Psilocarphe élevé (Psilocarphus elatior) : évaluation et rapport de situation du COSEPAC 2018
Titre officiel : Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur Psilocarphe élevé (Psilocarphus elatior) au Canada 2018
Comité sur la situation des espèces en peril au Canada (COSEPAC)
En voie de disparition 2018
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Information sur le document
Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante : COSEPAC. 2018. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le psilocarphe élevé (Psilocarphus elatior) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. xiii + 40 p. (Registre public des espèces en péril).
Rapport précédent :
COSEPAC. 2001. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le psilocarphe élevé (Psilocarphus elatior) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 24 p.
DOUGLAS, G. W., J. GOULD et J.M. ILLINGWORTH. 2001. Rapport du COSEPAC sur la situation du psilocarphe élevé (Psilocarphus elatior) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la situation du psilocarphe élevé (Psilocarphe elatior) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-24.
Note de production :
Le COSEPAC remercie Matt Fairbarns d’avoir rédigé le rapport de situation sur le psilocarphe élevé (Psilocarphus elatior) au Canada, aux termes d’un marché conclu avec Environnement et Changement climatique Canada. La supervision et la révision du rapport ont été assurées par Del Meidinger, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC.
Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :
Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement et Changement climatique Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3
Tél. : 819-938-4125
Téléc. : 819-938-3984
Courriel : ec.cosepac-cosewic.ec@canada.ca
Site web : COSEPAC
Also available in English under the title “COSEWIC assessment and status report on the Tall Woolly-heads, Psilocarphus elatior, in Canada”.
Illustration/photo de la couverture : Psilocarphe élevé — Photo : Matt Fairbarns.
COSEPAC sommaire de l’évaluation
Sommaire de l’évaluation – avril 2018
Nom commun : Psilocarphe élevé
Nom scientifique : Psilocarphus elatior
Statut : En voie de disparition
Justification de la désignation : Cette petite plante annuelle se trouve seulement dans quelques petits habitats spécialisés du sud-est de l’île de Vancouver. La destruction et la modification de l’habitat dans un site ont entraîné un déclin important de la population canadienne. La compétition par des espèces envahissantes et la gestion du bassin versant sont les principales menaces continues; au nombre des autres menaces, on compte les activités récréatives, la perturbation de l’habitat par la Bernache du Canada résidente non indigène ainsi que la fenaison/fauche.
Répartition : Colombie-Britannique
Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2001. Réexamen et confirmation du statut en avril 2018.
COSEPAC résumé
Psilocarphe élevé
Psilocarphus elatior
Description et importance de l’espèce sauvage
Le psilocarphe élevé est une petite plante herbacée annuelle qui dépasse rarement les 10 cm de hauteur au Canada. La plante est verte à vert argenté à l’état jeune et gris argenté à maturité. Elle est généralement densément recouverte de poils laineux soyeux. Les feuilles supérieures forment une rosette autour des capitules. Les capitules sont petits (6-8 mm de diamètre), globuleux et sous-tendus par une structure en forme de dôme appelée « réceptacle ». Les fleurs, dépourvues de pétales visibles, forment un capitule serré qui ressemble ainsi à une seule fleur. Chaque fleur femelle est enveloppée d’une bractée en forme de sac.
Le psilocarphe élevé fait partie d’un groupe de plus de 50 espèces de plantes qui sont rares à l’échelle nationale et limitées (au Canada) aux chênaies de Garry et aux écosystèmes connexes, dans le sud de l’île de Vancouver et les îles Gulf adjacentes.
Répartition
L’aire de répartition principale du psilocarphe élevé s’étend depuis le sud de l’île de Vancouver jusque dans le nord de la Californie, l’ouest du Montana et le centresud de l’Idaho. Au Canada, le psilocarphe élevé se rencontre le long de la côte est de l’île de Vancouver, depuis le secteur de Victoria jusqu’à environ Duncan. La zone d’occurrence historique maximale du psilocarphe élevé au Canada est d’environ 273 km2. Trois souspopulations canadiennes historiques du psilocarphe élevé n’ont pas été observées depuis au moins 1913; une quatrième sous-population, située à l’Université de Victoria, a été détruite en 1978. La zone d’occurrence actuelle du psilocarphe élevé au Canada est d’environ 66 km2. Moins de 1 % de l’aire de répartition mondiale du psilocarphe élevé se trouve au Canada.
