Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Drave du Yukon Draba yukonensis au Canada – 2011

Photo d’un individu de la drave du Yukon, Draba yukonensis, portant plusieurs grappes.

Table des matières

Liste des figures

Liste des tableaux


Drave du Yukon Draba yukonensis

Photo d’un individu de la drave du Yukon, Draba yukonensis, portant plusieurs grappes.

En voie de disparition - 2011

COSEPAC -- Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2011. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur ledrave du Yukon (Draba yukonensis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. ix + 33 p.

Note de production :
COSEPAC remercie Sam Skinner pour la rédaction du rapport de situation sur le Yukon Draba (Draba yukonensis) au Canada, qui a été préparé dans le cadre d'un contrat avec Environnement Canada. Bruce Bennett, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC, a supervisé ce rapport et en a fait la révision.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél.: 819-953-3215
Téléc.: 819-994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
Site Web : www.cosewic.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Yukon Draba Draba yukonensis in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Drave du Yukon -- Gerry Mussgnug (Gouvernement du Yukon).

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2012.
No de catalogue CW69-14/648-2012F-PDF
ISBN 978-1-100-98821-4


Nom commun
Drave du Yukon

Nom scientifique
Draba yukonensis

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
Cette petite moutarde herbacée est limitée à l’échelle mondiale à un complexe de prés dans le sud-ouest du Yukon, elle ne se trouve à aucun autre endroit sur Terre. Le complexe de prés est menacé par les activités industrielles, la proximité des zones d'habitation humaine, les espèces envahissantes ainsi que le piétinement par les humains et l’empiètement par la forêt. On prévoit que l’utilisation des prés par les humains augmentera, et l’empiètement par des espèces ligneuses en raison de la succession naturelle entraîne un déclin de l’habitat convenable.

Répartition
Yukon

Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2011.

Description et importance de l’espèce sauvage

La drave du Yukon (Draba yukonensis) est une petite plante de la famille de la moutarde qui possède des feuilles non dentées couvertes de poils distinctifs raides et non fourchus. Les plantes individuelles sont munies d’une petite racine pivotante, d’une ou de plusieurs rosettes de feuilles couchées sur le sol et d’une ou de plusieurs tiges florifères. Les fleurs sont petites, blanches et portent quatre pétales. D’autres espèces de drave dans la région, y compris la drave lancéolée (Draba cana Rydberg), se distinguent facilement de la drave du Yukon, Draba yukonensis. La drave du Yukon est une espèce endémique au Canada dont l’aire de répartition est extrêmement restreinte, se limitant à des reliefs sableux inhabituels.

Répartition

Le Draba yukonensis a été retrouvé uniquement dans trois prés d’un seul complexe de prés dans la vallée de la rivière Dezadeash au sud-ouest du Yukon, malgré de nombreuses recherches effectuées ailleurs. Ce site fait partie du territoire traditionnel des Premières nations Champagne et Aishihik et couvre une superficie de moins de 36 hectares.

Habitat

Le Draba yukonensis croît sur les prés presque plats et bien drainés, et ses colonies sont souvent les plus denses aux sommets des basses crêtes, des saillies, des bermes et des monticules utilisés par les spermophiles arctiques. Ces prés, qui se trouvent à l’ombre pluviométrique créée par la chaîne de montagnes SaintElias, sont soumis à des conditions venteuses, à des températures hivernales froides et uniquement à de faibles précipitations de neige et de pluie. Ces prés sont situés sur d’anciennes rives et flèches de sable formées par le lac glaciaire Alsek, créé par un glacier en crue qui a bloqué la rivière Alsek. Le lac aurait été drainé aux environs de 1852, laissant derrière lui seulement quelques reliefs sableux isolés qui demeurent encore sans arbres et sans arbustes. On estime qu’au cours du récent millénaire, plusieurs épidodes semblables d’inondation et de drainage auraient contribué à l’existence continue d’un habitat convenable pour le Draba yukonensis.

Biologie

De nombreux aspects de la biologie du Draba yukonensis demeurent incertains; toutefois, l’étude de son habitat et d’espèces apparentées peut nous en apprendre beaucoup sur cette plante. Le Draba yukonensis semble être une plante bisanuelle qui survit occasionnellement plus de deux ans. L’espèce semble aussi bien tolérer les conditions sèches et la lumière solaire directe, mais être intolérante aux conditions de température plus chaudes résultant de l’exposition au sud. La capacité de dispersion des graines de Draba yukonensis est vraisemblablement fort limitée en raison de l’absence d’adaptations évidentes favorisant leur dispersion sur de longues distances. Des dommages causés par de petits mammifères et insectes herbivores ont été observés.

Taille et tendances des populations

Il n’existe qu’une seule population connue de Draba yukonensis sur le site type, et elle est répartie inégalement entre trois prés adjacents. Alors que ces prés sont entourés d’un petit nombre de prés semblables, la dispersion vers ces derniers n’a pas été détectée. Les limites de la dispersion et le manque de disponibilité d’habitat rendent peu probable la colonisation de nouveaux sites.

La taille de la population subit des fluctuations extrêmes et peut varier sur un cycle de deux ans, les individus tendant à être plus nombreux au cours des années paires qu’au cours des années impaires. Seulement 109 individus ont été dénombrés en 2009, tandis que 5 358 l’ont été en 2010 dans un sous-ensemble des prés inhabités. En 2010, la population a été estimée entre 32 500 et 88 200 individus. De meilleures données sur la taille et les tendances des populations sont requises.

Menaces et facteurs limitatifs

Plusieurs risques menacent cette population, y compris l’expansion des routes pour accéder aux concessions minières, la circulation accrue à travers les prés pour l’exploitation minière, l’exploitation forestière, les activités récréatives, l’extraction de gravier et l’expansion potentielle des lotissements résidentiels adjacents. Les espèces de plantes envahissantes bien adaptées aux prés occupés par Draba yukonensis se répandent rapidement au Yukon et pourraient présenter une menace supplémentaire. La rareté d’habitat convenable dans l’aire de répartition de la dispersion naturelle, l’aire de répartition restreinte et les fluctuations extrêmes de la population constituent des facteurs limitatifs très graves.

Protection, statuts et classifications

Le Draba yukonensis ne bénéficie d'aucune protection juridique au Canada. Les cotes de conservation attribuée par NatureServe pour le Draba yukonensis à l’échelle mondiale, nationale et infranationale sont « Gravement en péril » (G1, N1 et S1 respectivement). Bien que tout son habitat occupé soit situé dans le Refuge faunique Kluane, l’espèce n’est pas protégée contre la majorité des utilisations du sol par l’être humain. Une petite partie de l’habitat potentiel est protégée dans le parc national Kluane, mais à ce jour aucune plante n’a été découverte dans le parc en dépit de recherches répétées.

