Baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus), Population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, Population du plateau néo‑écossais : évaluation et Rapport de situation du COSEPAC 2024
Titre officiel : Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus), Population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, Population du plateau néo‑écossais au Canada
Comité sur la situation des espèces en peril au Canada (COSEPAC)
Population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador – Préoccupante
Population du plateau néo‑écossais – En voie de disparition
2024
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Information sur le document
Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. Le présent rapport peut être cité de la manière suivante :
COSEPAC. 2024. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus), population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador et population du plateau néo-écossais, au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa, xviii + 66 p.
(Registre public des espèces en péril).
Rapports précédents :
COSEPAC. 2011. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiv + 37 p. (Registre public des espèces en péril).
COSEPAC. 2002. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus) (population du plateau néo‑écossais) au Canada – Mise à jour, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vii + 25 p.
Whitehead, H., A. Faucher, S. Gowans et S. McCarrey. 1996. Rapport de situation du COSEPAC sur la baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus) (population du Goulet de l’île de Sable) au Canada – Mise à jour, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, Pages 1 à 25.
Reeves, R.R. et E. 1993. COSEWIC status report on the Northern Bottlenose Whale Hyperoodon ampullatus, in Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. 16 p.
Note de production :
Le COSEPAC remercie Shannon Gowans et Peter Simard d’avoir rédigé le rapport de situation sur la baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus), population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador et population du plateau néo‑écossais, au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement Canada et Changement climatique. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par John Ford, coprésident du Sous‑comité de spécialistes des mammifères marins du COSEPAC.
Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :
Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa ON K1A 0H3
Courriel : cosewic-cosepac@ec.gc.ca
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)
Also available in English under the title “COSEWIC Assessment and Status Report on the Northern Bottlenose Whale Hyperoodon ampullatus, Davis Strait-Baffin Bay-Labrador Sea population and Scotian Shelf population in Canada”.
Photo de la couverture :
Baleine à bec commune — Photo : Laboratoire Whitehead, Université Dalhousie (années 1990, dans le Goulet).
© Sa Majesté le Roi du Chef du Canada, 2024.
No de catalogue CW69-14/77-2025F-PDF
ISBN 978-0-660-77103-8
COSEPAC sommaire de l’évaluation
Sommaire de l’évaluation – novembre 2024
Nom commun : Baleine à bec commune – population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador
Nom scientifique : Hyperoodon ampullatus
Statut : Préoccupante
Justification de la désignation : Cette population septentrionale de baleines à bec longévives à reproduction lente a été réduite à cause de la chasse à la baleine à la fin des années 1960 et au début des années 1970, mais l’ampleur de cette réduction est inconnue. Depuis cette période, les tendances de la taille de la population sont incertaines, et il n’existe aucune estimation de l’abondance; les taux d’observation des relevés sont toutefois faibles. La population est confrontée à diverses menaces, dont le bruit sous‑marin, l’empêtrement dans les engins de pêche, les collisions avec des navires, l’ingestion de débris de plastique et les contaminants. Cette population pourrait devenir « menacée » si ces menaces ne sont pas contrées ou gérées efficacement.
Répartition : Océan Atlantique
Historique du statut : La baleine à bec commune a été désignée comme une seule unité en avril 1993 et a été désignée « non en péril ». L’espèce a été divisée en deux populations en avril 1996 afin de permettre une désignation distincte pour la baleine à bec commune (population du plateau néo‑écossais). La population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador n’a pas été évaluée en 1996; elle a ainsi conservé la désignation initiale « non en péril » de la baleine à bec commune. La population a été désignée « préoccupante » en mai 2011. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2024.
Sommaire de l’évaluation – novembre 2024
Nom commun : Baleine à bec commune – population du plateau néo‑écossais
Nom scientifique : Hyperoodon ampullatus
Statut : En voie de disparition
Justification de la désignation : Cette population de baleines à bec, qui fait l’objet de nombreuses études, semble augmenter lentement alors qu’elle continue de se rétablir des activités de chasse à la baleine antérieures. Elle demeure très petite, ne comptant que quelque 210 individus, dont approximativement 95 sont matures. Plusieurs menaces pèsent sur la population, dont le bruit sous‑marin produit par les exercices de sonar militaire et les levés sismiques aux fins d’exploration pétrolière et gazière, les collisions avec des navires, l’empêtrement dans les engins de pêche, et l’exposition aux contaminants, aux autres polluants et aux débris marins.
Répartition : Océan Atlantique
Historique du statut : La baleine à bec commune a été désignée comme une seule unité en avril 1993 et a été désignée « non en péril ». L’espèce a été divisée en deux populations en avril 1996 afin de permettre une désignation distincte pour la baleine à bec commune (population du plateau néo‑écossais). La population du plateau néo‑écossais a été désignée « préoccupante » en avril 1996. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en novembre 2002, en mai 2011 et en novembre 2024.
COSEPAC résumé
Baleine à bec commune
Hyperoodon ampullatus
Population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador
Population du plateau néo‑écossais
Description et importance de l’espèce sauvage
La baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus) n’est présente que dans le nord de l’Atlantique Nord. Cette baleine robuste de taille moyenne (7 à 9 m), qui ressemble à un dauphin, possède un bec et une nageoire dorsale falciforme. Il s’agit d’un des mammifères qui plongent le plus profondément et le plus longtemps. On sait que l’espèce a tendance à s’approcher des navires. Les individus qui se trouvent au large du plateau néo‑écossais font l’objet des recherches les plus détaillées sur toute espèce vivante de baleine à bec.
Connaissances autochtones
Le présent rapport ne comporte aucune connaissance traditionnelle autochtone (CTA) propre à cette espèce.
Répartition
La baleine à bec commune vit en eaux profondes (> 500 m) dans le nord de l’Atlantique Nord, au nord du 40e degré de latitude nord environ. On compte cinq zones de concentration connues, soit trois dans l’est de l’Atlantique (Islande, Svalbard et au large de la Norvège continentale) et deux en eaux canadiennes (le long du plateau néo‑écossais et au large du Labrador, y compris le sud de la baie de Baffin).
Deux populations, ou unités désignables (UD), de l’espèce se trouvent dans les eaux canadiennes. La population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador et la population du plateau néo‑écossais sont génétiquement distinctes. Les baleines du plateau néo‑écossais sont généralement plus petites, pourraient se reproduire plus tard dans l’année et comptent des charges de polluants plus élevées que celles de la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador. Les déplacements entre les deux populations semblent être très rares. Une troisième concentration a récemment été observée au large des bancs de Terre‑Neuve, en particulier dans la région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan. Cette concentration fait probablement partie de la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador puisqu’elle affiche des différences génétiques évidentes par rapport aux individus du plateau néo‑écossais et qu’aucun individu n’a pu être identifié au moyen des photographies.
Habitat
La baleine à bec commune fréquente surtout les eaux du talus continental à une profondeur de 800 à 1 500 m. Les individus vivant à la bordure du plateau néo‑écossais se concentrent fortement dans trois canyons sous‑marins (le Goulet et les canyons Shortland et Haldimand). La région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan, à l’est de Terre‑Neuve, est également caractérisée par un relief topographique élevé, mais consiste plutôt en une crête qui s’élève depuis le fond marin. Plus au nord, aucune caractéristique topographique claire n’est associée à l’espèce, et les baleines sont plutôt largement réparties en dehors du rebord du plateau.
Biologie
Les mâles atteignent la maturité sexuelle à l’âge de 7 à 9 ans et les femelles à celui de 8 à 13 ans, après quoi elles donnent naissance à un seul petit environ tous les 3 à 5 ans. La durée de vie est d’environ 48 ans, et la durée d’une génération, d’environ 26 ans. La population du plateau néo‑écossais ne semble pas migrer. Les déplacements des individus de la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador n’ont pas été bien étudiés, même si des données récentes de marquage par satellite indiquent que certaines baleines peuvent parcourir de longues distances.
Bien que la baleine à bec commune consomme divers poissons et calmars vivant en eaux profondes, son régime alimentaire, particulièrement riche en calmars du genre Gonatus, est spécialisé par rapport à celui d’autres mammifères plongeant profondément. Au large des bancs de Terre-Neuve et dans la région du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, certains individus ont été observés alors qu’ils interagissaient avec les pêches commerciales au flétan du Groenland.
Taille et tendances des populations
On estime que la population du plateau néo‑écossais comptait environ 95 individus matures en 2023. Une analyse récente donne à penser que la population était en déclin de 1988 (année à laquelle la recherche sur cette population a commencé) jusqu’à 2004 environ, après quoi elle a commencé à augmenter. On ne possède pas d’estimation de la taille de la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador. De 1962 à 1967, les baleiniers ont chassé 87 individus de la population du plateau néo‑écossais et, de 1969 à 1971, 818 individus de la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador. Cet appauvrissement a probablement encore des répercussions sur les deux populations.
Menaces
Plusieurs menaces importantes pèsent sur l’espèce. Le bruit sous‑marin et les interactions avec les pêches et les navires constituent une menace évidente. On se préoccupe également des concentrations de contaminants dans les tissus des baleines, qui peuvent être liées aux activités d’exploitation pétrolière et gazière, ainsi que des menaces associées à la pollution par le plastique, notamment l’ingestion et l’empêtrement. L’impact global des menaces est élevé dans le cas de l’UD du plateau néo‑écossais et moyen dans le cas de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador.
Protection, statuts et activités de rétablissement
La Commission baleinière internationale considère la baleine à bec commune comme une espèce protégée qui ne devrait faire l’objet d’aucune capture. L’espèce figure également à l’annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), et l’UICN la classifie dans la catégorie « espèce quasi menacée »). La baleine à bec commune ne fait actuellement pas l’objet d’une chasse régulière. Selon NatureServe, l’espèce est « apparemment en sécurité » à l’échelle mondiale, et ce, même si le statut de la population du plateau néo‑écossais est « gravement en péril ».
Au Canada, la chasse et les autres activités délibérément dommageables pour les baleines à bec communes sont couvertes par le Règlement sur les mammifères marins de la Loi sur les pêches. La population du plateau néo‑écossais a été désignée « en voie de disparition » par le COSEPAC en 2002 et en 2011 et a été inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en avril 2006. La population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador a été évaluée par le COSEPAC, qui l’a désignée « préoccupante » en 2011. Un programme de rétablissement de la population du plateau néo‑écossais a été publié en 2010 et révisé en 2016, tandis qu’un plan d’action a été élaboré en 2017. En 2024, le COSEPAC a réévalué la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador et la population du plateau néo‑écossais, et les a désignées « préoccupante » et « en voie de disparition », respectivement.
Le Goulet a été désigné en 2004 comme une zone de protection marine au titre de la Loi sur les océans. Le cœur de cette zone coïncide avec l’habitat principal des baleines à bec communes du plateau néo‑écossais. Le Goulet et les canyons Shortland et Haldimand ont également été désignés comme habitat essentiel de l’espèce au titre de la LEP, et les zones entre les canyons ont été décrites comme un habitat important. Le reste de l’habitat de la baleine à bec commune au Canada ne bénéficie d’aucune protection particulière. Les refuges marins, où la pêche en contact avec le fond est interdite, peuvent fournir des ressources alimentaires accrues et un refuge contre l’empêtrement dans des engins de pêche.
Résumé technique (population du Détroit de Davis, de la Baie de Baffin et de la Mer du Labrador)
Hyperoodon ampullatus
Baleine à bec commune (population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador)
Northern Bottlenose Whale (Davis Strait-Baffin Bay-Labrador Sea population)
Noms inuktituts : ᐃᒃᑮᓇᖅᑐᒥ ᓯᒡᒍᑲᓪᓚᓖᑦ (traduction : Ikkiinaqtumi Siggukallaliit)
Répartition au Canada : océan atlantique (au large des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador, Nunavut)
Données démographiques
Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population)
Environ 26 ans
Estimée à l’aide du calculateur de durée d’une génération de l’UICN
Y a-t-il un déclin continu [observé, estimé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur 3 ans [ou 1 génération, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].
Inconnu
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur 5 ans [ou 2 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].
Inconnu
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des 10 dernières années [ou 3 dernières générations, selon la période la plus longue]
Inconnu
Données insuffisantes pour évaluer la taille ou les tendances de la population. La chasse à la baleine à la fin des années 1960 et au début des années 1970 (en l’espace de trois générations) a probablement causé un déclin rapide des individus matures, mais l’ampleur de celui-ci n’est pas connue.
Pourcentage [prévu, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des 10 prochaines années [ou 3 prochaines générations, jusqu’à un maximum de 100 ans]
Inconnu
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré, prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures sur une période de 10 ans [ou 3 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans], commençant dans le passé et se terminant dans le futur (jusqu’à un maximum de 100 ans dans le futur)
Inconnu
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?
Inconnu
Est‑ce que les causes du déclin sont clairement comprises?
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin ont effectivement cessé?
Inconnu
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Inconnu
Espèce longévive dont le taux de reproduction est faible; peu susceptible aux grandes fluctuations
Information sur la répartition
Superficie estimée de la zone d’occurrence
779 516 km2
Selon le rapport de situation du COSEPAC de 2011; aucune mise à jour disponible
Indice de zone d’occupation (IZO), valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 × 2 km
208 756 km2
Selon le rapport de situation du COSEPAC de 2011; aucune mise à jour n’est disponible.
La population est-elle gravement fragmentée, c’est-à-dire que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale (comme indicateur du nombre d’individus) se trouvent dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une sous‑population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce?
- Non
- Non
Les données fournies par les étiquettes repérables par satellite indiquent que les déplacements sur de longues distances limitent la probabilité de parcelles d’habitat isolées.
Nombre de « localités » (utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant)
Inconnu
Très probablement plus de 10
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?
Non
Aucun changement observé
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occupation?
Non
Aucun changement observé
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous‑populations?
Sans objet
Aucune sous‑population connue
Y a‑t‑il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de « localités »?
Inconnu
Nombre de localités inconnu
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue et/ou la qualité] de l’habitat?
Inconnu
Données insuffisantes pour évaluer le déclin de la qualité de l’habitat
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous‑populations?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de « localités »?
Non
Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?
Non
Nombre d’individus matures (dans chaque sous‑population)
Détroit de Davis, baie de Baffin et mer du Labrador
Inconnu
Aucune structure de sous‑population connue
Total
Inconnu
Analyse quantitative
La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins 20 % sur 20 ans [ou 5 générations] ou 10 % sur 100 ans.
Inconnu
Aucune analyse n’a été effectuée
Menaces
Un calculateur des menaces a‑t‑il été rempli pour l’espèce?
Non
Évaluation récente des menaces par Pêches et Océans Canada (Fisheries and Oceans Canada, 2022) et Feyrer et al. (2024)
Voici les principales menacées relevées :
UICN 9.6 – perturbation par le bruit sous‑marin (moyenne)
UICN 5.4 – empêtrement dans les engins de pêche (faible)
UICN 4.3 – collisions avec des navires (faible)
UICN 9.2 – déversements d’hydrocarbures et contaminants (faible)
UICN 9.4 – ingestion de plastiques (faible)
UICN 11 – changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (inconnu)
Impact global des menaces attribué :
Moyen
Quels sont les facteurs limitatifs pertinents?
- Faible taux de reproduction
- Faible diversité génétique
Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)
Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada
Inconnu
Aucune estimation de la population de l’ouest du Groenland; toutefois, ces individus font probablement partie de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador. Les estimations récentes pour l’est de l’Atlantique Nord (Rogan et al., 2017; NAMMCO, 2019) pourraient ne pas être instructives, car on ignore si les individus peuvent migrer vers cette région.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Peu probable
Possible, mais peu probable dans le cas des populations du Groenland et de l’Islande
Des individus immigrants seraient‑ils adaptés pour survivre au Canada?
Probablement
Probablement, parce que l’habitat semble similaire
Y a‑t‑il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Probablement
Probablement à cause de l’étendue spatiale de l’habitat
Les conditions se détériorent‑elles au Canada?
Inconnu
Aucune donnée
Les conditions de la population source se détériorent-elles?
Inconnu
Aucune donnée
La population canadienne est‑elle considérée comme un puits?
Inconnu
Aucune donnée
La possibilité d’une immigration depuis des populations externes susceptible d’entraîner un changement de statut existe‑t‑elle?
Inconnu
Abondance d’immigrants possibles à l’extérieur des eaux canadiennes inconnue
Espèce sauvage dont les données sur l’occurrence sont de nature délicate (mise en garde à considérer)
La publication de certaines données sur l’occurrence pourrait elle nuire davantage à l’espèce sauvage ou à son habitat?
Non
La publication de certaines données sur l’occurrence pourrait‑elle nuire davantage à l’espèce sauvage ou à son habitat?
Non
Historique du statut
COSEPAC : La baleine à bec commune a été désignée comme une seule unité en avril 1993 et a été désignée « non en péril ». L’espèce a été divisée en deux populations en avril 1996 afin de permettre une désignation distincte pour la baleine à bec commune (population du plateau néo-écossais). La population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador n’a pas été évaluée en 1996; elle a ainsi conservé la désignation initiale « non en péril » de la baleine à bec commune. La population a été désignée « préoccupante » en mai 2011. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2024.
Statut et justification de la désignation
Statut : Préoccupante
Code alphanumérique : Sans objet
Justification du changement de statut : Sans objet
Justification de la désignation : Cette population septentrionale de baleines à bec longévives à reproduction lente a été réduite à cause de la chasse à la baleine à la fin des années 1960 et au début des années 1970, mais l’ampleur de cette réduction est inconnue. Depuis cette période, les tendances de la taille de la population sont incertaines, et il n’existe aucune estimation de l’abondance; les taux d’observation des relevés sont toutefois faibles. La population est confrontée à diverses menaces, dont le bruit sous‑marin, l’empêtrement dans les engins de pêche, les collisions avec des navires, l’ingestion de débris de plastique et les contaminants. Cette population pourrait devenir « menacée » si ces menaces ne sont pas contrées ou gérées efficacement.
Applicabilité des critères
A : Déclin du nombre total d’individus matures
Sans objet.
Les données sont insuffisantes pour inférer, prévoir ou présumer de manière fiable les tendances de la population.
B : Aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation
Sans objet.
La zone d’occurrence de 779 516 km2 et l’IZO de 208 756 km2 dépassent les seuils fixés pour la catégorie « Espèce menacée ».
C : Nombre d’individus matures peu élevé et en déclin
Sans objet.
Abondance et tendance des populations inconnues.
D : Très petite population totale ou répartition restreinte
Sans objet.
Nombre d’individus matures inconnu.
E : Analyse quantitative
Sans objet.
Aucune analyse n’a été effectuée.
Correspond aux critères de la catégorie « Espèce préoccupante » suivants :
b) l’espèce sauvage peut devenir « menacée » si les facteurs dont on craint l’influence négative sur la longévité ne sont ni renversés ni gérés de façon efficace.
Résumé technique (population du plateau Néo‑Écossais)
Hyperoodon ampullatus
Baleine à bec commune (population du plateau néo‑écossais)
Northern Bottlenose Whale (Scotian Shelf population)
Noms inuktituts : ᐃᒃᑮᓇᖅᑐᒥ ᓯᒡᒍᑲᓪᓚᓖᑦ (traduction : Ikkiinaqtumi Siggukallaliit)
Répartition au Canada : Océan Atlantique (au large des côtes de la Nouvelle-Écosse et peut‑être de Terre-Neuve-et-Labrador)
Données démographiques
Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population)
Environ 26 ans
Estimée à l’aide du calculateur de durée d’une génération de l’UICN
Y a-t-il un déclin continu [observé, estimé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?
Non
L’estimation la plus récente indique une augmentation de la population (Feyrer, 2021; H. Whitehead, comm. pers., 2024)
Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur 3 ans [ou 1 génération, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].
Aucun déclin par rapport à la génération précédente
La baisse précédente était estimée à 2,5 % par année de 1988 à 2004; toutefois, on estime maintenant que la population a augmenté d’environ 2,2 % par année de 2004 à 2023 (en utilisant des méthodes de marquage et de recapture fondées sur la photo‑identification; H. Whitehead, comm. pers., 2024).
Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur 5 ans [ou 2 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].
Inconnu
Une période de deux générations remonte à environ 1971, mais aucune donnée sur l’abondance n’était disponible avant 1988.
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des 10 dernières années [ou 3 dernières générations, selon la période la plus longue]
Inconnu
Une période de trois générations remonte à environ 1945, mais aucune donnée d’abondance n’est disponible avant 1988. La chasse à la baleine à la fin des années 1960 et au début des années 1970 a probablement causé un déclin rapide des individus matures, mais on n’en connaît pas l’ampleur.
Pourcentage [prévu, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des 10 prochaines années [ou 3 prochaines générations, jusqu’à un maximum de 100 ans]
Inconnu
L’abondance augmente lentement depuis 2004, mais on ne sait pas si elle se poursuivra.
Pourcentage [observé, estimé, inféré, prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures sur une période de 10 ans [ou 3 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans], commençant dans le passé et se terminant dans le futur (jusqu’à un maximum de 100 ans dans le futur)
Inconnu
Inconnu, comme ci‑dessus.
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?
Oui
Le renversement du déclin à partir de 2004 environ est peut‑être lié à l’établissement du Goulet en tant que zone de protection marine (ZPM) en 2004.
Est‑ce que les causes du déclin sont clairement comprises?
En partie
Déclin antérieur lié à l’exploitation pétrolière et gazière et aux interactions avec les pêches. L’établissement de la ZPM a protégé la population contre ces menaces à l’intérieur de cette zone, mais ces dernières existent toujours dans d’autres parties de l’habitat.
Est-ce que les causes du déclin ont effectivement cessé?
Inconnu
Le renversement de la tendance est récent et on ne sait pas si elle se poursuivra compte tenu de menaces futures.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Non
Espèce longévive dont le taux de reproduction est faible; peu susceptibles aux grandes fluctuations.
Information sur la répartition
Superficie estimée de la zone d’occurrence
89 422 km2
Selon le rapport de situation du COSEPAC de 2011; aucune mise à jour disponible
Indice de zone d’occupation (IZO), valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 × 2 km
9 756 km2
Selon le rapport de situation du COSEPAC de 2011; aucune mise à jour disponible
La population est-elle gravement fragmentée, c’est-à-dire que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale (comme indicateur du nombre d’individus) se trouvent dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une sous‑population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce?
- Non
- Non
Nombre de « localités » (utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant)
3
Grands canyons du plateau néo‑écossais (Wimmer et Whitehead, 2004), chacun d’entre eux pouvant être soumis à des exercices de sonar militaire, à des levés sismiques ou à d’autres menaces.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?
Non
Aucun changement observé
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occupation?
Non
Aucun changement observé
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous‑populations?
Non
Aucune sous-population déterminée
Y a‑t‑il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de « localités »?
Non
Aucun changement observé
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue et/ou la qualité] de l’habitat?
Inconnu
Données insuffisantes pour évaluer le déclin de la qualité de l’habitat
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous‑populations?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de « localités »?
Non
Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?
Non
Nombre d’individus matures (dans chaque sous‑population)
Plateau néo-écossais
Total : 95
D’après le marquage-recapture à partir de la photo-identification, on a estimé en 2023 le nombre d’individus à 210 (H. Whitehead, comm. pers., 2024). Ajusté pour la proportion estimée d’individus matures (45 %).
Analyse quantitative
La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins 20 % sur 20 ans [ou 5 générations] ou 10 % sur 100 ans.
Inconnu
Aucune analyse n’a été effectuée
Menaces
Un calculateur des menaces a‑t‑il été rempli pour l’espèce?
Non
Évaluation récente des menaces par Pêches et Océans Canada (Fisheries and Oceans Canada, 022) et Feyrer et al. (2024), convertie au format de l’UICN
Principales menacées relevées :
UICN 9.6 – perturbation par le bruit sous‑marin (élevé)
UICN 5.4 – empêtrement dans les engins de pêche (moyenne)
UICN 4.3 – collisions avec des navires (moyenne)
UICN 9.2 – déversements d’hydrocarbures et contaminants (moyenne)
UICN 9.4 – ingestion de plastiques (faible)
UICN 11 – changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (inconnu)
Impact global des menaces attribué : élevé
Quels sont les facteurs limitatifs pertinents?
- Faible taux de reproduction
- Faible diversité génétique
- Consanguinité
Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)
Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada
Inconnu
Aucune sous-population connue de cette UD à l’extérieur du Canada
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Peu probable
Peu probable, les données génétiques laissent croire à un isolement à long terme par rapport aux autres populations.
Des individus immigrants seraient‑ils adaptés pour survivre au Canada?
Inconnu
Possible, mais des travaux récents révèlent des adaptations génétiques aux eaux plus chaudes chez la population du plateau néo‑écossais.
Y a‑t‑il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Inconnu
Les conditions se détériorent‑elles au Canada?
Inconnu
Les conditions de la population source se détériorent-elles?
Inconnu
La population canadienne est‑elle considérée comme un puits?
Inconnu
La possibilité d’une immigration depuis des populations externes susceptible d’entraîner un changement de statut existe‑t‑elle?
Peu probable
Espèce sauvage dont les données sur l’occurrence sont de nature délicate (mise en garde à considérer)
La publication de certaines données sur l’occurrence pourrait elle nuire davantage à l’espèce sauvage ou à son habitat?
Non
La publication de certaines données sur l’occurrence pourrait‑elle nuire davantage à l’espèce sauvage ou à son habitat?
Non
Historique du statut
COSEPAC : La baleine à bec commune a été désignée comme une seule unité en avril 1993 et a été désignée « non en péril ». L’espèce a été divisée en deux populations en avril 1996 afin de permettre une désignation distincte pour la baleine à bec commune (population du plateau néo‑écossais). La population du plateau néo-écossais a été désignée « préoccupante » en avril 1996. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en novembre 2002, en mai 2011 et en novembre 2024.
Statut et justification de la désignation
Statut : En voie de disparition
Code alphanumérique : D1
Justification du changement de statut : Sans objet
Justification de la désignation : Cette population de baleines à bec, qui fait l’objet de nombreuses études, semble augmenter lentement alors qu’elle continue de se rétablir des activités de chasse à la baleine antérieures. Elle demeure très petite, ne comptant que quelque 210 individus, dont approximativement 95 sont matures. Plusieurs menaces pèsent sur la population, dont le bruit sous-marin produit par les exercices de sonar militaire et les levés sismiques aux fins d’exploration pétrolière et gazière, les collisions avec des navires, l’empêtrement dans les engins de pêche, et l’exposition aux contaminants, aux autres polluants et aux débris marins.
Applicabilité des critères
A : Déclin du nombre total d’individus matures
Sans objet.
Aucune estimation de l’abondance n’était disponible avant 1988 (une période de trois générations remonte à environ 1945).
B : Aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation
Sans objet.
La zone d’occurrence de 89 422 km2 et l’IZO de 9 756 km2 dépassent les seuils fixés pour la catégorie « Espèce menacée ».
C : Nombre d’individus matures peu élevé et en déclin
Sans objet.
Bien que la population soit petite, elle augmente lentement depuis 2004.
D : Très petite population totale ou répartition restreinte
Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition » D1.
La population actuelle est estimée à 95 individus matures.
E : Analyse quantitative
Sans objet.
Aucune analyse n’a été effectuée.
Préface
En 2011, le COSEPAC a désigné deux unités désignables (UD) pour l’espèce : l’UD du plateau néo‑écossais, qui avait été établie pour la première fois en 1996, et l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador. L’évaluation de 2011 a confirmé la désignation antérieure de « en voie de disparition » pour l’UD du plateau néo‑écossais et a désigné l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador « préoccupante ». Le programme de rétablissement de l’UD du plateau néo‑écossais a été modifié en 2016. Depuis 2011, des travaux concertés ont été réalisés pour combler les lacunes dans les données sur la répartition au moyen d’activités de suivi acoustique passif et d’observations visuelles. Le prélèvement et l’analyse d’échantillons de biopsie supplémentaires ont fait ressortir davantage les différences sur le plan de la génétique, de la charge de contaminants et d’autres aspects entre les deux UD canadiennes ainsi que des différences avec les baleines à bec communes du reste de l’Atlantique Nord‑Ouest. D’autres données de photo‑identification ont permis d’améliorer l’évaluation de la population et la compréhension des menaces liées aux interactions entre les pêches et les navires.
Des évaluations récentes de la population du plateau néo‑écossais indiquent qu’elle pourrait commencer à se rétablir, bien que des menaces pèsent encore sur elle. Les interactions avec les pêches, qui peuvent entraîner un empêtrement dans des engins, sont signalées plus fréquemment dans la région du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, mais aucune évaluation de la population n’y a été effectuée; par conséquent, les répercussions possibles de cette menace sont inconnues.
Historique du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.
Mandat du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.
Composition du COSEPAC
Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.
Définitions (2024)
- Espèce sauvage
- Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
- Disparue (D)
- Espèce sauvage qui n’existe plus.
- Disparue du pays (DP)
- Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
- En voie de disparition (VD)*
- Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
- Menacée (M)
- Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
- Préoccupante (P)**
- Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
- Non en péril (NEP)***
- Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
- Données insuffisantes (DI)****
- Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.
- *
- Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
- **
- Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
- ***
- Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
- ****
- Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
- *****
- Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.
Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.
Description et importance de l’espèce sauvage
Nom et classification
Classification actuelle : Sans objet
Classe : Mammifères
Ordre : Cétacés
Famille : Ziphiidae
Genre : Hyperoodon
Espèce : Hyperoodon ampullatus
Sous‑espèces au Canada : Aucune
Changements taxinomiques depuis le rapport précédent (pour les réévaluations) : Aucun
Noms communs :
Français : Baleine à bec commune
Anglais : Northern Bottlenose Whale
Inuktitut : ᐃᒃᑮᓇᖅᑐᒥ ᓯᒡᒍᑲᓪᓚᓖᑦ (traduction : Ikkiinaqtumi Siggukallaliit)
Synonymes et remarques :
Le comité de taxinomie de la Society for Marine Mammalogy reconnaît 24 espèces de la famille des Ziphiidae, qui se compose de 7 genres. Les relations entre les différents genres sont mal connues, et trois nouvelles espèces ont été reconnues depuis 2000. Il existe actuellement deux espèces reconnues du genre Hyperoodon, soit la baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus), décrite dans le présent rapport, et l’hyperoodon antarctique (Hyperoodon planifrons), ou baleine à bec austral, que l’on ne trouve que dans l’hémisphère Sud.
Description morphologique
La baleine à bec commune est une baleine robuste de taille moyenne (7 à 9 m; figure 1). Avec son bec et sa nageoire dorsale falciforme, elle ressemble à un dauphin, mais elle est beaucoup plus grosse que la plupart des dauphins. Son front proéminent est bulbeux chez les femelles et les individus immatures, et carré, souvent blanc, chez les mâles matures. Ces derniers sont également plus longs que les femelles (d’environ 1 m; Benjaminsen et Christensen, 1979). La couleur varie de brun chocolat (possiblement attribuable à des films de diatomées; voir Mead, 1989) à gris clair. L’espèce possède une paire de dents, à l’extrémité de la mâchoire inférieure, mais habituellement, elles n’émergent à travers les gencives que chez les mâles plus âgés.
Figure 1. Baleine à bec commune : mâle mature (en haut), femelle (au milieu) et baleineau (en bas). Illustration reproduite avec l’autorisation d’Uko Gorter.
Description longue
Figure 1. Illustration de trois baleines gris foncé, deux grandes et une petite, avec des têtes carrées bombées, des becs étroits et de petites nageoires dorsales et pectorales.
Unités désignables
Sous-espèces ou variétés reconnues au Canada
Aucune sous‑espèce ou variété nommée n’a été reconnue pour cette espèce.
Unités désignables (UD)
Le COSEPAC (COSEWIC, 2011) a décrit deux UD, soit celle de la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador et celle de la population du plateau néo‑écossais (figure 2). La limite tracée entre les deux était quelque peu arbitraire en fonction d’une ligne tracée à l’est de Terre‑Neuve qui sépare l’habitat au nord et au sud, car les bancs de Terre-Neuve (trop peu profonds pour l’espèce) s’étendent au‑delà de la zone économique exclusive (ZEE) du Canada. Cette ligne sépare également les unités de pêche de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord‑Ouest (OPANO). Il sera nécessaire de poursuivre les recherches sur les caractéristiques génétiques, morphologiques et écologiques des baleines à bec communes qui se trouvent entre le plateau néo‑écossais et la mer du Labrador, ainsi que sur leurs déplacements, pour délimiter avec confiance les limites des UD.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Northern bottlenose whale sightings = Observations de baleines à bec communes
EEZ = ZEE
NAFO 3L = 3L de l’OPANO
NAFO 3O/3N = 3O/3N de l’OPANO
Figure 2. Observations par navire et par aéronef de baleines à bec communes dans les eaux canadiennes et les eaux adjacentes de 1963 à 2022. La ligne continue qui traverse les bancs de Terre-Neuve est la limite arbitraire actuelle entre les deux UD reconnues. Les données sur les observations sont tirées de la base de données sur les observations de baleines de l’équipe Cétacés de Pêches et Océans Canada à Dartmouth (Nouvelle-Écosse) [20021207]. D’autres données spatiales proviennent de la base de données sur les limites marines (ZEE) du Flanders Marine Institute (Institut marin des Flandres) et d’ESRI (bathymétrie et topographie). Certaines observations illustrées sur la carte, en particulier celles en eaux peu profondes, pourraient être des erreurs d’identification.
Description longue
Figure 2. Une carte des observations de baleines à bec communes au large des côtes de l’est du Nunavut, du Québec, du Canada atlantique, du Maine, du Massachusetts et du Groenland. La carte indique également les zones économiques exclusives du Canada, du Groenland et du nord-est des États-Unis, ainsi que les fourchettes de profondeur d’eau. Des observations se produisent régulièrement le long de la côte est du Canada, y compris au Nunavut, à Terre-Neuve-et-Labrador et en Nouvelle-Écosse, particulièrement là où la profondeur de l’eau passe de la fourchette de 200 à 1 000 mètres à celle de 1 000 à 2 000 mètres. Les observations sont les plus nombreuses dans quatre zones : un grand regroupement le long du nord-est de l’île de Baffin dans un rayon de 100 à 500 kilomètres des côtes, un deuxième grand regroupement à l’est de l’île de Baffin et au nord du Labrador dans un rayon de 500 kilomètres des côtes, un troisième grand regroupement à l’est de Terre-Neuve dans un rayon de 500 à 750 kilomètres des côtes et un quatrième petit regroupement au sud-est de la Nouvelle-Écosse dans un rayon de 500 kilomètres des côtes. On effectue également des observations isolées au sud-est de l’île Resolution (Nunavut), dans le détroit de Cabot entre Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse, dans la baie des Chaleurs entre la péninsule gaspésienne du Québec et le Nouveau-Brunswick, au large de la côte de Martha’s Vineyard (Massachusetts), et le long des côtes ouest et sud du Groenland.
Preuve du caractère distinct
D1. Preuve de caractères ou de marqueurs héréditaires qui distinguent clairement l’UD présumée des autres UD (par exemple marqueurs génétiques ou morphologie héréditaire, comportement, cycle vital, phénologie, voies migratoires, dialectes vocaux).
Les récents travaux génétiques sur la baleine à bec commune consistent en un ensemble de données solide, avec des échantillons prélevés de baleines vivantes et échouées dans l’ensemble de l’aire de répartition, y compris des échantillons de l’est de l’Atlantique (Feyrer et al., 2019; Einfeldt et al., 2022; de Greef et al., 2022).
La plus récente analyse des microsatellites a confirmé l’existence de trois groupes distincts, soit ceux du plateau néo‑écossais, de l’Atlantique Nord‑Ouest (principalement des échantillons recueillis en eaux canadiennes) et de la région de l’île Jan Mayen, au nord‑est de l’Islande (Einfeldt et al., 2022; cette étude s’ajoute à celle de Feyrer et al. [2019] et inclut les échantillons de cette dernière). La diversité génétique était généralement faible, mais des allèles privés ont été notés dans certaines populations. L’UD du plateau néo‑écossais comptait trois allèles privés. Les échantillons prélevés par des baleiniers dans les années 1970 dans le détroit de Davis contenaient sept allèles privés supplémentaires, mais aucun de ces allèles n’était présent dans les échantillons récents, ce qui laisse croire que la dérive génétique ou la réduction directe entraînée par la chasse à la baleine ont causé une perte de diversité génétique. Un allèle privé a été détecté dans les échantillons récents de la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador. L’analyse de la structure des populations a clairement déterminé que les individus de la population du plateau néo‑écossais forment un groupe distinct des autres baleines à bec communes. Ces travaux laissent également croire que les individus échantillonnés au sud du Labrador et autour de Terre‑Neuve faisaient partie de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, bien qu’il s’agisse d’une conclusion provisoire dans l’attente des résultats d’autres recherches (Einfeldt et al., 2022). L’analyse génomique des populations fournit aussi une preuve génétique directe de la différenciation adaptative entre les deux UD (de Greef et al., 2022; voir la section Preuve du caractère important pour l’évolution, ci‑dessous).
En plus des marqueurs génétiques, on note des différences de taille et de couleur entre les individus des deux UD. La longueur moyenne des baleines du plateau néo‑écossais, soit 451 individus vivants mesurés sur photographies (avec un certain rééchantillonnage d’individus) et 25 individus capturés par des baleiniers mesurés directement, était de 0,7 m inférieur à celle de 127 baleines chassées au large du Labrador (Whitehead et al., 1997b). Cette différence de taille pourrait résulter d’une variation génétique (adaptative ou neutre) ou de différences environnementales, comme le régime alimentaire, ou peut-être des deux. Selon les comparaisons entre les baleines à bec communes du Goulet (UD du plateau néo‑écossais) et du large de l’île Jan Mayen, la composition corporelle de celles du Goulet est moins dense, et les baleines ont moins de lipides que celles se trouvant au large de l’île Jan Mayen. Miller et al. (2016) font le lien avec les différences de température. S’il existe des différences semblables entre les individus du sud et ceux du nord des eaux canadiennes, cela appuierait davantage la désignation de deux UD. Récemment, la photographie aérienne au moyen d’un drone a révélé que certains mâles matures de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador ont une couleur et une morphologie très distinctives (melon carré très blanc s’étendant jusqu’à l’évent) qui n’avaient jamais été observées chez les mâles matures de l’UD du plateau néo‑écossais (figure 3).
Selon Whitehead et al. (1997a), les deux populations canadiennes pourraient se distinguer l’une de l’autre par des différences saisonnières sur le plan de la reproduction. D’après l’analyse de 251 fœtus issus de baleines tuées au large du Labrador, Benjaminsen (1972) a inféré que les mises bas avaient eu lieu principalement en avril, en mai et en juin, avec un pic en avril. Par contre, sur la base d’observations de ce qui semblait être des nouveau‑nés sur le plateau néo‑écossais en août, Whitehead et al. (1997a,b) ont conclu qu’au moins certaines mises bas ont eu lieu du milieu à la fin de l’été dans cette région.
D2. Disjonction géographique naturelle (c.‑à‑d. qui ne résulte pas d’une perturbation humaine) entre les UD présumées qui limite la transmission d’information (par exemple individus, graines, gamètes) entre ces « parties de l’aire de répartition » depuis suffisamment longtemps pour que des unités distinctes soient apparues (par exemple par dérive génétique ou culturelle), selon la définition D1.
Plusieurs données probantes laissent croire que ces UD ont été isolées l’une de l’autre pendant une période prolongée, qui remonte plus loin que la période des interactions humaines intensives. Parmi les facteurs en cause figurent les différences dans la spécialisation de l’habitat qui ont probablement évolué sur de longues périodes, les trajectoires de la taille des populations et les niveaux de consanguinité.
