Colin de Virginie Colinus virginianus : examen rapide de la classification du COSEPAC 2023

Titre officiel : Examen rapide de la classification du COSEPAC pour le Colin de Virginie Colinus virginianus au Canada

En voie de disparition

2023

Matériel appartenant à des tierces parties

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Information sur le document

Le processus d’examen rapide de la classification est utilisé par le COSEPAC dans le cas des espèces sauvages dont le statut n’a pas changé depuis leur dernière évaluation. Les renseignements facilement accessibles contenus dans le précédent rapport de situation ou sommaire du statut de l’espèce et les documents de rétablissement ainsi que ceux détenus par les équipes de rétablissement, les autorités responsables, les centres de données sur la conservation et les spécialistes des espèces ont été examinés par le sous‑comité de spécialistes des espèces concerné, puis analysés par le COSEPAC. Le présent document est le sommaire des renseignements pertinents.

Les examens rapides de la classification sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril au Canada. Le présent document peut être cité de la manière suivante :

COSEPAC. 2023. Examen rapide de la classification du COSEPAC pour le Colin de Virginie (Colinus virginianus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xvii p. (Registre public des espèces en péril).

Note de production :

Le COSEPAC remercie Dave F. Fraser d’avoir rédigé le rapport de situation sur le Colin de Virginie (Colinus virginianus) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada. La supervision et la révision de l’examen rapide de la classification ont été assurées par Richard Elliot, coprésident du Sous-comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : ec.cosepac-cosewic.ec@canada.ca
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

Also available in English under the title “COSEWIC Rapid Review of Classification on the Northern Bobwhite Colinus virginianus in Canada”.

COSEPAC sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2023

Nom commun : Colin de Virginie

Nom scientifique : Colinus virginianus

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cet oiseau vivant dans des milieux ouverts et semi ouverts est très répandu dans l’est des États‑Unis, mais, au Canada, son aire de répartition et ses effectifs ont diminué considérablement par rapport aux niveaux antérieurs. La population canadienne, qui compte moins de 250 individus sur l’île Walpole, dans le sud ouest de l’Ontario, est peut être sur le point de disparaître. La présence de l’espèce n’a pas été relevée dans le cadre du Recensement des oiseaux de Noël depuis 2001 ni sur eBird depuis 2014. Cependant, selon de récentes observations occasionnelles par des membres de la communauté autochtone de l’île Walpole, une très petite population persiste probablement. Les déclins de la population sont attribuables à la détérioration de la qualité de l’habitat causée par l’intensification de l’agriculture et à la perte de milieux boisés et semi‑ouverts en début de succession.

Répartition : Ontario

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1994. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2003, en mai 2013, et en mai 2023.

COSEPAC examen rapide de la classification

Sommaire de l’évaluation

Nom français : Colin de Virginie

Nom anglais : Northern Bobwhite

Nom scientifique : Colinus virginianus

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation (COSEWIC, 2013) : En raison de la perte d’habitat, la population de cet oiseau de prairie a chuté considérablement relativement aux niveaux historiques et ne montre aucun signe de rétablissement. Il ne reste qu’une seule population viable au Canada, située sur l’île Walpole, en Ontario. La situation de cette espèce est compliquée par la présence d’oiseaux introduits élevés en cage dont la composition génétique représenterait une menace pour la population indigène restante.

Préface

L’aire de répartition du Colin de Virginie (Colinus virginianus) couvrait autrefois l’ensemble du sud de l’Ontario, mais l’espèce a pratiquement disparu à l’état sauvage au Canada; une population indigène comptant moins de 250 individus matures est confinée à l’île Walpole, à l’extrémité sud‑ouest de l’Ontario (Wyshynski, 2019). La situation globale de la population sauvage a été difficile à établir par le passé en raison du grand nombre d’individus élevés en captivité et lâchés dans la nature; ces lâchers n’ont généralement pas permis de rétablir les populations (documentation examinée par Brennan et al., 2020), et des individus non indigènes ne sont plus lâchés sur l’île Walpole. Brennan (1991) a décrit des déclins semblables chez l’espèce dans presque toute son aire de répartition dans l’Est des États-Unis, à partir des années 1960.