Résumé technique
Draba yukonensis
Drave du Yukon Yukon Draba
Répartition au Canada : Yukon
Données démographiques
Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population) 1-2 ans
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre d’individus matures? Inconnu
Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures pendant cinq années. Inconnu
Pourcentage observé de réduction ou d’augmentation du nombre total d’individus matures au cours des dix dernières années. Inconnu
Pourcentage présumé de la réduction ou de l’augmentation du nombre total d’individus matures au cours des dix prochaines années. Inconnu
Pourcentage observé de la réduction ou de l'augmentation du nombre total d'individus matures au cours de toute période de dix ans couvrant une période antérieure et ultérieure. Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles et comprises et ont effectivement cessé? S.O.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures? Cependant, ces fluctuations semblent être le résultat naturel du cycle de vie bisannuel. Oui
Information sur la répartition
Superficie estimée de la zone d’occurrence
Calcul de la ZO =1,0 km²
Zone d'occurrence (ZO) = 4 km².
Indice de la zone d’occupation (IZO)
La zone d’occupation biologique = 0,36 km²
IZO = 4 km²
La population totale est-elle très fragmentée? Non
Nombre de localités* 3
Y a-t-il un déclin continu de la zone d’occurrence? Non
Y a-t-il un déclin continu observé de l'indice de la zone d'occupation? Non
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de populations? Non
Y a-t-il un déclin continu observé du nombre de localités? Non
Y a-t-il un déclin continu observé de la superficie de l’habitat? Oui
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de la zone d'occupation? Non
Nombre d’individus matures (dans chaque population)
Taille de la population Nbre d’individus matures
Complexe de prés Dezadeash – année de la population élevée (2010) 32 500 – 88 200
– année de la faible population (2009) 1 500 – 2 100
Total S.O.
Analyse quantitative
La probabilité de disparition de l'espèce de la nature est d'au moins 10 % sur 100 ans. Inconnu
Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)
Construction routière associée à l’exploration et à l’exploitation minières, à l’exploitation forestière et à l’extraction de gravier, à la circulation associée aux activités récréatives et industrielles et aux possibilités de lotissement résidentiel ainsi qu’à la propagation d’espèces de plantes envahissantes.
Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)
Statut des populations de l'extérieur? Espèce absente
Espèce endémique au Yukon
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Non
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? S.O.
Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? S.O.
La possibilité d'une immigration de source externe existe-t-elle? S.O.
Statut existant
COSEPAC : En voie de disparition, novembre 2011
Statut et justification de la désignation
Statut :
Espèce en voie de disparition
Code alphanumérique :
B1ab(iii)c(iv)+2ab(iii)c(iv)
Justification de la désignation : Cette petite moutarde herbacée est limitée à l’échelle mondiale à un complexe de prés dans le sud-ouest du Yukon; elle ne se trouve à aucun autre endroit sur Terre. Le complexe de prés est menacé par les activités industrielles, la proximité des zones d'habitation humaine, les espèces envahissantes ainsi que le piétinement par les humains et l’empiètement par la forêt. On prévoit que l’utilisation des prés par les humains augmentera, et que l’empiètement par des espèces ligneuses, en raison de la succession naturelle, entraînera un déclin de l’habitat convenable.
Applicabilité des critères
Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) :
Ne correspond pas au critère – aucun déclin documenté.
Critère B (petite aire de répartition et déclin ou fluctuation) :
Correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition », B1ab(iii)c(iv)+2ab(iii)c(iv) car la zone d’occurrence est < 5 000 km², l’IZO est < 500 km², il existe trois localités, l’habitat décline et le nombre d’individus matures est soumis à des fluctuations extrêmes.
Critère C (petite population et déclin du nombre d’individus matures) :
Ne correspond pas au critère, car aucun déclin continu n’a été documenté. Toutefois, si un déclin continu est inféré ou prévu, il correspond au critère de la catégorie « en voie de disparition » selon C2a(ii), car durant les années de faible population, on connaît moins de 2 500 individus matures et tous appartiennent à une population unique.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) :
Ne correspond pas au critère pour D1, car un trop grand nombre d’individus sont connus, mais correspond au critère de la catégorie « menacée » D2, car l’espèce est présente sur une aire très restreinte où tous les individus pourraient être touchés par un certain nombre d’activités humaines.
Critère E – Analyse quantitative
Non effectuée.

* Voir la définition de localité.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine la situation, à l'échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés et populations (importantes à l'échelle nationale) sauvages jugées en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles, poissons, mollusques, lépidoptères, plantes vasculaires, lichens et mousses.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de représentants des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique) et de trois organismes non gouvernementaux, ainsi que des coprésidents des groupes de spécialistes des espèces. Le Comité se réunit pour examiner les rapports sur la situation des espèces candidates.

Définitions 2011

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Espèce disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Espèce menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Espèce non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d'une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation au cours des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Le Service canadien de la faune d'Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.


Rapport de situation du COSEPAC sur le Drave du Yukon Draba yukonensis au Canada – 2011

Draba yukonensis A.E. Porsild est le seul nom communément utilisé pour cette espèce végétale étroitement endémique. Désignée en français la drave du Yukon (Cannings et al., 2005), l’espèce est connue sous le nom commun anglais de Yukon Draba ou de Yukon Whitlow-grass (Bennett, 2006). Cette plante appartient à la famille des Brassicaceae (famille de la moutarde). Il n’existe aucune sous-espèce, variété ou aucun synonyme reconnus.

En 1975, le Draba yukonensis a été reconnu et décrit par A.E. Porsild d’après le matériel de deux collections (Porsild, 1975). À l’origine, le type a été récolté sous le nom de Draba oligosperma (drave à fruits groupés) par H.M. Raup et L.G. Raup en juin 1944, mais selon le nouvel examen subséquent du spécimen par Porsild, il existait deux taxons de Draba dans la collection d’origine. De même, Porsild a découvert des spécimens de Draba yukonensis dans une autre collection de Draba oligosperma de W. Schofield, Ph.D., et H.A. Crum datant de juin 1957, qui portaient quelques graines. En 2005, G. Mulligan a trouvé des spécimens de Draba yukonensis dans une collection de Draba cana (drave lancéolée) dans l’herbier du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire (DAO). Cette collection avait été préparée en 1973 par G.W. Douglas et G.G. Douglas, encore une fois avant la description de Draba yukonensis. En 2005, Draba yukonensis a été identifié pour la première fois sur le terrain par P. Caswell et L. Freese (YT CDC, 2010).

Le Draba yukonensis est une petite plante annuelle, bisannuelle ou monocarpique vivace de courte durée de vie, qui possède des rosettes de feuilles lancéolées non dentées de 3-10 mm de longueur par 0,5-2 mm de largeur (figures 1 et 2). Les individus peuvent avoir plusieurs rosettes et ainsi devenir ainsi plus globulaires ou plus semblables à des plantes en coussinet. Dans les deux cas, une racine pivotante unique et distincte sous-tend chaque individu. Les rosettes peuvent porter une ou plusieurs tiges dressées de 2 à 20 cm de long, qui, à leur tour, portent de 1 à 3 feuilles sessile et éventuellement, une grappe de 5 à 20 fleurs (figures 1 et 3). Les individus qui portent des fleurs ont habituellement de une à trois tiges, mais un nombre plus élevé a été observé. Les tiges ont souvent de courtes branches latérales en floraison. Les petites fleurs blanches de diamètre < 3 mm sont composées de quatre pétales blancs, de 1,5 à 2 mm par 0,7-0,8 mm. Les fleurs donnent naissance à des siliques ovoïdes ou oblongues à style court, de 3-5 mm de longueur, avec de courts poils étoilés. Les fruits sont attachés à des pédoncules arqués dont la longueur est d’environ la moitié du fruit et qui sont térétiformes (c.àd. non aplatis).

Figure 1. Illustration de Draba yukonensis en fruits.

L’illustration encart en haut présente les détails de la structure externe du fruit et de sa surface. L’encart du bas présente les détails de la surface abaxiale des feuilles (avec l’aimable autorisation de la Flora of North America Association; illustration de l’artiste Barbara Alongi, reproduction autorisée).

Illustration de la drave du Yukon, en fruits. L’encart (du haut) présente la structure externe du fruit et un détail de la surface; l’encart (du bas) présente la surface abaxiale des feuilles.

Figure 2. Rosette basale de Draba yukonensis entourée d’un « collet » de diamètre d’environ 1 cm. Remarquez les longs poils distinctifs (Skinner, 2010).

Photo montrant une rosette basale des feuilles de la drave du Yukon, qui portent de longs poils distinctifs. Un « collet » d’un diamètre d’environ un centimètre a été placé autour de la rosette pour indiquer l’échelle.

Figure 3. Un individu de la plante Draba yukonensis portant plusieurs grappes. (Skinner, 2010)

Photo présentant un individu de la drave du Yukon portant plusieurs grappes.

Les feuilles sont couvertes des deux côtés de poils principalement simples, longs et raides (0,4-1,3 mm) qui sont distinctifs (figure 2) bien que certains trichomes (poils) à deux rayons aient été signalés (Al-Shehbaz et al., 2010). Les tiges, les grappes et les sépales portent tous des trichomes à rayons simples et multiples, bien que ces poils soient moins évidents que sur les feuilles.

À l’opposé, Draba cana, plante considérée par certains comme la plus ressemblante à Draba yukonensis, porte de façon prédominante des poils étoilés (à rayons multiples) à la surface des feuilles les plus grandes parfois dentées (Cody, 1996). La description de la forme typique (Porsild, 1975) compare Draba yukonensis à D. praealta (drave élevée), qui porte des fleurs jaune crème et des poils principalement étoilés sur la face inférieure des feuilles (Cody, 1996).

