Drave du Yukon (Draba yukonensis) : évaluation et rapport de situation du COSEPAC 2018

Titre officiel : Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Drave du Yukon (Draba yukonensis) au Canada 2018

Comité sur la situation des espèces en peril au Canada (COSEPAC)
Préoccupante 2018

Matériel appartenant à des tierces parties

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Image de la drave du Yukon
Drave du Yukon
Information sur le document

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l'on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2018. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la drave du Yukon (Draba yukonensis)au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xii + 46 p. (Registre public des espèces en péril).

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2011. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le drave du Yukon (Draba yukonensis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. ix + 33 p.

Note de production : Le COSEPAC remercie Syd Cannings d'avoir rédigé le rapport de situation sur la drave du Yukon (Draba yukonensis) au Canada, aux termes d'un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Danna Leaman, membre scientifique non gouvernemental du COSEPAC, avec l'aide de Jana Vamosi et de Del Meidinger, coprésidents du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s'adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : ec.cosepac-cosewic.ec@canada.ca
Site web : COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Yukon Draba Draba yukonensis in Canada.

Illustration/photo de la couverture : Photo d'une drave du Yukon prise par Syd Cannings le 5 juin 2012 à Aishihik, au Yukon.

COSEPAC sommaire de l'évaluation

Sommaire de l'évaluation – novembre 2018

Nom commun : Drave du Yukon

Nom scientifique : Draba yukonensis

Statut : Préoccupante

Justification de la désignation : Cette espèce de moutarde vivace de petite taille et à courte durée de vie est endémique dans le sud du Yukon. Son aire de répartition est très restreinte, se limitant aux prés bien drainés et aux pentes orientées vers le sud. Les relevés réalisés depuis 2011 ont permis d'élargir l'aire de répartition et fait augmenter le nombre de sites connus, lequel est passé de 3 à 19. Selon ces relevés, la population pourrait ne pas subir les fluctuations extrêmes prévues au départ. Parmi les menaces actuelles figurent l'empiétement par les forêts, les incendies de forêt, l'aménagement de routes, les espèces envahissantes, et le piétinement par les humains et les bisons. Ces menaces ont le potentiel de réduire la superficie d'habitat convenable et le nombre de sous-populations potentiellement non viables au point où l'espèce satisferait aux critères de la catégorie « espèce menacée ».

Répartition : Yukon

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2011. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « préoccupante » en novembre 2018.

COSEPAC résumé

Drave du Yukon
Draba yukonensis

Description et importance de l'espèce sauvage

La drave du Yukon est une petite plante herbacée de la famille des Brassicacées. Ses feuilles sont entières et recouvertes de poils raides non fourchus distinctifs. Chaque plante est munie d'une petite racine pivotante, d'une ou de plusieurs rosettes de feuilles couchées sur le sol et d'une ou de plusieurs tiges florifères. Les fleurs sont petites, blanches et portent quatre pétales.

Répartition

La drave du Yukon est endémique au sud-ouest du Yukon et a jusqu'à maintenant été signalée dans 19 sites.

Habitat

La drave du Yukon pousse dans des prés secs et bien drainés. Ces prés occupent souvent d'anciennes plages et flèches de sable formées en bordure de lacs proglaciaires. Sur les pentes abruptes orientées vers le sud, l'espèce est souvent limitée aux parties supérieure et inférieure de la pente, où les conditions sont moins sèches qu'en milieu de pente.

Biologie

On en sait peu sur la biologie de la drave du Yukon, mais l'espèce serait une vivace à courte durée de vie selon de récentes données de suivi. L'espèce semble tolérer les conditions sèches et l'exposition directe au soleil. La capacité de dispersion de la drave du Yukonpar l'entremise de ses graines est probablement plutôt limitée. Des dommages causés aux graines par de petits mammifères et insectes herbivores ont été observés.

Taille et tendances de la population

La population est estimée à environ 160 200 à 333 000 individus. Le nombre d'individus matures peut varier grandement d'une année à l'autre, mais de récentes activités de suivi (2012-2017) donnent à penser que la population totale ne subit pas de fluctuations extrêmes. On ne dispose d'aucune information sur les tendances à long terme des populations.

La majorité des individus matures se concentre dans deux grandes sous-populations, et la plupart des sites connus contiennent de petites sous-populations isolées dont la viabilité est inconnue.

Menaces et facteurs limitatifs

De multiples facteurs (notamment la suppression des incendies, la réduction des populations d'herbivores et les effets des changements climatiques) entraînent apparemment une perte d'habitat attribuable à l'arbustification et à l'afforestation de certaines prairies au Yukon. En contrepartie, les changements climatiques pourraient aussi causer une hausse des feux de forêt, ce qui favoriserait le maintien des prairies dégagées.

Le bison a été réintroduit dans la région dans les années 1980; l'augmentation du nombre de bisons entraîne une hausse du piétinement et de l'intensité du broutage ainsi que de l'enfouissement d'individus de l'espèce sous les déjections. Le piétinement et le broutage peuvent tuer des individus, mais ils peuvent aussi contribuer au maintien des prairies à l'état dégagé.

La circulation est en hausse sur le petit chemin de terre qui traverse depuis longtemps la plus grande sous-population de drave du Yukon, dans le pré Alsek, et les perturbations de l'habitat associées à cette circulation pourraient elles aussi être en hausse. En 2011, une société d'exploration a établi des concessions minières dans le pré en vue d'améliorer ce chemin pour faciliter les activités d'exploitation minière et créer un accès aux propriétés minières. L'entreprise minière a ensuite (2013) conclu avec le gouvernement du Yukon un accord de sécurité qui interdit essentiellement l'exploitation minière dans ces concessions.

Protection, statuts et classements

Le COSEPAC a désigné la drave du Yukon « espèce préoccupante » en 2018; l'espèce avait auparavant été classée « en voie de disparition » en 2011. L'espèce ne jouit d'aucune protection et d'aucun statut juridiques au Canada et aux États-Unis à l'heure actuelle. Elle ne figure pas sur la liste des espèces protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

NatureServe a classé la drave du Yukon comme « en péril à vulnérable » à l'échelle mondiale (G2G3) ainsi qu'au niveau national (N2N3) et territorial (S2S3).

Résumé technique

Nom scientifique : Draba yukonensis

Nom français : Drave du Yukon

Nom anglais : Yukon Draba

Répartition au Canada (province/territoire/océan) : Yukon

Données démographiques

Durée d'une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquez si une méthode d'estimation de la durée d'une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l'UICN [2017] est utilisée).
2 à 3 ans
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d'individus matures?
Oui, un déclin est inféré et prévu d'après une évaluation qualitative de la succession de la végétation dans le pré Alsek.
Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d'individus matures sur [cinq ans ou deux générations].
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].
Inconnu
Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d'augmentation] du nombre total d'individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur.
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont a) clairement réversibles et b) comprises et c) ont effectivement cessé?
  1. Non
  2. Partiellement
  3. Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures?
Non

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d'occurrence:
7 295 km2
(superficie minimale, calculée pour les 19 sites connus; il est toutefois peu probable que la superficie dépasse 20 000 km2)
Indice de zone d'occupation (IZO) (Fournissez toujours une valeur établie à partir d'une grille à carrés de 2 km de côté:
76 km2

 

Valeur minimale; il existe probablement des sites additionnels qui feraient augmenter cette valeur, mais il est peu probable que celle-ci soit supérieure à 500 km2
La population totale est-elle « gravement fragmentée », c.-à-d. que plus de 50 % de sa zone d'occupation totale se trouve dans des parcelles d'habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d'une population viable et b) séparées d'autres parcelles d'habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l'espèce?:
  1. Non. Correspond peut-être au critère b), mais ne correspond pas au critère a)
  2. Oui
Nombre de « localités »* (utilisez une fourchette plausible pour refléter l'incertitude, le cas échéant) :
Il y aurait 19 localités, calculées en fonction de l'arbustification à chacun des sites (certains sites ne sont pas soumis à ce phénomène, et le rythme du phénomène varie dans les autres sites)
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de la zone d'occurrence?:
On ne sait pas
La hausse observée depuis le rapport de situation précédent est attribuable à l'augmentation des activités de recherche.
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de l'indice de zone d'occupation?:
Il est probable que non, du moins à court terme.
La hausse observée depuis le rapport de situation précédent est attribuable à l'augmentation des activités de recherche.
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous-populations?:
On ne sait pas
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités*?:
On ne sait pas
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l'étendue ou la qualité] de l'habitat?:
Oui, un déclin est inféré, et un déclin de la qualité de l'habitat est prévu au site du pré Alsek; déclin possible dans d'autres sites.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous-populations?:
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*?:
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d'occurrence?:
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l'indice de zone d'occupation?:
Non

*(Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et International Union for Conservation of Nature (IUCN) (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.)

Nombre d'individus matures (dans chaque sous-population)
Sous-population (utilisez une fourchette plausible) Nombre d'individus matures
Pré Alsek 109 670 à 241 200; d'après la proportion d'individus matures (67 %) au moment du dénombrement (voir la section Abondance)
Aishihik, 5 km au Nord 48 910 à 87 370+; d'après la proportion d'individus matures (67 %) au moment du dénombrement (voir la section Abondance)
Aishihik > 184
Rivière Nordenskiold, 5 km en aval des lacs Hutshi 3
Lac Aishihik, côté ouest, au nord du ruisseau Lister 72
Ruisseau Isaac, côté nord > 200
Ruisseau Isaac, 7,5 km au sud Inconnu
Ruisseau Lister, cours supérieur 25
Rivière Nordenskiold, 15 km en aval des lacs Hutshi > 10
Lacs Hutshi > 63
Lac Taye, extrémité nord-est > 100
Lac Moraine > 20
Lacs Hutshi et rivière Nordenskiold, plateau intermédiaire 2 000-3 000
Rivière Nordenskiold, 5 km à l'est de la montagne Vowel > 200
Ruisseau Lake Terrace > 400
Ruisseau Lake Terrace, cours supérieur > 50
Ruisseau Incised, cours supérieur > 12
Ruisseau Stevens, 4 km à l'ouest > 50
Lac Taye, 5,4 km au sud > 48
Total 161 833 à 332 823 – estimation 333 000

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l'espèce à l'état sauvage est d'au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans] :
Analyse non réalisée.

Menaces (réelles ou imminentes pour les sous-populations ou leur habitat)

Un calculateur des menaces a-t-il été rempli pour l'espèce, et dans l'affirmative, par qui?

Oui. Participants : Del Meidinger (animateur), Syd Cannings, Bruce Bennett, Joanna James, Jana Vamosi, Lori Schroeder (botanistes-conseils), Shawn Taylor (Environnement Yukon), Todd Powell (Environnement Yukon), Dan Brunton, Michael Jim (Premières Nations de Champagne et Aishihik), Shannon Stotyn (SCF), Danna Leaman.

Les menaces suivantes sont considérées comme ayant un impact faible :

  1. Espèces envahissantes ou autrement problématiques : introduction de plantes exotiques dans les prairies, effets inconnus des perturbations causées par le bison (UICN nos 8.1 et 8.2)
  2. Intrusions et perturbations humaines : effets de faible envergure de l'utilisation de véhicules hors route et du camping, particulièrement au pré Alsek (UICN no 6.1)
  3. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents : le déplacement et l'altération projetés de l'habitat associés à la hausse des températures annuelles moyennes et au déficit hydrique climatique entraîneront un empiétement des arbustes et des arbres sur les prairies ainsi qu'une hausse de l'évapotranspiration (UICN no 11)

Immigration de source externe (immigration de l'extérieur du Canada)

Situation des populations de l'extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada. Espèce endémique au Canada.
Sans objet
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Sans objet
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Sans objet
Y a-t-il suffisamment d'habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Sans objet
Les conditions se détériorent-elles au Canada?
Sans objet
Les conditions pour la population source (c.-à-d. de l'extérieur) sont-elles en voie de se détériorer?
Sans objet
La population canadienne est-elle considérée comme un puits?
Sans objet
La possibilité d'une immigration depuis des populations externes existe-t-elle?
Non

Nature délicate de l'information sur l'espèce

L'information concernant l'espèce est-elle de nature délicate? Non

Historique du statut

COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2011. Réexamen du statut : la population a été désignée « préoccupante » en novembre 2018.