On pense que l’île Walpole abrite l’ensemble de la population sauvage restante de Colins de Virginie au Canada (Risley, 2007; COSEWIC, 2013; ECCC, 2018; Wyshynski, 2019). L’analyse génétique d’échantillons de Colins de Virginie recueillis en Ontario appuie la conclusion que les individus qui vivent sur le territoire de la Première Nation de Walpole Island sont indigènes (Chabot, 2014). Cependant, on présume que tous les Colins de Virginie dont la présence a été constatée dans la partie continentale de l’Ontario dans les dernières années sont issus de l’élevage en captivité (Risley, 2007; Chabot, 2014), ce qui comprend les mentions éparses enregistrées dans les bases de données eBird (2021) et iNaturalist (2021) dans les dix dernières années.

En 2000, 92 mâles de l’espèce ont été détectés sur le territoire de la Première Nation de Walpole Island durant des relevés au sol visant à repérer des mâles chanteurs (MacIntyre, 2002). Dans le cadre d’une extrapolation prudente, MacIntyre (2002) a estimé que la population comptait 230 individus matures. Cinq observateurs ont signalé avoir vu des Colins de Virginie sur l’île Walpole en 2015, et sept autres ont indiqué en avoir observé en 2016. Bien que la plupart des mentions concernent 1 ou 2 individus, 3 compagnies comptant 5, 9 et 30 individus ont été signalées en 2015, et 3 autres comptant environ 12, 20 et 30 individus l’ont été en 2016 (Jacobs et Johnson, 2016; C. Jacobs, comm. pers., 2016, cité dans Wyshynski, 2019). Wyshynski (2019) indique que de récentes connaissances communautaires locales confirment la persistance du Colin de Virginie sur le territoire de la Première Nation de Walpole Island jusqu’en 2016, et des membres de la communauté autochtone ont occasionnellement observé l’espèce depuis (Jacobs, comm. pers., 2021).

Le premier Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario (1981 à 1985) indiquait la présence du Colin de Virginie à 27 % des 27 points d’écoute à l’intérieur du carré de grille de 10 km de côté contenant l’île Walpole; ce pourcentage est passé à seulement 8 % dans le cadre du deuxième atlas (2001 à 2005; Ontario Breeding Bird Atlas Database, 2022). Le troisième atlas a indiqué la présence de mâles chanteurs dans ce même carré durant la première saison d’observation, en 2021, mais la reproduction n’a pas été confirmée (Birds Canada NatureCounts Database; Bumelis, comm. pers., 2022).

La dernière mention du Colin de Virginie sur l’île Walpole dans la base de données eBird date de 2014 (eBird, 2021), et aucune des 107 listes de vérification soumises à eBird pour l’île Walpole entre 2015 et 2021 n’ont inclus cette espèce (eBird, 2021). Le Recensement des oiseaux de Noël de Wallaceburg, qui couvre la majeure partie de l’habitat essentiel de l’espèce sur l’île Walpole (Risley, 2007), montre une tendance à la baisse de 1991-1992 à 2000-2001; aucune mention du Colin de Virginie n’a été faite entre 2001 et 2020 (National Audubon Society, 2020).

Wyshynski (2019) conclut que la population a connu un déclin important par rapport aux estimations de MacIntyre (2002), et Jacobs et Johnson (2016) indiquent que les connaissances locales font aussi état de déclins appréciables.

Les indications qui ressortent des projets d’atlas des oiseaux nicheurs, des connaissances autochtones locales et de la base de données eBird permettent d’inférer qu’il s’est produit une baisse de population soutenue et marquée, et il est probable que le Colin de Virginie ne persiste qu’en très faible nombre sur l’île Walpole.

Le Walpole Island Heritage Centre et le Walpole Island Land Trust ont entrepris des activités de restauration et de protection des sites de prairies à hautes herbes et de savanes utilisés par le Colin de Virginie par le passé (Jacobs et Johnson, 2016), mais on ne sait pas exactement si ces sites contiennent un mélange approprié de zones boisées de début de succession et de milieux ouverts et semi‑ouverts pour assurer la conservation de cette espèce (Wyshynski, 2019).

