Petit bec (Opsopoeodus emiliae) : évaluation et rapport de situation du COSEPAC 2025

Titre officiel : Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur le Petit bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada

En voie de disparition

2025

Matériel appartenant à des tierces parties

Suite à l’Avis pour ce site Web, certaines photos ainsi que certains dessins et éléments graphiques se trouvant dans les documents produit par le COSEPAC peuvent être assujettis à des droits d'auteur appartenant à d'autres organisations et personnes. Dans de tels cas, des restrictions concernant l’utilisation, la reproduction, la communication de telles œuvres protégées par le droit d’auteur peuvent s'appliquer, et il peut être nécessaire de demander l'autorisation aux détenteurs de ces droits, avant de reproduire, utiliser ou communiquer ces œuvres.

Dessin au trait d’un petit poisson élancé, dont la bouche est orientée vers le haut, et qui présente une bande bien visible sur toute la longueur de son flanc, une grande nageoire dorsale et de longues nageoires caudales.
Petit bec
Information sur le document

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2025. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le petit bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. xiv + 48 p. (Registre public des espèces en péril).

Rapport(s) précédent(s) :

COSEPAC. 2012. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le petit bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. x + 32 p. (Registre public des espèces en péril).

COSEWIC. 2000. COSEWIC assessment and update status report on the pugnose minnow Opsopoeodus emiliae in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. vi + 16 pp.

Cudmore, B.C. et E. Holm. 2000. Update COSEWIC status report on the pugnose minnow Opsopoeodus emiliae in Canada in COSEWIC assessment and update status report on the pugnose minnow Opsopoeodus emiliae in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. 1-16 pp.

Parker, B., P. McKee et R.R. Campbell. 1985. COSEWIC status report on the pugnose minnow Opsopoeodus emiliae in Canada. Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. Ottawa. 13 pp.

Note de production :

Le COSEPAC remercie RiverStone Environmental Solutions d’avoir rédigé le rapport de situation sur le petit‑bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Nicholas Mandrak et John S. Richardson, coprésident du Sous‑comité de spécialistes des poissons d’eau douce du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa ON K1A 0H3

Courriel : cosewic-cosepac@ec.gc.ca

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

Also available in English under the title:
“COSEWIC Assessment and Status Report on the Pugnose Minnow (Opsopoeodus emiliae) in Canada”.

Illustration/photo de la couverture :

Petit‑bec, illustration de Scott et Crossman (1998) reproduite avec autorisation.

© Sa Majesté le Roi du Chef du Canada, 2025.
No de catalogue CW69-14/278-2025F-PDF
ISBN 978-0-660-78469-4

COSEPAC sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation — mai 2025

Nom commun : Petit‑bec

Nom scientifique : Opsopoeodus emiliae

Statut : En voie de disparition

Justification de la désignation : Ce petit poisson se rencontre dans les rivières et les ruisseaux de l’extrême sud‑ouest de l’Ontario. L’altération de l’habitat, la hausse de la température de l’eau, les sécheresses et la pollution causée par l’apport excessif de nutriments et de sédiments ont des effets négatifs sur l’espèce. Désignée « menacée » lors de la dernière évaluation, l’espèce a vu son statut changer parce qu’elle n’a été observée qu’à un seul des 10 sites où elle était présente ces 10 dernières années, et ce, malgré les vastes activités de recherche qui ont été menées. Des déclins continus sont probables. Cette espèce distinctive est donc exposée à un risque élevé de disparition du Canada.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1985. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en mai 2012. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2025.

COSEPAC résumé

Petit bec

Opsopoeodus emiliae

Description et importance de l’espèce sauvage

Le petit‑bec (Opsopoeodus emiliae; Hay, 1881) est un petit poisson de la famille des Leuciscidés (longueur totale maximale de 64 mm) qui a une petite bouche orientée vers le haut, une bande latérale noire s’étendant de la queue au museau, et des écailles disposées en rangs entrecroisés, motif particulièrement visible sur le haut du corps. La nageoire dorsale compte habituellement neuf rayons principaux, ce qui distingue l’espèce de tous les autres ménés canadiens. Le petit‑bec est la seule espèce du genre Opsopoeodus. Le petit‑bec pourrait s’avérer utile comme espèce indicatrice de la santé des écosystèmes aquatiques, car il est souvent présent dans les eaux claires à végétation abondante qui abritent une grande diversité de taxons.

Connaissances autochtones

Toutes les espèces sont importantes, interreliées et interdépendantes. Le présent rapport ne comprend pas de connaissances traditionnelles autochtones propres à l’espèce.

Répartition

Le petit‑bec se rencontre dans le bassin du fleuve Mississippi, jusqu’au sud‑est du Wisconsin vers le nord. Au Canada, l’aire de répartition de l’espèce se limite à l’Ontario, où elle a déjà été présente dans les rivières Détroit et Sydenham et dans le lac Sainte‑Claire et de petits affluents de celui‑ci. Le petit‑bec est commun et largement réparti dans le sud des États‑Unis, où il se rencontre depuis la Caroline du Sud jusqu’à la Floride et, vers l’ouest, jusqu’au Texas, mais il est plus rare dans la partie nord de son aire de répartition. Au Canada, certaines sources indiquent que l’espèce est disparue du bassin de la rivière Thames. En outre, aucun individu n’a été détecté récemment dans une grande partie de l’aire de répartition connue de l’espèce. Les activités d’échantillonnage approfondies menées depuis 2012 ont confirmé la persistance du petit‑bec dans une seule localité de la rivière Canard, où l’espèce a été détectée jusqu’en 2021. Aucun individu n’a été détecté dans la rivière Canard lors des activités d’échantillonnage répétées en 2023 et en 2024.

Habitat

Au Canada, le petit‑bec vit dans des eaux turbides lentes ou stagnantes avec ou sans végétation, dont le substrat est composé de débris ligneux, d’argile, de limon, de vase ou de sable. Aux États‑Unis, l’espèce préfère les eaux claires où le débit est lent et les plantes aquatiques sont abondantes.

Biologie

Le petit‑bec fraye de la fin de mai à la mi‑juin. On estime que la fraie a lieu dans des zones peu profondes présentant des végétaux aquatiques submergés et émergents sur des substrats de limon, d’argile ou de sable, mais certaines sources affirment que le mâle choisit et défend une surface plate, par exemple le dessous d’une roche, pour frayer. La femelle pond les œufs en grappe sur le dessous de la surface plate, et le mâle en assure la défense. Les aires d’alevinage se trouveraient dans des zones où la végétation aquatique est abondante et où le substrat est limoneux et sableux. Le petit‑bec se nourrit d’une variété de petits insectes, de crustacés, d’algues filamenteuses, et, à l’occasion, de larves et d’œufs de poissons.

Taille et tendances des populations

La taille de la population canadienne de petits‑becs est inconnue, et les données disponibles sont insuffisantes pour déterminer les tendances en matière d’abondance.

En 2010, aucun individu n’a été capturé dans de nombreux sites où l’espèce a été capturée dans le passé, mais l’espèce a été détectée dans les sites historiques de la rivière Sydenham Est et du ruisseau Little Bear cette année‑là. Le ministère des Pêches et des Océans (MPO) a mené des activités d’échantillonnage ciblées en 2010, 2013, 2018, 2019, 2021, 2023 et 2024, qui comprenaient des relevés effectués dans le bassin versant du lac Sainte‑Claire en 2010, 2013, 2019 et 2021 pour évaluer la répartition de l’espèce, et des échantillonnages réalisés dans la rivière Canard en 2018, 2023 et 2024. Les échantillonnages ciblés supplémentaires qui ont été effectués en 2013, 2019 et 2021 n’ont mené à la détection d’aucun petit‑bec dans la plupart des sites où des individus avaient été capturés dans le passé, y compris dans les ruisseaux Big, Little Bear, Maxwell et Otter Ouest ainsi que dans d’autres zones du cours inférieur de la rivière Sydenham et du chenail Écarté. La dernière détection de l’espèce dans ce bassin versant date de 2003, et un seul individu avait alors été capturé dans le ruisseau Otter Est.

Le MPO a effectué des échantillonnages ciblés dans la rivière Canard en 2018, 2023 et 2024, et de nombreux petits‑becs ont été capturés en 2018, mais aucun individu n’a été capturé en 2023 et en 2024. En 2017, 20 petits‑becs ont été capturés lors d’un échantillonnage non ciblé réalisé dans la rivière Canard par l’Université de Toronto. Dans le cadre du programme de surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques du MPO, les échantillonnages non ciblés effectués dans la rivière Canard et d’autres sites de 2013 à 2024 (pratiquement chaque année) ont mené à 108 détections du petit‑bec sur une période de 11 ans, mais la dernière détection de l’espèce dans la rivière Canard date de 2021.

Menaces et facteurs limitatifs

La population canadienne de petits‑becs est menacée par les changements climatiques et les phénomènes météorologiques violents, la pollution et les modifications des systèmes naturels. Le niveau de menace global a été évalué comme étant élevé‑faible. Les facteurs qui limitent la survie du petit‑bec au Canada demeurent incertains. Contrairement à ce qu’on l’on observe dans la majeure partie de l’aire de répartition de l’espèce, les sous‑populations canadiennes vivent en eaux turbides. Le Programme de rétablissement et plan d’action pour le petit‑bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada indique que le niveau de préoccupation global est élevé pour les menaces liées à la perte et à la dégradation de l’habitat, à la charge sédimentaire et à la charge en nutriments, et qu’il est moyen pour les menaces liées aux changements climatiques et aux espèces exotiques.

Protection, statuts et activités de rétablissement

Le petit‑bec est inscrit comme espèce « menacée » à la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral et à la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Les espèces aquatiques et leurs habitats sont protégés de façon générale par plusieurs lois fédérales et provinciales (par exemple la Loi sur les pêches). Le petit‑bec est considéré comme étant « en sécurité » à l’échelle mondiale (G5) et « en péril » à l’échelle nationale (N2) et provinciale (S2) au Canada. Le petit‑bec figure sur la liste des espèces « gravement en péril » (S1) au Michigan, en Ohio et en Pennsylvanie, aux États‑Unis. Selon le Programme de rétablissement et plan d’action pour le petit‑bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada, le rétablissement de l’espèce est réalisable du point de vue biologique et technique.

Résumé technique

Opsopoeodus emiliae (Hay, 1881)

Petit‑bec

Pugnose Minnow

Répartition au Canada : Ontario

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population)

Environ 1,2 an

Selon le précédent rapport de situation du COSEPAC.

Y a-t-il un déclin continu [observé, estimé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?

Oui

Un déclin continu est inféré sur la base du faible nombre de détections de l’espèce lors d’échantillonnages ciblés effectués dans des sites précédemment occupés.

Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur 3 ans [ou une génération, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].

Inconnu

L’abondance historique et actuelle des individus matures dans la population est inconnue.

Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur 5 ans [ou 2 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].

Inconnu

L’abondance historique et actuelle des individus matures dans la population est inconnue.

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des 10 dernières années [ou 3 dernières générations, selon la période la plus longue].

Inconnu

L’abondance historique et actuelle des individus matures dans la population est inconnue.

Pourcentage [prévu, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 prochaines années ou 3 prochaines générations, jusqu’à un maximum de 100 ans].

Inconnu

L’abondance historique et actuelle des individus matures dans la population est inconnue.

Pourcentage [observé, estimé, inféré, prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures sur une période de 10 ans [ou 3 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans], commençant dans le passé et se terminant dans le futur (jusqu’à un maximum de 100 ans dans le futur).

Inconnu

L’abondance historique et actuelle des individus matures dans la population est inconnue.

Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?

Inconnu

Est-ce que les causes du déclin sont clairement comprises?

Inconnu

Des études supplémentaires sont nécessaires pour améliorer la connaissance du cycle vital, de la structure de la population et de l’impact relatif des menaces sur le petit‑bec. Il est probable que la dégradation de l’habitat associée à l’agriculture et à l’urbanisation contribue au déclin observé.

Est-ce que les causes du déclin ont effectivement cessé?

Inconnu

La dégradation continue de l’habitat contribue probablement au déclin.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?

Inconnu

La taille de la population est inconnue.

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence

12 km2

Dans la rivière Canard, en amont du confluent avec la rivière Détroit. La superficie estimée est de 2,65 km2, mais la zone d’occurrence ne doit pas être inférieure à l’IZO.

Indice de zone d’occupation (IZO), établi à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté

12 km2

Détections de l’espèce de 2013 à 2024.

La population est-elle « gravement fragmentée », c’est-à-dire que plus de 50 % des individus ou plus de 50 % de la zone d’occupation totale (comme indicateur du nombre d’individus) se trouvent dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une sous-population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce?

  1. Non
  2. Non

Une seule localité dans la rivière Canard.

Nombre de « localités »

Rivière Sydenham Nord — présumée disparue
Rivière Sydenham (bras de l’est) — présumée disparue
Ruisseau Otter Est — présumée disparue
Ruisseau Maxwell — présumée disparue
Rigolet Whitebread — présumée disparue
Ruisseau Little Bear — présumée disparue
Rigolet MacDougall — présumée disparue
Chenail Écarté — présumée disparue
Lac Sainte‑Claire — présumée disparue
Rivière Détroit — présumée disparue
Rivière Thames — présumée disparue
Rivière Canard (dernière détection en 2021)

1

Malgré les recherches ciblées et approfondies qui ont été menées au cours des 10 dernières années, l’espèce n’a été capturée que dans la rivière Canard (affluent de la rivière Détroit).

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?

Oui

Déclin observé d’après les résultats des échantillonnages ciblés réalisés dans des sites précédemment occupés.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation?

Oui

Déclin observé d’après les résultats des échantillonnages ciblés réalisés dans des sites précédemment occupés.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous‑populations?

Oui

Déclin observé d’après les résultats des échantillonnages ciblés réalisés dans des sites précédemment occupés.

Y a‑t‑il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de « localités »?

Oui

Déclin observé d’après les résultats des échantillonnages ciblés réalisés dans des sites précédemment occupés.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?

Oui

Déclin observé d’après les résultats des échantillonnages ciblés réalisés dans des sites précédemment occupés.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous-populations?

Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de « localités »?

Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?

Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?

Non

Nombre d’individus matures (dans chaque sous-population)

Sous-population

Rivière Canard

Inconnu

Total

Inconnu

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].

Inconnue

Aucune analyse n’a été effectuée.

Menaces et facteurs limitatifs

Un calculateur des menaces a‑t‑il été rempli pour l’espèce?

Oui (annexe 1)

Impact global des menaces attribué : Élevé‑faible

Les principales menacées relevées sont les suivantes :

  1. 11. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (moyen‑faible)
  2. 9. Pollution (moyen‑faible)
  3. 7. Modifications des systèmes naturels (moyen‑faible)

Voici d’autres menaces dont l’impact est inconnu : corridors de transport et de service, agriculture et aquaculture, utilisation des ressources biologiques, intrusions et perturbations humaines, et espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques.

Quels sont les facteurs limitatifs pertinents?

Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada

En voie de disparition

L’espèce est désignée « en voie de disparition » dans les États américains adjacents à l’aire de répartition canadienne : Michigan (S1), Ohio (S1) et Pennsylvanie (S1).

Une immigration a‑t‑elle été constatée ou est‑elle possible?

Inconnu

Très improbable, mais possible.

Des individus immigrants seraient‑ils adaptés pour survivre au Canada?

Probablement

Les populations du Michigan, de l’Ohio et de la Pennsylvanie connaissent des conditions environnementales semblables.

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Inconnu

La dégradation de l’habitat a probablement contribué au déclin présumé de l’espèce (et à la diminution des détections observée), et les changements climatiques pourraient rendre l’habitat moins convenable.

Les conditions se détériorent-elles au Canada?

Oui

Effets de la dégradation de l’habitat, des changements climatiques et de la conversion de l’habitat pour l’agriculture ou d’autres utilisations des terres.

Les conditions de la population source se détériorent-elles?

Inconnu

Les populations des États américains limitrophes de l’Ontario sont en voie de disparition, mais les causes sont inconnues.

La population canadienne est-elle considérée comme un puits?

Inconnu

La structure de la population n’est pas bien comprise.

La possibilité d’une immigration depuis des populations externes susceptible d’entraîner un changement de statut existe-t-elle?

Peu probable

Les sous-populations se trouvent dans des États américains adjacents à l’aire de répartition canadienne. Il est possible que des individus immigrent dans les eaux canadiennes, mais cela est extrêmement improbable à cause de la distance à parcourir et de la petite taille du petit‑bec. De plus, étant donné que les populations des États américains adjacents sont en voie de disparition, il est probable qu’il n’y ait pas suffisamment d’individus immigrants pour donner lieu à un changement de statut.