Statut et justification de la désignation

Statut recommandé : Préoccupante

Code alphanumérique : Sans objet.

Justification de la désignation : Cette espèce de moutarde vivace de petite taille et à courte durée de vie est endémique dans le sud du Yukon. Son aire de répartition est très restreinte, se limitant aux prés bien drainés et aux pentes orientées vers le sud. Les relevés réalisés depuis 2011 ont permis d'élargir l'aire de répartition et fait augmenter le nombre de sites connus, lequel est passé de 3 à 19. Selon ces relevés, la population pourrait ne pas subir les fluctuations extrêmes prévues au départ. Parmi les menaces actuelles figurent l'empiétement par les forêts, les incendies de forêt, l'aménagement de routes, les espèces envahissantes, et le piétinement par les humains et les bisons. Ces menaces ont le potentiel de réduire la superficie d'habitat convenable et le nombre de sous-populations potentiellement non viables au point où l'espèce satisferait aux critères de la catégorie « espèce menacée ».

Applicabilité des critères

Criterion A (déclin du nombre total d'individus matures) : Ne correspond pas au critère. L'évaluation des menaces semble indiquer qu'il y a un déclin actuellement et qu'il y aura un déclin dans le futur de l'étendue et de la qualité de l'habitat, mais l'ampleur de ces déclins est inconnue.

Criterion B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Ne correspond pas actuellement à ce critère. Atteint les seuils de la catégorie « menacée » B1 (zone d'occurrence peu susceptible d'être supérieure à 20 000 km2) et de la catégorie « en voie de disparition » B2 (IZO peu susceptible d'être supérieure à 500 km2), un déclin continu de l'habitat est observé et projeté, et un déclin de l'étendue de l'habitat, du nombre de localités et de sous-populations ainsi que du nombre d'individus matures est probable compte tenu des menaces connues. Cependant, la population n'est probablement pas gravement fragmentée actuellement, le nombre de localités dépasse les seuils et la population ne subit pas de fluctuations extrêmes.

Criterion C (nombre d'individus matures peu élevé et en déclin) : Ne correspond pas au critère. La fourchette estimative de la taille de la population et de la proportion d'individus matures dépasse probablement les seuils. L'évaluation des menaces laisse croire à un déclin futur, mais l'ampleur de celui-ci est incertaine.

Criterion D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Ne correspond pas au critère. La taille estimative de la population et la proportion d'individus matures dépassent les seuils de la catégorie D1. L'IZO et le nombre de localités estimatif dépassent les seuils de la catégorie D2.

Criterion E (analyse quantitative) : Sans objet. Aucune analyse n'a été effectuée.

Préface

Depuis l'évaluation précédente de la drave du Yukon, en 2011, un nombre considérable de relevés ont été réalisés, et d'importants renseignements sur le cycle vital de l'espèce ont été recueillis. Actuellement, 19 sous-populations sont connues, ce qui représente une hausse considérable par rapport à la seule sous-population connue en 2011. Ces sites sont limités à une petite portion du sud-ouest du Yukon, mais sont répartis dans une zone d'environ 7 000 km2.

Le marquage d'individus a révélé que la drave du Yukon est une espèce vivace à courte durée de vie, et non une espèce annuelle ou bisannuelle. De plus, un suivi minutieux réalisé sur plusieurs années dans deux sites (Aishihik et pré Alsek) montre qu'il n'y a probablement pas de fluctuations extrêmes du nombre d'individus matures chez l'espèce, contrairement à ce qu'on croyait auparavant. Le nombre d'individus florifères dans un même pré peut varier considérablement d'une année à l'autre, mais le nombre d'individus matures connaît des fluctuations beaucoup moins importantes.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d'une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d'une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d'être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d'autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l'Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d'information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2018)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'un autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n'existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)
(Remarque : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.)
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)
(Remarque : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.)
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)
(Remarque : Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.)
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)
(Remarque :Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».)
Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce à l'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

Remarque : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d'Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Description et importance de l'espèce sauvage

Nom et classification

Nom scientifique : Draba yukonensis A.E. Porsild

Synonymes : aucun

Sous-espèce ou variété : aucune

Noms anglais : Yukon Draba, Yukon Whitlow-grass

Nom français : Drave du Yukon

Famille : Brassicacées

Grand groupe végétal : Eudicotylédones

Historique de la taxinomie

En 1975, le Draba yukonensis a été reconnu et décrit par A.E. Porsild d'après le matériel de deux collections (Porsild, 1975). Le spécimen type a été récolté par H.M. Raup et L.G. Raup en 1944 et a initialement été identifié comme un spécimen de drave à fruits groupés (Draba oligosperma); Porsild a plus tard réexaminé le matériel et déterminé que celui-ci renfermait en fait deux taxons du genre Draba. De même, Porsild a découvert des spécimens de Draba yukonensis dans une autre collection de Draba oligosperma de W. Schofield, et H.A. Crum datant de 1957. En 2005, G. Mulligan a trouvé deux spécimens de Draba yukonensis récoltés en 1973 par G.W. Douglas et G.G. Douglas dans l'herbier d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (DAO). En 2005, le Draba yukonensis a été identifié pour la première fois sur le terrain par P. Caswell et L. Freese (Bennett, 2006).

Un séquençage des gènes ITS2 (ADN ribosomal) et rbcL (ADN chloroplastique) a été réalisé pour 19 spécimens de drave du Yukon provenant de l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce au Yukon. Les résultats ont montré que les spécimens de drave du Yukon étaient systématiquement distincts des autres espèces du genre Draba (Kuzmina, comm. pers. 2016).

Description morphologique

La drave du Yukonestune petite plante herbacée monocarpique produisant des rosettes de feuilles basilaires. Elle produit également des tiges hautes de 2 à 20 cm qui portent des poils étoilés et 1 à 3 petites feuilles sessiles et qui se terminent par une grappe de 5 à 20 fleurs blanches (figures 1 et 2). Les fleurs donnent naissance à des siliques ovoïdes ou oblongues à style court, de 3-5 mm de longueur, portant de courts poils étoilés. Les feuilles basilaires sont lancéolées, aiguës et longues de 8 à 10 mm et portent sur leurs deux faces des poils généralement simples, plutôt longs et raides. Les feuilles sont d'un vert bleuté foncé.

Figure 1. Drave du Yukonportant des fruits
Figure 1. Drave du Yukonportant des fruits. L'illustration dans la partie supérieure présente une vue détaillée de la structure externe du fruit et de sa surface. L'illustration du bas présente une vue détaillée de la surface abaxiale des feuilles (avec l'aimable autorisation de la Flora of North America Association; illustration de l'artiste Barbara Alongi, reproduction autorisée)
Description longue

Dessin de la drave du Yukon portant des fruits. Un encart présente une vue détaillée de la structure externe du fruit et de sa surface, qui est couverte de courts poils étoilés. Un autre encart montre la surface abaxiale des feuilles, qui comporte des poils généralement simples.

Figure 2. Drave du Yukon portant des fleurs et des fruits
Figure 2. Drave du Yukon portant des fleurs et des fruits, au ruisseau Isaac, au Yukon, le 9 juin 2013. Photo : Saleem Dar, reproduction autorisée.
Description longue

Photo de tiges de la drave du Yukon montrant les fleurs blanches à quatre pétales et les fruits ovoïdes et poilus.

Les individus peuvent produire plusieurs rosettes et ainsi avoir un port relativement globulaire ou semblable à celui des plantes en coussin. Chaque individu est muni d'une seule racine pivotante.

La drave du Yukon se rencontre souvent dans des prés où pousse la drave lancéolée (Draba cana), espèce avec laquelle elle est susceptible d'être confondue. Toutefois, les poils des feuilles sont étoilés chez la drave lancéolée, alors qu'ils sont généralement simples chez la drave du Yukon. De plus, les siliques lancéolées de la drave lancéolée sont faciles à distinguer de celles de la drave du Yukon, qui sont ovoïdes. Une personne possédant une expérience relativement limitée peut facilement et systématiquement distinguer les deux espèces sur le terrain grâce à la couleur et à l'apparence générale des individus, même en l'absence de fruits.

Structure spatiale et variabilité des populations

Le séquençage du gène ribosomal ITS2 a montré que la drave du Yukon est distincte de toutes les autres espèces du genre Draba (voir Historique de la taxinomie), mais aucune différenciation génétique n'a été détectée entre les sous-populations (Kuzmina, comm. pers., 2016).

Unités désignables

La drave du Yukon est une espèce endémique à répartition restreinte qui se rencontre uniquement dans quelques sites dans le sud-ouest du Yukon. Aucun facteur géographique, morphologique ou génétique connu n'indique que les sous-populations devraient être considérées comme des unités désignables distinctes.

Importance de l'espèce

La drave du Yukon est endémique au Canada et a une répartition restreinte, ce qui donne à penser qu'elle est une espèce relique associée aux rivages d'anciens lacs proglaciaires. Le sud-ouest du Yukon représente un centre régional d'endémisme (Bennett, comm. pers., 2010; Barrio et al., 2013; Williams et al., 2016; Sawyer et al., 2017).

Répartition

Aire de répartition mondiale

À l'échelle mondiale, la drave du Yukona été observée uniquement dans le sud-ouest du Yukon, au Canada (figure 3). Une occurrence avait été signalée en 1981 à la confluence des rivières Chitina et Copper, dans le sud-est de l'Alaska, mais il est maintenant établi qu'il s'agit en fait d'un spécimen atypique de drave lancéolée (Murray, comm. pers., 2010).

Figure 3. Carte. Description longue ci-dessous.
Figure 3. Répartition de la drave du Yukon et activités de recherche visant l'espèce menées de 2011 à 2016
Description longue

Carte montrant les endroits où la drave du Yukon a été observée et les sites de recherche visant l'espèce de 2011 à 2016 dans le sud ouest du Yukon.

Aire de répartition canadienne

La drave du Yukon a été signalée dans 19 sites dans le sud-ouest du Yukon, depuis la région de Haines Junction jusqu'au lac Aishihik, et depuis le cours supérieur de la rivière Nisling jusqu'au lac Taye et à la rivière Nordenskiold (figure 3).

Zone d'occurrence et zone d'occupation

La superficie de la zone d'occurrence de la drave du Yukon, calculée d'après la superficie délimitée par la ligne continue la plus courte pouvant renfermer toutes les sous-populations connues, est estimée à 7 295 km2. Cette superficie pourrait augmenter si de nouvelles sous-populations sont découvertes, mais elle est peu susceptible de dépasser les 20 000 km2. L'indice de zone d'occupation (IZO) est d'au moins 76 km2, selon une grille à carrés de 2 km de côté superposée aux sites connus. Cette superficie pourrait augmenter si de nouvelles sous-populations sont découvertes, mais elle est peu susceptible de dépasser les 500 km2.

Activités de recherche

Jusqu'en 2000, la drave du Yukon avait fait l'objet de peu d'activités de recherche; toutefois, en 1981, A.P. Khokhryakov, B.A. Yurtsev et D.F. Murray ont récolté une plante qu'ils ont cru être le la drave du Yukondans le sud-est de l'Alaska. Il a plus tard été déterminé qu'il s'agissait en fait d'un spécimen de drave lancéolée (Murray, comm. pers., 2010), mais cela démontre que certaines activités de recherche visant la drave du Yukon ont été menées en Alaska.