D’autres descriptions morphologiques, illustrations et clés taxinomiques plus détaillées sont fournies par Al-Shehbaz et al. (2010) et Cody (1996).

La seule population connue de Draba yukonensis se retrouve dans les trois prés d’un seul complexe de prés. Aucune étude génétique n'a été réalisée sur cette espèce.

Il est supposé que le cycle vital de Draba yukonensis est celui d’une plante bisannuelle (voir la section Cycle vital et reproduction). Cette hypothèse, combinée à une oscillation apparente du cycle bisannuel dans la taille de la population, peut indiquer que deux cohortes distinctes de Draba yukonensis puissent fleurir au cours d’années alternantes. Il n’existe aucune ségrégation géographique apparente de ces populations. Toutefois, environ de une à deux plantes sur 1 000 (ou de 0,1 à 0,2 %) observées en 2010 avaient un caudex desséché (c.àd. la tige), la majorité présentant des signes de fruits déhiscents. Il est probable que ces invididus aient fleuri deux années successives, car cette annéelà, aucun autre caudex encore frais n’était près d’atteindre le stade de la déhiscence des siliques (Skinner, obs. pers., 2010).

Draba yukonensis a été retrouvé uniquement dans un seul complexe de prés et peut être considéré comme une espèce possédant une population unique. Par conséquent, cette population de Draba yukonensis comprend une seule unité désignable.

Draba yukonensis, espèce endémique au Canada, a une aire de répartition limitée, ce qui suggère qu’il peut s’agir d’une espèce relique associée à d’anciennes berges et flèches de sable. Plusieurs autres espèces de plantes et d’animaux endémiques au Canada sont présentes dans cette région, y compris Draba kluanei (drave du parc Kluane) et Oxytropis arctica var. murrayi (oxytrope de Murray), ce qui indique que cette région est caractérisée par un endémisme de la biodiversité canadienne (Bennett, comm. pers., 2010).

Le seul site où se trouve Draba yukonensis est situé au sud-ouest du Yukon, au Canada (figure 4). Des spécimens atypiques de Draba cana (drave lancéolée) ont été recueillis à la confluence des rivières Chitina et Copper au sud-est de l’Alaska par A.P. Khokhryakov, B.A. Yurtsev et D.F. Murray en 1981. Ces spécimens ont été confondus avec Draba yukonensis (Murray, comm. pers., 2010).

Figure 4. Aire de répartition de Draba yukonensis dans le contexte du coin sud-ouest du Territoire du Yukon ( YT CDC, 2010).

Carte de l’aire de répartition de la drave du Yukon au sud-ouest du Territoire du Yukon.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Draba yukonensis = Draba yukonensis
Survey Efforts in Yukon = Relevés au Yukon
Draba yukonensis site = Site de Draba yukonensis
Collection locations of Draba species (1943-2010) from ALA, BABY, DAO, UBC and V =
Localités des collections des espèces de Draba (1943-2010) des herbiers ALA, BABY, DAO, UBC et V
Collection locations of Draba species by Phil Caswell (2000-2005) =
Localités des collections des espèces de Draba recueillies par Phil Caswell (20002005)

Le Draba yukonensis est une espèce endémique au Canada, qui est limitée à un complexe de prés dans la vallée de la rivière Dezadeash, au sud-ouest du Yukon (figure 4). Ce complexe se trouve sur le territoire traditionnel des Premières nations Champagne et Aishihik et fait partie de l’écorégion de la chaîne de montagnes SaintElias située dans l’écozone de la cordillère boréale.

Par le biais de l’utilisation de données recueillies en 2010 combinées à des données de relevés associées à la mention de l’élément d’occurrence de Draba yukonensis du Yukon Conservation Data Centre (YT CDC, 2010), la zone d’occurrence a été établie à 1,01 km². Cette zone comprend les fourrés arbustifs et les terres humides retrouvés entre les prés occupés, qui sont inhospitaliers pour Draba yukonensis. L’estimation de la zone d’occupation biologique est de 0,36 km²; toutefois, il s’agit d’une surestimation de la zone d’occupation biologique, car elle comprend de petits prés et des aires de prés plus grands où Draba yukonensis n’a pas été retrouvé. L’indice de la zone d’occupation (IZO) est de 4 km 2 , qui est fondé sur l’utilisation d’une grille de 2 km x 2 km.

En 2005, Draba yukonensis a été récolté par Lloyd Freese et Phil Caswell dans le pré (figure 5) où cette espèce avait probablement été prélevée en 1944 (Johnson et Raup, 1964), en 1957 (Schofield, comm. pers., 2005) et en 1973. En 2008, l’espèce a été recueillie dans deux prés adjacents. Cette tendance de l’augmentation du nombre de prés occupés est presque certainement due à un accroissement des activités de recherche destinés à la collecte de Draba yukonensis, et non à une expansion de l’aire de répartition.

Figure 5. Portion du « pré de la découverte d’origine » bordé d’épinettes blanches et de jeunes peuplements de peupliers faux-trembles. La vallée de la rivière Dezadeash apparaît en arrière-plan. Remarquez le sentier de gravier qui traverse le pré à droite (Skinner, 2010).

Photo présentant une partie du pré de découverte de la drave du Yukon, bordé d’épinettes blanches et de jeunes peuplements de peupliers faux-trembles. La vallée de la rivière Dezadeash apparaît en arrière-plan, et un sentier de gravier traverse le pré à droite.

L’aire de répartition de Draba yukonensis dans le complexe de prés est éparse à trois échelles : 1) à l’échelle du paysage local (des centaines de mètres); 2) à l’échelle du site (des mètres); 3) à l’échelle du microsite (des dizaines de centimètres, figure 5). À l’échelle du paysage local, on sait que Draba yukonensis se trouve dans trois prés du complexe, malgré la présence de plusieurs autres prés très semblables à ceux occupés par Draba yukonensis. Aucun individu n’a été retrouvé dans l’un des prés présumés en 2010. Des recherches ciblées dans les prés avoisinants en 2006, 2007 et 2008 se sont aussi avérées infructueuses (Bennett, comm. pers., 2010; figure 4). À l’échelle du site, Draba yukonensis peut être trouvé en colonies de 2 à 3 200 individus dont la superficie est de 50 cm par 40 m. Ces colonies peuvent être situées à des centaines de mètres d’une colonie voisine, et les limites peuvent être très distinctives ou peuvent être immédiatement adjacentes à une autre colonie et moins bien définies.

Dans une colonie, Draba yukonensis n’est strictement spécifique à aucun microsite dans les prés dominés par les plantes herbacées non graminoïdes, bien que cette espèce soit absente des aires des prés dominés par Arctostaphylos uva-ursi (raisin d’ours).Toutefois, la densité des individus semble être la plus élevée sur les basses crêtes, les saillies, les bermes et les monticules utilisés par les spermophiles arctiques (Urocitellus parryii). Ces caractéristiques de microsite étaient rarement plus élevées que 0,5 m audessus du pré.

Malgré la répartition éparse des individus, la population de Draba yukonensis ne peut être considérée comme gravement fragmentée selon la définition du COSEPAC et/ou de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) (IUCN Standards and Petitions Subcommittee, 2010). Les colonies de Draba yukonensis à l’échelle du paysage local (c.àd. des prés individuels) dans la majorité de son aire d’occupation sont assez nombreuses pour le maintien d’une population viable.

Avant sa reconnaissance en tant qu’espèce en 1975, aucune recherche ciblée n’a été menée sur Draba yukonensis. Néanmoins, des spécimens ont été incidemment inclus dans trois collections antérieures d’autres espèces de Draba. La description et les coordonnées de ces collections coïncident toutes avec celles de la population connue.

Jusqu’en 2000, peu d’activités de recherche ont été documentées pour Draba yukonensis; toutefois, en 1981, A.P. Khokhryakov, B.A. Yurtsev et D.F. Murray ont recueilli une plante qu’ils ont cru être Draba yukonensis dans le sud-est de l’Alaska. Même s’il a été déterminé plus tard qu’il s’agissait en fait de Draba cana par l’autorité reconnue sur les Brassicaceae, R. Rollins (Murray, comm. pers., 2010), il est clair que certains efforts ont été déployés en vue de repérer le Draba yukonensis.