Espèce sauvage dont les données sur l’occurrence sont de nature délicate (mise en garde à considérer)

La publication de certaines données sur l’occurrence pourrait-elle nuire davantage à l’espèce sauvage ou à son habitat?

Non

Statut actuel

Historique du statut selon le COSEPAC

Espèce désignée « préoccupante » en avril 1985. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en mai 2012. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2025.

Statut et justification de la désignation

Statut : En voie de disparition

Codes alphanumériques : B1ab(i,ii,iii,iv,v)+2ab(i,ii,iii,iv,v)

Justification du changement de statut : I.i; I.iii; III.iii

Justification de la désignation : Ce petit poisson se rencontre dans les rivières et les ruisseaux de l’extrême sud‑ouest de l’Ontario. L’altération de l’habitat, la hausse de la température de l’eau, les sécheresses et la pollution causée par l’apport excessif de nutriments et de sédiments ont des effets négatifs sur l’espèce. Désignée « menacée » lors de la dernière évaluation, l’espèce a vu son statut changer parce qu’elle n’a été observée qu’à un seul des 10 sites où elle était présente ces 10 dernières années, et ce, malgré les vastes activités de recherche qui ont été menées. Des déclins continus sont probables. Cette espèce distinctive est donc exposée à un risque élevé de disparition du Canada.

Applicabilité des critères

A : Déclin du nombre total d’individus matures

Sans objet.

Les données sont insuffisantes pour inférer, prévoir ou présumer de manière fiable les tendances de la population.

B : Aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation

Correspond aux critères de la catégorie « Espèce en voie de disparition » B1ab(i,ii,iii,iv,v)+2ab(i,ii,iii,iv,v).

La zone d’occurrence (12 km2) et l’IZO (12 km2) sont inférieurs au seuil de la catégorie « en voie de disparition », la population compte une localité, et un déclin continu de la zone d’occurrence, de l’IZO, de l’étendue et de la qualité de l’habitat, du nombre de localités et du nombre d’individus matures est observé.

C : Nombre d’individus matures peu élevé et en déclin

Sans objet.

Les données disponibles sont insuffisantes pour déterminer le nombre d’individus matures.

D : Très petite population totale ou répartition restreinte

Sans objet.

Correspond au critère de la catégorie « Espèce menacée » D2. La population est restreinte à un IZO de 12 km2 (et à une seule localité) et est susceptible de connaître un déclin important d’ici 1 ou 2 générations à cause des effets des activités humaines ou de phénomènes stochastiques.

E : Analyse quantitative

Sans objet.

Aucune analyse n’a été effectuée.

Préface

Le petit‑bec demeure une espèce énigmatique, et peu d’articles sur la biologie de l’espèce ont été publiés depuis le rapport précédent du COSEPAC (COSEWIC, 2012). L’espèce est présumée disparue de la rivière Thames (dernière observation en 1968) et du rigolet MacDougall (dernière observation en 1984). Depuis la publication du dernier rapport, des activités d’échantillonnage ont été menées dans la plupart des sites du sud‑ouest de l’Ontario qui étaient occupés par l’espèce, ainsi que dans de nombreux sites adjacents. Aucun individu n’a été capturé dans les sites où le petit‑bec avait été détecté avant 2013, que ce soit dans le cadre d’échantillonnages généraux ou de relevés ciblés, sauf dans la rivière Canard, où un individu a été capturé en 2021, ce qui constitue la plus récente capture de l’espèce. Depuis la dernière évaluation réalisée en 2012, la zone d’occurrence a diminué de 99 %, et la zone d’occupation, de 86 %. Les causes de la perte des sous-populations demeurent incertaines, mais elle découle probablement de la dégradation à long terme des conditions de l’habitat dans les rivières, qui est associée à l’agriculture et à l’urbanisation. L’échantillonnage qui a été réalisé est insuffisant, et il n’est pas possible de dégager les tendances en matière d’abondance pour les sous-populations canadiennes. Même si les menaces qui pèsent sur le petit‑bec demeurent inconnues, il est estimé que les principales menaces sont les effets des changements climatiques, la dégradation de l’habitat et de la qualité de l’eau associée à l’agriculture et à l’urbanisation et les modifications des systèmes naturels (y compris les espèces envahissantes ou autrement problématiques). Toutes ces menaces sont toujours présentes dans l’aire de répartition de l’espèce au Canada.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

(2025)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)*
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)**
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)***
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)****
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)*****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.
*
Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
**
Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000
***
Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
****
Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
*****
Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Classification actuelle

Classe : Actinoptérygiens

Ordre : Cypriniformes

Famille : Leuciscidés (anciennement Cyprinidés)

Genre : Opsopoeodus

Espèce : emiliae

Sous-espèces au Canada : S.O.

Changements taxinomiques depuis le rapport précédent (pour les réévaluations) : l’espèce a été reclassée dans la famille des Leuciscidés (anciennement Cyprinidés).

Noms communs

Français : petit‑bec

Anglais : Pugnose Minnow

Synonymes et remarques

D’abord décrit par Hay (1881) comme étant du genre Opsopoeodus, le petit‑bec a ensuite été classé dans le genre Notropis par Gilbert et Bailey (1972). Toutefois, des données ostéologiques, génétiques et comportementales (Campos et Hubbs, 1973; Dimmick, 1987; Amemiya et Gold, 1990; Amemiya et al., 1992; Gold et al., 1992; Johnston et Page, 1992; Blanton et al., 2011) donnent à penser que le petit‑bec est distinct des Notropis. Eschmeyer (2010) a reconnu que Page et Johnson (1990) ont été les premiers à reclasser cette espèce dans le genre Opsopoeodus. Mayden et al. (2006) avaient proposé d’intégrer le genre Opsopoeodus au genre Pimephales en se fondant sur des données de séquences du cytochrome b, mais une étude récente de Blanton et al. (2011) sur les séquences d’ADN mitochondrial et d’ADN nucléaire a confirmé que Opsopoeodus devait être considéré comme un genre distinct. Le genre Opsopoeodus serait étroitement apparenté aux Pimephales et aux Codoma (Stout et al., 2022), et le clade formé par ces trois genres est étroitement lié aux Cyprinella. Gilbert et Bailey (1972) ont décrit deux sous-espèces : O. e. peninsularis, dans la péninsule de la Floride, et O. e. emiliae, dans le reste de l’aire de répartition de l’espèce, y compris au Canada. Cependant, les deux sous-espèces qui avaient été reconnues sont maintenant considérées comme des synonymes de l’unique espèce nord‑américaine, Opsopoeodus emiliae (Page et al., 2023).

Description de l’espèce sauvage

Description morphologique

Le petit‑bec est un membre de petite taille (longueur totale maximale de 64 mm; Holm et al., 2022) de la famille des Leuciscidés. La bouche est petite et orientée vers le haut, une bande latérale noire s’étend de la queue au museau et les écailles disposées en rangs entrecroisés forment un motif particulièrement visible sur le haut du corps (Holm et al., 2022). La nageoire dorsale du mâle adulte est sombre ou noire et traversée en son milieu d’une bande blanche, et les rayons antérieurs de la nageoire anale sont blancs; ces couleurs s’intensifient pendant la période de fraie (Holm et al., 2022). La nageoire dorsale compte habituellement neuf rayons principaux, à la différence de toutes les autres espèces de ménés canadiennes (Scott et Crossman, 1973). La bouche renferme, de chaque côté, une rangée de cinq dents pharyngiennes dentelées (Scott et Crossman, 1973). Il y a parfois un barbillon charnu à l’extrémité postérieure de la lèvre inférieure, d’un seul côté ou des deux côtés (Gilbert et Bailey, 1972). Lors de la période de fraie, de petits tubercules apparaissent sur le museau et le menton du mâle, caractéristique décrite et illustrée par Gilbert et Bailey (1972).

Le petit‑bec a une petite bouche fortement orientée vers le haut qui est semblable à celle du méné jaune (Notemigonus crysoleucas) et du méné camus (Miniellus anogenus, anciennement Notropis anogenus). Chez le méné jaune, le corps est plus comprimé latéralement et la nageoire anale est beaucoup plus longue et comporte au moins 12 rayons (Holm et al., 2022). Le petit‑bec a une bande latérale foncée qui s’étend jusque sur le museau seulement, tandis que la bande latérale foncée du menton noir (M. heterodon, anciennement Notropis heterodon) et du méné camus s’étend jusque sur le museau et le menton (Holm et al., 2022). En outre, les écailles du méné camus ne sont pas disposées en rangs entrecroisés comme chez le petit‑bec (Holm et al., 2022).

Unités désignables

Les données disponibles ne permettent pas de conclure qu’il y a plus d’une unité désignable (UD) de l’espèce au Canada. Il n’y a aucune sous‑espèce reconnue (O. e.iliae; Gilbert et Bailey, 1972; Page et al., 2023), l’espèce est présente dans une seule région biogéographique (Grands Lacs et haut Saint‑Laurent), et la structure génétique de la population est inconnue. Selon les critères du COSEPAC, une UD est reconnue si elle possède des attributs qui la rendent à la fois distincte et importante dans l’évolution. Les données disponibles ne permettent pas d’évaluer le caractère distinct des sous-populations de petits‑becs ou leur importance dans l’évolution aux fins de l’établissement d’UD supplémentaires au Canada.

Sous-espèces ou variétés reconnues au Canada : S.O.

Unités désignables (UD) : S.O.

Preuve du caractère distinct : S.O.

Preuve de l’importance dans l’évolution : S.O.

Importance de l’espèce

Le petit‑bec appartient à un genre monotypique (Stanton et al., 2004), et, par conséquent, l’étude de la morphologie, du comportement et des caractères génétiques uniques de cette espèce contribue à améliorer les connaissances sur l’évolution des leuciscidés en Amérique du Nord. Étant donné que le petit‑bec se rencontre principalement dans des eaux claires à végétation abondante dans la partie principale de son aire de répartition (c.‑à‑d. le sud des États‑Unis; Gilbert et Bailey, 1972; Scott et Crossman, 1973; Trautman, 1981), l’espèce pourrait s’avérer utile comme indicateur de la santé des écosystèmes aquatiques.

Connaissances autochtones

Les connaissances traditionnelles autochtones (CTA) sont fondées sur les relations. Il s’agit de renseignements sur les rapports écologiques entre les humains et leur environnement, ce qui comprend les caractéristiques de l’espèce, des habitats et des localités. Les lois et les protocoles relatifs aux rapports entre les humains et l’environnement sont transmis par des enseignements et des récits ainsi que par les langues autochtones, et peuvent être fondés sur des observations à long terme. Les noms de lieux fournissent des renseignements sur les zones de récolte, les processus écologiques, l’importance spirituelle ou les produits de la récolte. Les CTA peuvent aider à déterminer les caractéristiques du cycle vital d’une espèce ou les différences entre des espèces semblables.

Importance culturelle pour les peuples autochtones

Le présent rapport ne comprend pas de CTA propres à l’espèce. Le petit‑bec demeure toutefois important pour les peuples autochtones, qui reconnaissent l’interdépendance de toutes les espèces au sein de l’écosystème.

Répartition

Aire de répartition mondiale

Le petit‑bec est présent dans le centre des États‑Unis et dans le sud‑ouest de l’Ontario, au Canada (figure 1). Il est plus commun et plus largement réparti dans le sud des États‑Unis, où il se rencontre depuis la Caroline du sud jusqu’en Floride et, vers l’ouest, jusqu’au Texas (figure 1a). Il est présent dans le bassin du fleuve Mississippi vers le nord‑ouest jusqu’au sud‑est du Wisconsin, dans le bassin des Grands Lacs laurentiens, et, vers le nord‑est, jusqu’au sud-ouest de l’Ontario.

Figure 1a. Carte de la répartition mondiale du petit bec dans le sud-est du Canada et l’est des États-Unis. La description longue suit.Veuillez lire la description longue.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Kilometers = kilomètres

Figure 1a. Répartition mondiale du petit‑bec. D’après Page et Burr (1991).

Description longue

Carte de la répartition mondiale du petit bec dans le sud-est du Canada et l’est des États-Unis. L’aire de répartition s’étend du sud-est du Minnesota vers le sud dans l’est de l’Iowa et le sud-est du Missouri, et vers l’est dans le sud du Wisconsin, l’Illinois, l’Indiana, l’Ohio, le sud‑est du Michigan et la pointe sud-est de l’Ontario. Elle s’élargit vers le sud, s’étendant du sud-est du Kansas et du sud-ouest du Missouri dans l’est de l’Oklahoma, l’est du Texas, le sud de l’Arkansas, la Louisiane, l’ouest du Kentucky, l’ouest du Tennessee, le Mississippi, le sud-ouest de l’Alabama, le sud de la Géorgie, le sud de la Caroline du Sud et la majeure partie de la Floride.

Aire de répartition canadienne

Par le passé, le petit‑bec n’était présent que dans 11 localités au Canada, à l’intérieur d’une petite zone dans le sud‑ouest de l’Ontario (figure 1b) comprenant les bassins des rivières Détroit, Sydenham et Thames et le lac Sainte‑Claire. Un sommaire de l’échantillonnage historique est présenté dans le rapport d’évaluation du COSEPAC de 2012. Le Musée canadien de la nature possède 8 spécimens capturés entre 1972 et 1979 dans le bassin de la rivière Sydenham (tableau 3; Ilves, comm. pers.).

Figure 1b. Carte montrant les observations de petits-becs dans le sud de l’Ontario, et valeurs de l’indice d’aire d’occupation et de la zone d’occurrence. Veuillez lire la description longue.

Figure 1b. Carte montrant tous les sites ayant fait l’objet d’un échantillonnage et ceux où des petits‑becs ont été capturés (de 1935 à 2024). Les symboles ouverts indiquent les sites qui ont été échantillonnés, mais où l’espèce n’a pas été détectée. Prendre note que de nombreux symboles ouverts se chevauchent, ce qui peut donner l’impression qu’ils sont pleins. Carte préparée par Ryan Collins (ECCC).

Description longue

Carte montrant les observations de petits-becs dans le sud de l’Ontario, et valeurs de l’indice d’aire d’occupation et de la zone d’occurrence. La carte couvre une zone du sud de l’Ontario à la frontière canado-américaine, au sud du lac Huron, au sud et à l’est du lac Sainte-Claire et au nord-ouest du lac Érié. Les lacs et plusieurs rivières sont indiqués en bleu. La carte en médaillon présente le secteur de la rivière Canard à l’extrémité sud de l’Ontario, à la frontière canado-américaine. Les zones bâties sont indiquées en gris, notamment Sarnia, au sud du lac Huron; Windsor, au sud‑ouest du lac Sainte-Claire; Chatham, à l’est du lac Sainte‑Claire; London, au nord‑est du lac Sainte-Claire.

Il y a deux périodes d’observation, soit de 2013 à 2024 et de 1935 à 2012.

Il y a environ 20 observations pour la période 2013-2024, toutes dans la rivière Canard. Durant cette période, des centaines de sites ont été échantillonnés sans que l’espèce y ait été observée, notamment au nord et à l’est des sites où elle a été observée dans la rivière Canard, dans les rivières au nord-est du lac Sainte-Claire et dans une petite zone concentrée le long de la rive nord-ouest du lac Érié. La zone d’occurrence forme un rectangle irrégulier et étroit autour de la rivière Canard, depuis son embouchure jusqu’à environ six kilomètres en amont, pour une superficie totale de 2,65 kilomètres carrés.

Les observations faites de 1935 à 2012 sont concentrées dans deux zones principales : la rivière Canard et les cours d’eau environnants, ainsi qu’une série de rivières au nord‑est du lac Sainte-Claire. Deux autres observations ont été faites : une sur la rive sud-est du lac Sainte-Claire et une dans la rivière Thames, juste au sud-ouest de London. Durant cette période, des centaines de sites ont été échantillonnés sans que l’espèce y ait été observée; ils sont concentrés sur la rive sud du lac Sainte-Claire, dans la rivière Sainte-Claire et plus au nord dans les rivières Sydenham et Thames. La légende indique une zone d’occurrence de 4 464 kilomètres carrés et un indice de zone d’occupation de 140 kilomètres carrés.

Tous les petits‑becs capturés au cours des 10 dernières années provenaient de la rivière Canard. De 2015 à 2021, 417 individus ont été capturés dans la rivière Canard, dont 294 individus capturés dans 26 sites dans le cadre d’échantillonnages ciblés réalisés en 2018, ce qui est le plus grand nombre connu de captures de l’espèce au Canada (Gáspárdy et al., 2020; Lamothe et Drake, 2020). Voir la section Taille et tendances de la population pour plus de détails.

Structure de la population

Le degré de structuration spatiale des sous-populations canadiennes de petits‑becs est inconnu.

Zone d’occurrence et zone d’occupation

Zone d’occurrence actuelle

La zone d’occurrence actuelle du petit‑bec au Canada est de 12 km2, valeur calculée en fonction de la superficie du plus petit polygone convexe englobant les mentions de l’espèce faites de 2013 à 2024. Il convient toutefois de noter que la zone d’occurrence ne peut être inférieure à l’IZO. La zone d’occurrence a diminué de 99 depuis le rapport de 2012 (1 254 km2).

