Cimicaire élevée (Actaea elata) : évaluation et rapport de situation du COSEPAC 2018
Titre officiel : Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur Cimicaire élevée (Actaea elata) au Canada 2018
Comité sur la situation des espèces en peril au Canada (COSEPAC)
En voie de disparition 2018
Matériel appartenant à des tierces parties
Suite à l’Avis pour ce site Web, certaines photos ainsi que certains dessins et éléments graphiques se trouvant dans les documents produit par le COSEPAC peuvent être assujettis à des droits d'auteur appartenant à d'autres organisations et personnes. Dans de tels cas, des restrictions concernant l’utilisation, la reproduction, la communication de telles œuvres protégées par le droit d’auteur peuvent s'appliquer, et il peut être nécessaire de demander l'autorisation aux détenteurs de ces droits, avant de reproduire, utiliser ou communiquer ces œuvres.
Information sur le document
Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante : COSEPAC. 2018. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la cimicaire élevée (Actaea elata) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 41 p. (Registre public des espèces en péril).
Rapport précédent :
COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la cimicaire élevée (Cimicifuga elata) au Canada. - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 17 p.
PENNY, J.L., et G.W. DOUGLAS. 2001. Rapport du COSEPAC sur la situation de la cimicaire élevée (Cimicifuga elata) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la cimicaire élevée (Cimicifuga elata) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-17.
Note de production :
Le COSEPAC remercie Matt Fairbarns et Denis Knopp d’avoir rédigé le rapport de situation sur la cimicaire élevée (Actaea elata) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Del Meidinger, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC.
Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :
Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3
Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : ec.cosepac-cosewic.ec@canada.ca
Site web : COSEPAC
Also available in English under the title “COSEWIC assessment and status report on the Tall Bugbane Actaea elata in Canada”.
Illustration/photo de la couverture : Cimicaire élevée — Photo : Tom Kaye.
COSEPAC sommaire de l’évaluation
Sommaire de l’évaluation – avril 2018
Nom commun : Cimicaire élevée
Nom scientifique : Actaea elata
Statut : En voie de disparition
Justification de la désignation : Cette grande plante de l’ouest de l’Amérique du Nord est une herbacée vivace relativement longévive qui est présente dans des forêts mixtes de conifères et de feuillus. L’espèce nécessite des ouvertures ensoleillées dans le couvert de forêts matures et anciennes. Les quelques petites sous-populations du sud-ouest de la Colombie-Britannique sont éparses et isolées dans une seule vallée fluviale montagnarde, où elles continuent de subir des déclins à mesure que son habitat forestier diminue ou est dégradé par des plantes exotiques envahissantes, associées en grande partie aux perturbations liées à une augmentation de l’accès routier et des activités récréatives. La compétition exercée par des plantes indigènes dans des sites déjà exploités et la dérive d’herbicides sont également des menaces potentielles.
Répartition : Colombie-Britannique
Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2001. Réexamen et confirmation du statut en avril 2018.
COSEPAC résumé
Cimicaire élevée
Actaea elata
Description et importance de l’espèce sauvage
La cimicaire élevée est une grande herbacée vivace (de 100 à 180 cm). Ses tiges dressées se développent à partir d’un rhizome tubéreux, foncé, court et ligneux. Les feuilles profondément lobées mesurent jusqu’à 80 cm de longueur. Les nombreuses petites fleurs blanc crème forment une inflorescence distinctive en forme de baguette de 7 à 17 cm de longueur. Les follicules (un type de fruit sec) ressemblent à de courtes cosses de pois pubescentes.
Répartition
L’aire de répartition de la cimicaire élevée s’étend de la vallée du bas Fraser en Colombie-Britannique vers le sud, le long de la chaîne des Cascades, jusque dans le sud de l’Oregon et vers l’ouest, jusqu’à la région de Puget Sound et de Willamette Trough, dans les États de Washington et de l’Oregon. Il existe 237 sous-populations en Oregon et 30 dans l’État de Washington. Au Canada, la cimicaire élevée a été signalée dans la région d’Abbotsford et de Chilliwack, entre le fleuve Fraser et la frontière canado-américaine. Six sous-populations ont été observées au cours des 19 dernières années, et cinq autres sous-populations, signalées pour la première fois entre 1957 et 1997, sont maintenant considérées comme historiques et vraisemblablement disparues du pays.
Habitat
Au Canada, l’aire de répartition de la cimicaire élevée se limite à une petite région du sud-ouest de la Colombie-Britannique, principalement à une altitude variant entre 30 et 950 m, aux étés chauds et secs et aux hivers aux quantités variables de neige. La cimicaire élevée est très étroitement associée aux forêts conifériennes et mixtes d’âge moyen à élevé qui sont le plus souvent dominées par le douglas de Menzies et l’érable à grandes feuilles. Le sous-étage comprend souvent un couvert relativement clairsemé d’arbustes tolérants à l’ombre et une strate herbacée clairsemée constituée de végétaux tolérants à l’ombre. La chute d’arbres ou de petits bouquets d’arbres en milieu forestier crée des ouvertures ensoleillées où la cimicaire élevée prospère. Certaines régions où la cimicaire élevée était présente ont fait l’objet d’une coupe à blanc au cours des 25 dernières années. Les sous-populations de ces régions semblent avoir survécu à l’exploitation forestière, mais elles sont évidemment disparues quand les fourrés des premiers stades de succession se sont développés après les coupes. La prolifération de l’utilisation de vélos de montagne et de véhicules hors route a également causé des dommages à l’habitat. Les mauvaises herbes envahissantes des bords de chemin se sont propagées dans l’habitat adjacent occupé par la cimicaire élevée.
Biologie
La cimicaire élevée est une herbacée vivace qui produit une ou plusieurs tiges à partir d’un court rhizome. Elle se reproduit rarement, voire jamais, de manière végétative. En Colombie-Britannique, la cimicaire élevée fleurit de juin à la mi-novembre. Ses fleurs attirent divers pollinisateurs, et la plupart sont fécondées par le pollen d’autres fleurs du même individu. La majorité des fleurs produisent un seul fruit sec contenant de six à douze graines qui ne possèdent pas de structures favorisant la dispersion et qui demeurent principalement à proximité de la plante mère. Les graines sortent de dormance lorsque survient une période chaude suivie d’une période froide prolongée. La majorité des graines germe probablement dans les douze mois ou meurt. La cimicaire élevée peut prendre de nombreuses années avant d’arriver à maturité et elle peut connaître des périodes de régression et de progression au fil des fluctuations des conditions de croissance. L’âge moyen des individus matures dans les populations canadiennes en santé se chiffre probablement entre 20 et 30 ans. Les populations de cimicaire élevée connaissent probablement des périodes de croissance et de décroissance très lentes.
Taille et tendances de la population
Environ 250 (de 243 à 264) individus portaient des fruits ou des fleurs lors des relevés les plus récents des sous-populations existantes. Deux des sous-populations contenaient moins de dix individus matures lors du dernier relevé. Les tendances des populations ne sont pas bien comprises. Il semble que deux des plus grandes sous-populations connaissent un déclin à long terme, et il n’existe aucune donnée comparable sur les autres sous-populations. La sous-population la plus proche aux États-Unis est à quelques kilomètres de la frontière canado-américaine, mais puisque l’espèce migre très lentement, il est peu probable que les sous-populations aux États-Unis constituent une source pour l’établissement de nouvelles sous-populations canadiennes, sauf peut-être à très long terme.
Menaces et facteurs limitatifs
Les conséquences les plus importantes pour la cimicaire élevée découlent (1) d’espèces envahissantes ou d’autres espèces problématiques et (2) des travaux de nettoyage et d’entretien des routes. Les facteurs limitatifs naturels, y compris la petite taille de la plupart des sous-populations, le faible taux de reproduction et le faible taux de dispersion, accentuent ces conséquences.
Protection, statuts et classements
Dans sa dernière évaluation, la cimicaire élevée a été évaluée comme espèce en voie de disparition. En 2015, NatureServe a désigné l’espèce comme étant non en péril à l’échelle mondiale, mais les sous-populations les plus proches sont dans l’État de Washington, où l’espèce est désignée comme étant vulnérable.
Au Canada, la cimicaire élevée est inscrite comme espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril, et un programme fédéral de rétablissement est maintenant disponible. Une des six sous-populations de cimicaire élevée est présente sur des terres fédérales et elle reçoit une certaine protection en vertu de la loi.
Des parties de trois sous-populations présentes sur des terres publiques provinciales sont protégées dans des aires d’habitat d’espèces sauvages (Wildlife Habitat Areas), où des mesures de gestion particulières sont en place pour protéger la cimicaire élevée. Des parties d’une sous-population sont présentes dans un parc municipal où l’exploitation forestière est interdite.
Résumé technique
Nom scientifique : Actaea elata
Nom français : Cimicaire élevée
Nom anglais : Tall Bugbane
Répartition au Canada: Colombie Britannique
Données démographiques
- Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquez si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2011] est utilisée)
- De 20 à 30 ans
- Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?
- Oui. La perte de certaines sous populations, la modélisation de la viabilité de deux des populations les plus importantes et les déclins mesurés dans certaines sous populations suggèrent un déclin continu du nombre d’individus matures.
- Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [cinq ans ou deux générations].
- Inconnu. Il y a trop peu de données de surveillance et la couverture offerte par les modèles d’analyse de la viabilité des populations est insuffisante pour calculer le taux de déclin du nombre d’individus matures.
- Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].
- Inconnu
- Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].
- Inconnu
- Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur.
- Inconnu
- Est-ce que les causes du déclin sont a) clairement réversibles et b) comprises et c) ont effectivement cessé?
- a) partiellement
b) partiellement
c) non - Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
- Inconnu. Les données de surveillance sont insuffisantes pour déterminer l’ampleur des fluctuations.
Information sur la répartition
- Superficie estimée de la zone d’occurrence:
- 97 km2
- Indice de zone d’occupation (IZO) (Fournissez toujours une valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté:
- 84 km2
- La population totale est-elle « gravement fragmentée », c.-à-d. que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale se trouve dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce?:
- a) oui
b) oui
La plupart des individus sont regroupés en petites sous-populations; le taux de croissance des deux sous-populations les plus importantes indique un déclin. L’espèce migre très lentement. - Nombre de « localités »* (utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant) :
- 13
- Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?:
- Oui, observé. La zone d’occurrence historique est de 241 km2, et la zone d’occurrence actuelle est de 97 km², ce qui représente un déclin de 60 %. Le déclin continu est probablement attribuable au petit nombre d’individus dans certaines populations.
- Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation?:
- Oui, observé. L’indice de zone d’occupation actuel compte 84 km² (19 %) de moins que l’indice de zone d’occupation historique. Le déclin continu est probablement attribuable au petit nombre d’individus dans certaines populations.
- Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous-populations?:
- Oui, observé. Le nombre actuel de sous-populations (6) est 45 % inférieur au nombre de sous-populations (11) observées au cours des trois dernières générations. Le déclin continu est probablement attribuable au petit nombre d’individus dans certaines populations.
- Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités*?:
- Oui. Si l’on suppose de façon prudente que chacune des sous-populations apparemment disparues constituait une localité, il existe maintenant cinq localités de moins que le nombre de localités observées au cours des trois dernières générations (réduction de 28 %). Le déclin continu est probablement attribuable au petit nombre d’individus dans certaines populations.
- Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?:
- Oui. La perte apparente de certaines sous-populations historiques semble être le résultat de la croissance post-exploitation de grandes forêts de milieu de succession qui ne conviennent pas à la cimicaire élevée. Déclin continu prévu de la qualité de l’habitat.
- Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous-populations?:
- Non
- Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*?:
- Non
- Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?:
- Non
- Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?:
- Non
*(Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et International Union for Conservation of Nature (IUCN) (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.)
| Sous-populations (utilisez une fourchette plausible) | Nombre d’individus matures |
|---|---|
| Mont Vedder nord | 53 |
| Mont Vedder sud | 112 |
| Mont Elk | 77 |
| Mont Thom | 1-2 |
| OPSEE est | 0-18 |
| OPSEE ouest | 0-2 |
| Total | 243-264 |
Analyse quantitative
La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans]. : Inconnu
Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou leur habitat, de l’impact le plus élevé à l’impact le plus faible, selon le calculateur des menaces de l’UICN)
Un calculateur des menaces a-t-il été rempli pour l’espèce? Oui (20 octobre 2016).
Participants : Del Meidinger, Matt Fairbarns, Bruce Bennett, Denis Knopp, Dave Fraser, Andy MacKinnon, Daniel Brunton, James Pojar, Brenda Costanzo, Jenifer Penny, Joanna James (annexe 1)
- Espèces exotiques envahissantes, associées en grande partie à l’accroissement de l’accès routier, y compris les chemins forestiers (UICN 8 : impact élevé)
- Conséquences directes associées à l’aménagement légal et illégal de voies d’accès pour véhicules, à l’expansion du réseau routier et aux activités d’entretien des routes (UICN 4.1 : impact moyen à faible)
- Aménagement de sentiers récréatifs (UICN 1.3 : impact faible)
- Concurrence avec les espèces végétales indigènes dans les milieux ayant fait l’objet de coupes (UICN 8.2 : impact faible)
- Dérive d’herbicides associée à l’entretien des routes, à la sylviculture, à l’agriculture et à la gestion des espèces envahissantes (UICN 9.3 : impact faible)
Quels autres facteurs limitatifs sont pertinents?
