Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Plantain à feuilles cordées Plantago cordata au Canada – 2000

Illustration du plantain à feuilles cordées (Plantago cordata).

Table des matières

List des figures


Plantain à feuilles cordées Plantago cordata

Illustration du plantain à feuilles cordées (Plantago cordata).

En voie de disparition – 2000

COSEPAC -- Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer les auteurs); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2000. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le plantain à feuilles cordées (Plantago cordata) au Canada – Mise à jour, Ottawa (Ontario) : Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, vi + 15 p.

BROWNELL, V.R. 1998. Update COSEWIC status report on the Heart-leaved Plantain Plantago cordata in Canada, in COSEWIC assessment and update status report on the Heart-leaved Plantain Plantago cordata in Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, Ottawa. 1-15 p.

Rapport(s) précédent(s) :

BROWNELL, V.R. 1985. COSEWIC Status Report on the Heart-leaved Plantain Plantago cordata in Canada [avec mise à jour annexée de G.M. Allen et M.J. Oldham, novembre 1984], Comité sur la situation des espèces en péril au Canada, 54 p.

Note de production :
Le rapport initialement préparé par l’auteur a été modifié par Erich Haber, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens, afin d'être plus conforme au nouveau format normalisé. Les renseignements du rapport original de 'auteur (Brownell, 1985) sont inclus.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél.: 819-953-3215
Téléc.: 819-994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
Site Web : www.cosewic.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Heart-leaved Plantain Plantago cordata in Canada.

Illustration/photo de la couverture :
Plantain à feuilles cordées -- avec la permission d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2011.
No de catalogue CW69-14/143-2002F-IN
ISBN 0-662-32119-7


Sommaire de l’évaluation – Mai 2011

Nom commun
Plantain à feuilles cordées

Nom scientifique
Plantago cordata

Statut
En voie de disparition

Justification de la désignation
Il reste deux populations dont l'habitat a une marge de tolérance limitée en raison de la détérioration continue de l'habitat.

Répartition
Ontario

Historique du statut
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1985. Réexamen et confirmation du statut en avril 1998 et en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.

Information sur l'espèce

Le plantain à feuilles cordées est une herbacée vivace avec d'énormes racines charnues et ramifiées, et une rosette basilaire formée de grosses feuilles en forme de cœur. De petites fleurs naissent de façon peu structurée d'un épi étroit situé à l'extrémité d'une tige dépourvue de feuilles dont la longueur varie entre 10 et 50 cm. Le fruit consiste en une capsule contenant des graines brun foncé, finement picotées, de 2,5 à 3,5 mm de longueur.

Répartition

Historiquement, l'espèce était largement répandue dans 19 États et 1 province de l'est de l'Amérique du Nord. Elle a maintenant disparu dans 6 États et est concentrée dans le Missouri. Au Canada, elle a été observée à 2 sites seulement dans le sud-ouest de l'Ontario.

Habitat

La présence de plantain à feuilles cordées est associée à la présence de roche calcaire dolomitique; il pousse souvent dans les fissures du substrat rocheux de ruisseaux d'eau claire ou dans le gravier, en régions densément boisées. La population du comté de Middlesex, en Ontario, est située dans une forêt humide-mésique et mature d'érables à sucre où des érables argentés, des érables rouges, des frênes et des tilleuls d'Amérique sont présents de façon localisée le long d'un cours d'eau intermittent.

Biologie

L'espèce est une herbacée vivace qui fleurit hâtivement au printemps. Elle est hermaphrodite et a tendance à se reproduire sexuellement par pollinisation croisée, le pollen étant transporté par le vent. Les graines ont une courte durée de vie lorsqu'elles sont sèches, mais elles flottent facilement et sont adaptées pour pouvoir se disperser dans le lit du cours d'eau de la plante-mère. Une certaine reproduction asexuée peut avoir lieu par la formation de jeunes plantules (drageons racinaires).

