Orobanche des pins (Aphyllon pinorum) : Evaluation et rapport de situation du COSEPAC 2024

Titre officiel : Evaluation et rapport de situation du COSEPAC sur l’Orobanche des pins (Aphyllon pinorum) au Canada

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

En voie de disparition

2024

Matériel appartenant à des tierces parties

Suite à l’Avis pour ce site Web, certaines photos ainsi que certains dessins et éléments graphiques se trouvant dans les documents produit par le COSEPAC peuvent être assujettis à des droits d'auteur appartenant à d'autres organisations et personnes. Dans de tels cas, des restrictions concernant l’utilisation, la reproduction, la communication de telles œuvres protégées par le droit d’auteur peuvent s'appliquer, et il peut être nécessaire de demander l'autorisation aux détenteurs de ces droits, avant de reproduire, utiliser ou communiquer ces œuvres.

Gros plan d’un individu d’orobanche des pins en fleurs sur un substrat meuble de gravier et de roches.
Orobanche des pins
Information sur le document

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. Le présent rapport peut être cité de la manière suivante :

COSEPAC. 2024. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’orobanche des pins (Aphyllon pinorum) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xii + 31 p. (Registre public des espèces en péril).

Note de production :

Le COSEPAC remercie Jamie Fenneman (Ph. D.) d’avoir rédigé le rapport de situation sur l’orobanche des pins (Aphyllon pinorum) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada. La supervision du rapport a été assurée par Bruce Bennett, coprésident du Sous‑comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa ON K1A 0H3

Courriel : cosewic-cosepac@ec.gc.ca
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

Also available in English under the title “COSEWIC Assessment and Status Report on the Pine Broomrape Aphyllon pinorum in Canada”.

Photo de la couverture : Orobanche des pins au mont Diablo (Californie) en juillet 2011; photo : Kevin Hintsa.

© Sa Majesté le Roi du Chef du Canada, 2024.

No de catalogue CW69-14/841-2024F-PDF
ISBN 978-0-660-73206-0

COSEPAC sommaire de l’evaluation

Sommaire de l’évaluation - Mai 2024

Nom commun

Orobanche des pins

Nom scientifique

Aphyllon pinorum

Statut

En voie de disparition

Justification de la désignation

La population canadienne de cette plante annuelle parasite compte moins de 60 individus matures; l’espèce ne persiste que dans deux secteurs forestiers de l’île de Vancouver, à l’extrémité septentrionale de son aire de répartition nord‑américaine. Des plantes ont été détruites par l’exploitation forestière dans le passé, et la population est actuellement menacée par les activités récréatives, plus particulièrement l’aménagement et l’entretien de sentiers, et par l’augmentation des sources d’inflammation à l’origine d’incendies de forêt. Vu sa très faible population et sa répartition limitée, cette plante pourrait disparaître du Canada.

Répartition

Colombie-Britannique

Historique du statut

Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2024.

COSEPAC resume

Orobanche des pins

Aphyllon pinorum

Description et importance de l’espèce sauvage

L’orobanche des pins (Aphyllon pinorum) est une herbacée non graminoïde annuelle parasite, qui se développe à partir d’une grosse masse souterraine ressemblant à un tubercule. L’espèce est dépourvue de chlorophylle et produit des tiges dressées et ramifiées. Elle arbore des fleurs tubulaires, jaunâtres à violacées, en nombre élevé, et produit des fruits capsulaires renfermant de nombreuses graines minuscules, semblables à des grains de poussière.

Connaissances autochtones

Toutes les espèces sont importantes, interreliées et interdépendantes. Le présent rapport ne comprend pas de connaissances traditionnelles autochtones (CTA) propres à l’espèce.

Répartition

L’orobanche des pins est une espèce peu commune, présente le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord, depuis le sud de l’île de Vancouver jusqu’en Californie. Des sous‑populations isolées sont aussi présentes dans le nord‑ouest des États‑Unis (nord de l’Idaho, est de l’État de Washington et est de l’Oregon) et dans les montagnes du Nouveau‑Mexique.

Habitat

L’orobanche des pins est étroitement associée aux forêts de conifères sèches, où elle a besoin de la présence de sa plante hôte, l’holodisque discolore, pour la germination de ses graines et sa croissance. Les sous‑populations canadiennes sont spécifiquement associées aux forêts à douglas de Menzies.

Biologie

L’orobanche des pins est une espèce annuelle, qui se reproduit principalement par autofécondation et, à l’occasion, par pollinisation croisée grâce aux insectes pollinisateurs (abeilles). L’espèce est parasite et dépend entièrement de sa plante hôte, l’holodisque discolore, à partir de laquelle elle puise l’eau, les minéraux et les éléments nutritifs nécessaires à sa croissance. Ses graines minuscules sont bien adaptées pour la dispersion par le vent; cependant, la distance de dispersion pourrait être réduite dans les milieux forestiers, habituellement denses, où l’espèce est présente.

Taille et tendances des populations

Deux sous‑populations existantes d’orobanche des pins sont connues au Canada, toutes deux dans le sud de l’île de Vancouver, et une troisième sous‑population aurait existé selon un spécimen historique, mais les données sont insuffisantes. Peu de données ont été publiées sur les tendances à court ou à long terme de ces sous‑populations, mais les estimations actuelles de l’abondance aux deux sites connus semblent indiquer que la population canadienne compterait au total moins de 60 individus.

Menaces

Les principales menaces pesant sur l’espèce au Canada sont les activités récréatives (particulièrement l’aménagement et l’entretien de sentiers) et la perte potentielle de son habitat constitué de forêts due à des événements stochastiques (par exemple incendies de forte intensité). Cependant, étant donné que les deux sous‑populations connues sont présentes en grande partie, ou entièrement, à l’intérieur de zones protégées (parcs provinciaux et régionaux), elles bénéficient d’une certaine protection contre les impacts écosystémiques à grande échelle, qui pourraient éliminer de l’habitat convenable.

Protection, statut et activités de rétablissement

Actuellement, l’orobanche des pins ne jouit d’aucune protection juridique au Canada. En Colombie-Britannique (2019), l’espèce est cotée S1S2 (« gravement en péril » à « en péril »), ce qui la place sur la liste rouge provinciale. À l’échelle mondiale, NatureServe considère l’espèce comme « apparemment en sécurité » (G4; réévaluée en 2024). Au Canada, les sous‑populations connues se trouvent en grande partie ou entièrement dans des parcs protégés.

Résumé technique

Aphyllon pinorum

Orobanche des pins

Pine Broomrape

Répartition au Canada : Colombie-Britannique

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population)

6 ans

C’est une plante annuelle, mais des espèces semblables en Europe produisent des réservoirs de semences. La demi‑vie estimée du réservoir de semences est de cinq ans.

Y a-t-il un déclin continu [observé, estimé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?

Inconnu

Les estimations démographiques calculées par le passé sont limitées et incomplètes. Le calcul de l’impact des menaces prévoit un déclin entre élevé (médiane : 40 %, 22 à 70 %) et faible (médiane : 3 %, 1 à 10 %) au cours des 10 prochaines années.

Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur 3 ans [ou 1 génération, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].

Inconnu

Aucun signe de déclin, mais un déclin est prévu d’après les menaces.

Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur 5 ans [ou 2 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].

Inconnu

Aucun signe de déclin continu, mais un déclin est prévu d’après les menaces.

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des 10 dernières années [ou 3 dernières générations, selon la période la plus longue].

Inconnu

Les estimations démographiques calculées par le passé sont limitées et incomplètes; cependant, certains individus qui existaient en 2003 ont été détruits par l’exploitation forestière, mais l’ampleur de la perte nette de population est inconnue.

Pourcentage [prévu, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des 10 prochaines années [ou 3 prochaines générations, jusqu’à un maximum de 100 ans].

Inconnu

Des déclins sont prévus d’après le calculateur des menaces

Pourcentage [observé, estimé, inféré, prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de 10 ans [ou 3 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans], commençant dans le passé et se terminant dans le futur (jusqu’à un maximum de 100 ans dans le futur).

Aucun signe de déclins de population.

Aucun signe de déclins de population. Le calcul de l’impact des menaces prévoit un déclin entre élevé (médiane : 40 %, 22 à 70 %) et faible (médiane : 3 %, 1 à 10 %) au cours des 10 prochaines années.

Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?

Inconnu

On ignore si l’espèce recolonisera les zones de coupe forestière.

Est-ce que les causes du déclin sont clairement comprises?

Oui

On croit que la perte d’individus est attribuable à la perte d’habitat causée par la récolte du bois.

Est-ce que les causes du déclin ont effectivement cessé?

Non

La perte d’habitat, causée notamment par la récolte du bois, pourrait être à l’origine de la perte d’individus non répertoriés.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?