Indice de zone d’occupation actuel

L’IZO du petit‑bec au Canada est de 12 km2, valeur calculée à l’aide d’une grille à carrés de 2 km de côté superposée aux mentions de l’espèce faites de 2013 à 2024 (figure 1c). L’IZO a diminué de 86 % depuis le rapport de 2012 (84 km2).

Figure 1c. Carte montrant les observations de petits-becs dans le secteur de la rivière Canard, en Ontario, et valeurs de l’indice d’aire d’occupation et de la zone d’occurrence. Veuillez lire la description longue.

Figure 1c. Agrandissement montrant tous les sites où des petits‑becs ont été capturés dans la rivière Canard de 2013 à 2024. Les symboles ouverts indiquent les sites qui ont été échantillonnés, mais où l’espèce n’a pas été détectée. Les lignes pointillées correspondent à la grille à carrés de 2 km de côté utilisée pour calculer l’IZO. Carte préparée par Ryan Collins (ECCC).

Description longue

Carte montrant les observations de petits-becs dans le secteur de la rivière Canard, en Ontario, et valeurs de l’indice d’aire d’occupation et de la zone d’occurrence.

Il y a deux périodes d’observation, soit de 2013 à 2024 et de 1935 à 2012.

Il y a 31 observations pour la période de 2013 à 2024, toutes dans les six kilomètres en amont de l’embouchure de la rivière Canard. Il y a aussi plusieurs sites d’échantillonnage où l’espèce n’a pas été observée pendant cette période, lesquels sont principalement concentrés dans la rivière Canard et incluent d’autres sites à l’intérieur des terres au nord-est. La zone d’occurrence forme un rectangle irrégulier et étroit autour des observations, depuis l’embouchure de la rivière jusqu’à environ six kilomètres en amont, pour une superficie totale de 2,65 kilomètres carrés.

Sept observations ont été faites entre 1935 et 2012, cinq dans la rivière Détroit et deux dans la rivière Canard. Il y a aussi deux sites d’échantillonnage où l’espèce n’a pas été observée pendant cette période, l’un à l’embouchure de la rivière Canard et l’autre à plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres. La légende indique une zone d’occurrence de 4 464 kilomètres carrés et un indice de zone d’occupation de 140 kilomètres carrés.

Fluctuations et tendances de la répartition

Rien n’indique que la répartition de l’espèce connaît des fluctuations.

Biologie et utilisation de l’habitat

Outre quelques brèves généralités présentées par Parker et al. (1987), les caractéristiques biologiques du petit‑bec au Canada sont peu décrites. La plupart des données relatives à la biologie et à l’écologie du petit‑bec sont tirées de sources états‑uniennes. Toutefois, l’Évaluation du potentiel de rétablissement du petit‑bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada (Bouvier et Mandrak, 2013) et le Programme de rétablissement et plan d’action pour le petit‑bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada (DFO, 2022) fournissent des évaluations de la situation du petit‑bec au Canada et constituent les principales sources de l’information fournie dans la présente section (tableau 1).

Tableau 1. Résumé des fonctions essentielles, des types et des particularités de l’habitat du petit‑bec au Canada, par stade vital. D’après le Programme de rétablissement et plan d’action pour le petit‑bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada
Stade vitala Fonction de l’habitatb Type d’habitatc Particularités de l’habitatd
Fraie Reproduction Zones calmes de cours d’eau ou chenaux latéraux à faible débit de rivières plus importantes Surfaces horizontales appropriées, comme le dessous d’un gros rocher
Juvéniles (de l’éclosion jusqu’à l’âge d’un an) Alimentation et abri Zones calmes de cours d’eau ou chenaux latéraux à faible débit de rivières plus importantes Même habitat que celui des adultes
À partir de l’âge d’un an (début de la maturité sexuelle) Alimentation et abri Zones calmes de cours d’eau ou chenaux latéraux à faible débit de rivières plus importantes Eaux peu profondes (profondeur de 0,42 à 1,5 m), zones d’eau libre prédominantes dans la plupart des sites

a Stade vital : stade du cycle vital de l’espèce (par exemple, graine, œuf, plantule, juvénile, larve, nymphe, adulte).

b Fonction de l’habitat : processus du cycle vital de l’espèce soutenu par l’habitat (par exemple fraie, reproduction, hibernation, alevinage, élevage, alimentation ou recherche de nourriture, migration, floraison, production de fruits, dispersion des graines, germination, développement des plantules).

c Type d’habitat : renvoie aux éléments structuraux ou biologiques de la zone ou du type de site dont l’espèce a besoin pour accomplir ses processus vitaux.

d Particularités de l’habitat : renseignements détaillés, comme les propriétés ou caractéristiques mesurables de l’habitat.

Cycle vital et reproduction

Au Canada, les petits‑becs adultes atteignent généralement une longueur totale de 35 à 58 mm, la taille maximale observée étant de 64 mm (Parker et al., 1987; Holm et al., 2022; Fisheries and Oceans Canada, 2022; Gáspárdy et al., 2020). On ignore à quel âge ou dans quelle fourchette de tailles le petit‑bec atteint la maturité sexuelle, mais celle‑ci survient probablement à un an, comme chez la plupart des petits poissons.

Le comportement de fraie de l’espèce et ses préférences en matière d’habitat de fraie au Canada sont inconnus (Bouvier et Mandrak, 2013). Tout indique que les petits‑becs connaissent une longue saison de reproduction en Floride, mais il semble que ce ne soit pas le cas chez les autres populations nord‑américaines (Gilbert et Bailey, 1972). Des individus reproducteurs ont été observés en Arkansas à la fin de mai, et des femelles gravides ont été signalées en Illinois à la mi‑juin (Gilbert et Bailey, 1972). Au Missouri, des petits‑becs en état de frayer ont été observés au début de l’été (Pflieger, 1975). Compte tenu de la période de fraie observée chez les populations du nord des États‑Unis, il est probable que la fraie ait lieu au printemps, de la fin de mai à la mi‑juin, au Canada (Holm et al., 2022). Une femelle (ROM 35781) capturée dans la baie Mitchell le 2 juin 1979 n’avait pas encore frayé alors que la température de l’eau était de 21 °C. Il est présumé que le petit‑bec fraye à des profondeurs de 0 à 2 m dans des zones à végétation aquatique submergée et émergente, sur des substrats composés de limon, d’argile ou de sable (Lane et al., 1996a), mais les substrats de fraie préférés au Canada sont inconnus. Des milieux semblables pourraient servir d’aires d’alevinage (Lane et al., 1996b).

Le regroupement des œufs et les soins parentaux chez le petit‑bec constituent une stratégie de reproduction complexe, semblable à celles des Pimephales et des Codoma, qui n’a été observée chez aucun autre méné nord-américain. La description suivante est fondée principalement sur les observations de Page et Johnston (1990) et de Johnston et Page (1992). Lors de la période de reproduction, le corps du mâle prend une couleur bleu argenté foncé, et les extrémités des nageoires anale et pelviennes deviennent blanches. De petits amas de tubercules apparaissent sur le menton et le museau du mâle (Gilbert et Bailey, 1972). Les petits nodules blancs qui apparaissent sur les trois premiers rayons de la nageoire dorsale du mâle ressemblent à des œufs, et ils pourraient servir à inciter la femelle à frayer. Le mâle choisit une surface plate, par exemple le dessous d’une roche, comme site de fraie. Selon des observations faites en laboratoire, le petit‑bec défend son territoire en chassant les intrus des environs immédiats du site de fraie. Le mâle effectue une parade en forme de huit et frotte son museau ou sa nuque contre la surface de fraie. Il soulève et rabaisse rapidement sa nageoire dorsale, ce qui constitue peut-être un signal pour attirer la femelle. La femelle est menée vers la frayère par le mâle. Là, elle touche plusieurs fois la surface de fraie avec sa bouche et son museau. Le mâle suit la femelle, il la pousse et soulève son abdomen et son pédoncule caudal avec son museau. Pour frayer, le mâle et la femelle s’alignent latéralement et changent de place environ une fois par seconde. Cet acte est répété à plusieurs reprises sur une période de 6 à 7 jours. Pour déposer ses œufs, la femelle se retourne afin que ses papilles génitales entrent en contact avec la surface de fraie. Les œufs sont déposés individuellement ou en chapelets de deux à cinq, en une seule couche, sous la surface plate. Une femelle peut produire jusqu’à 120 œufs par ponte. Le diamètre moyen des œufs est de 1,3 mm. Le mâle défend le nid et les œufs contre les prédateurs. Étant donné que les œufs sont disposés en une seule couche, le mâle a accès à chaque œuf. En laboratoire, l’éclosion des œufs a été observée après une période moyenne de 142 heures (écart‑type = 8,9) à 21 °C. La longueur totale des larves nouvellement écloses est de 5,0 à 5,5 mm (Page et Johnston, 1990).

Le petit‑bec vit environ trois ans (Parker et al., 1987). Young et Koops (2013) estiment que la durée d’une génération est de 1,2 an. Le potentiel d’hybridation est inconnu. La structure par taille et le rapport des sexes dans la population sont aussi inconnus.

Besoins en matière d’habitat

On en sait relativement peu sur les besoins en matière d’habitat des sous-populations canadiennes de petits‑becs (Gáspárdy et al., 2020, 2025). Il est généralement présumé que le petit‑bec préfère les cours d’eau où l’eau est claire, le débit faible et les plantes aquatiques abondantes (Scott et Crossman, 1973; Trautman, 1981; Coad, 1995), quoique Parker et al. (1987) ont capturé des individus dans des milieux turbides. Toutefois, au Canada, le petit‑bec se rencontre le plus souvent dans des cours d’eau à faible débit dont l’eau est chaude et turbide et où il n’y a pas ou presque pas de végétation aquatique (Bouvier et Mandrak, 2013). Lamothe et Drake (2020) ont observé une relation négative entre la turbidité de l’eau et l’occupation par le petit‑bec, mais aussi que l’espèce est plus susceptible d’occuper des eaux plus claires lorsque la vallisnérie d’Amérique (Vallisneria americana) est présente. En outre, la probabilité de capture de petits‑becs était plus élevée dans les sites de la rivière Canard où la profondeur de l’eau était supérieure à 0,5 m (Lamothe et Drake, 2020).

Des observations de petits‑becs dans des milieux sous-optimaux ont été faites dans le cadre d’autres études, notamment par Parker et al. (1981), qui ont capturé des individus dans des milieux turbides. En 1996 et en 1997, le Musée royal de l’Ontario (MRO) a capturé des individus dans des milieux semblables à ceux décrits par Parker et al. (1987), où la transparence au disque de Secchi variait de 0,1 à 0,3 m, et le fond se composait de limon, de vase et de débris partiellement recouverts de blocs rocheux, de débris ligneux et de végétation aquatique (Holm, données inédites).

Dans le chenail Écarté et la rivière Détroit, les petits‑becs ont été capturés dans des chenaux latéraux où le débit était faible, l’eau claire et la végétation abondante (Lapointe, 2005; DFO, données inédites). Dans la rivière Canard, des individus ont été capturés dans des sites où la transparence au disque de Secchi variait de 0,100 à 0,334 m (minimum et maximum), et où la turbidité variait de 11,81 à 49,65 uTN (Gáspárdy et al., 2025).

En 2003, le MPO a capturé des petits‑becs dans 7 sites aux alentours du bassin versant du lac Sainte‑Claire, des sites qui présentaient généralement une végétation abondante, des substrats limoneux et argileux, une forte turbidité (la transparence au disque de Secchi variait de 0,07 à 0,59 m) et des températures estivales de l’eau allant de 18 à 25 °C (Mandrak et al., 2006). En 2010, le MPO a capturé des individus dans 11 sites, où l’habitat était composé soit de végétation submergée soit d’une zone d’eau libre et de substrats limoneux et sableux, et où la température estivale de l’eau variait de 22 à 30 °C (DFO, données inédites). La profondeur moyenne de l’eau dans les sites où l’espèce a été capturée de 2013 à 2019 était de 1,3 m (DFO, données inédites).

Au Canada, le petit‑bec occupe donc des sites aux eaux turbides et à débit lent qui présentent une végétation abondante et des substrats limoneux, sableux et argileux. Il est difficile de déterminer si l’association de la population canadienne de petits‑becs avec des milieux turbides est une adaptation à long terme pour réduire le risque de prédation par les prédateurs visuels ou si la persistance de cette population risque d’être compromise en l’absence de milieux présentant une meilleure qualité de l’eau à proximité (Lamothe et Drake, 2020).

Déplacements, migration et dispersion

On ignore si, dans une certaine mesure, le petit‑bec migre pour frayer ou hiverner. Compte tenu de sa petite taille, il est peu probable qu’il migre ou se disperse sur de longues distances (Minns, 1995).

Relations interspécifiques

Alimentation

La bouche orientée vers le haut du petit‑bec semble indiquer que celui‑ci est adapté pour se nourrir de petites proies qui se trouvent dans la colonne d’eau ou à la surface de l’eau. L’estomac d’un des spécimens capturés en Ontario contenait des diptères adultes et des larves de trichoptères (Parker et al., 1987). Des larves de chironomes, des algues filamenteuses, de petits crustacés ainsi que des larves et des œufs de poissons ont été détectés dans le contenu du tube digestif de spécimens capturés en Floride (Parker et al., 1987). Aucune étude sur l’alimentation du petit‑bec plus récente que celle de Parker et al. (1987) n’a été recensée. La taille des organismes végétaux et animaux que le petit‑bec ingurgite est limitée par sa petite bouche.

Prédateurs et compétiteurs

Le petit‑bec est probablement la proie de divers poissons. Étant donné sa faible abondance et sa présence dans les milieux turbides, il est peu probable que le petit‑bec soit une proie principale pour des poissons ou des oiseaux. Dans le sud‑ouest de l’Ontario, le petit‑bec était souvent capturé dans les mêmes sites que le fondule rayé (Fundulus notatus; Mandrak et al., 2006). Aucun petit‑bec n’a été capturé dans les sites où le MPO a effectué des échantillonnages ciblés en 2019. Cependant, le méné camus, le fondule rayé, le méné fantôme (Paranotropis buchanani, anciennement Notropis buchanani), l’alose noyer (Dorosoma cepedianum), le crayon d’argent (Labidesthes sicculus), le crapet arlequin (Lepomis macrochirus) et des Lepomis (jeunes de l’année) ont été capturés dans des sites où le petit‑bec a été détecté par le passé (Gáspárdy et al., 2020; Barnucz et Drake, 2021).

Adaptations physiologiques, comportementales et autres

O. e. sait très peu sur la physiologie et les tolérances du petit‑bec. Selon Scott et Crossman (1973) et Trautman (1981), l’espèce serait sensible aux degrés élevés de turbidité. Pourtant, des petits‑becs ont été détectés dans des milieux turbides lors de récentes activités d’échantillonnage. Il est difficile de déterminer si la présence de l’espèce dans ces milieux au Canada signifie que les sous‑populations ont une certaine tolérance à ces conditions ou qu’elles persistent dans des milieux sous‑optimaux. Il est probable que l’utilisation d’une surface plate comme site de ponte protège les œufs et les alevins contre l’envasement dans une certaine mesure (Waters, 1995).

Facteurs limitatifs

Les facteurs limitatifs ne sont généralement pas d’origine humaine et comprennent des caractéristiques intrinsèques qui rendent l’espèce moins susceptible de réagir favorablement aux activités de conservation. Les facteurs limitatifs peuvent devenir des menaces s’ils entraînent un déclin de la population (tableau 2). Les principaux facteurs limitatifs pour le petit‑bec sont inconnus. Ils peuvent toutefois comprendre une quantité limitée d’habitat, une durée de vie relativement courte (ce qui rend l’espèce plus vulnérable à la stochasticité environnementale) et une faible capacité de dispersion pour éviter les menaces connues.