De 2000 à 2005, Phil Caswell a réalisé des recherches ciblées visant l'espèce et a récolté de nombreux spécimens du genre Draba dans la région de Kluane (figure 4), dont de nombreux dans des milieux semblables à l'habitat de la drave du Yukon. Il a consacré 74 jours à la récolte de spécimens du genre Draba au cours de cette période. De nombreux herborisateurs ont accentué leurs activités de recherches ciblant l'espèce après que l'espèce ait été redécouverte par Caswell et Freese en 2005 (tableau 1). De plus, des centaines, voire des milliers de spécimens du genre Draba déposés dans les principaux herbiers contenant du matériel provenant du Yukon ont été examinés depuis les années 1970 dans le cadre d'enquêtes biosystématiques exhaustives visant ce genre (Mulligan, 1976; Al-Shehbaz et Mulligan, 2013) ainsi que dans le cadre du projet Flora of North America (Al Shehbaz et al., 2010). En 2005, Bruce Bennett et Lloyd Freese ont récolté la drave du Yukon dans un site correspondant probablement à la localité type de l'espèce. En 2008, Jennifer Line et Lloyd Freese ont mené des relevés dans un certain nombre de prés dans la vallée de la Dezadeash et ont trouvé la drave du Yukon dans deux prés adjacents au premier lieu de récolte (Line, comm. pers., 2017).

Figure 4. Carte. Description longue ci-dessous.
Figure 4. Activités de recherche visant les espèces du genre Draba dans la région de Kluane, 1943-2010, y compris celles menées par Phil Caswell de 2000 à 2005
Description longue

Carte montrant les endroits ayant fait l'objet d'activités de recherche visant les espèces du genre Draba dans la région de Kluane, au Yukon a) de 1943 à 2010 et b) de 2000 à 2005 par Phil Caswell.

Tableau 1. Site où la drave du Yukon a été signalée. La cote d'occurrence d'élément (OE) représente une mesure de la viabilité des occurrences : A à B = excellente viabilité; C à D = non viable; E = existante mais viabilité inconnue. Régime foncier : PNCA = Premières Nations de Champagne et Aishihik
Site Nbre d'individus Activités de recherche Habitat Alt. (m) Régime foncier Cote d'OE Menaces
Pré Alsek (ruisseau Bear) Total estimatif de 150 000-350 000 en 2012-2016 Suivi continu; >> 20 jours-personnes Prés plats, secs et bien drainés à végétation clairsemée 620 Terres de la Couronne AB Amélioration des routes; utilisation de VTT, camping; sauf dans les cartes-réserves YG. Certain degré d'empiétement graduel de la végétation.
Aishihik, 5 km au nord 363 dénombrés; 45 900 à 56 800 estimés Modérées : 8+ jours-personnes Petites parcelles de prairie sur les versants sud de petits kettles 960 PNCA BC Piétinement mineur par le bison, utilisation de VTT
Aishihik (zones dégagées immédiatement à l'ouest du village d'Aishihik) 184 dénombrés dans 10 parcelles; total probablement beaucoup plus élevé Minimes : 2 jours-personnes Parties supérieure et inférieure de versants herbeux orientés vers le sud ou l'ouest 940-970 PNCA BC Piétinement par le bison, utilisation de VTT
RivièreNordenskiold, 5 km en aval des lacs Hutshi 3 dénombrés Minimes : 4 heures-personnes Replat sec et herbeux surmontant la rivière 744 Terres de la Couronne E Site en grande partie vierge; broutage par le bison; exploitation des placer le long d'un affluent, à environ 5 km en amont
Lac Aishihik, côté ouest, au nord du ruisseau Lister 172 dénombrés Minimes : 6 heures-personnes, mais une bonne partie de l'habitat a été visitée Pentes abruptes herbeuses dans un complexe de kettles/eskers; habitat limité 950-1 000 Terres de la Couronne BC Concessions minières actives < 5 km
Ruisseau Isaac, rive nord >200 dénombrés Minimes : 2 heures-personnes Zone linéaire étroite dans la partie supérieure d'une pente à végétation de prairie/armoises; habitat limité 975 Terres de la Couronne BC Utilisation par le bison; l'habitat constitue un facteur limitatif
Ruisseau Isaac, 7,5 km au sud Quelques individus dénombrés Minimes : 3 heures-personnes; relevé effectué seulement dans une petite portion de l'habitat potentiel Pente dégagée orientée vers le sud-sud-ouest dans une zone subalpine; un certain nombre de pentes semblables se trouvent à proximité 1 313 Terres de la Couronne CD Négligeables
Ruisseau Lister, cours supérieur ~25 individus Minimes : 3 heures-personnes Pente herbeuse abrupte orientée vers le sud-ouest 1 070 Terres de la Couronne C Négligeables
Rivière Nordenskiold, 15 km en aval des lacs Hutshi 10 dénombrés Minimes : 2 heures-personnes Complexe de petits îlots de prairie 730 Terres de la Couronne E Concessions minières échues à proximité (< 550 m)
Lacs Hutshi 63 dénombrés Minimes : 3 personnes pendant 50 minutes Pré herbeux plat sur un replat glaciaire 780 Terres de la Couronne BC Non consignées
Lac Taye, extrémité nord-est 100 dénombrés Minimes : 1 visite par 3 personnes Prairie 740 PNCA BC Important broutage par le bison
Lac Moraine 20 Minimes : 1 visite par 3 personnes Prairie en pente; crête et mi-pente 933 Terres de la Couronne C Petite sous-population; empiétement d'autres végétaux
Lacs Hutshi et rivière Nordenskiold, plateau intermédiaire 2 000 à 3 000 dénombrés Minimes : < 1 jour-personne Complexe de prairies 879 Terres de la Couronne AB Aucune apparente
Rivière Nordenskiold, 5 km à l'est de la montagne Vowel 200 dénombrés Minimes : 1 visite par 3 personnes Replat occupé par une prairie 670 PNCA B? Petite sous-population, sans menace évidente
Ruisseau Lake Terrace 400 dénombrés Minimes : 1 visite par 2 personnes Petite prairie 1 215 Terres de la Couronne BC À 540 m de concessions minières actives, et à 420 m d'une demande active d'utilisation des terres (pourvoirie).
Ruisseau Lake Terrace, cours supérieur 50 dénombrés Minimes : 1 visite par 3 personnes Prairie sur une crête 1 274 Terres de la Couronne B? Aucune menace évidente
Ruisseau Incised, cours supérieur 12 dénombrés Minimes : 1 visite par 3 personnes Petite prairie 1 147 Terres de la Couronne BC Exploration minière importante dans la région générale; concessions actives à < 2 km
Ruisseau Stevens, 4 km à l'ouest Estimé à > 50 Minimes : 1 visite par 3 personnes Petite prairie 1 154 Terres de la Couronne BC Site éloigné, mais à 5 km de concessions minières actives
Lac Taye, 5,4 km au sud 48 dénombrés Minimes : 1 visite par 3 personnes Versant de colline occupé par une prairie 1 200 Terres de la Couronne BC Aucune apparente; utilisation par le bison signalée à proximité

En 2011 et en 2012, Lori Schroeder a échantillonné 26 parcelles de végétation dans la région d'Aishihik, dans le cadre d'une étude sur les effets du broutage par le bison (Stotyn et Schroeder, 2011). Ces sites se trouvent à environ 100 km au nord et au nord-est du pré Alsek. En 2011, elle a découvert un seul individu à côté d'une parcelle, près de la piste d'atterrissage d'Aishihik. En 2012, elle a trouvé deux autres sites hébergeant la drave du Yukon : un au sud-est d'Aishihik, dans le bassin de la rivière Nordenskioldiver, à 5 km en aval des lacs Hutshi, et l'autre près de l'embouchure du ruisseau Lister, du côté ouest du lac Aishihik (Yukon Conservation Data Centre, 2016).

Ces découvertes ont incité le personnel du Service canadien de la faune à mener de vastes relevés dans les grandes régions d'Aishihik et de Kluane (figure 3). Au cours de 5 saisons de relevés sur le terrain (2012-2016), il a visité plus de 80 sites dans la région délimitée par le lac Kluane, au sud-ouest, le chaînon Dawson, au nord, Carmacks, au nord-est, et la région des lacs Braeburn et Taye, à l'est. Les activités de recherche réalisées dans chaque site sont décrites dans le tableau 1.

Il est probable qu'il existe encore des sous-populations qui n'ont pas été découvertes : 1) l'espèce est peu voyante et passe facilement inaperçue; 2) sa répartition est fragmentée, même dans les milieux apparemment convenables; 3) son habitat de prairie est vaste dans le sud du Yukon, et certaines régions n'ont pas été inventoriées.

Habitat

Besoins en matière d'habitat

La drave du Yukon pousse dans les prairies sèches à végétation clairsemée et à sol bien drainé, à des altitudes de 611 à 1 313 m au-dessus du niveau de la mer.

La localité type (pré Alsek) présente un climat subarctique-continental et est relativement sèche en raison de l'ombre pluviométrique créée par les montages Saint-Elias, situées immédiatement à l'ouest. Les précipitations annuelles à Haines Junction sont d'en moyenne 305 mm, dont la moitié sous forme de neige. La température annuelle moyenne est de -3 °C, et la période sans gel peut varier de 16 à 86 journées par année (Ogden, 2006). Dans cette région, les prés hébergeant la drave du Yukon se trouvent à la jonction de la vallée et des montages Saint Elias, où soufflent de forts vents catabatiques provenant des glaciers.

Les sites d'Aishihik sont encore plus secs que le pré Alsek; à la piste d'atterrissage, les précipitations annuelles sont de seulement 250 mm, et 95 cm tombent sous forme de neige.

Pré Alsek

Porsild (1975) a décrit la localité du pré Alsek comme des crêtes rocheuses dégagées occupant une ancienne plage. Les prés dans cet emplacement sont dominés par des plantes graminoïdes et des plantes herbacées clairsemées et sont entourés de fourrés arbustifs (principalement de Salix spp.), de jeunes peuplements de peupliers faux-trembles (Populus tremuloides) ou de peuplements matures d'épinettes blanches (Picea glauca) (figures 5 et 6). Contrairement à d'autres communautés végétales clairsemées dominées par les plantes herbacées qu'on trouve dans la région, ces prés ne sont pas principalement orientés vers le sud et ne se trouvent pas des milieux riverains. Ils sont plutôt situés en terrain presque plat et semblent secs et bien drainés.

Selon les observations d'une tranchée d'observation peu profonde creusée en 2010, les prés reposent sur un loam sableux avec du gravier épars. Ces sols présentent une couche de matière organique (~0,5 cm) et un horizon A humifère (horizon Ah) peu développé d'une épaisseur de 0,5 à 2 cm (COSEWIC, 2011). L'absence d'horizons de sol bien développés indique que le sol peut être classé comme régosol (Soil Classification Working Group, 1998).

À l'échelle du microsite dans ces sites plats, on trouve souvent des densités relativement élevées de drave du Yukonau sommet des crêtes basses, des saillies, des bermes et des monticules utilisés par les spermophiles arctiques (Urocitellus parryi). Cela pourrait indiquer que l'espèce est adaptée à des microsites secs. Toutefois, l'absence apparente de l'espèce sur les versants chauds orientés vers le sud dans la région générale indique qu'elle ne tolère peut-être pas les conditions extrêmement chaudes et sèches.

Ces prés tireraient leur origine d'une inondation survenue aux environs de 1852 (Clague et Rampton, 1982; Schmok et Clarke, 1989). Peu de reliefs semblables sont apparents sur les images satellitaires (2005) et les photos aériennes (1996) dans le parc national et la réserve de parc national Kluane et dans les zones voisines à l'extérieur du complexe de prés.