Inconnu

Puisque c’est une espèce annuelle, l’orobanche des pins connaît probablement des fluctuations du nombre d’individus matures d’une année à l’autre en lien avec les variations climatiques annuelles, mais l’ampleur de ces fluctuations n’a pas été décrite pour les occurrences canadiennes.

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence

25 km2

Selon un polygone linéaire d’une largeur de 1 km englobant les deux sous‑populations, lesquelles se trouvent à 25 km l’une de l’autre.

Indice de zone d’occupation (IZO), valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté

8 km2

La population est-elle gravement fragmentée, c’est-à-dire que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale (comme indicateur du nombre d’individus) se trouvent dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une sous‑population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce?

  1. Non
  2. Non

Les deux sous‑populations se trouvent dans des zones contiguës à des zones d’habitat convenable.

Nombre de « localités » (utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant)

2

Les deux sous‑populations connues représentent des localités distinctes en fonction des incendies de forêt catastrophiques.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?

Non

Les données sont insuffisantes pour évaluer les déclins potentiels.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occupation?

Non

Les données sont insuffisantes pour évaluer les déclins potentiels.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous‑populations?

Non

Les données sont insuffisantes pour évaluer les déclins potentiels.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de « localités »?

Non

Les données sont insuffisantes pour évaluer les déclins potentiels.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue et/ou la qualité] de l’habitat?

Oui

La qualité de l’habitat est en déclin à la lisière des forêts au bord de la rivière Koksilah en raison d’importants chablis. Le nombre accru de visiteurs pourrait également causer un déclin de la qualité de l’habitat.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous‑populations?

Non

Les deux sous‑populations semblent bien établies et persistantes.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de « localités »?

Non

Les deux localités semblent bien établies et persistantes.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?

Non

Les deux sous‑populations semblent bien établies et persistantes.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?

Non

Les deux sous‑populations semblent bien établies et persistantes.

Nombre d’individus matures (dans chaque sous‑population)

  1. Parc provincial Koksilah River
  2. Parc régional Sooke Potholes
  3. « Rivière Cowichan »
  1. 5 à 7+
  2. 41
  3. Inconnu

Données du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. Les données sur le spécimen récolté à la rivière Cowichan en 1914 sont imprécises.

Total

50 à 60

Données du Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins 20 % sur 20 ans [ou 5 générations], ou 10 % sur 100 ans.

Inconnu

Le calcul n’a pas été effectué.

Menaces

Un calculateur des menaces a‑t‑il été rempli pour l’espèce?

Oui (voir l’annexe 1)

Impact global des menaces attribué : élevé-faible (2023), lequel a été obtenu après ajustement de l’impact calculé élevé-moyen, car l’impact de deux des menaces devrait se situer à la limite inférieure de la plage de valeurs « faible ».

Principales menaces relevées :

  1. Incendies et suppression des incendies (UICN 7.1) – impact moyen-faible
  2. Zones touristiques et récréatives (UICN 1.3) – impact faible
  3. Activités récréatives (UICN 6.1) – impact faible
  4. Autres modifications de l’écosystème (UICN 7.3) – impact faible
  5. Tempêtes et inondations (UICN 11.4) – impact faible

Quels sont les facteurs limitatifs pertinents?

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada

L’espèce est considérée comme préoccupante dans les deux États adjacents.

Une immigration a‑t‑elle été constatée ou est‑elle possible?

Inconnu

La capacité et les contraintes de dispersion n’ont pas été étudiées.

Des individus immigrants seraient‑ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

Les conditions écologiques des sous‑populations les plus proches sont comparables à celles de sous‑populations de l’espèce au Canada.

Y a‑t‑il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Oui

L’habitat convenable est vaste dans le sud de l’île de Vancouver.

Les conditions se détériorent‑elles au Canada?

Oui

Une certaine détérioration de l’habitat a été observée au bord de la rivière Koksilah, à la lisière des forêts. Les forêts du sud‑est de l’île de Vancouver subissent une pression considérable découlant du développement urbain et agricole, et leur superficie globale est en déclin.

Les conditions de la population source se détériorent‑elles?

Inconnu

On en sait très peu sur l’espèce dans l’État de Washington, car seulement six mentions sont connues.

La population canadienne est‑elle considérée comme un puits?

Non

On présume que les sous‑populations sont autosuffisantes.

La possibilité d’une immigration depuis des populations externes susceptible d’entraîner un changement de statut existe‑t‑elle?

Non

L’espèce ne se disperserait pas sur de longues distances, et la sous‑population la plus proche aux États‑Unis est séparée des sous‑populations canadiennes par une distance de 52 km, dont une étendue de 20 km d’eaux libres.

Espèce sauvage dont les données sur l’occurrence sont de nature délicate (mise en garde à considérer)

La publication de certaines données sur l’occurrence pourrait‑elle nuire davantage à l’espèce sauvage ou à son habitat?

Non

Historique du statut

COSEPAC

Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2024.

Statut et justification de la désignation

Statut

En voie de disparition

Codes alphanumériques

B1ab(iii)+2ab(iii); D1

Justification du changement de statut

Sans objet.

Justification de la désignation

La population canadienne de cette plante annuelle parasite compte moins de 60 individus matures; l’espèce ne persiste que dans deux secteurs forestiers de l’île de Vancouver, à l’extrémité septentrionale de son aire de répartition nord‑américaine. Des plantes ont été détruites par l’exploitation forestière dans le passé, et la population est actuellement menacée par les activités récréatives, plus particulièrement l’aménagement et l’entretien de sentiers, et par l’augmentation des sources d’inflammation à l’origine d’incendies de forêt. Vu sa très faible population et sa répartition limitée, cette plante pourrait disparaître du Canada.

Applicabilité des critères

A : Déclin du nombre total d’individus matures

Sans objet.

Les données sont insuffisantes pour inférer, prévoir ou présumer de manière fiable les tendances de la population.

B : Aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation

Correspond aux critères de la catégorie « espèce en voie de disparition » B1ab(iii)+2ab(iii).

La zone d’occurrence de 25 km2 et l’IZO de 8 km2 sont inférieurs aux seuils de la catégorie « espèce en voie de disparition ». L’espèce ne compte que deux localités, et on prévoit un déclin continu de la qualité de l’habitat.

C : Nombre d’individus matures peu élevé et en déclin

Sans objet.

Le nombre d’individus matures (60) est inférieur au seuil de la catégorie « espèce en voie de disparition ». Cependant, il n’y a aucun signe de déclin continu du nombre d’individus matures.

D : Très petite population totale ou répartition restreinte

Correspond au critère de la catégorie « espèce en voie de disparition » D1 et au critère de la catégorie « espèce menacée » D2.

Le nombre d’individus matures est estimé à 60. L’espèce est restreinte à un IZO de 8 km2 (ou 2 localités) et est susceptible de connaître un déclin important en raison des effets d’activités humaines ou d’événements stochastiques d’ici 1 ou 2 générations si des incendies d’origine humaine se produisent dans l’une ou l’autre des sous‑populations.

E : Analyse quantitative

Sans objet.

Aucune analyse n’a été effectuée.

Si la catégorie proposée pour l’espèce est « préoccupante », « données insuffisantes » « disparue du pays » ou « disparue », énumérez les lignes directrices, les exemples ou les autres éléments à considérer applicables tirés de l’annexe E3 du Manuel des opérations et des procédures.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2024)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Classification actuelle :

Grand groupe végétal : Angiospermes – Eudicotylédones

Ordre : Lamiales

Famille : Orobanchacées

Genre : Aphyllon

Espèce : Aphyllon pinorum (Geyer ex Hooker) A. Gray

Sous‑espèces au Canada : aucune

Noms communs :

Français : orobanche des pins (NatureServe, 2024)

Anglais : Pine Broomrape (BC CDC, 2022), Conifer Broomrape (Collins et al., 2020), Pinewoods Broomrape (Calflora, 2022)

Autochtone : inconnu

Synonymes :

Orobanche pinorum Geyer ex Hooker

Phelypaea pinorum (Geyer ex Hooker) A. Gray

Myzorrhiza pinorum (Geyer ex Hooker) Rydberg

L’espèce a d’abord été décrite sous le nom Orobanche pinorum (Hooker, 1851) à partir de matériel récolté en Idaho. Plus tard, Gray a proposé le nom de genre Aphyllon (Brewer, 1876). Schneider (2016) a effectué une évaluation phylogénétique des orobanches et a conclu que le genre Aphyllon était polyphylétique selon la délimitation classique et qu’un nouveau nom de genre était nécessaire pour les congénères nord‑américains; le nom Aphyllon de Gray a subséquemment été repris pour désigner ces espèces.

