L’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) : évaluation et rapport de situation du COSEPAC 2022

Titre officiel : Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) au Canada

Comité sur la situation des espèces en peril au Canada (COSEPAC)
Préoccupante 2022

Matériel appartenant à des tierces parties

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Photographie d’une hespérie de Dukes, un grand papillon sombre de la famille des Hesperiidae à la bordure des ailes arrondie.
L'hespérie de Dukes
Information sur le document

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2022. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. xi + 51 p. (Registre public des espèces en péril).

Note de production :

Le COSEPAC remercie Daniel Riley et Charlotte Teat d’avoir rédigé le rapport de situation sur l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Jennifer Heron, coprésidente du Sous-comité de spécialistes des arthropodes.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa (Ontario) K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : ec.cosepac-cosewic.ec@canada.ca
Site de web : cosepac.ca

Also available in English under the title “COSEWIC assessment and status report on the Dukes’ Skipper Euphyes dukesi in Canada”.

Photo de la couverture :

Hespérie de Dukes — Photo : Blake Mann.

COSEPAC sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2022

Nom commun : Hespérie de Dukes

Nom scientifique : Euphyes dukesi

Statut : Préoccupante

Justification de la désignation : Ce papillon spécialiste des milieux humides se rencontre dans les marécages de feuillus ouverts et les clairières de l’extrême sud de l’Ontario. Son aire de répartition se limite aux comtés d’Essex, de Chatham-Kent et de Lambton, où seulement 12 sous-populations existantes sont connues. Son habitat s’est modifié depuis la colonisation par les Européens, et les parcelles de milieux humides convenables sont maintenant isolées géographiquement. Le roseau commun, espèce envahissante qui empiète sur l’habitat de milieu humide du papillon, déplace les carex indigènes dont les larves se nourrissent. Cette plante envahissante, présente dans 7 des 12 sous-populations existantes, a augmenté son aire de répartition dans le sud de l’Ontario de près de 30 % de 2010 à 2017. La propagation de plantes envahissantes pourrait mener à la disparition de l’espèce de certains sites.

Répartition au Canada : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en mai 2022.

COSEPAC résumé

Hespérie de Dukes
Euphyes dukesi

Description et importance de l’espèce sauvage

L’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) est un grand papillon (envergure de 31 à 37 mm) sombre de la famille des Hesperiidae à la bordure des ailes arrondie. L’espèce affiche un dimorphisme sexuel. Les ailes des mâles sont d’un noir charbonneux, présentant à l’occasion des zones orangées le long du bord costal (bord avant) de l’aile antérieure et dans le centre de l’aile postérieure. Les femelles sont brun foncé et présentent parfois une ou deux taches orangées au centre de l’aile antérieure. La face ventrale est brun orangé chez les deux sexes, avec une pâle bande jaune orangé traversant le centre de l’aile postérieure. L’espèce est peu commune dans l’ensemble de son aire de répartition. Il existe deux sous-espèces d’hespérie de Dukes dans le monde, à savoir E. dukesi dukesi et E. d. calhouni, mais le présent rapport de situation ne traite que de la sous-espèce E. e. dukesi.

Répartition

L’aire de répartition mondiale de l’hespérie de Dukes s’étend du sud de l’Ontario jusqu’à l’est du Texas et à la Louisiane, au sud, en passant par le Michigan et le bassin hydrographique du Mississippi; vers l’est, elle s’étend jusqu’en Floride sur les côtes de l’Atlantique et du golfe du Mexique. Les aires de répartition des deux sous-espèces (E. d. dukesi et E. d. calhouni) se chevauchent dans le nord de la Floride; seul E. e. dukesi est présent au Canada.

Au Canada, la répartition de l’hespérie de Dukes est confinée à l’extrême sud-ouest de l’Ontario, dans les comtés d’Essex, de Chatham-Kent et de Lambton. On a répertorié 28 sous-populations de l’espèce : 12 encore existantes et 16 historiques. L’étendue de l’aire de répartition canadienne, en comptant à la fois les sous-populations existantes et les sous-populations historiques, est de 2 486 km2.

Habitat

L’hespérie de Dukes est une espèce spécialiste des milieux humides. Elle est présente dans les marécages de feuillus et dans les clairières naturelles ou en bordure de boisés où se trouvent de grandes parcelles de carex. En Ontario, les plantes hôtes sont le carex lacustre (Carex lacustris) et le carex à écailles hyalines (Carex hyalinolepis), tous deux courants et répandus dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. La présence d’ombre semble importante pour l’espèce, puisque les adultes sont observés sous la canopée forestière, là où la lumière du soleil est tamisée. Les adultes se nourrissent du nectar d’une variété de fleurs sauvages, dont l’asclépiade incarnate (Asclepias incarnata), l’asclépiade commune (Asclepias syriaca) et certains chardons (famille des Cardueae).

Biologie

L’hespérie de Dukes produit une génération par an. Sa période de vol s’étend du début de juillet à la mi-août, et sa durée de vie au stade adulte est d’environ trois semaines. Les femelles pondent leurs œufs sur la face inférieure des feuilles des plantes hôtes. Après l’éclosion des œufs, les chenilles se nourrissent jusqu’à atteindre le quatrième stade larvaire, puis elles entrent en diapause (c.-à-d. l’étape d’hivernage de leur cycle vital). Au printemps, les chenilles émergent de leur diapause et continuent à se nourrir de plantes hôtes jusqu’à atteindre le cinquième stade larvaire, après quoi elles se métamorphosent en chrysalide.

Les hespéries de Dukes mâles ne semblent pas adopter de comportement territorial, mais ils patrouillent activement dans les parcelles de carex en quête de femelles. Les femelles sont au repos sur les carex, exposées au soleil.

La capacité de dispersion des hespéries de Dukes n’a pas fait l’objet d’études et est donc inconnue. On a toutefois remarqué que leur vitesse de vol est plus lente que celle des autres espèces du genre Euphyes. En s’appuyant sur ce que l’on connaît des espèces d’Euphyes apparentées, la distance de dispersion est estimée à un maximum de deux kilomètres.

Taille et tendances des populations

Les relevés de l’hespérie de Dukes se sont concentrés sur la consignation de sa présence, de ses préférences en matière d’habitat et d’autres renseignements liés à son histoire naturelle. Au Canada, toutes les observations signalées portaient sur des adultes, et aucun renseignement sur les tendances et les fluctuations des populations n’est disponible.

La perte généralisée de milieux humides et marécageux dans le sud de l’Ontario au cours des 200 dernières années a entraîné un isolement géographique des parcelles d’habitat convenable de l’hespérie de Dukes. Il n’y a pas suffisamment de données quantifiées montrant les tendances en matière d’habitat dans le sud-ouest de l’Ontario au cours de la dernière décennie, mais les changements observés dans les écosystèmes tendent à être causés par le roseau commun (Phragmites australis australis), une espèce non indigène envahissante qui se répand rapidement dans de nombreux milieux humides.

Menaces et facteurs limitatifs

Les menaces qui pèsent sur l’hespérie de Dukes ont été inférées à partir des déclins de l’étendue et de la qualité de l’habitat aux sites connus du sud-ouest de l’Ontario. La principale menace est la modification des écosystèmes causée par la progression d’espèces envahissantes, en particulier le roseau commun, lequel est abondant dans l’habitat d’au moins sept des sous-populations d’hespéries de Dukes existantes. Parmi les autres menaces figurent la conversion de l’habitat en cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois et en zones résidentielles, et les changements de l’habitat de milieux humides en raison des changements climatiques. Les facteurs limitatifs qui peuvent contribuer au déclin de l’espèce sont notamment la petite taille et le caractère localisé de ses sous-populations, de même qu’une capacité de dispersion limitée. D’après les modifications des écosystèmes causées par la progression du roseau commun, les sous-populations du Canada sont près d’être considérées comme gravement fragmentéesNote de bas de page 1 . Une seule tige de roseau commun peut s’étendre sur 1 à 2 mètres par an. Cette plante envahissante croît jusqu’à une hauteur de 2 mètres. Elle peut faire ombrage aux plantes hôtes dont se nourrit la chenille et aux plantes nectarifères dont dépendent les adultes et prendre le dessus sur celles-ci, contribuant ainsi au déclin progressif de l’habitat de l’hespérie de Dukes, tant sur le plan de la qualité que celui de la quantité.

Protection, statuts et classements

Ni l’hespérie de Dukes ni ses plantes hôtes ne sont inscrites en vertu de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral, ni en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Le latris à épi (plante nectarifère) est désigné comme espèce menacée en vertu des deux lois (NHIC, 2020b). L’hespérie de Dukes est cotée « vulnérable » à l’échelle mondiale (G3G4), « en péril » (N2) à l’échelle nationale et « en péril » (S2) en Ontario.

Résumé technique

Euphyes dukesi
Hespérie de Dukes
Dukes’ Skipper
Répartition au Canada : Ontario

Données démographiques

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population)
1 an
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?
Déclin inféré et prévu du nombre d’individus matures dans les sous-populations nos 1, 14, 16, 19, 23, 24 et 26, d’après les modifications des écosystèmes causées par la progression du roseau commun.
Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [cinq ans ou deux générations].
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].
Inconnu
Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période [de dix ans ou trois générations], commençant dans le passé et se terminant dans le futur.
Inconnu
Est-ce que les causes du déclin sont a) clairement réversibles et b) comprises et c) ont effectivement cessé?
a. Non (la progression du roseau commun n’est pas clairement réversible).
b. En partie (la portée et la gravité des menaces doivent être clarifiées davantage).
c. Non (la progression du roseau commun se poursuit et les autres menaces sont toujours présentes).
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Non

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence
2 122 km2 (sites toujours occupés et sites antérieurement occupés où un habitat convenable est présent)
Indice de zone d’occupation (IZO) (valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté).
52 km2
La population totale est-elle gravement fragmentée, c.-à-d. que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale se trouvent dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce?
a. Inconnu
b. Oui
Nombre de « localités* »
12 à 20 (voir Nombre de localités)
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?
Oui, il y a un déclin inféré et prévu de la qualité de l’habitat des sous-populations périphériques nos 1, 19, 23 et 24, d’après les modifications des écosystèmes causées par la progression du roseau commun.
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation?
Oui, il y a un déclin inféré et prévu aux sous-populations nos 1, 14, 16, 19, 23, 24 et 26, d’après les modifications des écosystèmes causées par la progression du roseau commun.
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous-populations?
Oui, il y a un déclin inféré et prévu aux sous-populations nos 1, 14, 16, 19, 23, 24 et 26, d’après les modifications des écosystèmes causées par la progression du roseau commun.
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités*?
Non. En s’appuyant sur la vitesse de propagation du roseau commun aux 12 sous-populations existantes connues, laquelle varie d’un milieu à l’autre et au sein des milieux, le nombre de localités va probablement augmenter.
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?
Oui, il y a un déclin inféré et prévu de l’habitat des sous-populations nos 1, 14, 16, 19, 23, 24 et 26, d’après les modifications des écosystèmes causées par la progression du roseau commun.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous-populations?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?
Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?
Non

* Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et UICN pour obtenir des précisions sur ce terme.

Nombre d’individus matures dans chaque sous-population

Sous-population

1. Windsor
2. Boisés du cours supérieur du ruisseau Big
14. Saint-Joachim
16. Belle Rivière
19. Parc provincial Wheatley
20. Aire de conservation Kopegaron Woods
21. Mersea Road 6
23. Aire de conservation Hillman Marsh
24. Parc national de la Pointe-Pelée
26. Île Walpole
27. Aire de conservation Reid
28. Brigden

(utilisez une fourchette plausible) : Inconnu
Total : Inconnu

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans]. Inconnu; données insuffisantes.

Menaces (directes, de l’impact le plus élevé à l’impact le plus faible, selon le calculateur des menaces de l’UICN)

Un calculateur des menaces a été rempli le 3 mars 2021; impact des menaces : élevé.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada.
Michigan : en péril (S2)
Ohio : vulnérable (S3)
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?
Inconnu
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada?
Oui
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Oui
Les conditions se détériorent-elles au Canada+?
Oui
Les conditions de la population source se détériorent-elles?
Oui
La population canadienne est-elle considérée comme un puits+?
Non
La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle?
Inconnu

+ Voir le tableau 3 (Lignes directrices pour la modification de l’évaluation de la situation d’après une immigration de source externe).

Nature délicate de l’information sur l’espèce

L’information concernant l’espèce est-elle de nature délicate? Non

Historique du statut

COSEPAC : Espèce désignée « préoccupante » en mai 2022.

Statut et justification de la désignation

Statut : Préoccupante

Code alphanumérique : Sans objet.

