Mouette rosée (Rhodostethia rosea) : évaluation et rapport de situation du COSEPAC 2021

Titre officiel : Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur la Mouette rosée Rhodostethia rosea au Canada

Comité sur la situation des espèces en peril au Canada (COSEPAC)
En voie de disparition 2021

Matériel appartenant à des tierces parties

Suite à l’Avis pour ce site Web, certaines photos ainsi que certains dessins et éléments graphiques se trouvant dans les documents produit par le COSEPAC peuvent être assujettis à des droits d'auteur appartenant à d'autres organisations et personnes. Dans de tels cas, des restrictions concernant l’utilisation, la reproduction, la communication de telles œuvres protégées par le droit d’auteur peuvent s'appliquer, et il peut être nécessaire de demander l'autorisation aux détenteurs de ces droits, avant de reproduire, utiliser ou communiquer ces œuvres.

Photo d'une Mouette rosée
Mouette rosée
Information sur le document

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2021. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Mouette rosée (Rhodostethia rosea) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xiii + 41 p. (Registre public des espèces en péril).

Rapport(s) précédent(s) : COSEPAC. 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Mouette rosée (Rhodostethia rosea) au Canada - Mise à jour, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vii + 27 p.

COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Mouette rosée (Rhodostethia rosea) au Canada - Mise à jour, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vi + 14 p.

Alvo, R., D. McRae, S. Holohan et G. Divoky. 1996. Update COSEWIC status report on the Ross’s Gull Rhodostethia rosea in Canada, Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada, Ottawa, 1-15 p.

Macey, A. 1981. COSEWIC status report on the Ross’s Gull Rhodostethia rosea in Canada, Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada, Ottawa, 1-20 p.

Note de production : Le COSEPAC remercie Mark Maftei d’avoir rédigé le rapport de situation sur la Mouette rosée (Rhodostethia rosea) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Richard Elliot, coprésident du Sous-comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : ec.cosepac-cosewic.ec@canada.ca
Site web : www.cosepac.ca

Also available in English under the title “COSEWIC Assessment and Status Report on the Ross’s Gull Rhodostethia rosea in Canada”.

Illustration/photo de la couverture : Mouette rosée — Photo de : Mark Maftei

COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Avril 2021

Nom commun : Mouette rosée

Nom scientifique : Rhodostethia rosea

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Cette petite mouette peu connue niche dans une à trois colonies situées dans l’Extrême-Arctique canadien et hiverne probablement dans la mer du Labrador. Moins de 20 individus matures se reproduisent au Canada, bien qu’un nombre à peu près similaire d’individus puissent être présents sans être détectés. Grand nombre d’individus migrant à l’automne observés chaque année au large du nord de l’Alaska proviennent probablement d’une grande population distincte de l’est de la Russie. Au Canada, la productivité de l’espèce est faible, et souvent, la reproduction est reportée ou abandonnée; aucun oisillon n’a pris son envol dans la seule colonie canadienne active connue sur une période de 14 ans. Ces facteurs contribuent au déclin continu inféré de la population. L’abandon des sites de nidification dans le Bas-Arctique depuis la dernière évaluation a entraîné une diminution de l’aire de répartition de l’espèce et du nombre de localités au Canada; l’aire de reproduction de l’espèce est maintenant limitée à l’Extrême-Arctique. Les principales menaces nuisant au succès de reproduction comprennent la prédation des oisillons par la Sterne arctique dans les colonies et la contamination par des substances chimiques toxiques aéroportées. Les effets des changements climatiques en cours sur la disponibilité de nourriture, le succès de reproduction et la survie des adultes sont en grande partie inconnus.

Répartition : Nunavut, Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador, océan Arctique, océan Atlantique

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1981. Réexamen et confirmation du statut en avril 1996. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en novembre 2001 et en avril 2007. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2021.

COSEPAC Résumé

Mouette rosée
Rhodostethia rosea

Description et importance de l’espèce sauvage

La Mouette rosée est une petite mouette de l’Arctique dont le vol est léger et flottant et les battements d’ailes, rapides et peu amples, qui se distingue par une queue unique en biseau. Les adultes nicheurs présentent un collier noir distinctif, et les plumes pâles de la tête et du corps prennent une teinte rosée. Les juvéniles arborent des rémiges primaires noires et une large bande diagonale noire traversant l’aile intérieure.

La Mouette rosée est le seul membre du genre Rhodostethia, et son plumage, son répertoire vocal, son comportement associé à la parade nuptiale et son écologie générale sont uniques parmi les mouettes. Les études scientifiques se limitent principalement à des observations fortuites de petites colonies en Russie et au Canada et d’individus migrateurs à Point Barrow, en Alaska. Son écologie hivernale est très peu connue, mais son aire de répartition hivernale chevauche probablement celle des mouettes pélagiques et des alcidés dans les eaux subarctiques. La Mouette rosée est connue des Inuits du Nunavut et des résidents autochtones de Barrow, en Alaska, et recherchée par les ornithologues, car elle visite rarement les basses latitudes en hiver.

Répartition

Il est présumé que la Mouette rosée se reproduit principalement dans l’est de la Russie, mais le Canada et le Groenland comptent également des mentions éparses de nidification. Il semblerait que les grands groupes de Mouettes rosées qui passent chaque année devant la pointe Barrow pendant leur migration automnale proviennent de l’est de la Russie. Les individus de la très petite population nicheuse de l’Arctique canadien hivernent probablement dans la mer du Labrador.

Habitat

La Mouette rosée niche habituellement dans des zones plates de basses terres dotées d’un couvert végétal bas, et elle niche dans deux types d’habitat au Canada. La Mouette rosée se rencontre maintenant plus fréquemment dans les îles de l’Extrême-Arctique, dans le chenal Queens, au Nunavut, dans de petites îles de gravier à végétation éparse, adjacentes à des polynies (étendues d’eau libre entourées d’une banquise). Un petit nombre d’individus nichaient auparavant dans l’habitat marécageux de la plaine inondable du Bas-Arctique près de Churchill, au Manitoba, où la nidification n’a pas été confirmée depuis 2005.

Biologie

La Mouette rosée se reproduit probablement pour la première fois au cours de sa deuxième année, et la durée d’une génération de l’espèce est d’environ cinq ans. Elle pond de un à trois œufs dans une dépression du sol, en colonies clairsemées habituellement composées de deux à dix couples. Fréquemment, la Mouette rosée reporte ou abandonne la nidification, ou se déplace vers un autre site de nidification, en réaction à la couverture de neige, à des intempéries prolongées ou à des prédateurs terrestres. Des études réalisées à partir d’oiseaux bagués ont montré que le succès global de reproduction et la fidélité au partenaire étaient très faibles.

La Mouette rosée adulte se nourrit de petits invertébrés dans les milieux d’eau douce, et de zooplancton et de petits poissons pendant la migration et l’hivernage en mer. Les œufs et les oisillons sont vulnérables aux prédateurs terrestres et aviaires. Des cas de Sternes arctiques, une espèce qui niche en sympatrie avec la Mouette rosée, tuant des oisillons de cette dernière dans des colonies de l’Extrême-Arctique ont été relevés et constituent probablement une cause importante du faible succès de reproduction de la Mouette rosée au Canada.

Taille et tendances des populations

La situation de la population de Mouettes rosées au Canada est peu connue. L’espèce n’a été surveillée régulièrement que dans l’île Nasaruvaalik, qui appartient au Nunavut et se trouve dans l’Extrême-Arctique, et où de un à six couples nichent chaque année. Il est probable que beaucoup moins de 250 individus matures se reproduisent au Canada. De vastes zones d’habitat apparemment convenable pourraient abriter de petites colonies non détectées. Les dénombrements et les extrapolations d’individus en migration réalisés à partir des relevés des oiseaux nicheurs effectués en Sibérie portent à croire que la population mondiale serait d’environ 50 000 individus matures.

Le nombre de Mouettes rosées se reproduisant au Canada a varié au cours des trois dernières générations, et est relativement stable ou en légère baisse à court terme. Un déclin continu prévu de la population est inféré d’après la faiblesse du taux de reproduction détectée dans le cadre d’études réalisées pendant 14 ans à la seule colonie canadienne connue. Selon les données accessibles, la Mouette rosée ne niche plus près de Churchill, ville canadienne du Bas-Arctique, ce qui entraîne un déclin important de la zone d’occurrence apparente. Toutefois, les relevés des Mouettes rosées qui passent devant la pointe Barrow pendant leur migration ne semblent pas indiquer un déclin global des populations mondiales.

Menaces et facteurs limitatifs

Les menaces qui pèsent sur la Mouette rosée au Canada sont peu comprises. Le taux élevé de mortalité des oisillons dû à des attaques de Sternes arctiques dans les colonies que les deux espèces partagent ainsi que la prédation et les perturbations par l’ours blanc et le renard arctique sont des menaces majeures. Le faible taux d’éclosion pourrait être attribuable à l’infertilité des œufs liée aux concentrations élevées de mercure et de polluants organiques persistants provenant de sources aériennes. La plupart des Mouettes rosées nichent dans des zones éloignées où l’activité humaine est limitée ou absente. Le transport maritime dans la mer du Labrador présente un faible risque pour les individus qui y hivernent. Il est peu probable que de nombreux changements liés au climat dans l’habitat de reproduction terrestre de l’Extrême-Arctique affectent cette espèce pendant trois générations, et les effets des changements des conditions maritimes dans les aires de reproduction et d’hivernage sont inconnus.

Protection, statuts et classements

La Mouette rosée, ses œufs et ses nids sont protégés au Canada en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, et l’espèce a été inscrite comme étant menacée en vertu de la Loi sur les espèces en péril de 2002. Elle est également inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition de la Loi sur les espèces et les écosystèmes en voie de disparition du Manitoba. À l’échelle internationale, la Mouette rosée figure sur la liste des espèces menacées ou en voie de disparition du livre rouge de la Russie, et elle est entièrement protégée en Russie et au Groenland contre toute atteinte ou perturbation délibérée. L’espèce est également protégée aux États-Unis aux termes du Migratory Birds Treaty Act. Selon l’UICN, l’espèce est gravement en péril/en péril au Canada et, à l’échelle mondiale, elle constitue une préoccupation mineure.

Résumé technique

Rhodostethia rosea
Mouette rosée
Ross’s Gull
Répartition au Canada : Nunavut, Manitoba, Terre-Neuve-et-Labrador, océan Arctique, océan Atlantique

Données démographiques
Catégorie Information
Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population). 5,35 ans (Bird et al., 2020)
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures? Oui, déclin continu de la population inféré d’après les déclins de la zone d’occurrence, de l’IZO et de la productivité.
Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [5 ans ou 2 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans]. Inconnu
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 dernières années ou 3 dernières générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans]. Inconnu
Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 prochaines années ou 3 prochaines générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans]. Déclin futur prévu inféré d’après la faiblesse du taux de reproduction observé à la seule colonie canadienne connue au cours des 14 dernières années.
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [10 ans ou 3 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans] commençant dans le passé et se terminant dans le futur. Déclin futur prévu inféré d’après la faiblesse du taux de reproduction observé à la seule colonie canadienne connue au cours des 14 dernières années.
Est-ce que les causes du déclin sont a) clairement réversibles et b) comprises et c) ont effectivement cessé? a) Non
b) Partiellement
c) Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures? Non
Information sur la répartition
Catégorie Information
Superficie estimée de la zone d’occurrence 1 268 km2; selon la méthode du plus petit polygone convexe entourant les récents sites de nidification connus.
Indice de zone d’occupation (IZO)
(Fournissez toujours une valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté.)
12 km2; selon une grille à carrés de 2 km de côté placée au-dessus des récents sites de nidification connus.
La population totale est-elle « gravement fragmentée », c.-à-d. que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale se trouvent dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce? a. Inconnu
b. Non
Nombre de localités* (utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant). 1-3 localités connues. Une localité (chenal Queens) est actuellement active, et deux (bassin Foxe, Churchill) étaient récemment occupés et pourraient être actifs.
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence? Oui, un déclin observé, car la reproduction de l’espèce n’est plus confirmée dans des sites du Bas-Arctique.
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation? Oui, un déclin observé, car la reproduction de l’espèce n’est plus confirmée dans des sites du Bas-Arctique.
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous-populations? Non
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités*? Oui, un déclin observé, car la reproduction de l’espèce n’est plus confirmée dans des sites du Bas-Arctique.
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat? Déclin inféré de la qualité de l’habitat de reproduction en raison de la prédation accrue par des compétiteurs indigènes, et déclin futur prévu de la qualité de l’habitat en milieu marin en raison des changements climatiques.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous-populations? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence? Non
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation? Non

* Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et IUCN (février 2014; en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.

Nombre d’individus matures (dans chaque sous-population)
Sous-populations (nombre de sous-populations) Nombre d’individus matures
Total Moins de 20 individus matures se reproduisent au Canada. La population canadienne totale est estimée à beaucoup moins de 250 individus matures.

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, selon la plus longue période, jusqu’à un maximum de 100 ans, ou 10 % sur 100 ans]. Inconnue; aucune analyse n’a été effectuée.

Menaces (directes, de l’impact le plus élevé à l’impact le plus faible selon le calculateur des menaces de l’UICN)

Un calculateur des menaces a-t-il été rempli pour l’espèce? Oui, le 18 juin 2019 (voir l’annexe 1 à l’intention des participants).

L’impact global des menaces attribué est très élevé à élevé, et les menaces suivantes ont été relevées, puis énumérées en ordre décroissant d’impact :

8.2 Espèces indigènes problématiques (impact élevé)
9.5 Polluants atmosphériques (impact élevé à moyen)
11.1. Déplacement et altération de l’habitat (impact inconnu)

Quels autres facteurs limitatifs sont pertinents? Les principaux facteurs limitatifs pour la Mouette rosée au Canada comprennent : une fécondité extrêmement faible, une faible densité des nids, une faible fidélité des couples, des conditions climatiques imprévisibles et souvent violentes, et des taux élevés de report ou d’abandon de la reproduction, qui contribuent tous au faible succès de reproduction.

