Mouette blanche (Pagophila eburnea) : évaluation et rapport de situation du COSEPAC 2023
Titre officiel : Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Mouette blanche (Pagophila eburnea) au Canada
En voie de disparition
2023
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Information sur le document
Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :
COSEPAC. 2023. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Mouette blanche (Pagophila eburnea) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 59 p. (Registre public des espèces en péril).
Rapports précédents :
COSEPAC. 2006. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Mouette blanche (Pagophila eburnea) au Canada — Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 46 p. (Registre public des espèces en péril).]
COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Mouette blanche (Pagophila eburnea) au Canada — Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 12 p. (Registre public des espèces en péril).]
Alvo, R. et S.D. Macdonald. 1996. Rapport de situation du COSEPAC sur la Mouette blanche (Pagophila eburnea) au Canada — Mise à jour. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. Pages 1-12.]
MacDonald, S.D. 1979. COSEWIC status report on the Ivory Gull Pagophila eburnea in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 25 pp.
Note de production :
Le COSEPAC remercie Iain J. Stenhouse et Edward Jenkins d’avoir rédigé le rapport de situation sur la Mouette blanche (Pagophila eburnea) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada. La supervision du rapport a été assurée par Richard D. Elliot, coprésident du Sous‑comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC.
Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :
Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa ON K1A 0H3
Courriel : cosewic-cosepac@ec.gc.ca
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)
Also available in English under the title “COSEWIC Assessment and Status Report on the Ivory Gull (Pagophila eburnea) in Canada”.
Photo de la couverture :
Mouette blanche, photo d’Andy Wilson reproduite avec autorisation.
© Sa Majesté le Roi du Chef du Canada, 2023.
No de catalogue CW69-14/13-2024F-PDF
ISBN 978-0-660-71965-8
COSEPAC sommaire de l’evaluation
Sommaire de l’évaluation — Décembre 2023
Nom commun
Mouette blanche
Nom scientifique
Pagophila eburnea
Statut
En voie de disparition
Justification de la désignation
Cette mouette de taille moyenne occupe toute l’année des milieux dominés par la glace dans l’Arctique. Au Canada, elle niche en colonies isolées sur des nunataks (affleurements rocheux au sein de vastes étendues de neige et de glace) dans le nord du Nunavut. Elle passe l’hiver le long de la lisière de la glace de mer dans le détroit de Davis et dans le nord de la mer du Labrador, en compagnie d’oiseaux provenant de colonies du nord de l’Eurasie. Le nombre d’individus dans les colonies n’a pas diminué au cours des dernières années, et l’on estime que 2 150 individus matures nichent maintenant au Canada. Cependant, l’aire de reproduction canadienne s’est sensiblement contractée vers le nord‑est; en effet, environ 98 % de la population connue est confinée à 11 colonies dans l’île d’Ellesmere, où les oiseaux nicheurs dépendent exclusivement de la polynie des eaux du Nord pour s’alimenter. Les principales menaces reflètent les changements climatiques liés à la hausse de la température à la surface de la mer, à la diminution de l’étendue et de la durée de la couverture de glace de mer, à la hausse de l’intensité et de la durée des tempêtes ainsi qu’au risque de perturbation intermittente par les touristes. La chasse, la pollution par les hydrocarbures et les contaminants atmosphériques constituent d’autres menaces.
Répartition au Canada
Nunavut, Terre-Neuve-et-Labrador, Territoires du Nord-Ouest, océan Arctique et océan Atlantique.
Historique du statut
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1979. Réexamen et confirmation du statut en avril 1996 et en novembre 2001. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en avril 2006. Réexamen et confirmation du statut en décembre 2023.
COSEPAC resume
Mouette blanche
Pagophila eburnea
Description et importance de l’espèce sauvage
La Mouette blanche (Pagophila eburnea) est une mouette trapue de taille moyenne dont le vol est gracieux et agile. Le plumage adulte, entièrement blanc, est très distinctif. Chez les individus immatures, le bec est foncé, la face est maculée de taches sombres, et des points noirs sont visibles sur la poitrine, les flancs et les extrémités des plumes des ailes et de la queue. La Mouette blanche a des pattes noires, relativement courtes, et de grands yeux foncés. Le mâle et la femelle se ressemblent, mais le mâle est légèrement plus gros.
Bien qu’il n’y ait aucune sous‑espèce reconnue de Mouette blanche et que la variation génétique observée dans l’ensemble de l’aire de répartition mondiale de l’espèce soit faible, les individus qui se reproduisent au Canada pourraient appartenir à une unité désignable (UD) différente de celle des visiteurs hivernants puisqu’ils nichent dans des zones de l’Extrême‑Arctique très éloignées les unes des autres et qu’il n’y a aucune dispersion entre elles. Le présent rapport ne porte que sur la situation de l’assemblage de Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada.
Connaissances autochtones
Toutes les espèces sont importantes, interreliées et interdépendantes. Au Canada, les Inuits éprouvent une grande affection pour la Mouette blanche, et ils estiment que son déclin dans l’Arctique canadien est un indicateur de problèmes systémiques dans l’environnement nordique.
Répartition
La Mouette blanche est présente toute l’année dans l’Arctique, et les populations nicheuses sont réparties de façon irrégulière au Canada, au Groenland, en Norvège (archipel du Svalbard) et en Russie (Terre du Nord ou Severnaya Zemlya et archipel François‑Joseph). En Amérique du Nord, l’espèce se reproduit uniquement dans le nord du Nunavut. Les individus des colonies canadiennes hivernent principalement dans le détroit de Davis et la mer du Labrador, en compagnie d’un nombre significatif, mais inconnu, d’individus de colonies eurasiennes.
Habitat
La Mouette blanche est étroitement associée à des habitats dominés par les glaces tout au long de l’année. Les colonies canadiennes sont situées dans des régions extrêmement éloignées, notamment sur des nunataks (affleurements rocheux entourés de vastes étendues de neige ou de glace), mais des plateaux de roche ou de gravier ont aussi été occupés par le passé. La répartition des sites de reproduction est déterminée par l’accès aux polynies, zones d’eaux libres persistantes entourées de glaces de mer constituant des sources fiables de proies marines qui sont essentielles au début de la période de reproduction. Pendant la migration et en hiver, les Mouettes blanches demeurent près de la lisière des glaces de mer et utilisent des polynies et des chenaux dans la banquise.
Biologie
Il est probable que la Mouette blanche se reproduit pour la première fois à l’âge de deux ans, et la durée de génération de l’espèce est d’environ huit ans. Au Canada, la Mouette blanche niche généralement en colonies monospécifiques isolées, qui comptent de deux couples à quelques centaines de couples. Les femelles pondent habituellement de un à deux œufs dans des nids épars, qui sont construits sur les corniches de nunataks éloignés du rivage. Les œufs sont incubés pendant environ 25 jours, et les oisillons prennent généralement leur envol 30 jours après l’éclosion. La Mouette blanche se nourrit principalement de poissons et d’invertébrés marins qu’elle capture à la surface de l’eau ou en plongée, mais son régime alimentaire comprend souvent des carcasses de mammifères marins et des restes de proies d’ours blancs (Ursus maritimus) ou de chasseurs de subsistance.
Taille et tendances des populations
En réponse aux préoccupations soulevées par les Inuits du nord du Nunavut, des relevés aériens exhaustifs des populations nicheuses de Mouettes blanches ont été menés dans l’Arctique canadien de 2001 à 2005. La plupart des colonies connues n’étaient plus occupées, ce qui semble indiquer que les effectifs nicheurs avaient connu un déclin allant jusqu’à 80 % depuis les années 1980. Les relevés réalisés en 2006 et en 2009 ont révélé que les colonies à la limite sud‑ouest de l’aire de reproduction de l’espèce avaient été abandonnées, et aucun signe d’occupation de ces colonies n’a été observé lors du suivi exhaustif effectué en 2019. L’aire de reproduction de la Mouette blanche s’est contractée vers le nord‑est, où quelques colonies de l’île d’Ellesmere, toutes dépendantes de la polynie des eaux du Nord pour l’alimentation, abritent plus de 98 % des effectifs nicheurs connus au Canada.
De 1 950 à 2 250 individus matures nicheraient actuellement dans l’Extrême‑Arctique canadien, ce qui est comparable aux estimations des deux dernières décennies en dépit des recherches exhaustives et plus étendues qui ont été menées depuis. Les Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada hivernent avec des individus de colonies eurasiennes, si bien qu’au cours de l’hiver, les eaux canadiennes peuvent abriter plus de la moitié de la population mondiale de l’espèce, qui compte de 16 000 à 25 300 individus matures.
Menaces et facteurs limitatifs
La modification de l’habitat causée par les changements climatiques est la menace globale la plus grave pour la persistance de la Mouette blanche au Canada. L’espèce est vulnérable aux changements qui touchent l’habitat et la disponibilité de proies sous l’effet de l’augmentation de la température à la surface de la mer, de la diminution de l’étendue et de la durée de la couverture de glace de mer et de l’accroissement de l’intensité et de la durée des tempêtes. Il est possible que la pression de chasse demeure préoccupante dans les eaux groenlandaises. Le réchauffement du climat fait en sorte que les passagers de navires de croisière peuvent accéder plus facilement aux colonies de l’île d’Ellesmere par hélicoptère, et les perturbations qui en résultent peuvent entraîner une diminution de la productivité ou l’abandon de colonies. La Mouette blanche est également exposée à des risques de pollution par les hydrocarbures, qui sont attribuables à l’augmentation du transport maritime et de l’exploration pétrolière et gazière, ainsi qu’aux effets sublétaux de contaminants atmosphériques comme le mercure. Le rétablissement de la population de Mouettes blanches est limité par une faible productivité, la petite taille des couvées et la propension de l’espèce à se reproduire de façon intermittente, des caractéristiques adaptées aux conditions extrêmes et variables des milieux arctiques.
Protection, statuts et activités de rétablissement
La Mouette blanche est inscrite comme espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril de 2002, et la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs protège les individus, les œufs et les nids de cette espèce. La Mouette blanche est considérée comme étant « vulnérable » au Groenland et dans l’archipel du Svalbard, « rare » en Russie et « quasi menacée » à l’échelle mondiale par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Selon NatureServe, l’espèce est « apparemment en sécurité » à l’échelle mondiale, mais elle est « gravement en péril » à l’échelle nationale (au Canada), provinciale (à Terre-Neuve-et-Labrador) et territoriale (au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest). Le programme fédéral de rétablissement de la Mouette blanche de 2014 comportait quatre objectifs en matière de population et de répartition, mais aucune mesure de rétablissement directe n’a été mise en œuvre, à l’exception des activités de suivi et de recherche menées à l’appui de ces objectifs.
Résumé technique
Pagophila eburnea
Mouette blanche
Ivory Gull
Naujavaaq, kaniq, naujarluk (Inuktitut)
Répartition au Canada (province/territoire/océan) : Nunavut, Terre-Neuve-et-Labrador, Territoires du Nord-Ouest, océan Arctique et océan Atlantique.
Données démographiques
Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population)
Environ 8 ans
Bird et al. (2020)
Y a-t-il un déclin continu [observé, estimé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?
Inconnu
La grande incertitude entourant l’estimation de la taille de la population, qui est attribuable à la variation des activités de recherche et aux changements de sites de nidification, rend l’évaluation de la tendance difficile.
Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [3 ans ou une génération, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].
Inconnu
Les données recueillies lors des relevés n’indiquent pas clairement s’il y a eu un déclin continu du nombre d’individus matures au cours de la dernière génération (huit ans).
Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [5 ans ou 2 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].
Inconnu
Les données recueillies lors des relevés n’indiquent pas clairement s’il y a eu un déclin continu du nombre d’individus matures au cours des 2 dernières générations (16 ans).
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 dernières années ou 3 dernières générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].
Inconnu
Les données recueillies lors des relevés n’indiquent pas clairement s’il y a eu un déclin continu du nombre d’individus matures au cours des 3 dernières générations (24 ans).
Pourcentage [prévu, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 prochaines années ou 3 prochaines générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].
Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré, prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [10 ans ou 3 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans] commençant dans le passé et se terminant dans le futur.
Inconnu
Est‑ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?
Non
Les effets à grande échelle des changements climatiques sont probablement irréversibles.
Est‑ce que les causes du déclin sont clairement comprises?
Non
Les effets des changements climatiques et les autres causes possibles sont complexes et mal compris.
Est‑ce que les causes du déclin ont effectivement cessé?
Non
La récolte a probablement diminué, mais d’autres causes persistent.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
Non
Information sur la répartition
Superficie estimée de la zone d’occurrence
Maximum de 92 614 km2 (8 021 km2 si la colonie de l’île Seymour est exclue)
Calculée selon la méthode du plus petit polygone convexe tracé autour des sites de nidification répertoriés en 2019. Il est possible que la colonie de l’île Seymour ait été abandonnée.
Indice de zone d’occupation (IZO), établi à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté
Maximum probable de 40 km2, d’après les colonies connues (36 km2 si la colonie de l’île Seymour est exclue)
L’IZO est calculé à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté superposée sur les sites de nidification répertoriés en 2019. Il est possible que la colonie de l’île Seymour ait été abandonnée.
La population totale est‑elle « gravement fragmentée », c.‑à‑d. que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale se trouvent dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce?
- Inconnu
- No
Nombre de « localités » (utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant)
De 1 à 2
Toutes les colonies qui utilisent la même polynie sont considérées comme une seule localité, et la majeure partie de l’assemblage d’individus nicheurs canadien dépend maintenant de la polynie des eaux du Nord.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?
Oui
Un déclin de 55 à 96 % sur 3 générations a été observé, et les colonies les plus au sud et à l’ouest ont été abandonnées.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation?
Oui
Un déclin de 75 à 78 % sur 3 générations a été observé, et les colonies les plus au sud et à l’ouest ont été abandonnées.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous‑populations?
Sans objet
Aucune sous‑population.
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de « localités »*?
Oui
Il ne reste qu’une ou deux localités (polynies) alors qu’il y en avait quatre auparavant, et les colonies qui dépendaient des polynies les plus au sud et à l’ouest ont été abandonnées.
Y a‑t‑il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?
Oui
Il y a un déclin observé et prévu de l’étendue et de la qualité de l’habitat de reproduction.
Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre de sous‑populations?
Sans objet
Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre de « localités »?
Non
Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?
Non
Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?
Non
Nombre d’individus matures (dans chaque sous‑population)
Sous‑populations
Nombre d’individus matures
(fourchette plausible)
Remarques sur les estimations du nombre d’individus
Canada (aucune sous‑population)
Assemblage d’individus nicheurs canadien : Environ 2 150 (fourchette : de 1 950 à 2 250)
La taille de l’assemblage d’individus nicheurs canadien reflète les 978 adultes observés au nid en 2019 (il est présumé que chaque individu représente un couple; Gilchrist et Mallory, données inédites) ainsi que les colonies ou les individus qui n’auraient pas été détectés.
Analyse quantitative
La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].
Inconnu
Aucune analyse n’a été effectuée.
Menaces et facteurs limitatifs
Un calculateur des menaces a‑t‑il été rempli pour l’espèce?
Oui, le 23 juin 2021 (annexe 1)
Impact global des menaces attribué : Très élevé‑élevé
Les principales menaces relevées sont présentées ci‑dessous en ordre décroissant d’impact :
UICN 11.1 Déplacement et altération de l’habitat - impact élevé‑moyen
UICN 6.1 Activités récréatives - impact élevé‑faible
UICN 9.5 Polluants atmosphériques - impact moyen‑faible
UICN 3.1 Forage pétrolier et gazier - impact faible
UICN 5.1 Chasse et capture d’animaux terrestres - impact faible
UICN 11.4 Tempêtes et inondations - impact faible
Quels sont les facteurs limitatifs pertinents?
Les principaux facteurs limitatifs pour la Mouette blanche au Canada comprennent la faible productivité annuelle due à la petite taille des couvées et la reproduction intermittente attribuable aux conditions environnementales extrêmes et variables, deux facteurs qui contribuent à réduire le succès de reproduction et la capacité de rétablissement de la population de l’espèce.
Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)
Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada.
Stable
Les populations du Groenland (de 2 000 à 2 500 couples) et de la Russie (de 3 500 à 7 000 couples) semblent relativement stables.
Une immigration a‑t‑elle été constatée ou est‑elle possible?
Oui
La Mouette blanche est très mobile, et des individus de plusieurs pays se rencontrent dans l’aire d’hivernage de l’assemblage d’individus nicheurs canadien, toutefois, rien n’indique qu’il y a des déplacements d’individus entre des colonies du Canada et du nord de l’Eurasie.
Des individus immigrants seraient‑ils adaptés pour survivre au Canada?
Oui
Les habitats de reproduction et d’hivernage au Canada sont semblables à ceux qu’utilisent les populations sources potentielles.
Y a‑t‑il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Improbable
L’étendue de l’habitat convenable au Canada semble être en déclin.
Les conditions se détériorent‑elles au Canada?
Oui
La qualité et l’étendue de l’habitat d’alimentation principal sont en déclin.
Les conditions de la population source se détériorent‑elles?
Oui
La qualité et l’étendue de l’habitat principal sont en déclin dans la majeure partie de l’aire de répartition mondiale de l’espèce.
La population canadienne est‑elle considérée comme un puits?
Inconnu
La possibilité d’une immigration depuis des populations externes susceptible d’entraîner un changement de statut existe‑t‑elle?
Non
Les individus immigrants seraient confrontés à la même détérioration des conditions de l’habitat que l’assemblage d’individus nicheurs canadien.
Espèce sauvage dont les données sur l’occurrence sont de nature délicate (mise en garde à considérer)
La publication de certaines données sur l’occurrence pourrait‑elle nuire davantage à l’espèce sauvage ou à son habitat?
Oui
Les coordonnées géographiques des colonies canadiennes demeurent confidentielles en raison de la sensibilité des individus nicheurs aux perturbations et du risque élevé d’échec de reproduction que présentent les activités humaines, comme le tourisme et la collecte illégale d’œufs.
Historique du statut
COSEPAC
Espèce désignée « préoccupante » en avril 1979. Réexamen et confirmation du statut en avril 1996 et en novembre 2001. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en avril 2006. Réexamen et confirmation du statut en décembre 2023.
Statut et justification de la désignation
Statut
En voie de disparition
Code alphanumérique
B2ab(i,ii,iii,iv)
Justification du changement de statut
Sans objet — aucun changement de statut.
Justification de la désignation (2023)
Cette mouette de taille moyenne occupe toute l’année des milieux dominés par la glace dans l’Arctique. Au Canada, elle niche en colonies isolées sur des nunataks (affleurements rocheux au sein de vastes étendues de neige et de glace) dans le nord du Nunavut. Elle passe l’hiver le long de la lisière de la glace de mer dans le détroit de Davis et dans le nord de la mer du Labrador, en compagnie d’oiseaux provenant de colonies du nord de l’Eurasie. Le nombre d’individus dans les colonies n’a pas diminué au cours des dernières années, et l’on estime que 2 150 individus matures nichent maintenant au Canada. Cependant, l’aire de reproduction canadienne s’est sensiblement contractée vers le nord‑est; en effet, environ 98 % de la population connue est confinée à 11 colonies dans l’île d’Ellesmere, où les oiseaux nicheurs dépendent exclusivement de la polynie des eaux du Nord pour s’alimenter. Les principales menaces reflètent les changements climatiques liés à la hausse de la température à la surface de la mer, à la diminution de l’étendue et de la durée de la couverture de glace de mer, à la hausse de l’intensité et de la durée des tempêtes ainsi qu’au risque de perturbation intermittente par les touristes. La chasse, la pollution par les hydrocarbures et les contaminants atmosphériques constituent d’autres menaces.
