Pic de Lewis (Melanerpes lewis) : Évaluation et rapport de situation du COSEPAC 2024

Titre officiel : Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis (Melanerpes lewis) au Canada

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

Menacée

2024

Matériel appartenant à des tierces parties

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Vue latérale d’un Pic de Lewis sur la souche d’un petit arbre.
Pic de Lewis
Information sur le document

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2024. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis (Melanerpes lewis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, xv + 82 p. (Registre public des espèces en péril).

Rapports précédents :

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis (Melanerpes lewis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, x + 25 p. (Registre public des espèces en péril).

COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis (Melanerpes lewis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, vi + 20 p. (Registre public des espèces en péril).

Velland, M. et V. Connolly. 1999. Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Lewis (Melanerpes lewis) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa, pages 1‑20.

Note de production :

Le COSEPAC remercie Les W. Gyug d’avoir rédigé le rapport de situation sur le Pic de Lewis (Melanerpes lewis) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada. La supervision du rapport a été assurée par Richard Elliot, coprésident du Sous‑comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa ON K1A 0H3

Courriel : cosewic-cosepac@ec.gc.ca
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

Also available in English under the title “COSEWIC Assessment and Status Report on the Lewis’s Woodpecker Melanerpes lewis in Canada”.

Photo de la couverture :

Pic de Lewis à Lillooet, en Colombie-Britannique (2021); photo : Ian Routley, utilisée avec sa permission.

© Sa Majesté le Roi du Chef du Canada, 2024.

No de catalogue CW69-14/405-2025F-PDF
ISBN 978-0-660-77058-1

COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2024

Nom commun

Pic de Lewis

Nom scientifique

Melanerpes lewis

Statut

Menacée

Justification de la désignation

Ce pic de taille moyenne se reproduit dans des parcelles d’habitat dispersées de l’intérieur sud de la Colombie-Britannique, au Canada, et passe l’hiver dans l’ouest des États‑Unis. Il utilise des arbres clairsemés en habitat ouvert comme sites de nidification et comme perchoirs lorsqu’il s’alimente. Cette espèce occupe les forêts ouvertes de pin ponderosa et de douglas de Menzies, les forêts alluviales matures de peupliers et les zones récemment brûlées par des feux de forêt. La seule sous-population canadienne compte environ 2 600 individus matures, et son déclin inféré, qui devrait se poursuivre, était de 5 à 10 % au cours des 10 dernières années. Les principales menaces contribuant à ce déclin continu sont la perte d’habitat due à l’exploitation forestière et à l’élimination des arbres susceptibles de servir à la nidification, la compétition avec l’Étourneau sansonnet pour les sites de nidification et les effets croissants des phénomènes météorologiques extrêmes pendant la période de nidification. L’habitat est également menacé par l’expansion urbaine et agricole continue, de même que par les effets des feux de forêt et de la suppression des incendies.

Répartition

Colombie-Britannique, Alberta

Historique du statut

Espèce désignée « préoccupante » en avril 1999. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2001. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en avril 2010. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2024.

COSEPAC Résumé

Pic de Lewis

Melanerpes lewis

Description et importance de l’espèce sauvage

Le Pic de Lewis (Melanerpes lewis) est un pic coloré de taille moyenne (long de 26 à 28 cm) dont les parties supérieures sont vert foncé. Il arbore un collier gris argenté. Son visage est bordeaux, et sa poitrine et son ventre sont roses. Les mâles et les femelles sont d’apparence semblable, et les juvéniles sont plus foncés que les adultes. L’espèce est génétiquement uniforme dans l’ensemble de son aire de répartition. Elle a divergé de l’espèce qui lui est le plus étroitement apparentée, le Pic à tête rouge, il y a environ 7 à 8 millions d’années. Le Pic de Lewis est recherché par les ornithologues amateurs en raison de sa rareté et de sa répartition limitée au Canada, et il a une importance culturelle pour les peuples des Premières Nations.

Connaissances autochtones

Toutes les espèces sont importantes, interreliées et interdépendantes. Aucune connaissance traditionnelle autochtone accessible au public n’a été relevée en ce qui concerne le Pic de Lewis.

Répartition

Le Pic de Lewis se rencontre uniquement dans l’ouest de l’Amérique du Nord, où son aire de reproduction correspond à peu près à l’aire de répartition du pin ponderosa. Au Canada, il ne se reproduit habituellement que dans les vallées et les hautes terres connexes de l’intérieur sud de la Colombie-Britannique, aussi loin au nord que Williams Lake. Sa répartition est éparse, les couples étant concentrés dans de petites zones d’habitat convenable.

Habitat

Le Pic de Lewis a besoin d’arbres clairsemés, à l’intérieur ou à proximité de milieux ouverts, qu’il utilise comme sites de nidification et comme perchoirs lorsqu’il s’alimente. Des arbres de grand diamètre, qu’ils soient vivants, en décomposition partielle, ou morts, sont utilisés pour la nidification. Une couverture végétale basse diversifiée, composée d’arbrisseaux, de graminées et d’autres herbacées produisant des baies ou offrant un habitat aux insectes, représente une composante importante de l’habitat. Trois types de milieux distincts sont utilisés au Canada : des forêts alluviales matures (riveraines) de peupliers, adjacentes à des milieux ouverts; des forêts ouvertes (de type savane) de pin ponderosa et de douglas de Menzies, qui sont souvent maintenues par des incendies de faible intensité; des zones récemment brûlées (brûlis) par des incendies de forte intensité entraînant le remplacement des peuplements.

Biologie

Les Pics de Lewis qui se reproduisent au Canada hivernent dans l’ouest des États‑Unis et retournent dans leur habitat de nidification au début mai. Les couples élèvent une seule couvée chaque année et font preuve d’une grande fidélité aux sites de nidification. Le mâle et la femelle s’occupent tous les deux du nid. En Colombie-Britannique, le nombre moyen de jeunes à l’envol par nid est de 2,05 dans les forêts riveraines, de 1,53 dans les forêts de milieux secs et de 0,79 dans les brûlis, et un nombre minimal d’environ 1,5 jeune à l’envol par année est nécessaire au maintien d’effectifs stables. Pendant la période de nidification, le Pic de Lewis se nourrit principalement d’insectes qu’il capture en vol ainsi que de cerises cultivées et d’amélanches (fruits de l’amélanchier à feuilles d’aulne) lorsqu’il en trouve. Après la période de reproduction, il se nourrit surtout de fruits sauvages et cultivés. Les adultes et les juvéniles forment des bandes prémigratoires de la fin août au début septembre et quittent généralement la Colombie-Britannique à la fin septembre.

Taille et tendances des populations

La population canadienne de Pics de Lewis est actuellement estimée à environ 2 586 individus matures (intervalle de confiance à 95 % : 2 030 à 3 140), d’après des estimations quantitatives pour 95 % de la population et l’opinion d’experts fondée sur des données pour le reste. Les tendances à long terme d’après les données du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) et du Recensement des oiseaux de Noël (RON) indiquent que les effectifs ont diminué de plus de 50 % entre la période 1940‑1977 et la période 1978‑2022. Le Pic de Lewis a disparu de l’île de Vancouver et des basses‑terres continentales de la Colombie-Britannique depuis les années 1970. Bien que les incendies de forêt créent de nouveaux milieux (brûlis) pouvant servir d’habitat à l’espèce, ces milieux sont peu susceptibles d’être pleinement utilisés, car il existe une offre limitée de forêts alluviales matures de peupliers, plus productives, qui sont nécessaires pour produire un surplus de jeunes afin de coloniser les nouveaux milieux. Le déclin inféré du nombre d’individus matures de 5 à 10 % au cours des 10 dernières années devrait se poursuivre à l’avenir, principalement en raison de la perte d’habitat nette continue.

Menaces et facteurs limitatifs

Les menaces les plus importantes pour le Pic de Lewis sont la perte d’habitat due à l’exploitation forestière et à l’élimination d’arbres susceptibles de servir à la nidification, et la compétition avec l’Étourneau sansonnet, une espèce non indigène, pour les sites de nidification. Les autres menaces comprennent la perte d’habitat attribuable à l’expansion urbaine et à la conversion de boisés ouverts à l’agriculture qui se poursuivent, les effets des incendies de forêt d’origine humaine et de la suppression des incendies sur la disponibilité de l’habitat, ainsi que les répercussions des phénomènes météorologiques extrêmes (inondations et épisodes de chaleur estivaux) liés aux changements climatiques. Les facteurs limitatifs comprennent la fécondité relativement faible de l’espèce et la disponibilité limitée de l’habitat de reproduction convenable de grande qualité, constitué de forêts de peupliers.

Protection, statuts et programmes de rétablissement

Le Pic de Lewis, ses œufs ainsi que ses nids actifs sont protégés contre la persécution directe par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs (Canada) et le Wildlife Act de la Colombie-Britannique. Le COSEPAC l’a d’abord désigné comme espèce préoccupante en novembre 2001, puis comme espèce menacée en 2010, et il a confirmé son statut d’espèce menacée en 2024. Le Pic de Lewis est inscrit à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du Canada. L’espèce est considérée comme apparemment en sécurité (G4) à l’échelle mondiale, mais comme vulnérable au Canada (N3) et en Colombie-Britannique (S3B). Aux États‑Unis, la cote du Pic de Lewis varie de S1 (gravement en péril) à S4 (apparemment en sécurité) dans plusieurs États, selon l’abondance et les tendances locales. Au Canada, environ 5,2 % de l’indice de zone d’occupation de 1 436 km2 se trouve dans des parcs, des aires protégées ou des zones de gestion comme les aires d’habitat faunique (Wildlife Habitat Areas) établies en vertu du Forest and Range Practices Act de la Colombie-Britannique.

Résumé technique

Melanerpes lewis

Pic de Lewis

Lewis’s Woodpecker

Répartition au Canada : Colombie-Britannique (nicheur régulier), Alberta (nicheur rare)

Données démographiques

Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population)

2,23 ans

D’après Bird et al. (2020).

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?

Oui

Inféré, d’après l’opinion d’experts, les déclins répertoriés à Grand Forks et dans le sud de la vallée de l’Okanagan, ainsi que l’impact global des menaces, qui est élevé-moyen.

Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [3 ans ou 1 génération, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].

Déclin d’environ 1,5 à 3 % sur 3 ans (de 2020 à 2022)

Déclin estimé en se basant sur une proportion de l’estimation sur 10 ans (voir la ligne 5).

Pourcentage [observé, estimé ou prévu] de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [5 ans ou 2 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].

Déclin d’environ 2,5 à 5 % sur 5 ans (de 2018 à 2022)

Déclin estimé en se basant sur une proportion de l’estimation sur 10 ans (voir la ligne 5).

Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 dernières années ou 3 dernières générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].

Déclin d’environ 5 à 10 % de la population canadienne sur 10 ans (de 2013 à 2022)

Déclin estimé en se basant sur les déclins observés sur 10 ans à Grand Forks (de 1 % de la population canadienne), et dans le sud de la vallée de l’Okanagan (de 4,2 %), qui, ensemble, indiquent un déclin minimal de 5 % de la population canadienne au cours des 10 dernières années (voir la section Fluctuations et tendances), et la perte continue d’habitat (voir la ligne 18).

Pourcentage [prévu, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [10 prochaines années ou 3 prochaines générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans].

Réduction prévue de 5 à 10 % au cours des 10 prochaines années.

Le déclin devrait se poursuivre à des taux semblables, car les menaces ne devraient pas changer de façon appréciable au cours des 10 prochaines années, et l’impact global des menaces, qui est élevé‑moyen, correspond à un déclin prévu de 3 à 70 % (annexe 1) au cours de cette période.

Pourcentage [observé, estimé, inféré, prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [10 ans ou 3 générations, selon la période la plus longue, jusqu’à un maximum de 100 ans], commençant dans le passé et se terminant dans le futur (jusqu’à un maximum de 100 ans dans le futur).

Réduction inférée et prévue de 5 à 10 % sur une période de 10 ans commençant dans le passé et se terminant dans le futur.

Le déclin sur une période de 10 ans commençant dans le passé et se terminant dans le futur devrait se poursuivre à des taux semblables, car les menaces ne devraient pas changer de façon appréciable sur 10 ans, et l’impact global des menaces, qui est élevé‑moyen, correspond à un déclin prévu de 3 à 70 % (annexe 1) au cours de cette période.

Est-ce que les causes du déclin sont clairement réversibles?

Non

La plupart des pertes d’habitat sont permanentes, et la compétition pour les sites de nidification ne peut pas être contrôlée.

Est-ce que les causes du déclin sont clairement comprises?

Oui, les causes principales sont comprises.

La plupart des causes liées à la perte d’habitat sont clairement comprises, mais les répercussions de la compétition pour les sites de nidification et des épisodes de chaleur extrême soient moins claires.

Est-ce que les causes du déclin ont effectivement cessé?

Non

Le déclin de l’habitat et la compétition pour les sites de nidification se poursuivent. L’abattage du Pic de Lewis comme oiseau nuisible pour l’agriculture a probablement cessé.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?

Non

La taille globale de la population ne varie pas de façon marquée d’une année à l’autre.

Information sur la répartition

Superficie estimée de la zone d’occurrence

118 050 km2

Calculée à l’aide du plus petit polygone convexe englobant les occurrences de reproduction confirmée de 2013 à 2022.

Indice de zone d’occupation (IZO), valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté

1 436 à 1 664 km2

D’après une grille à carrés de 2 km de côté, superposée aux occurrences de reproduction confirmée ou probable de 2013 à 2022 et de 2003 à 2022.

La population est-elle gravement fragmentée, c’est-à-dire que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale (comme indicateur du nombre d’individus) se trouvent dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une sous‑population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce?

  1. Non
  2. Non

Le Pic de Lewis est capable de coloniser un nouvel habitat, comme celui constitué de brûlis, qui pourrait être très éloigné des sites occupés auparavant.

Nombre de « localités » (utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant)

Au moins 50

D’après les menaces posées par la récolte d’arbres susceptibles de servir à la nidification et la compétition avec l’Étourneau sansonnet.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?

Non

Aucun déclin n’a été observé de 2010 (COSEWIC, 2010) à 2022.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation?

Non

Aucun déclin n’a été observé de 2010 (COSEWIC, 2010) à 2022, mais l’IZO a été estimé avec des intervalles de confiance beaucoup plus larges en 2010 qu’en 2022.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous‑populations?

Sans objet

Il n’y a pas de sous-populations.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre de « localités »?

Non

Rien n’indique un déclin du nombre de localités fondées sur les menaces.

Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue et/ou la qualité] de l’habitat?

Oui. Il y a un déclin observé et prévu de la superficie et de la qualité de l’habitat de reproduction.

En raison de la récolte continue d’arbres de nidification, de la compétition avec l’Étourneau sansonnet, de l’expansion urbaine et agricole dans les aires de nidification, de l’endiguement et de l’action érosive des inondations qui ont une incidence sur les forêts riveraines de peupliers.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous‑populations?

Non

Il n’y a pas de sous-populations.

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de « localités »?

Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?

Non

Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?

Non

Nombre d’individus matures (par région ou sous‑région)

Tableau de nombre d’individus matures
Région ou sous-région en Colombie‑Britannique Nombre d’individus matures (limites de confiance à 95 % pour les estimations quantitatives, fourchettes plausibles pour les estimations fondées sur l’opinion) Type d’estimation (voir le tableau 3 et le texte à l’appui)
Boundary 414 (346-484) Estimation quantitative de 2023‑2024
Kamloops 330 (116-444) Estimation quantitative de 2011‑2012
Kootenay-Est 230 (32-336) Estimation quantitative de 2013
Merritt 188 (72-304) Estimation quantitative de 2015
Savona-Cache Creek 546 (264-616) Estimation quantitative de 2018
Sud de la vallée de l’Okanagan 300 (52-548) Estimation quantitative de 2022
Similkameen 254 (76-302) Estimation quantitative de 2022
Spences Bridge 188 (100-278) Estimation quantitative de 2023
Sous‑total des estimations quantitatives 2 450 (1 950-2 950) sans objet
Kootenay-Ouest 36 (30-40) Selon l’opinion d’experts, 2022
Centre de la vallée de l’Okanagan 40 (20-60) Selon l’opinion d’experts, 2022
Nord de la vallée de l’Okanagan-Shuswap 10 (0-20) Selon l’opinion d’experts, 2022
Fraser 30 (20-40) Selon l’opinion d’experts, 2022
Cariboo-Chilcotin 20 (10-30) Selon l’opinion d’experts, 2022
Région côtière 0 Selon l’opinion d’experts, 2022
Sous‑total fondé sur l’opinion d’experts 136 (80-190) sans objet
Total 2 586 (2 030-3 140) 2011-2024.

Analyse quantitative

La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans].

Inconnu

Aucune analyse n’a été effectuée.

Menaces et facteurs limitatifs

Un calculateur des menaces a‑t‑il été rempli pour l’espèce?

Oui, le 15 janvier 2024 (annexe 1)

Impact global des menaces :

Élevé-moyen.

Principales menacées relevées :

  1. UICN 5. Utilisation des ressources biologiques (impact élevé-moyen)
  2. UICN 8. Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (impact élevé-moyen)
  3. UICN 1. Développement résidentiel et commercial (impact moyen)
  4. UICN 7. Modifications des systèmes naturels (impact moyen)
  5. UICN 11. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (impact moyen)
  6. UICN 2. Agriculture et aquaculture (impact faible)
  7. UICN 3. Production d’énergie et exploitation minière (impact faible)
  8. UICN 4. Corridors de transport et de service (impact faible)
  9. UICN 6. Intrusions et perturbations humaines (impact faible)
  10. UICN 9. Pollution (impact inconnu)

Quels sont les facteurs limitatifs pertinents?

La disponibilité d’habitat convenable peut être un facteur limitatif, en particulier la disponibilité d’arbres de nidification morts ou mourants dans les forêts alluviales matures de peupliers. La fécondité relativement faible de l’espèce pourrait limiter sa capacité à reconstituer ses effectifs.

Immigration de source externe (immigration naturelle de l’extérieur du Canada)

Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada.

Les États adjacents aux États‑Unis connaissent des déclins à long terme, mais de légères augmentations à court terme fondées sur les tendances d’après le BBS; toutefois, la fiabilité de celles‑ci est faible.

Washington (S2S3), Idaho (S3B) et Montana (S2B).

Une immigration a‑t‑elle été constatée ou est‑elle possible?

Oui

Le Pic de Lewis est une espèce très mobile, se déplaçant sur de grandes distances à l’automne et au printemps, et colonisant de nouveaux brûlis; par conséquent, une immigration est sans doute possible.

Des individus immigrants seraient‑ils adaptés pour survivre au Canada?

Oui

La population des États‑Unis, adjacente à la population canadienne, est écologiquement et génétiquement semblable à cette dernière.

Y a‑t‑il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?

Non

L’habitat à long terme, de grande qualité, semble déjà être un facteur limitatif au Canada.

Les conditions se détériorent‑elles au Canada?

Oui

Le déclin de la qualité de l’habitat et de la quantité d’habitat se poursuit.

Les conditions de la population source se détériorent-elles?

Probablement

On suppose que des limites d’habitat semblables s’appliquent dans les États adjacents des États‑Unis.

La population canadienne est‑elle considérée comme un puits?

Non

La fécondité est supérieure au seuil de renouvellement dans les peuplements riverains matures de peupliers et les peuplements de pins en milieu sec, en Colombie-Britannique.

La possibilité d’une immigration depuis des populations externes susceptible d’entraîner un changement de statut existe‑t‑elle?

Non, peu probable

La population canadienne semble limitée par l’habitat disponible, et les populations sources potentielles des États‑Unis font probablement l’objet de limites semblables.

Nature délicate de l’information sur l’espèce

La publication de certaines données sur l’occurrence pourrait‑elle nuire davantage à l’espèce sauvage ou à son habitat?

Non

Des détails précis sur les occurrences ne sont pas révélés dans le présent rapport, et les sites ne sont cartographiés qu’à très grande échelle.

Historique du statut

COSEPAC

Espèce désignée « préoccupante » en avril 1999. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2001. Réexamen du statut : l’espèce a été désignée « menacée » en avril 2010. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2024.

Statut et justification de la désignation

Statut

Menacée

Code alphanumérique

C2a(ii)

Justification du changement de statut

Sans objet

Justification de la désignation (2024)

Ce pic de taille moyenne se reproduit dans des parcelles d’habitat dispersées de l’intérieur sud de la Colombie-Britannique, au Canada, et passe l’hiver dans l’ouest des États‑Unis. Il utilise des arbres clairsemés en habitat ouvert comme sites de nidification et comme perchoirs lorsqu’il s’alimente. Cette espèce occupe les forêts ouvertes de pin ponderosa et de douglas de Menzies, les forêts alluviales matures de peupliers et les zones récemment brûlées par des feux de forêt. La seule sous-population canadienne compte environ 2 600 individus matures, et son déclin inféré, qui devrait se poursuivre, était de 5 à 10 % au cours des 10 dernières années. Les principales menaces contribuant à ce déclin continu sont la perte d’habitat due à l’exploitation forestière et à l’élimination des arbres susceptibles de servir à la nidification, la compétition avec l’Étourneau sansonnet pour les sites de nidification et les effets croissants des phénomènes météorologiques extrêmes pendant la période de nidification. L’habitat est également menacé par l’expansion urbaine et agricole continue, de même que par les effets des feux de forêt et de la suppression des incendies.

Applicabilité des critères

A : Déclin du nombre total d’individus matures

Sans objet

Le taux inféré de déclin de la population (~5 à 10 % sur 10 ans) est bien inférieur au seuil de la catégorie « Espèce menacée ».

B : Aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation

Sans objet

Bien que l’indice de zone d’occupation de 1 436 à 1 664 km2 soit inférieur au seuil de 2 000 km2 de la catégorie « Espèce menacée », et qu’il y ait un déclin observé et prévu de la superficie et de la qualité de l’habitat de reproduction et du nombre d’individus matures, le nombre de localités (> 50) dépasse le seuil de 10 de la catégorie « Espèce menacée », et l’espèce ne connaît pas de fluctuations extrêmes.

C : Nombre d’individus matures peu élevé et en déclin

Correspond au critère de la catégorie « Espèce menacée » C2a(ii).

Le nombre d’individus matures (2 586; fourchette de 2 030 à 3 140) est inférieur au seuil de 10 000 individus de la catégorie « Espèce menacée »; il y a un déclin continu inféré et prévu du nombre d’individus matures; et il y a une seule sous-population qui comprend tous (100 %) les individus matures.

D : Très petite population totale ou répartition restreinte

Sans objet

Le nombre d’individus matures (2 586; fourchette de 2 030 à 3 140) et le nombre de localités (> 50) dépassent les seuils de la catégorie « Espèce menacée ».

E : Analyse quantitative

Sans objet

Aucune analyse n’a été effectuée.

Préface

Un plan de gestion a été publié pour le Pic de Lewis en 2014 (Environment Canada, 2014) pour donner suite à sa désignation comme espèce préoccupante, puis un programme de rétablissement a été publié pour l’espèce en 2017 (Environment and Climate Change Canada, 2017) pour donner suite au changement de statut à « menacée » en 2010. Le programme de rétablissement comprenait la définition spatiale des zones d’habitat essentiel.

Depuis 2010, le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) tient une base de données spatiales sur les observations historiques et actuelles du Pic de Lewis (ECCC‑CWS, 2023), ce qui a simplifié la cartographie, la surveillance et le suivi de sa répartition et de sa situation à l’échelle régionale et locale au Canada. La base de données comprend les résultats de dénombrements exhaustifs du Pic de Lewis par points d’écoute (n = 1 412), effectués entre 2006 et 2009, ainsi que les coordonnées de mentions d’observation d’individus et de nids de 2011 à 2023, utilisées pour les estimations quantitatives de l’abondance, d’autres relevés exploratoires effectués dans des régions non couvertes par les estimations quantitatives de l’abondance, et les données de suivi provenant des dénombrements annuels par points d’écoute en bordure de routes depuis 2014. Les estimations quantitatives de l’abondance pour la plupart des régions occupées en Colombie-Britannique ont été effectuées de 2011 à 2023. Une étude de mémoire de maîtrise ès sciences sur le succès de la nidification et la productivité des nids dans différents milieux en Colombie-Britannique a été réalisée en 2016 (Macfarland, 2016). En date de décembre 2021, eBird comptait 7 454 feuillets d’observations du Pic de Lewis au Canada, dont 5 415 feuillets d’observations de 2010 à 2021, 954 de 2000 à 2009 et 1 085 mentions historiques remontant jusqu’en 1920 (eBird Basic Dataset, 2021). Les résultats présentés ici sont fondés sur les données disponibles en date de février 2023, à l’exception de nouvelles données importantes recueillies au cours des périodes de reproduction 2023 et 2024, y compris l’estimation actualisée des effectifs nicheurs pour les régions de Spences Bridge et de Boundary en Colombie-Britannique, la mention de reproduction dans le parc national des Lacs‑Waterton en Alberta, en 2023, et les observations à l’est de l’Alberta (eBird, 2024).

Le compte rendu sur le Pic de Lewis dans Birds of the World a été mis à jour en 2013 (Vierling et al., 2020), et la quantité de nouvelles données et leur qualité ainsi que la numérisation d’anciennes données permettent maintenant une évaluation quantitative plus fiable des effectifs et des tendances que par le passé.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2024)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.
Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Classification actuelle :

Classe : Oiseaux

Ordre : Piciformes

Famille : Picidés

Genre : Melanerpes

Espèce : Melanerpes lewis

Noms communs :

Français : Pic de Lewis

Anglais : Lewis’s Woodpecker

Synonymes et remarques :

Le Pic de Lewis est l’une des 24 espèces du genre Melanerpes, toutes présentes dans les Amériques. Son congénère dans l’est est le Pic à tête rouge (M. erythrocephalus; Bock et al., 1971; Cannings et al., 1987), qui est présent dans le sud du Canada, depuis la Saskatchewan jusqu’au Québec (Frei et al., 2020). On estime que leurs lignées génétiques ont divergé il y a environ 7 à 8 millions d’années (Navarro‑Siguenza et al., 2017). Il n’existe aucune preuve d’hybridation du Pic de Lewis avec d’autres espèces (Vierling et al., 2020).