Justification de la désignation : Ce papillon spécialiste des milieux humides se rencontre dans les marécages de feuillus ouverts et les clairières de l’extrême sud de l’Ontario. Son aire de répartition se limite aux comtés d’Essex, de Chatham-Kent et de Lambton, où seulement 12 sous-populations existantes sont connues. Son habitat s’est modifié depuis la colonisation par les Européens, et les parcelles de milieux humides convenables sont maintenant isolées géographiquement. Le roseau commun, espèce envahissante qui empiète sur l’habitat de milieu humide du papillon, déplace les carex indigènes dont les larves se nourrissent. Cette plante envahissante, présente dans 7 des 12 sous-populations existantes, a augmenté son aire de répartition dans le sud de l’Ontario de près de 30 % de 2010 à 2017. La propagation de plantes envahissantes pourrait mener à la disparition de l’espèce de certains sites.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) : Sans objet, aucune donnée accessible.

Critère B (aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation) : Sans objet. Correspond aux critères de la catégorie « espèce en voie de disparition » B1 et B2, car la superficie de la zone d’occurrence (2 122 km2) et l’IZO (52 km2) sont bien inférieurs aux seuils fixés pour la catégorie; correspond au sous-critère b, car il y a b) un déclin inféré et prévu i) de la zone d’occurrence, ii) de l’indice de la zone d’occupation, iii) de la qualité de l’habitat (en raison du roseau commun envahissant), et iv) du nombre de sous-populations (en raison du roseau commun envahissant qui prend le dessus sur les plantes hôtes); toutefois, la vitesse de propagation est incertaine, et le nombre de localités dépasse le seuil fixé pour les catégories « espèce menacée » et « en voie de disparition ».

Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Sans objet. Le nombre d’individus matures est inconnu. Il y a vraisemblablement un déclin en raison du déclin de l’habitat, mais il n’y a aucune donnée pour le confirmer.

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Sans objet. Le nombre d’individus matures est inconnu. La valeur de l’IZO et le nombre de localités dépassent les seuils fixés pour le critère.

Critère E (analyse quantitative) : Non calculée; aucune donnée accessible pour effectuer l’analyse.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2022)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Embranchement : Arthropodes
Classe : Insecta – Insectes
Sous-classe : Pterygota – Insectes ailés
Ordre : Lepidoptera – Papillons
Sous-ordre : Glossata
Infraordre : Heteroneura
Superfamille : Papilionoidea – Papillons et hespéries
Famille : Hesperiidae – Hespéries
Sous-famille : Hesperiinae – Hespériinés
Tribu : Hesperiini
Genre : Euphyes
Espèce : E. dukesi – Hespérie de Dukes (Lindsey 1923)
Sous-espèce : E. d. dukesi

Synonymes : Atrytone dukesi (Lindsey 1923)

Localité et spécimen types : Le spécimen type prélevé à Mobile, en Alabama, est conservé au Smithsonian National Museum of Natural History, à Washington, D.C.

Nom français : Hespérie de Dukes
Nom anglais : Dukes’ Skipper
Scarce Swamp Skipper (Pyle 1981)
Brown Sedge Skipper (Scott 1986)

Contexte taxinomique et similarités : L’hespérie de Dukes a d’abord été décrite sous l’appellation Atrytone (Euphyes) dukesi (Lindsey 1923). Le genre Euphyes compte 20 espèces reconnues, que l’on retrouve dans l’ensemble des Amériques et des Caraïbes. On reconnaît deux sous-espèces d’hespérie de Dukes (E. e. dukesi et E. e. calhouni), toutes deux présentes dans le centre et l’est de l’Amérique du Nord (voir Aire de répartition mondiale).

Le Barcode of Life Data System (BOLD) est un service en ligne de stockage et d’analyse de données génétiques qui aide à l’identification des espèces au moyen de courtes séquences d’ADN (Ratnasingham et Hebert, 2007). La principale séquence de code à barres pour les espèces du règne animal est une région du gène de la cytochrome c oxydase I (COI) longue de 648 paires de bases (Hebert et al., 2003; Savolainen et al., 2005). Quatre des 11 entrées dans la base de données BOLD proviennent du Canada, et les résultats n’affichent pas d’indice de différenciation en sous-espèces (p. ex., les séquences de codes à barres sont semblables) (BOLD Systems, 2021).

Description morphologique

Comme chez tous les lépidoptères, le cycle vital de l’hespérie de Dukes comporte quatre stades : œuf, larve (chenille), nymphe (chrysalide) et adulte.

Œuf

Les œufs ont une forme de dôme avec une base plate. Au moment de la ponte, ils sont de couleur vert pois pâle. Au bout de 24 heures, il se forme deux anneaux rougeâtres, l’un sur la partie anale, l’autre autour du centre (Pliske, 1957).

Larves

Les larves des différentes espèces du genre Euphyes ne sont pas distinguables l’une de l’autre (Hall et al., 2014). En général, les larves de ce genre sont vert-bleuâtre, avec de nombreuses petites taches blanches et une ligne vert foncé qui traverse le milieu du dos sur toute la longueur du corps (Hall et al., 2014). La tête est blanchâtre avec une légère coloration brune sur le dessus, ainsi qu’une petite tache foncée de forme ovale sur la partie supérieure arrière. Une bande brune est visible de chaque côté de la tête. Les larves de l’hespérie de Dukes passent par cinq stades, tous semblables sur le plan morphologique (Barton, 2005).

Nymphe

La nymphe n’a pas été décrite.

Adulte

Les adultes ont une envergure de 31 à 37 mm (Hall et al., 2014). Les principales caractéristiques distinctives sont leur couleur foncée et leurs ailes aux bords arrondis (Wormington, 2016). L’espèce présente un dimorphisme sexuel, mais les mâles et les femelles ont une apparence généralement semblable. Chez le mâle, la face dorsale des ailes est d’un noir charbonneux, présentant à l’occasion des zones orangées le long du bord costal (avant) de l’aile antérieure et au centre de l’aile postérieure (Hall et al., 2014) (figure 1). Chez la femelle, la face dorsale des ailes est brun foncé, avec parfois une ou deux taches orangées au centre de l’aile antérieure (Hall et al., 2014) (figure 2). La couleur de fond de la face ventrale des ailes est la même chez les deux sexes, à savoir un brun orangé qui s’accompagne d’une bande orange jaunâtre traversant à l’horizontale le centre de l’aile postérieure (Hall et al., 2014) (figure 3). À l’occasion, les ailes antérieures présentent un disque noir sur leur face ventrale (Glassberg, 1999).

L’hespérie de Dion (Euphyes dion) ressemble de près à l’hespérie de Dukes, et les aires de répartition canadiennes de ces deux espèces se chevauchent (Hall et al., 2014). La face ventrale est brun orangé chez les deux espèces. Les hespéries de Dion adultes se distinguent par une double bande jaune orangé sur les ailes antérieures au lieu de la simple bande chez les hespéries de Dukes (Hall et al., 2014). De plus, elles ne présentent pas de disque noir sur la face ventrale des ailes antérieures (Glassberg, 1999).

Photographie d’une hespérie de Dukes mâle, montrant la face dorsale des ailes antérieures et postérieures. Celle-ci est d’un noir charbonneux, présentant à l’occasion des zones orangées le long du bord costal (avant) de l’aile antérieure et au centre de l’aile postérieure

Figure 1. Hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) adulte mâle. Observée le 20 juillet 2020 dans l’aire de conservation Reid (sous-population no 27), à Wallaceburg, dans le comté de Lambton, en Ontario. Spécimen non prélevé. Photo : B. Mann.

Photographie d’une hespérie de Dukes femelle, montrant la face dorsale des ailes antérieures et postérieures. Celle-ci est brun foncé, présentant parfois une ou deux taches orangées au centre de l’aile antérieure.

Figure 2. Hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) adulte femelle. Observée le 16 juillet 2016 dans la prairie le long de Spring Garden Road, à Windsor, dans le comté d’Essex, en Ontario. Spécimen non prélevé. Photo : B. Yukich.

Photographie d’une hespérie de Dukes montrant la face ventrale des ailes, de couleur brun orangé. Une pâle bande jaune orangé traverse horizontalement le centre de l’aile postérieure.

Figure 3. Hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) adulte en face ventrale. La photo montre l’une des caractéristiques permettant de la distinguer des autres espèces, soit l’apparence généralement brun orangé et la pâle bande orange jaunâtre qui traverse horizontalement le centre de l’aile postérieure. Observée le 19 juillet 2013 dans l’aire de conservation Reid (sous-population no 27), à Wallaceburg, dans le comté de Lambton (Ontario). Spécimen non prélevé. Photo : B. Mann.

Structure spatiale et variabilité de la population

La structure spatiale et la variabilité de la population canadienne d’hespéries de Dukes n’ont pas été étudiées. Aucune étude génétique n’a été réalisée. Les limites séparant les sous-populationsNote de bas de page 2  ne sont pas connues, de même que la capacité de dispersion de l’espèce. Toutefois, cette dernière peut être inférée en s’appuyant sur ce que l’on connaît des autres membres du genre Euphyes, lesquels n’ont pas des capacités de dispersion élevées (Michigan State University, 2007; B.C. ENV, 2013; NatureServe, 2022).

Unités désignables

L’hespérie de Dukes est considérée comme une seule unité désignable aux fins de la présente évaluation. On ne dispose d’aucune information sur le caractère distinct et important du point de vue évolutif des sous-populations au Canada. Toutes les sous-populations se situent dans l’aire écologique nationale des plaines des Grands Lacs (COSEWIC, 2018).

Importance de l’espèce

L’hespérie de Dukes est une espèce énigmatique et mal connue. Elle intéresse les entomologistes parce qu’elle est rare, et on la décrit comme le plus extraordinaire des papillons d’Amérique du Nord en raison de sa répartition fragmentée dans l’ensemble du sud-est des États-Unis et au Canada (Shapiro, 1971; Calhoun, 1995). L’hespérie de Dukes fait partie des écosystèmes canadiens importants pour les peuples autochtones, qui reconnaissent l’interdépendance de toutes les espèces au sein de ces écosystèmes.

Répartition

Aire de répartition mondiale

L’aire de répartition mondiale de l’hespérie de Dukes se situe dans le centre et l’est de l’Amérique du Nord (Figure 4). Euphyes dukesi dukesi (la sous-espèce présente au Canada) se trouve dans deux régions géographiques. La première est la région du sud des Grands Lacs (zones bordant les lacs Michigan, Huron et Érié), qui s’étend du sud-ouest de l’Ontario jusqu’au sud-est du Michigan, au nord-est de l’Indiana et au nord de l’Ohio (Vaughan et Sheperd, 2005). Cette région semble isolée de la partie sud de l’aire de répartition de la sous-espèce, située dans la basse vallée du Mississippi. Elle s’étend depuis le centre du Missouri et le sud de l’Illinois jusqu’à l’est du Texas en traversant la Louisiane, puis du sud-est de la Virginie au sud-est de la Géorgie (Vaughan et Sheperd, 2005). Le Canada renferme moins de 1 % de l’aire de répartition mondiale de l’hespérie de Dukes.

Euphyes dukesi calhouni est présente en Floride et est isolée d’E. d. dukesi (Shuey, 1996).

Aire de répartition canadienne

Au Canada, l’hespérie de Dukes est présente dans l’extrême sud-est de l’Ontario, dans les comtés d’Essex, de Lambton, et de Chatham-Kent (figure 5). On a répertorié 28 sous-populationsNote de bas de page 3  de l’espèce au Canada. Parmi celles-ci, 12 sont toujours existantesNote de bas de page 4  (1, 2, 14, 16, 19, 20, 21, 23, 24, 26, 27 et 28) et 16 sont historiquesNote de bas de page 5  (3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 15, 17, 18, 22 et 25) (tableau 1). Une seule sous-population est présente à plusieurs sitesNote de bas de page 6  (1a et 1b).

