est probablement limitée par la rareté des milieux propices.

On ne peut établir les fluctuations et les tendances des populations d’aster de la Nahanni en raison du manque de relevés cohérents et exhaustifs. La comparaison des données de 2012 et des relevés de 2003 ne montre aucun changement apparent dans la répartition des plantes ou la superficie occupée. Deux sites ont été découverts depuis 2003. Au moins 5 600 tiges florifères (individus matures) ont été comptées en 2012. Compte tenu de la rareté des sources comportant du tuf, il est très peu probable que l’espèce soit davantage répandue ou abondante que ce qu’on en sait aujourd’hui.

L’habitat de l’aster de la Nahanni est épargné par le développement industriel et l’aménagement de routes en raison de son caractère isolé et de la protection dont il bénéficie dans la réserve de parc national Nahanni. Le changement climatique constitue la menace la plus probable pour l’habitat de l’aster de la Nahanni. Le climat se réchauffe et le régime des précipitations change dans la réserve de parc national Nahanni. Les changements touchant le débit des eaux souterraines alimentant les sources chaudes, causés par le changement climatique et l’activité sismique, constituent une menace potentielle. Le caractère extrêmement limité de l’aire de répartition de l’espèce (six occurrences couvrant une superficie totale inférieure à 10 ha) la rend vulnérable aux phénomènes environnementaux aléatoires.

Comme tous les sites connus de l’aster de la Nahanni se trouvent à l’intérieur de la réserve de parc national Nahanni, dans les Territoires du Nord Ouest, l’espèce et son habitat bénéficient d’une certaine protection en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada et de son règlement d’application. Aucune loi fédérale ou territoriale ne comporte cependant de disposition spécifique concernant la protection de l’aster de la Nahanni. L’espèce est classée « gravement en péril » à l’échelle mondiale, nationale et territoriale (G1, N1 et S1) par NatureServe, et « possiblement en péril », tant au Canada que dans les Territoires du Nord Ouest, dans le cadre du Programme sur la situation générale des espèces.

Symphyotrichum nahanniense

Aster de la Nahanni

Nahanni Aster

Données démographiques

Information sur la répartition

Nombre d’individus matures dans chaque population
Population (voir le tableau 1) Nombre d’individus matures
(tiges florifères)
86-030 > 1 035
Old Pots > 1 000
Rabbitkettle 203
Sibbeston > 900
Thirteen Steps > 1 000
Wildmint > 1 500
Total > 5 638

Analyse quantitative

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat)

Les changements touchant le débit des eaux souterraines alimentant les sources chaudes, causés par le changement climatique ou l’activité sismique, constituent une menace potentielle.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Nature délicate de l’information sur l’espèce

Historique du statut

Statut et justification de la désignation

Applicabilité des critères

Logotype du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

L’aster de la Nahanni a été décrit pour la première fois par Scotter et Cody (1974) sous le nom d’Aster nahanniensis, mais l’espèce est considérée comme le Symphyotrichum nahanniense selon Flora of North America (Brouillet et al., 2006). Aucune variété ou sous-espèce n’est reconnue (Brouillet et al., 2006). Le statut taxinomique du Symphyotrichum nahanniense a fait l’objet de débats (Owen et al., 2006). Kartesz (1999) et Nesom (1994) ont inclus le Symphyotrichum nahanniense dans le S. falcatum var. commutatum, mais Brouillet et al. (2006) et Kartesz (2011) considèrent le S. nahanniense comme une espèce distincte. Owen et al. (2006) ont distingué le S. nahanniense des autres espèces de la section Dumosi (l’aster boréal, S. boreale, et l’aster de Welsh, S. welshii) en fonction de différences sur le plan morphologique. L’aster de la Nahanni est diploïde (2n = 16) (Owen et al., 2006).

L’aster de la Nahanni est une plante herbacée vivace qui peut atteindre 35 cm de hauteur et produit des capitules blancs à rose pâle. L’espèce forme habituellement des touffes de deux à dix tiges environ à partir de rhizomes (tiges souterraines horizontales) courts et ligneux. Les tiges se ramifient pour former une panicule ouverte qui comporte généralement un à trois capitules, mais certaines plantes peuvent en produire 15 ou plus (figure 1). Le nombre de capitules semble varier d’un site à l’autre et pourrait être déterminé par les conditions de croissance (Owen et al., 2006). Les tiges sont vertes à rougeâtres et comportent souvent une fine pubescence laineuse, plus particulièrement vers la base. Les feuilles sont linéaires à lancéolées, à marge entière, sessiles ou faiblement embrassantes. Chaque capitule est constitué d’un disque jaune entouré de 15 à 41 rayons blancs à rose pâle (Porsild et Cody, 1980; Brouillet et al., 2006). Les akènes (graines) sont de couleur havane et mesurent 2 à 3 mm de longueur. Ils sont munis de soies courtes et rigides (Brouillet et al., 2006). L’aigrette est blanche.

Figure 1. Aster de la Nahanni à la source chaude Sibbeston (photo d’Allan Harris).
La description de cette image suit
Photo : A. Harris © Environnement Canada
Description longue pour la figure 1

Photo de l’aster de la Nahanni, qui peut atteindre 35 cm de hauteur et qui forme des touffes de 2 à 10 tiges environ. Comme il est décrit dans le présent rapport, les tiges se ramifient pour former une panicule ouverte qui comporte généralement un à trois capitules, mais certaines plantes peuvent en produire 15 ou plus, comme on peut le voir sur la photo. Les tiges sont vertes à rougeâtres, et les feuilles sont linéaires à lancéolées, à marge entière, sessiles ou faiblement embrassantes. Chaque capitule est constitué d’un disque jaune entouré de 15 à 41 rayons blancs à rose pâle (sur la photo, les rayons sont blancs).

Les espèces qui risquent le plus d’être confondues avec l’aster de la Nahanni sont sans doute l’aster boréal (Owen et al., 2006), qui croît aussi dans la région de la Nahanni (Cody et al., 1979), et l’aster de Welsh, qu’on trouve depuis l’Arizona jusqu’au Wyoming. On considère que ces deux espèces font partie du complexe du Symphyotrichum boreale, dans la section Dumosi du genre Symphyotrichum (Owen et al., 2006). Les deux espèces se distinguent de l’aster de la Nahanni par une combinaison de caractères, dont la pubescence de la partie inférieure de la tige, la longueur des feuilles et la longueur du limbe des rayons. Comparativement à ces deux espèces, l’aster de la Nahanni possède des feuilles intermédiaires (distales) plus courtes et plus étroites (12 − 72 mm × 1,6 − 6,8 mm, comparativement à 27 – 136 mm × 1,2 − 11,0 mm), des tiges plus courtes et un nombre plus faible de capitules (Owen et al., 2006). L’analyse des diverses populations d’aster de la Nahanni a révélé que celles ci présentaient des différences morphologiques d’un site à l’autre. La taille des échantillons était cependant assez petite (Owen et al., 2006).

L’aire de répartition mondiale connue de l’aster de la Nahanni se limite à six sources chaudes ou tièdes (appelées ci après « sources chaudes ») séparées les unes des autres par une distance ne dépassant pas 110 km environ, dans la réserve de parc national du Canada Nahanni (figure 2). Il semble que l’espèce ait évolué à cet endroit (Owen et al., 2006) et que sa présence soit limitée aux dépôts de tuf des sources chaudes (voir Besoins en matière d’habitat). La dispersion de l’espèce pourrait être limitée par le fait que les sources se trouvant dans les environs immédiats de la région de la Nahanni sont de petite taille et sont très dispersées (figure 3).

Figure 2. Populations d’aster de la Nahanni (points verts) dans la réserve de parc national Nahanni et emplacement des sources comportant du tuf (points rouges) et n’en comportant pas (points noirs). On trouve du tuf là ou l’aster de la Nahanni est présent. Voir l’annexe 1 pour obtenir des renseignements détaillés.
La description de cette image suit
Image : © Environnement Canada
Description longue pour la figure 2

Carte montrant la répartition des populations d’aster de la Nahanni dans la réserve de parc national Nahanni. On y voit aussi l’emplacement des sources comportant du tuf et des sources n’en comportant pas. Les limites de la réserve de parc national Nahanni sont indiquées, telles qu’elles étaient en 1976 et en 2006. L’emplacement des populations d’aster de la Nahanni est indiqué à proximité de six sources chaudes ou tièdes séparées les unes des autres par une distance ne dépassant pas 110 km environ.

Figure 3. Répartition mondiale de l’aster de la Nahanni. Les points indiquent l’emplacement approximatif des populations de l’espèce. Les petites croix indiquent l’emplacement des sources chaudes et tièdes dans le nord de la Colombie Britannique, au Yukon et dans les Territoires du Nord Ouest, selon Woodsworth (1999) et le gouvernement des Territoires du Nord Ouest (2012).
La description de cette image suit
Image : © Environnement Canada
Description longue pour la figure 3

Carte montrant la répartition mondiale de l’aster de la Nahanni dans les Territoires du Nord Ouest. L’emplacement des sources chaudes et tièdes dans le nord de la Colombie Britannique, au Yukon et dans les Territoires du Nord Ouest est indiqué aussi. La dispersion de l’espèce pourrait être limitée par le fait que les sources se trouvant dans les environs immédiats de la région de la Nahanni sont très dispersées.