Description de l’espèce sauvage

Le Pic de Lewis est un pic de taille moyenne (de 26 à 28 cm) dont les parties supérieures (arrière de la tête, dos, ailes et queue) sont vert foncé. Il arbore un collier gris argenté. Son visage est bordeaux, et sa poitrine et son ventre sont roses. Les deux sexes sont de couleur et de taille semblables, ce qui rend leur distinction sur le terrain difficile, même pour des observateurs expérimentés. Les juvéniles sont plus foncés que les adultes, et leur plumage ne comporte pas ou presque pas de gris, de bordeaux ou de rose (Vierling et al., 2020).

En vol, le Pic de Lewis ressemble davantage à la Corneille d’Amérique (Corvus americanus) ou au Cassenoix d’Amérique (Nucifraga columbiana) qu’à d’autres espèces de pics. Son vol est direct et régulier plutôt qu’ondoyant, avec de grands battements d’ailes. Le Pic de Lewis peut également monter en flèche et planer lorsqu’il chasse des mouches (Vierling et al., 2020).

Unités désignables

Aucune sous‑espèce de Pic de Lewis n’est reconnue (Vierling et al., 2020), et rien n’indique que les différences entre les assemblages d’individus nicheurs au Canada soient suffisamment importantes, notamment sur le plan de l’évolution, pour justifier la prise en compte des assemblages en tant qu’unités désignables distinctes. Comme dans le rapport de 2010 (COSEWIC, 2010), le Pic de Lewis est considéré comme une seule unité désignable au Canada.

Importance de l’espèce

Le Pic de Lewis est un nicheur cavicole primaire, même si sa capacité d’excavation est faible, qui creuse de nouvelles cavités susceptibles d’être utilisées par d’autres espèces cavicoles au cours d’années subséquentes. Il utilise aussi des cavités existantes, creusées par d’autres espèces d’oiseaux, notamment le Pic flamboyant (Colaptes auratus). Il suscite l’intérêt des ornithologues amateurs en raison de sa rareté relative au Canada, comme en témoignent les multiples mentions eBird souvent soumises pour un seul individu observé, par exemple, à Vancouver ou à Calgary (voir la section Aire de répartition canadienne).

Connaissances autochtones

Les connaissances traditionnelles autochtones (CTA) sont fondées sur les relations. Il s’agit de renseignements sur les rapports écologiques entre les humains et leur environnement, ce qui comprend les caractéristiques de l’espèce, des habitats et des localités. Les lois et les protocoles relatifs aux rapports entre les humains et l’environnement sont transmis par des enseignements et des récits ainsi que par les langues autochtones, et peuvent être fondés sur des observations à long terme. Les noms de lieux fournissent des renseignements sur les zones de récolte, les processus écologiques, l’importance spirituelle ou les produits de la récolte. Les CTA peuvent aider à déterminer les caractéristiques du cycle vital d’une espèce ou les différences entre des espèces semblables.

Importance culturelle pour les peuples autochtones

Le présent rapport ne comprend pas de CTA propres à l’espèce. Cependant, le Pic de Lewis a de l’importance pour les peuples autochtones, qui reconnaissent l’interrelation de toutes les espèces au sein de l’écosystème.

Répartition

Aire de répartition mondiale

Le Pic de Lewis se rencontre uniquement dans l’ouest de l’Amérique du Nord, où son aire de reproduction correspond à peu près à l’aire de répartition du pin ponderosa (Pinus ponderosa; Saab et Vierling, 2001). Il se reproduit actuellement depuis l’intérieur sud de la Colombie-Britannique vers le sud jusqu’en Californie, en passant par le centre de l’État de Washington et l’Oregon, et vers l’est jusque dans l’est du Colorado, le centre de l’Arizona et le sud du Nouveau‑Mexique (Vierling et al., 2020; figure 1). La répartition du Pic de Lewis est irrégulière à l’intérieur de cette aire, avec des concentrations locales dans des zones d’habitat convenable (Cooper et al., 1998; Vierling et al., 2020).

Carte de l’Amérique du Nord montrant quatre catégories de répartition, principalement dans la moitié ouest des États Unis. La description longue suit.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Breeding = Aire de reproduction

Migration = Zone de migration

Nonbreeding = Aire utilisée en période internuptiale

Year-round = Aire occupée toute l’année

Figure 1. Répartition mondiale du Pic de Lewis, montrant l’aire de reproduction, la zone de migration, l’aire utilisée en période internuptiale et l’aire occupée toute l’année (tiré de Vierling et al., 2020).

Description longue

La carte montre les quatre catégories de répartition (aire de reproduction, zone de migration, aire utilisée en période internuptiale et aire occupée toute l’année) sous la forme d’une mosaïque couvrant l’ouest et le centre‑ouest des États‑Unis et s’étendant jusqu’au sud‑est de la Colombie‑Britannique.

C’est l’aire de reproduction qui se trouve le plus au nord. Elle comprend le sud‑est de la Colombie‑Britannique, puis se divise en trois parties. La partie le plus à l’ouest est une étroite bande qui s’étend vers le sud, en passant par le centre de l’État de Washington, et qui traverse à peine la frontière avec l’Oregon. La partie centrale couvre tout l’Idaho, sauf le coin sud‑est de l’État, débordant légèrement dans le nord‑est de l’Oregon. Elle s’élargit ensuite pour couvrir le quart nord du Nevada. La partie le plus à l’est, la plus grande, couvre le tiers ouest du Montana et s’étend sur une bande étroite traversant toute la frontière sud de l’État; elle couvre aussi tout le Wyoming et déborde légèrement dans le Dakota du Sud vers l’est, le nord‑est de l’Utah vers l’ouest, et le nord‑ouest et le centre‑nord du Colorado vers le sud. 

La zone de migration est séparée en deux secteurs, qui s’imbriquent entre les trois parties de l’aire de reproduction. Le plus petit des deux secteurs commence juste à la frontière entre la Colombie‑Britannique et l’État de Washington et s’étend vers le sud dans une étroite bande traversant l’est de l’État de Washington et s’élargissant pour couvrir la majeure partie de la moitié est de l’Oregon jusqu’à la frontière avec le Nevada. Le plus grand secteur commence à l’extrémité sud‑ouest du Montana, couvre le quart sud‑est de l’Idaho, la majeure partie de l’Utah, tout le centre du Nevada et une étroite bande dans l’est de la Californie, presque jusqu’à la frontière entre les États‑Unis et le Mexique.

L’aire utilisée en période internuptiale est séparée en deux secteurs : l’un couvre une grande partie de l’ouest de la Californie jusqu’à la frontière avec le Mexique, et l’autre, en forme de « U » ouvert, commence à l’extrémité sud du Nevada, traverse en diagonale le milieu de l’Arizona, puis remonte en diagonale par le centre du Nouveau‑Mexique.

L’aire occupée toute l’année est séparée en quatre secteurs. Le secteur le plus à l’ouest commence en Oregon, près de la frontière avec l’État de Washington, couvre plus de la moitié de la moitié ouest de l’État et s’étend vers le sud jusqu’en Californie en deux bandes, l’une très étroite près de la côte pacifique jusqu’à environ la moitié de la longueur de l’État et l’autre, plus large, jusqu’à environ les trois quarts de la longueur de l’État. Deux secteurs beaucoup plus petits sont aussi illustrés, un dans le nord‑est de l’Utah et l’autre dans le centre‑sud du Nouveau‑Mexique. 

L’aire de reproduction du Pic de Lewis comprenait auparavant la dépression de Georgia dans le sud‑ouest de la Colombie-Britannique (Cooper et al., 1998; Beauchesne et Cooper, 2002), les îles San Juan, le Puget Sound, d’autres zones côtières de l’ouest de l’État de Washington, les vallées des rivières Willamette et Rogue dans l’ouest de l’Oregon (Galen, 2003), et l’ouest de la Californie (Small, 1994). L’espèce a disparu comme oiseau nicheur dans les zones situées à l’ouest des monts Cascade et au nord de la Californie entre les années 1940 et 1980 (Altman, 2011).

Le Pic de Lewis passe l’hiver dans la partie sud de son aire de reproduction, depuis le sud‑ouest de l’Oregon, passant par le centre de l’Utah et le centre du Colorado au nord, jusqu’au nord du Mexique au sud (figure 1; Vierling et al., 2020). Des individus peuvent rester dans les latitudes nord lorsque les conditions météorologiques et les sources de nourriture sont favorables. Avant 2009, des individus hivernants étaient observés régulièrement dans la vallée de l’Okanagan et la région de Boundary, en Colombie-Britannique (par exemple Cooper et al., 1998; National Audubon Society, 2023), mais l’espèce n’hiverne plus régulièrement au Canada.

Aire de répartition canadienne

Au Canada, le Pic de Lewis est un nicheur régulier seulement dans le sud de la Colombie-Britannique (figures 2 et 3). Il se reproduit actuellement aussi loin au nord que Soda Creek dans la vallée du fleuve Fraser, le long des vallées de la rivière Thompson Nord jusqu’à Chu Chua, le long de la vallée de la rivière Thompson Sud vers l’est jusqu’aux environs de Chase, le long de la vallée de la rivière Nicola jusqu’au lac Douglas, dans les régions de l’Okanagan, de la rivière Similkameen, et de Boundary, dans plusieurs sites de la région de Kootenay‑Ouest et dans le sillon de la région de Kootenay‑Est aussi loin au nord que les sources thermales Radium Hot Springs (Luszcz et Sawicz, 2007; Beauchesne et Cooper, 2008; ECCC‑CWS, 2023; eBird, 2024). Sa répartition est éparse dans cette aire, les individus étant concentrés dans des zones d’habitat convenable à l’intérieur des vallées principales et des vallées adjacentes et sur les pentes.

La répartition historique du Pic de Lewis comprenait le sud de l’île de Vancouver et la vallée du bas Fraser où l’on observe encore, à l’occasion, des individus seuls, principalement après la période de reproduction. Les dernières mentions de reproduction sur l’île de Vancouver et dans la vallée du bas Fraser datent de 1962 et de 1964, respectivement (Campbell et al., 1990; Beauchesne et Cooper, 2002). De 1964 à 2023, 179 feuillets d’observations eBird uniques ont été soumis pour cette région dans lesquels le Pic de Lewis était mentionné. Toutefois, il n’y avait que trois feuillets d’observations pour le mois de juin, aucun pour le mois de juillet, et aucun des feuillets ne mentionnait des indices de reproduction (eBird, 2024).

Il y a des mentions de l’espèce à l’extérieur de la zone d’occurrence, en Colombie-Britannique, dans l’atlas des oiseaux nicheurs de la province (Fraser et Ramsay, 2015; figure 2), 150 km à l’ouest de la zone d’occurrence actuelle (figure 3). Cependant, la reproduction n’a pas été confirmée dans ces sites, malgré des activités de recherche annuelles réalisées au cours des dernières années (Sims, comm. pers., 2023). Le Pic de Lewis a été observé dans la même région à l’automne 2010, 2013, 2015 et 2019 (eBird, 2024), lors de relevés quotidiens menés à l’observatoire d’oiseaux du lac Tatlayoko, mais le personnel de l’observatoire ignore s’il y a des mentions de reproduction dans cette région (Bartels, comm. pers., 2023).

Carte de la Colombie Britannique montrant l’aire de reproduction du Pic de Lewis pour la période 2008 2012. La description longue suit.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Lewis's Woodpecker = Pic de Lewis

Melanerpes lewis = Melanerpes lewis

Breeding Evidence = Indices de nidification

Possible = Nidification possible

Probable = Nidification probable

Confirmed = Nidification confirmée

Not Surveyed = Parcelle non recensée

Not Observed = Parcelle où l’espèce n’a pas été observée

Figure 2. Aire de reproduction du Pic de Lewis en Colombie-Britannique pour la période 2008‑2012, selon l’Atlas des oiseaux nicheurs de la Colombie-Britannique (Fraser et Ramsay, 2015). Des carrés de couleur de 10 km de côté indiquent les endroits où le Pic de Lewis a été observé au cours de cette période.

Description longue

La carte montre les indices de nidification possible, probable et confirmée pour le Pic de Lewis en Colombie‑Britannique, au moyen de carrés de couleur de 10 kilomètres (km) de côté. La plupart des indices de nidification se trouvent dans une bande indistincte, qui s’étend vers le nord‑ouest depuis la frontière entre le Canada et les États‑Unis, à travers le quart sud de la province, qui correspond à la région de Thompson‑Okanagan, possiblement jusqu’au sud de la région de Cariboo. Une bande beaucoup plus petite d’indices de nidification se trouve dans le sud‑est de la province, qui correspond à la région de Kootenay‑Est. Un petit nombre de carrés indiquant des indices de nidification possible, probable et confirmée sont illustrés entre les deux bandes principales.

Une petite carte en médaillon de la province, sans légende, mais à une échelle beaucoup plus grande (c.‑à‑d. que les carrés semblent mesurer au moins 100 km de côté), montre des indices de nidification confirmée le long de la frontière entre le Canada et les États‑Unis, depuis la frontière avec l’Alberta presque jusqu’à la côte, et dans une zone qui occupe la majeure partie du sud‑est de la province, une bande d’indices plus étroite atteignant un point tout juste au sud du centre géographique de la province. Deux carrés indiquant des indices de nidification possible sont présents entre les carrés de nidification confirmée et la côte. 

Carte du sud est de la Colombie Britannique montrant la zone d’occurrence et l’indice de zone d’occupation du Pic de Lewis. La description longue suit.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Index of Area of Occupancy = Indice de zone d’occupation

Extent of Occurrence 2022 = Zone d’occurrence en 2022

Extent of Occurrence 2010 = Zone d’occurrence en 2010

Kilometers = kilomètres

British Columbia = Colombie Britannique

Figure 3. Zone d’occurrence du Pic de Lewis en 2010 et en 2022, et indice de zone d’occupation (IZO) indiqué par des cellules de 2 km de côté. La zone d’occurrence et l’IZO sont fondés sur les observations dans la base de données tenue à jour par Environnement et Changement climatique Canada (ECCC‑CWS, 2023) et eBird (2023).

Description longue

La zone d’occurrence du Pic de Lewis en 2022 s’étend le long de la frontière avec les États‑Unis, depuis environ 75 km à l’ouest de la frontière avec l’Alberta jusqu’à environ 225 km à l’intérieur des terres à partir de la côte pacifique. Elle s’étend sur environ 500 km vers le nord‑ouest, jusqu’à un point situé à 50 km de Williams Lake, dans la région de Cariboo. La limite ouest de la zone d’occurrence est légèrement recourbée jusqu’à un point situé environ 60 km au sud‑ouest de Williams Lake, puis tourne et se dirige 75 km vers le nord‑est pour atteindre le point le plus au nord de la zone d’occurrence. La limite est de la zone d’occurrence se dirige en ligne droite vers le sud‑est à partir du point le plus au nord jusqu’à un point situé environ 100 km au sud de Golden, avant de virer plus directement vers le sud, traversant la région de Kootenay‑Est pour se rendre jusqu’à environ 90 km de la frontière avec les États‑Unis. La zone d’occurrence de 2010 est très légèrement plus petite que celle de 2022, ses limites dans les deux tiers supérieurs du polygone étant situées entre 10 et 20 km à l’intérieur des limites de 2022.

L’indice de zone d’occupation (IZO), indiqué par des cellules de 2 km de côté, montre que la plus forte densité d’occupation se trouve dans le coin sud‑ouest du polygone, entre la frontière avec les États‑Unis et Kelowna, dans la vallée de l’Okanagan. D’autres cellules d’IZO sont regroupées à l’ouest et au sud de Kamloops (environ 100 km au nord‑ouest de Kelowna) et le long de la limite sud‑est du polygone, au nord et au sud de Cranbrook, dans la région de Kootenay‑Est. 

L’espèce se reproduisait auparavant dans le bassin du Columbia jusqu’à Golden et Revelstoke, au nord, et près du parc Wells Gray dans la vallée de la rivière Thompson Nord (Campbell et al., 1990). Bien que le Pic de Lewis soit encore observé à l’occasion dans ces régions, il n’y a aucune mention de reproduction récente (ECCC‑CWS, 2023; eBird, 2024). Une recherche intensive dans la région du bassin du Columbia effectuée en 2007 n’a permis de répertorier aucune mention au nord de Fairmont (Beauchesne et Cooper, 2008). Cependant, de 2011 à 2021, on a enregistré 24 mentions eBird uniques d’individus distincts au nord de Fairmont, dont une mention de nidification près des sources thermales Radium Hot Springs, environ 25 km au nord de Fairmont.

À l’occasion, on observe également cette espèce dans le bas des versants et les contreforts des montagnes de l’ouest de l’Alberta, mais la plus récente mention de reproduction dans cette province avant 2023 remonte à 1946 (Cooper et al., 1998). En date de 2022, eBird ne comptait aucune mention d’observation de couples nicheurs, de reproduction confirmée ou d’occupation de site pendant plus de quelques jours, en Alberta (eBird, 2024). Cependant, en 2023, un couple a niché dans un brûlis récent dans le parc national des Lacs‑Waterton (extrême sud‑ouest de l’Alberta); il s’agit d’une occurrence de nidification confirmée, deux jeunes du nid ayant pris leur premier envol (eBird, 2024; Gutsell, comm. pers., 2024), et plus de 120 feuillets d’observations eBird ont été soumis pour ce site en 2023. L’origine de ces individus est inconnue, mais on suppose qu’ils provenaient de la Colombie-Britannique (Court, comm. pers., 2024). En revanche, une seule mention eBird a été soumise pour le Pic de Lewis (13 mai) dans le parc national des Lacs‑Waterton en 2024 (en date du 22 juillet; eBird, 2024), et l’on présume que l’espèce ne s’y est pas reproduite en 2024. Le Pic de Lewis était considéré comme une espèce errante et un nicheur très rare en Alberta dans les deux atlas des oiseaux nicheurs (Semenchuk, 1992; Federation of Alberta Naturalists, 2007). Récemment, les mentions eBird sont devenues plus fréquentes en Alberta : en 2018 (2 occurrences), en 2019 (1 occurrence), en 2020 (7 occurrences), en 2021 (5 occurrences) et en 2022 (4 occurrences). L’espèce est maintenant considérée comme un nicheur rare en Alberta (Court, comm. pers., 2024).

Des individus errants ont été observés aussi loin à l’est que la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador (McLaren, 2012), des observations occasionnelles ayant été répertoriées en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario et au Québec (Hatch et L’Arrivée, 1981; eBird, 2024). En 2023, des individus ont été observés dans l’est de la Saskatchewan (22 mai), sur l’île Manitoulin, en Ontario (17 janvier‑21 mai) et sur la rive nord du golfe du Saint‑Laurent au Québec (26 juin; eBird, 2024).

Structure de la population

Aucune structure ou variation géographique ou génétique n’a été décrite pour le Pic de Lewis (Vierling et al., 2020), et il n’existe aucune preuve provenant d’études de baguage ou d’autres études indiquant l’existence de plus d’une sous‑population (groupes distincts de la population ayant peu d’échanges démographiques ou génétiques entre eux) au Canada. Cette espèce est très mobile, et les individus se déplacent facilement sur des distances notables pour coloniser de nouveaux milieux, par exemple les brûlis et les zones infestées par des dendroctones (Dendroctonus spp.), peu après leur création (voir la section Habitat de reproduction). Pendant la migration automnale, les Pics de Lewis se rassemblent en groupes, ce qui offre des possibilités d’échanges et de déplacements entre lieux de reproduction et pour la formation de couples entre individus de régions différentes.

Zone d’occurrence et zone d’occupation

Zone d’occurrence actuelle

La zone d’occurrence actuelle est d’environ 118 050 km2 au Canada, d’après le plus petit polygone convexe, tracé autour des sites de reproduction connus, confirmés pendant la période 2013‑2022 (figure 3).

Indice de zone d’occupation actuel

Des relevés étendus et intensifs, effectués pour obtenir des estimations régionales de l’abondance des nids, ont permis de calculer une estimation relativement fiable de l’indice de zone d’occupation (IZO) actuel. L’IZO est estimé à 1 436 km2 d’après une grille à carrés de 2 km de côté, qui contient les mentions de reproduction confirmée et probable (ECCC‑CWS, 2023) ainsi que les mentions de reproduction eBird supplémentaires pour la période 2013‑2022 (figure 3). Toutefois, l’IZO calculé en fonction de ces seules mentions pourrait être sous‑estimé, car les activités de recherche de nids plus étendues et intensives, effectuées de 2006 à 2008, n’ont pas été répétées de 2013 à 2022, période pendant laquelle les inventaires se sont concentrés sur l’abondance relative annuelle sur les mêmes parcours ou sur un sous‑échantillonnage pour produire des estimations de la population nicheuse. Si toutes les mentions de reproduction de la période 2003‑2022 sont prises en compte, l’IZO estimé serait de 1 664 km2; c’est pourquoi une fourchette de 1 436 à 1 664 km2 a été retenue dans le présent rapport.

Fluctuations et tendances de la répartition

La répartition du Pic de Lewis au Canada ne présente pas de fluctuations extrêmes. Les changements dans la répartition se produisent lentement et sont généralement d’une ampleur relativement faible, en harmonie avec les changements graduels de l’habitat. La répartition peut cependant changer de façon marquée à l’échelle locale en Colombie-Britannique, par exemple lorsque des individus occupent de nouveaux brûlis, mais ces changements se produisent habituellement sur plusieurs années, et seulement à l’échelle locale.

Le COSEPAC (COSEWIC, 2010) a estimé que la superficie de la zone d’occurrence était de 86 000 km2, mais cette estimation excluait les zones montagneuses discontinues n’offrant pas d’habitat, qui sont incluses selon la méthodologie actuelle. Le recalcul de l’estimation de la zone d’occurrence du COSEPAC (COSEWIC, 2010) à l’aide des méthodes actuelles donne une estimation de 110 391 km2 pour 2010. La comparaison de cette estimation avec la zone d’occurrence actuelle (voir ci‑dessus) révèle une augmentation apparente de 6,9 %, ce qui reflète l’inclusion des mentions de nidification dans les régions suivantes : 24 km plus à l’ouest le long de la rivière Chilcotin (Hobbs et Mailloux, 2021); 10 km plus à l’ouest, à Lillooet; 13 km plus au nord, près de Williams Lake; et 25 km plus au nord, dans le sillon de la chaîne Columbia (ECCC‑CWS, 2023; figure 3). Cette différence est en partie attribuable à l’amélioration des connaissances et de l’accès aux données sur l’aire de reproduction. La zone d’occurrence est considérée comme relativement inchangée dans l’ensemble.

L’IZO est estimé à « entre 500 et 2 000 km2 » dans le rapport de 2010 (COSEWIC, 2010). Puisque l’IZO calculé dépend de l’effort, qui est difficile à quantifier, et que de nombreuses régions recensées de 2006 à 2012 n’ont pas fait l’objet de relevés de 2013 à 2022, la limite supérieure de la fourchette de l’IZO actuel de 1 436 à 1 664 km2 pourrait être très légèrement sous‑estimée. Dans l’ensemble, l’IZO est considéré comme relativement inchangé par rapport à 2010.

Biologie et utilisation de l’habitat

Cycle vital et reproduction

Le Pic de Lewis se reproduit probablement pour la première fois à l’âge d’un an (Abele et al., 2004; Bird et al., 2020). En Colombie-Britannique, presque tous les individus adultes tentent probablement de se reproduire. Par exemple, selon des relevés effectués en 1998 et en 2007 dans le sillon de la région de Kootenay‑Est, 94 % des adultes détectés étaient associés à des nids actifs (Cooper et Beauchesne, 2000; Beauchesne et Cooper, 2008). La durée d’une génération du Pic de Lewis d’après Bird et al. (2020) est de 2,23 ans. La durée de vie de l’espèce a été estimée à tout au plus 10 ans, compte tenu de la réutilisation des cavités de nids au fil du temps par des individus non bagués, quoique certains d’entre eux n’étaient peut‑être pas les mêmes individus (Beauchesne et Cooper, 2008). Selon Bird et al. (2020), elle serait de 9,1 ans, mais d’autres espèces du genre Melanerpes vivent jusqu’à 12 ans (Abele et al., 2004; Bird et al., 2020). On ne dispose d’aucune estimation du taux de survie annuel des adultes (Vierling et al., 2020). Les taux de survie annuels estimés pour d’autres espèces de pics adultes du genre Melanerpes varient de 59 à 75 % (Abele et al., 2004) et de 30 à 63 % (Bird et al., 2020). Le taux de survie annuel du Pic de Lewis modélisé par Bird et al. (2020) est de 42 %. Il n’existe aucune donnée sur le succès reproductif des individus de l’espèce au cours de leur vie (Vierling et al., 2020).

Les Pics de Lewis nichent souvent à proximité les uns des autres, suivant un comportement semi‑colonial. En Colombie-Britannique, par exemple, quelques occurrences de deux ou trois couples nichant dans le même arbre ont été observées (Currier, 1928; Bock, 1970; Cooper et Beauchesne, 2000; Beauchesne et Cooper, 2008; ECCC‑CWS, 2023; Gyug, données inédites). Il y a des preuves de coopération dans la défense des nids entre voisins proches et, dans de rares cas, plus de deux adultes ont été observés en train de s’occuper d’un même nid (Cooper et Beauchesne, 2000; Vierling et al., 2020; Gyug, données inédites).

Le Pic de Lewis choisit habituellement des arbres de grand diamètre dans un stade de décomposition intermédiaire pour la nidification (Zhu, 2006a). En Colombie-Britannique, le diamètre à hauteur de poitrine (dhp) des arbres de nidification étaient en moyenne de 74 cm (écart‑type de ±30) pour le peuplier de l’Ouest (Populus trichocarpa; n = 101), de 77 cm (écart‑type de ±36) pour le pin ponderosa (n = 107) et de 57 cm (écart‑type de ±26) pour le douglas de Menzies (Pseudotsuga menziesii; n = 35) (Gyug, 2013a). L’espèce réutilise fréquemment les mêmes arbres de nidification et, souvent, la même cavité, d’une année à l’autre. Dans le Wyoming, 37 % de couples sont retournés au nid de l’année précédente (Linder, 1994); en Colombie-Britannique, dans la région de Kootenay‑Est, 60 % des nids ont été réoccupés de 1997 à 1998 (Cooper et Gillies, 2000) et, dans la région de Thompson, 53 % des nids ont été réoccupés (Ferguson et Iredale, 2007).

