Pholade tronquée (Barnea truncata) : Sommaire du statut de l’espèce du COSEPAC 2021
Titre officiel : Sommaire du statut de l’espèce du COSEPAC sur la Pholade tronquée (Barnea truncata) au Canada
Pholade tronquée (Barnea truncata) au Canada - Menacée 2021
Information sur le document
Les sommaires du statut de l’espèce du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages au Canada que l’on croit en péril. On peut citer le présent document de la façon suivante :
COSEPAC. 2021. SOUS PRESSE. Sommaire du statut de l’espèce du COSEPAC sur la pholade tronquée (Barnea truncata) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. xviii p. (Registre public des espèces en péril).
Note de production :
Le COSEPAC remercie Andrew Hebda d’avoir rédigé le sommaire du statut de la pholade tronquée (Barnea truncata). La supervision et la révision du sommaire du statut de l’espèce ont été assurées par Joe Carney, coprésident du Sous‑comité de spécialistes des mollusques du COSEPAC.
Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :
Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa ON K1A 0H3
Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : ec.cosepac-cosewic.ec@canada.ca
www.cosepac.ca
Also available in English under the title "COSEWIC Status Appraisal Summary on the Atlantic Mud-piddock Barnea truncata in Canada."
COSEPAC sommaire de l’évaluation
Sommaire de l’évaluation - Avril 2021
Nom commun : Pholade tronquée
Nom scientifique : Barnea truncata
Statut : Menacée
Justification de la désignation : Au Canada, ce bivalve marin intertidal est confiné à de petites parties du bassin Minas, en Nouvelle‑Écosse. Dans ce bassin, l’espèce est entièrement dépendante du faciès à mudstone rouge, une formation géologique. L’espèce creuse dans le mudstone et y reste immobile à l’âge adulte. Des changements dans le dépôt des sédiments peuvent couvrir l’habitat et étouffer et tuer les individus. La principale menace pesant sur l’espèce est l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes violentes causée par les changements climatiques, qui peuvent soudainement déplacer et redéposer les sédiments. D’autres menaces sont les activités humaines qui entraînent des changements dans les tendances du courant, de l’érosion et du dépôt des sédiments, la pollution associée au ruissellement provenant de sources agricoles ou urbaines, et l’élévation du niveau de la mer causée par les changements climatiques.
Répartition : Océan Atlantique (bassin Minas de la baie de Fundy), Nouvelle‑Écosse
Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en novembre 2009. Réexamen et confirmation du statut en mai 2021.
COSEPAC sommaire du statut de l’espèce
Pholade tronquée
Atlantic Mud-piddock
Barnea truncata
Répartition au Canada (province/territoire/océan) : Nouvelle‑Écosse, océan Atlantique
Historique du statut
Espèce désignée « menacée » en novembre 2009. Réexamen et confirmation du statut en mai 2021.
Preuves (préciser le cas échéant)
L’état général de la population et les principales menaces identifiées par le COSEPAC (COSEWIC, 2009) demeurent les mêmes, bien que de nouvelles menaces aient été relevées (Fisheries and Oceans Canada, 2019).
SSE 6 Espèce sauvage
Changement quant à l’admissibilité, à la taxinomie ou aux unités désignables : non
Explication : Aucun changement.
Aire de répartition
SSE 7 Changement de la zone d’occurrence : non
SSE 8 Changement de l’indice de zone d’occupation (IZO) : non
SSE 9 Changement du nombre de localités actuelles connues ou inférées : non
SSE 10 Nouvelles données importantes issues de relevés : oui
Explication :
Les travaux sur le terrain effectués en 2017 et en 2018 ont permis d’obtenir des renseignements à l’appui de la désignation de l’habitat essentiel de la pholade tronquée (Clark et al., 2019). Ces relevés ont permis d’obtenir des données à petite échelle sur des occurrences précises de sous‑populations existantes et de populations disparues du pays ainsi que sur la présence ou l’absence d’habitat d’établissement viable qui n’a pas encore été colonisé. Les travaux sur le terrain ont permis de revisiter tous les sites désignés dans le rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2009) et de caractériser des types d’habitat particuliers (maintenant mieux définis comme étant des cuvettes de marée, des parcelles, des blocs rocheux, du substrat rocheux résistant et des ruisselets). Les sites abritant la pholade tronquée qui ont été visités englobaient Parrsboro, Five Islands (parc provincial), les promontoires de la pointe Economy, la pointe Spencer, le ruisseau Mungo, le ruisseau Shad, les roches Sloop, la baie Noel, le cap Burntcoat, Tennycape et Port Williams (figure 1). La plage Evangeline et la localité de Kingsport ont été désignées comme étant des sites d’où la pholade tronquée avait précédemment disparu sous l’effet de l’envasement (COSEWIC, 2009), mais qui sont maintenant des sites réexposés et occupés. Les changements du nombre de sites ne touchent pas le nombre de localités.