Habitat
Au Canada, le psilocarphe élevé pousse dans les mares printanières, qui sont remplies d’eau durant la majeure partie de l’automne, l’hiver et le début du printemps, mais qui connaissent un déficit hydrique prononcé du milieu à la fin de l’été.
Environ 95 % des milieux convenant à l’espèce au Canada auraient été détruits depuis le milieu du 19e siècle, à cause du défrichement à des fins agricoles et résidentielles et de la suppression des incendies (qui a mené à l’empiètement de la forêt).
Biologie
Le psilocarphe élevé est une plante annuelle à courte durée de vie; les graines germent au printemps, et les individus matures meurent à la fin mai ou en juin. La majorité des fruits, qui ressemblent à des graines, demeurent à proximité de la plante parent, mais certains peuvent être dispersés par l’entremise d’excréments d’animaux, comme les lapins, des pattes et des plumes d’oiseaux ou des vêtements et des bottes des passants.
Taille et tendances de la population
En 2015, la population canadienne du psilocarphe élevé comptait 53 000 à 64 000 individus matures. Les sous-populations semblent connaître des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures, mais si les graines persistent dans le sol durant de nombreuses années, ces fluctuations pourraient ne pas représenter des fluctuations extrêmes de la population totale. La plus grande sous-population, celle de Somenos, a déjà compté des millions d’individus matures certaines années, mais elle n’a plus dépassé les 100 000 individus depuis 2006, et seulement environ 3 000 individus ont été observés en 2015, malgré la présence de conditions favorables à l’espèce. L’espèce est rare dans les zones voisines de l’État de Washington, de sorte qu’il a peu de probabilités qu’une immigration naturelle se produise si la population canadienne venait à disparaître.
Menaces et facteurs limitatifs
La principale menace pesant sur les sous-populations canadiennes de psilocarphe élevé est la concurrence exercée par les plantes exotiques envahissantes et la gestion de l’eau (principalement à Somenos). Les menaces secondaires sont le piétinement par les personnes et les chiens, la perturbation de l’habitat par les Bernaches du Canada résidentes non indigènes, le fauchage et bordure des champs et le fauchage réalisé pour l’aménagement de coupe-feu au parc Uplands.
La suppression des incendies a permis l’empiètement d’arbres et d’arbustes dans les zones auparavant dégagées, et certaines mares printanières sont peut-être depuis longtemps trop ombragées pour que le psilocarphe élevé y pousse.
L’augmentation de la fréquence des sécheresses, des tempêtes et des inondations associée aux changements climatiques représente une menace pour le psilocarphe élevé, tout comme un tsunami créé par un tremblement de terre important dans la zone de Cascadia.
Protection, statuts et classements
En Colombie-Britannique, il n’existe aucune loi distincte permettant de protéger les sous-populations d’espèces en péril sur les terres non fédérales.
Le psilocarphe élevé a été désigné « espèce en voie de disparition » (COSEWIC, 2001) et est protégé sur les terres fédérales aux termes l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. Il fait partie des espèces visées par un programme de rétablissement des espèces rares des mares printanières et autres milieux humides saisonniers associés aux chênaies de Garry. Plusieurs buts et objectifs visant le rétablissement du psilocarphe élevé ont été établis dans ce programme pour la période 2006-2015, mais presque aucun de ces buts et objectifs n’a été atteint. Aucune des sous-populations canadiennes de psilocarphe élevé ne se trouve sur des terres fédérales. Les quatre sous-populations se situent entièrement ou presque entièrement dans des parcs municipaux ou des aires protégées provinciales, mais les activités humaines continuent d’avoir des répercussions sur celles-ci.
Résumé technique
Nom scientifique : Psilocarphus elatior
Nom français : Psilocarphe élevé
Nom anglais : Tall Woolly-heads
Répartition au Canada: Colombie-Britannique
Données démographiques
- Durée d’une génération (généralement, âge moyen des parents dans la population)
- 5 ans (1-7). L’âge moyen des graines au moment de leur germination est inconnu. Chez des espèces étroitement apparentées, les graines pourraient demeurer en dormance dans le sol durant 10 ans ou plus. Une durée d’une génération de 5 ans est avancée, d’après la demi-vie estimative des graines dans le réservoir de semences du sol.