Carte - Voir la longue description ci-dessous
Figure 4. Répartition mondiale estimée de l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi), d’après Calhoun (1995) et Lotts et Naberhaus (2017). Seule la sous-espèce Euphyes dukesi dukesi est présente au Canada. Carte réalisée par G. Schaus.
Description longue

Carte présentant la répartition mondiale estimée de l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi), au Canada et aux États-Unis. Seule la sous-espèce Euphyes dukesi dukesi est présente au Canada. La répartition mondiale d’Euphyes dukesi dukesi comprend trois régions distinctes des États-Unis : 1) la première s’étend du centre du Missouri jusqu’au Mississippi et à la Louisiane en passant par l’Arkansas, et renferme de petites parties du Texas, de l’Oklahoma, de l’Illinois, de l’Indiana, du Tennessee et de l’Alabama, 2) la seconde couvre le sud du Michigan, le nord-est de l’Indiana et le nord-ouest de l’Ohio, ainsi que la pointe sud de l’Ontario, et 3) la troisième suit la côte est de la Virginie, des deux Caroline et de la Géorgie. L’aire de répartition mondiale d’Euphyes dukesi calhouni traverse le centre de la Floride d’est en ouest.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Global range (Euphyes dukesi dukesi) = Aire de répartition mondiale (Euphyes dukesi dukesi)
Global range (Euphyes dukesi calhouni) = Aire de répartition mondiale (Euphyes dukesi calhouni)
North Dakota = Dakota du Nord
South Dakota = Dakota du Sud
Louisiana = Louisiane
Pennsylvania = Pennsylvanie
West Virginia = Virginie-Occidentale
Virginia = Virginie
North Carolina = Caroline du Nord
South Carolina = Caroline du Sud
Georgia = Georgie
Florida = Floride
Kilometres = Kilomètres

Carte - Voir la longue description ci-dessous
Figure 5. Sous-populations de l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) au Canada (voir le tableau 1 pour les noms des sous-populations). Carte réalisée par G. Schaus.
Description longue

Carte présentant la répartition des 12 sous-populations existantes et des 16 sous-populations historiques d’hespéries de Dukes au Canada. Les sous-populations se trouvent dans la pointe sud de l’Ontario, au sud du lac Sainte-Claire. Trois populations existantes se trouvent au nord du lac Sainte-Claire, atteignant presque Sarnia.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Extant subpopulation = Sous-population existante
Historical subpopulation = Sous-population historique
Lake St. Clair = Lac Sainte-Claire
Lake Erie = Lac Érié
Kilometres = Kilomètres

Tableau 1. Sous-populations (no 1 à 28) existantes et historiques de l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) au Canada, régime foncier et superficie approximative des parcelles de terrain, et brève description de l’habitat.
Numéro de la sous-population Nom de la sous-population Date de la mention la plus récente SituationNote de bas de page 7Note de bas de page 8 Superficie de l’habitat (ha)Note de bas de page 9 Régime foncier du terrainNote de bas de page 10 Description de l’habitat
1a Windsor; Prairie près de Spring Garden Road 16-07-2016 Existante 117 Municipal; Ville de Windsor Marécage à céphalanthe occidental; marécage à chêne blanc (Quercus alba).
1b Windsor; Parc Brunet 26-07-2021 Existante 7 Municipal; Canton de Lasalle Boisé avec parcelle de carex ombragée.
2 Boisés du cours supérieur du ruisseau Big 19-07-2005 Existante 110 Inconnue Boisé de frênes (Fraxinus spp.) avec parcelle de carex (Carex hyalinolepis) ombragée.
3 Aire de conservation de Canard Valley/McGregor 29-07-1999 Historique 99 Provincial; Office de protection de la natureNote de bas de page 11 de la région d’Essex (OPNRE). Boisé avec parcelle de carex ombragée.
4 Gesto 24-07-1986 Historique Inconnue Inconnu Inconnu
5 Pleasant Valley 29-07-1987 Historique Inconnue Inconnu Inconnu
6 Arner 24-07-1986 Historique Inconnue Inconnu Inconnu
7 Marécage Oxley Poison Sumac 02-08-1996 Historique 99 Conservation de la nature Canada (90 %); privé (10 %) Marécage à sumac à vernis (Toxicodendron vernix) avec parcelle de carex ombragée.
8 Marais du ruisseau Big 13-07-1989 Historique 900 Provincial; Office de protection de la nature de la région d’Essex Inconnu
9 Kingsville 23-07-1986 Historique Inconnue Inconnu Inconnu
10 Blytheswood 05-08-1988 Historique Inconnue Privé Champ agricole avec parcelle de carex (Carex hyalinolepis).
11 Aire de conservation Maidstone 31-07-1979 Historique 20 Provincial; Office de protection de la nature de la région d’Essex Boisé à chêne et à caryer avec parcelle de carex (Carex lacustris) ombragée.
12 South Woodslee 31-07-1979 Historique Inconnue Inconnue Inconnu
13 Ruscom Station 16-07-1983 Historique Inconnue Inconnu Inconnu
14 Saint-Joachim 03-08-2015 Existante 4,7 Privé Champ agricole; boisé avec parcelle de carex ombragée.
15 Aire de conservation de Ruscom Shores 1982 Historique 48,5 Provincial; Office de protection de la nature de la région d’Essex Marais à quenouilles (Typha spp.) avec parcelle de carex ombragée.
16 Belle Rivière 18-08-2018 Existante 0,5 Privé Champ agricole; boisé avec parcelle de carex.
17 Stoney Point 06-07-1980 Historique Inconnue Inconnu Inconnu
18 Tilbury Est 25-07-1981 Historique Inconnue Inconnu Inconnu
19 Parc provincial Wheatley 25-07-2020 Existante 241 Provincial; Parcs Ontario Inconnu
20 Aire de conservation de Kopegaron Woods 09-08-1998 Existante 19 Provincial; Office de protection de la nature de la région d’Essex Inconnu
21 Mersea Road 6 03-08-2013 Existante 19 Privé Boisé à caryer et chêne avec parcelle de carex ombragée.
22 Aire de conservation Two Creeks 07-08-1988 Historique 34 Provincial; Office de protection de la nature de la région d’Essex Boisé avec parcelles de carex ombragées.
23 Aire de conservation Hillman Marsh 09-08-1997 Existante 344 Provincial; Office de protection de la nature de la région d’Essex Inconnu
24 Parc national de la Pointe-Pelée 07-07-2012 Existante 1 500 Fédéral; Parcs Canada Boisés avec parcelles de carex (Carex lacustris) ombragées.
25 Parc provincial de l’Île Sister Est 26-06-1988 Historique 53 Provincial; Parcs Ontario Boisé avec parcelle de carex (Carex hyalinolepis) ombragée; zone à présent envahie par le roseau commun.
26 Île Walpole 08-08-1990 Existante 4 000 Première nation de Walpole Island Inconnu
27 Aire de conservation Reid 07-08-2020 Existante 69 Provincial; Office de protection de la nature de la région de Sainte-Claire Boisé à chêne et à caryer avec parcelles de carex (Carex hyalinolepis et Carex lacustris) ombragées. Présence connue à deux endroits sur le site.
28 Brigden 16-07-2018 Existante Inconnue Privé Boisé avec parcelle de carex ombragée.

Zone d’occurrence et zone d’occupation

L’étendue de la zone d’occurrence de l’hespérie de Dukes au Canada est de 2 122 km2 selon la méthode du plus petit polygone convexe dessiné autour des sous-populations existantes connues seulement, et de 2 486 km2 lorsqu’on inclut à la fois les sous-populations existantes et historiques.

L’indice de zone d’occupation (IZO) de l’hespérie de Dukes au Canada est de 52 km2 (13 carrés de grille), selon une grille à carrés de 2 km de côté englobant les sous-populations existantes, et de 68 km2 (17 carrés de grille) lorsqu’on englobe à la fois les sous-populations existantes et historiques.

Il y a un déclin continu inféré de la zone d’occurrence et de l’indice de zone d’occupation fondé sur la présence et la progression potentielle du roseau commun, espèce non indigène envahissante, dans l’habitat de 7 des 12 sous-populations (voir Menaces et facteurs limitatifs).

Activités de recherche

Les mentions de l’hespérie de Dukes au Canada sont datées de 1968 à 2021. La plus ancienne mention date du 11 juillet 1968 et provient du quartier McGregor (no 3) de la ville d’Essex (Riotte, 1973), alors que la plus récente est datée du 16 août 2021, dans l’aire de conservation Reid (no 27) (iNaturalist, 2021). Les données comptent au moins 204 spécimens de musée, photographies, et mentions d’observation provenant de 28 sous-populations et de 29 sites en Ontario. Ces données représentent un minimum de 637 individus.

Les relevés de l’hespérie de Dukes sont réalisés à pied, et les chercheurs ciblent les zones où les plantes hôtes et les plantes nectarifères sont abondantes (voir les tableaux 2 et 3). Lorsqu’on cherche l’hespérie de Dukes aux sites connus, on l’observe généralement assez facilement, pourvu que le relevé se fasse durant la période de vol lors de journées chaudes et ensoleillées, entre 9 h et 16 h. Dans le passé, les sous-populations d’hespérie de Dukes sont possiblement passé inaperçues en raison de leur faible densité ainsi que de la courte période de vol, de la petite taille et des couleurs ternes du papillon (Iftner et al., 1992). Aucun travail de terrain n’a été entrepris en vue de la préparation du présent rapport de situation du COSEPAC en 2020; les relevés suivants ont été réalisés avant la présente évaluation par le COSEPAC.

En 2015 et en 2018, des relevés de papillons dans le comté d’Essex (NRSI, 2015; 2018) ont ciblé l’habitat convenable (voir Habitat); ils ont été réalisés une fois par mois en juin, juillet et août, coïncidant avec la période de vol de l’hespérie de Dukes. Les activités de recherche à ces sites se sont concentrées sur les plantes hôtes (NRSI, 2018). Ces relevés ont permis de confirmer la présence de l’espèce dans le hameau de Saint-Joachim (no 14) et dans le canton de Lakeshore (no 16).

Tableau 2. Activités de recherche dans les sous-populations existantes et historiques de l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) au Canada.
Numéro de la sous-population Nom de la sous-population Date de la mention la plus ancienne Date de la mention la plus récente Années ou des activités de recherche ont eu lieu Nombre d’hespéries de Dukes (toutes les mentions, de la plus ancienne à la plus récente) Références
1a Windsor; Prairie près de Spring Garden Road 20-07-1989 16-07-2016 1989, 1990, 1991, 1992, 1994, 1998, 2005, 2009, 2012, 2016 > 70 Macnaughton et al., 2020
1b Windsor; Parc Brunet 09-07-1988 26-07-2021 1988, 1989, 2011, 2012, 2013, 2015, 2017, 2018, 2021 > 14 Macnaughton et al., 2020; NHIC, 2020a; iNaturalist, 2021
2 Boisés du cours supérieur du ruisseau Big 19-07-2005 19-07-2005 2005 2 NHIC, 2020a
3 Aire de conservation de Canard Valley/McGregor 11-07-1968 29-07-1999 1968, 1975, 1976, 1977, 1978, 1979, 1999 > 36 Macnaughton et al., 2020
4 Gesto 29-07-1975 26-07-1986 1975, 1980, 1981, 1982, 1983, 1984, 1985, 1986 > 23 Macnaughton et al., 2020
5 Pleasant Valley 29-07-1987 29-07-1987 1987 1 Macnaughton et al., 2020
6 Arner 24-07-1986 24-07-1986 1986 7 Macnaughton et al., 2020
7 Marécage Oxley Poison Sumac 22-07-1982 02-08-1996 1982, 1987, 1996 42 Macnaughton et al., 2020
8 Marais du ruisseau Big 13-07-1989 13-07-1989 1989 2 Macnaughton et al., 2020
9 Kingsville 23-07-1986 23-07-1986 1986 10 Macnaughton et al., 2020
10 Blytheswood 05-08-1988 05-08-1988 1988 1 Macnaughton et al., 2020
11 Aire de conservation Maidstone 31-07-1979 31-07-1979 1979 1 Macnaughton et al., 2020
12 South Woodslee 31-07-1979 31-07-1979 1979 3 Macnaughton et al., 2020
13 Ruscom Station 16-07-1983 16-07-1983 1983 1 Macnaughton et al., 2020
14 Saint-Joachim 03-08-2015 03-08-2015 2015 2 Macnaughton et al., 2020; NRSI, 2018
15 Aire de conservation de Ruscom Shores 1982 1982 1982 1 NHIC, 2020a
16 Belle Rivière 06-07-2015 18-08-2018 2015, 2018 17 NRSI, 2018; Macnaughton et al., 2020
17 Stoney Point 06-07-1980 06-07-1980 1980 1 Macnaughton et al., 2020
18 Tilbury Est 25-07-1981 25-07-1981 1981 1 Macnaughton et al., 2020
19 Parc provincial Wheatley 10-07-1988 25-07-2020 1988, 1992, 2004, 2020 11 Macnaughton et al., 2020; iNaturalist, 2021
20 Aire de conservation de Kopegaron Woods 08-08-1998 09-08-1998 1998 7 Macnaughton et al., 2020
21 Mersea Road 6 18-07-2003 03-08-2013 2003, 2004, 2006, 2007, 2008, 2009, 2013 28 Macnaughton et al., 2020
22 Aire de conservation Two Creeks 25-07-1988 07-08-1988 1988 2 Macnaughton et al., 2020
23 Aire de conservation Hillman Marsh 10-07-1988 09-08-1997 1988, 1996, 1997 7 Macnaughton et al., 2020
24 Parc national de la Pointe-Pelée 01-07-1973 07-07-2012 1973, 1982, 1983, 1984, 1985, 1986, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2006, 2008, 2009, 2010, 2012 > 200 Macnaughton et al., 2020
25 Parc provincial de l’Île Sister Est 26-06-1988 26-06-1988 1988 1 Macnaughton et al., 2020
26 Île Walpole 08-08-1990 08-08-1990 1990 1 Macnaughton et al., 2020
27 Aire de conservation Reid 29-07-2008 07-08-2020 2008-2021 > 134 Macnaughton et al., 2020; iNaturalist, 2021
28 Brigden 18-07-2017 16-07-2018 2017, 2018 5 Macnaughton et al., 2020
Tableau 3. Activités de recherche dans de l’habitat où la présence de l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) n’a pas été signalée (c.-à-d., recherche infructueuse).
Nom du site Années où des recherches ont eu lieu Nombre d’hespéries de Dukes signalées Effort de recherche (heures passées dans l’habitat convenable) Référence
Île Pelée, comté d’Essex de 2010 à 2019 (chaque année) 0 Environ 318 heures NABA, 2020
Parc provincial The Pinery, comté de Lambton de 2009 à 2019 (chaque année) 0 Environ 300 heures NABA, 2020

De nombreuses sous-populations d’hespérie de Dukes (nos 1a, 1b, 24 et 27) sont régulièrement visitées par les amateurs de papillons et les naturalistes. Des dénombrements annuels de papillons sont réalisés à Windsor (nos 1a et 1b) depuis 1994, et d’autres ont été faits au parc national de la Pointe-Pelée (no 24) de 1996 à 2012. L’hespérie de Dukes était régulièrement observée au parc national de la Pointe-Pelée, mais elle ne l’a pas été depuis 2012, soit l’année du dernier dénombrement annuel dans le parc.