Les sites qui comportent une grande superficie d’habitat et un nombre élevé de pholades tronquées vivantes dans les sites principaux et les grands sites périphériques ont été consignés. De plus, Clark et al. (2019) ont délimité les sites principaux et périphériques à l’aide des limites et des occurrences précises consignées pour chaque site au moyen de l’approche par zone de délimitation (Department of Fisheries and Oceans, 2011; Clark et al., 2019). Clark et al. (2019) ont défini les sites principaux comme étant les six plus grands sites, tous adjacents les uns aux autres, en fonction de leur superficie (individuelle), de leur proximité les uns des autres et de leur stabilité apparente. Ensemble, ces sites composent plus de 90 % de l’habitat de la pholade tronquée. Les grands sites périphériques sont tous les autres sites en dehors des sites principaux qui abritent des sous‑populations stables.
Deux sites, sur la pointe Economy (promontoire de l’est) et à Saints Rest, où la pholade tronquée avait déjà été observée (COSEWIC, 2009), ne comptaient plus d’individus vivants. Un autre site, également sur la pointe Economy (promontoire du sud‑ouest), affichait un déclin du nombre d’individus ainsi qu’un déclin de la qualité de l’habitat dû à l’envasement accru (une couche d’une épaisseur de plus de 1,0 cm recouvrant le site). Le site de Saints Rest, où la pholade tronquée a été observée de 1948 à 2008 (COSEWIC, 2009), est maintenant totalement recouvert de sable et de galets, et aucun substrat convenable n’est disponible. Un petit bloc de mudstone (<1 m2) qui se trouve à environ 250 m de ce site ne montre aucun signe de la présence de la pholade tronquée (Clark et al., 2019). Les pertes et les gains de pholades tronquées se sont tous produits dans la zone précédemment désignée par le COSEPAC (COSEWIC, 2009), et aucune nouvelle occurrence n’a été observée à l’extérieur de ces sites. L’examen de la disponibilité d’habitat et des régimes de circulation de l’eau au sein du bassin Minas/de la baie Cobequid effectuée par Clark et al. (2019) a permis de confirmer trois localités : l’intérieur du bassin (baie Cobequid, à l’est de la pointe Economy), le milieu du bassin (centre du bassin Minas, à l’ouest de la pointe Economy et s’étendant vers Parrsboro), et une localité plus éloignée, l’ouest du bassin Minas (embouchure de la rivière Cornwallis) (figure 1). Il s’agit des mêmes localités globales ayant été définies dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2009).
Ces pertes et ces gains reflètent la nature très dynamique du système. De légères variations du courant peuvent entraîner des changements dans le dépôt de sédiments qui étouffent les sites occupés et exposent d’autres sites convenables pouvant être colonisés. En raison de la nature dynamique de ce système, qui fait en sorte que des sites occupés sont étouffés, puis réexposés et colonisés, il est difficile de déterminer de manière pertinente s’il y a perte ou gain de sites, de superficie ou de qualité de l’habitat. À mesure que de l’habitat convenable et occupé est étouffé, d’autre habitat convenable est exposé et colonisé, et ainsi de suite. Ce qui semble cohérent, c’est le fait que les sites désignés comme étant des sites principaux par Clark et al. (2019) ne semblent pas être touchés par ces légères variations des régimes de courant et de dépôt; ce sont les sites périphériques qui semblent être les plus touchés.
Information sur la population
SSE 11 Changement du nombre d’individus matures : inconnue
SSE 12 Changement de la tendance de la population : inconnue
SSE 13 Changement quant à la gravité de la fragmentation de la population : non
SSE 14 Changement de la tendance de la superficie et/ou de la qualité de l’habitat : oui
SSE 15 Nouvelles données importantes issues de relevés : oui
Explication :
Il n’existe aucun moyen pratique de dénombrer chaque individu ou de faire le suivi des tendances de l’abondance parce que, dans la plupart des sites, la pholade tronquée vit dans la roche, sous une formation rocheuse dure (faciès rocheux), et que, pour faire le dénombrement, il faudrait détruire la formation protectrice (Department of Fisheries and Oceans, 2010; Hebda, 2010). Clark et al. (2019) ont déterminé quatre types de statuts pour les sites. Les sites stables sont les sites où l’étendue et l’abondance relative de la pholade tronquée sont demeurées les mêmes que celles qui ont été déclarées dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2009). Les sites à tendance positive sont les sites où la zone abritant la pholade tronquée est plus grande que celle indiquée dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2009), zone définie comme étant un substrat de mudstone exposé comportant des trous forés actifs et par la présence de siphons. Les sites à tendance négative sont les sites où la superficie du substrat exposé est inférieure à celle rapportée par le COSEPAC (COSEWIC, 2009). Les sites disparus sont les sites où il n’y a plus de substrat disponible à cause de l’envasement ou du déplacement de grosses particules, comme du sable ou des galets, ou encore de l’érosion glacielle.