Description de l’espèce sauvage

L’orobanche des pins est une herbacée annuelle parasite. Sa plante est charnue, essentiellement aphylle, non chlorophyllienne, et pousse à partir d’un gros tubercule souterrain, rond, qui ressemble à du corail. Ses tiges dressées, de couleur variable (brunâtre, violacée, jaunâtre ou crème), à poils glanduleux, ont une hauteur de 10 à 30 cm, mais peuvent atteindre jusqu’à 50 cm (Ceska et Ceska, 2003), et sont souvent lâchement ramifiées dans le haut. Elles portent de nombreuses fleurs tubulaires à 5 lobes, longues de 13 à 19 mm, ayant une ouverture quelque peu évasée. Les feuilles, fortement réduites, sont de petites bractées en forme d’écailles, qui se trouvent le long des tiges et des ramifications florifères. Les fruits, des capsules ovoïdes, mesurent de 6 à 7 mm de long et renferment chacun de 500 à 2 000+ minuscules graines havane à brun foncé. Les tiges sénescentes de l’espèce persistent souvent pendant des mois après la floraison, parfois même pendant la période de croissance suivante, alors qu’on peut les observer à côté des tiges florifères de l’année.

Unités désignables

L’orobanche des pins ne compte que deux sous‑populations qui se trouvent dans le sud de l’île de Vancouver, à proximité (à 25 km environ) l’une de l’autre et séparées par des zones fragmentées d’habitat convenable. La population canadienne est donc considérée comme une seule unité désignable.

Importance de l’espèce

Les sous‑populations canadiennes d’orobanche des pins représentent les occurrences les plus septentrionales de l’espèce à l’échelle mondiale et sont isolées par rapport aux autres sous‑populations, puisqu’elles sont présentes sur l’île de Vancouver. Il s’agit de l’une des nombreuses espèces végétales de la côte ouest de l’Amérique du Nord qui atteignent la limite nord de leur aire de répartition dans la dépression de Georgia, en Colombie-Britannique, et l’espèce est donc représentative d’une diversité floristique plus typique de l’ouest des États‑Unis. Les populations qui se trouvent aux confins de l’aire de répartition d’une espèce peuvent être importantes pour la future capacité d’adaptation de l’espèce (Lesica et Allendorf, 1995).

Connaissances autochtones

Les connaissances traditionnelles autochtones (CTA) sont fondées sur les relations. Il s’agit de renseignements sur les rapports écologiques entre les humains et leur environnement, ce qui comprend les caractéristiques de l’espèce, des habitats et des localités. Les lois et les protocoles relatifs aux rapports entre les humains et l’environnement sont transmis par des enseignements et des récits ainsi que par les langues autochtones, et peuvent être fondés sur des observations à long terme. Les noms de lieux fournissent des renseignements sur les zones de récolte, les processus écologiques, l’importance spirituelle ou les produits de la récolte. Les CTA peuvent aider à déterminer les caractéristiques du cycle vital d’une espèce ou les différences entre des espèces semblables.

Importance culturelle pour les peuples autochtones

Le rapport ne comprend pas de CTA propres à l’espèce. Cependant, l’orobanche des pins a de l’importance pour les peuples autochtones, qui reconnaissent l’interrelation de toutes les espèces au sein de l’écosystème.

Répartition

Aire de répartition mondiale

L’orobanche des pins est endémique de l’ouest de l’Amérique du Nord (figure 1), où elle est présente principalement le long de la côte ouest des États‑Unis, depuis l’État de Washington jusqu’au nord de la Californie. Au nord, les sous‑populations se trouvent le plus souvent le long de la chaîne des Cascades, mais il y a des sous‑populations isolées dans la presqu’île Olympic et le sud de l’île de Vancouver. Les sous‑populations les plus au sud se trouvent dans le comté de San Luis Obispo, sur la côte centrale de la Californie. L’espèce compte des sous‑populations isolées à l’intérieur des terres dans le nord-ouest des États‑Unis, où elle est présente dans le nord de l’Idaho, l’est de l’État de Washington et l’est de l’Oregon. Les occurrences dans le nord de l’Idaho sont très près de la frontière avec le Canada. De petites sous‑populations isolées sont également présentes dans le nord du Nouveau‑Mexique. L’orobanche des pins est peu commune dans l’ensemble de son aire de répartition.

Carte montrant l’ouest et le centre du Canada et des États Unis, sur laquelle on voit l’aire de répartition mondiale de l’orobanche des pins. La description longue suit.

Figure 1. Aire de répartition mondiale de l’orobanche des pins, basée sur les mentions de répartition provenant du Système mondial d’informations sur la biodiversité (GBIF, 2023) et d’iNaturalist (2023).

Description longue

Carte montrant l’ouest et le centre du Canada et des États‑Unis, sur laquelle on voit le point le plus au nord de l’aire de répartition de l’orobanche des pins, une petite zone qui s’étend de l’extrémité sud de l’île de Vancouver jusqu’au nord‑ouest de l’État de Washington. La plus grande zone de l’aire de répartition mondiale de l’espèce est une bande étroite située juste à l’ouest de la ligne centrale de l’État de Washington; elle va d’un point tout juste au sud de la frontière canadienne jusqu’au nord de la Californie et s’élargit vers l’ouest dans le sud‑ouest de l’Oregon. En Californie, la bande s’étend de la côte jusqu’aux deux tiers environ de la largeur de l’État, avant de se séparer en deux. La partie ouest, la plus étroite, s’étend vers le sud, un peu en retrait de la côte, sur environ les trois quarts de l’État, et se termine juste au nord‑est de la région de la baie de San Francisco. La partie est, la plus large, s’étend un peu plus loin vers le sud et tourne vers l’est, traversant à peine la frontière avec le Nevada. Il y a deux petites zones dans le nord‑ouest des États‑Unis : la plus grande des deux s’étend depuis l’extrême est de l’État de Washington vers le sud‑est, en Idaho, jusqu’à peu près au niveau de la frontière entre l’État de Washington et l’Oregon; l’autre, dans le nord‑est de l’Oregon, s’étend aussi vers le sud‑est, son extrémité nord se trouvant dans le sud‑est de l’État de Washington. Quatre zones très petites ayant à peu près la même taille sont montrées sur la carte : une dans le sud‑est de l’Oregon; deux en Californie, près de la côte, à peu près au milieu de l’État; et une dernière, à l’écart, dans le centre‑nord du Nouveau‑Mexique. 

Aire de répartition canadienne

L'espèce a été récoltée pour la première fois au Canada en 1914 (Glendenning, 1918). L’étiquette du spécimen n’indique que l’emplacement général de la récolte (« rivière Cowichan »). Le lieu exact de cette récolte est inconnu, et l’espèce n’a ensuite pas été récoltée sur l’île de Vancouver jusqu’en 2000, date à laquelle elle a été observée pour la première fois dans le parc provincial Koksilah River (Ceska et Ceska, 2003). Ceska et Ceska (2003) sont retournés dans cette zone l’été suivant et au cours des trois saisons suivantes, et ils ont observé d’autres individus de l’espèce dans les environs. Le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique a cartographié les sites où des individus ont été observés lors de ces relevés, dont certains à l’ouest des limites du parc, sur des terres visées par des droits de récolte du bois, et d’autres au nord. La partie nord de la répartition est protégée contre l’exploitation forestière; toutefois, les sites vers l’ouest ont récemment fait l’objet de coupes forestières. La zone où des occurrences ont été signalées auparavant a fait l’objet de relevés en 2023, mais aucun individu n’a été observé à l’extérieur de la zone protégée, et cette partie de la sous‑population est maintenant considérée comme disparue. La sous‑population de la vallée de la Koksilah a été la seule sous‑population canadienne connue pendant plusieurs décennies, jusqu’à ce qu’une deuxième sous‑population soit découverte dans le parc régional Sooke Potholes en 2021 (iNaturalist, 2022; figure 2). L’existence d’iNaturalist a grandement augmenté les possibilités qu’on répertorie les occurrences de cette plante très particulière.

Carte de la Colombie Britannique avec une carte en médaillon montrant l’extrémité sud de l’île de Vancouver, où se trouve l’aire de répartition canadienne de l’orobanche des pins. La description longue suit.

Figure 2. Aire de répartition de l’orobanche des pins au Canada. 1 = « rivière Cowichan » (emplacement général) ; 2 = Parc provincial Koksilah River 3 = Parc régional Sooke Potholes.

Description longue

Carte de la Colombie‑Britannique avec une carte en médaillon montrant l’extrémité sud‑ouest de la province. La carte en médaillon montre trois zones à l’extrémité sud de l’île de Vancouver. La zone 1, la plus au nord, est indiquée comme un emplacement général correspondant à la rivière Cowichan, environ 60 kilomètres (km) au nord‑ouest de Victoria. La zone 2, située environ 25 km au sud‑est de la zone 1, se trouve dans le parc provincial Koksilah River. La zone 3, située environ 30 km directement au sud de la zone 2, se trouve dans le parc régional Sooke Potholes. La zone 3 est celle qui se trouve le plus près de l’eau salée, à environ 5 km du détroit de Juan de Fuca, tandis que les deux autres sont un peu plus loin à l’intérieur des terres. 