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)
Catégorie Information
Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada La grande population de Russie pourrait être relativement stable, mais elle se distingue probablement de la population canadienne sur le plan génétique et géographique. Aucune information sur les tendances de la très petite population du Groenland n’est accessible.
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Inconnu, mais possible
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? Probablement
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? Probablement
Les conditions se détériorent-elles au Canada+? Inconnu
Les conditions de la population source (extérieure) se détériorent-elles?+ Inconnu
La population canadienne est-elle considérée comme un puits?+ Possible
La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle? Non

+ Voir le tableau 3 (Lignes directrices pour la modification de l’évaluation de la situation d’après une immigration de source externe).

Nature délicate de l’information sur l’espèce

L’information concernant l’espèce est-elle de nature délicate? Non. Tous les sites de nidification actifs actuellement connus se trouvent des endroits extrêmement éloignés et pratiquement inaccessibles. Des individus qui nichaient auparavant près de Churchill, au Manitoba, ont été perturbés, un nid et une couvée ayant été pris illégalement par un collectionneur, et les individus tentant d’y nicher de nouveau pourraient être vulnérables à du harcèlement semblable.

Historique du statut

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1981. Réexamen et confirmation du statut en avril 1996. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en novembre 2001 et en avril 2007. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2021.

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Codes alphanumériques : B1ab(ii,iii,iv,v)+2ab(ii,iii,iv,v); C2a(i,ii); D1

Justification de la désignation : Cette petite mouette peu connue niche dans une à trois colonies situées dans l’Extrême-Arctique canadien et hiverne probablement dans la mer du Labrador. Moins de 20 individus matures se reproduisent au Canada, bien qu’un nombre à peu près similaire d’individus puissent être présents sans être détectés. Grand nombre d’individus migrant à l’automne observés chaque année au large du nord de l’Alaska proviennent probablement d’une grande population distincte de l’est de la Russie. Au Canada, la productivité de l’espèce est faible, et souvent, la reproduction est reportée ou abandonnée; aucun oisillon n’a pris son envol dans la seule colonie canadienne active connue sur une période de 14 ans. Ces facteurs contribuent au déclin continu inféré de la population. L’abandon des sites de nidification dans le Bas-Arctique depuis la dernière évaluation a entraîné une diminution de l’aire de répartition de l’espèce et du nombre de localités au Canada; l’aire de reproduction de l’espèce est maintenant limitée à l’Extrême-Arctique. Les principales menaces nuisant au succès de reproduction comprennent la prédation des oisillons par la Sterne arctique dans les colonies et la contamination par des substances chimiques toxiques aéroportées. Les effets des changements climatiques en cours sur la disponibilité de nourriture, le succès de reproduction et la survie des adultes sont en grande partie inconnus.

Applicabilité des critères

Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) : Ne s’applique pas. Les données sont insuffisantes pour évaluer le taux de déclin de la population.

Critère B (petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Correspond aux critères de la catégorie « espèce en voie de disparition » B1ab(i,ii,iii,iv,v)+2ab(i,ii,iii,iv,v). La zone d’occurrence de 1 268 km2 et l’IZO de 12 km2 sont inférieurs aux seuils établis pour une espèce en voie de disparition; la présence de la population est connue dans moins de cinq localités; la zone d’occurrence, l’IZO et le nombre de localités connaissent un déclin continu observé, la qualité de l’habitat connaît un déclin inféré attribuable à la prédation, et le nombre d’individus matures connaît un déclin inféré et prévu.

Critère C (petit nombre ou déclin du nombre d’individus matures) : Correspond aux critères de la catégorie « espèce en voie de disparition » C2a(i,ii). Moins de 20 individus matures connus, population totale estimée à beaucoup moins de 250 individus matures, et déclin continu inféré et prévu des effectifs; la seule sous-population compte moins de 250 individus matures et 100 % de tous les individus matures.

Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition », D1. Le nombre d’individus matures connus est inférieur à 20 et, selon les estimations, le nombre total est bien moins que 250 individus matures.

Critère E (analyse quantitative) : Ne s’applique pas. Aucune analyse n’a été effectuée.

Préface

Depuis le dernier rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2007), des études en cours sur la Mouette rosée au Canada et en Alaska ont fourni des renseignements supplémentaires sur la biologie et l’écologie générales de l’espèce en Amérique du Nord. Deux nouveaux sites de nidification de l’Extrême-Arctique ont été découverts dans le chenal Queens, au Nunavut, et la biologie de reproduction a été étudiée en détail à l’île Nasaruvaalik (Maftei et al., 2012). Le recensement automnal des Mouettes rosées passant devant la pointe Barrow, en Alaska, pendant leur migration, effectué sur trois ans dans les années 1980 (Divoky et al., 1988), a été répété en 2011 (Maftei et al., 2014). Le suivi par satellite d’individus pendant leur cycle annuel a permis de mieux comprendre la répartition au Canada et les déplacements en dehors de la période de reproduction (Maftei et al., 2015). Malgré la collecte de ces nouvelles données, la taille des échantillons demeure faible et certains aspects clés de l’écologie et de la situation de la Mouette rosée demeurent essentiellement inconnus. L’aire de répartition connue de l’espèce au Canada a également diminué, la reproduction n’ayant été récemment répertoriée que dans un seul site de l’Extrême-Arctique, et aucune reproduction n’ayant été confirmée dans les zones du Bas-Arctique près de Churchill, au Manitoba, depuis 2005. Un programme de rétablissement national préparé en 2007 a défini les priorités en matière de recherche et de conservation ainsi que les objectifs de rétablissement (Environment Canada, 2007).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2021)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Nom scientifique : Rhodostethia rosea
Nom français : Mouette rosée
Nom anglais : Ross’s Gull
Nom en inuktitut : Nasaruvaalik
Classification : Classe : Oiseaux
Ordre : Charadriiformes
Famille : Laridés

La Mouette rosée est la seule membre du genre Rhodostethia. Il a été démontré qu’elle se distingue considérablement des autres mouettes, et son plumage, son répertoire vocal, son comportement pendant la parade nuptiale et son écologie générale sont uniques parmi les mouettes (Maftei, 2014). Une analyse génétique a permis de conclure que la Mouette rosée et la Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus) forment un groupe monophylétique, mais que leur plumage, leur écologie et leur comportement diffèrent considérablement (Pons et al., 2005).

Description morphologique

La Mouette rosée est une petite mouette dont la forme et la taille sont semblables à celles de la Mouette de Bonaparte (Chroicocephalus philadelphia). Les adultes pèsent en moyenne 190 g et leur envergure est de 90 à 100 cm. La Mouette rosée est de forme semblable à celle d’une colombe, avec une petite tête arrondie, un bec court et épais et une posture droite (photo de la couverture). Le mâle et la femelle sont de même forme, et les adultes se distinguent par tous leurs plumages. Les individus reproducteurs présentent une tête et des parties inférieures blanches qui prennent une teinte rosée pendant la saison de reproduction, et ils arborent un collier noir. Leur manteau est d’un gris bleuté doux. Les rémiges primaires externes sont foncées, tandis que les tertiaires sont blanches. Le bec est noir, tandis que les cercles orbitaires et les pieds sont rouge vif. Le collier est très pâle ou absent du plumage des individus non reproducteurs, qui présentent une tache foncée autour des yeux et vers l’arrière de la tête. Le plumage des individus non reproducteurs semble être d’un rose plus vif et peut prendre une teinte légèrement orangée. Les juvéniles présentent une livrée incomparable, avec des bandes noires épaisses en travers des ailes et une marque noire en « coin » sur le croupion. La queue est blanche, mais l’extrémité est noire. La Mouette rosée atteint la maturité à deux ans et passe directement du plumage juvénile au plumage adulte (Howell et Dunn, 2007).

La Mouette rosée adulte se distingue par son plumage et il est peu probable qu’elle soit confondue avec d’autres espèces, bien qu’elle semble blanche lorsqu’elle est vue d’en haut et qu’elle puisse être confondue avec la Sterne arctique (Sterna paradisaea). Les juvéniles ressemblent aux jeunes Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla) ou Mouettes de Sabine (Xema sabinii), mais ils sont plus petits et leurs battements d’ailes sont plus flottants.

Structure spatiale et variabilité de la population

La Mouette rosée ne présente aucune différence morphologique clinale dans son aire de répartition, et aucune sous-espèce n’a été décrite. Toutefois, une analyse récente d’échantillons génétiques a montré des différences dans la composition des groupes génétiques mitochondriaux entre les reproducteurs sibériens et canadiens présumés (Royston et Carr, 2014). Les différences observées concordent avec le fait que la population canadienne a été produite par un goulot d’étranglement d’une petite population fondatrice de Sibérie (Royston et Carr, 2014; Toews, comm. pers., 2019).

Unités désignables

Étant donné que la Mouette rosée est considérée comme une espèce monotypique et qu’il n’existe aucun élément prouvant des différences génétiques ou morphologiques entre les individus au Canada, l’espèce est considérée ici comme étant une seule unité désignable, comme dans les rapports de situation précédents (p. ex. COSEWIC, 2007). Compte tenu des différences génétiques entre les reproducteurs sibériens et canadiens présumés (Royston et Carr, 2014), et des différences apparentes dans leurs aires d’hivernage (voir Répartition), la population canadienne de Mouettes rosées pourrait être considérée comme étant une unité désignable endémique.

Importance de l’espèce

La Mouette rosée a un statut quelque peu mythique auprès des observateurs d’oiseaux et des ornithologues en raison de sa beauté et de sa rareté. Elle compte parmi les oiseaux de mer les moins connus d’Amérique du Nord, et les recherches menées jusqu’à présent ont mis en évidence des caractéristiques uniques de son cycle vital et de son écologie. La Mouette rosée est connue des groupes autochtones de l’Arctique comme étant un visiteur rare ou occasionnel, et de nombreux Inuits canadiens connaissent l’espèce qu’ils appellent « Nasaruvaalik » (« celle qui porte un foulard » en inuktitut), mais l’observent rarement. Seules des connaissances traditionnelles autochtones limitées sur la Mouette rosée sont accessibles, notamment les connaissances des communautés inuites sur la présence de l’espèce dans le sud de l’île de Baffin, au Nunavut (Mallory et al., 2001), même si la Mouette rosée fait partie d’écosystèmes marins importants pour les peuples autochtones qui reconnaissent les interrelations de toutes les espèces.

Répartition

Aire de répartition mondiale

L’aire de reproduction de la Mouette rosée n’est pas bien connue, et moins de 1 % de la population mondiale estimée peut être recensée dans les zones de reproduction connues. L’espèce se reproduit à des sites dispersés dans l’Arctique circumpolaire (figure 1), la majorité nichant probablement dans le nord-est de la Russie, en particulier dans la toundra arbustive qui compte des cariçaies et des étangs dans les plaines inondables des grandes rivières se déversant dans la mer de Sibérie orientale (Densley, 1999). Par le passé, la reproduction a été présumée dans l’île Spitsbergen, au Svalbard (Norvège), puis confirmée dans un petit nombre d’îles du Groenland (Egevang et Boertmann, 2008), où les effectifs ont été évalués entre zéro et cinq couples (BirdLife International, 2015), et dans le nord du Canada (Béchet et al., 2000; Martin et al., 2006; Maftei et al., 2012).

Carte - Voir la longue description ci-dessous
Figure 1. Aire de répartition mondiale de la Mouette rosée, indiquant les colonies connues et les zones probablement utilisées pour la reproduction et l’hivernage et pendant la migration vers le nord. Carte préparée par R. Soares, du Secrétariat du COSEPAC, à partir de données de l’UICN (IUCN, 2018), et modifiée selon des connaissances d’expert répertoriées.
Description longue

Carte illustrant l’aire de répartition mondiale de la Mouette rosée, indiquant les colonies connues et les zones probablement utilisées pour la reproduction, l’hivernage et la migration.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Canadian colonies = Colonies canadiennes
Greenland colonies = Colonies du Groendland
Canadian wintering area = Aire d’hivernage canadienne
Russian breeding range (presumed) = Aire de reproduction (présumée) en Russie
Pacific wintering area (presumed) = Aire d’hivernage (présumée) du Pacifique
Barrow migration = Migration par le détroit de Barrow
Kilometres = Kilomètres

La nidification de la Mouette rosée a seulement été confirmée dans trois zones au Canada : près de Churchill, au Manitoba, ainsi que dans le chenal Queens et le bassin Foxe au Nunavut (tableau 1). Toutes les mentions de reproduction du Canada et du Groenland sont résumées dans Maftei et al. (Maftei et al., 2012) et le tableau 1. La reproduction de la Mouette rosée n’a pas été répertoriée ailleurs au Canada ni en Alaska, et les sites de reproduction connus les plus près à l’extérieur de l’Amérique du Nord se trouvent dans le sud-ouest du Groenland (Egevang et Boertmann, 2008; tableau 1).