Tel qu’il a été mentionné précédemment, les travaux sur le terrain ont permis de déterminer que deux des sites désignés dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2009) n’abritent plus de sous‑populations de pholades tronquées (Saints Rest - rivière Bass et pointe Economy - promontoire de l’est) à cause de l’étouffement par le sable, la vase et les galets.
Un site désigné à Five Islands dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2009) abrite maintenant une sous‑population beaucoup plus importante d’après les enquêtes effectuées sur le terrain le 2 septembre 2019 (A. Hebda, obs. pers.), principalement dans les ruisselets. Le déplacement des morts‑terrains de galets sur le mudstone a exposé de l’habitat convenable, mais aucune tempête en particulier n’a été considérée comme responsable. Une évaluation du site sur le terrain après la tempête post‑tropicale Dorian (7 et 8 septembre 2019), coïncidant avec des marées élevées, a révélé qu’environ 50 % du substrat réexposé était de nouveau recouvert de galets et de sable fins et n’était plus viable en tant qu’habitat de la pholade tronquée, ce qui démontre la menace que représentent les tempêtes pour l’habitat.
À la plage Evangeline, site précédemment considéré comme étant disparu (COSEWIC, 2009), trois pholades tronquées (siphons) ont été observées, et, à un autre site (Kingsport), les siphons de quatre pholades tronquées ont été observés dans une vaste zone intertidale. Ces zones ont fait l’objet de relevés exhaustifs en 2006‑2007 et de nouveau en 2017‑2018. Ces constats confirment la présence d’un substrat convenable, mais, en raison du petit nombre d’individus dispersés sur une superficie de moins de 10/km2, ces sites sont considérés comme étant mineurs (Clark et al., 2019) et ne représentent pas de nouvelles sous‑populations.
Menaces
SSE 16 Changement de la nature ou de la gravité des menaces : oui
Explication :
Selon le COSEPAC (COSEWIC, 2009), les principales menaces qui pèsent sur la pholade tronquée sont celles qui entraînent l’étouffement des zones occupées par sédimentation. Ces menaces englobent la fréquence et la gravité accrues des tempêtes dues aux changements climatiques, qui déplacent et redéposent les sédiments ou introduisent de nouveaux sédiments provenant de l’érosion terrestre, la construction de barrages (turbines dans des structures semblables à des barrages), de chaussées et de projets d’énergie marémotrice, qui peuvent modifier les courants et les régimes de sédimentation. La principale préoccupation est la perte des sites désignés comme étant principaux par Clark et al. (2019), qui représentent 90 % de l’habitat occupé et vraisemblablement, par extension, 90 % de la population canadienne. Les autres menaces répertoriées comprennent les activités industrielles, notamment l’installation de turbines marémotrices, l’excavation de dômes de sel (entraînant la libération simultanée d’anhydrites dans le bassin) ainsi que les déversements d’hydrocarbures et les rejets de produits chimiques provenant du ruissellement agricole ou urbain.
Une évaluation des menaces effectuée par le ministère des Pêches et des Océans (MPO) (Department of Fisheries and Oceans, 2019) dans le cadre du processus de la Loi sur les espèces en péril (LEP) a permis de cerner deux autres menaces potentielles qui n’avaient pas été consignées dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2009). L’une d’entre elles concerne l’enlèvement de digues et l’inondation de marais endigués dans la partie supérieure de la baie Cobequid, et la possibilité d’un réalignement du chenal de la rivière North, qui se jette dans l’estuaire de la baie Cobequid. Le changement de la configuration du chenal entraînera des changements dans le dépôt de sédiments. Par conséquent, le redépôt de sédiments peut avoir un effet négatif sur l’habitat de la pholade tronquée. L’impact potentiel de cette menace est inconnu et nécessitera un suivi et une étude plus approfondis, mais des effets immédiats et lointains de changements de débit du chenal ou des affluents ont pu être constatés dans le cadre d’un autre projet à l’extrémité ouest du bassin Minas, au niveau de la chaussée Windsor (Daborn et al., 2003). L’autre menace découle des courses de vélo de montagne dans les parties intertidales rocheuses du bassin, soit l’habitat de la pholade tronquée au cap Burntcoat. Cette menace a un impact potentiel d’une portée limitée, mais d’une gravité élevée, et un effet direct sur les terriers de la pholade tronquée (A. Hebda, obs. pers.). Il est possible de recourir à des instruments réglementaires pour atténuer ou éliminer cette activité. La publication de la description de la résidence de la pholade tronquée (Department of Fisheries and Oceans, 2019; Fisheries and Oceans Canada, 2019) permet une définition plus détaillée de l’habitat de l’espèce touché par les menaces. Ces deux menaces n’existaient pas au moment de la publication du rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2009).