Taille et tendances des populations

À l'heure actuelle, on a connaissance de 2 populations seulement dans le sud-ouest de l'Ontario, lesquelles comptent au total moins de 10 000 plantes adultes et de nombreux milliers de semis. De nombreuses plantes semblent être bien établies à ces 2 sites.

Facteurs limitatifs et menaces

Les principaux facteurs limitatifs sont entre autres la spécificité et la nature dynamique de l'habitat. En Ontario, cette espèce a seulement été observée le long de cours d'eau intermittents, au sein de marécages de peuplements matures d'érables argentés. Elle est sensible à la qualité de l'eau, y compris à l'eutrophisation et à l'envasement. Le principal effet anthropique est une diminution draconienne du nombre de forêts humides matures en raison de leur conversion en terres agricoles et du détournement du cours naturel des ruisseaux à la suite du creusement de fossés, de la construction de barrages, de l'envasement, de la pollution et des variations de débits d'eau. Le broutage du bétail et les dommages causés par le piétinement ont fait disparaître l'une des populations connues de l'Ontario. Dans le passé, les Amérindiens de la région cueillaient cette plante à des fins médicinales.

Importance de l'espèce

Cette espèce revêt une importance particulière parce qu'elle était traditionnellement utilisée comme plante médicinale par les peuples autochtones de l'est de l'Amérique du Nord. De plus, elle est la seule espèce semi-aquatique de plantain en Amérique du Nord.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine la situation, à l'échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés et populations (importantes à l'échelle nationale) sauvages jugées en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles, poissons, mollusques, lépidoptères, plantes vasculaires, lichens et mousses.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de représentants des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique) et de trois organismes non gouvernementaux, ainsi que des coprésidents des groupes de spécialistes des espèces. Le Comité se réunit pour examiner les rapports sur la situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Espèce, sous–espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Espèce disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)*
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)**
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)***
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

* Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire »
*** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d'une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation au cours des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.


Mise à jour Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Plantain à feuilles cordées Plantago cordata au Canada – 2000.

Nom scientifique : Plantago cordata Lam.
Nom commun : Plantain à feuilles cordées
Famille : Plantaginacées (famille des plantains)
Grand groupe végétal : Dicotylédones

Le plantain à feuilles cordées est une herbacée vivace avec d'énormes racines charnues et ramifiées, et une rosette basilaire formée de grosses feuilles en forme de cœur (figure 1). De petites fleurs naissent de façon peu structurée d'un épi étroit situé à l'extrémité d'une tige dépourvue de feuilles dont la longueur varie entre 10 et 50 cm. Le fruit consiste en une capsule contenant plusieurs graines brun foncé, finement picotées, de 2,5 à 3,5 mm de longueur.

Figure 1. Illustrations d'un spécimen de plantain à feuilles cordées : (a) port de la plante, (b) capsule à laquelle les sépales et les corolles sont attachés, (c) capsule et (d) graine (avec la permission d'Agriculture et Agroalimentaire Canada).

Illustrations d’un spécimen de plantain à feuilles cordées montrant : (a) le port de la  plante, (b) la capsule à laquelle les sépales et les corolles sont attachés, (c) la capsule et (d) la graine.

Le Plantago cordata est caractérisé par une aire de répartition étendue, au sein de laquelle il est très localisé (Ormes, 1986). Initialement, son aire de répartition nord-américaine s'étendait de l'Ohio au Michigan et au Minnesota, du sud à l'ouest de la Virginie, en Alaska et en Louisiane, et également localement le long de la côte, de New York à Washington D.C. (Gleason et Cronquist, 1963). Historiquement, l'espèce p. cordata a été observée dans 19 États et 1 province (Brownell, 1983; Bender, 1986; Mymudes et Les, 1993; Oldham, 1995; The Nature Conservancy, 1997).