Petite taille des sous-populations
Distances relativement longues entre les sous-populations
Fragmentation de l’habitat
Faible taux de migration de la cimicaire élevée
Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)
- Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada. :
- S3 (vulnérable) dans l’État de Washington
- Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? :
- Oui, mais très lentement. Les taux de migration sont très faibles, et bien qu’une migration soit possible, de nombreuses générations seraient nécessaires pour que des végétaux des populations les plus proches aux États-Unis migrent jusqu’au Canada.
- Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? :
- Probablement. Il existe des preuves mitigées de différenciation génétique entre les sous-populations, mais il n’existe pas de preuve que la composition génétique des sous-populations aux États-Unis fait en sorte que celles-ci seraient incapables de survivre au Canada.
- Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? :
- Oui
- Les conditions se détériorent-elles au Canada?+:
- Oui
- Les conditions de la population source se détériorent-elles?+:
- Inconnu
- La population canadienne est-elle considérée comme un puits?+:
- Non
- La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle? :
- Possible, mais très peu probable en trois générations ou moins.
+ Voir le tableau 3 (Lignes directrices pour la modification de l’évaluation de la situation d’après une immigration de source externe)
Nature délicate de l’information sur l’espèce
L’information concernant l’espèce est-elle de nature délicate? : Non
Historique du statut
COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2001. Réexamen et confirmation du statut en avril 2018.
Statut et justification de la désignation :
Statut recommandé : En voie de disparition
Code alphanumérique : B1ab(i,ii,iii,iv,v)+2ab(i,ii,iii,iv,v); C2a(i)
Justification de la désignation : Cette grande plante de l’ouest de l’Amérique du Nord est une herbacée vivace relativement longévive qui est présente dans des forêts mixtes de conifères et de feuillus. L’espèce nécessite des ouvertures ensoleillées dans le couvert de forêts matures et anciennes. Les quelques petites sous-populations du sud-ouest de la Colombie-Britannique sont éparses et isolées dans une seule vallée fluviale montagnarde, où elles continuent de subir des déclins à mesure que son habitat forestier diminue ou est dégradé par des plantes exotiques envahissantes, associées en grande partie aux perturbations liées à une augmentation de l’accès routier et des activités récréatives. La compétition exercée par des plantes indigènes dans des sites déjà exploités et la dérive d’herbicides sont également des menaces potentielles.
Applicabilité des critères :
Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) : Sans objet. Les déclins ne peuvent être quantifiés puisque les dénombrements antérieurs pour cette espèce n’ont pas tous distingué les individus matures.
Critère B (aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation) : Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition » B1ab(i,ii,iii,iv,v)+2ab(i,ii,iii,iv,v), puisque la zone d’occurrence et l’IZO sont inférieurs au seuil. La population est considérée comme gravement fragmentée, et des déclins continus sont observés et inférés sur le plan de la zone d’occurrence, de l’IZO, de la qualité de l’habitat ainsi que du nombre de sous-populations, de localités et d’individus matures.
Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition » C2a(i), puisque la population totale compte moins de 2 500 individus matures, qu’il y a un déclin continu observé du nombre d’individus matures et qu’aucune sous-population ne compte plus de 250 individus matures.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Sans objet. Correspond presque au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition » D1, mais il existe une incertitude quant à l’estimation de la population d’individus matures.
Critère E (analyse quantitative) : L’absence de données empêche la tenue d’une analyse pour l’ensemble de la population.
Préface
Le COSEPAC a désigné la cimicaire élevée comme espèce en voie de disparition en mai 2001, selon un rapport de situation publié la même année (COSEWIC, 2001). Cinq des sous-populations mentionnées dans le rapport de situation de 2001 n’ont pas été observées au cours des dernières années, malgré des recherches ciblées, ce qui suggère qu’elles pourraient avoir disparue. Cette perte représente un déclin de 45 % du nombre de sous-populations signalées dans le rapport de situation de 2001.
L’espèce fait l’objet d’une protection accrue depuis l’établissement récent d’aires d’habitat d’espèces sauvages couvrant des parties de trois des sous-populations existantes. En 2016, certaines régions où la cimicaire élevée avait disparu ont été repeuplées avec du matériel de pépinière d’origine locale.
Un programme de rétablissement a été élaboré en 2017 en ajoutant de l’habitat essentiel au plan de rétablissement provincial de 2014.
Historique du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.
Mandat du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.
Composition du COSEPAC
Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.
Définitions (2018)
- Espèce sauvage
- Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
- Disparue (D)
- Espèce sauvage qui n’existe plus.
- Disparue du pays (DP)
- Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
- En voie de disparition (VD)
(Remarque : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.) - Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
- Menacée (M)
- Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
- Préoccupante (P)
(Remarque : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.) - Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
- Non en péril (NEP)
(Remarque : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.) - Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
- Données insuffisantes (DI)
(Remarque :Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».) - Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.
Remarque : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.
Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.
Description et importance de l’espèce sauvage
Nom et classification
Nom scientifique : Actaea elata (Nutt.) Prantl
Synonymes : Cimicifuga elata Nutt.; Thalictrodes elata (Nutt.) Kuntze
Nom français : Cimicaire élevée
Nom anglais : Tall Bugbane
Famille : Renonculacées
L’Actaea elata var. elata est le seul taxon infraspécifique au Canada. L’Actaea elata (Nutt.) Prantl var. alpestris (H.W. Lee & C.W. Park) Cubey est présent en Oregon. Compton et al. (1998) ont intégré le genre Cimicifuga au genre Actaea.
Description morphologique
La cimicaire élevée (figures 1 et 2) est une grande herbacée vivace (de 100 à 180 cm). Ses tiges dressées, qui sont ramifiées dans leur partie supérieure, se développent à partir d’un rhizome tubéreux, foncé, court et ligneux. Les feuilles sont alternes; leur pétiole mesure jusqu’à 40 cm de longueur et leur limbe, jusqu’à 80 cm de longueur. Les feuilles sont habituellement constituées de trois lobes principaux (parfois cinq), eux-mêmes divisés en trois parties. Les folioles sont cordées (de 5 à 18 cm de longueur) ou ovées (de 7 à 23 cm de longueur). Chaque foliole compte habituellement trois lobes bien définis aux bords dentelés et munis de glandes. Les tiges et la face inférieure des feuilles ont des poils fins, et les tiges sont dotées de petites glandes, en particulier près de l’inflorescence (Hitchcock et al., 1964).
Les fleurs forment une inflorescence dense en forme de baguette qui est pourvue de poils glanduleux et mesure entre 7 et 17 cm de longueur. Chaque fleur est portée sur un pédicelle de 1 à 8 mm de longueur. Les fleurs sont apétales, et leurs sépales blancs ou rosâtres tombent habituellement peu de temps après l’ouverture des fleurs. Les étamines blanc crème sont très voyantes et ont l’apparence de pétales étroits. Les fleurs du sommet produisent chacune habituellement un seul fruit sec, que l’on appelle follicule et qui ressemble à une courte cosse de pois pubescente ne s’ouvrant que le long d’une ligne. Les fleurs de la base produisent souvent deux (et parfois trois) follicules, et chaque follicule contient environ dix graines rouges à brun-violet. Hitchcock et al. (1964) et Whittemore et Parfitt (1997) présentent des descriptions plus détaillées.
La cimicaire élevée se distingue par sa floraison ou ses fruits, et il est difficile de la confondre avec toute autre espèce présente dans son aire de répartition au Canada. Les individus sans fleurs ou fruits peuvent parfois être confondus avec d’autres espèces robustes aux feuilles divisées (Fairbarns, obs. pers., 2015).
L’actée rouge (Actaea rubra) est l’espèce la plus susceptible d’être confondue avec la cimicaire élevée lorsqu’elle ne porte pas de fleurs ou de fruits. En général, chaque feuille de l’actée rouge est grandement subdivisée (en trois, à deux ou trois reprises), davantage que la cimicaire élevée. Les feuilles de l’actée rouge ont une pubescence clairsemée, alors que les feuilles de la cimicaire élevée ont une abondance de poils fins. Chez les grands individus non florifères de cimicaire élevée, on observe généralement des ailes légèrement bombées enserrant la tige à la base des pétioles; l’actée rouge ne possède pas de telles ailes (Hitchcock et al., 1964; Knopp, comm. pers., 2015; Fairbarns, obs. pers., 2015).
Ramsey (1987) présente une description morphologique détaillée de la cimicaire élevée et des espèces qui lui sont étroitement apparentées.
Structure spatiale et variabilité des populations
Il n’existe aucune donnée précise sur la variation génétique entre les sous-populations canadiennes et au sein de celles-ci. Mayberry (2008) a relevé une variation génétique limitée entre deux sous-populations canadiennes, mais elle a souligné que l’absence de variation dans presque tous les allozymes étudiés dans le cadre de sa thèse et l’absence de différenciation entre les populations des États-Unis et de la Colombie-Britannique suggèrent que les résultats génétiques devraient être interprétés avec prudence. Par ailleurs, Liston et Gray (1998, cité dans Tall Bugbane Recovery Team, 2014) ont constaté que les sous-populations de cimicaire élevée sont génétiquement distinctes dans l’ensemble de leur aire de répartition (y compris deux sous-populations canadiennes).
Unités désignables
Il n’existe aucun signe manifeste de distinctions génétiques entre les sous-populations canadiennes, de grandes parties de l’aire géographique de l’espèce ne présentent pas de disjonctions naturelles au Canada, et les sous-populations canadiennes se trouvent toutes dans l’aire écologique nationale du Pacifique. On considère donc que les sous-populations canadiennes de l’espèce ne forment qu’une seule unité désignable.
Importance de l’espèce
La cimicaire est une plante de jardin attrayante et largement cultivée (Burrell, 1999). La cimicaire à grappes (Actaea racemosa), une espèce étroitement apparentée, a été proposée pour le traitement de certaines formes de cancer et pour le soulagement des crampes menstruelles ainsi que des symptômes et des effets secondaires de la ménopause, mais il ne semble y avoir eu aucune étude sur les propriétés médicinales de la cimicaire élevée.
Répartition
Aire de répartition mondiale
L’aire de répartition de la cimicaire élevée (figure 3) s’étend de la vallée du bas Fraser en Colombie-Britannique vers le sud, le long de la chaîne des Cascades, jusque dans le sud de l’Oregon et vers l’ouest, jusqu’à la région de Puget Sound et de Willamette Trough, dans les États de Washington et de l’Oregon (BC CDC, 2016; Consortium of Pacific Northwest Herbaria, 2016). Des sous-populations isolées ont été signalées dans les monts Olympic du nord-ouest de l’État de Washington et dans le comté d’Idaho dans le centre de l’Idaho (Consortium of Pacific Northwest Herbaria, 2016). Kaye (1994) a relevé environ 100 sous-populations en Oregon et 30 dans l’État de Washington. Des relevés subséquents ont porté le nombre d’occurrences connues en Oregon à 237 (L. Wise, comm. pers., 2018).
Aire de répartition canadienne
Au Canada, la cimicaire élevée a été signalée dans l’aire écologique nationale du Pacifique, plus particulièrement dans la zone biogéoclimatique côtière à pruche de l’Ouest et la zone biogéoclimatique à pruche subalpine (figure 4), dans la région d’Abbotsford et de Chilliwack, entre le fleuve Fraser et la frontière canado-américaine (BC CDC, 2016). Six sous-populations ont été observées récemment (tableau 1). Cinq sous-populations signalées pour la première fois entre 1957 et 1997 sont maintenant vraisemblablement disparues (Knopp, comm. pers., 2015). Bien que le District régional de la vallée du Fraser ait établi l’existence de la sous-population du mont Sumas (1986 – voir le tableau 1), les données relatives à son existence sont considérées comme erronées (Knopp, comm. pers., 2003).