- Y a-t-il un déclin continu [observé, inféré ou prévu] du nombre total d’individus matures?
- Oui. Depuis la préparation du rapport de situation précédent, l’étendue et l’abondance de la souspopulation de Somenos ont diminué à cause du déversement de déblais de dragage et de la perte d’habitat associée à l’empiètement des saules et de l’alpiste roseau.
- Pourcentage estimé de déclin continu du nombre total d’individus matures sur [cinq ans ou deux générations].
- 10 ans : réduction probable de > 95 %
Il est difficile de calculer le déclin à cause des fluctuations. Si les variations de la taille des souspopulations du parc Uplands et de la colline Christmas sont considérées comme des fluctuations, alors les pertes observées à Somenos de 2005 à 2015 représentent un déclin approximatif de 98 % de la population canadienne. - Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix dernières années ou trois dernières générations].
- 15 ans : réduction probable de > 80 %
Il est difficile de calculer le déclin à cause des fluctuations. Si les variations de la taille des souspopulations du parc Uplands et de la colline Christmas sont considérées comme des fluctuations, alors les pertes observées à Somenos de 1999 à 2015 représentent un déclin approximatif de 85 % de la population canadienne. - Pourcentage [prévu ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours des [dix prochaines années ou trois prochaines générations].
- Inconnu
- Pourcentage [observé, estimé, inféré ou présumé] [de réduction ou d’augmentation] du nombre total d’individus matures au cours de toute période de [dix ans ou trois générations] commençant dans le passé et se terminant dans le futur.
- Réduction observée et estimée de > 80 %.
- Est-ce que les causes du déclin sont a) clairement réversibles et b) comprises et c) ont effectivement cessé?
- a. Oui. Il faudrait retirer les déblais de dragage récemment déversés à Somenos et cesser d’empêcher la construction de barrages par les castors.
b. Oui
c. Non - Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures?
- Probablement
Information sur la répartition
- Superficie estimée de la zone d’occurrence:
- 66 km2
- Indice de zone d’occupation (IZO) (Fournissez toujours une valeur établie à partir d’une grille à carrés de 2 km de côté:
- 16 km2
- La population totale est-elle « gravement fragmentée », c.-à-d. que plus de 50 % de sa zone d’occupation totale se trouve dans des parcelles d’habitat qui sont a) plus petites que la superficie nécessaire au maintien d’une population viable et b) séparées d’autres parcelles d’habitat par une distance supérieure à la distance de dispersion maximale présumée pour l’espèce?:
- a. Non
b. Oui - Nombre de « localités »* (utilisez une fourchette plausible pour refléter l’incertitude, le cas échéant) :
- 4
- Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de la zone d’occurrence?:
- Non
- Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de l’indice de zone d’occupation?:
- Non
- Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de sous-populations?:
- Non
- Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] du nombre de localités*?:
- Non
- Y a-t-il un déclin [observé, inféré ou prévu] de [la superficie, l’étendue ou la qualité] de l’habitat?:
- Oui, de la qualité de l’habitat.
- Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de sous-populations?:
- Non
- Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de localités*?:
- Non
- Y a-t-il des fluctuations extrêmes de la zone d’occurrence?:
- Non
- Y a-t-il des fluctuations extrêmes de l’indice de zone d’occupation?:
- Non
*(Voir « Définitions et abréviations » sur le site Web du COSEPAC et International Union for Conservation of Nature (IUCN) (en anglais seulement) pour obtenir des précisions sur ce terme.)
| Sous-population (utilisez une fourchette plausible) | Nombre d’individus matures (2015) |
|---|---|
| Parc Uplands | 50 000-60 000 |
| Colline Christmas | 136 |
| Somenos | 2 800-3 200 |
| Île Mary Tod | 37 |
| Total | 53 000-64 000 |
Analyse quantitative
La probabilité de disparition de l’espèce à l’état sauvage est d’au moins [20 % sur 20 ans ou 5 générations, ou 10 % sur 100 ans]. : Analyse non réalisée.