Les Pics de Lewis regagnent leurs sites de reproduction en mai. La formation de couples se produit probablement près du site de nidification, et l’on pense que de nombreux couples se forment pour longtemps (Vierling et al., 2020). La période de la ponte se termine entre la fin mai et le début juin dans la plupart des nids en Colombie-Britannique (Campbell et al., 1990). L’incubation dure de 13 à 16 jours (Vierling et al., 2020). La durée du séjour au nid est de 4 à 5 semaines (Vierling et al., 2020). Le Pic de Lewis n’élève qu’une seule couvée par année.

En Colombie-Britannique, la taille d’une couvée variait de 2 à 8 œufs, avec une moyenne de 4,8 (écart‑type de ±1,6; n = 30; Campbell et al., 1990), de 5,0 (erreur‑type de ±0,14; n = 57; Zhu, 2006a) et de 5,85 (écart‑type de ±1,6; n = 55; Macfarland, 2016). Dans la même province, le nombre de jeunes à l’envol par nidification réussie variait de 1 à 5, avec une moyenne de 2,9 (écart‑type de ±1,0; n = 28; Campbell et al., 1990) et de 2,62 ±0,22 (n = 20; Zhu, 2006a). Dans l’intérieur sud de la Colombie-Britannique, le Pic de Lewis a produit plus de jeunes à l’envol par tentative de nidification dans les forêts de peupliers (2,05; IC à 95 % : ±0,45) que dans les forêts de pins peuplées d’arbres vivants (1,53; IC à 95 % : ±0,35) ou les brûlis (0,79; IC à 95 % : ±0,49; Macfarland et al., 2019). Cependant, les estimations du taux de succès de la nidification et de la productivité n’ont pas varié de façon cohérente dans ces types de milieux d’une région à l’autre (Macfarland et al., 2019), et les estimations moins élevées du taux de survie annuel, calculées par Bird et al. (2020), semblent indiquer que la productivité devrait dépasser 1,5 jeune à l’envol par nid pour maintenir une population stable (voir la section Habitat de reproduction).

Macfarland et al. (2019) ont constaté que le succès d’envol était corrélé avec la densité des cavités et/ou le nombre de cavités excédentaires, et non pas avec l’habitat ou la densité de compétiteurs potentiels pour les nids, y compris l’Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris), le Pic flamboyant et la Crécerelle d’Amérique (Falco sparverius). Ils ont également constaté que 33 % des échecs de nidification étaient attribuables à la prédation, mais n’ont pas pu déterminer quels autres facteurs avaient une incidence sur le succès de la nidification. Dans le cadre d’une étude de deux ans, Zhu et al. (2012) ont constaté que 50 % des cavités de nidification du Pic de Lewis au cours d’une première année étaient utilisées par des étourneaux la deuxième année, et que plusieurs nids du Pic de Lewis avaient été usurpés par des étourneaux pendant la période de reproduction. La densité des nids pourrait être une mesure plus appropriée que la productivité des nids pour étudier la compétition pour les sites de nidification avec l’Étourneau sansonnet s’il y a de grandes zones qui ne sont plus occupées par le Pic de Lewis à cause de cette compétition. Par exemple, le Pic de Lewis a disparu du centre‑ville de Penticton (Cannings, comm. pers., 2023), et sa disparition pourrait être attribuable à la compétition avec l’Étourneau sansonnet.

Besoins en matière d’habitat

Habitat de reproduction

Le Pic de Lewis est un oiseau vivant dans les boisés ouverts, habituellement des forêts ou des prairies riveraines, parsemées d’arbres, utilisés comme perchoirs ou pour la nidification. Les arbres de grand diamètre, qu’ils soient vivants partiellement décomposés, ou morts dans un stade de décomposition avancée, sont particulièrement importants pour les sites de nidification (Fraser et al., 1999; Cooper et Beauchesne, 2000; Galen, 2003; Fenger et al., 2006). Les grands espaces ouverts près des sites de nidification sont nécessaires à la recherche de nourriture. Une couverture végétale diversifiée, composée d’arbrisseaux, de graminées et d’autres herbacées produisant des baies ou fournissant un habitat pour les insectes, représente une composante importante de l’habitat (Sousa, 1983; Campbell et al., 1990; Beauchesne et Cooper, 2008).

Le Pic de Lewis utilise trois types de milieux distincts : des forêts ouvertes ou des prairies parsemées d’arbres, des forêts riveraines adjacentes à des espaces ouverts et des brûlis récents (Bock, 1970; Campbell et al., 1990; Vierling, 1997; Cooper et Beauchesne, 2000; Cooper et Gillies, 2000; Saab et Vierling, 2001; Abele et al., 2004; Gentry et Vierling, 2007). Ces trois types de milieux sont présentés brièvement ci‑dessous.

Les milieux de forêts ou de prairies ouverts utilisés par le Pic de Lewis sont caractérisés par une faible ou très faible densité de troncs d’arbres (Schwab et al., 2006), une abondance relative élevée de vieux pins ponderosa ou douglas de Menzies, en décomposition, ce qui les rend propices au creusement de nids, ainsi que par des strates herbacées et arbustives d’une grande richesse. Une fermeture du couvert jusqu’à 30 % peut convenir (Sousa, 1983; Zhu, 2006a); cependant, le Pic de Lewis niche souvent dans son habitat d’alimentation ou à proximité, même s’il n’y a qu’un seul arbre adéquat pour y faire un nid et que la fermeture du couvert est inférieure à 1 % (Gyug, 2013a). Dans les milieux très ouverts, un poteau électrique peut parfois être utilisé comme site de nidification à la place d’un arbre (Cooper et Beauchesne, 2000; ECCC‑CWS, 2023). Par le passé, les éléments de l’habitat de forêts ouvertes de milieux secs étaient maintenus par de fréquents incendies de faible intensité, qui entraînaient la perte des branches inférieures d’arbres matures de grand diamètre et éliminaient la plupart des jeunes arbres. Le pin ponderosa est l’espèce d’arbre la plus utilisée comme site de nidification dans les forêts ouvertes de l’intérieur de la Colombie-Britannique, même si le douglas de Menzies, le mélèze de l’Ouest (Larix occidentalis), le peuplier faux‑tremble (Populus tremuloides) et le bouleau à papier (Betula papyrifera) peuvent aussi être utilisés (Luszcz et Sawicz, 2007; Beauchesne et Cooper, 2008; ECCC‑CWS, 2023). La forêt ouverte à chêne de Garry (Quercus garryana) dans la dépression de Georgia était auparavant utilisée par le Pic de Lewis, tout comme les milieux semblables de savanes à chênes dans l’ouest de l’État de Washington et l’ouest de l’Oregon (Altman, 2011). Les incendies réguliers de faible intensité étaient importants pour le maintien des savanes ouvertes, tant les savanes à chênes côtières que les savanes intérieures à pin ponderosa (Beauchesne et Cooper, 2002).

La forêt riveraine utilisée par le Pic de Lewis est généralement composée de peuplements matures de peuplier de l’Ouest situés dans les plaines inondables adjacentes à des aires d’alimentation ouvertes, où les peupliers fournissent des sites de nidification et où les oiseaux peuvent voler au‑dessus de l’eau et de terrains ouverts en quête de nourriture. L’importance de l’habitat riverain varie selon la région (voir par exemple Galen, 2003), et en Colombie-Britannique, ce sont les peuplements de peuplier de l’Ouest qui sont le plus utilisés, là où ils sont encore présents. Dans les régions de l’Okanagan et de Kootenay‑Est, où de nombreux peuplements de peupliers ont été éliminés par la canalisation ou l’endiguement des rivières, la majeure partie de l’habitat utilisé se trouve dans des milieux secs (ECCC‑CWS, 2023; voir aussi la section Menaces). Dans la région de Boundary, la plupart des peuplements riverains de peupliers ont été réduits à une seule rangée d’arbres matures ou âgés le long de la rivière Kettle et sont contigus à des prés de fauche ou à des aménagements urbains ou ruraux, mais ils demeurent néanmoins le principal type d’habitat utilisé (voir la section Menaces).

Les incendies de forêt entraînant la destruction des peuplements créent le type d’habitat que l’on appelle habituellement « brûlis », où des chicots brûlés d’un diamètre suffisant (> 25 cm) sont susceptibles de servir à la nidification et qui autrement est complètement ouvert, avec une fermeture du couvert proche de zéro. Il s’écoule généralement un certain temps après un incendie, avant que les Pics de Lewis se dispersant puissent localiser et coloniser un nouveau brûlis. Le temps qui s’écoule entre la création de l’habitat et son occupation par les Pics de Lewis peut également être dû en partie à la dépendance de l’espèce vis‑à‑vis d’autres espèces (principalement le Pic flamboyant) pour creuser des cavités pouvant abriter des nids. En effet, même si le Pic de Lewis est un excavateur primaire, sa capacité d’excavation est relativement faible, et il préfère généralement utiliser les cavités du Pic flamboyant. Les brûlis sont donc colonisés plus rapidement lorsque des arbres comportant des cavités préexistantes subsistent après un incendie (par exemple le brûlis de 2003 de Plumbob; Antifeau, comm. pers., 2009). Ils constituent un habitat temporaire et conviennent le plus au Pic de Lewis entre 10 et 30 ans après un incendie (Cooper et Gillies, 2000). À mesure que les brûlis vieillissent, la qualité de l’habitat qu’ils offrent diminue, car les arbres propices à la nidification tombent, la forêt se régénère et le couvert forestier se referme (Saab et Vierling, 2001). La succession forestière remplit les espaces ouverts, ce qui réduit et finit par détruire le caractère convenable d’un site (Krannitz, 2007). La majeure partie de la vallée de la Pend d’Oreille, dans la région de Kootenay‑Ouest, qui a été ravagée par un incendie en 2007, a rapidement été colonisée par le Pic de Lewis, un maximum de 12 nids ayant été observés au cours d’une année (Dulisse et Harrison, 2013). Toutefois, en 2022, deux ou trois nids seulement ont été observés, puisque la plupart des arbres tués par le feu étaient tombés, ce qui a considérablement réduit les possibilités de nidification (Dulisse, comm. pers., 2023). Dans la région de Boundary, aucun des brûlis créés dans la période 1973‑1986 n’était occupé en 2024, même si certains d’entre eux l’étaient en 2012 (Gyug, 2012a). Seuls les brûlis plus récents de 2015 et de 2016 étaient occupés en 2024 (Gyug, données inédites).

Tous les brûlis apparemment convenables, résultant d’incendies de forêt en Colombie-Britannique, ne sont pas occupés par des Pics de Lewis nicheurs (Cooper et Beauchesne, 2000; Cooper et Gillies, 2000). Après un incendie, pour qu’ils soient convenables à l’espèce, les pins ponderosa ou les douglas de Menzies doivent avoir un diamètre suffisant permettant la nidification. D’autres différences plus subtiles à l’échelle du microhabitat pourraient être des facteurs déterminant l’occupation des brûlis. Quoi qu’il en soit, le nombre très élevé de vastes brûlis créés au cours des dernières décennies pourrait avoir dépassé la superficie que l’espèce est capable d’occuper, étant donné les taux de croissance potentiels de la population. Une évaluation effectuée dans la région de Kootenay‑Est a révélé que seuls quatre brûlis apparemment convenables sur neuf étaient actuellement utilisés par des Pics de Lewis nicheurs (Cooper et Gillies, 2000).

En Colombie-Britannique, Macfarland et al. (2019) ont constaté que la productivité des nids du Pic de Lewis était plus élevée dans les forêts de peupliers que dans les forêts de pins de milieux secs ou les brûlis (voir la section Cycle vital et reproduction). Pour leur part, Saab et Vierling (2001) ont constaté que la productivité des nids était plus faible dans les forêts de peupliers que dans les brûlis; ils avaient comparé des brûlis en Idaho à des forêts de peupliers intensivement broutées au Colorado, mais n’ont pas été en mesure de trouver suffisamment de nids dans des forêts de pins pour étudier cet habitat, malgré des activités de recherche exhaustives. Sur cinq études relatives à la productivité liée à l’habitat, seule l’étude de Macfarland et al. (2019) a examiné les trois types de milieux dans la même région géographique. Blake et al. (2022), quant à eux, ont constaté que le succès de la nidification était relativement élevé dans les milieux riverains et les brûlis, mais qu’il était significativement plus élevé dans ces derniers, quoique si l’on tient compte des différences de densité entre les milieux, la productivité globale était trois fois plus élevée dans les forêts alluviales que dans les brûlis.

Les densités de nidification du Pic de Lewis sont plus élevées dans les forêts de peupliers que dans d’autres types de milieux en Colombie-Britannique (Gyug, 2013a), tout comme au Montana (Blake et al., 2022). En Colombie-Britannique, la densité de nids maximale observée était de 9,1 nids/km2 dans les forêts de peupliers de Grand Forks (Gyug et al., 2023), de 6 nids/km2 dans les brûlis de la région de Kootenay‑Est (Gyug, 2013a) et de 0,7 nid/km2 dans les forêts de pin ponderosa de l’Okanagan (Gyug, 2013a). Les densités de nids moyennes dans les quelques zones pour lesquelles on dispose d’estimations étaient les suivantes : 3,1 nids/km2 dans les forêts de peupliers le long de la rivière Kettle, 1,8 nids/km2 dans les brûlis et 0,5 nid/km2 dans les forêts de pin ponderosa. Les densités dans la Bitterroot Valley du Montana étaient de 13,2 adultes/km2 dans les milieux riverains et de 4,1 adultes/km2 dans les brûlis (Blake et al., 2022).

Les densités de nids du Pic de Lewis peuvent être plus élevées dans les forêts de peupliers où les couples ont un accès fiable aux baies d’amélanchier à feuilles d’aulne (Amelanchier alnifolia) et de cerisier de Virginie (Prunus virginiana) pour nourrir leurs oisillons. L’amélanchier à feuilles d’aulne est le seul arbuste ou arbre à petits fruits (autre que les cerisiers cultivés et le cerisier de Virginie) largement répandu, dont les baies mûrissent à la fin de juin et au début de juillet et peuvent servir à nourrir les oisillons. Bien que les arbustes d’amélanchier à feuilles d’aulne et de cerisier de Virginie soient répandus à faible et à moyenne altitude dans l’intérieur sud de la Colombie-Britannique, ils produisent des fruits de façon fiable, chaque année, seulement dans les zones riveraines. Dans les sites mésiques ou secs, ils ne produisent des fruits que lorsque le printemps est humide; autrement, les fruits sèchent et se ratatinent souvent avant même de mûrir (Gyug, données inédites). On ne sait pas si la densité d’insectes proies diffère entre les types de milieux occupés.

En Colombie-Britannique, les forêts alluviales de peupliers semblent être l’habitat principal qui sert d’ancre aux populations régionales de l’espèce ou qui sert de source d’individus pour d’autres types de milieux. La modélisation de l’habitat a montré que les versants où pousse le pin ponderosa n’étaient susceptibles d’être occupés que lorsqu’ils se trouvaient dans la même partie d’une vallée que les peuplements riverains matures intacts de peupliers (Gyug, 2013a). De même, la productivité globale, comme l’indiquent la densité et les taux d’envol, est plus élevée dans les peuplements de peupliers qu’ailleurs (voir la section Cycle vital et reproduction).

Habitat de migration

Aucune information n’est disponible sur l’habitat de migration utilisé par le Pic de Lewis en Colombie-Britannique ou ailleurs (Vierling et al., 2020), et aucun type particulier d’habitat utilisé pendant la migration n’a été relevé.

Habitat d’hivernage

Les boisés de chênes et les vergers commerciaux sont des milieux typiquement utilisés dans l’ouest des États‑Unis pendant l’hiver, et une caractéristique importante de cet habitat est la disponibilité d’endroits pour entreposer des glands, des grains ou d’autres fruits dans les fissures de poteaux électriques ou de l’écorce de peupliers matures (Vierling et al., 2020).

Déplacements, migration et dispersion

Le Pic de Lewis est une espèce migratrice, seulement quelques individus ayant passé l’hiver au Canada au cours des dernières années. Le nombre maximal d’individus dénombré dans le cadre du Recensement des oiseaux de Noël en Colombie-Britannique était de 27 en 1975, mais on n’a dénombré que 0,46 individu par année, en moyenne, de 2009 à 2021.

On ne connaît pas les principales voies migratoires ni les haltes de l’espèce. Une fois la migration commencée, la plupart des individus quittent probablement le Canada en 1 ou 2 jours, car toute la population canadienne niche à moins de 375 km de la frontière avec les États‑Unis, et la distance moyenne par rapport à la frontière est de 74 km pour les 1 460 sites de nidification connus. Cependant, les nombreux individus épars observés après la reproduction à l’extérieur de la zone d’occurrence en Colombie-Britannique (voir la section Aire de répartition canadienne) indiquent qu’une certaine errance d’individus est probable dans la province, soit après la reproduction ou pendant la migration.

On ne sait pas si le Pic de Lewis fait preuve de fidélité aux sites au Canada, et aucune étude de marquage n’a été effectuée qui permettrait d’estimer les taux de retour annuels. Cependant, les individus utilisent souvent le même habitat et les mêmes arbres de nidification, voire les mêmes cavités pour leur nid, d’une année à l’autre (Zhu, 2006a; Macfarland, 2016); on ne peut toutefois pas supposer qu’il s’agit des mêmes individus d’une année à l’autre.

Relations interspécifiques

Alimentation

Le régime alimentaire du Pic de Lewis varie selon la saison. Pendant la période de reproduction, l’espèce est principalement insectivore. Contrairement à d’autres pics, le Pic de Lewis préfère généralement capturer les insectes sur le tronc des arbres ou en vol, plutôt que de creuser dans le bois pour se nourrir de larves de coléoptères. Il capture les insectes dans les airs, les attrapant en vol à partir de perchoirs, ou s’alimentant en vol à la manière des hirondelles. Il se nourrit aussi d’insectes qui se trouvent au sol, sur des arbustes ou sur l’écorce et dans le feuillage d’arbres (Vierling et al., 2020). Ses insectes proies comprennent des individus adultes de diverses espèces de coléoptères, des fourmis, d’autres hyménoptères, des sauterelles et d’autres insectes de grande taille (Beal, 1911).

Pendant l’été, et souvent à la fin de la période de reproduction, le Pic de Lewis se nourrit également de baies et d’autres fruits, dans la nature et les vergers commerciaux, partout où ces ressources alimentaires se trouvent près des nids. Vers la fin du stade de l’oisillon, les individus nichant près de vergers peuvent être observés en train de cueillir des cerises qui ne sont pas encore mûres pour nourrir leur couvée (L. Gyug, données inédites). À la fin de l’été, les couples nicheurs se nourrissent souvent d’amélanches (fruits de l’amélanchier à feuilles d’aulne) et, pendant l’automne, ils se nourrissent de pommes, encore sur les arbres ou tombées (Beal, 1911).

En hiver, en Colombie-Britannique, les sources de nourriture du Pic de Lewis sont limitées aux zones urbaines et aux vergers, où les individus se nourrissent de fruits (en particulier de pommes) laissés dans les vergers et de noix d’arbres d’ornement (Cannings et al., 1987). Aux États‑Unis, il se nourrit abondamment de grains de maïs, de glands de chêne et d’autres fruits pendant la saison hivernale (Vierling et al., 2020).

Prédateurs et compétiteurs

La Buse à queue rousse (Buteo jamaicensis) est le seul prédateur reconnu des Pics de Lewis adultes (Vierling et al., 2020), bien que d’autres grands oiseaux de proie soient également des prédateurs potentiels. La Crécerelle d’Amérique pourrait, quant à elle, s’attaquer aux jeunes commençant à voler (Vierling et al., 2020). On observe régulièrement des cavités de nids détruites, ce qui semble indiquer que l’ours noir (Ursus americanus) s’attaque parfois aux oisillons encore au nid (COSEWIC, 2010). La belette à longue queue (Mustela frenata) a été observée pillant un nid (Newlon, 2005). D’autres prédateurs potentiels des œufs et des oisillons encore au nid comprennent les serpents, les campagnols et les écureuils (Saab et Vierling, 2001). D’autre part, des nids actifs de l’espèce ont été usurpés par le Petit‑duc nain (Otus flammeolus), le Troglodyte familier (Troglodytes aedon; Newlon, 2005) ainsi que par l’Étourneau sansonnet (Zhu et al., 2012).

À l’intérieur de son aire de répartition canadienne, le Pic de Lewis se dispute les cavités avec le Pic flamboyant, l’Étourneau sansonnet et la Crécerelle d’Amérique. Les deux dernières espèces n’occupent que des cavités déjà existantes, car seuls le Pic de Lewis et le Pic flamboyant sont des nicheurs cavicoles primaires. Chacune de ces trois espèces aurait, selon plusieurs cas répertoriés, occupé d’anciennes cavités du Pic de Lewis (Cooper et Beauchesne, 2000; Beauchesne et Cooper, 2008; Zhu et al., 2012), et elles ont toutes trois été observées nichant dans les mêmes arbres en même temps que le Pic de Lewis (Campbell et al., 1990). Zhu et al. (2012) ont constaté que 50 % des cavités de nidification du Pic de Lewis utilisées au cours de la première année de leur étude étaient occupées par l’Étourneau sansonnet la deuxième année. Le Pic de Lewis niche aussi, pour sa part, dans des cavités creusées à l’origine par le Pic flamboyant ou le Grand Pic (Dryocopus pileatus; Cooper et Beauchesne, 2000; Beauchesne et Cooper, 2008). Un Pic de Lewis a d’ailleurs été observé usurpant un nid de Pic flamboyant : un œuf de ce dernier a été observé à la base de l’arbre alors que le Pic de Lewis agrandissait la cavité du nid (Vierling et al., 2020).

Adaptations physiologiques, comportementales et autres

Aucune donnée n’est disponible sur la nutrition, le bilan énergétique, le métabolisme ou la régulation de la température chez le Pic de Lewis (Vierling et al., 2020). La vitesse de vol de celui‑ci est inférieure à celle de la plupart des autres pics nord‑américains, et la composition des muscles pectoraux présente des caractéristiques morphologiques et une capacité glycolytique qui ont été associées aux espèces pratiquant le vol plané (Tobalske, 2001).

Le Pic de Lewis peut parfois coexister étroitement avec l’être humain (Linder et Anderson, 1998), et des nids ont été observés dans des arrière‑cours, sur des parcours de golf, en bordure de routes achalandées et d’un stationnement municipal ainsi que dans des cours de ferme (Cannings et al., 1987; Cooper et Beauchesne, 2000; ECCC‑CWS, 2023). Cependant, la plupart des Pic de Lewis au Canada nichent dans des endroits plus isolés (ECCC‑CWS, 2023) et sont susceptibles d’être plus vulnérables aux perturbations (Bock, 1970). Bock (1970) a constaté que les individus subissant des perturbations continues abandonnaient parfois leur nid. Les Pics de Lewis qui nichent presque chaque année dans le parc provincial Bear Creek, dans la vallée de l’Okanagan, n’y ont pas niché l’année où l’agrandissement d’un terrain de camping était en cours à moins de 50 m des arbres de nidification (Nuszdorfer, comm. pers., 2018).

Le Pic de Lewis a des besoins très précis en matière de sites de nidification; il a notamment besoin d’arbres dans un stade de décomposition plus avancé que les autres espèces de pics, parce que, comparativement, il est moins porté à creuser des cavités (Cooper et Beauchesne, 2000; Galen, 2003; Fenger et al., 2006; Beauchesne et Cooper, 2008). Étant donné que les arbres morts et en décomposition sont généralement moins abondants que les arbres vivants, dans la plupart des paysages de la Colombie-Britannique (à l’exception des brûlis récents), les sites de nidification sont limités dans l’habitat de reproduction le plus convenable (forêts riveraines de peupliers). Le Pic de Lewis niche parfois dans des cavités qui se trouvent sur des poteaux électriques, ce qui indique un certain degré d’adaptabilité (Campbell et al., 1990; Cooper et Beauchesne, 2000; Beauchesne et Cooper, 2008; ECCC‑CWS, 2023). Le Pic de Lewis utilise parfois des nichoirs (Kook et Moodie, 2009); toutefois, aucun des nichoirs installés pour lui en Colombie-Britannique n’a été utilisé (voir la section Activités de rétablissement).

Facteurs limitatifs

La disponibilité de l’habitat est probablement le principal facteur limitatif qui a contribué au déclin à long terme du Pic de Lewis au Canada et, combiné à la compétition avec l’Étourneau sansonnet pour les sites de nidification, elle risque de continuer à limiter le rétablissement de la population. En Colombie-Britannique, les forêts alluviales matures de peupliers, à l’intérieur de vallées qui, autrement, sont relativement chaudes et sèches, n’ont jamais été très abondantes; elles existent seulement dans des bandes étroites le long de grandes rivières et dans les plaines inondables, mais elles constituent l’habitat où la densité et la fécondité du Pic de Lewis sont les plus élevées. Dans les vallées de l’Okanagan et du cours inférieur de la rivière Similkameen, Lea (2008) a estimé que, avant l’arrivée des Européens, les forêts de peupliers s’étendaient sur 2,4 % des 322 000 ha de la zone à l’étude. En 2003, l’étendue de ces forêts ne totalisait que 1,0 %, ce qui représente une perte d’environ 58 % de cet habitat. La perte n’a pas été répartie également; elle a été plus grande dans les villes, comme Kelowna, où 86 % des forêts de peupliers ont été perdus.

Le Pic de Lewis présente une faible fécondité, produisant, en moyenne, tout au plus deux jeunes à l’envol par nid, et il subit des taux de prédation des nids de 20 à 33 %. Il se pourrait donc qu’il ait une capacité limitée d’augmenter rapidement ses effectifs pour coloniser l’habitat convenable dans les brûlis à mesure qu’il devient disponible, en particulier parce que la superficie de l’habitat où la densité d’individus nicheurs est la plus élevée, les forêts alluviales matures de peupliers, a été considérablement réduite dans deux des sept grandes régions occupées en Colombie-Britannique. Les grands arbres dans un stade de décomposition avancé, convenables pour l’espèce, ont probablement toujours été assez peu nombreux, sauf dans les forêts riveraines matures de peupliers, mais celles‑ci ont connu d’importantes pertes et, dans celles qui restent, la compétition avec l’Étourneau sansonnet limite davantage leur disponibilité.