| Sous-population | Nombre de localités | Examinateur(s)/date | Individus matures | Propriété |
|---|---|---|---|---|
| Mont Vedder nord | 2 | Knopp (2009) Knopp (2015) |
546 individus, classes de maturité inconnues 367 individus : 53 individus reproducteurs; 60 grands individus non reproducteurs; 254 petits individus non reproducteurs |
Terres publiques provinciales |
| Mont Vedder sud | 3 | Knopp (2009) Knopp (2015) |
621 individus, classes de maturité inconnues 829 individus : 112 individus reproducteurs; 140 grands individus non reproducteurs; 577 petits individus non reproducteurs |
Terres publiques provinciales et privées |
| Partie amont du ruisseau Tamihi | 0 | Penny et Hartwell (1997) Knopp (2003) Barsanti (2005) |
7 Aucun individu trouvé (relevé de fin de saison) Aucun individu trouvé |
Terres publiques provinciales |
| Ruisseau Chipmunk | 0 | Fontaine et Hartwell (1997) Knopp (2003) Barsanti (2005) |
Un seul individu chlorosé non reproducteur et peu vigoureux Aucun individu trouvé (relevé de fin de saison) Aucun individu trouvé |
Terres publiques provinciales |
| Mont Elk | 4 | RBCM (1997) Barsanti (2006) Knopp (2009) Knopp (2015) |
23 individus florifères, 3 individus non florifères 28 individus florifères 240 individus; non dénombrés par classe de maturité 278 individus : 77 individus reproducteurs; 62 grands individus non reproducteurs; 139 petits individus non reproducteurs |
Terres publiques provinciales, terre à bois de Premières Nations, terres municipales |
| Mont Thom | 2 | Barsanti (2006) Barsanti (2007) Welstead, Kerr, Libal, Ramey et Slater (2007) Knopp (2014) |
5 individus (population partielle) 57 individus; 8 individus reproducteurs 43 individus; non dénombrés par classe de maturité Environ 5 individus; 1 ou 2 individus reproducteurs |
Terres municipales et terres publiques provinciales |
| OPSEE est | 1 | Knopp (2010) Knopp (2014) |
86 individus : 6 individus reproducteurs; 5 grands individus non reproducteurs; 75 petits individus non reproducteurs 72 individus : 18 grands individus (certains pouvant être reproducteurs); 54 petits individus non reproducteurs |
Terres à bail fédérales (ministère de la Défense nationale) |
| OPSEE ouest | 1 | Knopp (2010) Knopp (2014) |
18 individus : 2 individus reproducteurs; 1 grand individu non reproducteur; 15 petits individus non reproducteurs 7 individus : 2 individus reproducteurs; 5 petits individus non reproducteurs |
Terres à bail fédérales (ministère de la Défense nationale) |
| Pic Cheam; pente orientée vers le sud dans la zone ayant récemment fait l’objet d’une coupe à blanc dans la zone côtière à pruche de l’Ouest | 0 | Scagel (1989) Hartwell (14 août 1997) Barsanti et Iredale (2005 et 2006) |
« un certain nombre d’individus » Aucun individu trouvé; la zone ayant fait l’objet d’une coupe à blanc est maintenant envahie par des fourrés Aucun individu trouvé |
Terres publiques provinciales |
| Mont Sumasa | 0 | Ryder (~ 1986) | Inconnu | Terres municipales et terres publiques provinciales |
| Mont Liumchen | 0 | Beamish, Vrygtman (1957) | Inconnu | Terres publiques provinciales |
| Sentier Tamihi | 0 | Scagel (1982) | Inconnu | Terres publiques provinciales |
| Rivière Chilliwack | 0 | Macoun (1901) | Inconnu | Inconnu |
| Mont Cheam | 0 | Gowan (1895) | Inconnu | Inconnu |
a Le District régional de la vallée du Fraser a établi l’existence de la sous‑population du mont Sumas, mais la personne censée avoir signalé le site a indiqué à Denis Knopp (Knopp, comm. pers., 2003) qu’elle n’avait jamais observé l’espèce sur le mont Sumas.
Zone d’occurrence et zone d’occupation
La zone d’occurrence maximale documentée pour la cimicaire élevée au Canada est d’environ 241 km2. Si, comme on le suppose, cinq sous-populations sont disparues (Knopp, comm. pers., 2015), la zone d’occurrence actuelle de la population canadienne est de 97 km2. La zone d’occurrence historique maximale au Canada et la dernière zone d’occurrence établie au Canada représentent moins de 1 % de l’estimation plausible la plus basse de la zone d’occurrence mondiale (125 462 km2, si l’on suppose que la mention d’une population très isolée en Idaho est valide).
Si cinq sous-populations sont vraiment disparues au cours des trois dernières générations (Knopp, comm. pers., 2015), la zone d’occurrence au Canada a vraisemblablement diminué de 60 %, passant de 241 km2 à aussi peu que 97 km2 au cours des trois dernières générations (la durée d’une génération est estimée à 25 ans – voir la section Cycle vital et reproduction).
En 2016, certaines régions où la cimicaire élevée est disparue ont été repeuplées avec du matériel de pépinière d’origine locale. Deux des sites de plantation, le site du ruisseau Chipmunk et le site dans la partie amont du ruisseau Tamihi, sont à proximité de sous-populations apparemment disparues entre 1997 et 2003. Le troisième site se trouve dans la sous-population du mont Vedder sud (Welstead, comm. pers., 2016). Ces réintroductions ou augmentations d’effectif sont trop récentes pour formuler des hypothèses sur la réussite à moyen et à long terme et elles ne sont pas prises en considération dans l’analyse quantitative des risques présentée dans le présent rapport de situation.
L’indice de zone d’occupation des sous-populations observées récemment est de 84 km2. Chacune des cinq sous-populations supposées disparues depuis 1957 (Knopp, comm. pers., 2015) semble avoir été de petite taille et avoir occupé seulement une cellule de grille de 2 km de côté. Ensemble, ces cinq sous-populations auraient donc représenté une contribution de 20 km2 à l’indice de zone d’occupation historique. Leur disparition aurait entraîné une baisse de 19 % de l’indice au cours des trois dernières générations.
La disparition apparente de cinq sous-populations représente une diminution de 45 % du nombre de sous-populations au cours des trois dernières générations.
Activités de recherche
Pendant 18 jours en 2015, Denis Knopp a réalisé des relevés ciblant la cimicaire élevée afin d’examiner presque tous les sites connus des sous-populations des versants du mont Vedder nord et sud, du mont Elk et du mont Thom (un petit nombre de sites au mont Elk n’ont pu être visités de façon sécuritaire, mais moins de dix individus matures y avaient été observés au cours des années précédentes). M. Knopp a également réalisé un relevé partiel des sous-populations connues au secteur d’entraînement des opérateurs d’équipement mécanique spécialisé (OPSEE) du ministère de la Défense nationale en 2014. Les données sur les sous-populations OPSEE est et OPSEE ouest ont été complétées avec des données recueillies dans l’ensemble de la propriété en 2010 et en 2014 (Knopp, comm. pers., 2016a).
La sous-population du pic Cheam, découverte en 1989, n’a pas été observée de nouveau dans le cadre des relevés réalisés en 1997, en 2005 et en 2006. Le site, qui a fait l’objet d’une coupe à blanc en 1989 au moment de sa découverte, est maintenant caractérisé par un couvert épais de feuillus et d’arbustes, ce qui explique pourquoi on suppose que la sous-population a disparu(BC CDC, 2016). L’emplacement précis de la sous-population du mont Cheam, signalée en 1895, est inconnu; il pourrait être le même que celui de la sous-population du pic Cheam.
Il n’y a aucune mention récente de la cimicaire élevée dans la partie amont du ruisseau Tamihi. Cette petite sous-population, décrite en 1997, n’a pas été observée en 2003 ou en 2005. Le site, qui avait fait l’objet d’une coupe à blanc, est maintenant envahi par la repousse et les débris de coupe, ce qui pourrait avoir donné lieu à la disparition de la sous-population (Knopp, comm. pers., 2016a). L’emplacement précis de la sous-population du sentier Tamihi, signalée en 1982, est inconnu; il pourrait être le même que celui de la sous-population de la partie amont du ruisseau Tamihi.
La sous-population du ruisseau Chipmunk, découverte en 1997, n’a pas été observée en 2001. La première mention de cette sous-population a consisté en un seul individu chlorosé non reproducteur et peu vigoureux (BC CDC, 2016), et Knopp (comm. pers., 2016a) est d’avis que cette sous-population est disparue.
La sous-population du mont Sumas, découverte environ en 1986, n’a pas été observée dans le cadre des relevés réalisés en 2005-2006 (Environment and Climate Change Canada, 2017). Knopp (comm. pers., 2003) a déclaré que les données relatives à cette sous-population sont erronées.
La sous-population du mont Liumchen n’a pas fait l’objet de relevés récents, et son existence repose sur spécimens récoltés en 1957, sans mention de l’emplacement. Cette sous-population est vraisemblablement disparue (Environment and Climate Change Canada, 2017). Aucune recherche récente n’a porté sur la sous-population de la rivière Chilliwack, dont l’existence repose sur des spécimens récoltés en 1901. Étant donné l’imprécision des données de collecte, il est possible que les spécimens récoltés en 1901 proviennent de l’un des sites mentionnés précédemment (Environment and Climate Change Canada, 2017; Knopp, comm. pers., 2016a).
Habitat
Besoins en matière d’habitat
La cimicaire élevée est habituellement associée à des mésohabitats aux taux d’humidité élevés, comme les bordures de cours d’eau ou les zones caractérisées par un écoulement d’eau sous la surface (Kaye, 1994, 2001a; Kaye et Kirkland, 1999). Wentworth (1996) mentionne que la cimicaire élevée occupe des sols forestiers modérément riches. Dans la plus grande partie de son aire de répartition mondiale, la cimicaire élevée préfère les peuplements d’érables à grandes feuilles sur sol humide (Acer macrophyllum) dans les forêts conifériennes mixtes (le plus souvent avec des douglas de Menzies [Pseudotsuga menziesii] et parfois avec un mélange de pruches de l’Ouest [Tsuga heterophylla] et de thuyas géants [Thuja plicata]).
Au Canada, l’aire de répartition de la cimicaire élevée se limite à une petite région du sud-ouest de la Colombie-Britannique, principalement dans la sous-zone maritime très sèche, la sous-zone maritime sèche et la sous-zone submaritime humide de la zone biogéoclimatique côtière à pruche de l’Ouest (dans la sous-zone maritime humide, l’aire de répartition se limite à la variante du sud). L’espèce y est le plus étroitement associée aux forêts conifériennes et mixtes de 50 à 250 ans qui sont le plus souvent dominées par le douglas de Menzies et l’érable à grandes feuilles, mais le thuya géant, l’aulne rouge (Alnus rubra) et la pruche de l’Ouest peuvent également être présents. Bien que les populations de cimicaire élevée aux États-Unis préfèrent les pentes orientées vers le nord (Kaye, 1995, 2000), des parties importantes de plusieurs sous-populations canadiennes sont présentes sur des pentes orientées différemment, y compris vers le sud et vers l’ouest (Tall Bugbane Recovery Team, 2014). La majorité des sous-populations canadiennes de cimicaire élevée est présente à une altitude variant entre 30 et 950 m (BC CDC, 2016), mais la sous-population historique signalée près du sommet du mont Cheam aurait été située entre 1 200 et 1 600 m d’altitude (BC CDC, 2016).
Le sous-étage comprend souvent un couvert relativement clairsemé d’arbustes tolérants à l’ombre, et la strate herbacée est habituellement clairsemée et constituée de végétaux tolérants à l’ombre (Fairbarns, obs. pers., 2015; BC CDC, 2016; Knopp, comm. pers., 2016a).
Les ouvertures dans le couvert forestier semblent jouer un rôle important dans la répartition naturelle de la cimicaire élevée. La chute d’arbres ou de petits bouquets d’arbres en milieu forestier crée des ouvertures ensoleillées où la cimicaire élevée prospère (Alverson, 1986; Wentworth, 1996). Les ouvertures dans les forêts matures et anciennes peuvent revigorer des cimicaires élevées chétives qui vivotaient peut-être depuis de nombreuses années (Kayej, comm. pers., 2003, cité dans Tall Bugbane Recovery Team, 2014).
Les petites ouvertures sont peu communes dans les jeunes forêts; toutefois, la présence de feuillus comme l’érable à grandes feuilles et l’aulne rouge dans de tels peuplements pourrait permettre un degré de luminosité élevé au niveau du sol, en particulier au printemps (Knopp, comm. pers., 2015).
Les chemins forestiers et les coupes à blanc peuvent donner lieu à une augmentation du niveau de luminosité au niveau du sol et ainsi améliorer de façon temporaire les conditions pour la cimicaire élevée (Kaye et Keddy, comm. pers., 2003, cité dans Tall Bugbane Recovery Team, 2014; Fairbarns, obs. pers., 2015; Knopp, obs. pers., 2015). Si elle est laissée à elle-même, la cimicaire élevée peut d’abord prospérer avant de connaître un déclin au fil du rétablissement du couvert forestier ou de la propagation des arbustes envahissants et de la végétation herbacée indésirable, en particulier à proximité des chemins forestiers (Knopp, comm. pers., 2015). À mesure que les peuplements ayant fait l’objet d’une coupe à blanc deviennent de jeunes forêts conifériennes denses, les niveaux de luminosité bien inférieurs à ceux observés dans les peuplements anciens peuvent avoir un effet négatif à long terme sur la cimicaire élevée (Kaye et Cramer, 2002).
Tendances en matière d’habitat
Klinkenberg (2005) a utilisé des données sur l’habitat des sous-populations connues au Canada et des données d’études récentes aux États-Unis pour préparer un modèle de prévision de l’aire de répartition de la cimicaire élevée au Canada. Il a par la suite appliqué ce modèle aux cartes numériques du couvert forestier TRIM (Terrestrial Resource Information Management) et du Ministry of Forest de la Colombie-Britannique pour cerner les régions les plus susceptibles de soutenir la cimicaire élevée. La majorité des occurrences connues (69 %) ont été signalées dans les régions qui, selon le modèle, étaient les plus susceptibles de soutenir la cimicaire élevée. Dix-sept pour cent des autres occurrences connues ont été signalées dans des régions qui, selon le modèle, étaient moyennement susceptibles de soutenir la cimicaire élevée.