Menaces (directes, de l’impact le plus élevé à l’impact le plus faible, selon le calculateur des menaces de l’UICN)
Un calculateur des menaces a‑t‑il été rempli pour l’espèce? Oui (6 juin 2016). Participants : Del Meidinger, Matt Fairbarns, Andy MacKinnon, Daniel Brunton, Dave Polster et Joanna James (annexe 1).
- Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes
- Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages
- Activités récréatives
- Espèces indigènes problématiques
- Agriculture
- Travail et autres activités
- Incendies et suppression des incendies
- Changements climatiques : sécheresses
- Changements climatiques : tempêtes et inondations
- Tremblements de terre et tsunamis
Quels autres facteurs limitatifs sont pertinents? S.O.
Immigration de source externe (immigration de l’extérieur du Canada)
- Situation des populations de l’extérieur les plus susceptibles de fournir des individus immigrants au Canada. :
- L’espèce n’est pas cotée dans l’État de Washington, mais il existe une seule mention récente de celle-ci, dans le nord de l’État, à 58 km de l’aire de répartition canadienne, cette distance étant en grande partie occupée par l’océan.
- Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? :
- Non
- Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? :
- On ne sait pas. Probablement, mais ça n’a pas été vérifié.
- Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? :
- Non. De l’habitat est disponible, mais en quantité insuffisante pour qu’il y ait une probabilité élevée que des individus immigrants s’y retrouvent.
- Les conditions se détériorent-elles au Canada?+:
- Oui. Les espèces envahissantes continuent d’empiéter sur l’habitat potentiel.
- Les conditions de la population source se détériorent-elles?+:
- Peut-être. Le psilocarphe élevé n’a pas été signalé dans le nord de l’État de Washington depuis 1968.
- La population canadienne est-elle considérée comme un puits?+:
- Non
- La possibilité d’une immigration depuis des populations externes existe-t-elle? :
- Non
+ Voir le tableau 3 (Lignes directrices pour la modification de l’évaluation de la situation d’après une immigration de source externe)
Nature délicate de l’information sur l’espèce
L’information concernant l’espèce est elle de nature délicate? Non
Historique du statut
COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2001. Réexamen et confirmation du statut en avril 2018. (Des sous-populations dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique (population du Pacifique) et en Alberta/Saskatchewan (population des Prairies) étaient initialement reconnues. Il a plus tard été déterminé que la population des Prairies appartenait en fait au psilocarphe nain, et le psilocarphe élevé est demeuré désigné en tant qu’espèce en voie de disparition.)
Statut et justification de la désignation :
Statut recommandé : En voie de disparition
Code alphanumérique : B1abc(iii,v)+2abc(iii,v)
Justification de la désignation : Cette petite plante annuelle se trouve seulement dans quelques petits habitats spécialisés du sud-est de l’île de Vancouver. La destruction et la modification de l’habitat dans un site ont entraîné un déclin important de la population canadienne. La compétition par des espèces envahissantes et la gestion du bassin versant sont les principales menaces continues; au nombre des autres menaces, on compte les activités récréatives, la perturbation de l’habitat par la Bernache du Canada résidente non indigène ainsi que la fenaison/fauche.
Applicabilité des critères :
Critère A (déclin du nombre total d’individus matures) : Pourrait correspondre au critère A2ac de la catégorie « en voie de disparition », car une réduction du nombre d’individus matures a été observée au cours des 10 dernières années, à cause de l’altération de l’habitat au plus grand site. Toutefois, il est difficile de calculer le déclin à cause des fluctuations du nombre d’individus matures.
Critère B (aire de répartition peu étendue et déclin ou fluctuation) : Correspond aux critères B1abc(iii,v) et B2abc(iii,v) de la catégorie « en voie de disparition », car la superficie de la zone d’occurrence et l’IZO sont inférieurs aux seuils, il y a seulement quatre localités, il y a des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures et il y a des déclins observé et prévu de la qualité de l’habitat (iii) et du nombre d’individus matures (v). La population n’est pas gravement fragmentée.
Critère C (nombre d’individus matures peu élevé et en déclin) : Ne s’applique pas, car le nombre total d’individus matures dépasse le seuil établi.