Plusieurs sources chaudes se trouvant entre les sites des populations existantes d’aster de la Nahanni constituent des habitats potentiels qui pourraient contribuer à la dispersion de l’espèce dans la région de la Nahanni. La dispersion d’un site à l’autre n’a cependant pas été démontrée. Les variations morphologiques (hauteur des tiges, longueur des feuilles, etc.) observées entre les individus des sources chaudes Old Pots, Rabbitkettle, Thirteen Steps et Wildmint pourraient indiquer que ces populations sont à tout le moins quelque peu isolées les unes des autres. La taille des échantillons était toutefois petite, et les différences constatées pourraient être liées aux conditions de croissance plutôt qu’à la variabilité génétique (Owen et al., 2006).

La population canadienne (et mondiale) est constituée d’une seule unité désignable située dans l’aire écologique des Montagnes du Nord (à la lisière ouest de l’aire écologique Boréale) (COSEPAC, 2012). Toutes les occurrences se trouvent dans des milieux similaires situés à une distance maximale d’environ 110 km les uns des autres. Bien que l’espèce présente des différences morphologiques mineures d’un site de source chaude à l’autre (Owen et al., 2006), la morphologie de la plante pourrait varier en fonction des nutriments disponibles, de la température ou d’autres facteurs environnementaux, plutôt qu’en fonction de particularités génétiques.

L’aster de la Nahanni compte parmi les rares espèces végétales endémiques au Canada et soulève des questions intéressantes quant à l’évolution postglaciaire et à l’origine de la flore de la région de la Nahanni. L’aster de la Nahanni pourrait avoir évolué à partir d’une espèce parentale à l’époque où cette partie des monts Mackenzie était libre de glace alors que la région environnante en était encore recouverte, il y a environ 11 000 ans (Owen et al., 2006). Il est également possible que l’espèce ait persisté dans un refuge non glacié au cours du dernier maximum glaciaire (Dyke, 2005; Loehr et al., 2006; Bennett, comm. pers., 2012) (figure 4). Le rôle écologique de l’aster de la Nahanni est inconnu. À ce qu’on sache, l’espèce n’est pas utilisée par les humains. Elle est souvent mentionnée dans les publications de Parcs Canada et l’information fournie aux visiteurs sur la réserve de parc national Nahanni, mais elle est peu connue du public.

Figure 4. Étendue maximale de la glaciation dans une partie de la réserve de parc national Nahanni et emplacement des sites où pousse l’aster de la Nahanni. Les flèches indiquent la direction du mouvement de la glace. Données établies selon Ford (1976). La superficie actuelle (2013) de la réserve de parc national Nahanni est beaucoup plus importante, comme on peut le voir à la figure 2.
La description de cette image suit
Image : © Environnement Canada
Description longue pour la figure 4

Carte montrant l’étendue maximale de la glaciation et la direction du mouvement de la glace dans une partie de la réserve de parc national Nahanni ainsi que l’emplacement des sites où pousse l’aster de la Nahanni. L’étendue des glaciers de la Cordillère, de l’Inlandsis laurentidien et des avancées glaciaires antérieures est indiquée, ainsi que les zones non englacées ou non étudiées.

L’aster de la Nahanni est une espèce endémique au Canada dont la répartition se limite à six sites connus de la réserve de parc national Nahanni, dans la partie sud des monts Mackenzie, dans les Territoires du Nord Ouest (figures 2 et 3). Il n’existe pas de population disparue connue.

Quatre des sites (Old Pots, Wildmint, Thirteen Steps et 86-030) se situent à environ 22 km les uns des autres et sont regroupés le long de la rivière Flat, dans le centre sud du parc. La source chaude Rabbitkettle se trouve juste au sud de la rivière Nahanni Sud, à environ 50 km au nord-ouest, et la source chaude Sibbeston se trouve à environ 80 km à l’est, à 17 km au nord-est du confluent des rivières Flat et Nahanni Sud.

À Nahanni, plusieurs sources chaudes (mais pas toutes) sont alignées le long de deux failles principales. La faille Broken Skull, orientée sud est – nord ouest, suit la vallée de la rivière Nahanni Sud et se trouve sous la source chaude Rabbitkettle (figure 2). On croit qu’une autre faille parcourt la vallée de la rivière Flat (Gulley, 1993).

La zone d’occurrence de l’aster de la Nahanni au Canada, calculée selon la méthode du polygone convexe minimum, est de 2 834 km2.

L’indice de zone d’occupation s’établit à 24 km2 (l’espèce étant présente dans six cellules de grille de 2 km de côté). La superficie réelle occupée par l’aster de la Nahanni, estimée sur le terrain, est d’environ 9 ha (tableau 1).

Tableau 1. Données détaillées sur les populations d’aster de la Nahanni selon les relevés de 2003 et de 2012. Les données sur les propriétés chimiques et la température de l’eau sont issues de mesures effectuées sur le terrain (Lepitzki et Lepitzki, 2004; Caron et al., 2007).
Nom Nbre est. de tiges florifères
2012
Nbre est. de tiges florifères
2003 Retour à la référence de la note de tablea.1
Sup. approx.
occupée (ha)
2012
Notes 2012 Élévation (m) pH Cond. (uS/cm) Temp. max. (°C)
Thirteen Steps > 1 000 > 100 1 Plus de 1 000 tiges réparties sur une superficie d’environ 100 m sur 100 m. Certains individus sont enracinés dans un tapis dense de Juncus sp. D’autres sont enracinés dans un tuf brisé relativement sec (ces plantes n’atteignent que 5 à 6 cm de hauteur). 667 7,19 475 14
Rabbitkettle 203 > 50 0,04 L’aster de la Nahanni pousse sur le deuxième plus gros amoncellement de tuf. Aucun individu ne pousse sur le gros amoncellement. Généralement un capitule/tige. Ces individus (contrairement à ceux des autres sites) ont dépassé le stade de floraison maximale. 642 6,40-7,61 1 030-1 135 22
Wildmint > 1 500 > 1 000 6 Répartition sur une superficie d’environ 200 m sur 300 m. La plupart des individus se trouvent dans la moitié est de la clairière, mais quelques uns sont disséminés dans la moitié ouest. Certains poussent sur l’ancienne digue de castors. Les individus sont en floraison maximale. Plusieurs sont enracinés dans des morceaux de tuf brisé. 677 7,32-8,00 457-586 29
Old Pots > 1 000 > 150 1 Répartition dans tout le site. De nombreux individus comptent 3 à 5 capitules. Plusieurs poussent dans une cariçaie relativement dense. 663 7,60 323 10
Sibbeston > 900 Aucun relevé effectué 1 Individus répartis le long du cours d’eau anastomosé sur le versant. Dépôts de tuf peu développés. La plupart des individus poussent sur des coussins de mousse à moins de 2 m du cours d’eau. 795 7,65 340 18
86-030 > 1 035 Aucun relevé effectué 0,2 Individus enracinés dans la mousse au bord du cours d’eau et dans la cariçaie. Les individus poussent en plus grand nombre à l’extrémité inférieure de la source chaude. Individus disséminés sur des buttes de graviers couvertes de mousses. 706 6,68 776 19

Des relevés botaniques généraux ont été effectués dans la région de la Nahanni entre 1961 et 1976 par Scotter, Cody, Talbot et d’autres personnes (voir par exemple Scotter et Cody, 1974; Cody et al., 1979). Ces relevés ne visaient pas spécifiquement l’aster de la Nahanni, mais comprenaient l’habitat potentiel des sources chaudes. Addison (1974) de même que Porsild et Cody (1980) ont résumé les résultats des relevés botaniques réalisés entre1922 et 1980 dans la partie sud des monts Mackenzie et ailleurs dans les Territoires du Nord Ouest.

Des spécimens d’aster de la Nahanni ont été récoltés pour la première fois lors des relevés effectués à l’époque le long des rivières Nahanni Sud et Flat, et l’espèce a été décrite en 1974 à partir de spécimens prélevés à deux sites près de la rivière Flat, soit les sources chaudes Old Pots et Wildmint (Scotter et Cody, 1974). L’espèce a également été identifiée au milieu des années 1970 à la source chaude Rabbitkettle, près de la rivière Nahanni Sud. Depuis les années 1980, le personnel de la réserve de parc national Nahanni effectue presque chaque année des visites à la source chaude Wildmint ainsi que des visites occasionnelles aux deux autres sites connus (Tate, 2003; Owen et al., 2006). Les relevés botaniques réalisés à d’autres sources, dont celles de Hole in the Wall et de Meilleur (voir par exemple Line, 2001) n’ont pas révélé la présence de l’espèce.

Les trois sources mentionnées ci dessus ont constitué les seules localités connues pendant près de 30 ans, jusqu’à ce que J.C. Semple (Université de Waterloo), en collaboration avec le personnel de Parcs Canada, dont D. Tate, effectue le premier relevé détaillé ciblant l’aster de la Nahanni sur une période de quatre jours au mois d’août 2003 (Tate, 2003; Semple, comm. pers., 2011). Durant ces travaux, un nouveau site, celui de la source Thirteen Steps, a été découvert près du site Wildmint. Semple a effectué des recherches dans cinq autres sites de sources chaudes (Kraus, Lened, Meilleur, Moore ainsi qu’une source sans nom située près du ruisseau McLeod), mais n’a pu y trouver l’espèce.

Le personnel de Parcs Canada, lors de travaux sans rapport avec l’espèce, a visité une cinquième source près de la rivière Flat, en août 2004 (Borcoman, comm. pers., 2004). Un spécimen de plante récolté à cette occasion a par la suite été identifié comme étant un aster de la Nahanni (Semple, comm. pers., 2006). Le lieu de récolte n’avait pas été géoréférencé à l’époque, mais on a pu confirmer, lors des travaux de terrain réalisés en 2012 dans le cadre du présent rapport (Harris et Foster, 2012), qu’il s’agissait d’une source chaude située près du lac Mineral (site connu sous l’appellation « 86-030 »), à moins de 10 km du site Thirteen Steps, et des asters de la Nahanni y ont été répertoriés. Le sixième site a été découvert en 2012 par les rédacteurs du présent rapport, dans le bassin du ruisseau Vera (source chaude Sibbeston); il s’agit du site qui est situé le plus à l’est, et du seul site au nord de la rivière Nahanni Sud.