En 2000, le regretté Phil Caswell, botaniste amateur, a commencé à orienter ses recherches sur cette espèce. La base de données du Yukon Conservation Data Centre (2010) indique que Caswell a effectué 384 collectes de Draba spp. entre 2000 et 2005. L’aire de répartition de ces collectes donne une indication de l’aire où les recherches ont été menées (figure 4). L’étendue de ses collectes couvre plus de 22 000 km², et bon nombre de ces dernières semblent avoir été retrouvées dans des milieux semblables à ceux de Draba yukonensis. Même si on ignore durant combien de jours Caswell a effectué des recherches pour Draba yukonensis, il a réalisé des collectes de Draba spp. durant 74 jours en 2000, et de 2002 à 2005. Les divers chercheurs ont intensifié leurs activités de recherche ciblées une fois que Draba yukonensis a été redécouvert par Caswell et Freese en 2005 (tableau 1). De plus, des centaines de collections de Draba spp. dans tous les herbiers importants qui hébergent des spécimens du Yukon (tableau 2) ont été examinés tant par Bennett (comm. pers., 2010) que par d’autres chercheurs dans le cadre du projet Flora of NorthAmerica. Aucune collection supplémentaire n’a été trouvée.

Tableau 1. Estimations des activités de recherche en temps et en étendue, et initiales des chercheurs.
Année Est. min. activité de rech. (par j-p) Initiales des chercheur (est. j-p) Pré de découverte d’origine Pré du milieu Pré de l’est Autres sites Superficie totale du relevé (km²)
2000 17 PC PED PED PED Voir la figure 4
2001 0
2002 24 PC PED PED PED Voir la figure 4
2003 14 PC PED PED PED Voir la figure 4
2004 11 PC PED PED PED Voir la figure 4
2005 9 PC (8), LF (1) oui PED PED Voir la figure 4
2006 7 JL (2), LS (2), GM, BB, +1 oui PED PED PAK 0,11
2007 2 JL, LF oui non non PA
2008 4 JL, LF, BM, +1 oui oui oui non 0,14
2009 2,5 JL, WN, LF (0,5) 1,5 j-p 1,0 j-p non non 0,08
2010 5 SS (1,6), PM (1,4), BB (0,4), RM (0,4), LF (0,6), DO (0,3), LA (0,3) 3 j-p 0,6 j-p 0,4 j-p PA (~ 1,5 j-p), PAK (~ 0,5 j-p) 0,09

PED = pas encore découverte ; oui = recherchée mais aucune indication d’activité par pré; non = aucune recherche; j-p = journée-personne (~ 7 heures-personne); PAK = prés adjacents au parc national Kluane; PA = prés adjacents aux prés reconnus pour la présence de Draba yukonensis; PC = Phil Caswell, LF = Lloyd Freese, LS = Lori Schroeder, GM = Gerry Mussnug, BB = Bruce Bennett, JL = Jen Line, BM = Bruce McLean, WN = Wendy Nixon, PM = Polly Madsen, RM = Randi Mulder, DO = Deb Osbourne, LA = Libby Anderson.

Tableau 2. Grands herbiers qui hébergent du matériel du Yukon, qui a été examiné par les experts familiers avec Draba yukonensis.
Herbier Acronyme ou sigle Lieu
Université de l’Alaska - Musée du Nord (Museum of the North) ALA Fairbanks (Alaska)
Université de l’Alberta ALTA Edmonton (Alberta)
B. A. Bennett Herbarium BABY Whitehorse (Territoire du Yukon)
Musée canadien de la nature CAN Ottawa (Ontario)
Agriculture et Agroalimentaire Canada DAO Ottawa (Ontario)
Université de la Colombie-Britannique UBC Vancouver (Colombie-Britannique)
Musée royal de la Colombie-Britannique V Victoria (Colombie-Britannique)

Au cours des années 2006, 2008, 2009 et 2010, les chercheurs dont les activités ciblaient l’espèce Draba yukonensis ont utilisé le système de localisation GPS pour consigner les coordonnées GPS (itinéraire parcouru par les chercheurs) lorsqu’ils ont observé des regroupements ou des occurrences de Draba yukonensis (YT CDC, 2010). Généralement, un seul GPS était utilisé pour chaque groupe de 2 à 4 chercheurs; par conséquent, les coordonnées GPS indiquaient une approximation de leur déplacement collectif. Les coordonnées de 2006 documentaient les activités de recherche d’habitats potentiels, tandis que celles des années 2008 et 2009 étaient plus restreintes aux populations connues (YT CDC, 2010). Les relevés de 2010 comprenaient les milieux potentiels et documentés.

Les aires de relevés (tableau 1) ont été estimées en créant une zone tampon autour des coordonnées GPS de 1,25 m par chercheur, pour refléter une largeur de balayage efficace estimée à 2,5 m. Ainsi, s’il y avait quatre chercheurs pour un relevé, la largeur de leur « transect » collectif serait de 4 (chercheurs) x 1,25 m (largeur de la zone tampon) x 2 (la zone tampon est appliquée des deux côtés du fichier de suivi ) = 10 m de largeur. Ce calcul suppose que les chercheurs marchaient approximativement parallèlement les uns aux autres, à plus de 2,5 m de distance.

Plusieurs objectifs étaient visés lors de ces recherches, notamment les suivants : 1) déterminer la zone d’occurrence de Draba yukonensis; 2) estimer la taille de la population de Draba yukonensis; 3) effectuer des relevés dans les prés avoisinants, plus particulièrement ceux du parc national Kluane, pour y découvrir la présence de Draba yukonensis; 4) acquérir une meilleure compréhension du cycle vital et de l’écologie de Draba yukonensis. En raison de la nécessité d’atteindre tous ces objectifs, de la période de floraison courte et variable de Draba yukonensis, des engagements de temps conflictuels et du recours à des chercheurs bénévoles, ces relevés étaient généralement de très courte durée et réalisés sans méthode rigoureuse. Même si ces relevés n’ont pas toujours utilisé des modèles de recherche linéaires et n’ont pas estimé la facilité à détecter l’espèce (Henderson, 2009), ils ont cherché à atteindre de façon raisonnable tous les objectifs avec des ressources minimales. Bien que notre compréhension de l’aire de répartition et de la taille de la population de Draba yukonensis puisse bénéficier grandement d’un relevé rigoureux, un tel relevé représenterait une entreprise majeure compte tenu de la répartition éparse et de la nature discrète de Draba yukonensis.

Le climat dans la vallée de la rivière Dezadeash au sud-ouest du Yukon, là où Draba yukonensis a été identifié, est de subarctique à continental et est relativement sec en raison de l’ombre pluviométrique créée par les montages Saint-Elias, immédiatement à l’ouest. Les précipitations annuelles pour le village de Haines Junction, à une distance de 9 km, sont d’environ 305 mm, dont la moitié est de la neige. La température annuelle moyenne est de -3 oC, et la période sans gel peut varier de 16 à 86 journées par année (Ogden, 2006). Les prés et les environs plus particulièrement, sont reconnus pour leurs vents d’ouest forts soufflant des montagnes.

Porsild (1975) a décrit le site type ainsi : « des crêtes rocheuses ouvertes sur une ancienne plage ». Même si cette description donne une certaine idée de la nature inhabituelle de l’habitat de Draba yukonensis, elle est incomplète. Les prés où vit le Draba yukonensis sont dominés par des plantes graminoïdes et des herbes clairsemées et sont entourés de fourrés arbustifs (principalement de Salix spp.), de jeunes peuplements de peupliers faux-trembles (Populus tremuloides) ou de peuplements matures d’épinettes blanches (Picea glauca) (figure 5). Contrairement aux autres communautés végétales ouvertes et dominées par les herbes, ces prés ne ressemblent ni fortement aux prés du sud, ni aux prés riverains. Ces prés sont plutôt plats et semblent secs et bien drainés.

Selon les observations d’une tranchée d’observation peu profonde creusée en 2010, les prés reposent sur du sol limoneux-sableux parsemé de gravier. Ces sols ont une pellicule de matière organique (~ 0,5 cm) et d’horizon humifère A peu évolué (horizon Ah) de profondeur de 0,5 à 2 cm. L’absence d’horizons de sol mieux développés indique que le sol peut être classé comme régosol (Groupe de travail sur la classification des sols, 1998). Ces prés ont également été décrits comme des prairies sèches sur du vieux gravier et des plages de sable (Johnson et Raup, 1964), et il est probable que leur contenu en éléments nutritifs soit faible.