Critère D (très petite population totale ou répartition restreinte) : Le critère D1 n’est pas applicable, car le nombre total d’individus matures est supérieur au seuil établi. Pourrait correspondre au critère D2 de la catégorie « espèce menacée », car l’IZO et le nombre de localités sont inférieurs aux seuils; il est toutefois peu probable que les menaces ou un phénomène stochastique entraînent la disparition ou la quasi-disparition de l’espèce d’ici 1 à 2 générations.
Critère E (analyse quantitative) : On ne dispose pas des données nécessaires à la réalisation d’une analyse.
Préface
En mai 2001, le COSEPAC a reconnu deux unités désignables pour le psilocarphe élevé et a désigné la population du Pacifique « en voie de disparition » d’après un rapport de situation publié la même année (COSEWIC, 2001). En 2006, il a été établi que l’autre unité désignable (population des Prairies) appartenait en fait au psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus), et le psilocarphe élevé (Psilocarphus elatior) a été désigné « espèce en voie de disparition ».
Depuis, une nouvelle sous-population de psilocarphe élevé a été découverte à l’île Mary Tod, au large du district d’Oak Bay. Des fluctuations considérables ont été observées dans les sous-populations du parc Uplands et de la colline Christmas; l’abondance de ces sous-populations n’est manifestement pas en hausse, mais on ignore si elle est stable ou en déclin. La sous-population de Somenos a connu un déclin de son étendue et de son abondance à cause du dépôt de déblais de dragage sur une portion de la sous-population et de l’empiètement des saules et de l’alpiste roseau (Phalaris arundinacea) sur les prés dégagés bordant les cours d’eau à la suite l’enlèvement de barrages de castor.
Les buts et objectifs de rétablissement pour le psilocarphe élevé ont été établis dans un programme de rétablissement multi espèces visant les plantes en péril des mares printanières et autres milieux humides saisonniers associés aux chênaies de Garry au Canada (Parks Canada Agency, 2006). Toutefois, aucune mesure n’a été mise en œuvre dans le cas de la majorité des objectifs sur 10 ans établis en 2006, et aucun programme de surveillance rigoureux n’a été déployé pour faire le suivi des tendances de la population canadienne ou pour évaluer l’efficacité des quelques mesures de rétablissement mises en œuvre.
Historique du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.
Mandat du COSEPAC
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.
Composition du COSEPAC
Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.
Définitions (2018)
- Espèce sauvage
- Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
- Disparue (D)
- Espèce sauvage qui n’existe plus.
- Disparue du pays (DP)
- Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.
- En voie de disparition (VD)
(Remarque : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.) - Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.
- Menacée (M)
- Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.
- Préoccupante (P)
(Remarque : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.) - Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.
- Non en péril (NEP)
(Remarque : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.) - Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.
- Données insuffisantes (DI)
(Remarque :Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».) - Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.
Remarque : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.
Le Service canadien de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.
Description et importance de l’espèce sauvage
Nom et classification
Nom scientifique : Psilocarphus elatior (A. Gray) A. Gray
Synonymes : Psilocarphus oregonus Nuttall var. elatior A. Gray
Nom français : Psilocarphe élevé
Noms anglais : Tall Woolly-heads, Meadow Woollyheads, Tall Woolly-marbles
Famille : Astéracées
Description morphologique
Le psilocarphe élevé (figures 1-3) est une plante herbacée annuelle dressée à étalée munie d’une courte racine pivotante et de tiges non ramifiées à densément ramifiées qui dépassent rarement les 10 cm de hauteur. La plante est verte à vert argenté à l’état jeune et gris argenté à maturité. Elle est généralement densément recouverte de poils laineux soyeux. Les feuilles sont longues de 10 à 20 mm et larges de 2 à 6 mm, et les feuilles supérieures forment une rosette autour des capitules. Les petits capitules globuleux (6 à 8 mm de diamètre) sont sous-tendus par un réceptacle en forme de dôme. Les fleurs, dépourvues de pétales visibles, forment un capitule serré qui ressemble ainsi à une seule fleur. Chaque fleur femelle est enveloppée d’une bractée (paléole) partant du réceptacle. Contrairement à la plupart des autres Astéracées, les espèces du genre Psilocarphus présentent une paléole en forme de sac entourant chaque fleur. Chaque fleur femelle peut produire un fruit sec (cypsèle) cylindrique contenant une seule graine. Chez de nombreuses espèces de la famille des Astéracées, les graines sont munies d’une aigrette, structure spécialisée qui favorise parfois la dispersion par le vent (p. ex. chez le pissenlit), mais le fruit du psilocarphe élevé est dépourvu d’une telle structure. Des descriptions détaillées de l’espèce sont présentées dans le Jepson Flora Project (2013) et dans Morefield (2006).