La menace que représentent les turbines marémotrices pour les régimes de débits a quelque peu diminué en importance depuis l’abandon de l’un des projets expérimentaux de turbines et d’infrastructure connexe par les principaux promoteurs. Il n’est pas certain que les autres postes d’amarrage expérimentaux du site d’essai dans le passage Minas, qui relie la baie de Fundy et le bassin Minas, seront utilisés par d’autres investisseurs dans un avenir immédiat. Il existe une autre initiative d’exploitation à petite échelle d’énergie marémotrice (Nova Scotia, 2017), mais son application est limitée à la partie inférieure de la baie de Fundy et n’aurait aucun impact direct sur les populations de pholades tronquées puisqu’aucune population ne se trouve dans cette masse d’eau (en dehors du bassin Minas).
Protection
SSE 17 Changement quant à la protection effective : oui
Explication :
La pholade tronquée a été inscrite à titre d’espèce menacée à l’annexe 1 de la LEP le 13 avril 2017. Cette inscription a permis d’améliorer l’éducation à l’échelle locale (panneaux d’interprétation et programmes) et de renforcer l’application des mesures visant à éviter les activités dans l’habitat de la pholade tronquée (détournement des activités récréatives perturbatrices vers des zones dépourvues d’habitat de la pholade tronquée).
L’inscription de l’espèce a amorcé le processus d’élaboration d’un programme de rétablissement qui s’appuiera sur les publications achevées suivantes : description de la résidence (Department of Fisheries and Oceans, 2019; Fisheries and Oceans Canada, 2019), études visant à délimiter les zones contenant de l’habitat actuel et potentiel de la pholade tronquée (mudstone rouge) pour appuyer la désignation de l’habitat essentiel (Clark et al., 2019) et évaluation des menaces (Department of Fisheries and Oceans, 2019). Il n’existe pas de définition de l’habitat essentiel de la pholade tronquée ni de programme de rétablissement terminé au moment de la préparation du présent rapport.
Immigration de source externe
SSE 18 Changement quant à l’immigration de source externe constatée : non
Explication :
Le système composé du bassin Minas et de la baie Cobequid se trouve à l’extrémité supérieure de la baie de Fundy et, par conséquent, à l’extrémité supérieure (nord‑est) du golfe du Maine. L’incursion d’eau pendant les marées montantes provient de cette partie (supérieure) du golfe du Maine. La circulation dominante dans le golfe du Maine se fait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, ce qui fait que seule l’eau océanique recharge le système et entre dans la baie de Fundy/bassin Minas/baie Cobequid. Au même moment, les eaux côtières de la partie inférieure du golfe sont évacuées vers l’extérieur. Par conséquent, la possibilité que des larves véligères de ces sous‑populations du Maine et du Massachusetts pénètrent dans les eaux canadiennes (baie de Fundy/bassin Minas/baie Cobequid) est faible. Il se peut que le nouveau site indiqué dans le rapport du COSEPAC (COSEWIC, 2009) sur la cote centrale du Maine (Bath) résulte de la dispersion de la population canadienne.
Analyse quantitative
SSE 19 Changement quant à la probabilité de disparition du pays : non
Précisions :
Aucune analyse quantitative n’a été effectuée en raison de la difficulté d’obtenir des estimations de l’abondance. Comme l’espèce creuse des terriers dans un substrat recouvert de faciès rocheux résistants, il est impossible de déterminer la taille des sous‑populations ou les tendances du nombre d’individus.
Sommaire et autres points à examiner [p. ex. activités de rétablissement; résumer exactement ce qui a changé depuis l’évaluation précédente]
Les changements depuis la dernière évaluation comprennent le changement du statut de l’espèce par rapport au statut dans la LEP ainsi que les travaux sur le terrain à l’appui des exigences prévues par la LEP. L’espèce a été inscrite à titre d’espèce menacée à l’annexe 1 de la LEP en 2017. De plus, la description de la résidence au titre de la LEP a été publiée (Department of Fisheries and Oceans, 2019; Fisheries and Oceans Canada, 2019).