Elle a maintenant disparu dans 6 États et est concentrée dans le Missouri (Orzell, 1983; idem, 1984; Ormes, 1986; The Nature Conservancy, 1997). Des études approfondies menées dans le cadre de programmes du patrimoine naturel et par le United States Fish and Wildlife Service depuis le milieu des années 1980 ont révélé la présence de nombreuses grandes populations, dont on ignorait l'existence au moment de la préparation du rapport de situation par Brownell (1983). Cependant, ces études ont également démontré que de nombreux sites avaient été détruits par la pollution et les travaux d'aménagement (United States Department of the Interior, 1985). L'aire de répartition générale de l'espèce en Amérique du Nord est illustrée à la figure 2.

Au Canada, l'espèce est confinée à 2 sites dans le sud-ouest de l'Ontario, lesquels ont été découverts après la rédaction du rapport de situation original (figure 3).

La présence du Plantago cordata est associée à la présence de roche calcaire dolomitique; il pousse souvent dans les fissures du substrat rocheux de ruisseaux d'eau claire ou dans le gravier, en régions densément boisées (Mymudes, 1991). On le trouve souvent à proximité de carrières de calcaire ou de gravier. Dans l'État de New York, l'espèce colonise un habitat atypique : la zone intertidale de la rivière d'Hudson. En Ontario, elle pousse dans des cours d'eau intermittents, au sein de forêts de feuillus matures. Le sol du site Lambton Co. est constitué de loam argileux et a un pH de 7,2 (Allen et Oldham, 1984). Les principales essences herbacées accompagnatrices au site Middlesex sont le renoncule des cariçaies (Ranunculus hispidus var. caricetorum), l'herbe à puce (Rhus radicans ssp. rydbergii), la véronique Beccabunga (Samolus floribundus) et la glycérie striée (Glyceria striata) (Oldham et McLeod, 1990). Les espèces dominantes d'arbres aux 2 sites sont l'érable à sucre, l'érable argenté, l'érable rouge, le charme de Caroline, le caryer ovale, le frêne blanc d'Amérique, le frêne noir d'Amérique et le tilleul d'Amérique. La population du comté de Middlesex est située dans une forêt humide-mésique et mature d'érables à sucre où des érables argentés, des érables rouges, des frênes et des tilleuls d'Amérique sont présents de façon localisée le long d'un cours d'eau intermittent. Le laurier benzoin est un arbuste commun sur le site.

Figure 2. Répartition du plantain à feuilles cordées en Amérique du Nord (Keddy, 1987).

Carte illustrant la répartition du plantain à feuilles cordées en Amérique du Nord.

Figure 3. Répartition du plantain à feuilles cordées en Ontario et au Canada après Keddy (1987) (les cercles blancs représentent des spécimens d'herbiers canadiens recueillis avant 1925, tandis que les cercles noirs sont des sites où des spécimens ont été observés après 1964).

Carte illustrant la répartition du plantain à feuilles cordées en Ontario et au Canada.

Le plantain à feuilles cordées est une plante nyctipériodique qui fleurit à la mi-avril en Ontario. Les fleurs de la plante sont hermaphrodites et ont tendance à être protérogynes, le pistil parvenant à maturité avant les étamines, ce qui favorise la pollinisation croisée. L'autogamie peut également avoir lieu. La pollinisation s'effectue grâce au vent. De nouvelles plantes peuvent également germer à partir des racines de la plante-mère. Les graines restent attachées à un placenta spongieux lorsqu'elles sont relâchées. Elles sont très vigoureuses. La membrane mucilagineuse et hygroscopique de la graine lui permet d'adhérer à des objets qui flottent dans l'eau. L'espèce est adaptée de façon à pouvoir se disperser et se rétablir dans le lit du cours d'eau d'origine. Les graines ont cependant une très courte durée de vie, possiblement de seulement quelques mois lorsqu'elles sèchent (données tirées de Brownell, 1985). Stromberg et al. (1981) présentent des données sur l'écologie et la reproduction du Plantago cordata dans le sud-est du Wisconsin.