Région d'Aishihik

La découverte récente de la drave du Yukon dans la région d'Aishihik (figure 3) a révélé que les préférences en matière d'habitat de l'espèce sont plus larges que ce qu'on croyait auparavant. Dans cette région, la drave du Yukon se rencontre généralement dans des prés occupant des pentes modérées orientées vers le sud ou sur des crêtes plates ou en pente légère présentes sur des pentes abruptes orientées vers le sud. Elle est généralement absente des sections abruptes de ces pentes à orientation sud. Le grand site situé à proximité de la piste d'atterrissage d'Aishihik (« Aishihik, 5 km au nord ») se trouve dans un relief à kettle (figure 7). D'autres sites dans cette région longent les crêtes de deltas perchés ou d'autres terrasses postglaciaires surplombant des lacs et des cours d'eau.

À Aishihik, les prés sont dominés par le carex duret (Carex duriuscula) et, dans une moindre mesure, par quelques autres espèces de carex des milieux secs. D'autres espèces y ont également été observées, dont la fétuque des Rocheuses (Festuca saximontana), la koelérie d'Asie (Koeleria asiatica), le pâturin glauque (Poa glauca), l'armoise douce (Artemisia frigida), le phlox de Hood (Phlox hoodii), la potentille des escarpements (Potentilla arenosa), la potentille de Pennsylvanie (Potentilla pensylvanica), l'androsace septentrionale (Androsace septentrionalis), la verge d'or à rayons nombreux (Solidago multiradiata) ainsi que des lichens (figures 7 et 8). La drave lancéoléeétait présente dans certains sites (Yukon Conservation Data Centre, 2016).

La drave du Yukon a été observée à une altitude de jusqu'à 1 313 m dans un site à l'ouest du lac Sekulmun, dans la région d'Aishihik. Dans ce site, quelques individus épars poussaient sur une pente de 10 à 15 degrés orientée vers le sud-sud-ouest. La drave lancéolée, la potentille des escarpements, des armoises (Artemisia sp.), des carex (Carex sp.), la pulsatille multifide (Anemone patens), l'androsace septentrionale, l'androsace des rochers (Androsace chamaejasme) et la saxifrage à trois dents (Saxifraga tricuspidata) ont également été observés sur cette pente (Yukon Conservation Data Centre, 2016).

Tendances en matière d'habitat

Le site du pré Alsek a peu changé au cours des dernières décennies, selon les descriptions de la région et une photo figurant dans Johnson et Raup (1964). Toutefois, un empiétement d'arbustes et d'arbres dans le pré a été observé et pourrait devenir une menace dans le futur. Le climat sec et généralement frais de la région, de concert avec les sols bien drainés, pourrait avoir entravé la succession et ainsi, les reliefs exposés il y a environ 150 ans par la décrue de l'inondation causée par les glaciers demeurent largement exempts de végétation ligneuse. Toutefois, des gaules de peupliers poussant aujourd'hui à la périphérie des prés indiquent un lent empiétement de la végétation ligneuse, plus particulièrement à l'extrémité sud du pré central (figure 6).

Figure 5. Portion du pré Alsek
Figure 5. Portion du pré Alsek (« Discovery ») près de Haines Junction, au Yukon; prise de vue vers le sud, en direction de la vallée de la rivière Dezadeash, montrant le chemin principal traversant le pré. Les petites fleurs jaunes visibles sur la photo sont produites par la drave à fruits groupés. Photo : Sam Skinner, utilisation autorisée
Description longue

Photo d'une portion du pré Alsek (« Discovery ») près de Haines Junction, au Yukon; prise de vue vers le sud, en direction de la vallée de la rivière Dezadeash, montrant le chemin principal traversant le pré.

Figure 6. Photos aériennes du complexe du pré Alsek
Figure 6. Photos aériennes du complexe du pré Alsek. La photo de gauche a été prise 1996, tandis que celle de droite a été prise en 1948. Ces images illustrent a) l'empiétement des plantes ligneuses, b) les activités humaines associées à l'autoroute et c) un petit lotissement résidentiel
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Deux photos aériennes du complexe du pré Alsek; l'une a été prise en 1996 et l'autre, en 1948. L'image la plus récente illustre l'empiétement des plantes ligneuses, les activités humaines associées à l'autoroute et un petit lotissement résidentiel.

Figure 7. Habitat de la drave du Yukon
Figure 7. Habitat de la drave du Yukon dans des kettles glaciaires, près d'Aishihik, au Yukon. Photo : Syd Cannings
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Photo de l'habitat de la drave du Yukon dans des kettles glaciaires, près d'Aishihik, au Yukon.

Figure 8. Gros plan d'un habitat de bonne qualité pour la drave du Yukon
Figure 8. Gros plan d'un habitat de bonne qualité pour la drave du Yukon, dans une parcelle de 1 m sur 1 m, près d'Aishihik, au Yukon. On compte 166 individus de l'espèce dans cette parcelle; les fleurs visibles sur la photo appartiennent au phlox de Hood. Photo : Syd Cannings
Description longue

Gros plan d'un habitat de bonne qualité pour la drave du Yukon, dans une parcelle de 1 m sur 1 m, près d'Aishihik.

L'empiétement de végétaux ligneux est également observé dans d'autres prairies des régions de Kluane et d'Aishihik, particulièrement celles situées en terrain plat (Conway et Danby, 2014). Une combinaison de facteurs peut entraîner cet empiétement : succession naturelle depuis l'inondation survenue dans les années 1850 (dans le cas du pré Alsek), hausse de l'humidité au printemps, suppression des incendies ou disparition récente (après 1990) de sommets démographiques dans le cycle décennal des populations de lièvre d'Amérique (Lepus americanus) (Hodges et al., 2001; Conway et Danby, 2014). De plus, les populations de spermophiles arctiques ont diminué dans les prairies de fond de vallée dans la région de Kluane depuis 2000 (Donker et Krebs, 2011), ce qui pourrait entraîner une hausse du taux de survie des jeunes peupliers faux-trembles et d'autres plantes ligneuses à la périphérie des prairies.

De 1988 à 1992, 170 bisons des bois (Bison bison athabascae) ont été introduits dans la vallée de la rivière Nisling, au nord de la région d'Aishihik (Government of Yukon, 2012). L'espèce est maintenant présente dans toute la région, et la harde a atteint 1 470 individus, dont 1 192 individus matures (Jung et Egli, 2014). Dans de nombreux sites où pousse la drave du Yukon dans les régions d'Aishihik et de Nordenskiold, des traces et des déjections de bisons sont fréquemment visibles, mais on ignore dans quelle mesure l'habitat a changé depuis l'arrivée du bison.

Biologie

La biologie de la drave du Yukon a fait l'objet de très peu d'études. Toutefois, des travaux sont en cours pour cultiver l'espèce en conditions contrôlées et acquérir des connaissances sur le cycle vital de celle-ci (Jones, comm. pers., 2017).

Cycle vital et reproduction

Jusqu'à récemment, on en savait peu sur le cycle vital de la drave du Yukon, et l'espèce était variablement décrite comme une bisannuelle (Cody, 1996), comme une vivace à courte durée de vie (Al-Shehbaz et al., 2010) ou encore comme une annuelle hivernale (Bennett, comm. pers., 2010, dans COSEWIC, 2011). Pour étudier cet aspect du cycle vital de l'espèce, les chercheurs ont marqué quelques individus dans le pré Alsek en 2012 et ont vérifié si ceux-si étaient toujours vivants en 2013 (Skinner, 2014). En 2013, seulement environ 30 % des individus marqués en 2012 étaient morts, ce qui indique que l'espèce n'est probablement pas une bisannuelle stricte. De plus, 40 % des individus dénombrés en 2012, 46 % de ceux dénombrés en 2013 et 30 % de ceux dénombrés en 2016 portaient des tiges florifères desséchées d'une année précédente, ce qui indique un important taux de survie sur au moins deux ans ou plus (tableau 2, figure 9; Skinner, 2014; Canadian Wildlife Service, 2017). Cannings (comm. pers., 2018) a photographié un individu vivant marqué en 2012 qu'il a trouvé en 2018, ce qui indique que celui-ci était âgé d'au moins sept ans (figure 10). Ces données divergent des observations rapportées dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2011), selon lesquelles « environ de une à deux plantes sur 1 000 (ou de 0,1 à 0,2 %) […] avaient un caudex desséché […], la majorité présentant des signes de fruits déhiscents ». Si près de la moitié des individus sont âgés de deux ans ou plus, alors il est probable que plus de la moitié des individus sont matures (>/= 1 an) au cours d'une année donnée.

Tableau 2. Données sur l'abondance interannuelle de la drave du Yukon au pré Alsek. La mention « anciens fruits » fait référence aux individus qui présentent des signes de fructification d'une année antérieure
Année Données recueilliesdans les transects -
Nbre moyen d'individus par transect
Données recueilliesdans les transects -
IC inférieur (2,5 %)
Données recueilliesdans les transects -
IC supérieur (2,5 %)
Données recueillies dans les transects -
Nbre moyen d'individus avec anciens fruits par transect
Données recueillies dans les transects -
IC inférieur (2,5 %)
Données recueillies dans les transects -
IC supérieur (2,5 %)
Prop.
anciens fruits/ensemble des individus
Effectif extrapolé de la sous-population -
Estimation
Effectif extrapolé de la sous-population -
IC inférieur (2,5 %)
Effectif extrapolé de la sous-population -
IC supérieur (2,5 %)
2012 14,59 8,28 23,50 5,75 3,03 10,06 0,39 350 160 198 720 564 000
2013 7,22 3,59 14,34 3,34 1,81 6,06 0,46 173 280 86 160 344 160
2016 6,28 3,59 12,09 1,88 0,97 3,53 0,30 163 680 86 160 290 160
2017 13,81 8,66 22,31 3,53 2,06 6,03 0,26 359 939 225 711 581 481
Figure 9. Graphique. Description longue ci-dessous.
Figure 9. Abondance interannuelle de la drave du Yukon au complexe du pré Alsek, représentée par le nombre moyen d'individus par transect de 50 m sur 0,25 m (n = 30), avec intervalle de confiance à +95 %. Les données brutes pour 2012 et 2013 sont tirées de Skinner (2014); les données pour 2016 et 2017 proviennent du Service canadien de la faune (2017). À gauche : nombre total d'individus. À droite : nombre d'individus présentant des signes de fructification d'une année antérieure
Description longue

Deux graphiques illustrant l'abondance interannuelle de la drave du Yukon au complexe du pré Alsek. Un graphique présente les tendances pour « l'ensemble des individus » tandis que l'autre présente les tendances pour « les anciens fruits ».

Figure 10. Individu florifère de la drave du Yukon
Figure 10. Individu florifère de la drave du Yukon marqué en 2012, au pré Alsek, au Yukon, le 6 juin 2018. Photo : Syd Cannings
Description longue

Photo d'un individu florifère de la drave du Yukon prise en juin 2018 dans le pré Alsek. L'individu avait été marqué en 2012.

Le scénario était quelque peu différent à Aishihik en 2016 : des 470 individus dénombrés au hasard, 164 étaient au stade de « bouton » (individus ayant présumément germé au printemps de l'année en cours ou à l'été de l'année précédente; ce total comprend également les petits individus âgés qui ne présentent plus de signes de floraison antérieure), 256 présentaient des tiges florifères mais aucun signe de floraison antérieure, 34 présentaient des tiges florifères nouvelles et de vieilles tiges florifères flétries, et 11 présentaient uniquement de vieilles tiges florifères flétries (Canadian Wildlife Service, 2017). Donc, 301 des 470 individus étaient matures, mais seulement 45 individus (9,6 %) fleurissaient pour la deuxième ou la troisième année.