Les baleines à bec communes des deux UD vivent dans des zones écologiques marines différentes et affichent une préférence claire en matière d’habitat et des adaptations probables à ces milieux. Les individus de l’UD du plateau néo‑écossais utilisent principalement trois grands canyons sous‑marins (Wimmer et Whitehead, 2004), tandis que ceux de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador sont plus largement répartis (Reeves et al., 1993; Davidson et al., 2023) dans une région dépourvue d’éléments bathymétriques aussi prononcés que les canyons du plateau néo‑écossais. Une concentration d’observations a été notée autour de l’éperon de Sackville, qui présente une topographie inverse de celle d’un canyon puisqu’il s’agit d’une crête prononcée s’élevant du fond de la mer et présentant des flancs abrupts. L’UD d’appartenance des baleines de cette zone n’est pas claire, mais il s’agit probablement de celle du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador. En hiver, la présence d’un couvert de glace de mer est un élément important d’une bonne partie de l’habitat de la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, tandis que la glace de mer est rarement présente au large du plateau néo‑écossais. En été, la température de la surface de la mer est d’environ 5° C dans le détroit de Davis, la baie de Baffin et la mer du Labrador, et de 15 à 20° C au large du plateau néo‑écossais.
Le contexte écologique de l’UD du plateau néo‑écossais est inhabituel, car il s’agit de la zone de concentration la plus méridionale, et donc la plus chaude, connue de l’espèce; en outre, les individus de l’UD y sont des résidents à l’année. Les baleines à bec communes du plateau néo‑écossais utilisent le Goulet et d’autres canyons tout au long de l’année, et les niveaux d’abondance y sont semblables d’une saison à l’autre (Stanistreet et al., 2017). Ces différences, combinées à l’utilisation de l’habitat fortement axée sur les canyons, ont probablement entraîné des adaptations locales, comme une taille corporelle plus petite, chez les baleines du plateau néo‑écossais (Whitehead et al., 1997b). Cette UD affiche également une fidélité extrêmement forte aux trois canyons sous‑marins de la région du Goulet, où l’on trouve plus de 60 % des individus portant des marques fiables ayant été photographiés en plus d’un an ainsi qu’un petit sous‑ensemble de 15 individus ayant fait l’objet de réobservations pendant la plus grande partie d’une étude s’étendant sur 31 ans (Feyrer et al., 2021). Les comparaisons des catalogues de photo‑identification n’ont révélé aucun déplacement d’individus entre le plateau néo‑écossais et la région du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, y compris la zone de l’éperon de Sackville et du bassin d’Orphan au large du nord‑est de Terre‑Neuve (Stewart, 2018; Feyrer, 2021; Oyarbide et al., 2023).
Selon l’analyse génomique des individus de tout l’Atlantique Nord, la taille effective globale de la population a augmenté depuis la dernière période glaciaire, suivie d’un déclin plus récent qui a commencé avant la chasse commerciale à la baleine. Toutefois, l’UD du plateau néo‑écossais présente le déclin démographique le plus important au cours des 500 dernières années, avec une trajectoire différente de celle des autres populations de baleines à bec communes. Cette tendance indique que cette UD est en grande partie isolée depuis au moins 500 ans (Feyrer et al., 2019), et probablement beaucoup plus longtemps (de Greef et al., 2022). Les travaux sur le mitogénome ont également indiqué un fort déclin démographique de l’UD du plateau néo‑écossais qui coïncide avec l’activité humaine; ce déclin n’a pas été observé dans d’autres populations de baleines à bec communes (Feyrer et al., 2019). De plus, l’UD présente des niveaux de consanguinité plus élevés que les groupes d’autres zones échantillonnées; les données pour détecter cette différence étaient toutefois limitées (Dalebout et al., 2006; de Greef et al., 2022). Ces éléments confirment l’absence de connectivité entre les UD.
Preuve du caractère important pour l’évolution
S1. Preuve directe ou forte inférence que l’UD présumée a suivi une trajectoire évolutive suffisamment longue pour constituer une évolution que l’on ne trouve pas ailleurs au Canada.
Les signes probants de la divergence phylogénétique sont les plus solides entre l’UD du plateau néo‑écossais et le reste des populations de baleines à bec communes dans tout l’Atlantique Nord. Cependant, il existe également des données indiquant une ségrégation entre l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador et les populations de l’est de l’Atlantique Nord.
En plus de la divergence adaptative, la génomique des populations indique que les deux UD évoluent indépendamment. Par exemple, la taille effective de la population de l’UD du plateau néo‑écossais a diminué depuis au moins 500 ans, ce qui n’a pas été détecté dans d’autres groupes et indique des trajectoires évolutives indépendantes (de Greef et al., 2022).
S2. Preuve directe ou forte inférence que l’UD présumée possède des caractères adaptatifs (héréditaires) que l’on ne trouve pas ailleurs au Canada.
Il existe de plus en plus de données probantes selon lesquelles l’UD du plateau néo‑écossais possède des caractères adaptatifs particuliers qui ne pourraient pas être reconstitués s’ils étaient perdus. L’analyse génomique montre des signes d’adaptations génétiques aux différences environnementales régionales. Plus particulièrement, l’UD du plateau néo‑écossais présente des différences près du gène GALNT2 sur le chromosome 16, qui pourrait jouer un rôle dans le métabolisme, la régulation des lipides et la sensibilité à l’insuline (de Greef et al., 2022). Ces adaptations peuvent indiquer la présence de diverses pressions de sélection liées aux différences de régime alimentaire et de métabolisme au sein de l’UD du plateau néo‑écossais, population qui passe toute l’année dans la partie la plus méridionale de l’aire de répartition (de Greef et al., 2022). En outre, comme il a été mentionné précédemment, il existe également des différences relatives à la morphologie et à la couleur entre les deux UD. Les individus de l’UD du plateau néo‑écossais ont une longueur totale plus courte que ceux qui se trouvent plus au nord (Whitehead et al., 1997b), ce qui pourrait être une adaptation à des eaux plus chaudes ou à des ressources alimentaires moins abondantes. Les mâles matures de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador ont souvent une forme de tête et une coloration différentes de ceux de l’UD du plateau néo‑écossais (figure 3).
Il est probable que l’aire de répartition de l’UD du plateau néo‑écossais se trouve entièrement en eaux canadiennes et que les individus ne font que de brèves incursions dans les eaux états‑uniennes au sud, dans l’étroite ZEE française (d’une largeur de 10,5 milles marins) au sud de Saint‑Pierre‑et‑Miquelon ou dans les eaux internationales plus au large. Par conséquent, si cette UD disparaissait du pays, il est peu probable que d’autres individus migreraient dans la région pour occuper l’habitat. En revanche, il est probable que l’habitat de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador chevauche les eaux internationales et la ZEE du Groenland.
Importance de l’espèce
La baleine à bec commune est un plongeur exceptionnel, qui reste habituellement à des profondeurs de plus de 800 m pendant des durées pouvant aller jusqu’à 70 minutes (Hooker et Baird, 1999). Sa profondeur de plongée maximale enregistrée est de plus de 2 300 m (Miller et al., 2015). L’espèce, connue pour sa nature curieuse, s’approche souvent des navires (Mead, 1989). Les individus du plateau néo‑écossais font l’objet des recherches à long terme les plus détaillées de toute population de baleines à bec vivantes (voir par exemple Gowans et al., 2001; Hooker et Baird, 2001; Hooker et al., 2001; Hooker et Whitehead, 2002; Hooker et al., 2002a,b; Wimmer et Whitehead, 2004; Moors, 2012; Feyrer et al., 2021).
Connaissances autochtones
Les connaissances traditionnelles autochtones (CTA) sont fondées sur les relations. Il s’agit de renseignements sur les rapports écologiques entre les humains et leur environnement, ce qui comprend les caractéristiques de l’espèce, des habitats et des localités. Les lois et les protocoles relatifs aux rapports entre les humains et l’environnement sont transmis par des enseignements et des récits ainsi que par les langues autochtones, et peuvent être fondés sur des observations à long terme. Les noms de lieux fournissent des renseignements sur les zones de récolte, les processus écologiques, l’importance spirituelle ou les produits de la récolte. Les CTA peuvent aider à déterminer les caractéristiques du cycle vital d’une espèce ou les différences entre des espèces semblables.
Importance culturelle pour les peuples autochtones
Le présent rapport ne comprend pas de CTA propres à l’espèce. Cependant, la baleine à bec commune revêt une importance pour les peuples autochtones, qui reconnaissent l’interrelation de toutes les espèces au sein de l’écosystème. Le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut et le Conseil de gestion des ressources fauniques de la région marine du Nunavik ont approuvé le projet d’inscription de l’espèce comme espèce préoccupante, conformément à l’inscription de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador à la Loi sur les espèces en péril (LEP). Le nom de l’espèce en inuktitut est ᐃᒃᑮᓇᖅᑐᒥ ᓯᒡᒍᑲᓪᓚᓖᑦ (traduction : Ikkiinaqtumi Siggukallaliit). Les pêcheurs de Clyde River, de Pangnirtung et de Qikiqtarjauq connaissent bien la baleine à bec commune, mais ne la chassent pas activement.
Répartition
Aire de répartition mondiale
La baleine à bec commune vit en eaux profondes (> 500 m) dans le nord de l’Atlantique Nord, au nord du 40e degré de latitude nord environ (figure 4). La chasse à la baleine à bec commune était concentrée dans six régions du nord de l’Atlantique Nord (figure 4) : i) le plateau néo‑écossais, au Canada; ii) le détroit de Davis, la baie de Baffin et la mer du Labrador, au Canada; iii) le nord de l’Islande; iv) Andenes, en Norvège; v) le Møre, en Norvège; vi) le Spitzberg, dans l’archipel du Svalbard, en Norvège (Mead, 1989). Chacune de ces régions abrite potentiellement une population distincte, et l’on trouve aussi parfois des baleines à bec communes dans de l’habitat convenable entre ces régions (Benjaminsen et Christensen, 1979). En dehors de la population qui vit le long du plateau néo‑écossais et d’une présence saisonnière possible dans les Açores, l’espèce est rarement observée au sud du 55e degré de latitude nord. Un individu échoué a été trouvé aux îles Canaries aux environs de 29° N. (Simmonds et Lopez‑Jurado, 1991) et, plus récemment, un groupe de 5 à 7 individus a été repéré au large de Madère, à 32° N. environ (Ferreira et al., 2017).
Aire de répartition canadienne
L’aire de répartition canadienne, qui comprend l’intégralité de l’aire de répartition occidentale, représente environ 5 % de l’aire de répartition globale de la baleine à bec commune, mais environ 20 % des zones de concentration connues (habitat de prédilection indiqué en bleu foncé à la figure 4), les observations étant éparses dans la plus grande partie de l’aire de répartition mondiale. L’aire de répartition de l’espèce inclut toutes les eaux de la côte est du Canada dont la profondeur est supérieure à 500 m (figure 2). Cependant, les baleines sont fortement concentrées le long du talus continental (profondeurs de 800 à 1 500 m) et forment deux grandes concentrations, l’une au large de l’est du plateau néo‑écossais (figure 5), et l’autre, au large du nord du Labrador, dans le détroit de Davis et dans la partie sud de la baie de Baffin (Reeves et al., 1993; Davidson et al., 2023). De plus, on a récemment repéré une troisième concentration dans les eaux profondes de la région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan (Clarke et al., 2019; Oyarbide et al., 2023; figure 6). Cette zone, qui se trouve en partie à l’intérieur du territoire canadien et en partie en dehors de la ZEE du pays, a récemment été reconnue comme une « zone importante pour les mammifères marins » par le Marine Mammal Protected Areas Task Force (groupe de travail sur les aires protégées des mammifères marins; IUCN-MMPATF, en préparation). Les baleines de cette zone font probablement partie de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador.
Les individus de l’UD du plateau néo‑écossais se concentrent dans le Goulet ainsi que dans les canyons Haldimand et Shortland adjacents. On observe aussi des baleines entre les canyons de manière régulière (voir par exemple Wimmer et Whitehead, 2004; Clarke et al., 2019; Stanistreet et al., 2021; figure 5). Bien que des observations sporadiques aient lieu au sud‑ouest du Goulet, principalement le long du rebord du plateau (figure 2), les détections acoustiques au sud du Goulet sont rares. Toutefois, des individus ont été observés au sud du chenal de Fundy (voir la figure 3 dans Feyrer et al., 2024a). Ces données confirment la conclusion selon laquelle la plus grande partie de l’habitat clé de cette espèce se trouve au nord et à l’est de la frontière avec les États‑Unis.
Figure 3. Images de baleines à bec communes mâles, pour la plupart matures : de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, qui ont un melon carré très blanc (A, en haut), et de l’UD du plateau néo‑écossais (B, en bas), qui n’ont pas cette caractéristique (images prises par des drones reproduites avec l’autorisation de David Gaspard, Université Dalhousie).
Description longue
Figure 3. Des baleines grises à bec étroit dans deux séries de photos aériennes. Les baleines de la série A ont des têtes carrées d’un blanc éclatant, tandis que celles de la série B ont des têtes rondes et sont de couleur plus uniforme.
La série A comprend quatre images. Dans la première, deux baleines nagent côte à côte, l’une sous l’eau et l’autre à la surface. Dans la deuxième, deux baleines nagent côte à côte sous l’eau; dans la troisième, trois baleines nagent côte à côte sous l’eau, une plus petite que les deux autres. Dans la deuxième et la troisième images, la tête des baleines est nettement carrée et leur tête et leurs becs sont distinctement blancs. Dans la quatrième image, deux baleines ouvrent une brèche à la surface, une troisième plonge de nouveau dans l’eau et une quatrième peut être observée plus profondément dans l’eau.
La série B comprend cinq images. Dans la première, deux grandes baleines et trois baleines légèrement plus petites nagent côte à côte juste sous la surface. Dans la deuxième, deux baleines de taille similaire nagent sous la surface; dans les troisième et quatrième, les baleines seules nagent juste sous la surface. Dans la cinquième, deux baleines nagent côte à côte, l’une sous l’eau et l’autre à la surface.
Le suivi acoustique passif tout au long de l’année le long de la limite sud‑ouest des bancs de Terre‑Neuve a révélé la présence sporadique et quelque peu saisonnière de clics de baleines à bec communes, avec des taux de détection élevés de mars et à juillet, mais faibles à l’automne et au début de l’hiver (Delarue et al., 2024; Feyrer et al., 2024a). Cependant, des détections quotidiennes ont été enregistrées toute l’année dans la région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan (Delarue et al., 2024), ce qui coïncide avec un grand nombre d’observations visuelles dans cette région (Clarke et al., 2019; Oyarbide et al., 2023; figure 6).
Plus au nord, les détections acoustiques passives de baleines à bec communes indiquent une présence régulière le long du bord du plateau, au large de Terre-Neuve-et-Labrador. Il convient toutefois de noter que la station en eau profonde la plus au nord se trouvait au large du bras Hamilton (Delarue et al., 2024; Feyrer et al., 2024a). À l’extérieur des eaux canadiennes, des individus ont été détectés acoustiquement au nord de 73° N. (J. Delarue, comm. pers., 2024) et visuellement au nord de 74° N. (Frouin-Mouy et al., 2017), au large du nord‑ouest du Groenland. Les données d’observation (figure 2) indiquent des concentrations élevées d’individus le long du bord du plateau, de chaque côté du seuil séparant le détroit de Davis de la baie de Baffin. De récents travaux de marquage par satellite ont révélé des déplacements dans les régions en eaux profondes de la baie de Baffin et du détroit de Davis (voir la figure 1b dans Feyrer et al., 2024a). Une observation fiable d’une mère avec son baleineau a été faite à la mi‑août 2007 à 70,45° N., au large de l’entrée de l’inlet Clyde, dans la baie de Baffin (P. Richard, comm. pers., 2010). En outre, Pêches et Océans Canada a consigné à plusieurs occasions des mentions de baleines à bec communes chassant des calmars en eaux côtières peu profondes à proximité des côtes nord et sud de Terre‑Neuve (J. Lawson, comm. pers., 2010a).
Au large du nord du Labrador, l’espèce semble présenter une répartition continue entre les isobathes de 1 000 et de 2 000 m (figure 2), tandis qu’au large du plateau néo‑écossais, elle est concentrée dans les trois grands canyons sous‑marins décrits ci‑dessus (figure 5), dans des eaux dont la profondeur est de 800 à 1 500 m (Wimmer et Whitehead, 2004; Compton, 2005; O’Brien et Whitehead, 2013; Stanistreet et al., 2021).
Des recherches approfondies ont été menées dans la région du Goulet (voir le résumé dans Feyrer, 2021), et plusieurs études ont été menées le long du bord du plateau, depuis la frontière avec les États-Unis jusqu’au sud du Labrador (Whitehead et Wimmer, 2004, Clarke et al., 2019, Feyrer, 2019). Toutefois, les efforts déployés dans les régions nord de l’aire de répartition de l’espèce ont été beaucoup moins exhaustifs, bien que des travaux récents dans la baie de Baffin donnent à penser qu’une grande partie de cette région pourrait constituer un habitat convenable (Davidson et al., 2023). Le suivi acoustique passif peut aider à combler d’autres lacunes, mais il existe peu d’enregistrements acoustiques effectués dans les bassins en eaux profondes du détroit de Davis ou de la baie de Baffin. D’autres travaux sont nécessaires dans cette région pour mieux délimiter la frontière entre l’aire de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador et l’aire de l’UD du plateau néo‑écossais (Gomez et al., 2017).
Les échouements de baleines à bec communes sont relativement rares, mais se sont produits partout dans l’Atlantique canadien et dans le golfe du Saint‑Laurent (voir McAlpine et al., 2023). La plupart des échouements consignés se sont produits dans les eaux plus méridionales, et les individus provenaient probablement de l’UD du plateau néo‑écossais. Cependant, les échouements dans les régions plus au nord sont beaucoup moins susceptibles d’être découverts et signalés.
Structure de la population
Comme le décrit la section Unités désignables, de plus en plus d’éléments probants appuient la désignation par le COSEPAC (COSEWIC, 2011) de deux UD au Canada. On n’a consigné aucun déplacement entre l’aire de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador et celle de l’UD du plateau néo‑écossais, qui comprend probablement la concentration dans la région de l’éperon Sackville et du bassin Orphan. Il existe également des données claires selon lesquelles l’UD du plateau néo‑écossais est génétiquement et spatialement isolée des autres populations de baleines à bec communes de l’océan Atlantique. Cette structure génétique suit en grande partie un modèle d’isolement par distance, ce qui laisse entendre que la dispersion des baleines à bec communes dans l’Atlantique est limitée (de Greef et al., 2022).
Peu de données probantes laissent croire que l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador puisse être davantage subdivisé (voir de Greef et al., 2022 pour de plus amples renseignements), car le petit nombre d’échantillons provenant de cette région empêche de tirer des conclusions définitives. Il y a aussi peu d’éléments de preuve à l’appui d’une subdivision de l’UD du plateau néo‑écossais.
Zone d’occurrence et zone d’occupation
Selon la répartition des observations et des prises (comme le montrent les figures 2 et 4 à 6), on estime la zone d’occurrence de l’espèce au Canada à 2 823 276 km2 (polygone convexe couvrant toutes les eaux d’une profondeur de > 500 m du large de la côte est au sud de 70° N.; COSEWIC, 2011). Pour l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, la zone d’occurrence est estimée à 779 516 km2 (polygone convexe couvrant les eaux canadiennes d’une profondeur de > 500 m de la côte est entre 54° et 70° N.). Pour l’UD du plateau néo‑écossais, on estime la zone d’occurrence à 89 422 km2 (polygone convexe couvrant les eaux canadiennes d’une profondeur de > 500 m de la côte est entre 57 et 60° O., au sud de 47° N.).