De nouvelles recherches de base sur l’espèce ont été entreprises. En l’absence de données publiées sur la durée de vie de la pholade tronquée lors de la préparation du rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2009), une estimation de neuf ans a été fournie. Par la suite, une étude de détermination de l’âge a été entreprise sur des échantillons précédemment disponibles et nouvellement recueillis (Roddick, 2019; Roddick et Clark, 2019). Les résultats indiquaient une durée de vie d’environ 11 ans pour la sous‑population canadienne échantillonnée. Ainsi, le fait que ces sous‑populations ne soient pas affectées par des changements aléatoires des régimes de courant et de sédimentation souligne l’importance de ces sous‑populations principales stables pour le maintien de la présence de l’espèce dans les eaux canadiennes.
Comme le mentionne la section « Population » (ci‑dessus), une évaluation exhaustive sur le terrain a été entreprise par le MPO, couvrant tous les sites signalés par le COSEPAC (COSEWIC, 2009) ainsi que les zones potentielles de colonisation au sein du complexe du bassin Minas/baie Cobequid.
L’évaluation de Clark et al. (2019) comprenait la cartographie à petite échelle d’occurrences d’individus en fonction de cinq types d’habitat (cuvettes de marée, parcelles, blocs rocheux, substrat rocheux résistant et ruisselets). Cette description plus précise de l’habitat peut avoir une certaine valeur prédictive dans la détermination des changements futurs des occurrences.
Clark et al. (2019) ont consigné les sites principaux, périphériques et disparus ainsi que les sites mineurs dans lesquels ne se trouve qu’une poignée d’individus (figure 1). Ils ont également recensé les sites principaux sécurisés ainsi que la perte de deux sites depuis l’évaluation précédente du COSEPAC (COSEWIC, 2009). Les trois sites qui ont connu des déclins ou des disparitions se trouvaient tous sur la rive nord de la baie Cobequid. Les sites qui peuvent être considérés comme les sites principaux de l’espèce dans les eaux canadiennes sont tous situés dans la partie sud de la jonction du bassin Minas et de la baie Cobequid. Clark et al. (2019) ont conclu que 89,7 % de l’habitat total désigné de la pholade tronquée se trouve dans 6 sites (de Tennycape au ruisseau Mungo) sur la rive sud du bassin Minas et de la baie Cobequid (ces sites sont considérés comme les sites principaux), et dans deux sites isolés, mais stables à Port Williams (extrémité ouest du bassin Minas) et sur la pointe Spencer (extrémité est de la baie Cobequid).
Les sites principaux se trouvent dans la partie la plus active sur le plan énergétique de l’estuaire et sont principalement associés à un substrat rocheux résistant. Ils présentent peu de signes de sédimentation et sont séparés les uns des autres par des éléments du littoral tels que des baies peu profondes, qui sont précisément caractérisées par l’accumulation de sédiments. Le site périphérique de Port Williams se trouve sur une berge orientée vers le sud de la rivière Cornwallis. Grâce au régime des marées, il ne présente aucune accumulation de sédiments tout au long du cycle des marées. Il est séparé des sites principaux par l’estuaire de la rivière Avon et n’est donc pas contigu à ces sites. Le site de la pointe Spencer Point est séparé des sites principaux par les chenaux des rivières North et Shubenacadie. En raison de l’influence de ces deux chenaux, il n’y a pas non plus de dépôt de sédiments au site.
Les trois sites mineurs de la rive nord (Parrsboro, Five Islands et pointe Economy) sont associés à une protection plus éphémère offerte par des éléments tels que des galets, des blocs rocheux et d’autres éléments temporaires, sans la protection d’un substrat rocheux résistant contre des forces d’énergie plus élevées, comme le mouvement des plaques de glace à la fin de l’hiver et au début du printemps.
Remerciements et experts contactés
Programme des espèces en péril et Division de l’écologie des populations - Pêches et Océans Canada - Institut océanographique de Bedford :
Caira Clark, biologiste, Division de l’écologie des populations, Pêches et Océans Canada, Institut océanographique de Bedford, Dartmouth (Nouvelle‑Écosse).
Ree Brennin Houston, biologiste spécialiste des espèces en péril, Division de la gestion des écosystèmes, région des Maritimes, Pêches et Océans Canada, Institut océanographique de Bedford, Dartmouth (Nouvelle‑Écosse).
Katherine Hastings, biologiste spécialiste des espèces en péril, Division de la gestion des écosystèmes, région des Maritimes, Pêches et Océans Canada, Institut océanographique de Bedford, Dartmouth (Nouvelle‑Écosse).
Dale Roddick (retraité), Pêches et Océans Canada, Institut océanographique de Bedford, Dartmouth (Nouvelle‑Écosse).