Tableau 1. Résumé des mentions de reproduction de la Mouette rosée au Canada, par emplacement des colonies et année des premières observations
Emplacement Année Nombre d’individus/couples/nids Source d’information
Île Seymour (NU)
76°48”N, 01°16'O
1974 3 individus, reproduction non confirmée Maftei et al. (2012)
Îles Cheyne (NU)
76°18'N, 97°31'O
1974 >1 individu Mallory et Gilchrist (2003)
Îles Cheyne (NU) 1976 3 couples MacDonald (1978)
Îles Cheyne (NU) 1978 6 couples MacDonald (1978)
Îles Cheyne (NU) 2006 8 individus, reproduction non confirmée Mallory et al. (2006)
Îles Cheyne (NU) 2011 Aucun individu, aucun nid Maftei et al. (2012)
Îles Cheyne (NU) 2012 4 individus, 2 nids Maftei (données inédites)
Churchill (MB)
58°42”N, 94°10'O
1978 1 individu Chartier et Cooke (1980)
Churchill (MB) 1980 3 couples Chartier et Cooke (1980)
Churchill (MB) 1982 >10 individus, 5 nids Hamel (2002)
Churchill (MB) 1992 >4 individus Environment Canada (2007)
Churchill (MB) 1993 4 individus Environment Canada (2007)
Churchill (MB) 1994 6 individus, 1 nid Environment Canada (2007)
Churchill (MB) 1995 3 individus, reproduction non confirmée Environment Canada (2007)
Churchill (MB) 1997 1-2 individus Environment Canada (2007)
Churchill (MB) 1998 Individus observés, nombre inconnu Environment Canada (2007)
Churchill (MB) 1999 1 individu Environment Canada (2007)
Churchill (MB) 2000 2 individus Environment Canada (2007)
Churchill (MB) 2001 2 individus, au moins 1 nid, 1 juvénile Environment Canada (2007)
Churchill (MB) 2002 5 individus Environment Canada (2007)
Churchill (MB) 2004 2 individus Environment Canada (2007)
Churchill (MB) 2005 4 individus, 1 nid, 1 juvénile Environment Canada (2007)
Île Milne (NU)
75°39'N, 96°43'O
1981 7 individus, reproduction non confirmée Maftei et al. (2012)
Île Prince-Charles (NU) 68°13”N, 76°29'O 1997 2 individus Béchet et al. (2000)
Île Nasaruvaalik (NU)
75°50’N, 96°19’O
2005 9 individus, 5 nids Mallory et al. (2006)
Île Nasaruvaalik (NU) 2006 2 individus, 1 nid Mallory et al. (2006)
Île Nasaruvaalik (NU) 2007 12 individus, 2 nids, 1 oisillon Maftei et al. (2012)
Île Nasaruvaalik (NU) 2008 6 individus, 2 nids Maftei et al. (2012)
Île Nasaruvaalik (NU) 2009 6 individus, 1 nid Maftei et al. (2012)
Île Nasaruvaalik (NU) 2010 5 individus, 2 nids Maftei et al. (2012)
Île Nasaruvaalik (NU) 2011 8 individus, 1 nid Maftei et al. (2012)
Île Nasaruvaalik (NU) 2012 12 individus, 4 nids Maftei (données inédites)
Île Nasaruvaalik (NU) 2013 5 individus Maftei (données inédites)
Île Nasaruvaalik (NU) 2014 7 individus, 2 nids Maftei (données inédites)
Île Nasaruvaalik (NU) 2015 Individus observés, nombre inconnu, reproduction non confirmée Maftei (données inédites)
Île Nasaruvaalik (NU) 2016 7 individus, 1 nid Maftei (données inédites)
Île Nasaruvaalik (NU) 2017 5 individus, 1 nid Maftei (données inédites)
Île Nasaruvaalik (NU) 2018 Individus observés, nombre inconnu, aucun nid Maftei (données inédites)
Île Kalivik (NU)
75°32'N, 97°12'O
2011 1 individu Maftei et al. (2012)
Île Emikutailaq (NU)
75°29'N, 97°14'O
2011 4 individus, 1 nid Maftei et al. (2012)
Île Emikutailaq (NU) 2012 2 couples, reproduction non confirmée Maftei (données inédites)

En Amérique du Nord, la Mouette rosée n’a été recensée en dehors de la saison de reproduction que comme une espèce vagabonde rare, mais régulière, dans des sites très dispersés du sud du Canada et des États-Unis (Bledsoe et Sibley, 1985; eBird, 2019), à l’exception d’un déplacement bien connu d’individus passant devant la pointe Barrow, en Alaska, pendant leur migration en septembre et en octobre de chaque année (Divoky et al., 1988; Maftei et al., 2014). Le point de départ et la destination de ces individus demeurent inconnus, bien que ceux-ci proviennent probablement de sites de reproduction du nord-est de la Russie, et la Mouette rosée est rarement observée en Alaska pendant le reste de l’année.

Aire de répartition canadienne

Au Canada, la nidification de la Mouette rosée a été répertoriée pour la première fois dans le chenal Queens, au Nunavut, en 1974 (Macdonald, 1978), puis près de Churchill, au Manitoba, en 1978 (Chartier et Cooke, 1980; tableau 1; figure 2). La nidification de l’espèce a été répertoriée pour la dernière fois au Manitoba en 2005, bien qu’un seul individu ait été observé le long du fleuve Churchill, au sud de Churchill, le 13 juin 2016 (Koes, 2019). Il existe une seule mention de reproduction dans l’île Prince-Charles, dans le bassin Foxe, au Nunavut, en 1997 (Béchet et al., 2000), et le spécimen type de l’espèce a été recueilli dans la même zone générale au début du printemps 1823 (Parry et Hooker, 1825). Depuis le rapport de situation précédent (COSEWIC, 2007), la reproduction de la Mouette rosée n’a été répertoriée que dans plusieurs petites îles d’une zone restreinte du chenal Queens, au Nunavut. La plupart des mentions de nidification proviennent de l’île Nasaruvaalik (Maftei et al., 2012), qui a été nommée en l’honneur de la Mouette rosée par des chercheurs d’oiseaux de mer, et qui est également connue sous le nom d’« île Tern ». Il existe une mention non confirmée d’un couple nicheur près d’Eureka, au Nunavut, depuis 2007 (date exacte inconnue), et des individus sont occasionnellement observés en mer dans l’archipel arctique canadien pendant l’été (Genevois, pers. comm., 2018). L’observation d’un individu arborant le plumage frais d’un juvénile à l’île Herschel, au Yukon, du 21 au 25 juillet 1991 (Sinclair et al., 2003) semblait indiquer la possibilité d’une nidification dans l’ouest du Bas-Arctique canadien.

Carte - Voir la longue description ci-dessous
Figure 2. Sites de reproduction de la Mouette rosée au Canada, y compris les sites existants (occupés entre 2009 et 2018), récents (occupés entre 1974 et 2008) et non confirmés, ainsi que la zone d’occurrence historique (1974-2018). Carte préparée par R. Soares, du Secrétariat du COSEPAC, à partir de l’information présentée au tableau 1.
Description longue

Carte illustrant la répartition des sites de reproduction de la Mouette rosée au Canada, y compris les sites existants (de 2009 à 2018), récents (de 1974 à 2008) et non confirmés, ainsi que la zone d’occurrence historique (de 1974 à 2018).

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Ross’s Gull Distribution in Canada = Répartition de la Mouette rosée au Canada
Extant Breeding Sites = Sites de reproduction existants
Historical Breeding Sites = Sites de reproduction historiques
Unconfirmed Breeding Sites = Sites de reproduction non confirmés
Extent of Occurrence [minimum convex polygon] = Zone d’occurrence [selon la méthode du plus petit polygone convexe]
EOO [Extant]: 1 268 km2 = Zone d’occurrence [existante] : 1 268 km2
EOO [Historical]: 761 877 km2 = Zone d’occurrence [historique] : 761 877 km2
Index of Area of Occupancy (2 km x 2 km) = Indice de zone d’occupation (2 km x 2 km)
IAO [Extant] : 3 grids = 12 km2 = IZO [existant] : 3 carrés = 12 km2
IAO [Historical] : 5 grids = 20 km2 = IZO [historique] : 5 carrés = 20 km2
Kilometres = Kilomètres

Il est présumé que la répartition de la Mouette rosée en tant qu’oiseau nicheur dans le nord du Canada est plus étendue que ce qui peut être inféré d’après les mentions confirmées seulement.

Une récente étude de suivi a permis de confirmer que certaines Mouettes rosées qui se reproduisent au Canada à l’île Nasaruvaalik, au Nunavut, hivernent dans les eaux canadiennes, dans le détroit de Davis et la mer du Labrador, au large de la côte atlantique du Labrador (Maftei et al., 2015; figure 3). La cohérence du moment et des déplacements hivernaux démontrée par les individus ayant fait l’objet d’un suivi pendant trois ans ainsi que les mentions issues des connaissances des communautés inuites locales (Mallory et al., 2001) portent à croire que l’aire d’hivernage dans la mer du Labrador pourrait être utilisée par une proportion importante des Mouettes rosées se reproduisant au Canada (Maftei et al., 2015).

Carte - Voir la longue description ci-dessous
Figure 3. Aires d’hivernage de trois Mouettes rosées marquées de 2011 à 2013, indiquant les limites des zones occupées à 25, à 50 et à 75 %. La carte en médaillon montre toutes les mentions en hiver, et l’étoile indique le site de marquage dans la colonie nicheuse de l’île Nasaruvaalik, au Nunavut (d’après Maftei et al., 2015; utilisation autorisée).
Description longue

Carte indiquant les aires d’hivernage de trois Mouettes rosées marquées dans la mer du Labrador de 2011 à 2013, indiquant les limites des zones occupées à 25, à 50 et à 75 pour cent. Une carte en médaillon montre toutes les mentions en hiver et le site de marquage dans l’île Nasaruvaalik, au Nunavut.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Greenland = Groenland
Davis Strait = Détroit de Davis
Labrador Sea = Mer du Labrador
Labrador = Labrador
Winter Occupancy = Taux d’occupation en hiver
Zone d’occurrence et zone d’occupation

La zone d’occurrence au Canada est d’environ 1 268 km2, selon la méthode du plus petit polygone convexe dessiné autour des sites de nidification connus occupés au cours de la période de 10 ans allant de 2009 à 2018 (figure 4), et constitue probablement une estimation minimale. Cette superficie représente un déclin considérable en moins de trois générations par rapport à la zone d’occurrence historique probable de 761 877 km2, qui avait été calculée selon la même méthode.

L’indice de zone d’occupation (IZO) actuel au Canada est d’environ 12 km2, selon une grille à carrés de 2 km de côté placée au-dessus des sites de nidification connus occupés au cours de la période de 10 ans allant de 2009 à 2018 (figure 4), et constitue probablement une estimation minimale. Cette superficie représente un déclin en moins de trois générations par rapport à l’IZO historique probable de 20 km2, qui avait été calculé selon la même méthode.

Il importe de souligner que ces déclins de l’IZO et surtout de la zone d’occurrence sont tous deux le résultat direct de l’abandon apparent des aires de nidification précédemment occupées à l’île Prince-Charles, dans le bassin Foxe, au Nunavut, et à Churchill, au Manitoba, dans le Bas-Arctique canadien. Ces déclins sont donc considérés comme étant le résultat de changements de répartition.

Carte - Voir la longue description ci-dessous
Figure 4. Sites de reproduction existants de la Mouette rosée au Canada (occupés entre 2009 et 2018), zone d’occurrence actuelle et indice de zone d’occupation (IZO) actuel. Carte préparée par R. Soares, du Secrétariat du COSEPAC, à partir de l’information présentée au tableau 1.
Description longue

Carte illustrant la répartition des sites de reproduction existants (de 2009 à 2018) de la Mouette rosée au Canada, la zone d’occurrence actuelle et l’indice de zone d’occupation actuel.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Ross’s Gull Distribution in Canada = Répartition de la Mouette rosée au Canada
Extant Breeding Sites = Sites de reproduction existants
Extent of Occurrence [Extant] = Zone d’occurrence [existante]
EOO (minimum convex polygon): 1,268 km2 = Zone d’occurrence (selon la méthode du plus petit polygone convexe) : 1 268 km2
Index of Area of Occupancy [Extant] = Indice de zone d’occupation [existant]
IAO (based on 2 km x 2 km grid): 12 km2 = IZO (d’après une grille à carrés de 2 km de côté) : 12 km2
Nunavut = Nunavut
Cheyne Islands = Îles Cheyne
Bathurst Island = Île Bathurst
Kalivik Island = Île Kalivik
Nasaruvaalik Island = Île Nasaruvaalik
Milne Island = Île Milne
Emikutailaq Island = Île Emikutailaq
Cornwallis Island = Île Cornwallis
Devon Island = Île Devon
Kilometers = Kilomètres

Activités de recherche

La Mouette rosée ne se reproduit que dans des zones extrêmement éloignées du nord du Canada qui ne font pas l’objet de relevés réguliers, et une grande partie de l’habitat de reproduction potentiel n’a pas été étudiée ni visitée par des biologistes. Un couple nicheur a été découvert dans l’île Prince-Charles, au Nunavut, pendant un relevé exploratoire des oiseaux de rivage (Béchet et al., 2000). Une série de relevés aériens ciblés des îles situées près du site de reproduction connu de l’île Nasaruvaalik a permis de découvrir deux autres sites de reproduction en une journée (Maftei et al., 2012). Des relevés ciblés de zones de reproduction précédentes et potentielles au Canada pourraient donner lieu à des mentions de reproduction supplémentaires et donner une idée plus précise de l’aire de répartition globale et de l’utilisation de l’habitat.

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Habitat de reproduction

Les besoins en matière d’habitat de la Mouette rosée sont peu compris, et moins d’environ 200 nids ont été découverts à ce jour (Maftei, 2014). La Mouette rosée semble nicher dans deux types d’habitat distincts : la toundra marécageuse des plaines inondables et la taïga du Bas-Arctique, et les petites îles de gravier à végétation éparse adjacentes à des polynies (étendues d’eau libre entourées de glace) de l’Extrême-Arctique. L’habitat de reproduction du Bas-Arctique est constitué de toundra arbustive, de cariçaies et de taïga ouverte dans les milieux humides des plaines inondables côtières (Densley, 1999). Les individus nichent habituellement sur les rives de lacs et d’étangs, ou dans de petites îles situées à l’intérieur de grands plans d’eau. La Mouette rosée nichant dans le Bas-Arctique, près de Churchill, se nourrissait d’insectes et d’autres petits organismes aquatiques qu’elle attrapait en marchant dans des eaux peu profondes (Chartier et Cooke, 1980). L’habitat de reproduction de l’Extrême-Arctique se compose d’îles basses, dans des zones où la bathymétrie est peu profonde et des polynies sont formées par des courants (Maftei et al., 2012), et où les oiseaux nicheurs s’alimentent probablement en mer (Richards et Gaston, 2018). Les sites de nidification du Groenland, dans l’Extrême-Arctique, se trouvent dans des zones à proximité du front océanique de la côte ou sur celui-ci (Egevang et Boertmann, 2008), tandis que les mentions canadiennes se limitent à des chenaux ou à des détroits plus abrités au sein de grands archipels. Dans les deux aires de nidification de l’Extrême-Arctique, l’habitat se caractérise par une végétation terrestre minimale ou absente et par la présence de banquise toute l’année.