Figure 4. Aire de répartition générale de la baleine à bec commune dans l’Atlantique Nord (bleu pâle), dans les eaux de plus de 500 m de profondeur, au nord de 37,5° N. (remarque : les parties nord de la baie de Baffin et la mer Méditerranée ne semblent pas être un habitat habituel pour cette espèce). L’habitat de prédilection (800 à 1 800 m de profondeur) est en bleu foncé. Les six centres d’activités baleinières sont présentés : 1) plateau néo‑écossais; 2) Labrador et sud de la baie de Baffin; 3) est du Groenland, Islande, île Jan Mayen et îles Féroé; 4) Svalbard; 5) Andenes; 6) Møre. Figure tirée de Whitehead et Hooker (2012).
Description longue
Figure 4. Une carte en forme de coin de l’aire de répartition de la baleine à bec commune dans l’océan Atlantique Nord, depuis l’est du Canada et le nord-est des États-Unis jusqu’à l’ouest de l’Europe, y compris le Groenland.
L’aire de répartition générale couvre la plus grande partie de l’océan Atlantique Nord au nord de 37,5° N., s’étendant dans la mer du Labrador (entre le Labrador et le Groenland), le détroit de Davis et la partie sud de la baie de Baffin (entre l’île de Baffin et le Groenland) ainsi que les mers de Norvège et du Groenland (entre le Groenland et la Norvège). Elle ne s’étend pas dans le détroit d’Hudson (entre l’île de Baffin et le Québec), la partie nord de la baie de Baffin et la mer du Nord (entre le Royaume-Uni et la Norvège).
Les zones d’habitat de prédilection longent le périmètre de l’aire de répartition générale, avec d’autres grandes zones dans le détroit de Davis et la partie sud de la baie de Baffin, à l’est du Groenland et au nord de l’Islande, au sud-ouest de l’Islande, au sud-ouest des îles Féroé, le long de la côte norvégienne, entre la Norvège continentale et le Svalbard, et autour des Açores dans le centre de l’Atlantique. De plus petites zones d’habitat de prédilection se trouvent à l’est de Terre-Neuve, au sud-ouest de l’Irlande et entre le nord du Groenland et Svalbard.
Les six centres d’activités baleinières sont illustrés. Le premier se trouve au sud-est de la Nouvelle-Écosse; le deuxième est au nord du Labrador et au sud-est de l’île de Baffin; le troisième entoure l’Islande, s’étendant du Groenland aux îles Féroé; le quatrième est à l’ouest de Svalbard; le cinquième se trouve au large de la côte nord-ouest de la Norvège; le sixième est au large de la côte sud-ouest de la Norvège.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Northern bottlenose whale sightings = Observations de baleines à bec communes
Depth = Profondeur
Sable Island = Île de Sable
The Gully = Le Goulet
Shortland Canyon = Canyon Shortland
Haldimand Canyon = Canyon Haldimand
Figure 5. Observations par navire et par aéronef de baleines à bec communes le long du plateau néo‑écossais de 1963 à 2022. Les données sont tirées de la base de données sur les observations de baleines de l’équipe Cétacés de Pêches et Océans Canada à Dartmouth (Nouvelle-Écosse) [20021207]. D’autres données spatiales proviennent de Pêches et Océans Canada (bathymétrie) et d’ESRI (relief).
Description longue
Figure 5. Une carte bathymétrique des observations de baleines à bec communes le long du plateau néo-écossais, au sud-est de la Nouvelle-Écosse. Du sud-ouest au nord-est, la carte comprend la pointe est de l’île de Sable, en Nouvelle-Écosse, et trois canyons au fond de l’océan (le Goulet, le canyon Shortland et le canyon Haldimand), tous à peu près équidistants, soit à environ 50 kilomètres les uns des autres. Des regroupements denses d’observations se trouvent au-dessus de ces trois canyons, soit au moins 200 observations à l’extrémité sud-est du Goulet, de 30 à 35 à l’extrémité sud-est du canyon Shortland et de 35 à 40 à l’extrémité sud-est du canyon Haldimand. La plupart des observations ont lieu lorsque la profondeur de l’eau se situe de 200 à 2 000 mètres, bien qu’il y ait 3 observations où la profondeur de l’eau se situe de 60 à 100 mètres, 10 où la profondeur de l’eau se situe de 100 à 200 mètres, et 11 où la profondeur de l’eau est supérieure à 2 000 mètres.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Orphan Basin = Bassin Orphan
Grand Banks = Grand Banc
Sackville Spur = Éperon de Sackville
Flemish Cap = Bonnet flamand
Northern bottlenose whale sightings = Observations de baleines à bec communes
EEZ = ZEE
Figure 6. Observations par navire et par aéronef de baleines à bec communes dans la région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan, à l’est de Terre‑Neuve, de 1963 à 2022. Les données sont tirées de la base de données sur les observations de baleines de l’équipe Cétacés de Pêches et Océans Canada à Dartmouth (Nouvelle-Écosse) [20021207]. D’autres données spatiales proviennent de la base de données sur les limites marines (ZEE) du Flanders Marine Institute et d’ESRI (bathymétrie).
Description longue
Figure 6. Une carte bathymétrique des observations de baleines à bec communes dans le Grand Banc de Terre-Neuve, y compris l’éperon de Sackville, le Bonnet flamand et le bassin Orphan. La carte comprend également les limites de la zone économique exclusive du Canada, qui englobe la plus grande partie du Grand Banc.
Le Grand Banc couvre le côté ouest de la carte, l’éperon de Sackville faisant saillie vers l’est comme un bras. Il y a une crevasse longitudinale à peu près à mi-chemin de l’éperon de Sackville et une partie proéminente à son extrémité. Le Bonnet flamand, un petit plateau sous‑marin, se trouve dans cette partie proéminente. À l’est du Grand Banc et au nord de l’éperon de Sackville se trouve le bassin Orphan.
La zone visible du Grand Banc est à peu près rectangulaire et s’étend sur environ 400 kilomètres d’ouest en est et 900 kilomètres du nord au sud. L’éperon de Sackville se trouve à environ 300 kilomètres au nord et au sud et s’étend à environ 700 kilomètres à l’est du Grand Banc. La crevasse de l’éperon de Sackville a une largeur d’environ 50 kilomètres. L’eau est peu profonde (moins de 200 mètres) dans le Bonnet flamand et dans la partie sud du Grand Banc. Elle atteint une profondeur de 200 à 1 000 mètres dans la partie nord du Grand Banc et dans la plus grande partie de l’éperon de Sackville, puis s’approfondit encore jusqu’à 1 000 à 2 000 mètres à l’extrémité est du Grand Banc, autour du périmètre de l’éperon de Sackville et dans la crevasse de l’éperon de Sackville. C’est dans le bassin Orphan que l’eau est le plus profonde, de 2 000 à 5 000 mètres.
Les observations de baleines à bec communes sont constantes du côté est du Grand Banc Nord (environ 30 observations), du côté nord de l’éperon de Sackville (environ 60 observations) et dans la crevasse de l’éperon de Sackville (environ 25 observations). Les observations sont concentrées là où la profondeur de l’eau passe de la fourchette de 200 à 1 000 mètres à celle de 1 000 à 2 000 mètres. Il y a 32 observations où la profondeur de l’eau est de 2 000 à 5 000 mètres, dont 26 dans le bassin Orphan et 6 au sud de l’éperon de Sackville. Seulement 6 observations ont été faites dans des eaux de moins de 200 mètres de profondeur, toutes situées dans la partie sud du Grand Banc.
L’indice de zone d’occupation (IZO) de l’espèce dans son ensemble est de 313 996 km2 (toutes les eaux d’une profondeur de 500 à 2 000 m au large de la côte est du Canada, au sud de 70º N.; 78 499 carrés de grille de 2 × 2 km; COSEWIC, 2011). Pour l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, l’IZO est de 208 756 km2 (eaux canadiennes d’une profondeur de 500 à 2 000 m de 54 à 70º N.; 52 189 carrés de grille de 2 × 2 km). Pour l’UD du plateau néo‑écossais, l’IZO est de 9 756 km2 (eaux de l’est du Canada d’une profondeur de 500 à 2 000 m de 57 à 60º O., au sud de 47° N.; 2 439 carrés de grille de 2 × 2 km).
Fluctuations et tendances de la répartition
À l’heure actuelle, rien n’indique de changements de l’aire de répartition de l’espèce.
Biologie et utilisation de l’habitat
Une bonne partie de l’information sur le cycle vital de la baleine à bec commune provient de deux sources : les analyses de spécimens tués par des baleiniers norvégiens (voir par exemple Benjaminsen, 1972; Christensen, 1973; Benjaminsen et Christensen, 1979), et les études d’individus vivants photo‑identifiés qui sont menées au large du plateau néo‑écossais, particulièrement dans le Goulet (voir par exemple Gowans et al., 2001; Hooker et al., 2002b; Wimmer et Whitehead, 2004; Feyrer, 2021), et plus récemment au large de Terre‑Neuve et du Labrador (Stewart, 2018; Oyarbide et al., 2023) et dans la baie de Baffin (Davidson et al., 2023).
Cycle vital et reproduction
Les femelles atteignent la maturité sexuelle à l’âge de 8 à 13 ans, et les mâles, à celui de 7 à 9 ans (Benjaminsen et Christensen, 1979). Les données issues de la chasse laissent penser que les femelles donnent naissance à un seul baleineau tous les 2 ans après une gestation d’environ 12 mois (Benjaminsen et Christensen, 1979). Cependant, une analyse plus récente des groupes de couches de croissance de la dentine indique des taux de reproduction beaucoup plus faibles, avec des intervalles de 3 à 5 ans entre les mises bas (Feyrer et al., 2020). D’après l’analyse de 50 dents de baleines à bec communes, soit 2 individus échoués sur la côte nord‑est de Terre‑Neuve, 42 spécimens capturés par des baleiniers au large du Labrador et 6 baleines chassées par des baleiniers au large de l’Islande, les tendances fondées sur l’âge de δ15N et de δ13C donnent à penser qu’il y a une période d’allaitement prolongée de 3 à 4 ans (Feyrer et al., 2020). Cet intervalle entre les naissances recalculé correspond mieux aux observations de baleineaux de l’UD du plateau néo‑écossais, où seulement 6 % des 3 113 observations de baleines à bec communes photo‑identifiées dans le Goulet durant la période de 1988 à 1999 avaient été identifiées comme étant des baleineaux de l’année (H. Whitehead, données inédites).
Les données sur la chasse à la baleine portent à croire que la durée de vie est d’au moins 37 ans (Christensen, 1973), bien qu’il s’agisse très probablement d’une sous‑estimation. Des études de photo‑identification menées sur le plateau néo‑écossais ont permis d’établir qu’un individu mature a été observé durant une période de 34 ans (S. Walmsley, comm. pers., 2024). Taylor et al. (2007) ont estimé de façon plus plausible la durée de vie à 48 ans. Compte tenu de cette durée de vie et d’un intervalle de naissance de 3 ans, la durée d’une génération serait d’environ 26 ans, et 45 % des individus sont jugés matures (Taylor et al., 2007; T. Doniol‑Valcroze, comm. pers., 2024).
Besoins en matière d’habitat
La baleine à bec commune est présente dans les eaux profondes (> 500 m, généralement de 800 à 1 500 m) du nord de l’Atlantique Nord, le long du talus continental (Benjaminsen et Christensen, 1979; Reeves et al., 1993; Wimmer et Whitehead, 2004). Ces profondeurs semblent correspondre aux profondeurs de ses plongées (Hooker et Baird, 1999), ce qui pourrait indiquer qu’elle s’alimente souvent près du fond. La préférence pour les eaux du talus continental pourrait refléter les activités de relevé plutôt que l’aire de répartition de l’espèce, surtout à la lumière des récents travaux d’étiquetage par satellite qui donnent à penser qu’au moins certaines baleines à bec communes passent beaucoup de temps en eaux plus profondes (Feyrer et al., 2024a).
Les baleines à bec communes du plateau néo‑écossais sont le plus souvent observées dans trois grands canyons, soit le Goulet et les canyons Shortland et Haldimand, où les études ont été concentrées (figure 5). Le suivi acoustique passif tout au long de l’année souligne l’importance de ces trois canyons pour l’alimentation (Moors, 2012; Stanistreet et al., 2017, 2021). Les baleines à bec communes se déplacent clairement entre ces trois canyons (Wimmer et Whitehead, 2004; Stewart, 2018; Stanistreet et al., 2021), et les détections acoustiques indiquent que, au moins le long du rebord du talus, les baleines s’alimentent pendant qu’elles se déplacent entre le Goulet et le canyon Shortland (Stanistreet et al., 2021). Au sud‑ouest du Goulet, les observations et les détections acoustiques sont moins fréquentes, mais elles indiquent que les baleines se nourrissent le long du rebord du plateau jusqu’au sud‑ouest du Goulet, surtout en été (Moors, 2012; Feyrer et al., 2024a). Les détections acoustiques près du chenal de Fundy mettent en évidence cette zone comme un autre important point d’alimentation possible, bien que peu de vocalisations aient été détectées dans des stations de suivi acoustique passif le long du banc de Georges, et aucune ne l’a été plus au sud dans les eaux états‑uniennes (Stanistreet et al., 2017; Feyrer et al., 2024a).
Selon les observations visuelles et les détections acoustiques, la région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan est une zone d’alimentation pour la baleine à bec commune (Clarke et al., 2019; Oyarbide et al., 2023; Delarue et al., 2024; Feyrer et al., 2024a). Les travaux sont moins exhaustifs dans cette région, surtout pour ce qui est des observations visuelles, que sur le plateau néo‑écossais. La région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan représente une bathymétrie très différente des canyons favorisés par les baleines à bec communes du nord du plateau néo‑écossais. Elle se trouve près du Grand Banc, qui est peu profond, et comprend une crête proéminente (l’éperon de Sackville) avec des pentes escarpées des deux côtés. Plus au nord, les observations d’individus de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador (figure 2) semblent moins concentrées et sont réparties le long du talus du plateau. Contrairement au plateau néo‑écossais, cette région compte peu de canyons importants et ne présente aucun élément semblable à celui de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan (Davidson et al., 2023).
Dans l’ensemble, la baleine à bec commune est, comparativement aux autres cétacés, un spécialiste de l’habitat qui se concentre sur les régions où le relief bathymétrique est élevé. Cette spécialisation en matière d’habitat est particulièrement prononcée chez l’UD du plateau néo‑écossais.
Déplacements, migration et dispersion
Selon les données existantes, les baleines à bec communes de la population du plateau néo‑écossais n’effectuent pas de migration saisonnière. Les taux de détection acoustique à l’aide d’instruments de suivi acoustique passif placés dans le Goulet sont similaires toute l’année (Moors, 2012; Stanistreet et al., 2017) et, toutes les saisons, on parvient à identifier des individus au moyen de photographies (Whitehead et al., 1997b). Les individus se déplacent entre les trois grands canyons de l’est du plateau néo‑écossais (le Goulet et les canyons Shortland et Haldimand, qui sont disposés le long du bord du plateau à des intervalles d’environ 50 km; figure 5), mais chaque individu peut afficher une préférence pour un canyon particulier (Wimmer et Whitehead, 2004; Feyrer, 2021).
Bien qu’on en sache moins au sujet des déplacements des baleines à bec communes de la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, les données recueillies récemment par satellite laissent croire que celles-ci pourraient demeurer dans une zone relativement petite pendant de longues périodes. Cependant, deux individus munis d’une étiquette ont effectué de longs déplacements vers le sud, et une baleine a contourné le Bonnet flamand, ce qui a entraîné un voyage de 7 000 km en 67 jours. Les données d’observation et les enregistrements acoustiques ne confirment pas une migration saisonnière évidente (Feyrer et al., 2024a).
Aucun déplacement d’individus photo‑identifiés n’a été consigné entre la région du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador et la région du plateau néo‑écossais (Stewart 2018; Feyrer, 2021) ni entre, d’une part, la région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan, et d’autre part, la région du plateau néo‑écossais ou la région du détroit de Davis et de la baie de Baffin et de la mer du Labrador (Oyabide et al., 2023). En revanche, les émetteurs satellitaires placés sur des baleines à bec communes près de l’île Jan Mayen au cours de l’été ont montré un déplacement dirigé évident vers les Açores, au sud, ce qui porte à croire que des déplacements nord‑sud pourraient se produire dans d’autres régions de l’Atlantique Nord (Miller et al., 2016; Woo et al., 2023).
Relations interspécifiques
Alimentation
Bien que la baleine à bec commune se nourrisse de divers poissons et calmars en eaux profondes, elle privilégie particulièrement les calmars du genre Gonatus (Mead, 1989). Par conséquent, elle a une alimentation particulièrement nichée, comparativement à d’autres mammifères qui effectuent des plongées profondes (Whitehead et al., 2003). L’augmentation des interactions avec les navires de pêche, en particulier ceux qui ciblent le flétan du Groenland (Reinhardtius hippoglossoides), peut indiquer des préférences alimentaires différentes, notamment pour certaines baleines à bec communes qui ont appris à attraper facilement des proies pendant la récupération des filets (Johnson et al., 2020; Oyarbide et al., 2023). Malgré cet attrait pour les navires de pêche, la biomasse des calmars reste un facteur explicatif important de la répartition de la baleine à bec commune dans la baie de Baffin (Davidson et al., 2023).
Prédateurs et compétiteurs
Des baleiniers norvégiens ont observé des épaulards (Orcinus orca) attaquer des baleines à bec communes et ont noté des cicatrices dues à des attaques antérieures (Jonsgård, 1968a,b). Comme c’est le cas pour d’autres baleines à bec (Tyack et al., 2006), la capacité de plongée en profondeur de la baleine à bec commune peut l’aider à éviter la prédation par l’épaulard. Cependant, des expériences de lecture ont révélé que des baleines à bec communes réagissaient fortement aux vocalisations d’épaulards en demeurant près de la surface et en réduisant la recherche de nourriture et l’écholocalisation (Miller et al., 2022). Les plongées aux fins de recherche de nourriture n’ont pas recommencé pendant près de deux heures après la lecture de vocalisations d’épaulards (Siegal, 2020), ce qui donne à penser que la baleine à bec commune pourrait éviter la prédation grâce à une dissimulation acoustique.
Adaptations physiologiques, comportementales et autres
La baleine à bec commune est bien adaptée à son mode de vie de plongée en profondeur. Le caractère curieux de l’espèce et sa structure sociale (réseau peu structuré de relations entre les femelles, et paires de mâles fortement liées) pourraient être dus au fait qu’elle demeure dans des secteurs océaniques peu étendus pour un cétacé (Gowans et al., 2001). La propension des baleines à bec communes à s’approcher des navires facilite leur capture par les baleiniers.
Comme il a été décrit ci‑dessus, les individus de l’UD du plateau néo‑écossais semblent avoir une niche très étroite, car ils dépendent d’un petit nombre de canyons sous‑marins et ne s’attaquent principalement qu’aux calmars du genre Gonatus. De plus en plus de preuves génétiques laissent croire que cette UD a développé des adaptations régionales à cet habitat (de Greef et al., 2022), ce qui réduira probablement sa tolérance à un environnement changeant.
Facteurs limitatifs
La lenteur de la reproduction est le principal facteur limitatif de l’espèce dans son ensemble. La durée d’une génération est d’environ 26 ans et l’intervalle entre les naissances, que l’on croyait auparavant être de 2 ans, est probablement de 3 à 5 ans (Feyrer et al., 2020). L’espèce pourrait également être limitée par la disponibilité de sa proie préférée, les calmars du genre Gonatus. L’UD du plateau néo‑écossais dépend également d’une zone relativement petite d’habitat apparemment convenable.