Applicabilité des critères
A : Déclin du nombre total d’individus matures
Sans objet.
Rien n’indique que le nombre d’individus matures dans la population nicheuse canadienne a diminué au cours des trois dernières générations.
B : aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation
Correspond aux critères de la catégorie « en voie de disparition » B2ab(i,ii,iii,iv).
L’estimation maximale de l’IZO est de 40 km2, ce qui est inférieur au seuil de 500 km2; la population est présente dans moins de 5 localités; un déclin de la zone d’occurrence, de l’IZO et du nombre de localités est observé; un déclin de la qualité et de l’étendue de l’habitat est observé et prévu.
C : Nombre d’individus matures peu élevé et en déclin
Sans objet.
Le nombre d’individus matures dans la population nicheuse canadienne est inférieur au seuil de 2 500 individus établi pour la catégorie « en voie de disparition », mais rien n’indique qu’il y a un déclin continu du nombre d’individus matures.
D : très petite population totale ou répartition restreinte
Sans objet.
Le nombre d’individus matures dans la population nicheuse canadienne dépasse les seuils établis.
E : analyse quantitative
Sans objet.
Aucune analyse n’a été effectuée.
Préface
La population canadienne de Mouettes blanches comprend les individus qui se reproduisent et hivernent dans l’Arctique canadien ainsi que les visiteurs non nicheurs présents au Canada pendant l’hiver (Mallory et al., 2020). Une distinction peut être faite entre ces différents assemblages parce que les individus qui les constituent se reproduisent dans des zones de l’Extrême‑Arctique très éloignées les unes des autres. En effet, les visiteurs hivernaux se reproduisent au Groenland, dans l’archipel du Svalbard (Norvège), dans la Terre du Nord et dans l’archipel François‑Joseph (Russie), dans l’Arctique eurasien (figure 1), et au moins 1 000 km d’océan et de banquises séparent cette zone des colonies de reproduction canadiennes du nord‑est du Nunavut. En outre, malgré le fait que de nombreux adultes et jeunes ont été bagués dans les colonies canadiennes et eurasiennes, aucun déplacement entre ces assemblages n’a été confirmé (Gilchrist, comm. pers., 2023).
Néanmoins, il semble que des individus de ces deux assemblages se côtoient dans les eaux canadiennes (et groenlandaises) du détroit de Davis et de la mer du Labrador pendant l’hiver (Strøm et al., 2019; figure 1). Étant donné que leurs aires de reproduction dans l’Extrême‑Arctique sont très éloignées les unes des autres et qu’il n’y a aucune dispersion des individus, ces deux assemblages pourraient constituer des unités désignables (UD) distinctes, mais il faut aussi tenir compte du fait que la Mouette blanche présente un degré élevé d’homogénéité génétique dans l’ensemble de son aire de répartition mondiale (Yannic et al., 2016). Conformément aux lignes directrices de l’UICN sur les évaluations régionales et nationales (IUCN, 2012), la situation de ces deux assemblages distincts de Mouettes blanches au Canada peut être évaluée séparément.
On dispose de très peu d’information sur les principaux paramètres démographiques des Mouettes blanches non nicheuses qui ne sont présentes au Canada que pendant l’hiver, par exemple le nombre d’individus de chaque pays source, le temps qu’ils passent dans les eaux canadiennes, la superficie et les limites des zones qu’ils utilisent, et la nature de leur dépendance à l’égard des ressources canadiennes. De plus, il est très important de noter qu’on ne dispose d’aucune donnée pour déterminer la variation annuelle et la tendance globale de ces paramètres. Il n’est donc pas possible d’évaluer la situation de ces visiteurs hivernaux en raison du manque d’information disponible. La collecte de données est très difficile parce que ces visiteurs occupent des zones marines couvertes en grande partie de glaces, dans des régions extrêmement éloignées et inaccessibles. En revanche, on dispose de suffisamment de renseignements sur ces paramètres, et d’autres paramètres pertinents, pour évaluer la situation des Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada. Par conséquent, la présente mise à jour du rapport de situation sur la Mouette blanche ne porte que sur la situation de l’assemblage d’individus nicheurs canadien. Cette approche est conforme aux lignes directrices de l’UICN (2012), et semblable aux approches adoptées lors des évaluations antérieures de la situation de la Mouette blanche au Canada réalisées par le COSEPAC (Macdonald, 1979; Alvo et Macdonald, 1996; COSEWIC, 2001; COSEWIC, 2006).
À la suite de préoccupations soulevées par des communautés inuites (Akearok et al., 2002; Mallory et al., 2003), le COSEPAC a évalué la Mouette blanche et l’a désignée espèce en voie de disparition, car les relevés des colonies ont révélé un déclin marqué de la taille de l’assemblage d’individus nicheurs canadien (COSEWIC, 2006). Depuis, plusieurs relevés de colonies ont été effectués dans l’aire de reproduction canadienne de l’espèce, dont les relevés exhaustifs réalisés en 2019 dans plusieurs autres sites de reproduction, ce qui a permis de mettre à jour les données sur la taille et la répartition de la population au Canada et de constater une réduction importante de l’aire de répartition dans l’Arctique canadien (Gilchrist et Mallory, données inédites).
Le suivi par satellite coordonné qui a été assuré dans la majeure partie de l’aire de reproduction de la Mouette blanche a permis de déterminer avec une plus grande exactitude les déplacements et la répartition de l’espèce à l’échelle mondiale pendant la période internuptiale (Gilg et al., 2016; Strøm et al., 2019). Des études menées au Canada et dans d’autres pays ont contribué à améliorer les connaissances sur les concentrations de contaminants et leurs effets probables (Miljeteig et al., 2009 et 2012; Bond et al., 2015; Mallory et al., 2015; Lucia et al., 2016). Des analyses génétiques ont révélé que la diversité génétique est généralement faible au sein des colonies de Mouettes blanches dans la majeure partie de l’aire de répartition mondiale de l’espèce (Royston et Carr, 2016; Yannic et al., 2016b; Charbonnel et al., 2022).
L’analyse des isotopes stables d’échantillons stomacaux a permis d’obtenir d’autres renseignements sur le niveau trophique et le régime alimentaire des Mouettes blanches qui utilisent la polynie des eaux du Nord dans le nord de la baie de Baffin (Karnovsky et al., 2009). Les récentes données de programmes de baguage indiquent que la Mouette blanche a une plus longue durée de vie que ce que l’on croyait auparavant (plus de 25 ans; Mallory et al., 2012) et des études de suivi par satellite ont permis de déterminer avec une plus grande exactitude les déplacements annuels entre les aires de nidification et d’hivernage des Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada (Spencer et al., 2014 et 2016). Cependant, malgré cet apport de données, l’écologie générale de la Mouette blanche demeure largement inconnue.
Le plan de gestion initial de la Mouette blanche au Canada (Stenhouse, 2004) a été remplacé par le Programme de rétablissement de la Mouette blanche (Pagophila eburnea) au Canada en 2014 (Environment Canada, 2014), lequel comprend quatre objectifs en matière de population et de répartition. Toutefois, à l’exception des activités de suivi et de recherche effectuées à l’appui de ces objectifs, aucune mesure de rétablissement directe n’a été mise en œuvre au Canada.
Historique du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.
Mandat du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.
Composition du COSEPAC
Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.
Définitions (2019)
- Espèce sauvage
- Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
- Disparue (D)
- Espèce sauvage qui n’existe plus.
- Disparue du pays (DP)
- Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
- En voie de disparition (VD)
(Remarque : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.) - Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
- Menacée (M)
- Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
- Préoccupante (P)
(Remarque : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.) - Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
- Non en péril (NEP)
(Remarque : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.) - Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
- Données insuffisantes (DI)
(Remarque :Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».) - Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.
Remarque : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.
Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.
Description et importance de l’espèce sauvage
Nom et classification
Classification actuelle
Classe : Oiseaux
Ordre : Charadriiformes
Famille : Laridés
Genre : Pagophila
Espèce : eburnea
Noms communs
Français : Mouette blanche
Anglais : Ivory Gull
Autochtones : naujavaaq, kaniq (Inuktitut, langue inuite), naujarluk (nunatsiavummiut, dialecte de l’Inuktitut), naajavaasuk (Inuktitut, Terre-Neuve-et-Labrador), naajavaarsuk (Groenland)
Autres noms
Français : Mouette ivoire
Anglais : Ice Gull, Ice Partridge, Snow Gull, Slob Gull, Winter Gull, Swile Bird, Seal Bird (Terre-Neuve-et-Labrador)
Relations taxinomiques :
La Mouette blanche appartient à un genre monotypique (Pagophila) étroitement apparenté au genre Xema, le genre monotypique de la Mouette de sabine (X. sabini; Chu, 1998; Crochet et al., 2000; Pons et al., 2005). La divergence de leur ancêtre commun par rapport aux autres laridés se serait amorcée il y a environ 2 millions d’années (Crochet et al., 2000). Si certaines études phylogénétiques regroupent les espèces de laridés en fonction de leurs caractéristiques morphologiques (Chu, 1998; Crochet et al., 2000; Pons et al., 2005), ces deux genres sont habituellement maintenus en raison de leurs caractéristiques morphologiques, écologiques et comportementales distinctes (Pons et al., 2005).
Description morphologique
La Mouette blanche est une mouette trapue de taille moyenne, qui est rarement confondue avec d’autres espèces en raison de son apparence distinctive à tous les âges. Le plumage adulte d’un blanc immaculé est particulièrement frappant (photo de la couverture). En moyenne, l’adulte a une longueur de 40 à 43 cm, une envergure de 108 à 120 cm et un poids de 500 à 720 g (Mallory et al., 2020). Le mâle et la femelle se ressemblent, mais le mâle est légèrement plus gros (Yannic et al., 2016a). Une fois la maturité atteinte, il n’y a aucune variation saisonnière des caractéristiques du plumage. La Mouette blanche a de grands yeux sombres, des pattes relativement courtes, noires à tous les âges et entièrement recouvertes de plumes jusqu’à l’articulation tibio‑tarsienne. Le plumage adulte est entièrement blanc, le bec assez fort est vert grisâtre pâle, généralement bleu‑gris à la base, et la pointe est habituellement jaune‑orange. Chez les individus immatures, le bec est foncé, la face est foncée ou maculée de taches sombres, et des points noirs sont visibles notamment sur la poitrine, les flancs et l’extrémité des primaires, des rectrices et des couvertures alaires externes (Grant, 1986). La quantité de taches et de points varie considérablement d’un individu à l’autre. Le plumage adulte est acquis dès le deuxième hiver, ce qui constitue une période d’immaturité relativement courte pour une espèce de cette taille. La couronne arrondie, la poitrine massive, les courtes pattes et la démarche dandinante de la Mouette blanche au sol rappellent le pigeon. Pourtant, cet oiseau relativement trapu est gracieux et agile en vol. Les nombreux noms communs de la Mouette blanche font référence à des caractéristiques physiques, à des aspects de son comportement d’alimentation ou aux milieux auxquels l’espèce est associée.
Unités désignables
L’assemblage de Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada a été traité comme une seule UD lors des évaluations antérieures de la situation de l’espèce par le COSEPAC (Macdonald, 1979; Alvo et Macdonald, 1996; COSEWIC, 2001; COSEWIC, 2006). Étant donné que les études récentes ne permettent pas de conclure que les Mouettes blanches qui nichent au Canada présentent des différences génétiques ou morphologiques distinctes et importantes du point de vue évolutif (Royston et Carr, 2016; Yannic et al. 2016b; Charbonnel et al., 2022), l’assemblage d’individus nicheurs canadien est de nouveau traité comme une seule et même UD dans le présent rapport.
L’autre assemblage est constitué des individus non nicheurs qui ne sont présents au Canada que pendant l’hiver et qui se reproduisent dans des zones de l’Arctique eurasien éloignées du Canada (Strøm et al., 2019). Compte tenu du fait qu’aucune dispersion entre ces deux assemblages n’a été observée et que plus de 1 000 km d’océan et de banquises séparent leurs aires de reproduction respectives, ces deux assemblages pourraient constituer des UD distinctes, quoique la Mouette blanche présente un degré élevé d’homogénéité génétique dans l’ensemble de son aire de répartition mondiale (Yannic et al., 2016; Charbonnel et al., 2022). Seule la situation de l’assemblage des Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada est évaluée dans le présent rapport (voir la préface).
Importance de l’espèce
La Mouette blanche est l’un des oiseaux marins les moins connus au monde, et le cycle vital et l’écologie de l’espèce demeurent peu étudiés à ce jour. La Mouette blanche a une position phylogénétique unique puisqu’elle est la seule représentante du genre Pagophila, et elle a un statut quasi mythique chez les ornithologues en raison de sa rareté et de son apparence éblouissante. Cette espèce étroitement associée aux glaces de mer de l’Arctique (Gilg et al., 2016) est considérée comme étant particulièrement vulnérable aux effets des changements climatiques, et elle a été désignée comme une espèce emblématique pour la sensibilisation à cet enjeu (Vyn, 2009).
Connaissances autochtones
Les connaissances traditionnelles autochtones (CTA) sont fondées sur les relations. Il s’agit de renseignements sur les rapports écologiques entre les humains et leur environnement, ce qui comprend les caractéristiques de l’espèce, des habitats et des localités. Les lois et les protocoles relatifs aux rapports entre les humains et l’environnement sont transmis par des enseignements et des récits ainsi que par les langues autochtones, et peuvent être fondés sur des observations à long terme. Les noms de lieux fournissent des renseignements sur les zones de récolte, les processus écologiques, l’importance spirituelle ou les produits de la récolte. Les CTA peuvent aider à déterminer les caractéristiques du cycle vital d’une espèce ou les différences entre des espèces semblables.
Importance culturelle pour les peuples autochtones
La Mouette blanche revêt une importance culturelle pour les peuples autochtones, qui détiennent des connaissances détaillées sur la nature évolutive et dynamique de l’espèce. Des CTA ont été incluses dans les sections pertinentes du présent rapport, et les sources d’information sont indiquées.
Selon les groupes autochtones de l’Arctique, la Mouette blanche est un visiteur peu commun et imprévisible. Au Canada, les Inuits éprouvent une grande affection pour la Mouette blanche, et ils estiment que son déclin dans l’Arctique canadien est un indicateur de problèmes systémiques dans l’environnement nordique (Akearok et al., 2002; Mallory et al., 2003). Traditionnellement, la Mouette blanche était chassée à des fins d’alimentation dans ses aires de reproduction et d’hivernage de l’Arctique circumpolaire. Étant donné que les effectifs de l’espèce sont relativement faibles et que les colonies sont éloignées, la récolte a probablement toujours été opportuniste, et il est peu probable que la Mouette blanche ait constitué une source de nourriture importante pour les chasseurs de subsistance (Mallory et al., 2003).
Répartition
Aire de répartition mondiale
La Mouette blanche est présente dans l’Arctique tout au long de son cycle annuel (figure 1); de petites populations nicheuses sont réparties de façon irrégulière au Nunavut (Canada), dans le nord et l’est du Groenland, dans l’archipel du Svalbard (Norvège) et dans les archipels arctiques russes de la Terre du Nord et de François‑Joseph (Strøm et al., 2019; Mallory et al., 2020). La Mouette blanche hiverne à la lisière des glaces de mer, principalement dans le détroit de Davis et la mer du Labrador, ainsi qu’au large du sud‑est du Groenland et dans la région du détroit de Béring (figure 1; Gilg et al., 2010; Spencer et al., 2016).
En Amérique du Nord, l’espèce ne se reproduit que dans le nord‑est du Nunavut (figure 2; Robertson et al., 2007; Gilchrist et al., 2008). Les Mouettes blanches qui se reproduisent dans les colonies canadiennes se déplacent vers le sud, passant par le bassin Foxe ou le détroit de Davis, pour hiverner à la lisière des glaces de mer dans le détroit de Davis et la mer du Labrador en compagnie d’individus qui nichent au Groenland et dans les archipels du Svalbard, de la Terre du Nord et de François‑Joseph (figure 3; Gilg et al., 2010; Spencer et al., 2014; Spencer et al., 2016).
Figure 1. Répartition mondiale des colonies de Mouettes blanches connues qui ont été occupées pendant une ou plusieurs années entre 2000 et 2017 (points noirs), et principales aires d’hivernage de l’espèce (gris pâle). L’aire d’hivernage dans le Pacifique Nord est délimitée par une ligne tiretée, car elle est définie approximativement (carte tirée de Strøm et al., 2019, reproduite avec autorisation).
Description longue
Carte montrant l’océan Arctique, les masses terrestres nordiques et le pôle Nord, au centre. Tous les points représentant des colonies de reproduction sont au nord du cercle arctique et la plupart se trouvent au nord du 75e parallèle nord. Les colonies de reproduction sont concentrées dans cinq grandes zones : dans les îles de l’archipel de la Terre du Nord, dans le nord de la Russie; dans les îles de l’archipel François‑Joseph, dans le nord de la Russie; dans les îles de l’archipel norvégien du Svalbard, dans l’océan Arctique; dans le nord‑est du Groenland; dans plusieurs îles du Nunavut, au Canada. Il y a aussi trois colonies sur la côte est du Groenland, tout juste au nord du cercle arctique.
Les principales aires d’hivernage sont représentées par un polygone qui s’étend sur environ 650 km à partir de la côte sud‑est du Groenland, et un autre polygone qui s’étend sur 2 500 km, depuis le centre‑ouest du Groenland, dans le détroit de Davis et la mer du Labrador, jusqu’à l’île de Terre‑Neuve, au Canada. L’aire d’hivernage dans le Pacifique Nord est définie approximativement au moyen de deux polygones tracés de chaque côté de la péninsule du Kamchatka, en Russie. Un polygone s’étend sur près de 1 400 km dans la mer d’Okhotsk, et celui de la mer de Béring s’étend sur environ 1 850 km et atteint presque la côte ouest de l’Alaska, aux États‑Unis.
Figure 2. Répartition de toutes les colonies de Mouettes blanches connues dans l’Arctique canadien. Les étoiles rouges indiquent les colonies qui étaient actives (ou possiblement actives : île Seymour) en 2019, et les carrés bleus correspondent à d’anciennes colonies maintenant inactives (carte préparée par Andrew Gilbert, Biodiversity Research Institute).
Description longue
Carte montrant une zone d’environ 870 000 km2 dans l’Arctique canadien. Il y a 10 colonies actives sur près de 290 km le long d’un axe nord‑sud dans l’île d’Ellesmere. La plupart de ces colonies se trouvent tout juste au nord‑ouest du bras de mer Makinson, mais il y a aussi deux colonies actives au sud‑ouest du bras de mer Makinson, une plus au nord, près de la péninsule Darling, et une autre dans l’île Seymour, tout juste au nord de l’île Bathurst. La carte indique qu’il y a plus d’anciennes colonies que de colonies actives. Un grand nombre d’anciennes colonies se concentrent dans l’île d’Ellesmere, au nord‑ouest et au sud‑ouest du bras de mer Makinson. Il y a aussi une ancienne colonie dans le détroit de Jones et une autre dans la péninsule Darling. Dans l’île Devon, au sud, il y a deux anciennes colonies dans la péninsule Grinnell, une dans le centre‑ouest de l’île et quatre dans l’est de l’île. La carte indique aussi qu’il y a une ancienne colonie au nord de Resolute dans l’île Cornwallis, et un regroupement d’au moins 14 anciennes colonies dans la presqu’île Brodeur de l’île de Baffin.