L’aire de répartition du psilocarphe élevé chevauche celle du psilocarphe grêle (Psilocarphus tenellus), qui lui ressemble fortement. Les caractères ci-dessous permettent de distinguer les deux espèces.
- À maturité, les capitules sont de plus grand diamètre chez le psilocarphe élevé (6 à 14 mm) que chez le psilocarphe grêle (3 à 6 mm).
- Les paléoles du psilocarphe élevé sont cachées par de longs poils laineux soyeux et peuvent atteindre 2,8 à 4,0 mm, alors que celles du psilocarphe grêle sont généralement visibles parmi les poils et ont une longueur de 2,7 mm ou moins.
- Le psilocarphe élevé a généralement un port dressé, alors que le psilocarphe grêle donne plutôt une plante à tiges entremêlées.
- Les feuilles du psilocarphe élevé ne sont jamais spatulées, alors que celles du psilocarphe grêle le sont souvent.
Les observateurs néophytes peuvent confondre le psilocarphe élevé avec les individus compacts du gnaphale des vases (Gnaphalium uliginosum), qui pousse dans des milieux semblables; toutefois, les fleurs du gnaphale des vases sont bien visibles, tandis que celles du psilocarphe élevé sont cachées par la paléole qui les entoure.
Structure spatiale et variabilité des populations
Il n’existe aucune étude sur la variation génétique entre les sous-populations canadiennes ou entre les sous-populations du Canada et celles des États-Unis.
Huit sous-populations existantes, disparues et historiques sont connues au Canada (tableau 1), dont quatre existantes (parc Uplands, île Mary Tod, colline Christmas et Somenos). Celles-ci sont toutes situées dans l’extrême-sud de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique.
| Sous-population | Année | Observateur | Individus matures | Régime foncier |
|---|---|---|---|---|
| Sidney | 1912 | Davidson | Inconnu | Inconnu |
| Sidney | 1913 | Macoun | Inconnu | Sans objet |
| Ucluelet | 1909 | Macoun | Inconnu | Inconnu |
| Cedar Hill | 1887 | Macoun | Inconnu | Inconnu |
| Parc Uplands | 1966 | RBCM | Inconnu | Parc municipal |
| Parc Uplands | 1976 | RBCM | Inconnu | Sans objet |
| Parc Uplands | 1990 | Brayshaw | Inconnu | Sans objet |
| Parc Uplands | 1993 | Ryan | 40 000-45 000 | Sans objet |
| Parc Uplands | 1994 | Douglas | 30 000-40 000 | Sans objet |
| Parc Uplands | 2003 | Penny et Fairbarns | > 10 000 | Sans objet |
| Parc Uplands | 2009 | Costanzo | > 26 000 | Sans objet |
| Parc Uplands | 2015 | Fairbarns | 50 000-60 000 | Sans objet |
| Colline Christmas | 1987 | Ceska | 400? | Parc municipal |
| Colline Christmas | 2001 | Douglas | 45 | Sans objet |
| Colline Christmas | 2004 | Miller | > 400 | Sans objet |
| Colline Christmas | 2009 | Costanzo | 2 581 | Sans objet |
| Colline Christmas | 2015 | Fairbarns | 136 | Sans objet |
| Somenos | 1992 | Ceska | Aucun | BC Parks |
| Somenos | 1993 | Douglas | 700 | Sans objet |
| Somenos | 1994 | Douglas | 11 000 | Sans objet |
| Somenos | 1999 | Douglas et Lomer | 200 000 | Sans objet |
| Somenos | 2003 | Roemer | 10 000-50 000 | Sans objet |
| Somenos | 2004 | Roemer | 2 350 000 | Sans objet |
| Somenos | 2005 | Roemer | 8 384 000 | Sans objet |
| Somenos | 2006 | Roemer | 86 500 | Sans objet |
| Somenos | 2007 | Fleming | 41 061 | Sans objet |
| Somenos | 2008 | Fleming | 75 200 | Sans objet |
| Somenos | 2009 | Fleming | 32 700 | Sans objet |
| Somenos | 2010 | Fairbarns | 21 175-30 450 | Sans objet |
| Somenos | 2015 | Fairbarns | 2 800-3 200 | Sans objet |
| Université de Victoria | 1966 | Turner | Inconnu | Université de Victoria |