D'après 54 plantes étudiées, Oldham et McLeod (1990) ont indiqué que les plantes observées au site Parkhill avaient, en moyenne, 1,44 tige fructifère et que celles de l'ancien camp Ipperwash en avaient 1,26 (Allen et Oldham, 1984). Le nombre de capsules de graines variait entre 65 et 108, et la moyenne était de 86,4 capsules par tige fructifère. Stromberg et Stearns (1989) ont indiqué avoir observé, en moyenne, 2,5 graines par capsule chez les spécimens du Wisconsin. Au site Parkhill, un ratio de 1 plante à fruits à 3,4 semis pouvait être observé en 1988.

Bien que l'espèce soit fortement protérogyne, il est possible d'observer simultanément des fleurs avec des anthères matures et des stigmates réceptifs sur le même épi (Mymudes et Les, 1993). L'autocompatibilité et la présence de plusieurs épis à différentes phases de maturité sur une même plante favorisent l'autogamie.

Dans le cadre d'une étude de 10 populations réparties dans 6 États et en Ontario, Mymudes (1991) et Mymudes et Les (1993) ont constaté qu'il n'y avait aucune variation des fréquences alléliques pour 21 locus génétiques de 11 enzymes solubles chez les plantes à proximité ou au nord de la limite glaciaire (Wisconsin, Ontario, Missouri et Illinois). Cette absence de variation est l'indication de l'effet fondateur et de l'étranglement génétique causés par les effondrements connus et soupçonnés des populations. De plus, 2 petits sites de la Caroline du Nord offrent une composition génétique unique. Il est évident que l'espèce est un allopolyploïde avec une hétérozygotie précise observée dans 67 % des locus étudiés. La variation électrophorétique était en général répartie entre les populations. Très peu de variation génétique est observée au sein des populations de p. cordata.

Le plantain à feuilles cordées s'est vu attribuer la cote G4 à l'échelle mondiale(Oldham, 1996). Selon Keddy (1987), le plantain à feuilles cordées a possiblement disparu dans l'Iowa, au Michigan et en Virginie, il est en voie de disparition dans l'Alabama, dans l'Illinois, en Indiana, au Kentucky, dans le Maryland, en Caroline du Nord, en Ohio et dans le Wisconsin, et il est menacé en Arkansas et dans l'État de New York.

Mymudes et Les (1993) ont préparé des cartes de l'aire de répartition de l'espèce en Amérique du Nord fondées sur les populations historiques et existantes de p. cordata. Le pourcentage de disparition des sites par comté variait entre 15 et 100 %. Ils ont en outre estimé que 57 % des sites historiques de l'espèce avaient été détruits. L'espèce p. cordata est considérée comme faisant partie des données historiques et elle a probablement disparu de l'État de Washington D.C., de la Floride, de l'Iowa, du Kentucky, du Maryland et de la Virginie. Il reste moins de 5 sites (classement S1) dans l'Alabama, l'Illinois, l'Indiana, le Michigan, la Caroline du Nord, l'Ohio, le Tennessee, le Wisconsin et l'Ontario (The Nature Conservancy, 1997). La cote S2 lui a été attribuée en Arkansas et la cote S3, en Géorgie, dans l’État de New York et dans le Missouri. Clements et Mitchell (1991) rapportent qu'il existe 13 sites dans l'État de New York, dont un des plus grands parmi les sites connus. Ormes (1986) semble indiquer qu'il existe plus de 100 sites dans le Missouri, qui est l'État où l'espèce est concentrée, mais Mymudes et Les (1993) parlent plutôt de 28 sites existants. On a cru que l'espèce avait disparu dans le Michigan, mais les premiers spécimens à être observés depuis 1925 ont été découverts à Hillsdale Co. en 1990, puis, en 1995, elle a été redécouverte dans le comté d'Ionia (Voss, 1996).