Taille et tendances des populations
Sources de données, méthodes et incertitudes
L’abondance de la baleine à bec commune a été calculée en grande partie à l’aide d’estimations de marquage‑recapture, établies à partir de données de photo‑identification. Ces estimations gagnent en exactitude avec l’augmentation du nombre de photographies de grande qualité. Il peut être difficile de prendre ces photographies, particulièrement dans le cas de cétacés en plongée profonde au large des côtes et encore plus dans les milieux arctiques. Bien que des baleines à bec communes aient été photographiées et identifiées dans l’ensemble des eaux de l’est du Canada, la plus grande partie des travaux a été concentrée près du Goulet. D’autres travaux ont également été réalisés le long du rebord du plateau, en particulier le long du plateau néo‑écossais (Feyrer et al., 2024a). D’autres photographies ont été obtenues plus au nord (Stewart, 2018), notamment dans la région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan (Oyarbide et al., 2023), mais les données provenant de ces régions sont insuffisantes pour estimer la population de manière fiable à partir du marquage-recapture. À l’extérieur du Goulet, des relevés à bord d’aéronef ou de navire visant à recueillir des données d’observation peuvent être plus appropriés pour estimer l’abondance, mais relativement peu de données ont été obtenues de cette façon. Il n’existe pas d’estimations fondées sur le suivi acoustique de l’abondance de la baleine à bec commune, mais cette technique pourrait devenir importante à l’avenir (Hooker et al., 2019).
Abondance
Les estimations de la taille de la population de l’UD du plateau néo‑écossais ont légèrement fluctué au fil du temps avec l’ajout de nouvelles photographies et d’autres régions couvertes, mais la taille demeure faible (Gowans et al., 2000; Whitehead et Wimmer, 2005; O’Brien et Whitehead, 2013; Stewart, 2018; Feyrer, 2021). L’analyse la plus récente comprenait des photographies de grande qualité de 1988 à 2023 et intégrait des modèles ouverts indiquant les changements de l’abondance de la population au fil du temps et l’hétérogénéité des taux d’observation. Selon cette analyse, la population de baleines à bec communes du plateau néo‑écossais est passée d’environ 160 individus en 1988 à quelque 120 individus en 2005‑2010, mais elle augmente lentement depuis, la population en 2023 s’élevant à environ 210 individus (intervalle de confiance à 95 % : 150 à 287; H. Whitehead, comm. pers., 2024). On estime que 45 % des individus, soit environ 95, sont matures (T. Doniol‑Valcroze, comm. pers., 2024).
Une analyse distincte de marquage‑recapture a été réalisée à l’aide de photographies prises en 2016‑2017 dans la région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan, au large de Terre‑Neuve. Cette analyse était beaucoup moins solide que celle menée sur le plateau néo‑écossais, car le nombre d’individus identifiés était considérablement moindre et qu’il n’y a eu aucune réobservation en 2016 et en 2017. Cependant, elle donne à penser que la population minimale compte environ 125 individus (Stewart, 2018). Aucune analyse de marquage‑recapture n’a été effectuée à partir de photographies dans la région du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador.
L’abondance de baleines à bec communes dans le Goulet, fondée sur des relevés visuels effectués en bateau suivant des transects linéaires en 2005, est estimée à 44 individus (intervalle de confiance à 95 % : 19‑105) en avril et à 63 individus (intervalle de confiance à 95 % : 20‑230) en juillet (Gosselin et Lawson, 2005). Ces estimations n’ont pas été corrigées pour tenir compte des baleines non observées parce qu’elles étaient en plongée le long des transects (facteur de sous‑estimation) ou des baleines curieuses attirées par le navire de recherche (facteur de surestimation). Comme la baleine à bec commune est à la fois une espèce qui fait de longues plongées et une espèce de nature très curieuse, les estimations de son abondance fondées sur des relevés par bateau le long de transects linéaires ne sont pas très fiables (Reeves et al., 1993).
Le relevé international sur les observations de l’Atlantique Nord (North Atlantic International Sighting Survey; NAISS) de 2016 a permis d’apercevoir 2 baleines de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador (une au large du Labrador et l’autre sur la côte sud de Terre‑Neuve) et d’effectuer 11 observations d’un total de 28 individus du plateau néo‑écossais. Comme l’on pouvait s’y attendre, ces observations étaient plus fréquentes à proximité du rebord du plateau continental, mais trop peu d’observations ont été obtenues pour estimer la population (J. Lawson, comm. pers., 2023).
Le nombre de baleines à bec communes observées dans la région du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador (Reeves et al., 1993; Herfst, 2004; MacDonald, 2005; Davidson et al., 2023; figure 2), y compris les interactions avec les pêcheurs qui y travaillent (voir ci‑dessous), indique une présence régulière dans la région. Après les premières chasses britanniques et norvégiennes à la baleine à bec commune dans le détroit de Davis et la mer du Labrador de 1850 à 1890, peu d’activités baleinières ont eu cours avant la capture, par des baleiniers norvégiens, de 818 baleines de 1969 à 1971 (Christensen, 1975; Reeves et al., 1993). La chasse à la baleine britannique visait apparemment surtout les marchés de l’huile et du spermaceti (voir Reeves et al., 1993), tandis que, selon Christensen (1975), la chasse norvégienne récente ciblait surtout le marché des aliments pour animaux. Après la fin des activités de chasse en 1971, la question de savoir si celles‑ci avaient réduit de façon importante les effectifs de l’espèce dans l’ensemble de son aire de répartition a été débattue par les scientifiques (Christensen et al., 1977; Mitchell, 1977). Compte tenu des niveaux de prises beaucoup plus élevés, la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador devait être considérablement plus grande que celle du plateau néo‑écossais avant la dernière phase de chasse à la baleine en 1969. La rareté des observations récentes pourrait signifier que la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador demeure beaucoup plus petite, mais son abondance actuelle reste incertaine sans plus de données provenant de relevés bien conçus.
Fluctuations et tendances
Les premières estimations de la taille de la population de l’UD du plateau néo‑écossais à l’aide d’une analyse de marquage‑recapture n’ont pas permis de dégager une tendance claire (Gowans et al., 2000; Whitehead et Wimmer, 2005), mais de nouvelles estimations portent à croire que cette population était en déclin depuis le début de l’étude en 1988 jusqu’en 2004, environ. Un rétablissement a commencé vers 2005, et le taux d’augmentation actuel de la population est de 2,2 % par année (H. Whitehead, comm. pers., 2024). Il n’y a pas de données sur les fluctuations ou les tendances de la population de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador.
Déclin continuNote de bas de page 1 du nombre d’individus matures
Les données sont insuffisantes pour évaluer s’il y a une diminution de la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador. Il n’y a actuellement pas de déclin continu de la population du plateau néo‑écossais.
Preuve d’un déclin passé (3 générations ou 10 ans, selon la période la plus longue) qui a cessé ou se poursuit (précisez) : Une durée de trois générations nous ramènerait en 1945 environ, soit plus de quatre décennies avant la première estimation de l’abondance de l’UD du plateau néo‑écossais (1988). D’après des analyses récentes de marquage‑recapture de la série chronologique de photo‑identification de 1988 à 2023, la population de cette UD a diminué d’environ 2,5 % par année de 1988 à 2004 (les taux d’observation dans le Goulet ont également diminué d’environ 3,7 % [ET : 2,3 %] par année pendant cette période). Cette baisse a pris fin vers 2004 et s’est depuis inversée; on voit maintenant une augmentation annuelle estimée de 2,2 % (les taux observés dans le Goulet ont augmenté d’environ 3,8 % [ET : 1,3 %] par année pendant cette période) (Feyrer, 2021; H. Whitehead, comm. pers., 2024). L’abondance a été estimée à environ 160 individus en 1988 et à 210 en 2023, soit une augmentation d’environ 30 % au cours des 2 dernières générations.
L’UD du plateau néo‑écossais et l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador ont connu un déclin rapide à cause de la chasse à la baleine à la fin des années 1960 et au début des années 1970, soit au cours des trois dernières générations. De 1962 à 1967, 87 baleines à bec communes ont été tuées dans la région du plateau néo‑écossais par des baleiniers basés à Blandford, en Nouvelle-Écosse (Reeves et al., 1993). Après les premières chasses britanniques et norvégiennes à la baleine à bec commune dans la région du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador de 1850 à 1890, peu d’activités baleinières ont eu cours avant la capture, par des baleiniers norvégiens, de 818 individus de 1969 à 1971 (Christensen, 1975; Reeves et al., 1993). Les activités de chasse ont depuis pris fin et ne représentent plus une menace actuelle pour l’espèce. La chasse autochtone de subsistance à la baleine à bec commune n’a jamais été courante au Canada et n’est pas pratiquée à l’heure actuelle. Il est probable que les deux UD se rétablissent encore de la réduction de la population causée par la chasse.
Preuve d’un déclin prévu ou présumé dans l’avenir (3 prochaines générations ou 10 prochaines années, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans)
On ne sait pas si la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador est en déclin ou pourrait diminuer à l’avenir. La tendance récente à la hausse de la population de l’UD du plateau néo‑écossais a été liée à la protection fournie par l’établissement du Goulet en tant que zone de protection marine (Feyrer, 2021). Cette protection serait donc importante pour la reconstitution de cette population, qui pourrait être menacée par de futurs changements dans les menaces.
Tendances à long terme
D’après une analyse génomique, la population mondiale de baleines à bec communes a augmenté après la dernière période glaciaire, mais l’UD du plateau néo‑écossais a montré des signes de déclin au cours des 500 dernières années. Bien que la taille des populations septentrionales n’ait pas montré une telle diminution, la nécessité d’utiliser de vieux échantillons génétiques datant de l’époque de la chasse à la baleine dans cet ensemble de données complique l’interprétation des résultats (Feyrer et al., 2019). Les deux populations ont été ciblées par la chasse à la baleine au cours du dernier siècle; plus de 800 baleines ont été chassées au large du Labrador (Christensen, 1975; Reeves et al., 1993) et 87 baleines l’ont été sur le plateau néo‑écossais (Reeves et al., 1993). Il est probable que la population du plateau néo‑écossais a été fortement touchée par cette réduction des effectifs et que les activités de chasse à la baleine ont contribué à la faible diversité génétique existante et aux niveaux accrus de consanguinité (de Greef et al., 2022).
Les deux UD se rétablissent probablement encore de la chasse commerciale à la baleine qui a pris fin au début des années 1970, soit il y a environ 2 générations (53 ans). On ne dispose pas de données sur la tendance de la population de la fin de la chasse à la baleine à 1988, année où les études de photo‑identification ont commencé, mais on sait que la hausse de la population du plateau néo‑écossais n’a commencé que récemment (Feyrer, 2021). À l’heure actuelle, on ne sait pas si la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador augmente, diminue ou est stable.
Fluctuations de la population, y compris les fluctuations extrêmes :
Il est peu probable que cette espèce connaisse une augmentation rapide de son effectif, compte tenu du faible taux de reproduction.
Immigration de source externe
Compte tenu de l’isolement de la population du plateau néo‑écossais par rapport aux autres zones de concentration (voir ci‑dessus), la probabilité que la dispersion de toute zone adjacente puisse entraîner une immigration de source externe dans cette population semble faible. Les évaluations des stocks effectuées dans les eaux états‑uniennes n’indiquent que trois observations récentes et un échouement (Waring et al., 2014), ce qui donne à penser qu’il y a peu de potentiel d’immigration en provenance de ces eaux. Les baleines à bec communes observées dans la région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan (en partie en dehors de la ZEE canadienne) représentent la concentration la plus proche. Il est peu probable que ces individus fassent partie de l’UD du plateau néo‑écossais et soient donc une source d’immigration.
Il existe un plus grand potentiel d’immigration pour la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador. Des baleines à bec communes sont observées le long du côté est du détroit de Davis et de la baie de Baffin, à la fois dans les eaux groenlandaises et internationales (figure 2). On en sait peu sur la taille de cette population, mais il est probable que les baleines qui en font partie se déplacent dans les eaux canadiennes. Une concentration de baleines récemment identifiée dans la région de l’éperon de Sackville et du bassin Orphan, qui se trouve à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la ZEE du Canada, fait probablement partie de l’UD détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador et pourrait donc être une source d’immigration. Plus à l’est, des relevés menés à bord de navires ont révélé l’existence de populations assez importantes : environ 19 000 individus au large des îles Féroé et de l’Europe de l’Ouest (Rogan et al., 2017) et environ 18 000 baleines au large des îles Féroé et de l’Islande (NAMMCO, 2019). Ces estimations, qui ont de grands coefficients de variance, sont toutefois fondées sur relativement peu d’observations. Récemment, on a amorcé des études sur une concentration de baleines à bec communes au large de l’île Jan Mayen (voir par exemple Miller et al., 2016; Siegal, 2020; Woo et al., 2023); cependant, les données génétiques indiquent des différences entre les individus de l’île Jan Mayen, de l’ouest de l’Atlantique Nord et du plateau néo‑écossais (de Greef et al., 2022).
Menaces
En 2022, Pêches et Océans Canada a terminé une évaluation des menaces pesant sur la baleine à bec commune de l’est du Canada en s’appuyant sur les commentaires d’un groupe d’experts. Le Ministère a mené une évaluation de l’UD du plateau néo‑écossais seulement de même qu’une évaluation de l’ensemble de l’aire de répartition de l’Atlantique Nord‑Ouest, qui porte sur les deux UD canadiennes (Fisheries and Oceans Canada, 2022). Tant pour l’UD du plateau néo‑écossais que pour l’ensemble de l’Atlantique Nord-Ouest, l’impact à l’échelle de l’individu a été évalué comme étant élevé ou extrême dans le cas des menaces suivantes : chasse à la baleine pratiquée par le passé, sonars militaires, empêtrement, risque de déprédation, collisions avec des navires et déversements d’hydrocarbures. Pour l’UD du plateau néo‑écossais, l’impact à l’échelle de la population a été évalué comme étant élevé ou extrême dans le cas des menaces causées par les changements climatiques, la chasse à la baleine pratiquée par le passé, les sonars militaires, l’empêtrement, les collisions avec des navires et les déversements d’hydrocarbures. Pour l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest, l’impact à l’échelle de la population a été évalué comme étant élevé pour la chasse à la baleine pratiquée par le passé, moyen pour les changements climatiques et faible pour le bruit des navires, tandis que plusieurs autres menaces ont été évaluées comme étant inconnues à cause du manque de données provenant des régions nordiques. De nombreuses menaces se manifestant à l’échelle de la population ont été classées comme inconnues, notamment pour l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest, étant donné que l’on dispose de relativement peu de données sur les répercussions possibles, en particulier dans les régions les plus nordiques. Cependant, il convient de noter que l’absence d’impact à l’échelle de la population ne doit pas être considérée comme une absence de répercussions (voir Fisheries and Oceans Canada, 2022 pour de plus amples renseignements). Les résultats de cette évaluation des menaces ont été convertis au Système unifié de classification des menaces de l’UICN‑CMP (voir les annexes 1 et 2).
Selon l’évaluation du potentiel de rétablissement de Pêches et Océans Canada (Harris et al., 2013), le prélèvement biologique potentiel (PBR) maximal est estimé à 0,3 individu par an pour la population du plateau néo‑écossais, ce qui indique qu’une menace qui ne touche qu’un seul animal par an pourrait tout de même être dommageable pour toute la population.
Tendances en matière d’habitat passées, à long terme et en cours
Les menaces liées à la qualité de l’habitat comprennent le bruit sous‑marin provenant de diverses sources et la pollution marine, dont les polluants organiques persistants, les débris de plastiques et les déversements toxiques. Comme le décrivent les sections suivantes, ces menaces sont généralement considérées comme étant à la hausse (Feyrer et al., 2024c).
Menaces actuelles et futures
La baleine à bec commune est vulnérable aux effets cumulatifs de diverses menaces décrites ci‑dessous (Feyrer et al., 2024c). L’impact global des menaces calculé grâce au système unifié de classification des menaces de l’UICN‑CMP, qui lui‑même a été établi d’après l’évaluation des menaces de Pêches et Océans Canada (Fisheries and Oceans Canada, 2022), est élevé pour l’UD du plateau néo‑écossais et l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador. Toutefois, compte tenu des niveaux de menace plus faibles pour l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, comparativement à ceux pour l’UD du plateau néo‑écossais, l’impact global a été ajusté à moyen pour la première UD. Voici une description des principales menaces fondées sur les catégories de menaces de l’UICN‑CMP. Vous trouverez de plus amples renseignements dans les calculateurs des menaces joints au présent rapport.
Menace 3 de l’UICN – Production d’énergie et exploitation minière : impact faible pour les deux UD
La production d’énergie et l’exploitation minière pourraient avoir des répercussions sur la baleine à bec commune, en grande partie à cause de l’exploitation pétrolière et gazière, mais peut-être aussi de l’exploitation minière et de l’énergie renouvelable dans le futur. Les menaces de l’exploitation minière et de l’énergie renouvelable seraient probablement liées à une augmentation de la circulation maritime (4.3), à la pollution sonore (9.6) et à la production/remise en suspension des contaminants (9.3).
3.1 Forage pétrolier et gazier
Les spécialistes se préoccupent depuis longtemps des effets de l’exploration et de la production pétrolières et gazières sur la baleine à bec commune. Alors que les sites de production pétrolière et gazière se trouvent actuellement dans des eaux peu profondes, en dehors de l’habitat essentiel de l’espèce, des activités d’exploration ont lieu ou sont prévues dans des zones extracôtières telles que la région de l’éperon de Sackville et le talus sud du Grand Banc. Pêches et Océans Canada, dans sa récente évaluation des menaces (Fisheries and Oceans Canada, 2022), continue de mettre en évidence la menace potentielle que cette industrie représente pour l’espèce. Voir aussi les répercussions de l’activité des navires (4.3), des déversements d’hydrocarbures et de la pollution chimique (9.2) et de la pollution sonore (9.6).
Les menaces potentiellement liées au forage pétrolier et gazier telles que le bruit entraîné par les levés sismiques aériens, le bruit chronique des opérations pétrolières et gazières, les polluants organiques persistants (POP) et les métaux toxiques pourraient entraîner des blessures chez les baleines (impact moyen) du plateau néo‑écossais et de l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest. Les répercussions possibles, sur l’UD du plateau néo‑écossais et sur l’ensemble des populations, des opérations de forage, des levés sismiques au moyen de canons à air, du bruit chronique, des POP et des métaux toxiques sont inconnues (Fisheries and Oceans Canada, 2022).
Menace 4 de l’UICN – Corridors de transport et de service : impact moyen pour l’UD du plateau néo‑écossais et faible pour l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador
Dans cette catégorie, les voies de navigation présentent le plus grand risque de répercussions pour la baleine à bec commune.
4.3 Voies de transport par eau
À l’échelle des individus, l’impact des activités de transport maritime a été évalué comme élevé, car ces activités peuvent entraîner des collisions entre des baleines et des navires, tandis que l’impact du bruit des navires et des échosondeurs (voir la menace 9.6) a été évalué comme étant faible (menace associée au harcèlement, à la perturbation et à l’augmentation du stress) pour l’UD du plateau néo‑écossais et l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest (Fisheries and Oceans Canada, 2022). En ce qui concerne les activités de transport maritime, pour l’UD du plateau néo‑écossais, l’impact au niveau de la population associé aux risques de collisions entre des baleines et des navires, au bruit des navires et aux échosondeurs était respectivement élevé, faible et inconnu. Pour l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest, l’impact au niveau de la population du bruit des navires a été jugé faible, tandis que celui des collisions avec les navires, des échosondeurs et du bruit chronique est inconnu.
Bien que les rapports faisant état de baleines à bec communes heurtées par des navires soient rares, cela s’explique en grande partie par le fait qu’elles vivent au large. Les échouements de baleines à bec communes dans les eaux canadiennes sont rares, puisqu’il n’y en a eu que 32 confirmés depuis 1940 (McAlpine et al., 2023), et bon nombre des restes sont tellement décomposés qu’on ne peut identifier la cause du décès. Les catalogues de photo‑identification sont des outils précieux pour détecter et suivre les collisions sublétales avec des navires. Récemment, Feyrer et al. (2021) ont effectué une analyse de l’ensemble de données à long terme tirées de la photo‑identification dans le Goulet, laquelle a révélé plusieurs blessures ayant pu être causées par des collisions avec des navires. Malheureusement, il n’a pas été possible de distinguer les blessures dues aux collisions des cicatrices résultant d’incidents d’empêtrement, mais on a estimé que 6,6 % de la population présentait des marques de causes anthropiques, qui comprennent les collisions avec des navires. Comme seule la région de la nageoire dorsale a été évaluée grâce au catalogue de photo‑identification, d’autres individus pourraient posséder des marques de causes anthropiques qui n’ont pas pu être étudiées dans le cadre de cette approche. De nombreux individus portant des marques de collision avec un navire ou d’empêtrement ont été observés au cours de plusieurs années, ce qui indique qu’ils ont survécu, bien qu’on ne puisse pas évaluer si ces individus ont subi des effets physiologiques, comportementaux ou reproductifs à long terme. Le taux annuel de gain de marques anthropiques au sein de la population du plateau néo‑écossais a été estimé à environ 1,72 baleine par année, ce qui est préoccupant puisqu’il dépasse le PBP de 0,3 individu par année (selon les estimations de Harris et al., 2013).
