Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Buchnéra d'Amérique Buchnera americana au Canada – 2011

Photo du buchnéra d’Amérique (Buchnera Americana) en fleurs

Table des matières

Liste des figures

Liste des tableaux

Liste des annexes


Buchnéra d'Amérique Buchnera americana

Photo du buchnéra d’Amérique (Buchnera Americana) en fleurs

En voie de disparition - 2011

COSEPAC -- Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2011. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur lebuchnéra d'Amérique (Buchnera americana) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xi + 37 p.

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le buchnéra d’Amérique (Buchnera americana) au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 16 p.

BROWNELL, V.R. 1998. Rapport de situation du COSEPAC sur le buchnéra d’Amérique (Buchnera americana) au Canada – Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le buchnéra d’Amérique (Buchnera americana) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Pages 1-16.

BROWNELL, V.R. 1985. COSEWIC status report on the bluehearts Buchnera americana in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 38 p.

Note de production :
Le COSEPAC remercie Allan G. Harris et Robert F. Foster d’avoir rédigé le rapport de situation sur le buchnéra d’Amérique (Buchnera americana) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Bruce Bennett et Erich Haber, coprésidents du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC, ont supervisé la préparation du rapport et en ont établi la version finale.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél.: 819-953-3215
Téléc.: 819-994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
Site Web : www.cosewic.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Bluehearts Buchnera americana in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Buchnéra d'Amérique -- photo de Allan Harris.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2012.
No de catalogue CW69-14/127-2012F-PDF
ISBN 978-1-100-98817-7


Sommaire de l’évaluation – novembre 2011

Nom commun
Buchnéra d'Amérique

Nom scientifique
Buchnera americana

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
Une plante herbacée hémiparasite qui est retrouvée en trois petites populations dans l’habitat de dunes des Grands Lacs, dans le sud-ouest de l'Ontario. La taille réduite de sa population et les menaces liées aux changements des niveaux d'eau, à la perturbation des processus naturels, dont la suppression des feux, aux activités récréatives, et aux plantes envahissantes soumettent cette espèce à un risque continu.

Répartition
Ontario

Historique du statut
Espèce désignée « menacée » en avril 1985. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en avril 1998. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000 et en novembre 2011.

Description et importance de l’espèce sauvage

Le buchnéra d’Amérique (Buchnera americana) est une herbacée vasculaire hémiparasite atteignant de 40 à 80 cm de hauteur. La tige, généralement non ramifiée, est pubescente et porte des feuilles opposées sessiles. Les fleurs, sessiles et d’un violet foncé, sont groupées en un épi terminal. En Ontario, la floraison s’échelonne de la mi-juillet à septembre. Le fruit est une capsule oblongue d’environ 7 mm de longueur.

Répartition

Le buchnéra d’Amérique est présent en Ontario et dans 17 États des États-Unis, depuis l’Ohio et l’Indiana jusqu’à la Floride et au Texas. L’espèce est disparue du Michigan, du New Jersey, de la Pennsylvanie et du district de Columbia. Elle n’a que des mentions historiques dans le Maryland, le Delaware, l’État de New York et la Caroline du Nord. Les plus fortes densités se trouvent dans le Tennessee, le Kentucky, l’ouest de l’Illinois, le Missouri et l’est du Kansas et de l’Oklahoma. Au Canada, l’espèce est confinée à une zone de 10 km le long de la rive du lac Huron, dans le sud-ouest de l’Ontario. L’aire de répartition du buchnéra d’Amérique au Canada a une superficie de 18,6 km², ce qui représente environ 1 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce.

Habitat

En Ontario, le buchnéra d’Amérique pousse en bordure de dépressions interdunaires mouilleuses près du lac Huron, où il côtoie des espèces comme l’asclépiade tubéreuse, le faux-sorgho penché, le barbon à balais et le barbon de Gérard. Dans d’autres parties de son aire de répartition, le buchnéra d’Amérique pousse dans des prairies, des forêts claires, des pinèdes claires et sur des plages.

Biologie

Le buchnéra d’Amérique est un hémiparasite qui peut se fixer aux racines de nombreuses essences de feuillus et de conifères, dont le pin blanc, le frêne rouge, le peuplier deltoide et le chêne blanc, ainsi que d’autres végétaux. Il peut cependant se développer sans se fixer à ces hôtes. L’espèce est considérée comme vivace, mais on pense que les populations de l’Ontario et du Nord des États-Unis pourraient être majoritairement annuelles. Le buchnéra d’Amérique produit de petites graines qui ont besoin de lumière pour germer; d’après les résultats d’expériences restreintes, ces graines peuvent demeurer viables dans le sol pendant au moins trois ans. La pollinisation du buchnéra d’Amérique pourrait être assurée par des papillons, mais il pourrait également y avoir autopollinisation à grande échelle.

Taille et tendances des populations

L’effectif du buchnéra d’Amérique fluctue de façon importante d’une année à l’autre. Tous les sites canadiens connus ont fait l’objet de relevés en 1981 et 2009, des relevés ayant été effectués de façon intermittente à certains sites au cours d’autres années. L’effectif le plus important, observé en 1981, s’est établi à 2 182. Par ailleurs, seulement 488 sujets ont été dénombrés en 2009. Le nombre de sujets a beaucoup fluctué dans l’intervalle. Des baisses significatives de l’effectif ont été observées au cours des années où les niveaux d’eau étaient élevés, comme en 1986 et en 1997. La longue sécheresse qui a sévi durant l’été de 1988 peut avoir causé une diminution du nombre de tiges florifères. Cependant, le lien entre les niveaux d’eau et l’effectif du buchnéra d’Amérique ne s’applique pas à tous les sites de l’Ontario, et d’autres recherches devront être réalisées à ce sujet.

Menaces et facteurs limitatifs

Les principaux facteurs naturels limitant le buchnéra d’Amérique sont les besoins très spécifiques de l’espèce en matière d’habitat et le caractère dynamique de cet habitat. Par le passé, les principaux facteurs anthropiques limitant l’espèce en Ontario ont été la perte massive d’habitats interdunaires naturels au profit de la construction de maisons et de chalets. Les activités d’aménagement, qui constituent une menace potentielle, sont presque absentes de l’habitat du buchnéra d’Amérique depuis 2000. Le buchnéra d’Amérique est une espèce de transition qu’on ne trouve pas dans les communautés stables, car elle a besoin de perturbations périodiques telles que les incendies et les inondations. La perturbation des processus écologiques et naturels, dont la suppression des feux, l’installation d’exclos pour les cerfs et les fluctuations des niveaux d’eau du lac Huron (notamment en raison du changement climatique), pourrait modifier l’habitat. L’espèce est également menacée par le piétinement associé aux activités récréatives, notamment l’utilisation de véhicules tout-terrain, et par la cueillette, la construction de chalets et de résidences et la détection et l’enlèvement des munitions explosives non explosées. Les plantes envahissantes, plus particulièrement le roseau commun, constituent une menace potentielle.

Protection, statuts et classifications

Au Canada, le buchnéra d’Amérique est inscrit sur la liste des espèces en voie de disparition de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. De même, en Ontario, le buchnéra d’Amérique constitue une espèce en voie de disparition aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition. À l’échelle mondiale, NatureServe a classé l’espèce « peut-être non en péril » (G5?). Le buchnéra d’Amérique est jugé gravement en péril à l’échelle nationale au Canada (N1) et gravement en péril à l’échelle provinciale (S1) en Ontario. On trouve une population de buchnéra d’Amérique au parc provincial The Pinery. Les autres populations canadiennes ne sont pas en zones protégées.