À l’échelle du microsite, on trouve souvent des densités plus élevées de Draba yukonensis aux sommets des basses crêtes, des saillies, des bermes et des monticules utilisés par les spermophiles arctiques. Cela pourrait indiquer que l’espèce est adaptée à des microsites plus secs. Toutefois, son absence apparente des endroits exposés au sud et aux conditions plus chaudes dans l’aire générale pourrait indiquer que Draba yukonensis possède une caractéristique inhabituelle, soit une tolérance à des sols secs, bien drainés, au vent et à la lumière solaire directe, mais une faible tolérance aux sites plus chauds.

Plus particulièrement, on estime que ces prés tirent leur origine d’une inondation survenue aux environs de 1852 (Clague et Rampton, 1982; Schmok et Clarke, 1989). Peu de reliefs semblables sont apparents sur les imageries satellitaires (2005) et les photos aériennes (1996) dans l’aire adjacente au parc national Kluane et dans ce dernier au-delà du complexe de prés.

Les prés occupés par le Draba yukonensis ont peu changé au cours des dernières décennies, selon les descriptions de la région et une photo dans Johnson et Raup (1964). Cependant, l’empiètement des prés où vit Draba yukonensis par les arbustes et les arbres se poursuit et pourrait devenir une menace à l’avenir. Le climat sec et généralement frais de la région, de concert avec les sols bien drainés, pourrait avoir entravé la succession et ainsi, les reliefs exposés il y a environ 150 ans demeurent largement exempts de végétation ligneuse. Toutefois, des clones de gaules de peupliers croissant le long de la périphérie des prés aujourd’hui indiquent un lent empiètement de la végétation ligneuse, plus particulièrement à l’extrémité sud du pré central (figure 6).

Figure 6. Photos aériennes d’une grande partie du complexe de prés. La photo de gauche a été prise en 1996, tandis que celle de droite a été prise en 1948. Ces images illustrent a) l’empiètement des plantes ligneuses; b) les activités humaines associées à l’autoroute; et c) un petit lotissement résidentiel.

Photos aériennes d’une grande partie du complexe de prés, qui ont été prises en 1996 (image de gauche) et en 1948 (image de droite). Les lettres apparaissant sur l’image de 1996 indiquent a) l’empiètement des plantes ligneuses; b) les activités humaines associées à l’autoroute; c) un petit lotissement résidentiel.

Depuis longtemps, une route de terre traverse le « pré de découverte d’origine » et sert de passage à pied et aux véhicules vers le parc national Kluane et vers des concessions minières et des sites d’exploration. Une augmentation des visites durant la journée a été observée dans le parc Kluane par opposition à une diminution du nombre de séjours la nuit; l’augmentation de l’utilisation du parc durant le jour est considérable (Parcs Canada, 2010). La perturbation de l’habitat relative à cette circulation pourrait aussi augmenter. La route Alsek traversant le parc est reconnue pour ses possibilités d’utilisation de camions à quatre roues motrices, de vélo toutterrain et de randonnée pédestre le long du vieux chemin minier de l’autoroute de l’Alaska à travers le Refuge faunique Kluane, dans le parc (Parcs Canada, 2010). On s’attend donc à une augmentation de la circulation en raison des objectifs du plan de gestion de Parcs Canada. Rien n’indique que cette route ait contribué à fragmenter la population – on trouve en fait de fortes densités de Draba yukonensis sur les bermes peu élevés le long de la route. Toutefois, cette route a entraîné une perte nette d’habitat.

Il n’existe pratiquement aucune publication décrivant la biologie du Draba yukonensis. Les descriptions suivantes sont tirées de notes et de rapports rédigés sur le terrain, de compte rendus de discussions avec des chercheurs et de publications décrivant le genre Draba de façon générale.

Le Draba yukonensis a été décrit comme une espèce bisannnuelle (Cody, 1996), une plante vivace de courte durée de vie (Al-Shehbaz et al., 2010) et comme une annuelle hivernale (Bennett, comm. pers., 2010). À ce jour, aucune étude n’a établi de façon définitive quel terme décrit le mieux le cycle vital du Draba yukonensis. Une plante transplantée a fleuri, a produit des graines et est morte, bien que l’on n’ait pu déterminer clairement si la mort a été causée au stress lié à la propagation. Les tentatives engagées pour faire germer des graines ont échoué (McIntyre, comm. pers., 2006). En 2009, de gros piquets ont été placés à 3 cm de trois individus pour tenter de déterminer si les individus survivent à l’hiver. Malheureusement, en 2010, plusieurs plantes ont été trouvées près de l’un des piquets – il a été impossible de dire clairement laquelle avait survécu à l’hiver. Des collets bien ajustés utilisés en 2010 pourraient apporter un éclairage sur cette question en 2011 (figures 2 et 3).

Le nombre de plantes de Draba yukonensis dénombrées par journée-personne de recherche a grandement fluctué d’année en année (figure 7). Une certaine variation pourrait s’expliquer par la proportion de journée-personne de recherche pour l’énumération des milieux peuplés par rapport aux relevés effectués dans les milieux potentiels. Par exemple, la proportion de ce relevé était concentrée en faveur des milieux peuplés en 2008 comparativement à 2010, ce qui explique en partie la plus grande réussite de 2008. Inversement, la proportion du relevé est comparable entre 2008 et 2009. Dans ce cas, le nombre de plants de Draba yukonensis par journée-personne de recherche était considérablement plus élevé en 2008. Ce modèle de populations plus élevées pour les années aux nombres pairs corrobore l’observation non officielle des chercheurs qui ont exploré le complexe de prés durant plusieurs années (Bennett, comm. pers., 2010) et suggère un cycle vital bisannuel et des cohortes de différentes tailles pour les années alternantes.Toutefois, 2006 et 2010, des années paires, ont connu des proportions de relevés comparables et avaient pourtant des dénombrements très différents.

Figure 7. Nombre de plants de Draba yukonensis par journée-personne de recherche entre 2005 et 2010.

Figure 7. Nombre de plants de Draba yukonensis par journée-personne de recherche entre 2005 et 2010.

Version texte de la figure 7

Plantes observées par journée-personne de recherche
2005 2.3
2006 36
2007 130
2008 3400
2009 44
2010 1100

Compte tenu du fait que la population semble fluctuer grandement d’une année à l’autre (figure 7), il semble peu probable que cette espèce soit une plante vivace de courte durée de vie. De plus, seulement une petite fraction des individus observés en 2009 et en 2010 portaient des tiges desséchées de la floraison de l’année précédente, ce qui indique que Draba yukonensis peut seulement adopter rarement et de façon opportuniste le cycle vital d’une plante vivace. On ignore s’il s’agit d’une espèce qui dépend de sa banque de semences ou de la longévité de sa banque de semences.

Un sous-ensemble des observations de 2010 ont porté sur l’état de la floraison. Selon ces dernières, 97 % des individus portaient des fleurs. Cette observation est compatible avec un cycle vital annuel hivernal ou avec un cycle vital bisannuel et une germination tardive. Toutefois, cela ne réfute pas l’existence du cycle vital d’une plante vivace, car les individus qui ne portent pas de fleurs étaient beaucoup plus difficiles à repérer. Dans l’ensemble, selon les observations, la meilleure façon de décrire le cycle vital de cette espèce est la suivante : un cycle vital bisannuel/vivace opportuniste et par conséquent, le temps de génération estimé est de 1 à 2 ans. Toutefois, le manque de modèles uniformes indique qu’il faut réaliser un plus grand nombre d’études sur la dynamique de population de Draba yukonensis.

La biologie de la pollinisation du Draba yukonensis est inconnue, bien qu’avec ses fleurs discrètes et hermaphrodites et ses présumées origines arctiques, Draba yukonensis est probablement capable d’autopollinisation (Grundt et al., 2005). Les espèces du genre Draba utilisent généralement des mécanismes génétiques qui empêchent l’hybridation (Skrede et al., 2008). Rien n’indique que la multiplication végétative existe chez cette espèce.