Il semble donc que la drave du Yukon est principalement une vivace à courte durée de vie, et non une bisannuelle. Cette interprétation concorde avec les résultats de données de relevés antérieurs (2007-2010) en ce qui a trait aux tiges florifères (COSEWIC, 2011). D'autres travaux sur cet aspect du cycle vital de la drave du Yukon sont en cours. En 2016, des individus ont été marqués aux sites du pré Alsek et de la piste d'atterrissage d'Aishihik. Un suivi sera effectué sur quelques années pour acquérir une meilleure compréhension du cycle vital de la drave du Yukon.

La biologie de la pollinisation de la drave du Yukon est inconnue, bien qu'avec ses fleurs discrètes et hermaphrodites et ses présumées origines arctiques, l'espèce est probablement capable d'autopollinisation (Grundt et al., 2005). Les espèces du genre Draba possèdent généralement des mécanismes génétiques qui empêchent l'hybridation (Skrede et al., 2008); aucune fleur avortée laissant croire à la présence d'individus hybrides n'a été observée (Bennett, comm. pers., 2017). Rien n'indique que la multiplication végétative existe chez l'espèce.

Récemment, un cycle de floraison bisannuel a été observé dans la sous-population du pré Alsek, le taux de floraison étant considérablement plus élevé les années paires. Toutefois, ce cycle bisannuel semble maintenant moins prévisible qu'on le croyait auparavant. De plus, les données de dénombrement indiquant que 97 % des individus étaient florifères (par exemple en 2010 selon COSEWIC, 2011) pourraient être peu fiables, car les individus non florifères sont difficiles à détecter. En 2016, année paire où un taux de floraison élevé était anticipé, 50 % des individus dénombrés dans des transects préétablis étaient en fleurs. En 2017, année impaire où un faible taux de floraison était prévu, 74 % des individus étaient en fleurs, et le nombre total d'individus dénombrés était de 2,2 fois aussi élevé qu'en 2016. À Aishihik, en 2016, 62 % des individus dénombrés étaient en fleurs (Canadian Wildlife Service, 2017). La durée d'une génération (âge moyen des individus matures dans la population) est estimée à deux à trois ans chez la drave du Yukon.

Physiologie et adaptabilité

Des observations réalisées sur les associations d'habitat et du cycle vital de la drave du Yukon indiquent que l'espèce a besoin de plein soleil et de sols bien drainés et tolère probablement mal les températures chaudes associées aux pentes abruptes orientées vers le sud. La sous-population d'Alsek, et probablement plusieurs des sous-populations occupant des prairies situées sur des crêtes, est exposée au vent et présente une faible couverture de neige en hiver, ce qui donne à penser que l'espèce est adaptée aux conditions extrêmement froides et sèches. Toutefois, une portion de cette sous-population est souvent recouverte en hiver d'aufeis associés à un ruisseau situé à proximité.

Le réservoir de semences du sol pourrait être important pour la pérennité de la drave du Yukon; toutefois, aucun essai n'a été réalisé pour déterminer la durée de la viabilité des graines. En fait, on ignore si la drave du Yukon produit un réservoir de semences, et quelle est la longévité des graines. Les graines de la drave du Yukon ne semblent pas posséder de mécanisme de dormance complexe qui aurait une incidence sur la production d'un réservoir de semences. Des travaux sont menés en laboratoire à l'Université de Guelph; des graines de drave du Yukon ont récemment fait l'objet d'une culture tissulaire et ont rapidement germé sans prétraitement (Jones, comm. pers., 2017). La croissance en culture tissulaire se poursuit, et une régénération d'individus à partir des racines a été observée.

Dispersion

On connaît peu de choses sur la capacité de dispersion de la drave du Yukon. Les graines de l'espèce sont petites et sont dépourvues d'ailes ou de soies (Al-Shehbaz et al., 2010), de sorte qu'elles sont peu adaptées à la dispersion sur de longues distances. Les petits mammifères pourraient accidentellement transporter des graines lorsqu'ils consomment l'espèce ou qu'ils stockent des plantes dans leur cache. Des infrutescences de drave du Yukonpartiellement consommées ont été observées (Bennett, comm. pers., 2010). De plus, il est probable que les graines puissent être transportées sur de courtes distances vers le bas des pentes par les précipitations. On sait que les siliques d'autres espèces éclatent énergiquement, ce qui contribue à la dispersion active des graines (Yano, 1997). Un tel mécanisme n'a toutefois pas été signalé pour la drave du Yukon. Il est aussi possible que les graines qui adhèrent aux fragments des siliques soient dispersées plus facilement par le vent ou les animaux. Compte tenu de ce qui précède, la dispersion des graines entre les prés doit être rare. On s'attend à un faible flux génétique résultant du déplacement du pollen, comparativement à d'autres espèces de plantes; toutefois, on peut s'attendre à ce que la dispersion du pollen comble les écarts entre les prés, entraînant ainsi un certain transfert de gènes.

Relations interspécifiques

Plusieurs cas d'herbivores se nourrissant de la drave du Yukonont été signalés. Des inflorescences complètes ont disparu entre des visites à un même site durant une saison, ce qui indique des activités de broutage. Il est probable que des spermophiles arctiques et peut-être des mulots (Microtus sp.) consomment les petites plantes de l'espèce (Jung, comm. pers., 2011). Il semble que ce phénomène survienne durant le développement des fruits. Cette consommation est manifestement nuisible à la drave du Yukon, mais les terriers de spermophiles semblent être devenus des sites de haute densité de drave du Yukon dans le pré Alsek. En 2009, une petite larve de coléoptère noire a été observée en train de consommer des fleurs de drave du Yukon.

Taille et tendances de la population

Activités et méthodes d'échantillonnage

Dans le pré Alsek, 37 parcelles linéaires (50 m sur 25 cm) réparties aléatoirement ont été établies en 2012, et tous les individus vivants de la drave du Yukon y ont été dénombrés (Skinner, 2014). Les densités obtenues ont ensuite été extrapolées à la superficie totale des milieux convenant à la drave du Yukon dans le pré, pour estimer l'effectif total de la sous-population. Ces transects ont fait l'objet d'autres dénombrements en 2013, 2016 et 2017, mais certains n'ont pas été retrouvés au cours de ces années subséquentes. Au total, 32 transects ont été échantillonnés les quatre années (Skinner, 2014; Canadian Wildlife Service, 2017). En 2016 et 2017, le stade de chaque individu a également été consigné : 1) rosettes non florifères (individus de probablement moins de un an, mais peut-être plus âgés); 2) individus portant des tiges florifères; 3) individus portant des tiges florifères d'années précédentes; 4) individus portant des tiges florifères de l'année et d'années précédentes. Le nombre d'individus par transect était faible et même souvent nul, de sorte qu'il a été impossible d'estimer les moyennes et les limites de confiance par statistique paramétrique; on a plutôt utilisé la méthode du bootstrap pour calculer des intervalles de confiance (1 000 000 de répétitions), plus précisément la méthode non paramétrique bootstrap (Efron et Tibshirani, 1993) avec correction de biais et accélération (Bca) au moyen de la fonction « bcanon » de la trousse R « bootstrap » (Leisch, 2015).

À Aishihik, 31 parcelles de 1 m de côté réparties aléatoirement ont été établies en 2014 (Cannings, 2015), et 31 de celles-ci ont fait l'objet d'un suivi sur quatre années consécutives (2014-2017; Canadian Wildlife Service, 2017). En 2014 et 2015, tous les individus ont été dénombrés sans égard à leur âge ou leur stade de maturité. En 2016 et 2017, les méthodes utilisées dans le cadre de l'étude menée au pré Alsek ont été intégrées, et le stade des individus a été consigné selon les catégories énumérées ci-dessus. Comme pour l'étude au pré Alsek, les données ont été analysées au moyen de la méthode bootstrap pour déterminer les moyennes et les intervalles de confiance à 95 %.

Abondance

Selon les estimations, la population de drave du Yukon comprendrait 162 000 à 333 000 individus matures (voir la section Résumé technique).

La plus grande sous-population connue est celle du pré Alsek; son effectif, tous âges confondus, est estimé à 163 000 à 360 000 individus (tableau 2). En 2016, 67 % des individus dénombrés étaient considérés comme matures (c'est-à-dire qu'ils présentaient des inflorescences ou des signes de floraison des années précédentes). En 2017, année où le taux de floraison était considérablement plus élevé qu'en 2016, 77 % des individus étaient considérés comme matures. Selon une estimation prudente de la proportion d'individus matures (67 %) appliquée aux données des années antérieures, la sous-population du pré Alsek compterait 109 200 à 241 200 individus matures.

La seule autre sous-population ayant fait l'objet d'échantillonnages minutieux est celle qui se trouve près de la piste d'atterrissage d'Aishihik (« Aishihik, 5 km au nord », tableau 3). Cette sous-population compterait au total environ 73 400 à 130 400 individus, ce qui signifie qu'elle renfermerait environ 49 200 à plus de 87 350 individus matures, selon une proportion d'individus matures estimée à 67 % (voir ci-dessus). À Aishihik, la proportion estimative d'individus matures allait de 64 % en 2016 à 53 % en 2017. La différence entre les deux années reflète la capacité de détection des individus matures en l'absence d'inflorescences. Les individus petits et non florifères, qualifiés de « boutons », ont été considérés comme non matures, mais certains sont probablement des individus âgés dont les tiges florifères des années précédentes sont disparues. La proportion d'individus florifères était plus élevée en 2016 (62 %) qu'en 2017 (33 %), et il a peut-être été plus difficile de déterminer le stade de maturité des individus en 2017.

Peu des autres sous-populations ont fait l'objet d'estimations rigoureuses, et la plupart de celles-ci sont probablement beaucoup plus petites que celles échantillonnées.

Tableau 3. Données interannuelles sur l'abondance de la drave du Yukon à Aishihik. Données recueilles dans 31 parcelles de 1 m de côté
Année Données recueillies dans les parcelles -
Nbre moyen d'individus par parcelle
Données recueillies dans les parcelles -
IC inférieur (2,5 %)
Données recueillies dans les parcelles -
IC supérieur (2,5 %)
Données recueillies dans les parcelles -
Nbre moyen d'individus avec anciens fruits par transect
Données recueillies dans les parcelles -
IC inférieur (2,5 %)
Données recueillies dans les parcelles -
IC supérieur (2,5 %)
Prop.
anciens fruits/ensemble des individus
Effectif extrapolé de la sous-population -
Estimation
Effectif extrapolé de la sous-population -
IC inférieur (2,5 %)
Effectif extrapolé de la sous-population -
IC supérieur (2,5 %)
2014 8,53 4,13 15,50 -- -- -- -- 73 387 35 547 133 300
2015 10,23 4,74 25,42 -- -- -- -- 87 942 40 780 218 605
2016 15,16 7,25 34,32 1,45 0,45 4,68 0,10 130 387 62 419 295 174
2017 14,65 6,71 31,32 5,39 2,39 14,65 0,37 125 948 57 703 269 374

Fluctuations et tendances

De 2012 à 2017, l'abondance de la sous-population du pré Alsek a varié d'environ deux ordres de grandeur (tableau 2, figure 9). Il semble que le nombre d'individus est en déclin, mais des fluctuations qui ne sont pas apparentes dans les données pourraient s'être produites en 2014 et en 2015. Il est possible que la fluctuation de la proportion d'individus matures soit de moins grande envergure que celle de la population totale, étant donné que, au cours d'une année donnée, 30 à 46 % des individus de la sous-population sont âgés de deux ans ou plus (c'est-à-dire qu'ils ont fleuri l'année précédente; tableau 2). Le taux de mortalité hivernale maximal chez ces individus âgés était de 50 % (Skinner, 2014). Ce taux de mortalité pourrait représenter une surestimation, car il est difficile de détecter les individus qui ne portent pas d'inflorescence.