En vue de la rédaction du présent rapport, nous avons utilisé une base de données sur les sources connues du bassin versant de la rivière Nahanni Sud pour cartographier et planifier l’échantillonnage sur le terrain. La base de données, constituée à partir de l’information compilée par Wright et al. (2007; figure 2), comportait 67 sources réparties depuis la région de la frontière du Yukon jusqu’à la limite est du plateau Ram (129,5º O – 123,8º O) et depuis la région du cours supérieur de la rivière Nahanni Sud jusqu’au cours supérieur de la rivière Caribou, au sud (62,8º N – 60,9º N). Bon nombre des noms de sources contenus dans la base de données ne sont pas des noms officiels, et certaines sources ont été désignées par un simple numéro, dont la source située près du lac Mineral, qui porte le numéro 86-030. John Semple ainsi que des documents inédits (Catto, 1987; Line, 2001) ont également été consultés pour la planification des travaux de terrain.

Du 14 au 16 août 2012, les rédacteurs du présent rapport de situation ont effectué des relevés ciblant l’aster de la Nahanni dans 49 sites de sources chaudes ou froides (annexe 1; Harris et Foster, 2012). Ces sites comprenaient une source connue de Doug Tate mais non représentée dans la base de données, constituant le seul site à l’est de la chaîne de montagnes Nahanni. Les cinq sites déjà connus de l’espèce ont fait l’objet de relevés dans le cadre de ces travaux, y compris le site incertain découvert en 2004 (source chaude 86-030). Six sources supplémentaires ont été visitées par Bruce Bennett et d’autres personnes en août 2012 lors de travaux de cartographie d’écotypes réalisés par Parcs Canada (Bennett, comm. pers., 2012; Bennett, 2013).

Sur les 70 sources connues, situées dans la réserve de parc national Nahanni et à proximité, 61 ont fait l’objet de relevés ciblant l’aster de la Nahanni entre 2003 et 2012 (figure 2 et annexe 1). Caron et al. (2007) ont visité sept autres sources chaudes situées à environ 100 km au nord de la réserve de parc afin de déterminer les propriétés chimiques de l’eau et les paramètres physiques des sites (annexe 1, annexe 2), mais ils n’ont pas consigné de données sur la végétation.

On trouve au moins 25 autres sources dans les Territoires du Nord Ouest, au Yukon et dans le nord de la Colombie-Britannique (figure 3; Woodsworth, 1999; gouvernement des Territoires du Nord Ouest, 2012). La plupart ont été plus ou moins explorées du point de vue botanique (Porsild, 1950; Porsild et Crum, 1961; Steere et Scotter, 1978; Scotter et Cody, 1979; Ceska, 1982; Cody et al., 2000; Rosie, 2005; Bennett et al., 2010). La présence de l’aster boréal a été signalée dans certaines sources chaudes du nord est de la Colombie Britannique (Porsild et Crum, 1961; Ceska, 1982), mais ni l’aster boréal ni l’aster de la Nahanni n’ont été signalés dans les régions voisines du sud est du Yukon (Cody, 1996; Bennett, comm. pers., 2013).

La réserve de parc national Nahanni, située dans la partie sud des monts Mackenzie (Ecosystem Classification Group, 2010), comprend des chaînes de montagnes, des vallées fluviales et des plateaux alpins. Dans cette zone de climat continental, les hivers sont longs, froids et secs, et les étés sont courts, doux et modérément pluvieux (Parcs Canada, 1984).

L’aster de la Nahanni pousse dans les habitats de sources chaudes qui comportent des dépôts de tuf. Les sources « thermales » sont des résurgences d’eau souterraine dont la température est supérieure d’au moins 10 °C à la température annuelle moyenne de l’air (Lepitzki et Lepitzki, 2004). On établit parfois une distinction entre les sources chaudes et les sources tièdes en fonction de la température de l’eau. Dans le cadre du présent rapport, nous nous en tiendrons au terme « source chaude », qui est d’usage courant. L’eau des sources provient des précipitations et du ruissellement, qui pénètrent en profondeur dans le substrat rocheux (habituellement jusqu’à 0,2 à 1 km de profondeur). L’eau atteint alors des températures se situant entre 60 et 69 °C. Elle se refroidit toutefois généralement jusqu’à environ 20 °C lorsqu’elle remonte à la surface (Gulley, 1993; Caron et al., 2007). Dans les substrats karstiques, l’eau se sature de carbonate de calcium dissous. À la source chaude Rabbitkettle, l’eau remonte en surface vers le bas de la pente, 10 à 25 ans après avoir pénétré dans les zones souterraines (Gulley, 1993). Le tuf (terme utilisé au sens large pour inclure le travertin) se forme lorsque l’eau saturée de carbonate de calcium remonte à la surface. Le dégazage du dioxyde de carbone entraîne la précipitation du carbonate de calcium sous forme de tuf. Celui ci s’accumule de façon graduelle et forme une série de terrasses (Gulley, 1993). Les amoncellements de tuf de la source chaude Rabbitkettle se sont accumulés sur une période de 7 000 à 10 000 ans (Gulley, 1993). Plusieurs sources sont associées à des failles ou à des plutons (lentilles granitiques) (Grasby, comm. pers., 2013; figure 2).

L’aster de la Nahanni croît en bordure des sources et le long des ruisseaux et des zones de suintement associés aux sources (figure 5). L’espèce prend le plus souvent racine dans les « mousses brunes » (plus particulièrement le Tomenthypnum nitens et le Cratoneuron filicinum), mais pousse aussi dans le vieux tuf brisé et dans les peuplements denses de joncs et de carex. Owen et al. (2006) ont également indiqué que l’espèce pouvait prendre racine dans des sphaignes et que certains individus poussaient de façon « hydroponique », leurs racines étant exposées dans l’eau tiède. Les microsites où pousse l’aster de la Nahanni ne sont habituellement pas ombragés par des arbres ou des arbustes. Les plantes communément associées à l’aster de la Nahanni (par ordre approximatif décroissant de fréquence) comprennent la parnassie des marais (Parnassia palustris), le zigadène glauque (Zygadenus elegans), la tofieldie glutineuse (Triantha glutinosa), la potentille frutescente (Dasiphora fruticosa), la grassette vulgaire (Pinguicula vulgaris), la lobélie de Kalm (Lobelia kalmii), la smilacine étoilée (Maianthemum stellatum) et le mimule tacheté (Mimulus guttatus). On a observé que des carex (Carex spp.) et des joncs (Juncus spp.) poussaient dans tous les sites où se trouvait l’aster de la Nahanni, mais les espèces n’ont toutefois pas été identifiées. Toutes les espèces précitées sont également présentes près de nombreuses sources de la région de la Nahanni d’où l’aster de la Nahanni est absente.

Figure 5. Source chaude Old Pots (photo d’Allan Harris).
La description de cette image suit
Photo : A. Harris © Environnement Canada
Description longue pour la figure 5

Photo de l’habitat de l’aster de la Nahanni à la source chaude Old Pots. La température de l’eau de la source Old Pots est beaucoup moins élevée que celle des autres sources où pousse l’aster de la Nahanni. Un ruisseau dont l’eau est froide émerge en amont des formations appelées « old pots », qui sont en fait de grands gours (bassins en forme de baignoire) de tuf ou de travertin. Ces gours sont très érodés et envahis par la végétation. Le ruisseau s’écoule dans un étang de castors et traverse les dépôts de tuf.

La température de l’eau de la source Old Pots est beaucoup moins élevée que celle des autres sources où pousse l’aster de la Nahanni. On croit qu’il s’agissait autrefois d’une source chaude. Les « old pots » qui ont donné son nom à la source sont en fait de grands gours (bassins en forme de baignoire) de tuf ou de travertin. Ces gours sont très érodés et envahis par la végétation, et il ne semble plus y avoir de dépôt de carbonate de calcium dans la plus grande partie du site, ou alors ce dépôt est faible. Un ruisseau dont l’eau est froide émerge actuellement en amont des formations, puis s’écoule dans un étang de castors et traverse les dépôts de tuf.

La température de l’eau varie entre 10 et 29 °C (voir le tableau 1; voir les annexes 1 et 2 pour connaître les attributs), mais est sans doute relativement stable tout au long de l’année. Les six sources chaudes où croît l’aster de la Nahanni se situent entre 642 et 795 m au dessus du niveau de la mer. La source chaude Sibbeston est différente des autres sites : il s’agit en effet d’une zone de suintement en pente dont les galets sont incrustés de carbonate de calcium, mais où il n’y a pas de terrasses de tuf. Contrairement aux autres sources chaudes où l’on trouve des précipités de carbonate, la source chaude 86 030 comporte des amoncellements importants d’oxyde de fer rouge. Dix autres sources chaudes comportant du tuf ont fait l’objet de relevés en 2012 : aucune n’abritait l’aster de la Nahanni (Harris et Foster, 2012).

Selon les données sur les propriétés chimiques et la température de l’eau recueillies par Caron et al. (2007), il semblerait que l’eau des sources abritant l’aster de la Nahanni soit tiède (à l’exception de la source Old Pots, comme il est indiqué ci dessus) et basique ou légèrement acide, et qu’elle présente de faibles concentrations d’oligo éléments (annexe 2). Environ dix des sources n’ayant pas fait l’objet de relevés présentaient ces attributs (Caron et al., 2007; annexe 2).