Heidi Schaefer, biologiste, Division de la gestion de l’habitat, Pêches et Océans Canada, Institut océanographique de Bedford, Dartmouth (Nouvelle‑Écosse).
Daphne Themelis, biologiste spécialiste des milieux aquatiques, Pêches et Océans Canada, Institut océanographique de Bedford, Dartmouth (Nouvelle‑Écosse).
Department of Lands and Forestry de la Nouvelle‑Écosse, Kentville (Nouvelle‑Écosse)
Mark Elderkin, biologiste des espèces en péril (retraité), Wildlife Division, Department of Lands and Forestry, Kentville (Nouvelle‑Écosse).
Donna Hurlburt, gestionnaire de la biodiversité, Wildlife Division, Department of Lands and Forestry, Kentville (Nouvelle‑Écosse).
Saint Mary’s University (Halifax)
Gwyneth Jones, Ph. D., Department of Biology, St. Mary’s University, Halifax (Nouvelle‑Écosse).
Personnel sur le terrain des institutions suivantes :
Anita Benedict, Burntcoat Head Park - Municipality of East Hants, Burntcoat (Nouvelle‑Écosse).
Carol Corbett, Five Islands Provincial Park - Nova Scotia Department of Lands and Forestry, Five Islands (Nouvelle‑Écosse).
Regan Maloney, Fundy Geological Museum, Parrsboro (Nouvelle‑Écosse).
Katherine Ogden, registraire, Natural History, Nova Scotia Museum, Halifax (Nouvelle‑Écosse).
Sources d’information
Clark, C. M., A. Hebda, G. Jones, S. Butler et G. Pardy. 2019. Identification of Atlantic Mud-piddock Habitat in Canadian Waters. DFO Canadian Technical Report of Fisheries and Aquatic Sciences, number 3295. iv + 42 p.
COSEWIC. 2009. COSEWIC assessment and status report on the Atlantic Mud-piddock (Barnea truncata) in Canada. Ottawa. vii + 42 pp. [Également disponible en français : COSEPAC. 2009. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la pholade tronquée (Barnea truncata) au Canada. Ottawa. vii + 45 p.]
Daborn, G.R., M. Brylinsky et D. van Proosdij. 2003. Ecological studies of the Windsor Causeway and Pesaquid Lake, 2002. Acadia Centre for Estuarine Research Publication No. 69. Wolfville, Nova Scotia. 112 pp.
Department of Fisheries and Oceans. 2010. Recovery Potential Assessment for Atlantic Mud-piddock (Barnea truncata). DFO Canadian Science Advisory Secretariat Science Advisory Report 2010/068. [Également disponible en français : Ministère de Pêches et Océans. 2010. Évaluation du potentiel de rétablissement de la pholade tronquée (Barnea truncata). MPO, Secrétariat canadien de consultation scientifique, Avis scientifique 2010/068.]
Department of Fisheries and Oceans. 2011. Assessment of Methods for the Identification of Critical Habitat for Freshwater Mussels. DFO Canadian Science Advisory Secretariat Science Advisory Report 2011/047. [Également disponible en français : Ministère de Pêches et Océans. 2011. Évaluation des méthodes de désignation de l’habitat essentiel des moules d’eau douce. MPO, Secrétariat canadien de consultation scientifique, Avis scientifique 2011/047.]
Department of Fisheries and Oceans. 2019. Residence Description for the Atlantic Mud-piddock (Barnea truncata) in Canada. Species at Risk Act Residence Description Series. Fisheries and Oceans Canada, Ottawa. 4 pp. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2019. Description de la résidence de la pholade tronquée de l’Atlantique (Barnea truncata) du Canada. Série de descriptions de la résidence liées à la Loi sur les espèces en péril. Pêches et Océans Canada, Ottawa. p. 5.]
Department of Fisheries and Oceans. 2019. Threat Assessment for Atlantic Mud-Piddock (Barnea truncata), Canadian Population. DFO Canadian Science Advisory Secretariat Science Advisory Report 2019/033. [Également disponible en français : Ministère de Pêches et Océans. 2019. Évaluation des menaces pesant sur la pholade tronquée de l’Atlantique (Barnea truncata), population canadienne. MPO, Secrétariat canadien de consultation scientifique, Réponse des Sciences 2019/033.]
Fisheries and Oceans Canada. 2010. Recovery Potential Assessment for Atlantic Mud- piddock (Barnea truncata). DFO Canadian Science Advisory Secretariat Science Advisory Report 2010/068. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2010. Évaluation du potentiel de rétablissement de la pholade tronquée (Barnea truncata). MPO, Secrétariat canadien de consultation scientifique, Avis scientifique 2010/068.]