Taille et tendances des populations

Sources de données, méthodologies et incertitudes

Relevé des oiseaux nicheurs de l’amérique du nord

Le Relevé des oiseaux nicheurs de l’Amérique du Nord (BBS) est un programme continental de science citoyenne, lancé en 1966, qui assure le suivi des tendances des populations d’oiseaux (Hudson et al., 2017; Sauer et al., 2017). Chaque parcours de relevé de 39,2 km comprend 50 dénombrements par points d’écoute de 3 minutes effectués à des intervalles de 800 m, tôt le matin, et est surveillé une fois par an, au plus fort de la période de reproduction, par un observateur expérimenté (Hudson et al., 2017). Les estimations normalisées des tendances démographiques à partir des données du BBS pour le Canada sont calculées à l’aide de modèles additifs généralisés hiérarchiques bayésiens (Smith et Edwards, 2020; Smith et al., 2020).

Des tendances à long terme et mobiles sur 10 ans sont disponibles à partir des données du BBS. Les tendances à long terme d’après le BBS (1970‑2021) pour le Pic de Lewis sont d’une fiabilité moyenne au Canada et d’une fiabilité élevée à l’échelle du continent, mais d’une fiabilité faible à court terme (2009‑2021), tant au Canada qu’à l’échelle du continent (tableau 1). Cette méthode de relevé offre une valeur limitée en ce qui concerne l’estimation des tendances démographiques du Pic de Lewis au Canada, pour les raisons suivantes : cette espèce est présente sur très peu de parcours du BBS; sa fréquence d’occurrence sur chaque parcours est faible; un nombre relativement faible d’individus est détecté, car la plupart des observations du Pic de Lewis sont visuelles étant donné que celui‑ci ne fait pas de tambourinage ni n’émet de cris forts, contrairement à la plupart des pics. De 1973 à 2021, le BBS a permis de détecter, en moyenne, seulement 2,75 individus (écart‑type de ±2,39) par année en Colombie-Britannique, et aucun n’a été détecté en Alberta. Le Pic de Lewis n’a été détecté que sur 21 parcours du BBS au Canada, et la fréquence annuelle moyenne de détection de l’espèce est de 0,13. De plus, un nombre relativement petit de ces 21 parcours du BBS fait encore l’objet d’un relevé annuel. En moyenne, 13,3 parcours ont fait l’objet d’un relevé annuel de 1980 à 2010 (plage : 10 à 19 parcours), et ce nombre a depuis diminué de façon constante pour tomber à seulement 4 parcours en 2021. En moyenne, le Pic de Lewis n’a été détecté que dans un seul parcours du BBS chaque année, entre 2017 et 2021. Les tendances à moyen et à court terme au Canada d’après le BBS doivent donc être interprétées avec une grande prudence.

Tableau 1. Tendances démographiques à court (2011‑2021) et à long terme (1970‑2021) du Pic de Lewis au Canada, d’après les données du Breeding Bird Survey (BBS) (Smith, données inédites). Il convient de noter que si les intervalles de confiance (IC) à 95 % chevauchent la valeur zéro, la tendance est considérée comme n’étant pas significativement différente de zéro à un seuil de probabilité de 95 %. Seul le déclin à long terme à l’échelle continentale est considéré comme significatif à un seuil de probabilité de 95 %.
Région Taux de variation annuel (%) (lim. inf./sup. de l’IC à 95 %) Variation cumulative (%) (lim. inf./sup. de l’IC à 95 %) Probabilité d’un déclin > 30 % Nbre de parcours Fiabilité
À court terme
Colombie-Britannique 3,629 (-1,163, 13,077) 42,82 (-11,04, 241,78) 0,001 20 Faible
À l’échelle continentale 2,730 (-0,478, 7,406) 30,91 (-4,68, 104,32) 0,000 196 Faible
À long terme
Colombie-Britannique -1,316 (-3,235, 0,703) -49,125 (-81,31, 42,92) 0,74 20 Moyenne
À l’échelle continentale -1,704 (-4,052, -0,566) -58,38 (-87,87, -25,15) 0,95 196 Élevée

Le BBS a également été utilisé pour estimer la taille des populations de nombreuses espèces, y compris le Pic de Lewis (Blancher et al., 2007; Stanton et al., 2019; Partners in Flight, 2020; Will et al., 2020). Toutefois, pour les raisons susmentionnées, cette estimation a une fiabilité limitée pour le Pic de Lewis, en particulier au Canada où l’intervalle de confiance à 95 % entourant l’estimation de 4 000 individus matures est très large, plus précisément de 700 à 9 900 (tableau 2; Partners in Flight, 2020).

Tableau 2. Estimations de la taille de la population de Pics de Lewis au Canada, d’après les données du Breeding Bird Survey (BBS) de 2006 à 2015 (Partners in Flight, 2020), exprimées en nombre d’individus matures. Les estimations pour la Colombie-Britannique et le Canada sont identiques, car le Pic de Lewis n’a été observé que sur les parcours du BBS se trouvant dans cette province au Canada.
Province/territoire Estimation de la population* % de la population canadienne Limite inférieure de l’IC à 95 %* Limite supérieure de l’IC à 95 %*
Colombie-Britannique (PIF) 4 000 100 770 9 900
Total pour le Canada (PIF) 4 000 sans objet 770 9 900
États‑Unis/Canada (aire de reproduction complète) 82 000 sans objet 53 000 120 000

*Les détails des méthodes sont présentés dans Will et al. (2020) et Stanton et al. (2019).

Recensement des oiseaux de noël

Le Recensement des oiseaux de Noël (RON) est le plus ancien relevé des oiseaux en Amérique du Nord, effectué de manière systématique, depuis 1900 (National Audubon Society, 2023). On compte plus de 2 400 cercles de dénombrement du RON en Amérique du Nord, chacun ayant un rayon de 12 km autour d’un centre fixe, ces cercles étant recensés par des observateurs bénévoles au cours d’une seule journée chaque année entre le 14 décembre et le 5 janvier (National Audubon Society, 2014). Les données sont corrigées pour tenir compte de la participation accrue des observateurs au fil du temps, au moyen d’une fonction non linéaire qui permet de générer une estimation du nombre d’individus observés par heure‑équipe d’observateurs. Le RON a été réalisé pour la première fois en Colombie-Britannique en 1974. Presque l’entièreté de l’habitat d’hivernage du Pic de Lewis se trouve aux États‑Unis, où le RON s’est avéré utile pour déterminer les tendances démographiques. De 1977 à 2021, dans le cadre de 58 dénombrements effectués chaque année, en moyenne, aux États‑Unis, le nombre annuel moyen d’individus dénombrés était de 682. Au Canada, le RON est moins utile pour déterminer les tendances à court terme, car presque aucun Pic de Lewis n’hiverne actuellement au pays (total moyen de 0,46 individu/année, consigné de 2009 à 2021). Les tendances à long terme au Canada d’après le RON pourraient cependant être plus utiles. En effet, un nombre maximal de 27 individus a été dénombré en 1975, mais ce dénombrement sert uniquement à souligner que l’espèce ne passe plus l’hiver au Canada en nombre appréciable.

Tendances ebird

Depuis 2020, eBird a commencé à publier en ligne des estimations des tendances démographiques pour certaines espèces d’oiseaux, à l’aide de la méthodologie décrite dans Fink et al. (2020). Des tendances pour le Pic de Lewis ont été fournies pour la période de reproduction du 31 mai au 2 août, de 2012 à 2022, compte tenu des données sur l’abondance relative d’après les feuillets d’observations eBird à l’intérieur de zones de 27 m × 27 km (Fink et al., 2023). La cartographie des tendances est relativement récente, et la fiabilité des cartes établies est difficile à évaluer, compte tenu de la complexité des analyses nécessaires pour produire les tendances à partir d’ensembles de données énormes et du manque d’études indépendantes confirmant les résultats. Cela pourrait constituer une préoccupation particulière dans le cas du Pic de Lewis, car de nombreux ornithologues amateurs sont portés à se rendre expressément dans des zones où il été observé pour remplir un feuillet d’observations eBird le plus vite possible, ce qui pourrait surestimer l’abondance relative de l’espèce.

Programmes propres à l’espèce

Des estimations quantitatives des effectifs nicheurs par région (figure 4), ou sous‑région, en Colombie-Britannique (tableau 3) ont été effectuées par le Service canadien de la faune (SCF) d’ECCC, de 2010 à 2018 (Gyug, 2013b, 2016, 2019; McDonald, 2019; ECCC‑CWS, données inédites), par Gyug (données inédites) et l’Okanagan Nation Alliance (données inédites) en 2022, et par Gyug et Surgenor (données inédites) en 2023. À l’origine, il était question de constituer un ensemble de relevés mobiles, répétés tous les cinq ans, pour déterminer les tendances démographiques, mais la mise en œuvre s’est avérée trop coûteuse. La première ronde de relevés a été réalisée sur une période de 12 ans, de sorte que les résultats des relevés ont été utilisés pour produire une estimation de la population, plutôt que pour le suivi des tendances. Aux fins du présent rapport, on a fait appel à l’opinion d’experts lorsqu’on ne disposait pas d’estimation quantitative pour une région. Leur opinion était fondée sur les données disponibles dans ECCC‑CWS (2023), eBird et d’autres sources ou sur les données anecdotiques.

Carte du sud de la Colombie Britannique montrant les régions ayant servi à déterminer des estimations démographiques détaillées pour le Pic de Lewis.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Regions within Env. Envelope = Régions à l’intérieur de l’env. environnementale

BO Boundary = BO Boundary

CC Cariboo-Chilcotin = CC Cariboo-Chilcotin

CK Central Okanagan = CK Centre de la vallée de l’Okanagan

EK East Kootenay = EK Kootenay Est

FR Fraser-Lytton-Lillooet = FR Fraser-Lytton-Lillooet

KA Kamloops = KA Kamloops

ME Merritt = ME Merritt

NS North Okanagan-Shuswap = NS Nord de la vallée de l’Okanagan-Shuswap

SB Spences Bridge = SB Spences Bridge

SC Savona-Cache Creek = SC Savona-Cache Creek

SI Similkameen = SI Similkameen

SK South Okanagan = SK Sud de la vallée de l’Okanagan

WK West Kootenay = WK Kootenay Ouest

Kilometers = kilomètres

British Columbia = Colombie Britannique

Figure 4. Régions du Pic de Lewis en Colombie-Britannique ayant servi à déterminer des estimations démographiques détaillées (d’après Gyug, 2013a). L’enveloppe environnementale illustrée est celle pour laquelle la modélisation de l’habitat a été effectuée (Gyug, 2013a), à l’exception des régions CC, FR, NS et WK.

Description longue

D’ouest en est le long de la frontière avec les États Unis, les régions illustrées sont les suivantes : Similkameen (SI), sud de la vallée de l’Okanagan (SK), Boundary (BO), Kootenay Ouest (WK) et Kootenay Est (EK). Les régions situées immédiatement au nord de celles ci, à partir de l’ouest encore une fois, sont Fraser-Lytton-Lillooet (FR), Spences Bridge (SB), Merritt (ME) et centre de la vallée de l’Okanagan (CK). Au nord de ces régions, toujours à partir de l’ouest, se trouvent Savona-Cache Creek (SC), Kamloops (KA) et nord de la vallée de l’Okanagan-Shuswap (NS) . La région de Cariboo Chilcotin (CC), directement au nord de Fraser-Lytton-Lillooet (FR), est celle qui se trouve le plus au nord.

Tableau 3. Estimations régionales et canadiennes du nombre de nids et d’individus matures du Pic de Lewis, d’après des relevés quantitatifs, au moyen de la méthode à base d’échantillonnage double et de la stratification de l’habitat, et compte tenu de l’opinion d’experts fondée sur les données disponibles pour d’autres régions. Le nombre de nids estimé comprend les sites de nidification confirmée et probable et est censé correspondre à la moitié du nombre d’individus matures. La variance est présentée sous forme d’erreur‑type (au carré) de l’estimation.
Estimations quantitatives – base d’échantillonnage double
Région Année Source Superficie d’habitat de qualité faible à élevée (km2) Méthode d’échant. de la base aréolaire* Nbre estimé de nids* (n) Écart (erreur-type)2 IC à 95 % Nbre estimé d’ind. matures(2 x n) IC à 95 %
Boundary 2011-2012 Gyug, 2012b 131 Points d’écoute 221 2003 133, 309 442 266, 618
Boundary 2023‑2024 Gyug et Coleshill, données inédites 127 Cellules 207 308 173, 242 414 346, 484
Kamloops 2011‑2012 Gyug, 2012b 385 Points d’écoute 165 2 488 58, 222 330 116, 444
Kootenay-Est 2013 Gyug, 2013b 159 Points d’écoute 115 2 594 16, 168 230 32, 336
Merritt 2015 Gyug, 2016 161 Points d’écoute 106 875 19, 81 188 72, 304
Savona-Cache Creek 2018 Gyug, 2019 201 Points d’écoute 273 3 112 132, 308 546 264, 616
Sud de la vallée de l’Okanagan 2022 Gyug et Okanagan Nation Alliance, données inédites 502 Cellules 150 3 990 26, 274 300 52, 548
Similkameen 2022 175 Cellules 127 2 088 38, 151 254 76, 302
Spences Bridge 2023 Gyug, données inédites 175 Cellules 94 506 50, 139 188 100, 278
Sous‑total 2011‑2023 sans objet 1 885 sans objet 1 225 16 284 975, 1 475 2 450 1 950, 2 950
Opinion d’experts fondée sur les données disponibles
Région Source Superficie d’habitat de qualité faible à élevée (km2) Nbre total estimé de nids Nbre estimé d’individus matures IC à 95 %
Kootenay-Ouest Dulisse, comm. pers., 2023 non modélisée 18 36 30, 40
Centre de la vallée de l’Okanagan Gyug, données inédites; ECCC‑CWS, 2023 61 20 40 20, 60
Nord de la vallée de l’Okanagan-Shuswap Gyug, données inédites; ECCC‑CWS, 2023; eBird, 2023 non modélisée 5 10 0, 20
Fraser Routley, comm. pers., 2023; ECCC‑CWS, 2023 51 15 30 20, 40
Cariboo-Chilcotin ECCC‑CWS, 2023 non modélisée 10 20 10, 30
Région côtière - non modélisée 0 0 0
Sous‑total sans objet 68 136 80, 190
Total au Canada sans objet 1 293 2 586 2 030, 3 140

* Méthode à base d’échantillonnage double constituée d’une « base liste » des nids déjà connus, revisités pour déterminer leur occupation, et échantillonnés indépendamment d’une « base aréolaire », qui comprend le reste de l’habitat potentiel dans une région échantillonnée soit par le biais de dénombrements par points d’écoute à rayon variable ou à l’intérieur de cellules de 16 ha au moyen d’un échantillonnage aléatoire simple dans les strates d’habitat.

Les estimations quantitatives du nombre de nids sont fondées sur une base d’échantillonnage double (Haines et Pollock, 1998), qui consiste en une base liste des nids déjà connus et en une base aréolaire indépendante comprenant la zone restante, qui est divisée en strates par modélisation du caractère convenable de l’habitat. Un modèle d’habitat préliminaire a été utilisé en 2011‑2012 aux fins de stratification pour l’échantillonnage de la base aréolaire (Gyug, 2012a). En 2013, un modèle d’habitat révisé a été élaboré, fondé sur des cellules de 400 m × 400 m, pour l’ensemble de l’enveloppe biogéoclimatique de l’intérieur sud de la Colombie-Britannique potentiellement occupée par le Pic de Lewis (Gyug, 2013a). Il est, par la suite, devenu le fondement spatial pour la désignation de l’habitat essentiel dans le programme de rétablissement fédéral (Environment and Climate Change Canada, 2017).

L’estimation de la population de la région de Boundary de 2011‑2012 a été mise à jour en 2023‑2024, compte tenu d’un relevé effectué à Grand Forks en 2023 (Gyug et al., 2023) combiné à une base d’échantillonnage double pour la zone restante (Gyug et Coleshill, données inédites). La cartographie de l’habitat en 2013 a été révisée avant l’échantillonnage, étant donné que deux brûlis récents (2015 et 2016) avaient créé de nouvelles zones d’habitat, puis révisée après l’échantillonnage, étant donné que d’anciens brûlis (1973‑1986) ne présentaient plus le caractère convenable et n’abritaient plus des Pics de Lewis. Puisque les incendies de forêt ont créé de nouvelles zones d’habitat convenable, l’étendue globale de l’habitat est demeurée semblable de 2012 à 2024, et les effectifs de la population n’ont pas changé de façon appréciable (tableau 3).

De 2011 à 2018, des dénombrements par points d’écoute à rayon variable ont été utilisés pour échantillonner la base aréolaire (Gyug, 2012a, 2013b, 2016, 2019). Une recherche de nids a été effectuée pour chaque Pic de Lewis détecté lors d’un dénombrement par points d’écoute de 20 minutes, et la distance par rapport au nid a été utilisée pour estimer l’abondance à l’aide de méthodes d’échantillonnage par distance (Thomas et al., 2009). On a constaté que la méthode permettait d’estimer avec exactitude le nombre de nids en vérifiant les résultats à l’aide d’un dénombrement complet des nids dans la région de Grand Forks (Gyug et al., 2023). En 2022 et en 2023, l’échantillonnage de la base aréolaire a été effectué à l’intérieur de cellules de 400 m × 400 m, utilisées comme unités d’échantillonnage, pour les recherches de nids effectuées pendant une durée minimale de 20 minutes.

Des dénombrements annuels par points d’écoute en bordure de routes ont été établis en 2015 sur huit parcours en Colombie-Britannique, afin de remplacer les estimations démographiques régionales qui n’avaient pas été utilisées pour le suivi des tendances. Chaque parcours comporte 20 arrêts (points d’écoute) où un dénombrement est effectué dans un rayon illimité durant 15 minutes (Gyug, 2020). La puissance de cette méthode pour détecter les tendances annuelles est toutefois limitée; plus précisément, elle est de 0,8 pour détecter une tendance nette de 49 % sur une période de 10 ans, ou une tendance annuelle d’environ 5 % par année (Gyug, 2020).

Abondance

La population mondiale de Pics de Lewis pour la période de 2006 à 2015 a récemment été estimée à environ 82 000 individus matures (avec un intervalle de confiance à 95 % de 53 000 à 120 000; Partners in Flight, 2020; tableau 2), compte tenu principalement des effectifs détectés dans le cadre du BBS. En 2020, la population canadienne a été estimée à environ 4 000 individus matures avec un intervalle de confiance à 95 % de 770 à 9 900 (Partners in Flight, 2020), tous ces individus étant présents en Colombie-Britannique (tableau 2). L’estimation de la population de Partenaires d’envol en Colombie-Britannique était fondée sur un dénombrement annuel relativement faible des Pics de Lewis, avec un écart‑type relativement élevé, de sorte qu’elle avait un large intervalle de confiance, de 91 % à 150 % de sa valeur. Pour la période 1990‑1999, l’estimation de la population de Partenaires d’envol en Colombie-Britannique s’élevait à 6 000 individus matures (Blancher et al., 2007), à l’aide d’un facteur d’ajustement de 2,0 individus par couple, alors qu’en 2020, on a utilisé un facteur d’ajustement de 1,5 individu par couple (Will et al., 2020). L’écart entre ces estimations résulte donc principalement des hypothèses appliquées, plutôt que d’une diminution réelle de la population.

Compte tenu des estimations quantitatives régionales du nombre de nids et de l’opinion d’experts pour les régions, ou zones, pour lesquelles on ne dispose pas de telles estimations, la population nicheuse au Canada est estimée à 2 586 individus matures, avec un intervalle de confiance à 95 % de 2 030 à 3 140 (tableau 3), aux fins du présent rapport. On a multiplié le nombre estimé de nids par deux, en supposant qu’il y a presque tout le temps deux individus matures par nid, pour obtenir le nombre estimé d’individus matures. Les régions pour lesquelles on disposait d’estimations quantitatives représentaient 95 % de la population totale estimée (tableau 3). L’estimation finale est considérablement plus fiable que celle de Partenaires d’envol, qui est fondée sur le BBS, avec un intervalle de confiance à 95 % représentant 27 % de l’estimation, comparativement à 81 % (limite inférieure) et 148 % (limite supérieure) dans le cas du BBS.

Cette estimation est plus élevée que celles figurant dans les rapports de situation du COSEPAC antérieurs, qui étaient d’au moins 1 200 individus en 1999 et en 2001 (Velland et Connolly, 1999; COSEWIC, 2001) et de 630 à 920 individus matures en 2010 (COSEWIC, 2010). Les estimations du COSEPAC (COSEWIC, 2001, 2010) étaient presque entièrement fondées sur celles de Siddle et Davidson (1991), qui ont additionné 24 estimations régionales, lesquelles étaient en grande partie fondées sur l’opinion d’experts. Dans la région de Kootenay‑Est, l’estimation de Siddle et Davidson (1991) s’élevait à 12 à 24 nids, alors que des relevés intensifs effectués en 1998 ont permis d’observer 87 nids actifs (Cooper et Beauchesne, 2000), soit 3 à 4 fois le nombre maximal auquel on s’attendait. Ni l’un ni l’autre des rapports de situation du COSEPAC n’a tenu compte du fait que cette sous‑estimation de la taille de la population par les experts pouvait également s’appliquer à d’autres régions. Les résultats de vastes dénombrements par points d’écoute non aléatoires (n = 1 412) et de recherches de nids complémentaires, de 2006 à 2009, ont été enregistrés dans divers fichiers et formats et n’ont pas été consignés dans un format SIG facilement accessible avant le début de 2010. Par conséquent, ces données n’ont pas été prises en compte lors de la préparation du rapport de situation du COSEPAC de 2010, bien qu’il soit devenu évident au début de 2010 que les estimations de la population du COSEPAC (2001 et 2010) représentaient des valeurs minimales, qui auraient dû à tout le moins être doublées (Gyug, comm. pers., 2024). Cette faiblesse a mené à la mise au point d’approches mieux conçues pour les relevés, décrites ci‑dessus, dont les résultats sont pris en compte dans les estimations démographiques plus complètes, exactes et précises, fournies dans le présent rapport.

Fluctuations et tendances

Déclin continuNote de bas de page 1  du nombre d’individus matures

On ne peut pas estimer les tendances de la population au Canada en se basant sur une comparaison directe avec les estimations de l’abondance tirées d’évaluations précédentes de la situation, en raison de différences notables dans les techniques utilisées et dans l’exactitude probable des estimations résultantes (voir la section Abondance ci‑dessus).

On ne dispose d’estimations quantitatives des récents déclins du nombre d’individus matures que pour deux régions du Canada (voir la section Preuve d’un déclin au cours des 10 dernières années ci‑dessous). Il y a eu notamment un déclin local d’environ 25 % de 2011 à 2023 à Grand Forks (Gyug et al., 2023) et un déclin régional d’environ 50 % sur 20 ans (2003‑2022) dans le sud de la vallée de l’Okanagan (voir le tableau 4 et Preuve d’un déclin au cours des 10 dernières années). Les facteurs de déclin probables, principalement la perte d’habitat causée par le développement urbain et agricole et la compétition avec l’Étourneau sansonnet pour les sites de nidification (voir la description dans la section Menaces et l’annexe 1), se poursuivent et ne se limitent probablement pas à ces deux régions. Aucun des 10 experts contactés au cours de la préparation du présent rapport ne croyait à une augmentation du nombre de Pics de Lewis dans une région quelconque de la Colombie-Britannique, et la plupart ont plutôt indiqué que les effectifs de l’espèce étaient en train de diminuer. Cependant, les données quantitatives sur cette petite population sont trop rares pour qu’on puisse estimer de façon fiable le taux de déclin dans d’autres régions, ou pour l’ensemble du Canada, au cours de la dernière décennie (voir la section Preuve d’un déclin au cours des 10 dernières années).

Tableau 4. Nombre de nids du Pic de Lewis dans certains sites des régions des vallées de l’Okanagan et de la rivière Similkameen, en Colombie-Britannique, dans un passé récent (2003‑2018), comparativement à en 2022. Les sites sont indiqués du sud au nord dans chaque région. Sources de données : ECCC‑CWS (2023); Gyug et Okanagan Nation Alliance (données inédites).
Site Superf. (km2) Nombre de nids par année
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2018 Année médiane Nbre moyen de nids 2022
Vallée de l’Okanagan
Versant ouest du mont Anarchist 5,25 sans objet sans objet sans objet 4 3 sans objet sans objet 4 4 7 6 sans objet sans objet sans objet sans objet 2010 4,67 5
Mont Oliver 0,92 3 sans objet sans objet 5 4 sans objet sans objet 5 4 5 4 2 sans objet sans objet 5 2010 4,11 1
Wilson Mountain Road 0,46 3 sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet 3 1 sans objet sans objet sans objet sans objet 2009 2,33 2
Sportsmen’s Bowl 2,45 sans objet sans objet 3 3 sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet 3 4 sans objet sans objet sans objet 2010 3,25 1
Nature Trust McIntyre Creek 0,45 sans objet sans objet sans objet 4 4 6 sans objet 4 4 5 8 4 sans objet sans objet sans objet 2010 4,88 1
Vaseux Cliffs 0,77 4 sans objet sans objet 4 sans objet sans objet sans objet sans objet 3 2 3 1 sans objet sans objet sans objet 2010 2,83 0
McIntyre Creek Upper Road 1,28 sans objet 3 sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet 5 sans objet sans objet sans objet sans objet 2009 4,00 3
Ruisseau Trout 0,28 1 1 2 2 sans objet 1 1 sans objet sans objet 0 0 sans objet sans objet sans objet sans objet 2006 1,00 0
Moyenne générale sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet 2009 3,38 1,63
Vallée de la rivière Similkameen
Kilpoola-East Chopaka* 34,83 sans objet 8 9 10 sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet 10 7 sans objet sans objet sans objet 2008 8,80 11
ZICO Chopaka Customs 10,14 7 sans objet 5 5 4 sans objet sans objet 4 sans objet 4 12 7 sans objet sans objet sans objet 2009 6,00 7
Ginty’s Pond 0,16 sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet 2 2 3 sans objet 2015 2,33 0
Daly Road - Similkameen Road 0,32 sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet 2 sans objet sans objet 2 sans objet sans objet sans objet sans objet 2012 2,00 4
Keremeos, rive sud 1,01 sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet 4 4 9 sans objet 12 10 sans objet sans objet sans objet sans objet 2010 7,80 3
Moyenne générale sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet 2011 5,39 5,00

* pas de relevé complet en 2022; 7 nids/couples ont été dénombrés pour un total estimé de 11‑12.