La publication Ontario Lepidoptera présente un résumé annuel des observations de lépidoptères. Ces publications, accessibles pour les années de 1969 à 2017, ont également été examinées pour y relever les observations d’hespéries de Dukes (TEA, 2021).

Les plateformes en ligne de science citoyenne comme Ontario Butterfly Atlas et iNaturalist donnent des indications d’efforts de recherche infructueux (c.-à-d., aucune mention de l’espèce visée, alors que le milieu et la période sont propices à l’observation de l’hespérie). À titre d’exemple, entre 2009 et 2019, 5 431 mentions d’Euphyes ont été consignées sur la plateforme de l’Ontario Butterfly Atlas : 60 d’entre elles étaient des hespéries de Dukes, issues de 8 des 28 sous-populations (nos 1, 14, 16, 19, 21, 24, 27 et 28). Au cours des 12 dernières années (2010-2021), 532 observateurs ont consigné 2 371 observations d’Euphyes sur iNaturalist, mais seulement 55 d’entre elles étaient des hespéries de Dukes (iNaturalist, 2021).

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Au Canada, l’habitat de l’hespérie de Dukes se compose notamment de marécages boisés de feuillus comportant des clairières ou des bordures naturelles où poussent de grandes parcelles de carex (Carex spp.) (Hall et al., 2014) (figure 6), de plaines inondables le long des berges de rivières, de forêts en bordure de marais, et de fossés en bordure de routes ou de champs agricoles où des parcelles convenables de carex sont présentes (Michigan State University, 2007; Hall et al., 2014; Macnaughton et al., 2020).

Photographie montrant l’habitat de l’hespérie de Dukes dans une parcelle de carex arborée de l’aire de conservation Reid (sous-population no 27), à Wallaceburg, dans le comté de Lambton (Ontario).
Figure 6. Habitat de l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) dans une parcelle de carex arborée. Photo prise par J. Linton le 30 août 2020 dans l’aire de conservation Reid (sous-population no 27), à Wallaceburg, dans le comté de Lambton (Ontario).

L’hespérie de Dukes préfère les milieux humides boisés d’érables rouges (Acer rubrum), d’érables à sucre (Acer sacharrum), de caryers (Carya spp.), de micocouliers (Celtis spp.), de nyssas sylvestres (Nyssa sylvatica) et de chênes (Quercus spp.) (Michigan State University, 2007; Macnaughton et al., 2020). Les plantes suivantes sont également associées à l’habitat de l’hespérie de Dukes : l’asclépiade incarnate (Asclepias incarnata), le céphalanthe occidental (Cephalanthus occidentalis), les impatientes (Impatiens ssp.) et la pontédérie cordée (Pontederia cordata).

L’habitat convenable comporte souvent des sols argileux faiblement drainés, et l’hespérie de Dukes est rarement observée à plus de quelques mètres d’un plan d’eau stagnante (Mather, 1963).

Au Canada, les plantes hôtes de l’hespérie de Dukes sont le carex lacustre (Carex lacustris) et le carex à écailles hyalines (Carex hyalinolepis) (Hall et al., 2014). Au Mississippi, le carex faux-lupulina (Carex lupuliformis) sert aussi de plante hôte, mais cette plante est rare en Ontario et il n’y a aucune mention qu’elle soit utilisée par l’hespérie de Dukes (voir Statuts et classements non juridiques) (Schweitzer et al., 2018).

Les adultes sont le plus souvent observés dans des milieux de trouées dans la canopée ou en bordure de boisés, là où la lumière est tamisée; ils sont rarement vus dans les boisés profondément ombragés (Calhoun, 1995; Schweitzer et al., 2018). Les adultes volent sur de courtes distances depuis leur habitat boisé vers les milieux ouverts avoisinants en quête de plantes nectarifères (Wormington, 2016), en particulier les fleurs blanches et violettes (Iftner et al., 1992; Calhoun, 1995). En Ontario, les sources documentées de nectar sont l’asclépiade incarnate, l’asclépiade commune (Asclepias syriaca), les chardons (Cirsium spp.), l’apocin chanvrin (Apocynum cannabinum), le liatris à épi (Liatris spicata), le pycnanthème de Virginie (Pycnanthemum virginianum) et le silphe perfolié (Silphium perfoliatum) (Macnaughton et al., 2020; Mann, comm. pers., 2020). Dans le reste de son aire de répartition mondiale, l’espèce se nourrit aussi du nectar du célaphante et de la pontédérie (Mather, 1963; Iftner et al., 1992; Michigan State University, 2007).

Dans le comté d’Essex, des relevés de l’hespérie de Dukes ont été réalisés dans des marécages minéraux de feuillus à orme d’Amérique (Ulmus americana), des marécages minéraux de feuillus à chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa) et des forêts de feuillus fraîches-humides à caryer ovale (Carya ovata) (NRSI, 2015). L’hespérie de Dukes a été observée dans des marécages minéraux de feuillus à orme d’Amérique ayant des superficies de 4,71 ha (no 14) et de 0,50 ha (no 16) (NRSI, 2015).

L’habitat de l’hespérie de Dukes dans le sud des États-Unis est semblable à celui de l’espèce au Canada et comprend des marécages à feuillus et à cupressacées entièrement ou partiellement ombragés où le carex est dominant (Schweitzer et al., 2018). En Ohio, l’hespérie a été observée le long d’emprises de chemins de fer abandonnés où se trouvent des milieux marécageux convenables et des plantes hôtes (Iftner et al., 1992; Schweitzer et al., 2018). Le long des côtes de l’Atlantique, l’hespérie fréquente les zones de transition entre les marais littoraux d’eau douce ou saumâtre et les boisés humides (Schweitzer et al., 2018).

Tendances en matière d’habitat

Au cours des 200 dernières années, une grande partie des milieux humides boisés, des boisés, des prairies et des marécages a été massivement convertie pour d’autres utilisations des terres, entraînant l’isolement des parcelles d’habitat dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’hespérie de Dukes. Avant la colonisation par les Européens, les peuples autochtones avaient une certaine influence sur l’utilisation des terres dans la région, mais la majeure partie des forêts et des milieux humides était restée intacte (Butt et al., 2005). À cette époque, les forêts occupaient 80 % du territoire du sud de l’Ontario, alors qu’elles n’occupaient que 17 % du territoire au début des années 2000 (Butt et al., 2005). À la fin du 18e siècle et au début du 19e, on estime que l’habitat de milieux humides couvrait 20 266 km2, mais en 2002, environ 72 % de ces milieux avaient été convertis à d’autres affectations (Federal, Provincial and Territorial Governments of Canada, 2010).

Le drainage des milieux humides pour l’agriculture et le développement ont entraîné une réduction importante de l’habitat convenable de marécage pour l’hespérie de Dukes dans le sud-ouest de l’Ontario. Les comtés d’Essex, de Lambton, et de Chatham-Kent, soit l’aire de répartition de l’hespérie de Dukes, ont connu les plus importantes pertes de milieux humides et de forêts de la province (Federal, Provincial and Territorial Governments of Canada, 2010; Ducks Unlimited Canada, 2010).

Avant la colonisation par les Européens, le comté d’Essex renfermait environ 155 779 ha de milieux humides, soit 83,4 % de la couverture terrestre du comté. En 2002, l’habitat de milieux humides avait été réduit à 3 068 ha, soit 1,6 % de la couverture terrestre totale (Ducks Unlimited Canada, 2010). Puis, en 2013, l’habitat de marécage ne couvrait plus que 743,91 ha, soit 0,45 % de la superficie totale des terres du Comté d’Essex (ERCA, 2013).

· Dans le comté de Lambton, c’est environ 44 237 ha de milieux humides qui étaient présents avant la colonisation, soit environ 50,1 % de la couverture terrestre. Cette superficie avait été réduite à 5 092 ha en 2002, soit 1,8 % de la couverture terrestre totale (Ducks Unlimited Canada, 2010). Les forêts du comté de Lambton ont aussi été massivement coupées, et les marécages, drainés, surtout à des fins agricoles (Ontario Woodlot Association, 2005).

· Quant au comté de Chatham-Kent, il renfermait environ 140 818 ha de milieux humides avant la colonisation, soit environ 56,4 % de la couverture terrestre totale, et cette superficie avait été réduite à 2 123 ha en 2002, soit 0,8 % de la couverture totale (Ducks Unlimited Canada, 2010).

Peu de données sont disponibles sur les tendances en matière d’habitat dans l’aire de répartition canadienne de l’hespérie de Dukes au cours des 10 dernières années. De 2011 à 2016, la superficie des terres boisées dans le comté d’Essex a augmenté de 80 ha (+2,2 %). Dans le comté de Lambton, il y a plutôt eu une diminution de 485 ha (-2,5 %), quoiqu’il n’y a pas de données disponibles pour la partie sud-ouest du comté. Quant au comté de Chatham-Kent, il y a eu une augmentation de la superficie des terres boisées de 1 126 ha (+15 %) (Statistics Canada, 2021). La majeure partie de l’habitat de l’hespérie de Dukes restant est situé dans des aires protégées et des plaines inondables, de même qu’à d’autres sites qui risquent peu d’être rasés pour l’agriculture ou le développement.

Le roseau commun (Phragmites australis australis) est une espèce de graminée envahissante largement répandue dans l’ensemble du sud de l’Ontario. Elle croît en peuplements denses, progressant lentement dans les milieux humides ouverts (OMNR, 2011) et modifiant graduellement la composition de la communauté végétale de ces zones (voir Menaces).

Biologie

Cycle vital et reproduction

L’hespérie de Dukes connaît une métamorphose complète et se développe en quatre stades successifs : œuf, larve (cinq stades larvaires), nymphe, et adulte.

En Ontario, l’hespérie de Dukes produit généralement une seule génération par an, les mentions les plus précoces étant datées du 22 juin, et les mentions les plus tardives, du 26 septembre (Macnaughton et al., 2020). La période de vol moyenne de l’espèce est toutefois plus courte, soit du début juillet jusqu’à la mi-août (Wormington, 2016).

Le mode d’accouplement de l’hespérie de Dukes est polygynandriqueNote de bas de page 12  (Barton, 2005). Les mâles recherchent et pourchassent activement les femelles dans les parcelles de carex, passant rapidement d’une parcelle à une autre lorsqu’ils n’en trouvent aucune (Iftner et al. 1992; Calhoun, 1995; Hall et al., 2014). Les mâles ne sont pas considérés comme adoptant un comportement territorial. Les femelles sont plus sédentaires que les mâles et on les observe souvent perchées sur des carex lorsqu’elles ne sont pas actives à chercher de la nourriture ou à pondre leurs œufs (Calhoun, 1995). Les adultes des deux sexes sont décrits comme ayant une vitesse de vol lente. Ils restent souvent juste au-dessus du sommet des carex et volent rarement à plus de 1,5 m d’altitude (Calhoun, 1995).

Après l’accouplement, les femelles pondent leurs œufs séparément, sur la face inférieure des feuilles des plantes hôtes (Barton, 2005; Schweitzer et al., 2018). La ponte des œufs se concentre généralement sur les carex poussant seuls ou en petits groupes, le long de la bordure ombragée de parcelles de carex de plus grande taille. On pense que les femelles se dispersent plus que les mâles lorsqu’elles recherchent des plantes hôtes convenables pour y déposer leurs œufs (Calhoun 1995). On estime que la durée de vie de l’adulte est de trois semaines (Barton, 2005).