Résumé technique
Buchnera Americana
Buchnera d'Amérique Bluehearts
Répartition au Canada : Ontario
Données démographiques
Durée d’une génération
Durée de vie de un an, en supposant un cycle vital annuel. Cependant, les graines peuvent demeurer viables pendant au moins trois ans dans le réservoir de graines.
2 années ou plus
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre d’individus matures?En raison de l’insuffisance des relevés réalisés dans la plupart des sites et des importantes fluctuations d’effectif d’une année à l’autre, il est impossible d’estimer le nombre total d’individus. Le relevé réalisé en 2009 a révélé l’effectif le plus faible jamais enregistré. Inconnu, mais déclin soupçonné
Pourcentage estimé du déclin continu du nombre total d’individus matures pendant [cinq années ou deux générations]. Inconnu
Pourcentage soupçonné de la réduction du nombre total d’individus matures au cours des dix dernières années. On soupçonne un déclin en raison de la disparition de plusieurs petites sous-populations, mais celui-ci est difficile à établir à cause de l’insuffisance des relevés. On croit qu’il est probablement < 10 %. Inconnu
Pourcentage soupçonné de l’évolution du nombre total d’individus matures au cours des dix prochaines années. Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou soupçonné] de [la réduction ou l’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans ou de trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur. Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures? Les populations fluctuent, mais les données ne sont pas suffisamment robustes pour permettre l’établissement d’un ordre de grandeur. Non
Information sur la répartition
Superficie estimée de la zone d’occurrence
La zone d’occurrence calculée est de 18,6 km²; cependant, conformément aux lignes directrices du COSEPAC, la zone d’occurrence ne peut être inférieure à la zone d’occupation.
Zone d’occupation réelle = 1,22 km2
28 km²
Indice de la zone d’occupation (IZO) 28 km²
La population totale est-elle très fragmentée? Non
Nombre de localités 3
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence? Non
Y a-t-il un déclin continu observé de l'indice de la zone d'occupation? On prévoit la perte de certaines sous-populations. Oui
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de populations? La population de la plage Ipperwash n’est pas considérée comme viable à long terme. Oui
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de localités? Oui
Y a-t-il un déclin continu observé de la qualité de l’habitat? Oui
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d'occupation? Bien que les populations fluctuent, on ne peut appliquer la notion de « fluctuation extrême » en raison du manque de robustesse des données. Non
Nombre d’individus matures (dans chaque population)
Population Nbre d’individus matures
Ancien camp Ipperwash et lac de Richmond Park 1 940 à 448
Parc provincial The Pinery 95 à 0 (100 en 2011)
Plage Ipperwash Inconnu à ~40
Total 2 182 (1981) à 488 (2009)
Analyse quantitative
La probabilité de disparition de l’espèce de la nature est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans]. Analyse non effectuée
Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)
La perturbation des processus écologiques et naturels constitue la principale menace à l’heure actuelle; le piétinement associé aux activités récréatives, notamment à l’utilisation de véhicules tout-terrain, et la cueillette, l’aménagement des rives, la détection et l’enlèvement des munitions explosives non explosées et les plantes envahissantes sont considérés comme des menaces continues.
• Parc provincial The Pinery – principale menace liée à la succession végétale, en partie à cause des exclos installés pour les cerfs de Virginie.
• Ancien camp Ipperwash – déclassement du site et destruction d’habitat causée par l’enlèvement de munitions explosives non explosées.
• Plage Ipperwash – piétinement, aménagement de la rive et succession végétale.
Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)
Statut des populations de l'extérieur – Population disparue (SX) : Michigan, New Jersey, Pennsylvanie, Washington D.C.; présence historique (SH) : Delaware, Maryland, New York, Caroline du Nord+; espèce gravement en péril (S1) : Géorgie+ et Indiana; gravement en péril à en péril (S1S2) : Virginie; en péril (S2) : Ohio et Texas; vulnérable (S3) : Illinois; vulnérable à apparemment non en péril (S3S4) : Arkansas+, Kentucky et Tennessee; apparemment non en péril (S4) : Alabama+, Kansas, Louisiane+, Mississippi+ et Missouri; non en péril (S5) : Oklahoma; sans classification (SNR) : Floride+ et Caroline du Sud+.
+ Indique les États où on trouve à la fois le Buchnera americana et le B. floridana, mais où on ne leur a pas attribué de cotes distinctes.
En déclin
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Immigration inconnue et très improbable en provenance des populations les plus proches, dans le sud de l’Ohio et le nord-ouest de l’Indiana.
Non
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? Probablement
Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Il y a peu d’habitat adéquat entre l’Ontario et la population la plus proche qui se trouve en Indiana, et les populations croissent dans l’un des derniers complexes prairiaux de dunes côtières de grande qualité du sud de l’Ontario.
Non
La possibilité d'une immigration de populations externes existe-t-elle? Non
Statut actuel
COSEPAC : Espèce en voie de disparition (novembre 2011)
Statut et justification de la désignation
Statut :
Espèce en voie de disparition
Code alphanumérique :
B1ab(ii,iii,iv)+2ab(ii,iii,iv)
Justification de la désignation :
Une plante herbacée hémiparasite qui est retrouvée en trois petites populations dans l’habitat de dunes des Grands Lacs, dans le sud-ouest de l'Ontario. La taille réduite de sa population et les menaces liées aux changements des niveaux d'eau, à la perturbation des processus naturels, dont la suppression des feux, aux activités récréatives et aux plantes envahissantes soumettent cette espèce à un risque continu.
Applicabilité des critères
Critère A (déclin du nombre total d’individus matures)
Ne s’applique pas. On ne connaît pas les tendances et on estime que les déclins récents sont inférieurs aux seuils établis.
Critère B (petite aire de répartition et déclin ou fluctuation) :
Satisfait au critère B1ab(ii,iii,iv)+2ab(ii,iii,iv) de la catégorie « espèce en voie de disparition », car la zone d’occurrence est < 5 000 km², l’indice de la zone d’occupation est < 500 km², l’espèce est répartie dans trois localités, et on note un déclin prévu de l’indice de la zone d’occupation, un déclin observé de la qualité de l’habitat et un déclin prévu du nombre de populations.
Critère C (petite population et déclin du nombre d’individus matures) :
Satisfait au critère C2a(i) de la catégorie « espèce menacée », car la population totale est < 10 000, on note un déclin continu du nombre d’individus matures, et aucune population connue ne comprend plus de 1 000 individus matures.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Satisfait au critère D1 de la catégorie « menacée », car on estime la population canadienne à < 1 000 individus matures; satisfait aussi au critère D2 de la catégorie « menacée », car l’espèce est répartie dans trois localités, et de multiples menaces et facteurs limitatifs la rendent sensible aux activités humaines et aux phénomènes de nature stochastique.
Critère E (analyse quantitative) :
Analyse non effectuée.

Préface

Depuis l’évaluation du buchnéra d’Amérique réalisée en 2000 (COSEPAC, 2000), l’espèce est apparemment disparue de plusieurs sites. La taille et les tendances des populations demeurent toutefois difficiles à établir en raison de l’insuffisance des relevés et des importantes fluctuations de l’effectif d’une année à l’autre. Le relevé réalisé sur le terrain en 2009 a révélé l’effectif le plus faible jamais enregistré pour le buchnéra d’Amérique aux trois sites connus, et aucune plante n’a été recensée sur un des sites. Le présent rapport rend compte du relevé effectué en 2009 ainsi que des activités de surveillance continue réalisées au parc provincial The Pinery de 2006 à 2010. Le régime foncier est en voie d’être modifié à l’ancien camp Ipperwash et à l’ancien parc provincial Ipperwash, et l’avenir des populations qui s’y trouvent est incertain. Le buchnéra d’Amérique est maintenant inscrit comme espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l'Ontario. Le statut du buchnéra d’Amérique en Amérique du Nord a été mis à jour avec la collaboration d’experts provenant de l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine la situation, à l'échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés et populations (importantes à l'échelle nationale) sauvages jugées en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles, poissons, mollusques, lépidoptères, plantes vasculaires, lichens et mousses.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de représentants des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique) et de trois organismes non gouvernementaux, ainsi que des coprésidents des groupes de spécialistes des espèces. Le Comité se réunit pour examiner les rapports sur la situation des espèces candidates.

Définitions (2011)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Espèce disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Espèce menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Espèce non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d'une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation au cours des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Le Service canadien de la faune d'Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.


Rapport de situation du COSEPAC sur le Buchnéra d'Amérique Buchnera americana au Canada – 2011

Nom scientifique : Buchnera americana L.

Synonyme : Buchnera breviflora Pennell

Nom commun français : buchnéra d’Amérique

Noms communs anglais: Bluehearts; American Bluehearts

Famille : Orobanchacées (l’espèce était autrefois classée dans la famille des Scrofulariacées)

Grand groupe végétal : Eudicotylédones

Dans le présent rapport, le B. americana est considéré comme une espèce distincte aux fins de l’établissement de la répartition et du statut de l’espèce en Amérique du Nord. Certains auteurs, dont Kartesz (1996), ne font pas de distinction entre le B. americana et le B. floridana Gand., qui est relativement commun dans le sud des États-Unis (de la Caroline du Nord au Texas). Cependant, dans le volume à paraître de Flora of North America (Bruce Sorrie, comm. pers., 2010), dans le précédent rapport de situation du COSEPAC (COSEPAC, 2000), dans la plupart des flores du sud des États-Unis et selon Pennell (1935), le B. americana et le B. floridana sont considérés comme des espèces distinctes. Les deux espèces présentent plusieurs différences morphologiques (tableau 1) et des préférences distinctes en matière de type de sol. Leur aire de répartition se chevauche dans le sud-est des États-Unis (Bruce Sorrie, comm. pers., 2010).

Tableau 1. Différences morphologiques entre le Buchnera americana et le B. floridana (selon Clewell, 1985; Radford et al., 1968; Vincent, 1982)
B. americana B. floridana
Tube de la corolle long de 10-14 mm long de 6-10 mm
Calice long de 6-7 mm long de 4-5 (6) mm
Capsule longue de 6-8 mm longue de 4-6 (6,5) mm
Feuilles médianes
  • ovées-lancéolées
  • irrégulièrement et fortement dentées
  • à largeur maximale de la feuille se situant au milieu ou dans la partie inférieure
  • nettement trinervées
  • oblongues à oblancéolées
  • entières ou à dents fines et espacées
  • largeur maximale de la feuille se situant au milieu ou dans la partie supérieure
  • non trinervées ou indistinctement trinervées

Le buchnéra d’Amérique est une herbacée vasculaire atteignant de 40 à 80 cm de hauteur. C’est un parasite non obligé qui peut se fixer aux racines de diverses espèces d’arbres. La tige, généralement non ramifiée, est pubescente et porte des feuilles opposées sessiles. Les fleurs, sessiles et d’un violet foncé, sont groupées en un épi terminal (figure 1).