Dans l’aire de répartition principale présumée de l’espèce en Russie, la Mouette rosée est limitée à l’habitat du Bas-Arctique (Buturlin, 1906; Pearce et al., 1998; Densley, 1999), tandis que la plupart des mentions néarctiques proviennent de l’Extrême-Arctique (Maftei et al., 2012). Les mentions de nidification de Churchill correspondent aux types d’habitat du Bas-Arctique, tandis que celles du chenal Queens et de l’île Prince-Charles, au Nunavut, sont du type de l’Extrême-Arctique. La mesure dans laquelle les individus ou les populations nichent exclusivement dans un type d’habitat n’est pas claire, bien qu’il existe de vastes zones d’habitat apparemment convenable des deux types dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce, tant à l’échelle nationale que mondiale.

Habitat de migration

La Mouette rosée est connue comme une espèce migrant au large des côtes de la pointe Barrow, où se trouvent jusqu’à 30 000 individus à la fin de septembre et en octobre (Murdoch, 1899; Divoky et al., 1988; Maftei et al., 2014), lorsqu’il est possible d’en observer plusieurs centaines, voire des milliers, en une seule journée. Les individus migrants sont excessivement rares ailleurs, et même pendant la période où le passage devant la pointe Barrow culmine, ils sont absents des zones côtières adjacentes. Ils forment généralement de petits groupes qui survolent l’eau près de la côte, en direction du nord-est et du sud-ouest. Bien que la plupart des individus ne semblent pas consacrer beaucoup de temps à l’alimentation, des individus plongeant dans des zones d’eau libre, se nourrissant apparemment de petits zooplanctons, sont parfois relevés, notamment dans la zone de déferlement (Maftei et al., 2014). Même si la Mouette rosée est parfois observée au-dessus des eaux libres plus au large, il semble que la plupart des individus migrants passent près de la côte. Il est présumé que l’espèce se nourrit de zooplanctons et de petits vertébrés dans les eaux de surface pendant la migration, et les estomacs d’individus recueillis au large de l’Alaska (n = 7) contenaient des amphipodes et de la morue polaire (Boreogadus saida; Divoky, 1976).

Habitat d’hivernage

Pratiquement rien n’est connu de l’habitat autre que celui de reproduction. Aucune concentration importante de Mouettes rosées n’a été signalée de manière crédible dans le cadre de relevés hivernaux en mer, où que ce soit dans le monde. Un petit échantillon (n = 3) d’individus ayant fait l’objet d’un suivi depuis le chenal Queens, au Nunavut, s’est déplacé vers le nord, puis vers l’est, pour hiverner dans le nord-ouest de l’Atlantique, au large de la côte nord-est du Labrador (Maftei et al., 2015; figure 3). Une Mouette rosée marquée en Russie s’est déplacée vers la côte nord-est de Chukotka avant que son émetteur ne cesse de fonctionner au début de l’hiver; l’endroit où cet individu a réellement hiverné est donc inconnu (Gilg et al., 2015). L’habitat d’hivernage englobe probablement un mélange de glace flottante et d’eau libre. Il semble probable que la Mouette rosée du Canada se nourrisse de proies zooplanctoniques dans les zones de forts courants ou de remontées d’eau, ou près des glaces, dans le nord-ouest de l’Atlantique (figure 3). Il a été suggéré que la Mouette rosée puisse exploiter l’habitat de lisière des glaces (p. ex. COSEWIC, 2007; Environment Canada, 2007), et certaines mentions hivernales se trouvent dans des zones où il y a de la glace de mer en hiver (Maftei et al., 2015). Il existe toutefois peu d’éléments prouvant directement que cette espèce est spécialiste de la lisière des glaces, et des individus hivernant dans les eaux libres du nord-ouest de l’Atlantique ont été observés en compagnie d’espèces pélagiques, comme la Mouette tridactyle (Mactavish, comm. pers., 2019).

Tendances en matière d’habitat

Les données sur l’habitat utilisé par la Mouette rosée sont insuffisantes pour évaluer les tendances en matière de qualité ou de quantité de l’habitat utilisé en été, pendant la migration ou en hiver, ou pour examiner les répercussions possibles sur la répartition ou l’abondance de l’espèce. Des études antérieures sur les oiseaux de mer nichant dans l’Arctique laissent entendre que les effets des changements climatiques pourraient différer dans l’Arctique canadien (p. ex. Gaston et al., 2005). Les effets des changements actuels et futurs de la végétation et de la glace de mer dans l’ensemble de l’habitat du Bas-Arctique liés aux changements climatiques sont difficiles à évaluer.

Biologie

Cycle vital et reproduction

Il est probable que de nombreux paramètres démographiques (p. ex. l’âge de la première reproduction, la durée d’une génération) soient semblables à ceux de petites mouettes apparentées et mieux connues nichant dans l’Arctique, comme la Mouette de Sabine et la Mouette blanche (Pagophila eburnea) (Day et al., 2001; Mallory et al., 2008). Selon les estimations, la Mouette rosée se reproduit pour la première fois à l’âge de deux ans (Bird et al., 2020). L’observation d’individus bagués à des sites de nidification connus au Nunavut indique qu’au moins un individu reproducteur était âgé d’au moins 10 ans (Maftei, données inédites). Bird et al. (Bird et al., 2020) ont récemment estimé la durée d’une génération (l’âge moyen des parents dans la population) à 5,35 ans, modélisée à partir d’un taux de survie annuel de 0,79, d’un âge à la première reproduction de 1,99 an et d’une longévité maximale de 17,3 ans. Cette durée est considérablement inférieure à celle qui avait été précédemment estimée à 9,8 ans (COSEWIC, 2007; IUCN, 2019).

Bien que le succès de reproduction global soit difficile à évaluer en raison du manque d’études pluriannuelles, le succès de reproduction de la Mouette rosée semble souvent très faible. Le succès d’envol observé dans le cadre d’une étude menée en Sibérie était habituellement d’environ 20 % (Kondratyev et al., 2000). Au cours des 14 années de surveillance de la colonie à l’île Nasaruvaalik, seulement 4 des 23 tentatives de nidification de la Mouette rosée ont produit des oisillons, dont aucun ne s’est envolé avec succès (Maftei, données inédites). La plupart des œufs n’ont pas éclos en raison d’une prédation probable ou d’une infertilité apparente, et des oisillons se faisant picorés par des Sternes arctiques ont été repérés, dont deux ont ensuite été retrouvés morts, présentant des signes évidents de traumatisme (Maftei, données inédites). Une étude exhaustive de la Mouette rosée passant devant l’Alaska pendant la migration en 2011 a révélé que seulement 0,8 % de tous les individus observés étaient des juvéniles (Maftei et al., 2014), comparativement aux 5 % recensés dans le cadre de relevés effectués dans les années 1980 (Divoky et al., 1988), mais rien n’indique que cette différence représente une tendance. Ces observations concordent avec la conclusion selon laquelle, à l’échelle mondiale, la Mouette rosée a un taux de reproduction très faible.

La Mouette rosée niche habituellement en petites colonies clairsemées composées de deux à dix couples, bien que six couples soient l’effectif maximal répertorié en une année à un site de l’Extrême-Arctique canadien (Maftei et al., 2012), et sept couples à Churchill (Artuso, comm. pers., 2019). Les femelles pondent de un à trois œufs dans des dépressions peu profondes et bien camouflées du sol (Maftei, 2014). Les mâles et les femelles construisent des nids tapissés de quelques morceaux de végétaux séchés, de mousses et de plumes, et peuvent construire plusieurs nids avant que le site définitif ne soit choisi par la femelle. Les nids ne sont pas réutilisés. Les individus ne montrent aucune fidélité à des sites de nidification en particulier et se déplacent parfois entre différentes îles de nidification (Maftei, données inédites). Une colonie d’environ cinq couples a été observée dans l’île Nasaruvaalik en 2005, bien qu’aucune colonie n’y ait été présente de 2002 à 2004; l’apparition et la disparition d’oiseaux nicheurs à des sites de l’Extrême-Arctique semblent indiquer que la Mouette rosée peut utiliser les colonies de façon intermittente, possiblement pour éviter les prédateurs qui ont repéré les oiseaux nicheurs (Environment Canada, 2007). La réobservation d’individus bagués dans le chenal Queens indique que les couples demeurent rarement les mêmes pendant plusieurs années, peut-être en raison du taux élevé d’échec de nidification dans la région, et qu’ils reportent souvent la reproduction (Maftei, données inédites).

Il existe peu de connaissances sur la phénologie de la nidification, bien que les mouettes qui se reproduisent à des latitudes plus élevées semblent nicher plus tard que celles qui se trouvent plus au sud (Maftei, 2014). Les individus arrivent généralement aux sites de reproduction du Canada à la fin de mai ou au début de juin, et les premiers œufs sont habituellement pondus entre le 1er et le 18 juin (Maftei, 2014). Dans le chenal Queens, la Mouette rosée est presque invariablement la première espèce de Laridés à pondre chaque année, généralement une semaine avant la Mouette de Sabine et jusqu’à deux semaines avant la Sterne arctique (Maftei, 2014). Les œufs sont incubés pendant 21 à 23 jours, et les oisillons semi-précoces prennent leur envol après environ 20 jours (Maftei, 2014). La femelle et le mâle se partagent l’incubation et l’élevage des oisillons (Chartier et Cooke, 1980).

Les données sur la démographie, la productivité et la survie sont limitées. À l’échelle mondiale, le taux de survie des adultes est estimé à environ 0,79 (Bird et al., 2020). La Mouette rosée adulte a probablement une longévité assez grande et semble se reproduire plutôt lentement. Les conditions imprévisibles de neige et de glace aux sites de reproduction, la présence du renard arctique (Alopex lagopus) piégé dans les îles de nidification après la débâcle, et les perturbations des colonies attribuables à l’ours blanc (Ursus maritimus) sont probablement des causes de report ou d’abandon des tentatives de reproduction certaines années (Maftei et al., 2012). Le fait que les couples de Mouettes rosées ne semblent pas former de liens durables, combiné au faible nombre d’individus aux sites de reproduction, peut limiter le nombre de couples qui tentent de se reproduire chaque année.

Il s’est avéré que le seul œuf de Mouette rosée dont la contamination a été analysée contenait des concentrations relativement élevées de mercure et de polluants organiques persistants (POP; Peck et al., 2016), ce qui peut contribuer à des taux élevés d’infertilité. Au Nunavut, la Mouette rosée niche plus tôt que les autres oiseaux nichant au sol et constitue une cible pour les prédateurs (Maftei, 2014). Dans l’île Nasaruvaalik, des Sternes arctiques picorant des oisillons de la Mouette rosée ont été repérées, et des oisillons morts qui présentaient des signes de traumatisme correspondant à des coups de bec répétés ont été trouvés. Ce comportement a également été signalé à d’autres sites du Nunavut (Macdonald dans Chartier et Cooke, 1980; Mallory, comm. pers., 2018).

Physiologie et adaptabilité

La Mouette rosée passe probablement toute sa vie à des latitudes élevées et semble être adaptée aux conditions environnementales rigoureuses rencontrées dans l’Arctique. Bien que ces facteurs aient des impacts négatifs directs et indirects sur le succès de reproduction, et qu’il semblerait que la survie des adultes soit affectée par les conditions hivernales difficiles, l’espèce est probablement confrontée à une compétition minimale pour les ressources alimentaires et à un risque de prédation relativement faible pendant la majeure partie de son cycle annuel (p. ex. Spencer et al., 2014). Il semble que la Mouette rosée soit une espèce dont la longévité est relativement importante, ce qui lui permet de reporter la reproduction ou d’abandonner les tentatives de nidification au cours des années où le risque de prédation est élevé ou les conditions environnementales sont difficiles (Maftei, 2014). Il est connu que les colonies se forment et se dispersent au fil des ans (Densley, 1999).

Déplacements et dispersion

La Mouette rosée est une espèce migratrice, mais il existe peu de connaissances sur les déplacements des individus non reproducteurs. Une aire d’hivernage distincte utilisée par certains individus canadiens a été désignée dans la mer du Labrador (Maftei et al., 2015), tandis qu’une seconde étude indique que la Mouette rosée de Sibérie pourrait hiverner dans la mer de Béring ou le bassin du Pacifique Nord (Gilg et al., 2015). La présence régulière d’individus migrants n’est connue qu’à la pointe Barrow, où le déplacement à la fois vers l’est et vers l’ouest d’individus est observé après la reproduction (Divoky et al., 1988; Maftei et al., 2014). Une proportion importante de la population mondiale estimée passe par cette zone.

Des Mouettes rosées juvéniles provenant probablement du continent sibérien sont présentes dans les îles de Nouvelle-Sibérie à la fin de l’été (Lindström et al., 1998), et des individus se rassemblent le long de la côte nord de la Sibérie (Ilyichev et Zubakin, 1988) et du Svalbard avant de se déplacer vers l’est (Meltofte et al., 1981). Les groupes signalés à l’automne près des îles Wrangel et Herald et le long de la côte nord-est de Chukotka par Densley (Densley, 1999) n’ont pas été répertoriés de manière fiable, et des relevés ciblés effectués en mer dans cette zone en 2013 n’ont permis de recenser que trois individus (Maftei, données inédites). Des observations fortuites indiquent que des individus non reproducteurs se rassemblent au centre de l’océan Arctique en juillet et en août, particulièrement au nord de l’archipel François-Joseph (Hjort et al., 1997). Il est probable que les individus qui reportent la reproduction ou ne parviennent pas à se reproduire se rassemblent dans les zones de productivité élevée de l’océan Arctique (Meltofte et al., 1981; Hjort et al., 1997). Il semble peu probable que ces groupes englobent des individus du Canada.