Menace 5 de l’UICN – Utilisation des ressources biologiques : impact moyen pour l’UD du plateau néo‑écossais et faible pour l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador
L’industrie de la pêche représente la menace la plus évidente pour la baleine à bec commune dans la catégorie de l’utilisation des ressources biologiques, à la fois par des interactions directes et par la concurrence pour les ressources.
5.4. Pêche et récolte de ressources aquatiques
Selon l’évaluation des menaces de Pêches et Océans Canada (Fisheries and Oceans Canada, 2022), l’impact à l’échelle de l’individu de l’empêtrement et du risque de déprédation est élevé tant pour l’UD du plateau néo‑écossais que pour l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest. À l’échelle de la population, les effets possibles de l’empêtrement sont élevés et ceux de la déprédation sont inconnus pour l’UD du plateau néo‑écossais, tandis que les effets de ces deux menaces sont inconnus pour l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest. L’industrie de la pêche, en particulier les grands navires hauturiers, peut également contribuer au risque de collision avec des navires et au bruit chronique décrit ci‑dessus. En outre, les navires de pêche utilisent fréquemment des échosondeurs qui peuvent avoir des répercussions sur l’espèce, comme il a été décrit ci-dessus.
Les individus de la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador interagissent fréquemment avec les activités de pêche hauturière au chalut et à la palangre (MacDonald, 2005; Johnson et al., 2020; Davidson et al., 2023). Johnson et al. (2020) décrivent clairement les interactions, notamment la probable déprédation par les baleines à bec communes pendant la pêche active au flétan du Groenland au moyen de filets maillants. Ces auteurs et Oyabide et al. (2023) indiquent également que ces interactions sont fréquentes et se produisent depuis plusieurs années. Des interactions semblables ont été observées dans la région de l’éperon de Sackville pendant la pêche au flétan du Groenland, alors que des baleines à bec communes interagissent fréquemment lors de la récupération des filets, y compris les chaluts. Au cours de 50 journées distinctes en 2007, 23 individus différents ont été observés en train d’interagir avec les navires de pêche. Aucune réobservation n’a été consignée, ce qui indique que ce comportement est répandu dans la région et qu’il ne s’agit pas d’un petit nombre d’individus qui ont appris à s’alimenter de cette manière. Les baleines à bec communes ne semblent pas suivre des navires de pêche pendant de longues périodes (Oyabide et al., 2023). Les interactions avec les chalutiers sont peut‑être moins fréquentes sur le plateau néo‑écossais, mais elles font l’objet de mentions dès 1997 (Fertl et Leatherwood, 1997).
Depuis 2001, dans le cadre du Programme des observateurs en mer, Pêches et Océans Canada a consigné 15 observations (5 de la région du plateau néo‑écossais et 3 à Terre-Neuve-et-Labrador) d’empêtrement de baleines à bec communes dans des palangres, des filets maillants et des chaluts à panneaux, tant benthiques que pélagiques. Les pêches dans le cadre desquelles des interactions ont été notées visaient l’espadon (Xiphius gladius), le merlu argenté (Merluccius bilinearis), le flétan du Groenland et les calmars (Fisheries and Oceans Canada, 2010; Feyrer et al., 2024b). Certaines de ces baleines ont pu être libérées et ont peut‑être survécu, mais sept ont été déclarées mortes par empêtrement. De plus, une baleine à bec commune a été observée dans le Goulet en 1999 (Gowans et al., 2000); elle était gravement blessée, empêtrée dans une palangre. Tous les empêtrements ne sont pas signalés (Feyrer et al., 2021); leur fréquence et leur gravité sont donc inconnues. Dans une analyse des marques sur 100 photographies de melon (front) d’individus du plateau néo‑écossais, Mitchell (2008) n’a trouvé qu’un seul exemple de marques indiquant un empêtrement. Cependant, une analyse plus récente de la région dorsale des nageoires a révélé que 6,6 % des baleines de l’UD du plateau néo‑écossais possédaient des marques de cause anthropique, dont bon nombre était probablement causé par un empêtrement dans des engins de pêche (Feyrer et al., 2021). Cela donne à penser que l’empêtrement représente un risque évident pour l’UD du plateau néo‑écossais, car un décès par année causé directement ou indirectement par l’empêtrement dépasserait le PBP (0,3) de cette UD. Selon les photographies et les mentions écrites, la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador a une plus grande fréquence d’interaction que la population du plateau néo‑écossais, du moins pour une partie de la population de baleines à bec communes de la région (voir aussi MacDonald, 2005; Johnson et al., 2020; Davidson et al., 2023). Lawson (2010a) fait remarquer que certaines baleines à bec communes portent des cicatrices laissées par les lignes de pêche, et que d’autres ont subi des blessures qui auraient pu être causées par des hélices ou des engins de pêche.
Bien qu’il n’y ait actuellement aucune pêche commerciale aux calmars du genre Gonatus, le développement de cette pêche à l’avenir pourrait avoir une incidence sur la baleine à bec commune. On ne sait pas à quel point l’espèce est devenue dépendante du flétan du Groenland, mais des changements relatifs à cette pêche pourraient avoir une incidence sur les individus qui en sont venus à en dépendre pour au moins une partie de leur alimentation.
Menace 6 de l’UICN – Intrusions et perturbations humaines : impact négligeable pour les deux UD
Les activités récréatives, comme l’observation des baleines, peuvent perturber jusqu’à un certain point la baleine à bec commune, mais les exercices militaires constituent la plus grande menace de cette catégorie.
6.1 Activités récréatives
L’observation des baleines à bec communes dans le Goulet a connu un développement limité (Fisheries and Oceans Canada, 2017). Bien que cette industrie soit restreinte par l’habitat extracôtier, la circulation des navires de croisière dans l’Arctique devrait augmenter à cause de la diminution de la couverture de glace.
6.2 Guerre, troubles civils et exercices militaires
Le sonar militaire sous‑marin utilisé pendant les exercices d’entraînement naval constitue une menace importante pour la baleine à bec commune. Comme il s’agit d’une menace acoustique, le sonar militaire sous-marin, tout comme d’autres sources de bruit anthropique, est décrit en détail et évalué dans la sous-catégorie 9.6 Excès d’énergie ci‑dessous.
Menace 9 de l’UICN – Pollution : impact moyen pour les deux UD
Les menaces causées par la pollution qui pèsent sur la baleine à bec commune comprennent le bruit sous‑marin, l’exposition aux déversements d’hydrocarbures, l’ingestion de plastiques, y compris les microplastiques, et l’accumulation de POP ou de métaux toxiques. Selon l’évaluation des menaces menée par Pêches et Océans Canada (Fisheries and Oceans Canada; 2022), les POP, les plastiques et les métaux toxiques sont des menaces d’impact moyen pour les individus de l’UD du plateau néo‑écossais et ceux de l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest, mais des menaces d’impact inconnu pour les populations dans les deux cas.
Des polluants chimiques ont été décelés dans les tissus des individus des deux UD, mais à des teneurs similaires à celles observées chez d’autres odontocètes de l’Atlantique Nord. Dans l’ensemble, les baleines à bec communes de l’UD du plateau néo‑écossais présentaient des concentrations de POP plus élevées que les individus échantillonnés dans le détroit de Davis (Desforges et al., 2021).
9.2 Effluents industriels et militaires
Les déversements d’hydrocarbures présentent un risque d’impact aigu. À l’échelle de l’individu, il pourrait y avoir des cas de mortalité (impact élevé), ce qui aurait une incidence tant sur l’UD du plateau néo-écossais que sur l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest. À l’échelle de la population, un déversement d’hydrocarbures pourrait mettre en péril la survie ou le rétablissement de l’UD du plateau néo-écossais (impact élevé). Cependant, il n’y avait pas suffisamment de données probantes pour évaluer la menace au niveau populationnel pour l’ensemble de l’Atlantique Nord-Ouest (impact inconnu; Fisheries and Oceans Canada, 2022).
Des échantillons de biopsie de baleines à bec communes provenant des deux UD ont révélé qu’elles ont été exposées à une variété de POP. Le ΣDDT, le Σ18BPC, le Σchlordane, la dieldrine et l’hexachlorobenzène (HCB) sont les cinq principaux contaminants, classés par ordre d’importance, dont certains peuvent être liés aux forages pétroliers et gaziers (Hooker et al., 2008; Desforges et al., 2021). Comme c’est souvent le cas pour les mammifères, les mâles présentaient des concentrations de polluants plus élevées que les femelles pour la plupart des POP échantillonnés, bien que, en raison de la taille de l’échantillon, les différences ne soient pas toutes significatives. De plus, les baleines du plateau néo‑écossais présentaient des concentrations significativement plus élevées de Σ18BPC, de ΣDDT, de HCH, de Σchlordane et de dieldrine ainsi que des concentrations légèrement plus élevées d’époxyde d’heptachlore B que les individus du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador. Le rapport ΣDDT:ΣBPC élevé laisse croire à une source locale de DDT (Desforges et al., 2021).
9.4 Ordures et déchets solides
Des travaux récents portant sur les concentrations de plastiques dans les eaux de surface des trois canyons constituant l’habitat principal de la population du plateau néo‑écossais ainsi que sur les plastiques (dont les particules de microplastiques) ingérés par les baleines à bec communes échouées à Terre‑Neuve donnent à penser que la pollution par le plastique constitue une menace importante pour l’UD du plateau néo‑écossais (Kelly et al., 2023). Benjaminsen et Christensen (1979) ont trouvé des morceaux de plastique dans le contenu stomacal de baleines à bec communes qui avaient été chassées, ce qui indique qu’elles consomment du plastique depuis des décennies. Des quantités anormalement élevées de microplastiques flottants ont été relevées dans le Goulet et les canyons Haldimand et Shortland (Kelly et al., 2023), et des niveaux élevés de contamination ont été consignés chez plusieurs espèces de myctophidés au large du Bonnet flamand (Wieczorek et al., 2018), ce qui indique que l’espèce entre fréquemment en contact avec des plastiques, en particulier les microplastiques. Bien que les effets possibles de l’ingestion de plastique chez les baleines à bec communes demeurent inconnus, le risque est élevé.
9.6 Énergie excédentaire
Comme de nombreux cétacés (voir Nowacek et al., 2007; Weilgart, 2007; Williams et al., 2020 pour des analyses), la baleine à bec commune est sensible à la pollution sonore. Le sonar militaire constitue la menace la plus grave posée par les sources acoustiques sous‑marines. Il s’agit d’une menace extrême à l’échelle individuelle tant pour l’UD du plateau néo‑écossais que pour l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest, et d’une menace élevée à l’échelle populationnelle pour l’UD du plateau néo‑écossais (Fisheries and Oceans Canada, 2022). Pour l’ensemble de l’Atlantique Nord-Ouest, le niveau de menace que présente le sonar militaire est évalué comme inconnu, bien qu’il y ait de plus en plus de données indiquant que les individus de l’Arctique pourraient être particulièrement vulnérables au bruit anthropique (voir par exemple Williams et al., 2022).
Les baleines à bec sont connues pour s’échouer et mourir à la suite d’effets de sonars militaires (Weilgart, 2007; Feyrer et al., 2024c). Bien que la baleine à bec d’oie (Ziphius cavirostris), anciennement appelée « baleine à bec de Cuvier », soit la plus souvent impliquée dans des échouements liés aux sonars militaires, il existe une mention d’une baleine à bec commune dans un échouement massif comprenant trois baleines à bec d’oie et deux cachalots pygmées (Kogia breviceps) après des exercices navals au large des îles Canaries (Weilgart, 2007).. L’habitat de la baleine à bec commune est suffisamment éloigné des côtes peuplées pour qu’il soit peu probable que la plupart des échouements soient détectés et signalés. Le mécanisme par lequel un son aigu et de forte amplitude pourraient entraîner la mort des baleines n’est pas clair (Weilgart, 2007). Houser et al. (2001) et Hooker et al. (2009) ont avancé l’hypothèse voulant que, à cause de ses plongées longues et profondes, la baleine à bec commune soit particulièrement sensible aux dommages physiologiques déclenchés acoustiquement par l’accumulation d’azote dans le sang et les tissus, et ce, même si elle semble moins exposée à de tels dommages que la baleine à bec d’oie (Hooker et al., 2009).
Des travaux récents ont également porté sur la réaction sublétale des baleines à bec, y compris la baleine à bec commune, aux sonars militaires. Ils indiquent que cette dernière, en particulier lorsqu’elle se trouve dans des milieux vierges, peut être particulièrement vulnérable au bruit anthropique, y compris le sonar militaire. Dans le cadre d’une expérience d’exposition contrôlée menée près de l’île Jan Mayen, des baleines à bec communes ont réagi aux sons des sonars militaires à des distances de 0,8 à 28 km. Elles ont cessé les clics d’écholocalisation, ce qui correspond probablement à un arrêt de l’alimentation et à leur éloignement de la source sonore (Wensveen et al., 2019). Ce type de réaction est semblable à celui des cétacés exposés aux sons de prédateurs, comme les épaulards. Les baleines à bec communes réagissent fortement aux sons des épaulards en cessant de se nourrir; elles pourraient donc être particulièrement vulnérables aux effets sublétaux des bruits anthropiques, ce qui réduit leur temps d’alimentation (Miller et al., 2022).
Des exercices militaires sont régulièrement menés dans les eaux de l’est du Canada. Sur un site situé à 300 km au sud‑ouest du Goulet, des cachalots (Physeter macrocephalus) et des baleines du genre Mesoplodon ont eu une réduction marquée de la production de clics de recherche de nourriture lors d’un exercice militaire mené le long du plateau néo‑écossais en 2016, qui comprenait des navires, des sous‑marins et des aéronefs. Des signaux sonars actifs ont été enregistrés à l’hydrophone pendant la période où les baleines étaient silencieuses. Des signaux sonars ont été enregistrés à l’hydrophone dans le Goulet, mais les niveaux sonores étaient beaucoup plus faibles en raison de la distance par rapport à la zone d’exercice, et les baleines à bec communes ont continué de produire des clics de recherche de nourriture. Cependant, la réaction de cétacés écologiquement similaires à cet exercice et les fortes réactions démontrées par les baleines à bec communes au sonar naval dans d’autres zones indiquent que les exercices militaires représentent probablement une menace grave pour ces dernières dans la région du plateau néo‑écossais (Stanistreet et al., 2022).
Les bruits forts et pulsés provenant des réseaux de canons à air utilisés lors des levés sismiques peuvent affecter les cétacés (Gordon et al., 2003). Les levés sismiques sont fréquents dans les eaux du large du Canada atlantique, où l’octroi de permis et la prospection de pétrole et de gaz font l’objet de travaux considérables (voir par exemple CNSOPB 202s3 pour le plateau néo‑écossais et CNLOPB 2023 pour Terre-Neuve-et-Labrador). Ces levés se sont multipliés dans les eaux plus profondes du bord du plateau et les eaux du talus continental, qui constituent l’habitat de la baleine à bec commune et d’autres baleines à bec. Il est également probable que le démantèlement des plateformes pétrolières dans l’avenir contribuera au niveau de bruit dans l’habitat de la baleine à bec commune.
Selon Cholewiak et al. (2017), les baleines à bec, y compris la baleine à bec commune, détectent probablement les échosondeurs commerciaux (semblables à ceux que l’on trouve sur de nombreux navires de recherche et navires de pêche commerciale) et peuvent réagir en réduisant leurs vocalisations. Comme les baleines à bec se fient probablement à l’écholocalisation pour trouver leurs proies, cela peut entraîner une réduction des possibilités d’alimentation (Feyrer et al., 2024c). Bien qu’il soit peu probable que le passage d’un seul navire de recherche dans une zone perturbe à long terme la recherche de nourriture, Cholewiak et al. (2017) ont également noté que les échosondeurs de navires ont été détectés par un hydrophone monté sur le fond près du banc de Georges pendant environ 25 % des jours de déploiement (44 jours sur un déploiement de 6 mois).
Menace 11 – Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents : impact inconnu pour les deux UD
L’évaluation des menaces de Pêches et Océans Canada (Fisheries and Oceans Canada, 2022) a permis de déterminer que les changements climatiques constituaient une menace d’impact inconnu pour les individus de l’UD du plateau néo‑écossais et ceux de l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest. Elle indique que les changements climatiques ont un impact à l’échelle de la population élevé à l’échelle pour l’UD du plateau néo‑écossais et moyen pour l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest.
11.1 Déplacement et altération de l’habitat
Le déplacement et l’altération de l’habitat constituent la sous-catégorie des changements climatiques la plus susceptible d’avoir des répercussions sur la baleine à bec commune étant donné que l’espèce semble confinée à une niche écologique relativement étroite. Le fait que le régime alimentaire repose principalement sur un seul genre de calmar rend la baleine à bec commune vulnérable aux changements de répartition des proies. Puisque cette dépendance est combinée à une forte fidélité aux caractéristiques bathymétriques de son habitat, l’espèce est probablement vulnérable à divers effets potentiels des changements climatiques. La fonte de la glace de mer peut avoir des répercussions sur les individus dans les eaux septentrionales, bien qu’il y ait peu de données pour indiquer si ces effets peuvent être positifs ou négatifs. Davidson et al. (2023) laissent entendre que l’habitat convenable de la baleine à bec commune pourrait s’étendre vers le nord de la baie de Baffin au cours des prochaines années, mais il n’existe actuellement aucune donnée permettant d’examiner si un changement de l’utilisation de l’habitat a cours.
Nombre de localités fondées sur les menaces
Dans le cas de l’UD du plateau néo‑écossais, chacun des trois canyons le long du plateau peut être considéré comme une localité telle que définie par le COSEPAC étant donné qu’un seul événement menaçant, comme un déversement majeur d’hydrocarbures ou un exercice naval employant un sonar militaire, pourrait rapidement toucher toutes les baleines présentes dans un canyon donné. Le nombre de localités de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, qui occupe une aire de répartition beaucoup plus vaste, est inconnu, mais probablement supérieur à 10.
Protection, statuts et activités de rétablissement
Statuts et protection juridiques
Au Canada, la chasse et les autres activités dommageables pour la baleine à bec commune sont couvertes par le Règlement sur les mammifères marins de la Loi sur les pêches. La population du plateau néo‑écossais a été évaluée par le COSEPAC en 2002 et a été inscrite comme « espèce en voie de disparition » à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en avril 2006. Elle a été réévaluée par le COSEPAC, qui a confirmé son statut en mai 2011. La plus récente réévaluation de la population du plateau néo‑écossais, réalisée en 2024, a reconfirmé le statut. La population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador a été évaluée par le COSEPAC, qui l’a désignée « préoccupante » en mai 2011. La plus récente réévaluation de cette population par le COSEPAC, réalisée en mai 2024, a confirmé ce statut. Un programme de rétablissement de la population du plateau néo‑écossais a été terminé en mai 2010 (Fisheries and Oceans Canada, 2010) et modifié en 2016 (Fisheries and Oceans Canada, 2016a), et un plan d’action pour son rétablissement a été publié en 2017 (Fisheries and Oceans Canada, 2017). L’habitat essentiel de l’UD du plateau néo‑écossais a été désigné dans le programme de rétablissement et par la suite protégé par un arrêté du gouvernement fédéral en juillet 2018 (DORS/2018-157).