Fisheries and Oceans Canada. 2011. Assessment of Methods for the Identification of Critical Habitat for Freshwater Mussels. DFO Canadian Science Advisory Secretariat Science Advisory Report 2011/047. [Également disponible en français : Pêches et Océans Canada. 2011. Évaluation des méthodes de désignation de l’habitat essentiel des moules d’eau douce. MPO, Secrétariat canadien de consultation scientifique, Avis scientifique 2011/047.]
Hebda, A. 2010. Information in Support of a Recovery Potential Assessment of Atlantic Mud-piddock (Barnea truncata) in Canada. DFO Canadian Science Advisory Secretariat Research Document 2010/117.
Nova Scotia. 2017. Marine Renewable-energy Act (amended) - Bill 29, https://nslegislature.ca/legislative-business/bills-statutes/bills/assembly-63-session-1/bill-29 [consulté le 26 mars 2019].
Roddick, D. 2019. (DRAFT MS) Summary Report for Atlantic Mud-Piddock Ageing Study, 2018 (Fisheries and Oceans Canada), 24 pp.
Roddick, D. et C. M. Clark. 2019. Initial methods for ageing Atlantic Mud-piddock (Barnea truncata). DFO Canadian Technical Report of Fisheries and Aquatic Sciences, No. 3312 iv + 26 p.
Species at Risk Act: Order Amending Schedule 1 to the Species at Risk Act. 2017. Canada Gazette Part II, 151(9). Site Web : https://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/virtual_sara/files/orders/g2-15109.pdf [consulté le 31 mars 2018]. [Également disponible en français : Loi sur les espèces en péril : Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. 2017. Gazette du Canada Partie II, 151(9). Site Web : https://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/virtual_sara/files/orders/g2-15109.pdf.]
Rédacteur du sommaire du statut de l’espèce : Andrew Hebda
Résumé technique
Barnea truncata
Pholade tronquée
Atlantic Mud-piddock
Répartition au Canada (province/territoire/océan) : Océan Atlantique (bassin Minas de la baie de Fundy), Nouvelle‑Écosse
| Sujet | Information |
|---|---|
Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population; indiquez si une méthode d’estimation de la durée d’une génération autre que celle qui est présentée dans les lignes directrices de l’UICN [2011] est utilisée). |
De 4 à 5 ans. Estimation fondée sur une longévité d’au plus 11 ans, la maturité sexuelle pouvant être atteinte dès l’âge de 2 ans. |
Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures? |
Inconnu |
Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [cinq ans ou deux générations]. |
Inconnu |
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations]. |
Inconnu |
Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations]. |
Inconnu |
Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] de [réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans OU trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur. |
Inconnu |
Est-ce que les causes du déclin sont a) clairement réversibles et b) comprises et c) ont effectivement cessé? |
a. s.o. b. s.o. c. s.o. |
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures? |
Inconnu |
| Sujet | Information |
|---|---|
Superficie estimée de la zone d’occurrence |
985 km2 |
Indice de zone d’occupation (IZO) (Fournissez toujours une valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté.) |
76 km2 |
La population totale est-elle gravement fragmentée, c.-à-d. que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale se trouvent dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce? |
Non |
Nombre de localités* (utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant). |
Trois : Intérieur du bassin (baie Cobequid); Milieu du bassin (centre du bassin Minas); Ouest du bassin (rivière Cornwallis). |
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence? |
Non |
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation? |
Non |
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous-populations? |
s.o. : Il s’agit d’un système très dynamique, vulnérable à de subtils changements des régimes de courants et de sédimentation. Un site antérieur (Saints Rest) a été perdu probablement en raison d’une onde de tempête, et un site mineur (est de la pointe Economy) a été perdu sous l’effet de l’envasement. D’autres sites précédemment étouffés ont été exposés et sont occupés (p. ex. Evangeline, Kingsport, parcelle associée à Five Islands). |
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités*? |
Non |
Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat? |
Inconnu Il y a une certaine perte d’habitat, mais il y a des signes d’établissement dans les zones nouvellement exposées de substrat convenable. L’impact des ondes de tempête peut être important, mais il n’est pas prévisible. |
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous‑populations? |
Non |
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*? |
Non |
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence? |
Non |
Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation? |
Non |
* Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et IUCN (février 2014, en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.
| Sous‑population (utilisez une fourchette plausible) | Nombre d’individus matures |
|---|---|
Bassin Minas/baie Cobequid |
Inconnu |
Total |
Inconnu |
| Sujet | Information |
|---|---|
La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans]. |
Inconnu; aucune analyse n’a été effectuée. |
Menaces (directes, de l’impact le plus élevé à l’impact le plus faible selon le calculateur des menaces de l’UICN)
Un calculateur des menaces a-t-il été rempli pour l’espèce? Non
Quels autres facteurs limitatifs sont pertinents? Besoins en matière d’habitat très spécifiques et restreints.