Il n’existe aucune donnée sur les changements quantitatifs de la superficie et de la qualité de l’habitat. Des renseignements généraux sur la perte et la dégradation de l’habitat sont abordés ci-après; voir la section Menaces.
Biologie
Cycle vital et reproduction
La cimicaire élevée est une plante vivace qui produit une ou plusieurs tiges à partir d’un court rhizome. Rien n’indique que la reproduction asexuée joue un rôle important dans la dynamique de la population.
En Colombie-Britannique, la cimicaire élevée fleurit du milieu ou de la fin du mois de juin jusqu’à la fin juillet ou au début août (Penny et Douglas, 2001) et parfois jusqu’à la mi-novembre (Knopp, comm. pers., 2016a). Elle peut être pollinisée par des bourdons, des abeilles solitaires, des abeilles domestiques introduites, des syrphes, des coléoptères et des mouches pollinivores, mais les abeilles solitaires sont observées plus souvent que les autres pollinisateurs (Pellmyr, 1986; Penny et Douglas, 2001).
Il semble que l’autofécondation par geitonogamie facultative (ou pollinisation entre deux fleurs d’un même individu) constitue le principal mécanisme de reproduction (Pellmyr, 1986).
Au Canada, les fleurs de la cimicaire élevée sont visitées peu fréquemment par les pollinisateurs (2,78 visites par heure). L’ajout de pollen n’entraîne pas une augmentation de la production de graines, et l’exclusion des pollinisateurs ne réduit pas la production de fruits (Mayberry, 2008).
Chaque fleur de cimicaire élevée contient un à trois carpelles et produit généralement un seul follicule, mais elle peut en produire jusqu’à trois à l’occasion. Les follicules se divisent le long d’une seule ligne de déhiscence (la suture portant les graines) pour libérer de six à douze graines (Matlack, 1994; Wentworth, 1996; Kaye, 2000; Penny et Douglas, 2001). La plupart des individus au Canada produisent seulement quelques graines (Knopp, comm. pers., 2016a).
Les essais de germination ont indiqué que la stratification à froid à elle-seule ne suffit pas à lever la dormance des graines. Une stratification à chaud pendant deux semaines suivie d’une stratification à froid pendant trois mois est suffisante pour lever la dormance (Kaye et Kirkland, 1994; Kaye, 2001a).
La cimicaire élevée présente une dormance de l’épicotyle (Kaye, comm. pers., 2016). Dans le cadre de ce processus, qui a également été observé chez la cimicaire à grappes, une espèce étroitement apparentée, les graines qui produisent des radicules peuvent également produire un système racinaire à l’automne, mais les épicotyles ne se forment que le printemps suivant (Baskin et Baskin, 1985).
La période de viabilité des graines dans le sol est inconnue (Wentworth, 1996). Kaye et Pyke (2003) ont observé que les graines pourraient ne pas persister dans le sol ou présenter une germination tardive. Ils soulignent également que les graines conservées dans des conditions sèches à température ambiante ne germent pas facilement après une année, mais ils n’ont pas analysé des graines non germées pour déterminer si elles demeurent viables (Kaye, comm. pers., 2016). En milieu naturel toutefois, les graines de la cimicaire élevée germent après deux cycles hivernaux (Larkin, comm. pers., cité dans Knopp, comm. pers., 2016a).
Il semble probable que la majorité des individus est issue de graines produites au cours des deux saisons de croissance précédentes. Il est toutefois plausible qu’une partie de la population soit issue de graines qui sont restées en dormance pendant trois années ou plus.
La mortalité la plus élevée est observée chez les semis et la mortalité la plus faible, chez les individus reproducteurs (Kaye, 2000). Lorsque les conditions sont défavorables, comme de faibles niveaux de luminosité, les individus établis peuvent ne pas se reproduire pendant de nombreuses années. Les individus peuvent devenir plus vigoureux et se reproduire quand les conditions deviennent plus favorables, mais les individus florifères peuvent retourner à un état non florifère si les conditions se détériorent. Les individus réprimés peuvent également rester en dormance et ne pas produire de tiges pendant une ou deux années. Certaines sous-populations peuvent ne compter que très peu d’individus en dormance au cours d’une année donnée (Mayberry, 2008); toutefois, Kaye (2000) a constaté que dans certaines sous-populations, jusqu’à 12 % des individus peuvent être en dormance certaines années.
La durée de vie moyenne de la cimicaire élevée à trois sites en Oregon a été estimée à 18,2 années (Garcia et al., 2008, selon des données de Kaye et Pyke, 2003). Mayberry et Elle (2010) ont utilisé trois années de données pour estimer l’âge au moment de la première reproduction à des sites au Canada : de 8 à 13 ans (mont Elk) et 5 ans (mont Vedder). Ils ont estimé que la durée de vie moyenne se chiffre à 30 à 45 ans au mont Elk et à 13 ans au mont Vedder. La sous-population du mont Elk semblait connaître un léger déclin (λ, le taux fini de croissance de la population, a été estimé à 0,94 pour 2005-2006 et à 0,98 pour 2006–2007). La sous-population du mont Vedder connaissait un déclin important (λ a été estimé à 0,86 pour 2005-2006 et à 0,87 pour 2006-2007) puisque son taux de reproduction élevé était largement compensé par des taux de mortalité plus élevés (Mayberry et Elle, 2010). Bien que les données sur les populations présentées ci-dessus soient loin d’être concluantes, l’âge moyen des individus matures dans les sous-populations canadiennes en santé (y compris la période de dormance des graines) se situe probablement entre 20 et 30 ans. Ce résultat a été utilisé comme durée d’une génération. Dans le cadre des essais en pépinière, les graines stratifiées pendant trois mois qui ont germé en janvier 2015 ont produit un petit nombre d’individus florifères dès le 17e mois après la germination (Knopp, comm. pers., 2016a).
Physiologie et adaptabilité
Le fait que la cimicaire élevée connaît des cycles de progression et de régression (Kaye, 2000; Mayberry et Elle, 2010) lui confère apparemment un avantage dans les forêts anciennes, où le régime de perturbations est caractérisé par des ouvertures de courte durée et une faible fréquence des phénomènes causant la destruction des peuplements.
La longue durée de vie de certaines herbacées, comme la cimicaire élevée, dans les forêts matures réduit leur dépendance à l’égard de la fécondité et accroît leur probabilité de persistance à l’échelle locale malgré la variabilité environnementale. Il s’agit d’une bonne stratégie pour éviter les disparitions à l’échelle locale causées par un recrutement imprévisible et rare ainsi que d’importantes fluctuations des populations (Garcia et al., 2008).
Dispersion
Les graines ont un diamètre d’environ 2 mm, sont relativement lourdes et n’ont aucune structure évidente favorisant la dispersion. Elles ont tendance à rester à quelques mètres seulement de la plante mère (Kaye et Kirkland, 1994; Wentworth, 1996), mais Knopp (comm. pers., 2015) est d’avis que le castor de montagne (Aplodontia rufa) pourrait constituer un agent de dispersion secondaire, transportant des graines de façon accessoire pendant qu’il transporte du feuillage vers son terrier. Les sous-populations de cimicaire à grappes, une espèce étroitement apparentée et semblable, croissent et migrent très lentement (Matlack, 1994), et il pourrait en être de même de la cimicaire élevée.
Relations interspécifiques
Voir la sous-section Espèces envahissantes ou autrement problématiques de la section Menaces pour une analyse de l’herbivorie, voir la section Biologie – Dispersion pour une analyse du rôle possible du castor de montagne en tant qu’agent de dispersion secondaire, et voir la section Menaces pour une analyse de la concurrence et de la suppression des incendies.
Taille et tendances de la population
Activités et méthodes d’échantillonnage
Le temps consacré à la recherche de la cimicaire élevée est abordé dans la sous-section Activités de recherche de la section Aire de répartition. Les relevés sur le terrain visant la cimicaire élevée sont complexes. La plupart des sous-populations consistent en de petites colonies éparses. Une colonie compte habituellement 1 à 5 individus, mais certaines sont beaucoup plus grandes. Nombre de colonies ne comptent aucun individu florifère. Dans de telles situations, la cimicaire élevée peut être difficile à distinguer de l’actée rouge (Actaea rubra), qui est plus fréquente (voir la sectionLe temps consacré à la recherche de la cimicaire élevée est abordé dans la sous-section Activités de recherche de la section Aire de répartition. Les relevés sur le terrain visant la cimicaire élevée sont complexes. La plupart des sous-populations consistent en de petites colonies éparses. Une colonie compte habituellement 1 à 5 individus, mais certaines sont beaucoup plus grandes. Nombre de colonies ne comptent aucun individu florifère. Dans de telles situations, la cimicaire élevée peut être difficile à distinguer de l’actée rouge (Actaea rubra), qui est plus fréquente (voir la section Description morphologique).
Très peu de nouveaux individus ont été observés en 2015, ce qui suggère que les données obtenues au cours des années précédentes représentent la majorité de la population actuelle. Entre la fin de juillet et le début d’octobre 2015, environ 140 heures ont été consacrées au relevé et à la documentation des sous-populations du mont Elk et du mont Vedder nord et sud. Quelques mentions antérieures de la cimicaire élevée au mont Elk n’ont pu être vérifiées en 2015 pour des raisons de sécurité. Les sites manqués représentent moins de 5 % des sites connus antérieurement pour le mont Elk (Knopp, comm. pers., 2016a).
Les relevés ont été réalisés entre la fin de juillet et le début d’octobre en 2015, ce qui correspond à la période de relevé optimale pour l’espèce puisque les individus avaient atteint leur taille maximale et les individus qui avaient fleuri portaient alors des fleurs ou des fruits (D. Knopp, comm. pers., 2016a).
Tous les individus observés ont été dénombrés en fonction des classes de maturité ou de taille suivantes :
Très peu de nouveaux individus ont été observés en 2015, ce qui suggère que les données obtenues au cours des années précédentes représentent la majorité de la population actuelle. Entre la fin de juillet et le début d’octobre 2015, environ 140 heures ont été consacrées au relevé et à la documentation des sous-populations du mont Elk et du mont Vedder nord et sud. Quelques mentions antérieures de la cimicaire élevée au mont Elk n’ont pu être vérifiées en 2015 pour des raisons de sécurité. Les sites manqués représentent moins de 5 % des sites connus antérieurement pour le mont Elk (Knopp, comm. pers., 2016a).
Les relevés ont été réalisés entre la fin de juillet et le début d’octobre en 2015, ce qui correspond à la période de relevé optimale pour l’espèce puisque les individus avaient atteint leur taille maximale et les individus qui avaient fleuri portaient alors des fleurs ou des fruits (D. Knopp, comm. pers., 2016a).
Tous les individus observés ont été dénombrés en fonction des classes de maturité ou de taille suivantes :
- Individus porteurs de fruits;
- Individus en fleur;
- Individus à tiges reproductives, mais dont les fruits ou les fleurs ont été consommés par des animaux;
- Individus non reproducteurs de grande taille avec trois feuilles de pleine grandeur ou plus;
- Juvéniles avec moins de trois feuilles ou avec des feuilles beaucoup plus petites que celles observées chez les individus florifères.
Les estimations de la taille des sous-populations (nombre d’individus matures) présentées dans le présent rapport sont des dénombrements des individus matures et reproducteurs (florifères ou fructifères) et ne comprennent pas les individus non reproducteurs.
Les terriers de castors de montagne relevés à proximité de colonies de cimicaire élevée ont été pris en note (puisque le castor de montagne pourrait constituer un agent de dispersion secondaire). Les signes de perturbation par l’exploitation forestière, l’utilisation de vélos de montagne et d’autres activités humaines ont également été consignés, tout comme la présence et l’identité des espèces végétales envahissantes lorsque celles-ci étaient abondantes (Knopp, comm. pers., 2016a).
Abondance
Les données sur l’abondance de la cimicaire élevée dans chaque sous-population sont présentées au tableau 1. Dans le cadre des relevés les plus récents visant les sous-populations existantes, environ 250 (de 243 à 264) individus florifères ou fructifères ont été observés. La répartition des classes d’âge pendant des années consécutives dans deux des plus grandes sous-populationsNote de bas de page 1 de la Colombie-Britannique suggère que la majorité des grands individus sans fleurs ou fruits ne produisent pas de fleurs l’année suivante; ils régressent souvent pour devenir de petits individus sans fleurs ou fruits ou dormants (Mayberry et Elle, 2010). Pour cette raison, les grands individus sans fleurs ou fruits n’ont pas été inclus dans l’estimation des individus matures. Deux des sous-populations restantes comptent moins de dix individus matures.
Fluctuations et tendances
Les tendances des populations ne sont pas bien comprises pour les trois raisons suivantes : 1) les observations sont trop peu nombreuses pour distinguer les tendances de la variabilité naturelle; 2) certaines mentions ne font pas de distinction entre les individus matures et immatures; 3) dans certaines régions, une augmentation apparente du nombre d’individus observés peut découler de la découverte de nouvelles colonies de cimicaire élevée.