Une aire d’hivernage distincte utilisée par des individus canadiens a été désignée dans la mer du Labrador (Maftei et al., 2015), très loin des aires de la mer de Béring ou du bassin du Pacifique Nord apparemment utilisées par les individus de la Sibérie (Gilg et al., 2015). Trois individus munis d’un émetteur satellite (ne s’étant pas reproduits) de l’île Nasaruvaalik se sont d’abord brièvement déplacés vers le nord et l’ouest dans l’océan Arctique, puis se sont tous déplacés vers le sud-est à l’automne, en passant par la baie de Baffin et le détroit de Davis, pour hiverner au large dans la mer du Labrador (Maftei et al., 2015; figure 3). La Mouette rosée est rarement, mais régulièrement recensée à des latitudes plus méridionales, toujours en tant qu’individus errants isolés en dehors de la saison de reproduction (eBird, 2019). Il n’existe pas de tendance régulière en matière de présence, mais de multiples mentions des provinces atlantiques, des États du nord-est des États-Unis et des îles britanniques portent à croire qu’un nombre important d’individus pourraient hiverner dans la mer du Labrador ou dans le nord-ouest de l’Atlantique (Maftei, 2014; Maftei et al., 2015). Les huit observations de Mouettes rosées recensées à Terre-Neuve entre 1976 et 2014 ont été faites tout au long de l’année, et toutes sauf une concernaient des individus adultes (Mactavish, comm. pers., 2019).

Relations interspécifiques

Prédation des nids et des adultes

Des Mouettes rosées adultes sont tuées par le Faucon pèlerin (Falco peregrinus) et le Faucon gerfaut (F. rusticolis) (Maftei, données inédites). Les œufs sont mangés ou détruits par des prédateurs terrestres, dont les renards, l’ours blanc et le renne domestique (Rangifer tarandus) (Kondratyev et al., 2000) ainsi que par des prédateurs aviaires comme le Grand Corbeau (Corvus corax), des mouettes (Larus spp.) et des labbes (Stercorarius spp.; COSEWIC, 2007; Environment Canada, 2007). Les oisillons sont confrontés à bon nombre des mêmes prédateurs ainsi qu’aux Sternes arctiques nicheuses qui attaquent les oisillons d’autres espèces nichant au sol à proximité (Macdonald dans Chartier et Cooke, 1980; Densley, 1999).

Relations interspécifiques autres que la prédation

La Mouette rosée niche généralement en association avec d’autres oiseaux de mer qui nichent au sol, particulièrement la Sterne arctique, dans toute son aire de répartition circumpolaire (résumé dans Maftei et al., 2012). Des individus effectuant des parades nuptiales élaborées à l’intention de membres d’autres espèces, notamment la Mouette tridactyle, ont été observés (Maftei et al., 2016). Ce phénomène a été étudié au Nunavut pendant trois ans, et a été constaté dans plusieurs aires de reproduction (Densley, 1999).

La Mouette rosée n’est pas connue comme étant une espèce qui s’associe à d’autres espèces pendant la migration, et la mesure dans laquelle elle s’associe à d’autres oiseaux de mer en hiver est inconnue. Toutefois, son aire d’hivernage et son habitat chevauchent ceux de plusieurs autres mouettes qui hivernent dans les eaux subarctiques, notamment le Goéland bourgmestre (Larus hyperboreus), la Mouette blanche et la Mouette tridactyle ainsi que plusieurs espèces d’alcidés (Gilg et al., 2015; Maftei et al., 2015; Mactavish, comm. pers., 2019).

Taille et tendances des populations

Activités et méthodes d’échantillonnage

Toutes les mentions de nidification de la Mouette rosée relevées au Canada avant 2012 concernaient des sites découverts par hasard, bien que plusieurs de ces sites aient été surveillés par la suite. En 2012, deux nouveaux sites de nidification ont été découverts dans le chenal Queens dans le cadre de relevés ciblant la Mouette rosée, à l’aide d’un modèle de caractère convenable de l’habitat (Maftei et al., 2012). Il semble probable que d’autres sites existent dans l’Extrême-Arctique canadien, notamment près du chenal Queens et dans le nord du bassin Foxe, et possiblement dans des zones du Bas-Arctique. Les sites de nidification de la Mouette rosée ne sont pas très visibles, et le faible succès de reproduction de l’espèce laisse croire que le meilleur moment pour rencontrer des individus au sol est au début de la saison de reproduction, soit au début de juin. Toutefois, les difficultés d’ordre logistique et le coût élevé des travaux sur le terrain dans l’Arctique ont découragé la réalisation de relevés ciblés ou d’activités de surveillance de la Mouette rosée.

Abondance

La plupart des Mouettes rosées se reproduisent dans l’est de la Russie, et la population reproductrice sibérienne est estimée à environ 45 000 à 55 000 individus reproducteurs (Degtyarev, 1991). Toutefois, cette estimation date de près de 30 ans et était fondée sur une extrapolation d’observations aériennes de seulement 400 individus sur 3 ans, dans une zone d’environ 236 000 km2. Moins de 1 % de cette population sibérienne estimée peut être recensée dans les colonies connues, selon les mentions publiées. Plusieurs colonies connues en Russie n’ont pas été officiellement décrites dans des publications (p. ex. Buturlin, 1906; Pavlov et Dorogov, 1976; Andreev et Kondratiev, 1981; Yésou, 1994; Kondratyev et al., 2000), et le nombre de mentions de nidification répertoriées en Russie est probablement de quelques centaines (Holohan, comm. pers., 2013; Tomkovitch comm. pers., 2013).

Selon une estimation plus récente, la population de l’Extrême-Orient russe et de la Sibérie, y compris la plupart des emplacements de colonies connus, compterait un maximum de 1 000 individus (Kondratyev et al., 2000). Toutefois, ce nombre inexpliqué semble déraisonnablement faible étant donné les nombres plus élevés observés pendant la migration en Russie et en Alaska (Divoky et al., 1988; Densley, 1999; Maftei et al., 2014). Divoky et al. (Divoky et al., 1988) ont suggéré une population mondiale minimale de 20 000 à 40 000 individus, en se fondant sur les estimations des individus observés pendant leur migration dans les eaux de l’Alaska à l’automne, dont 15 000 à 25 000 entreraient dans la mer de Beaufort. Maftei et al. (Maftei et al., 2014) ont recensé environ 27 500 individus en migration à la pointe Barrow en 2011.

Le moyen le plus réaliste d’évaluer la taille de la population mondiale est le recensement des Mouettes rosées qui passent devant la pointe Barrow, en Alaska, pendant leur migration. De tels recensements fournissent un indice répétable de l’abondance totale et du succès de reproduction inféré d’après la proportion de juvéniles. Deux recensements de ce type ont été réalisés, à près de trois décennies d’intervalle (Divoky et al., 1988; Maftei et al., 2014), mais la méthode utilisée était suffisamment différente pour qu’une comparaison directe des résultats soit impossible. Il a été avancé que certains migrants observés devant la pointe Barrow pendant qu’ils se dirigeaient vers le sud-ouest pourraient provenir des aires de reproduction canadiennes (Maftei, 2014), bien qu’il n’y ait aucun élément de preuve à l’appui de cette hypothèse.

La Mouette rosée a probablement persisté en petit nombre à des sites de reproduction largement dispersés dans l’Extrême-Arctique et le Bas-Arctique canadiens (Environment Canada, 2007). Moins de dix nids de Mouettes rosées ont été confirmés au cours de n’importe quelle année donnée aux sites de nidification connus au Canada (Maftei et al., 2012; figure 2), et seulement quatre mentions de reproduction confirmées existent sur une période récente de cinq ans (2014-2018), toutes dans l’île Nasaruvaalik, au Nunavut (Maftei, données inédites). Un maximum de 18 individus a été observé au cours de n’importe quelle année donnée dans l’ensemble des sites de reproduction connus (en 2012; tableau 1). Il se peut que les individus matures associés aux colonies connues qui reportent la reproduction ne soient pas observés certaines années. On s’attend à ce que quelques individus supplémentaires se reproduisent au Canada, bien que Richards et Gaston (Richards et Gaston, 2018) aient estimé que la population du Nunavut compte probablement moins de 100 individus, et que l’abondance globale de l’espèce au Canada est probablement bien inférieure à 250 individus matures.

Fluctuations et tendances

Un recensement du grand nombre de Mouettes rosées passant devant la pointe Barrow pendant leur migration constitue le meilleur indice de la population mondiale accessible, et la similitude entre les dénombrements effectués par Divoky et al. (Divoky et al., 1988) dans les années 1980 et ceux effectués par Maftei et al. (Maftei et al., 2014) en 2011 laisse penser que les effectifs mondiaux sont probablement relativement stables. Joiris (Joiris, 2017) a répertorié des déclins dans les dénombrements d’adultes suivant la reproduction effectués dans le nord de la mer du Groenland et le détroit de Fram au cours des périodes de 1988 à 1994 et de 2004 à 2014, et il a avancé que ces différences pourraient refléter des changements dans les mouvements migratoires plutôt que la taille de la population. Il est peu probable que ces dénombrements englobent les individus des colonies canadiennes.

Il n’existe pas suffisamment de données pour examiner de manière significative les tendances en matière d’abondance de la Mouette rosée au Canada. Le nombre d’individus dénombrés dans les colonies du Canada a varié entre environ 1 et 18 individus matures au cours d’une année donnée, sans tendance apparente (dénombrements et mentions de reproduction résumés au tableau 1). Des changements importants des sites de nidification utilisés et des visites d’observateurs dans les aires de reproduction possibles, en plus de la tendance de la Mouette rosée à reporter ou à abandonner la nidification, et à former ou à abandonner des colonies, rendent difficile l’évaluation de la tendance en matière de changement de la population. Le fait que l’espèce ne se reproduise plus à Churchill et à l’île Prince-Charles est préoccupant, même si certains individus pourraient encore nicher à des sites non détectés à proximité. Si le petit nombre de mentions de reproduction annuelles au cours des trois dernières générations (16 ans; tableau 1) est indicatif, il se pourrait que la population canadienne de Mouettes rosées ne niche actuellement que dans une partie de son ancienne aire de répartition, possiblement limitée à un seul archipel de petites îles dans le chenal Queens, au Nunavut.

Les observations d’un très faible succès de reproduction semblent indiquer que les populations canadiennes pourraient maintenant ou bientôt connaître un déclin. Pendant une période de 14 ans (2005-2018), seulement 4 des 23 tentatives de nidification confirmées de la Mouette rosée dans l’île Nasaruvaalik ont produit des oisillons, et aucun oisillon n’a survécu jusqu’à l’envol. Même si la Mouette rosée semble être une espèce dont la longévité est relativement importante, la population de l’île Nasaruvaalik connaîtra un déclin sans afflux de reproducteurs potentiels provenant d’autres colonies sources, à moins que le succès de reproduction ne s’améliore.

Immigration de source externe

Il existe peu de données permettant de déterminer si la Mouette rosée des sites de reproduction du Paléarctique ou du Groenland peut immigrer au Canada. La population source potentielle la plus près au Groenland est très petite, estimée entre 0 et 5 couples dispersés dans le sud-ouest et le nord-est du Groenland (BirdLife International, 2015; figure 1). La fidélité relativement faible de l’espèce à l’égard des sites de nidification, combinée aux vastes déplacements des individus marqués et à l’existence d’habitat apparemment convenable considérable, laisse penser que des individus provenant de l’aire de reproduction principale de l’est de la Russie pourraient atteindre le Canada. Des analyses génétiques effectuées par Royston et Carr (Royston et Carr, 2014) fournissent des éléments prouvant l’existence d’un lien génétique avec des individus supposément issus de la population reproductrice sibérienne, qui était probablement la population source initiale des individus canadiens et qui a pu reconstituer la population canadienne par le passé (Carr, comm. pers., 2019). Le peu de renseignements accessibles sur les tendances des populations de l’est de la Russie semblent indiquer qu’elles sont probablement stables (Maftei et al., 2014).

À l’inverse, de récentes études de suivi par satellite indiquent que les Mouettes rosées se reproduisant au Canada hivernent probablement dans le nord-ouest de l’océan Atlantique, dans le détroit de Davis et la mer du Labrador, loin des grands rassemblements dans la mer de Béring suivant la reproduction d’individus russes présumés (Maftei et al., 2015), qui présentent des tendances migratoires assez différentes. L’analyse génétique réalisée par Royston et Carr (Royston et Carr, 2014) a montré des distinctions dans la composition des haplotypes mitochondriaux entre les reproducteurs sibériens et canadiens présumés, ce qui ne serait pas attendu s’il y avait un flux génétique continu vers les populations canadiennes depuis la Sibérie (Toews, comm. pers., 2019). Il semble donc improbable qu’une immigration de source externe puisse se produire.

Il importe de souligner que rien n’indique que la petite population qui nichait autrefois au Manitoba a été rétablie par d’autres individus provenant de l’Extrême-Arctique canadien ou d’ailleurs, depuis que la reproduction y a été confirmée pour la dernière fois en 2005.

Aucun individu ne s’est reproduit avec succès pendant une période de 14 ans à la seule colonie de reproduction actuellement connue au Canada (île Nasaruvaalik; Maftei, données inédites), et cette colonie semble être maintenue grâce à l’immigration d’individus provenant d’autres colonies du Canada ou d’ailleurs. La population canadienne pourrait donc être un puits.