Des observations réalisées sur les associations d’habitat et du cycle vital de Draba yukonensis indiquent que l’espèce a besoin de plein soleil, de sols bien drainés et tolère probablement mal les températures plus chaudes associées à l’orientation sud. Il est possible que sa survie à l’hiver exige une accumulation de neige pour se protéger de la dessication et des températures extrêmement basses. Théoriquement, cette espèce devrait être bien adaptée à la colonisation de reliefs sablonneux exposés par les changements des conditions hydrologiques, bien qu’on ne sache pas exactement comment elle peut faire face aux inondations. Les incendies sont rares dans l’ensemble de la région et peu probables dans l’habitat des prés de Draba yukonensis.

Une transplantation et un essai d’ensemencement se sont avérés infructueux (McIntyre, 2006); toutefois, la culture horticole et l’ensemencement expérimental des prés adjacents demeurent encore possibles. La collecte de graines devrait se limiter aux années où les populations sont nombreuses (habituellement les années paires).

On connaît peu de choses sur la capacité de dispersion de Draba yukonensis. Les graines sont petites et ne possèdent ni ailes, ni barbes (Al-Shehbaz et al., 2010); elles sont donc peu adaptées à une dispersion sur de grandes distances. Les petits mammifères peuvent transporter involontairement des graines lorsqu’ils se nourrissent des plantes ou lorsqu’ils remplissent leur cache de plantes. Des têtes de graines grignotées de Draba yukonensis ont été observées (Bennett, comm. pers., 2010). On sait que les siliques d’autres espèces éclatent énergiquement, ce qui contribue à la dispersion active des graines (Yano, 1997). Un tel mécanisme n’a toutefois pas été signalé pour Draba yukonensis. Il est aussi possible que les graines qui adhèrent aux fragments des siliques soient dispersées plus facilement par le vent ou les animaux. Compte tenu de ce qui précède, la dispersion des graines entre les prés doit être rare. On s’attend à un faible flux génétique résultant du déplacement du pollen, relativement à d’autres espèces de plantes; toutefois, on peut s’attendre à ce que la dispersion du pollen comble les écarts entre les prés, entraînant ainsi un certain transfert de gènes. On ignore quelle est la longévité des graines de Draba yukonensis et s’il existe des banques de graines.

Plusieurs cas d’herbivores se nourrissant de Draba yukonensis ont été signalés. Des inflorescences complètes ont disparu entre des visites de sites durant une saison, ce qui indique des activités de broutage. Des terriers de spermophiles arctiques ont été observés dans le complexe de prés, bien qu’ils semblent inhabités. Les activités de broutage sont donc attribuées non seulement aux spermophiles, mais aussi à d’autres petits mammifères. Des latrines de campagnols (Microtus sp.) ont été observées dans les prés (Jung, comm. pers., 2011), et ces campagnols se nourrissent peut-être aussi de Draba yukonensis. Il semble que le broutage survienne durant le développement des fruits. Même si cette activité est clairement nuisible au Draba yukonensis, les terriers de spermophiles semblent être devenus des sites de haute densité de Draba yukonensis. Aucune observation directe de mammifère se nourrissant de cette espèce n’a été faite; cependant, en 2009, une petite larve de coléoptère noir a été observée alors qu’elle se nourrisssait des fleurs de Draba yukonensis.

La dispersion des graines est probablement limitée et la dispersion du pollen par les insectes et le vent joue probablement un mécanisme important pour éviter la différenciation génétique.

Le mélilot blanc (Melilotus albus), la luzerne en faux (Medicago falcata) et d’autres espèces de plantes envahissantes se répandent le long des routes au Yukon et se trouvent en dedans d’un kilomètre des prés. Le Draba yukonensis aurait de la difficulté à faire concurrence à ces espèces dans le cas où l’un d’eux s’établissait dans le complexe de prés. Cependant, aucune espèce de plante envahissante n’a été observée à l’intérieur de ce complexe.

À chaque occurrence, lors des relevés de 2009 et de 2010, le nombre d’individus de Draba yukonensis a été noté. Les plantes à fleurs et sans fleurs ont été dénombrées, bien que les plantes sans fleurs moins communes (environ 3 %) étaient moins faciles à détecter. À l’occasion, le nombre d’individus des occurrences particulièrement denses ou non délimitées a été estimé. Dans les cas où les individus étaient très épars et n’appartenaient pas à une colonie distinctive, le point de départ et de fin d’une ligne de transect approximative ont été consignés. Les méthodes d’échantillonnage utilisées étaient semblables pour les années 2005, 2006, 2007 et 2008 (YT CDC, 2010). Le dénombrement total par pré, le dénombrement total et le dénombrement par journée-personne de recherche sont présentés au tableau 3.

Tableau 3. Estimations des activités de recherche en temps (journée-personne), en nombre d’individus de Draba yukonensis dénombrés et initiales des chercheurs. Les estimations des populations ne sont pas fournies ici.
Année Est. des activ. de recherche (par journée-personne) (initiales des chercheurs) Pré de découverte d’origine Pré du milieu Pré à l’est Autres sites Total de plantes dénombrées Total dénombré par j-p
2000 > = 17 j-p (PC) Voir la figure 4 0 0
2001 0? 0 S.O.
2002 > = 24 j-p (PC) Voir la figure 4 0 0
2003 > = 14 j-p (PC) Voir la figure 4 0 0
2004 > = 11 j-p (PC) Voir la figure 4 0 0
2005 > = 8 j-p (PC)
> = 1 j-p (LF)
0,3 j-p (BB)
21 dans 2 sous-populations Voir la figure 4 21 2,3
2006 > = 7 j-p (JL(2), LS (2), GM,BB, + 1 autre) 250 0 (PAK) 250 36
2007 > = 2 j-p (JL, LF) < 250 0 (PA) < 250 130
2008 ~ 4 j-p (JL, LF, BM, + 1 autre) 3 000 10 000 600 13 600 3 400
2009 2,5 j-p (JL, WN, LF) 51 (pour 1,5 j-p) 58 (pour 1,0 j-p) X 109 44
2010 5 j-p (SS, PM, BB, RM, LF, DO, LA) ~ 5 268
(~ 2 j-p)
90 (2/3 j-p) 0 (~ 1/3
j-p)
0 (PA
~ 1,5 j-p),
0 (PAK
~ 0,5 j-p)
5 358 1 100

Blanc = pas encore découvert; X = aucun relevé effectué; j-p = journée-personne (~ 7 heures-personne); p-h = personne-heure; PAK = prés adjacents au parc national Kluane; PA = prés adjacents aux prés où la présence de Draba yukonensis est reconnue; PC = Phil Caswell, LF = Lloyd Freese, LS = Lori Schroeder, GM = Gerry Mussnug, BB = Bruce Bennett, JL = Jen Line, BM = Bruce McLean, WN = Wendy Nixon, PM = Polly Madsen, RM = Randi Mulder, DO = Deb Osbourne, LA = Libby Anderson, SS = Sam Skinner.

Pour estimer la taille de la population de 2010, la proportion de l’habitat recensé en 2010 a servi à extrapoler le nombre d’individus non dénombrés. Premièrement, tous les prés du complexe ont été numérisés dans Google Earth™ (2010) en interprétant les imageries satellitaires prises en août 2005. Deuxièmement, les prés ou les autres parties, à l’extérieur de l’aire d’occurrence probable de 2010 ont été rejetées. L’aire d’occurrence a été élaborée en utilisant toutes les observations consignées de Draba yukonensis depuis 2006 à l’exception de celles trouvées dans un petit pré où les plantes étaient absentes en 2010. On a aussi rejeté les prés où Draba yukonensis n’a jamais été observé. Troisièmement, les activités de relevés de 2010 présentaient un biais en faveur des aires de concentration connues de Draba yukonensis et par conséquent, les prés occupés ont été regroupés en aires principales et leur périphérie. Quatrièmement, la proportion des aires principales qui ont été échantillonnées et le nombre d’individus dénombrés pour cela ont servi à extrapoler la population des aires principales. De la même façon, la population de la périphérie des prés habités par cette espèce a été estimée. La somme de ces deux estimations a servi à établir la population totale pour 2010.

En 2010, une occurrence non délimitée exceptionnellement grande a été signalée à la périphérie d’un pré occupé juste au moment où le relevé prenait fin. Malheureusement, les contraintes de temps ont empêché la réalisation de relevés plus détaillés et par conséquent, la taille et la population de cette occurrence ont été estimées.