Une analyse démographique de deux des plus grandes sous-populations (mont Elk et mont Vedder sud) a révélé que les deux sous-populations étaient en déclin. Leur taux de croissance (λ) a été estimé respectivement entre 0,94 et 0,98 et entre 0,86 et 0,87 (Mayberry et Elle, 2010).
Les fluctuations et les tendances à long terme des populations peuvent également être brouillées par la dynamique de formation et de disparition des ouvertures dans le couvert, qui semble entraîner des changements dans la taille (et peut-être dans le nombre) de colonies de cimicaire élevée.
Fragmentation grave
La majorité des individus font partie de petites sous-populations susceptibles de disparaître. Comme cela a été mentionné plus tôt, les taux de croissance des deux plus grandes sous-populations indiquent un déclin. L’UICN (IUCN, 2016) définit une population gravement fragmentée comme étant une population dont la majorité des individus font partie de petites sous-populations relativement isolées, ce qui accroît le risque de disparition.
Selon le COSEPAC, pour qu’une population soit considérée comme étant gravement fragmentée, plus de la moitié de la zone d’occupation totale doit se trouver dans des parcelles d’habitat qui sont : 1) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et 2) séparées d’autres parcelles d’habitat par une grande distance. Le tableau 2 présente la superficie de l’habitat essentiel cartographié dans le programme de rétablissement (Environment and Climate Change Canada, 2017). La cartographie de l’habitat essentiel comprend tous les sites connus de la cimicaire élevée avec une zone tampon de 200 m autour de chaque sous-population. Les deux plus grandes sous-populations, soit celle du du mont Vedder sud et celle mont Elk, occupent respectivement 12 et 22 % de la superficie de l’habitat essentiel. Bien que ces deux sous-populations soient en déclin, celle du mont Elk est potentiellement viable (λ près de 1). Si la sous-population du mont Elk est la seule sous-population viable, cela signifie que 78 % de la zone d’occupation consiste en des parcelles d’habitat trop petites pour soutenir une population viable. Trail et al. (2007) ont effectué une méta-analyse des études sur la population minimale viable et ont trouvé que chez les espèces végétales (22 études), la population minimale viable médiane est de 4 824, avec un intervalle de confiance à 95 % de 2 512 à 15 992. Le nombre total d’individus de toute taille de la cimicaire élevée au Canada est de 1 558, ce qui est considérablement inférieur à la population minimale viable.
| Sous-population | Hectares d’habitat essentiel (y compris la zone tampon) | Pourcentage de la superficie totale | Nombre d’individus matures le plus élevé |
|---|---|---|---|
| Mont Vedder sud | 160 | 12 % | 112 |
| Mont Elk | 292 | 22 % | 77 |
| Mont Vedder nord | 577 | 44 % | 53 |
| Mont Thom | 40 | 3 % | 2 |
| OPSEE est et ouest | 197 | 15 % | 18 |
| Ruisseau Chipmunk | 20 | 2 % | 0 |
| Partie amont du ruisseau Tamihi | 20 | 2 % | 0 |
| Totaux | 1 306 | 100 % | 262 |
Le tableau 3 présente la distance entre diverses paires de sous-populations. Puisque la cimicaire élevée semble migrer très lentement et puisque l’habitat entre certaines sous-populations n’est pas convenable, la combinaison de la distance et de l’habitat limiterait la recolonisation de parcelles d’habitat. Le programme de rétablissement (Environment and Climate Change Canada, 2017) appuie cette hypothèse : « ... de l’habitat connectif additionnel de plus grande échelle entre les populations de cimicaire élevée est nécessaire, pour la dispersion et la dynamique des populations et pour permettre aux populations de s’adapter à la modification des conditions de l’habitat associée au changement climatique et/ou aux menaces locales. »
Selon les meilleures données disponibles, la population canadienne de cimicaire élevée est gravement fragmentée.
| Sous-population | Distance (km) | Sous-population la plus près |
|---|---|---|
| Mont Vedder sud | 4,0 | Mont Vedder nord |
| Mont Thom | 8,8 | Mont Elk |
| OPSEE est | 1,5 | OPSEE ouest |
| OPSEE est | 4,1 | Mont Thom |
Immigration de source externe
La sous-population la plus près aux États-Unis est située sur le mont Vedder, à quelques kilomètres au sud de la sous-population canadienne. Une immigration de source externe est donc plausible, malgré le fait que le taux de migration de la cimicaire élevée est probablement faible (voir la section Biologie –Dispersion).
Menaces et facteurs limitatifs
Menaces
Cette section décrit les menaces auxquelles est exposée la cimicaire élevée dans le cadre établi par le système unifié de classification des menaces proposé par l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Partenariat pour les mesures de conservation (Master et al., 2009). Dans ce cadre, les menaces sont classées dans de grandes catégories et l’impact de chacune des menaces est pris en considération en fonction de sa portée (proportion de la population totale ou des occurrences confrontées à la menace au cours des dix prochaines années), de sa gravité (niveau de dommage à l’espèce relatif à la portée de la menace; coté selon l’impact probable sur la population au cours des dix prochaines années ou trois prochaines générations) et de son immédiateté (dans le passé, en continu ou dans le futur). L’impact global des menaces calculé et attribué est élevé (annexe 1).
Espèces envahissantes ou autrement problématiques (UICN 8.1 et 8.2)
Les espèces envahissantes ou autrement problématiques constituent une menace à impact élevé pour la cimicaire élevée. Les espèces herbacées exotiques, comme l’impatiente à petites fleurs (Impatiens parviflora) [Fairbarns, obs. pers.], la laitue des murailles (Mycelis muralis) et le géranium de Robert (Geranium robertianum), peuvent prévenir l’établissement et la multiplication de la cimicaire élevée. Les grands arbustes exotiques à croissance rapide, comme la ronce discolore (Rubus armeniacus), peuvent étouffer de leur ombre la cimicaire élevée (Fairbarns, obs. pers.). Ces espèces envahissantes se propagent le long des chemins forestiers, dans les fossés et dans les sites d’exploitation forestière, en particulier quand des perburations récentes ne sont pas rapidement suivies d’activités de plantation ou d’ensemencement. Les traitements sylvicoles post-exploitation forestière peuvent également donner lieu à une concurrence forte entre les espèces indigènes (D. Knopp, obs. pers.).
Les herbivores indigènes peuvent imposer un stress aux sous-populations de cimicaire élevée. Le cerf, le wapiti de Roosevelt (Cervus canadensis roosevelti) et le castor de montagne peuvent se nourrir de la cimicaire élevée (Kaye et Cramer, 2002). Dans des études réalisées aux États-Unis, Kaye (2000; 2001a; 2001b; 2001c) fait état de taux de broutage élevés pour certaines sous-populations certaines années.
Les populations dans les peuplements de feuillus au mont Vedder sont plus broutées et ont un taux de reproduction plus élevé, mais elles ont aussi un plus fort taux de mortalité, ainsi que des feuilles nettement plus petites, que la population dans le peuplement de conifères au mont Elk.
Zones récréatives (UICN 1.3)
L’aménagement de zones récréatives sur les monts Vedder et Elk est de plus en plus préoccupant. De nouveaux sentiers traversant plusieurs sites de cimicaire élevée ont endommagé l’habitat et ont mené à la perte d’individus de l’espèce. L’aménagement de pistes de motocross est un problème au site d’occurrence historique du mont Sumas, où la végétation au sol est souvent complètement éradiquée, des arbres sont abattus pour franchir des obstacles, etc.
Routes (UICN 4.1 et 7.3)
La construction, l’amélioration et l’entretien des routes constituent une menace à impact modéré direct ou indirect pour la cimicaire élevée. La menace directe découle de l’entretien des routes, comme cela a été observé sur le mont Vedder, où les activités d’entretien des routes ont endommagé des individus de l’espèce en 2016 (D. Knopp, obs. pers.). Les répercussions indirectes de la construction, de l’amélioration et de l’entretien des routes comprennent l’introduction d’espèces envahissantes (voir plus haut), un accès accru pour les adeptes d’activités récréatives comme la randonnée et l’utilisation de vélos de montagne et de véhicules hors route (voir plus bas), la modification du caractère convenable de l’habitat en raison des changements microclimatiques et hydrologiques découlant de la construction de ponceaux, ainsi que les conséquences de l’élimination du couvert forestier.
Aménagement de zones touristiques et récréatives
Une nouvelle route sur le mont Elk, ainsi que de nombreuses voies d’accès construites illégalement sur le mont Vedder, ont fourni un accès à des randonneurs, à des cyclistes en vélo de montagne, à des campeurs et à des conducteurs de motocross, de véhicules hors route et de véhicules tout-terrain. L’aménagement et l’utilisation de sentiers peuvent endommager des individus de l’espèce (D. Knopp, obs. pers.). Puisque la population humaine de la vallée du Fraser continue de croître rapidement, en particulier à Chilliwack et à Abbotsford et à proximité de ces villes, le nombre de sentiers et de personnes qui utilisent ceux-ci devrait continuer de croître et pourrait constituer une menace à impact faible mais important pour la cimicaire élevée.
Pollution liée à l’agriculture et à la foresterie (UICN 9.3)
La dérive de pulvérisation découlant de traitements herbicides à proximité constitue une menace à impact direct mais faible. La sous-population du mont Elk a été exposée à la dérive de glyphosate pulvérisé aux fins de contrôle de la végétation en bordure de routes (Barsanti et al., 2007). Les herbicides utilisés pour l’entretien des routes, l’agriculture, la lutte contre des espèces envahissantes et la sylviculture sont préoccupants à plusieurs autres sites, en particulier ceux des sous-populations du mont Vedder. Les sous-populations de la partie amont du ruisseau Tamihi, du ruisseau Chipmunk et du secteur d’entraînement des OPSEE est et ouest peuvent également être exposées à la dérive d’herbicides associés à l’utilisation des terres adjacentes à des fins agricoles, à la proximité de routes et aux traitements sylvicoles. La menace que constitue la dérive de pulvérisation dépend de la pente et de la direction du vent.
Autres menaces
Cinq autres menaces ont été cernées, mais leur impact a été jugée négligeable : 1) la cueillette de plantes terrestres aux fins de culture de plantes indigènes et de phytothérapie (UICN 5.2); 2) l’exploitation forestière et la récolte du bois (UICN 5.3); 3) les intrusions et perturbations humaines comme les activités récréatives hors sentier (UICN 6.1); 4) les zones résidentielles et urbaines (UICN 1.1); 5) les glissements de terrain (UICN 10.3).
La suppression des incendies (UICN 7.1) a été jugée comme étant une menace pour la cimicaire élevée aux États-Unis (Kaye, 2000) et au Canada (Penny et Douglas, 2001), mais son impact est inconnu. Kaye (2000) suggère que les incendies peuvent réduire la concurrence, augmenter la luminosité et créer un afflux d’éléments nutritifs qui permettraient à la cimicaire élevée d’atteindre des densités maximales. La cimicaire élevée semble tolérer au moins certains régimes d’incendies; Alverson (1986) et Wentworth (1994) ont trouvé de grandes populations de cimicaire élevée dans certaines régions où des incendies sont survenus. Des incendies fréquents à faible intensité peuvent prévenir l’accumulation de charges de combustibles importantes. Par ailleurs, les zones d’accumulation de combustibles sont plus susceptibles de connaître des incendies de grande intensité peu fréquents qui peuvent tuer les graines et les rhizomes ainsi que donner lieu au déclin de populations, mais la tolérance de la cimicaire élevée aux incendies intenses n’a pas été étudiée et son aire de répartition en Colombie-Britannique est caractérisée par des incendies de grande intensité rares et à petite échelle (B.C. Ministry of Forests, 1995). Les sous-populations de cimicaire élevée dans la vallée de la rivière Chilliwack ont persisté malgré un incendie important qui a ravagé une bonne partie de la région en 1938 et qui pourrait avoir touché des zones comptant aujourd’hui des colonies de cimicaire élevée (Chilliwack Forest District, 2003).
Les exercices militaires (UICN 6.2) constituent une menace inconnue dans le secteur d’entraînement des OPSEE. Ce secteur est utilisé aux fins de formation à pied sur le terrain, mais les effets sur les végétaux n’ont pas été établis clairement.
Les changements climatiques (en particulier une augmentation des sécheresses —UICN 11.2) pourraient constituer une menace pour la population canadienne de cimicaire élevée, mais on ne connaît pas la gravité des effets des phénomènes liés aux changements climatiques au cours des dix prochaines années ou trois prochaines générations.
Dans l’ensemble, la population canadienne de cimicaire élevée fait face à un niveau de menace global élevé en raison des impacts associés à de multiples menaces de divers ordres de grandeur.
Facteurs limitatifs
Plusieurs des sous-populations sont petites et très éloignées les unes des autres, ce qui fait qu’elles sont particulièrement vulnérables à un effondrement démographique en cas de perturbations naturelles ou d’origine humaine (Whitlock et McCauley, 1990; Byers et Waller, 1999).
Au fil de l’augmentation de la fragmentation du paysage dans l’aire de répartition de la cimicaire élevée, par l’exploitation forestière, l’agriculture, les activités récréatives et le développement résidentiel, la faible capacité de dispersion de l’espèce vers de nouveaux milieux est réduite par les perturbations qui se produisent dans les zones occupées actuellement.