Menaces et facteurs limitatifs

Menaces

La Mouette rosée est probablement vulnérable aux effets cumulatifs de diverses menaces, qui sont classées ci-dessous, selon le système unifié de classification des menaces proposé par l’Union internationale pour la conservation de la nature et le Partenariat pour les mesures de conservation (UICN-CMP) (d’après Salafsky et al., 2008). Les menaces sont présentées en ordre décroissant de gravité de l’impact (du plus au moins élevé) et se terminent par celles dont la portée ou la gravité est inconnue. L’impact global des menaces est considéré comme étant très élevé à élevé, ce qui correspond à un déclin prévu de 10 à 100 % au cours des 10 prochaines années (Master et al., 2012). Voir l’annexe 1 pour de plus amples détails, y compris les menaces ayant un impact négligeable.

UICN 8. Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (impact élevé)

UICN 8.2, Espèces indigènes problématiques (impact élevé)

Au Canada, la Mouette rosée niche habituellement dans des colonies partagées avec la Sterne arctique, ce qui peut lui assurer une certaine protection par la détection en groupe des prédateurs et la réaction à ces derniers (Nguyen et al., 2006). Toutefois, de 2005 à 2016, tous les oisillons de Mouettes rosées produits à l’île Nasaruvaalik ont apparemment été tués par des Sternes arctiques, plus nombreuses, qui nichaient à proximité (Maftei, données inédites). Cette situation porte à croire que les Mouettes rosées du Canada qui nichent en étroite association avec des Sternes arctiques agressives pourraient se trouver dans un « piège écologique », ce qui fait en sorte que leur faible taux de reproduction est davantage réduit par cette association. Cette relation avec la Sterne arctique a été bien répertoriée ailleurs (Densley, 1999; Egevang et Boertmann, 2008; Maftei et al., 2012), et le harcèlement, les blessures et la mort d’oisillons par la Sterne arctique ont été relevés par le passé (Macdonald dans Chartier et Cooke, 1980; Densley, 1999). La mort d’oisillons causée par des attaques de Sternes arctiques contribue probablement au faible nombre de jeunes à l’envol chez la Mouette rosée, et constitue probablement une cause majeure du succès de reproduction excessivement faible répertorié au Canada (Maftei, 2014).

La Mouette rosée qui se reproduit dans l’île Nasaruvaalik est régulièrement dérangée par l’ours blanc et le renard arctique (Maftei et al., 2012), qui poussent les adultes à laisser temporairement leur nid sans surveillance, souvent par mauvais temps, et qui peuvent consommer les œufs et les oisillons. Ce site et d’autres sites de nidification de l’Extrême-Arctique pourraient être confrontés à une augmentation des perturbations et de la prédation par l’ours blanc, car le comportement et les déplacements de celui-ci changent en réaction aux changements climatiques et à l’évolution des régimes de glace (Iverson et al., 2014; Prop et al., 2015).

UICN 9. Pollution (impact élevé à moyen)

9.5 Polluants atmosphériques (impact élevé à moyen)

La seule mention de concentrations de contaminants dans les œufs de Mouette rosée au Canada indiquait des concentrations relativement élevées à la fois de mercure et de polluants organiques persistants (POP; Peck et al., 2016), le seul échantillon de Mouette rosée présentant la plus forte concentration de POP hérités parmi huit espèces étudiées. De 2005 à 2016, seulement 4 des 23 tentatives de nidification de la Mouette rosée dans l’île Nasaruvaalik ont produit des oisillons, et de nombreux œufs n’ont pas éclos en raison d’une infertilité apparente (Maftei, 2014; données inédites). Bien que la taille des échantillons des deux études soit très petite, ceux-ci semblent indiquer que l’infertilité des œufs liée aux fortes concentrations de contaminants peut également contribuer de manière considérable au très faible succès de reproduction de la Mouette rosée dans les colonies canadiennes.

UICN 11. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (impact inconnu)

11.1 Déplacement et altération de l’habitat (impact inconnu)

Les changements climatiques permanents prévus dans l’habitat de reproduction terrestre de l’Extrême-Arctique auront probablement des effets graduels sur l’habitat de nidification utilisé par la Mouette rosée au cours de trois générations, et la perte de pergélisol et l’assèchement de nombreux milieux humides du Bas-Arctique pourraient affecter l’habitat autrefois utilisé pour la nidification au Manitoba. Les effets des changements des conditions maritimes sur la disponibilité de nourriture dans les aires de reproduction de la Mouette rosée de l’Extrême-Arctique et dans l’habitat d’hivernage sont inconnus, mais des changements liés au climat dans la disponibilité de nourriture et le régime alimentaire ont été démontrés dans l’Arctique pour d’autres espèces d’oiseaux de mer (p. ex. Ganter et Gaston, 2013).

Facteurs limitatifs

En général, la Mouette rosée a un succès de reproduction excessivement faible (Kondratyev et al., 2000; Maftei, 2014). La capacité des individus reproducteurs de se reproduire avec succès est probablement limitée par une combinaison de facteurs pendant la saison de nidification, y compris une faible densité des nids, un faible taux de fidélité des couples, des conditions climatiques imprévisibles et souvent violentes, des taux élevés de report ou d’abandon de la reproduction et la prédation.

Nombre de localités

Les récentes mentions de nidification de la Mouette rosée au Canada proviennent de trois zones géographiquement et écologiquement distinctes : le chenal Queens et le bassin Foxe au Nunavut, et près de Churchill au Manitoba. Bien que la présence de l’espèce ne soit actuellement connue que dans le chenal Queens, il est possible qu’un très petit nombre d’individus nicheurs soient néanmoins présents dans les trois zones. Comme ces zones comportent des habitats différents, qu’elles sont séparées par au moins plusieurs centaines de kilomètres et qu’elles sont probablement exposées à des menaces de différentes sources (comme la mortalité des oisillons causée par la Sterne arctique, la prédation accrue, les perturbations humaines, la pollution marine, etc.), chaque zone est considérée comme étant une localité distincte. Bien que rien ne prouve que la Mouette rosée se reproduise actuellement dans d’autres régions du Canada, il existe de vastes zones d’habitat apparemment convenable le long des côtes maritimes du Manitoba et du Nunavut qui pourraient représenter des localités supplémentaires si la reproduction y était confirmée. Le nombre actuel de localités est donc estimé entre 1 et 3, bien que la reproduction n’ait été confirmée que dans une seule localité (chenal Queens) au cours des 15 dernières années.

Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

La Mouette rosée est protégée par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (Government of Canada, 2017), qui interdit de nuire aux oiseaux et de perturber ou de détruire les nids et les œufs. La Mouette rosée a été inscrite comme espèce menacée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril de 2002 (Government of Canada, 2019) en juin 2003. Elle a également été inscrite comme espèce en voie de disparition au Manitoba en vertu de la Loi sur les espèces et les écosystèmes en voie de disparition du Manitoba.

Un programme de rétablissement national préparé en 2007 comporte quatre objectifs de rétablissement clés : 1) maintenir la répartition et le nombre de couples reproducteurs connus actuels au Canada sur une période moyenne de cinq ans; 2) encourager les nouvelles recherches et les relevés susceptibles de révéler des lieux de rassemblement pour la reproduction encore inconnus dans l’Arctique canadien; 3) protéger l’habitat de reproduction par des ententes d’intendance et de conservation et entreprendre des études en vue de désigner l’habitat essentiel; 4) déterminer la portée des menaces dans les emplacements de reproduction et mettre en œuvre des stratégies de gestion pour réduire ces menaces (Environment Canada, 2007).

La Mouette rosée est protégée aux États-Unis, y compris en Alaska, en vertu du Migratory Bird Treaty Act (USFWS, 2017). Elle figure comme espèce menacée ou en voie de disparition dans le livre rouge de la Russie, et elle est entièrement protégée contre toute atteinte ou perturbation délibérée dans ce pays (Kondratyev et al., 2000). L’espèce est protégée de manière semblable au Groenland (Boertmann, 2007).

Statuts et classements non juridiques

À l’échelle mondiale, la Mouette rosée est considérée comme étant apparemment non en péril (G4) (NatureServe, 2019), et elle figure sur la liste des espèces constituant une préoccupation mineure de l’UICN (IUCN, 2018). Au Canada, elle est considérée comme étant gravement en péril/en péril, en tant qu’espèce reproductrice et migratrice (N1N2B, N1N2M) (NatureServe, 2019). À l’échelle provinciale, la Mouette rosée est considérée comme étant une espèce reproductrice gravement en péril au Manitoba (S1B) et une espèce reproductrice et migratrice gravement en péril au Nunavut (S1B, S1M), et elle ne figure à aucune liste dans les autres provinces et territoires. Aux États-Unis, l’espèce n’est pas classée à l’échelle nationale (NNA) (NatureServe, 2019), mais elle est considérée comme étant une espèce migratrice vulnérable/apparemment non en péril (S3S4M) dans l’État de l’Alaska (NatureServe, 2019). Cette information est résumée au tableau 2.

Tableau 2. Cotes de conservation de la Mouette rosée au Canada et aux États-Unis (d’après NatureServe, 2019)
Administration UICN Statut selon l’UICN* Quasi menacée Statut selon le pays, la province ou l’État
Échelle mondiale G4 NA Sans objet
Canada Sans objet N1N2B, N1N2N
Manitoba Sans objet S1B
Nunavut Sans objet S1B, S1N
États-Unis Sans objet NNA (sans objet)
Alaska Sans objet S3S4N

* N (au début de la cote) = nationale; S = infranationale; B = espèce reproductrice; N (à la fin de la cote) = espèce non reproductrice. 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = vulnérable; 4 = apparemment non en péril; NA = sans objet.

Protection et propriété de l’habitat

Plusieurs zones utilisées par la Mouette rosée comme sites de reproduction au Canada au cours des dernières décennies sont désignées comme étant des zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO), notamment les îles Cheyne (ZICO NU049), l’île Prince-Charles (ZICO NU011) et l’île Nasaruvaalik (ZICO territoriale [NU]) au Nunavut ainsi que Churchill, au Manitoba (ZICO MB003). Ces désignations ne protègent pas officiellement l’espèce ou son habitat, mais à titre d’espèce inscrite à l’annexe 1 de la LEP, la Mouette rosée et ses nids sont protégés contre les perturbations ou les dommages. L’espèce est protégée en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada (2000) dans le parc national Wapusk, au Manitoba, même si elle n’y a pas été répertoriée comme espèce nicheuse (Pruss, comm. pers., 2019).

D’après l’étendue de l’habitat apparemment convenable, l’aire de reproduction présumée de la Mouette rosée au Canada pourrait comprendre un mélange de terres publiques protégées et non protégées ainsi que des terres visées par l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut. Aucune zone importante de cette aire de répartition globale n’est détenue par des intérêts privés.

Remerciements et experts contactés

Remerciements

Le financement nécessaire à la préparation du présent rapport a été fourni par Environnement et Changement climatique Canada, et le soutien administratif a été fourni par Marie-France Noël. Les experts énumérés ci-dessous ont fourni des données et/ou des conseils précieux. Mark Mallory a apporté une aide particulièrement précieuse en fournissant des données inédites et des observations personnelles. Richard Elliot, coprésident du Sous-comité des spécialistes des oiseaux du COSEPAC, a fourni des commentaires exhaustifs tout au long de la préparation du rapport. Rosana Nobre Soares, du Secrétariat du COSEPAC, a créé les magnifiques cartes des aires de répartition.

Experts contactés

Artuso, C. Biologiste des espèces sauvages, Service canadien de la faune, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa (Ontario), et membre du Sous-comité des spécialistes des oiseaux du COSEPAC.

Blight, L. Biologiste principale, British Columbia Ministry of Environment, Victoria (Colombie-Britannique), et membre du Sous-comité des spécialistes des oiseaux du COSEPAC.

Cannings, S. Biologiste des espèces en péril, Service canadien de la faune, Environnement et Changement climatique Canada, Whitehorse (Yukon), et membre du COSEPAC.

De Smet, K. Biologiste des espèces en péril, ministère du Développement durable du Manitoba, Winnipeg (Manitoba).

Gauthier, I. Coordonnatrice provinciale des espèces fauniques menacées et vulnérables, Direction générale de la gestion de la faune et des habitats, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Québec (Québec).

Gilchrist, H.G. Chercheur scientifique, Direction des sciences de la faune et du paysage, Environnement et Changement climatique Canada, Ottawa (Ontario).

Krebs, E.A. Gestionnaire de la recherche, Direction des sciences de la faune et du paysage, Environnement et Changement climatique Canada, Delta (Colombie-Britannique), et membre du Sous-comité des spécialistes des oiseaux du COSEPAC.

Kydd, P. Gestionnaire de la conservation des ressources, Unité de gestion du Nunavut, Agence Parcs Canada, Iqaluit (Nunavut).

Mallory, M. Professeur et titulaire d’une chaire de recherche du Canada, Département de biologie, Université Acadia, Wolfville (Nouvelle-Écosse).

Murchison, C. Agente de gestion des ressources II, Unité de gestion du Nunavut, Agence Parcs Canada, Iqaluit (Nunavut).

Pirie-Dominix, L. Chef, Unité de l’Arctique de l’Est, Service canadien de la faune, Environnement et Changement climatique Canada, Iqaluit (Nunavut).

Pruss, S. Scientifique des écosystèmes III, Agence Parcs Canada, Fort Saskatchewan (Alberta), et membre du COSEPAC.

Rand, G. Gestionnaire adjoint des collections, Musée canadien de la nature, Ottawa (Ontario).

Rausch, J. Biologiste des oiseaux de rivage, Service canadien de la faune, Environnement et Changement climatique Canada, Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest).

Ritchie, K. Biologiste de l’habitat et des espèces en péril, Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut, Iqaluit (Nunavut).

Soares, R. N. Chargée de projets scientifiques et agente du SIG, Secrétariat du COSEPAC, Service canadien de la faune, Environnement et Changement climatique Canada, Gatineau (Québec).

Tuckwell J. Spécialiste de la conservation des espèces, Agence Parcs Canada, Winnipeg (Manitoba).

Sources d’information

Andreev, A.V. et A.J. Kondratyev. 1981. New data on biology of the Ross’s gull (Rhodostethia rosea). Zoologičeskij Žurnal 60:18–25.