Structure de la population

Le COSEPAC définit la taille de la population comme le nombre total d’individus matures du taxon (COSEWIC, 2021). Les sous‑populations sont définies par le COSEPAC (COSEWIC, 2021) comme étant « des groupes géographiquement ou autrement distincts de la population ayant peu d’échanges démographiques ou génétiques entre eux ». Dans le cas de l’orobanche des pins, la définition de sous‑population utilisée est conforme aux normes sur la délimitation des occurrences d’élément de végétaux fondée sur l’habitat. Selon ces normes, une occurrence d’élément est définie comme un groupe d’occurrences séparées par moins de 1 km, ou séparées par 1 à 3 km sans discontinuité de plus de 1 km de l’habitat convenable, ou séparées par 3 à 10 km si elles sont reliées par un écoulement d’eau linéaire, sans discontinuité de plus de 3 km de l’habitat convenable (NatureServe, 2020). Aucune étude n’a été effectuée sur la variabilité au sein de l’espèce. Il n’existe pas d’études connues sur la structure génétique de la population canadienne.

Zone d’occurrence et zone d’occupation

Zone d’occurrence actuelle

La superficie actuelle de la zone d’occurrence au Canada est de 25 km2, valeur calculée selon la méthode du plus petit polygone convexe (1 km × 25 km) englobant les données de la période 2000‑2022 (figure 2). Étant donné que le site de récolte du spécimen de 1914 à la rivière Cowichan est inconnu, cet endroit n’a pas été pris en compte dans le calcul de la zone d’occurrence.

IZO actuel

L’IZO au Canada est de 8 km2, valeur calculée à l’aide d’une grille à carrés de 2 km × 2 km superposée aux mentions connues de la période 2000‑2022 (figure 2).

Fluctuations et tendances de la répartition

Les relevés visant l’orobanche des pins en Colombie-Britannique ont été rares depuis les premières observations effectuées au parc provincial Koksilah River (tableau 1), et ils sont insuffisants pour détecter les tendances de la population de cette espèce annuelle. Le nombre d’individus observés au sein de la sous‑population de la rivière Koksilah a légèrement fluctué (de 2 à 7 individus), mais ces variations mineures peuvent être attribuées aux activités de relevé variables ainsi qu’aux fluctuations des conditions environnementales d’une année à l’autre. La sous‑population de Sooke Potholes n’a été découverte que récemment (2021), de sorte qu’on ne peut pas estimer les tendances de la population à long terme.

Tableau 1. Observations de l’orobanche des pins au Canada

Date

Observateur

Sous‑population

Nombre d’individus observés

Remarques

1914

R. Glendenning

Rivière Cowichan

sans objet

Un seul spécimen récolté; aucun renseignement supplémentaire

2000‑11‑04

A. Ceska

Koksilah

7

D’autres individus ont été observés au cours d’une visite subséquente, mais ils n’ont pas été dénombrés

2003‑08‑15

A. Ceska

Koksilah

sans objet

Individus observés; aucun dénombrement consigné

2009‑08‑02

R. Batten

Koksilah

sans objet

Individus observés; aucun dénombrement consigné

2015‑07‑18

R. Batten

Koksilah

sans objet

Individus observés; aucun dénombrement consigné

2016‑09‑08

R. Batten

Koksilah

sans objet

Individus observés; aucun dénombrement consigné

2017‑07‑23

R. Batten

Koksilah

sans objet

Individus observés; aucun dénombrement consigné

2018‑07‑21

F. Lomer, R. Batten, H. Roemer

Koksilah

5

sans objet

2021‑08‑28

F. McGhee

Sooke Potholes

41

Première observation de cette sous‑population

2022‑03‑18

B. Starzomski

Koksilah

sans objet

Individus observés; aucun dénombrement consigné

2023‑06‑22

B. Starzomski

Koksilah

1

7 tiges de l’année précédente également observées

2023‑08‑13

J. Fenneman

Sooke Potholes

5

13 tiges de l’année précédente également observées

2023‑08‑14

J. Fenneman

Koksilah

2

4 tiges de l’année précédente également observées

Biologie et utilisation de l’habitat

Cycle vital et reproduction

L’orobanche des pins est une espèce holoparasite annuelle, qui est principalement autogame (Ellis et al., 1999). L’autogamie est caractérisée par l’autofécondation chez l’orobanche des pins, chez qui ce mode de reproduction est favorisé par la position des étamines matures dont un ou plusieurs filaments s’allongent durant la floraison de façon à mettre les anthères en contact avec les stigmates fertiles (Ellis et al., 1999). Des signes de xénogamie (pollinisation croisée) occasionnelle ont été observés chez cette espèce, comme en témoignent les petits hyménoptères qui butinent les fleurs et récoltent le pollen de l’orobanche des pins dans l’État de Washington. Dans ces sous‑populations, une possible pollinisation par deux espèces de mégachiles (Mégachilidés), la mégachile des cactus (Ashmeadiella cactorum) et la petite mégachile verte (Osmia exigua), a été observée (Ellis et al., 1999). La prédominance de pollen d’orobanche des pins sur le corps d’individus de ces deux espèces de mégachiles après qu’ils aient butiné des fleurs laisse supposer un certain degré de spécificité dans la relation de pollinisation. La fréquence de visite peu élevée des fleurs par les pollinisateurs et la production de graines réduite chez les fleurs pollinisées indiquent cependant que l’autogamie demeure vraisemblablement le principal mode de reproduction de l’orobanche des pins, du moins chez les sous-populations étudiées par Ellis et al. (1999).

Au Canada, la floraison de l’espèce a lieu en juillet et au début d’août, mais certains individus peuvent fleurir jusqu’à la fin août. La maturation des fruits (capsules) survient à la fin de l’été ou au début de l’automne (en août et en septembre), et les graines se dispersent tout au long de l’automne. Les capsules ouvertes demeurent sur les tiges sénescentes jusqu’à la fin de l’automne et pendant l’hiver, et s’y trouvent toujours souvent le printemps suivant. Dans l’État de Washington, Ellis et al. (1999) ont constaté que les individus produisaient en moyenne 689 ±126 graines minuscules par capsule, pour une production moyenne de 71 656 graines par tige florifère. On ne dispose d’aucune donnée sur la longévité des graines ou la constitution d’un réservoir de semences pour l’orobanche des pins, mais les graines d’autres espèces holoparasites apparentées du genre Orobanche d’Europe peuvent persister jusqu’à 20 ans dans le sol (Habimana et al., 2014). La durée d’une génération est évaluée à six ans, d’après le cycle vital annuel et la demi‑vie inférée de cinq ans pour les graines du réservoir présumé.

L’orobanche des pins a besoin de la présence de sa plante hôte, l’holodisque discolore (Holodiscus discolor) pour germer et survivre, et elle ne peut pas pousser ni se développer en l’absence de cette espèce. Au cours de la germination, les graines de l’orobanche produisent une seule radicelle, qui pousse dans le sol à la recherche des racines de son espèce hôte. La radicelle, qui n’atteint que 1 à 5 mm de long et ne survit que quelques jours (Fernández‑Aparicio et al., 2016), adhère à la racine de l’hôte et sépare les cellules de la plante hôte par voies mécanique et enzymatique pour atteindre la stèle (cylindre central) de la racine. Une connexion vasculaire avec l’hôte est finalement établie, grâce à laquelle l’orobanche parasite peut puiser de l’eau, des minéraux et des éléments nutritifs aux dépens de l’hôte. La plantule en développement produit ensuite un organe de réserve souterrain (tubercule) à partir duquel émerge au bout du compte une tige florifère dressée. La reproduction asexuée n’a pas été démontrée chez cette espèce ni chez aucun autre membre du genre Aphyllon.