La Commission baleinière internationale classifie la baleine à bec commune comme une espèce protégée qui ne devrait faire l’objet d’aucune capture. L’espèce est inscrite à l’annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Il n’y a actuellement pas de chasse régulière ciblant cette espèce, bien que des individus échoués qui ne peuvent pas être remis à l’eau soient occasionnellement capturés dans les îles Féroé (voir les rapports d’activité des îles Féroé dans les rapports annuels de la North Atlantic Marine Mammal Commission). L’UICN considère l’espèce comme étant gravement menacée à l’échelle mondiale (Whitehead et al., 2021).
Statuts et classements non juridiques
Selon NatureServe (2016), le statut mondial est G4, soit apparemment en sécurité. La population du plateau néo‑écossais est cotée N1 au Canada et S1 (gravement en péril) en Nouvelle-Écosse, tandis que la population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador est jugée NU (non classable en raison du manque d’information) au Canada et SU (actuellement non classable) au Nunavut. Selon le rapport Espèces sauvages 2020 : la situation générale des espèces au Canada, l’espèce est N3 (vulnérable) au Canada, S3 (vulnérable) dans l’océan Atlantique et SNA (non applicable) dans l’est de l’océan Arctique.
Protection et propriété de l’habitat
Le Goulet a été désigné zone de protection marine (ZPM) en 2004 au titre de la Loi sur les océans. La zone centrale de la ZPM (zone 1) constitue l’habitat principal de la baleine à bec commune (Hooker et al., 1999; MacNab, 2005). Aucune activité d’extraction, y compris la pêche, n’est autorisée dans cette zone. Bien que l’exploration et la mise en valeur du pétrole et du gaz, y compris l’exploration sismique, ne soient pas explicitement interdites par les règlements relevant du MPO, les technologies actuelles utilisées dans cette industrie ne seraient autorisées nulle part dans la ZPM par ces règlements (MacNab, 2005). La réglementation restreint également les activités à l’extérieur de la ZPM qui pourraient causer des dommages à l’intérieur de la zone, bien qu’il ne soit pas tout à fait clair comment cela sera mis en œuvre (MacNab, 2005). Dans l’ensemble, la ZPM du Goulet semble conférer une protection importante à l’habitat principal de la population de baleines à bec communes du plateau néo‑écossais (Feyrer, 2021). Les répercussions potentielles les plus importantes de l’activité humaine autorisée dans la ZPM sur l’espèce sont attribuables au transport commercial (environ un passage commercial par jour), à la pêche commerciale (concentrée le long du talus continental et des canyons d’alimentation peu profonds) et à la recherche scientifique (permise, mais réglementée dans la ZPM; McConney et al., 2023).
Le Goulet et les canyons Shortland et Haldimand ont également été désignés comme habitat essentiel de la baleine à bec commune dans le programme de rétablissement (MPO, 2010, 2016) et ils sont protégés par la LEP (Canada Gazette, 2010, 2018). Les zones situées entre ces canyons ont été désignées comme habitat important (Stanistreet et al., 2021; Feyrer et al., 2024a). Pêches et Océans Canada a également établi plusieurs refuges marins le long de la côte est, ce qui pourrait offrir une certaine protection aux baleines à bec commune contre l’empêtrement dans des engins de pêche (DFO, 2023).
Activités de rétablissement
Voici la liste des rapports et des publications, en ordre chronologique inverse, qui décrivent les activités de rétablissement de la baleine à bec commune au Canada :
- Feyrer, L.J., A. Babin, H. Moors-Murphy, S. Corbett, E. Touchie, G. Croft, J. Lawson, C.A. Peters, T. Inkpen, M. Treble et S. Ferguson. 2024b. Marine mammal records collected by the at-sea observer program in Arctic, Newfoundland and Labrador, and Maritimes regions: A summary of challenges and opportunities for future research. Canadian Technical Report of Fisheries and Aquatic Sciences. 3573: vi + 55 p.
- Feyrer, L.J., J. E. Stanistreet, C. Gomez, M. Adams, J.W. Lawson, S.H. Ferguson, S.G. Heaslip, K.J. Lefort, E. Davidson, N.E. Hussey, H. Whitehead et H. Moors‑Murphy. 2024a. Identifying important habitat for northern bottlenose and Sowerby’s beaked whales in the western North Atlantic. Aquatic Conservation: Marine and Freshwater Ecosystems, 1-19. https://doi.org/10.1002/aqc.4064.
- Fisheries and Oceans Canada. 2022. Threat assessment for Northern Bottlenose Whales off Eastern Canada. Canadian Science Advisory Secretariat. Science Advisory Report 2022/032 [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2022. Évaluation des menaces pour la baleine à bec commune au large de l’est du Canada. Secr. can. des avis. sci. du MPO. Avis sci. 2022/032.]
- Stanistreet, J.E., L.J. Feyrer et H.B. Moors-Murphy. 2021. Assessment of the distribution, movements, and habitat use of Northern Bottlenose Whales on the Scotian Shelf to support the identification of important habitat. DFO Can. Sci. Advis. Sec. Res. Doc. 2021/074. vi + 34 [Également disponible en français : Stanistreet, J.E., L.J. Feyrer et H.B. Moors-Murphy. 2021. Répartition, déplacements et utilisation de l’habitat de la baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus) sur le plateau néo-écossais. Secr. can. des avis sci. du MPO. Doc. de rech. 2021/074. vii + 37 p.]
- Fisheries and Oceans Canada. 2017. Action Plan for the Northern Bottlenose Whale (Hyperoodon ampullatus), Scotian Shelf population, in Atlantic Canadian waters. Species at Risk Act Action Plan Series. Fisheries and Oceans Canada, Ottawa. iv + 37 pp. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2017. Plan d’action pour la baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus), population du plateau néo-écossais, dans les eaux canadiennes de l’Atlantique. Série de plans d’action de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada. Ottawa. v + 42 p.]
- Fisheries and Oceans Canada. 2016a. Recovery Strategy for the Northern Bottlenose Whale, (Hyperoodon ampullatus), Scotian Shelf population, in Atlantic Canadian Waters [Final]. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Fisheries and Oceans Canada, Ottawa. vii + 70 pp.[Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2016a. Programme de rétablissement de la baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus), population du plateau néo-écossais, dans les eaux canadiennes de l’Atlantique [Finale]. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada. Ottawa. viii + 77 p.]
- Fisheries and Oceans Canada. 2016b. Report on the Progress of Recovery Strategy Implementation for the Northern Bottlenose Whale (Hyperoodon ampullatus), Scotian Shelf Population, in Atlantic Canadian Waters for the Period 2010 à 2015. Species at Risk Act Recovery Strategy Report Series. Fisheries and Oceans Canada, Ottawa. iii + 47 pp. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2016b. Rapport sur les progrès de la mise en œuvre du programme de rétablissement de la baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus), population du plateau néo-écossais, dans les eaux canadiennes de l’Atlantique pour la période 2010 à 2015. Série de programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada. Ottawa, v + 55 p.]
- Harris, L.E., W.E. Gross et P.E. Emery. 2013. Biology, Status, and Recovery Potential of Northern Bottlenose Whales (Hyperoodon ampullatus). DFO Canadian Science Advisory Secretariat Research Document 2013/038. v + 35 p.
- Fisheries and Oceans Canada. 2010. Recovery strategy for the Northern Bottlenose Whale, Scotian Shelf population, in Atlantic Canadian waters. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Fisheries and Oceans Canada. vi + 61 p. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2010. Programme de rétablissement de la baleine à bec commune (Hyperoodon ampullatus), population du plateau néo-écossais, dans les eaux canadiennes de l’Atlantique. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada. vi + 65 p.]
Sources d’information
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Benjaminsen, T. et I. Christensen. 1979. The natural history of the bottlenose whale, Hyperoodon ampullatus (Forster). Pp. 143-164 in H.E. Winn et B.L. Olla (eds.). Behavior of Marine Animals. Volume 3. Plenum, New York.
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Cholewiak, D., A.I. DeAngelis, D. Palka, P.J. Corkeron et S.M. Van Parijs. 2017. Beaked whales demonstrate a marked acoustic response to the use of shipboard echosounders. Royal Society Open Science 4:170940.
Christensen, I. 1973. Age determination, age distribution and growth of bottlenose whales, Hyperoodon ampullatus (Forster), in the Labrador Sea. Norwegian Journal of Zoology 21:331-340.
Christensen, I. 1975. Preliminary report on the Norwegian fishery for small whales: expansion of Norwegian whaling to Arctic and northwest Atlantic waters, and Norwegian investigations of the biology of small whales. Journal of the Fisheries Research Board of Canada 32:1083-1094.
Christensen, I., Å. Jonsgård et C.J. Rorvik. 1977. Some notes concerning the bottlenose fishery in the North Atlantic after the Second World War, with particular reference to the westward expansion. Reports of the International Whaling Commission 27:226-227.
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Collections examinées
Aucune collection n’a été examinée pour la préparation du présent rapport.
Experts contactés
COSEPAC
- Karen Timm, Secrétariat du COSEPAC, Gatineau (Québec)
- Sonia Schnobb, Secrétariat du COSEPAC, Gatineau (Québec)
Gouvernement fédéral
- Picard, K. Chef, Rétablissement des espèces en péril, Service canadien de la faune, Québec (Québec)
- Bureau, S. Coordonnatrice du rétablissement des espèces en péril, Service canadien de la faune, Québec (Québec)
- Mailhiot, J. Chef du rétablissement – Région de l’Atlantique, Service canadien de la faune, Dartmouth (Nouvelle-Écosse)
- Gilroy, C. Biologiste, Service canadien de la faune, Sackville (Nouveau-Brunswick)
- Grant, P. Chercheur scientifique, Pêches et Océans Canada, Sidney (Colombie-Britannique)
- de Forest L. Scientifique spécialiste des écosystèmes, Parcs Canada, Halifax (Nouvelle-Écosse)
- McDonald, R. Conseillère principale en environnement, ministère de la Défense nationale, Ottawa (Ontario).
Provinces et territoires
- Sabine, M. Biologiste, Espèces en péril, ministère des Ressources naturelles et du Développement de l’énergie, Fredericton (Nouveau-Brunswick)
- Humber, J. Ecosystem Management Ecologist, Endangered Species and Biodiversity Wildlife Division Department of Environment and Conservation, Corner Brook (Terre-Neuve-et-Labrador)
- Moores, S. Senior Manager, Biodiversity Wildlife Division, Department of Environment and Conservation, Corner Brook (Terre-Neuve-et-Labrador)
- Hurlburt, D. Wildlife Division, Nova Scotia Department of Lands and Forestry, Kentville (Nouvelle-Écosse)
- Desrosiers, N. Biologiste, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Québec (Québec)
- Gauthier, I., Biologiste, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Québec (Québec)
Centre de données sur la conservation
- Anctil, A. Biologiste, Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (Québec)
- Blaney, S. Centre de données sur la conservation du Canada atlantique, Sackville (Nouveau-Brunswick)
- Klymko, J. Zoologiste, Centre de données sur la conservation du Canada atlantique, Sackville (Nouveau-Brunswick).
- Durocher, A. Gestionnaire des données, Centre de conservation du Canada atlantique, Corner Brook (Terre-Neuve-et-Labrador)
Conseils de gestions des ressources fauniques
- Snook, J. Executive Director, Torngat Joint Fisheries Board, Happy Valley-Goose Bay (Terre-Neuve-et-Labrador)
- Taylor, C. Fisheries research manager, Torngat Joint Fisheries Board, Happy Valley-Goose Bay (Terre‑Neuve‑et‑Labrador)
- Dale, A. Research Program Manager, Torngat Wildlife and Plants Co-Management Board, Happy Valley-Goose Bay (Terre‑Neuve‑et‑Labrador)
- Akearok, J. Executive Director, Nunavut Wildlife Management Board, Iqaluit (Nunavut)
- Ritchie, K. Habitat and species at risk biologist. Nunavut Wildlife Management Board, Iqaluit (Nunavut)
- Sataa, T. Réceptionniste, Nunavut Wildlife Management Board, Iqaluit (Nunavut)
Autres
- Ilves, K.L. Chercheuse, Musée canadien de la nature, Ottawa (Ontario)
Remerciements
Le présent rapport a été financé par Environnement et Changement climatique Canada. Les experts suivants ont fourni des données et des conseils précieux : Hal Whitehead, Hilary Moors-Murphy, Laura Feyrer et Sasha Hooker. Les membres du Sous‑comité de spécialistes des mammifères marins et du COSEPAC ont fourni des modifications et des suggestions utiles. Les rédacteurs aimeraient également remercier Hal Whitehead et Tonya Wimmer pour leur travail sur la version précédente du rapport de situation du COSEPAC sur la baleine à bec commune.
Sommaire biographique des rédacteurs du rapport
Shannon Gowans fait des recherches sur les cétacés depuis 1993. Elle a tout d’abord travaillé sur la répartition des petits cétacés au large de la Nouvelle-Écosse. Son doctorat a porté sur l’organisation sociale et la taille de la population de baleines à bec communes dans le Goulet. Au cours de cette période, elle a également créé une organisation de recherche à but non lucratif (Blind Bay Cetacean Studies, avec Peter Simard) afin de mener des recherches sur les cétacés au large de Halifax (travaux de recherche de 1997 à 2007). De 2002 à 2004, Mme Gowans a mené des travaux de recherche postdoctorale à l’Université Texas A&M sur la structure sociale et démographique du dauphin à flancs blancs et du dauphin à bec blanc de l’Atlantique. Depuis septembre 2004, elle travaille au Eckerd College à titre de professeure agrégée en sciences et biologie marines. Ses travaux de recherche actuels portent sur le grand dauphin à l’échelle locale, et elle assure la coordination de l’Eckerd College Dolphin Project (ECDP), le plus ancien programme de recherche sur les mammifères marins de premier cycle. Elle a corédigé, en collaboration avec Peter Simard, l’un des rapports précédents du COSEPAC sur la baleine à bec commune ainsi que des rapports de situation sur la baleine à bec de Sowerby et sur le rorqual boréal.
Peter Simard a commencé sa carrière de chercheur en 1994, et ses travaux portaient sur la répartition de la baleine à bec commune en lien avec la bathymétrie et l’océanographie physique du Goulet (canyon sous‑marin). En collaboration avec Shannon Gowans, il a mis sur pied la Blind Bay Cetacean Studies afin d’étudier les profils de répartition et la structure des populations de cétacés des zones côtières, en Nouvelle-Écosse. Ses travaux de doctorat à l’Université de South Florida ont porté sur la répartition des dauphins le long du plateau continental de l’ouest de la Floride. Ces travaux consistaient à combiner des relevés visuels et les résultats de suivi acoustique passif pour étudier les tendances spatiotemporelles de la répartition des dauphins. Ses travaux de recherche postdoctorale portaient sur les répercussions des récifs artificiels dans le milieu marin, et particulièrement sur l’abondance relative des dauphins et la présence des bateaux de plaisance à proximité des récifs artificiels et naturels. Il étudie actuellement une population côtière de grands dauphins dans le cadre de l’Eckerd College Dolphin Project.
Annexe 1. Tableau d’évaluation des menaces pesant sur la baleine à bec commune, population du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador
Nom scientifique de l’espèce ou de l’écosystème
Hyperoodon ampullatus – population du détroit de Davis, baie de Baffin et mer du Labrador
Évaluateurs : Shannon Gowans et Peter Simard
Impact global des menaces – commentaires : Sans objet
| Impact des menaces | Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - maximum de la plage d’intensité | Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - minimum de la plage d’intensité |
|---|---|---|
| A (Très élevé) | 0 | 0 |
| B (Élevé) | 0 | 0 |
| C (Moyen) | 1 | 1 |
| D (Faible) | 3 | 3 |
| Impact global des menaces calculé | Élevé | Élevé |
Impact global des menaces attribué : C = moyen
Ajustement de la valeur de l’impact global calculée – justifications : L’impact de la plupart des menaces importantes est faible; une seule menace a un impact moyen. Niveau des menaces inférieur à celui de l’UD du plateau néo‑écossais, dont l’impact global des menaces est élevé.