En Ontario, la cote infranationale S1 a été attribuée à l'espèce (Oldham, 1996). Le statut des populations de plantain à feuilles cordées est résumé comme suit :

  1. Ancien camp Ipperwash (propriété du ministère de la Défense nationale), Lambton Co. – Site montré au personnel du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario en 1984 par Bill Henry et Rachel Shawkence de la communauté indienne des Potawatomi, à Kettle Point (Allen et Oldham, 1984; idem, 1985). De plus, 4 sous-populations ont par la suite été identifiées grâce aux inventaires biologiques réalisés (Sutherland et al., 1994; Thompson et al., 1994) et à un programme de surveillance (MacKinnon Hensel & Associates, 1994). En 1989, p. Prevett, A. Woodliffe et M. Oldham ont dénombré 3 700 plantes matures (Oldham et McLeod, 1990) et, en 1993, un total de 5 083 plantes ont été dénombrées (MacKinnon Hensel & Associates, 1994). Dans le cadre de la seconde étude, les sous-populations suivantes ont été observées :
    • 1a. Environ 5 000 plantes le long d'un cours d'eau intermittent non nommé, s'écoulant dans le ruisseau Jericho.
    • 1b. 3 plantes.
    • 1c. 79 plantes.
    • 1d. 1 plante le long d'un autre cours d'eau intermittent non nommé.
  2. À proximité de Parkhill, comté de Middlesex – Population découverte par M. Oldham en 1987. Environ 3 200 plantes matures ont été dénombrées le 10 juillet 1997 par l’auteur le long d'un cours d'eau intermittent privé s'étirant sur 203 m. D'après les résultats du programme de surveillance du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, le nombre de populations est relativement stable. En 1988, 3 066 plantes matures et 10 469 semis ont été dénombrés (1 plante à fruits : 3,4 semis) (Oldham et McLeod, 1990). En tout, 6 piquets de métal ont été installés dans la colonie comme points de référence pour les activités de surveillance.

Au total, environ 8 149 plantes matures ont été dénombrées en Ontario en 1995 (Oldham, 1995) et, selon des études sur le terrain menées par l’auteur au site Parkhill en 1997, on estime que la population totale de l'Ontario est approximativement la même en 1997. L’auteur a effectué des recherches dans 16 terrains boisés des alentours en juillet 1997 et aucun autre site n'a été découvert pour cette espèce. Les terrains boisés semblaient inappropriés pour différentes raisons, par exemple le creusement de fossés dans la forêt, les coupes sélectives et à blanc passées et en cours, et le pâturage intensif passé.

En Ontario, 70 % des sites (5 dossiers historiques) ont disparu en raison de la perturbation de l'habitat à des fins agricoles.

  1. Essex Co., Colchester Station, à proximité d'Amherstburg, J. Macoun, le 10 juin 1882 (TRT, CAN, GH, É.-U.). Des recherches ont été effectuées dans la région en 1981 par Brownell et Oldham.
  2. Essex Co., près de la rivière Canard, Booth, le 17 mai 1863 (É.-U.). Des recherches ont été effectuées dans la région par Oldham.
  3. Middlesex Co., Biddulph Turnpike, Lucan, au nord de l'école secondaire Lucan High School. J. Dearness, le 11 juin 1894. Des recherches ont été effectuées dans la région par Oldham, Allen et McLeod.
  4. Middlesex Co., Glencoe. Recherches effectuées par Oldham, Allen et McLeod en 1990 à partir d'anciennes données, mais aucun habitat propice n'a été découvert (Oldham et McLeod, 1990).
  5. Lambton Co., Bosanquet Turnpike, au nord-ouest de Thedford. Dernières observations remontant à 1967. Des recherches ont été effectuées dans la région en 1981 par l’auteur et M.J. Oldham et également en 1984 par M.J. Oldham et Bill Henry. L'habitat a gravement été détérioré par le bétail.