Tableau 2. Tableau de classification des menaces pour le petit‑bec au Canada (adapté de DFO [2022])
Menace Risque dans le lac Sainte‑Claire et ses affluents Risque dans les rivières Détroit et Canard
Turbidité et charge en sédiments Élevé Moyen
Charge en nutriments Élevé Moyen
Altération de l’habitat Élevé Élevé
Contaminants et substances toxiques Élevé Élevé
Espèces envahissantes Faible Faible
Prise accessoire Faible Faible

Taille et tendances des populations

En 2010, aucun petit‑bec n’a été capturé dans de nombreux sites des rivières Sydenham Est et Sydenham Nord, des ruisseaux Otter, Otter Est, Indian, Little Bear et Maxxwell, et des rigolets Whitebread et Grape Run, où l’espèce avait été détectée par le passé (DFO, données inédites; Gáspárdy et al., 2025). En 2010, l’espèce a été détectée dans 5 sites de la rivière Sydenham Est (21 individus) et 2 sites du ruisseau Little Bear (11 individus). Aucun petit‑bec n’a été détecté dans le cadre des activités d’échantillonnage menées dans les sites susmentionnés après 2010 (voir la section Abondance ci‑dessous). Dans la rivière Canard, le petit‑bec a été détecté de façon continue de 2013 à 2021, sauf lors de l’échantillonnage réalisé en 2018. Les échantillonnages ciblés supplémentaires effectués par le MPO dans la rivière Canard en 2023 et en 2024 n’ont mené à aucune détection du petit‑bec. La dernière observation de l’espèce consignée dans la base de données du Centre d’information sur le patrimoine naturel date de 2013.

Sources de données, méthodes et incertitudes

Les données sont insuffisantes pour estimer la taille et les tendances de la population. Les échantillonnages ciblés effectués dans des localités historiques ont mené à la détection du petit‑bec dans un seul site (rivière Canard) en 2018. La probabilité de détection du petit‑bec par une équipe compétente qui utilise des méthodes d’échantillonnage appropriées et effectue un nombre suffisant de répétitions est estimée à 0,44 (44 %) par échantillonnage (Lamothe et Drake, 2020). Des échantillonnages ciblés et non ciblés ont été effectués dans l’aire de répartition historique de l’espèce jusqu’en 2024 (voir le sommaire présenté ci‑dessous). Les échantillonnages ciblés réalisés en 2023 et en 2024 par le MPO visaient à établir un indice normalisé d’abondance et de trajectoire de la population, mais ils n’ont mené à la détection d’aucun petit‑bec (Drake, comm. pers.). Le MPO a effectué d’autres échantillonnages ciblés dans des sites où le petit‑bec a été détecté par le passé (Barnucz et Drake, 2021; Gáspárdy et al., 2025) et mené des activités de suivi général dans des cours d’eau où des individus ont déjà été capturés. Différentes méthodes d’échantillonnage ont été utilisées, y compris la pêche à l’électricité, le chalut Mamou, le mini‑verveux, la senne avec poche et le chalut Missouri. Les activités d’échantillonnage ont varié d’une année à l’autre et entre les sites d’échantillonnage (les activités menées dans chaque localité sont résumées dans le tableau 3). La détection de l’espèce dans une seule localité (la rivière Canard) et les données démographiques historiques ne sont pas suffisantes pour estimer les tendances en matière d’abondance.

Tableau 3. Sommaire des localités et de l’historique d’échantillonnage du petit‑bec (PB)
Cours d’eau Année Organisation Nombre de sites échantillonnés Nombre de sites où le PB était présent Nombre total de PB capturés Référence
Rivière Sydenham Nord 1972 MCN 1 1 1 C.G. Gruchy, MCN
1979 Beak Consultants (MCN) 4 4 7 Parker et McKee (1980)
1997 MRO 2 0 0 E. Holm, données inédites
2003 MPO 11 1 1 Mandrak et al. (2006)
2010 MPO 6 0 0 Gáspárdy et al. (2025)
2019 MPO 18 0 0 Barnucz et al. (2021)
Rivière Sydenham Est 1979 Beak Consultants (MCN) 1 1 1 Parker et McKee (1980)
1997 MRO 3 3 21 Holm et Beam (1998)
2003 à 2004 Poos 75 0 0 Poos (2004)
2003 MPO 12 2 3 Mandrak et al. (2006)
2003 MPO 27 0 0 Marson et Mandrak (2009)
2010 Poos 10 0 0 M. Poos, MPO, comm. pers.
2010 MPO 5 5 22 Gáspárdy et al. (2025)
2019 MPO 16 0 0 Barnucz et al. (2021)
Ruisseau Otter Est 1982 S.O. S.O. S.O. S.O. N. Mandrak, MPO, comm. pers.
1996 S.O. S.O. S.O. S.O. N. Mandrak, MPO, comm. pers.
2003 MPO 1 1 1 Mandrak et al. (2006)
2010
2021
MPO
MPO
1
24
0
0
0
0
Gáspárdy et al. (2025)
Gáspárdy et al. (2025)
Ruisseau Maxwell 1982 MRO S.O. 1 1 E. Holm, données inédites
1996 MRO S.O. 1 2 E. Holm, données inédites
2003 MPO 5 1 2 Mandrak et al. (2006)
2010 MPO 2 1 1 Gáspárdy et al. (2025)
2019 MPO 2 0 0 Barnucz et al. (2021)
Ruisseau Little Bear 1982 MRO S.O. 1 1 E. Holm, données inédites
1996 MRO S.O. 1 1 E. Holm, données inédites
2003 MPO 4 1 3 Mandrak et al. (2006)
2010 MPO 4 3 15 Gáspárdy et al. (2025)
2019 MPO 1 0 0 Barnucz et al. (2021)
Rigolet Whitebread 2003 MPO 2 1 18 Mandrak et al. (2006)
2010 MPO 1 0 0 Gáspárdy et al. (2025)
Rigolet McDougall 1984 MRO S.O. 1 2 E. Holm, données inédites
2004 MPO 1 0 0 Edwards et Mandrak (2006)
2004 UTRCA 1 0 0 J. Schwindt, UTRCA, comm. pers.
Chenail Écarté 1993 MRNO S.O. 1 1 E. Holm, données inédites
2010 MPO 5 2 4 N. Mandrak, données inédites
2019 MPO 20 0 0 Barnucz et al. (2021)
Lac Sainte‑Claire 1935 MRO S.O. 1 2 E. Holm, données inédites
1979 MRO S.O. 1 2 E. Holm, données inédites
1979 à 1981 MRNO S.O. 0 0 M. Belore, MRNO, comm. pers.
1990-1996, 2005, 2007, 2008 MRNO Plus de 100 1 1 M. Belore, MRNO, comm. pers.; E. Holm, données inédites
1996 MRO 1 0 0 E. Holm, MRO, comm. pers.
1996 à 2001 MDNR Chalutage intensif 0 0 Thomas et Haas (2004)
1999 MRO 87 0 0 Metzger et Holm (2000)
2005 MPO 20 0 0

Marson et al. (2010)
Réserve nationale de faune de Sainte‑Claire

Rivière Thames 1968 Université Western Ontario 1 1 7 E. Holm, données inédites
1996 MRO S.O. 0 0 E. Holm, MRO, comm. pers.
2003 à 2004 MPO 76 0 0 Edwards et Mandrak (2006); sites non praticables à pied
2003 à 2004 MPO 9 0 0 Edwards et Mandrak (2006); sites praticables à pied
2004 MPO 22 0 0 Edwards et Mandrak (2006); sites non praticables à pied dans les affluents
2004 MPO 8 0 0 Edwards et Mandrak (2006); sites praticables à pied dans les affluents
2011 MRNO 5 0 0 A. Dextrase, MRNO, données inédites
Rivière Détroit et rivière Canard 1940 UMMZ S.O. 1 2 E. Holm, données inédites
1941 MRO S.O. 1 3 E. Holm, données inédites
1995 MRNO S.O. 1 56 E. Holm, données inédites
1996 MRO S.O. 1 2 E. Holm, données inédites
2003 Lapointe 30 0 0 Lapointe (2005)
2004 Lapointe 60 1 1 Lapointe (2005)
2018
2023
MPO
MPO
74
80
26
0
294
0
Gáspárdy et al. (2020)
A. Drake, données inédites
2024 MPO 79 0 0 A. Drake, données inédites

S.O. = sans objet; MCN = Musée canadien de la nature; MPO = ministère des Pêches et des Océans; MDNR = Michigan Department of Natural Resources (département des Ressources naturelles du Michigan); MRNO = ministère des Richesses naturelles de l’Ontario; MRO = Musée royal de l’Ontario; UTRCA = Upper Thames Region Conservation Authority (Office de protection de la nature du cours supérieur de la rivière Thames); UMMZ = University of Michigan Museum of Zoology (Musée de zoologie de l’Université du Michigan).

Abondance

Étant donné que les détections de l’espèce sont peu fréquentes et que le nombre d’individus capturés est relativement faible, aucune estimation de l’abondance n’est disponible pour les sous-populations de petits‑becs au Canada.

Fluctuations et tendances

L’absence de détection du petit‑bec dans la plupart des sites où des individus ont été capturés dans le passé (Barnucz et Drake, 2021; Gáspárdy et al., 2025) donne à penser que la répartition de l’espèce a considérablement diminué en Ontario (tableau 3). Comme le petit‑bec est rarement présent en grands nombres, il est difficile de déterminer l’ampleur des fluctuations des effectifs au fil du temps. Un échantillonnage approfondi a été effectué à l’aide de divers dispositifs d’échantillonnage dans l’aire de répartition historique de l’espèce (voir les détails ci‑dessous). Les tendances relatives à l’abondance de l’espèce demeurent inconnues parce qu’il est difficile de normaliser le nombre de captures par unité d’effort en raison des différents dispositifs d’échantillonnage utilisés, que le nombre d’individus capturés est relativement faible et qu’il n’y a aucune estimation des effectifs des sous-populations de petits‑becs au Canada.

Rivière Thames et autres sites historiques

Des activités d’échantillonnage sont menées dans plusieurs sites de la rivière Thames depuis 1980, mais le petit‑bec y a été observé pour la dernière fois en 1968. Le MPO a effectué des échantillonnages réguliers, généraux et ciblés de 2002 à 2021. Aucun petit‑bec n’a été détecté lors des échantillonnages effectués au moyen de sennes ou de dispositifs de pêche à l’électricité (appareils portatifs ou utilisés à bord d’un bateau), et l’espèce est présumée disparue du bassin versant de la rivière Thames (MPO, données inédites).

Des petits‑becs auraient été capturés dans d’autres sites du sud‑ouest de l’Ontario, mais cette information ne peut être vérifiée en l’absence de spécimen de référence. Ces mentions non vérifiées ne seront donc plus prises en considération (DFO, 2022).

Bassin versant du lac Sainte‑Claire

Dans ce bassin versant, le petit‑bec a été signalé pour la première fois en 1935 dans la baie Mitchell du lac Sainte‑Claire (ROM, numéro de catalogue 8956). Toutefois, seulement trois individus ont été observés dans le lac Sainte‑Claire depuis cette première observation : deux individus détectés par le MRO en 1979 et un seul individu signalé par le MRNO en 2007 (tableau 3). Quatre petits‑becs auraient été capturés par le MRNO le long de la rive sud du lac en 1990, mais leur identification ne peut être confirmée étant donné qu’aucun spécimen de référence n’a été conservé (M. Belore, OMNR, comm. pers., 2011, dans COSEWIC, 2012). Aucun individu n’a été détecté lors de l’échantillonnage ciblé effectué par le MPO en 2006. Un individu aurait été capturé en 2007 sur la rive sud du lac (Bouvier et Mandrak, 2013).

Le petit‑bec a été signalé dans quatre sites du bassin de la rivière Sydenham Nord, depuis le ruisseau Bear en aval de Brigden jusqu’à la rivière Sydenham Nord en amont de Wallaceburg, en 1979 (Parker et McKee, 1980), et l’espèce y a été capturée de nouveau en 2003 (Gáspárdy et al., 2025). Des petits‑becs ont été capturés dans un seul site de la rivière Sydenham Est, situé près de Tupperville, en 1970 (Parker et McKee, 1980, 1997; Holm et Boehm, 1998) et en 2010 (Bouvier et Mandrak, 2013; Gáspárdy et al., 2025). L’espèce a aussi été observée dans le ruisseau Otter Est (un affluent de la rivière Sydenham Nord) en 1982, 1996 et 2003 (Mandrak et al., 2006). Le ruisseau Otter Est a été échantillonné de nouveau en 2010 (aucun individu), 2013 (un individu) et 2021 (aucun individu) au moyen d’une senne ou d’un chalut Mamou (tableau 3), mais la capture de 2013 demeure la dernière observation de l’espèce dans ce bassin (Gáspárdy et al., 2025). Aucun petit‑bec n’a été capturé lors de l’échantillonnage ciblé effectué par le MPO en 2019 dans le cours inférieur de la rivière Sydenham, le ruisseau Maxwell et le ruisseau Little Bear (Barnucz et Drake, 2021). Au total, 46 sites ont été échantillonnés au moyen d’un chalut Mamou (total de 183 traits de chalut) dans des zones où des petits‑becs avaient été capturés par le passé et dans des sites adjacents présentant des caractéristiques de l’habitat de prédilection de l’espèce (Barnucz et Drake, 2021).

Le petit‑bec a été observé dans d’autres affluents du lac Sainte‑Claire depuis 1980 : dans le chenail Écarté en 1993 et en 2010 (COSEWIC, 2013), dans les ruisseaux Maxwell et Little Bear en 1982, 1996 et 2003 (Mandrak et al., 2006, 2010; COSEWIC, 2013) et dans le rigolet Whitebread en 2003 (Mandrak et al., 2006). Récemment, le MPO a effectué des relevés dans l’ensemble de l’aire de répartition historique du petit‑bec. De 2 à 5 sites du chenail Écarté ont été échantillonnés de 2010 à 2019 au moyen d’une senne avec poche ou d’un chalut Mamou, ce qui a mené à la capture d’un seul petit‑bec en 2010. Des échantillonnages ciblés ont été effectués au moyen d’une senne avec poche ou d’un chalut Mamou dans le ruisseau Maxwell en 2010, 2013 et 2019, et aucun individu n’a été capturé (Barnucz et Drake, 2021; Gáspárdy et al., 2025). De 2005 à 2019, 18 localités du ruisseau Little Bear ont fait l’objet de plusieurs échantillonnages ciblés effectués à l’aide de diverses méthodes, y compris le chalut siamois, le chalut Mamou (zone pélagique) et la senne avec poche (DFO, 2015; Reid et al., 2016; Barnucz et Drake, 2021; Gáspárdy et al., 2025). Aucun petit‑bec n’a été détecté dans le ruisseau Little Bear depuis 2010, année où 11 individus ont été capturés (Barnucz et Drake, 2021; Gáspárdy et al., 2025). De 2 à 5 sites du chenail Écarté ont été échantillonnés de 2010 à 2019 au moyen d’une senne avec poche ou d’un chalut Mamou, ce qui a mené à la capture d’un seul petit‑bec en 2010. Le rigolet Whitebread a été échantillonné de nouveau en 2010, et aucun petit‑bec n’a été capturé lors de l’unique échantillonnage à la senne effectué dans ce cours d’eau (Bouvier et Mandrak, 2013). Des échantillonnages exploratoires ciblés ont été effectués en 2013 et 2021 dans des sites du bassin versant où le petit‑bec n’a jamais été détecté, mais où de l’habitat convenable était disponible, y compris dans le ruisseau Big (affluent du ruisseau Little Bear), le ruisseau Indian et le ruisseau Otter Ouest, mais aucun individu n’a été détecté (Gáspárdy et al., 2025).

Rivière Détroit

Des petits‑becs ont été capturés en 1940 dans l’île Fighting (UMMZ, numéro de catalogue 130863). Parker et McKee (1980) indiquent que l’espèce est présente dans la rivière Détroit en se fondant sur une mention qui date de 1941 (ROM, numéro de catalogue 14073), mais le site de l’observation ne figure pas sur leur carte. Les collectes du MRO (de 1994 à 1996) et de Lapointe (2005) ont permis de documenter la présence du petit‑bec dans la rivière Détroit.

Rivière Canard

En 2018, des échantillonnages ciblés comprenant 99 traits de senne et 123 traits de chalut Mamou et de senne avec poche (maille de la poche de 0,32 cm, maille de l’aile de 0,32 cm et longueur de 9,1 m) effectués dans 74 sites de la rivière Canard ont permis de capturer un total de 294 petits‑becs, dont 107 provenaient d’un seul site (Gáspárdy et al., 2020). La zone d’échantillonnage de la rivière Canard s’étendait depuis un site situé à 10 km en amont du chemin de fer d’Essex Terminal Railway jusqu’à la limite du confluent avec la rivière Détroit (Gáspárdy et al., 2020). En 2023, l’échantillonnage répété de nombreux sites de la rivière Canard n’a mené à la capture d’aucun petit‑bec, et ce, malgré plusieurs semaines d’échantillonnage. Il a été avancé que l’absence de détection était due à la réduction de l’efficacité des dispositifs d’échantillonnage causée par l’augmentation de la turbidité et du débit de l’eau lors des activités d’échantillonnage (A. Drake, comm. pers., 2025). L’échantillonnage ciblé de la rivière Canard effectué en 2024 (39 sites d’échantillonnage au chalut et 40 sites d’échantillonnage à la senne), selon les mêmes méthodes et la même approche de sélection des sites qu’en 2018 et en 2023, et dans des conditions environnementales plus proches de celles de 2018, n’a mené à aucune détection de petit‑bec (A. Drake, comm. pers., 2025).