Nombre de localités
Si l’on suppose que chaque sous-population disparue consistait en une seule localité, il y avait 20 localités historiques, dont 18 ont été découvertes au cours des trois dernières générations (dans les 60 à 90 dernières années).
On compte actuellement 13 localités existantes de cimicaire élevée au Canada, selon la combinaison des menaces et des mesures de protection et de gestion des terres. Les localités sont les suivantes :
- Mont Vedder nord (2 localités)
- terres publiques provinciales dans des aires d’habitat d’espèces sauvages, où la protection de la cimicaire élevée fait l’objet de dispositions spéciales
- terres publiques provinciales à l’extérieur des aires d’habitat d’espèces sauvages
- Mont Vedder sud (3 localités)
- terres publiques provinciales dans des aires d’habitat d’espèces sauvages
- terres publiques provinciales à l’extérieur des aires d’habitat d’espèces sauvages
- terres privées
- Mont Elk (4 localités)
- terres publiques provinciales dans des aires d’habitat d’espèces sauvages
- terres publiques provinciales à l’extérieur des aires d’habitat d’espèces sauvages
- terre à bois de Premières Nations
- terres municipales
- Mont Thom (2 localités)
- terres publiques provinciales (aucune dans des aires d’habitat d’espèces sauvages)
- terres municipales (parc)
- OPSEE est (1 localité)
- terres à bail fédéral détenues par le ministère de la Défense nationale
- OPSEE ouest (1 localité)
- terres à bail fédéral détenues par le ministère de la Défense nationale
Protection, statuts et classements
Statuts et protection juridiques
En Colombie-Britannique, il n’existe aucune loi distincte permettant de protéger les sous-populations d’espèces en péril sur le territoire non domanial.
La cimicaire élevée a été désignée « espèce en voie de disparition » (COSEWIC, 2001); elle est protégée sur le territoire domanial aux termes de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral, et cette loi offre une protection de base à l’espèce sur les terres autres que fédérales.
Une équipe de rétablissement a préparé un plan de rétablissement de la cimicaire élevée pour le Ministry of Environment de la Colombie-Britannique en 2014, et ce plan est inclus dans le programme de rétablissement de la cimicaire élevée (Environment and Climate Change Canada, 2017). Le but du programme est le suivant : « S’assurer que le nombre de populations ainsi que la qualité et la quantité de l’habitat occupé restent stables ou augmentent dans l’aire de répartition existante de la cimicaire élevée et, si possible, rétablir des populations additionnelles et restaurer de l’habitat connectif dans l’aire de répartition historique de la cimicaire élevée en Colombie-Britannique. »
Les dispositions suivantes sont en vigueur pour protéger l’habitat de la cimicaire élevée sur les terres publiques au Canada (Environment and Climate Change Canada, 2017) :
- La cimicaire élevée est désignée comme espèce dont la gestion nécessite une attention particulière afin d’atténuer les répercussions des activités d’exploitation forestière ou de pâturage en vertu de la Forest and Range Practices Act (FRPA) ou des activités pétrolières et gazières en vertu de l’Oil and Gas Activities Act (OGAA).
- Sept aires d’habitat d’espèces sauvages ont été établies dans le district forestier de Chilliwack en 2007 pour protéger la cimicaire élevée.
- À ce jour, 71 ha sur 348 d’habitat de survie décrit dans le programme de rétablissement sont protégés à titre d’aires d’habitat d’espèces sauvages (B.C. Ministry of Environment, 2016).
- Le British Columbia Conservation Corps effectue un suivi écologique à plusieurs sites afin d’obtenir des données de référence pour faire un suivi des répercussions de l’exploitation forestière (Iredale et Barsanti, 2006; Barsanti et al., 2007).
- De la cartographie prédictive de l’habitat de l’espèce dans la vallée du bas Fraser, au sud du fleuve, a été réalisée.
Statuts et classements non juridiques
En 2015, NatureServe (2015) a attribué à la cimicaire élevée la cote G4 (non en péril à l’échelle mondiale). Au Canada, l’espèce a la cote N1 (gravement en péril) (NatureServe, 2015) et sa situation générale est classée 1 (en péril) (Canadian Endangered Species Conservation Council, 2011).
En Colombie-Britannique, la cimicaire élevée est classée S1 (gravement en péril). Elle est une espèce de priorité 1 au titre du Cadre de conservation de la Colombie-Britannique (But 1 : participer aux programmes mondiaux de conservation des espèces et des écosystèmes; But 3 : maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes). Elle est inscrite à la liste rouge de la Colombie-Britannique, qui comprend les espèces désignées comme « en voie de disparition », « menacées » ou « disparues ». L’inclusion d’une espèce sur la liste rouge ne lui confère pas de protection juridique (BC CDC, 2015).
La cimicaire élevée est classée S3 (vulnérable) dans l’État de Washington (NatureServe, 2015) et S4 en Oregon, où il y a 237 occurrences connues et un total de plus de 50 000 individus (Oregon Biodiversity Information Center, 2013; L. Wise, comm. pers. 2018).
Protection et propriété de l’habitat
La propriété des terres est résumée dans le tableau 1. Les sous-populations du secteur d’entraînement des OPSEE sont présentes sur des terres publiques provinciales louées par le ministère de la Défense nationale, et une partie de la sous-population du mont Elk est présente sur une terre à bois de Premières Nations. Les autres sous-populations sont présentes sur des terres non fédérales.
Remerciements et experts contactés
Rose et Brian Klinkenberg (Université de la Colombie-Britannique) ainsi que Jenifer Penny et Marta Donovan (BC Conservation Data Centre) ont fourni des renseignements généraux utiles.
Experts contactés
Rhonda L. Millikin, chef par intérim, Évaluation des populations, Centre de recherche sur la faune du Pacifique, Service canadien de la faune, Environnement et Changement climatique Canada, Delta (Colombie-Britannique).
Jennifer Doubt, gestionnaire principale des collections – Botanique, Musée canadien de la nature, Ottawa (Ontario).
Jennifer Rowland, directrice, Infrastructure et environnement, Protection et gérance de l’environnement, ministère de la Défense nationale, Canada.
Patrick Nantel, biologiste de la conservation, Programme des espèces en péril, Direction de l’intégrité écologique, Agence Parcs Canada, Gatineau (Québec).
David F. Fraser, Endangered Species Specialist, Ecosystem Branch, Conservation Planning Section, Ministry of Environment, gouvernement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).
Jenifer Penny, botaniste, British Columbia Conservation Data Centre, Victoria (Colombie-Britannique).
Sources d’information
Alverson, E. 1986. Status report on Cimicifuga elata. Washington Natural Heritage Program. Inédit.
Barsanti, J., N. Sands, S. Pinkus et J. Neilson. 2007. Survey and mapping of tall bugbane (Actaea elata [Nutt.] Prantl) in the Fraser Valley, British Columbia, Canada. British Columbia Conservation Corps for British Columbia Ministry of Environment and British Columbia Conservation Foundation. ex Tall Bugbane Recovery Team 2014.
Baskin, J.M. et C.C. Baskin. 1985. Epicotyl Dormancy in Seeds of Cimicifuga racemosa and Hepatica acutiloba. Bulletin of the Torrey Botanical Club 112:253-257.
BC CDC. 2016. British Columbia Species and Ecosystems Explorer. British Columbia Ministry of Environment. Victoria, British Columbia. [consulté le 12 mars 2016]. (en anglais seulement)
B.C. Ministry of Forests. 1995. Biodiversity guidebook. [consulté le 11 juillet 2012]. (en anglais seulement)
Burrell, C.C. 1999. The soaring Cimicifugas. Horticulture 96:48.
Byers, D.L. et D.M. Waller. 1999. Do plant populations purge their genetic load? Effects of population size and mating history on inbreeding depression. Annual Review of Ecology and Systematics 30:479–513.
Canadian Endangered Species Conservation Council. 2011. Wild Species 2010: The General Status of Species in Canada. [consulté le 16 mars 2016]. [Également disponible en français : Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril. 2011. Espèces sauvages 2010 : la situation générale des espèces au Canada.]
Chilliwack Forest District. 2003. 1:75 000 map showing the fire history of the Chilliwack Landscape Unit. February 26, 2003. British Columbia Ministry of Forests, Chilliwack, BC.
Compton, J.A., A. Culham et S.L. Jury. 1998. Reclassification of Actaea to include Cimicifuga and Souliea (Ranunculaceae): Phylogeny inferred from morphology, nrDNA ITS, and cpDNA trnL-F sequence variation. Taxon 47:593–634.
Consortium of Pacific Northwest Herbaria. 2016. Specimen data for Actaea elata. University of Washington Herbarium, The Burke Museum of Natural History and Culture. Seattle, WA. Site Web : [consulté le 1er février 2016]. (en anglais seulement)
COSEWIC. 2001. COSEWIC assessment and status report on the tall bugbane Cimicifuga elata in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. vi + 14 pp. [Également disponible en français : COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la cimicaire élevée (Cimicifuga elata) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vi + 17 p.]
Environment and Climate Change Canada. 2017. Recovery Strategy for the Tall Bugbane (Actaea elata) in Canada. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Environment and Climate Change Canada, Ottawa. 2 parts, 15 pp. + 43 pp. [Également disponible en français : Environnement et Changement climatique Canada. 2017. Programme de rétablissement de la cimicaire élevée (Actaea elata) au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa, 2 parties, 16 p. + 48 p.]
Garcia, M.B., F.X. Pico et J. Ehrlen. 2008. Life span correlates with population dynamics in perennial herbaceous plants. American Journal of Botany 95:258-262.
Hitchcock, C.L., A. Cronquist, M. Ownbey et J.W. Thompson. 1964. Vascular Plants of the Pacific Northwest, Part 2. University of Washington Press, Seattle, WA. 597 pp.
Iredale, F. et J. Barsanti. 2006. Inventory and mapping of historical and confirmed tall bugbane (Actaea elata) stations within the Chilliwack Forest District. Rapport inédit de British Columbia Conservation Corps and British Columbia Min. Environ., Surrey, British Columbia. ex Tall Bugbane Recovery Team 2014.
IUCN Standards and Petitions Subcommittee. 2016. Guidelines for Using the IUCN Red List Categories and Criteria (PDF). Version 12. Prepared by the Standards and Petitions Subcommittee.[consulté le 6 avril 2016]. (en anglais seulement)
Kaye, T.N. 1994. Cimicifuga elata – Tall Bugbane. Kalmiopsis:28–29.
Kaye, T.N. 1995. Cimicifuga elata: some comments on its ecology and distribution. Botanical Electronic News 121. December 9, 1995. [consulté le 3 février 2016]. (en anglais seulement)
Kaye, T.N. 2000. Population dynamics of tall bugbane and effects of forest management. Rapport inédit de U.S. Department of Interior, Bureau of Land Management, U.S. Dep. Agric. For. Serv., and Oregon Dep. Agric., Plant Conservation Biology Program.
Kaye, T.N. 2001a. Propagation and population re-establishment for tall bugbane (Cimicifuga elata) on the Salem District, Bureau of Land Management. Second year report. Bureau of Land Management and Institute for Applied Ecology.
Kaye, T.N. 2001b. Population viability analysis of endangered plant species: an evaluation of stochastic methods and an application to a rare prairie plant. Mémoire de doctorat. Oregon State University.
Kaye, T.N. 2001c. Cimicifuga elata Population monitoring in Medford District, Bureau of Land Management. U.S. Department of Interior, Bureau of Land Management and Institute for Applied Ecology. Department. of Agriculture, U.S. Department of Interior, Bureau of Land Management, and the U.S. Department of Agriculture, Forest Service.
Kaye, T.N. et J. Cramer. 2002. Cimicifuga elata population monitoring, Medford District, BLM. Progress report. U.S. Department of Interior, Bureau of Land Management, Medford District and Institute for Applied Ecology.
Kaye, T.N. et M. Kirkland. 1994. Cimicifuga elata: status, habitat analysis, monitoring, inventory and effects of timber management. Final report. Oregon Department of Agriculture, Salem, Oregon.
Kaye, T.N. et M. Kirkland. 1999. Effect of timber harvest on Cimicifuga elata, a rare plant of western forests. Northwest Science 73:159-167.
Kaye, T.N. et D.A. Pyke. 2003. The effect of stochastic technique on estimates of population vability from transition matrix models. Ecology 84:1464-1476.
Kaye, T., comm. pers. 2016. Correspondance par courriel adressée à M. Fairbarns, janvier 2016, Executive Director, Institute for Applied Ecology, Corvallis (Oregon).
Klinkenberg, B. 2005. Predictive mapping on potential habitat for Tall Bugbane (Actaea elata) in British Columbia. Rapport inédit de BC Min. Environ. and the National Tall Bugbane Recovery Team.
Klinkenberg, Brian. (Editor) 2013. E-Flora BC: Electronic Atlas of the Flora of British Columbia. Lab for Advanced Spatial Analysis, Department of Geography, University of British Columbia, Vancouver.[consulté le 1er février 2016]. (en anglais seulement)
Knopp, D., comm. pers. 2003. Correspondance par courriel adressée à Jenifer Penny, B.C. Conservation Data Centre, 7 janvier 2003.