Les principaux facteurs limitatifs sont entre autres la spécificité et la nature dynamique de l'habitat. Les effets de l'utilisation des terres et les facteurs ayant une incidence sur le déclin des populations de plantain à feuilles cordées au sein d'un réseau de cours d'eau de l'Illinois ont été décrits par Bowles et Apfelbaum (1988; idem, 1989). En Ontario, cette espèce a seulement été observée le long de cours d'eau intermittents, au sein de marécages de peuplements matures d'érables argentés. Elle est sensible à la qualité de l'eau, y compris à l'eutrophisation et à l'envasement. L'eutrophisation réduit le recrutement en stimulant la croissance des algues (Mymudes, 1991). Les algues captent les graines et étouffent les semis. Afin de protéger l'espèce, on doit s'assurer de maintenir une très bonne qualité de l'eau, ce qui peut exiger de protéger le bassin versant en amont. Une large zone tampon de bois de chaque côté du cours d'eau doit être préservée pour empêcher les coupes et faire de l'ombre (Ormes, 1986).

Le principal effet anthropique est une diminution draconienne du nombre de forêts humides matures en raison de leur conversion en terres agricoles et du détournement du cours naturel des ruisseaux à la suite du creusement de fossés, de la construction de barrages, de l'envasement, de la pollution et des variations de débits d'eau. Le broutage du bétail et les dommages causés par le piétinement ont fait disparaître l'une des populations connues de l'Ontario. Dans le passé, les Amérindiens de la région cueillaient cette plante à des fins médicinales.

Cette espèce revêt une importance particulière parce qu'elle était traditionnellement utilisée comme plante médicinale par les peuples autochtones de l'est de l'Amérique du Nord (voir les références dans Brownell, 1985). De plus, elle est la seule espèce semi-aquatique de plantain en Amérique du Nord.

Les populations canadiennes existantes sont présentes sur des terres privées et sur des terres occupées par les Premières nations. En 1988, le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario a communiqué avec le propriétaire des terres abritant la population du comté de Middlesex, lequel a ensuite autorisé que des activités de surveillance soient entreprises sur le site. Le territoire du ministère de la Défense nationale d'Ipperwash est occupé par les Premières nations de Kettle Point et de Stony Point depuis 1995. Durant le processus de négociations visant à transférer aux Premières nations le titre de la propriété de la Défense nationale, les Premières nations avaient exigé une mise hors service de niveau 3, ce qui aurait supposé d'enlever le couvert arboré et de creuser le sol à la recherche d'explosifs à une profondeur de plusieurs mètres (Bob Woods, DNF, comm. pers., 1997). De telles activités auraient entraîné l'élimination de 62 % de la population canadienne de plantain à feuilles cordées.

Trois populations dans l'Illinois, une dans l'Indiana et plusieurs dans le Missouri se trouvent sur des terres de l'État (Ormes, 1986; Bowles et al., 1988).

En 1987, cette espèce a été inscrite en Ontario en vertu de la Loi sur la protection des espèces en péril et a été désignée par le COSEPAC comme espèce en voie de disparition à l'échelle nationale en 1985. Le Plantago cordata a fait l'objet d'une évaluation pour déterminer s'il serait désigné espèce menacée ou en voie de disparition à l'échelle nationale aux États-Unis (United States Department of the Interior, 1985), mais a cessé d'être considéré comme tel en 1989 (Mymudes et Les, 1993).

En 1985, lorsque le p. cordata a été inscrit comme espèce en voie de disparition au Canada, toutes les plantes dénombrées avaient été observées sur des terres appartenant à l'État et gérées par le ministère de la Défense nationale. À l'heure actuelle, aucune des plantes ne se trouve sur des terres gérées par un organisme public. En 1997, seules 2 populations, comptant, d'après les dénombrements réalisés en 1995 et en 1997, environ 8 149 plantes matures, étaient connues et ces populations étaient situées en Ontario. Leur aire de répartition est extrêmement restreinte au Canada et elles sont à risque en raison d'une utilisation des terres à des fins agricoles et résidentielles.