Figure 3. Suivi par satellite de 12 Mouettes blanches qui nichent dans l’île Seymour, au Nunavut, montrant la répartition et les déplacements de ces individus pendant les périodes de reproduction (rouge), postnuptiale (orange), d’hivernage (bleu pâle) et prénuptiale (bleu foncé) en 2010. Les trajets généraux de la migration automnale (postnuptiale) sont indiqués par des flèches orange, et celui de la migration printanière (prénuptiale) est illustré par une flèche bleue. La ligne tiretée dans l’aire de répartition hivernale indique l’emplacement typique de la lisière de la banquise entre décembre et avril au cours de la période d’étude (de 2010 à 2013; carte tirée de Spencer et all., 2014, reproduite avec autorisation).
Description longue
Carte montrant une zone d’environ 1,1 million de km2 dans l’Arctique canadien, qui s’étend approximativement depuis le 120e degré de longitude ouest jusqu’au 30e degré de longitude ouest, et de quelques degrés au nord et au sud du 70e parallèle nord. L’île de Baffin est au centre de la carte, l’île Seymour est au nord‑ouest et le Groenland est au nord‑est. L’aire de reproduction est représentée par un seul polygone de 100 sur 50 km dans une zone de glace de mer adjacente à la côte nord de l’île Seymour.
Les aires de répartition en période postnuptiale sont beaucoup plus étendues, et elles sont représentées par deux polygones, un petit polygone de 100 sur 130 km dans la baie de Baffin au large de la côte nord de l’île de Baffin, et un grand polygone à l’ouest. Le grand polygone couvre tout le chenal Parry et s’étend le long des côtes de l’extrême ouest de l’île de Baffin et de plusieurs autres îles à l’ouest et au sud‑ouest de l’île de Baffin, jusqu’à une zone légèrement au sud du 70e parallèle nord, le long de la côte du Nunavut continental. Le polygone couvre une zone de près de 320 km du nord au sud et 360 km d’ouest en est. Deux flèches indiquent les trajets de la migration postnuptiale. Le premier trajet débute dans le chenal Parry, traverse la côte nord de l’île de Baffin et aboutit dans l’ouest de la mer du Labrador. Le deuxième trajet débute dans l’aire de répartition en période postnuptiale, longe la partie continentale du Nunavut, traverse le bassin Foxe et la côte sud de l’île de Baffin, et prend fin dans le nord de la mer du Labrador.
L’aire d’hivernage est représentée par un polygone dans la mer du Labrador, à l’est de l’île de Baffin. Le polygone ne touche pas la côte de l’île, mais chevauche la ligne qui représente la lisière de la banquise. Il s’étend sur près de 200 km du nord au sud et 90 km d’ouest en est. La lisière de la banquise est orientée du nord‑ouest au sud‑est, et traverse le polygone plus ou moins en son centre. L’aire de répartition en période prénuptiale est représentée par un polygone qui couvre la majeure partie de l’aire d’hivernage et s’étend vers l’ouest et le nord‑ouest, le long des côtes est et nord‑est de l’île de Baffin. Le polygone s’étend sur environ 470 km du nord‑ouest au sud‑est, et sur 100 à 200 km d’ouest en est. Une seule flèche indique le trajet emprunté lors de la migration depuis l’aire de répartition en période prénuptiale. Celui‑ci traverse la baie de Baffin pour atteindre l’aire de reproduction adjacente à l’île Seymour.
Aire de répartition canadienne
Pendant la période de reproduction, le Canada abriterait actuellement de 10 à 13 % de la population mondiale de Mouettes blanches nicheuses estimée (tableau 1; Gilchrist et Mallory, données inédites), et la totalité de la population nicheuse nord‑américaine (figure 2). Par le passé, les colonies de Mouettes blanches étaient principalement situées aux environs des détroits de Jones et de Lancaster, soit dans la presqu’île Brodeur, qui se trouve dans le nord‑ouest de l’île de Baffin, de même que dans les îles Devon, Cornwallis et d’Ellesmere (figure 2; Gilchrist et Mallory, 2005). L’île Seymour, une petite île de gravier située au nord‑ouest de l’île Bathurst et à la limite ouest de l’aire de reproduction de l’espèce, a été un important site de nidification associé à la polynie du détroit de Penny. Au cours des dernières décennies, cette île a abrité la plus grande colonie de Mouettes blanches connue au Canada; celle‑ci comptait 340 couples en 1974 et 200 couples en 2003 (tableau 2; Mallory et Gilchrist, 2003). Toutefois, seulement deux couples y ont été observés lors des relevés de 2009 et de 2019 (Gilchrist et Mallory, données inédites). La situation actuelle et future de cette colonie est donc incertaine, et il est possible qu’elle soit maintenant inactive.
Pays |
Estimation actuelle (individus matures) |
Année du dernier relevé |
Tendance de la population |
Période d’évaluation |
Sources d’information |
|---|---|---|---|---|---|
Canada |
De 1 950 à 2 250 |
2019 |
Incertaine |
De 2009 à 2019 |
Gilchrist et Mallory, données inédites; présent rapport |
Groenland |
De 4 000 à 5 000 |
2019 |
Stable |
De 2009 à 2019 |
Boertmann et al., 2020 |
Norvège |
De 3 000 à 4 000 |
2019 |
Déclin de 40 % sur 15 ans |
De 2006 à 2019 |
Strøm et al., 2020 |
Russie |
De 7 000 à 14 000 |
De 2006 à 2007 |
Probablement stable |
Des années 1990 aux années 2000 |
BirdLife International, 2018 |
Estimation mondiale totale |
De 16 000 à 25 300 |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
Code de colonie |
Source |
1974 |
1975 |
1976 |
1977 |
1981 |
1982 |
1983 |
1984 |
1990 |
2001 |
2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
2009 |
2019 |
| Île d’Ellesmere |
||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
EI-1 |
4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
287 |
? |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-2 |
2, 4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
60 |
nul. |
42 |
? |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-3 |
2, 4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
15 |
nul. |
nul. |
? |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
nul. |
nul. |
0 |
nul. |
nul. |
0 |
EI-4 |
2, 4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
50 |
nul. |
18 |
? |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
5 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-5 |
2, 4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
50 |
nul. |
125 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
5 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-6 |
2, 4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
30 |
nul. |
20 |
? |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
8 |
0 |
0 |
sans objet | sans objet | sans objet |
EI-7 |
4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
24 |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-8 |
4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
28 |
nul. |
0 |
8 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-9 |
4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
20 |
nul. |
5 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-10 |
4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
28 |
nul. |
1 |
1 |
0 |
0 |
0 |
0 |
1 |
EI-11 |
4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
70 |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-12 |
4 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
90 |
nul. |
6 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-13 |
4 et 7 |
sans objet | nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
70 |
nul. |
10 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-14 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
11 |
0 |
0 |
1 |
0 |
0 |
0 |
EI-15 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
2 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-16 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
2 |
1 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-17 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
1 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-18 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
19 |
3 |
0 |
0 |
0 |
0 |
44 |
EI-19 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
20 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-20 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
1 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-21 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
1 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-22 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
4 |
0 |
0 |
2 |
0 |
0 |
0 |
EI-23 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
2 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-24 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
8 |
50 |
23 |
0 |
0 |
0 |
EI-25 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
2 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-26 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
2 |
0 |
0 |
0 |
0 |
EI-27 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
42 |
1 |
0 |
0 |
0 |
EI-28 |
7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
131 |
92 |
100 |
105 |
0 |
EI-29 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
25 |
0 |
0 |
EI-30 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
2 |
0 |
0 |
EI-31 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
150 |
145 |
65 |
EI-32 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
20 |
0 |
55 |
EI-33 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
150 |
160 |
244 |
EI-34 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
200 |
194 |
200 |
EI-35 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
50 |
80 |
82 |
EI-36 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
3 |
EI-37 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
260 |
EI-38 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
10 |
EI-39 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
12 |
Sous‑total |
sans objet | nul. |
nul. |
nul. |
205 |
nul. |
492 |
0 |
nul. |
330 |
nul. |
83 |
33 |
227 |
119 |
697 |
684 |
976 |
Île de Baffin |
||||||||||||||||||
BI-1 |
7, 9 et 10 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
18 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-2 |
7, 9 et 10 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
30 |
13 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-3 |
4, 7 et 9 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
75 |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-4 |
4, 7 et 9 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
175 |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-5 |
4, 7 et 9 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
6 |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-6 |
4, 7 et 9 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
37 |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-7 |
4, 7 et 9 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
45 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-8 |
4, 7 et 9 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
13 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-9 |
4, 7 et 9 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
84 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-10 |
4, 7 et 9 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
130 |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-11 |
4, 7 et 9 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
45 |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-12 |
4, 7 et 9 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
25 |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
BI-13 |
6 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
35 |
nul. |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
0 |
BI-14 |
6 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
20 |
nul. |
0 |
1 |
0 |
nul. |
nul. |
0 |
BI-15 |
7 et 8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
55 |
54 |
0 |
nul. |
nul. |
0 |
BI-16 |
7 et 8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
26 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
0 |
BI-17 |
7 et 8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
7 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
0 |
Sous‑total |
sans objet | nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
48 |
155 |
493 |
nul. |
nul. |
55 |
0 |
88 |
55 |
0 |
nul. |
nul. |
0 |
| Île Devon |
||||||||||||||||||
DI-1 |
3 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
25 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
3 |
nul. |
0 |
0 |
DI-2 |
3 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
30 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
6 |
0 |
2 |
1 |
nul. |
0 |
0 |
DI-3 |
3 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
30 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
0 |
0 |
0 |
nul. |
nul. |
nul. |
DI-4 |
3 et 7 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
6 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
DI-5 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
3 |
0 |
17 |
0 |
DI-6 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
DI-7 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
0 |
Sous‑total |
sans objet | nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
91 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
6 |
0 |
2 |
7 |
0 |
17 |
0 |
| Île Cornwallis |
||||||||||||||||||
CI-1 |
8 |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
7 |
nul. |
0 |
nul. |
0 |
0 |
Sous‑total |
sans objet | nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
nul. |
7 |
nul. |
0 |
nul. |
0 |
0 |
| Île Seymour |
||||||||||||||||||
SI-1 |
1, 4, 7 et 9 |
340 |
300 |
300 |
nul. |
nul. |
nul. |
225 |
351 |
nul. |
nul. |
0 |
200 |
120 |
110 |
143 |
2 |
2 |
Sous‑total |
sans objet | 340 |
300 |
300 |
nul. |
nul. |
nul. |
225 |
351 |
nul. |
nul. |
0 |
200 |
120 |
110 |
143 |
2 |
2 |
| Total |
340 |
300 |
300 |
526 |
48 |
718 |
718 |
351 |
330 |
55 |
89 |
321 |
402 |
241 |
842 |
703 |
978 |
|
Sources du rapport du COSEPAC de 2006 (COSEWIC, 2006) : 1) MacDonald, 1976; 2) Frisch et Morgan, 1979; 3) Frisch, 1983; 4) Thomas et MacDonald, 1987; 5) France et Sharp, 1992; 6) A.J. Gaston, comm. pers., 2004; 7) Gilchrist et Mallory, 2005; 8) Mallory et Gilchrist, données inédites; 9) V.G. Thomas, comm. pers., 2005 (?), plus 130 autres adultes dans d’autres colonies situées dans la presqu’île Brodeur en 1983; 10) Reed et Dupuis, 1983.
En 2019, quatre nouvelles colonies ont été découvertes dans le centre‑est de l’île d’Ellesmere, au nord du bras de mer Makinson, dans des zones qui n’avaient pas encore fait l’objet de recherches. Cependant, de nombreuses colonies à la limite sud de l’aire de reproduction de l’espèce, soit dans la presqu’île Brodeur, dans l’île Devon et au sud‑est de l’île d’Ellesmere, ont disparu depuis le début des années 2000 (tableau 2; Gilchrist et Mallory, données inédites). Il est possible que d’autres petites colonies soient découvertes, peut‑être dans l’ouest de l’île d’Ellesmere ou sur l’île Axel Heiberg (Mallory, comm. pers., 2020), mais les relevés aériens exhaustifs qui sont effectués depuis le début des années 2000 (de 2002 à 2006, en 2009 et particulièrement en 2019; Gilchrist et Mallory, données inédites) donnent à penser qu’il est peu probable qu’il existe d’autres grandes colonies.
La lisière des glaces dans le détroit de Davis et le nord de la mer du Labrador est la principale aire d’hivernage pour les Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada (figure 3; Spencer et al., 2014), mais aussi pour une proportion importante, mais indéterminée, de l’assemblage d’individus nicheurs eurasien (Gilg et al., 2010). Selon une étude basée sur des transects aériens effectués en mars 1978, environ 35 000 Mouettes blanches étaient présentes dans le détroit de Davis et la mer du Labrador (Orr et Parsons, 1982). Les rédacteurs ont toutefois reconnu que la résolution de l’estimation était faible (c.‑à‑d. intervalles de confiance étendus de 23 800 ± 12 100 et de 11 300 ± 6 750 individus entre 2 types d’habitat) parce que le nombre de Mouettes blanches observées était relativement bas (n = 1 013) et que les résultats ont été extrapolés à l’ensemble de la zone de relevé. Un programme de recherche circumpolaire coordonnée faisant appel au suivi par satellite pour établir des liens entre les aires de reproduction et d’hivernage de la Mouette blanche a confirmé que de nombreux individus qui se reproduisent au Groenland (Gilg et al., 2009), dans l’Arctique canadien (Spencer et al., 2014), dans l’Arctique russe et dans l’archipel du Svalbard, en Norvège (Strøm et al., 2019), se rassemblent dans le détroit de Davis et la mer du Labrador pendant la période hivernale. Les données combinées des relevés aériens et des études de suivi par satellite indiquent que les eaux canadiennes peuvent abriter la majeure partie de la population mondiale de Mouettes blanches au cours de l’hiver.
Structure de la population
La Mouette blanche ne présente aucune différence morphologique clinale dans son aire de répartition holarctique (Yannic et al., 2016b), et aucune sous‑espèce n’a été décrite (Mallory et al., 2020). Charbonnel et al. (2022) ont réalisé des analyses génétiques fondées sur le polymorphisme mononucléotidique et les microsatellites, et n’ont observé qu’un très faible niveau de différenciation génétique chez les Mouettes blanches de l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. Cette étude appuie deux conclusions de Yannic et al. (2016b), c’est-à-dire qu’il y a une forte homogénéité génétique dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce, et qu’il n’y a qu’une seule population de Mouettes blanches à l’échelle mondiale. L’analyse d’échantillons de tissus prélevés sur des spécimens de musée a révélé que la composition de l’ADN mitochondrial des Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada diffère légèrement de celle des individus qui hivernent en Alaska (et qui nichent probablement en Russie), mais pas de celle des individus qui se reproduisent au Groenland et en Norvège (Royston et Carr, 2016).
Les Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada se rassemblent dans le détroit de Davis et le nord de la mer du Labrador en automne et en hiver (Orr et Parsons, 1982; Spencer et al., 2014), où elles côtoient des individus de colonies du Groenland et de l’Arctique eurasien (Gilg et al., 2010; Spencer et al., 2014). Par exemple, un individu qui avait été bagué dans l’archipel François‑Joseph (Russie) a été recapturé au Labrador au début de mars (Dementev et Gladkov, 1969). Parmi toutes les Mouettes blanches baguées dans l’Arctique canadien et recapturées le long de la côte sud‑ouest du Groenland pendant la migration, les individus bagués aux sites de nidification du nord affichaient un taux de reprise considérablement plus élevé que celui des individus des sites du sud, ce qui indique que les voies migratoires de ces groupes pourraient différer légèrement (Stenhouse et al., 2004).
Zone d’occurrence et zone d’occupation
Zone d’occurrence actuelle
La zone d’occurrence actuelle de l’assemblage des Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada est d’environ 92 614 km2 (figure 4); elle a été calculée en fonction de la superficie du plus petit polygone convexe tracé autour des colonies actives au Canada observées pendant le relevé de 2019 (y compris la colonie de l’île Seymour; Gilchrist et Mallory, données inédites). La situation actuelle de la colonie de l’île Seymour est incertaine. Seulement deux couples y ont été observés en 2009 et en 2019, et si cette colonie est maintenant inactive, la zone d’occurrence s’en trouverait considérablement réduite et ne couvrirait plus que 8 021 km2 (figure 4).
Figure 4. Zone d’occurrence calculée pour trois périodes d’après les données recueillies lors des relevés des colonies actives (de 1981 à 1983 [en haut à gauche], de 2001 à 2006 [en haut à droite] et en 2019 [les deux cartes du bas]), montrant une contraction de l’aire de reproduction entre les périodes de relevé. Les cartes du bas sont fondées sur les données du relevé de 2019 et présentent deux estimations différentes de la zone d’occurrence. Sur la carte de gauche, la colonie de l’île Seymour est traitée comme une colonie active, tandis qu’elle est considérée comme étant inactive sur la carte de droite.
Description longue
Les quatre cartes montrent l’île de Baffin et les îles au nord et à l’ouest de celle‑ci. La carte du coin supérieur gauche indique qu’il y a 13 ou 14 colonies actives (certains points sont superposés et difficiles à distinguer) pour la période de 1981 à 1983, et elle montre le plus petit polygone convexe utilisé pour estimer la zone d’occurrence, d’une superficie de 204 755 km2. Il y a cinq colonies dans le sud de l’île d’Ellesmere, quatre dans l’est de l’île Devon, trois ou quatre dans le nord de la presqu’île Brodeur de l’île de Baffin et une dans l’île Seymour.
La carte du coin supérieur droit indique qu’il y a environ 30 colonies actives pour la période de 2001 à 2006, et elle montre le plus petit polygone convexe utilisé pour estimer la zone d’occurrence, d’une superficie de 205 933 km2. Il y a au moins 16 colonies dans le sud de l’île d’Ellesmere, 4 dans l’est de l’île Devon, 1 dans le centre‑ouest de l’île Devon, 2 dans la péninsule Grinnell de l’île Devon, au moins 5 dans le nord de la presqu’île Brodeur de l’île de Baffin, 1 dans l’île Cornwallis et 1 dans l’île Seymour.
La carte du coin inférieur gauche indique qu’il y a 9 ou 10 colonies actives en 2019, et elle montre le plus petit polygone convexe utilisé pour estimer la zone d’occurrence, d’une superficie de 92 614 km2. Il y a une colonie dans l’île Seymour et toutes les autres sont dans le sud de l’île d’Ellesmere. La carte du coin inférieur droit présente la même information que celle du coin inférieur gauche, mais la colonie de l’île Seymour y est exclue. Comme cette carte ne comprend que les colonies de l’île d’Ellesmere, la zone d’occurrence est estimée à 8 021 km2 d’après la méthode du plus petit polygone convexe.
Indice de zone d’occupation actuel
L’IZO actuel de l’assemblage de Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada est de 40 km2, valeur calculée à l’aide d’une grille à carrés de 2 km de côté superposée aux colonies canadiennes actives qui ont été observées lors du relevé de 2019 (y compris la colonie de l’île Seymour), ou de 36 km2 si l’île Seymour est exclue (figures 2 et 4; Gilchrist et Mallory, données inédites).
Fluctuations et tendances de la répartition
Les deux estimations actuelles de la zone d’occurrence sont fondées sur la même méthode de calcul qui a été utilisée au début des années 1980 et 2000, et elles indiquent une diminution considérable de cette zone (204 755 km2 pour la période de 1981 à 1983 et 205 993 km2 pour la période de 2001 à 2006; figure 4). La diminution de la zone d’occurrence en moins de 3 générations (24 ans) est de 55 % si l’île Seymour est considérée comme une colonie active, tandis qu’elle est de près de 96 % si elle est considérée comme inoccupée (figure 4). Le déclin marqué de la zone d’occurrence est attribuable à l’abandon de la plupart des colonies dans le sud et l’ouest de l’aire de reproduction canadienne de l’espèce, y compris dans le nord de l’île de Baffin et dans les îles Cornwallis et Devon, entre 2001 et 2019 (figure 4). Ce déclin ne reflète pas une réduction des activités de recherche puisque celles‑ci ont plutôt augmenté entre ces périodes.