Figure 1. Buchnéra d’Amérique à Ipperwash, juillet 2009 (photos de Allan Harris).

Photos de spécimens de buchnéra d’Amérique, à Ipperwash, illustrant notamment un épi florifère
Photos de spécimens de buchnéra d’Amérique, à Ipperwash, illustrant notamment un épi florifère

En Ontario, la floraison débute généralement à la mi-juillet et prend fin au début de septembre, mais dure occasionnellement jusqu’à la fin de septembre (MacKenzie, comm. pers., 2011). Le fruit est une capsule oblongue d’environ 7 mm de longueur. Bien que l’espèce soit habituellement considérée comme vivace (NatureServe, 2010), il semble que les populations de l’Ontario soient annuelles (Brownell, 1985).

On ne dispose d’aucune donnée génétique, morphométrique ou méristique sur les populations de buchnéra d’Amérique au Canada. Il est cependant probable que la rareté et le caractère discontinu de l’habitat de prédilection de l’espèce (dunes de sable des Grands Lacs) constituent un obstacle à sa dispersion sur le plan écologique et contribuent à isoler l’aire de répartition de l’espèce au Canada par rapport aux États-Unis. Les populations existantes les plus proches se trouvent à l’extrémité sud du lac Michigan, à 480 km à l’ouest des sites de l’espèce en Ontario.

La population canadienne est représentée par une seule unité désignable dans l’aire écologique des plaines des Grands Lacs (COSEPAC, 2010).

L’importance du buchnéra d’Amérique au Canada tient à son hémiparasitisme, à l’éloignement des populations principales de l’espèce aux États-Unis et au caractère spécifique et restreint de son habitat en Ontario, où l’espèce dépend des fluctuations de niveau d’eau pour obtenir l’habitat dégagé dont elle a besoin. L’espèce est rare dans tout le nord-est des États-Unis et est désignée gravement en péril, en péril, peut-être disparue ou vraisemblablement disparue dans 10 des 12 États du nord-est où sa présence a été signalée (NatureServe, 2010). Les populations de l’Ontario sont donc particulièrement importantes pour la survie de l’espèce.

Le buchnéra d’Amérique (Buchnera americana s.str.) est présent dans 17 États, depuis l’Ohio et l’Indiana jusqu’à la Floride et au Texas (figure 2). L’espèce est disparue du Michigan, du New Jersey, de la Pennsylvanie, du district de Columbia et probablement de l’État de New York (bien qu’elle soit classée SH; NatureServe, 2010). La présence de populations dans le nord de l’Ohio a été confirmée pour la dernière fois avant 1900 (Greg Schneider, comm. pers., 2009); dans l’État de New York, la présence de populations a été confirmée pour la dernière fois en 1920 (Rich Ring, comm. pers., 2009) et l’espèce y est considérée comme vraisemblablement disparue. Le buchnéra d’Amérique n’est connu que par des mentions historiques (datant d’au moins 20 ans) au Maryland, au Delaware et en Caroline du Nord. Les plus fortes concentrations sont observées au Tennessee, au Kentucky, dans l’ouest de l’Illinois, au Missouri et dans l’est du Kansas et de l’Oklahoma (Brownell, 1985; Bruce Sorrie, comm. pers., 2010).

Figure 2. Répartition du buchnéra d’Amérique en Amérique du Nord (selon les données de Bruce Sorrie, comm. pers., 2010). Les sites où l’espèce a disparu sont exclus de l’aire de répartition, mais les sites historiques (où l’espèce n’est pas reconnue comme disparue) sont inclus.

Carte de la répartition du buchnéra d’Amérique en Amérique du Nord.

L’aire de répartition mondiale totale (mesurée par polygone convexe) est d’environ 21 millions de km² (figure 2). Toutefois, le buchnéra d’Amérique est absent de grandes parties de cette aire de répartition. Mentionnons (tel qu’indiqué dans COSEPAC, 2000) la distance de plusieurs centaines de kilomètres qui sépare les populations du sud des Grands Lacs de celles situées plus au sud, sur les hautes terres des Appalaches et des monts Ozark.

Au Canada, l’espèce est confinée à une zone de 10 km le long de la rive du lac Huron, dans le sud-ouest de l’Ontario (figure 3; Oldham et Brinker, 2009). Les populations les plus proches se trouvent à l’extrémité sud du lac Michigan, en Indiana, à 480 km à l’ouest des sites de l’espèce en Ontario (Kartesz et BONAP, 2011).

Figure 3. Répartion des localités du buchnéra d’Amérique en Ontario, 2009.

Carte de la répartition des localités du buchnéra d’Amérique en Ontario en 2009.

Environ 1 % de l’aire de répartition mondiale du buchnéra d’Amérique (mesurée par polygone convexe) se trouve au Canada (figure 2); la plus grande partie de l’aire de répartition canadienne n’offre toutefois pas d’habitat propice et n’est pas occupée par l’espèce. La zone d’occurrence, mesurée par polygone convexe, s’établit à 18,6 km² (Harris et Foster, 2010). L’indice de la zone d’occupation (IZO) est de 28 km² (mesuré selon une grille de 2 km × 2 km, dont environ la moitié tombe dans le lac Huron) (Harris et Foster, 2010). Le COSEPAC (2000) a estimé l’aire d’occupation « biologique » (soit la superficie totale de l’habitat occupé par toutes les populations existantes; COSEPAC, 2010) à 1,22 ha en 1999.

Les premières mentions de buchnéra d’Amérique au Canada remontent à la fin des années 1800, dans la région de Port Franks-Ipperwash (Brownell, 1985). L’espèce a par la suite été découverte à l’île Squirrel, au lac Sainte-Claire, en 1910 (Dodge, 1914). Un spécimen cueilli le 9 septembre 1891 par J. Dearness sur la « rive du lac Huron, près de l’embouchure de la rivière Sauble » (TRT 191491) provient en fait probablement de l’embouchure de la rivière Ausable dans le comté de Lambton, plutôt que de la rivière Sauble dans le comté de Bruce, car un autre spécimen (CAN 96129) a été cueilli par Dearness le 8 septembre 1891 à Port Franks. L’espèce a par la suite été découverte à plusieurs autres sites dans les années 1980 et 1990, dans la région s’étendant de Kettle Point au parc provincial The Pinery.

Comme on l’explique ci-après, le Canada compte actuellement trois populations de buchnéra d’Amérique. Le taux d’échange génétique parmi ces populations est inconnu, mais il est probablement inférieur à un gamète réussissant à se reproduire par génération. Plusieurs petits groupes de sujets découverts dans les années 1980 et 1990 dans la région allant de Kettle Point à Port Franks (COSEPAC, 2000) pourraient constituer des sites récemment colonisés à l’extérieur des principaux sites d’occurrence, mais il pourrait également s’agir d’individus qui n’avaient pas encore été découverts.

Le présent rapport rend compte de l’existence de trois localités au Canada, définies selon différentes menaces ayant trait au régime foncier. On compte aussi quatre populations apparemment disparues (figure 3, tableau 2).

Tableau 2. Sites d’occurrence du buchnéra d’Amérique au Canada, de 1979 à 2009 (principales sources : COSEPAC, 2000; MacKenzie, comm. pers., 2009, 2011; Harris et Foster, 2010).
Années Ancien camp Ipperwash Lac de Richmond Park Parc provincial The Pinery Plage Ipperwash Ancien parc provincial Ipperwash Première nation de Kettle Point Port Franks Poplar Lodge Île Squirrel
1979 - - 51 - 12 - - -
1980 - 250 98 - 5 - - -
1981 1 410 530 95 - 12 90 45 -
1982 - - 12 - 13 - - -
1983 - 500 511 - 30 450 - -
1984 - 965 594 - 54 24 32 -
1985 - - 4 - 19 - - -
1986 - - 69 - 35 - - -
1987 - - 69 - - - - -
1988 - 60 22 - 0 - - -
1989 - 60 14 - 0 - - -
1990 - 129 12 - 0 300 - -
1991 - 23 12 - - - - -
1992 - 1 332 15 - 0 0 - -
1993 env. 7003 444 11 202 2 - - -
1994 « plusieurs petites populations » 1 971 25 - 1 0 - -
1996 env. 7008 - - - - 0 - -
1997 - 462 3 88 0 0 0 -
2002 38*, 5 1645 - - - - - -
2004 - - 0 - - - - -
2005 58*, 5 6655 - - - - - -
2006 - - 34 - - - - -
2007 - - 551 - - - - -
2008 Plusieurs centaines1 1504 90 - - - - -
2009 422 26 0 ~406 0 0 0 -
2010 330+7 - 216 ~406 - - - -
2011 - - 1009 - - - - -
Situation en 2011 Population existante :
une seule localité
Population existante Population existante Population probablement disparue Population disparue Population disparue Population disparue

"-" = aucun relevé

1 Sarah Mainguy, comm. pers., 2009
2 Mike Oldham, comm. pers., 2010
3 Sutherland et al., 1994
4 Bryant, 2010
5 P.A. Woodliffe, comm. pers., 2010
6 Environnement Canada, 2011
7 Nernberg, 2011
8 COSEPAC, 2001
9 MacKenzie, 2011
* Dénombrement visuel partiel effectué au travers d’une clôture.