Répartition

Information sur les populations

Facteurs limitatifs et menaces

Potentiel d'immigration

Nous remercions les personnes et les établissements suivants pour les données et les renseignements qu'ils ont fournis :

Michael J. Oldham, botaniste, Centre d'information sur le patrimoine naturel, Peterborough, Ontario. Tél. : 705-755-2160, adresse courriel : michael.oldham@mnr.gov.on.ca.

Bob Woods, chef forestier, ministère de la Défense nationale, Ottawa, Ontario. Tél. : 613-995-4087, adresse courriel : aa991@issc.debbs.ndhq.dnd.ca.

Le présent rapport a été financé par le Service canadien de la faune d'Environnement Canada.

Allen, G.M., et M.J. Oldham. 1984. Plantago cordata on the Ipperwash Military Reserve: a report to the COSEWIC plant sub-committee, rapport inédit, Chatham (Ontario) : Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, 7 p.

Allen, G.M., et M.J. Oldham. 1985. Plantago cordata Lam. (Heart-leaved Plantain) still survives in Canada, Plant Press 3(3):94-97.

Bender, J. 1986. Element Stewardship Abstract for Plantago cordata. Minneapolis (Minnesota) : The Nature Conservancy.

Bowles, M., et S. Apfelbaum. 1988. Factors affecting survival and decline (sic) of the Heart-leaved Plantain (Plantago cordata Lam.) in gravel-bed stream habitat, Extrait, 15th Annual Natural Areas Conference, Syracuse (État de New York), 1 p.

Bowles, M., et S. Apfelbaum. 1989. Effects of land use and stochastic events on the Heart-leaved Plantain (Plantago cordata Lam.) in an Illinois stream system, Natural Areas Journal 9(2):90-101.

Bowles, M., K.R. Bachtell, M.M. DeMauro. 1988. Status and restoration of Plantago cordata in the southern Lake Michigan region, Natural Areas Journal 8:122-123.

Brownell, V.R. 1985. Status report on Heart-leaved Plantain (Plantago cordata) in Canada, Ottawa (Ontario) : Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), 41 p.

Brownell, V.R. 1984. Conservation recommendations for Heart-leaved Plantain (Plantago cordata Lam.), an endangered species in Canada, rapport inédit, Ottawa (Ontario) : Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), 5 p.

Clements, S., et R. Mitchell. 1991. Heart-leaved Plantain -- "King-root". NYFA (New York Flora Association) Newsletter 2(2):1-2.

Gleason, H.A., et A. Cronquist. 1963. Manual of Vascular Plants of Northeastern United States and Adjacent Canada, Toronto (Ontario) : D. Van Nostrand Co., 810 p.

Keddy, C.J. 1987. Plantago cordata Lam. in: Argus, G.W., K.M. Pryer, D.J. White et C.J. Keddy (éditeurs), Atlas of the rare vascular plants of Ontario, Parts 1-4. Ottawa (Ontario) : Musée national des sciences naturelles.

MacKinnon Hensel & Associates. 1994. Protection and management plan for Heart-leaved Plantain (Plantago cordata Lam.) on Camp Ipperwash, Ottawa (Ontario) : Défense nationale, 26 p.

Morgan, S.W. 1980. Status report on Plantago cordata Lam. Natural History Section, Jefferson City (Missouri) : Missouri Department of Conservation.

Mymudes, M.S. 1991. Morphological and genetic variability in Plantago cordata Lam. (Plantaginaceae), a threatened aquatic plant (thèse de maîtrise), University of Wisconsin-Milwaukee, 83 p.

Mymudes, M.S., et D.H. Les. 1993. Morphological and genetic variability in Plantago cordata (Plantaginaceae), a threatened aquatic plant, American Journal of Botany 80(3):351-359.