Les deux estimations actuelles de l’IZO sont fondées sur la même méthode de calcul qui a été utilisée au début des années 1980 et 2000, et elles indiquent que celui‑ci a considérablement diminué (80 km2 pour la période de 1981 à 1983 et 164 km2 pour la période de 2001 à 2006). Ce déclin rapide de l’IZO est également attribuable à la perte de colonies dans le nord de l’île de Baffin et dans les îles Cornwallis et Devon entre 2001 et 2019. Cela représente une diminution de 75 à 78 % de l’IZO (selon que la colonie de l’île Seymour est considérée comme étant active ou non) en moins de 3 générations. Étant donné que des relevés exhaustifs des anciennes colonies, des colonies actives et des sites potentiellement convenables ont été effectués en 2019, ces écarts reflètent une diminution réelle de la zone d’occupation et non pas une réduction des activités de recherche.
Biologie et utilisation de l’habitat
Cycle vital et reproduction
Selon les estimations, l’espérance de vie moyenne d’une Mouette blanche adulte est de 6,9 ± 1,4 ans (Stenhouse et al., 2004). Toutefois, parmi les 24 Mouettes blanches recapturées sur les 1 545 individus bagués dans l’île Seymour, au Nunavut, au moins 4 adultes avaient dépassé l’âge de 25 ans (Mallory et al., 2012). L’un des individus bagués avait au moins 28 ans, une longévité record supérieure à celle de la plupart des espèces d’oiseaux en Amérique du Nord (Mallory et al., 2012). La longévité de la Mouette blanche peut être liée à sa stratégie de reproduction intermittente, qui consiste à renoncer occasionnellement à la reproduction annuelle, en fonction de diverses contraintes comme la prédation, la disponibilité limitée de nourriture ou d’autres facteurs environnementaux, afin d’accroître le succès de reproduction futur (Shaw et Levin, 2013).
Le plumage et le cycle de mue de la Mouette blanche indiquent que la maturité sexuelle est atteinte à l’âge de 2 ans (Mallory et al., 2020), toutefois l’âge à la première reproduction serait de 2,6 ans selon BirdLife International (Bird et al., 2020), ce qui laisse entendre que de nombreux individus ne se reproduisent pas avant l’âge de 3 ans. La durée de génération (âge moyen des parents dans la population) est de 7,9 ans (Bird et al., 2020), ce qui correspond à une période de 3 générations de 24 ans. Yannic et al. (2016a) ont déterminé que le rapport des sexes est d’environ 68 mâles pour 32 femelles au sein de toutes les populations de Mouettes blanches étudiées, y compris dans les échantillons prélevés à Alert, dans le nord du Nunavut, mais la cause et les répercussions biologiques de ce phénomène ne sont pas claires.
Comme les Mouettes blanches ont besoin de sites de nidification exempts de prédateurs, elles construisent leur nid dans des crevasses ou sur des corniches de falaises escarpées ou de pierriers, sur des plateaux de gravier isolés qui sont souvent entourés de glaces pérennes, ainsi que dans des zones plates sur des îles de glace flottante (Thomas et MacDonald, 1987; Boertmann et al. 2010). La Mouette blanche niche en colonies d’environ 2 à 200 couples, et les nids sont habituellement espacés de 2 à 3 m (Strøm et al., 2019; Mallory et al., 2020). Selon la disponibilité des matériaux, de la boue, des plumes, des végétaux ou des algues peuvent être utilisés pour tapisser le nid, qui consiste souvent en une simple dépression dans les galets ou dans une crevasse abritée. Une colonie peut être inoccupée pendant une ou plusieurs années, probablement en raison d’un risque de prédation ou d’un approvisionnement alimentaire inadéquat attribuable aux conditions environnementales, mais aussi de la propension de l’espèce à renoncer à la reproduction certaines années (Mallory et al., 2020). Des études indiquent que la diminution du nombre d’individus nicheurs pourrait faire en sorte que les Mouettes blanches se concentrent dans un nombre restreint de colonies (Robertson et al., 2007; Gilg et al., 2009). La philopatrie est considérable chez la Mouette blanche, comme en témoignent les individus bagués repris dans les colonies natales (Mallory et al., 2012) et les études de suivi montrant le retour des adultes dans la même colonie pendant plusieurs années consécutives (Spencer et al., 2014).
Généralement, la durée de la période de nidification est d’environ 60 jours, et il est présumé que l’appariement a lieu juste avant ou après l’arrivée dans la colonie. La copulation a été observée dans les colonies de reproduction et au cours de la migration printanière (Kylin, 2011). La construction du nid et la ponte ont lieu de la fin de juin à la fin de juillet, la période d’incubation s’étend du début de juillet au début d’août, l’éclosion survient au plus tard à la fin d’août, et la plupart des oisillons prennent leur envol au début de septembre. En général, la Mouette blanche pond seulement 1 à 2 œufs, et elle ne produit habituellement pas de deuxième couvée, sauf en cas de perte d’œufs au début de la période d’incubation, ce qui limite sa productivité annuelle (Mallory et al., 2020). Les œufs sont incubés de 24 à 26 jours, et les oisillons prennent leur envol de 30 à 35 jours après l’éclosion (Macdonald, 1976).
Le taux de survie de la Mouette blanche demeure méconnu, mais une analyse initiale des bagues récupérées (Stenhouse et al., 2004) a permis d’estimer à 0,86 ± 0,04 (erreur‑type) le taux de survie annuel des adultes, ce qui est semblable à ceux d’autres laridés de taille moyenne (Bird et al., 2020). Cependant, comme la récolte ne devrait plus avoir d’effet mesurable sur les tendances démographiques (menace 5.1 — Chasse et capture d’animaux terrestres), le taux de survie moyen des adultes pourrait maintenant être un peu plus élevé. Il semble que le taux de reproduction de la Mouette blanche soit généralement faible, en raison de la petite taille des couvées et des conditions environnementales extrêmes et variables, qui peuvent entraîner périodiquement l’échec ou l’abandon de tentatives de reproduction. L’exposition à des concentrations élevées de mercure dans l’air peut réduire davantage la productivité de l’espèce (menace 9.5 — Polluants atmosphériques). Les autres facteurs qui limitent le succès de reproduction de la Mouette blanche comprennent les conditions environnementales non convenables, comme l’étendue des glaces de mer, la prédation, les perturbations et l’abandon des œufs ou des oisillons à cause des conditions météorologiques (Yannic et al., 2014; Mallory et al., 2020). Il n’y a aucune donnée disponible sur le taux d’éclosion ou d’envol.
Besoins en matière d’habitat
Habitat de reproduction
Étant donné que la Mouette blanche a besoin de sources de proies marines fiables au début de la période de reproduction, à un moment où la mer est généralement couverte de glace, l’accès à des zones d’eaux libres persistantes, comme des polynies ou des chenaux côtiers, est donc essentiel (Mallory et al., 2020). Les sites de nidification doivent aussi être largement exempts de mammifères prédateurs, car la Mouette blanche est généralement incapable de défendre son nid contre ceux‑ci (COSEWIC, 2006). Comme il y a peu de sites exempts de prédateurs près des zones d’eaux libres dans l’Extrême‑Arctique canadien, la disponibilité de sites de reproduction convenables pour la Mouette blanche est limitée (Mallory et al., 2020).
Au Canada, les colonies de Mouettes blanches sont généralement situées sur des nunataks éloignés (falaises rocheuses escarpées et isolées qui sont entourées de vastes étendues de neige ou de glace), mais des plateaux de roche ou de gravier, souvent sur des îles isolées, ont aussi été occupés par le passé. Ces sites sont pratiquement dépourvus de toute végétation associée aux microtinés, en particulier les lemmings (Lemmus spp. et Dicrostonyx spp.), ce qui les rend moins attrayants pour les prédateurs qui pourraient également piller les nids de la Mouette blanche (COSEWIC, 2006). Comme la Mouette blanche choisit habituellement des sites de nidification extrêmement éloignés pour éviter les prédateurs, les colonies peuvent se trouver de 20 à 30 km des zones d’alimentation marines (COSEWIC, 2006; Gilchrist et al., 2008). Quelques colonies de Mouettes blanches ont aussi été trouvées dans des zones de moraine graveleuse sur des îles de glace flottante (MacDonald et Macpherson, 1962; Boertmann et al., 2010; Nachtsheim et al., 2016).
Habitat de migration
Le moment des déplacements et la distance parcourue pendant la migration semblent dépendre de la formation et de la répartition des glaces de mer (Mallory et al., 2020), ce qui laisse supposer que la densité glacielle (floes et radeaux de glace) autour de la banquise de l’habitat de migration de la Mouette blanche serait comparable à celle des autres habitats utilisés pendant la majeure partie de l’année (Spencer et al., 2014). Si l’espèce semble généralement éviter les vastes zones d’eaux libres pendant la migration (Spencer et al., 2014), certains individus utilisent la polynie des eaux du Nord, dans le nord de la baie de Baffin, comme halte migratoire postnuptiale à la fin de l’été (Karnovsky et al., 2009).
Habitat d’hivernage
La Mouette blanche est étroitement associée aux glaces de mer tout au long de l’hiver, et elle fréquente rarement les vastes étendues d’eaux libres (Spencer et al., 2016). Elle utilise des polynies et des chenaux dans la banquise, et se déplace le long de la lisière des glaces, suivant l’avancée et le retrait des glaces. L’analyse du suivi par satellite d’individus de colonies canadiennes a révélé que les Mouettes blanches passent environ 90 % de la saison hivernale dans des zones de glaces de mer, dont 30 % dans des zones où la concentration de glaces de mer est d’au moins 50 % (Spencer et al., 2016). La Mouette blanche s’alimente à la lisière des glaces, notamment de poissons et d’invertébrés associés aux glaces, de placentas et de matières fécales de phoques ainsi que de restes de phoques et d’autres mammifères marins tués par des ours blancs ou des chasseurs (Mallory et al., 2020).
Déplacements, migration et dispersion
La Mouette blanche demeure dans l’Arctique tout au long de son cycle annuel, mais elle parcourt de grandes distances entre les aires de reproduction et d’hivernage (figure 3). Le suivi par satellite de Mouettes blanches marquées dans l’île Seymour, au Nunavut, a révélé qu’elles ont quitté la région à la fin du mois de septembre et se sont déplacées relativement lentement (durée de déplacement médiane de 74 jours) le long de l’île de Baffin pour se rendre dans le détroit de Davis et la mer du Labrador (Spencer et al., 2014). Elles ont traversé le bassin Foxe et le détroit d’Hudson, à l’ouest et au sud de l’île de Baffin, ou emprunté le chenal Parry et le détroit de Lancaster au nord, et ont atteint l’aire d’hivernage en décembre (Spencer et al., 2014). Elles sont restées le long de la lisière des glaces entre l’île de Baffin, l’est du Labrador, le nord de Terre‑Neuve et l’ouest du Groenland jusqu’en mai, avant d’effectuer une migration printanière relativement rapide et comportant peu d’arrêts (durée de déplacement médiane de 18 jours), pour regagner l’aire de reproduction au début de juin (figure 3).
L’association étroite de la Mouette blanche avec la glace de mer explique probablement la variabilité des voies migratoires et des moments de la migration, l’espèce s’adaptant aux changements de position de la lisière des glaces. Cela permettrait également d’expliquer pourquoi la migration automnale prend plus de temps que la migration printanière; les déplacements de la Mouette blanche coïncideraient avec l’avancée des glaces de mer vers le sud (Spencer et al., 2014). La plupart des déplacements migratoires semblent suivre les côtes et la lisière des glaces (figure 5), mais la Mouette blanche peut aussi effectuer de longs vols au‑dessus de la terre ferme. Par exemple, un adulte suivi par satellite lors de la migration printanière a traversé la calotte glaciaire du Groenland, effectuant un vol presque ininterrompu d’environ 1 345 km en 29 heures et atteignant une altitude supérieure à 4 000 m (Frederiksen et al., 2020).
Les bagues récupérées dans le cadre d’études portant sur des colonies de Mouettes blanches canadiennes témoignent d’une grande fidélité des individus aux colonies (Mallory et al., 2012), ce qui est étayé par des études de suivi qui ont montré que les adultes retournaient dans la même colonie pendant plusieurs années consécutives (Spencer et al., 2014). En juin 2010, des émetteurs satellites ont été fixés sur 12 adultes nicheurs dans l’île Seymour, au Nunavut (Spencer et al., 2014). Ces individus se sont dispersés dans le chenal Parry et le détroit de Lancaster, et l’un d’eux a utilisé la polynie des eaux du Nord, avant d’entreprendre la migration vers le sud en direction de l’aire d’hivernage du détroit de Davis (figure 5; Spencer et al., 2014), ce qui corrobore les observations antérieures (Orr et Parsons, 1982; Mallory et al., 2020). La dispersion des jeunes est mal comprise; ils sont rarement observés dans les colonies ou à proximité de celles‑ci une fois qu’ils ont pris leur envol, et c’est également le cas des individus immatures non nicheurs au cours des années subséquentes (Mallory et al., 2020).
Figure 5. Déplacements migratoires postnuptiaux de Mouettes blanches marquées dans l’île Seymour, au Nunavut, en 2010. Pendant la période visée par l’étude (de 2010 à 2013), des individus se sont déplacés vers le sud‑est dans le détroit de Davis (flèche orange), vers le sud‑est dans le détroit du bassin Foxe (flèche verte) ou vers le sud‑est dans le bassin Foxe, puis vers le nord au‑dessus de l’île de Baffin et enfin vers le sud dans le détroit de Davis (flèche violette). On ignore si les Mouettes blanches suivent la même voie migratoire d’une année à l’autre (carte tirée de Spencer et al., 2014, reproduite avec autorisation).
Description longue
La carte montre l’aire de reproduction de la Mouette blanche, dans une zone de glace de mer au nord de l’île Seymour, et le polygone de l’aire d’hivernage dans le nord de la mer du Labrador. Trois flèches illustrent les déplacements des individus depuis l’aire de reproduction jusqu’à l’aire d’hivernage. La distance qui sépare les aires de reproduction et d’hivernage est d’environ 1 900 km en ligne droite, mais les individus suivis par satellite ont parcouru de plus grandes distances. Les Mouettes blanches qui ont emprunté le détroit de Davis en direction du sud‑est se sont déplacées sur près de 2 000 km, celles qui sont passées par le détroit du bassin Foxe en direction du sud‑est ont parcouru approximativement 2 900 km, et celles qui ont parcouru la plus grande distance, soit environ 3 400 km, se sont déplacées vers le sud‑est dans le bassin Foxe, puis vers le nord au‑dessus de l’île de Baffin et enfin vers le sud dans le détroit de Davis.
Relations interspécifiques
Alimentation
La Mouette blanche se nourrit principalement de poissons et d’invertébrés marins capturés près de la surface ou en plongée. La morue polaire (Boreogadus saida), aussi appelée saïda franc, constituait 86 % des proies trouvées dans le contenu stomacal de 5 Mouettes blanches capturées dans la polynie des eaux du Nord à la fin de mai et au début de juin 1998 (Karnovsky et al., 2009), et d’autres études canadiennes ont révélé la présence de traces de morues polaires, de poissons‑lanternes, de calmars, d’euphausiacés et de copépodes dans des échantillons stomacaux (Mallory et al., 2020). La Mouette blanche se nourrit aussi de charognes de phoques et d’autres mammifères marins tués par des ours blancs, de placentas et de matières fécales de phoques, dont le phoque à capuchon (Cystophora cristata; Mallory et al., 2020), et elle occupe donc un niveau trophique relativement élevé (Karnovsky et al., 2009). Les déchets humains et les restes de carcasses d’animaux abattus par des chasseurs, comme les phoques et le narval (Monodon monoceros), peuvent également être des sources de nourriture importantes à l’échelle locale (Mallory et al., 2003). Dans les sites de reproduction, la Mouette blanche peut aussi capturer de petits mammifères terrestres, comme des lemmings (Mallory et al., 2020).
Une analyse des isotopes stables du carbone et de l’azote (13C, 15N et valeurs de δ13C et de δ15N comme indicateurs de la zone d’alimentation et de la position trophique, respectivement) présents dans les plumes de spécimens d’individus canadiens conservés dans des musées n’a révélé aucun changement global au cours de la période de 1877 à 2007 (Bond et al., 2015). Les résultats semblent indiquer que le régime alimentaire de la Mouette blanche est demeuré relativement inchangé au cours de cette période de 130 ans, mais il est possible que l’espèce se soit nourrie de différentes proies présentant des valeurs isotopiques similaires.
Prédateurs et compétiteurs
Les Mouettes blanches nichent dans des colonies monospécifiques, et celles qui se trouvent en terrain plat (maintenant rares au Canada) sont vulnérables aux mammifères prédateurs comme le renard arctique (Vulpes lagopus) et l’ours blanc ainsi qu’aux prédateurs aviaires comme le Harfang des neiges (Bubo scandiaca), le Goéland bourgmestre (Larus hyperboreus) et le Grand Corbeau (Corvus corax), qui se nourrissent d’œufs et d’oisillons (Mallory et al., 2020). Dans les colonies situées dans des falaises abruptes, les nids peuvent être pillés par le Goéland bourgmestre et le Grand Corbeau, et les adultes peuvent être la proie du Faucon gerfaut (Falco rusticolus; Mallory et al., 2020). Le renard arctique est probablement le prédateur qui a les effets les plus néfastes sur les Mouettes blanches nicheuses, lesquels peuvent aller jusqu’à l’abandon complet d’une colonie dans certains cas (Macdonald, 1976). Selon des observations faites dans l’Arctique russe, les chiens domestiques (Canis familiaris) errants pourraient également se nourrir d’œufs et d’oisillons lorsque les nids sont accessibles (Gilchrist et al., 2008).
La Mouette blanche peut se joindre à de grands rassemblements d’oiseaux de plusieurs espèces, dont la Mouette tridactyle (Rissa tridactyla) et le Goéland bourgmestre, qui se nourrissent parmi les glaces de mer (Kylin, 2011). Des cas de cleptoparasitisme, où des Goélands bourgmestres se sont emparés de proies capturées par des Mouettes blanches adultes, ont été observés en mer pendant la migration au début de mai (Kylin, 2011).
Autres interactions
Une étude sur les connaissances écologiques locales des communautés de l’Extrême-Arctique d’Ausuittuq (Grise Fiord), de Qausuittuq (Resolute Bay) et d’Ikpiarjuk (Arctic Bay), au Nunavut, décrit des cas de Mouettes blanches suivant des ours blancs et des chasseurs pour se nourrir des carcasses de phoques et de baleines qu’ils abattent (Mallory et al., 2003). Selon les connaissances écologiques locales recueillies auprès de communautés côtières de Terre-Neuve-et-Labrador, les Mouettes blanches qui hivernent dans cette région ne s’associent généralement pas à d’autres espèces, mais elles côtoient parfois d’autres laridés sur les glaces ou des phoques (Ryan et al., 2006). Des Mouettes blanches ont été observées lors de la migration printanière suivant des navires près de l’archipel du Svalbard pour se nourrir du plancton qui remonte à la surface dans leur sillage (Kylin, 2011), et des individus ont été vus suivant un brise‑glace dans l’Arctique russe pour capturer les morues polaires prises au piège par les glaces renversées (Smith, comm. pers., 2021).