À l’ancien camp Ipperwash, le buchnéra d’Amérique pousse dans les prés humides le long d’une zone de dunes d’environ 2 km. Les dépressions humides sont séparées par un habitat dunaire sec et des peuplements de thuya occidental (Thuja occidentalis), de genévrier de Virginie (Juniperus virginianus) et d’autres essences. Le COSEPAC (2000) a estimé la superficie de l’habitat à 0,69 ha. On considère que la zone du lac de Richmond Park, située immédiatement à l’est de l’ancien camp Ipperwash, fait partie de la même « localité ». Elle a une superficie d’environ 0,7 ha et offre un habitat de prés humides de grande qualité. Il s’agit d’un terrain privé non aménagé bordé par l’ancienne réserve militaire et par des chalets. Globalement, cette localité compte le plus important effectif et offre l’habitat le plus propice à l’espèce au Canada. Malgré la faible fréquence des relevés complets, on a pu dénombrer 1 940 plantes en 1981 (effectif le plus important), et 448 plantes en 2009 (effectif le moins important) (tableau 2). Le régime foncier applicable à l’ancien camp Ipperwash fait l’objet de négociations entre les membres de la Première nation de Kettle et de Stoney Point et le ministère de la Défense nationale. Dans l’immédiat, on ne sait pas ce qu’il adviendra de l’habitat et de la population, étant donné la perturbation de l’habitat pouvant résulter du déclassement du site avant son transfert aux Premières nations (voir Protection et propriété de l’habitat).

Le buchnéra d’Amérique pousse dans 12 prés humides, dans une zone d’environ 18 ha située à l’extrémité ouest du parc. La plupart des sujets (habituellement environ 85 %) se trouvent dans un pré de 36 m2, clôturé pour assurer une protection contre les cerfs (COSEPAC, 2000). Plusieurs sujets ont été observés périodiquement dans 11 autres prés humides situés à proximité. La clôture avait d’abord été installée pour limiter l’impact des visiteurs du parc. Il se pourrait que la majorité des sujets présents dans le parc ne se trouve plus dans ce pré humide clôturé (MacKenzie, comm. pers., 2011). L’effectif total de l’espèce dans le parc est très variable, ayant oscillé entre 594 plantes en 1984 et 0 plante en 2009 (tableau 2). Aucun sujet n’a été observé en 2009 (Harris et Foster, 2009; MacKenzie, comm. pers., 2010), mais 21 sujets ont été recensés en 2010 et une centaine de tiges florifères ont été observées en 2011 (MacKenzie, comm. pers., 2011). Le parc provincial The Pinery a pour mandat d’assurer la conservation des espèces en péril et s’est doté d’un programme de surveillance continue du buchnéra d’Amérique. La succession végétale est la principale menace qui pèse sur cette localité (voir Menaces et facteurs limitatifs).

Une population comptant 88 sujets a été découverte en septembre 1997 dans des prés humides situés près de la plage Ipperwash. Ces sujets poussent sur des terres privées non aménagées et sur des terres de la Couronne adjacentes. La principale menace à cet endroit est liée à l’activité humaine et peut-être à la succession végétale (voir Menaces et facteurs limitatifs). La population n’est pas considérée comme viable à long terme (Environnement Canada, 2011).

Le buchnéra d’Amérique a été observé à l’île Squirrel pour la première fois en 1910, à l’embouchure de la rivière Sainte-Claire, au lac Sainte-Claire (Dodge, 1914). On présume que l’espèce occupait l’habitat de prés humides. Les relevés réalisés par la suite par de nombreux botanistes n’ont recensé aucun sujet (Bowles, 2005).

On a dénombré jusqu’à 54 sujets à cet endroit (tableau 2), mais aucune observation n’a été officiellement documentée depuis 1986 (bien qu’on ait signalé quelques sujets entre 1986 et 1997; Alf Rider, comm. pers., 2009). Le pré humide a été envahi par les thuyas et la végétation arbustive, et il s’y accumule des débris organiques (Harris et Foster, 2010). La population de buchnéra d’Amérique est en déclin continu depuis la construction du chemin d’accès au parc et du terrain de stationnement dans les années 1970. L’aménagement de la route pourrait avoir modifié le régime de drainage et amélioré les conditions pour les espèces ligneuses. En 1997, on a prédit la disparition imminente de l’espèce en raison de la transformation de l’habitat (Alf Rider, comm. pers., 1997; C. Van den Bygaart, comm. pers., 1997). Aucun sujet n’a été recensé lors du relevé de 2009; la dégradation de l’habitat du buchnéra d’Amérique s’est poursuivie, cet habitat cédant la place à une forêt de thuyas. Des prés humides situés à environ 50 mètres au sud-est du site historique, pourraient offrir un habitat potentiel, mais aucun sujet n’y a été observé en 2009 (Dobbyn et Crins, 2009). Bien que l’on estime, dans le cadre de la présente évaluation, que le buchnéra d’Amérique a vraisemblablement disparu du site, Dobbyn et Crins (2009) concluent que l’espèce pourrait encore y croître et que l’absence de sujets peut être due à l’insuffisance des relevés et aux conditions de croissance défavorables ayant prévalu en 2009.

Ce site comprenait auparavant un peuplement d’une superficie de 46 m sur 46 m, établi sur un lot non aménagé (COSEPAC, 2000). Environ 300 sujets y ont été comptés en 1990, mais plusieurs maisons ont depuis été construites sur ce lot et aucun sujet n’a été recensé lors des relevés ultérieurs, qui ont pourtant été fréquents (Alf Rider, comm. pers., 1997). Aucun sujet n’a été recensé lors du relevé de 2009, et le buchnéra d’Amérique a vraisemblablement disparu du site.

Environ 45 sujets ont été vus pour la première fois en 1981, et dénombrés et vus pour la dernière fois sur ce site en 1984, sur une étendue de 36 m2 dans un port de plaisance du secteur Windsor Park. Le site a été envahi par des mauvaises herbes, et de nouvelles maisons ont été construites dans le secteur (Alf Rider, comm. pers., 1997). Aucune plante n’a été recensée lors du relevé de 2009 et on estime que le buchnéra d’Amérique est vraisemblablement disparu de ce site.

L’évolution de l’aire de répartition du buchnéra d’Amérique est difficile à évaluer, du fait que l’espèce est apparemment en dormance dans le réservoir de graines durant certaines années (COSEPAC, 2000). Néanmoins, la dégradation de l’habitat et l’absence apparente de sujets lors de relevés successifs porte à croire que le buchnéra d’Amérique a disparu de deux sites depuis le dernier rapport de situation (COSEPAC, 2000). Aucun changement significatif de l’aire de répartition de l’espèce au Canada n’a été noté entre 1981 et 2000, selon les relevés relativement exhaustifs effectués à ce moment dans la région d’Ipperwash et de Port Franks.

Les populations de buchnéra d’Amérique du Canada ne satisfont pas au critère de « fragmentation grave » (IUCN Standards and Petitions Working Group, 2008). On dénombre trois populations connues au Canada : deux de ces populations (ancien Camp Ipperwash et The Pinery) comptent chacune plusieurs centaines de sujets adultes et forment près de 100 % de la population canadienne. Les populations sont jugées suffisamment importantes pour être viables. Les effectifs des sous-populations présentent toutefois une forte variabilité interannuelle. Les deux populations sont distantes d’environ 6 km et représentent plus de 90 % de la superficie d’habitat totale actuellement occupée par l’espèce. L’espace qui les sépare comprend une plaine sablonneuse qui pourrait offrir des parcelles d’habitat propice, malgré le fait qu’elle soit modifiée par l’activité humaine.

En 2009, des recherches exhaustives ont été effectuées dans tous les sites canadiens connus de l’espèce, à l’exception de l’île Squirrel, où l’espèce n’a pas été aperçue depuis plusieurs décennies. Deux observateurs (Robert Foster et Allan Harris) ont ainsi réalisé des relevés à Ipperwash, à Port Franks et à Kettle Point, avec l’aide de Al Sandilands à l’ancien camp Ipperwash et de Alf Rider aux autres sites (Harris et Foster, 2010). Les travaux sur le terrain se sont déroulés les 27, 28 et 29 juillet 2009 et ont totalisé 51 heures-personnes. Le buchnéra d’Amérique avait presque atteint son pic floraison à ces dates, la plupart des fleurs étant entièrement ouvertes. Les observateurs ont parcouru à pied les habitats propices afin de dénombrer tous les sujets. Les zones de recherche ont été déterminées à l’aide de cartes, de coordonnées GPS et de descriptions provenant d’anciens travaux réalisés sur le terrain. De plus, dans le cadre du processus de déréglementation de l’ancien parc provincial Ipperwash, Parcs Ontario a entrepris un inventaire des espèces en péril dans le parc (Dobbyn et Crins, 2009)

Au parc provincial The Pinery, le personnel a examiné toutes les « sous-populations » connues de buchnéra d’Amérique aux mois de juillet et d’août 2009, dans le cadre d’un programme de surveillance continue (MacKenzie, comm. pers., 2009).