Les tendances en matière d’habitat concernant les sites de sources chaudes ne sont pas bien connues, mais ont sans doute peu varié au fil du temps. La source chaude et les amoncellements de tuf de Rabbitkettle constituent le site le mieux connu de l’espèce. Cette zone est considérée comme présentant un intérêt sur le plan géologique depuis les années 1930 au moins (Lewis, 1997) et a fait l’objet d’une thèse de maîtrise (Gulley, 1993). Le site occupe également une grande place dans certaines légendes dénés de la région de la Nahanni (Parcs Canada, 2009). L’aster de la Nahanni n’est toutefois pas mentionné dans ces récits. L’amoncellement de tuf nord a été quelque peu piétiné par les humains dans le passé, mais pas aux endroits où pousse l’espèce. Il n’y a donc pas eu d’effet perceptible sur son habitat.

Le site de la source chaude Wildmint a autrefois été utilisé par les humains, mais on possède peu d’information à ce sujet. Sur certaines cartes topographiques, l’emplacement du site est indiqué par un symbole minier (image d’une pioche). En 1971, une petite cabane à demi enfouie a été bâtie dans une clairière jouxtant le bassin principal (Scotter et al., 1971), mais on ne possède aucune information sur la personne l’ayant construite, la période d’occupation du site ou les activités qui y ont été menées. Les ruines de la cabane sont peu apparentes, et on trouve peu d’autres traces d’activité humaine. Le personnel du parc exerce une surveillance photographique sporadique du site depuis les années 1980 et n’a observé aucun changement apparent à grande échelle. Le zonage du parc restreint l’accès au site (Parcs Canada, 2010). Il est donc peu probable qu’on y observe un impact direct des activités humaines.

Comme il était indiqué précédemment, la température de la source Old Pots est beaucoup moins élevée que celle des autres sources où pousse l’aster de la Nahanni, et il n’y a plus de dépôt de carbonate de calcium à cet endroit. Un ruisseau dont l’eau est froide émerge actuellement en amont des formations, puis s’écoule dans un étang de castors et traverse les dépôts de tuf. Il semble que l’aster de la Nahanni ait survécu aux changements qui se sont produits concernant le débit de la source ou que l’espèce ait colonisé l’endroit après ces changements. Dans un cas comme dans l’autre, la persistance de l’aster de la Nahanni porte à croire que l’espèce peut tolérer une eau de source plus froide ainsi que les milieux comportant des dépôts de tuf antérieurs, mais où le tuf s’accumule plus. Il n’y a pas de trace d’activité humaine à cet endroit.

Les trois sites restants n’ont été découverts que récemment. Aucune tendance en matière d’habitat n’a donc pu être établie pour eux.

On sait très peu de choses sur la biologie de l’aster de la Nahanni. Les seules sources d’information publiées sont la description originale de l’espèce par Scotter et Cody (1974) et de brefs comptes rendus fondés sur les travaux de terrain et de laboratoire de John Semple dans Flora of North America (Brouillet et al., 2006) et dans Owen et al. (2006). Une grande partie de l’information qui suit repose sur des observations limitées réalisées sur le terrain en 2012 (Harris et Foster, 2012) ou est tirée d’information portant sur d’autres espèces du genre Symphyotrichum.

L’aster de la Nahanni est une plante herbacée vivace qui forme des touffes comportant plusieurs tiges florifères. L’espèce peut se reproduire par la graine ainsi que par voie végétative, au moyen de courts rhizomes. La floraison a lieu d’août à septembre. La production de graines n’a pas été mesurée. Cependant, comme les tiges florifères comportent 1 à 15 capitules et que le disque de chaque capitule comprend 20 à 60 fleurs (Brouillet et al., 2006), il semble que chaque individu puisse produire annuellement plusieurs centaines de graines. L’apomixie (production de graines par voie asexuée) est apparemment peu commune chez le genre Symphyotrichum (Noyes, 2007). Noyes (2007; citant Semple, comm. pers.) conclut que l’apomixie ne se produit pas de façon régulière, compte tenu du fait que les nombres chromosomiques impairs sont rares chez ce genre.

Aucune donnée détaillée n’a été publiée sur la maturation des graines, sur la chronologie de la germination et sur la dormance des graines chez l’aster de la Nahanni. Les fleurs des asters sont habituellement pollinisées par des insectes (Semple et al., 1996). Les insectes vus en train de butiner les fleurs de l’aster de la Nahanni durant les travaux de terrain de 2012 comprennent l’argynne du Nord-Ouest (Speyeria hesperis), une espèce de coliade (Colias sp.), le cuivré de la potentille (Lycaena dorcas), un bourdon (Bombus cryptarum) et un papillon qui appartient au groupe des lépidoptères nocturnes mais vole de jour. De nombreuses espèces d’asters sont auto-incompatibles : pour qu’il y ait pollinisation, les individus doivent être génétiquement différents (Cullina, 2000). Les graines de l’aster lancéolé (Symphyotrichum lanceolatum) parviennent à maturité trois à quatre semaines après la pollinisation et sont dispersées par le vent (Chmielewski et Semple, 2001). Chez cette espèce, peu de graines germent à l’automne, et la plupart des plantules poussent au printemps suivant. Les graines de certaines espèces du genre Symphyotrichum peuvent germer sans stratification froide, mais le taux de germination augmente après réfrigération en atmosphère humide (voir par exemple Chmielewski et Semple, 2001, 2003; Kemp et Lacroix, 2006). Les graines des espèces du genre Symphyotrichum ont une courte durée de vie et ne subsistent donc que quelques années dans le réservoir de semences (voir par exemple Chmielewski et Semple, 2003; Kemp et Lacroix, 2006). La plupart des asters vivaces survivent durant la saison de dormance sous forme de rosettes. Celles ci sont habituellement produites de la fin juillet jusqu’à la première gelée meurtrière (Chmielewski et Semple, 2001, 2003). Chez l’aster lancéolé, la plante peut produire des graines au cours de la première année suivant la germination (Chmielewski et Semple, 2001). On ne connaît pas la longévité des clones d’aster de la Nahanni, mais on sait que d’autres espèces de Symphyotrichum peuvent vivre plus de 10 ans (Brouillet, comm. pers.; Bennett, comm. pers.).

L’aster de la Nahanni pousse uniquement dans un nombre limité de sources chaudes situées dans une même petite région, ce qui porte à croire que l’espèce ne tolère qu’une gamme restreinte de conditions d’habitat. Les environs immédiats des sources chaudes offrent sans doute des températures modérées et un approvisionnement relativement stable en eau et en nutriments durant toute l’année. Les nutriments pourraient aussi être davantage disponibles dans les sources que dans d’autres milieux constitués d’eaux de surface, mais on manque de données à ce sujet. L’aster de la Nahanni a été cultivé en laboratoire à partir de rhizomes par Semple et ses collaborateurs (Owen et al., 2006).

On présume que la dispersion de l’espèce est assurée par les graines portées par le vent, comme c’est le cas pour d’autres espèces d’asters. La dispersion d’une source chaude à l’autre est probablement limitée par la rareté des milieux propices. Dix sources chaudes supplémentaires comportant du tuf (mais n’abritant pas de population d’aster de la Nahanni) ont été répertoriées au nord, à l’ouest et à l’est des populations connues (figure 2), mais la superficie totale de l’habitat est faible (probablement moins de 200 ha répartis sur une superficie de plus de 25 000 km2). La dispersion de l’espèce entre les quatre sites qui sont plus ou moins regroupés (Old Pots, Wildmint, Thirteen Steps et 86-030, situés dans un rayon d’environ 10 km) est plus probable que sa dispersion entre les sites Rabbitkettle et Sibbeston, qui sont plus isolés.

Malgré la répartition des sous-populations d’aster de la Nahanni dans des parcelles d’habitat petites et dispersées, la répartition de l’espèce n’est pas considérée comme « gravement fragmentée », car on suppose que les graines sont produites en grand nombre et sont largement dispersées par le vent. Pour satisfaire au critère de fragmentation grave, plus de la moitié des individus doivent se trouver dans de petites parcelles isolées qui ne sont pas suffisamment grandes pour permettre le maintien de populations viables (UICN, 2010).

On ne connaît pas les relations interspécifiques qui pourraient exister entre l’aster de la Nahanni et d’autres espèces. Aucune herbivorie n’a été observée chez les individus en 2012. Voir les notes sur les pollinisateurs dans la section Cycle vital et reproduction.

Durant quatre jours (22 au 25 août 2003), John Semple (Université de Waterloo) et Douglas Tate ont effectué des relevés dans les trois sites de l’espèce déjà connus (Old Pots, Rabbitkettle et Wildmint), dans un nouveau site abritant l’aster de la Nahanni (Thirteen Steps) et dans cinq autres sites potentiels (neuf sites au total) (Semple, comm. pers., 2006, 2011). L’exploration des sites où se trouvait l’espèce pouvait prendre jusqu’à quelques heures, alors que l’exploration des autres sites était habituellement plus courte. Lors des relevés, deux observateurs parcouraient la plus grande partie de la zone dégagée entourant les sources chaudes afin d’estimer le nombre de tiges et de récolter du matériel à certains sites. La durée du relevé effectué à chaque site variait de 0,5 à 3,5 heures, selon la superficie occupée.

Entre 2000 et 2012, Parcs Canada a effectué une surveillance informelle de l’habitat de l’aster de la Nahanni dans des sources chaudes (Doug Tate, données inédites). Le personnel a photographié l’habitat de l’espèce et noté sa répartition. Les tiges n’ont toutefois pas été dénombrées. Des photographies standards du site Wildmint ont été compilées dans le cadre d’un programme de surveillance des changements physiques à grande échelle.