Les déclins locaux estimés à 25 % à Grand Forks et à 35 % sur 10 ans dans le sud de la vallée de l’Okanagan représentent une perte d’environ 5,2 % de la population canadienne totale, y compris 1 % dans la région de Grand Forks et 4,2 % dans le sud de la vallée de l’Okanagan (voir la section Preuve d’un déclin au cours des 10 dernières années). Même en l’absence de déclin dans d’autres régions, les pertes dans ces deux endroits représentent un déclin inféré de la population canadienne totale d’environ 5 % au cours des 10 dernières années. Si l’on tient compte en même temps de l’impact global des menaces, élevé‑moyen, qui correspond à un déclin prévu de 3 à 70 % au cours des 10 prochaines années (voir la section Menaces actuelles et futures), un déclin continu du nombre d’individus matures est inféré au Canada.

Preuve d’un déclin continu au cours des 3 dernières années

Comme il n’y a pas suffisamment de données pour estimer directement le taux de déclin continu de la population de Pics de Lewis au Canada au cours des 3 dernières années, le taux approximatif pour cette période, fondé sur le taux de déclin inféré d’environ 5 à 10 % au cours des 10 dernières années (voir ci‑dessous), serait d’environ 1,5 à 3,0 %.

Preuve d’un déclin continu au cours des 5 dernières années

Comme il n’y a pas suffisamment de données pour estimer directement le taux de déclin continu de la population de Pics de Lewis au Canada au cours des 5 dernières années, le taux approximatif pour cette période, fondé sur le taux de déclin inféré d’environ 5 à 10 % au cours des 10 dernières années (voir ci‑dessous), serait d’environ 2,5 à 5,0 %.

Preuve d’un déclin au cours des 10 dernières années (qui a cessé ou se poursuit)

La tendance d’après le BBS pour la dernière période de 10 ans au Canada (2011‑2021) était légèrement positive (3,6 %), mais présentait une faible fiabilité et un intervalle de crédibilité très large, et n’était pas significativement différente de l’absence de tendance (tableau 1). La tendance d’après le BBS à l’échelle du continent pour la même période était également légèrement positive, mais présentait aussi une faible fiabilité et un large intervalle de crédibilité. Cette dernière tendance est en grande partie attribuable aux tendances de la population états‑unienne, puisque les individus de ce pays représentent environ 95 % de la population mondiale. Les changements cumulatifs au cours de la même période ont des intervalles de crédibilité extrêmement larges qui ne sont pas significativement différents de l’absence de changement détecté. Les taux de variation à court terme sont semblables dans les États des États‑Unis adjacents à la Colombie-Britannique.

Puisque tous les Pics de Lewis qui se reproduisent au Canada hivernent désormais normalement aux États‑Unis, aucune tendance utile ne peut être dérivée du RON au Canada. Les tendances à court terme d’après le RON aux États‑Unis (2010‑2021), où environ 5 % des individus dénombrés proviennent probablement de la population canadienne, n’indiquent aucune tendance significative (régression linéaire, r2 = 0,02, p = 0,66, figure 5).

Deux graphiques linéaires montrant l’abondance moyenne du Pic de Lewis au Canada (entre 1974 et 2021) et aux États Unis (entre 1938 et 2021). La description longue suit.
Deux graphiques linéaires montrant l’abondance moyenne du Pic de Lewis au Canada (entre 1974 et 2021) et aux États Unis (entre 1938 et 2021). La description longue suit.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Number counted per party-hour = Nombre d’individus dénombrés par heure équipe

Year = Année

Party-Hours = Heures équipe

Number of party-hours = Nombre d’heures équipe

Figure 5. Abondance moyenne du Pic de Lewis par heure‑équipe d’observateurs, telle qu’elle a été consignée dans le Recensement des oiseaux de Noël (RON) (National Audubon Society, 2023), au Canada (en haut) entre 1974 et 2021, montrant la ligne de régression cubique ajustée, et aux États‑Unis (en bas) entre 1938 et 2021, montrant la moyenne sous forme de lignes horizontales distinctes pour 1938‑1977 et 1978‑2021. L’axe secondaire du côté droit du graphique du bas indique le nombre d’heures‑équipe sur lesquelles les estimations annuelles sont fondées, la ligne sur le graphique indiquant que les chiffres pour la période après 1977 sont beaucoup plus exacts. Aucun relevé du RON n’a été effectué dans l’intérieur de la Colombie-Britannique avant 1970, et la couverture des relevés était quasi nulle dans l’ouest des États‑Unis avant 1938.

Description longue

Le graphique du haut, qui montre l’abondance moyenne du Pic de Lewis par heure équipe consignée dans le Recensement des oiseaux de Noël au Canada, présente une ligne dont la pente descendante commence à environ 0,0019 (nombre d’individus dénombrés par heure équipe) en 1974 et se termine à zéro en 2021. La pente de la ligne est plus abrupte entre 1974 et 1990, descendant jusqu’à environ 0,0003 en 1990. Elle descend plus graduellement jusqu’à environ 0,0002, de 1990 à 2001. Elle est ensuite quasi horizontale jusqu’en 2010, avant de descendre à zéro en 2017 et de s’y maintenir jusqu’en 2021. Les dénombrements réels, indiqués par des points, présentent une grande variation d’une année à l’autre au début de la période, p. ex. de 0,0041 en 1974 (le dénombrement le plus élevé illustré) à 0,0006 en 1975; la plage de variation diminue considérablement après 1982, et après 2003, elle se situe entre zéro et 0,0001, demeurant stable à zéro de 2017 à 2021.

Le graphique du bas, qui montre l’abondance moyenne du Pic de Lewis par heure équipe consignée dans le Recensement des oiseaux de Noël aux États Unis, présente une ligne dont la pente ascendante commence légèrement au dessus de zéro en 1938 et atteint un sommet de 0,201 en 2013. La ligne est relativement lisse jusqu’en 1980, puis elle présente une plus grande variation d’une année à l’autre, au cours des années suivantes (p. ex. environ 0,101 en 1982 et 0,125 en 1983). Elle redevient ensuite relativement lisse jusqu’en 2005, puis elle présente des variations assez marquées d’une année à l’autre, variant entre 0,175 et 0,201. La ligne du graphique atteint un sommet de 0,201 en 2013 et se termine à environ 0,185 en 2016. Le graphique du bas montre également le nombre d’heures équipe sur lesquelles les estimations annuelles sont fondées. Entre 1938 et 1977, le nombre d’heures équipe variait considérablement d’une année à l’autre – par exemple, passant d’un sommet de 3 900  en 1941 à environ 2 000 en 1942. Entre 1977 et 2021, la plage de variation est beaucoup plus faible, avec un sommet d’environ 7 000 en 1987 et un minimum d’environ 2 000 en 2017.

Les données eBird révèlent une tendance médiane à la hausse à l’échelle de l’aire de répartition mondiale de 23,1 % au cours de la période 2012‑2022, avec un intervalle de confiance à 80 % relativement large (14,3 % à 37 %; figure 6; Fink et al., 2023). Pour le Canada seulement, la tendance médiane indique une réduction de 6,1 % au cours de la période 2012‑2022, avec un large intervalle de confiance à 80 % (‑20,7 % à 11,7 %) chevauchant la valeur zéro, de sorte que la tendance résultante ne présente qu’une fiabilité relativement faible (Fink et al., 2023). Ces résultats ne reflètent pas les tendances d’après le BBS, qui sont, elles aussi, peu fiables. Bref, il est difficile de tirer des conclusions utiles à partir des données eBird (voir la section Sources des données, méthodologies et incertitudes).

Carte de l’ouest des États Unis et du sud ouest du Canada montrant les tendances du Pic de Lewis pendant la période de reproduction, de 2012 à 2022. La description longue suit.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Lewis's Woodpecker = Pic de Lewis

Melanerpes lewis = Melanerpes lewis

Trends 2012-2022 = Tendances pour la période 2012‑2022

Breeding season, 31 May - 2 Aug = Période de reproduction, du 31 mai au 2 août

This map depicts the cumulative change in estimated relative abundance from 2012 through 2022 with circles representing 27km x 27km regions. Red indicates decline and blue indicates increase. The darker the color, the stronger the trend. White circles represent locations where the trend estimate is not significantly different from zero (that is, the 80% confidence interval contains zero). Circle sizes are scaled by the estimated relative abundance at the middle of the time period.= Cette carte illustre la variation cumulative de l’abondance relative, estimée de 2012 à 2022, des cercles représentant des régions de 27 km × 27 km. Le rouge indique un déclin, et le bleu, une croissance de la population. Plus la couleur est foncée, plus la tendance est forte. Les cercles blancs représentent des zones où la tendance estimée n’est pas significativement différente de zéro (c.‑à‑d. que l’intervalle de confiance à 80 % chevauche la valeur zéro). La taille des cercles est ajustée en fonction de l’abondance relative estimée au milieu de la période.

Abundance trend Pct. change, 2012-2022 = Variation (%) de la tendance de l’abondance, 2012‑2022

Uncertain = Incertaine

Relative abundance = Abondance relative

Middle year of range, 2017 = Année centrale de la période, 2017

Lower = Lim. inférieure

Higher = Lim. supérieure

Range-wide trend (confidence intervals) = Tendance à l’échelle de l’aire de répartition (intervalles de confiance)

Upper = Lim. supérieure

Median = Médiane

Lower = Lim. inférieure

Inside modeled seasonal range = À l’intérieur des aires saisonnières modélisées

Outside modeled seasonal range = À l’extérieur des aires saisonnières modélisées

Fink, D., T. Auer, A. Johnston, M. Strimas-Mackey, S. Ligocki, O. Robinson, W. Hochachka, L. Jaromczyk, C. Crowley, K. Dunham, A. Stillman, I. Davies, A. Rodewald, V. Ruiz-Gutierrez, C. Wood. 2023. eBird Status and Trends, Data Version: 2022; Released: 2023. Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, New York. https://doi.org/10.2173/ebirdst.2022 = Fink, D., T. Auer, A. Johnston, M. Strimas-Mackey, S. Ligocki, O. Robinson, W. Hochachka, L. Jaromczyk, C. Crowley, K. Dunham, A. Stillman, I. Davies, A. Rodewald, V. Ruiz-Gutierrez, C. Wood. 2023. eBird Status and Trends, Data Version: 2022; Released: 2023. Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, New York. https://doi.org/10.2173/ebirdst.2022.

Figure 6. Carte des tendances eBird pour le Pic de Lewis pendant la période de reproduction (du 31 mai au 2 août) en Amérique du Nord, de 2012 à 2022, sur laquelle on voit la tendance médiane sur 10 ans avec l’intervalle de confiance à 80 % (Fink et al., 2023).

Description longue

La carte montre une tendance largement à la baisse de l’abondance du Pic de Lewis dans le sud de la Colombie‑Britannique, de 2012 à 2022. La plupart des cercles visibles sont très petits – ce qui indique une abondance relative faible – et signifient soit qu’il y a un déclin ou que la tendance est « incertaine », bien qu’il y ait quelques cercles extrêmement petits indiquant une augmentation. Les plus grands cercles se situent le long de la frontière entre le Canada et les États‑Unis; deux d’entre eux représentent une tendance à la baisse forte ou modérée, mais plusieurs autres montrent une tendance à la hausse. Aux États‑Unis, la plupart des cercles montrent une tendance à la hausse, en particulier dans le nord‑est du Nevada, où de nombreux cercles indiquent également une abondance relative plus élevée. Dans l’ensemble de l’aire de reproduction aux États‑Unis, il y a plus de cercles indiquant une tendance « incertaine » qu’une tendance au déclin. 

Aucune tendance linéaire significative n’a été dégagée à partir des données de suivi provenant des dénombrements annuels par points d’écoute en bordure de routes (qui ne sont pas les points d’écoute en bordure de routes des parcours du BBS) en Colombie-Britannique pour la période 2015‑2022 (r2 = 0,41, p = 0,38). On a observé une tendance de +1,1 %, mais avec un large intervalle de confiance à 95 % de ‑12,7 % à 14,9 %. La puissance statistique pour détecter une tendance annuelle réelle de 1 % avec une probabilité de 80 % (1 ‑ bêta = 0,8) serait d’environ 8 %, donc très faible (Gyug, données inédites).

En Colombie-Britannique, des estimations régionales répétées du nombre de nids actifs n’ont été effectuées que dans la région de Kootenay‑Est. Le COSEPAC (COSEWIC, 2010) rapportait une diminution de 22 % du nombre de nids au cours de la période de 10 ans de 1998 (85 nids) à 2007 (66 nids), d’après une tentative de dénombrement de tous les nids dans la région de Kootenay‑Est. Cependant, l’abondance régionale selon les relevés de 2007 est probablement sous‑estimée, parce que les responsables de relevés n’étaient pas au courant de l’existence de certains brûlis nouvellement occupés (ECCC‑CWS, 2023). En 2013, on estimait qu’il y avait 103 nids dans la région de Kootenay‑Est (Gyug, 2013b; tableau 3). En raison de l’habitat qui n’a pas été pris en compte lors du relevé de 2007 dans la région de Kootenay‑Est et des difficultés à effectuer des recherches dans une région d’environ 1 000 km2 avec une efficacité de 100 %, il est possible que le déclin apparent de la population, mentionné par le COSEPAC (COSEWIC, 2010), n’ait pas réellement eu lieu.

Dans la région de Kootenay‑Est, plusieurs projets visant à remettre en état des prairies‑parcs de type savane pour le wapiti des montagnes Rocheuses (Cervus elaphus nelsoni) et le cerf mulet (Odocoileus hemionus) ont profité au Pic de Lewis. Par exemple, 671 ha de la prairie Skookumchuck ont été traités en 2011‑2013 pour offrir de l’habitat aux ongulés et au Courlis à long bec (Numenius americanus) par une coupe partielle d’arbres denses et l’enlèvement de plantes du sous‑étage, qui ont probablement été suivis d’un brûlage du sous‑étage (Cooper 2017a, 2020). Aucun Pic de Lewis n’était présent en 2007 (Beauchesne et Cooper, 2008) ni en 2013 (Gyug, 2013b), mais 5, 18 et 21 nids actifs ont été observés en 2016, en 2017 et en 2019, respectivement (Cooper, 2020). La forte augmentation observée en 2017 indique probablement que des individus de la région de Kootenay‑Est se sont déplacés en réaction au changement du caractère convenable de l’habitat.

Avant la première estimation de l’abondance dans la région d’Okanagan‑Similkameen en 2022, de nombreux relevés du Pic de Lewis avaient été effectués dans la région, y compris ceux effectués pour deux mémoires de maîtrise (Zhu, 2006a; Macfarland, 2016), 395 dénombrements par points d’écoute choisis par des responsables de relevés en 2006‑2007, 164 dénombrements par points d’écoute aléatoires en 2013 et de nombreux relevés refaits dans des zones de nidification fortement utilisées dans le cadre du Wildlife Tree Stewardship Program, de 2008 à 2012 (ECCC‑CWS, 2023). Bien que les sites d’études antérieures n’aient pas été sélectionnés au hasard, ils permettent des comparaisons ponctuelles pour certains sites par rapport à une période ultérieure à l’intérieur de la période 2003‑2022 (tableau 4). L’abondance moyenne des nids en 2022 dans ces zones, où des comparaisons dans le temps sont possibles, était de 48 % plus faible dans la vallée de l’Okanagan que la moyenne des années précédentes (test t apparié : t = 3,37, degrés de liberté (ddl) =7, p = 0,01) sur une moyenne de 13 ans (année médiane 2009 pour les données antérieures, par rapport à 2022). Le taux de déclin observé (48 % sur 13 ans) équivaut à un déclin de 35 % sur 10 ans. En 2022, la population dans la vallée de l’Okanagan était estimée à 150 couples (tableau 3), soit environ 12 % de la population canadienne, estimée à 1 265 couples (tableau 3). La perte de population estimée dans la vallée de l’Okanagan sur une période de 10 ans représenterait donc une perte estimative de 4,2 % (c.‑à‑d. 35 % × 12 %) de la population canadienne. Il n’y avait aucune différence significative dans la vallée de la rivière Similkameen (test t apparié : t = 0,28, ddl =4, p = 0,79) au cours de la période moyenne 2011‑2022 (tableau 4).

Une tendance à la baisse du nombre de Pics de Lewis dans la vallée de l’Okanagan a également été relevée par des biologistes et des résidants locaux. Cette espèce est maintenant très difficile à repérer dans les sites occupés précédemment dans la vallée de l’Okanagan où il n’y a pourtant eu aucun changement visible de l’habitat. En revanche, dans les vallées des rivières Kettle et Similkameen, elle est toujours présente dans un habitat semblable, qui n’a pas visiblement changé là non plus (Cannings, comm. pers., 2023). Le Pic de Lewis était commun dans les peuplements de peupliers en 1986, même si l’Étourneau sansonnet y nichait en abondance à cette époque (Cannings et al., 1987; Cannings, comm. pers., 2023). Le nombre d’individus migrants est généralement moins élevé aujourd’hui qu’il ne l’était par le passé. Pendant la migration automnale, au milieu des années 1990, un groupe de 80 individus a été observé faisant une halte d’une heure dans une forêt de pin ponderosa, près de Willowbrook, dans la vallée de l’Okanagan (Sarell, comm. pers., 2023). En revanche, au cours des dernières années, la taille des groupes dépasse rarement une dizaine d’individus (Sarell, comm. pers., 2023; eBird, 2024; Gyug, données inédites).

Bien que les incendies de forêt puissent créer de l’habitat à court terme, le Pic de Lewis ne semble pas avoir actuellement la capacité de reproduction nécessaire pour peupler tout cet habitat. Le déclin de la population de 4,2 % observé dans la vallée de l’Okanagan s’est produit malgré la création d’habitat possiblement convenable d’une superficie de 27 000 ha au cours de cette même période. Entre 2012 et 2021, une superficie de 270 km2 du sud de la vallée de l’Okanagan (22 % de la superficie totale de 1 218 km2), qui pourrait être occupée par le Pic de Lewis, a été ravagée par le feu (voir la figure 4; Gyug, analyses inédites au moyen de polygones d’incendie de DataBC).

En 2018, une inondation catastrophique survenue à Grand Forks a entraîné une érosion importante des berges (Gyug et al., 2023), provoquant la perte directe de 12 % des arbres de nidification connus se trouvant sur les berges; cette perte est corrélée avec un déclin de 22 % de l’abondance relative d’après les dénombrements annuels par points d’écoute en bordure de routes, et un déclin de 31 % de l’abondance absolue d’après les dénombrements complets de nids dans la région en 2012 et en 2023 (Gyug et al., 2023). La portée globale de cette perte était relativement petite (touchant 4 % de la population canadienne estimée) et d’une gravité modérée (réduction de 19 à 31 %), ce qui équivaut à un déclin d’environ 1 % de la population canadienne estimée au cours de la période 2012‑2023.

Le déclin réel de la population pourrait être légèrement plus élevé que le minimum de 5 %, estimé à l’aide des données quantitatives mentionnées ci‑dessus, le déclin prévu étant susceptible d’atteindre jusqu’à 10 % environ, compte tenu de l’impact des menaces calculé dans le programme de rétablissement de l’espèce (ECCC, 2017; Gyug, calcul pers.). Aux fins du présent rapport, un taux de déclin de 5 à 10 % (plage arrondie) est inféré pour les 10 dernières années, et l’on considère que le déclin se poursuit, puisque toutes les menaces qui y contribuent sont toujours présentes.

Preuve d’un déclin prévu ou présumé au cours des 10 prochaines années

Dans l’ensemble, les déclins inférés du nombre de Pics de Lewis au cours des 10 dernières années devraient se poursuivre au cours des 10 prochaines années, car les principales menaces sont toujours présentes, y compris 9 menaces de niveau 1, qui sont considérées comme ayant des répercussions importantes. Ces menaces comprennent notamment trois menaces pour lesquelles un impact élevé‑moyen est prévu, deux menaces pour lesquelles un impact moyen est prévu et quatre menaces pour lesquelles un impact faible est prévu (annexe 1). L’impact global des menaces pesant sur l’espèce est considéré comme élevé‑moyen, ce qui correspond à un déclin prévu de 3 à 70 % au cours des 10 prochaines années (voir la section Menaces actuelles et futures). Étant donné que la plupart des menaces devraient avoir à peu près le même impact au cours des 10 prochaines années qu’elles ont eu au cours des 10 dernières années, on prévoit que le taux de déclin de 5 à 10 % inféré pour les 10 dernières années (voir la section Preuve d’un déclin au cours des 10 dernières années) se poursuivra au cours des 10 prochaines années.

Tendances à long terme

L’aire de reproduction du Pic de Lewis au Canada s’est contractée au cours du dernier siècle. Bien qu’il ait été considéré comme un oiseau nicheur abondant près de Victoria, en Colombie-Britannique, entre les années 1920 et les années 1930 (Cowan, 1940), le Pic de Lewis ne compte plus d’individus nicheurs sur l’île de Vancouver depuis 1962 et dans la vallée du bas Fraser depuis 1964 (Campbell et al., 1990; Cooper et al., 1998). Il ne compte plus, non plus, de groupes d’individus nicheurs à la limite nord de l’aire de reproduction dans la région de Kootenay, près de Golden et de Revelstoke, ni d’occurrences septentrionales de reproduction dans la zone du parc provincial Wells Gray (Cooper et al., 1998).

Les tendances à long terme d’après le BBS indiquent un déclin annuel de 1,3 % entre 1970 et 2021 en Colombie-Britannique (tableau 1), ce qui équivaut à une réduction cumulative de 49 % entre 1970 et 2021. À l’échelle du continent, il y a eu une réduction cumulative de ‑58 % pendant cette période. Ces estimations sont d’une fiabilité moyenne et élevée (tableau 1). Les pertes importantes de l’ordre de 50 % de la population, qui ont eu lieu dans le passé, en particulier entre 1970 et le milieu des années 1990, ne semblent pas se poursuivre aujourd’hui (figure 7).

Deux graphiques montrant l’indice d’abondance annuel de la population de Pics de Lewis au Canada pour deux périodes différentes. La description longue suit.

Veuillez voir la traduction française ci-dessous :

Annual index of abundance (mean count) = Indice d’abondance annuel (dénombrement moyen)

Year = Année

Figure 7. Indice d’abondance annuel de la population de Pics de Lewis au Canada, d’après les données du Breeding Bird Survey (BBS) pour les périodes 1970‑2021 et 2005‑2021 (n = 20 parcours). La tendance selon le modèle additif généralisé (MAG) représente le meilleur ajustement curvilinéaire aux données, tandis que la tendance de la pente représente une comparaison en ligne droite entre les points de début et de fin. Les ombrages bleus et gris, respectivement, montrent les intervalles de crédibilité à 95 % pour les tendances selon le MAG et de la pente; il convient de noter que la fiabilité globale du BBS au Canada est faible (Smith, données inédites).

Description longue

Le graphique de gauche montre l’indice d’abondance annuel (dénombrement moyen) pour la période 1970‑2021. Pendant la majeure partie de la période, la ligne de tendance selon le modèle additif généralisé (MAG) présente une pente descendante, passant d’un indice d’abondance annuel d’environ 0,075 (dénombrement moyen) en 1970 à un minimum d’environ 0,03 en 2010. Cependant, après 2010, la ligne commence à monter pour se terminer à environ 0,04 en 2021. La tendance de la pente montre une variabilité assez forte d’une année à l’autre, avec la plus grande plage de variation vers 2000, l’indice passant d’environ 0,03 en 1999 à environ 0,05 en 2000 et à environ 0,03 en 2001. Les intervalles de crédibilité à 95 % pour les tendances selon le MAG et de la pente sont le plus larges en 1970 et le plus étroits vers 2008, avant de s’élargir légèrement de nouveau jusqu’en 2021.

Le graphique de droite montre l’indice d’abondance annuel (dénombrement moyen) pour la période 2005‑2021. La ligne représentant la tendance du MAG commence à environ 0,027 et descend très légèrement jusqu’à environ 0,026 vers 2012, puis commence à monter et atteint environ 0,037 en 2021. La tendance de la pente montre la plus grande variabilité entre 2005 et 2010, avec une plage allant d’environ 0,037 à 0,018. Les intervalles de crédibilité à 95 % pour les tendances selon le MAG et de la pente sont le plus étroits entre 2005 et 2007, puis s’élargissent légèrement jusqu’en 2013 environ et s’élargissent ensuite davantage pour devenir le plus larges en 2021. 

Aux États‑Unis, les tendances d’après le RON indiquent un déclin important à long terme des effectifs du Pic de Lewis (F1,82 = 30,2, p < 0,0001, figure 5). De 1938 à 1977, le nombre moyen d’individus dénombrés par heure‑équipe était de 0,058, et il n’est plus que de 0,025 depuis 1978. Depuis cette époque, aucune tendance significative ne s’est dégagée (r2 = 0,03; F1,42 = 1,19; p = 0,28). L’abondance relative moyenne a connu un déclin important de 56 % entre ces deux périodes (1938‑1977 et 1978‑2021) (t = 5,02, ddl = 40, p < 0,001).

Le Pic de Lewis était si commun dans la vallée de l’Okanagan de 1900 à 1936 qu’il y a un passage portant tout spécialement sur lui dans Parham (1937) :

C’était le cas tout particulièrement des Pics de Lewis […]. Ces oiseaux venaient par volées quand les pommes mûrissaient, et ils perçaient de leur bec pointu les pommes rouges, les unes après les autres, nous obligeant, en légitime défense, à les abattre en grand nombre. Contrairement aux corvidés, qui venaient parfois eux aussi à grandes volées pour manger les fruits, ils ne comprenaient pas le message et dédaignaient de s’éloigner lorsqu’on tirait sur eux (p. 85‑86 dans Parham, 1937).