Ces relevés ont été complétés par les observations d’autres botanistes. En 2008, Sarah Mainguy a cartographié les observations du buchnéra d’Amérique à l’ancien camp Ipperwash. Elle n’a toutefois pas effectué de dénombrement de population, car les travaux sur le terrain ont été réalisés à la fin de l’automne et en hiver, alors qu’il était impossible de compter les tiges de manière précise. D’autres observations effectuées par Mike Oldham (comm. pers., 2009), Alf Rider (comm. pers., 2009) et Bryant (2010), bien que de manière non systématique, ont également été prises en compte aux fins de l’évaluation du statut de l’espèce. Les travaux de recherche antérieurs (1980 à 1997) sont décrits dans COSEPAC (2000).

Le buchnéra d’Amérique est une plante voyante de bonne taille qui pousse en milieu découvert : il est difficile de la manquer ou de la confondre avec d’autres espèces. Ses capsules de graines caractéristiques restent fixées aux grandes tiges, même jusqu’en hiver. L’espèce connaît cependant d’importantes fluctuations d’effectif d’une année à l’autre, ce qui rend très difficile l’estimation des tendances des populations.

Le buchnéra d’Amérique occupe habituellement des sols sablonneux ou graveleux humides dans des forêts claires, des prairies et des dépressions interdunaires (Brownell, 1985; NatureServe, 2010). L’espèce est souvent associée à un substratum de calcaire, de grès ou de schiste (Craig Freeman, comm. pers., 2009). On trouvait auparavant le buchnéra d’Amérique dans les pinèdes claires du New Jersey (David Snyder, comm. pers., 2010). L’espèce occupe également l’habitat dunaire des Grands Lacs, en Ontario et en Indiana (Michael Homoya, comm. pers., 2009) ainsi que les plages du golfe, en Louisiane (Chris Reid, comm. pers., 2009).

Les incendies et autres types de perturbations jouent souvent un rôle important dans la suppression de la croissance des arbres et des arbustes et le maintien d’un habitat dégagé propice au buchnéra d’Amérique (NatureServe, 2010). Les habitats ayant subi des perturbations anthropiques comprennent les champs, les emprises de lignes de transport d’électricité et les fossés (NatureServe, 2010).

En Ontario, le buchnéra d’Amérique pousse le plus souvent dans le sable fin, en bordure de dépressions interdunaires mouilleuses situées à 200 à 500 m de la rive du lac Huron. Le buchnéra d’Amérique y côtoie des espèces des prairies comme l’asclépiade tubéreuse (Asclepias tuberosa), le faux-sorgho penché (Sorghastrum nutans), le barbon à balais (Schizachyrium scorparium) et le barbon de Gérard (Andropogon gerardii). Le buchnéra d’Amérique est également associé à d’autres espèces typiques des prés humides calcaires comme la parnassie à feuilles glauques (Parnassia glauca), le cladium faux-mariscus (Cladium mariscoides), la sclérie verticillée (Scleria verticillata), le calopogon tubéreux (Calopogon tuberosus),le liatris cylindrique (Liatris cylindracea) et la verge d'or d'Ohio (Solidago ohioensis) (Brownell, 1985, Harris et Foster, 2010). Une liste complète des plantes associées au buchnéra d’Amérique est fournie à l’annexe 1. Pour une description détaillée de l’habitat de l’espèce, on peut consulter Brownell (1985), Klinkenberg et Edwards (1979), de même que Klinkenberg et Crabe (1980).

Bien qu’on ne dispose d’aucune information sur l’habitat du site de l’île Squirrel, on suppose qu’il s’agissait de prairie à herbes hautes et/ou de savane de chênes, qui étaient communes dans la région (Bowles, 2005).

La dégradation de l’habitat pourrait avoir contribué à la disparition de petites occurrences en Ontario au cours des dix dernières années, mais la plupart des pertes se sont produites avant cette période. La modification de l’habitat due aux activités humaines a probablement entraîné la disparition des populations à Port Franks, à Kettle Point et à l’ancien parc provincial Ipperwash. Les dommages directement causés par l’homme en termes de défrichage et de perturbation du sol sont manifestes aux sites de Port Franks et de Kettle Point (Alf Rider, comm. pers., 2009). La progression des espèces ligneuses pourrait être due à la perturbation de l’hydrologie attribuable à la construction de routes au parc provincial Ipperwash (Alf Rider, comm. pers., 2009).

Aux sites du parc provincial The Pinery et de l’ancien camp Ipperwash, l’habitat semble avoir peu changé au cours des dix dernières années (figure 4). Le COSEPAC (2000) a constaté une dégradation de l’habitat due aux activités récréatives à proximité des terrains de camping. Les autorités du parc ont récemment pris des mesures afin de réduire la circulation humaine dans l’un des douze prés occupés par le buchnéra d’Amérique, mais il est probable que les préoccupations soulevées par le COSEPAC (2000) demeurent valables pour les onze sites restants. On a récemment observé un envahissement par le thuya occidental des prés humides du parc provincial The Pinery, phénomène qui pourrait être lié aux opérations d’abattage de cerfs de Virginie (Odocoileus virginianus) ayant débuté à la fin des années 1990 (MacKenzie, comm. pers., 2009). La population de cerfs a été ramenée d’environ 1 100 animaux à 70 animaux. Le brûlage dirigé de certains prés abritant le buchnéra d’Amérique a été instauré au parc provincial en 2008, mais ses effets à long terme sur l’espèce ne sont pas encore connus (MacKenzie, comm. pers., 2009). D’autres possibilités de brûlage dirigé existent.

Figure 4. Habitat du buchnéra d’Amérique : Ipperwash (en haut) et parc provincial The Pinery (en bas), juillet 2009. (photos de Allan Harris).

Photos de l’habitat du buchnéra d’Amérique à Ipperwash
Photos de l’habitat du buchnéra d’Amérique au parc provincial The Pinery

À l’ancien camp Ipperwash, l’habitat du buchnéra d’Amérique a subi des dommages dus au passage de camions et de véhicules tout-terrain entre les années 1940 et les années 1990 environ (Thompson et al., 1994). Bien que les véhicules tout-terrain soient encore utilisés, la plus grande partie de la détérioration de l’habitat semble s’être produite avant le milieu des années 1990. L’envahissement des dunes de sable par les espèces ligneuses est moins manifeste ici qu’au parc provincial The Pinery, peut-être à cause du plus grand nombre de cerfs et du broutage plus important. Le buchnéra d’Amérique semble « relativement tolérant » aux perturbations d’origine humaine (Burns et Cusick, 1984); aux États-Unis, on trouve l’espèce dans les prairies de fauche, aux abords des routes et dans des habitats similaires.

Comme il est indiqué dans la section traitant des menaces, les fluctuations de niveau d’eau du lac Huron pourraient avoir contribué à la dégradation de l’habitat. Brownell (1985) a constaté un déclin du buchnéra d’Amérique et d’autres espèces des prés humides durant les années 1970, alors que les niveaux d’eau du lac Huron étaient faibles. L’assèchement des dépressions interdunaires pourrait favoriser la compétition des plantes ligneuses ou d’autres espèces. De même, des niveaux d’eau élevés durant de longues périodes pourraient nuire à la germination des graines et à la survie du buchnéra d’Amérique.

L’habitat de prés humides interdunaires de l’Ontario est peu commun et naturellement fragmenté. Les activités d’aménagement ont accentué cette fragmentation. D’autres changements d’habitat sont à prévoir avec la baisse des niveaux d’eau du lac Huron due aux effets du réchauffement climatique ou à l’augmentation du débit de la rivière Sainte-Claire (International Upper Great Lakes Study, 2009). Il est possible que de nouveaux habitats se forment à mesure que les systèmes dunaires s’adapteront aux variations de régime hydrologique, à la condition que l’érosion du sable et les processus de dépôt puissent continuer de se produire, que les espèces envahissantes ne deviennent pas prédominantes et que l’aménagement des rives n’entraîne pas la perte des nouveaux habitats.

On possède peu d’information sur la biologie du buchnéra d’Amérique. Les données présentées au tableau 3 sont en grande partie fondées sur les résumés fournis par NatureServe (2010), Brownell (1985) et le COSEPAC (2000), et sur des communications avec des spécialistes.

Tableau 3. Cotes infranationales attribuées au buchnéra d’Amérique en Amérique du Nord (NatureServe, 2009).
Province / État Cote infranationale
Ontario S1
Alabama S4+
Arkansas S3S4*, +
Washington D.C. SX
Delaware SH
Floride IUCN+
Géorgie S1+
Illinois S3
Indiana S1
Kansas S4*
Kentucky S3S4
Louisiane S4*, +
Maryland SH
Michigan SX
Mississippi S4*, +
Missouri S4
New Jersey SX
New York SH
Caroline du Nord SH+
Ohio S2
Oklahoma S5*
Pennsylvanie SX
Caroline du Sud IUCN+
Tennessee S3S4*
Texas S2
Virginie S1S2

* Mise à jour de NatureServe (2009).
+ Indique les États où on trouve à la fois le Buchnera americana et le B. floridana, mais où on ne leur a pas attribué de cote distincte.