Après l’éclosion des œufs, les larves se nourrissent et muent plusieurs fois avant d’entrer en diapause (pour hiverner) une fois à leur quatrième stade (Barton, 2005). Elles se construisent alors un abri en coupant et en pliant des feuilles, ou en attachant ensemble les bords d’une ou de plusieurs feuilles (Schweitzer et al., 2018). Au printemps suivant, les larves sortent de leur diapause et muent une dernière fois avant de passer au stade nymphal (Opler et Krizek, 1984). Avant sa métamorphose en nymphe, la larve entre dans l’abri et en bouche l’ouverture avec une cire, qu’elle produit (Schweitzer et al., 2018). Le stade nymphal dure une ou deux semaines (Opler et Krizek, 1984).

Au Canada, les mentions de l’hespérie de Dukes laissent croire que l’espèce ne se reproduit qu’une fois par année. Toutefois, une deuxième génération a été signalée au parc national de la Pointe-Pelée le 7 septembre 1991 (Wormington, 2016); il s’agit de l’unique mention d’une possible deuxième génération en Ontario. Chez certains papillons, une deuxième génération n’est produite que de manière occasionnelle, lors d’années plus chaudes que la normale. Aucune mention d’une deuxième génération n’a été signalée en Ohio ni au Michigan (Iftner et al., 1992; Nielsen, 1999). L’hespérie de Dukes a été observée pour la dernière fois en Ontario dans la prairie près de Spring Garden Road (no 1a) le 26 septembre 1992. Aucun autre renseignement n’a été fourni avec la mention de l’observation; toutefois, une date si tardive indique qu’il pourrait s’agir d’une deuxième génération. L’automne 1992 a été anormalement chaud, et des hespéries de Dukes aux ailes endommagées ont été observées au début de septembre dans le parc national de la Pointe-Pelée (Wormington, 2016).

Dans le sud des États-Unis, la période de vol est plus longue, et on a signalé jusqu’à trois générations au cours de la même année pour la sous-espèce calhouni, en Floride (Calhoun, 1995).

Physiologie et adaptabilité

On en sait très peu à propos de la physiologie et de l’adaptabilité de l’hespérie de Dukes. L’espèce a du mal à s’adapter aux milieux dont les conditions hydrologiques sont fluctuantes (Calhoun, 1995; Michigan State University, 2007). Le drainage ou l’assèchement de milieux humides dans des zones d’habitat convenable pourrait faire disparaître l’espèce du site (Calhoun, 1995). Par exemple, en 2020, une hausse des niveaux d’eau a entraîné l’inondation de l’une des deux parcelles de carex occupées de l’aire de conservation Reid (no 27), et on soupçonne que cette perte d’habitat de carex peut avoir causé un déclin de l’abondance de l’hespérie au cours de cette même année (Mann, comm. pers., 2020).

L’habitat convenable de l’hespérie de Dukes doit notamment offrir, à titre de caractéristiques essentielles, un couvert forestier et un ombrage au moins partiel (Schweitzer et al. 2018).

On n’a pas relevé la présence de l’hespérie de Dukes dans les milieux humides créés par l’humain (Schweitzer et al., 2018).

L’espèce est le plus souvent active par temps chaud et ensoleillé, mais elle reste aussi active par temps chaud et nuageux, et même durant de brèves averses (Calhoun, 1995).

Déplacements et dispersion

L’hespérie de Dukes ne migre pas. On connaît peu de choses sur la capacité de dispersion de l’espèce au Canada ou aux États-Unis. On peut toutefois avoir accès à des renseignements sur des espèces semblables et, d’après ceux-ci, on infère une capacité de dispersion de deux kilomètres. Comme on peut le lire dans COSEWIC (2013) : « la distance de dispersion apparente maximale de l’hespérie Polites mardon est d’environ 1,6 km (Runquist, 2004), mais elle se déplace habituellement sur moins de 0,8 km en une année (Potter et Fleckenstein, 2001). Des hespéries du Dakota (Hesperia dacotae L.) se sont déplacées en moyenne moins de 300 m durant trois à sept jours, et moins de 200 m dans un milieu non favorable (Dana, 1991). L’hespérie ottoé (Hesperia ottoe W. H. Edwards) peut se disperser sur une distance maximale de 1,78 km dans un milieu non favorable, mais elle se déplace généralement moins de 200 m (Selby, 2005). »

L’hespérie de Dukes pourrait s’approcher d’un degré de fragmentation graveNote de bas de page 13 . Le degré d’isolement (c.-à-d. la distance sépare les sous-populations les unes des autres) et la viabilité de chacune des sous-populations ont été évalués. Il est probable que la distance qui sépare toutes les sous-populations des autres soit plus grande que la capacité de dispersion de l’espèce. La viabilité des sous-populations dépend de la rapidité de la croissance du roseau commun, dont la présence est confirmée dans l’habitat de sept des douze sous-populations existantes, quoiqu’il soit vraisemblablement présent dans l’habitat de toutes les sous-populations (tableau 5). Les données requises pour remplir les critères de fragmentation grave sont insuffisantes; toutefois, il est peu probable que plus de 50 % de la zone d’occupation totale soit comprise dans des parcelles d’habitat plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une sous-population viable d’où l’espèce pourrait disparaître au cours des trois prochaines années.

Relations interspécifiques

Les relations interspécifiques de l’hespérie de Dukes, comme les maladies, la prédation ou le parasitisme, sont peu connues. Les hespéries de stades larvaire et adulte sont la proie d’araignées (Araneae), de punaises embusquées (Phymatinae), de guêpes (Vespidae; Pompilidae, Sphecidae), de fourmis (Formicidae), de libellules (Anisoptera), d’asiles (Asilidae) et de cicindèles (Cicindelini) (Scott, 1986; Hall et al., 2014). Parmi les prédateurs vertébrés, on trouve les oiseaux (Aves), les grenouilles et crapauds (Anura) et les rongeurs (Rodentia) (Scott 1986).

La larve de l’hespérie de Dukes et celle de l’hespérie de Dion (une espèce d’Euphyes étroitement apparentée) se nourrissent toutes deux du carex lacustre (Hall et al., 2014). Ces deux espèces d’hespéries sont souvent observées dans des microsites distincts au sein des mêmes parcelles d’habitat de milieux humides; l’hespérie de Dion est présente dans la partie ouverte des milieux humides qui servent d’habitat, alors que l’hespérie de Dukes préfère la partie ombragée de ces mêmes milieux (Shuey, 1985). Les adultes des deux espèces se nourrissent dans des zones de plantes nectarifères semblables, mais ne semblent pourtant pas être en compétition pour les ressources alimentaires (Shuey, 1985).

Taille et tendances des populations

Activités et méthodes d’échantillonnage

Il y a peu d’information disponible pour déterminer la taille de la population canadienne ou la taille et les tendances des sous-populations d’hespéries de Dukes. La plupart des observations d’hespéries de Dukes sont de nature fortuite ou issues de relevés informels. Jusqu’à maintenant, les activités et méthodes d’échantillonnage ont mis l’accent sur la consignation de la présence de l’espèce (l’absence de détection de la présence n’en confirmant pas l’absence), et la plupart des sites n’ont fait l’objet que de relevés limités (voir Activités de recherche).

Abondance

L’abondance de l’hespérie de Dukes aux sites connus n’est pas bien documentée (voir Activités de recherche). Lorsque l’espèce est présente dans un milieu, le recenseur observe généralement cinq individus ou plus (Wormington, 2016). D’après l’Ontario Butterfly Atlas, jusqu’à 20 individus ont été observés en une seule journée dans la prairie près de Spring Garden Road (no 1a; 20 juillet 1989 et 11 août 1990) et au site de McGregor (no 3; 30 juillet 1977). Le dénombrement le plus élevé qui a été consigné provient du Parc national de la Pointe-Pelée (no 24), où 14 adultes ont été aperçus le 23 juillet 1995 (Wormington, 2016). Au cours des dix dernières années (2010-2019), l’abondance la plus élevée qui a été signalée lors d’une même journée est de 10 individus. Ce dénombrement a été réalisé le 3 août 2016 dans l’aire de conservation Reid (no 27) (Macnaughton et al., 2020). Le tableau 2 présente le nombre d’individus observés dans chacune des sous-populations du Canada.

Fluctuations et tendances

Aucune information n’est disponible en ce qui concerne les fluctuations et les tendances des sous-populations d’hespéries de Dukes au Canada. D’après les données annuelles sur les sous-populations de l’Ontario, l’espèce ne semble pas connaître de fluctuations extrêmes (Macnaughton et al., 2020).

Immigration de source externe

Les sous-populations d’hespéries de Dukes des boisés du cours supérieur du ruisseau Big (no 2) et du marais du ruisseau Big (no 5) sont situées en bordure de la frontière Canada–États-Unis et à 6 km l’une de l’autre. Cette distance comprend les eaux libres de la rivière Détroit et l’habitat convenable des îles dans la rivière. La mention la plus près, d’après la base de données iNaturalist, est située à environ 12 km des sous-populations no 2 et no 5, dans le métroparc du lac Érié, juste au sud de Gibraltar, au Michigan (Harrison, comm. pers., 2020).

L’hespérie de Dukes est considérée comme une espèce sédentaire, qui s’aventure rarement loin de son habitat convenable. En s’appuyant sur la capacité de dispersion d’espèces semblables (voir COSEWIC, 2013; Déplacements et dispersion), l’hespérie de Dukes devrait pouvoir se disperser sur une distance d’au plus deux kilomètres. La présence de sous-populations sur certaines îles, comme l’île Sister Est (no 25), laisse croire que l’espèce peut parfois se disperser en traversant des plans d’eau, quoiqu’on ne sache pas si cette dispersion est favorisée par des phénomènes météorologiques extrêmes. Ces facteurs indiquent que l’immigration de source externe depuis les populations des États voisins du Michigan et de l’Ohio est possible.

Menaces et facteurs limitatifs

Menaces

L’évaluation des menaces qui pèsent sur l’hespérie de Dukes (tableau 4) se fonde sur le système unifié de classification des menaces de l’UICN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature-Partenariat pour les mesures de conservation). Le système unifié de classification des menaces de l’UICN-CMP est compatible avec les méthodes utilisées par le COSEPAC pour l’ensemble des taxons, de même que par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, et adopte une norme internationale. Pour une description détaillée, consulter le site Web « Open Standards » (Conservation Measures Partnership, 2016a). Pour des précisions sur l’établissement des valeurs, veuillez consulter Salafsky et al. (2008), Master et al. (2012) et les notes au bas du tableau.