Le relevé de 2012 a été effectué par hélicoptère, du 14 au 16 août (annexe 1) (Harris et Foster, 2012). Les sites ont été choisis en fonction (i) d’une base de données numériques et d’une carte indiquant l’emplacement de 66 sources, compilées par Parcs Canada selon les données de Wright et al. (2007), (ii) des relevés antérieurs mentionnés ci dessus et (iii) de documents inédits et de communications personnelles avec John Semple et Douglas Tate. Cinq sites visités lors de relevés antérieurs ou surveillés de façon informelle par le personnel du parc (Lened, Moore, Kraus, Hole in the Wall, lac Glacier) n’ont pas fait l’objet de nouveaux relevés en 2012, car ils ne présentaient pas de dépôts de tuf offrant un milieu propice à l’espèce. Les autres sources n’avaient pas fait l’objet de relevés ciblant l’aster de la Nahanni.

La superficie couverte mesurait environ 300 km sur 100 km. La plupart des sites se trouvaient dans la réserve de parc national Nahanni, mais s’étendaient à l’extérieur de celle ci vers l’est et l’ouest, et se trouvaient également dans la réserve de parc national Naats'ihch'oh, nouvellement annoncée (Parcs Canada, 2010, 2013). Les relevés devaient coïncider avec la période de floraison maximale de l’aster de la Nahanni, comme le précisaient les études antérieures. Le personnel comprenait Robert Foster et Allan Harris de Northern Bioscience, ainsi que Douglas Tate, de Parcs Canada. Au total, neuf jours-personnes ont été consacrés aux relevés (Harris et Foster, 2012). Bruce Bennett et d’autres personnes ont visité six sources supplémentaires au mois d’août 2012 afin d’y rechercher l’aster de la Nahanni à l’occasion de travaux de classification de la végétation (Bennett, comm. pers., 2012; annexe 1).

La conception du relevé visait à optimiser le budget affecté aux recherches par hélicoptère, la priorité étant de déterminer la zone d’occurrence et le nombre d’occurrences plutôt que de recueillir des données détaillées sur l’habitat et les populations. Le personnel a fait un arrêt relativement bref (généralement de 0,5 à 1 heure) à chaque site afin d’estimer le nombre de tiges florifères et la superficie de l’habitat occupé. Des notes sur l’habitat ont été consignées. Aux fins de l’estimation de la taille des populations, chaque tige florifère a été considérée comme un « individu mature », car on suppose que chacune de ces tiges peut permettre à l’espèce de se reproduire (COSEPAC, 2012).

En considérant que chaque tige florifère est un individu mature, on a estimé le nombre d’individus à plus de 5 600 en 2012 (tableau 1). Le nombre réel d’individus est inconnu, la multiplication clonale de l’aster de la Nahanni rendant leur dénombrement très difficile. On ne dispose pas de données exhaustives sur les tendances des populations de l’espèce, mais un plus grand nombre de tiges florifères a été observé en 2012 que lors des relevés antérieurs dans les quatre sites pour lesquels des données comparables sont disponibles (tableau 1).

L’individu peut également être défini comme étant une touffe comportant plusieurs tiges florifères. Le nombre d’individus peut alors être calculé approximativement à partir du nombre estimatif de 2 à 10 tiges par touffe, observé sur le terrain en 2012, et du nombre minimum de tiges florifères, établi à 5 638. On obtient ainsi une plage de valeurs de 564 à 2 819 individus, la valeur médiane étant de 1 691. Peu importe l’estimation retenue, il existe probablement plus de 1 000 individus au Canada.

Des relevés ont été réalisés dans 61 des 70 sources se trouvant dans la région de la Nahanni entre 2003 et 2012 (annexe 1). Neuf sources de la région de la Nahanni et quelques autres sources des Territoires du Nord Ouest, du Yukon et du nord de la Colombie Britannique n’ont pas fait l’objet de relevés ciblant l’aster de la Nahanni.

On ne peut établir avec précision les fluctuations et les tendances des populations d’aster de la Nahanni en raison du manque de relevés cohérents et exhaustifs. La comparaison des notes des relevés de 2003 (Semple, comm. pers.) et des données de 2012 ne montre aucun changement apparent dans la répartition de l’espèce ou la superficie occupée. Selon les observations recueillies par le personnel de Parcs Canada de 2000 à 2012, il semble également que l’étendue des populations, la densité des plantes et d’autres aspects de l’habitat aient peu changé (Tate, obs. pers.).

Aucune immigration de source externe n’est possible, puisque toute la population de l’espèce se trouve au Canada.

La plus grande partie de l’habitat de l’aster de la Nahanni se trouve à l’écart des installations industrielles et des routes, mais le caractère extrêmement limité de l’aire de répartition de l’espèce (six occurrences couvrant une superficie totale inférieure à 10 ha) la rend vulnérable aux phénomènes environnementaux aléatoires.

Le site de la source chaude Wildmint a autrefois été utilisé par les humains, mais on possède peu d’information à ce sujet. Sur certaines cartes topographiques, l’emplacement du site est indiqué par un symbole minier (image d’une pioche). En 1971, une petite cabane à demi enfouie a été bâtie dans une clairière jouxtant le bassin principal (Scotter et al., 1971), mais on ne possède aucune information sur la personne l’ayant construite, la période d’occupation du site ou les activités qui y ont été menées. Les ruines de la cabane sont peu apparentes, et on trouve peu d’autres traces d’activité humaine sur le site.

L’accès du public au secteur de la source chaude Rabbitkettle, avant la création du parc et durant les premières années des travaux d’aménagement, a causé des dommages localisés aux amoncellements de tuf qu’on trouve sur le site (Catto, 1987; Gulley, 1993). Le secteur a été désigné comme aire de préservation spéciale à protéger (zone I) dans le cadre du premier plan directeur du parc. Cette désignation, encore en vigueur aujourd’hui (Environnement Canada, Parcs, 1987; Parcs Canada, 2010), limite l’accès du public au site : seules les randonnées d’interprétation guidées par des membres du personnel y sont autorisées. Même compte tenu de l’usage antérieur du site, aucun impact perceptible n’a été observé dans la zone où croît l’aster de la Nahanni (Tate, obs. pers.).

Dans le cadre du plan directeur, une protection semblable (accès non accompagné interdit) est accordée aux sources Wildmint et Old Pots. Comme très peu de visiteurs utilisent la rivière Flat, la circulation et le piétinement par les humains ne sont pas considérés comme des menaces importantes pour ces sites. De même, l’accès aux sources Thirteen Steps et 86-030 est limité, et ces sites sont encore moins connus du public. La source chaude Sibbeston se trouve à bonne distance des chemins habituellement empruntés par les visiteurs. De plus, l’accès par aéronef en dehors des sites d’atterrissage désignés est strictement réglementé. Les habitats de travertin des sources chaudes risquent davantage d’être altérés par le piétinement des ongulés (orignal, Alces americanus, et caribou des bois, Rangifer tarandus caribou) que par les activités humaines, comme on peut le voir à la source chaude Wildmint. Cette altération ne semble cependant pas avoir d’incidence négative sur la population d’aster de la Nahanni présente sur le site (Tate, obs. pers.).

Les espèces végétales envahissantes constituent une menace potentielle pour l’avenir, mais leur présence est en grande partie limitée aux sites perturbés tels que celui de la propriété Kraus (Scotter et Cody, 1974; Cody, et al., 1979; Bennett, 2012). La réserve de parc entoure un site d’exploration avancée et un site minier au ruisseau Prairie, pour lequel la construction d’un chemin d’accès est proposée (MVRB, 2013). Un autre chemin d’accès minier traverse la partie nord-ouest de la zone d’agrandissement du parc (Parcs Canada, 2010). L’augmentation du nombre de chemins d’accès liée à l’exploitation des ressources constitue un vecteur pour de nouvelles espèces, comme on a pu le constater en 2012 (Bennett, comm. pers.). Aucune des routes proposées ne passerait à proximité des sites où pousse l’aster de la Nahanni, le site le plus proche d’un chemin d’accès étant celui de la source chaude Sibbeston, qui se trouve à environ 20 km à l’ouest du chemin menant au ruisseau Prairie.

Les changements climatiques constituent un facteur de changement plus probable pour les sources chaudes et l’habitat de l’aster de la Nahanni. Selon les données des stations météorologiques de Fort Simpson d’Environnement Canada, le climat observé au cours des dernières décennies dans la région de la réserve de parc national Nahanni est sensiblement plus chaud qu’il ne l’était durant la période de 1950 à 1979 (Parcs Canada, 2009). La saison de végétation est aujourd’hui plus longue et plus chaude, et on note une augmentation des précipitations au mois d’août. Les précipitations sous forme de neige ont également augmenté. Cependant, en raison des hivers plus doux, le stock nival a diminué et les printemps sont plus hâtifs (Parcs Canada, 2009). Les menaces qui pourraient peser sur l’aster de la Nahanni sont hypothétiques; des changements touchant le régime de précipitations ou de ruissellement pourraient modifier le débit des eaux souterraines. La tendance à la hausse observée pour les précipitations pourrait par ailleurs entraîner une augmentation du débit des eaux souterraines et de l’habitat disponible.

L’activité sismique (p. ex., mouvements de failles et tremblements de terre) pourrait aussi avoir une incidence sur les populations d’aster de la Nahanni en modifiant le débit des eaux souterraines, ce qui se répercuterait sur l’habitat de l’espèce. Un rejet horizontal de faille pourrait réduire ou stopper l’écoulement d’eau souterraine d’une source.