Knopp, D., comm. pers. 2015. Conversation avec M. Fairbarns, juillet 2015, membre de l’Équipe de rétablissement de la cimicaire élevée.
Knopp, D., comm. pers. 2016a. Conversation téléphonique avec M. Fairbarns, février 2016, membre de l’Équipe de rétablissement de la cimicaire élevée.
Knopp, D., comm. pers. 2016b. Conversation téléphonique avec M. Fairbarns et d’autres personnes, 20 octobre 2016, membre de l’Équipe de rétablissement de la cimicaire élevée.
Liston, A. et S. Gray. 1998. Conservation genetics of Cimicifuga elata: results from the 1997 population samples. Oregon State Univ., U.S. Department of Interior, Bureau of Land Management and U.S. Department of Agriculture, Forest Service. Rapport inédit.
Master, L., D. Faber-Langendoen, R. Bittman, G.A. Hammerson, B. Heidel, J. Nichols, L. Ramsay et A. Tomaino. 2009. NatureServe conservation status assessments: factors for assessing extinction risk. NatureServe, Arlington, Virginia. [consulté en septembre 2015].
Matlack, G. 1994. Plant species migration in a mixed-history forest landscape in Eastern North America. Ecology 75:1491-1502.
Mayberry, R.J. 2008. The effect of environmental variation on the distribution, reproduction, and demography of a rare understory plant. Mémoire de maîtrise. Simon Fraser University, Burnaby, British Columbia.
Mayberry, R.J. et E. Elle. 2010. Conservation of a rare plant requires different methods in different habitats: demographic lessons from Actaea elata. Oecologia (4)164:1121–1130.
NatureServe. 2015. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application en ligne]. Version 7.1. NatureServe, Arlington, Virginia. [consulté le 10 mars 2016]. (en anglais seulement)
Oregon Biodiversity Information Center. 2013. Rare, Threatened and Endangered Vascular Plant Species of Oregon (PDF). 42 pp. [consulté le 1er février 2018]. (en anglais seulement)
Pellmyr, O. 1986. The pollination ecology of two nectarless Cimicifuga sp. (Ranunculaceae) in North America. Nordic Journal of Botany 6:1756-1051.
Penny, J.L. et G.W. Douglas. 2001. COSEWIC assessment and status report on the tall bugbane Cimicifuga elata in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. 1-14 pp. [Également disponible en français : Penny, J.L. et G.W. Douglas. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la cimicaire élevée (Cimicifuga elata) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, pages 1-17.]
Ramsey, G.W. 1987. Morphological considerations in the North American Cimicifuga (Ranunculaceae). Castanea 52:129–41. Site Web : University of Victoria - Libraries [consulté le 27 avril 2015]. (en anglais seulement)
Trail, L.W., C.J.A. Bradshaw et B.W. Brook. 2007. Minimum viable population size: a meta-analysis of 30 years of published estimates. Biological Conservation 139:159-166.
Tall Bugbane Recovery Team. 2014. Recovery plan for tall bugbane (Actaea elata) in British Columbia. Prepared for the British Columbia Ministry of Environment, Victoria, British Columbia. 43 pp. [Également disponible en français : Équipe de rétablissement de la cimicaire élevée. 2014. Plan de rétablissement de la cimicaire élevée (Actaea elata var. elata) en Colombie-Britannique. Préparé par l'Équipe de rétablissement de la cimicaire élevée pour le ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique. Victoria, Colombie-Britannique. 48 p.]
Welstead, K., comm. pers. 2016. Correspondance par courriel adressée à Dave Fraser, 27 octobre 2016, Ecosystem Biologist, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique.
Wentworth, J. 1996. Report on the status in Washington of Cimicifuga elata Nutt. Washington Natural Heritage Program, Olympia, Washington. Inédit.
Whitlock, M.C. et D.E. McCauley. 1990. Some population genetic consequences of colony formation and extinction: Genetic correlations within founding groups. Evolution 44:1717-1724.
Whittemore, A.T. et B.D. Parfitt / Flora of North America Editorial Committee, eds. 1997. Flora of North America North of Mexico, vol. 3: Magnoliophyta: Magnoliidae and Hamamelidae. Oxford University Press. [consulté le 27 avril 2015]. (en anglais seulement)
Wise, L., comm. pers. 2018. Correspondance par courriel adressée à Matt Fairbarns, 2 février 2018, Oregon Biodiversity Information Center.
Sommaire biographique des rédactrices du rapport
Matt Fairbarns est titulaire d’un baccalauréat ès sciences avec spécialisation en botanique de l’Université de Guelph (1980). Depuis environ 30 ans, son travail porte sur les espèces rares ainsi que sur la cartographie, l’inventaire et la conservation des écosystèmes de l’Ouest canadien.
Denis Knopp est membre de l’Équipe de rétablissement de la cimicaire élevée et un spécialiste de la répartition et de l’écologie de la cimicaire élevée au Canada.
Collections examinées
Les collections de l’herbier du Royal British Columbia Museum (V) ont été examinées. Les renseignements tirés des collections de l’herbier de l’Université de la Colombie-Britannique proviennent de Klinkenberg (2013) et du Consortium of Pacific Northwest Herbaria (2016).
Annexe 1. Tableau d’évaluation des menaces.
Tableau d’évaluation des menaces
- Nom scientifique de l’espèce ou de l’écosystème :
- Cimicaire élevée (Actaea elata)
- Date :
- 20/10/2016
- Évaluateur(s) :
- Del Meidinger, Matt Fairbarns, Bruce Bennett, Denis Knopp, Dave Fraser, Andy MacKinnon, Daniel Brunton, James Pojar, Brenda Costanzo, Jenifer Penny, Joanna James
- Références :
- Information initiale tirée du plan de rétablissement de la Colombie-Britannique (BC, 2014) et du programme de rétablissement aux termes de la LEP (Canada, 2016)
| Impact des menaces (descriptions) | Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact : Maximum de la plage d’intensité |
Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact : Minimum de la plage d’intensité |
|---|---|---|
| A (Très élevé) | 0 | 0 |
| B (Élevé) | 1 | 1 |
| C (Moyen) | 1 | 0 |
| D (Faible) | 3 | 4 |
| Impact global des menaces calculé : | Élevé | Élevé |
- Valeur de l’impact global attribuée :
- B = Élevé
- Ajustement de la valeur de l’impact – justification :
- Sans objet
- Impact global des menaces – commentaires :
- Durée d’une génération : de 20 à 30 ans
| Numéro | Menace | Impact (calculé) |
Portée (10 prochaines années) |
Gravité (10 années ou 3 générations) |
Immédiateté | Commentaires |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Développement résidentiel et commercial (en anglais seulement) | D Faible | Petite (1-10 %) | Élevée (31-70 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 1.1 | Habitations et zones urbaines | Négligeable | Négligeable (< 1 %) | Extrême (71‑100 %) | Élevée (continue) | Impact potentiel sur les sous-populations du du mont Vedder sud et du mont Thom. L’aménagement des terres et l’urbanisation se poursuivent à un rythme accéléré dans la vallée du Fraser. C’est particulièrement le cas autour des secteurs Promontory et Ryder Lake à Chilliwack, où de vastes projets de développement résidentiel en cours pourraient toucher des populations inconnues. On prévoit que le taux de croissance de la population humaine de Chilliwack sera en moyenne de 8,3 % par année durant les 10 à 15 prochaines années, et qu’elle atteindra 109 000 personnes en 2026. En outre, on déboise actuellement beaucoup de terrains sur les flancs du mont Sumas, à Abbotsford, où une occurrence historique de la cimicaire élevée est documentée. Au cours des dix prochaines années, l’impact sera probablement négligeable. Des habitations sont présentes à proximité de la sous‑population du mont Thom, mais celle-ci se trouve dans un parc municipal. |
| 1.2 | Zones commerciales et industrielles | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 1.3 | Tourisme et espaces récréatifs | D Faible | Petite (1-10 %) | Élevée (31-70 %) | Élevée (continue) | L’aménagement de zones récréatives sur les monts Vedder et Elk est de plus en plus préoccupant. En effet, de nouveaux sentiers traversent plusieurs sites de l’espèce, ce qui a endommagé l’habitat et entraîné la destruction d’individus par des véhicules tout-terrain (VTT), des vélos de montagne ou des randonneurs (voir la menace 6.1). L’aménagement de pistes de motocross est un problème au site d’occurrence historique au mont Sumas, où la végétation au sol est souvent complètement éradiquée, des arbres sont abattus pour franchir des obstacles, etc. (Iredale et Barsanti, 2006). Étant donné la croissance soutenue de la population humaine dans la vallée du Fraser et le développement résidentiel dans la région de Chilliwack et d’Abbotsford, le nombre de sentiers et de personnes qui les fréquentent devrait continuer d’augmenter. En ce moment, l’aménagement de sentiers est une des principales préoccupations dans cette catégorie de menace. |
| 2 | Agriculture et aquaculture (en anglais seulement) | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.1 | Cultures annuelles et pluriannuelles de produits autres que le bois | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.2 | Plantations pour la production de bois et de pâte | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.3 | Élevage et élevage à grande échelle | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.4 | Aquaculture en mer et en eau douce | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 3 | Production d’énergie et exploitation minière (en anglais seulement) | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 3.1 | Forage pétrolier et gazier | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 3.2 | Exploitation de mines et de carrières | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 3.3 | Énergie renouvelable | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Projets de centrales hydroélectriques au fil de l’eau possibles, mais le site du seul projet proposé n’héberge pas de cimicaires élevées. Non calculé. |
| 4 | Corridors de transport et de service (en anglais seulement) | CD Moyen - faible | Restreinte (11‑30 %) | Élevée - modérée (11‑70 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 4.1 | Routes et voies ferrées | CD Moyen - faible | Restreinte (11‑30 %) | Élevée - modérée (11‑70 %) | Élevée (continue) | Le défrichage pour la construction de routes peut causer une mortalité directe, nuire indirectement à la qualité de l’habitat, modifier les conditions microclimatiques et hydrologiques (p. ex. par la construction de ponceaux) et éliminer le couvert forestier. Au mont Elk, la cimicaire élevée occupe une partie des bords de routes humides, mais il s’agit d’étroits chemins forestiers de terre qui ne constituent pas un habitat idéal en raison de la pulvérisation de produits chimiques, de l’érosion du sol et d’autres menaces. De plus, les routes facilitent l’accès aux sites, ce qui peut permettre à d’autres menaces de se réaliser, p. ex. espèces envahissantes (calcul à la catégorie 8.1), cueillette de plantes, sentiers, camping, VTT, etc. Au mont Elk, une route récemment construite a peut-être nui à la sous‑population de ce site en accroissant directement et indirectement l’accès au site. Des chemins sont souvent créés illégalement pour donner accès à des sites de VTT. Au mont Vedder, des chemins légaux et illégaux continuent d’être utilisés et entretenus. L’entretien et l’élargissement des routes constituent une préoccupation importante. Des travaux d’entretien récents (2016) ont eu une incidence sur la sous‑population du mont Vedder. Il existe des éléments inconnus importants relatifs à l’impact, puisque l’entretien n’a souvent aucune répercussion (il peut créer un habitat à court terme à certains sites, mais ceux-ci sont nivelés par la suite). En cas de nettoyage des fossés, les travaux subséquents ont une incidence sur le risque lié aux espèces envahissantes, etc. |
| 4.2 | Lignes de services publics | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 4.3 | Transport par eau | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 4.4 | Trajectoires de vol | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5 | Utilisation des ressources biologiques (en anglais seulement) | Négligeable | Négligeable (< 1 %) | Élevée - modérée (11‑70 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 5.1 | Chasse et prélèvement d’animaux terrestres | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5.2 | Cueillette de plantes terrestres | Négligeable | Négligeable (< 1 %) | Négligeable (< 1 %) | Élevée (continue) | La cueillette de plantes ou de leurs parties à des fins de culture de plantes indigènes et de phytothérapie est préoccupante. Selon plusieurs sites Web et ouvrages de référence généraux, la cimicaire élevée aurait une valeur médicinale. L’espèce pourrait être cueillie pour être utilisée en médecine parallèle, mais cette activité est sans doute peu fréquente parce que la plante est vénéneuse. Des cimicaires élevées entières peuvent être déterrées pour être multipliées dans des pépinières de plantes indigènes. Des graines peuvent avoir été recueillies à un site, mais seulement une fois, et cette cueillette n’aurait aucune incidence sur la capacité de reproduction de la sous‑population. |