Statut actuel

En voie de disparition (2013)

Justification de la désignation (COSEWIC, 2013)

En raison de la perte d’habitat, la population de cet oiseau de prairie a chuté considérablement relativement aux niveaux historiques et ne montre aucun signe de rétablissement. Il ne reste qu’une seule population viable au Canada, située sur l’île Walpole, en Ontario. La situation de cette espèce est compliquée par la présence d’oiseaux introduits élevés en cage dont la composition génétique représenterait une menace pour la population indigène restante.

Carte mise à jour

N’est pas requise

Explication

Carte non requise. Voir les cartes dans l’évaluation précédente (COSEWIC, 2013) et dans les programmes de rétablissement (ECCC, 2018; Wyshynski, 2019).

Résumé technique

Colinus virginianus

Colin de Virginie

Northern Bobwhite

Répartition au Canada : Ontario

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population).

2,3 ans. D’après la durée d’une génération dans Bird et al. (2020).

Y a‑t‑il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?

Oui; déclin continu inféré, quoiqu’on ne dispose d’aucune donnée de relevé récente. D’après le nombre extrêmement limité d’observations au cours des dernières années, et l’absence de mentions dans la base eBird depuis 2015.

Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [cinq ans ou deux générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans] :

Inconnu. On ne dispose pas d’assez de données pour estimer le taux de déclin continu inféré.

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 dernières années ou 3 dernières générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans] :

Inconnu. On ne dispose pas d’assez de données pour estimer le taux de réduction.

Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 prochaines années ou 3 prochaines générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans] :

Inconnu. On ne dispose pas d’assez de données pour prévoir les tendances futures.

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [10 ans ou 3 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans] commençant dans le passé et se terminant dans le futur :

Inconnu. On ne dispose pas d’assez de données pour estimer les tendances récentes en matière de population et prévoir les tendances futures.

Est-ce que les causes du déclin sont clairement comprises?

Oui. Vraisemblablement une combinaison de perte d’habitat et d’autres menaces (ECCC, 2018; Wyshynski, 2019).

Est-ce que les causes du déclin ont cessé?

Non. Bien que certains sites de prairies à hautes herbes et de savanes aient été restaurés sur l’île Walpole (Jacobs et Johnson, 2016), on ne sait pas exactement s’ils contiennent le mélange approprié de zones boisées en début de succession et de milieux ouverts et semi‑ouverts pour assurer la conservation des Colins de Virginie (Wyshynski, 2019). Les conditions de l’habitat dans l’aire de répartition historique de l’espèce dans la partie continentale de l’Ontario ont continué de se dégrader.

Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?

Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?

Non

Information sur la répartition

Zone d’occurrence estimée :

< 72 km2. Comme la zone d’occurrence sur l’île Walpole est plus petite que l’IZO maximum, la valeur de l’IZO est utilisée à la place (IUCN, 2022).

Indice de zone d’occupation (IZO), établi à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté :

< 72 km2. Un IZO maximum de 72 km2 est calculé d’après une grille à carrés de 2 km de côté; l’habitat de hautes terres convenant au Colin de Virginie est cartographié sur l’île Walpole (Burrell, comm. pers., 2022).

La population totale est-elle gravement fragmentée, c.-à-d. que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale se trouvent dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce?

  1. Inconnu. La population restante occupe un seul site, qui pourrait être plus petit que la superficie nécessaire pour soutenir une population viable.
  2. Possible. La dispersion sur de longues distances est rare chez cette espèce; la distance de dispersion est habituellement inférieure à 1,6 km.

Nombre de localités*(utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant) :

Une. L’ensemble de la population canadienne de l’espèce se reproduit sur l’île Walpole; elle serait donc entièrement touchée par une menace comme la perte et la fragmentation de l’habitat.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?

Possible. On ne dispose pas d’assez d’observations récentes pour déterminer le déclin de la zone d’occurrence.

Y a‑t‑il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation?

Oui. Déclin de l’IZO inféré d’après le déclin observé sur le plan de la disponibilité de l’habitat convenable et le déclin inféré du nombre d’individus.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous-populations?

Sans objet. Aucune sous-population.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités*?