Échantillonnage non ciblé

Plusieurs sites anciennement occupés par le petit‑bec ont fait l’objet d’un échantillonnage non ciblé dans le cadre du programme de surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques du MPO (tableau 4). Les zones couvertes comprennent la rivière Détroit (n = 35 sites), le cours inférieur de la rivière Sydenham (n = 54 sites) et la rivière Canard (n = 30 sites), cependant, tous les petits‑becs capturés depuis 2013 provenaient de la rivière Canard. Bon nombre des dispositifs utilisés dans le cadre de ce programme ciblent des espèces de plus grande taille, et ils peuvent donc être inefficaces pour capturer les petits‑becs. En outre, les sites d’échantillonnage sont généralement situés en aval des sites où le petit‑bec a été détecté dans le passé (Colm, comm. pers.). Dans le cadre du programme de surveillance, des petits‑becs ont été capturés dans la rivière Canard en 2013 (n = 3), 2015 (n = 10), 2016 (n = 63), 2017 (n = 1), 2018 (n = 19), 2019 (n = 4), 2020 (n = 1) et 2021 (7 individus dans 3 sites). En 2017, un échantillonnage des communautés de poissons de milieux humides effectué dans l’aire de répartition du petit‑bec au moyen de mini‑verveux (un dispositif approprié pour le petit‑bec) a permis de capturer 20 individus dans 3 sites de la rivière Canard (Montgomery, 2019; Mandrak, comm. pers.). Un autre petit‑bec a été capturé en 2017 dans un verveux déployé dans le cours inférieur de la rivière Canard lors d’un relevé visant à évaluer les communautés de poissons des milieux humides riverains situés à proximité de secteurs préoccupants (Midwood et al., 2020; tableau 4).

Tableau 4. Sommaire des captures de petits‑becs (Opsopoeodus emiliae) dans le cadre d’échantillonnages non ciblés réalisés dans la rivière Canard, en Ontario. Types de dispositifs : mini‑verveux (MV), senne (S) et pêche à l’électricité par bateau (PEB). Aucun petit‑bec n’a été capturé lors des échantillonnages de 2022 et de 2023
Nom du programme Année Type de dispositif Nombre de captures Référence Lien
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2013 MV 3 Marson et al., 2014 Results of the Burlington 2013 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 4 70 KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2015 PEB 3 Marson et al., 2018 Results of Fisheries and Oceans Canada’s 2015 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 3 544 KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2015 MV 7 Marson et al., 2018 Results of Fisheries and Oceans Canada’s 2015 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 3 544 KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2016 PEB 3 Colm et al., 2018 Results of Fisheries and Oceans Canada’s 2016 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 5 185 KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2016 MV 30 Colm et al., 2018 Results of Fisheries and Oceans Canada’s 2016 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 5 185 KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2016 S 30 Colm et al., 2018 Results of Fisheries and Oceans Canada’s 2016 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 5 185KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2017 PEB 1 Colm et al., 2019 Results of Fisheries and Oceans Canada’s 2017 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 600 KB)
Extinction debt of fishes in Great Lakes coastal wetlands 2017 MV 20 Montgomery, 2019 Sans objet
Application of a fish IBI to coastal wetlands in the St. Clair and Detroit River Areas of Concern 2017 MV 1 Midwood et al., 2020 Application of a fish IBI to coastal wetlands in the St. Clair and Detroit River Areas of Concern (anglais seulement) (PDF, 1 698 KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2018 MV 7 Colm et al., 2019 Results of Fisheries and Oceans Canada's 2018 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 11 797 KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2018 S 12 Colm et al., 2019 Results of Fisheries and Oceans Canada's 2018 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 11 797 KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2019 MV 2 Colm et al., 2020 Results of Fisheries and Oceans Canada's 2019 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 10 844 KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2019 S 2 Colm et al., 2020 Results of Fisheries and Oceans Canada's 2019 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 10 844 KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2020 MV 1 Aguiar et al., 2021 Results of Fisheries and Oceans Canada's 2020 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program (anglais seulement) (PDF, 6 676 KB)
Surveillance sur le terrain pour la détection précoce des carpes asiatiques — rivière Canard 2021 MV 7 Sans objet Sans objet

On estime aujourd’hui que le petit‑bec n’est présent que dans une seule localité au Canada : la rivière Canard. La zone d’occurrence actuelle du petit‑bec est d’environ 2,65 km2, mais comme elle ne peut être inférieure à l’IZO. e.le est établie à 12 km2. Cela représente une diminution de 99 % de la zone d’occurrence de l’espèce au Canada décrite dans le rapport de situation de 2012, soit de 1 284 km2 (zone d’occurrence historique totale de 4 464 km2). L’IZO était de 12 km2 au cours des 10 dernières années, ce qui représente une diminution de 86 % par rapport à l’IZO de 84 km2 indiqué dans le rapport d’évaluation de 2012 (aire de répartition historique au Canada de 140 km2).

Déclin continuNote de bas de page 1 du nombre d’individus matures

La situation des petits‑becs matures et les tendances relatives au nombre d’individus matures sont inconnues. Cependant, comme le nombre de sous-populations a diminué, il est inféré que le nombre d’individus matures a également diminué.

Preuve d’un déclin passé (3 générations ou 10 ans, selon la période la plus longue) qui a cessé ou se poursuit

Étant donné que la taille des sous-populations historiques est inconnue, la diminution des estimations de l’IZO et de la zone d’occurrence constitue la preuve d’un déclin passé au cours des 10 dernières années.

Preuve d’un déclin prévu ou présumé dans l’avenir (3 prochaines générations ou 10 prochaines années, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans)

L’impact des menaces qui pèsent sur l’espèce est considéré comme étant « élevé‑faible », mais il n’est pas possible de prévoir les tendances relatives au nombre d’individus matures en l’absence de données quantitatives sur les sous-populations.

Fluctuations de la population, y compris les fluctuations extrêmes

Il n’y a aucune preuve de fluctuations extrêmes, et aucune sous-population ne fait l’objet d’un échantillonnage quantitatif systématique.

Fragmentation grave

Il n’y a aucune preuve (par exemple analyse de la viabilité de la population) de fragmentation dans l’aire de répartition canadienne de l’espèce.

Immigration de source externe

La probabilité de disparition du petit‑bec à l’échelle locale peut être réduite, mais les bassins versants des rivières Sainte‑Claire et Détroit pourraient renfermer de l’habitat convenable, ce qui permettrait le déplacement d’individus entre les sous‑populations canadiennes et la venue au Canada d’individus de populations états-uniennes. Toutefois, compte tenu de la répartition fragmentée de l’espèce et du fait qu’elle est désignée « gravement en péril » (S1) dans les États adjacents au Canada (Ohio, Michigan et Pennsylvanie), le potentiel d’immigration à partir de ces populations est probablement limité. En outre, les populations états-uniennes sont présentes dans des affluents de l’ouest du lac Érié situés en aval de la rivière Détroit, ce qui signifie que les courants et la profondeur de l’eau dans le lac Érié peuvent agir comme des barrières infranchissables limitant la dispersion des individus vers le Canada.

Menaces

Tendances en matière d’habitat passées, à long terme et en cours

Le Programme de rétablissement et plan d’action pour le petit‑bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada indique que le niveau de préoccupation global est élevé pour les menaces liées à la perte et à la dégradation de l’habitat, à la charge sédimentaire et à la charge en nutriments, et qu’il est moyen pour les menaces liées aux changements climatiques et aux espèces exotiques (DFO, 2022; tableau 2). Les descriptions des menaces présentées ci‑dessous ont été établies d’après les délibérations sur le calculateur de menaces (annexe 1).

Menaces actuelles et futures

Le petit‑bec est vulnérable aux effets cumulatifs de diverses menaces, en particulier l’altération de l’habitat, la turbidité et la charge sédimentaire, la charge en nutriments et les espèces envahissantes (DFO, 2022). La nature, la portée et la gravité de ces menaces sont décrites à l’annexe 1, selon le système unifié de classification des menaces de l’UICN‑CMP (Union internationale pour la conservation de la nature — Partenariat pour les mesures de conservation; voir Salafsky et al. [2008] pour les définitions et Master et al. [2012] pour les lignes directrices). Le processus d’évaluation des menaces consiste à évaluer l’impact de chacune des 11 grandes catégories de menaces et de leurs sous‑catégories, en fonction de la portée (proportion de la population exposée à la menace au cours des 10 prochaines années), de la gravité (déclin prévu de la population au sein de la portée au cours des 10 prochaines années ou des 3 prochaines générations, selon la période la plus longue, jusqu’à environ 100 ans) et de l’immédiateté de chaque menace. Le calcul de l’impact global des menaces tient compte de l’impact de chacune des catégories de menaces et peut être ajusté par les spécialistes de l’espèce qui participent à l’évaluation des menaces.

L’impact global des menaces pesant sur le petit‑bec est considéré comme moyen‑faible, ce qui correspond à un déclin supplémentaire prévu de 30 à 70 % au cours des 10 prochaines années (ou des 3 prochaines générations, selon la période la plus longue). Ces valeurs doivent être interprétées avec prudence, car elles peuvent être fondées sur de l’information subjective (par exemple opinion d’un expert), et ce, même si des efforts ont été déployés pour corroborer les cotes attribuées avec les études et les données quantitatives disponibles.

Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents — UICN 11 — impact global moyen‑faible

Températures extrêmes — UICN 11.3 — moyen‑faible, généralisée (71 à 100 %), modérée‑légère (1 à 30 %), élevée (continue)

Les changements climatiques devraient avoir des effets considérables sur les communautés aquatiques du bassin des Grands Lacs, et ce, par l’entremise de plusieurs mécanismes comme l’augmentation des températures de l’eau et de l’air, l’abaissement des niveaux d’eau, le raccourcissement de la période de couverture de glace, l’augmentation de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, l’apparition de maladies et les changements de la dynamique prédateurs-proies (Lemmen et Warren, 2004). En outre, la tendance au réchauffement qui découle des changements climatiques peut favoriser l’établissement d’espèces exotiques potentiellement nuisibles dont l’aire de répartition est actuellement limitée par des zones où la température de l’eau est plus basse. Il est prévu que les effets des changements climatiques seront généralisés, et il faut donc présumer qu’ils auront des répercussions sur les espèces en péril et l’ensemble des milieux. Dans une évaluation récente des possibles effets des changements climatiques sur les assemblages de poissons des milieux humides riverains dans les Grands Lacs inférieurs, Doka et al. (2006) estiment que le petit‑bec est la plus vulnérable des 99 espèces évaluées. Dans le cadre d’une autre étude, Brinker et al. (2018) ont utilisé l’indice de vulnérabilité aux changements climatiques de NatureServe pour examiner la façon dont la répartition et l’abondance des espèces seront touchées. Ils estiment que le petit‑bec est modérément vulnérable d’après une évaluation du risque posé par les changements climatiques pour les espèces en péril en Ontario, qui est fondée sur la répartition des espèces et leurs préférences thermiques à différents stades vitaux.

Tempêtes et inondations — UICN 11.4 — faible, généralisée (71 à 100 %), légère (1 à 10 %), élevée (continue)

Les tempêtes et les inondations qui en découlent sont de plus en plus fréquentes et intenses. Cependant, il n’existe pas de données sur les réactions des populations de petits‑becs ou les réactions comportementales de l’espèce aux tempêtes intenses.

9.0 Pollution

Eaux usées domestiques et urbaines — UICN 9.1 — CD, moyen‑faible, grande (31 à 70 %), modérée‑légère (1 à 30 %), élevée (continue)

La gestion des eaux usées, les fosses septiques, les égouts municipaux et le ruissellement des eaux pluviales et des eaux de surface peuvent influer sur la charge en nutriments. Une mauvaise gestion peut accroître la charge en nutriments dans les plans d’eau avoisinants, et des concentrations élevées de nutriments peuvent entraîner une croissance accrue des plantes aquatiques, changer la température de l’eau et modifier progressivement le débit et les substrats préférés par l’espèce. Il peut aussi y avoir des effets négatifs sur la teneur de l’eau en oxygène dissous. La charge en nutriments peut avoir des effets sur la reproduction, le développement, l’alimentation et les abris de l’espèce dans les zones à faible débit des cours d’eau.

La présence de contaminants et de substances toxiques attribuable à l’application excessive ou à la mauvaise utilisation d’herbicides et de pesticides, et le rejet de polluants d’origine domestique et urbaine dans l’habitat du petit‑bec peuvent avoir des effets négatifs sur l’espèce. Dans le sud de l’Ontario, de nombreux produits pharmaceutiques et de soins personnels pénètrent dans les eaux de surface lors du traitement des eaux souterraines et des eaux usées (par exemple Arlos et al., 2015), ce qui a des effets incertains sur le petit‑bec.

L’introduction de composés toxiques peut modifier la composition chimique de l’eau, ce qui a des effets sur la disponibilité ou l’utilisation de l’habitat et peut favoriser la croissance des plantes aquatiques, nuisant ainsi à la fraie et au recrutement. Les contaminants et les substances toxiques peuvent avoir des effets sur la reproduction, le développement, l’alimentation et les abris de l’espèce dans les zones à faible débit des cours d’eau. Des mesures inadéquates de contrôle ou d’atténuation de la sédimentation et de l’érosion le long des routes et des propriétés urbaines peuvent entraîner une augmentation des niveaux de turbidité et modifier les substrats préférés par l’espèce et la teneur de l’eau en oxygène dissous, ce qui pourrait réduire le succès d’alimentation ou la disponibilité des proies, influer sur la croissance de la végétation aquatique et possiblement exclure des poissons de leur habitat à cause des effets physiologiques attribuables à la présence de sédiments dans l’eau. Les effets directs des changements de la qualité de l’eau sur le petit‑bec n’ont pas été décrits.

Effluents agricoles et sylvicoles — UICN 9.3 — CD, moyen‑faible, modérée‑légère (1 à 30 %), élevée (continue)

Une charge élevée en nutriment peut résulter de l’application excessive d’engrais et d’une mauvaise gestion des nutriments (par exemple gestion des débris organiques) et des déchets d’origine animale. Des concentrations élevées de nutriments peuvent entraîner une croissance accrue des plantes aquatiques, modifier progressivement le débit et les substrats préférés par l’espèce et altérer la disponibilité des proies. La décomposition de la production excédentaire peut également avoir un effet négatif sur la teneur de l’eau en oxygène dissous. La charge en nutriments peut avoir des effets sur la reproduction, le développement, la croissance, l’alimentation et les abris de l’espèce dans les zones à faible débit des cours d’eau. La modification de l’habitat peut être causée par l’accès non contrôlé du bétail aux plans d’eau (l’évaluation porte sur le piétinement par le bétail), le pâturage du bétail et le labourage jusqu’au bord de l’eau (menace 2.1), qui peuvent endommager les rives, les berges et le fond des cours d’eau et accroître l’érosion et la sédimentation, ce qui influe sur la turbidité et l’oxygénation du substrat. Les pesticides utilisés en agriculture (herbicides, insecticides, antibiotiques et fongicides) peuvent être rejetés dans les plans d’eau et entraîner divers effets, mais aucun effet sur le petit‑bec n’a été décrit.

L’enlèvement mécanique et chimique de la végétation aquatique et riveraine (qui n’est habituellement pas attribuable au bétail) est une autre forme de modification de l’habitat qui entraîne de l’érosion et une augmentation de la turbidité, ce qui a des effets sur les substrats préférés par l’espèce et l’oxygénation des substrats. L’enlèvement de la végétation riveraine peut avoir un effet négatif sur la température de l’eau et le débit de l’eau peut augmenter lors des crues. La modification de l’habitat peut avoir des effets sur la reproduction, le développement, la croissance, l’alimentation et les abris de l’espèce dans les zones à faible débit des cours d’eau.

L’accroissement de la turbidité et de la charge en sédiments résulte des modifications des régimes d’écoulement qui causent de l’érosion et altèrent le transport des sédiments (par exemple, travail du sol et drainage des terres agricoles par des canalisations souterraines). Une charge en sédiments accrue peut aussi découler de la réalisation d’activités dans l’eau ou à proximité de l’eau si les mesures de contrôle de la sédimentation et de l’érosion sont inadéquates (par exemple, ruissellement Mprovenant de champs labourés).