Oldham, M.J. 1995. Element State Ranking Form for Plantago cordata, Peterborough (Ontario) : Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, Centre d'information sur le patrimoine naturel.

Oldham, M.J. 1996. Natural Heritage Resources of Ontario: Rare Vascular Plants, Peterborough (Ontario) : Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, Centre d'information sur le patrimoine naturel.

Oldham, M.J., et D. McLeod. 1990. Heart-leaved Plantain (Plantago cordata) in Ontario, an update, rapport inédit, Aylmer (Ontario) : Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, 10 p.

Ormes, M. (révisé par Gottlieb, S.) 1986. Element Global Ranking Form for Plantago cordata, Biological and Conservation Database (BCD), Arlington (Virginie) : The Nature Conservancy (mise à jour en 1994), 2 p.

Orzell, S.L. 1983. Notes on rare and endangered Missouri fen plants, Trans. Miss. Acad. Sci. 17:67-71.

Orzell, S.L. 1984. Additional notes on rare, endangered and unusual Missouri fen plants, Trans. Miss. Acad. Sci. 18:13-16.

Stromberg, J., M. Kunowski et F. Stearns. 1981. Plantago cordata Lam. in southeastern Wisconsin: ecology, reproduction, and development of a management plan, rapport périodique, Milwaukee (Wisconsin) : Department of Botany, University of Wisconsin, 20 p.

Stromberg, J., et F. Stearns. 1989. Plantago cordata in Wisconsin, Michigan Botanist 28:3-16.

Sutherland, D.A., W.D. Bakowsky, M.E. Gratshore et p.C. Carson. 1994. Ébauche, Biological inventory and evaluation of Canadian Forces Camp Ipperwash, document rédigé pour la Défense nationale, Ottawa (Ontario).

The Nature Conservancy. 1997. State and provincial ranks for Plantago cordata from the BCD, Arlington (Virginie) : The Nature Conservancy.

Thompson, J., L. Burr, L. Lamb et C. Campbell 1994. Biological inventory of Camp Ipperwash, Bosanquet Township, Lambton County, document rédigé pour la Défense nationale, Ottawa (Ontario).

U.S. Department of the Interior. 1985. Endangered and threatened wildlife and plants: supplement to review of plant taxa for listing: proposed rule, Federal Register 50(188):39526-39527, Washington (DC) : U.S. Government Printing Office.
Voss, E.G. 1996. Michigan Flora, Part III, Cranbrooke Institute of Science Bulletin 61 et University of Michigan Herbarium, Ann Arbor (Michigan).

En 1978, Vivian R. Brownell a obtenu un baccalauréat ès sciences avec spécialisation en botanique sur le terrain de l'Université de Guelph. Après avoir obtenu son diplôme, elle a travaillé pour plusieurs ministères, y compris le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario et le Service canadien des parcs (région de l'Ontario). Depuis 1983, elle travaille à titre de biologiste-conseil pour les municipalités, les offices de protection de la nature et les organismes gouvernementaux. Son travail consiste essentiellement en des inventaires et des évaluations biologiques, la gestion des espèces rares, l'évaluation des aires naturelles, et la planification de l’habitat faunique et du patrimoine naturel. Récemment, elle a mis au point un programme informatisé (NADEP) avec un système de base de données intégré qui facilite l'évaluation des aires naturelles. Elle est l'auteure et la coauteure de nombreux articles publiés dans des revues scientifiques et des livres qui portent sur les alvars, les prairies, les savanes, les landes de sable et de roches, la classification des orchidées et la phytogéographie. Une liste complète des articles et des rapports qu'elle a écrits est disponible dans l'ouvrage Biodiversité canadienne : répertoire des botanistes actuels et de leurs publications qui peut être consulté à l'adresse http://www.ec.gc.ca/inre-nwri/default.asp?lang=Fr&n=7CE9E3AC-1.

L'entrepreneur a effectué des travaux sur le terrain du 9 au 11 jui.

Détails de la page

2022-02-24