La région de la Nahanni est l’une des régions les plus actives du Canada sur le plan sismique. Le transfert de contraintes dû à la collision du terrane de Yakutat dans la zone côtière de l’Alaska atteint la surface du côté est des monts Mackenzie et Richardson, entraînant une activité sismique et des températures très élevées sous la Cordillère orientale (Mazzotti et Hyndman, 2002). En 1985, deux gros tremblements de terre se sont produits dans les monts Sombre, près de la rivière Nahanni Nord. Le premier est survenu le 5 octobre (magnitude de 6,6) et le deuxième, le 23 décembre (magnitude de 6,9). Aucun des deux tremblements de terre n’a entraîné de rupture de la surface, mais le premier a provoqué une énorme avalanche de pierres. D’autres tremblements de terre ont été enregistrés au fil des ans, dont un de magnitude 6 en 1988 (Cassidy et al., 2010). L’activité sismique était associée non pas à une faille cartographiée, mais à une faille « masquée » n’atteignant pas la surface (Wetmiller et al., 1988). Cinq phénomènes sismiques ont été enregistrés dans le secteur situé au nord-est de la chute Virginia du mois d’août 1996 au mois de mars 1997. Un important glissement de terrain survenu à l’hiver 1996-1997 au ruisseau Clearwater a probablement été provoqué par ces phénomènes (Parcs Canada, 2014).

Les populations d’aster de la Nahanni sont vulnérables aux changements de débit des eaux souterraines alimentant les sources qui sont causés par des phénomènes sismiques. Le débit de sources chaudes se trouvant ailleurs dans l’Ouest du Canada a été modifié, voire stoppé par des tremblements de terre, même lorsque l’activité sismique se produisait à des centaines de kilomètres de distance (Grasby, comm. pers.). Cependant, l’aster de la Nahanni pourrait être en mesure de survivre à des modifications du débit, comme cela semble s’être produit à la source Old Pots.

Le personnel de la réserve de parc national Nahanni a noté une augmentation des glissements de terrain et des éboulements au cours des dernières années. Ces phénomènes sont probablement attribuables en partie à la fonte du pergélisol, mais l’activité sismique pourrait également être en cause. Une évaluation des risques de glissement de terrain dans la réserve de parc national Nahanni a été entreprise dans le cadre d’études de faisabilité portant sur l’agrandissement du parc. Selon les conclusions de cette évaluation, la chaîne de montagnes Tlogotsho et le plateau Ram sont les régions les plus actives (Jermyn et Menounos, 2006; Jermyn et. al., 2006). Bien que les populations d’aster de la Nahanni puissent être dévastées par les glissements de terrain, aucune des populations connues ne se trouve dans les zones les plus à risque pour ce genre de phénomène.

Si on suppose que les changements touchant le débit des sources géothermiques qui sont causés par le changement climatique ou l’activité tectonique constituent la plus grande menace pesant sur l’aster de la Nahanni, chacune des six sources chaudes représente une « localité » distincte. Chaque source a un cadre géographique différent et ne réagira donc pas de la même manière aux changements touchant les précipitations et le ruissellement.

En se fondant sur les besoins en matière d’habitat de l’espèce (voir Besoins en matière d’habitat) et sur le nombre de sources connues présentant des milieux propices mais n’ayant pas fait l’objet de relevés, il est possible de calculer le nombre de localités supplémentaires pouvant être découvertes grâce à de nouveaux relevés. On a trouvé l’aster de la Nahanni à quatre sources présentant une plage de propriétés chimiques et de températures de l’eau apparemment propices à l’espèce, mais l’espèce n’a pu être trouvée à quatre autres sources présentant les mêmes conditions (taux de présence de 50 %). Sur les dix sources non explorées présentant des conditions similaires, on peut extrapoler qu’au plus cinq sites supplémentaires restent à découvrir.

Aucune loi fédérale ou territoriale ne comporte de disposition spécifique concernant la protection de l’aster de la Nahanni. Cependant, comme tous les sites connus de l’espèce se trouvent dans la réserve de parc national Nahanni, l’aster de la Nahanni bénéficie d’une protection en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada et de son règlement d’application. Aux termes de cette loi, il est interdit de cueillir toute plante (prélèvement ou destruction d’un objet naturel); toute collecte de spécimens à des fins scientifiques requiert la délivrance d’un permis de recherche par Parcs Canada.

NatureServe (2012) a attribué à l’espèce les classements suivants :

Dans les Territoires du Nord Ouest et au Canada, l’espèce est cotée 2, « Possiblement en péril », dans le cadre du Programme sur la situation générale des espèces (Espèces sauvages, 2010). Le statut de l’espèce dans les Territoires du Nord Ouest devrait être évalué en 2014 (Species at Risk Committee, 2012).

Au moment de son établissement, la réserve de parc national Nahanni couvrait une superficie de 4 765 km2, centrée sur les couloirs fluviaux des rivières Nahanni Sud et Flat (la désignation comme « réserve » signifie que la zone est gérée en tant que parc national, mais que les activités traditionnelles d’exploitation des ressources renouvelables auxquelles s’adonnent les Autochtones sont permises). En 2009, la réserve de parc a été agrandie de façon à inclure 30 000 km2 de terres et de plans d’eau du bassin de la rivière Nahanni Sud et du bassin de la rivière Nahanni Nord, situé à proximité (Parcs Canada, 2010). Quatre sites de l’aster de la Nahanni (sources chaudes Rabbitkettle, Old Pots, Wildmint et Thirteen Steps) se trouvent à l’intérieur des limites initiales du parc, tandis que les deux autres (Sibbeston et 86-030) se trouvent dans la zone d’agrandissement.

Comme il était indiqué précédemment, trois populations d’aster de la Nahanni se trouvent dans des zones désignées comme aires de préservation spéciale (zone I) en vertu du Plan directeur de la réserve de parc national du Canada Nahanni Nah’a Dehe (2010), lequel limite l’accès du public à la réalisation de travaux scientifiques autorisés ou, dans le cas de la source chaude Rabbitkettle, à des randonnées d’interprétation guidées par des membres du personnel. Le quatrième site se trouvant à l’intérieur des limites initiales du parc, Thirteen Steps, est désigné comme milieu sauvage (zone II), ce qui signifie que seul l’accès par des moyens non motorisés y est permis. Le zonage des deux autres sources se trouvant dans les nouvelles limites du parc n’a pas encore été établi de manière officielle. Cette mesure est toutefois prévue dans le prochain plan directeur du parc (Parcs Canada, 2010, p. 36).

John C. Semple, de l’Université de Waterloo (University of Waterloo), a généreusement fourni des notes de terrain, des photographies et des idées au sujet de la taxinomie et de l’écologie de l’aster de la Nahanni, et il a formulé des recommandations concernant les relevés. Suzanne Carrière et Rob Gau, du ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles du gouvernement des Territoires du Nord Ouest, ont pris part à la planification du projet et à l’obtention des permis de recherche. Jennifer Doubt, du Musée canadien de la nature, a identifié des spécimens de mousses. Bruce Bennett, du ministère de l’Environnement du Yukon, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC, a fourni des idées et des conseils ainsi que des observations botaniques concernant d’autres sites de sources de la région de la Nahanni. Le ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles du gouvernement des Territoires du Nord Ouest et Parcs Canada ont financé les vols. Scott Semple, de la société Great Slave Helicopters, a offert un excellent service et a assuré la sécurité des vols et des atterrissages durant les travaux de terrain entrepris dans le cadre du présent projet.

Organisme Nom Titre
Premières Nations Dehcho Dahti Tsetso Resource Management Coordinator
Première Nation Liidlii Kue, Fort Simpson Keyna Norwegian Chef
Association locale des Métis n° 52, Fort Simpson Lisa Lafferty Connaissances traditionnelles
Bande de Nahanni Butte Dene Alison DePelham Gérante de bande intérimaire
Environnement et Ressources naturelles – Région de Dehcho Nic Larter Biologiste régional
Environnement et Ressources naturelles – Administration centrale Rob Gau Manager, Biodiversity Conservation
Environnement et Ressources naturelles – Administration centrale Suzanne Carrière Wildlife Biologist-Biodiversity
Environnement Canada Donna Bigelow Species at Risk Biologist
University of Waterloo John Semple Professor and Herbarium Director (retraité)
Crosscurrent Associates Peter Redvers Consultant
Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC Bruce Bennett Coprésident
Sous-comité sur les connaissances traditionnelles autochtones du COSEPAC Donna Hurlburt Coprésident

Allan Harris compte plus de 20 années d’expérience comme biologiste dans le nord de l’Ontario. Il détient un baccalauréat en biologie de la faune de l’Université de Guelph (Guelph University) et une maîtrise en biologie de l’Université Lakehead (Lakehead University). Après avoir occupé un poste de biologiste au ministère des Richesses naturelles de l’Ontario pendant sept ans, il a cofondé Northern Bioscience, une entreprise de consultation écologique établie à Thunder Bay, en Ontario. Allan Harris est auteur ou coauteur de dizaines d’articles scientifiques, de rapports techniques et d’articles de vulgarisation, y compris des rapports de situation du COSEPAC sur la cicindèle à grandes taches de Gibson, l’hémileucin du ményanthe, le gomphe des rapides, le gomphe de Laura, le gomphe riverain, la gnaphose de Snohomish, le perceur du ptéléa, la cicindèle verte à lunules, la buchnéra d’Amérique, le lipocarphe à petites fleurs et le trille à pédoncule incliné. Il est également auteur d’un rapport provincial sur la situation du caribou des bois en Ontario ainsi qu’auteur ou coauteur de programmes de rétablissement nationaux et provinciaux visant des espèces en péril de plantes vasculaires et d’oiseaux. Il est membre du Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (2008 – 2013).