7.0 Modifications des systèmes naturels

Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages — UICN 7.2 — négligeable, généralisée (70 à 100 %), négligeable (< 1 %), élevée (continue)

Il y a trois types d’obstacles au déplacement des poissons dans le sud‑ouest de l’Ontario : 1) les barrages et les ouvrages de retenue; 2) les cours d’eau raccordés à des systèmes de pompage; 3) les milieux humides fermés par une digue. Des systèmes de pompage ont été installés dans plusieurs cours d’eau qui se déversent dans le lac Sainte‑Claire afin d’assurer le drainage des affluents et des drains. On ne sait pas exactement à quel point les systèmes de pompage limitent l’accès des poissons à ces cours d’eau. Les conditions d’un site donné peuvent procurer à certaines espèces une protection contre des compétiteurs, des prédateurs et des espèces exotiques, mais les obstacles peuvent empêcher l’accès à de l’habitat convenable et entraîner la fragmentation des sous-populations. Le prélèvement d’eau dans les bassins versants peut réduire le débit de l’eau, ce qui fait augmenter les températures et les concentrations de nutriments, et diminuer la disponibilité de l’habitat. La modification de l’habitat par l’extraction d’eau ou les variations de la période, de la durée ou de la fréquence des fluctuations de l’écoulement peuvent avoir des effets sur le débit et le niveau des eaux de surface ainsi que sur les apports d’eaux souterraines dans les cours d’eau, influant ainsi sur la disponibilité de l’habitat, la teneur de l’eau en oxygène et l’abondance des proies. L’altération des profils de débit d’eau peut avoir des répercussions sur la sédimentation (par exemple modification des substrats de prédilection), l’oxygénation des substrats et l’abondance des proies.

Autres modifications de l’écosystème — UICN 7.3 — moyen‑faible, généralisée (70 à 100 %), négligeable (< 1 %), élevée (continue)

Les processus riverains naturels observés le long des rives des lacs et des grands cours d’eau comprennent l’érosion et la sédimentation, deux processus qui créent et maintiennent l’habitat des poissons. La majeure partie des milieux riverains situés le long des rives du lac Sainte‑Claire et de la rivière Détroit ont été renforcés (par exemple enrochement, épis) à des fins industrielles et récréatives. Des cours d’eau ont été dragués pour la navigation, la protection contre les inondations ou le nettoyage de drains agricoles. Une augmentation du nombre de drains agricoles a été observée. Non seulement ces activités entraînent des changements directs, mais elles contribuent aussi à la turbidité. Les grands morceaux de bois (chicots) sont souvent retirés des eaux de surface, ce qui pourrait priver le petit‑bec des abris dont il a besoin. Les modifications du rivage qui consistent à enlever la couverture arborée réduisent l’ombrage et l’absorption du rayonnement de courtes et de grandes longueurs d’onde, entraînant ainsi le réchauffement de l’eau et un accroissement du taux de photosynthèse, ce qui peut avoir des effets sur le petit‑bec.

Diverses activités peuvent entraîner l’altération de l’habitat. Le dragage, le nivellement, l’excavation, la mise en place de matériaux ou de structures dans l’eau (par exemple épi, quai, remblai, remblai partiel, jetée et durcissement du rivage) peuvent modifier la bathymétrie et la morphologie du rivage, éliminer les substrats de prédilection, changer la profondeur de l’eau, causer de l’érosion, altérer le niveau de turbidité, changer les profils de débit d’eau et influer sur la charge en nutriments et la température de l’eau. Le dragage peut également entraîner l’élimination des réserves de graines de plantes aquatiques. La mise en place de matériaux dans l’eau réduit la quantité d’habitat disponible, et les substrats de prédilection peuvent être recouverts par les remblais. Le durcissement du rivage peut réduire l’apport de matières organiques dans l’eau et modifier la température de l’eau, ce qui peut altérer la disponibilité des proies du petit‑bec.

Nombre de localités fondées sur les menaces

L’espèce n’a été capturée que dans un seul bassin versant (rivière Canard) au cours des 12 dernières années. Les menaces pèsent sur l’ensemble de la rivière, et il n’y a donc qu’une seule localité.

Protection, statuts et activités de rétablissement

Statuts et protection juridiques

Le petit‑bec a été inscrit à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) comme espèce préoccupante en 2003, puis comme espèce menacée en 2019. La Loi sur les pêches confère une protection supplémentaire à l’espèce. Un programme de rétablissement et plan d’action pour le petit‑bec a été élaboré dans le cadre du Programme sur les espèces en péril (DFO, 2022). L’espèce est également prise en compte dans le plan d’action pour la rivière Sydenham (DFO, 2013), le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames (TRRT, 2005) et le programme de rétablissement des poissons en péril de la région d’Essex‑Érié (EERT, 2008). De plus, plusieurs espèces menacées et en voie de disparition présentes dans l’aire de répartition du petit‑bec font l’objet de programmes de rétablissement monospécifiques, y compris le méné camus (DFO, 2024), le dard de sable (Ammocrypta pellucida; DFO, 2012b), l’obovarie ronde (Obovaria subrotunda), le ptychobranche réniforme (Ptychobranchus fasciolaris; DFO, 2013), l’épioblasme ventrue (Epioblasma rangiana), l’épioblasme tricorne (Epioblasma triquetra), le pleurobème écarlate (Pleurobema sintoxia), la mulette du Necture (Simpsonaias ambigua) et la villeuse haricot (Paetulunio fabalis; DFO, 2017). Ces programmes de rétablissement pourraient s’avérer pertinents pour le rétablissement du petit‑bec.

En Ontario, le petit‑bec a été désigné « espèce menacée » par le Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario en 2012, puis inscrit à la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition comme espèce menacée en 2013. La destruction ou la modification des zones et des milieux humides riverains sont réglementées et ces milieux sont protégés par la Loi sur les offices de protection de la nature et la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario.

Statuts et classements non juridiques

Selon NatureServe Explorer (2017), le petit‑bec est désigné « en sécurité » à l’échelle mondiale (G5), « en péril » à l’échelle nationale (N2) au Canada et « en péril » à l’échelle provinciale (S2) en Ontario. Aux États‑Unis, le petit‑bec figure sur la liste des espèces « gravement en péril » (S1) au Michigan, en Ohio et en Pennsylvanie. L’espèce est désignée « vulnérable » au Wisconsin, en Géorgie, en Oklahoma, en Arkansas, en Indiana, en Illinois et en Iowa, « apparemment en sécurité » au Kentucky, au Missouri, au Texas et au Minnesota, et « en sécurité » au Tennessee, en Alabama, au Mississippi et en Louisiane. Le petit‑bec est « présumé disparu » en Virginie‑Occidentale.

Protection et propriété de l’habitat

Au Canada, l’habitat du petit‑bec et de tout autre poisson est protégé par la Loi sur les pêches fédérale, qui interdit la détérioration, la destruction ou la perturbation de l’habitat du poisson. La plupart des zones adjacentes aux sites occupés par le petit‑bec sont des terres privées. En Ontario, peu de parcs et d’aires de conservation, voire aucun, ont été établis aux fins de conservation de la biodiversité aquatique. Cependant, certains parcs et aires de conservation protègent tout de même la biodiversité aquatique en raison de leur emplacement et des pratiques de gestion qui y sont mises en œuvre (Mandrak et Brodribb, 2005). Par exemple, le parc provincial Komoka pourrait protéger le petit‑bec s’il est toujours présent dans le bassin versant de la rivière Thames.

Activités de rétablissement

Selon l’évaluation du caractère réalisable du rétablissement effectuée dans le Programme de rétablissement et plan d’action pour le petit‑bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada (DFO, 2022), le rétablissement de l’espèce est réalisable du point de vue biologique et technique. Des objectifs précis en matière de population et de répartition ont été établis et l’état d’avancement varie d’un objectif à l’autre (DFO, 2022).

Sources d’information

Références citées

Aguiar, F., J.E. Colm et D.M. Marson. 2021. Results of Fisheries and Oceans Canada's 2020 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 3168-3.

Amemiya, C.T. et J.R. Gold. 1990. Chromosomal NOR phenotypes of seven species of North American Cyprinidae, with comments on cytosystematic relationships of the Notropis volucellus, species-group, Opsopoeodus emiliae, and the genus Pteronotropis. Copeia 1990:68-78.

Amemiya, C.T., P.K. Powers et J.R. Gold. 1992. Chromosomal evolution in North American cyprinids. Pp. 513-533 in R.L. Mayden (éd.) Systematics, historical ecology, and North American freshwater fishes, Stanford University Press (Stanford).

Barnucz, J. et D.A.R. Drake. 2021. Targeted sampling for Pugnose Minnow (Opsopoeodus emiliae) in the St. Clair River and Lower Sydenham River, Ontario. Canadian Data Report of Fisheries and Aquatic Sciences 1318, 44 pp.

Blanton, R.E., L.M. Page et B.M. Ennis. 2011. Phylogenetic relationships of Opsopoeodus emiliae, with comments on the taxonomic implications of discordance among datasets. Copeia 82-92.

Bouvier, L.D. et N.E. Mandrak. 2013. Information in support of a Recovery Potential Assessment of Pugnose Minnow (Opsopoedus emiliae) in Canada. DFO Canadian Science Advisory Secretariat Research Document 2012/135. v + 26 pp.

Brinker, S., M. Garvey et C.D. Jones. 2018. Climate change vulnerability assessment of species in the Ontario Great Lakes Basin. Natural Heritage Information Centre and Research Branch, Natural Resources and Forestry. ix + 173 pp.

Campos, H.J. et C. Hubbs. 1973. Taxonomic implications of the karyotype of Opsopoeodus emiliae. Copeia 1973:161-163.

Coad, B.W. 1995. Encyclopedia of Canadian fishes. Canadian Museum of Nature et Canadian Sportfishing Productions Inc. Ottawa (Ontario).

Colm, J., D. Marson et B. Cudmore. 2018. Results of Fisheries and Oceans Canada’s 2016 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 3147.

Colm, J., D. Marson et B. Cudmore. 2019. Results of Fisheries and Oceans Canada’s 2017 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 3168.

Colm, J.E. et D.M. Marson. 2020. Results of Fisheries and Oceans Canada's 2019 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 3168-2.

Cudmore, B. et N.E. Mandrak. 2017. The baitfish primer: a guide to identifying and protecting Ontario’s baitfishes. Fisheries and Oceans Canada. [Également disponible en français : Cudmore, B. et N.E. Mandrak. 2017. L’ABC des poissons‑appâts : Guide d’information sur l’identification et la protection des espèces de poissons-appâts de l’Ontario. Pêches et Océans Canada.]

DFO. 2024. Recovery strategy for the Pugnose Shiner (Notropis anogenus) in Canada: Ontario populations. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Fisheries and Oceans Canada, Ottawa. vii + 75 pp. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2024. Programme de rétablissement du méné camus (Notropis anogenus) au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa. vi + 93 p.]

DFO. 2012b. Recovery strategy for the Eastern Sand Darter (Ammocrypta pellucida) in Canada: Ontario populations. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Fisheries and Oceans Canada, Ottawa. vii + 58 pp. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2012b. Programme de rétablissement du dard de sable (Ammocrypta pellucida) au Canada : populations de l’Ontario. Série de programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa. vii + 68 p.]

DFO. 2013. Recovery strategy for the Round Hickorynut (Obovaria subrotunda) and the Kidneyshell (Ptychobranchus fasciolaris) in Canada. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Fisheries and Oceans Canada, Ottawa. vii + 70 pp. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2013. Programme de rétablissement de l’obovarie ronde (Obovaria subrotunda) et du ptychobranche réniforme (Ptychobranchus fasciolaris) au Canada. Série de programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa. viii + 77 p.]

DFO 2015. Fish exclusion options for aquatic species at risk for drainage activities in Little Bear Creek, Ontario. Canadian Science Advisory Secretariat, Science Response 2015/036. Rédacteurs : J. Barnucz, N. Mandrak, K. Martin, S. Reid, K. McNichols-O’Rouke, D. Watkinson et S. Milne. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2015. Options d’ouvrages visant à empêcher les espèces de poissons en péril d’avoir accès à des tronçons du ruisseau Little Bear, en Ontario, aux fins d’activités de drainage. Secrétariat canadien de consultation scientifique, réponse des Sciences 2015/036. Rédacteurs : J. Barnucz, N. Mandrak, K. Martin, S. Reid, K. McNichols-O’Rouke, D. Watkinson et S. Milne.]

DFO. 2019. Recovery Strategy For Northern Riffleshell, Snuffbox, Round Pigtoe, Salamander Mussel, and Rayed Bean in Canada. Species at Risk Act Recovery Strategy Series. Ottawa: Fisheries and Oceans Canada. ix + 98 pp. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2019. Programme de rétablissement pour l’épioblasme ventrue, l’épioblasme tricorne, le pleurobème écarlate, la mulette de necture et la villeuse haricot au Canada. Série de programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa. ix + 102 p.]

DFO. 2022. Pugnose Minnow (Opsopoeodus emiliae): Recovery Strategy and Action Plan 2022. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2022. Programme de rétablissement et plan d’action pour le petit‑bec (Opsopoeodus emiliae) au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa. vi + 54 p.]

Dextrase, A. et N.E. Mandrak. 2006. Impacts of alien invasive species on freshwater fauna at risk in Canada. Biological Invasions 18:13-24.

Dextrase, A.J., S.K. Staton et J.L. Metcalfe-Smith. 2003. National recovery strategy for species at risk in the Sydenham River: an ecosystem approach. National Recovery Plan No. 25. Recovery of Nationally Endangered Wildlife (RENEW). Ottawa (Ontario). 73 pp.

Dimmick, W.W. 1987. Phylogenetic relationships of Notropis hubbsi, N. welaka and N. emiliae (Cypriniformes: Cyprinidae). Copeia 1987:316‑325.

Doka, S., C. Bakelaar et L. Bouvier. 2006. Chapter 6. Coastal wetland fish community assessment of climate change in the lower Great Lakes. Pp. 101-128 in L. Mortsch, J. Ingram, A. Hebb et S. Doka (éd.). Great Lakes Coastal Wetland Communities: Vulnerability to Climate Change and Response to Adaptation Strategies. Environment Canada and Fisheries and Oceans Canada, Toronto (Ontario).

Douglas, N.H. 1974. Freshwater fishes of Louisiana. Louisiana Wildlife and Fisheries Commission and Claitors Publishing, Baton Rouge (Louisiane).

Edwards, A. et N.E. Mandrak. 2006. Fish assemblage surveys of the Lower Thames River, Ontario, using multiple gear types: 2003-2004. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 2772. vii + 94 pp.

Edwards, A.L. et S.K. Staton. 2009. Management plan for the Blackstripe Topminnow, Pugnose Minnow, Spotted Sucker and Warmouth in Canada. Species at Risk Act Management Plan Series. Fisheries and Oceans Canada, Ottawa. viii + 43 pp. [Également disponible en français : Edwards, A.L. et S.K. Staton. 2009. Plan de gestion pour le fondule rayé, le petit-bec, le meunier tacheté et le crapet sac-à-lait au Canada. Série des plans de gestion de la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa. viii + 49 p.]

EERT (Essex-Erie Recovery Team). 2008. Recovery strategy for the fishes at risk of the Essex-Erie region: an ecosystem approach. Prepared for the Department of Fisheries and Oceans. Ébauche 4 (juillet 2008).

Eschmeyer, W.N. (éd.). 2010. Catalog of Fishes (version électronique). http://research.calacademy.org/ichthyology/catalog/fishcatmain.asp [consulté en août 2010].

Gáspárdy, R.C., J. Barnucz et D.A.R. Drake. 2020. Targeted sampling for Pugnose Minnow (Opsopoeodus emiliae) in the Canard River, Ontario, 2018. Canadian Data Report of Fisheries and Aquatic Sciences 1305. v + 51 pp.

Gáspárdy, R.C., J. Barnucz, J.E. Colm et D.A.R. Drake. 2025. Targeted sampling for Pugnose Minnow (Opsopoeodus emiliae) in the Lake St. Clair drainage, Ontario, in 2010, 2013, and 2021. Canadian Data Report of Fisheries and Aquatic Sciences.

Gilbert, C.R. et R.M. Bailey. 1972. Systematics and zoogeography of the American cyprinid fish Notropis (Opsopoeodus) emiliae. Occasional Papers of the Museum of Zoology, University of Michigan 664:1-35.

Gold, J.R., C.J. Ragland et J.B. Wooley. 1992. Evolution of genome size in North American fishes. Pp. 534-550 in R.L. Mayden (éd.) Systematics, historical ecology, and North American freshwater fishes. Stanford University Press, Stanford.

Hay, O.P. 1881. On a collection of fishes from eastern Mississippi. Proceedings of the United States National Museum 3 (179): 488-515.

Holm, E. et D. Boehm. 1998. Fish sampling in southwestern Ontario. Report prepared by the Royal Ontario Museum for the Ministry of Natural Resources, Aylmer District and Southcentral Science and Technical Unit.

Holm, E., N.E. Mandrak et M.E. Burridge. 2010. ROM Field Guide to the Freshwater Fishes of Ontario. Second Printing. Royal Ontario Museum. Toronto (Ontario). 462 pp.