Tableau 4. Résultats de l’évaluation des menaces pesant sur l’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi) au Canada. La classification ci-dessous s’appuie sur le système unifié de classification des menaces de l’UICN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature–Partenariat pour les mesures de conservation). Pour une description détaillée du système de classification des menaces, voir le site Web du CMP (CMP, 2010). Les menaces peuvent être observées, inférées ou prévues à court terme. Dans le présent plan, elles sont caractérisées en fonction de leur portée, de leur gravité et de leur immédiateté. L’« impact » d’une menace est calculé selon la portée et la gravité de celle-ci. Pour de plus amples informations sur les modalités d’assignation des valeurs, voir Master et al. (2009) et les notes au bas du tableau.
Impact des menaces Description Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact : Maximum de la plage d’intensité Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact : Minimum de la plage d’intensité
A Très élevé 0 0
B Élevé 1 0
C Moyen 0 1
D Faible 3 3
- Impact global des menaces calculé : Élevé Élevé
Nom scientifique :
Hespérie de Dukes (Euphyes dukesi)
Date :
3 mars 2021
Évaluateurs :
Kristiina Ovaska (modératrice), Jennifer Heron (coprésidente du SCS des arthropodes), Daniel Riley (rédacteur du rapport), Charlotte Teat (rédactrice du rapport), David McCorquodale (coprésident du SCS des arthropodes), Jeremy deWaard (membre du SCS), Alan Harris (membre du SCS), Colin Jones (membre du SCS), Jessica Linton (membre du SCS), Ken Tuninga (Service canadien de la faune), Leah Ramsay (membre du SCS), Robert Buckowski (membre du SCS), Jamie Lewthwaite (membre du SCS), Erin Carroll (SC, aire de conservation Reid), Tammy Dobbie (Parcs Canada), John Klymko (membre du SCS), Sarah Semmler (membre du SCS), Rosie Soares (Secrétariat du COSEPAC), Rachael Windsor (Parcs Canada), Alan Fretz (Parcs Canada).
Impact global des menaces attribué :
B = Élevé
Ajustement de la valeur de l’impact global calculée – justification :
Aucune modification
Impact global des menaces – commentaires :
Le roseau commun est une importante menace pour toutes les sous-populations. Dans certaines zones, des activités de remise en état et d’enlèvement de la plante sont en cours, et la menace présentée par celle-ci est peut-être en train de diminuer.
Tableau d’évaluation des menaces
Numéro Menace Impacta (calculé) Statut Portéeb (10 prochaines années) Gravitéc (10 ans ou 3 gén.) Immédiatetéd Commentaires
1 Développement résidentiel et commercial D Faible Restreinte (11-30 %) Légère (1-10 %) Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) sans objet
1.1 Zones résidentielles et urbaines D Faible Restreinte (11-30 %) Légère (1-10 %) Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
1.2 Zones commerciales et industrielles sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
1.3 Zones touristiques et récréatives sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
2 Agriculture et aquaculture D Faible Petite (1-10 %) Légère (1-10 %) Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) sans objet
2.1 Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois sans objet Faible Petite (1-10 %) Légère (1-10 %) Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
2.2 Plantations pour la production de bois et de pâte sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
2.3 Élevage de bétail sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
2.4 Aquaculture en mer et en eau douce sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
3 Production d’énergie et exploitation minière sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet
3.1 Forage pétrolier et gazier sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
3.2 Exploitation de mines et de carrières sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
3.3 Énergie renouvelable sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
4 Corridors de transport et de service sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet
4.1 Routes et voies ferrées sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
4.2 Lignes de services publics sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
4.3 Voies de transport par eau sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
4.4 Corridors aériens sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
5 Utilisation des ressources biologiques sans objet Inconnu Restreinte – petite (1-30 %) Inconnue Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) sans objet
5.1 Chasse et capture d’animaux terrestres sans objet Négligeable Négligeable (<1 %) Négligeable (<1 %) Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) L’hespérie de Dukes est récoltée à des fins scientifiques au Canada. Elle peut être la cible de collectionneurs en raison de sa rareté.
5.2 Cueillette de plantes terrestres sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet. Les plantes hôtes de l’hespérie de Dukes ne sont pas comestibles ni ciblées pour la cueillette.
5.3 Exploitation forestière et récolte du bois sans objet Inconnu Restreinte – petite (1-30 %) Inconnue Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
5.4 Pêche et récolte de ressources aquatiques sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
6 Intrusions et perturbations humaines sans objet Inconnu Grande (31-70 %) Inconnue Élevée (menace toujours présente) sans objet
6.1 Activités récréatives sans objet Inconnu Grande (31-70 %) Inconnue Élevée (menace toujours présente) Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
6.2 Guerre, troubles civils et exercices militaires sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
6.3 Travail et autres activités sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
7 Modifications des systèmes naturels BC Élevé – moyen Généralisée (71-100 %) Élevée à modérée (11-70 %) Élevée (menace toujours présente) sans objet
7.1 Incendies et suppression des incendies sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
7.2 Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages sans objet Inconnu Restreinte (11-30 %) Inconnue Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
7.3 Autres modifications de l’écosystème BC Élevé – moyen Généralisée (71-100 %) Élevée à modérée (11-70 %) Élevée (menace toujours présente) Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
8 Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques sans objet Inconnu Grande – petite (1-70 %) Inconnu Élevée (menace toujours présente) sans objet
8.1 Espèces ou agents pathogènes exotiques (non indigènes) envahissants sans objet Inconnu Grande – petite (1-70 %) Inconnue Élevée (menace toujours présente) Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
8.2 Espèces ou agents pathogènes indigènes problématiques sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
8.3 Matériel génétique introduit sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
8.4 Espèces ou agents pathogènes problématiques d’origine inconnue sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet..
8.5 Maladies d’origine virale ou maladies à prions sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
8.6 Maladies de cause inconnue sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
9 Pollution sans objet Inconnu Généralisée – grande (31-100 %) Inconnue Élevée (menace toujours présente) sans objet
9.1 Eaux usées domestiques et urbaines sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
9.2 Effluents industriels et militaires sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
9.3 Effluents agricoles et sylvicoles sans objet Inconnu Généralisée – grande (31-100 %) Inconnue Élevée (menace toujours présente) Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
9.4 Déchets solides et ordures sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
9.5 Polluants atmosphériques sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
9.6 Apports excessifs d’énergie sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.
10 Phénomènes géologiques sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet
10.1 Volcans sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet
10.2 Tremblements de terre et tsunamis sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet
10.3 Avalanches et glissements de terrain sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet
11 Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents D Faible Généralisée (71-100 %) Légère (1-10 %) Élevée (menace toujours présente) sans objet
11.1 Déplacement et altération de l’habitat sans objet Inconnu Généralisée (71-100 %) Inconnue Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
11.2 Sécheresses sans objet Inconnu Généralisée (71-100 %) Inconnue Élevée – modérée Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
11.3 Températures extrêmes sans objet Inconnu Généralisée (71-100 %) Inconnue Élevée – modérée Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
11.4 Tempêtes et inondations sans objet Faible Généralisée (71-100 %) Légère (1-10 %) Élevée (menace toujours présente) Voir la section Menaces et facteurs limitatifs.
11.5 Autres impacts sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Sans objet.

a Impact – Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l’espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d’intérêt. Le calcul de l’impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L’impact d’une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l’espèce, ou de la diminution/dégradation de la superficie d’un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d’impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l’impact ne peut être déterminé (p. ex. lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues).
b Portée – Proportion de l’espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d’ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l’espèce dans la zone d’intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %).
c Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage que causera vraisemblablement la menace sur l’espèce d’ici une période de 10 ans ou de 3 générations. Habituellement mesuré comme l’ampleur de la réduction de la population (extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %).
d Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l’instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s’est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n’aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

Tableau 5. Résumé des menaces qui pèsent sur les sous-populations d’hespérie de Dukes (Euphyes dukesi). Un « x » dans le tableau indique que la menace est inférée ou soupçonnée être toujours présente, sans toutefois que la portée, la gravité et l’immédiateté propres à la sous-population soient nécessairement pleinement comprises. La pertinence de la menace est établie en s’appuyant sur l’information fournie par les spécialistes régionaux et sur les connaissances générales de l’habitat des sous-populations.
No sous-pop. Nom de la sous-population Statut No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 1.1
nombre total de sites : 6
No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 2.1
nombre total de sites : 6
No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 5.3
nombre total de sites : 14?
No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 6.1
nombre total de sites : 16
No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 7.2
nombre total de sites : 6
No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 7.3
nombre total de sites : Signes d’une progression rapide du roseau commun répertoriés dans 7 des 12 sous-populations existantes : 20 (au moins) sont soupçonnées d’être en déclin lorsqu’on inclut les sous-populations historiques
No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 8.1
nombre total de sites : probablement toutes
No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 9.3
nombre total de sites : 19+  8?

No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 11.1
nombre total de sites : 29

No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 11.2
nombre total de sites : 29
No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 11.3
nombre total de sites : 29
No de menace de l’UICN-CMP (voir Menaces et facteurs limitatifs et tableau 5) : 11.4
nombre total de sites : 29
1a Windsor; Prairie près de Spring Garden Road Existante sans objet sans objet sans objet x sans objet x; présence du roseau commun (Kamstra, comm. pers., 2020; Yukich, comm. pers., 2020) x x x x x x
1b Windsor; Parc Brunet Existante sans objet sans objet sans objet x sans objet x x x x x x x
2 Boisés du cours supérieur du ruisseau Big Existante sans objet sans objet sans objet x sans objet x x x x x x x
3 Aire de conservation de Canard Valley/McGregor Historique sans objet sans objet ? x sans objet x x x x x x x
4 Gesto Historique sans objet sans objet ? sans objet sans objet Inconnu x sans objet x x x x
5 Pleasant Valley Historique sans objet sans objet ? sans objet sans objet Inconnu x sans objet x x x x
6 Arner Historique sans objet sans objet ? sans objet sans objet Inconnu x sans objet x x x x
7 Marécage Oxley Poison Sumac Historique sans objet sans objet sans objet x sans objet x x x x x x x
8 Marais du ruisseau Big Historique sans objet sans objet sans objet x sans objet x x x x x x x
9 Kingsville Historique sans objet sans objet ? sans objet sans objet sans objet x sans objet x x x x
10 Blytheswood Historique x x sans objet x x x x x x x x x
11 Aire de conservation Maidstone Historique sans objet sans objet sans objet x sans objet x x x x x x x
12 South Woodslee Historique sans objet sans objet ? sans objet sans objet Inconnu sans objet sans objet x x x x
13 Ruscom Station Historique sans objet sans objet ? sans objet sans objet Inconnu sans objet sans objet x x x x
14 Saint-Joachim Existante x x ? sans objet x x; présence du roseau commun (NRSI, 2015) sans objet x x x x x
15 Aire de conservation de Ruscom Shores Historique sans objet sans objet sans objet x sans objet x ? x x x x x
16 Belle Rivière Existante x x ? sans objet x x; présence du roseau commun (NRSI, 2015) ? x x x x x
17 Stoney Point Historique ? ? ? sans objet ? Inconnu ? ? x x x x
18 Tilbury Est Historique ? ? ? sans objet ? Inconnu sans objet sans objet x x x x
19 Parc provincial Wheatley Existante sans objet sans objet sans objet x sans objet x; présence du roseau commun (iNaturalist, 2021) sans objet x x x x x
20 Aire de conservation de Kopegaron Woods Existante sans objet sans objet sans objet x sans objet x sans objet x x x x x
21 Mersea Road 6 Existante x x ? sans objet x x sans objet x x x x x
22 Aire de conservation Two Creeks Historique sans objet sans objet sans objet x sans objet x sans objet x x x x x
23 Aire de conservation Hillman Marsh Existante sans objet sans objet sans objet x sans objet x; présence du roseau commun (ERCA, 2016) sans objet x x x x x
24 Parc national de la Pointe-Pelée Existante sans objet sans objet sans objet x sans objet x; présence du roseau commun (O’Neill, comm. pers., 2020). sans objet sans objet x x x x
25 Parc provincial de l’Île Sister Est Historique sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet x; présence du roseau commun (Kamstra, comm. pers., 2020; Yukich, comm. pers., 2020) ? sans objet x x x x
26 Île Walpole Existante x x ? x x x; présence du roseau commun (University of Windsor Daily News, 2021) ? x x x x x
27 Aire de conservation Reid Existante sans objet sans objet sans objet x sans objet x ? x x x x x
28 Brigden Existante x x ? sans objet x x ? x x x x x

Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont causé, causent ou pourraient causer la destruction, la dégradation ou la perturbation de l’hespérie de Dukes au Canada. Ce processus d’évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifs. Aux fins de l’évaluation des menaces, seulement les menaces présentes et futures sont prises en considération. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information pertinente qui aiderait à comprendre la nature de la menace sont présentés dans les sous-sections ci-dessous.

Les menaces qui pèsent sur l’hespérie de Dukes ont été évaluées pour l’ensemble de son aire de répartition canadienne. La plupart des menaces sont inférées à partir des menaces généralement connues qui pèsent sur les lépidoptères du sud-ouest de l’Ontario et de l’étendue et de la qualité de l’habitat présent aux sites connus. D’après les renseignements fournis par les divers experts régionaux et spécialistes des papillons (voir le tableau 4 pour la liste complète des participants), il a été déterminé que l’impact global des menaces est « élevé ». Les menaces ci-dessous sont présentées en ordre décroissant d’impact, et seulement celles qui ont été cotées ou dont l’impact est inconnu sont décrites; les menaces négligeables ou sans objet figurent au tableau 4.

Menace 7 de l’UICN. Modifications des systèmes naturels (impact élevé-moyen)

Menace 7.2 Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages (impact inconnu)

Des changements de niveau de la nappe phréatique à la suite d’inondations ou de sécheresses peuvent avoir des répercussions néfastes sur les milieux humides, l’abondance des plantes hôtes et, vraisemblablement, l’abondance de l’hespérie de Dukes (Calhoun, 1995). Les milieux voisins de zones agricoles subissent les effets de l’entretien et de l’amélioration des systèmes de drainage et de travail du sol, ce qui peut ensuite avoir une incidence sur les sous-populations d’hespéries de Dukes. Cette menace peut avoir un impact plus élevé sur les petites sous-populations situées sur des terres privées, quoique la gravité en est inconnue.

7.3 Autres modifications de l’écosystème (impact élevé-moyen)

La croissance et la progression de plantes non indigènes envahissantes modifient les écosystèmes et ont des effets néfastes sur la diversité et l’abondance des plantes et des arthropodes (Ballard et al., 2013; Litt et al., 2014). Les plantes envahissantes (tant indigènes que non indigènes) ont un impact plus grand sur les papillons, comme l’hespérie de Dukes, puisque ceux-ci se spécialisent à l’égard d’un petit nombre de plantes hôtes (Burghardt et al., 2010).

La croissance et la progression rapides du roseau commun, non indigène et envahissant, dans l’ensemble de l’habitat de l’hespérie de Dukes constituent la plus grande menace qui pèse sur l’espèce. La plante peut se répandre rapidement, et ses pousses annuelles peuvent atteindre 2 à 4 m (OMNR, 2011). Poussant en peuplements denses et monospécifiques (Schweitzer et al., 2018), elle peut envahir complètement des milieux humides de petite taille, principalement en raison de sa capacité à se disperser efficacement au moyen de fragments de rhizomes ou de graines (OMNR, 2011). Le roseau commun se répand rapidement et prend le dessus sur les plantes indigènes en rejetant une toxine par ses racines, laquelle est capable de tuer les plantes avoisinantes (OMNR, 2011). Lorsque les tiges meurent, elles peuvent rester debout durant 3 ou 4 ans, empêchant ainsi les espèces végétales intolérantes à l’ombre de croître au pied des roseaux morts (OMNR, 2011). Ce qui est particulièrement remarquable, c’est qu’une seule tige de roseau commun peut se répandre au rythme de 1 à 2 m par an (OMNR, 2011). Ces caractéristiques font du roseau commun une importante menace capable de modifier les écosystèmes, réduisant ainsi la superficie, l’étendue et la qualité de l’habitat et des plantes hôtes de l’hespérie de Dukes.