Sans objet. Une seule localité, d’après la menace de la perte et de la fragmentation de l’habitat causée par l’expansion et l’intensification de l’agriculture.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?

Oui. Les activités de restauration ont amélioré la qualité de l’habitat dans de petits secteurs de l’île Walpole et dans le comté adjacent de Lambton, mais l’étendue et la qualité de l’habitat continuent de décliner de manière générale à cause de l’intensification de l’agriculture et de la perte d’abris causée par les brûlages.

Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre de sous‑populations?

Non. Aucune sous-population.

Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre de « localités »*?

Non

Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?

Non

Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?

Non

* Voir « Définitions et abréviations du COSEPAC » sur le site Web et IUCN pour obtenir des précisions sur ce terme.

Nombre d’individus matures

Nombre d’individus matures (utilisez une fourchette plausible) total (aucune sous‑population) :

< 250, forte probabilité de < 50; l’espèce s’approche probablement de la disparition.

Notes sur les estimations individuelles total (aucune sous‑population) :

La population canadienne de l’espèce pourrait être sur le point de disparaître sur l’île Walpole; aucune mention dans le cadre du Recensement des oiseaux de Noël depuis 2001, aucune mention dans la base eBird depuis 2014, et très peu d’observations depuis 2016.

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est-elle d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, selon la plus longue période, jusqu’à un maximum de 100 ans, ou 10 % sur 100 ans]?

Inconnu. Aucune analyse n’a été effectuée

Menaces et facteurs limitatifs

Un calculateur des menaces a‑t‑il été rempli pour l’espèce?

Des évaluations des menaces sont incluses dans les programmes de rétablissement provincial (Wyshynski, 2019) et national (ECCC, 2018).

Les principales menaces qui pèsent sur le Colin de Virginie au Canada, en ordre d’impact décroissant, sont les suivantes (Wyshynski, 2019) :

Quels sont les autres facteurs limitatifs pertinents? Une forte fidélité aux sites (COSEWIC, 2013) qui limite les déplacements entre différentes zones.

Immigration de source externe (immigration naturelle de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada :

En déclin. S2 (en péril) au Michigan, S4 (apparemment en sécurité) dans l’État de New York, et S5 (en sécurité) en Ohio. Les résultats du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) indiquent des déclins chaque année entre 1987 et 2019.

Une immigration a‑t‑elle été constatée ou est‑elle possible?

Possible, mais peu probable. Le Colin de Virginie ne se disperse pas sur de grande distances par rapport à d’autres espèces d’oiseaux (NatureServe, 2022). Chabot (2014) a constaté un flux génétique très faible avec les individus du Michigan.

Des individus immigrants seraient‑ils adaptés pour survivre au Canada?

Possible, mais peu probable. Il est rare que les individus déplacés s’établissent (Brennan et al., 2020).

Y a‑t‑il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Non. On pense que l’habitat est limitatif au Canada.

Les conditions se détériorent‑elles au Canada+?

Oui. La qualité de l’habitat est en déclin à cause de l’intensification de l’agriculture.

Les conditions de la population source (c.-à-d. de l’extérieur) se détériorent-elles?+

Oui. Les conditions sont en déclin dans les États américains adjacents, probablement à cause de baisses semblables de la qualité de l’habitat.

La population canadienne est-elle considérée comme un puits+?

Inconnu

La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle?

Non. Le nombre d’individus est en déclin dans les États américains adjacents, la qualité de l’habitat se dégrade au Canada, et la dispersion de l’espèce sur de grandes distances est rare.

+ Voir le tableau 3 (Lignes directrices pour la modification de l’évaluation de la situation d’après une immigration de source externe).

Nature délicate de l’information sur l’espèce

L’information concernant l’espèce est elle de nature délicate?

Non

Historique du statut

COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1994. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2003, en mai 2013, et en mai 2023.