Selon l’interprétation des imageries satellitaires (2005) et des photos aériennes (1996), il ne semble exister que peu de reliefs convenables à Draba yukonensis dans l’aire entourant la vallée de la rivière Dezadeash et le parc national Kluane, audelà du complexe de prés et la majorité de ces emplacements auraient été visités par Phil Caswell ou examinés dans le cadre des relevés de 2005-2010 de Draba yukonensis (YT CDC, 2010). Il est donc très peu probable qu’il existe d’autres populations au-delà du complexe de prés.

En 2010, 5 358 individus de Draba yukonensis ont été dénombrés. Toutefois, la taille réelle de la population est plus élevée, car seule une partie (5,8 %) de la population de Draba yukonensis a été dénombrée. Par l’extrapolation des données recueillies sur le terrain en 2010, la population totale de Draba yukonensis au printemps 2010 a été estimée à 88 200. Les calculs de cette extrapolation comprenaient des données sur la grande occurrence non délimitée pour laquelle le relevé avait été insuffisant. Si on n’inclut pas cette occurrence périphérique dans les calculs, la population totale serait estimée à 32 500. Par conséquent, la population de 2010 se situe probablement entre 32 500 et 88 200.

L’extrapolation de la population de 2010 suppose une densité uniforme d’individus de Draba yukonensis dans chaque type d’aire (principale et périphérique), mais prend en considération les différences présumées de densité entre ces deux classes. Elle suppose aussi que la délimitation des prés était exacte et qu’il n’existe pas d’autres populations de Draba yukonensis.

L’estimation de la population de 2010 est la plus élevée jamais enregistrée, selon des données chiffrées brutes (tableau 3). Malheureusement, les limites relatives aux données historiques ont rendu difficile ou impossible une extrapolation semblable du dénombrement le plus faible de 2009 de Draba yukonensis. Cependant, une extrapolation simple fondée sur la quantité ajoutée au dénombrement par le biais de l’extrapolation de 2010 suggère que la population de 2009 serait de 1 500 à 2 100 individus.

Les données sur la population ne sont pas encore assez solides pour indiquer quelque fluctuation ou tendance définitive; cependant, un histogramme des dénombrements de Draba yukonensis par journée-personne au cours des six dernières années (figure 7) indique que les populations de Draba yukonensis peuvent fluctuer, et que la taille de la population peut être plus élevée au cours des années paires. Une telle fluctuation bisannuelle appuie l’hypothèse selon laquelle Draba yukonensis est une plante bisannuelle et qu’elle présente essentiellement deux sous-populations temporellement distinctes. La plus grande de ces sous-populations présumées est approximativement cinquante fois la taille de la plus petite. La population de Draba yukonensis subit donc des fluctuations extrêmes (IUCN Standards and Petitions Subcommittee 2010).

L’application du critère des fluctuations extrêmes est utilisée dans le présent cas, car même si ces fluctuations font probablement partie du cycle vital de la plante, on considère qu’elles contribuent à accroître la vulnérabilité intrinsèque de la population. Dans le cas où la menace provient de la construction de routes, l’incapacité de détecter la plante lors des relevés pourrait augmenter sa vulnérabilité. L’IUCN a utilisé ce critère dans l’évaluation d’autres espèces d’herbes annuelles ou bisannuelles, y compris Arabis kennedyae, une espèce aussi potentiellement menacée par la construction ou l’élargissement de routes. Un autre exemple est celui d’Anthemis glaberrima, une espèce endémique aux îlots près de Crète. La superficie de la zone d’occupation et de la zone d’occurrence sont chacune de moins de 10 km². Les populations sont stables, car il s’agit d’une espèce annuelle et les fluctuations extrêmes sont possibles (IUCN, 2011).

La tendance générale de la population de Draba yukonensis est impossible à déterminer compte tenu des données disponibles. Bien qu’il semble que les populations aient augmenté depuis 2005 (figure 7), il est probable que cet accroissement s’explique davantage par le plus grand nombre de relevés ciblés et concentrés sur le dénombrement de Draba yukonensis, que par la découverte de nouvelles occurrences. On considère que la population diminue à l’heure actuelle en raison de l’augmentation de la circulation dans le complexe de prés et de l’empiètement graduel de la végétation avoisinante. On s’attend à ce que ce déclin présumé se poursuive à l’avenir, à moins que des mesures ne soient prises pour atténuer les effets de ces menaces continues.

Il n’existe qu’une seule population connue de Draba yukonensis au Canada, et par conséquent, aucun effet d’immigration de source externe n’est possible.

L’extrême rareté d’habitat convenable dans l’aire de dispersion naturelle et la zone d’occurrence limitée représentent de graves facteurs limitatifs pour Draba yukonensis. En outre, plusieurs menaces sont présentes ou demeurent potentielles (tableau 4). Comme les trois prés sont touchés par plus d’un événement menaçant, la localité est définie en considérant la menace la plus grave et la plus plausible qui diffère entre les prés.

Tableau 4. Menaces signalées par site*
Localité Type Menace Portée Gravité Choix du moment
Pré d’origine Corridors de transport et de service Routes Restreinte Extrême Élevée
Production d'énergie et exploitation minière Exploitation de mines et carrières Étendue Extrême Modérée
Activités récréatives Piétinement Vaste Modérée Élevée
Projets résidentiels Habitations Restreinte Grave Faible
Plantes envahissantes Plantes envahissantes Inconnue Inconnue Inconnue
Changement climatique et phénomènes météorologiques violents Déplacement des habitats Faible Légère De élevée à faible
Pré du milieu Production d'énergie et exploitation minière Exploitation de mines et carrières Vaste Extrême Modérée
Activités récréatives Piétinement Faible Légère Élevée
Projets résidentiels Habitations Faible Grave Faible
Plantes envahissantes Plantes envahissantes Inconnue Inconnue Inconnue
Changement climatique et phénomènes météorologiques violents Déplacement des habitats Faible Légère De élevée à faible
Pré de l’est Activités récréatives Piétinement Faible Légère Élevée
Projets résidentiels Habitations Faible Grave Faible
Plantes envahissantes Plantes envahissantes Inconnue Inconnue Inconnue
Changement climatique et phénomènes météorologiques violents Déplacement des habitats Faible Légère De élevée à faible

* voir le Ministry of Environment de la Colombie-Britannique (2010) pour les définitions de la portée, de la gravité et du choix du moment

En 2011, une société minière qui possède des concessions minières avoisinantes a annoncé qu’elle planifiait améliorer la route qui traverse le pré dans le but de faciliter les travaux d’exploitation minière et de fournir l’accès aux gisements miniers. Après avoir été contactée au sujet de la présence de la drave du Yukon, la société est allée de l’avant avec la revendication des terres restantes, y compris des parties du pré (figure 8). Les travaux de réfection nécessiteraient un important élargissement de la route et l’élaboration de normes routières pour permettre le développement industriel (Solomon Resources Ltd., 2011). Si ces activités de développement vont de l’avant telles que proposées, elles auront des répercussions importantes sur la population du pré de découverte d’origine.

Figure 8. Accès aux concessions minières (actives et échues) par le biais des prés où vit Draba yukonensis.

Photo aérienne annotée présentant les concessions minières actives et échues où l’accès se fait par le biais de prés où vit la drave du Yukon.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Draba yukonensis meadows in relation to quartz mining activities, August 30, 2011 =
Prés occupés par le Draba yukonensis en relation avec les activités d’exploitation minière de quartz, le 30 août 2011
Draba yukonensis = Draba yukonensis
Active and Pending quartz claims = Concessions de quartz (actives et en attente)
Expired quartz claims = Concessions de quartz échues

La proximité des prés allant vers l’autoroute de l’Alaska, ainsi que leur contenu plus élevé en sable et en gravier pourrait en faire des candidats à l’extraction de gravier.

Des signes de coupes de récupération des grandes épinettes blanches matures tuées par le dendroctone de l’épinette (Dendroctonus rufipennis) ont été observés immédiatement dans les aires adjacentes à l’un des prés. On accède plus facilement aux forêts d’épinettes adjacentes en conduisant à travers les prés, ce qui pourrait entraîner la destruction de certaines plantes. Il est probable qu’on poursuivra la coupe de récupération des peuplements forestiers tués par le dendroctone de l’épinette pour obtenir du bois d’œuvre et de chauffage à des fins domestiques.