Adaptations physiologiques, comportementales et autres
La Mouette blanche est adaptée aux conditions environnementales et météorologiques extrêmes dans l’Arctique en partie grâce à un taux métabolique élevé par rapport à celui d’autres espèces de laridés de taille semblable (Gabrielsen et Mehlum, 1989), ce qui entraîne toutefois des besoins énergétiques relativement élevés. Il est possible que la charge en contaminants soit assez élevée chez la Mouette blanche en raison d’une forte consommation alimentaire et d’un risque accru de bioaccumulation de contaminants attribuable au niveau trophique relativement élevé de l’espèce (Braune et al. 2006, 2007; voir la menace 9.5 — Polluants atmosphériques).
Les changements climatiques dans l’Arctique modifient considérablement la dynamique de la glace de mer (Steele et Dickinson, 2016), la productivité primaire (Holding et al., 2015) et la dynamique trophique (Pratte et al., 2019), ce qui a des effets sur les communautés d’oiseaux marins (Mallory et al., 2010). Les données phénologiques sur la Mouette blanche sont limitées, mais il a été démontré que la phénologie de reproduction d’autres espèces d’oiseaux de mer qui se nourrissent à la surface et se reproduisent dans l’Arctique, y compris la Mouette tridactyle et la Mouette des brumes (Rissa brevirostris), a avancé d’environ 10 jours depuis 1982, ce qui est lié aux conditions printanières plus précoces (Descamps et al., 2019). Les changements climatiques continueront d’avoir des effets sur les oiseaux marins dans l’Arctique canadien (Wong et al., 2014), mais le degré de plasticité phénologique et comportementale de la Mouette blanche demeure inconnu.
Outre le fait que des Mouettes blanches sont parfois observées recherchant de la nourriture près d’habitations humaines ou s’alimentant de carcasses d’animaux tués par des chasseurs, les rapports concernant la sensibilité de l’espèce aux perturbations anthropiques dans les colonies sont contradictoires (COSEWIC, 2006). Un seul avion volant à basse altitude aurait entraîné l’abandon complet d’une colonie dans le nord de l’Europe (Cramp et Simmons, 1983), ce qui indiquerait que l’espèce est très sensible à de telles perturbations. Toutefois, les biologistes qui mènent des études à long terme sur les Mouettes blanches nicheuses rapportent que les parents réagissent aux perturbations à une distance d’environ 100 m (Birkenmajer, 1969), mais qu’ils se calment souvent peu de temps après et continuent de couver même si des humains demeurent à proximité des nids (COSEWIC, 2006). Il est donc nécessaire de mener d’autres recherches pour évaluer la sensibilité des Mouettes blanches nicheuses, ce qui permettra d’éviter ou de réduire au minimum les effets des perturbations.
La Mouette blanche est sensible à la capture, à la manipulation et au marquage par les chercheurs. Par exemple, la totalité des 12 adultes marqués et relâchés dans l’île Seymour (Nunavut) en juin 2010 ont abandonné leur tentative de reproduction cette année‑là, mais ils sont retournés dans la même colonie pour se reproduire l’année suivante (Spencer et al., 2014).
Facteurs limitatifs
Les facteurs limitatifs ne sont généralement pas d’origine humaine et comprennent des caractéristiques intrinsèques qui rendent l’espèce moins susceptible de réagir favorablement aux activités de conservation. Les facteurs limitatifs peuvent devenir des menaces s’ils entraînent un déclin de la population.
Les principaux facteurs limitatifs pour la Mouette blanche sont une productivité relativement faible, en raison de la petite taille des couvées (de 1 à 2 œufs), une stratégie de reproduction intermittente, et la forte probabilité d’abandon d’une colonie les années où les conditions de nidification sont mauvaises (Mallory et al., 2020). Les conditions environnementales extrêmes et variables, qui influent sur la probabilité que l’étendue des glaces de mer soit inappropriée ou que les conditions météorologiques soient défavorables pendant la période de reproduction, entraînent souvent l’échec ou l’abandon des tentatives de reproduction, ce qui limite probablement le succès de reproduction annuel de l’espèce (Yannic et al., 2014; Mallory et al., 2020) et sa capacité de reconstituer ses effectifs nicheurs.
Taille et tendances des populations
Sources de données, méthodes et incertitudes
Anciens relevés
Avant 2002, il y avait 33 colonies de Mouettes blanches connues au Canada, d’après l’information recueillie principalement dans le cadre d’analyses documentaires et d’entrevues menées auprès de scientifiques et d’Inuits (Thomas et MacDonald, 1987; Mallory et al., 2003). Les géologues qui ont effectué des vols en hélicoptère pendant plus de 45 ans ont découvert la plupart des colonies intérieures, dont 14 sur l’île d’Ellesmere, au sud du bras de mer Makinson, 14 dans la presqu’île Brodeur, au nord de l’île de Baffin, 4 dans l’île Devon et 1 dans l’île Seymour (Gilchrist, comm. pers., 2021; tableau 2).
Relevés de 2002 à 2006
Des relevés exhaustifs des colonies de Mouettes blanches au Canada ont été réalisés en juillet pendant cinq années consécutives, soit de 2002 à 2006 (Gilchrist et Mallory, 2005; Robertson et al., 2007). Ces relevés ont été entrepris en réponse aux préoccupations soulevées par des Inuits de quatre collectivités du Nunavut qui estimaient que la population de Mouettes blanches était en baisse d’après les observations qu’ils avaient faites pendant les migrations printanières et automnales (Mallory et al., 2003). Les objectifs des relevés consistaient à visiter le plus grand nombre possible de colonies connues et de mettre à jour les estimations de l’abondance et des tendances démographiques de l’espèce.
Lors de tous les relevés réalisés de 2002 à 2005, l’équipe était composée de deux biologistes et du pilote de l’hélicoptère Bell LongRanger 206L. Les coordonnées des colonies connues avaient été entrées préalablement dans le système de positionnement mondial (GPS) du système de navigation de l’hélicoptère. Des zones d’habitat convenable (par exemple des îles de gravier, des falaises et des nunataks) dans un rayon de 10 à 20 km de chaque colonie connue ont également été survolées afin de déterminer si des Mouettes blanches nichaient à proximité. L’information recueillie sur l’utilisation des zones adjacentes a été utilisée pour déterminer si les changements observés dans les effectifs des colonies étaient attribuables à la dispersion des colonies et à l’établissement de nouvelles colonies, aux changements du nombre total d’individus nicheurs, ou à ces deux causes. Outre les colonies connues, plus de 300 sites supplémentaires dans les îles Devon et d’Ellesmere ont fait l’objet de relevés aériens (Gilchrist et Mallory, 2005). L’équipe a de nouveau eu recours aux méthodes de relevé utilisées précédemment, et comme les colonies des îles Devon et d’Ellesmere étaient situées dans des falaises verticales où il n’était pas possible d’atterrir pour compter les individus au sol, les relevés de ces colonies ont été effectués depuis l’hélicoptère.
En 2003, une équipe composée de deux biologistes, d’un pilote et d’un copilote a effectué des vols supplémentaires à bord d’un aéronef à voilure fixe (DHC‑6 Twin Otter) afin de trouver de nouvelles colonies dans la presqu’île Brodeur de l’île de Baffin. Huit transects aériens ont été effectués au‑dessus de la presqu’île Brodeur à des distances d’environ 3 minutes de latitude (approximativement 5 km), à une altitude de 120 à 150 m et à une vitesse sol de 200 km/h. Trois colonies ont été découvertes le long de ces transects, et l’équipe est retournée sur place en hélicoptère le lendemain. Le pilote a pu atterrir pour permettre aux biologistes d’observer les Mouettes blanches à l’aide de jumelles et de les dénombrer.
En 2003, 2004 et 2005, 16 petites îles situées le long de la polynie du détroit de Penny, près de l’île Seymour, ont fait l’objet de relevés, mais aucune Mouette blanche n’y a été observée (Mallory et Gilchrist, 2003; Mallory et Gilchrist, données inédites).
En 2006, l’équipe a profité des conditions météorologiques favorables et des heures de vol supplémentaires dont elle disposait pour élargir la zone de relevé. Des relevés des colonies connues ainsi que d’autres zones au nord du bras de mer Makinson, sur l’île d’Ellesmere, ont été effectués par hélicoptère, et 7 colonies ont été découvertes, y compris une colonie de bonne taille comptant 200 individus (Robertson et al., 2007).
Les recherches aériennes menées de 2002 à 2006 ont couvert toutes les colonies connues ainsi que de vastes zones abritant de l’habitat convenable, où plusieurs colonies ont été découvertes. La zone de relevé comprenait environ 80 % de tous les nunataks connus dans l’île Devon et le sud‑est de l’île d’Ellesmere, et de 50 à 60 % de la superficie de la presqu’île Brodeur de l’île de Baffin (Gilchrist et Mallory, 2005; Robertson et al., 2007).
Relevés de 2009
En 2009, toutes les zones ont fait l’objet d’un relevé par hélicoptère, à l’exception de la presqu’île Brodeur, selon les méthodes décrites ci‑dessus. L’équipe de relevé a visité 3 colonies connues dans l’île Devon, 1 dans l’île Seymour et 40 dans l’île d’Ellesmere, y compris celles qui avaient été découvertes au nord du bras de mer Makinson en 2006 (Gilchrist et Mallory, données inédites).
Relevés de 2019
En 2019, l’équipe de relevé a tiré parti des conditions météorologiques idéales et des caches à carburant qui avaient été placées stratégiquement dans le cadre du Programme du plateau continental polaire. L’équipe a aussi utilisé un iPad, monté sur le tableau de bord de l’hélicoptère, qui était connecté à un appareil GPS. Les coordonnées des colonies connues ont été entrées dans l’appareil GPS, et le logiciel de vol a déterminé l’itinéraire le plus efficace entre les points de cheminement, ce qui a permis de réduire la durée du vol et la consommation de carburant. Cette nouvelle approche a permis d’accroître l’efficacité, la portée et l’exhaustivité des relevés par rapport aux années précédentes (Gilchrist, comm. pers., 2020).
Les relevés de 2019 ont été les plus exhaustifs à ce jour : 46 colonies connues ont été visitées, et 4 colonies ont été découvertes, toutes sur l’île d’Ellesmere, au nord du bras de mer Makinson (tableau 2; Gilchrist et Mallory, données inédites). Les relevés ont couvert 5 colonies dans l’île Devon, 1 dans l’île Seymour, 1 dans l’île Cornwallis, 5 dans la presqu’île Brodeur de l’île de Baffin, et 38 dans l’île d’Ellesmere.
Estimation de l’abondance
Une approche prudente a été adoptée pour produire une nouvelle estimation de l’abondance de l’assemblage d’individus nicheurs canadien. Une estimation minimale a été établie d’après le nombre de Mouettes blanches adultes observées dans les colonies connues et les nouvelles colonies qui ont fait l’objet de relevés aériens en 2019. L’estimation repose sur l’hypothèse selon laquelle il y a un nid pour chaque adulte observé et, par conséquent, un couple nicheur composé de deux individus matures, car il n’y a généralement qu’un seul partenaire au nid, tandis que l’autre est à l’extérieur de la colonie, probablement pour chercher de la nourriture ou se reposer (Mallory et al., 2020). Comme ce fut le cas en 2009, seulement deux Mouettes blanches ont été observées dans la colonie de l’île Seymour en 2019. Il est possible que les individus qui nichaient dans cette importante colonie soient morts, qu’ils se soient dispersés pour occuper d’autres sites de nidification où ils ont été dénombrés en 2019, ou qu’ils ne se soient pas reproduits cette année‑là et qu’ils n’aient donc pas été dénombrés.
Malgré le fait que de nombreuses colonies connues ont fait l’objet de relevés et que des recherches ont été menées dans le but de trouver de nouvelles colonies en 2019, il est probable que les Mouettes blanches présentes dans l’Arctique canadien n’ont pas été toutes dénombrées. Il est possible que des colonies n’aient pas encore été découvertes ou que des individus étaient absents des colonies visitées parce qu’ils avaient abandonné leur tentative de nidification ou avaient renoncé à la reproduction cette année‑là. D’après l’avis d’experts, l’estimation minimale a été majorée de 10 % pour fournir une meilleure estimation de l’abondance, ce qui permet de tenir compte des individus qui se reproduisent dans les colonies n’ayant pas fait l’objet de relevés en 2019, et de 15 % supplémentaires pour établir une fourchette réaliste (Gilchrist, comm. pers., 2020). Une méthode semblable d’estimation de la population fondée sur l’extrapolation des dénombrements des colonies a été utilisée dans le passé pour estimer les effectifs de Mouettes blanches au Canada (par exemple Gilchrist et al., 2005; COSEWIC, 2006). Des méthodes et des hypothèses semblables ont également été utilisées pour analyser les résultats de relevés effectués récemment au Groenland (Boertmann et al., 2020), en Russie et dans l’archipel du Svalbard (Strøm et al., 2020).
Abondance
Lors des relevés exhaustifs de 2019, 46 des 61 colonies connues (75,4 %) ont été visitées de nouveau et de nombreuses zones adjacentes ont été survolées, ce qui a mené à la découverte de 4 nouvelles colonies et au dénombrement d’un total de 978 individus nicheurs (tableau 2). Comme ces relevés ont été effectués dans des conditions de vol et de visibilité idéales, la probabilité de détecter tous les individus présents aux différents sites était élevée. Aucune Mouette blanche n’avait été observée lors des visites effectuées après 1982‑1983 dans 13 des 15 colonies qui n’ont pas fait l’objet de relevés en 2019 (tableau 2).
L’estimation minimale de la taille de l’assemblage de Mouettes blanches qui se reproduisent actuellement au Canada est de 1 956 individus matures, soit le double du nombre d’individus observés dans les colonies en 2019. La meilleure estimation est de 2 152 individus matures, calculée en majorant l’estimation minimale de 10 % pour tenir compte des individus nicheurs qui n’auraient pas été dénombrés lors des relevés de 2019. Une fourchette plausible de 1 950 à 2 250 individus matures a été établie pour l’assemblage d’individus nicheurs canadien d’après les valeurs arrondies de l’estimation initiale et de l’estimation maximale majorée de 15 %.
Fluctuations et tendances
Au cours des années 1980, l’est de l’Arctique canadien aurait abrité une population de Mouettes blanches nicheuses d’au moins 1 200 couples, soit l’équivalent de 2 400 individus matures (Thomas et MacDonald, 1987), mais il faut tenir compte du fait que les activités de relevé étaient beaucoup plus limitées avant 2002 (tableau 2). L’est de l’Arctique canadien abritait donc de 20 à 30 % de la population nicheuse mondiale de l’espèce selon les estimations de l’époque, ainsi que plusieurs colonies d’importance à l’échelle mondiale (Haney et MacDonald, 1995).
Lors des relevés des colonies effectués de 2002 à 2005, le nombre maximum de Mouettes blanches observées au cours d’une année était de 402 individus (tableau 2; Gilchrist et Mallory, 2005), et aucune Mouette blanche n’avait été observée dans 25 colonies connues visitées au cours de cette période, y compris au site du glacier Sydkap, dans le sud de l’île d’Ellesmere, qui abritait auparavant une importante colonie de 287 individus (figure 4; COSEWIC, 2006). En se fondant sur des dénombrements de colonies légèrement différents de ceux de Gilchrist et Mallory (2005), le COSEPAC (2006) a estimé, tout en tenant compte du fait que certains individus n’avaient été pas dénombrés lors des relevés, que la population nicheuse canadienne comptait de 500 à 700 individus matures. Par rapport aux estimations antérieures du nombre d’individus nicheurs présents aux mêmes sites, cela correspondait à un déclin global d’environ 75 à 80 % au cours de la période de 18 ans précédente, et à un taux de déclin annuel moyen d’environ 8,4 % (tableau 2; Thomas et MacDonald, 1987; COSEWIC, 2006). Les relevés effectués à partir de 2006 ont confirmé qu’aucune des colonies considérées comme étant abandonnées au cours de la période de relevé de 2002 à 2005 n’a été occupée de nouveau, ce qui comprend les colonies situées aussi bien sur des nunataks que sur des plateaux de gravier (tableau 2; figure 4; Gilchrist et Mallory, données inédites).
Les relevés de 2006, 2009 et 2019 ont confirmé que tous les anciens sites de reproduction de l’île Devon et de la presqu’île Brodeur de l’île de Baffin ainsi que la plupart des sites dans le sud de l’île d’Ellesmere (c.‑à‑d. dans la partie méridionale de l’aire de reproduction canadienne de l’espèce) ont aussi été abandonnés (tableau 2; figures 2 et 4). Le nombre d’individus nichant dans l’île Seymour, anciennement la plus grande colonie de Mouettes blanches connue au Canada, a diminué au point où cette colonie pourrait ne plus être viable (tableau 2). En 2010, des chercheurs ont marqué 12 individus couvant des œufs dans l’île Seymour, mais aucune information n’est disponible sur la taille de la colonie cette année‑là. Le suivi par satellite des individus marqués a révélé que certains d’entre eux étaient présents dans la colonie pendant la période de reproduction de 2011, ce qui indiquerait qu’elle était active à l’époque (Spencer et al., 2014). Toutefois, seulement deux individus (ce qui correspond probablement à deux couples) ont été observés dans cette colonie lors des relevés les plus récents (2009 et 2019; tableau 2; figure 6; Gilchrist et Mallory, données inédites). Par le passé, ces colonies méridionales constituaient le bastion de l’assemblage d’individus nicheurs canadien connu.
Figure 6. Nombre de Mouettes blanches adultes observées dans les colonies canadiennes ayant fait l’objet de relevés aériens de 1980 à 2019, par zone de relevé (Gilchrist et Mallory, données inédites). Deux graphiques illustrent les tendances observées dans l’île d’Ellesmere : celui du sud‑est de l’île indique la tendance pour les colonies connues au sud du bras de mer Makinson, tandis que celui du nord‑est montre la tendance observée dans les colonies récemment découvertes au nord du bras de mer Makinson, dont certaines n’ont été découvertes qu’en 2019 et avaient alors fait l’objet d’un premier relevé.
Description longue
Les quatre graphiques sur les effectifs des colonies dans les îles Devon, Seymour et de Baffin et dans le sud‑est de l’île d’Ellesmere, affichent une tendance à la baisse, le nombre d’adultes observés étant passé de quelques centaines au début des années 1980 à 50 ou moins en 2019. Le cinquième graphique présente les données recueillies à partir de 2006 dans le nord‑est de l’île d’Ellesmere, et il affiche une tendance à la hausse. Des détails sur chaque île sont fournis ci‑dessous : Environ 650 adultes ont été observés lors du relevé effectué dans l’île de Baffin au début des années 1980. Au début des années 2000, les effectifs étaient estimés à 150 individus ou moins, alors qu’aucun individu n’a été observé au milieu de cette décennie et que le même constat a été fait lors du relevé de 2019. La tendance globale est semblable dans l’île Devon, mais seulement une centaine d’adultes y ont été observés au début des années 1980, ce qui représente une baisse marquée des effectifs. Les effectifs ont chuté à zéro ou à près de zéro dans les années 2000, une centaine d’individus ont été observés au début des années 2010, et aucun individu n’a été observé en 2019. Lors des 2 relevés effectués dans les années 1980 dans l’île Seymour, environ 225 et 350 adultes ont été observés. Au début des années 2000, les effectifs étaient nuls, et ils ont fluctué entre 0 et 200 adultes tout au long de cette décennie. Aucun individu n’a été observé en 2019. Dans le sud‑est de l’île d’Ellesmere, il y avait environ 475 adultes au début des années 1980, de 0 à 100 adultes dans les années 2000, et 50 adultes en 2019. Dans le nord‑est de l’île d’Ellesmere, environ 675 adultes ont été observés en 2006 et en 2009, et les effectifs s’établissaient à près de 925 adultes en 2019.