Artuso, C., comm. pers. 2019. Correspondance par courriel avec R. D. Elliot, mai 2019, agent de programme du Manitoba, Études d’Oiseaux Canada, Winnipeg (Manitoba), et membre du Sous-comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC.

Béchet, A., J-L. Martin, P. Meister et C. Raboum. 2000. A second breeding site for Ross’s gull (Rhodostethia rosea) in Nunavut, Canada. Arctic 53:234–36.

Bird, J., R. Martin, H.R. Akçakaya, J. Gilroy, I.J. Burfield, S.T. Garnett, A. Symes, J. Taylor, C.H. Şekercioğlu et S.H.M. Butchart. 2020. Generation lengths of the world’s birds and their implications for extinction risk. Conservation Biology 34:1252–1261.

BirdLife International. 2015. European Red List of Birds. Office for Official Publications of the European Communities, Luxembourg.

Bledsoe, H. et D. Sibley. 1985. Patterns of vagrancy of Ross’s Gull. American Birds 39:219–27.

Boadway, K. et M. Mallory. 2010. Final report: Effects of disturbance on Ross’s Gulls and other small, ground-nesting marine birds at Tern (Nasaruvaalik) Island, Summers 2008 and 2009. Canadian Wildlife Service, 10 pp.

Boertmann, D. 2007. Grønlands Rødliste. Grølands Hjemmestyre - Direktoratet for Miljø Og Natur; Danmarks Miljøundersøgelser - Arhus Universitet, Denmark.

Buturlin, S. A. 1906. The breeding-grounds of the rosy gull. Ibis 48:131–139; 333–337; 661–666.

Carr, S., comm. pers. 2019. Correspondance par courriel avec R.D. Elliot, juin 2019, professeur, Department of Biology, Memorial University of Newfoundland, St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador).

Chartier, B. et F. Cooke. 1980. Ross’s gulls (Rhodostethia rosea) nesting at Churchill, Manitoba, Canada. American Birds 34:839–41.

COSEWIC 2007. COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Ross’s Gull Rhodostethia rosea in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. vii + 24 pp [Également disponible en français : COSEPAC 2007. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Mouette rosée (Rhodostethia rosea) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vii + 27 p.]

Day, R.H., I.J. Stenhouse et H.G. Gilchrist. 2001. Sabine’s gull (Xema sabinii). In The Birds of North America Online No. 593. (A. Poole, Ed.). Ithaca: Cornell Lab of Ornithology; tiré du site Web de Birds of North America : https://birdsna.org/Species-Account/bna/species/sabgul. [consulté en mars 2019].

Degtyarev, A.G. 1991. A method of airborne census of Ross’s gull, (Rhodostethia rosea), in Yakut tundras USSR. Zoologičeskij Žurnal 70:81–85.

Densley, M. 1999. In Search of Ross’s Gull. Peregrine Books. Leeds. United Kingdom. 268 pp.

Divoky, George J. 1976. The pelagic feeding habits of Ivory and Ross’ gulls. Condor 78:85–90.

Divoky, G.J., S.A. Hatch et G. A. Sanger. 1988. Fall migration of Ross’ gull (Rhodostethia rosea) in Alaskan Chukchi and Beaufort Seas. USFW OCS Study MMS 88-0023.

eBird. 2019. eBird: An online database of bird distribution and abundance. eBird, Ithaca, New York. [consulté en mars 2019]. [Également disponible en français : eBird. 2019. eBird : une base de données en ligne sur la répartition et l’abondance des oiseaux, eBird, Ithaca (New York)].

Egevang, C. et D. Boertmann. 2008. Ross’s gulls (Rhodostethia rosea) breeding in Greenland: a review, with special emphasis on records from 1979 to 2007. Arctic 61:322–28.

Environment Canada. 2007. Recovery Strategy for the Ross’s Gull (Rhodostethia rosea) in Canada. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Environment Canada, Ottawa. iv + 18 pp. [Également disponible en français : Environnement Canada. 2007. Programme de rétablissement de la Mouette rosée (Rhodostethia rosea) au Canada, Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement Canada, Ottawa, vi + 19 p.]

Fifield, D., comm. pers. 2019. Correspondance par courriel avec R. D. Elliot, mai 2019, spécialiste de la conservation de la faune et des écosystèmes marins, Direction des sciences de la faune et du paysage, Environnement et Changement climatique Canada, St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador).

Ganter, B. et A.J. Gaston. 2013. Birds. In: Meltofte, H. (ed.) Arctic Biodiversity Assessment: Status and Trends in Arctic Biodiversity. Conservation of Arctic Flora and Fauna, Akureyri, Iceland.

Gaston, A.J, H.G. Gilchrist et J.M. Hipfner. 2005. Climate change, ice conditions and reproduction in an Arctic nesting marine bird: Brunnich's guillemot (Uria lomvia L.). Journal of Applied Ecology 74:832-841.

Genevois, F., comm. pers. 2018. Conversation avec M. Maftei, ornithologue français et guide à bord de bateaux touristiques dans l’Extrême-Arctique canadien.

Gilg, O.A., A. Andreev, A. Aebischer, A. Kondratyev, A. Sokolov et A. Dixon. 2015. Satellite tracking of Ross’s gull Rhodostethia rosea in the Arctic Ocean. Journal of Ornithology 157:249–53.

Government of Canada. 2017. Migratory Birds Convention Act, 1994. Site Web : [consulté en février 2019]. [Également disponible en français : Gouvernement du Canada. 2017. Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. ]

Government of Canada. 2019. Species at Risk Act, 2002. Site Web : [consulté en février 2019]. [Également disponible en français : Gouvernement du Canada. 2019. Loi sur les espèces en péril, 2002.]

Hamel, C. 2002. Status summary for the Ross's Gull. Manitoba Conservation Data Centre, Winnipeg, Manitoba.

Hjort, C., G.A. Gudmundsson et M. Elander. 1997. Ross's Gulls in the central Arctic Ocean. Arctic 50:289-292.

Holohan, S., comm. pers. 2013. Correspondance par courriel avec M. Maftei, spécialiste de la Mouette rosée du Royaume-Uni.

Howell, S.N.G. et J. Dunn. Gulls of the Americas. 2007. Houghton Mifflin Company. New York, New York. 516 pp.

Ilyichev, V.D. et V.A. Zubakin. 1988. Birds of the USSR (Gulls). Nauka. Moscow. 416 pp.

IUCN 2018. Rhodostethia rosea. The IUCN Red List of Threatened Species 2018. Site Web : e.T22694476A132063633. [consulté en mars 2019]. (en anglais seulement)

Iverson, S.A., H.G. Gilchrist, P.A. Smith, A.J. Gaston et M.R. Forbes. 2014. Longer ice-free seasons increase the risk of nest depredation by polar bears for colonial breeding birds in the Canadian Arctic. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences 281:20133128.

Joiris, C.R. 2017. Drastic decrease in high Arctic gulls - Ivory Pagophila eburnea and Ross’s Rhodostethia rosea - density in the northern Greenland Sea and Fram Strait between 1988 and 2014. Polar Biology 40:1029-1034.

Koes, R. F. 2019. Ross's Gull in Artuso, C., A.R. Couturier, K.D. De Smet, R.F. Koes, D. Lepage, J. McCracken, R.D. Mooi et P. Taylor (eds.). The Atlas of the Breeding Birds of Manitoba, 2010-2014. Bird Studies Canada. Winnipeg, Manitoba. [Également disponible en français : Koes, R. F. 2019. Mouette rosée dans Artuso, C., A.R. Couturier, K.D. De Smet, R.F. Koes, D. Lepage, J. McCracken, R.D. Mooi, et P. Taylor (éds.). Atlas des oiseaux nicheurs du Manitoba, 2010-2014, Études d’Oiseaux Canada, Winnipeg (Manitoba).]

Kondratyev, A.Y., N.M. Litvinenko et G.W. Kaiser. 2000. Seabirds of the Russian Far East. Canadian Wildlife Service Special Publication, 141 pp.

Lindström, Å., S. Bensch et P.E. Jönsson. 1998. Low body mass of juvenile Ross's gulls (Rhodostethia rosea) in the Laptev Sea. Arctic 51:280–282.

Macdonald, S.D. 1978. First breeding record of Ross's gull in Canada (abstract only). Proceedings of the Colonial Waterbird Group. 2:16.

Mactavish, B., 2019. Correspondance par courriel avec R.D. Elliot, mai 2019, LGL Limited, St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador).

Maftei, Mark. 2014. The Ross’s Gull (Rhodostethia rosea) in North America. Thèse de maîtrise, Memorial University of Newfoundland, St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador).

Maftei, M., S.E. Davis, I.L. Jones et M.L. Mallory. 2012. Breeding habitats and new breeding locations for Ross’s gull (Rhodostethia rosea) in the Canadian High Arctic. Arctic 65:283-288.

Maftei, M., S.E. Davis, B.D. Uher-Koch, C. Gesmundo, R. Suydam et M.L. Mallory. 2014. Quantifying fall migration of Ross’s gulls (Rhodostethia rosea) past Point Barrow, Alaska. Polar Biology 37:1705-1710.

Maftei, M., S.E. Davis et M.L. Mallory. 2015. Confirmation of a wintering ground of Ross’s gull Rhodostethia rosea in the Northern Labrador Sea. Ibis 157:642-647.

Maftei, M., S.E. Davis et M.L. Mallory. 2016. Observations of heterospecific courtship behaviour in an isolated population of Ross’s gulls (Rhodostethia rosea). Arctic 69:341-345.

Mallory, M., comm. pers. 2018. Conversation téléphonique avec M. Maftei, octobre 2018, professeur et titulaire d’une chaire de recherche du Canada, Département de biologie, Université Acadia, Wolfville (Nouvelle-Écosse).

Mallory, M.L., J. Akearok et A.J. Fontaine. 2001. Community knowledge on the distribution and abundance of species at risk in southern Baffin Island, Nunavut, Canada. Canadian Wildlife Service Technical Report No. 363:1-68.

Mallory, M.L., H.G. Gilchrist et C.L. Mallory. 2006. Ross's gull Rhodostethia rosea breeding in Penny Strait, Nunavut, Canada. Arctic 59:319-321.

Mallory, M.L., I.J. Stenhouse, H.G. Gilchrist, G.A. Robertson, J.C. Haney et S.D. Macdonald. 2008. Ivory Gull. In The Birds of North America Online (A. Poole, Ed.). Ithaca: Cornell Lab of Ornithology; tiré du site Web de Birds of North America. (en anglais seulement)

Master, L.L., D. Faber-Langendoen, R. Bittman, G.A. Hammerson, B. Heidel, L. Ramsay, K. Snow, A. Teucher et A. Tomaino. 2012. NatureServe Conservation Status Assessments: Factors for Evaluating Species and Ecosystem Risk. NatureServe, Arlington, Virginia. 64 pp.

Meltofte, H.C., C. Edelstam, G. Granstrom, J. Hammer et C. Hjort. 1981. Ross's Gulls in the Arctic pack-ice. British Birds 74:316–320.

Murdoch, J. 1899. A historical notice of Ross’s rosy gull (Rhodostethia rosea). Auk 16:146–55.

NatureServe. 2019. NatureServe Web Service. Arlington, VA. U.S.A. Site Web : [consulté en mars 2019]. (en anglais seulement)

Nguyen, L.P., K.F. Abraham et E. Nol. 2006. Influence of Arctic Terns on survival of artificial and natural Semipalmated Plover nests. Waterbirds 29:100–104.

Parry, W.E. et W.J. Hooker. 1825. Parry, William Edward et William Jackson Hooker. Appendix to Captain Parry’s Journal of a Second Voyage for the Discovery of a North-west Passage from the Atlantic to the Pacific: Performed in Majesty's Ships Fury and Hecla, in the Years 1821-22-23. John Murray. London, United Kingdom.

Pavlov, B.M. et V.F. Dorogov. 1976. The Ross’s Gull (Rhodostethia rosea) in the Taimyr. Ornitologia 12:240–41.

Pearce, J.M., D. Esler et A.G. Degtyarev. 1998. Birds of the Indigirka River delta, Russia: historical and biogeographic comparisons. Arctic 51:361–70.

Peck, L.E., H.G. Gilchrist, C.D. Mallory, B.M. Braune et M.L. Mallory. 2016. Persistent organic pollutant and mercury concentrations in eggs of ground-nesting marine birds in the Canadian High Arctic. Science of the Total Environment 556:80–88.

Pons, J-M, A. Hassanin et P.-A. Crochet. 2005. Phylogenetic relationships within the Laridae (Charadriiformes: Aves) inferred from mitochondrial markers. Molecular Phylogenetics and Evolution 37:686–99.

Prop, J., J. Aars, B.J. Bårdsen, S.A. Hanssen, C. Bech, S. Bourgeon, J. de Fouw, G.W. Gabrielsen, J. Lang, E. Noreen et T. Oudman. 2015. Climate change and the increasing impact of polar bears on bird populations. Frontiers in Ecology and Evolution 3:33.

Pruss, S., comm. pers. 2019. Correspondance par courriel avec M. Maftei, 2019, scientifique des écosystèmes III, Agence Parcs Canada, Fort Saskatchewan (Alberta).

Richards, J.M. et A.J. Gaston (eds.). 2018. Birds of Nunavut, Volume 1: Nonpasserines. UBC Press, Vancouver, British Columbia, 499 pp.

Royston, S.R. et S.M. Carr. 2014. Conservation genetics of High-Arctic gull species at risk: II. diversity in the MtDNA control region of threatened Ross’s gull (Rhodostethia rosea). Mitochondrial DNA Part A. 27:3995-3999.

Sinclair, P.H., W.A Nixon, C.D. Eckert et N.L. Hughes. 2003. Birds of the Yukon Territory. UBC Press, Vancouver, British Columbia. 595 pp.

Spencer, N.C, H,G. Gilchrist et M.L Mallory. 2014. Annual movement patterns of endangered Ivory Gulls: the importance of sea ice. PLoS One 9:e115231.