À Aishihik, le nombre de draves du Yukon dénombrées dans les 31 parcelles de 1 m de côté a augmenté chaque année de 2014 à 2016, puis a légèrement diminué en 2017 (tableau 3, figure 11). Si on extrapole les données de dénombrement à la superficie totale du complexe de prés (environ 8 600 m2), l'effectif total de cette sous-population se serait situé entre 73 000 individus en 2014 et 130 400 individus en 2016 (tableau 3, figure 11). Ces estimations représentent le nombre total d'individus, et non les individus matures uniquement; en 2016, 64 % des individus dénombrés étaient florifères ou présentaient des vestiges d'inflorescences des années précédentes, alors qu'en 2017, 53 % présentaient des inflorescences ou des vestiges d'inflorescences (voir la section Abondance). Le dénombrement des individus matures n'a pas été effectué en 2014 et en 2015 (Canadian Wildlife Service, 2017). Si on ajuste les données de dénombrement en fonction d'un facteur de 0,67 (compte tenu de la difficulté d'évaluer le stade de maturité des individus, voir ci-dessus), cette sous-population compterait 48 910 à 87 368 individus matures. Comme dans le cas du pré Alsek, l'effectif de la sous-population d'Aishihik a fluctué, mais seulement par deux ordres de grandeur, alors qu'une fluctuation d'au moins dix ordres de grandeur est requise pour que le critère du COSEPAC relatif à la fluctuation extrême du nombre d'individus matures soit atteint. Toutefois, ces résultats doivent être interprétés avec prudence, car les dénombrements ont été effectués sur une période de seulement quatre ans.

Figure 11. Graphique. Description longue ci-dessous.
Figure 11. Abondance interannuelle de la drave du Yukon aux prés d'Aishihik, de 2014 à 2017 (Canadian Wildlife Service, 2017), représentée par le nombre moyen d'individus par parcelle de 1 m de côté avec intervalle de confiance à +95 %. À gauche : nombre total d'individus. À droite : nombre d'individus présentant des signes de fructification d'une année antérieure
Description longue

Deux graphiques côte à côte illustrant l'abondance interannuelle de la drave du Yukon aux prés d'Aishihik, de 2014 à 2017. Un graphique présente les tendances pour « l'ensemble des individus » tandis que l'autre présente les tendances pour « les anciens fruits ».

Ces données vont à l'encontre de l'affirmation présentée dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2011) selon laquelle l'information sur l'espèce « appuie l'hypothèse selon laquelle Draba yukonensis est une plante bisannuelle et qu'elle présente essentiellement deux sous-populations temporellement distinctes. La plus grande de ces sous-populations présumées est approximativement cinquante fois la taille de la plus petite. La population de Draba yukonensis subit donc des fluctuations extrêmes ».

Pour résumer, deux grandes sous-populations ont fait l'objet d'un suivi sur quatre ans; le nombre total d'individus et d'individus âgés varie d'une année à l'autre, et ces variations peuvent être significatives sur le plan statistique. Cependant, sur cette courte période de suivi, les variations sont de deux ordres de grandeur environ, et non de dix ordres de grandeur.

Fragmentation des populations

D'après les estimations de la taille des sous-populations de drave du Yukon, environ 97 % de la population totale d'individus matures se concentre dans seulement 2 des 19 sites connus, soit celui du pré Alsek et celui d'Aishihik (tableau 1). Parmi les autres sous-populations, 10 compteraient 100 individus matures ou moins, mais certaines de celles-ci n'ont pas fait l'objet de relevés exhaustifs. On ignore si ces petites populations sont viables.

Immigration de source externe

L'espèce est endémique au Canada; une immigration depuis des populations de l'extérieur du pays est donc impossible.

Menaces et facteurs limitatifs

L'impact global des menaces calculé est FAIBLE-FAIBLE (annexe 1), car toutes les menaces répertoriées ont un impact faible, négligeable ou inconnu sur la survie de l'espèce. La numérotation des menaces correspond aux catégories et sous-catégories du calculateur des menaces.

Menace 6. Intrusions et perturbations humaines - impact faible

Menace 6.1. Activités récréatives (impact faible)

Des campeurs utilisent parfois le pré Alsek, particulièrement durant le relais de vélo Kluane-Chilkat, qui a lieu à la mi-juin. Rien ne semble indiquer que les activités de camping et l'utilisation occasionnelle de véhicules tout terrain (VTT) causent un déclin de la qualité de l'habitat à l'heure actuelle.

Menace 8. Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques – impact faible

Menace 8.1. Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes (impact faible)

Les mélilots (Melilotus spp.) ne sont pas encore établis dans les sites occupés par la drave du Yukon, mais ils représentent une menace potentielle (Lesica et DeLuca, 2000; Spellman et Wurtz, 2011). Le mélilot blanc (Melilotus albus) et le brome inerme (Bromus inermis) ont été observés en bordure de la route Alsek en octobre 2012; le gouvernement du Yukon Government a chargé le Yukon Invasive Species Council d'entreprendre l'arrachage de ces espèces en juillet 2013 dans le pré Alsek et les zones adjacentes (McDowell, comm. pers., 2013). Les mélilots et le brome inerme sont communs le long de la route de l'Alaska, située à proximité (1 km au nord), et les graines de ces espèces peuvent facilement être transportées jusqu'à la route Alsek par des véhicules. Les sites éloignés ne sont pas menacés à l'heure actuelle.

Le pissenlit officinal (Taraxacum officinale) est récemment apparu en densité faible mais apparemment croissante au pré Alsek; on ignore les effets potentiels de cette espèce sur la drave du Yukon. Des épervières (Hieracium spp.), la marguerite blanche (Leucanthemum vulgare) et la luzerne en faux (Medicago falcata) représentent elles aussi des menaces futures.

Menace 8.2. Espèces ou maladies indigènes problématiques (impact inconnu)

De 1986 à 1992, le bison des bois a été réintroduit dans la région (Government of Yukon, 2012). Certains remettent en doute que le bison des bois est indigène du Yukon, mais le bison des steppes, espèce aujourd'hui disparue, y constituait un élément important de l'environnement durant une partie de la fin du Pléistocène et du début de l'Holocène. La population de bisons qu'on y trouve aujourd'hui est en hausse, et elle comptait environ 1 500 individus en 2014 (Jung et Egli, 2014). L'augmentation du nombre de bisons dans la région d'Aishihik a entraîné une hausse du piétinement et du broutage. Le piétinement et le broutage peuvent tuer certains individus de l'espèce, mais ils favorisent également le maintien d'une végétation clairsemée dans les prairies, ce qui est bénéfique pour la drave du Yukon. Toutefois, dans certaines zones, les déjections de bison recouvrent une portion considérable de la prairie.

Menace 11. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents – impact faible

Menace 11.1. Déplacement et altération de l'habitat (impact faible)

L'augmentation des températures et des précipitations au printemps et en été cause une arbustification et une afforestation des prairies. Selon de récentes études menées dans les régions de Kluane et d'Aishihik, l'empiétement de la forêt, particulièrement les peupliers faux-trembles, dans les prairies a été observé dans presque tous les terrains plats et sur les pentes orientées vers le sud au cours des 60 à 80 dernières années. Une corrélation positive a été observée entre l'établissement des peupliers faux-trembles et la hausse des températures et des précipitations au printemps (Conway et Danby, 2014).

L'impact le plus probable des hausses prévues des sécheresses (menace 11.2) et des températures extrêmes (menace 11.3) associées aux changements climatiques est une diminution de l'habitat convenable qui se reflétera sur la répartition et la taille de la population de la drave du Yukon.

Menace 11.2. Sécheresses (impact faible) et 11.3. Températures extrêmes (impact faible)

La drave du Yukon ne pousse pas sur les pentes orientées vers le sud, ce qui pourrait indiquer qu'elle ne tolère pas les conditions chaudes et sèches. Au Yukon, la température annuelle a augmenté de 2 °C, et les précipitations annuelles, de 6 %, depuis 1950 (Streiker, 2016). Les précipitations devraient augmenter de 10 à 20 % au cours des 50 prochaines années selon les projections; toutefois, la hausse prévue de la température annuelle, supérieure à 2 °C, combinée au prolongement du printemps et de l'automne, pourrait entraîner une hausse de l'évapotranspiration supérieure à cette hausse des précipitations dans l'ensemble du Yukon (Streiker, 2016). Certaines projections climatiques prédisent des hausses encore plus importantes de la température annuelle moyenne ainsi que de graves déficits hydriques climatiques dans l'aire de répartition connue de la drave du Yukon dans le sud-ouest du Yukon (ClimateWizard, 2009; NatureServe, 2016). Certaines caractéristiques de la drave du Yukon pourraient accentuer la vulnérabilité de l'espèce aux effets des changements climatiques (Foden et Young, 2016; voir Renseignements supplémentaires 1) : l'exposition (habitat exposé aux effets des changements climatiques), la vulnérabilité (besoins très particuliers en matière d'habitat) et la capacité d'adaptation (faible capacité de dispersion).

Menace 11.4. Tempêtes et inondations (ne constitue pas une menace)

La hausse des températures estivales pourrait entraîner une augmentation de la fréquence des tempêtes, de la foudre et des incendies. Toutefois, l'augmentation de la fréquence des incendies pourrait contribuer au maintien des prairies à l'état dégagé.

Menace 4. Corridors de transport et de service - impact négligeable

Menace 4.1. Routes et voies ferrées (impact négligeable)

Depuis longtemps, une route de terre traverse le pré Alsek et sert de passage aux piétons et aux véhicules vers le parc national et réserve de parc national Kluane et vers des concessions minières et des sites d'exploration. De plus, un petit sentier à deux sillons traverse le pré, et un troisième chemin, plus court, a été créé pour contourner une zone humide depuis le chemin principal. Le chemin principal qui traverse le pré, nommé « route Alsek », peut être emprunté par des véhicules à quatre roues motrices, des vélos de montagne et des randonneurs en marge de l'ancien chemin minier, depuis la route de l'Alaska jusqu'au refuge faunique Kluane, dans le parc (Parks Canada, 2010). Rien n'indique que cette route ait contribué à fragmenter la population; on trouve en fait de fortes densités d'individus de l'espècesur les bermes peu élevés le long de la route. Toutefois, cette route a entraîné une perte nette d'habitat.

La réserve de parc national Kluane, près du site occupé par la drave du Yukon dans le pré Alsek, reçoit en moyenne 267 visiteurs par an (Parks Canada, 2010). La perturbation de l'habitat relative à cette circulation pourrait augmenter. En effet, on prévoit une hausse de la circulation associée aux objectifs du plan de gestion de Parcs Canada. Toutefois, cette prévision pourrait ne pas se concrétiser, car Parcs Canada prépare un nouveau plan de gestion pour la réserve de parc national Kluane.

En 2011, une société qui possède des concessions minières avoisinantes a annoncé qu'elle planifiait améliorer la route Alsek dans le but de faciliter les travaux d'exploitation minière et de fournir l'accès aux gisements miniers. Après avoir été contactée au sujet de la présence de la drave du Yukon, la société est allée de l'avant avec la revendication des terres restantes, y compris des parties du pré (figure 5). Les travaux de réfection nécessiteraient un important élargissement une importante amélioration de la route pour permettre le développement industriel (Solomon Resources Ltd., 2011). Si ces activités vont de l'avant telles que proposées, elles auront des répercussions importantes sur la sous-population du pré Alsek. Cependant, en 2013, le gouvernement du Yukon a conclu avec Longford Exploration Services une entente de sécurité qui interdit essentiellement l'exploitation minière dans ces concessions (Simpson, comm. pers., 2017).

Des signes de coupes de récupération des grandes épinettes blanches matures tuées par le dendroctone de l'épinette (Dendroctonus rufipennis) ont été observés immédiatement dans les aires adjacentes au pré Alsek. On accède plus facilement aux forêts d'épinettes adjacentes en conduisant à travers les prés, ce qui pourrait entraîner la destruction d'individus de l'espèce. Il est probable qu'on poursuivra la coupe de récupération des peuplements forestiers tués par le dendroctone de l'épinette pour obtenir du bois d'œuvre et de chauffage à des fins domestiques.