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Codes alphanumériques : B1ab(ii,iii,v)+2ab(ii,iii,v); C2a(i,ii); D1

Justification de la désignation (2023) : Cet oiseau vivant dans des milieux ouverts et semi ouverts est très répandu dans l’est des États‑Unis, mais, au Canada, son aire de répartition et ses effectifs ont diminué considérablement par rapport aux niveaux antérieurs. La population canadienne, qui compte moins de 250 individus sur l’île Walpole, dans le sud ouest de l’Ontario, est peut être sur le point de disparaître. La présence de l’espèce n’a pas été relevée dans le cadre du Recensement des oiseaux de Noël depuis 2001 ni sur eBird depuis 2014. Cependant, selon de récentes observations occasionnelles par des membres de la communauté autochtone de l’île Walpole, une très petite population persiste probablement. Les déclins de la population sont attribuables à la détérioration de la qualité de l’habitat causée par l’intensification de l’agriculture et à la perte de milieux boisés et semi‑ouverts en début de succession.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) :

Sans objet. On ne dispose pas d’assez de données pour calculer le taux de déclin de la population, et des déclins majeurs ont probablement eu lieu il y a plus de 10 ans.

Critère B (aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation) :

Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition » B1ab(ii,iii,v)+2ab(ii,iii,v), car la zone d’occurrence est < 5000 km2, l’IZO est < 500 km2, la population se trouve dans une seule localité, et il y a un déclin continu inféré d’après l’IZO, observé d’après la qualité de l’habitat et inféré d’après le nombre d’individus matures.

Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) :

Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition » C2a(i,ii), car on estime que la population totale compte < 250 individus matures et que le déclin inféré du nombre d’individus devrait se poursuivre. La seule sous‑population compte < 250 individus matures et 100 % de tous les individus matures.

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :

Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition » D1, car on estime que la population compte < 250 individus matures.

Critère E (analyse quantitative) : Sans objet. Analyse non effectuée.

Remerciements

Environnement et changement climatique Canada a financé la préparation du présent rapport. Richard Elliot, coprésident du Sous-comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC, et Pete Davidson, Mike Burrell et Liana Zanette, membres du Sous-comité, ont fourni de précieux commentaires qui ont servi à la préparation du rapport. Mike Burrell a aussi offert son aide en communiquant avec les experts du Nord de la Première Nation de Walpole Island, en évaluant les mentions d’occurrence de l’Ontario et en estimant l’IZO. Clint Jacobs du Walpole Island Heritage Centre a fourni de précieuses connaissances autochtones provenant de la Première Nation de Walpole Island. Les experts énumérés ci‑dessous ont fourni des renseignements et/ou des conseils précieux.

Experts contactés

Sources d’information

Bird, J.P., R. Martin, H.R. Akçakaya, J. Gilroy, I.J. Burfield, S.T. Garnett, A. Symes, J. Taylor, Ç.H. Şekercioğlu, and S.H.M. Butchart. 2020. Generation lengths of the world’s birds and their implications for extinction risk. Conservation Biology 34:1252–1261.

Birds Canada NatureCounts Database. Site Web : https://www.birdscanada.org/naturecounts/onatlas/squaresummaryform.jsp?squareID=17TLH71. [consulté en février 2022].

Brennan, L.A. 1991. How can we reverse the Northern Bobwhite population decline. Wilson Bulletin 19:544-555.

Brennan, L.A., F. Hernandez, and D. Williford. 2020. Northern Bobwhite (Colinus virginianus), version 1.0. In Birds of the World (A. F. Poole, Editor). Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, New York. Site Web : https://doi.org/10.2173/bow.norbob.01 [consulté en février 2021].

Bumelis, K., comm. pers. 2022. Correspondance par courriel adressée à D.F. Fraser. Février 2020. Oiseaux Canada. Coordonnatrice adjointe de l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario, Oiseaux Canada, Port Rowan (Ontario).

Burrell, M., comm. pers. 2022. Correspondance par courriel adressée à Richard Elliot. February 2022. Zoologue provincial – vertébrés, Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario, ministère du Développement du Nord, des Mines, des Richesses naturelles et des Forêts, Peterborough (Ontario).

Chabot, A. 2014. Development of genomic tools for population management and risk assessment for Northern Bobwhite in Ontario. Unpublished report for Canadian Wildlife Service – Ontario. Arden, Ontario. 30 pp.