Malgré l’abandon de plusieurs colonies, les relevés effectués ces dernières années indiquent que le nombre total de Mouettes blanches est plus élevé que par le passé (tableau 2). La plupart des individus ont été observés dans les colonies découvertes récemment au nord du bras de mer Makinson, dans l’île d’Ellesmere. Au total, 697, 684 et 931 individus ont été dénombrés dans les zones couvertes lors des 3 relevés menés dans le nord de l’île, tandis que le déclin des effectifs s’est poursuivi dans les sites connus de nidification plus au sud (figure 6). Toutes les colonies connues dans les années 1970, période au cours de laquelle les relevés de Mouettes blanches nicheuses ont commencé, ont maintenant disparu ou sont en voie de disparaître, comme c’est le cas de la colonie de l’île Seymour.
L’un des défis rencontrés dans l’interprétation des tendances démographiques de la Mouette blanche consiste à déterminer si les colonies récemment découvertes dans l’île d’Ellesmere, au nord du bras de mer Makinson, étaient déjà établies lors des relevés antérieurs, car aucun relevé n’a été effectué dans cette région avant 2006. On ignore actuellement si les géologues qui ont découvert des colonies de Mouettes blanches dans les îles Devon et d’Ellesmere dans les années 1970 et 1980 avaient aussi survolé les zones intérieures au nord du bras de mer Makinson, ce qui n’aurait donné lieu à aucune découverte, ou si des Mouettes blanches nichant dans cette zone avaient échappé à toute détection (Gilchrist, comm. pers., 2021, 2023). Compte tenu du fait que ces sites nordiques sont extrêmement éloignés et situés à une grande distance de la côte, il est probable que ceux‑ci ont abrité des colonies de Mouettes blanches au cours des dernières décennies.
Si la plupart des nunataks sont pauvres en éléments nutritifs et largement dépourvus de végétation, l’accumulation d’excréments dans les colonies d’oiseaux de mer est une source de nutriments, en particulier d’azote et de phosphore, qui favorisent la croissance de lichens nitrophiles et d’autres végétaux pouvant tolérer des concentrations élevées en éléments nutritifs (Olech, 1990). Comme la plupart de ces lichens « ornithocoprophiles » sont orange ou jaunes, contrairement aux autres lichens polaires aux couleurs ternes (Olech, 1990), ils sont très visibles sur les pentes et les parois rocheuses dénudées des colonies d’oiseaux marins. Les lichens coprophiles et la végétation basse observés dans certaines colonies de Mouettes blanches au nord du bras de mer Makinson (Gilchrist, comm. pers., 2021, 2023) lors des relevés effectués en 2019 donnent à penser que certaines de ces colonies seraient relativement anciennes. Cependant, on ignore combien de temps il faut pour que ces lichens à croissance relativement lente se développent suffisamment pour être visibles du haut des airs.
L’estimation minimale de l’assemblage des Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada est passée de 500 individus matures en 2005 (COSEWIC, 2006) à 1 956 individus matures en 2019, et il est probable que cela est principalement attribuable à l’intensification des activités de recherche (tableau 2), qui ont mené à la découverte de plusieurs colonies importantes dans cette vaste zone où aucun relevé n’a été effectué avant 2006 (Gilchrist, comm. pers., 2021). Cette interprétation est étayée par la conclusion susmentionnée, selon laquelle de nombreuses colonies pourraient être établies depuis longtemps. Cependant, comme une partie de l’augmentation du nombre d’individus dénombrés pourrait refléter une réelle hausse de l’abondance de l’espèce, il n’est pas possible de déterminer si l’assemblage d’individus nicheurs canadien est en déclin, stable ou en croissance. Selon les estimations historiques, le nombre d’individus matures était de 2 400 dans les années 1980 (Thomas et MacDonald, 1987), mais le nombre réel était peut‑être plus élevé puisque des Mouettes blanches nichaient peut-être dans l’est de l’île d’Ellesmere à cette époque.
Les relevés de 2019 indiquent une contraction nette et considérable de l’aire de répartition de l’espèce vers le nord, jusque dans l’est de l’île d’Ellesmere, où se rencontre maintenant la quasi‑totalité de l’assemblage d’individus nicheurs canadien connu (figures 1 et 7). La Mouette blanche semble avoir déserté la quasi‑totalité des zones méridionales et occidentales de son ancienne aire de reproduction canadienne. L’espèce s’est déplacée vers le nord et l’est pour gagner quelques petites parcelles d’habitat de nidification convenable sur des nunataks situés à proximité d’une seule aire d’alimentation — la polynie des eaux du Nord — où plusieurs colonies ont été découvertes lors des relevés exhaustifs réalisés en 2019. Il est probable que l’île d’Ellesmere abrite maintenant les dernières colonies de Mouettes blanches stables dans l’Arctique canadien. Si la colonie établie sur un plateau de gravier dans l’île Seymour est maintenant inoccupée, cela signifie que toutes les colonies connues sont maintenant situées sur des nunataks et des falaises dans la partie glaciaire de l’île d’Ellesmere.
Fluctuations de la population, y compris les fluctuations extrêmes
La taille de l’assemblage de Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada ne fluctue pas beaucoup, mais le nombre d’individus matures qui tentent de se reproduire au cours d’une année donnée peut varier de façon appréciable, probablement à cause du risque de prédation ou des conditions météorologiques ou de glace de mer défavorables avant ou pendant la période de reproduction (Mallory et al., 2020).
Gravité de la fragmentation
Bien que les Mouettes blanches adultes soient très fidèles à leur colonie (Mallory et al., 2012; Spencer et al., 2014), il est fréquent qu’elles abandonnent une colonie existante pour en rejoindre une nouvelle (Mallory et al., 2020; Gilchrist, comm. pers., 2021). Cette capacité de la Mouette blanche de se déplacer d’une colonie à l’autre, les longs vols qu’elle effectue pour rechercher de la nourriture pendant la période de reproduction, et ses voies migratoires longues et flexibles indiquent qu’elle peut facilement se déplacer entre les parcelles d’habitat disponibles.
Immigration de source externe
Les colonies d’autres pays de la région holarctique pourraient constituer des populations sources (figure 1; tableau 1), car la population mondiale de Mouettes blanches est considérée comme une métapopulation génétiquement homogène présentant une faible structuration de population (Royston et Carr, 2016; Charbonnel et al., 2022) et un degré de connectivité élevé dans l’ensemble de l’aire de répartition mondiale de l’espèce (Yannic et al., 2016b), à l’exception peut‑être des colonies dans l’extrême est de la Russie.
La population de Mouettes blanches la plus proche des colonies canadiennes niche à au moins 1 000 km à l’est, dans le nord‑est et l’est du Groenland (figure 1). Cette population nicheuse compterait de 2 000 à 2 500 couples et serait relativement stable, du moins selon les observations faites au cours de la dernière décennie (tableau 1; Gilg et al., 2009; Boertmann et al. 2020). Certaines années, des phénomènes météorologiques inhabituels au Groenland, en particulier des pluies abondantes, ont entraîné l’échec complet de la reproduction (Yannic et al., 2014). L’autre population nicheuse la plus proche, soit une colonie dans l’archipel du Svalbard, en Norvège, qui compte environ 1 500 à 2 000 couples, a connu un déclin global entre 2006 et 2019 (tableau 1; Strøm et al. 2020). Les colonies russes sont plus éloignées et semblent abriter une population relativement importante et assez stable (de 3 500 à 7 000 couples; Birdlife International, 2018), mais des abandons de colonies et des échecs de reproduction y ont été observés au cours des dernières années (Gavrilo et Martynova, 2017). En outre, les Mouettes blanches qui nichent dans les colonies de l’est de la Russie pourraient être génétiquement distinctes des individus canadiens (Royston et Carr, 2016), et il est probable qu’elles utilisent une aire d’hivernage différente dans le Pacifique Nord et la mer de Béring (Strøm et al., 2019).
Une immigration de source externe est donc peu probable, et ce, même si les Mouettes blanches qui nichent dans les colonies eurasiennes hivernent dans le détroit de Davis, soit à environ 1 000 km des sites de reproduction connus au Canada (Gilg et al., 2010). Toutefois, le déclin marqué de la qualité et de l’étendue du principal habitat que la Mouette blanche utilise pour s’alimenter à la lisière des glaces au Canada donne à penser qu’une immigration provenant des populations du Groenland ou de la Russie est improbable, car les individus immigrants feraient face à la même détérioration de l’habitat qui touche actuellement l’assemblage d’individus nicheurs canadien.
Menaces
Tendances historiques, à long terme et continues en matière d’habitat
La Mouette blanche est une espèce spécialiste de la banquise, qui passe la majeure partie de son temps à chercher de la nourriture dans des eaux à forte densité de radeaux de glace pendant les périodes de reproduction, de migration et d’hivernage (Spencer et al., 2014, 2016; Gilg et al., 2016). L’étendue et l’épaisseur des glaces de mer et la quantité de glaces de plusieurs années sont en déclin depuis quelques décennies dans l’Arctique (Serreze et Meier, 2018), et ces déclins devraient s’accélérer (Holland et al., 2006). Il est donc possible qu’une grande partie de l’Arctique canadien soit libre de glaces durant toute l’année d’ici 2050 (Stephenson et al., 2011). Les modèles prévisionnels indiquent que l’étendue et l’épaisseur des glaces de mer continueront probablement de diminuer, et qu’il ne subsistera des zones de glaces de mer denses qu’entre les principales îles de l’archipel au nord des détroits de Lancaster et de Barrow (par exemple les îles de la Reine‑Élisabeth et les îles Devon et d’Ellesmere) d’ici le milieu du siècle (Sou et Flato, 2009). Les déclins continus de l’étendue des glaces de mer pourraient contraindre les Mouettes blanches à déployer davantage d’efforts pour s’alimenter — elles devront parcourir de plus grandes distances et consacrer plus de temps à la recherche de nourriture, ce qui entraîne une augmentation du coût énergétique — ou à se concentrer dans des colonies encore plus au nord. Ces phénomènes pourraient donc entraîner, chez l’espèce, des changements de répartition, la réduction de l’aire de répartition et des déclins de population continus.
Menaces actuelles et futures
La Mouette blanche est vulnérable aux effets cumulatifs de diverses menaces, qui sont classées ci‑dessous et à l’annexe 1 d’après le système unifié de classification des menaces proposé par l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Partenariat pour les mesures de conservation (UICN‑CMP; selon Salafsky et al., 2008). L’évaluation porte sur l’impact de chacune des 11 grandes catégories de menaces et de leurs sous‑catégories sur l’assemblage d’individus nicheurs canadien, en fonction de la portée (proportion de la population exposée à la menace au cours des 10 prochaines années), de la gravité (déclin prévu de la population exposée à la menace au cours des 10 prochaines années ou des 3 prochaines générations, selon la période la plus longue) et de l’immédiateté de chaque menace (annexe 1). L’impact global des menaces, calculé en tenant compte des effets distincts de toutes les catégories de menaces, est considéré comme « très élevé-élevé ». Les menaces sont abordées ci‑dessous, en ordre décroissant de gravité de l’impact. Trois menaces dont l’impact est négligeable (6.3 — Travail et autres activités, 9.2 — Effluents industriels et militaires et 9.4 — Déchets solides et ordures) ne sont pas abordées ici, mais sont mentionnées à l’annexe 1.
UICN 11. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents
11.1 — déplacement et altération de l’habitat (impact élevé‑moyen)
L’Arctique canadien continue de se réchauffer rapidement, et une diminution du volume des glaces de mer pouvant atteindre jusqu’à 75 % a été observée au cours de certains mois depuis 1979, ce qui modifie de nombreuses caractéristiques fondamentales des écosystèmes arctiques (Arctic Monitoring and Assessment Programme [AMAP], 2019). On ignore quels effets globaux ont les changements de disponibilité des proies et des conditions marines et glacielles sur la Mouette blanche. Cependant, le déclin relativement soudain de l’abondance de l’espèce dans la partie méridionale de son aire de reproduction canadienne entre les années 1980 et le début des années 2000 (Gilchrist et Mallory, 2005) de même que la contraction considérable de son aire de reproduction vers le nord‑est au cours des dernières années (Gilchrist et Mallory, données inédites; figure 4) semblent être liés à des changements à grande échelle de l’étendue et de la qualité de l’habitat de glaces de mer ainsi que de la période de disponibilité de cet habitat (AMAP, 2019). Comme la Mouette blanche dépend fortement de milieux dominés par les glaces et de la lisière des glaces tout au long de l’année (Spencer et al., 2014), elle semble extrêmement vulnérable aux changements de l’habitat et de la disponibilité des proies qui sont liés à l’augmentation à long terme de la température à la surface de la mer, à la diminution de la couverture de glace de mer et à d’autres répercussions à grande échelle des changements climatiques (Gilg et al., 2016). Étant donné que ces répercussions touchent l’ensemble de l’aire de répartition de la Mouette blanche et que les bouleversements climatiques ont des effets importants sur les écosystèmes de l’Arctique, en particulier la diminution de la durée et de l’étendue des glaces de mer, les changements climatiques sont considérés comme la plus grave menace pesant sur l’espèce (Gilg et al., 2008).
Les Mouettes blanches semblent avoir abandonné les colonies canadiennes qui étaient associées aux polynies du détroit de Lancaster, du chenal Queens et du détroit de Penny, et des détroits de Jones et de Lady Ann (Gilchrist, comm. pers., 2021), probablement à cause de changements de la disponibilité de nourriture dans ces zones, qui sont liés à l’altération des conditions glacielles et océanographiques. Il est probable que toutes les Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada dépendent maintenant de la polynie des eaux du Nord. En outre, les modifications de l’habitat qui découlent des changements climatiques peuvent constituer une menace très importante pour la persistance de l’assemblage d’individus nicheurs canadien puisqu’il semble y avoir peu d’habitats de nidification convenables actuellement inoccupés dans le nord de l’île d’Ellesmere, ce qui limite les possibilités de dispersion de l’espèce vers le Nord (Gilchrist, comm. pers., 2021). Toutefois, l’effet que pourraient avoir ces changements de l’habitat sur l’assemblage d’individus nicheurs canadien est incertain, ce qui est reflété par une fourchette de gravité de modérée à élevée.
11.4 — tempêtes et inondations (impact faible)
Les hausses de l’humidité et des précipitations sont des conséquences importantes des changements climatiques dans l’Arctique (AMAP, 2019). Dans une grande partie de l’Arctique, l’accroissement de la fréquence et de l’intensité des épisodes de fortes pluies au cours de l’été constitue une menace pour les Mouettes blanches qui nichent au sol puisque les nids sont exposés à des risques d’érosion et d’inondation. Dans le nord du Groenland, des colonies de Mouettes blanches ont été complètement abandonnées lors de phénomènes météorologiques violents caractérisés par des vents exceptionnellement forts et des pluies abondantes et prolongées (par exemple en juillet 2009 et en 2011), ce qui a entraîné une perte de productivité ces années‑là (Yannic et al., 2014). Par ailleurs, le risque d’inondation est plus élevé dans les colonies situées sur des plateaux de gravier — il est toutefois probable qu’il n’y a plus aucune colonie de ce type occupée au Canada — et les tempêtes peuvent aussi avoir des effets importants sur les colonies établies dans des falaises, notamment celles qui sont occupées actuellement dans l’île d’Ellesmere.
UICN 6. Intrusions et perturbations humaines
6.1 — activités récréatives (impact élevé‑faible)
Dans les colonies, les Mouettes blanches sont facilement dérangées et, par rapport aux autres espèces de laridés, elles sont plus susceptibles d’abandonner une colonie ayant subi une perturbation que de réagir collectivement pour s’attaquer aux intrus (Haney et MacDonald, 1995). Il est possible que des chasseurs de subsistance passent près des colonies, quoique très occasionnellement, lors de déplacements en motoneige ou en véhicule hors route, mais les sites de reproduction sont éloignés et les perturbations causées par de telles activités récréatives sont probablement extrêmement rares.
Cependant, en raison de la diminution continue de l’étendue des glaces de mer dans la baie de Baffin et le détroit de Davis en été (AMAP, 2018b), il est maintenant facile pour les croisiéristes d’accéder à toutes les colonies connues dans l’île d’Ellesmere par hélicoptère. Les colonies sont donc exposées à un risque de perturbation en raison de l’augmentation actuelle et prévue de la demande touristique dans l’Extrême‑Arctique. Les conséquences des visites touristiques répétées à proximité des colonies sont incertaines, mais elles peuvent entraîner une diminution ou une perte de productivité annuelle, voire l’abandon temporaire ou permanent de la colonie, ce qui pourrait toucher une partie importante de l’assemblage d’individus nicheurs canadien (Gilchrist, comm. pers., 2021). Le gouvernement du Nunavut a adopté des règlements pour gérer les visites, mais la grande sensibilité de la Mouette blanche aux perturbations fait en sorte que la menace posée par l’écotourisme est une préoccupation majeure, qui peut toutefois être atténuée par l’application efficace d’une réglementation appropriée.
UICN 9. Pollution
9.5 — polluants atmosphériques (impact moyen‑faible)
La bioaccumulation de contaminants dans le réseau trophique marin, comme les polluants organiques persistants et le mercure, peut avoir de graves effets sur les espèces sauvages, y compris l’affaiblissement, la baisse de fécondité et la mortalité directe des individus (AMAP, 2018a). La Mouette blanche a l’habitude de se nourrir de carcasses de mammifères marins (Mallory et al., 2020), ce qui fait qu’elle occupe une position relativement élevée dans le réseau trophique de l’Arctique (Karnovsky et al., 2009) et qu’elle est donc exposée à de fortes concentrations de contaminants. De plus, les dépôts de contaminants atmosphériques sont particulièrement élevés dans l’Arctique — sous l’effet du transport par voie atmosphérique et des températures plus basses — et comme la Mouette blanche ne se rencontre que dans cette région, sa vulnérabilité inhérente à la contamination est donc élevée (AMAP, 2018a).
Parmi toutes les espèces d’oiseaux de l’Arctique, ce sont dans les œufs de Mouette blanche que les concentrations de mercure les plus élevées ont été détectées (Braune et al., 2006), et les Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada sont celles qui présentent les concentrations les plus élevées dans toute l’aire de répartition mondiale de l’espèce (Miljeteig et al., 2009; Lucia et al., 2015). Les concentrations de méthylmercure (la forme de mercure la plus toxique) détectées dans des plumes de Mouettes blanches ont augmenté d’un facteur de 45 au cours des 130 dernières années, et comme le régime alimentaire de l’espèce n’a pratiquement pas changé, cela serait causé par l’absorption accrue de méthylmercure d’origine anthropique présent dans l’environnement (Bond et al., 2015). Les effets nocifs du mercure sur les oiseaux marins comprennent la détérioration de l’état corporel et la diminution du succès de reproduction attribuable à une baisse du taux d’éclosion des œufs ou d’envol des oisillons (Goutte et al., 2014). Les activités humaines, en particulier la combustion de charbon, sont la principale cause de la présence de mercure dans l’environnement (AMAP, 2011). Les concentrations de mercure anormalement élevées — par rapport à d’autres régions nordiques — qui ont été enregistrées dans l’Arctique canadien peuvent être attribuables aux masses d’air en provenance de l’Asie qui transportent du mercure d’origine chinoise dans la région (AMAP, 2011). Étant donné que les émissions mondiales continuent d’augmenter (Krabbenhoft et Sunderland, 2013), les teneurs en mercure devraient demeurer élevées dans l’Arctique, et l’absorption de cet élément par la Mouette blanche devrait rester stable ou augmenter. Les changements climatiques devraient aussi avoir un effet sur les taux de rejet de mercure dans l’Arctique, car les températures plus élevées entraînent un dégel plus précoce et un accroissement de la fonte des glaces, ce qui augmente le débit des cours d’eau. Cependant, les effets de la hausse des températures et de la diminution de la couverture des glaces de mer sur la biodisponibilité globale du mercure sont incertains (Stern et al., 2012).