Dans la plus grande partie de son aire de répartition, le buchnéra d’Amérique est considéré comme une plante vivace ou bisannuelle en raison de sa structure racinaire et des résultats d’études de marquage (Brownell, 1985; Ostlie, 1990; Bruce Sorrie, comm. pers., 2010). Cependant, les populations de l’Ontario et peut-être de certains États du nord des États-Unis pourraient être majoritairement annuelles (COSEPAC, 2000). Les effectifs fluctuent beaucoup d’une année à l’autre. En Ontario, le buchnéra d’Amérique ne survit pas plus d’une année, selon les expériences de transplantation et de culture en pots réalisées (COSEPAC, 2000). Depuis 2010, les autorités du parc provincial The Pinery procèdent au marquage de tous les sujets observés, ce qui devrait contribuer au suivi des occurrences à long terme (MacKenzie, 2011).

Le buchnéra d’Amérique produit de petites graines qui ont besoin de lumière pour germer et peuvent demeurer viables dans le sol pendant au moins trois ans (Ostlie, 1990), ce qui laisse croire que l’espèce peut produire des réservoirs de graines. Selon Pennell (1935), la pollinisation de l’espèce serait assurée par des papillons, mais il pourrait également y avoir autopollinisation. Il n’a pas été établi à ce jour si la reproduction chez cette espèce se fait obligatoirement par pollinisation croisée ou si l’autofécondation est également possible (Ostlie, 1990).

On ignore les mécanismes de dispersion des graines, mais la texture réticulée du tégument de la graine pourrait favoriser la dispersion par l’eau en emprisonnant l’air et en augmentant la flottabilité (Kuijt, 1969, cité dans NatureServe, 2010). Toutefois, comme la plus grande partie de l’aire de répartition de l’espèce en Amérique du Nord est constituée de prairies et de forêts claires, d’autres mécanismes de dispersion sont probablement en cause.

Il n’existe pas de discontinuité naturelle entre les populations existantes de l’Ontario qui pourrait restreindre la dispersion de manière importante sur une longue période. La distance maximale séparant les populations est d’environ 3 km, et cet espace comporte de petites parcelles d’habitat propice constitué de dunes et de plages de sable (malgré une fragmentation due à des perturbations d’origine humaine). La dispersion de graines et/ou de pollen entre les populations est faisable à long terme.

Le buchnéra d’Amérique est un hémiparasite qui peut se fixer sur les racines de nombreuses espèces d’arbres, dont le pin blanc (Pinus strobus), le frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica), le peuplier deltoïde (Populus deltoides) et le chêne blanc (Quercus alba)(Musselman et Mann, 1979; Baird et Riopel, 1985; Krause et Weber, 1990), et probablement d’autres végétaux. Il peut toutefois se développer sans ces hôtes (Voss, 1996).

Au parc provincial The Pinery, des activités de surveillance visant le buchnéra d’Amérique ont été réalisées annuellement de 1980 à 1994, puis de 2006 à 2009 (MacKenzie, comm. pers., 2009). À l’ancien camp Ipperwash, on a effectué des relevés complets de l’espèce en 1981 et en 2009 (Dobbyn et Crins, 2009), et des relevés partiels en 1996 et en 2008 (COSEPAC, 2000; Harris et Foster, 2010). Comme la saison était avancée, Sutherland et al.(1994) ont jugé leur inventaire inadéquat aux fins de la détection des tendances à partir des estimations faites en 1981. Plusieurs petites populations dispersées ont été découvertes dans les prés humides. Divers botanistes (tableau 2) ont effectué des relevés de manière opportuniste. La description des techniques d’échantillonnage est présentée à la section Activités de recherche.

Compte tenu de l’insuffisance des relevés dans la plupart des sites et des importantes fluctuations d’effectif d’une année à l’autre, il est impossible d’estimer le nombre total de sujets au Canada. Les résultats des dénombrements effectués à chacun des sites sont résumés au tableau 2. Tous les sites connus au Canada ont fait l’objet d’un relevé en 1981 et en 2009. L’effectif le plus important, observé en 1981, s’est établi à 2 182, comparativement à seulement 488 en 2009. Le nombre de sujets a beaucoup fluctué dans l’intervalle. On croit que le nombre de sujets au parc provincial The Pinery et à l’ancien camp Ipperwash a augmenté entre 1979 et 1983 (COSEPAC, 2000).

Le buchnéra d’Amérique subit d’importantes fluctuations d’effectif d’une année à l’autre (tableau 2). Les dénombrements maximaux et minimaux de sujets adultes aux sites existants s’établissent comme suit :

Le buchnéra d’Amérique a été observé pour la dernière fois à Port Franks en 1984, à Kettle Point en 1983 et à l’ancien parc provincial Ipperwash en 1994. L’habitat s’est détérioré à ces trois sites. Leurs populations, en plus de celle de l’île Squirrel, sont considérées comme disparues.

Bien qu’aucune analyse détaillée n’ait été réalisée, certaines observations donnent à croire que les effectifs du buchnéra d’Amérique sont moindres au cours des années où les niveaux d’eau du lac Huron sont exceptionnellement élevés ou faibles. Le déclin des populations survenu au milieu des années 1980 pourrait être attribuable au niveau très élevé de l’eau dans les prés humides durant la majeure partie de la saison de croissance (Crabe, 1989). À l’été 1988, une sécheresse persistante pourrait avoir causé une diminution du nombre de tiges florifères. Les effectifs du buchnéra d’Amérique ont été relativement élevés en 1981, alors que les niveaux d’eau étaient légèrement supérieurs à la moyenne durant la saison de croissance. Cependant, la population du lac de Richmond Park n’a pas affiché la même tendance au début des années 1990 (tableau 2) et d’autres facteurs pourraient être en cause. De nouvelles activités de recherche et de surveillance seront nécessaires pour déterminer les relations existant entre les effectifs du buchnéra d’Amérique et le moment où surviennent les phénomènes d’inondation et d’abaissement du niveau d’eau ainsi que leur ampleur et leur durée.

NatureServe (2010) estime que le buchnéra d’Amérique a connu un déclin à court terme de 10 à 30 % à l’échelle mondiale compte tenu des nombreuses occurrences disparues dans l’ensemble de son aire de répartition en raison de la perte d’habitat imputable à la destruction physique et au phénomène de succession.

Le nombre de sujets matures au Canada subit des « fluctuations extrêmes » d’une année à l’autre, conformément à la définition qui est donnée de ce terme par le COSEPAC. On observe « des variations du nombre total d’individus matures (...) rapides et fréquentes, qui sont généralement supérieures à un ordre de grandeur » (source : adapté de IUCN, 2001). Les populations du parc provincial The Pinery, du lac de Richmond Park et de Kettle Point ont connu des fluctuations supérieures à un ordre de grandeur à plusieurs reprises entre 1979 et 2009 (tableau 2), mais les données ne sont pas suffisamment robustes pour justifier que l’on applique le critère B en se fondant sur les « fluctuations extrêmes ».

La réintroduction naturelle du buchnéra d’Amérique depuis les États-Unis est très peu probable. Les populations historiques du nord de l’Ohio et de l’État de New York ne sont pas réapparues depuis plusieurs décennies. Les populations les plus proches se trouvent à l’extrémité sud du lac Michigan, en Indiana, à 480 km à l’ouest des sites de l’espèce en Ontario. La rareté et le caractère discontinu de l’habitat de prédilection de l’espèce (prairies ou dunes de sable des Grands Lacs) constituent probablement un obstacle à sa dispersion.

La modification des processus écologiques et naturels constitue la principale menace pour les populations existantes de buchnéra d’Amérique à l’échelle de l’aire de répartition mondiale de l’espèce. L’aménagement des rives ainsi que les perturbations causées par les véhicules tout-terrain, la construction de routes, l’exploitation minière et d’autres activités d’aménagement et activités récréatives constituent également des menaces pour de nombreux sites existants (NatureServe, 2010).

Le buchnéra d’Amérique est une espèce de transition qu’on ne trouve pas dans les communautés stables, car elle a besoin de perturbations périodiques telles que les incendies et les inondations (Ostlie, 1990). On sait que les incendies et les inondations contribuent au maintien des habitats de savane et de prés humides interdunaires le long de la rive sud du lac Huron, dans le comté de Lambton. Les incendies jouent sans doute un rôle moins important dans les prés humides interdunaires, où les fluctuations des niveaux d’eau peuvent avoir un effet similaire sur la limitation des espèces végétales concurrentes. La suppression du régime naturel des feux a favorisé la succession végétale dans plusieurs parties de l’aire de répartition du buchnéra d’Amérique ainsi que le déclin de nombreuses populations du fait que des prairies et des forêts claires ont été envahies par des arbres et des arbustes (NatureServe, 2010). Le brûlage dirigé suivant un cycle de trois ou quatre ans est la principale technique de gestion de l’espèce utilisée en Indiana, en Illinois, au Missouri et en Ohio (COSEPAC, 2000). La succession végétale est probablement la principale menace qui pèse sur la population de buchnéra d’Amérique du parc provincial The Pinery (MacKenzie, comm. pers., 2009). On observe une progression du thuya occidental et d’autres espèces ligneuses dans certains prés humides, peut-être causée par la diminution du broutage consécutive à l’abattage de cerfs. L’installation d’exclos visant à protéger les populations de buchnéra d’Amérique de ces animaux pourrait également être en cause (Environnement Canada, 2011). Des essais de brûlage dirigé ont été réalisés dans certains prés humides, mais de telles opérations ne sont pas possibles à tous les sites.