Beaucoup pensent que la modification des écosystèmes par le roseau commun est le principal facteur contribuant à la perte d’habitat de l’hespérie de Dukes dans le sud-ouest de l’Ontario (Schweitzer et al., 2018; Kamstra, comm. pers., 2020; O’Neill, comm. pers., 2020 Pratt, comm. pers., 2020; Yukich, comm. pers., 2020). Des éléments de preuve ont été consignés faisant état de la progression rapide du roseau commun à 7 des 12 sous-populations d’hespérie de Dukes (nos 1, 14, 16, 19, 23, 24, 26; tableau 5).

D’autres espèces végétales non indigènes envahissantes des milieux humides, comme la salicaire commune (Lythrum salicaria), le butome à ombelle (Butomus umbellatus) et la quenouille à feuilles étroites (Typha angustifolia) peuvent aussi présenter une menace pour l’habitat de l’hespérie de Dukes en prenant le dessus sur les plantes hôtes indigènes et en limitant l’écoulement de l’eau à travers les milieux humides. Depuis son introduction au 19e siècle, la salicaire commune s’est répandue rapidement dans l’ensemble de l’Amérique du Nord (Warne, 2016). En Ontario, le butome à ombelle est encore surtout concentré dans les deux zones où il a d’abord été introduit (est du lac Ontario/fleuve Saint-Laurent, et ouest du lac Érié et du lac Sainte-Claire), et il est dispersé de manière plus sporadique dans le reste de la région des Grands Lacs. Toutefois, il possède une vaste plage de rusticité (zones 3 à 10), ce qui le rend capable de devenir très envahissant aux États-Unis et au Canada (Simkovic, 2020). La quenouille à feuilles étroites est capable de coloniser rapidement les milieux et de créer des peuplements végétaux dominés par une seule espèce, grâce à sa taille robuste, à sa vitesse de croissance rapide et à son mode d’expansion par rhizomes (Bansal et al., 2019). Ces trois espèces végétales envahissantes sont capables de modifier davantage les écosystèmes, réduisant ainsi la quantité d’habitat disponible pour l’hespérie de Dukes au Canada.

L’agrile du frêne (Agrilus planipennis) est un coléoptère envahissant dont la larve se nourrit du frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica), du frêne blanc (Fraxinus americana), du frêne noir (Fraxinus nigra), du frêne pubescent (Fraxinus profunda) et du frêne bleu (Fraxinus quadrangulata). La larve de l’agrile du frêne annelle l’arbre dont elle se nourrit, entraînant la mort de l’arbre dans les deux à trois ans après l’infestation (Government of Canada, 2020). Or, les frênes ont une vaste répartition dans le sud de l’Ontario, et un grand nombre pousse dans l’habitat de l’hespérie de Dukes. Le déclin et la mort éventuelle de ces arbres pourraient créer des ouvertures dans la canopée, et comme l’ombrage total ou partiel est une caractéristique essentielle d’un habitat convenable pour l’hespérie de Dukes, la perte d’un trop grand nombre de frênes dans les milieux humides occupés par celle-ci pourrait rendre son habitat non convenable.

Menace 1 de l’UICN. Développement résidentiel et commercial (impact faible)

Menace 1.1 : Zones résidentielles et urbaines (impact faible)

Le développement résidentiel et urbain entraîne une perte directe d’habitat et peut avoir des effets néfastes sur les milieux adjacents. On pense que la possibilité d’un développement est présente à tous les sites situés sur des terrains privés (voir le tableau 5). Le marécage Oxley Poison Sumac, de tenure privée à 10 %, est un autre site à surveiller. Il est probable que des projets de développement dans des milieux humides (donc dans l’habitat de l’hespérie de Dukes) entraîneraient l’obligation de réaliser une évaluation des impacts sur l’environnement (Lambton County, 1998; County of Essex, 2014; Chatham-Kent, 2018). En Ontario, les ensembles résidentiels ne sont généralement pas permis dans un milieu humide sans qu’une étude environnementale approfondie soit réalisée auparavant (OMNRF, 2013).

Menace 2 de l’UICN. Agriculture et aquaculture (impact faible)

2.1 Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois (impact faible)

Des champs agricoles bordent de nombreuses sous-populations d’hespéries de Dukes. Or, l’espèce et ses plantes hôtes sont vulnérables aux fluctuations du niveau de la nappe phréatique découlant du drainage ou de l’irrigation des champs (Calhoun, 1995; Schweitzer et al., 2018).

Sur les terres privées, en particulier là où l’hespérie de Dukes est présente dans de petits boisés, il y a une possibilité pour que ces boisés soient convertis en champs. Un important drainage des milieux humides serait alors nécessaire pour une conversion en terres agricoles convenables (Oldham, 1983). On ignore à quel point l’expansion agricole présente une menace pour l’hespérie de Dukes sur l’île Walpole (no 26).

Menace 11 de l’UICN. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (impact faible)

Menace 11.1 : Déplacement et altération de l’habitat (impact inconnu)

L’hespérie de Dukes hiverne durant son quatrième stade larvaire, émergeant au printemps pour se nourrir. Les températures anormalement chaudes ou le gel tardif peuvent stimuler les larves à prolonger leur période d’activité au-delà de la normale. La forte croissance des plantes hôtes pourrait alors être désynchronisée par rapport à l’activité larvaire, entraînant ainsi une mortalité accrue des larves si la disponibilité des plantes hôtes devenait insuffisante. L’effet des changements dans les conditions météorologiques et les températures locales sur l’hespérie de Dukes n’a pas encore fait l’objet d’études. Des études sur l’émergence asynchrone des papillons au Royaume-Uni ont toutefois conclu que 92 % des espèces de papillons émergent de un à neuf jours plus tôt pour chaque augmentation de 1 °C de la température printanière (Brooks et al., 2016).

11.2 Sécheresses (impact inconnu)

Les sécheresses peuvent avoir des effets néfastes sur les espèces de papillons, puisque les périodes extrêmement chaudes et sèches sont associées à des tailles réduites des sous-populations (directement causées par le stress thermique chez les larves) et à des réductions de la qualité et de la quantité des plantes hôtes (Oliver et al., 2015). L’impact des sécheresses est plus élevé chez les espèces dont l’habitat est fragmenté, comme l’hespérie de Dukes (Oliver et al., 2015). Le stress causé par les vagues de chaleur et les sécheresses augmente le taux de mortalité des lépidoptères au cours des premiers stades de développement (Klockmann et Fischer, 2017).

11.3 Températures extrêmes (impact inconnu)

Un gel prématuré ou tardif peut causer la mort de larves d’hespéries de Dukes émergeant précocement et de leurs plantes hôtes.

11.4 Tempêtes et inondations (impact faible)

Les précipitations accrues peuvent entraîner des fluctuations des niveaux d’eau, lesquelles peuvent contribuer à l’érosion et à la perte directe d’habitat de l’hespérie de Dukes. En 2020, de fortes inondations se sont produites dans l’aire de conservation Reid (no 27) et ont contribué à la faible abondance (et à l’absence de détection) de l’hespérie de Dukes cette année-là (Mann, comm. pers., 2020). Les sous-populations situées en bordure du lac Érié, dont celle du parc national de la Pointe-Pelée (no 24) et celle de l’île Sister Est (no 25), sont particulièrement susceptibles de connaître des tempêtes et des inondations. La force des tempêtes et les mouvements de vagues associés ont causé une importante érosion le long de la rive nord du lac Érié. Au parc national de la Pointe-Pelée, l’érosion a entraîné la perte de milieux humides le long du littoral, et elle pourrait éventuellement causer leur perte totale (Parks Canada, 2020). Or, la perte de milieux humides pourrait éliminer directement de l’habitat convenable pour l’hespérie de Dukes.

Il est possible qu’un réchauffement du climat entraîne une amélioration des conditions pour une espèce à la limite nord de son aire de répartition. Une étude réalisée sur l’hespérie vagabonde (Atalopedes campestris) a conclu qu’une hausse des températures hivernales est nécessaire pour repousser la limite nord de cette espèce (Crozier, 2004).

Menace 5 de l’UICN. Utilisation des ressources biologiques (impact inconnu)

5.3 Exploitation forestière et récolte du bois (impact inconnu)

L’hespérie de Dukes habite les boisés ombragés. L’exploitation forestière augmente l’exposition au soleil et, selon la quantité d’arbres récoltée à un site, peut rendre l’habitat non convenable pour l’espèce (Calhoun, 1995). À l’inverse, une exploitation forestière sélective pourrait améliorer l’habitat en créant des ouvertures dans la canopée. Actuellement, l’exploitation forestière à grande échelle est peu répandue dans le sud de l’Ontario, mais la coupe sélective est pratiquée sur de nombreuses terres à bois. En général, la protection contre le développement est envisagée seulement pour les boisés qui remplissent un critère de taille minimale (>4 ha) et qui font preuve d’une importante fonction écologique; on accorde alors à ces zones une protection dans le cadre des plans municipaux officiels.

Six des douze sous-populations d’hespéries de Dukes sont présentes sur des terres privées susceptibles d’être exploitées. Cela pourrait se produire au cours des dix prochaines années, mais la gravité d’une telle exploitation est inconnue.

Menace 6 de l’UICN. Intrusions et perturbations humaines (impact inconnu)

6.1 Activités récréatives

Au moins 16 sous-populations d’hespérie de Dukes sont situées dans des milieux où il se pratique des activités récréatives (tableau 5). Ces zones sont utilisées pour la randonnée, le vélo, le camping, et possiblement la conduite non autorisée de véhicules motorisés hors route. À toutes les étapes de son cycle vital, l’hespérie de Dukes occupe l’habitat à proximité du sol, et elle est donc potentiellement menacée par le piétinement des marcheurs et le passage des véhicules, ou par les activités d’entretien des sentiers et des sites de camping. Les petites sous-populations localisées comptant peu d’individus courent le plus grand risque lié à ces activités, mais à l’échelle de la population canadienne dans son ensemble, la gravité est jugée faible.

Menace 8 de l’UICN. Espèces ou agents pathogènes exotiques (non indigènes) envahissants

8.1 Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes (impact inconnu)

L’hespérie de Dukes de stade larvaire ou adulte peut devenir la proie d’arthropodes non indigènes. La guêpe germanique (Vespula germanica) et la guêpe poliste (Polistes dominula) s’attaquent toutes deux aux chenilles. La coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) et la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) ont été observées en train de manger de petites chenilles (Schweitzer et al., 2018). Les plantes non indigènes envahissantes ont été prises en compte à la menace 7.3 (autres modifications de l’écosystème).

Les menaces que présente la spongieuse (Lymantria dispar dispar) non-indigène sont évaluées à la menace 9.3. La progression des plantes non indigènes envahissantes est évaluée à la menace 7.3.

Menace 9 de l’UICN. Pollution (impact inconnu)

9.3 Effluents agricoles et sylvicoles (impact inconnu)

La pollution, les pesticides et les herbicides ont des effets néfastes sur les populations d’insectes. Un grand nombre des sous-populations d’hespérie de Dukes existantes, y compris celles qui sont situées dans des aires protégées, sont bordées par des champs agricoles et sont susceptibles d’être touchées par le ruissellement agricole (contenant des fertilisants, des herbicides et des pesticides) ou des pesticides aériens à la dérive. Ces toxines peuvent être une menace pour l’hespérie de Dukes, ses plantes hôtes, ou les deux (Dover et al., 1990).

La spongieuse (Lymantria dispar dispar)Note de bas de page 14  est une espèce non indigène qui a été trouvée dans le sud de l’Ontario en 1969. Ses larves sont des défoliatrices qui causent des dommages considérables à un grand éventail d’arbustes et d’arbres hôtes. Le Bacillus thuringiensis var. kurstaki (Btk) est un insecticide à large spectre utilisé pour contrôler les populations de spongieuse en Ontario; il est mortel pour les larves de lépidoptères (Rastall et al., 2003). L’application de Btk dans cette province a commencé peu de temps après la découverte de la spongieuse en 1969. Le Btk est généralement appliqué par épandage aérien, et il s’agit de la méthode de lutte antiparasitaire la plus utilisée par les municipalités et les offices de protection de la nature du sud de l’Ontario. S’il est utilisé à des sites qui renferment des populations existantes d’hespéries de Dukes, il peut présenter une menace pour leur survie. On a toutefois remarqué que l’habitat de prédilection de l’hespérie de Dukes n’est pas particulièrement vulnérable à la défoliation par les larves de la spongieuse, ce qui réduit quelque peu la probabilité d’un épandage aérien dans cet habitat (Schweitzer et al., 2018). Le Btk est appliqué à la fin avril et en mai (Surgeoner et Farkas, 1990). On ignore dans quelle mesure l’hespérie de Dukes est touchée par le Btk, particulièrement en ce qui concerne les larves émergeant de diapause au quatrième stade larvaire (Schweitzer et al., 2018).