Impact global des menaces – commentaires : Sans objet
| Nombre | Menace | Impact (calculé) | Impact | Portée (10 prochaines années) | Gravité (10 ans) | Immédiateté | Commentaires |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Développement résidentiel et commercial | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 1.1 | Zones résidentielles et urbaines | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 1.2 | Zones commerciales et industrielles | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 1.3 | Zones touristiques et récréatives | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2 | Agriculture et aquaculture | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.1 | Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.2 | Plantations pour la production de bois et de pâte | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.3 | Élevage de bétail | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.4 | Aquaculture en mer et en eau douce | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 3 | Production d’énergie et exploitation minière | D | Faible | Petite (1 à 10 %) | Légère (1 à 10 %) | Moyenne | Sans objet |
| 3.1 | Forage pétrolier et gazier | D | Faible | Petite (1 à 10 %) | Légère (1 à 10 %) | Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) | L’exploration, le forage et la production de pétrole et de gaz extracôtiers ont déjà été pratiqués dans l’aire de répartition de cette UD. La plupart du forage et de la production ont eu lieu à proximité de la ligne arbitraire existante qui délimite l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador et l’UD du plateau néo‑écossais, mais des sites d’intérêt ont été identifiés dans l’ensemble de l’aire de répartition de cette UD, y compris le projet Bay du Nord, qui est actuellement en pause. Dans le cadre d’une évaluation des menaces, le MPO (DFO, 2022) a combiné les deux UD en une seule population de l’Atlantique Nord‑Ouest. Selon cette évaluation, les opérations de forage posaient une probabilité d’impact (à l’échelle tant individuelle que populationnelle). Le risque de menace était inconnu, tandis que la fréquence était récurrente, et l’étendue géographique, limitée. Si la véritable division entre les deux UD se situe plus au nord de la ligne arbitraire actuelle, l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador est probablement actuellement exposée à des répercussions moindres en ce qui concerne le forage pétrolier et gazier. Voir aussi les répercussions de l’activité des navires (4.3), des déversements d’hydrocarbures et de la pollution chimique (9.2) et de la pollution sonore (9.6). |
| 3.2 | Exploitation de mines et de carrières | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 3.3 | Énergie renouvelable | Sans objet | Négligeable | Négligeable (< 1 %) | Inconnu | Faible (possiblement à long terme, plus de 10 ans ou 3 générations) | Des parcs éoliens extracôtiers peuvent être aménagés dans l’habitat de la baleine à bec commune, mais les eaux côtières peu profondes au sud sont susceptibles d’être exploitées en premier. |
| 4 | Corridors de transport et de service | D | Faible | Généralisée (71 à 100 %) | Légère (1 à 10 %) | Élevée (menace toujours présente) | Sans objet |
| 4.1 | Routes et voies ferrées | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 4.2 | Lignes de services publics | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 4.3 | Voies de transport par eau | D | Faible | Généralisée (71 à 100 %) | Légère (1 à 10 %) | Élevée (menace toujours présente) | On sait que les collisions avec des navires causent des blessures graves et la mort. De plus, de nombreux incidents ne sont pas signalés. Une évaluation des menaces du MPO (DFO, 2022) a permis d’établir que les collisions avec des navires étaient susceptibles de se produire et représentaient un niveau de menace élevé, à l’échelle tant individuelle que populationnelle pour l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest. La circulation maritime dans l’Arctique augmente et devrait continuer d’augmenter à mesure que la glace de mer fond. Les collisions avec des navires constituent une menace continue et considérable, qui est toutefois probablement plus faible que celle à laquelle fait face l’UD du plateau néo‑écossais. |
| 4.4 | Corridors aériens | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5 | Utilisation des ressources biologiques | D | Faible | Grande (31 à 70 %) | Légère (1 à 10 %) | Élevée (menace toujours présente) | Sans objet |
| 5.1 | Chasse et capture d’animaux terrestres | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5.2 | Cueillette de plantes terrestres | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5.3 | Exploitation forestière et récolte du bois | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5.4 | Pêche et récolte de ressources aquatiques | D | Faible | Grande (31 à 70 %) | Légère (1 à 10 %) | Élevée (menace toujours présente) | La plupart des données récentes sur les individus de cette UD, y compris les relevés, proviennent d’observateurs travaillant sur des navires de pêche. Des baleines à bec communes ont été observées alors qu’elles interagissaient avec des chaluts et des filets maillants d’activités de pêche au flétan du Groenland dans la région de l’éperon de Sackville et la baie de Baffin. L’empêtrement dans des engins de pêche, surtout des palangres, a été noté dans l’aire de cette UD, et tous les incidents ne sont probablement pas signalés. Selon une évaluation des menaces du MPO (DFO, 2022), l’empêtrement et la déprédation constituent une menace élevée pour les individus et une menace inconnue à l’échelle populationnelle pour l’Atlantique Nord‑Ouest. L’empêtrement est une menace continue et considérable, tandis que la déprédation est récurrente et limitée. Compte tenu du niveau d’interaction entre les baleines à bec communes et les navires de pêche, les menaces liées à la pêche constituent des menaces évidentes. |
| 6 | Intrusions et perturbations humaines | Sans objet | Négligeable | Grande (31 à 70 %) | Négligeable (< 1 %) | Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) | Sans objet |
| 6.1 | Activités récréatives | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 6.2 | Guerre, troubles civils et exercices militaires | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Le sonar militaire a un fort potentiel de nuire aux baleines à bec communes (voir la menace 9.6), et les activités connexes des navires peuvent mener à des collisions (voir la menace 4.3). |
| 6.3 | Travail et autres activités | Sans objet | Négligeable | Grande (31 à 70 %) | Négligeable (< 1 %) | Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) | Des travaux récents de biopsie et de marquage ont été effectués au sein de cette UD. Les travaux pourraient se poursuivre pour aider à résoudre les questions concernant la structure et les déplacements de la population. Les photographies et les enregistrements acoustiques continueront probablement de faciliter le suivi de l’UD. |
| 7 | Modifications des systèmes naturels | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 7.1 | Incendies et suppression des incendies | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 7.2 | Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 7.3 | Autres modifications de l’écosystème | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8 | Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.1 | Espèces ou agents pathogènes exotiques (non indigènes) envahissants | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Peu d’espèces envahissantes ont été observées dans l’aire de répartition de cette UD, mais relativement peu de mesures de suivi ont été mises en œuvre. Les espèces envahissantes auraient fort probablement des répercussions sur les baleines à bec communes à cause de changements de la répartition et de l’abondance des proies. Aucune donnée actuelle ne laisse croire à des infections bactériennes comme la sarcosystose ou la toxoplasmose, mais peu de carcasses ont été examinées pour déterminer la présence de maladies. |
| 8.2 | Espèces ou agents pathogènes indigènes problématiques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.3 | Matériel génétique introduit | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.4 | Espèces ou agents pathogènes problématiques d’origine inconnue | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.5 | Maladies d’origine virale ou maladies à prions | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.6 | Maladies de cause inconnue | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9 | Pollution | C | Moyen | Généralisée (71 à 100 %) | Modérée (11 à 30 %) | Élevée (menace toujours présente) | Sans objet |
| 9.1 | Eaux usées domestiques et urbaines | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.2 | Effluents industriels et militaires | D | Faible | Restreinte-petite (1 à 30 %) | Légère (1 à 10 %) | Élevée (menace toujours présente) | Les déversements d’hydrocarbures représentent une menace évidente. Une évaluation des menaces du MPO (DFO, 2022) a indiqué que les déversements d’hydrocarbures constituent une menace élevée au niveau individuel et inconnue au niveau populationnel. La fréquence des menaces a été jugée récurrente, et l’échelle géographique, étroite. Des baleines à bec communes de cette UD ont été exposées à une variété de polluants organiques persistants (POP) et de métaux toxiques, dont certains ont été liés à la suppression du système reproducteur ou immunitaire, bien qu’à des niveaux inférieurs à l’UD du plateau néo‑écossais. Selon l’évaluation des menaces du MPO (DFO, 2022), l’exposition aux POP et aux métaux toxiques représente une menace moyenne au niveau individuel et inconnue au niveau populationnel, la fréquence de cette menace étant continue, et son échelle géographique, vaste. En raison de l’habitat septentrional plus éloigné, cette UD est probablement moins menacée par les effluents industriels que l’UD du plateau néo‑écossais. |
| 9.3 | Effluents agricoles et sylvicoles | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.4 | Déchets solides et ordures | D | Faible | Petite (1 à 10 %) | Légère (1 à 10 %) | Élevée (menace toujours présente) | Pour les baleines de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador, l’empêtrement dans du plastique (provenant principalement des engins de pêche) et l’ingestion de microplastiques ont été consignés. Selon l’évaluation des menaces du MPO (DFO, 2022), la pollution par le plastique est considérée comme une menace moyenne au niveau individuel et inconnue au niveau populationnel, la fréquence de cette menace étant continue, et son échelle géographique, vaste. |
| 9.5 | Polluants atmosphériques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.6 | Apports excessifs d’énergie | C | Moyen | Généralisée (71 à 100 %) | Modérée (11 à 30 %) | Élevée (menace toujours présente) | L’excès d’énergie, sous forme de pollution sonore, présente un risque important pour les baleines de cette UD. La fonte de la glace de mer est susceptible d’accroître tous les types d’activités dans l’habitat de l’UD, bien que l’intensité des activités demeure probablement plus élevée dans les eaux méridionales. Dans l’évaluation des menaces du MPO (DFO, 2022), le sonar militaire est considéré comme une menace extrême à l’échelle individuelle et inconnue à l’échelle populationnelle pour l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest. La fréquence de la menace est récurrente, et l’étendue géographique, inconnue. Le bruit des navires pose un faible risque aux niveaux individuel et populationnel, la fréquence de cette menace étant continue, et son étendue géographique, vaste. Les échosondeurs de navires représentent une menace faible au niveau individuel et inconnue au niveau populationnel, la fréquence de cette menace étant récurrente, et son étendue géographique, limitée. Les levés sismiques représentent une menace moyenne au niveau individuel et inconnue au niveau populationnel, la fréquence de cette menace étant récurrente, et son étendue géographique, vaste. Les opérations de forage représentent une menace inconnue aux niveaux individuel et populationnel, la fréquence de cette menace étant récurrente, et son étendue géographique, limitée. Le MPO (DFO, 2022) a également évalué l’exposition au bruit chronique comme étant une menace moyenne à l’échelle des individus et une menace inconnue à l’échelle des populations, la fréquence de cette menace étant continue, et son étendue géographique, vaste. Une fois ces différentes sources sonores combinées, on constate que les baleines à bec communes de l’UD du détroit de Davis, de la baie de Baffin et de la mer du Labrador sont exposées à du bruit qui peut entraîner des effets sublétaux ainsi qu’à des sons intenses pouvant être mortels. Les effets sublétaux qui réduisent l’efficacité de recherche de nourriture ou la détection des prédateurs peuvent être une source importante de mortalité. |
| 10 | Phénomènes géologiques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 10.1 | Volcans | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 10.2 | Tremblements de terre et tsunamis | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 10.3 | Avalanches et glissements de terrain | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11 | Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents | Sans objet | Inconnu | Sans objet | Inconnu | Élevée (menace toujours présente) | Sans objet |
| 11.1 | Déplacement et altération de l’habitat | Sans objet | Inconnu | Généralisée (71 à 100 %) | Inconnu | Élevée (menace toujours présente) | Les changements climatiques ont été évalués par le MPO (DFO, 2022) comme étant une menace inconnue au niveau individuel et moyenne au niveau populationnel pour l’ensemble de l’Atlantique Nord‑Ouest. Par ailleurs, la fréquence de la menace est continue, et son étendue géographique, considérable. La fonte de la glace de mer pourrait avoir des répercussions importantes sur cette UD. Des travaux de modélisation récents laissent entendre qu’il y a une augmentation de l’habitat convenable dans les parties septentrionales de la baie de Baffin. De plus, le fait que le régime alimentaire repose principalement sur un seul genre de calmar peut exacerber ces répercussions. |
| 11.2 | Sécheresses | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11.3 | Températures extrêmes | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11.4 | Tempêtes et inondations | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11.5 | Autres impacts | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
Classification des menaces d’après l’IUCN-CMP, Salafsky et al. (2008).
Annexe 2. Tableau d’évaluation des menaces pesant sur la baleine à bec commune, population du plateau néo-écossais
Nom scientifique de l’espèce ou de l’écosystème : Hyperoodon ampullatus – population du plateau néo-écossais
Évaluateurs : Shannon Gowans et Peter Simard
Impact global des menaces – commentaires : Sans objet
| Impact des menaces | Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - maximum de la plage d’intensité | Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - minimum de la plage d’intensité |
|---|---|---|
| A (Très élevé) | 0 | 0 |
| B (Élevé) | 1 | 1 |
| C (Moyen) | 2 | 2 |
| D (Faible) | 1 | 1 |
| Impact global des menaces calculé | Très élevé | Très élevé |
Impact global des menaces attribué : B = Élevé
Ajustement de la valeur de l’impact global calculée – justifications : Il est possible d’atténuer efficacement les menaces potentielles provenant de sources acoustiques comme le sonar militaire, dont l’impact calculé était élevé.
Impact global des menaces – commentaires : Sans objet
| Nombre | Menace | Impact (calculé) | Impact | Portée (10 prochaines années) | Gravité (10 ans) | Immédiateté | Commentaires |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Développement résidentiel et commercial | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 1.1 | Zones résidentielles et urbaines | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 1.2 | Zones commerciales et industrielles | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 1.3 | Zones touristiques et récréatives | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2 | Agriculture et aquaculture | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.1 | Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.2 | Plantations pour la production de bois et de pâte | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.3 | Élevage de bétail | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.4 | Aquaculture en mer et en eau douce | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 3 | Production d’énergie et exploitation minière | D | Faible | Petite (1 à 10 %) | Légère (1 à 10 %) | Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) | Sans objet |
| 3.1 | Forage pétrolier et gazier | D | Faible | Petite (1 à 10 %) | Légère (1 à 10 %) | Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) | L’exploration, le forage et la production de pétrole et de gaz extracôtiers ont déjà été pratiqués dans l’aire de répartition de cette UD. Bien que le taux d’exploitation soit actuellement inférieur à ce qu’il était dans le passé, il existe un potentiel de développement futur et de dommages. Dans le cadre d’une évaluation des menaces, le MPO (DFO, 2022) a indiqué que les opérations de forage posaient une probabilité d’impact (au niveau tant individuel que populationnel). Le risque de menace était inconnu, la fréquence, récurrente, et l’étendue géographique, restreinte. Voir aussi les répercussions de l’activité des navires (4.3), des déversements d’hydrocarbures et de la pollution chimique (9.2) et de la pollution sonore (9.6). |
| 3.2 | Exploitation de mines et de carrières | Sans objet | Inconnu | Petite (1 à 10 %) | Inconnu | Inconnu | Il existe un certain potentiel d’exploitation minière de la croûte de ferromanganèse riche en cobalt dans les eaux profondes du large. |
| 3.3 | Énergie renouvelable | Sans objet | Non calculé (en dehors de la période d’évaluation) | Petite (1 à 10 %) | Inconnu | Faible (possiblement à long terme, plus de 10 ans ou 3 générations) | Des parcs éoliens en haute mer peuvent être aménagés dans l’habitat de la baleine à bec commune, mais les eaux côtières peu profondes sont susceptibles d’être exploitées en premier. |
| 4 | Corridors de transport et de service | C | Moyen | Généralisée (71 à 100 %) | Modérée (11 à 30 %) | Élevée (menace toujours présente) |
Sans objet |
| 4.1 | Routes et voies ferrées | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 4.2 | Lignes de services publics | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 4.3 | Voies de transport par eau | C | Moyen | Généralisée (71 à 100 %) | Modérée (11 à 30 %) | Élevée (menace toujours présente) | On sait que les collisions avec des navires causent des blessures graves et la mort. De plus, de nombreux incidents ne sont pas signalés. Une évaluation des menaces du MPO (DFO, 2022) a permis d’établir que les collisions avec des navires étaient susceptibles de se produire et représentaient un niveau de menace élevé, au niveau tant individuel que populationnel. Les collisions avec des navires constituent une menace continue et considérable. |
| 4.4 | Corridors aériens | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5 | Utilisation des ressources biologiques | C | Moyen | Grande (31 à 70 %) | Modérée (11 à 30 %) | Élevée (menace toujours présente) | Sans objet |
| 5.1 | Chasse et capture d’animaux terrestres | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5.2 | Cueillette de plantes terrestres | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5.3 | Exploitation forestière et récolte du bois | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5.4 | Pêche et récolte de ressources aquatiques | C | Moyen | Grande (31 à 70 %) | Modérée (11 à 30 %) | Élevée (menace toujours présente) | L’empêtrement dans des engins de pêche, surtout des palangres, a été noté dans l’aire de cette UD, et tous les incidents ne sont probablement pas rapportés. Selon une évaluation des menaces du MPO (DFO, 2022), l’empêtrement est considéré comme une menace élevée aux niveaux individuel et populationnel, la fréquence de cette menace étant continue, et son étendue géographique, considérable. Bien que des interactions avec les bateaux de pêche ne soient pas souvent signalées sur le plateau néo‑écossais, des baleines à bec communes ont été observées alors qu’elles interagissaient avec des chaluts d’activités de pêche au flétan du Groenland dans la région de l’éperon de Sackville. |
| 6 | Intrusions et perturbations humaines | Sans objet | Négligeable | Grande (31 à 70 %) | Négligeable (< 1 %) | Élevée (menace toujours présente) | Sans objet |
| 6.1 | Activités récréatives | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 6.2 | Guerre, troubles civils et exercices militaires | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) | Le sonar militaire a un fort potentiel de nuire aux baleines à bec communes (voir la menace 9.6), et les activités connexes des navires peuvent mener à des collisions (voir la menace 4.3). |
| 6.3 | Travail et autres activités | Sans objet | Négligeable | Grande (31 à 70 %) | Négligeable (< 1 %) | Élevée (menace toujours présente) | Il n’y a actuellement pas travaux de biopsie ou de marquage des individus de l’UD du plateau néo‑écossais, mais les photographies et les enregistrements acoustiques continuent de faciliter le suivi de l’UD. |
| 7 | Modifications des systèmes naturels | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 7.1 | Incendies et suppression des incendies | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 7.2 | Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 7.3 | Autres modifications de l’écosystème | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8 | Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.1 | Espèces ou agents pathogènes exotiques (non indigènes) envahissants | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Peu d’espèces envahissantes ont été observées dans l’aire de répartition de cette UD, mais relativement peu de mesures de suivi ont été mises en œuvre. Les espèces envahissantes auraient fort probablement des répercussions sur les baleines à bec communes à cause de changements de la répartition et de l’abondance des proies. Aucune donnée actuelle ne laisse croire à des infections bactériennes comme la sarcosystose ou la toxoplasmose, mais peu de carcasses ont été examinées pour déterminer la présence de maladies. |
| 8.2 | Espèces ou agents pathogènes indigènes problématiques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.3 | Matériel génétique introduit | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.4 | Espèces ou agents pathogènes problématiques d’origine inconnue | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.5 | Maladies d’origine virale ou maladies à prions | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.6 | Maladies de cause inconnue | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9 | Pollution | C | Élevée | Généralisée (71 à 100 %) | Modérée (11 à 30 %) | Élevée (menace toujours présente) | Sans objet |
| 9.1 | Eaux usées domestiques et urbaines | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.2 | Effluents industriels et militaires | C | Moyen | Grande (31 à 70 %) | Modérée (11 à 30 %) | Élevée (menace toujours présente) | Les déversements d’hydrocarbures représentent une menace évidente. Une évaluation des menaces du MPO (DFO, 2022) a indiqué que les déversements d’hydrocarbures constituent une menace élevée au niveau individuel et inconnue au niveau populationnel. La fréquence de la menace est récurrente, et l’étendue géographique, étroite. Des baleines à bec communes de cette UD ont été exposées à une variété de polluants organiques persistants (POP) et de métaux toxiques, dont certains ont été liés à la suppression du système reproducteur ou immunitaire. Selon l’évaluation des menaces du MPO (DFO, 2022), l’exposition aux POP et aux métaux toxiques est une menace moyenne au niveau individuel et inconnue au niveau populationnel, la fréquence de cette menace étant continue, et son étendue géographique, vaste. |
| 9.3 | Effluents agricoles et sylvicoles | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.4 | Déchets solides et ordures | D | Faible | Petite (1 à 10 %) | Modérée (11 à 30 %) | Élevée (menace toujours présente) | Pour les baleines de cette UD, l’empêtrement dans du plastique (provenant principalement des engins de pêche) et l’ingestion de microplastiques ont été observés. Selon l’évaluation des menaces du MPO (DFO, 2022), la pollution plastique est considérée comme une menace moyenne au niveau individuel et inconnue au niveau populationnel, la fréquence de cette menace étant continue, et son étendue géographique, vaste. |
| 9.5 | Polluants atmosphériques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.6 | Apports excessifs d’énergie | B | Élevée | Généralisée (71 à 100 %) | Élevée (31 à 70 %) | Élevée (menace toujours présente) | L’excès d’énergie, sous forme de pollution par le bruit, présente un risque important pour les baleines de cette UD. Le sonar militaire a été évalué dans une évaluation des menaces du MPO (2022) comme une menace extrême au niveau individuel et élevée au niveau populationnel, la fréquence de cette menace étant récurrente, et son étendue géographique, inconnue. Le bruit des navires représente une menace faible aux niveaux individuel et populationnel, la fréquence de cette menace étant continue, et son étendue géographique, vaste. Les échosondeurs de navires représentent une menace faible au niveau individuel et une menace inconnue au niveau populationnel, la fréquence de cette menace étant récurrente, et son étendue géographique, limitée. Les levés sismiques représentent une menace moyenne au niveau individuel et une menace inconnue au niveau populationnel, la fréquence de cette menace étant récurrente, et son étendue géographique, vaste. Les opérations de forage constituent une menace inconnue aux niveaux individuel et populationnel, la fréquence de cette menace étant récurrente, et son étendue géographique, limitée. Le MPO (DFO, 2022) a également évalué l’exposition au bruit chronique comme étant une menace moyenne au niveau individuel et inconnue au niveau populationnel, la fréquence de cette menace étant continue, et son étendue géographique, vaste. Une fois ces différentes sources sonores combinées, on constate que l’UD du plateau néo‑écossais est exposée à du bruit qui peut entraîner des effets sublétaux ainsi qu’à des sons intenses pouvant être mortels. Les effets sublétaux qui réduisent l’efficacité de recherche de nourriture ou la détection des prédateurs peuvent être une source importante de mortalité. |
| 10 | Phénomènes géologiques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 10.1 | Volcans | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 10.2 | Tremblements de terre et tsunamis | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 10.3 | Avalanches et glissements de terrain | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11 | Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents | Sans objet | Inconnu | Généralisée (71 à 100 %) | Inconnu | Élevée (menace toujours présente) | Sans objet |
| 11.1 | Déplacement et altération de l’habitat | Sans objet | Inconnu | Généralisée (71 à 100 %) | Inconnu | Élevée (menace toujours présente) | Les changements climatiques ont été évalués par le MPO (DFO, 2022) comme étant une menace inconnue au niveau individuel et élevée au niveau populationnel, la fréquence de cette menace étant continue, et son étendue géographique, considérable. Cette UD peut être particulièrement vulnérable aux changements climatiques, car elle se trouve près de la limite sud de l’aire de répartition de l’espèce. De plus, le fait que le régime alimentaire repose principalement sur un seul genre de calmar ainsi que la forte fidélité aux canyons peuvent exacerber ces répercussions. |
| 11.2 | Sécheresses | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11.3 | Températures extrêmes | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11.4 | Tempêtes et inondations | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11.5 | Autres impacts | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
Classification des menaces d’après l’IUCN-CMP, Salafsky et al. (2008).