Les fluctuations du niveau d’eau se produisent de manière naturelle au lac Huron et sont vraisemblablement essentielles au maintien de l’habitat de dépressions interdunaires. Ces fluctuations régulières se produisent probablement depuis des siècles et peuvent avoir des effets à la fois positifs (maintien d’un habitat dégagé) et négatifs (contribution à la mortalité) sur les effectifs du buchnéra d’Amérique au cours d’une année donnée. Cependant, les niveaux d’eau du lac Huron ont baissé durant la dernière décennie, probablement à cause du changement climatique, du relèvement isostatique et de l’augmentation du débit de la rivière Sainte-Claire (International Upper Great Lakes Study, 2009). Cette baisse des niveaux d’eau pourrait causer un déclin des populations de buchnéra d’Amérique dont l’ampleur dépasserait l’étendue des variations observée depuis le début des activités de surveillance.

Le piétinement dû au passage des visiteurs et des véhicules est considéré comme une menace pour les sites de la plage Ipperwash, du parc provincial The Pinery et de l’ancien camp Ipperwash (COSEPAC, 2000). Cette menace a probablement diminué au parc provincial The Pinery à la suite de l’application de mesures de gestion de l’accès, mais la circulation n’y a pas cessé et la cueillette de plantes par les visiteurs constitue toujours une menace potentielle (MacKenzie, comm. pers., 2011). Le parc accueille plus de 500 000 visiteurs par année (MacKenzie, comm. pers., 2011). Les véhicules tout-terrain constituent toujours une menace à l’ancien camp Ipperwash, où des traces de pneu étaient visibles dans toutes les dunes en 2009.

Les plantes envahissantes constituent une menace potentielle pour toutes les populations de l’Ontario. Bien que le taux d’occupation par les espèces envahissantes ne soit pas élevé aux sites de l’ancien camp Ipperwash et du parc provincial The Pinery, on trouve de petits bosquets de roseau commun (Phragmites australis) dans certaines dépressions. On croit que la menace posée par le roseau commun ira en augmentant, surtout avec l’arrivée récente du génotype européen dans la région.

Le génotype indigène et le génotype introduit de Phragmites australis sont désormais présents au parc provincial The Pinery. La menace posée par les espèces envahissantes augmente rapidement dans le parc. Les espèces actuelles et d’autres espèces envahissantes constitueront probablement une menace grandissante dans les années à venir (p. ex., l’épine-vinette du japon, Berberis thunbergii) (MacKenzie, comm. pers., 2011).

Ailleurs dans la région de Port Franks, de grandes sections de rives sablonneuses humides sont dominées par le roseau commun et des espèces de quenouilles (Typha spp.).

Les activités de déclassement prévues à l’ancien camp Ipperwash avant le transfert de la propriété aux Premières nations comprendront l’enlèvement des munitions explosives non explosées, ce qui nécessitera des travaux d’excavation et l’enlèvement d’une partie de la végétation. Les valeurs environnementales seront reconnues dans le cadre des activités de déclassement (Mansfield, comm. pers., 2010), mais les répercussions de ces activités sur l’habitat et la population du buchnéra d’Amérique sont incertaines.

Par le passé, la principale menace en Ontario a été la perte massive d’habitat interdunaire naturel au profit de la construction de maisons et de chalets. Cette perte d’habitat semble avoir causé la disparition des populations à Port Franks et dans la réserve de la Première nation des Chippewas de Kettle et de Stony Point. Bien que les pertes d’habitat au profit du développement résidentiel aient été minimes au cours des dix dernières années, les nouveaux objectifs de gestion établis pour l’ancien camp Ipperwash et l’ancien parc provincial Ipperwash demeurent incertains.

La perte de pollinisateurs due à l’application d’insecticide ou la perte d’habitat de reproduction de ces vecteurs constituent également une menace potentielle (NatureServe, 2010).

Les principaux facteurs naturels limitant le buchnéra d’Amérique sont la spécificité de son habitat et le caractère dynamique de celui-ci (COSEPAC, 2000). La fluctuation des niveaux d’eau joue un rôle crucial dans le maintien de zones dégagées qui sont essentielles à l’espèce (COSEPAC, 2000).

Au Canada, le COSEPAC a désigné le buchnéra d’Amérique comme espèce menacée en avril 1985 (Brownell, 1985). À la suite d’un nouvel examen de son statut, l'espèce a été désignée en voie de disparition en avril 1998, puis de nouveau en mai 2000 (COSEPAC, 2000). L’espèce a été inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en 2003, au moment où la Loi a été promulguée (Environnement Canada, 2010). Elle est donc protégée sur les terres fédérales grâce aux interdictions générales prévues par la LEP. En Ontario, le buchnéra d’Amérique constitue une espèce en voie de disparition aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, qui assure une protection juridique à toutes les plantes qui se trouvent sur toutes les terres en Ontario (MRNO, 2010).

Aux États-Unis, le buchnéra d’Amérique bénéficie d’une protection juridique, l’espèce étant désignée comme en voie de disparition en Indiana et dans l’État de New York, en voie de disparition (disparue) au Maryland, probablement disparue au Michigan, disparue en Pennsylvanie, menacée en Ohio, et espèce préoccupante en Géorgie (tableau 3). Le buchnéra d’Amérique a récemment été inscrit comme espèce menacée en Illinois (Mankowskik, comm. pers., 2010).

Nature Serve (2009) a établi les classements qui suivent. La cote mondiale attribuée au Buchnera americana comprend l’espèce B. floridana.

Cote mondiale : G5? (Nature Serve, 2009)
Cote nationale (Canada) : N1
Cote nationale (É.-U.) : N5

Les cotes infranationales fournies par NatureServe (2009) et mises à jour au tableau 3 s’établissent comme suit :

SX : DC, MI, NJ, PA
SH : DE, MD, NC*, NY
S1 : GA, IN, ON
S1S2 : VI
S2 : OH, TX
S3 : IL
S3S4 : AR*, KY, TN*
S4 : AL*, KS*, LA*, MS*, MO,
S5 : OK*
IUCN : FL*, SC*

* Indique les États où on trouve à la fois le Buchnera americana et le B. floridana, mais où on ne leur a pas attribué de cote distincte.

En Ontario et au Canada, l’espèce est classée « en péril » en vertu du Programme sur la situation générale des espèces (Espèces sauvages, 2005).

La plus grande partie de l’habitat dans le parc provincial The Pinery est désignée comme réserve naturelle, et les perturbations d’origine humaine y sont limitées. Les secteurs entourant les prés sont encore utilisés de manière intensive pour le camping et les activités récréatives. Le parc a appliqué des mesures de réduction des populations de cerfs, érigé des exclos pour protéger une partie de l’habitat du buchnéra d’Amérique de ces animaux, instauré des mesures de gestion de l’accès par les visiteurs, restauré certains secteurs en fermant des emplacements de camping et entrepris des brûlages dirigés à certains sites (MacKenzie, comm. pers., 2009).

Le secteur du lac de Richmond Park qui se trouve dans la localité de l’ancien camp Ipperwash est situé sur un terrain privé bordé par des chalets d’un côté et par l’ancien camp d’entraînement militaire de l’autre.

La réserve militaire Ipperwash et le parc provincial Ipperwash ont été octroyés à la Première nation de Kettle et de Stony Point en 1998 et en 2007, respectivement. Avant 1995, le camp Ipperwash était utilisé par le ministère de la Défense nationale (MDN) pour l’entraînement de l’infanterie; il est resté (et reste encore) sous la responsabilité du MDN durant les activités de déclassement. Ces terres continueront de bénéficier d’une certaine protection aux termes de la LEP.

Nous remercions les personnes et organismes suivants pour les données et les renseignements qu'ils nous ont fournis. Nous remercions plus particulièrement Alf Rider, qui a réalisé plusieurs activités de recherche sur le buchnéra d’Amérique en 1997 et en 2009 et se préoccupe de cette espèce depuis de nombreuses années; les membres de la Première nation de Kettle et de Stony Point et Daniel Brassard (ministère de la Défense nationale) qui ont donné accès à l’ancien camp Ipperwash; Alistair MacKenzie, qui a généreusement fourni des renseignements sur le parc provincial The Pinery; Sarah Mainguy, Mike Oldham et Bruce Sorrie, qui ont fourni des données inédites ainsi que d’autres renseignements sur le buchnéra d’Amérique; Jenny Bull (TRT), Jennifer Doubt (CAN) et Tim Dickinson (TRT), qui ont effectué des recherches dans les herbiers; Al Sandilands, qui a participé aux travaux sur le terrain à l’ancien camp Ipperwash; Ed Pleskie (XTECH Explosive Decontamination Inc.), qui a accompagné les travailleurs sur le terrain afin d’assurer leur sécurité pour ce qui est des munitions explosives non explosées, et qui a également noté les coordonnées GPS pour Northern Bioscience; et Erich Haber et Karen Timm, qui ont offert un soutien administratif.