Facteurs limitatifs

Les facteurs limitatifs ne sont généralement pas d’origine humaine et comprennent des caractéristiques qui rendent l’hespérie de Dukes moins susceptible de réagir favorablement aux mesures de conservation. Les principaux facteurs limitatifs pour l’hespérie de Dukes sont liés au fait que l’espèce est spécialiste des milieux humides et dépendante de ses plantes hôtes, le carex lacustre et le carex à écailles hyalines, en plus d’avoir des besoins précis pour son habitat convenable (voir Besoins en matière d’habitat). D’autres facteurs limitatifs concernent la petite taille de la population au Canada, l’isolement des sous-populations et la faible capacité de dispersion de l’espèce.

Petite taille des sous-populations

Les sous-populations d’hespérie de Dukes sont vraisemblablement petites, et les milieux qu’elles occupent sont également petits et localisés. Il semble que l’espèce soit en mesure de persister à un site d’une superficie de moins d’un hectare (iNaturalist, 2021; Macnaughton et al., 2020). Le petit nombre d’individus limite la capacité des sous-populations à se rétablir en cas d’une augmentation de la mortalité chez les adultes ou les larves.

Sous-populations isolées

À l’exception de quelques grandes parcelles d’habitat, la majorité des sites sont de petite taille et isolés dans le paysage. La petite taille et le caractère localisé des sous-populations peuvent accroître la compétition pour les ressources, la consanguinité et la perte de diversité génétique, et diminuer la résilience de l’espèce face aux menaces. De plus, en raison d’un habitat restreint, on s’inquiète pour la viabilité à long terme de l’hespérie de Dukes.

Faible capacité de dispersion

La capacité de dispersion des hespéries de Dukes femelles n’est pas bien connue; toutefois, en s’appuyant sur d’autres espèces d’hespéries (voir Déplacements et dispersion), elle serait limitée à un maximum de deux kilomètres. Cette capacité de dispersion limitée rend l’hespérie de Dukes moins susceptible de coloniser de nouveaux sites ou de repeupler d’anciens sites, surtout si l’habitat qui les sépare est non convenable, ce qui est le cas d’une grande partie de son aire de répartition en Ontario.

Nombre de localités

Il a actuellement 12 sous-populations d’hespéries de Dukes au Canada (tableau 1). La principale menace qui pèse sur l’hespérie de Dukes est la modification des écosystèmes par l’empiétement et la propagation du roseau commun dans son habitat de milieux humides. La présence du roseau commun est confirmée dans l’habitat de sept (nos 1, 14, 16, 19, 23, 24 et 26) des douze sous-populations existantes, mais on soupçonne qu’il est aussi présent en faible abondance à certains autres sites, et on prévoit qu’il pourrait envahir l’habitat de toutes les sous-populations au cours des dix prochaines années. La vitesse de propagation de la plante est vraisemblablement différente d’un habitat à l’autre et entre les différentes parties d’un même habitat, et des programmes de confinement et d’enlèvement du roseau commun sont en place dans l’habitat de certaines sous-populations, mais pas partout. En raison de ces différences, on estime que le nombre de localités est d’au moins 12, soit au moins 7 d’après les vitesses de croissance et de propagation variables et les différentes approches de gestion du roseau commun dans l’habitat des 7 sous-populations où la présence du roseau est confirmée, et 5 autres qui correspondent à l’habitat des sous-populations d’où le roseau est absent. Enfin, la possibilité de signaler de nouvelles sous-populations (et la présence du roseau commun à ces sites) porte le nombre maximum de localités à 20. Voir la section Menaces et facteurs limitatifs (7.3 Autres modifications de l’écosystème) pour de plus amples renseignements sur le roseau commun.

Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

L’hespérie de Dukes n’est pas inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada et n’est pas non plus protégée en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Les plantes hôtes confirmées de l’espèce en Ontario (le carex lacustre et le carex à écailles hyalines) ne sont pas non plus protégées en vertu de ces lois, mais le carex faux-lupulina (plante hôte confirmée de l’espèce au Mississippi [Schweitzer et al., 2018], mais non confirmée au Canada) est inscrit comme « espèce en voie de disparition » sous le régime des deux lois (NHIC, 2020b). Le liatris à épi (plante nectarifère) est quant à lui inscrit comme « espèce menacée » sous le régime des deux lois (NHIC, 2020b).

Statuts et classements non juridiques

Les cotes de conservation de l’hespérie de Dukes sont les suivantes (NatureServe, 2022) :

Mondial G3G4 (vulnérable à apparemment non en péril)
Canada N2 (en péril)
États-Unis N3 (vulnérable)
Ontario S2 (en péril)
Michigan S2 (en péril)
Ohio S3 (vulnérable)

Les cotes de conservation des plantes hôtes sont les suivantes (NHIC, 2020b) :

Carex à écailles hyalines S4 (apparemment non en péril) (dernière évaluation le 31 décembre 2015)
Carex lacustre S5 (non en péril) (dernière évaluation le 31 décembre 2015)
Carex faux-lupulina S1 (gravement en péril) (dernière évaluation le 31 décembre 2015)

Plantes nectarifères (NHIC, 2020b) :

Liatris à épi S2 (en péril) (NatureServe, 2022)

Protection et propriété de l’habitat

La propriété des terres est résumée dans le tableau 1. La propriété des terrains occupés par neuf sous-populations est inconnue, quoiqu’il s’agisse probablement de propriétés privées (tableau 1).

Remerciements

Les personnes suivantes ont donné de leur temps et transmis leurs connaissances : Blake Mann (non affilié), Steve Pike (non affilié), Jeremy Bensette (non affilié), Alan Macnaughton (Toronto Entomologists’ Association), Bob Yukich (non affilié), Paul Pratt (Essex County Field Naturalists’ Club), James Kamstra (AECOM), Henrietta O’Neill (non affiliée), Mark Nenadov (non affilié) et Tom Preney (Ojibway Nature Centre, Ville de Windsor). L’expertise de Jessica Linton (Natural Resource Solutions Inc.) en matière de lépidoptères et de préparation de rapports de situation du COSEPAC a été précieuse pour la rédaction du présent rapport.

Les membres du Sous-comité de spécialistes des arthropodes et les membres du COSEPAC suivants ont examiné et commenté la présente évaluation : David McCorquodale, Robert Buchkowski, Syd Cannings, Jeremy deWaard, Allan Harris, Colin Jones, John Klymko, Jayme Lewthwaite, Jessica Linton, Dawn Marks, Jeff Ogden, Leah Ramsay, John Richardson, Michel Saint-Germain, Sarah Semmler, Brian Starzomski, Jennifer Heron, Myrle Ballard, Gloria Goulet, Dan Benoit, Gina Schalk, et David Fraser.

Photos (utilisées avec autorisation) prises par Blake Mann, Bob Yukich, et Jessica Linton.

Photographie de la couverture prise par Blake Mann le 19 juillet 2013, dans l’aire de conservation Reid, à Wallaceburg, comté de Lambton (Ontario).

Cartes produites par Gerry Schaus de Natural Resource Solutions Inc.

Experts contactés

Anderson, Robert. Chercheur scientifique, zoologie. Musée canadien de la nature. Ottawa (Ontario).

Davy, Christina. Chercheur scientifique/biologiste de la conservation, espèces en péril. Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario. Peterborough (Ontario).

Dobbie, Tammy. Écologiste, chef d’équipe. Parcs Canada. Leamington (Ontario).

Gardiner, Laura. Scientifique des écosystèmes. Parcs Canada. Val Marie (Saskatchewan).

Girard, Judith. Coordonnatrice de l’évaluation régionale dans la région du Cercle de feu Environnement et Changement climatique Canada, région de l’Ontario, Service canadien de la faune. Ottawa (Ontario).

Hall, Peter. Retraité. Collection nationale canadienne d’insectes. Ottawa (Ontario).

Harrison, Leah. Natural Resources Volunteer Coordinator, Huron-Clinton Metroparks. Detroit (Michigan).

Hubley, Brad. Gestionnaire de la collection entomologique, Musée royal de l’Ontario, Toronto (Ontario).

Jones, Colin. Zoologiste provincial spécialiste des arthropodes. Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario. Peterborough (Ontario).

Kamstra, James. Senior Terrestrial Ecologist. AECOM. Port Perry (Ontario).

Keaveney, Andrew. Naturaliste. Toronto (Ontario).

Macnaughton, Alan. Vice-President. Toronto Entomologists’ Association. Waterloo (Ontario).

Mann, Blake. Naturaliste. Chatham-Kent (Ontario).

McDonald, Rachel. Conseillère principale en environnement. Défense nationale. Ottawa (Ontario).

O’Neill, Henrietta. Naturaliste. Leamington (Ontario).

Packer, Laurence. Professeur de biologie et d’études environnementales. Université York. Toronto (Ontario).

Paiero, Steven. Conservateur. Collection d’insectes de l’Université de Guelph Guelph (Ontario).

Pickett, Karolyne. Biologiste des espèces en péril. Environnement et Changement climatique Canada, région de l’Ontario, Service canadien de la faune. Toronto (Ontario).

Pike, Steve. Naturaliste. Windsor (Ontario).

Pratt, Paul. Naturaliste. Wheatley (Ontario).

Preney, Tom. Biodiversity Coordinator. Ojibway Prairie Complex, City of Windsor. Windsor (Ontario).

Pruss, Shelley. Scientifique des écosystèmes III. Parcs Canada. Fort Saskatchewan (Alberta).

Schmidt, Christian. Chercheur scientifique. Agriculture et agroalimentaire Canada. Ottawa (Ontario).

Sones, Jayme. Gestionnaire des collections. Centre de génomique de la biodiversité. Guelph (Ontario).

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Daniel Riley est un biologiste des milieux terrestres et humides à Natural Resource Solutions Incorporated (NRSI), un cabinet de consultants en environnement situé à Waterloo, en Ontario. À NRSI, Daniel est spécialiste des oiseaux et dirige la réalisation d’inventaires et d’évaluation des ressources naturelles, d’études d’impact environnemental et de recherches. Il est un membre actif de la communauté des observateurs d’oiseaux et de papillons en Ontario, et il est actuellement secrétaire de l’Ontario Bird Records Committee. Depuis qu’il est titulaire d’un baccalauréat en architecture du paysage de l’Université de Guelph, Daniel a travaillé sur plusieurs projets axés sur les espèces en péril. Il réalise régulièrement des relevés sur le terrain et des évaluations d’impact détaillées sur un vaste éventail d’espèces d’insectes en Ontario. Il a également acquis une expérience de la préparation de rapports de situation du COSEPAC, et il est le principal auteur de la mise à jour du rapport de situation sur l’hirondelle rustique (Hirundo rustica) (non publié).

Charlotte Teat est une biologiste des milieux terrestres et humides à NRSI, un cabinet de consultants en environnement situé à Waterloo, en Ontario. Ses principaux domaines de spécialisation sont l’écologie des papillons et des oiseaux, mais elle possède également une expérience et des connaissances générales approfondies de nombreux autres groupes taxinomiques du Canada. Charlotte compte plus de 10 années d’expérience dans la réalisation de relevés d’insectes sur le terrain, y compris des relevés ciblés de l’hespérie de Dukes, espèce qu’elle a observé sur le terrain à de multiples occasions. Elle est à l’aise avec les techniques de relevé, l’identification de l’espèce et les besoins de celle-ci en matière d’habitat. Charlotte possède une riche expérience de rédaction et de préparation de divers types de rapports et de documents, dont un mémoire universitaire de premier cycle, un mémoire de maîtrise, des rapports techniques et des évaluations d’impact, en plus de la révision de documents préparés par des pairs. Son expérience de la direction de publications est aussi considérable, comme en témoigne sa participation comme directrice de la publication de l’infojournal de la Toronto Entomologists’ Association, Ontario Insects, depuis maintenant quatre ans. Elle a également préparé plusieurs affiches et présentations dans le cadre de conférences au Canada et aux États-Unis.

Collections examinées

Collection d’insectes OAC, Institut de la biodiversité de l’Ontario, Université de Guelph, Guelph (Ontario) (Paiero, comm. pers., 2020)

Collection nationale canadienne d’insectes, d’arachnides et de nématodes, Ottawa (Ontario) (Anderson, comm. pers., 2020)

Musée royal de l’Ontario, Toronto (Ontario) (Hubley, comm. pers., 2020)

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2023-03-22