| 5.3 | Exploitation forestière et récolte du bois | Négligeable | Négligeable (< 1 %) | Élevée - modérée (11‑70 %) | Élevée (continue) | La cimicaire élevée est menacée par l’exploitation forestière qui nuit directement et indirectement à ses sous‑populations en éliminant le couvert forestier, en créant des ouvertures qui sont plus grandes que les ouvertures naturelles et où la forêt se régénère lentement et en fragmentant l’habitat. Jusqu’à maintenant, la coupe à blanc a détruit au moins deux sous‑populations de l’espèce en Colombie‑Britannique. L’exploitation forestière peut avoir des effets de bordure qui modifient les conditions environnementales (luminosité, humidité, etc.) dans la forêt au bord des chemins, réduisant la qualité de l’habitat. L’exploitation forestière constitue une menace à plusieurs sites d’occurrence de l’espèce. En 2007, sept aires d’habitat d’espèces sauvages ont été établies pour protéger la cimicaire élevée par des mesures d’atténuation de la menace d’exploitation forestière. Toutefois, depuis 2007, 80 % des occurrences connues de la cimicaire élevée ont été trouvées hors des aires d’habitat d’espèces sauvages existantes et pourraient être menacées par l’exploitation forestière d’ici à ce que d’autres aires d’habitat d’espèces sauvages soient établies pour empêcher ou modérer cette activité. L’abattage légal ou illégal de grands érables à grandes feuilles nuit à la cimicaire élevée en raison des changements écologiques qu’il produit. Par exemple, une importante perte de couvert forestier et des modifications de l’hydrologie et de la structure du sol rendraient le site moins propice à la cimicaire élevée. La fréquence de cette menace augmente dans la vallée de la Chilliwack en raison de l’enlèvement d’érables à grandes feuilles avec ou sans permis. À court terme, l’exploitation forestière n’est pas considérée comme une menace importante pour l’espèce, mais elle constituera une menace à long terme pour les sous‑populations non protégées par des aires d’habitat d’espèces sauvages. Nombre de sous‑populations disparaissent après des travaux d’exploitation forestière et certaines reviennent; cela pourrait dépendre de la vitesse de plantation après l’exploitation (p. ex. une plantation immédiate permet à la cimicaire élevée de tirer parti de l’ombre ainsi créée). En cas de délai, les arbustes se multiplieront et réduiront l’habitat disponible pour le rétablissement de la cimicaire élevée. Portée négligeable au cours des dix prochaines années. |
| 5.4 | Pêche et récolte des ressources aquatiques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 6 | Intrusions et perturbations humaines (en anglais seulement) | Négligeable | Grande (31-70 %) | Négligeable (< 1 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 6.1 | Activités récréatives | Négligeable | Grande (31-70 %) | Négligeable (< 1 %) | Élevée (continue) | Les activités récréatives sont préoccupantes pour presque toutes les sous‑populations. La pratique du motocross en particulier est un problème au site de la sous‑population historique du mont Sumas, où la végétation au sol est complètement éradiquée à plusieurs endroits. Les sentiers récréatifs gérés dans le cadre du programme Recreation Sites and Trails BC et les sentiers illégaux sont omniprésents aux monts Elk et Vedder et nuisent directement à ces sous‑populations. La sous‑population du mont Vedder nord a été partiellement touchée par des véhicules tout-terrain en 2013, même si elle se trouvait dans une aire d’habitat d’espèces sauvages. Il ne reste qu’un profond fossé vaseux inondé de forme rectangulaire où poussaient auparavant quelques individus. La sous‑population du mont Thom se trouve à proximité de plusieurs sentiers du parc et doit être soigneusement gérée. Les loisirs hors sentier constituent une préoccupation importante. |
| 6.2 | Guerre, troubles civils et exercices militaires | Inconnu | Petite (1-10 %) | Inconnue | Élevée (continue) | Le secteur d’entraînement des OPSEE est utilisé aux fins de formation à pied sur le terrain, mais les répercussions sur les végétaux n’ont pas été établies clairement. Il s’agit d’un terrain loué (ministère de la Défense nationale/terres publiques provinciales). |
| 6.3 | Travaux et autres activités | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 7 | Modification du système naturel (en anglais seulement) | D Faible | Petite (1-10 %) | Modérée (11‑30 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 7.1 | Incendies et suppression des incendies | Inconnu | Petite (1-10 %) | Inconnue | Élevée (continue) | Selon le rapport précédent du COSEPAC sur la situation de la cimicaire élevée, la suppression des incendies constitue une menace pour la survie de l’espèce (Penny et Douglas, 2001). Kaye (2000) mentionne également que la suppression des incendies pourrait menacer l’espèce, car celle-ci aurait besoin d’incendies pour atteindre des densités maximales, étant donné que les feux réduisent la concurrence végétale, augmentent la luminosité et créent un afflux d’éléments nutritifs. De plus, la suppression des incendies augmente la quantité de combustibles forestiers, ce qui entraîne des incendies plus intenses pouvant tuer les graines et les rhizomes de l’espèce qui résisteraient à des feux de surface peu intenses. Alverson (1986) et Wentworth (1994) ont décrit plusieurs grandes populations de cimicaire élevée dans des sites aux États‑Unis où des incendies se produisent, ce qui indique que l’espèce tolère les incendies dans une certaine mesure. En Colombie-Britannique, la sous-zone CWHdm a un régime de perturbation naturel de type 2, qui se caractérise par de grands incendies catastrophiques (de 5 à 50 ha en moyenne) se produisant à des intervalles moyens de 150 à 350 ans (B.C. Ministry of Forests, 1995). La vallée de la rivière Chilliwack a subi un grave incendie en 1938 (Chilliwack Forest District, 2003). Les populations ont persisté dans ce secteur malgré les incendies intenses de faible fréquence, mais on n’a pas quantifié le degré de résistance au feu de l’espèce, et on ignore le rôle que joue le cycle de feu dans le maintien de sous‑populations saines et viables. Tout feu dans ce secteur ferait probablement l’objet de mesures de suppression rapidement (des feux pourraient définitivement se produire si les étés demeurent secs), et des routes pourraient être construites aux fins de lutte contre les feux. Toutefois, aucun brûlage dirigé n’est effectué dans le secteur. |
| 7.2 | Barrages, gestion et utilisation de l’eau | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 7.3 | Autres modifications de l’écosystème | D Faible | Petite (1-10 %) | Modérée (11‑30 %) | Élevée (continue) | Les activités d’entretien des bords de routes constituent une menace pour au moins une sous‑population connue de l’espèce au mont Elk et probablement aussi pour d’autres au mont Vedder et au mont Thom. Le nivelage des routes (abordé sous la catégorie 4.1) ainsi que le fauchage et débroussaillage sur leurs bords peuvent endommager l’habitat et des individus de l’espèce. La plantation de graminées après le nivelage des bordures de routes réduit l’habitat potentiel. Les pesticides appliqués sur les terres agricoles environnantes et le défrichage peuvent réduire la présence de pollinisateurs d’espèces indigènes comme la cimicaire élevée. |
| 8 | Espèces et gènes envahissants ou problématiques (en anglais seulement) | B Élevé | Grande (31-70 %) | Élevée (31-70 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 8.1 | Espèces exotiques/non indigènes envahissantes | B Élevé | Grande (31-70 %) | Élevée (31-70 %) | Élevée (continue) | La propagation d’espèces non indigènes constitue un impact indirect de l’accès accru aux sites, surtout en raison de la construction de chemins forestiers. Par exemple, l’impatiente à petites fleurs (Impatiens parviflora), une espèce envahissante, a été trouvée à plusieurs sites d’occurrence de la cimicaire élevée. D’autres espèces opportunistes à croissance rapide comme la ronce discolore (Rubus armeniacus) étouffent de leur ombre la cimicaire élevée. Mayberry (2008) a également observé la laitue des murailles (Mycelis muralis) et le géranium de Robert (Geranium robertianum) qui peuvent concurrencer la cimicaire élevée et prévenir sa propagation ou son rétablissement. L’envahissement des sites déboisés, des fossés en bordure des routes, etc. est préoccupant. La méthode et la vitesse de plantation/d’ensemencement après une perturbation a une incidence sur l’impact potentiel. |
| 8.2 | Espèces indigènes problématiques | D Faible | Restreinte (11‑30 %) | Modérée (11‑30 %) | Élevée (continue) | Mayberry et Elle (2010) ont constaté que les sous‑populations étaient plus stables dans les peuplements de conifères que dans les peuplements de feuillus, mais que le recrutement était plus faible dans les peuplements de conifères. Les sous‑populations dans des peuplements de feuillus au mont Vedder sont plus broutées et ont un plus fort taux de reproduction, mais elles ont aussi un plus fort taux de mortalité, ainsi que des feuilles nettement plus petites, que la population dans le peuplement de conifères au mont Elk. Ces résultats portent à croire que les individus seraient stressés par le broutage, d’autant plus que les populations d’herbivores augmentent en raison des modifications de l’habitat dans la région de Chilliwack. Les herbivores connus qui broutent la cimicaire élevée sont les cerfs, le wapiti de Roosevelt et le castor de montagne (Kaye et Cramer, 2002). Dans des études menées aux États-Unis, Kaye (2000, 2001a, 2001b, 2001c et 2002) a observé de forts taux de broutage pour certaines sous‑populations, mais les taux fluctuaient beaucoup d’une année à l’autre. Kaye (1999) a conclu que les cerfs et les wapitis broutaient plus fréquemment les sous‑populations dans des coupes à blanc et les bordures que dans des forêts anciennes non aménagées. Selon les indications récentes, le broutage par les cerfs est faible en raison de l’augmentation de la chasse au cours des dernières années. La compétition avec les plantes indigènes après les coupes constitue une préoccupation :elle dépend de la façon dont le site est géré après les coupes, et il serait nécessaire de tenir compte des stades de succession dans les sites déboisés. Les cerfs peuvent manger des graines et des plantes, mais la pression exercée par la chasse est élevée, et les cerfs sont peu nombreux, en particulier sur le mont Vedder. |
| 8.3 | Introduction de matériel génétique | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.4 | Espèces ou agents pathogènes problématiques d’origine inconnue | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.5 | Maladies d’origine virale ou maladies à prions | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8.6 | Maladies de cause inconnue | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9 | Pollution (en anglais seulement) | D Faible | Petite (1-10 %) | Élevée (31-70 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 9.1 | Eaux usées domestiques et urbaines | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.2 | Effluents industriels et militaires | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.3 | Effluents agricoles et forestiers | D Faible | Petite (1-10 %) | Élevée (31-70 %) | Élevée (continue) | La dérive de pulvérisation d’herbicides peut tuer directement l’espèce, car celle-ci est sensible aux herbicides utilisés. La menace dépend de la pente et de la direction du vent. La sous‑population du mont Elk a été exposée à la pulvérisation de l’herbicide glyphosate sur des bords de routes (Barsanti et al., 2007). Les herbicides utilisés pour l’entretien de routes, l’agriculture, la lutte contre des espèces envahissantes ou la sylviculture sont préoccupants à plusieurs autres sites, en particulier les sous‑populations du mont Vedder. Les sous‑populations de la partie amont du ruisseau Tamihi, du ruisseau Chimpmunk et du secteur d’entraînement des OPSEE sont aussi vulnérables, selon l’utilisation des terres adjacentes, la proximité de routes et les traitements sylvicoles. |
| 9.4 | Détritus et déchets solides | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.5 | Polluants atmosphériques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.6 | Énergie excessive | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 10 | Phénomènes géologiques (en anglais seulement) | Négligeable | Négligeable (< 1 %) | Négligeable (< 1 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 10.1 | Volcans | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 10.2 | Tremblements de terre et tsunamis | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 10.3 | Avalanches et glissements de terrain | Négligeable | Négligeable (< 1 %) | Négligeable (< 1 %) | Élevée (continue) | Comme bon nombre des sous‑populations sont associées à des zones de suintement, la probabilité de glissements de terrain naturels ou induits est considérable. Le creusage de tranchées de route et le défrichage pour aménager des aires d’atterrissage d’hélicoptères (mont Elk), ainsi que la coupe à blanc (partie amont du ruisseau Tamihi, ruisseau Chipmunk, pic Cheam [historique] et mont Liumchen [historique]), particulièrement sur les pentes abruptes, augmentent les risques de glissement, d’affaissement ou d’érosion du terrain (surtout avec le temps). Des glissements ou des affaissements peuvent modifier la structure du sol et l’habitat de la cimicaire élevée. Il s’agit d’une menace potentielle à tous les sites, mais sa portée est petite parce qu’une petite partie des sous‑populations seraient touchées durant toute période de dix ans. Les données à ce jour indiquent que les glissements sont de faible ampleur. Un aspect positif est que les glissements pourraient fournir un habitat pour les semences de la cimicaire élevée et la recolonisation par cette espèce. |
| 11 | Changement climatique et phénomènes météorologiques violents (en anglais seulement) | Inconnu | Généralisée – grande (31-100 %) | Inconnue | Modérée (peut-être à court terme, < 10 ans ou 3 générations) | Sans objet |
| 11.1 | Déplacement et altération de l’habitat | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11.2 | Sécheresses | Inconnu | Généralisée – grande (31-100 %) | Inconnue | Modérée (peut-être à court terme, < 10 ans ou 3 générations) | Les modèles climatiques projettent une augmentation des sécheresses dans cette région, principalement en raison de la hausse des températures (chaleur). Bien que l’impact sur l’hydrologie et la composition des forêts soit inconnu, il sera essentiel de surveiller ces impacts puisque la cimicaire élevée est étroitement associée aux forêts humides et aux zones de suintement. |
| 11.3 | Températures extrêmes | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11.4 | Tempêtes et inondations | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11.5 | Autres impacts | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
Classification des menaces d’après l’IUCN-CMP, Salafsky et al. (2008).