Misty Buchanan, North Carolina Natural Heritage Program, botaniste

Todd Crabtree, Tennessee Division of Natural Areas, botaniste

Ben Dolbeare, Illinois Division of Natural Heritage, biologiste, espèces envahissantes

Jennifer Doubt, Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité (présidé par le Musée canadien de la nature), gestionnaire en chef des collections, Section de la botanique

Matt Elliott, Georgia Natural Heritage Program

Chris Firestone, Pennsylvania Natural Heritage Program, botaniste

Craig Freeman, Kansas Natural Heritage Inventory

Christopher Frye, Maryland Natural Heritage Program, botaniste

Lynn Gillespie (Ph.D.), Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité (présidé par le Musée canadien de la nature), chercheuse scientifique

Randy Heidorn, Illinois Nature Preserves Commission

Bruce Hoagland, Oklahoma Natural Heritage Inventory, coordonnateur et écologiste de la communauté végétale

Michael A. Homoya, Indiana Natural Heritage Data Center, botaniste et spécialiste de l’écologie végétale

Amy Jenkins, Florida Natural Areas Inventory, botanisme principale

Tara Kieninger, Illinois Department of Natural Resources, gestionnaire de la base de données Natural Heritage

Tara Littlefield, Kentucky Natural Heritage Program, botaniste

Alistair MacKenzie, parc provincial The Pinery, responsable de l’éducation sur le patrimoine naturel et de la gestion des ressources

Sarah Mainguy, botaniste, North-South Environmental

Anne Mankowski, Illinois Endangered Species Protection Board, directrice

William McAvoy (Bill), Delaware Natural Heritage Program, botaniste

Angela McConnell, Service canadien de la faune, Région de l’Ontario

Patrick Nantel, Parcs Canada, biologiste de la conservation, Programme sur les espèces en péril

Mike Oldham, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, botaniste et herpétologiste

Cindy Osborne, Arkansas Natural Heritage Program, gestionnaire de données et coordonnatrice, examen environnemental

Mike Penskar, Michigan Natural Features Inventory, scientifique principal en conservation, botanique

Bert Pittman, South Carolina Heritage Trust, botaniste

Jackie Poole, Texas Wildlife Diversity Program, botaniste

Christopher S. Reid, Louisiana Natural Heritage Program, botaniste

Alf Rider, naturaliste, Kettle Point, Ontario

Richard Ring, New York Natural Heritage Program, botaniste

Al Schotz, Alabama Natural Heritage Program, botaniste et écologiste de la communauté végétale

Greg Schneider, Ohio Natural Heritage Program, administrateur de programme et gestionnaire de données

Jon Siemien, District of Columbia Fisheries & Wildlife, directeur de programme intérimaire

David Snyder, New Jersey Natural Heritage Program, botaniste

Sonia Schnobb, Secrétariat du COSEPAC, adjointe administrative

Gilles Seutin (Ph.D.), Parcs Canada, coordonnateur, Programme sur les espèces en péril

Bruce A. Sorrie, University of North Carolina Herbarium

Heather Sullivan, Mississippi Natural Heritage Program, botaniste

John Townsend, Virginia Division of Natural Heritage, botaniste

Ken Tuininga, Service canadien de la faune, Région de l’Ontario

Malissa Underwood, Missouri Natural Heritage Program, botaniste

Theo Witsell, Arkansas Natural Heritage Program, botaniste

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Allan Harris compte plus de 20 années d’expérience comme biologiste dans le nord de l’Ontario. Il détient un baccalauréat en biologie faunique de l’Université de Guelph et une maîtrise en biologie de l’Université Lakehead. Après avoir été biologiste au ministère des Richesses naturelles de l’Ontario pendant sept ans, il a cofondé Northern Bioscience, une société d’écologistes-conseils établie à Thunder Bay, en Ontario. M. Harris est auteur ou coauteur de dizaines de documents scientifiques, rapports techniques et articles de vulgarisation, y compris des rapports de situation du COSEPAC sur l’hémileucin du ményanthe, le gomphe des rapides, le gomphe de Laura, la cicindèle verte à lunules, le lipocarphe à petites fleurs et le trille à pédoncule incliné. Il est également auteur d’un rapport provincial sur la situation du caribou des bois en Ontario et auteur ou coauteur de programmes de rétablissement nationaux et provinciaux visant des espèces de plantes vasculaires et d’oiseaux en péril. M. Harris est membre du Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (2008-2012).

Robert Foster est cofondateur et partenaire principal de Northern Bioscience, entreprise offrant des services de consultation en matière de gestion, de planification et de recherche sur les écosystèmes. Il est titulaire d’un baccalauréat en biologie de l’Université Lakehead et d’un doctorat en zoologie de l’Université d’Oxford. Robert Forster a travaillé pendant plus de 15 ans comme écologiste en Ontario. Il est auteur ou coauteur de rapports de situation du COSEPAC sur l’hémileucin du ményanthe, le gomphe des rapides, le gomphe de Laura, la cicindèle verte à lunules et le trille à pédoncule incliné, et de plans de rétablissement visant des espèces de plantes, de lichens et d’odonates rares.

Musée canadien de la nature (CAN) (avec l’autorisation de Jennifer Doubt, gestionnaire en chef des collections, Section de la botanique) :

J. Dearness, 8 septembre 1891
Port Franks, Ontario
CAN 96129

J.H. Soper et J.K. Shields, 2 août 1950
Entre Port Franks et Stony Point
CAN 228786

W. Botham, 14 septembre 1969
Comté de Lambton : canton de Bosanquet, parc provincial The Pinery
CAN 497474

Green Plant Herbarium (TRT), Département d’histoire naturelle, Musée royal de l'Ontario (avec l’autorisation de Jenny Bull et de Tim Dickerson) :

J. Dearness, 9 septembre 1891
Rive du lac Huron près de l’embouchure de la rivière Sauble
TRT 191491

Les données qui suivent ont été recueillies à l’ancien camp Ipperwash par Allan Harris et Robert Foster, le 29 juillet 2009. Les quadrats ont été établis dans des dépressions interdunaires constituant l’habitat du buchnéra d’Amérique. Ces quadrats avaient 5 m de côté. Le pourcentage de couverture de toutes les plantes vasculaires a été estimé à 1 % près. Une valeur de 0,1 % a été attribuée aux valeurs inférieures à 1 %.

Des codes de strate de végétation sont indiqués après les noms d’espèces d’arbres et d’arbustes :

Strate 3 = 2 à 10 m de hauteur
Strate 4 = 0,5 à 2 m de hauteur
Strate 5 = < 0,5 m de hauteur

Les espèces exotiques sont signalées par le symbole *.

Espèces Pourcentage de couverture
Quadrat 1 Quadrat 2 Quadrat 3 Quadrat 4
Agrostis gigantea* 2 0,1 0,1
Andropogon gerardii 55 2 2
Arctostaphylos uva-ursi 1
Artemisia campestris 0,1
Aster brachyactis 2 0,1
Aster laevis 0,1
Aster lateriflorus 0,1 1
Betula papyrifera 5 0,1 0,1
Buchnera americana 0,1 1
Calamovilfa longifolia 9
Calopogon tuberosa 0,1
Carex aurea 0,1 4
Carex eburnea 1 1
Cladium mariscoides 12 30 70
Cornus stolonifera 5 0,1
Cypripedium calceolus 0,1
Diplotaxis tenuifolia* 0,1
Eleocharis pauciflora 30
Eleocharis smallii 20
Equisetum fluviatile 1
Equisetum variegatum 0,1 40 0,1
Erigeron sp. 0,1 2
Euthamia graminifolia 2 0,1
Fragaria vesca 0,1
Herbacées non identifiées 0,1
Hypericum kalmianum 2 7 2
Juncus alpinoarticulatus 0,1
Juncus balticus 1 0,1 70
Juniperus communis 1
Juniperus virginiana 0,1 0,1
Liatris cylindracea 20 2
Liriodendron tulipifera 0,1
Lobelia kalmii 0,1
Maianthemum stellatum 0,1 0,1
Mousses non identifiées 25 1
Panicum sp. 6 2 1 15
Parnassia glauca 3 0,1 2
Pinus banksiana 5 1
Pinus resinosa 3 3
Pinus resinosa 5 0,1
Pinus strobus 5 0,1
Poa pratensis* 0,1 1
Populus balsamifera 5 0,1
Potentilla anserina 1
Potentilla argentea* 0,1 0,1
Potentilla fruticosa 5 5 1 0,1 4
Prunus pensylvanica 5 2
Prunus pumila 5 1
Salix myricoides 5 3
Salix spp. 4 3
Salix spp. 5 0,1 0,1
Scirpus pungens 0,1
Scleria verticillata 55 45
Senecio sp. 0,1 1
Sisyrinchium montanum 0,1
Solidago nemoralis 0,1
Solidago ohioensis 1 1 1 1
Thuja occidentalis 4 1
Thuja occidentalis 5 0,1 4 4
Triantha glutinosa 3 0,1 0,1 3
Triglochin palustris 0,1 1 8

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2022-02-24