Les mesures des composés chlorés et bromés présents dans des œufs de Mouette blanche prélevés au Canada de 1976 à 2004 montrent que les concentrations de certains composés, comme les polybromodiphényléthers, ont augmenté au fil du temps, tandis que celles de nombreux organochlorés sont demeurées stables ou ont diminué, et que les concentrations globales ne correspondent pas à une exposition létale (Braune et al., 2007). Cependant, selon des études menées dans l’archipel du Svalbard et dans l’Arctique russe, il y aurait un lien entre la présence de contaminants semblables et la diminution de 7 à 17 % de l’épaisseur de la coquille des œufs de Mouette blanche observée depuis 1930 (Mijeteig et al., 2012). Ces taux s’approchent du seuil de 16 à 20 % associé au déclin d’une population d’oiseaux attribuable à une diminution du succès de reproduction (Walker et al., 2001), ce qui indiquerait que l’amincissement de la coquille des œufs causée par des contaminants pourrait constituer une grave menace pour certaines populations de Mouettes blanches.
Des études supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les effets sublétaux cumulatifs de multiples contaminants. Dans l’ensemble, les concentrations élevées de contaminants détectées dans les tissus de Mouettes blanches au Canada donnent à penser que ceux‑ci pourraient déjà jouer un rôle dans la réduction de la productivité ou de la survie de l’espèce (Braune et al., 2006, 2007).
UICN 3. Production d’énergie et exploitation minière
3.1 — forage pétrolier et gazier (impact faible)
La pollution chronique par les hydrocarbures est un enjeu important pour la conservation des oiseaux marins dans l’est de l’Arctique canadien et le nord‑ouest de l’Atlantique (Wiese et Robertson, 2004). Les laridés sont généralement très vulnérables à la pollution par les hydrocarbures (Camphuysen, 1998). Les effets à court terme comprennent la mortalité causée par le mazoutage, qui compromet l’imperméabilité et la capacité de thermorégulation du plumage (O’Hara et Morandin, 2010; Horak et al., 2020), tandis que les effets à long terme d’une exposition sublétale comprennent des changements physiologiques et une détérioration de l’état corporel (Alonso-Alvarez et al., 2007). Dans l’Arctique canadien, la plupart des activités d’exploration et de production pétrolières et gazières ont lieu au sud des aires de reproduction et d’hivernage de la Mouette blanche, mais de telles activités sont menées actuellement à l’ouest du Groenland (AMAP, 2018b), dans des eaux probablement utilisées pendant la période postnuptiale par des individus qui se reproduisent dans les colonies de l’île d’Ellesmere. L’exploration pétrolière et gazière dans le détroit de Lancaster (AMAP, 2018b) a suscité de l’intérêt, mais cette zone fait maintenant partie de l’aire marine nationale de conservation Tallurutiup Imanga. Les effets quantitatifs de la pollution par les hydrocarbures sur les aires d’hivernage de la Mouette blanche sont inconnus, mais ils devraient être relativement faibles puisque les activités d’exploration pétrolière sont actuellement limitées. Par conséquent, la gravité de cette menace est considérée comme étant légère tout au plus.
UICN 5. Utilisation des ressources biologiques
5.1 — chasse et capture d’animaux terrestres (impact faible)
L’éloignement des colonies canadiennes de Mouettes blanches limite grandement les possibilités de chasse pendant la période de reproduction de l’espèce. Pourtant, les Inuits chassaient traditionnellement la Mouette blanche pour se nourrir au printemps et à l’automne, principalement d’individus en migration le long de la côte ouest du Groenland (Stenhouse et al., 2004). La chasse semble avoir diminué au Canada, mais il est probable que des chasseurs inuits continuent de récolter des Mouettes blanches de façon opportuniste au Groenland, et ce, malgré le fait que l’espèce y est protégée par la loi (Mallory et al., 2020). Les niveaux de récolte actuels sont considérés comme étant très faibles (Boertmann, comm. pers., 2021), mais la concentration de l’assemblage d’individus nicheurs canadien dans les colonies de l’île d’Ellesmere donne à penser que la chasse pratiquée dans les eaux du Groenland pourrait représenter un risque pour l’espèce et avoir de faibles impacts à l’échelle de la population.
Nombre de localités fondées sur les menaces
La menace plausible la plus grave qui pèse sur les Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada semble être les changements continus de la qualité de l’habitat et de la disponibilité des proies, qui découlent de changements de l’étendue et de la qualité de l’habitat de glaces de mer ainsi que de la période de disponibilité de cet habitat, causés par le réchauffement climatique (AMAP, 2019; voir la section Menaces, ci‑dessus). La présence de colonies semble liée à la disponibilité et à la qualité des polynies à proximité, celles‑ci fournissant un accès essentiel à des habitats d’alimentation en eaux libres et à la lisière des glaces à partir de mai et juin (Spencer et al., 2014). Étant donné que les changements de l’habitat liés aux changements climatiques et à la diminution de la couverture de glace de mer ont probablement des effets différents sur chaque polynie, chaque localité englobe l’ensemble des colonies de Mouettes blanches qui utilisent une polynie.
Au moment où le rapport de situation précédent (COSEWIC, 2006) a été préparé, les colonies de Mouettes blanches au Canada étaient associées à au moins quatre polynies distinctes : la polynie du détroit de Lancaster (colonies de la presqu’île Brodeur de l’île de Baffin), la polynie du chenal Queens et du détroit de Penny (colonie de l’île Seymour), la polynie du détroit de Jones et du détroit de Lady Ann (colonies de l’île Devon) et la grande polynie des eaux du Nord (colonies de l’île d’Ellesmere; Michel, 2013; Canadian Geographic, 2021; Gilchrist, comm. pers., 2021).
Lors des relevés de 2019, à l’exception d’un petit groupe observé au sud du bras de mer Makinson et des deux couples nichant dans l’île Seymour, les seules colonies de Mouettes blanches actives se trouvaient dans l’aire de reproduction principale de l’île d’Ellesmere, au nord du bras de mer Makinson (Gilchrist et Mallory, données inédites; figures 4 et 7). Comme les colonies les plus méridionales et occidentales ont été abandonnées, la majeure partie de l’assemblage d’individus nicheurs canadien se reproduit maintenant dans l’île d’Ellesmere et dépend d’une seule localité ou zone d’eaux libres dans les glaces de mer de l’Extrême‑Arctique : la polynie des eaux du Nord (Michel, 2013; Gilchrist et Mallory, données inédites). Cependant, compte tenu de la baisse de la salinité des eaux, du réchauffement des eaux et de l’amincissement des glaces de mer qui sont observés et prévus dans le détroit de Nares et la baie Smith, il est probable que la polynie des eaux du Nord connaît une baisse de productivité primaire puisqu’elle est associée à ces plans d’eau (AMAP, 2018b). Si de futurs relevés confirment que la colonie de l’île Seymour est toujours active, il y aurait deux localités, car cette colonie est adjacente à la polynie du chenal Queens et du détroit de Penny. Par conséquent, le nombre actuel de localités est estimé à une ou deux, alors qu’il était d’au moins quatre (polynies) au cours des deux ou trois dernières générations.
Protection, statuts et activités de rétablissement
Statuts et protection juridiques
La Mouette blanche a été inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril comme espèce en voie de disparition au Canada en avril 2006 (Government of Canada, 2019a), et elle est protégée par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (Government of Canada, 2017), qui interdit de nuire aux oiseaux et de perturber ou de détruire leurs nids et leurs œufs.
La Mouette blanche est généralement considérée comme une espèce en péril dans l’ensemble de son aire de répartition. L’espèce est également protégée aux États‑Unis par le Migratory Birds Treaty Act (USFWS, 2017). La Mouette blanche figure sur la liste des espèces vulnérables au Groenland (Boertmann et Bay, 2018) et en Norvège (Henriksen et Hilmo, 2015), et elle est considérée comme une espèce rare en Russie (Iliashenko et Iliashenko, 2000). À l’échelle mondiale, la Mouette blanche est considérée comme une espèce « quasi menacée » par l’UICN (BirdLife International, 2018).
Des priorités en matière de recherche et de conservation ont été établies dans un programme fédéral de rétablissement de la Mouette blanche au Canada publié en 2014 (Environment Canada, 2014). En 2008, le Groupe de travail sur les oiseaux de mer circumpolaires, qui relève du programme de conservation de la flore et de la faune arctiques du Conseil de l’Arctique (CAFF; Gilchrist et al., 2008), a élaboré une stratégie de conservation et un plan d’action internationaux visant la Mouette blanche.
Statuts et classements non juridiques
La Mouette blanche est considérée comme une espèce « quasi menacée » à l’échelle mondiale par l’UICN (BirdLife International, 2018). Selon NatureServe, l’espèce est « apparemment en sécurité » à l’échelle mondiale (G4; tableau 3; NatureServe, 2020), tandis qu’au Canada, elle est considérée comme une espèce reproductrice et migratrice « gravement en péril » (N1B, N1M, N1N; NatureServe, 2020). À l’échelle provinciale et territoriale, la Mouette blanche est considérée comme une espèce reproductrice et migratrice « gravement en péril » au Nunavut (S1B, S1N, S1M), comme une espèce non reproductrice et migratrice « gravement en péril » à Terre-Neuve-et-Labrador (S1N, SUM), et comme une espèce non reproductrice « gravement en péril » et une espèce migratrice « possiblement disparue » dans les Territoires du Nord-Ouest (S1N, SHB; NatureServe, 2020). Aux États‑Unis, la Mouette blanche est considérée comme une espèce non reproductrice « apparemment en sécurité » à l’échelle nationale (N4N), tandis qu’elle est considérée comme étant « vulnérable » (S3N) en Alaska et « non classée » (SNRN) dans l’État de New York (NatureServe, 2020).
| Monde | G4a | Apparemment en sécuritéb |
|---|---|---|
Canada |
N1B, N1N, N1M |
Gravement en péril |
Terre-Neuve-et-Labrador |
S1N, SUM |
Gravement en péril |
Territoires du Nord-Ouest |
SHB, S1N |
Possiblement disparue |
Nunavut |
S1B, S1N, S1M |
Gravement en péril |
États‑Unis |
sans objet | sans objet |
Alaska |
S3N |
Vulnérable |
a G = mondial; N (au début de la cote) = national; S = infranational; B = population reproductrice; N (à la fin de la cote) = population non reproductrice; 1 = gravement en péril; 3 = vulnérable; 4 = apparemment en sécurité;
b Désignation en tant qu’espèce en voie de disparition, menacée ou préoccupante (ou statuts équivalents) à l’échelle de la province, du territoire ou de l’État.
Protection et propriété de l’habitat
L’île Seymour, qui abritait une grande colonie de Mouettes blanches depuis au moins les années 1970, et les eaux environnantes ont été désignées comme un refuge d’oiseaux migrateurs en 1975, principalement en raison de la présence de Mouettes blanches (Government of Canada, 2019b). Toutefois, il est possible que cette colonie soit maintenant inoccupée (Gilchrist et Mallory, données inédites). L’île Seymour a également été désignée comme un habitat marin clé au Nunavut (Mallory et Fontaine, 2004), et Oiseaux Canada et BirdLife International la reconnaissent comme une zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO; NU045; Environment Canada, 2020).
Plusieurs zones du Nunavut où la Mouette blanche a été observée sont désignées comme des ZICO. Celles‑ci abritaient des colonies ou constituent des sites de reproduction potentiels : les montagnes Inglefield (NU014), le glacier Sydkap (NU055), le cap Vera (NU053), les nunataks de l’est de l’île Devon (NU057), le nord‑ouest de la presqu’île Brodeur (NU065), le sud‑ouest de l’île Bylot (NU013), le cap Graham Moore (NU068), et plusieurs sites utilisés en automne, comme le sud‑ouest de l’île Bylot, le cap Graham Moore et le cap Hay (NU004; Birds Canada, 2020). Cependant, aucune Mouette blanche ne niche actuellement dans ces zones. La Mouette blanche a également été observée dans deux ZICO à Terre-Neuve-et-Labrador, soit la côte du cap Freels et l’île Cabot (NF025) au printemps, et le lac Quidi Vidi (NF022) en hiver (Birds Canada, 2020). Les ZICO ne protègent pas officiellement l’espèce ou son habitat, mais comme la Mouette blanche figure à l’annexe 1 de la LEP, il est interdit de déranger des individus ou de leur nuire et de perturber ou d’endommager leurs nids.
Activités de rétablissement
Le Programme de rétablissement de la Mouette blanche (Pagophila eburnea) au Canada (Environnement Canada, 2014) comprenait quatre objectifs en matière de répartition et de population : 1) dans la partie est de l’île d’Ellesmere, préserver et maintenir la moyenne quinquennale de la population de la Mouette blanche au niveau de 2009; 2) sur l’île Seymour, maintenir la population annuelle à 100 individus; 3) sur l’île de Baffin, l’île Cornwallis et l’île Devon, maintenir la présence de Mouettes blanches; 4) maintenir la présence hivernale des Mouettes blanches au Canada, notamment dans les eaux canadiennes du détroit de Davis et de la baie de Baffin ainsi que dans les eaux au large des côtes du Labrador. Les relevés effectués en 2019 (Gilchrist et Mallory, données inédites) semblent indiquer que seuls les objectifs 1 et 4 sont atteints.
Les conditions climatiques changeantes dans l’Arctique présentent des risques considérables pour la Mouette blanche, mais comme l’ont conclu Robertson et al. (2007), les mesures qui peuvent être prises à court terme pour en atténuer les effets sont limitées. Les recherches récentes visaient principalement à évaluer les tendances démographiques et la santé des populations de Mouettes blanches dans l’aire de reproduction circumpolaire de l’espèce, et à déterminer si les déclins possibles de l’assemblage d’individus nicheurs canadien sont attribuables à des menaces régionales ou à celles qui pèsent sur la population mondiale.
Sources d’information
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Collections examinées
Aucune collection n’a été examinée lors de la préparation du présent rapport.
Experts contactés
- Boertmann, D. Chercheur en biologie, Arctic Research Centre, Université d’Aarhus, Roskilde (Danemark)
- Gaston, A.J. Chercheur scientifique (retraité), Direction des sciences de la faune et du paysage, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa (Ontario)
- Gavrilo, M. Chercheuse scientifique, Arctic and Antarctic Research Institute, Saint‑Pétersbourg (Russie)
- Gilchrist, H.G. Chercheur scientifique, Direction des sciences de la faune et du paysage, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa (Ontario)
- Mallory, M.L. Professeur, département de biologie, Université Acadia, Wolfville (Nouvelle-Écosse)
- Rail, J.‑F. Biologiste, Section de l’évaluation de la faune et de l’habitat, Service canadien de la faune — Région du Québec, Environnement et Changement climatique Canada, Québec (Québec)
- Robertson, G.J. Chercheur scientifique, Direction des sciences de la faune et du paysage, Environnement et Changement climatique Canada, St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador)
- Sinclair, P. Biologiste de la conservation, Service canadien de la faune — Région du Québec, Environnement et Changement climatique Canada, Whitehorse (Yukon)
Remerciements
Le financement nécessaire à la préparation du présent rapport a été fourni par Environnement et Changement climatique Canada, et le soutien administratif a été fourni par Marie‑France Noël, Amit Saini et Karen Timm. Les experts énumérés ci‑dessus ont fourni des données utiles et de précieux conseils. Grant Gilchrist et Mark Mallory ont apporté une aide particulièrement précieuse en fournissant des données inédites et des observations personnelles cruciales. Les rédacteurs du rapport remercient le Sous‑comité des connaissances traditionnelles autochtones du COSEPAC, qui a préparé le rapport sur les sources de CTA pour la Mouette blanche au Canada. Andrew Gilbert, du Biodiversity Research Institute, a créé la carte de répartition des colonies (figure 2), Sydney Allen, du Secrétariat du COSEPAC, a créé les cartes de la figure 4, et Cody Dey a créé les graphiques de tendances (figure 6) et les cartes de la figure 7. Les rédacteurs du rapport tiennent également à remercier Richard Elliot, coprésident du Sous‑comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC, pour le soutien et les conseils fournis au cours de la préparation du présent rapport d’évaluation, ainsi que les membres du Sous‑comité, soit Louise Blight, Tara Imlay et Paul Smith, pour la révision des ébauches du rapport.
Figure 7. Répartition et taille relative des colonies de Mouettes blanches dans l’Arctique canadien. Les colonies ont été visitées lors de quatre périodes de relevé, et la figure permet de comparer la répartition des colonies entre les années 1980 et les trois relevés plus récents réalisés en 2006, en 2009 et en 2019 (Gilchrist et Mallory, données inédites). Les colonies actives sont indiquées par des cercles rouges, et les colonies inactives visitées sont représentées par des cercles noirs. La taille des cercles rouges indique le nombre relatif d’individus observés dans chaque colonie.
Description longue
Quatre petites cartes montrant une zone dans l’Arctique qui s’étend depuis le 73e degré de latitude nord jusqu’au 78e degré de latitude nord, et depuis le 100e degré de longitude ouest jusqu’au 80e degré de longitude ouest. Cette zone comprend le sud de l’île d’Ellesmere, les îles Devon, Cornwallis et Seymour et la presqu’île Brodeur de l’île de Baffin. La comparaison de la carte de 1982‑1983 et des trois cartes des années ultérieures (2006, 2009 et 2019) indique que, de façon générale, le nombre et la taille des colonies sont en baisse dans la plupart des zones, sauf dans le bras de mer Makinson de l’île d’Ellesmere, où le nombre de colonies actives augmente au fil du temps.
La carte de 1982‑1983 indique qu’il y a une grande colonie active dans l’île Seymour, une grande colonie et deux colonies de taille moyenne dans la zone du bras de mer Makinson de l’île d’Ellesmere, une grande colonie sur la côte sud de l’île d’Ellesmere, une petite colonie et trois colonies de taille moyenne dans l’est de l’île Devon, et de nombreuses colonies de taille moyenne et grande dans la presqu’île Brodeur (dans cette zone, les cercles représentant des colonies se chevauchent à tel point qu’il est difficile d’en déterminer le nombre et la taille avec précision). Aucune colonie inactive n’est indiquée sur la carte de 1982‑1983.
Sur la carte de 2006, il y a une grande colonie active dans l’île Seymour, plusieurs colonies de taille moyenne et grande, et une petite colonie dans la zone du bras de mer Makinson de l’île d’Ellesmere, une petite colonie dans l’est de l’île Devon, et une petite colonie dans la presqu’île Brodeur. De plus, la carte de 2006 indique qu’il y a de nombreuses colonies inactives, dont un grand nombre dans la zone du bras de mer Makinson, une sur la côte sud de l’île d’Ellesmere, plusieurs dans la presqu’île Brodeur, une dans l’île Cornwallis, une dans le centre‑ouest de l’île Devon et une dans l’est de l’île Devon.