Jelks, H.L., S.J. Walsh, N.M. Burkhead, S. Contraras-Balderas, E. Diaz-Pardo, D.A. Hendrickson, J. Lyons, N.E. Mandrak, F. McCormick, J.S. Nelson, S.P. Platania, B.A. Porter, C.B. Renaud, J.J. Scmitter-Soto, E.B. Taylor et M.L. Warren, Jr. 2008. Conservation status of imperiled North American freshwater and diadromous fishes. Fisheries 33: 372-407.

Johnston, J.E. 1987. Protected fishes of United States and Canada. American Fisheries Society, Bethesda (Maryland).

Johnston, C.E. et L.M. Page. 1992. The evolution of complex reproductive strategies in North American minnows (Cyprinidae). Pp. 600-621 in R.L. Mayden (éd.) Systematics, Historical Ecology, and North American Freshwater Fishes, Stanford University Press, Californie (États‑Unis).

Lamothe, K.A. et D.A. Drake. 2020. Habitat associations of the Threatened Pugnose Minnow (Opsopoeodus emiliae) at the northern edge of the species range. Ecology of Freshwater Fish 29:289-298.

Lane, J.A., C.B. Lane et C.K. Minns. 1996a. Spawning habitat characteristics of Great Lakes fishes. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 2368. v + 48 pp.

Lane, J.A., C.B. Lane et C.K. Minns. 1996b. Nursery habitat characteristics of Great Lakes fishes. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 2338. v + 42 pp.

Lapointe, N.W.R. 2005. Fish-habitat associations in shallow Canadian waters of the Detroit River. Mémoire de maîtrise, département de biologie, Université de Windsor, Windsor (Ontario).

Lemmen, D.S. et F.J. Warren. 2004. Climate change impacts and adaptation: a Canadian perspective. Natural Resources Canada: Ottawa (Ontario). 174 pp. [Également disponible en français : Lemmen, D.S. et F.J. Warren. 2004. Impacts et adaptation liés aux changements climatiques : perspective canadienne. Ressources naturelles Canada. Ottawa (Ontario). 190 p.]

Mandrak, N.E. et K. Brodribb. 2005. How well do parks protect fish species at risk in Ontario? Parks Research Forum of Ontario Proceedings: 205-215.

Mandrak, N.E., J. Barnucz, D. Marson et G.J. Velema. 2006. Targeted, wadeable sampling of fish species at risk in the Lake St. Clair watershed of southwestern Ontario, 2003. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 2779. v + 26 pp.

Master, L.L., D. Faber-Langendoen, R. Bittman, G.A. Hammerson, B. Heidel, L. Ramsay, K. Snow, A. Teucher et A. Tomaino. 2012. NatureServe conservation status assessments: factors for evaluating species and ecosystems risk. NatureServe, Arlington (Virginie).

Marson, D. et N.E. Mandrak. 2009. Survey of the fish assemblages in the nonwadeable waters of the Sydenham River in 2003. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 2916. v + 21 pp.

Marson, D., J. Barnucz et N.E. Mandrak. 2010. Fish community sampling in National Wildlife Areas in southwestern Ontario, 2002-2005. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 2918. v + 47 pp.

Marson, D., E. Gertzen et B. Cudmore. 2014. Results of the Burlington 2013 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 3054.

Marson, D., J. Colm et B. Cudmore. 2018. Results of Fisheries and Oceans Canada’s 2015 Asian Carp Early Detection Field Surveillance Program. Canadian Manuscript Report of Fisheries and Aquatic Sciences 3146.

Mayden, R.L., A.M. Simons, R.M. Wood, P.M. Harris et B.R. Kuhajda. 2006. Molecular systematics and classification of North American notropin shiners and minnows (Cypriniformes: Cyprinidae), Pp. 72-101 in L. Lozano-Vilano et A.J. Contreras-Balderas (éd.). Studies of North American Desert Fishes. Universidad Autónoma de Nuevo León, Facultad de Ciencias Biológicas, Monterrey, Nuevo León (Mexique).

Metsger, D.A. et E. Holm. 2000. Aquatic communities of Walpole Island. Interim Report to the Great Lakes Renewal Foundation on a joint project by the Royal Ontario Museum and the Walpole Island First Nation.

Metsger, D.A. et E. Holm. 2000. Aquatic communities of Walpole Island. Interim Report to the Great Lakes Renewal Foundation on a joint project by the Royal Ontario Museum and the Walpole Island First Nation.

Midwood, J.D., E. Budgell et D. Reddick. 2020 Application of a fish IBI to costal wetlands in the St. Clair and Detroit River Areas of Concern. Canadian Technical Report of Fisheries and Aquatic Sciences 3400.

Minns, C.K. 1995. Allometry of home range size in lake and river fishes. Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Science 52: 1499-1508.

Montgomery, F.A. 2019. Assessing and mitigating threats of anthropogenic disturbance to freshwater fishes. Thèse de doctorat, Department of Ecology and Evolutionary Biology, University of Toronto. 184 pp.

NatureServe. 2011. NatureServe Explorer : An online encyclopedia of life. Association for Biodiversity Information. http://www.natureserve.org/explorer/.

Nelson, J.S., E.J. Crossman, H. Espinosa-Pérez, L.T. Findley, C.R. Gilbert, R.N. Lea et J.D. Williams. 2004. Common and scientific names of fishes from the United States, Canada, and Mexico. American Fisheries Society Special Publication 29, Bethesda (Maryland). 386 pp.

OMNR (Ontario Ministry of Natural Resources). 2010. Ontario Fishing Regulations. [Également disponible en français : MRNO (ministère des Ressources naturelles de l’Ontario). 2010. Règlement de pêche de l’Ontario.]

Page, L.M. et B.M. Burr. 1991. A field guide to freshwater fishes. Houghton Mifflin Company, Boston (Massachussetts).

Page, L.M. et C.E. Johnston. 1990. The breeding behavior of Opsopoeodus emiliae (Cyprinidae) and its phylogenetic implications. Copeia 1990:1176-1180.

Page, L.M., K.E. Bemis, T.E. Dowling, H. Espinosa-Pérez, L.T. Findley, C.R. Gilbert, K.E. Hartel, R.N. Lea, N.E. Mandrak, M.A. Neighbors, J.J. Schmitter-Soto et H.J. Walker, Jr. 2023. Common and scientific names of fishes from the United States, Canada, and Mexico, 8th edition. American Fisheries Society, Special Publication 37. Bethesda.

Parker, B. et P. McKee. 1980. Rare, threatened, and endangered fish species of southern Ontario: status reports. Report submitted by Beak Consultants Limited to Department of Supply and Services, Department of Fisheries and Oceans and National Museum of Natural Sciences. 238 pp.

Parker, B., P. McKee et R.R. Campbell. 1987. Status of Pugnose Minnow, Notropis emiliae, in Canada. Canadian Field-Naturalist 101:208-212.

Pflieger, W.L. 1975. The fishes of Missouri. Missouri Department of Conservation.

Poos, M.S. 2004. Science in support of policy: assessment and protection of fish species at risk in the Sydenham River. Department of Integrative Biology. University of Guelph, Guelph (Ontario).

Reid, S.M., A. LeBaron et J. Barnucz. 2016. Seasonal variation in the composition of Little Bear Creek fish community. Canadian Science Advisory Secretariat. Research Document 2016/70.

Ricciardi, A. 2006. Patterns of invasion in the Laurentian Great Lakes in relation to changes in vector activity. Diversity and Distributions 12:425-433.

Salafsky, N., D. Salzer, A.J. Stattersfield, C. Hilton-Taylor, R. Neugarten, S.H.M. Butchart, B. Collen, N. Cox, L.L. Master, S. O’Connor et D. Wilkie. 2008. A standard lexicon for biodiversity conservation: unified classifications of threats and actions. Conservation Biology 22:897-911.

Scott, W.B. et E.J. Crossman. 1973. Freshwater fishes of Canada. Fisheries Research Board of Canada Bulletin 184. [Également disponible en français : Scott, W.B. et E.J. Crossman. 1974. Poissons d’eau douce du Canada. Office des recherches sur les pêcheries du Canada, Bulletin 184.]

Smith, P.W. 1979. The Fishes of Illinois. University of Illinois Press, Urbana (Illinois).

St. Clair Region Conservation Authority (SCRCA). 2008. St. Clair Region Conservation Authority Watershed Report Card. Strathroy (Ontario).

Stout C., S. Schonhuth, R. Mayden, N.L. Garrison et J.W. Armbruster. 2022. Phylogenomics and classification of Notropis and related shiners (Cypriniformes: Leuciscidae) and the utility of exon capture on lower taxonomic groups.

Thomas, M.V. et R.C. Haas. 2004. Status of the Lake St. Clair fish community and sport fishery, 1996-2001. Michigan Department of Natural Resources Fisheries Research Report 2067. Lansing (Michigan).

Trautman, M.B. 1981. The fishes of Ohio. Ohio State University Press. Columbus (Ohio).

TRRT (Thames River Recovery Team). 2005. Recovery strategy for the Thames River Aquatic Ecosystem: 2005-2010. Ébauche – novembre 2005. 146 pp.

Upper Thames River Conservation Authority (UTRCA). 2007. Upper Thames River Watershed Report Cards. London (Ontario).

Waters, T.F. 1995. Sediment in streams — sources, biological effects and control. American Fisheries Society Monograph 7. American Fisheries Society, Bethesda (Maryland).

Young, J.A.M. et M.A. Koops. 2013. Recovery potential modelling of Pugnose Minnow (Opsopoeodus emiliae) in Canada. DFO Canadian Science Advisory Secretariat Research Document 2012/136. ii + 19 pp.

Collections examinées

Aucune collection n’a été examinée lors de la préparation du présent rapport.

Experts contactés

Remerciements

Le financement nécessaire à la préparation du présent rapport a été fourni par Environnement et Changement climatique Canada. Les rédacteurs du rapport remercient Andrew Drake, Pêches et Océans Canada et le Centre d’information sur le patrimoine naturel pour les données fournies. Ils remercient également Scott Gibson et Nick Mandrak, les rédacteurs du rapport d’évaluation de 2012.

Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Terin Robinson est écologiste des milieux aquatiques chez Riverstone Environmental Solutions Inc. Elle détient un baccalauréat ès sciences en écologie de l’Université de Guelph, où elle a réalisé un projet de recherche de premier cycle sur l’écologie comportementale du killi des mangroves. Pour sa maîtrise (Université Trent), elle a étudié le choix du partenaire chez l’omble de fontaine à l’aide de microsatellites et d’observations comportementales, et ses travaux de doctorat (Université de Waterloo) étaient axés sur l’immunogénétique de l’omble chevalier. Ses intérêts de recherche sont axés sur l’écologie, l’évolution et la conservation des poissons d’eau douce.

Bev Wicks est écologiste principale et directrice chez Riverstone Environmental Solutions Inc. Sa maîtrise ès sciences (Université de Guelph) et son doctorat (Université de la Colombie-Britannique) portaient sur les facteurs qui influent sur le rapport entre les sexes chez la lamproie ainsi que sur les réponses physiologiques des salmonidés à l’égard de la toxicité de l’ammoniac et de l’exposition à l’ammoniac. Bev Wicks a rédigé de nombreux articles de revues et rapports scientifiques sur les poissons et l’habitat des poissons, et elle a travaillé à des projets alliant le développement, les politiques et la protection des poissons et de leur habitat, ce qui continue de susciter chez elle un vif intérêt.

Al Shaw est écologiste principal et directeur chez Riverstone Environmental Solutions Inc. Il détient un baccalauréat ès sciences (Université de Guelph) et une maîtrise ès sciences (Université de la Colombie-Britannique), et ses études portaient sur l’écologie des invertébrés et des pêches. Il a rédigé de nombreux rapports et il siège au comité consultatif sur les zones de gestion des pêches. Al Shaw suit de près les enjeux liés à la conservation des poissons.

Annexe 1. Tableau du calculateur des menaces de l’UICN‑CMP

Tableau d’évaluation des menaces

Nom scientifique de l’espèce ou de l’écosystème : Petit‑bec (Opsopoeodus emiliae)

Évaluateurs : Dwayne Lepitzki (facilitateur), John Richardson (coprésident du Sous‑comité de spécialistes des poissons d’eau douce), Terin Robinson (rédactrice), Bev Wicks (rédactrice), Jennifer Diment, Trevor Pitcher, Olivier Morissette, Karl Lamothe, Julia Colm, Andrew Drake, Karine Robert (Secrétariat du COSEPAC), Madison Shaw (Secrétariat du COSEPAC), Brent Patterson et Scott Reid.

Références : Ébauche du calculateur préparée par les rédacteurs d’après la version provisoire du rapport de situation du COSEPAC et le programme de rétablissement et plan d’action de 2022 du MPO (Edwards et Staton, 2009; Bouvier et Mandrak, 2013); téléconférence du 22 mai 2024.

Guide pour le calcul de l’impact global des menaces
Impact des menaces Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - maximum de la plage d’intensité Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - minimum de la plage d’intensité
A (Très élevé) 0 0
B (Élevé) 0 0
C (Moyen) 3 0
D (Faible) 0 3
Impact global des menaces calculé Élevé Faible

Impact global des menaces attribué : BD = Élevé-faible

Impact global des menaces — commentaires : Comme la durée de génération est de 1 à 2 ans, la gravité et l’immédiateté des menaces sont évaluées sur une période de 10 ans dans l’avenir. L’espèce pourrait actuellement être confinée à la rivière Canard, un affluent de la rivière Détroit (dernière capture en 2018; aucun individu capturé en 2023). L’espèce a disparu des rivières Thames et Sydenham. L’évaluation des menaces se limite à la rivière Canard, où des échantillonnages approfondis et ciblés ont été effectués au cours des dernières années. Compte tenu du très faible nombre d’individus capturés au cours des deux dernières décennies, la taille de la population est inconnue et il est impossible de dégager les tendances des effectifs.