Toews, D., comm. pers., 2019. Correspondance par courriel avec R.D. Elliot, juillet 2019, professeur, Pennsylvania State University, State College, Pennsylvanie, et membre du Sous-comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC.

Tomkovitch, P., comm. pers., 2013. Correspondance par courriel avec M. Maftei, Lomonsov Moscow State University, Moscou, Russie.

USFWS (United States Fish and Wildlife Service). 2017. Migratory Bird Treaty Act of 1918. Site Web : [consulté en février 2019].

Wilson, R.R, C. Perham, D.P French-McCay et R. Balouskus. 2018. Potential impacts of offshore oil spills on polar bears in the Chukchi Sea. Environmental Pollution 235:652–59.

Yésou, P. 1994. Contribution à l’étude avifaunistique de la Péninsule Du Taimyr. Alauda 62:247–52.

Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Mark Maftei étudie les oiseaux qui nichent dans l’Arctique depuis 15 ans. Il a consacré huit années à l’étude de la Mouette rosée nichant dans l’île Nasaruvaalik, au Nunavut, au Canada, ainsi qu’à des dénombrements d’individus en migration en Alaska et à des relevés en mer en Russie, en Alaska et dans le nord du Canada. Il a publié un certain nombre d’articles évalués par des pairs sur la Mouette rosée, et la situation de l’espèce en Amérique du Nord constituait le sujet de sa thèse de maîtrise. En 2011, il a fondé le High Arctic Gull Research Group, qui a mené un certain nombre de projets de recherche avec des collaborateurs gouvernementaux et universitaires dans l’ensemble de l’Arctique circumpolaire. Il est actuellement directeur exécutif de la Raincoast Education Society à Tofino, en Colombie-Britannique.

Collections examinées

Aucune collection n’a été examinée pendant la préparation du présent rapport.

Annexe 1. Tableau du calculateur des menaces pesant sur la Mouette rosée

Tableau d’évaluation des menaces

Nom scientifique de l’espèce ou de l’écosystème
Mouette rosée (Rhodostethia rosea)
Identification de l’élément
Sans objet
Code de l’élément
Sans objet
Date
18 juin 2019
Évaluateur(s) :
Mark Maftei (rédacteur), Richard Elliot (coprésident du SCS), Dwayne Lepitzki (animateur), Marie‑France Noël (Secrétariat du COSEPAC), Shanti Davis (High Arctic Research Group), Dave Fifield (ECCC‑DSFP), Marcel Gahbauer (SCS des oiseaux), Tom Jung (YK), Piia Kukka, Mark Mallory (Université Acadia), Greg Robertson, (ECCC‑DSFP), Matthew Webb (APC), Greg Wilson (C.‑B.)
Références :
Ébauche du rapport de situation sur la Mouette rosée, programme de rétablissement en vertu de la LEP de la Mouette rosée au Canada (Environment Canada, 2007)
Calcul de l’impact global des menaces
Impact des menaces Impact des menaces (descriptions) Comptes des menaces de niveau 1
selon l’intensité de leur impact :
Maximum de la plage d’intensité
Comptes des menaces de niveau 1
selon l’intensité de leur impact :
Minimum de la plage d’intensité
A Très élevé 0 0
B Élevé 2 1
C Moyen 0 1
D Faible 0 0
- Impact global des menaces calculé : Très élevé Élevé
Impact global des menaces attribué :
AB = Très élevé à élevé
Justification de l’ajustement de l’impact :
Sans objet
Impact global des menaces – commentaires
Il est présumé que la durée d’une génération de la Mouette rosée du Canada est de 5,35 ans, de sorte que le délai pris en compte pour la gravité et l’immédiateté des menaces est de 16 ans. Il est également présumé que tous les individus canadiens se reproduisent maintenant dans le centre de l’Extrême‑Arctique et hivernent dans le nord‑ouest de l’Atlantique, plus précisément dans la mer du Labrador. La population connue compte moins de 20 individus matures et on suppose que la population totale est très petite, comptant certainement moins de 250 individus matures. La reproduction a été surveillée récemment dans la seule colonie canadienne active connue, dans l’île Nasaruvaalik, au Nunavut, où les effectifs sont relativement stables, mais où la productivité annuelle est très faible, voire nulle. 
Tableau d’évaluation des menaces
# Menace Impact
(calculé)
Portée
(10 prochaines
années)
Gravité
(10 années
ou
3 générations)
Immédiateté Commentaires
1 Développement résidentiel et commercial Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
1.1  Zones résidentielles et urbaines Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
1.2  Zones commerciales et industrielles Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
1.3  Zones touristiques et récréatives Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
2 Agriculture et aquaculture Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
2.1  Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
2.2  Plantations pour la production de bois et de pâte Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
2.3  Élevage de bétail Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
2.4  Aquaculture en mer et en eau douce Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
3 Production d’énergie et exploitation minière Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
3.1  Forage pétrolier et gazier Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Aucun effet direct des activités de forage pétrolier et gazier n’est prévu dans les aires de reproduction ou d’hivernage; les effets des déversements de pétrole sont pris en compte à la section 9.2 (Effluents industriels et militaires).
3.2  Exploitation de mines et de carrières Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
3.3  Énergie renouvelable Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
4 Corridors de transport et de service Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
4.1  Routes et voies ferrées Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
4.2  Lignes de services publics Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
4.3  Voies de transport par eau Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Les effets des déversements de pétrole découlant des activités de transport par eau sont pris en considération à la section 9.2 (Effluents industriels et militaires).
4.4  Corridors aériens Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
5 Utilisation de ressources biologiques Négligeable Négligeable (<1 %) Extrême (71-100 %) Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans) Sans objet
5.1  Chasse et capture d’animaux terrestres Négligeable Négligeable (<1 %) Extrême (71-100 %) Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans) Par le passé, la Mouette rosée était abattue de manière opportuniste aux fins de subsistance à Barrow, en Alaska (p. ex. Murdoch, 1899) et à Terre‑Neuve (en 1976; Mactavish, comm. pers., 2019), mais pas en nombre suffisant pour avoir un impact mesurable sur la population. Il existe une mention d’un seul individu abattu près de Pond Inlet, au Nunavut, au cours de la dernière décennie. Il est peu probable que la chasse constitue maintenant une menace importante pour les individus du Canada.
5.2  Cueillette de plantes terrestres Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
5.3  Exploitation forestière et récolte du bois Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
5.4  Pêche et récolte de ressources aquatiques Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
6 Intrusions et perturbations humaines (en anglais seulement) Négligeable Généralisée à grande (31-100 %) Neutre ou avantage potentiel Élevée (continue) Sans objet
6.1 Activités récréatives Négligeable Négligeable (<1 %) Légère (1-10 %) Faible (possiblement à long terme, > 10 ans) La Mouette rosée qui niche au Canada peut attirer les observateurs d’oiseaux et les collectionneurs d’œufs en raison de son extrême rareté. Elle est vulnérable aux perturbations humaines (Boadway et Mallory, 2010), et un nid contenant des œufs a été illégalement pris par un collectionneur près de Churchill, au Manitoba, en 1981 (Artuso, comm. pers., 2019). Cependant, tous les sites de nidification récents de l’espèce se trouvent dans des zones excessivement éloignées, sans accès public ou avec un accès extrêmement limité. L’augmentation prévue de l’accès des touristes par bateau dans l’Extrême‑Arctique pourrait présenter un risque futur pour la Mouette rosée, dans plus de 10 ans. Les individus errants qui se trouvent parfois dans le sud du Canada attirent considérablement l’attention des observateurs d’oiseaux.
6.2 Guerre, troubles civils et exercices militaires Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
6.3 Travaux et autres activités Ne constitue pas une menace. Généralisée à grande (31-100 %) Neutre ou avantage potentiel Élevée (continue) Des perturbations par des chercheurs se produisent la plupart des années à l’île Nasaruvaalik, la seule colonie active connue de Mouettes rosées au Canada, mais elles sont gérées de manière à éviter les impacts sur la survie et la productivité, et les activités de capture et de baguage sont peu susceptibles de dissuader ou d’empêcher les tentatives de reproduction (Maftei, obs. pers.). La présence de scientifiques a probablement des effets positifs nets dans l’ensemble, en dissuadant la prédation des nids par l’ours blanc et le renard arctique et le piétinement des nids par le caribou. La portée est considérée comme étant généralisée à grande, car les individus qui nichent dans l’île Nasaruvaalik pourraient représenter entre environ un tiers et 100 % des individus qui se reproduisent au Canada.
7 Modification du système naturel (en anglais seulement) Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
7.1 Incendies et suppression des incendies Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
7.2 Barrages, gestion et utilisation de l’eau Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
7.3 Autres modifications de l’écosystème Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Il est peu probable que les activités humaines qui modifient l’habitat dans les aires de reproduction affectent la nidification de la Mouette rosée ou ses ressources alimentaires, et on ne sait pas si les changements océanographiques en cours dans la mer du Labrador peuvent affecter l’espèce.
8 Espèces et gènes envahissants ou problématiques (en anglais seulement) B Élevé Généralisée à grande (31-100 %) Élevée (31‑70 %) Élevée (continue) Sans objet
8.1 Espèces exotiques/non indigènes envahissantes Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
8.2 Espèces indigènes problématiques B Élevé Généralisée à grande (31-100 %) Élevée (31‑70 %) Élevée (continue) Le taux élevé de mortalité des oisillons dû aux attaques de Sternes arctiques agressives qui nichent dans des colonies partagées, comme celle de l’île Nasaruvaalik, contribue probablement de façon importante au très faible taux d’envol de la Mouette rosée au Canada. La Mouette rosée est apparemment attirée par la nidification dans de grandes colonies à forte densité de Sternes, qui assurent une défense contre les prédateurs, mais elles sont surpassées en nombre par les Sternes nicheuses dont les attaques subséquentes des oisillons de Mouettes réduisent considérablement la productivité et peuvent représenter un piège écologique. Dans la seule colonie active connue au Canada, les individus nicheurs sont régulièrement perturbés par des ours blancs et des renards arctiques qui consomment les œufs et les oisillons, et chassent les adultes des nids. Les perturbations et la prédation par les ours pourraient augmenter en réaction aux changements climatiques et au changement des régimes de glace. 
8.3 Introduction de matériel génétique Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9 Pollution (en anglais seulement) BC Élevé à moyen Généralisée à grande (31-100 %) Élevée à modérée (11-70 %) Élevée (continue) Sans objet
9.1 Eaux usées domestiques et urbaines Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9.2 Effluents industriels et militaires Négligeable Négligeable (<1 %) Extrême (71-100 %) Élevée (continue) Une grande partie de la population mondiale de Mouettes rosées qui se trouve le long de la côte nord de l’Alaska à l’automne est vulnérable aux effets des déversements d’hydrocarbures extracôtiers ou à proximité du littoral liés aux activités de transport par eau et aux activités d’exploration ou d’extraction pétrolières des installations extracôtières. Il serait impossible de contenir efficacement des déversements survenant à la fin de l’automne ou au début de l’hiver en raison du déplacement de la couverture de glace. Une modélisation récente indique une forte probabilité que les eaux de surface utilisées par la Mouette rosée en migration soient contaminées (Wilson et al., 2018), bien que la Mouette rosée des colonies canadiennes puisse ne pas se trouver dans ces rassemblements de migration. La Mouette rosée qui niche dans les colonies de l’Extrême‑Arctique canadien n’est pas actuellement exposée aux déversements d’hydrocarbures, mais le trafic maritime près des colonies connues pourrait augmenter en raison du réchauffement climatique à venir. La Mouette rosée du Canada qui hiverne dans les parties proches du littoral de la mer du Labrador peut être légèrement exposée aux effets des déversements d’hydrocarbures provenant des navires de ravitaillement des collectivités côtières et des minéraliers desservant la mine de nickel de Voisey’s Bay, dans le nord du Labrador (Fifield, comm. pers., 2019).
9.3 Effluents agricoles et forestiers Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9.4 Détritus et déchets solides Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9.5 Polluants atmosphériques BC Élevé à moyen Généralisée à grande (31-100 %) Élevée à modérée (11-70 %) Élevée (continue) Des données limitées indiquent que des œufs de Mouettes rosées contiennent de très fortes concentrations de mercure et de POP, le seul échantillon canadien présentant la plus forte concentration de POP hérités parmi huit espèces étudiées. La portée est considérée comme étant grande à généralisée, car l’infertilité des œufs, probablement liée aux fortes concentrations de contaminants, semble contribuer de manière importante à la très faible productivité des Mouettes rosées dans la colonie canadienne active connue. 
9.6 Énergie excessive Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
10 Phénomènes géologiques (en anglais seulement) Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
10.1 Volcans Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
10.2 Tremblements de terre et tsunamis Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
10.3 Avalanches et glissements de terrain Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
11 Changement climatique et phénomènes météorologiques violents (en anglais seulement) Inconnu Généralisée (71-100 %) Inconnue Élevée (continue) Sans objet
11.1 Déplacement et altération de l’habitat Inconnu Généralisée (71-100 %) Inconnue Élevée (continue) Il n’y aura peut‑être pas de changements liés au climat dans l’habitat de reproduction terrestre de l’Extrême‑Arctique d’ici 30 ans, mais la perte de pergélisol et l’assèchement des milieux humides du Bas‑Arctique pourraient affecter l’habitat autrefois utilisé pour la nidification. Les effets des changements des conditions maritimes sur la disponibilité de nourriture dans les aires de reproduction et d’hivernage sont inconnus. 
11.2 Sécheresses Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
11.3 Températures extrêmes Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
11.4 Tempêtes et inondations Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Les prévisions d’une fréquence accrue de tempêtes extrêmes (vents violents, pluie, glace ou neige) pendant les périodes vulnérables de la saison de nidification pourraient augmenter la fréquence de la mortalité d’oisillons, de l’abandon des nids ou du report de la reproduction, bien que de tels effets n’aient pas encore été détectés dans l’est de l’Extrême‑Arctique. 

Classification des menaces d’après l’IUCN-CMP, Salafsky et al. (2008).

Détails de la page

2022-01-24