| Université de Victoria | 1976 | Ceska | Inconnu | Sans objet |
| Université de Victoria | 2015 | Fairbarns | 0 | Sans objet |
| Île Mary Tod | 2013 | Fairbarns | Inconnu | Parc municipal |
| Île Mary Tod | 2015 | Fairbarns | 37 | Sans objet |
La population canadienne de psilocarphe élevé n’est pas gravement fragmentée, car la majeure partie de sa zone d’occupation se trouve dans des parcelles d’habitat qui renferment une population viable. Il est difficile de déterminer la superficie globale des parcelles occupées par le psilocarphe élevé au parc Uplands, vu la nature arbitraire de la délimitation des petites colonies rapprochées. Toutefois, les plus grandes colonies occupent plus de 1 000 m2, ce qui est supérieur à la superficie globale des colonies des trois autres souspopulations canadiennes (Somenos = 820 m2; colline Christmas = 55 m2; Mary Tod = moins de 5 m2). La souspopulation de psilocarphe élevé du parc Uplands compte plus de 40 000 individus matures et est donc susceptible de demeurer viable à long terme, à moins que de nouveaux facteurs de stress et de nouvelles perturbations apparaissent. Selon Douglas et Illingworth (2004), la plupart des souspopulations sont petites et non viables, mais plusieurs des souspopulations mentionnées dans leur rapport n’étaient pas des souspopulations de psilocarphe élevé (voir la section Aire de répartition canadienne).
Unités désignables
Rien n’indique qu’il existe des distinctions génétiques entre les souspopulations canadiennes. Si on fait abstraction de l’occurrence apparemment adventice signalée à proximité d’Ucluelet, en Colombie-Britannique (voir le passage concernant le spécimen récolté à Ucluelet dans la section Aire de répartition canadienne), la répartition géographique de l’espèce ne présente pas de disjonctions naturelles au Canada, et les sous-populations canadiennes se trouvent toutes dans l’aire écologique nationale du Pacifique. On considère donc que les souspopulations canadiennes de l’espèce ne forment qu’une seule unité désignable.
Importance de l’espèce
Le psilocarphe élevé fait partie d’un groupe de plus de 50 espèces qui sont rares à l’échelle nationale et limitées (au Canada) aux chênaies de Garry (Quercus garryana) et aux écosystèmes connexes, dans le sud de l’île de Vancouver et les îles Gulf adjacentes.
Répartition
Aire de répartition mondiale
L’aire de répartition principale du psilocarphe élevé (figure 4) s’étend depuis le sud de l’île de Vancouver jusque dans le nord de la Californie, l’ouest du Montana et le centresud de l’Idaho (B.C. Conservation Data Centre, 2015; Consortium of California Herbaria, 2015; Consortium of Pacific Northwest Herbaria, 2015; Montana Natural Heritage Program, 2015). Deux souspopulations, considérées comme introduites, ont récemment été trouvées en Alaska, l’une dans l’enclave de l’AlaskaNote de bas de page 1 (Krieckhaus, comm. pers., 2012) et l’autre dans la péninsule KenaiNote de bas de page 2 (Bowser, 2017). L’espèce n’a jamais été récoltée en milieu naturel en Alaska.
Aire de répartition canadienne
Au Canada, le psilocarphe élevé pousse dans la zone biogéoclimatique côtière à Douglas, le long de la côte est de l’île de Vancouver (figure 5, tableau 1), depuis le secteur de Victoria jusqu’à Duncan (BC Conservation Data Centre, 2015). Moins de 1 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada. On compte quatre sites existants (tableau 1) : parc Uplands (baie Oak), île Mary Tod (au large de la baie Oak), colline Christmas (Saanich) et Somenos (près de Duncan).