COSEWIC. 2013. COSEWIC status appraisal summary on the Northern Bobwhite Colinus virginianus in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. xiii pp. https://www.canada.ca/en/environment-climate-change/services/species-risk-public-registry/cosewic-assessments-status-reports/northern-bobwhite-appraisal-summary-2013.html. [Également disponible en français : COSEPAC. 2013. Sommaire du statut de l’espèce du COSEPAC sur le colin de Virginie (Colinus virginianus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii p.] https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/registre-public-especes-peril/evaluations-rapports-situations-cosepac/colin-virginie-cosewic-sommaire-2013.html

eBird. 2021. eBird: An online database of bird distribution and abundance. eBird, Ithaca, New York. Site Web : http://www.ebird.org. [consulté en février 2021].

Environment and Climate Change Canada. 2018. Recovery strategy for the Northern Bobwhite (Colinus virginianus) in Canada. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Environment and Climate Change Canada, Ottawa. ix + 37 pp https://www.canada.ca/en/environment-climate-change/services/species-risk-public-registry/recovery-strategies/northern-bobwhite-2018.html[consulté en février 2022]. [Également disponible en français : Environnement et Changement climatique Canada. 2018. Programme de rétablissement du Colin de Virginie (Colinus virginianus) au Canada, série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa, ix + 41 p.] https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/registre-public-especes-peril/programmes-retablissement/colin-de-virginie-2018.html

iNaturalist. 2021. iNaturalist. Site Web : https://www.inaturalist.org. [consulté en février 2021].

IUCN Standards and Petitions Committee. 2022. Guidelines for Using the IUCN Red List Categories and Criteria. Version 15. Prepared by the Standards and Petitions Committee. Site Web : https://www.iucnredlist.org/documents/RedListGuidelines.pdf. [consulté en février 2022].

Jacobs, C., comm. pers. 2021. Correspondance par courriel adressée à Mike Burrell. Juillet 2021. Walpole Island Heritage Centre, Première Nation de Walpole Island, île Walpole (Ontario).

Jacobs, C. et K. Johnson. 2016. Northern Bobwhite on Walpole Island First Nation. Unpublished report to Canadian Wildlife Service - Ontario. Walpole Island Heritage Centre, Walpole Island First Nation. 15 pp.

James, R.D. et R. Cannings. 2003. COSEWIC assessment and update status report on the Northern Bobwhite Colinus virginianus in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. 20 pp.

MacIntyre, K. 2002. A technical report outlining the status of Northern Bobwhite, Colinus virginianus, in the Aylmer District. Ontario Ministry of Natural Resources, Aylmer, Ontario. 14 pp.

National Audubon Society. 2020. The Christmas Bird Count Historical Results [Online]. Website: http://www.christmasbirdcount.org [consulté en février 2022].

NatureServe. 2022. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web]. Version 7.1. NatureServe, Arlington, Virginia. Site Web : http://www.natureserve.org/explorer [consulté en février 2022].

Ontario Breeding Bird Atlas Database. 2022. Summary statistics for square 17LH71. Site Web : https://www.birdsontario.org/jsp/summaryform.jsp?squareID=17LH71&sumtype=1st [consulté en février 2022].

Page, A.M. et M.J. Austen. 1994. Status report on the Northern Bobwhite Colinus virginianus in Canada. Ottawa: Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. 34 pp.

Risley, C. 2007. Northern Bobwhite. In Cadman, M.D., D.A. Sutherland, G.G. Beck, D. Lepage, and A.R. Couturier (eds.). 2007. Atlas of the Breeding Birds of Ontario, 2001-2005. Bird Studies Canada, Environment Canada, Ontario Field Ornithologists, Ontario Ministry of Natural Resources, and Ontario Nature, Toronto, Ontario. Pp. 134-135.

Wyshynski, S.A. 2019. Recovery Strategy for the Northern Bobwhite (Colinus virginianus) in Ontario. Ontario Recovery Strategy Series. Prepared by the Ministry of the Environment, Conservation and Parks, Peterborough, Ontario. v + 11 pp. + Appendix. Adoption of the Recovery Strategy for (Colinus virginianus) in Canada (Environment Canada 2018). Site Web : https://www.ontario.ca/page/northern-bobwhite-recovery-strategy [consulté en février 2021].

Rédacteur de l’examen rapide de la classification

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2022)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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2024-01-23