L’Étourneau sansonnet semble avoir remplacé le Pic de Lewis comme principal ravageur des vergers et des vignobles. Le nombre d’individus devait être beaucoup plus élevé, dans le passé, pour que l’on dise qu’ils arrivaient par volées (« in scores ») dans un verger.

Fluctuations de la population, y compris les fluctuations extrêmes

À notre connaissance, le nombre de Pics de Lewis au Canada ne connaît pas de fluctuations extrêmes. En Colombie-Britannique, les effectifs nicheurs peuvent changer de façon marquée à l’échelle locale en quelques années, par exemple lorsque des individus occupent un nouvel habitat créé dans des zones récemment brûlées (voir la section Fluctuations et tendances de la répartition), mais les effectifs globaux changent beaucoup plus lentement. Les données de suivi annuel en bordure de des routes pour la période 2015‑2022 ne contiennent pas de fluctuations appréciables des effectifs à l’échelle régionale ou provinciale (voir la section Preuve d’un déclin au cours des 10 dernières années).

Fragmentation grave

La possibilité de fragmentation a été évaluée pour le Pic de Lewis, car cette espèce présente une répartition restreinte au Canada et un IZO actuel estimé entre 1 436 et 1 664 km2 (voir la section Indice de zone d’occupation actuel). Les couples nicheurs sont répartis de façon très éparse dans l’aire de reproduction, et les zones d’habitat de reproduction occupées peuvent être séparées par plusieurs dizaines de kilomètres (voir par exemple la figure 3). Cependant, l’habitat de reproduction n’est pas considéré comme étant gravement fragmenté, car les individus sont en mesure de se disperser sur des distances considérables, colonisant souvent des zones d’habitat nouvellement disponibles, comme des brûlis, qui peuvent être largement séparées d’autres sites occupés (Gyug, obs. pers.).

Immigration de source externe

Le Pic de Lewis possède une aire de répartition continue au Canada, et ses effectifs sont beaucoup plus importants aux États‑Unis. ll y a donc une source potentielle d’immigrants au sud du Canada. Cependant, les données du BBS révèlent une tendance négative à long terme, de 1970 à 2021, dans l’État de Washington, en Idaho et au Montana, États adjacents au Canada, et cette tendance est semblable au taux de déclin de l’espèce en Colombie-Britannique (Smith, données inédites, 2023). Ces États ont néanmoins affiché une légère tendance positive si l’on ne tient compte que des 10 dernières années, semblable à la tendance observée en Colombie-Britannique (figure 7, Smith, données inédites). Ces tendances à court terme (10 ans) sont fondées sur une quantité relativement petite de données. Dans tous les cas, sauf en Idaho, les intervalles de confiance à 95 % chevauchent la valeur zéro, et la fiabilité des tendances est faible (Smith, données inédites, 2023). Étant donné que l’habitat de reproduction de qualité optimale – les peuplements riverains matures de peupliers – semble être un facteur limitatif au Canada et que la superficie et la qualité de cet habitat continuent de connaître des déclins, la capacité d’accueil d’individus immigrants au Canada semble être faible, et la probabilité globale d’immigration de source externe l’est également.

Menaces

Tendances en matière d’habitat passées, à long terme et en cours

Les déclins à long terme de l’habitat d’alimentation et de nidification sont attribuables : à la perte de nombreuses forêts matures productives de peupliers, causée par l’endiguement ou la canalisation de rivières, la recharge de réservoirs et les inondations; à la perte de forêts ouvertes de pin ponderosa en raison de l’urbanisation et de la conversion à l’agriculture; à la réduction du nombre d’incendies dans les régions où des incendies fréquents à faible impact, qui maintiennent les peuplements, préservaient les savanes ouvertes de pin ponderosa.

L’urbanisation et la conversion à l’agriculture de zones naturelles ont diminué l’habitat disponible du Pic de Lewis, et le déclin de cet habitat devrait se poursuivre, car la population humaine s’accroîtra et l’urbanisation continuera (augmentation estimée de 10 % au cours des 10 prochaines années en fonction de l’augmentation prévue de la population – voir la Menace no 1.1 à la section Menaces), et d’autres vergers et vignobles seront établis dans des zones naturelles ou relativement naturelles (augmentation estimée de 2 % – voir la Menace no 2.1 à la section Menaces). Une combinaison d’endiguement, de canalisation, de réservoirs de barrages et d’inondations catastrophiques continue de réduire l’habitat le plus précieux de cette espèce, constitué de forêts alluviales de peupliers. L’augmentation de l’activité des incendies de forêt dans l’ouest de l’Amérique du Nord au cours des dernières décennies en raison des changements climatiques (Schoennagel et al., 2017) pourrait accroître temporairement la disponibilité d’habitat convenable dans les forêts fermées qui brûlent, à condition que ces zones ne fassent pas l’objet de coupes de récupération (Saab et Dudley, 1998).

Les types d’arbres de nidification utilisés témoignent de différences régionales importantes dans la disponibilité de l’habitat en Colombie-Britannique. Les arbres de nidification connus étaient des peupliers dans une proportion de 81 % dans la région de Boundary, de 40 % dans la région de la rivière Similkameen, de 28 % dans la région de la rivière Thompson, mais seulement de 10 % dans la vallée de l’Okanagan et de 8 % dans la région de Kootenay‑Est (ECCC‑CWS, 2023). La plupart des peuplements matures de peupliers dans la vallée de l’Okanagan ont été perdus à cause de l’endiguement et de la canalisation de la rivière Okanagan depuis les années 1940, et dans la région de Kootenay‑Est, à cause du réservoir situé derrière le barrage Libby sur la rivière Kootenay au Montana (mis en service en 1975), qui a provoqué des inondations en Colombie-Britannique, 68 km au nord de la frontière avec les États‑Unis. Ces deux régions pourraient donc être particulièrement vulnérables à d’autres facteurs de stress, étant donné que les milieux les plus productifs ne représentent actuellement qu’une petite fraction de leur répartition historique et que l’abondance de l’espèce y est très réduite comparativement à ses effectifs historiques.

Menaces actuelles et futures

Le Pic de Lewis est vulnérable aux effets cumulatifs de diverses menaces. Celles‑ci sont classées ci‑dessous et à l’annexe 1, d’après le système de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) (IUCN, 2022). L’évaluation porte sur les impacts de chacune des 11 grandes catégories de menaces de niveau 1 et de leurs sous‑catégories de niveau 2, en fonction de la portée (proportion de la population exposée à la menace au cours des 10 prochaines années), de la gravité (déclin prévu de la population exposée à la menace au cours des 10 prochaines années ou des 3 prochaines générations, selon la période la plus longue) et de l’immédiateté de chaque menace. Le calcul de l’impact global des menaces tient compte des impacts de chacune des catégories de menaces et peut être ajusté par les spécialistes de l’espèce qui participent à l’évaluation des menaces.

L’impact global des menaces pour le Pic de Lewis est considéré comme élevé‑moyen, ce qui correspond à un déclin supplémentaire prévu de 3 à 70 % au cours des 10 prochaines années (voir l’annexe 1 pour plus de détails). Les menaces qui pèsent sur l’habitat sont généralisées et continues, et la compétition avec l’Étourneau sansonnet pour les sites de nidification se poursuit, ce qui signifie que certaines menaces principales, qui ont entraîné des pertes de population à long terme, sont toujours présentes. Les menaces sont décrites dans les paragraphes suivants en ordre décroissant de l’ampleur de leur impact (du plus élevé au moins élevé), les menaces ayant le même impact étant présentées en ordre numérique et celles dont la portée ou la gravité sont inconnues étant présentées en dernier.

Menace no 5 de l’UICN. Utilisation des ressources biologiques (impact élevé‑moyen)

UICN 5.3. Exploitation forestière et récolte du bois

À l’heure actuelle, le Pic de Lewis n’est pas considéré comme étant menacé par l’exploitation forestière commerciale, car les densités des peuplements de pin ponderosa dans l’habitat de nidification ouvert de l’espèce sont trop faibles pour que la récolte soit économiquement viable, et le bois de pin ponderosa possède actuellement une très faible valeur marchande. Cependant, il pourrait y avoir des coupes de récupération à blanc dans les brûlis, ce qui annulerait le potentiel de ces derniers en tant qu’habitat convenable si les arbres de nidification potentiels sont enlevés (Saab et al., 2007), que ce soit comme bois marchand ou pour éliminer un danger. De vastes brûlis ont été créés dans les aires de nidification du Pic de Lewis de 2017 à 2023, et d’autres brûlis semblables devraient être créés à l’avenir. Bon nombre de ces brûlis sont beaucoup trop étendus pour entreprendre une coupe de récupération complète, et de nombreux peuplements brûlés ne font pas l’objet de telles coupes. Dans le passé, en Colombie-Britannique, la plupart des brûlis renfermant du bois marchand, qui étaient accessibles, auraient fait l’objet de coupes de récupération à blanc, car les arbres morts toujours debout sont considérés comme présentant un danger. L’enlèvement des arbres dangereux est susceptible d’augmenter au cours des dix prochaines années dans les peuplements de peupliers (Manning, comm. pers., 2024). Cette menace aurait une portée restreinte à grande, et sa gravité serait extrême à élevée; la portée et la gravité sont très variables et se situent probablement près de la limite inférieure de la plage de valeurs.

Menace no 8 de l’UICN. Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (impact élevé‑moyen)

UICN 8.1. Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes

La compétition pour les cavités de nidification avec les espèces introduites, en particulier l’Étourneau sansonnet, a souvent été reconnue comme une menace pour le Pic de Lewis (voir par exemple Campbell et al., 1990; Galen, 2003). Dans la vallée de l’Okanagan, 43 % des cavités occupées au cours d’une année donnée par le Pic de Lewis ont été réutilisées l’année suivante par l’Étourneau sansonnet, une espèce qui niche plus tôt au printemps (Zhu, 2006a). Cependant, Macfarland et al. (2019) ont observé un certain niveau de tolérance entre les deux espèces d’après la productivité des nids, et même dans l’exemple de l’Okanagan, la plupart des preuves de l’évincement de Pics de Lewis par des étourneaux étaient indirectes (Zhu, 2006a). Macfarland et al. (2019) n’ont toutefois utilisé que les sites d’étude où le Pic de Lewis était présent, et ils n’ont pas estimé la densité d’individus nicheurs, qui pourrait avoir été touchée par la compétition, même si la productivité des nids ne l’était pas. Par exemple, il existe des indices anecdotiques selon lesquels le Pic de Lewis serait absent de certains endroits en Colombie-Britannique, particulièrement dans les villes, à cause de la compétition pour les sites de nidification avec l’Étourneau sansonnet (Cannings, comm. pers., 2023; voir la section).

Le nombre d’Étourneaux sansonnets dans le centre et l’intérieur sud de la Colombie-Britannique est estimé à 1 000 000 (Partners in Flight, 2023). Étant donné que les relevés du BBS ont lieu en juin, alors que les jeunes des premières couvées d’étourneaux ont sûrement déjà pris leur premier envol, on pourrait estimer, de manière prudente, que 200 000 couples d’étourneaux tenteront de nicher une deuxième fois au cours d’une période de reproduction donnée dans la zone occupée par le Pic de Lewis en Colombie-Britannique. Il est probable que ce niveau de demande pour les cavités de nidification, qui va au‑delà des niveaux naturels antérieurs, a eu une incidence sur la population de Pics de Lewis. Bien que les populations d’Étourneaux sansonnets soient en déclin en Colombie-Britannique depuis les années 1970, des déclins importants de l’ordre de 4 à 7 % s’étant produits de 2011 à 2021 (Smith, données inédites), leurs effectifs sont encore si nombreux que l’on suppose que cette menace a une grande portée est une gravité modérée. La répartition de l’Étourneau sansonnet chevauche l’entièreté de l’aire de répartition du Pic de Lewis en Colombie-Britannique, mais la menace pourrait être particulièrement grave dans les vallées de l’Okanagan et la région de Kootenay‑Est, où les peuplements riverains matures de peupliers, dans lesquels le Pic de Lewis est le plus productif, ont été largement éliminés, et peut‑être dans la vallée de la rivière Thompson à l’est de Kamloops (Reudink, comm. pers., 2024). Cette menace aurait une grande portée, et sa gravité serait élevée à modérée.

Menace no 1 de l’UICN. Développement résidentiel et commercial (impact moyen)

UICN 1.1. Zones résidentielles et urbaines

D’autres pertes d’habitat sont prévues en raison de la croissance de la population humaine dans une grande partie de l’aire de répartition du Pic de Lewis, en Colombie-Britannique. Dans le Programme de rétablissement du Pic de Lewis (Environment and Climate Change Canada, 2017), on prévoit que la taille de la population humaine (et, par conséquent, l’urbanisation) devrait augmenter de 8,9 %, de 5,3 %, de 4,4 % et de 1,0 % entre 2013 et 2023, dans les districts régionaux de Thompson‑Nicola, d’Okanagan‑Similkameen, de Kootenay‑Est et de Kootenay‑Boundary, respectivement. Cependant, les données de recensements indiquent que l’augmentation de la population, entre 2011 et 2021, a été beaucoup plus élevée que prévu, soit de 11,8 %, de 11,7 %, de 16,5 % et de 6,4 % (dans les mêmes districts mentionnés ci‑dessus; Statistics Canada, 2019, 2023); cette menace pourrait donc avoir un effet plus important que prévu initialement. L’aménagement de zones résidentielles est susceptible de toucher différemment les milieux riverains et les milieux secs. Bien qu’il y ait des zones de non‑construction de 15 ou 30 m le long des rivières en Colombie-Britannique, ces zones sont habituellement incluses dans les lignes de lots privés; il est donc difficile de contrôler l’enlèvement de peupliers matures par tous les propriétaires fonciers. La croissance de la population dans l’intérieur sud de la Colombie-Britannique se poursuit, et aucune réduction de l’ampleur de cette croissance n’est prévue. Cette menace aurait une portée restreinte, mais sa gravité serait extrême.

Il y aura du développement commercial lié au développement résidentiel, dans une certaine mesure, mais il est difficile d’évaluer ces deux types de développement séparément; le développement commercial a donc été évalué à la menace no 1.1, plutôt qu’à la menace no 1.2 Zones commerciales et industrielles.

UICN 1.3. Zones touristiques et récréatives

Il y a un risque de perte d’habitat en raison de l’aménagement de nouvelles zones récréatives, comme c’est le cas pour les zones résidentielles examinées à la menace no 1.1. Cependant, le nombre de nouveaux sites qui pourraient être aménagés au cours des 10 prochaines années est incertain, et aucun nouvel aménagement important n’a été identifié lors de la téléconférence sur l’évaluation des menaces. Cette menace aurait une portée restreinte, mais sa gravité serait élevée, compte tenu des incertitudes et du manque de quantification.

Menace no 7 de l’UICN. Modifications des systèmes naturels (impact moyen)

UICN 7.1. Incendies et suppression des incendies

Les incendies de forêt de faible intensité jouent un rôle important dans le maintien de la structure ouverte de l’habitat de reproduction du Pic de Lewis à basse altitude, et la suppression des incendies dans les forêts de pin ponderosa des basses terres est considérée comme une menace importante pour cet habitat. La suppression des incendies naturels de faible intensité entraîne la dégradation de l’habitat de reproduction, puisqu’elle permet l’établissement de peuplements denses de jeunes pins ponderosa et l’invasion par le douglas de Menzies (Cooper et al., 1998). Ces peuplements deviennent alors vulnérables aux incendies de grande intensité qui peuvent tuer la plupart des arbres, ce qui, à court terme, crée de l’habitat, mais entraîne une perte d’habitat à long terme, parce que les arbres morts toujours debout, utilisés pour la nidification, finissent par tomber sur une période de 10 à 25 ans. Plus aucun arbre ancien ne sera disponible pour la nidification s’ils sont tous tués par des incendies graves, et le nombre de nouveaux arbres sera réduit si un climat plus chaud et plus sec empêche l’établissement de semis.

La suppression des incendies est considérée comme ayant contribué à la disparition du Pic de Lewis dans la région de la vallée du fleuve Fraser. L’espèce était commune dans les régions de Vancouver et de North Vancouver entre 1920 et 1940 dans les zones qui avaient brûlé ou avaient été exploitées, mais elle a disparu de ces régions, car les forêts se sont régénérées et la suppression des incendies a empêché la création de nouveaux milieux ouverts (Cooper et al., 1998). De plus, les activités de gestion des combustibles dans les zones occupées par le Pic de Lewis peuvent réduire le caractère convenable de l’habitat lorsqu’on enlève ou brûle toute la végétation du sous‑étage, notamment les petits arbres et arbustes fruitiers, par exemple l’amélanchier à feuilles d’aulne et le cerisier de Virginie, qui constitue une ressource alimentaire pour les oisillons encore au nid (voir la section Habitat de reproduction).

Dans les forêts matures et anciennes, les incendies entraînant le remplacement des peuplements peuvent créer de l’habitat ouvert, parsemé de chicots, pour le Pic de Lewis; toutefois, à plus long terme, la succession après incendie réduit la qualité de cet habitat (voir la section Habitat de reproduction). De plus, si la création d’habitat par le feu se produit moins rapidement que la dégradation de l’habitat par la succession végétale, la quantité d’habitat convenable pour l’espèce diminue à long terme. Cependant, ce n’est pas le cas pour l’instant, car la superficie brûlée augmente considérablement chaque année. En moyenne, la superficie brûlée annuellement dans l’aire de reproduction du Pic de Lewis est passée de 81 km2 pour la période 1950‑1999 à 235 km2 pour la période 2000‑2009, à 652 km2 pour la période 2010‑2019 et à 2 274 km2 pour la période 2020‑2022 (Gyug, analyses inédites au moyen de polygones d’incendie de DataBC).

À l’heure actuelle, le pourcentage d’habitat essentiel composé de types de brûlis, par rapport aux forêts alluviales ou sèches de pin ponderosa, est le plus élevé dans la région de Kootenay‑Est (44 %), comparativement à 22‑30 % dans d’autres régions (Gyug, données inédites). Par conséquent, le fait de continuer la suppression des incendies dans la région de Kootenay‑Est pourrait avoir un impact négatif particulièrement important sur l’abondance régionale de l’espèce, qui n’est pas compensé par les quelques zones où la remise en état de l’écosystème est en cours. Dans l’ensemble, la menace posée par la suppression des incendies aurait une portée restreinte, mais sa gravité serait élevée.

UICN 7.2. Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages

La construction de digues et de batardeaux est en cours à Grand Forks afin d’atténuer les risques d’inondation à l’avenir (voir la menace 11.4), et elle est susceptible d’avoir des répercussions négatives sur le Pic de Lewis, car 90 % des arbres de nidification dans cette région se trouvent à moins de 50 m de berges (Gyug et al., 2023). En effet, tous les arbres à l’intérieur de l’empreinte de construction seront enlevés, et même au‑delà, si c’est nécessaire pour accéder au chantier. Un plan de gestion du Pic de Lewis à Grand Forks a été rédigé (Coleshill, 2018), mais il n’a pas été adopté ni mis en œuvre. Un projet de digue est également en cours le long de la rivière Kettle et du ruisseau Boundary dans l’habitat du Pic de Lewis, près du village de Midway. La perte de forêts alluviales matures de peupliers causée par l’endiguement est probablement continue dans ces régions, et des effets similaires se sont déjà produits dans d’autres régions. Dans l’ensemble, cette menace aurait une petite portée, mais sa gravité serait élevée.

UICN 7.3. Autres modifications de l’écosystème

Les autres modifications de l’écosystème comprennent la perte indirecte d’habitat résultant d’autres causes, par exemple le pâturage, l’utilisation d’insecticides ou les infestations de dendroctones qui ne causent pas de mortalité directe, et la perte d’habitat totale directement attribuable à des menaces précises, comme l’aménagement de zones résidentielles.

La présence à long terme du bétail ou sa concentration (qui a un impact sur la végétation en raison du pâturage ou broutage et du piétinement) peut dégrader l’habitat en réduisant la production d’insectes dans la strate herbacée et arbustive (Belsky et al., 1999; Abele et al., 2004). En Arizona, l’abondance des espèces d’insectes a été quatre à dix fois plus importante dans les exclos protégeant les plantes contre le pâturage que dans les zones de pâturage (Rambo et Faeth, 1999). Vierling (1997) a noté que le Pic de Lewis évitait de nicher dans les milieux de pâturage intensif, de son avis, sans doute en raison de l’abondance relativement faible d’insectes. Cependant, Vierling (1997) a également observé que, dans les zones de pâturage léger, les Pics de Lewis étaient, en fait, plus susceptibles de nicher dans les arbres se trouvant dans un milieu de pâturage que dans ceux se trouvant dans un milieu sans pâturage, ce qui laisse croire que des milieux de pâturage léger pourraient avoir des avantages pour l’espèce.

Les déclins de populations d’oiseaux insectivores ont été associés à l’utilisation accrue de pesticides néonicotinoïdes (Hallmann et al., 2014). Les néonicotinoïdes sont présumés avoir un effet par la réduction des populations d’insectes, car ils présentent généralement une très faible toxicité pour les mammifères et les oiseaux (Godfray et al., 2014), bien que certains d’entre eux présentent une toxicité modérée à élevée pour les petits oiseaux (Gibbons et al., 2015).

L’alpiste roseau (Phalaris arundinacea) est une espèce non indigène envahissante, qui empêche la régénération de peupliers dans la région de Grand Forks, tout comme le broutage intensif par le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus), qui vit à l’année dans la même région (Coleshill, comm. pers., 2024).

Les infestations de dendroctones au milieu des années 2000 représentaient une menace importante pour l’habitat du Pic de Lewis. À l’intérieur de l’aire de répartition de l’espèce au Canada, 83 325 ha de forêts de pin ponderosa ont été infestés par le dendroctone du pin ponderosa et le dendroctone occidental du pin (Dendroctonus ponderosae et D. brevicomis) (Maclauchlan et al., 2008). La superficie de l’habitat possiblement convenable (classes 1‑4; Gyug, 2013a) dans la zone infestée était de plus de 12 000 ha. Bien que ces infestations puissent entraîner à court terme une augmentation du nombre d’arbres en décomposition susceptibles d’être utilisés comme sites de nidification, la durée de vie utile de ces arbres pour le Pic de Lewis est probablement beaucoup moins longue que celle des arbres morts d’autres causes. Des observations dans la région de Thompson‑Nicola, où les infestations ont été le plus graves, semblent indiquer que la plupart des pins tués par des dendroctones demeurent sur pied seulement durant quelques années après leur mort (Manning, comm. pers., 2022; Surgenor, comm. pers., 2022). Compte tenu de l’étendue de l’infestation dans cette région (presque 100 % des pins ponderosa ont été tués dans de nombreux peuplements), on assistera prochainement à une réduction spectaculaire du nombre d’arbres de nidification disponibles. Cela est particulièrement important dans la région de Thompson‑Nicola, où plus de 55 % des nids connus se trouvent dans des forêts de pin ponderosa (ECCC‑CWS, 2023). Dans les zones où presque tous les pins matures ont été tués, il faudra attendre plusieurs décennies, voire des siècles, avant que des arbres d’une taille et dans un stade de décomposition convenables ne soient de nouveau disponibles pour les Pics de Lewis nicheurs. Bien que l’on n’ait pas observé d’infestations à des degrés semblables dans les autres régions, il est possible que de telles infestations surviennent, compte tenu des scénarios de changements climatiques futurs.

Dans l’ensemble, cette menace complexe aurait une portée généralisée, car elle touche de 71 à 100 % de la population, mais sa gravité serait modérée à légère.

Menace no 11 de l’UICN. Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents (impact moyen)

Selon le Programme de rétablissement fédéral de 2017 (Environment and Climate Change Canada, 2017:18), les changements climatiques pourraient toucher le Pic de Lewis en entraînant notamment le déplacement de son habitat vers le nord, l’arrivée et la nidification plus hâtives dans les lieux de reproduction ainsi que des taux de perte accrus d’habitat en raison d’infestations de dendroctones (Logan et al., 2003) et une perte accrue d’arbres de nidification en raison des épisodes de vent fort (IPCC, 2007). Les menaces les plus immédiates liées au climat pour le Pic de Lewis sont les vagues de chaleur extrême (Philip et al., 2021) et les inondations, qui peuvent être directement causées par des épisodes de précipitations extrêmes.

UICN 11.3. Températures extrêmes

Pendant une vague de chaleur sans précédent dans le nord‑ouest de l’Amérique du Nord, du 25 juin au 2 juillet 2021, les températures ont atteint un nouveau sommet record au Canada, plus précisément de 49,6 °C à Lytton (Colombie-Britannique), dépassant de 4,6 °C le record précédent (White et al., 2023). Dans de nombreuses autres régions du sud de la Colombie-Britannique, la température a dépassé de plus de 5 °C les records de température maximale de tous les temps, y compris dans de nombreux lieux de nidification du Pic de Lewis. Le réchauffement anthropique de la planète a clairement contribué à la gravité de ce phénomène (White et al., 2023).

La vague de chaleur de 2021 est survenue au milieu de la période de nidification du Pic de Lewis en Colombie-Britannique, et plusieurs observateurs ont constaté que des adultes avaient cessé de nourrir leurs oisillons encore au nid et se reposaient en utilisant le battement gulaire pour tenter de se rafraîchir (Hobbs et Mailloux, 2021; Luszcz, comm. pers., 2024). La chaleur extrême peut réduire le succès de la nidification, mais il est peu probable qu’elle cause une mortalité importante chez les adultes (et ne cause probablement pas de mortalité du tout). Bien qu’il n’existe aucune preuve solide que les épisodes de chaleur extrême aient réduit le succès de la nidification ou contribué aux déclins passés ou actuels de la population, des données anecdotiques indiquent que certains endroits, qui étaient régulièrement occupés chaque année avant la vague de chaleur de 2021, n’ont pas été utilisés au cours des années suivantes (discussion lors de la téléconférence sur l’évaluation des menaces, 15 janvier 2024). Comme de telles vagues de chaleur devraient survenir plus fréquemment et sur de vastes zones (Philip et al., 2021; White et al., 2023), cette menace aurait une portée généralisée et sa gravité serait modérée, d’après des données anecdotiques et l’opinion d’experts.