Besoins en matière d’habitat

Dans l’ensemble de son aire de répartition, l’orobanche des pins est caractérisée comme une espèce des forêts de conifères sèches et des pentes rocheuses (Collins et al., 2020), et un examen des données sur les étiquettes de spécimens canadiens et d’autres spécimens du nord‑ouest des États‑Unis appuie cette caractérisation. Les sous-populations canadiennes sont associées à des forêts de seconde venue, sur substrat rocheux, à faible altitude (< 200 m), dominées par le douglas de Mensiez (Pseudotsuga menziesii), dont le sous-étage est constitué d’espèces comme le polystic à épées (Polystichum munitum), le salal (Gaultheria shallon), l’airelle à petites feuilles (Vaccinium parvifolium), la symphorine traînante (Symphoricarpos hesperius), l’holodisque discolore, la ronce à grands pétales (Rubus ursinus), la linnée boréale (Linnaea borealis), la trientale à feuilles larges (Lysimachia latifolia) et le mahonia à feuilles de houx (Mahonia aquifolium) (figure 3; figure 4). La couche muscinale dans ces milieux est généralement étendue et dominée par des espèces du parterre forestier, telles que l’eurhynchie de l’Orégon (Kindbergia oregana), l’hylocomie brillante (Hylocomium splendens), l’ébouriffe triangulaire (Hylocomiadelphus triquetrus) et le Leucolepis acanthoneuron. Le plus important besoin en matière d’habitat de l’orobanche des pins est la présence de l’holodisque discolore, qu’elle parasite exclusivement. L’holodisque discolore est présent dans tout le sud de la Colombie-Britannique, au sud de 51° de latitude nord (Douglas et al., 2002; iNaturalist, 2024). L’âge des forêts où sont présentes les sous‑populations de l’espèce varie de 40‑90 ans à la rivière Koksilah à environ 150 ans à Sooke Potholes. La sous‑population de la rivière Koksilah est en grande partie associée à un ravin boisé qui est humide une partie de l’année, car il reçoit des apports d’eau de l’hiver jusqu’au début de l’été, mais qui devient sec à d’autres moments de l’année.

Les deux sous‑populations canadiennes de l’espèce sont associées à des forêts dominées par le douglas de Menzies. Les sous‑populations présentes au sud du Canada se trouvent parfois à plus haute altitude. Cependant, là où elle a été observée dans des forêts dominées par le sapin subalpin (Abies lasiocarpa) ou le sapin rouge californien (Abies magnifica), l’orobanche des pins est strictement associée aux arbustes d’holodisque discolore.

Gros plan de deux individus d’orobanche des pins aux fleurs brunes et desséchées sur un sol forestier couvert de mousses, de brindilles et d’autres petites plantes.

Figure 3. Plantes d’orobanche des pins après la floraison, à Sooke Potholes, en août 2021. Photo : Finn McGhee.

Deux photos montrant le sous étage dans une zone boisée de Sooke Potholes, où poussent un épais tapis de mousse et des arbustes feuillus, sous la lumière tamisée du soleil. La description longue suit.
Deux photos montrant le sous étage dans une zone boisée de Sooke Potholes, où poussent un épais tapis de mousse et des arbustes feuillus, sous la lumière tamisée du soleil. La description longue suit.

Figure 4. Habitat de l’orobanche des pins à Sooke Potholes, en août 2023. À gauche : habitat typique (voir la plante vivante en bas à gauche); À droite : tige sénescente de l’année précédente.

Description longue

La photo de gauche montre des arbustes de grande taille sur un épais tapis de mousse en arrière‑plan, un individu de mahonia à feuilles de houx à l’avant‑plan, et un individu vivant d’orobanche des pins dans le coin inférieur gauche. La photo de droite montre un paysage semblable. À l’arrière‑plan, on voit des arbres et arbustes feuillus; à l’avant‑plan, des mousses et quelques très petits arbustes feuillus; dans le coin inférieur gauche, un seul individu d’orobanche des pins de l’année précédente.

Dispersion

Les graines des espèces du genre Aphyllon, extrêmement petites (< 1 mm), ressemblent à des grains de poussière et sont dispersées principalement par le vent (Plaza et al., 2004). Étant donné que l’orobanche des pins se rencontre souvent dans des forêts à couvert fermé où la dispersion par le vent est moins efficace, comme c’est le cas pour les deux sous‑populations canadiennes de l’espèce, sa capacité de dispersion devrait être inférieure à celle d’espèces apparentées qui poussent dans des milieux plus ouverts.

Relations interspécifiques

L’orobanche des pins (holoparasite) entretient une relation obligatoire avec l’holodisque discolore. Bien que le changement d’hôte puisse être un facteur de spéciation chez des membres du genre apparenté Orobanche (Thorogood et al., 2009), seul le parasitisme de l’holodisque discolore a été documenté pour l’orobanche des pins dans l’ensemble de l’aire de répartition de celle‑ci (Schneider et al., 2016). Ellis et al. (1999) ont constaté que les tiges d’orobanche des pins se trouvent généralement à moins de 5 m d’un holodisque discolore hôte et que l’orobanche des pins n’est pas présente dans les zones où la plante hôte est absente.

En 2003 ou en 2004, deux larves d’une espèce inconnue d’insecte ont été observées à l’intérieur du tubercule bulbeux d’un individu, ce qui signifie que les insectes herbivores pourraient avoir une incidence sur l’orobanche des pins (BC CDC, 2018). L’observateur a néanmoins conclu que ces insectes ne semblaient pas avoir d’effets négatifs importants sur les plantes de l’espèce.

Facteurs limitatifs

On connaît mal les facteurs limitatifs qui touchent cette espèce. L’orobanche des pins est associée à des milieux répandus dans le sud de l’île de Vancouver et ailleurs dans le sud de la Colombie-Britannique, qui pourraient vraisemblablement abriter des sous‑populations bien plus nombreuses que celles qui ont été répertoriées. En raison de leur petite taille et de leur isolement, les deux sous‑populations de l’orobanche des pins au Canada sont vraisemblablement sensibles à des facteurs comme les effets génétiques ou la propagation d’agents pathogènes. De plus, la petite taille des sous‑populations canadiennes et la grande distance qui les sépare inhibent grandement tout échange entre elles ou tout échange entre elles et les sous‑populations de l’État voisin de Washington. Qui plus est, la répartition de l’holodisque discolore limite intrinsèquement l’habitat disponible pour l’espèce dans son aire de répartition. Cependant, l’holodisque discolore est un arbuste commun dans les forêts du sud de la Colombie-Britannique, et les limites qu’il représente pour la répartition de l’orobanche des pins sont probablement minimales. La rareté de l’orobanche des pins, tant au Canada qu’ailleurs dans son aire de répartition, est peut‑être davantage associée à certains aspects de la physiologie ou de la biologie de l’espèce qu’à ses besoins en matière d’habitat, mais cela demeure incertain compte tenu des données très limitées disponibles. Par exemple, il n’existe aucune donnée sur la capacité de dispersion des graines dans l’habitat de l’espèce constitué de forêts, et cette capacité pourrait, à son tour, limiter la capacité de l’espèce à établir de nouvelles sous‑populations ou à constituer une immigration de source externe pour les sous‑populations existantes.

Taille et tendances des populations

Sources de données, méthodologies et incertitudes

Les données historiques relatives aux deux sous‑populations connues ont été fournies par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique. Ces sous‑populations ont été réévaluées dans le cadre de relevés sur le terrain en 2023.

Le sud de l’île de Vancouver fait l’objet de relevés botaniques exhaustifs depuis plus de 100 ans, mais la découverte récente de la deuxième sous‑population donne à penser qu’on ne connaît peut‑être pas encore l’entièreté de l’aire de répartition de l’espèce au Canada. Les milieux boisés dont l’espèce a besoin sont représentatifs de la végétation dominante dans le sud de l’île de Vancouver, ce qui complique la réalisation de relevés ciblant l’espèce. De plus, une grande partie du paysage entre les deux sous‑populations connues se trouve dans la zone d’approvisionnement en eau du Grand Victoria (Greater Victoria Water Supply Area), dont l’accès est restreint et qui fait donc l’objet de relevés moins intensifs que les zones avoisinantes. Au Canada, la plante hôte de l’orobanche des pins, l’holodisque discolore, n’est présente que dans le sud de la Colombie-Britannique (au sud de 53° de latitude nord). Il est fort probable que des éléments intrinsèques de la biologie de l’espèce, qui ne sont pas bien connus, soient plus limitatifs que tout ce qui peut avoir trait à la répartition de l’hôte.

Abondance

Peu de données ont été publiées sur les tendances à court et à long terme de ces sous‑populations. La population totale connue de l’orobanche des pins au Canada comprend moins de 60 individus, dont 2 à 7 individus ont été observés dans la sous‑population de la rivière Koksilah et 5 à 41 individus, dans la sous‑population de Sooke Potholes. A. Ceska (obs. pers., 2000) a constaté que la sous‑population de la rivière Koksila comptait un nombre beaucoup plus élevé d’individus lorsqu’il a redécouvert cette sous‑population, mais ces individus supplémentaires n’ont pas été dénombrés à ce moment‑là. Lors de visites effectuées au site en 2023, des individus florifères de l’année côtoyaient des tiges mortes ou sénescentes plus nombreuses de l’année précédente ou d’années précédentes. Seules les tiges de l’année ont été prises en compte dans le cadre de l’évaluation de la population pour 2023. Selon les estimations actuelles de l’abondance dans les deux sites connus, l’ensemble de la population canadienne compterait moins de 60 individus.