Menace 7. Modifications des systèmes naturels - impact négligeable

Menace 7.1. Incendies et suppression des incendies (impact négligeable)

La suppression des incendies pourrait jouer un rôle dans l'empiétement des arbres et des arbustes dans certaines prairies du Yukon. Toutefois, des études menées en Alaska et dans le sud-ouest du Yukon indiquent que la persistance de conditions xériques, plutôt que les incendies, est le principal facteur ayant une incidence sur la répartition des prairies (Lloyd et al., 1994; Vetter, 2000).

Aucune étude sur les effets de la suppression des incendies n'a été réalisée dans la région où on rencontre la drave du Yukon. Au Yukon, la suppression des feux de végétation n'est habituellement assurée qu'à proximité des collectivités, notamment Whitehorse, Haines Junction et Champagne. Il n'y a aucun résident permanent à Aishihik, mais les incendies feraient l'objet de mesures de suppression dans la région, car de nombreux chalets et d'autres structures y sont présents.

En contrepartie, la hausse des températures et de la foudre associée aux changements climatiques pourrait entraîner une augmentation des feux de forêt. Les incendies peuvent tuer des individus de l'espèce, mais ils peuvent aussi avoir un effet positif en maintenant les prairies dégagées.

Menace 7.3. Autres modifications de l'écosystème (impact négligeable)

Un empiétement des peupliers faux-trembles et d'autres plantes ligneuses est observé en périphérie du pré Alsek. Ce phénomène pourrait s'être amorcé à la suite de l'inondation proglaciaire survenue dans les années 1850 (facteur limitatif plutôt qu'une menace), ou il pourrait avoir été déclenché par la hausse des précipitations printanières observée depuis les années 1990. D'autres sites (par exemple Aishihik) sont trop secs pour permettre l'empiétement des végétaux ligneux.

Nombre de localités

Aucune menace n'est prédominante dans l'ensemble des sites. Dans les grandes sous-populations, il est peu probable qu'une menace pourrait causer un déclin considérable au cours d'une brève période (par exemple 10 ans), mais les petites sous-populations isolées sont sans doute plus vulnérables à toute menace qui pourrait causer un déclin du nombre d'individus matures et de la viabilité de la population.

Dans le cas où le déclin de la superficie de prairies causé par l'arbustification et l'afforestation est considéré comme la plus grave menace plausible pesant sur les sous-populations de drave du Yukon, 19 localités distinctes seraient reconnues, car cette menace se ferait sentir de façon différente dans chaque site.

Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

La drave du Yukon ne jouit actuellement d'aucune protection et d'aucun statut juridiques au Canada et aux États-Unis. Elle n'est pas non plus inscrite à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (UNEP-WCMC [Comps.], 2015). Le COSEPAC a désigné la drave du Yukon « espèce préoccupante » en 2018; l'espèce avait auparavant été classée « en voie de disparition » en 2011. L'espèce n'est pas encore officiellement inscrite à la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral.

Autres classements

La drave du Yukon n'a pas encore été évaluée dans le cadre du processus de la Liste rouge de l'UICN (IUCN, 2016). Le Conservation Data Centre du Yukon (Yukon Conservation Data Centre, 2016) a classé la drave du Yukon comme « en péril à vulnérable » (S2S3); l'espèce en endémique au Yukon et a une aire de répartition limitée, de sorte que son classement est le même à l'échelle nationale (N2N3) et à l'échelle mondiale (G2G3) (NatureServe, 2015).

Protection et propriété de l'habitat

Aucune occurrence de la drave du Yukon n'est protégée dans un parc ou dans une réserve écologique. Le régime foncier des sites est présenté dans le tableau 1. La plupart des sites se trouvent sur des terres de la Couronne (terres domaniales), et cinq sites se situent sur des terres visées par un traité appartenant aux Premières Nations de Champagne et Aishihik.

Remerciements et experts contactés

Le rédacteur du rapport remercie Bruce Bennett, Sam Skinner, Jennifer Line, Lloyd Freese, Saleem Dar, Shannon Stotyn et Michael Svoboda pour leurs conseils, leurs commentaires et leur aide sur le terrain. Lori Schroeder, Ellen Bielawski, David Blakeburn, Karrie Brown, Margaret Campbell, Sarah Davidson, Mike Gill, Lucy Johanson, Nathalie Lowry, Bruce McLean, Jocylyn McDowell, Marty Mossop, Deb Osborne, Steve Osborne, Randi Mulder, Harry Smith et Shawn Taylor ont également fourni de l'aide sur le terrain.

Allan Roberts et Margaret Campbell ont déployé de généreux efforts pour l'analyse des données recueillies dans le cadre des activités de suivi menées à Alsek et à Aishihik. Maria Kuzmina a effectué l'analyse de l'ADN des spécimens de drave du Yukon et a participé à l'interprétation des résultats. Le rédacteur remercie également Randi Mulder du Conservation Data Centre du Yukon, qui lui a apporté de l'aide pour divers aspects liés aux données.

Experts contactés

Sources d'information

Al-Shehbaz, I.A. et G.A. Mulligan. 2013. New and Noteworthy Species of Draba (Brassicacaeae) from Canada and Alaska. Harvard Papers in Botany 18:101-124.

Al-Shehbaz, I.A., M.D. Windham et R. Elven. 2010. Draba. p. 346. In Flora of North America Editorial Committee, eds. 1993+. Flora of North America North of Mexico. 16+ vols. New York and Oxford. Vol. 3.

Barrio, I.C., B.C. Schmidt, S. Cannings et D.S. Hik. 2013. First records of the arctic moth Gynaephora groenlandica (Wocke) south of the Arctic Circle: a new alpine subspecies. Arctic 55:429-434.

Bennett, B.A. 2006. The rediscovery of one of Canada's rarest plants: Yukon Draba (Draba yukonensis Porsild) (en anglais seulement). Botanical Electronic News (BEN) No. 357. [consulté le 27 février 2017].

Bennett, B.A., comm. pers. 2010. Correspondance par courriel et conversations avec S. Skinner. Mai-juin 2010. Coprésident, Sous-comité des plantes vasculaires du COSEPAC, Whitehorse, Yukon.

Bennett, B.A., comm. pers. 2017. Conversations avec S. Cannings. Septembre 2017. Coprésident, Sous-comité des plantes vasculaires du COSEPAC, COSEWIC, Whitehorse, Yukon.

Canadian Wildlife Service. 2017. Données inédites, fichiers Excel. Service canadien de la faune, Whitehorse, Yukon.

Cannings, S. 2015. Yukon Draba update. Unpublished report, Canadian Wildlife Service, Whitehorse. 15 pp.

Cannings, S., comm. pers. 2018. Correspondance par courriel avec D.J. Leaman. 21 Septembre 2018. Biologiste des espèces en péril, Service canadien de la faune, Whitehorse, Yukon.

Clague, J.J. et V.N. Rampton. 1982. Neoglacial Lake Alsek. Canadian Journal of Earth Sciences 19: 94-117.

ClimateWizard. 2009. [consulté le 8 novembre 2017].

Cody, W.J. 1996. Flora of the Yukon Territory. National Research Council of Canada, Ottawa, Ontario. 643 pp.

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Sommaire biographique des rédactrices du rapport

Syd Cannings œuvre à titre de biologiste des espèces en péril au Service canadien de la faune, à Whitehorse, depuis 2003. Il a obtenu un diplôme de maîtrise ès sciences en zoologie de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) en 1978. Après avoir obtenu son diplôme, il a accepté le poste de conservateur au Spencer Entomological Museum, où est conservée l'importante collection d'insectes de l'Université de la Colombie-Britannique. À compter de 1991, il a œuvré durant 11 ans à titre de zoologiste de programme pour le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique, à Victoria, et s'est employé à évaluer la situation d'espèces en péril. Entre 2000 et 2003, à titre de zoologiste chercheur pour NatureServe, il a mené à bien des travaux de classification, de compilation de données et d'établissement de normes de données se rapportant à diverses espèces d'oiseaux et de mammifères d'Amérique du Nord. Syd a corédigé avec ses frères un certain nombre d'ouvrages, dont : Birds of the Okanagan Valley, British Columbia; British Columbia: A Natural History; The New BC Roadside Naturalist; Geology of British Columbia; The World of Fresh Water.

Collections examinées

Les spécimens récoltés de 2011 à 2016 par le personnel du Service canadien de la faune ont été identifiés par Bruce Bennett, et l'identification a été confirmée dans certains cas par I.A. Al-Shehbaz. L'identification d'un certain nombre de ces spécimens a également été confirmée par codage à barres de l'ADN. Ces spécimens sont actuellement conservés dans la collection personnelle de Bruce Bennett, à Whitehorse, au Yukon (BABY). De plus, des spécimens sont conservés dans les herbiers de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (DAO) et du ministère de l'Environnement du gouvernement du Yukon.

Annexe 1. Calculateur des menaces pour la drave du Yukon (Draba yukonensis)