UICN 11.4. Tempêtes et inondations

En novembre 2021, une « rivière atmosphérique » entraînant des niveaux de pluie inhabituellement élevés a causé des inondations et l’érosion étendues des berges dans le sud de la Colombie-Britannique, lorsque des pluies chaudes sont tombées sur les premières chutes de neige (Gillett et al., 2022). Les phénomènes de rivière atmosphérique de l’ampleur de celui de novembre 2021 sont considérés comme des phénomènes survenant environ une fois tous les dix dans le climat actuel de la région, mais la probabilité que de tels phénomènes se produisent a augmenté d’au moins 60 % en raison des effets des changements climatiques résultant de l’activité humaine (Gillett et al., 2022:1).

Les inondations de 2021 ont particulièrement touché l’habitat du Pic de Lewis dans la vallée de la rivière Nicola, sur le tronçon inférieur de 20 km de la rivière, là où la route 8 a été emportée à 23 endroits (British Columbia Ministry of Transportation and Infrastructure, 2022), puis fermée pendant 1 an. Cette inondation a été particulièrement grave en raison des effets conjugués d’un incendie, qui a commencé le 13 juillet 2021 et a ravagé 19 000 ha dans la région du cours supérieur de la rivière Nicola. Sur les 35 arbres de nidification auparavant connus dans la vallée, 14 se trouvaient sur la plaine inondable, et 10 d’entre eux (71 %) avaient soit disparu ou n’étaient plus convenables. À titre de comparaison, sur les 21 arbres de nidification qui ne se trouvaient pas sur la plaine inondable, seulement 3 (14 %) avaient disparu, c’est‑à‑dire qu’ils avaient été détruits par le feu en 2021 (Gyug, données inédites). Cette inondation a cependant touché une zone relativement petite et probablement moins de 5 % de la population canadienne.

La ville de Grand Forks a aussi connu une inondation printanière grave, sans précédent, en 2018, qui a dépassé le niveau des crues bicentenaires et a touché la totalité de la plaine inondable et la majeure partie du centre‑ville (City of Grand Forks, 2022). Cette inondation a été corrélée avec un déclin subséquent de 22‑31 % de l’abondance des Pics de Lewis nicheurs (Gyug et al., 2023). Cette menace aurait une petite portée, et sa gravité serait modérée.

Menace no 2 de l’UICN. Agriculture et aquaculture (impact faible)

UICN 2.1. Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois

La conversion de boisés ouverts en vergers et en cultures semblables destinées à des productions autres que le bois a entraîné la perte d’habitat de reproduction convenable pour le Pic de Lewis au Canada. De 2011 à 2021, la superficie consacrée aux vergers et aux vignobles en Colombie-Britannique a augmenté de 18 % (British Columbia Ministry of Agriculture, 2022). Au début de 2024, on s’attendait à ce que cette croissance se poursuive, mais à un rythme beaucoup plus lent.

Une superficie de 5 011 ha est occupée par des vergers dans la région d’Okanagan‑Similkameen, soit 95 % de la superficie totale consacrée à cette culture en Colombie-Britannique (British Columbia Ministry of Agriculture, Food and Fisheries, 2020). Il s’agit principalement de pommeraies (52 % par superficie), suivies de cerisaies (37 %). La superficie consacrée aux vergers a augmenté de 27 % entre 2011 et 2020, mais on ne s’attend pas à ce que l’augmentation se poursuive à ce rythme, puisqu’une augmentation de seulement 2 % a été enregistrée entre 2015 et 2020 (British Columbia Ministry of Agriculture, 2022).

En 1921, la superficie consacrée aux vergers en Colombie-Britannique était de 15 068 ha. Par la suite, elle a atteint un sommet de 16 286 ha en 1951 avant de diminuer à 11 715 ha en 1976 (Statistics Canada, 2007), cette réduction étant sans doute provoquée principalement par la conversion de ces terres en zones urbaines. La réduction de la superficie consacrée aux vergers s’est stabilisée en 1974 avec l’adoption du Land Commission Act de la province, qui a depuis été mis à jour et renommé Agricultural Land Commission Act (2002) (Government of British Columbia, 2024). En vertu de cette loi, l’établissement de la réserve de terres agricoles en 1974 a permis de préserver les zones agricoles existantes, ce qui a redirigé le développement urbain vers les coteaux et les zones naturelles. La superficie consacrée aux vergers a considérablement diminué entre les années 1990 et les années 2000, car de nombreux vergers ont été convertis en vignobles.

Bien que la superficie consacrée aux vignobles dans la région d’Okanagan-Similkameen soit passée de 1 375 ha à 460 ha, avec l’adoption de l’Accord de libre-échange nord‑américain en 1988, le développement subséquent d’une industrie vinicole à base de raisins Vitis Vinifera a fait augmenter la superficie consacrée aux vignobles à 4 150 ha en 2021. Certains vignobles ont pris la place de vergers, mais bon nombre d’entre eux ont été établis sur des coteaux, dans des zones naturelles et dans des prés de fauche ou des pâturages, qui n’avaient pas encore fait l’objet d’une agriculture intensive (Gyug, données inédites). Le taux d’augmentation de la superficie des vignobles devrait ralentir, voire devenir nul, au cours des 10 prochaines années, en raison des dommages irréparables subis par les vignobles existants lors des coups de froid de décembre 2022 et de janvier 2024, au cours desquels la température a chuté en deçà de ‑20 °C. Le coup de froid de décembre 2022 a réduit la production viticole en 2023 de 58 %, et l’on prévoit que le coup de froid de janvier 2024 réduira la récolte de 2024 de 97‑99 % (Snoek et Elbourne, 2024). Tant que les vignobles ne se seront pas remis de ces revers très coûteux grâce à la replantation, il est peu probable qu’on assiste à une expansion de la superficie qu’ils occupent. La menace que représente la conversion en cultures destinées à des productions autres que le bois aurait une petite portée, mais sa gravité serait extrême.

Selon Sarell (comm. pers., 2023), pendant les années 1980 et 1990, il y a eu des tirs non sélectifs dans le cadre de la lutte contre l’Étourneau sansonnet dans le sud de la vallée de l’Okanagan, qui ont probablement tué de nombreux Pics de Lewis et contribué au déclin de l’espèce, mais cette pratique a en grande partie cessé. La British Columbia Grape Growers Association a lancé un programme de lutte contre l’Étourneau sansonnet en 2003 au moyen de pièges conçus uniquement pour capturer les étourneaux. Les oiseaux capturés sont vérifiés un à un, et seuls les étourneaux sont euthanasiés, les oiseaux d’autres espèces étant relâchés vivants. Environ 40 000 étourneaux sont tués chaque année, et aucun Pic de Lewis n’aurait été capturé (Miskell, comm. pers., 2023). Des cas de mortalité accidentelle de pics en raison de la présence de filets dans les vignobles ont toutefois été signalés (Vellend et Connolly, 1999).

Menace no 3 de l’UICN. Production d’énergie et exploitation minière (impact faible)

UICN 3.3. Énergie renouvelable

La région de Kootenay‑Est est devenue un centre d’intérêt pour l’installation éventuelle de parcs de panneaux solaires, et de nombreuses pentes orientées vers le sud et zones ouvertes sont considérées comme des sites possibles (Adams, comm. pers., 2024). La province de la Colombie-Britannique a délivré un permis d’investigation (investigative licence) relatif à un parc de panneaux solaires sur plus de 4 000 ha de terres de la Couronne dans la zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) Skookumchuck Prairie, qui est censé expirer en 2026 (iMapBC, 2023). S’il est construit, ce parc solaire pourrait toucher jusqu’à 25 des quelque 1 200 nids au Canada, soit environ 2 % de la population canadienne estimée (Cooper, 2017b; Sanders‑Green, 2017; ECCC‑CWS, 2023). La menace que représentent les parcs solaires est d’une gravité extrême, car tous les arbres sont enlevés dans les sites où ils sont construits. L’installation du parc solaire en question pourrait éliminer tous les arbres de nidification connus dans cette ZICO; cependant, on ne connaît pas l’état actuel de la demande relative à ce projet. La menace que représente l’énergie renouvelable aurait une petite portée, mais sa gravité serait extrême.

Il n’y a pas de parcs éoliens dans les zones occupées par le Pic de Lewis au Canada, et aucun projet d’énergie éolienne n’est prévu dans ces zones dans un avenir rapproché.

Menace no 4 de l’UICN. Corridors de transport et de service (impact faible)

UICN 4.1. Routes et voies ferrées

Le Pic de Lewis semble particulièrement vulnérable à la mortalité par collision avec des véhicules routiers. Bien que les individus s’alimentent souvent en vol à la manière des hirondelles, ils sont lents et beaucoup moins agiles. On dénombre huit cas documentés de collisions avec des véhicules pour le Pic de Lewis au Canada entre 1998 et 2014, dont trois en 2014 seulement (ECCC‑CWS, 2023). Jusqu’en 2022, un observateur avait trouvé six Pics de Lewis frappés par des véhicules, dont cinq qui en sont morts, y compris les deux membres apparents d’un couple nicheur, et un individu blessé qui s’est rétabli (Luszcz, comm. pers., 2023). Des Pics de Lewis adultes ont été observés se nourrissant d’insectes et buvant dans des flaques d’eau sur les routes asphaltées (ECCC‑CWS, 2023), ce qui peut accroître le risque de collision avec des véhicules.

Les individus adultes dont les nids se trouvent à moins de 50 m environ d’une route sont souvent aperçus traversant la route pour se nourrir, parfois à hauteur des véhicules, et dans certains cas, ils traversent systématiquement la route lorsqu’ils partent en quête de nourriture (ECCC‑CWS, 2023). Selon les observations de Zhu (2006b), environ 50 % des vols entrepris par les adultes pour nourrir leurs oisillons dépassaient une distance de 50 m du nid, et 25 % dépassaient une distance de 100 m du nid (n = 3 588 vols observés). Sur les 1 300 arbres de nidification enregistrés dans la base de données du SCF d’ECCC (ECCC‑CWS, 2023) pour lesquels on dispose de données exactes sur les sites de nidification, 14 % se trouvent à moins de 50 m d’une route asphaltée et 23 % à moins de 100 m, ce qui expose probablement les adultes associés à ces nids à un risque relativement élevé de collisions avec des véhicules. Des données propres au Pic de Lewis ne sont pas disponibles, mais une analyse récente des facteurs de mortalité pour l’ensemble des oiseaux terrestres du Canada a révélé que, sur les 27 facteurs examinés, les collisions avec des véhicules représentaient la quatrième cause de mortalité (Calvert et al., 2013). Cette menace aurait une portée généralisée, mais sa gravité serait légère.

UICN 4.2. Lignes de services publics

Des travaux de construction sont en cours ou prévus dans le cadre de plusieurs projets d’infrastructure de transport d’électricité, de pétrole et de gaz dans l’habitat du Pic de Lewis, et les plus importants auront probablement lieu dans les régions de Thompson‑Nicola et de Cariboo. Des relevés du Pic de Lewis effectués avant la construction du pipeline Trans Mountain ont permis de détecter des individus dans quatre sites, et un plan d’atténuation a été préparé afin de réduire au minimum les répercussions (Trans‑Mountain Pipeline, 2017), un permis ayant été délivré au titre de la LEP pour la possible relocalisation de quatre arbres de nidification. Le pipeline était en construction au début de 2023, et aucun rapport d’évaluation d’impact final n’a été publié. Cette menace aurait une petite portée, mais sa gravité serait extrême.

Menace no 6 de l’UICN. Intrusions et perturbations humaines (impact faible)

UICN 6.1. Activités récréatives

L’augmentation de la population humaine dans l’intérieur sud de la Colombie-Britannique a entraîné une augmentation des activités récréatives dans bon nombre des zones naturelles restantes. Bien que le Pic de Lewis puisse tolérer les perturbations humaines dans certaines zones, la plupart des individus se méfient des gens s’approchant de leur site de nidification et s’éloignent du nid jusqu’à ce que les intrus ne soient plus décelés dans les environs (COSEWIC, 2010). Bock (1970) a constaté que les individus subissant des perturbations continues abandonnaient parfois leur nid. L’utilisation de véhicules récréatifs hors route a également augmenté considérablement au cours des dernières décennies dans plusieurs régions, en particulier dans la région de Kootenay‑Est. Par exemple, les forêts de pins de milieux secs autour du réservoir Koocanusa, qui sont d’importants lieux de nidification du Pic de Lewis, sont de plus en plus populaires auprès des amateurs de véhicules hors route. Ces véhicules ont une incidence sur l’habitat du Pic de Lewis lorsqu’ils endommagent la végétation du sous‑étage, et leur bruit peut également perturber les individus pendant la nidification, voire peut‑être modifier leur comportement d’alimentation, notamment l’approvisionnement en nourriture des oisillons encore au nid. Cette menace aurait une grande portée, mais sa gravité serait légère.

Menace no 9 de l’UICN. Pollution (impact inconnu)

UICN 9.3. Effluents agricoles et sylvicoles

Durant la période de reproduction, le Pic de Lewis est principalement insectivore (Vierling et al., 2020), et les effets directs et indirects qu’il subit à cause de l’utilisation de pesticides sont particulièrement préoccupants dans les régions productrices de raisins et d’autres fruits de la Colombie-Britannique, comme la vallée de l’Okanagan et la vallée de la rivière Similkameen. Les individus nichant près de cerisaies sont souvent aperçus se nourrissant de cerises (Gyug, obs. inédite). Les effets directs comprennent l’ingestion de pesticides sur les fruits, tandis que les effets indirects comprennent une réduction des insectes proies disponibles en raison de l’utilisation d’insecticides (évaluée à la menace no 7.3). Les pesticides pourraient présenter un risque dans l’aire d’hivernage, en particulier dans la vallée centrale de la Californie, où prédominent maintenant les champs agricoles, qui ont pris la place des boisés de chênes, mais on ne connaît pas la portée et la gravité de la menace dans cette région. Dans l’aire de reproduction au Canada, la portée est considérée comme grande, car des pesticides sont utilisés dans les vergers et les vignobles de la région d’Okanagan‑Similkameen, où se trouve de 11 à 30 % de la population, ainsi que dans d’autres régions, mais la gravité de la menace que les pesticides représentent est inconnue.

Nombre de localités fondées sur les menaces

Les localités du Pic de Lewis au Canada sont des zones particulières du point de vue écologique et géographique dans lesquelles un seul phénomène menaçant peut toucher rapidement tous les individus de l’espèce qui sont présents. Les menaces plausibles les plus graves sont probablement celles qui ont un impact élevé‑moyen selon l’évaluation des menaces (annexe 1), y compris la récolte d’arbres susceptibles de servir à la nidification et la compétition pour les sites de nidification avec l’Étourneau sansonnet, deux menaces qui influent sur la disponibilité des sites de nidification.

La récolte d’arbres susceptibles de servir à la nidification sur les terres publiques se fait à l’échelle de blocs de coupe uniques, dont la superficie varie de 10 à 100 ha. Ceux‑ci se trouvent dans toute l’aire de répartition du Pic de Lewis et toucheraient tout au plus quelques nids à la fois. Compte tenu du nombre de nids estimé à 1 293 (tableau 3) et de l’IZO de 1 436 à 1 664 km2 (voir la section Indice de zone d’occupation actuel), il y aurait bien au‑delà de 50 localités fondées sur cette menace.

De même, la compétition pour les sites de nidification avec l’Étourneau sansonnet se produit à l’échelle de chaque nid, et les étourneaux sont présents dans toute l’aire de répartition du Pic de Lewis. Même si ces occurrences de compétition peuvent parfois être regroupées à petite échelle, il y aurait bien au‑delà de 50 localités fondées sur cette menace, voire même jusqu’au nombre de nids estimé (1 293; tableau 3).

D’après l’une ou l’autre des deux menaces examinées ci‑dessus, on estime qu’il y a bien plus de 10 localités du Pic de Lewis fondées sur les menaces au Canada, et probablement bien au‑delà de 50 localités.

Protection, statuts et classements

Statuts et protection juridiques

Le Pic de Lewis a été inscrit comme espèce menacée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2002) en 2012 (Government of Canada, 2023a). L’espèce et ses nids sont protégés en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs au Canada (Government of Canada, 2023b). Les individus, leurs nids et leurs œufs sont également protégés en vertu du Wildlife Act de la Colombie-Britannique (Province of British Columbia, 2023a). Aux États‑Unis, le Pic de Lewis n’est pas inscrit à l’Endangered Species Act (United States Fish and Wildlife Service, 2023a,b).

Statuts et classements non juridiques

BirdLife International et NatureServe (2023) considèrent le Pic de Lewis comme « apparemment en sécurité » à l’échelle mondiale et à l’échelle nationale aux États‑Unis, comme « vulnérable » à l’échelle nationale au Canada et à l’échelle provinciale en Alberta, mais comme « en péril » à « vulnérable » en Colombie-Britannique, la seule province dans laquelle l’espèce se reproduit régulièrement (tableau 5). Le Pic de Lewis est inscrit sur la liste bleue (espèce préoccupante) en Colombie-Britannique, mais n’est pas inscrit en Alberta. Dans les États des États‑Unis adjacents à la Colombie-Britannique, il est « en péril » à « vulnérable » dans l’État de Washington, « vulnérable » en Idaho et « en péril » au Montana.

Tableau 5. Cotes de conservation du Pic de Lewis au Canada et aux États‑Unis selon NatureServe (2023) et taille estimée de la population par territoire, y compris le pourcentage par rapport à la population mondiale, en date de 2020, selon Partenaires d’envol (Partners in Flight, 2020).
Territoire Cote1 Statut juridique2 Taille de la population Pourcentage (%) par rapport à la population mondiale
Échelle mondiale G4 sans objet 82 000 100
Canada N3B, N3M Menacée, annexe 1 de la LEP sans objet sans objet
Colombie-Britannique S2S3B Liste bleue (préoccupante) 4 000 4,9
Alberta S3B Aucun; suivi au moyen d’une liste de surveillance seulement3 0 sans objet
États‑Unis N4B, N4N Aucun sans objet sans objet
Arizona S3 sans objet 3 300 4,0
Californie S4 sans objet 9 100 11,1
Colorado S4 sans objet 14 000 17,1
Dakota du Sud S2 sans objet 2 400 2,9
Idaho S3B sans objet 9 700 11,8
Kansas SNA sans objet 0 sans objet
Montana S2B sans objet 720 0,9
Nebraska S1 sans objet 230 0,3
Nevada S2B sans objet 4 000 4,9
Nouveau‑Mexique S3B, S3N sans objet 5 300 6,5
Oklahoma S2 sans objet 0 sans objet
Oregon S2B, S2?N sans objet 11 000 13,4
Utah S3 sans objet 110 0,1
Washington S2S3 sans objet 17 000 20,7
Wyoming S3B sans objet 560 0,7

1 G = cote mondiale; N = cote nationale; S = cote infranationale; 1 = gravement en péril; 2 = en péril; 3 = vulnérable; 4 = apparemment en sécurité; 5 = en sécurité; NA = sans objet (Not Applicable); NR = non classée (Not Ranked); U = non classable (Unrankable) (en raison d’un manque de données ou de données contradictoires). ? = le point d’interrogation indique une cote numérique imprécise, incertaine. À la fin de la cote : B = population nicheuse; M = population migratrice; N = population non nicheuse; cellule vide = non précisé.

2 – Désignation en tant qu’espèce en voie de disparition, menacée ou préoccupante (ou statuts équivalents) à l’échelle du territoire et, au Canada, dans l’annexe de la Loi sur les espèces en péril (LEP).

3 – Alberta Conservation Institute Management System (2022).

Le Pic de Lewis est inscrit à la liste de surveillance jaune « D » (population en déclin) de Partenaires d’Envol (Partners in Flight, 2023). Les déclins observés concordaient avec la perte importante de forêts de pin ponderosa en raison de la suppression des incendies, du pâturage intensif et de l’exploitation forestière. Aux États‑Unis, l’espèce est considérée comme un oiseau préoccupant sur le plan de la conservation (Bird of Conservation Concern) à l’échelle continentale par le Fish and Wildlife Service (2021).

Protection et propriété de l’habitat

Les 1 490 arbres de nidification connus du Pic de Lewis en Colombie-Britannique sont répartis comme suit : 839 (56 %) sur des terres publiques; 116 (8 %) sur des réserves des Premières Nations; et les 535 autres (36 %) sur des terres privées (ECCC‑CWS, 2023). Toutefois, il faut considérer ces proportions comme étant approximatives puisque les terres publiques ont généralement fait l’objet de relevés plus intensivement que les autres terres.

Des aires d’habitat faunique (Wildlife Habitat Areas) visant à protéger les espèces sauvages désignées (Identified Wildlife) ont été établies par règlement dans le territoire forestier public en Colombie-Britannique, dans le cadre de la stratégie de gestion des espèces sauvages désignées (Identified Wildlife Management Strategy) du Forest and Range Practices Act (British Columbia Ministry of Water, Land and Air Protection, 2004). En date de 2022, il y avait 101 aires d’habitat faunique totalisant 30,26 km2 établies pour protéger l’habitat de reproduction du Pic de Lewis (Province of British Columbia, 2023b). La récolte limitée du bois est permise dans quelques‑unes de ces aires sous certaines conditions, mais les bois à maturité sont protégés (British Columbia Ministry of Water, Land and Air Protection, 2004). Soixante‑quatorze (74) aires d’habitat faunique (1 947 ha) sont établies comme zones assorties d’une interdiction de récolte et 27 aires d’habitat faunique (1 078 ha) sont établies comme zones de récolte sous condition. Au total, ces aires d’habitat faunique renferment 242 (16,2 %) des 1 490 arbres de nidification connus du Pic de Lewis en Colombie-Britannique (ECCC‑CWS, 2023).

En date de 2022, aucune évaluation officielle n’avait été entreprise pour déterminer l’efficacité des aires d’habitat faunique en ce qui concerne la conservation du Pic de Lewis, mais des évaluations sont prévues pour six aires touchées par les incendies de 2021 (Denesiuk, comm. pers., 2023). Des évaluations informelles ont été réalisées en 2022 dans la région de Kootenay‑Est, dans 18 des 19 aires d’habitat faunique (Stark, comm. pers., 2023). L’occupation a été confirmée dans 8 aires, et l’état de l’habitat a été classé « bon » dans 14 aires et « passable » dans 4 aires. Dans les vallées de l’Okanagan et de la rivière Similkameen, 40 des 48 aires d’habitat faunique ont été recensées en entier, ou en partie, lors de relevés d’estimation des nids effectués en 2022, et 19 nids actifs ou couples nicheurs y ont été observés.

La reproduction du Pic de Lewis a été confirmée dans 15 parcs provinciaux et aires protégées de la Colombie-Britannique (tableau 6). Ces parcs renferment 87 (5,8 %) des 1 490 arbres de nidification connus du Pic de Lewis en Colombie-Britannique (ECCC‑CWS, 2023).

La nidification du Pic de Lewis a été confirmée dans neuf ZICO en Colombie-Britannique (tableau 7; ECCC‑CWS, 2023). Des individus sont présents en nombre significatif à l’échelle nationale dans quatre de ces ZICO (Chopaka Customs, Chopaka East and Kilpoola Lake Area, Douglas Lake et Vaseux Lake).

Tableau 6. Arbres de nidification connus du Pic de Lewis dans des parcs provinciaux ou aires protégées en Colombie-Britannique, au Canada, d’après la base de données des sites de nidification connus, compilée par le SCF d’ECCC (ECCC‑CWS, 2023).
Parc provincial ou aire protégée Nombre d’arbres de nidification connus
Parc Bear Creek 1
Parc Cornwall Hills 1
Parc Edge Hills 1
Parc Fintry 1
Parc Kalamalka Lake 1
Parc Kikomun Creek 1
Aire protégée Lac du Bois Grasslands 5
Parc Niskonlith Lake 1
Parc Okanagan Lake 2
Parc Okanagan Mountain 3
Aire protégée South Okanagan Grasslands 51
Parc Stemwinder 2
Parc Sun-Oka Beach 3
Aire protégée Vaseux 11
Aire protégée White Lake Grasslands 3
Total 87
Tableau 7. Arbres de nidification connus du Pic de Lewis dans des zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) en Colombie-Britannique, au Canada, d’après la base de données des sites de nidification connus, compilée par le SCF d’ECCC (ECCC‑CWS, 2023).
Zone importante pour la conservation des oiseaux Nombre d’arbres de nidification connus Superficie de la ZICO (km2)
Numéro Nom
BC167 White Lake 2 17,55
BC169 Chopaka East and Kilpoola Lake Area 45 30,87
BC172 Douglas Lake Plateau 72 1 552,33
BC176 South Thompson River 3 83,29
BC258 Skookumchuck Prairie 30 125,09
BC260 Chopaka Customs 24 10,14
BC261 Osoyoos Oxbows 4 14,59
BC262 Vaseux Lake Oxbows 76 49,64
BC266 Chilcotin Junction 1 375,82
Total 257 2 259,32

Activités de rétablissement

Les activités de gestion et de suivi entreprises pour le Pic de Lewis depuis le rapport de situation du COSEPAC de 2010 (COSEWIC, 2010) comprennent la préparation d’un plan de gestion (Environment Canada, 2014), qui a ensuite été remplacé par un programme de rétablissement (Environment and Climate Change Canada, 2017); la compilation des données sur les sites de nidification et autres dans une seule base de données (ECCC‑CWS, 2023); le calcul d’estimations quantitatives de l’abondance pour la plupart des régions occupées en Colombie-Britannique (tableau 3); la réalisation de relevés annuels sur huit parcours en bordure de routes (ECCC‑CWS, 2023).

Les activités visant spécifiquement le rétablissement qui ont été effectuées depuis 2010, et qui n’ont pas été abordées précédemment, sont brièvement décrites dans cette section.

Le programme de suivi des tendances annuelles fait actuellement l’objet d’un examen par ECCC (en date de mars 2023) afin de déterminer s’il peut être repensé pour mieux détecter les tendances, cette refonte du programme intégrant les données existantes de 2015 à 2022 (Luszcz, comm. pers., 2023).