Fluctuations et tendances

Les relevés visant l’orobanche des pins sont insuffisants pour permettre d’évaluer avec exactitude les tendances ou les fluctuations des populations. Au cours des deux dernières décennies, la taille estimée de la sous‑population de la rivière Koksilah est demeurée petite, mais stable, se situant entre deux et sept individus, bien que des déclins potentiels aient été observés le long de la lisière de forêts exploitées, où les chablis ont touché certains arbustes d’holodisque discolore qui avaient été hôtes de l’espèce auparavant (Ceska et Ceska, 2003). La sous‑population de Sooke Potholes n’est connue que depuis 2021, et la nature très dispersée des individus et la difficulté à les repérer rendent extrêmement difficile une évaluation exacte des effectifs. Par conséquent, aucune tendance n’a pu être déterminée jusqu’à maintenant.

Déclin continuNote de bas de page 1 du nombre d’individus matures :

Aucun déclin important de la population n’a été décelé.

Preuve d’un déclin passé (3 générations ou 10 ans, selon la période la plus longue) qui a cessé ou se poursuit (précisez) :

On ne dispose pas de données suffisantes pour évaluer un déclin de la population qui aurait eu lieu dans le passé.

Preuve d’un déclin prévu ou présumé dans l’avenir (3 prochaines générations ou 10 prochaines années, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans) :

On ne dispose pas de données suffisantes pour déterminer si un déclin de la population est prévu à court ou à long terme. L’espèce pourrait être sensible aux changements des forêts associés aux changements climatiques (par exemple des étés plus chauds et plus secs, des hivers plus doux), mais aucune preuve de tels changements n’a été détectée.

Fluctuations de la population, y compris les fluctuations extrêmes :

Rien n’indique qu’il y ait eu d’importantes fluctuations de la population aux deux sites. Toutefois, on peut s’attendre à ce que de telles fluctuations se produisent en raison du cycle vital annuel de l’espèce et de sa sensibilité probable aux fluctuations des conditions environnementales d’une année à l’autre. Les observations effectuées en 2023 montrent que le nombre de tiges mortes de l’année précédente était supérieur à celui des tiges de l’année dans les deux sites, ce qui semble indiquer une variation interannuelle de l’abondance.

Fragmentation grave

L’habitat dans les sites abritant l’orobanche des pins au Canada n’est pas considéré comme gravement fragmenté, car les sous‑populations sont adjacentes à de vastes zones contiguës d’habitat semblable (figures 5 et 6). Du déboisement a été effectué à proximité de la sous‑population de la rivière Koksilah (figure 6), et les individus de l’espèce sont absents dans les zones où poussent de jeunes arbres en régénération (< 20 ans). Cependant, les forêts qui abritent cette sous‑population ont fait l’objet d’exploitation forestière dans le passé (l’âge actuel des forêts varie de 40 à 90 ans), ce qui donne à penser que l’espèce a une certaine capacité à persister dans les paysages où des activités d’exploitation forestière sont effectuées.

Image satellite sur laquelle un polygone délimite la répartition des observations de l’orobanche des pins à Sooke Potholes. La description longue suit.

Figure 5. Continuité de l’habitat autour des sous‑populations connues d’orobanche des pins au Canada. Sooke Potholes. Le polygone jaune délimite la répartition des sites connus de l’espèce (BC CDC, 2022). Image de base : Google Earth.

Description longue

L’image satellite montre un terrain où les zones fortement boisées alternent avec des zones rocheuses (où les arbres sont moins nombreux). Le polygone qui délimite les observations connues de l’orobanche des pins à Sooke Potholes est petit (environ 0,26 kilomètre [km] de longueur sur 0,16 km de largeur) et plus ou moins ovale. Le terrain à l’intérieur du polygone semble être principalement boisé, et une zone plus rocheuse se trouve dans le quadrant inférieur droit.

Deux images satellites, datant de 2005 et de 2023, sur lesquelles des polygones délimitent les observations connues de l’orobanche des pins à Koksilah. La description longue suit.
Deux images satellites, datant de 2005 et de 2023, sur lesquelles des polygones délimitent les observations connues de l’orobanche des pins à Koksilah. La description longue suit.

Figure 6. Continuité de l’habitat autour des sous‑populations connues d’orobanche des pins au Canada. Koksilah. Les polygones délimitent la répartition des sites connus de l’espèce (BC CDC, 2024). Les sites sont basés sur des occurrences cartographiées en 2003. L’image du haut (2005) et l’image du bas (2023) montrent les zones d’exploitation forestière adjacentes aux occurrences connues. Le site à l’ouest n’a pas été retrouvé lors des relevés effectués en 2023. Image de base : Google Earth.

Description longue

L’image satellite du haut, datant de 2005, montre 11 très petits polygones dans des zones boisées, une grande zone non boisée se trouvant entre 5 des polygones et les 6 autres. L’image du bas, datant de 2023, montre la même zone et les mêmes polygones. Cependant, une grande zone à l’ouest du groupe de polygones a été exploitée (coupe à blanc), tandis que les zones qui n’étaient pas boisées en 2005 semblent s’être régénérées et ont désormais un certain couvert forestier. Le site à l’ouest des autres, représenté par le plus grand polygone, n’a pas été retrouvé en 2023, même si le couvert forestier semble plus ou moins inchangé à l’endroit où il se trouvait.

Immigration de source externe

Les sous‑populations canadiennes sont isolées par rapport aux sous‑populations les plus proches sur la presqu’île Olympic, desquelles elles sont distantes d’environ 52 km et 75 km, respectivement, y compris environ 20 km d’eaux libres du détroit de Juan de Fuca. L’occurrence connue la plus proche du Canada se trouve vers le sud, en Idaho, à 96 km de la frontière (GBIF, 2023). On considère qu’il est très peu probable que les quelques sous‑populations situées à proximité, notamment les sous‑populations de l’État de Washington, puissent fournir des individus immigrants à la population canadienne, étant donné la dispersion limitée de l’espèce et la petite taille de ces sous‑populations.

Menaces

Tendances en matière d’habitat passées, à long terme et en cours

Étant donné que les deux sous‑populations canadiennes d’orobanche des pins sont situées en grande partie ou entièrement dans des parcs protégés, aucun changement important des conditions de l’habitat (mis à part la succession naturelle) ne devrait toucher la majorité des individus. Une dégradation de l’habitat a été observée dans certains secteurs du parc provincial Koksilah River, où les chablis le long de la lisière de forêts ont eu des effets négatifs sur des zones d’habitat convenable. De plus, l’entretien et l’aménagement de sentiers, en grande partie liés à la pratique du vélo de montagne, sont effectués de façon étendue au parc Koksilah River et pourraient avoir eu une incidence sur des individus dans le passé. Des individus de la sous‑population de la rivière Koksilah étaient autrefois présents sur des terres privées à l’extérieur des limites du parc, et des individus de cette sous‑population pourraient toujours s’y trouver, de sorte qu’ils risquent d’être touchés par l’exploitation forestière ou le développement résidentiel à l’avenir.

Menaces actuelles et futures

L’orobanche des pins est vulnérable aux effets cumulatifs de diverses menaces, en particulier celles associées aux activités récréatives (par exemple entretien des sentiers, piétinement). La nature, la portée et la gravité de ces menaces sont décrites à l’annexe 1, selon le système unifié de classification des menaces de l’UICN‑CMP (Union internationale pour la conservation de la nature – Partenariat pour les mesures de conservation; voir Salafsky et al. [2008] pour les définitions, et Master et al. [2012], pour les lignes directrices). Le processus d’évaluation des menaces consiste à évaluer les impacts de chacune des 11 grandes catégories de menaces et de leurs sous‑catégories, en termes de portée (proportion de la population exposée à la menace au cours des 10 prochaines années), de gravité (déclin prévu de la population au sein de la portée au cours des 10 prochaines années ou des 3 prochaines générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum d’environ 100 ans) et d’immédiateté de chaque menace. Le calcul de l’impact global des menaces tient compte des impacts de chacune des catégories de menaces et peut être ajusté par les spécialistes de l’espèce qui participent à l’évaluation des menaces.

L’impact global des menaces pesant sur l’orobanche des pins est considéré comme élevé‑faible, ce qui correspond à un déclin supplémentaire prévu variant d’élevé (déclin médian de 40 %; 22 à 70 %) à faible (déclin médian de 3 %; 1 à 10 %) au cours des 10 prochaines années. Ces valeurs doivent être interprétées avec prudence, car elles peuvent être fondées sur de l’information subjective (par exemple opinion d’un expert), et ce, même si des efforts ont été déployés pour corroborer les cotes attribuées avec les études et les données quantitatives disponibles.