Robert Foster est cofondateur et partenaire principal de Northern Bioscience, entreprise qui offre des services professionnels de consultation écologique en appui aux travaux de gestion, de planification et de recherche sur les écosystèmes. ll est titulaire d’un baccalauréat en biologie de l’Université Lakehead et d’un doctorat en zoologie de l’Université d’Oxford (Oxford University). Robert Foster a travaillé pendant plus de 20 ans comme écologiste en Ontario. Il est l’auteur ou le coauteur de rapports de situation du COSEPAC sur l’amiral de Weidemeyer, l’hémileucin du ményanthe, le perceur du ptéléa, le gomphe de Laura, le gomphe des rapides, le gomphe riverain, la cicindèle verte à lunules, la cicindèle à grandes taches de Gibson, l’aster fausse-prenanthe, la buchnéra d’Amérique, la gnaphose de Snohomish et le trille à pédoncule incliné, de même que de programmes de rétablissement visant des espèces de plantes, de lichens et d’odonates rares.

Douglas Tate travaille comme biologiste pour la réserve de parc national Nahanni de Parcs Canada depuis 14 ans, et a travaillé auparavant pour Parcs Canada et le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario. Il a obtenu un baccalauréat, puis une maîtrise en biologie de la faune de l’Université de Guelph. Son expérience de recherche sur le terrain comprend des relevés de nidification au Venezuela, la classification de milieux humides, des études sur le domaine vital des tortues dans le centre de l’Ontario et des relevés aériens d’orignaux dans les Territoires du Nord Ouest. Douglas Tate est auteur ou coauteur de plusieurs articles scientifiques, rapports techniques et articles de vulgarisation, et a été membre du Northern Mountain Caribou Technical Advisory Team chargé d’élaborer un plan directeur. Douglas n’avait jamais rédigé de rapport de situation du COSEPAC auparavant, mais il a déjà fourni des données ou révisé des rapports portant sur plusieurs espèces, dont le Râle jaune, l’Engoulevent d’Amérique, le Pica à collier et l’omble à tête plate.

Aucune.

No Nom Relevé Tuf présent? Aster de la Nahanni présent? Notes sur l'habitat
1 Little Doctor 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O N Présence de nombreuses espèces calcicoles. Dépôts de tuf apparents.
2 Cimitar 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Absence de milieu propice.
3 Big Vale 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Absence de milieu propice.
4 Vale 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Absence de milieu propice.
5 Ruisseau Corridor 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Absence de milieu propice.
6 Cowboy 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Absence de milieu propice.
7 Cowgirl 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Zone dégagée de 30 m sur 40 m. Au dessus de la plaine inondable du cours d’eau. Température de l’eau = 3 °C.
8 Sibbeston 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O O Chenal de cours d'eau anastomosé provenant du versant. La plupart des plantes se trouvent à moins de 1 m du cours d’eau. Présence de dépôts de carbonate de calcium, mais tuf peu apparent. Température de l’eau = 26 °C.
9 Wildmint 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1
2003 Retour à la référence de la note de tabled.1
O O Dépôts de tuf formant une série de terrasses qui mesurent chacune environ 50 m sur 100 m. L’aster de la Nahanni occupe une superficie totale d’environ 6 ha et pousse principalement dans des morceaux de tuf brisé. Ancienne digue de castors présente. Température de l’eau = 26 °C.
10 86-030 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O O Dépôts d’oxyde de fer et de tuf rougeâtres au pied d’un versant arboré. Température de l’eau = 21 °C.
11 Descente 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Aucun milieu dégagé.
12 Mineral Lac 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Aucun milieu dégagé.
13 Softie 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Très peu de milieux propices ou absence de tels milieux.
14 86-021 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Grande zone de suintement dégagée dans une large vallée. Présence d’espèces calcicoles. Odeur de H2S. Température de l’eau = 10 °C.
15 87-106 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Aucun milieu dégagé.
16 86-010 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Aucun milieu dégagé.
17 Grizzly Bear 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O N Habitat potentiel. Le tuf couvre une superficie de 5 m sur 50 m. Superficie dégagée supplémentaire de 50 m sur 60 m de buttes couvertes de mousses. Température de l’eau = > 45 °C.
18 Broken Skull 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O N Dépôts de marne. Légère odeur de H2S. Température de l’eau = 43 °C.
19 Red Steel 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Dépôts de fer. Grès rouge friable. Présence de quelques espèces calcicoles. Température de l’eau = 10 °C.
20 Cours supérieur de la Nahanni 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Zone dégagée de 100 m sur 200 m avec quelques zones de buttes couvertes de mousses. Température de l’eau = 30 °C.
21 Cotton 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O N Très peu de milieux propices ou absence de tels milieux.
22 Red Mini 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O N Zone de suintement dégagée couvrant 1 500 m2. Le Sphagnum fuscum est l’espèce dominante. Aucune espèce calcicole. Température de l’eau = 11 °C.
23 Champagne 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Présence de précipités de fer. Quelques buttes couvertes de mousses au bord du cours d’eau. Température de l’eau = 6 °C.
24 Cartung Nord 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Dépôts de marne. Grande prairie de graminées et de Cypéracées. Présence de nombreuses espèces calcicoles. Température de l’eau = 32 °C.
25 86-060 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Habitat de mauvaise qualité. Assez sec.
26 Cordes Verte 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O N Le tuf couvre une superficie d’environ 3 000 m2 là où la source émerge dans la pessière. Nombreuses buttes couvertes de mousses. Température de l’eau = 10 °C.
27 Flat Fruit 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O N Le tuf couvre une superficie d’environ 1 500 m2. Un autre dépôt de tuf important se trouve à la base de la falaise, dans une zone inaccessible. Aucun aster observé au moyen de jumelles. Température de l’eau = 19 °C.
28 Brimstone 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O N Le tuf couvre une superficie d’environ 120 m2. Température de l’eau = 6 °C.
29 Lac Clark 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Petite zone de suintement sur la rive du lac. Absence de milieu propice.
30 Cascade 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Absence de milieu propice. À côté de la rivière Caribou.
31 Selena 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O N Absence de milieu propice.
32 Jackson 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Absence de milieu propice.
33 Darkness 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Aucune source observée.
34 Overflow 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Petite zone de suintement sur une crête dénudée. Milieu très sec.
35 Meltwater 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Aucune source observée.
36 Interpluton 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Zone marécageuse au bord du lac.
37 Tiny 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Absence de milieu propice.
38 Unnamed 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 O N Le tuf couvre une superficie de 40 m sur 30 m et forme une série de terrasses entre les lacs. Présence de buttes couvertes de mousses offrant un milieu propice. Température de l’eau = 8°C.
39 Rabbitkettle 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1
2003 Retour à la référence de la note de tabled.1
O O Dépôts de tuf importants. Aster de la Nahanni présent sur les petits dépôts situés au sud. La plupart des plantes sont enracinées dans des mousses au bord de la zone dégagée de tuf.
40 Halfstep 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Absence de milieu propice.
41 Cartman 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Source marécageuse sur le versant. Absence de milieu propice.
42 Old Pots 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1
2003 Retour à la référence de la note de tabled.1
O O Terrasses de tuf couvrant environ 1 ha. Végétation dominée par les Cypéracées et présence de mousses.
43 Thirteen Steps 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1
2003 Retour à la référence de la note de tabled.1
O O Aster de la Nahanni présent sur une superficie d’environ 1 ha. De nombreuses plantes sont enracinées dans du tuf brisé avec des coussins de mousse au bord des bassins de tuf. Température de l’eau = 20°C.
44 Boulder 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Source émergeant d’un versant de montagne pierreux. Présence de buttes couvertes de mousses, mais habitat de mauvaise qualité.
45 Crack 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Absence de milieu propice.
46 Mossy 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Absence de milieu propice.
47 Sombre 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Habitat de mauvaise qualité.
48 Quickie 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Dans la plaine inondable du cours d’eau. Habitat de mauvaise qualité. Présence de précipités de fer.
49 Cathedral 2012 Retour à la référence de la note de tableb.1 N N Quelques colonies de « mousses brunes ». Présence d’espèces calcicoles. Plus ou moins dans la plaine inondable du cours d’eau. Température de l’eau = 5 °C.
50 Wrigley* 2012 Retour à la référence de la note de tablec.1 N N Présence de quelques buttes couvertes de mousses, mais pas de tuf. Dans la plaine inondable du cours d’eau.
51 Ruisseau Galena* 2012 Retour à la référence de la note de tablec.1 O N Présence d’espèces calcicoles.
52 Bluebell* 2012 Retour à la référence de la note de tablec.1 O N Présence d’espèces calcicoles.
53 Kraus* 2012 Retour à la référence de la note de tablec.1
2003 Retour à la référence de la note de tabled.1
N N Présence d’espèces calcicoles. Absence de tuf.
54 Brigade* 2012 Retour à la référence de la note de tablec.1 N N Présence d’espèces calcicoles.
55 Caribou* 2012 Retour à la référence de la note de tablec.1 N N Présence d’espèces calcicoles.
56 Chance* 2012 Retour à la référence de la note de tablec.1 N N Présence d’espèces calcicoles.
57 Moore 2003 Retour à la référence de la note de tabled.1 N N Absence de milieu propice.
58 Meilleur 2003 Retour à la référence de la note de tabled.1 N N Absence de milieu propice.
59 Lened 2003 Retour à la référence de la note de tabled.1 N N Absence de milieu propice.
60 Hole in the Wall c. 2006 Retour à la référence de la note de tablee N N Absence de milieu propice.
61 Lac Glacier c. 2006 Retour à la référence de la note de tablee N N Absence de milieu propice.
62 Bougere Aucun ? ?
63 Grasby Aucun ? ?
64 Karst Aucun ? ?
65 Muddy Aucun ? ?
66 Smurf Aucun ? ?
67 Cantung O. Aucun ? ?
68 Stinky Aucun ? ?
69 Persistent Aucun ? ?
70 Stinky Drift Aucun ? ?
Tulita Retour à la référence de la note de tablef Aucun ? ? Non cartographié dans la figure 2.
Sculpin Retour à la référence de la note de tablef Aucun ? ? Non cartographié dans la figure 2.
Deca Retour à la référence de la note de tablef Aucun ? ? Non cartographié dans la figure 2.
Ekwi Retour à la référence de la note de tablef Aucun ? ? Non cartographié dans la figure 2.
Tabletop Retour à la référence de la note de tablef Aucun ? ? Non cartographié dans la figure 2.
Redstone Junction No1 Retour à la référence de la note de tablef Aucun ? ? Non cartographié dans la figure 2.
Redstone Sud Retour à la référence de la note de tablef Aucun ? ? Non cartographié dans la figure 2.
Annexe 2. Propriétés chimiques et température de l’eau de 70 sources de la région de la Nahanni, selon Caron et al. (2007). Les classes de températures (fondées sur une seule mesure de la température de l’eau en surface effectuée durant l’été), de pH et de concentrations totales d’oligo éléments ont été établies par Caron et al. (2007). La température de l’eau des sources chaudes est supérieure à 40 °C; celle des sources tièdes se situe entre 39 °C et 12 °C, alors que celle des sources froides est inférieure à 12 °C. Caron et al. (2007) n’ont pas échantillonné les sources Old Pots et Thirteen Steps.
Source Aster de la Nahanni présent? pH T (oC) Classe de pH Classe de temp. Conc. totale d’oligo-éléments
> 0,9 %?
Sombre Non 8,67 0,30 Basique Froide Oui
Red Steel Non 6,65 0,80 Acide Froide Non
Boulder Non 8,79 0,80 Basique Froide Non
Descente Non 7,49 0,80 Basique Froide Non
Darkness Non 6,40 1,00 Acide Froide Non
Cowboy Non 7,87 1,25 Basique Froide Non
Mossy Non 7,61 1,40 Basique Froide Non
Tiny Non 7,64 1,40 Basique Froide Non
Overflow Non 4,85 1,70 Acide Froide Oui
Cartman Non 6,34 1,70 Acide Froide Non
Jacson Non 6,87 1,80 Acide Froide Non
Cowgirl Non 7,37 2,00 Basique Froide Non
Cathedral Non 7,55 2,00 Basique Froide Oui
Chance Non 7,66 2,00 Basique Froide Non
Muddy Ne sait pas 6,84 2,25 Acide Froide Non
Galena Non 8,01 2,30 Basique Froide Non
Wrigley Non 6,15 2,50 Acide Froide Non
Bougere Ne sait pas 4,31 2,70 Acide Froide Oui
Smurf Ne sait pas 7,39 2,70 Basique Froide Non
Grasby Ne sait pas 7,27 3,20 Basique Froide Non
Brigade Non 7,55 3,30 Basique Froide Non
Lac Clark Non 7,49 3,30 Basique Froide Non
Lac Glacier Non 7,11 3,50 Basique Froide Oui
Meltwater Non 7,44 3,70 Basique Froide Non
Karst Ne sait pas 7,93 3,70 Basique Froide Non
Ruisseau Corridor Non 8,82 3,80 Basique Froide Non
Caribou Non 7,75 3,80 Basique Froide Non
Crack Non 7,83 4,00 Basique Froide Non
Cascade Non 7,37 4,00 Basique Froide Non
Interpluton Non 4,41 4,10 Acide Froide Oui
Red Mini Non 3,94 4,15 Acide Froide Oui
Half Spring Non 7,60 4,50 Basique Froide Non
Veil Non 8,17 4,80 Basique Froide Non
Big Veil Non 8,37 4,80 Basique Froide Non
Champagne Non 6,43 5,85 Acide Froide Non
Brimstone Non 5,89 6,20 Acide Froide Non
Softie Non 5,53 6,30 Acide Froide Oui
Quickie Non 7,98 7,00 Basique Froide Non
Selena Non 7,24 7,60 Basique Froide Non
Blue Bells Non 7,41 7,60 Basique Froide Non
Cordes Vertes Non 7,22 8,20 Basique Froide Non
Flat Fruit Non 6,29 9,30 Acide Froide Non
Cimitar Non 6,79 11,90 Acide Froide Non
Cotton Non 3,77 12,45 Acide Tiède Oui
Redstone Junction n° 1 Ne sait pas 7,36 15,40 Basique Tiède Non
Stinky Drift Ne sait pas 8,76 16,60 Basique Tiède Non
Sibbeston Oui 7,65 16,90 Basique Tiède Non
Sculpin Ne sait pas 7,03 17,05 Basique Tiède Non
Lac Mineral (86-030) Oui 6,68 18,30 Acide Tiède Non
Persistent Ne sait pas 6,07 20,50 Acide Tiède Non
Cantung N. / Ruisseau Zenchuck Non 7,61 20,90 Basique Tiède Non
Rabbitkettle Oui 5,74 21,10 Acide Tiède Non
Deca Ne sait pas 7,10 21,60 Basique Tiède Non
Stinky Ne sait pas 6,74 24,10 Acide Tiède Non
Tulita Ne sait pas 7,05 24,65 Basique Tiède Non
Broken Skull – bassin supérieur Non 7,18 27,90 Basique Tiède Non
Wildmint Oui 6,63 30,00 Acide Tiède Non
Kraus/ Clausen Non 6,54 36,70 Acide Tiède Non
Rivière Meilleur Non 6,63 36,90 Acide Tiède Non
Tabletop Ne sait pas 7,67 38,50 Basique Tiède Non
Hole in the Wall Non 8,43 40,20 Basique Chaude Non
Ekwi Ne sait pas 6,69 40,80 Acide Chaude Non
Cantung Ouest Ne sait pas 8,39 41,30 Basique Chaude Non
Grizzle Bear Non 6,78 42,60 Acide Chaude Non
Broken Skull – bassin inférieur Non 6,46 46,30 Acide Chaude Non
Broken Skull Non 6,38 46,40 Acide Chaude Non
Moore Non 6,75 48,20 Acide Chaude Non
Redstone Sud Non 7,51 51,20 Basique Chaude Non
Nahanni N./ruisseau Lened Non 8,66 56,10 Basique Chaude Non
Cours supérieur de la Nahanni Non 8,30 63,60 Basique Chaude Oui