Espèce (nom scientifique) :
Drave du Yukon (Draba yukonensis)
Date :
17-05-12
Évaluateur(s) :
Syd Cannings, Del Meidinger (animateur), Danna Leaman, Bruce Bennett, Joanna James, Jana Vamosi, Lori Schroeder, Shawn Taylor (biologiste régional, Kluane), Todd Powell, Dan Brunton; Michael Jim; Shannon Stotyn
Références :
Version préliminaire du calculateur des menaces rempli par le rédacteur du rapport avec l'ébauche du rapport de situation, analysée et modifiée durant la conférence pour l'évaluation des menaces; les éléments de base pour le calcul de l'impact des changements climatiques et des phénomènes météorologiques violents ont été modifiés à la suite de l'évaluation de l'indice de vulnérabilité aux changements climatiques et de discussions entre le rédacteur du rapport et les coprésidents du SCS.
Calcul de l'impact global des menaces
Impact des menaces (descriptions) Comptes des menaces de niveau 1
selon l'intensité de leur impact :
Maximum de la plage d'intensité
Comptes des menaces de niveau 1
selon l'intensité de leur impact :
Minimum de la plage d'intensité
A (Très élevé) 0 0
B (Élevé) 0 0
C (Moyen) 0 0
D (Faible) 3 3
Impact global des menaces calculé : Faible Faible
Impact global des menaces attribué :
D = Faible
Ajustement de la valeur de l'impact – justification :
Aucun ajustement nécessaire
Impact global des menaces – commentaires :
Durée d'une génération de 2 à 3 ans; 67 % à la sous-population du pré Alsek – il faut en tenir compte pour l'évaluation des menaces. 33 % près de la piste d'atterrissage (ensemble de prés). L'effectif est très faible dans les autres localités : celles-ci ont fait l'objet de peu de relevés, mais il est peu probable qu'elles comptent dans les 100 000 individus.
Tableau d'évaluation des menaces
Numéro Menace Impact
(calculé)
Portée
(10 prochaines
années)
Gravité
(10 années ou
3 générations)
Immédiateté Commentaires
1 Développement résidentiel et commercial Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
1.1 Habitations et zones urbaines Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
1.2 Zones commerciales et industrielles Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
1.3 Tourisme et espaces récréatifs Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
2 Agriculture et aquaculture Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
2.1 Cultures annuelles et pluriannuelles de produits autres que le bois Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
2.2 Plantations pour la production de bois et de pâte Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
2.3 Élevage et élevage à grande échelle Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
2.4 Aquaculture en mer et en eau douce Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
3 Production d'énergie et exploitation minière Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
3.1 Forage pétrolier et gazier Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
3.2 Exploitation de mines et de carrières Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
3.3 Énergie renouvelable Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
4 Corridors de transport et de service Négligeable Néglig. (< 1 %) Extrême (71-100 %) Élevée-modérée Sans objet
4.1 Routes et voies ferrées Négligeable Néglig. (< 1 %) Extrême (71-100 %) Élevée-modérée Le seul site menacé par l'aménagement et l'élargissement de chemins est celui du pré Alsek « Discovery ». Un chemin de terre, actuellement utilisé à des fins récréatives, traverse le pré; il semble que des véhicules circulent parfois hors route pour éviter les ornières ou des portions inondées du chemin. L'impact actuel, y compris celui des activités d'entretien, est mineur; les marges du chemin légèrement perturbées constituent un « bon » habitat pour l'espèce. La réfection du chemin à des fins de développement industriel entraînerait un élargissement considérable de celui-ci. Toutefois, cet élargissement toucherait probablement environ 1 % de la population totale (environ 1 500 individus), et les activités d'amélioration (par exemple aménagement d'un ponceau pour que le chemin traverse un ruisseau) permettraient d'éviter que les véhicules circulent dans le reste du pré.
4.2 Lignes de services publics Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
4.3 Transport par eau Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
4.4 Trajectoires de vol Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
5 Utilisation des ressources biologiques Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
5.1 Chasse et prélèvement d'animaux terrestres Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
5.2 Cueillette de plantes terrestres Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
5.3 Exploitation forestière et récolte du bois Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
5.4 Pêche et récolte des ressources aquatiques Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
6 Intrusions et perturbations humaines D Faible Grande (31-70 %) Légère (1-10 %) Élevée (continue) Sans objet
6.1 Activités récréatives D Faible Grande (31-70 %) Légère (1-10 %) Élevée (continue) Utilisation du pré Alsek pour le camping et par des VTT. L'utilisation régulière est actuellement de faible intensité mais de grande ampleur, et elle pourrait augmenter durant le relais de vélo annuel de juin et le festival Bluegrass. L'utilisation de VTT est rare à Aishihik; les principaux utilisateurs de VTT y sont les chasseurs de spermophiles, qui stationnent leur véhicule sur le chemin et parcourent les prés à pied.
6.2 Guerre, troubles civils et exercices militaires Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
6.3 Travaux et autres activités Négligeable Néglig. (< 1 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) Quelques individus pourraient être écrasés durant les dénombrements effectués dans les transects et les parcelles.
7 Modification du système naturel Négligeable Grande (31-70 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) Sans objet
7.1 Incendies et suppression des incendies Négligeable Grande (31-70 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) Les incendies sont peu fréquents dans la région d'Alsek; leur fréquence est plus élevée dans la région d'Aishihik. La suppression des incendies est réalisée à proximité des collectivités (Haines Junction et village d'Aishihik), mais les occurrences touchées sont parmi les plus grandes de l'espèce; l'équipement utilisé pour la suppression et les coupe-feux pourraient avoir un impact, mais cet impact n'est pas élevé à l'heure actuelle. Une succession végétale est observée dans les prairies au Yukon, mais seulement une partie de celle-ci peut être attribuée à la suppression des incendies. Les conditions xériques sont le principal facteur permettant la persistance des prairies au Yukon, et non les incendies. L'augmentation récente de l'humidité pourrait permettre l'empiétement des arbustes. La succession observée au pré Alsek pourrait être principalement associée au caractère récent de l'inondation proglaciaire survenue dans les années 1850 (voir le point 7.3, Autres modifications de l'écosystème).
7.2 Barrages, gestion et utilisation de l'eau Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
7.3 Autres modifications de l'écosystème Négligeable Petite (1-10 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) Empiétement lent de peupliers faux-trembles et d'autres espèces ligneuses en périphérie du pré Alsek. Ce phénomène pourrait s'être amorcé après l'inondation proglaciaire survenue dans les années 1850 (facteur limitatif plutôt qu'une menace), ou il pourrait avoir été déclenché par la hausse des précipitations printanières observée depuis les années 1990 (changements climatiques?). Quoi qu'il en soit, une petite proportion des individus (1-10 %) de cette sous-population serait touchée au cours des 10 prochaines années. D'autres sites (par exemple Aishihik) sont trop secs pour qu'il y ait un empiétement de végétaux ligneux.
8 Espèces et gènes envahissants ou problématiques D Faible Petite (1-10 %) Modérée-légère (1-30 %) Élevée-modérée Sans objet
8.1 Espèces exotiques/non indigènes envahissantes D Faible Petite (1-10 %) Modérée-légère (1-30 %) Élevée-modérée Les mélilots ne sont pas présents dans l'habitat de l'espèce actuellement, mais ils pourraient envahir celui-ci, du moins à long terme. L'ampleur de cette menace dans le futur est inconnue. Les mélilots poussent généralement tard dans la saison, à une période où la croissance de la drave du Yukon pourrait tirer à sa fin. On trouve des espèces introduites aux alentours du pré Alsek, mais pas dans les autres sites. Ces espèces incluent le brome inerme et le pissenlit officinal; l'agropyre à crête et d'autres espèces envahissantes ont été observés plus loin en bordure de la route. Ces espèces sont présentes en faible densité, mais elles représentent une menace future (> 10 ans).
8.2 Espèces indigènes problématiques Inconnu Restreinte (11-30 %) Inconnue Élevée (continue) Le bison des bois, espèce introduite, est présent dans l'ensemble de la région et est souvent observé dans les sites occupés par la drave du Yukon, mais il est essentiellement absent de la plus grande sous-population, située près de Haines Junction. Des individus peuvent être tués par le piétinement, mais les perturbations modérées pourraient contribuer au maintien de prairies dégagées. Dans certaines zones fortement utilisées par le bison, une superficie non négligeable des prairies est recouverte de déjections de bisons, qui ne se dégradent pas rapidement. Le nombre de bisons est en hausse, mais une gestion continue permettra probablement de réduire le taux de croissance. Le bison des steppes a évolué aux côtés des espèces des prairies, mais on ignore la relation passée entre le bison et l'abondance des espèces des prairies. Les discussions du SCS des plantes vasculaires ont mené à la conclusion que l'impact du bison, qui avait initialement été considéré comme « négligeable », est incertain et est probablement semblable pour la drave du Yukon et l'ériogone du Nord, de sorte que l'évaluation de cette menace devrait être harmonisée pour les deux espèces. L'impact est donc considéré comme « inconnu ».
8.3 Introduction de matériel génétique Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9 Pollution Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9.1 Eaux usées domestiques et urbaines Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9.2 Effluents industriels et militaires Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9.3 Effluents agricoles et forestiers Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9.4 Détritus et déchets solides Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9.5 Polluants atmosphériques Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9.6 Énergie excessive Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
10 Phénomènes géologiques Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
10.1 Volcans Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
10.2 Tremblements de terre et tsunamis Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
10.3 Avalanches et glissements de terrain Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
11 Changement climatique et phénomènes météorologiques violents D Faible Géné-ralisée (71-100 %) Légère (1-10 %) Élevée (continue) Les hivers étaient plus froids et plus secs avant 2005; les températures et les précipitations ont augmenté au cours des récentes années. Toutefois, il faut faire preuve de prudence quand on formule des hypothèses quant aux besoins en matière d'habitat des végétaux en fonction des décennies passées, ne serait-ce qu'en raison des régimes climatiques irréguliers. Selon les résultats de l'évaluation de l'indice de vulnérabilité aux changements climatiques de NatureServe, version 3.0 – Canada (NatureServe, 2016), l'espèce est modérément vulnérable aux changements climatiques (l'abondance et/ou la superficie de l'aire de répartition sont susceptibles de diminuer dans la région évaluée d'ici 2050) selon les critères suivants : A. exposition aux modifications climatiques et au déficit hydrique dans l'ensemble de l'aire de répartition; B. exposition indirecte aux changements climatiques; C. sensibilité et capacité d'adaptation. La température annuelle moyenne au Yukon a augmenté de 2 °C au cours des 50 dernières années et pourrait augmenter de 2 à 2,5 °C au cours des 50 prochaines années selon les projections (Streiker, 2016). L'impact devrait être modéré d'ici 2050 selon les prévisions, et la gravité a été ajustée à « légère » pour les 10 prochaines années (3 générations).
11.1 Déplacement et altération de l'habitat D Faible Géné-ralisée (71-100 %) Légère (1-10 %) Élevée (continue) L'augmentation des températures et des précipitations au printemps et en été pourrait causer une arbustification et une afforestation des prairies. De récentes études menées dans les régions de Kluane et d'Aishihik ont montré que l'empiétement de la forêt, particulièrement des peupliers faux-trembles, sur les prairies a été pratiquement généralisé sur les terrains plats et sur les pentes orientées vers le sud au cours des 60 à 80 dernières années. La présence d'arbustes et d'autres espèces vivaces (par exemple graminées, raisin d'ours) est également en hausse dans les prairies. Une corrélation positive a été observée entre l'établissement des peupliers faux-trembles et la hausse des températures et des précipitations au printemps (Conway et Danby, 2014). Toutefois, la hausse des températures en été pourrait entraîner une augmentation des tempêtes et, par conséquent, de la fréquence des incendies (voir le point 7.1, Incendies et suppression des incendies), ce qui favoriserait le maintien de conditions dégagées dans les prairies. L'augmentation des températures et des précipitations durant la saison de végétation pourrait entraîner des pertes futures des milieux dégagés à sol exposé occupés par l'espèce; toutefois, les sites secs situés sur des pentes abruptes (par exemple Aishihik) sont moins susceptibles d'être touchés que les sites plats (par exemple Alsek).
11.2 Sécheresses D Faible Géné-ralisée (71-100 %) Légère (1-10 %) Élevée (continue) L'absence de l'espèce sur les pentes orientées vers le sud pourrait indiquer que l'espèce ne tolère pas bien les conditions chaudes et sèches. Le déficit hydrique climatique devrait augmenter de 38,87 à >56,68 de 2000 à 2050 dans l'aire de répartition de l'espèce (NatureServe, 2016). Certaines caractéristiques de la drave du Yukon pourraient accentuer la vulnérabilité de l'espèce aux effets des changements climatiques : l'exposition (habitat exposé aux effets des changements climatiques), la vulnérabilité (besoins très particuliers en matière d'habitat) et la capacité d'adaptation (faible capacité de dispersion) (Foden et Young, 2016). L'absence de l'espèce dans les sites semblables apparemment convenables à proximité des sites existants donne à penser que la faible capacité de dispersion est plus limitative que les besoins particuliers en matière d'habitat et la disponibilité de l'habitat.
11.3 Températures extrêmes D Faible Géné-ralisée (71-100 %) Légère (1-10 %) Élevée (continue) L'absence de l'espèce sur les pentes orientées vers le sud pourrait indiquer que l'espèce ne tolère pas bien les conditions chaudes et sèches et que la sensibilité de l'espèce aux changements de sa niche thermique historique et physiologique a quelque peu augmenté (NatureServe, 2016). Selon les prévisions, la température annuelle moyenne pourrait augmenter de 2 à 2,5 °C au Yukon (Streiker, 2016) entre 2000 et 2050. Dans l'aire de répartition de l'espèce, les températures pourraient augmenter de 1,5 à 2 °C d'ici les années 2050, selon les prévisions du Nature Conservancy Climate Wizard (2009).
11.4 Tempêtes et inondations Ne constitue pas une menace Géné-ralisée (71-100 %) Neutre ou avantage potentiel Élevée (continue) Les forêts sont hautement inflammables dans la région, et l'augmentation des tempêtes associée aux changements climatiques pourrait causer une hausse de la fréquence des incendies dans le futur. Ce phénomène pourrait contribuer au maintien des prairies dégagées.
11.5 Autres impacts Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet

Classification des menaces d'après l'IUCN-CMP. Salafsky et al. (2008).

Renseignements supplémentaires 1. Analyse de la vulnérabilité aux changements climatiques pour la drave du Yukon (Draba yukonensis), d'après NatureServe (2016). Disponible sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

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2019-08-09