Les menaces pesant sur l’orobanche des pins au Canada sont les suivantes :

Incendies et suppression des incendies (UICN 7.1) – impact moyen à faible

L’orobanche des pins est associée aux forêts conifériennes matures, qui sont vulnérables aux incendies de forêt; un seul de ces phénomènes pourrait entraîner la disparition d’une sous‑population entière. Bien que les incendies de forêt soient rares dans le sud de l’île de Vancouver, particulièrement à proximité des zones d’établissements humains, comme celles occupées par l’orobanche des pins, on peut s’attendre à ce que la fréquence ou l’intensité des incendies augmente avec les conditions chaudes et sèches associées aux changements climatiques. Le nombre de visiteurs au parc régional Sooke Potholes, pendant les périodes chaudes et sèches, augmente les sources d’inflammation.

Zones touristiques et récréatives (UICN 1.3) – impact faible

Les individus des deux sous‑populations qui se trouvent le long de sentiers aménagés sont vulnérables aux activités d’amélioration ou d’élargissement de ceux‑ci, particulièrement lorsque les sentiers ne sont pas officiels, mais pourraient le devenir un jour (comme c’est le cas pour la sous‑population de Sooke Potholes).

Activités récréatives (UICN 6.1) – impact faible

Les deux sous‑populations canadiennes d’orobanche des pins se trouvent en grande partie ou entièrement dans des parcs où les activités récréatives sont nombreuses. Des individus appartenant aux deux sous‑populations poussent en bordure de sentiers, ce qui les rend vulnérables au piétinement, entre autres.

Autres modifications de l’écosystème (UICN 7.3) – impact faible

Les plantes envahissantes constituent une menace mineure pour la sous‑population de Sooke Potholes, à proximité de laquelle le genêt à balais (Cytisus scoparius) pousse en faible densité. L’enlèvement d’arbres dangereux le long de sentiers, particulièrement dans le parc régional Sooke Potholes, pourrait avoir des répercussions sur les individus de l’espèce si les arbres tombent sur la sous‑population. Cependant, les effets à long terme d’un tel événement seraient probablement minimes pour cette espèce annuelle.

Tempêtes et inondations (UICN 11.4) – impact faible

Les deux sous‑populations pourraient être menacées par les tempêtes, et les inondations ou l’érosion qui en découlent. La sous‑population de Sooke Potholes se trouve en amont d’une berge haute de la rivière qui, si une période de débit suffisamment élevé se produit, pourrait s’éroder ou être autrement compromise et entraîner la perte d’une partie ou de la totalité des individus. Des individus épars de la sous‑population de la rivière Koksilah ont régulièrement été observés le long d’un ravin boisé, qui reçoit des apports d’eau en hiver et pourrait faire l’objet d’érosion lors d’un phénomène météorologique particulièrement violent.

Températures extrêmes (UICN 11.3) – impact inconnu

Les extrêmes de température observés ont été plus élevés et plus fréquents dans l’aire de répartition canadienne de l’orobanche des pins au cours des dernières décennies, et ils ont eu des répercussions sur certaines espèces végétales dans cette zone (Seebacher, 2007). Les changements écologiques résultant de températures extrêmes et d’autres facteurs liés aux changements climatiques pourraient avoir un impact sur l’espèce ou sa plante hôte (l’holodisque discolore). Les données sont toutefois insuffisantes pour évaluer cet impact.

Nombre de localités fondées sur les menaces

Deux localités fondées sur les menaces sont reconnues pour l’orobanche des pins au Canada; elles correspondent aux deux sous‑populations connues de l’espèce.

Protection, statuts et activités de rétablissement

Statuts et protection juridiques

À l’heure actuelle, aucune loi ne protège l’orobanche des pins au Canada. L’espèce n’est pas visée par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ni par l’Endangered Species Act des États‑Unis.

Statuts et classements non juridiques

L’orobanche des pins est actuellement cotée G4 (« apparemment en sécurité »; réévaluée en 2024) à l’échelle mondiale par NatureServe (2024) et a été inscrite sur la liste rouge (S1S2; « gravement en péril » à « en péril ») en Colombie-Britannique, à la suite d’une évaluation réalisée en 2019 par le Conservation Data Centre de la province (BC CDC, 2022). Aux États‑Unis, l’espèce est cotée S3 (« vulnérable ») dans l’État de Washington, S2 (« en péril ») en Idaho, S1 (« gravement en péril ») au Nevada et S4 (« en sécurité ») en Oregon; elle est « non classée » en Californie et au Nouveau‑Mexique (NatureServe, 2024). Elle n’a pas été évaluée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Protection et propriété de l’habitat

Les deux sous‑populations canadiennes connues sont présentes en grande partie ou entièrement à l’intérieur de parcs protégés (parc provincial Koksilah River/parc provincial Hwsalu‑utsum et parc régional Sooke Potholes). Des individus ont toutefois déjà été observés sur des terres privées adjacentes au parc provincial Koksilah River. L’observation historique qui repose sur un spécimen récolté en 1914 à la rivière Cowichan ne fournit pas suffisamment d’information sur l’emplacement pour déterminer le régime foncier.

Sources d’information

Références citées

BC CDC. 2018. British Columbia Conservation Data Centre: Species Occurrence Report (Shape ID: 2218). Site Web : https://a100.gov.bc.ca/pub/eswp/eoMap.do?id=15467 [consulté en février 2023].

BC CDC. 2022. British Columbia Conservation Data Centre: B.C. Species et Ecosystems Explorer. Site Web : https://a100.gov.bc.ca/pub/eswp/ [consulté en décembre 2022].

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Salafsky, N., D. Salzer, A.J. Stattersfield, C. Hilton-Taylor, R. Neugarten, S.H.M. Butchart, B. Collen, N. Cox, L.L. Master, S. O’Connor et D. Wilkie. 2008. A standard lexicon for biodiversity conservation: unified classifications of threats and actions. Conservation Biology 22: 897-911.

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Collections examinées

Le spécimen suivant a été examiné de façon numérique : Glendenning; 1914; « rivière Cowichan », RBCM 4597.

Experts contactés

Remerciements

Le présent rapport a été financé par Environnement et Changement climatique Canada. Les experts suivants ont fourni des données et/ou des conseils précieux pendant la préparation de la présente évaluation : Jenifer Penny (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique) a fourni les résultats de relevés et des données historiques pour la Colombie-Britannique; Jesse Miller (Washington Natural Heritage Program), Walter Fertig (Washington State University) et Jim Strickland (Idaho Department of Fish and Game) ont fourni des renseignements sur l’espèce pour le nord‑ouest des États‑Unis; Finn McGhee et Matt Fairbarns (Aruncus Consulting) ont fourni des données à jour sur la sous‑population d’orobanche des pins de Sooke Potholes, découverte récemment; Brian Starzomski (Université de la Colombie-Britannique) a fourni des renseignements supplémentaires sur la sous‑population de Koksilah; Ken Marr (Royal British Columbia Museum) a permis d’avoir accès aux données numérisées pour le spécimen récolté à la rivière Cowichan, au Canada, en 1914.

Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Jamie Fenneman est botaniste et écologiste chez EcoLogic Consultants Ltd. et réside actuellement à Courtenay, sur l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Ses travaux portent principalement sur les évaluations de la biodiversité, les relevés d’espèces rares, la planification et les mesures d’atténuation pour les végétaux rares et la surveillance écologique à long terme. Il possède une formation universitaire officielle en taxinomie végétale, notamment un doctorat de l’Université de la Colombie-Britannique, et contribue activement à l’étude de la flore de la Colombie-Britannique depuis plus de deux décennies. Une bonne partie de son travail consiste à effectuer des relevés des espèces végétales en péril en Colombie-Britannique et à consigner des renseignements sur celles‑ci, et il collabore régulièrement avec le Conservation Data Centre de la province pour que l’évaluation de la diversité floristique de la province soit exacte et à jour.

Annexe 1. Évaluation des menaces pesant sur l’orobanche des pins

Tableau d’évaluation des menaces

Nom scientifique de l’espèce ou de l’écosystème

Orobanche des pins Aphyllon pinorum

Identification de l’élément

1052532

Code de l’élément

PDORO040B0

Date

2023‑08‑31

Évaluateurs

Bruce Bennett (coprésident du SCS des PV, facilitateur), Del Meidinger (coprésident du SCS des PV), Jamie Fenneman (rédacteur du rapport), Varina Crisfield et Rebekah Neufield (membres du SCS des PV), Morgan Davies (CRD), Rosana Soares (agente scientifique, ECCC), Carrina Maslovat (Colombie-Britannique), Matt Fairbarns (expert‑conseil).