| Sujet | Information |
|---|---|
Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada |
Aucun statut de conservation n’a été attribué à l’extérieur du Canada; NatureServe a attribué la cote G5 à l’espèce. |
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? |
Très peu probable |
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? |
Probablement |
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? |
Oui |
Les conditions se détériorent-elles au Canada+? |
Inconnu |
Les conditions de la population source se détériorent-elles+? |
Inconnu |
La population canadienne est-elle considérée comme un puits+? |
Inconnu |
La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle? |
Inconnu, mais peu probable. |
+ Voir le tableau 3 (Lignes directrices pour la modification de l’évaluation de la situation d’après une immigration de source externe)
| Sujet | Information |
|---|---|
L’information concernant l’espèce est-elle de nature délicate? |
Non |
Historique du statut
COSEPAC : Espèce désignée « menacée » en novembre 2009. Réexamen et confirmation du statut en mai 2021.
Statut et justification de la désignation
Statut : Menacée
Code alphanumérique : D2
Justification de la désignation : Au Canada, ce bivalve marin intertidal est confiné à de petites parties du bassin Minas, en Nouvelle‑Écosse. Dans ce bassin, l’espèce est entièrement dépendante du faciès à mudstone rouge, une formation géologique. L’espèce creuse dans le mudstone et y reste immobile à l’âge adulte. Des changements dans le dépôt des sédiments peuvent couvrir l’habitat et étouffer et tuer les individus. La principale menace pesant sur l’espèce est l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes violentes causée par les changements climatiques, qui peuvent soudainement déplacer et redéposer les sédiments. D’autres menaces sont les activités humaines qui entraînent des changements dans les tendances du courant, de l’érosion et du dépôt des sédiments, la pollution associée au ruissellement provenant de sources agricoles ou urbaines, et l’élévation du niveau de la mer causée par les changements climatiques.
Applicabilité des critères
Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) : Sans objet. Le nombre d’individus matures est inconnu.
Critère B (aire de répartition peu détendue et déclin ou fluctuation) : Sans objet. L’IZO actuel (76 km2) et le nombre de localités (3) atteignent les seuils de la catégorie « Espèce en voie de disparition » (IZO : < 500 km; localités : ≤ 5), mais il n’y a aucun déclin continu connu de la zone d’occurrence, de l’IZO, de la superficie, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat, du nombre de localités et du nombre d’individus matures.
Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Sans objet. Le nombre d’individus matures est inconnu.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Correspond au critère de la catégorie « Espèce menacée » D2, car le nombre de localités est de 3 (≤ 5) et la population est sujette aux effets de phénomènes stochastiques (tempêtes violentes pouvant ensevelir et étouffer une grande partie de l’habitat) dans un avenir incertain et peut devenir gravement en péril ou disparue d’ici 1 ou 2 générations (8-10 ans). Le critère D1 ne s’applique pas, car le nombre d’individus matures est inconnu.
Critère E (analyse quantitative) : Sans objet. Aucune analyse n’a été effectuée.
Veuillez voir la traduction française ci-dessous :
Nova Scotia = Nouvelle-Écosse
Bay of Fundy = Baie de Fundy
Minas Basin = Bassin Minas
Inner Minas Basin = Intérieur du bassin Minas
Locations = Emplacements
Extant sites = Sites existants
Recently Extirpated Sites = Sites d’où l’espèce a récemment disparu
Other Sites = Autres sites
Field Surveys 2007, 2008 = Relevés sur le terrain 2007, 2008
Figure 1. Répartition actuelle des sites du Barnea truncata (sites existants et disparus), selon Clark et al. (2019). Les trois localités indiquées (intérieur du bassin Minas, milieu du bassin Minas et ouest du bassin Minas) demeurent les mêmes que dans le rapport de situation du COSEPAC (COSEWIC, 2009).
Description longue
Carte de la répartition actuelle des sites de la pholade tronquée (sites existants et disparus) dans le bassin Minas. L’emplacement des relevés sur le terrain effectués en 2007 et en 2008 est également indiqué.
Historique du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.
Mandat du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.
Composition du COSEPAC
Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.
Définitions (2020)
- Espèce sauvage
- Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
- Disparue (D)
- Espèce sauvage qui n’existe plus.
- Disparue du pays (DP)
- Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
- En voie de disparition (VD)*
- Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
- Menacée (M)
- Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
- Préoccupante (P)**
- Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
- Non en péril (NEP)***
- Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
- Données insuffisantes (DI)****
- Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.
* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.
Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.