Tableau d'évaluation des menaces
Nombre Menace Impact (calculé) Impact Portée (10 prochaines années) Gravité (10 ans) Immédiateté Commentaires
1 Développement résidentiel et commercial Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet L’empreinte physique d’un nouveau projet ou d’un projet d’agrandissement d’un aménagement existant. La pollution est évaluée au point 9.
1.1 Zones résidentielles et urbaines Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Des travaux de remblayage ont été effectués pour le développement résidentiel.
1.2 Zones commerciales et industrielles Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Le durcissement d’une partie du rivage a été observé.
1.3 Zones touristiques et récréatives Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Des zones sont utilisées pour pratiquer des activités récréatives, y compris le ski nautique.
2 Agriculture et aquaculture Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet L’empreinte physique d’un nouveau projet ou d’un projet d’agrandissement d’un aménagement existant. La pollution est évaluée au point 9.3.
2.1 Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Les cultures agricoles influent principalement sur la qualité de l’eau, car elles causent de la pollution et de l’érosion, ce qui accroît la turbidité (menace 9.2).
2.2 Plantations pour la production de bois et de pâte Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
2.3 Élevage de bétail Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Il y a un faible nombre d’exploitations d’élevage qui causent principalement de la pollution (menace 9.3). Le pâturage du bétail augmente les apports de nutriments dans l’eau, ce qui se traduit par une charge élevée en nutriments et pourrait favoriser la prolifération des algues et réduire l’abondance des proies.
2.4 Aquaculture en mer et en eau douce Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet S.O.
3 Production d’énergie et exploitation minière Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
3.1 Forage pétrolier et gazier Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet S.O.
3.2 Exploitation de mines et de carrières Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
3.3 Énergie renouvelable Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
4 Corridors de transport et de service Sans objet Négligeable Grande (31 à 70 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) Sans objet
4.1 Routes et voies ferrées Sans objet Négligeable Grande (31 à 70 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) Des travaux de remplacement ou d’entretien de ponts et de ponceaux sont en cours dans certaines zones. De nouvelles culées de pont construites en vue de l’expansion de routes existantes empiètent sur l’habitat aquatique.
4.2 Lignes de services publics Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet L’entretien ou le remplacement d’un pipeline pourrait constituer une menace, mais il semble qu’aucun nouveau projet de construction n’est en cours.
4.3 Voies de transport par eau Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet La rivière Détroit a été fortement altérée par l’aménagement de voies de navigation. Les chenaux ont été approfondis et les rives ont été renforcées artificiellement, ce qui a modifié les profils de débit de la rivière. Tout cela a entraîné une altération des processus naturels d’érosion et de sédimentation le long du corridor constitué par la rivière Sainte‑Claire et la rivière Détroit (la construction n’est plus une menace). Ces modifications pourraient avoir des effets négatifs sur le petit‑bec. On sait peu de choses sur les effets que peut avoir l’altération des rives sur les processus riverains naturels dans le bassin des Grands Lacs, des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour clarifier cette menace. Le dragage des voies de navigation est évalué ici, mais l’effet potentiel sur l’habitat du petit‑bec est inconnu.
4.4 Corridors aériens Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet S.O.
5 Utilisation des ressources biologiques Sans objet Négligeable Généralisée (71 à 100 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) Sans objet
5.1 Chasse et capture d’animaux terrestres Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet S.O.
5.2 Cueillette de plantes terrestres Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet S.O.
5.3 Exploitation forestière et récolte du bois Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet S.O.
5.4 Pêche et récolte de ressources aquatiques Sans objet Négligeable Généralisée (71 à 100 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) La prise accessoire d’espèces en péril dans le cadre d’activités de pêche peut avoir un effet négatif sur les populations de ces espèces. Dans le cas du petit‑bec, la principale préoccupation est la prise accidentelle d’individus lors d’activités de pêche commerciale de poissons-appâts. La pêche aux poissons-appâts est réglementée en Ontario, et la liste des espèces dont la pêche comme poisson-appât est autorisée est mise à jour d’après la liste des espèces en péril de l’ annexe 1 (Cudmore et Mandrak, 2010). Le petit‑bec ne peut être pêché légalement comme poisson-appât en Ontario (OMNR, 2010), mais des individus peuvent être capturés accidentellement. L’échantillonnage non létal du petit‑bec (et d’autres espèces) et d’autres activités de recherche menées dans l’habitat du petit‑bec peuvent avoir des effets non quantifiés sur l’espèce.
6 Intrusions et perturbations humaines Sans objet Négligeable Généralisée (71 à 100 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) Sans objet
6.1 Activités récréatives Sans objet Négligeable Généralisée (71 à 100 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) Des embarcations à moteur sont utilisées à des fins récréatives dans la région. Le ski nautique est pratiqué à proximité de l’habitat du petit‑bec dans la partie aval de la rivière Canard, le long de la route Front Nord, ce qui peut avoir des effets directs sur l’habitat ou les individus de l’espèce. Ces activités peuvent avoir des effets directs sur l’habitat ou causer de l’érosion des rives, ce qui accroît la turbidité (menace 9.1). Les effets ne sont pas nécessairement associés directement au tourisme, mais l’altération des processus riverains pour l’utilisation par les humains et la pratique d’activités récréatives peut avoir des répercussions de façon générale.
6.2 Guerre, troubles civils et exercices militaires Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet S.O.
6.3 Travail et autres activités Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
7 Modifications des systèmes naturels CD Moyen-faible Généralisée (71‑100 %) Modérée-légère (1‑30 %) Élevée (continue) Sans objet
7.1 Incendies et suppression des incendies Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
7.2 Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages Sans objet Négligeable Généralisée (71 à 100 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) Il y a trois types d’obstacles au déplacement des poissons dans le sud‑ouest de l’Ontario : 1) les barrages et les ouvrages de retenue; 2) les cours d’eau raccordés à des systèmes de pompage; 3) les milieux humides fermés par une digue. Des systèmes de pompage ont été installés dans plusieurs cours d’eau qui se déversent dans le lac Sainte‑Claire afin d’assurer le drainage des affluents et des drains. On ne sait pas exactement à quel point les systèmes de pompage limitent l’accès des poissons à ces cours d’eau. Les conditions d’un site donné peuvent procurer à certaines espèces une protection contre des compétiteurs, des prédateurs et des espèces exotiques, mais les obstacles peuvent empêcher l’accès à de l’habitat convenable et entraîner la fragmentation des sous-populations. Le prélèvement d’eau dans les bassins versants peut réduire le débit de l’eau, ce qui fait augmenter les températures et les concentrations de nutriments, et diminuer la disponibilité de l’habitat. La modification de l’habitat par l’extraction d’eau ou les variations de la période, de la durée ou de la fréquence des fluctuations de l’écoulement peuvent avoir des effets sur le débit et le niveau des eaux de surface ainsi que sur les apports d’eaux souterraines dans les cours d’eau, influant ainsi sur la disponibilité de l’habitat, la teneur de l’eau en oxygène et l’abondance des proies. L’altération des profils de débit d’eau peut avoir des répercussions sur la sédimentation (par exemple modification des substrats de prédilection), l’oxygénation des substrats et l’abondance des proies.
7.3 Autres modifications de l’écosystème CD Moyen-faible Généralisée (71 à 100 %) Modérée-légère (1 à 30 %) Élevée (continue)

Les processus riverains naturels observés le long des rives des lacs et des grands cours d’eau comprennent l’érosion et la sédimentation, deux processus qui créent et maintiennent l’habitat des poissons. La majeure partie des milieux riverains situés le long des rives du lac Sainte‑Claire et de la rivière Détroit ont été renforcés (par exemple enrochement, épis) à des fins industrielles et récréatives. Des cours d’eau ont été dragués pour la navigation, la protection contre les inondations ou le nettoyage de drains agricoles. Une augmentation du nombre de drains agricoles a été observée. Non seulement ces activités entraînent des changements directs, mais elles contribuent aussi à la turbidité (menace 9.1). Les grands morceaux de bois (chicots) sont souvent retirés des eaux de surface, ce qui pourrait priver le petit‑bec des abris dont il a besoin. Les modifications du rivage qui consistent à enlever la couverture arborée réduisent l’ombrage et l’absorption du rayonnement de courtes et de grandes longueurs d’onde, entraînant ainsi le réchauffement de l’eau et un accroissement du taux de photosynthèse, ce qui peut avoir des effets sur le petit‑bec.

Diverses activités peuvent entraîner l’altération de l’habitat. Le dragage, le nivellement, l’excavation, la mise en place de matériaux ou de structures dans l’eau (par exemple épi, quai, remblai, remblai partiel, jetée et durcissement du rivage) peuvent modifier la bathymétrie et la morphologie du rivage, éliminer les substrats de prédilection, changer la profondeur de l’eau, causer de l’érosion, altérer le niveau de turbidité, changer les profils de débit d’eau et influer sur la charge en nutriments et la température de l’eau. Le dragage (voir la menace 4.3) peut également entraîner l’élimination des réserves de graines de plantes aquatiques. La mise en place de matériaux dans l’eau réduit la quantité d’habitat disponible, et les substrats de prédilection peuvent être recouverts par les remblais. Le durcissement du rivage peut réduire l’apport de matières organiques dans l’eau et modifier la température de l’eau, ce qui peut altérer la disponibilité des proies du petit‑bec.

8 Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques Sans objet Inconnu Généralisée (71 à 100 %) Inconnu Élevée (continue) Sans objet
8.1 Espèces ou agents pathogènes exotiques (non indigènes) envahissants Sans objet Inconnu Généralisée (71 à 100 %) Inconnu Élevée (continue) Les espèces envahissantes introduites dans l’habitat du petit‑bec peuvent avoir des effets sur l’habitat essentiel, et la modification de la nature de l’habitat (par exemple, la carpe commune déracine la végétation aquatique, ce qui accroît la turbidité; menace 7.3) qui résulte de leur présence peut toucher tous les stades vitaux du petit‑bec et nuire à la reproduction, à l’alevinage et à l’alimentation, et réduire la disponibilité des abris dans les zones à faible débit des cours d’eau. Des plantes aquatiques envahissantes (par exemple lotus jaune d’Amérique et nymphéa blanc) se sont établies dans les cours d’eau de la région, ce qui a modifié l’habitat. Les espèces aquatiques envahissantes compétitrices ou prédatrices du petit‑bec ont des répercussions d’une ampleur inconnue, mais elles sont nombreuses dans les cours d’eau de la région.
8.2 Espèces ou agents pathogènes indigènes problématiques Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Il n’y a aucun prédateur favorisé par l’activité humaine connu dans les bassins versants de la région, mais certaines espèces aquatiques envahissantes pourraient bénéficier des modifications anthropiques.
8.3 Matériel génétique introduit Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet La structure génétique de la population de petits‑becs est inconnue.
8.4 Espèces ou agents pathogènes problématiques d’origine inconnue Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
8.5 Maladies d’origine virale ou maladies à prions Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
8.6 Maladies de cause inconnue Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9 Pollution CD Moyen-faible Généralisée (71 à 100 %) Modérée-légère (1 à 30 %) Élevée (continue) Sans objet
9.1 Eaux usées domestiques et urbaines CD Moyen-faible Grande (31 à 70 %) Modérée-légère (1 à 30 %) Élevée (continue)

La gestion des eaux usées, les fosses septiques, les égouts municipaux et le ruissellement des eaux pluviales et des eaux de surface peuvent influer sur la charge en nutriments. Une mauvaise gestion peut accroître la charge en nutriments dans les plans d’eau avoisinants, et des concentrations élevées de nutriments peuvent entraîner une croissance accrue des plantes aquatiques, changer la température de l’eau et modifier progressivement le débit et les substrats préférés par l’espèce. Il peut aussi y avoir des effets négatifs sur la teneur de l’eau en oxygène dissous. La charge en nutriments peut avoir des effets sur la reproduction, le développement, l’alimentation et les abris de l’espèce dans les zones à faible débit des cours d’eau.

La présence de contaminants et de substances toxiques attribuable à l’application excessive ou à la mauvaise utilisation d’herbicides et de pesticides, et le rejet de polluants d’origine urbaine et industrielle (voir la menace 9.2) dans l’habitat du petit‑bec peuvent avoir des effets négatifs sur l’espèce. Dans le sud de l’Ontario, de nombreux produits pharmaceutiques et de soins personnels pénètrent dans les eaux de surface lors du traitement des eaux souterraines et des eaux usées (par exemple Arlos et al., 2015), ce qui a des effets inconnus sur le petit‑bec.

L’introduction de composés toxiques peut modifier la composition chimique de l’eau, ce qui a des effets sur la disponibilité ou l’utilisation de l’habitat et peut favoriser la croissance des plantes aquatiques, nuisant ainsi à la fraie et au recrutement. Les contaminants et les substances toxiques peuvent avoir des effets sur la reproduction, le développement, l’alimentation et les abris de l’espèce dans les zones à faible débit des cours d’eau. Des mesures inadéquates de contrôle ou d’atténuation de la sédimentation et de l’érosion le long des routes et des propriétés urbaines peuvent entraîner une augmentation des niveaux de turbidité et modifier les substrats préférés par l’espèce et la teneur de l’eau en oxygène dissous, ce qui pourrait réduire le succès d’alimentation ou la disponibilité des proies, influer sur la croissance de la végétation aquatique et possiblement exclure des poissons de leur habitat à cause des effets physiologiques attribuables à la présence de sédiments dans l’eau. Les effets directs des changements de la qualité de l’eau sur le petit‑bec n’ont pas été décrits.

9.2 Effluents industriels et militaires Sans objet Négligeable Négligeable (< 1 %) Modérée-légère (1 à 30 %) Élevée (continue) L’utilisation d’équipement industriel et de produits chimiques peut avoir une incidence sur la qualité de l’eau, en particulier lors d’activités de nettoyage ou d’entretien de ponts.
9.3 Effluents agricoles et sylvicoles CD Moyen-faible Généralisée (71 à 100 %) Modérée-légère (1 à 30 %) Élevée (continue)

Une charge élevée en nutriment peut résulter de l’application excessive d’engrais et d’une mauvaise gestion des nutriments (par exemple gestion des débris organiques) et des déchets d’origine animale. Des concentrations élevées de nutriments peuvent entraîner une croissance accrue des plantes aquatiques, modifier progressivement le débit et les substrats préférés par l’espèce et al.érer la disponibilité des proies. La décomposition de la production excédentaire peut également avoir un effet négatif sur la teneur de l’eau en oxygène dissous. La charge en nutriments peut avoir des effets sur la reproduction, le développement, la croissance, l’alimentation et les abris de l’espèce dans les zones à faible débit des cours d’eau. La modification de l’habitat peut être causée par l’accès non contrôlé du bétail aux plans d’eau (l’évaluation porte sur le piétinement par le bétail), le pâturage du bétail et le labourage jusqu’au bord de l’eau (menace 2.1), qui peut endommager les rives, les berges et le fond des cours d’eau et accroître l’érosion et la sédimentation, ce qui influe sur la turbidité et l’oxygénation du substrat. Le pâturage du bétail augmente les apports de nutriments dans l’eau, ce qui se traduit par une charge élevée en nutriments et pourrait favoriser la prolifération des algues et réduire l’abondance des proies (menace 7.3). Les pesticides utilisés en agriculture (herbicides, insecticides, antibiotiques et fongicides) peuvent être rejetés dans les plans d’eau et entraîner divers effets, mais aucun effet sur le petit‑bec n’a été décrit.

L’enlèvement mécanique et chimique de la végétation aquatique et riveraine (qui n’est habituellement pas attribuable au bétail) est une autre forme de modification de l’habitat qui entraîne de l’érosion et une augmentation de la turbidité, ce qui a des effets sur les substrats préférés par l’espèce et l’oxygénation des substrats. L’enlèvement de la végétation riveraine peut avoir un effet négatif sur la température de l’eau et le débit de l’eau peut augmenter lors des crues. La modification de l’habitat peut avoir des effets sur la reproduction, le développement, la croissance, l’alimentation et les abris de l’espèce dans les zones à faible débit des cours d’eau.

L’accroissement de la turbidité et de la charge en sédiments résulte des modifications des régimes d’écoulement qui causent de l’érosion et al.èrent le transport des sédiments (par exemple, travail du sol et drainage des terres agricoles par des canalisations souterraines). Une charge en sédiments accrue peut aussi découler de la réalisation d’activités dans l’eau ou à proximité de l’eau si les mesures de contrôle de la sédimentation et de l’érosion sont inadéquates (par exemple, ruissellement provenant de champs labourés).

9.4 Déchets solides et ordures Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Les microplastiques peuvent constituer une menace d’une ampleur inconnue.
9.5 Polluants atmosphériques Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
9.6 Apports excessifs d’énergie Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
10 Phénomènes géologiques Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet
10.1 Volcans Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet S.O.
10.2 Tremblements de terre et tsunamis Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet S.O.
10.3 Avalanches et glissements de terrain Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet S.O.
11 Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents CD Moyen-faible Généralisée (71 à 100 %) Modérée-légère (1 à 30 %) Élevée (continue) Sans objet
11.1 Déplacement et al.ération de l’habitat Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet D’importants déplacements de l’habitat sont attendus, mais il n’est pas possible d’évaluer leurs répercussions possibles indépendamment des effets directs des sécheresses, des inondations causées par les tempêtes violentes et des hausses des températures (ainsi que d’autres changements à l’échelle du paysage). Certaines répercussions sont prises en compte dans la section sur les espèces aquatiques envahissantes. En fait, on ne dispose d’aucune donnée sur les réactions possibles de ce petit leuciscidé qui est rarement capturé.
11.2 Sécheresses Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Les cours d’eau de la région peuvent connaître des épisodes de sécheresse extrême, qui sont exacerbés par les prélèvements d’eau. Les effets des sécheresses comprennent des changements de température plus importants, l’augmentation des concentrations de polluants et la réduction de la teneur en oxygène (ce dernier effet est évalué aux points 9.1 et 9.3).
11.3 Températures extrêmes CD Moyen-faible Généralisée (71 à 100 %) Modérée-légère (1 à 30 %) Élevée (continue) Les changements climatiques devraient avoir des effets considérables sur les communautés aquatiques du bassin des Grands Lacs, et ce, par l’entremise de plusieurs mécanismes comme l’augmentation des températures de l’eau et de l’air, l’abaissement des niveaux d’eau, le raccourcissement de la période de couverture de glace, l’augmentation de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, l’apparition de maladies et les changements de la dynamique prédateurs-proies (Lemmen et Warren, 2004). En outre, la tendance au réchauffement qui découle des changements climatiques peut favoriser l’établissement d’espèces exotiques potentiellement nuisibles dont l’aire de répartition est actuellement limitée par des zones où la température de l’eau est plus basse. Il est prévu que les effets des changements climatiques seront généralisés, et il faut donc présumer qu’ils auront des répercussions sur les espèces en péril et l’ensemble des milieux. Dans une évaluation récente des effets que les changements climatiques devraient avoir sur les assemblages de poissons des milieux humides riverains dans les Grands Lacs inférieurs, Doka et al. (2006) prévoient que plusieurs espèces de poissons actuellement en péril seront particulièrement vulnérables. Ils estiment que le petit‑bec est la plus vulnérable des 99 espèces de poissons évaluées. La vulnérabilité de chaque espèce a été déterminée d’après une évaluation du risque posé par les changements climatiques pour les milieux humides riverains, la répartition de l’espèce et ses préférences thermiques à différents stades vitaux.
11.4 Tempêtes et inondations D Faible Généralisée (71 à 100 %) Légère (1 à 10 %) Élevée (continue) Les tempêtes et les inondations qui en découlent sont de plus en plus fréquentes et intenses. Cependant, il n’existe pas de données sur les réactions des populations de petits‑becs ou les réactions comportementales de l’espèce aux tempêtes intenses.
11.5 Autres impacts Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet Sans objet

Détails de la page

2026-03-19