Guide pour le calcul de l’impact global des menaces

Impact des menaces

Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - maximum de la plage d’intensité

Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - minimum de la plage d’intensité

A (Très élevé)

0

0

B (Élevé)

0

0

C (Moyen)

1

0

D (Faible)

3

4

Impact global des menaces calculé

Élevé

Moyen

Impact global des menaces attribué :

BD = Élevé‑faible

Ajustement de la valeur de l’impact global calculée – justifications

Ce sont les incendies qui auraient l’impact le plus élevé sur la population, mais il existe des incertitudes quant aux probabilités qu’ils surviennent. Les autres menaces ont un impact global faible, car certaines ont un impact qui se situe à la limite inférieure de la plage de valeurs « faible ». Puisque l’espèce ne compte que deux sous‑populations au Canada, la perte de l’une d’elles à cause d’un incendie aurait un impact important sur la population canadienne de l’espèce.

Impact global des menaces – commentaires

Espèce annuelle; les graines d’espèces du genre Orobanche en Europe sont viables pendant des décennies; toutefois, il est probable que la plupart des graines ne soient viables que pendant une courte période; durée d’une génération : 1+  5 = 6 ans; 3 générations = ~15 à 18 ans. Taille de la population canadienne : 50 à 60 individus. La majeure partie de la population se trouve au parc Sooke Potholes, répartie en deux colonies distantes d’environ 40 m l’une de l’autre; les individus de la sous‑population de Koksilah sont plus dispersés.

Calcul de l’impact global des menaces

Nombre

Menace

Impact (calculé)

Impact

Portée (10 prochaines années)

Gravité (10 ans)

Immédiateté

Commentaires

1

Développement résidentiel et commercial

D

Faible

Restreinte (11-30 %)

Modérée (11-30 %)

Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans/3 gén.)

sans objet

1.1

Zones résidentielles et urbaines

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

Les deux sous‑populations se trouvent dans des zones protégées; la sous‑population de Koksilah se trouve dans deux parcs séparés par une petite zone privée, qui a fait l’objet d’exploitation forestière; aucun individu n’y a été observé (mais à vérifier).

1.2

Zones commerciales et industrielles

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

1.3

Zones touristiques et récréatives

D

Faible

Restreinte (11‑30 %)

Modérée (11-30 %)

Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans/3 gén.)

Principalement l’entretien de sentiers et l’infrastructure de vélo de montagne sur le site de Koksilah. À Sooke Potholes, les individus se trouvent à proximité de sentiers aménagés. Une colonie près d’un chemin d’accès utilisé pour aller au sentier de la rivière; l’autre colonie se trouve à environ un mètre de la route. Une autre colonie se trouve près d’un sentier étroit, bien délimité, qui n’est cependant pas « officiel », mais pourrait le devenir; un certain impact est donc possible. Le plan de gestion (2010) doit être mis à jour. Il n’y a pas d’individus près des sentiers de vélo de Koksilah.

2

Agriculture et aquaculture

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

2.1

Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

2.2

Plantations pour la production de bois et de pâte

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

2.3

Élevage de bétail

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

2.4

Aquaculture en mer et en eau douce

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

3

Production d’énergie et exploitation minière

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

3.1

Forage pétrolier et gazier

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

3.2

Exploitation de mines et de carrières

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

3.3

Énergie renouvelable

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

4

Corridors de transport et de service

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

4.1

Routes et voies ferrées

sans objet

Négli-geable

sans objet sans objet sans objet sans objet

4.2

Lignes de services publics

sans objet

Négli-geable

sans objet sans objet sans objet sans objet

4.3

Voies de transport par eau

sans objet

Négli-geable

sans objet sans objet sans objet sans objet

4.4

Corridors aériens

sans objet

Négli-geable

sans objet sans objet sans objet sans objet

5

Utilisation des ressources biologiques

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

5.1

Chasse et capture d’animaux terrestres

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

5.2

Cueillette de plantes terrestres

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

5.3

Exploitation forestière et récolte du bois

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

Exploitation forestière à proximité de la sous‑population de Koksilah, mais pas dans les zones où se trouvent des occurrences existantes connues de l’espèce.

5.4

Pêche et récolte de ressources aquatiques

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

6

Intrusions et perturbations humaines

D

Faible

Restreinte-petite (1-30 %)

Légère (1-10 %)

Élevée (menace toujours présente)

sans objet

6.1

Activités récréatives

D

Faible

Restreinte-petite (1-30 %)

Légère (1-10 %)

Élevée (menace toujours présente)

Les sous‑populations se trouvent à proximité de sentiers de randonnée; des individus pourraient être piétinés par des pique‑niqueurs ou des adeptes du vélo de montagne. Le réservoir de semences ne devrait pas être touché par la plupart des activités qui s’y déroulent. À Sooke Potholes, le sentier officiel est destiné au vélo de montagne, à l’équitation et à la randonnée; le site reçoit un nombre élevé de visiteurs, particulièrement à la fin du printemps et durant l’été.

6.2

Guerre, troubles civils et exercices militaires

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

6.3

Travail et autres activités

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

7

Modifications des systèmes naturels

CD

Moyen-faible

Généralisée-grande (31-100 %)

Modérée-légère (1-30 %)

Élevée (menace toujours présente)

sans objet

7.1

Incendies et suppression des incendies

CD

Moyen-faible

Généralisée-grande (31-100 %)

Modérée-légère (1-30 %)

Élevée (menace toujours présente)

L’intervalle de récurrence des incendies naturels est de plusieurs centaines d’années, mais la plupart des incendies dans cette région sont d’origine humaine. La menace est attribuable à une augmentation des sources d’inflammation potentielles entraînant des risques d’incendie plus élevés. Les incendies seraient activement combattus, mais restent néanmoins possibles. Ils pourraient avoir des répercussions sur le réservoir de semences, car celles‑ci sont petites et se trouvent près de la surface. Les activités de suppression des incendies peuvent aussi endommager les colonies de plantes. On ne comprend pas bien comment les incendies toucheront les sites à l’échelle locale. Si un incendie se déclare, l’impact pourrait être grave, surtout si l’incendie produit une chaleur extrême qui détruit le réservoir de semences.

7.2

Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

7.3

Autres modifications de l’écosystème

D

Faible

Grande (31-70 %)

Légère (1-10 %)

Élevée (menace toujours présente)

Entretien des sentiers (débroussaillage); abattage d’arbres dangereux. Le parc Sooke Potholes est une zone très fréquentée, et l’abattage d’arbres dangereux est donc effectué de façon continue. Le genêt à balais a été observé dans la zone de la sous‑population de Sooke Potholes en 2021; le Leucanthemum vulgare et le Dactylis glomerata ont aussi été observés. Aucune de ces espèces n’est abondante, mais il est probable que la densité du genêt à balais augmente au cours des 10 prochaines années.

8

Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

8.1

Espèces ou agents pathogènes exotiques (non indigènes) envahissants

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

Le genêt à balais est présent, mais les signes d’effets de l’allélopathie sont incertains. L’impact est principalement attribuable à la compétition pour l’espace, la lumière, etc., de sorte qu’il est évalué à la menace 7.3.

8.2

Espèces ou agents pathogènes indigènes problématiques

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

8.3

Matériel génétique introduit

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

8.4

Espèces ou agents pathogènes problématiques d’origine inconnue

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

8.5

Maladies d’origine virale ou maladies à prions

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

8.6

Maladies de cause inconnue

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

9

Pollution

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

9.1

Eaux usées domestiques et urbaines

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

9.2

Effluents industriels et militaires

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

9.3

Effluents agricoles et sylvicoles

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

9.4

Déchets solides et ordures

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

9.5

Polluants atmosphériques

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

9.6

Apports excessifs d’énergie

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

10

Phénomènes géologiques

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

10.1

Volcans

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

10.2

Tremblements de terre et tsunamis

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

10.3

Avalanches et glissements de terrain

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

11

Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents

D

Faible

Petite (1-10 %)

Modérée (11-30 %)

Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans/3 gén.)

sans objet

11.1

Déplacement et altération de l’habitat

sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet

L’espèce et son habitat semblent stables.

11.2

Sécheresses

sans objet

Négli-geable

Grande (31-70 %)

Négligeable (< 1 %)

Élevée (menace toujours présente)

sans objet

11.3

Températures extrêmes

sans objet

Inconnu

Généralisée (71-100 %)

Inconnue

Élevée (menace toujours présente)

sans objet

11.4

Tempêtes et inondations

D

Faible

Petite (1-10 %)

Modérée (11-30 %)

Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans/3 gén.)

Il y a des individus le long de ravins à Koksilah, ce qui les rend vulnérables aux dommages causés par les inondations ou l’érosion lors de fortes pluies.

11.5

Autres impacts

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Classification des menaces d’après l’UICN‑CMP, Salafsky et al. (2008).

Détails de la page

2025-01-30