Sur la carte de 2009, il y a une petite colonie active dans l’île Seymour, plusieurs grandes colonies dans la zone du bras de mer Makinson de l’île d’Ellesmere, et une colonie de taille moyenne dans le centre‑ouest de l’île Devon. De plus, la carte de 2009 indique qu’il y a de nombreuses colonies inactives, dont un grand nombre dans la zone du bras de mer Makinson, une sur la côte sud de l’île d’Ellesmere, une dans l’île Cornwallis et deux autres dans l’est de l’île Devon. La carte de 2009 ne montre aucun cercle dans la presqu’île Brodeur.
Sur la carte de 2019, il y a une petite colonie active dans l’île Seymour et plusieurs colonies de grande, de moyenne et de petite taille dans la zone du bras de mer Makinson de l’île d’Ellesmere. De plus, la carte de 2019 indique qu’il y a de nombreuses colonies inactives, dont un grand nombre dans la zone du bras de mer Makinson, une sur la côte sud de l’île d’Ellesmere, cinq dans la presqu’île Brodeur et cinq dans l’île Devon (deux dans le nord‑ouest, une dans le centre‑ouest et deux dans l’est de l’île Devon).
Sommaire biographique des rédacteurs du rapport
Iain J. Stenhouse étudie l’écologie aviaire depuis 30 ans, et la plupart de ses travaux portent sur les oiseaux marins qui se reproduisent dans le Nord. Dans le cadre de ses études doctorales et postdoctorales à l’Université Memorial de Terre‑Neuve, il a passé plusieurs années dans l’Arctique canadien pour mener des recherches sur les laridés qui se reproduisent dans l’Arctique, notamment la Mouette blanche, et il a publié de nombreux articles sur leur comportement et leur écologie. M. Stenhouse a été membre du Sous‑comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC de 2010 à 2017. Il est actuellement directeur du programme de l’Arctique et du programme des oiseaux marins du Biodiversity Research Institute, à Portland, dans le Maine.
Edward Jenkins a étudié les oiseaux en Australie, au Canada, en Chine, en Israël, aux États‑Unis et au Royaume‑Uni, et ses travaux de recherche portent principalement sur l’écologie et la conservation. Son expérience des oiseaux de mer menacés a été acquise au cours des deux années pendant lesquelles il a travaillé pour le ministère de la Conservation de la Nouvelle‑Zélande, et avec BirdLife International, à Malte, dans le cadre d’un mandat d’un an. M. Jenkins a obtenu un diplôme de maîtrise ès sciences en biologie de l’Université du Manitoba, où il a étudié la dynamique des niches alimentaires de l’assemblage des oiseaux marins du nord‑est de Terre‑Neuve. Il est biologiste aviaire au Biodiversity Research Institute, à Portland, dans le Maine, et il fait partie des équipes responsables des oiseaux chanteurs, des oiseaux marins et des énergies renouvelables.
Annexe 1. Tableau du calculateur des menaces pesant sur la mouette blanche
Nom scientifique de l’espèce ou de l’écosystème
Mouette blanche (Pagophila eburnea)
Date
2021-06-23
Évaluateurs
Dwayne Lepitzki (facilitateur), Iain Stenhouse (rédacteur), Ed Jenkins (rédacteur), Richard Elliot (coprésident du Sous‑comité de spécialistes des oiseaux), Marie‑France Noël (Secrétariat du COSEPAC), Amit Saini (Secrétariat du COSEPAC), Christian Artuso, Louise Blight, Dave Fifield, Marcel Gahbauer, Grant Gilchrist, Tara Imlay, Mark Maftei, Mark Mallory, Greg Robertson, Kyle Ritchie et Paul Smith
Références
Versions préliminaires du rapport de situation et du calculateur des menaces
Impact des menaces |
Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - maximum de la plage d’intensité |
Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - minimum de la plage d’intensité |
|---|---|---|
A (très élevé) |
0 |
0 |
B (élevé) |
2 |
0 |
C (moyen) |
1 |
1 |
D (faible) |
2 |
4 |
Impact global des menaces calculé : |
Très élevé |
Élevé |
Ajustement de la valeur de l’impact global calculée - justification :
Aucun changement
Impact global des menaces - commentaires :
Comme la durée de génération de la Mouette blanche est d’environ 8 ans, la gravité et l’immédiateté des menaces sont évaluées sur une période de 24 ans. Toutes les Mouettes blanches qui font partie de l’assemblage d’individus nicheurs canadien se reproduisent dans l’Extrême‑Arctique et hivernent dans le détroit de Davis et la mer du Labrador. La taille de la population est petite (de 1 950 à 2 250 individus matures selon les estimations), et l’aire de reproduction a considérablement diminué au cours des 20 dernières années. Il est présumé que les individus de toutes les colonies connues (possiblement à une petite exception près) nichent maintenant dans les falaises de nunataks entourés de vastes champs de glace dans l’île d’Ellesmere, et utilisent une seule zone d’alimentation, soit la polynie des eaux du Nord, pendant la période de reproduction.
Nombre |
Menace |
Impact |
Impact (calculé) |
Portée (10 prochaines années) |
Gravité (10 ans ou 3 générations) |
Immédiateté |
Commentaires |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
1 |
Développement résidentiel et commercial |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
1.1 |
Zones résidentielles et urbaines |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
1.2 |
Zones commerciales et industrielles |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
1.3 |
Zones touristiques et récréatives |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | Les infrastructures limitées prévues pour les nouveaux parcs nationaux et aires marines protégées dans l’Arctique canadien n’auront vraisemblablement aucun effet sur la Mouette blanche. |
2 |
Agriculture et aquaculture |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
2.1 |
Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
2.2 |
Plantations pour la production de bois et de pâte |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
2.3 |
Élevage de bétail |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
2.4 |
Aquaculture en mer et en eau douce |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
3 |
Production d’énergie et exploitation minière |
D |
Faible |
Petite (1-10 %) |
Légère (1-10 %) |
Élevée (continue) |
sans objet |
3.1 |
Forage pétrolier et gazier |
D |
Faible |
Petite (1-10 %) |
Légère (1-10 %) |
Élevée (continue) |
La plupart des activités d’exploration et de production pétrolières et gazières menées au Canada ont lieu au sud des aires de reproduction et d’hivernage de la Mouette blanche, mais de telles activités sont menées dans les eaux à l’ouest du Groenland, qui sont probablement occupées par des individus de colonies canadiennes au cours de la période postnuptiale. La gravité est incertaine, mais il est probable qu’elle est légère tout au plus. Les effets des déversements d’hydrocarbures sont abordés à la section 9.2 — Effluents industriels et militaires. |
3.2 |
Exploitation de mines et de carrières |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | La diminution continue de l’étendue et de la durée des glaces de mer permettra aux humains d’accéder plus facilement à l’Arctique, ce qui se traduira probablement par une augmentation des activités d’exploration et d’exploitation minières, mais la plupart de ces changements surviendront au‑delà de la période de dix ans. L’exploration minière était une menace qui pesait sur les colonies établies dans la presqu’île Brodeur ainsi que sur des plateaux de gravier, mais aucun de ces sites de nidification n’est occupé actuellement. La quasi‑totalité des Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada niche maintenant dans l’île d’Ellesmere, loin au nord des sites miniers actuels, comme le projet de mine de fer de la rivière Mary, dans l’île de Baffin. |
3.3 |
Énergie renouvelable |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
4 |
Corridors de transport et de service |
sans objet | N’est pas une menace |
Grande (31‑70 %) |
Neutre ou avantage possible |
Élevée (continue) |
sans objet |
4.1 |
Routes et voies ferrées |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
4.2 |
Lignes de services publics |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
4.3 |
Voies de transport par eau |
sans objet | N’est pas une menace |
Grande (31‑70 %) |
Neutre ou avantage possible |
Élevée (continue) |
Habituellement, les Mouettes blanches ne suivent pas les navires, mais elles peuvent être attirées par le plancton ramené à la surface et les glaces brisées dans le sillage d’un navire. Lors de la migration, la plupart des Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada empruntent le détroit de Davis, à une bonne distance de la route maritime du projet de la rivière Mary, dans le détroit de Lancaster. Les effets des déversements d’hydrocarbures découlant des activités de transport maritime sont abordés à la section 9.2 — Effluents industriels et militaires. |
4.4 |
Corridors aériens |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | Dans l’Arctique, il n’y a aucune route aérienne, commerciale ou non commerciale fréquemment utilisée à proximité de zones occupées par la Mouette blanche, mais il est possible que des survols effectués par des sociétés minières aient contribué à l’abandon apparent de la colonie de l’île Seymour ces dernières années. |
5 |
Utilisation des ressources biologiques |
D |
Faible |
Généralisée-grande (31‑100 %) |
Légère (1-10 %) |
Élevée (continue) |
sans objet |
5.1 |
Chasse et capture d’animaux terrestres |
D |
Faible |
Généralisée-grande (31‑100 %) |
Légère (1-10 %) |
Élevée (continue) |
La chasse a diminué au fil du temps au Canada, et les niveaux de récolte actuels sont probablement négligeables. Les Inuits du Groenland continuent de récolter des Mouettes blanches de façon opportuniste, mais cette pratique est illégale et connaît vraisemblablement un déclin. Il est probable que cette menace pèse sur un pourcentage faible, mais non négligeable, des Mouettes blanches qui se reproduisent au Canada, car les individus qui nichent dans les colonies de l’île d’Ellesmere migrent souvent le long des côtes du Groenland, ce qui accroît le risque. |
5.2 |
Cueillette de plantes terrestres |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
5.3 |
Exploitation forestière et récolte du bois |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
5.4 |
Pêche et récolte de ressources aquatiques |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | La pêche pratiquée dans les aires d’hivernage de la Mouette blanche dans l’Arctique canadien a peu d’effets sur l’espèce puisqu’elle n’est généralement pas attirée par les bateaux de pêche. |
6 |
Intrusions et perturbations humaines |
BD |
Élevé–faible |
Grande-restreinte (11‑70 %) |
Élevée‑modérée (11‑70 %) |
Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) |
sans objet |
6.1 |
Activités récréatives |
BD |
Élevé–faible |
Grande-restreinte (11-70 %) |
Élevée‑modérée (11‑70 %) |
Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) |
Les colonies de Mouettes blanches sont facilement dérangées, et l’espèce peut abandonner une colonie en cas de perturbation. Par le passé, l’éloignement des sites de reproduction limitait les perturbations. Cependant, le tourisme d’aventure suscite un intérêt croissant et l’offre de visites non réglementées en hélicoptère des colonies de l’île d’Ellesmere, de plus en plus accessibles, augmente rapidement. Il s’agit là d’une préoccupation importante pour les 10 prochaines années, mais la hausse du taux d’exposition est difficile à estimer. Les conséquences des visites touristiques répétées sont également incertaines, mais il est probable qu’elles entraînent une baisse de la productivité ou l’abandon des colonies, ce qui pourrait toucher une grande partie de l’assemblage d’individus nicheurs canadien. La plupart des effets négatifs du tourisme pourraient être atténués par l’application efficace d’une réglementation appropriée. |
6.2 |
Guerre, troubles civils et exercices militaires |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
6.3 |
Travail et autres activités |
sans objet | Négligeable |
Généralisée (71‑100 %) |
Négligeable (< 1 %) |
Élevée (continue) |
Les activités industrielles menées à proximité des colonies ou des aires d’alimentation de la Mouette blanche pourraient entraîner une dégradation de l’habitat et causer du bruit et d’autres perturbations. Toutefois, aucune activité industrielle n’a été observée à proximité des colonies occupées actuellement. La plupart des colonies restantes se trouvent sur des nunataks entourés de vastes champs de glace, loin des zones où des travaux sont prévus. On ne sait pas exactement comment pourraient réagir les Mouettes blanches exposées à des aéronefs volant à basse altitude ou à d’autres activités de transport liées à l’industrie. Les perturbations causées par les visites en hélicoptère qu’effectuent les chercheurs (évaluées ici) sont généralement brèves et limitées aux relevés réalisés environ une fois par décennie. En outre, les visites sont effectuées de manière à réduire au minimum les effets sur la productivité, le site des colonies et la survie de l’espèce. |
7 |
Modifications des systèmes naturels |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
7.1 |
Incendies et suppression des incendies |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
7.2 |
Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
7.3 |
Autres modifications de l’écosystème |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | Hormis les modifications liées aux changements climatiques abordées à la section 11.1 — Déplacement et altération de l’habitat), il est peu probable que les activités humaines qui modifient les habitats dans les aires de reproduction ou d’hivernage aient des effets sur la Mouette blanche ou ses ressources alimentaires. |
8 |
Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
8.1 |
Espèces ou agents pathogènes exotiques (non indigènes) envahissants |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
8.2 |
Espèces ou agents pathogènes indigènes problématiques |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | Dans les falaises isolées utilisées pour la nidification, les Mouettes blanches adultes, les oisillons et les œufs sont exposés aux prédateurs aériens, comme le Goéland bourgmestre, le Grand Corbeau et les labbes, ce qui correspond probablement à un risque de prédation naturelle. Dans les plateaux de gravier côtiers, le risque de prédation par l’ours blanc peut être accru à cause des changements climatiques d’origine humaine, mais comme ces sites de nidification ne sont généralement plus utilisés par la Mouette blanche au Canada, ce risque est considéré comme négligeable et n’est donc pas pris en compte. |
8.3 |
Matériel génétique introduit |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
8.4 |
Espèces ou agents pathogènes problématiques d’origine inconnue |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
8.5 |
Maladies d’origine virale ou maladies à prions |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
8.6 |
Maladies de cause inconnue |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
9 |
Pollution |
CD |
Moyen-faible |
Généralisée (71‑100 %) |
Modérée‑légère (1‑30 %) |
Élevée (continue) |
sans objet |
9.1 |
Eaux usées domestiques et urbaines |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
9.2 |
Effluents industriels et militaires |
sans objet | Négligeable |
Négligeable (< 1 %) |
Extrême (71‑100 %) |
Élevée (continue) |
Les Mouettes blanches qui se reproduisent dans l’Extrême‑Arctique canadien ne sont pas exposées aux déversements d’hydrocarbures actuellement, mais le trafic maritime pourrait augmenter à proximité de certaines aires d’alimentation utilisées par les individus des colonies connues en raison du réchauffement climatique à venir. Les Mouettes blanches qui nichent dans des colonies canadiennes et hivernent dans la mer du Labrador peuvent être exposées à un très faible risque de déversements provenant de plateformes pétrolières et gazières extracôtières dans le nord des bancs de Terre-Neuve, et de navires desservant les collectivités côtières et les exploitations minières dans le nord du Labrador et l’île de Baffin. Toutefois, la plupart des Mouettes blanches se rencontrent au nord de ces zones. |
9.3 |
Effluents agricoles et sylvicoles |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
9.4 |
Déchets solides et ordures |
sans objet | Négligeable |
Grande-restreinte (11‑70 %) |
Négligeable (< 1 %) |
Élevée (continue) |
La Mouette blanche n’a fait l’objet d’aucune étude de cette nature, mais les menaces que pose la pollution par le plastique pourraient croître sous l’effet de l’augmentation du transport maritime dans l’Arctique canadien. La Mouette blanche est une espèce qui se nourrit à la surface de l’eau, et elle peut confondre de petits débris de plastique flottant dans les eaux marines de l’Arctique avec des proies. Puisque rien ne prouve que les microplastiques ont des effets sur la santé des laridés, et que la plupart des espèces de cette famille régurgitent les débris de plastique de grande taille, la gravité de cette menace devrait être négligeable. |
9.5 |
Polluants atmosphériques |
CD |
Moyen-faible |
Généralisée (71‑100 %) |
Modérée‑légère (1‑30 %) |
Élevée (continue) |
Les œufs de la Mouette blanche affichent des concentrations élevées de mercure, et les concentrations de méthylmercure dans les plumes de l’espèce ont augmenté d’un facteur de 45 sur 130 ans. Au Canada, les concentrations de polybromodiphényléthers dans les œufs de Mouette blanche ont augmenté entre 1976 et 2004, et des études ont établi un lien entre la présence de contaminants semblables et une diminution de 7 à 17 % de l’épaisseur de la coquille des œufs de la Mouette blanche depuis 1930. De nombreux contaminants atmosphériques sont présents dans l’Arctique, et à des concentrations susceptibles de causer des effets sublétaux. La gravité est considérée comme étant modérée à légère, car il est très probable que les fortes concentrations de contaminants contribuent à réduire les taux de productivité ou de survie de la Mouette blanche au Canada. |
9.6 |
Apports excessifs d’énergie |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
10 |
Phénomènes géologiques |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
10.1 |
Volcans |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
10.2 |
Tremblements de terre et tsunamis |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
10.3 |
Avalanches et glissements de terrain |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
11 |
Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents |
BC |
Élevé-moyen |
Généralisée (71‑100 %) |
Élevée‑modérée (11‑70 %) |
Élevée (continue) |
sans objet |
11.1 |
Déplacement et altération de l’habitat |
BC |
Élevé-moyen |
Généralisée (71‑100 %) |
Élevée‑modérée (11‑70 %) |
Élevée (continue) |
Le déclin relativement soudain de l’abondance de la Mouette blanche entre les années 1980 et le début des années 2000, de même que la récente contraction de l’aire de reproduction vers le nord‑est et l’abandon de colonies associées à trois polynies, découlent probablement d’altérations à grande échelle des habitats de l’Extrême‑Arctique attribuables aux changements climatiques. Les phénomènes qui sont à l’origine de ces changements ne sont pas bien compris, mais ils sont probablement liés à la hausse des températures à la surface de la mer, à des changements de la période de disponibilité de la nourriture, de la quantité et de la qualité de la nourriture disponible, de l’étendue et de la qualité de l’habitat de glaces de mer ainsi que de la période de disponibilité de cet habitat. Comme il y a peu de milieux convenables à la nidification actuellement inoccupés dans l’île d’Ellesmere, ce qui limite la capacité de la Mouette blanche de se disperser vers le nord, le déplacement de l’habitat lié aux changements climatiques semble être une menace très importante pour la persistance de l’espèce au Canada. Les Mouettes blanches utilisaient auparavant quatre polynies, mais comme plusieurs colonies ont été abandonnées, il est probable que tous les individus qui se reproduisent au Canada dépendent maintenant de la polynie des eaux du Nord à certaines périodes de l’année. La fourchette des valeurs attribuées à la gravité reflète l’incertitude concernant l’effet que pourrait avoir sur la population un déplacement de l’habitat attribuable aux changements climatiques. |
11.2 |
Sécheresses |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
11.3 |
Températures extrêmes |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | Certains laridés abandonnent leur nid lorsque les températures sont anormalement élevées dans le Bas‑Arctique, mais ce comportement n’a pas été observé chez la Mouette blanche. Comme l’espèce a généralement déserté les plateaux de gravier pour nicher dans des falaises, le risque posé par les températures extrêmes pourrait être réduit. |
11.4 |
Tempêtes et inondations |
D |
Faible |
Restreinte-petite (1‑30 %) |
Modérée‑légère (1‑30 %) |
Élevée (continue) |
La hausse de la fréquence et de l’intensité des épisodes de fortes pluies dans l’Arctique constitue une menace pour la Mouette blanche, car les nids risquent d’être inondés ou détruits. Des colonies établies sur des plateaux de gravier dans le nord du Groenland ont été abandonnées à la suite de tempêtes d’une intensité exceptionnelle (vents forts et pluies abondantes), ce qui a entraîné une perte de productivité ces années‑là. Le risque d’inondation est plus élevé dans les colonies situées sur des plateaux de gravier — il est toutefois probable qu’il n’y a plus aucune colonie de ce type occupée au Canada — et les tempêtes peuvent avoir des effets importants sur les colonies établies dans des falaises. |
12 |
Autres impacts |
sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet | sans objet |
Classification des menaces d’après l’IUCN‑CMP, Salafsky et al. (2008).