Un lotissement résidentiel adjacent est à proximité des prés inhabités (figure 6). Le risque d’expansion de ce lotissement vers le sud-est n’est peut-être pas imminent, mais aurait des répercussions très graves sur l’habitat et les populations de Draba yukonensis.

Entre 1948 et 1996, la route existante (SO-NE) qui traverse le pré s’est développée davantage alors qu’un nouveau chemin de terre descendant du nord vers le sud à travers le même pré a été construit en raison de l’intensification de la circulation des véhicules (figures 6 et 7). Ces routes contribuent à une perte nette de l’habitat de Draba yukonensis. L’expansion de ces routes découlant de la circulation non officielle à des fins récréatives pourrait entraîner une perte d’habitat accrue. Cet emplacement était le site du camp de Schofield et de Crum au moment où ils ont recueilli leurs spécimens en 1957 (Bennett, comm. pers., 2010); aussi, plus récemment, l’endroit a servi de terrain de camping non officiel lors des événements communautaires locaux. À certains moments, des douzaines de tentes sont montées et des véhicules sont stationnés, et il est probable que ces activités aient contribué au piétinement de plantes de Draba yukonensis. Certaines activités des résidents, potentiellement la conduite de véhicules tout-terrain, peuvent présenter des risques pour les populations et l’habitat.

Le piétinement a probablement des impacts sur une grande partie de l’habitat ou des populations de Draba yukonensis, mais un seul des trois prés est gravement touché par cette menace.

En raison de la diversité et de la gravité des menaces, on peut considérer qu’il existe trois localités pour le Draba yukonensis (IUCN Standards and Petitions Subcommittee, 2010).

La circulation sur ces routes pourrait favoriser l’introduction de plantes envahissantes. Par exemple, le mélilot blanc, une espèce bien adaptée à des sites ouverts et bien drainés, est en voie de se répandre rapidement le long des routes et des voies d’eau du Yukon et est connu pour sa capacité à déplacer ou à remplacer la végétation indigène (Spellman et Wurtz, 2011) et à modifier les régimes d’éléments nutritifs du sol (Lesica et DeLuca, 2000). À ce jour, aucune des espèces de plantes envahissantes n’a été identifiée dans les prés occupés par Draba yukonensis, et leurs impacts demeurent donc inconnus. On sait que plusieurs espèces croissent à 1 km des prés, y compris le brome inerme (Bromus inermis), l’agropyre à crête (Agropyron cristatum), la luzerne en faux (Medicago falcata) et la luzerne cultivée (Medicago sativa) (B.A. Bennett, comm. pers., 2010).

À l’heure actuelle, Draba yukonensis ne jouit d’aucune protection juridique au Canada, et cette plante n’est pas protégé par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Les cotes de conservation attribuée par NatureServe pour Draba yukonensis à l’échelle mondiale, nationale et infranationale sont « Gravement en péril » (G1, N1 et S1 respectivement). Ces cotes ont été examinées pour la dernière fois le 31 mai 2005, après la redécouverte de Draba yukonensis (NatureServe, 2010). L’espèce n’a pas été évaluée par l’IUCN et n’a pas été classée selon la liste rouge de l’IUCN. L’indicateur national de la situation générale des espèces est « possiblement en péril » (Conseil canadien de conservation des espèces en péril, 2006).

La zone d’occurrence de Draba yukonensis et la majorité du complexe des prés font partie du Refuge faunique Kluane. Cette désignation en vertu de la Yukon Wildlife Act impose certaines restrictions sur la chasse et la capture d’animaux, mais ne protège pas les plantes ou leur habitat contre les activités industrielles et les autres utilisations du sol. Il n’existe à l’heure actuelle aucune autre désignation chevauchant la partie du complexe de prés du Refuge faunique Kluane (gouvernement du Yukon, 2010), et aucun processus destiné à changer la désignation des prés où vit cette espèce.

Certains prés à la périphérie, qui peuvent fournir un habitat convenable à Draba yukonensis, ne semblent cependant pas héberger cette espèce à l’heure actuelle, et se trouvent dans le parc national Kluane. Le niveau de protection actuel de l’habitat de Draba yukonensis ne suffit pas à assurer la survie à long terme de cette espèce.

Le rédacteur tient à remercier les personnes suivantes de l’aide généreuse qu’elles ont offerte : Jen Line (botaniste), Deb Osbourne (botaniste), Libby Anderson (botaniste), Polly Madsen (amateure de plantes). La liste de tous les experts contactés apparaît dans le tableau plus bas.

Nom Titre Affiliation Ville Province/ territoire
Bruce Bennett Wildlife Viewing Biologist/ président du Sous-comité des plantes vasculaires Ministère de l’Environment du Yukon COSEPAC Whitehorse Yukon
Cris Guppy Entomologiste Entomological Society de la Colombie-Britannique Dragon Lake Colombie-Britannique
David F. Murray Professeur émérite Université de l’Alaska à Fairbanks Fairbanks Alaska, États - Unis
Donna Hurlburt Membre remplaçante du Sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones (CTA) Secrétariat du COSEPAC/Service canadien de la faune Annapolis Royal Nouvelle-Écosse
Gilles Seutin Coordinateur du Programme des espèces en péril Parcs Canada Gatineau Québec
Erich Haber Président du Sous-comité des plantes vasculaires (COSEPAC) National Botanical Services Stittsville Ontario
Evie Witten Directeur, Northern Climate Change Program The Nature Conservancy Anchorage Alaska, États - Unis
Gerry Mulligan Expert retraité (pour le genre Draba) Herbier DAO (Collection nationale des plantes vasculaires) (d’Agriculture et Agroalimentaire Canada) Ottawa Ontario
Gisele Mitrow Gestionnaire de collection Ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Herbier DAO Ottawa Ontario
Graham Van Tighem Directeur exécutif Commission de gestion de la faune aquatique et terrestre du Yukon Whitehorse Yukon
Heidi H. Schmidt Directrice de la rédaction Missouri Botanical Garden/Flora of North America (FNA) St. Louis Missouri, États - Unis
Ihsan Al-Shehbaz Spécialiste des moutardes Missouri Botanical Garden St. Louis Missouri, États - Unis
James Zarucchi Directeur de la rédaction, FNA Missouri Botanical Garden/FNA St. Louis Missouri, États - Unis
Jenny Wu Agente de projet scientifique Secrétariat du COSEPAC Ottawa Ontario
Karen Timm Agente de projet scientifique Secrétariat du COSEPAC Ottawa Ontario
Lauren Crooks Gestionnaire de données spatiales Geomatics Yukon Whitehorse Yukon
Lloyd Freese Spécialiste de la gestion des ressources et de la sécurité publique au parc national Kluane Parcs Canada Haines Junction Yukon
Lori Schroeder Coordonnatrice intérimaire du Yukon Conservation Data Centre Experte-conseil Whitehorse Yukon
Neil Jones Agent de projet scientifique & coordonnateur des CTA Secrétariat du COSEPAC Ottawa Ontario
Patrick Nantel Biologiste de la conservation, Programme des espèces en péril Parcs Canada Gatineau Québec
Pippa Shepherd Coordonnatrice, Programme des espèces en péril Parcs Canada Vancouver Colombie - Britannique
Randi Mulder Spécialiste de l’information sur la biodiversité Yukon Conservation Data Centre Whitehorse Yukon
Roger Brown Forestier Premières Nations Champagne et Aishihik Whitehorse Yukon
Ryan Gould Technicien en géomatique Conseiller en géomatique Whitehorse Yukon
Susan Desjardins Directrice exécutive Conseil des ressources renouvelables d'Alsek Haines Junction Yukon
Syd Cannings Zoologiste Environnement Canada Whitehorse Yukon

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Sam Skinner est titulaire d’un baccalauréat en sciences (B. SC.) spécialisé en écologie de l’Université de la Colombie-Britannique (1997), dont le thème central était la botanique; il détient aussi une maîtrise en sciences (M. Sc.) en Biologie de l’environnement et en écologie avec une spécialisation en écologie des champignons de l’Université de l’Alberta (2007). Il travaille depuis une dizaine d’années dans les domaines de la cartographie des écosystèmes, de la recherche en écologie et de la planification régionale de l’utilisation du sol dans l’Ouest du Canada.

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2022-02-24