Tableau d’évaluation des menaces

Guide pour le calcul de l’impact global des menaces :
Impact des menaces Impact des menaces (descriptions) Comptes des menaces de nniveau1 selon l’intensité de leur impact
Maximum de la plage d’intensité
Minimum de la plage d’intensité
A Très élevé 0 0
B Élevé 0 0
C Moyen 0 0
D Faible 0 0
Impact global des menaces calculé : - -
Tableau d’évaluation des menaces.
# Menace Impact
(calculé)
Critère
Impact
(calculé)
Portée
(10 prochaines
années)
Gravité
(10 années
ou
3 générations)
Immédiateté Commentaires
6 Intrusions et perturbations humaines (en anglais seulement) - Négligeable Petite (1 – 10 %) Négligeable (< 1 %) Faible (peut être à long terme, > 10 ans/3 gén.) -
6.1 Activités récréatives - Négligeable Petite (< 1-10 %) Négligeable (< 1 %) Faible (peut-être à long terme, > 10 ans/3 gén.) L’accès du public est limité à la source chaude Rabbitkettle. Il y a très peu d’activité humaine dans les autres sites, qui sont difficiles d’accès. Même au site Rabbitkettle, les plantes n’ont subi aucun dommage apparent (SARC, 2013, pages 25-26).
8.1 Espèces exotiques/non indigènes envahissantes - Non calculé (en dehors de la période d’évaluation) - - Insignifiante/ négligeable (menace passée ou sans effet direct) Aucune des routes proposées ne passerait à proximité des sites où pousse l’espèce; le site le plus proche d’un chemin d’accès étant celui de la source chaude Sibbeston, qui se trouve à environ 20 km à l’ouest du chemin menant au ruisseau Prairie (SARC, 2013, page 26).
10.2 Tremblements de terre et tsunamis - Non calculé (en dehors de la période d’évaluation) Inconnue Légère (1-10 %) Faible (peut-être à long terme, > 10 ans/3 gén.) L’activité sismique (p. ex., mouvements de failles et tremblements de terre) pourrait aussi avoir une incidence sur les populations d’aster de la Nahanni en modifiant le débit des eaux souterraines, ce qui pourrait se répercuter sur l’habitat de l’espèce. Cependant, l’aster de la Nahanni pourrait être en mesure de survivre à des modifications du débit, comme cela semble s’être produit à la source Old Pots (SARC, 2013, page 26).
11.1 Déplacement et altération de l’habitat - Non calculé (immédiateté inconnue) - - Inconnue Les menaces qui pourraient peser sur l’aster de la Nahanni sont hypothétiques : des changements touchant le régime de précipitations ou de ruissellement pourraient modifier le débit des eaux souterraines. La tendance à la hausse observée pour les précipitations pourrait par ailleurs entraîner une augmentation du débit des eaux souterraines et de l’habitat disponible (SARC, 2013, page 26).

Classification des menaces d’après l’IUCN-CMP (International Union for Conservation of Nature - Conservation Measures Partnership), Salafsky et al. (2008).

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2022-02-24