La cartographie des peuplements riverains de peupliers dans la région de Boundary a été financée par ECCC (Luszcz, comm. pers., 2023). L’amélioration de ces peuplements a été entreprise dans la région de Boundary grâce à un financement fourni par le Habitat Conservation Trust Fund de la Colombie-Britannique et ECCC (Coleshill, comm. pers., 2023). En date de 2022, des améliorations avaient été réalisées dans 20 à 25 propriétés, couvrant une longueur approximative de 4 km de rivières, notamment dans le cadre d’activités d’intendance et de remise en état, comme le renforcement des berges et la protection de peupliers matures contre le castor (Castor canadensis).

Plusieurs stations du système de surveillance faunique Motus (Motus Wildlife Tracking System) ont été mises en place en Colombie-Britannique en 2022 par ECCC, dans le but principal de combler des lacunes critiques dans les connaissances sur la biologie du Pic de Lewis au Canada (Luszcz, comm. pers., 2023). Ces stations permettront, entre autres : de déterminer les voies migratoires et les lieux d’hivernage des Pics de Lewis qui se reproduisent au Canada; d’évaluer l’utilisation des aires d’habitat faunique et de l’habitat essentiel après la reproduction; de déterminer les dates d’arrivée et de départ et le taux de survie des adultes à l’hiver; de recueillir des données démographiques connexes. Les travaux ont toutefois été reportés en raison des difficultés que posent la capture et le marquage des Pics de Lewis (Luszcz, comm. pers., 2024).

La « création » et l’amélioration d’arbres à valeur faunique (Wildlife trees) ont été entreprises à l’aide de moyens mécaniques ou par inoculation de champignons afin d’accroître la réserve potentielle d’arbres de nidification convenables pour le Pic de Lewis et d’autres espèces nichant dans des cavités. Entre 2007 et 2022, 1 227 arbres à valeur faunique ont été « créés » ou améliorés dans la région de Kootenay‑Est, la plupart dans des zones que le Pic de Lewis pourrait occuper (Manning, comm. pers., 2023). Même s’il faudra de nombreuses années pour que les champignons se propagent sur le tronc des arbres, les évaluations initiales indiquent que la méthode peut fonctionner pour les espèces nichant dans des cavités, 21 % des 182 arbres ayant été utilisés pour l’alimentation ou le creusement de cavités (Manning, 2023).

Le Lake Windermere Rod and Gun Club, dans la région de Kootenay‑Est, a fait construire et installer 70 nichoirs spécialement pour le Pic de Lewis (Hoar, 2016). Cependant, en date de 2016, aucun des nichoirs n’avait été utilisé par l’espèce. En revanche, d’autres espèces les ont utilisés, notamment le Pic flamboyant, l’Hirondelle bicolore (Tachycineta bicolor) et des merlebleus (Sialia spp.).

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Alberta Conservation Information Management System. 2022. Alberta Environment and Parks. Site Web : https://www.albertaparks.ca/albertaparksca/management-land-use/Alberta-conservation-information-management-system-acims/download-data/[consulté en janvier 2023].

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Surgenor, J. comm. pers. 2022. Correspondance par courriel et conversation téléphonique avec L. Gyug. 2022, biologiste (à la retraite depuis 2023), British Columbia Ministry of Water, Land and Resource Stewardship, Kamloops (Colombie-Britannique).

Thomas, L., J.L. Laake, E. Rexstad, S. Strindberg, F.F.C. Marques, S.T. Buckland, D.L. Borchers, D.R. Anderson, K.P. Burnham, M.L. Burt, S.L. Hedley, J.H. Pollard, J.R.B. Bishop, et T.A. Marques. 2009. Distance 6.0. Release 2. Research Unit for Wildlife Population Assessment, University of St. Andrews, Scotland. Site Web : https://www.researchgate.net/publication/250047710_Distance_60 [consulté en 2011].

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Collections examinées

Aucune collection n’a été examinée pour la préparation du présent rapport.

Experts contactés

Adams, I., biologiste de la faune, British Columbia Regional Coordinator, Key Biodiversity Areas, Cranbrook (Colombie-Britannique).

Anderson, L., biologiste de la faune, Ministry of Water, Land and Resource Stewardship, Nelson (Colombie-Britannique).

Denesiuk, D., biologiste de la faune, Ministry of Water, Land and Resource Stewardship, Penticton (Colombie-Britannique).

Densmore-McCulloch, J., biologiste de la faune, Ministry of Water, Land and Resource Stewardship, Kamloops (Colombie-Britannique).

Henderson, D., chef, Unité d’intendance, Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune, Kelowna (Colombie-Britannique).

Luszcz, T., biologiste de la faune, Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune, Penticton (Colombie-Britannique).

Smith, A.C., biostatisticien, Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune, Ottawa (Ontario).

Stark, K., biologiste de la faune, Ministry of Water, Land and Resource Stewardship, Nelson (Colombie-Britannique).

Steciw, J., biologiste de la faune, Ministry of Water, Land and Resource Stewardship, Williams Lake (Colombie-Britannique).

Surgenor, J., biologiste de la faune, Ministry of Water, Land and Resource Stewardship, Kamloops (Colombie-Britannique).

Remerciements

Le financement nécessaire à la préparation du présent rapport a été fourni par Environnement et Changement climatique Canada. Les experts mentionnés ci‑dessous ont fourni des données et des conseils précieux. Tanya Luszcz, Environnement et Changement climatique Canada – Service canadien de la faune, Penticton (Colombie-Britannique), a apporté une aide particulièrement précieuse à la préparation du présent rapport. Elle étudie le Pic de Lewis depuis le milieu des années 2000 et a joué un rôle déterminant, qui a permis au rédacteur du rapport de participer à l’étude du Pic de Lewis à partir de 2009. L’Okanagan Nation Alliance a fourni des données inédites sur l’abondance des nids. Du contenu textuel et des communications personnelles tirés du rapport de situation du COSEPAC antérieur sur l’espèce (2010), qui a été préparé par Suzanne Beauchesne et John Cooper, ont été repris. Du contenu textuel, en particulier dans la section sur les menaces, provient du Programme de rétablissement de 2017, préparé par le personnel d’Environnement et Changement climatique Canada, y compris Megan Harrison et Tanya Luszcz, avec l’aide d’autres membres du comité d’examen de spécialistes du Pic de Lewis. Le rédacteur du rapport tient également à remercier Richard Elliot, coprésident du Sous‑comité de spécialistes des oiseaux du COSEPAC, pour le soutien et les conseils fournis au cours de la préparation du présent rapport d’évaluation ainsi que Pete Davidson, Ann McKellar et Liana Zanette, membres du Sous‑comité, pour la révision des ébauches du rapport.

Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Les W. Gyug est biologiste professionnel agréé en Colombie-Britannique. Il est titulaire d’un baccalauréat ès sciences avec spécialisation en biologie de l’Université Carleton (1978) et d’une maîtrise en zoologie de l’Université Western Ontario (1979). Il a travaillé dans tout l’intérieur sud de la Colombie-Britannique depuis 1981 : pour le Service canadien de la faune sur la composante faunique des inventaires biophysiques des parcs nationaux de montagne (1981‑1984); à titre de naturaliste saisonnier pour Parcs Canada (1986‑1990); et comme biologiste‑conseil de 1987 à aujourd’hui. Au cours des 33 dernières années, une grande partie de son travail a porté sur les espèces en péril, la modélisation de l’habitat et l’évaluation des effets de l’exploitation forestière sur les espèces sauvages, y compris les oiseaux chanteurs, les pics, les rapaces nocturnes, les ongulés, les grizzlis, les animaux à fourrure, les petits mammifères et les amphibiens, de l’échelle de peuplements à l’échelle du paysage. Il a rédigé le rapport de situation du COSEPAC sur le castor de montagne (Aplodontia rufa) en 1999 et la mise à jour du rapport en 2012, ainsi que le rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Williamson en 2005 et la mise à jour de ce rapport en 2017. Il a entrepris des travaux de recherche et d’inventaire sur le Pic de Williamson depuis 1996 et sur le Pic de Lewis depuis 2010, des travaux qui se poursuivent jusqu’à présent.

Annexe 1. Résultats du calculateur des menaces pour le pic de Lewis

Tableau d’évaluation des menaces

Nom scientifique de l’espèce ou de l’écosystème

Pic de Lewis

Date :

15 janvier 2024

Évaluateurs :

Dwayne Lepitzki (facilitateur), Les Gyug (rédacteur du rapport), Richard Elliot (coprésident du Sous‑comité de spécialistes des oiseaux), Karen Timm (Secrétariat du COSEPAC), Ian Adams, Louise Blight, Jenny Coleshill, Dianne Cooper, Dan Denisuik, Tasha Gallagher, Eric Gross, Robin Gutsell, Nathan Hentze, Jared Hobbs, Tanya Luszcz, Todd Manning, Robyn Reudink, Michael Stahlberg, Julie Steciw

Références :

Version provisoire de la mise à jour du rapport de situation sur le Pic de Lewis (16 novembre 2023) et du calculateur des menaces (15 janvier 2024).

Guide pour le calcul de l’impact global des menaces
Impact des menaces Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - maximum de la plage d’intensité Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact - minimum de la plage d’intensité
A (Très élevé) 0 0
B (Élevé) 3 0
C (Moyen) 2 5
D (Faible) 4 4
Impact global des menaces calculé Très élevé Élevé

Impact global des menaces attribué :

BC = élevé-moyen

Impact global des menaces – commentaires :

La durée d’une génération du Pic de Lewis est d’environ 2,2 ans (Bird et al., 2020), de sorte que la période d’évaluation de la portée, de la gravité et de l’immédiateté des menaces est de 10 ans. Les menaces pesant sur la population canadienne de Pics de Lewis sont évaluées dans l’aire de reproduction au Canada ainsi que dans la zone de migration et les lieux d’hivernage dans l’ouest des États‑Unis.

Calcul de l’impact global des menaces
Nombre Menace Impact (calculé) Impact Portée (10 proch. années) Gravité (10 ans ou 3 gén.) Immédiateté Commentaires
Nombre Menace Impact (calculé) Impact Portée (10 prochaines années) Gravité (10 ans) Immédiateté Commentaires
1 Développement résidentiel et commercial C Moyen Restreinte (11‑30 %) Extrême (71‑100 %) Élevée (continue) sans objet
1.1 Zones résidentielles et urbaines C Moyen Restreinte (11‑30 %) Extrême (71‑100 %) Élevée (continue) D’autres pertes d’habitat de reproduction sont prévues en raison de la croissance de la population humaine et de l’expansion urbaine à un rythme accéléré dans toute l’aire de répartition du Pic de Lewis au Canada. La croissance de la population au cours des 10 dernières années et prévue pour les 10 prochaines années est supérieure à 10 %. Les effets varient selon la région, la portée et la gravité reflétant la situation dans les régions de Thompson‑Nicola et d’Okanagan‑Similkameen les plus touchées. Les récentes initiatives provinciales visant à agrandir l’empreinte de projets d’habitations pourraient en accroître la portée. Comme il y a très peu d’habitat inoccupé disponible, la gravité se situe près de la limite inférieure de la valeur « extrême ».
1.2 Zones commerciales et industrielles sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet N’est pas évaluée séparément; prise en compte avec l’expansion et le développement urbains à la menace no 1.1 Zones résidentielles et urbaines.
1.3 Zones touristiques et récréatives sans objet Moyen Restreinte (11‑30 %) Élevée (31‑70 %) Élevée (continue) Impact potentiel de la perte d’habitat attribuable à l’aménagement de nouvelles zones récréatives et de nouveaux sentiers associés à l’augmentation de la population humaine. Le nombre de nouveaux sites qui pourraient être aménagés au cours des 10 prochaines années est incertain.
2 Agriculture et aquaculture C Faible Petite (1‑10 %) Extrême (71‑100 %) Élevée (continue) sans objet
2.1 Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois D Faible Petite (1‑10 %) Extrême (71‑100 %) Élevée (continue) D’autres pertes d’habitat de reproduction sont prévues en raison de la conversion de boisés ouverts de pin ponderosa en vergers et en cultures semblables destinées à des productions autres que le bois, en particulier des vignobles. Cette menace est en train de s’étendre au‑delà de la région d’Okanagan‑Similkameen, car le climat se réchauffe et permet de cultiver des vergers et des vignobles commerciaux dans une plus grande zone. Toutefois, le taux d’augmentation sera probablement plus faible au cours des 10 prochaines années, car les exploitants de vignobles ont de la difficulté à se remettre financièrement des effets des coups de froid extrêmes de décembre 2022 et de janvier 2024, qui ont réduit la récolte de 45 % en 2023 et devraient la réduire de 90 à 99 % en 2024.
2.3 Élevage de bétail sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet Les animaux d’élevage peuvent parfois faire tomber des arbres morts susceptibles de servir à la nidification. La réduction de la disponibilité des insectes proies causée par le piétinement des animaux d’élevage est évaluée à la menace no 7.3. Autres modifications de l’écosystème.
3 Production d’énergie et exploitation minière D Faible Petite (1‑10 %) Extrême (71‑100 %) Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) sans objet
3.2 Exploitation de mines et de carrières sans objet Négligeable Négligeable (< 1 %) Extrême (71‑100 %) Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) Les carrières de sable, de gravier et de roche au fond de vallées peuvent chevaucher l’habitat du Pic de Lewis, la plupart des répercussions étant liées à l’expansion des carrières existantes plutôt qu’aux nouveaux sites. Cette menace est susceptible de toucher moins de 1 % de la superficie de l’IZO du Pic de Lewis, et sa portée est donc négligeable. Elle pourrait devenir de plus en plus grande en raison de la nouvelle importance accordée aux minéraux critiques et de l’exploration dans des zones non encore déterminées au cours des 10 prochaines années; on ne connaît pas les zones susceptibles d’être touchées.
3.3 Énergie renouvelable D Faible Petite (1‑10 %) Extrême (71‑100 %) Modérée (possiblement à court terme, < 10 ans ou 3 générations) De nombreuses pentes orientées vers le sud ou zones ouvertes pourraient être considérées pour l’installation de parcs de panneaux solaires, notamment la ZICO Skookumchuck Prairie, où tout au plus ~2 % de la population canadienne pourrait être touchée. Les régions de Kootenay‑Est et du sud de la vallée de l’Okanagan sont particulièrement attrayantes pour l’expansion d’énergies de remplacement. Comme il y a relativement peu d’habitat inoccupé disponible, la gravité de cette menace est considérée comme extrême.
4 Corridors de transport et de service D Faible Petite (1‑10 %) Extrême (71‑100 %) Élevée (continue) sans objet
4.1 Routes et voies ferrées D Faible Généralisée (71‑100 %) Légère (1‑10 %) Élevée (continue) Le Pic de Lewis est vulnérable aux collisions avec les véhicules, en particulier lorsqu’il se nourrit d’insectes ou boit dans des flaques sur les routes, ou se déplace en quête de nourriture à partir de nids situés à moins de 50 m environ d’une route. La portée de cette menace est considérée comme généralisée, car presque tous les individus sont exposés aux routes à un moment ou à un autre au cours de l’année. La gravité est légère, car le taux de mortalité global est, en fait, relativement faible. La construction de routes se poursuit dans une certaine mesure, mais rarement dans les terres à basse altitude occupées par le Pic de Lewis, qui sont déjà presque entièrement sillonnées de routes. Il y a toujours des arbres susceptibles de servir à la nidification qui sont enlevés le long des routes.
4.2 Lignes de services publics D Faible Petite (1‑10 %) Extrême (71‑100 %) Élevée (continue) Des travaux de construction sont en cours ou prévus pour plusieurs projets d’infrastructure de transport d’électricité, de pétrole et de gaz dans l’habitat du Pic de Lewis, entraînant la perte d’habitat (y compris d’arbres de nidification), et les plus importants ont probablement lieu dans les régions de Thompson‑Nicola et de Cariboo.
5 Utilisation des ressources biologiques BC Élevé-moyen Grande-restreinte (11‑70 %) Extrême-élevée (31‑100 %) Élevée (continue) sans objet
5.1 Chasse et capture d’animaux terrestres sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet La persécution directe et indirecte du Pic de Lewis comme ravageur des vergers, qui existait dans le passé, est rare aujourd’hui, car les effectifs actuels de l’espèce sont trop faibles pour avoir une incidence sur les cultures, et les méthodes actuelles de lutte contre les oiseaux nuisibles ciblent spécifiquement l’Étourneau sansonnet, au moyen de pièges qui permettent de capturer uniquement des étourneaux, ce qui élimine en grande partie les prises accessoires de Pics de Lewis, qui se produisaient auparavant.
5.3 Exploitation forestière et récolte du bois BC Élevé-moyen Grande-restreinte (11‑70 %) Extrême-élevée (31‑100 %) Élevée (continue) Les arbres utilisés par le Pic de Lewis comme sites de nidification et comme perchoirs lorsqu’il s’alimente pourraient être enlevés dans les blocs de coupe prévus, mais aussi lorsqu’ils présentent un danger dans le cadre de coupes de récupération. La récolte directe d’arbres par l’industrie forestière est peu fréquente, car les densités dans les peuplements ouverts de pin ponderosa utilisés par les individus nicheurs sont actuellement trop faibles pour que la récolte soit rentable et le pin ponderosa a une faible valeur marchande. Toutefois, les coupes de récupération à blanc et l’enlèvement d’arbres susceptibles de servir à la nidification dans les brûlis, que ce soit comme bois marchand ou pour éliminer un danger, annulent souvent le caractère convenable de ces milieux importants comme habitat de nidification. De vastes brûlis ont été créés dans l’aire de répartition du Pic de Lewis de 2017 à 2021, et d’autres brûlis semblables devraient être créés à l’avenir. Les zones récemment brûlées et celles qui devraient l’être dans un avenir proche sont si vastes que de nombreux peuplements ne feront pas l’objet de coupes de récupération, mais l’enlèvement des arbres présentant un danger est susceptible d’augmenter au cours des dix prochaines années. La portée et la gravité de la menace que représente l’exploitation forestière sont probablement importantes, mais très variables, car l’étendue réelle de la menace est inconnue. Elles se situent probablement près de la limite inférieure de la plage de valeurs.
6 Intrusions et perturbations humaines D Faible Grande (31‑70 %) Légère (1‑10 %) Élevée (continue) sans objet
6.1 Activités récréatives D Faible Grande (31‑70 %) Légère (1‑10 %) Élevée (continue) L’augmentation des activités récréatives, en particulier le vélo de montagne, l’observation d’oiseaux et l’utilisation de véhicules hors route, pourrait perturber les individus pendant la nidification, voire peut‑être modifier leur comportement d’alimentation, notamment l’approvisionnement en nourriture des oisillons encore au nid. Les perturbations continues pourraient entraîner l’abandon de nids. Le degré de perturbation par les ornithologues amateurs est probablement très petit et limité à quelques sites, les individus étant faciles à apercevoir depuis la route; il n’est donc pas nécessaire de s’approcher des nids.
6.3 Travail et autres activités sans objet Négligeable Petite (1‑10 %) Négligeable (< 1 %) Élevée (continue) Aucune activité de recherche nécessitant le baguage ou la manipulation d’individus n’est actuellement prévue au Canada, et le baguage aux États‑Unis pendant la période de reproduction ne touche pas les individus canadiens. Le suivi actuel du Pic de Lewis n’est pas invasif, les individus et leurs nids étant observés à distance.
7 Modifications des systèmes naturels C Moyen Restreinte (11‑30 %) Élevée (31‑70 %) Élevée (continue) sans objet
7.1 Incendies et suppression des incendies C Moyen Restreinte (11‑30 %) Élevée (31‑70 %) Élevée (continue) La suppression des incendies constitue une menace importante pour l’habitat de reproduction du Pic de Lewis, car les incendies maintiennent de nombreux milieux ouverts, et la suppression des incendies naturels dans les forêts de pin ponderosa des basses terres dégrade l’habitat en permettant la croissance de peuplements denses de jeunes pins et l’invasion par le douglas de Menzies. Les incendies sont un élément récurrent, de plus en plus fréquent.
7.2 Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages D Faible Petite (1‑10 %) Élevée (31‑70 %) Élevée (continue) La construction de digues et de batardeaux pour protéger les basses terres contre les effets des inondations et des changements climatiques à l’avenir a eu une incidence sur certains sites de nidification à Grand Forks, et un projet de digue est en cours le long de la rivière Kettle et du ruisseau Boundary. La perte de forêts alluviales matures de peupliers attribuable à l’endiguement est continue dans ces régions, et des effets similaires se sont déjà produits dans d’autres régions, dans le passé.
7.3 Autres modifications de l’écosystème CD Moyen-faible Généralisée (71‑100 %) Modérée-légère (1‑30 %) Élevée (continue) Il y a des déclins continus des insectes proies en raison de la modification de l’habitat, de l’enrochement des berges et de l’endiguement des rivières, du broutage par les chevreuils urbains sur les jeunes peupliers et les arbustes en croissance, et de la suppression de la régénération des peupliers par l’alpiste roseau. L’utilisation de pesticides à l’intérieur et à proximité des vergers et des vignobles peut aussi réduire l’abondance d’insectes proies. Le pâturage ou broutage et le piétinement à long terme ou de façon concentrée par le bétail peuvent dégrader l’habitat en réduisant la production d’insectes. Quoique, étant donné que le Pic de Lewis choisit généralement des arbres de nidification dans des milieux de pâturage léger, plutôt que dans des milieux sans pâturage, le pâturage pourrait parfois être bénéfique. Les infestations du dendroctone du pin ponderosa et du dendroctone occidental du pin au milieu des années 2000 représentaient une menace importante pour l’habitat du Pic de Lewis. Ces infestations ont probablement créé une réserve à court terme d’arbres en décomposition convenables pour la nidification; toutefois, ces arbres demeuraient convenables pour des périodes beaucoup plus courtes que les arbres morts d’autres causes. La plupart des pins ponderosa tués par des dendroctones dans la région fortement infestée de Thompson‑Nicola sont maintenant tombés, ce qui a probablement réduit considérablement la quantité d’arbres de nidification disponibles. Les infestations de dendroctones ont maintenant diminué, mais les effets sur la disponibilité des arbres de nidification pourraient durer longtemps.
8 Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques BC Élevé-moyen Grande (31‑70 %) Élevée-modérée (11‑70 %) Élevée (continue) sans objet
8.1 Espèces ou agents pathogènes exotiques (non indigènes) envahissants BC Élevé-moyen Grande (31‑70 %) Élevée-modérée (11‑70 %) Élevée (continue) La compétition pour les cavités de nidification avec les espèces introduites, en particulier l’Étourneau sansonnet, est une menace pour le Pic de Lewis. L’Étourneau sansonnet niche souvent dans des cavités auparavant utilisées par le Pic de Lewis, et bien qu’elle soit difficile à démontrer, la compétition directe est étayée par de nombreuses observations fortuites. Le nombre élevé d’étourneaux (>1 000 000 dans l’aire de répartition du Pic de Lewis) a réduit la disponibilité des sites de nidification convenables. L’Étourneau sansonnet connaît un déclin en Colombie-Britannique depuis les années 1970, mais il représente toujours une menace importante, qui pourrait être plus élevée là où les peuplements riverains matures de peupliers ont été largement éliminés. La prédation accidentelle de jeunes commençant à voler par le chat domestique peut se produire à l’occasion, comme on l’a observé pour le Pic flamboyant.
8.2 Espèces ou agents pathogènes indigènes problématiques sans objet sans objet sans objet sans objet sans objet La perte d’habitat de reproduction à court terme causée par le dendroctone du pin ponderosa est examinée à la menace no 7.3. Autres modifications de l’écosystème.
9 Pollution sans objet Inconnu Grande (31‑70 %) Inconnue Élevée (continue) sans objet
9.3 Effluents agricoles et sylvicoles sans objet Inconnu Grande (31‑70 %) Inconnue Élevée (continue) Le Pic de Lewis se nourrit de cerises et d’autres fruits dans les vergers à la fin de l’été et à l’automne, ce qui peut entraîner l’ingestion directe de pesticides sur les fruits, mais l’impact de cette menace à l’échelle de la population est inconnu. Des pesticides sont utilisés dans les vergers et les vignobles de la région d’Okanagan‑Similkameen, où 11 à 30 % de la population canadienne se trouve, mais la gravité de la menace qu’ils représentent est inconnue. L’ingestion de pesticides pourrait être plus élevée dans les lieux d’hivernage, comme la vallée centrale de la Californie.
11 Changements climatiques et phénomènes météorologiques violents BC Moyen Généralisée (71‑100 %) Modérée (11‑30 %) Élevée (continue) sans objet
11.1 Déplacement et altération de l’habitat sans objet Non calculé (en dehors de la période d’éval.) Petite (1‑10 %) Inconnue Faible (possiblement à long terme, > 10 ans ou 3 gén.) Les changements climatiques pourraient toucher le Pic de Lewis en déplaçant son habitat de reproduction vers le nord et en entraînant l’arrivée et la nidification plus hâtives dans les lieux de reproduction. Les effets ne sont pas connus et se produiront probablement en dehors de la période de 10 ans.
11.3 Températures extrêmes BC Moyen Généralisée (71‑100 %) Modérée (11‑30 %) Élevée (continue) L’augmentation des épisodes de températures extrêmes pendant la période de reproduction, comme le « dôme de chaleur » survenu à la fin juin 2021, pourrait réduire le succès reproductif. Des observations fortuites donnent à penser qu’une grande partie des jeunes de la cohorte de 2021 n’ont pas pris leur envol et que, au cours des deux années qui ont suivi, certaines zones habituellement occupées n’ont pas été utilisées.
11.4 Tempêtes et inondations D Faible Petite (1‑10 %) Modérée (11‑30 %) Élevée (continue) Les épisodes de précipitations extrêmes qui causent des inondations sans précédent constituent une menace pour le Pic de Lewis, comme ceux survenus en 2018 (Grand Forks) et en 2021 (cours supérieur de la rivière Nicola; vallée du cours inférieur de la rivière Nicola). Les inondations peuvent rendre non convenables de nombreux arbres de nidification des forêts alluviales, voire même les emporter. Les inondations de 2021 ont permis de prendre conscience de la menace notable que ces événements représentent à l’échelle locale pour les sites de nidification et les effectifs nicheurs du Pic de Lewis.

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2026-03-25