L’espèce aurait aussi été présente à Ucluelet (BC Conservation Data Centre, 2015), sur la côte ouest du sud de l’île de Vancouver, selon un spécimen (CAN 221916) que John Macoun (s.n.) a récolté en 1909, probablement durant son voyage d’herborisation à proximité de la baie Barkley (Macoun, 1979). Toutefois, le psilocarphe élevé n’a pas été signalé depuis à la baie Barkley, ni ailleurs dans la côte ouest de l’île de Vancouver, malgré les nombreuses et fréquentes herborisations effectuées dans ce secteur. Les conditions climatiques à Ucluelet sont très différentes de celles observées dans l’aire de répartition principale de l’espèce, notamment dans les autres localités canadiennes. Même si les données associées au spécimen étaient exactes, il est probable que le psilocarphe élevé était présent à l’état adventice à Ucluelet, comme cela semble être le cas en Alaska. De plus, il est possible que le spécimen ait été récolté ailleurs et ait été incorrectement étiqueté.
La souspopulation de l’Université Victoria a été observée pour la dernière fois en 1976. Le site où celle-ci se trouvait a été détruit lors de la construction du centre universitaire, qui a ouvert ses portes en 1978. Aucune des trois autres souspopulations historiques (Ucluelet, en supposant qu’il ne s’agit pas d’une erreur dans l’étiquette, Sidney et Cedar Hill) n’a été observée depuis 1913. Il semble probable que ces souspopulations sont disparues il y a plus de trois générations.
Il existe des mentions erronées de souspopulations de psilocarphe élevé associées à des spécimens incorrectement identifiés au parc Francis-King, dans l’île de Vancouver (Melburn s.n., 20 juin 1962; DAO 897140), à Cloverdale, dans l’île de Vancouver (Macoun, s.n., 23 juin 1887; DAO 897142), à la colline Scafe dans l’île de Vancouver (Roemer 96019, 5 juin 1996; V168582) et à la baie Swartz, dans l’île de Vancouver (Groh s.n., 28 mai 1931; DAO 897141).
Zone d’occurrence et zone d’occupation
La superficie maximale de la zone d’occurrence du psilocarphe élevé au Canada a été établie à environ 2 655 km2. Si on considère que la souspopulation d’Ucluelet est adventice ou correspond à une occurrence erronée et qu’on l’exclut, la superficie maximale de la zone d’occurrence est d’environ 273 km2. La superficie de la zone d’occurrence des occurrences existantes est d’environ 66 km2. Il n’y a eu aucun déclin de la zone d’occurrence au cours des 10 dernières années.
L’indice de zone d’occupation (IZO) des souspopulations existantes est établi à 16 km2 (les souspopulations du parc Uplands et de l’île Mary Tod se trouvent dans le même carré de 2 km de côté). Il n’y a eu aucun déclin de l’IZO au cours des 10 dernières années.
L’étendue des mares printanières convenant au psilocarphe élevé dans son aire de répartition canadienne n’a pas été mesurée, mais elle n’a probablement jamais dépassé 100 hectares.
Activités de recherche
De nombreux botanistes ont cherché le psilocarphe élevé parmi la flore rare des mares printanières de la région côtière du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf adjacentes. On trouve des mentions d’espèces rares des mares printanières dans cette région datant de la fin du 19e siècle, mais les activités de recherche se sont fortement intensifiées à partir des années 1970, lorsque A. Ceska et O. Ceska ont commencé à arpenter les mares printanières de la région à la recherche d’une autre espèce rare, la limnanthe de Macoun (Limnanthes macounii). La création du COSEPAC en 1977 et les travaux de terrain réalisés pour la préparation du rapport de situation du COSEPAC sur la limnanthe de Macoun (Ceska et Ceska, 1988) ont accru l’intérêt envers les espèces des mares printanières dans la région du détroit de Georgia, particulièrement parmi les botanistes associés à l’herbier du Royal British Columbia Museum et à l’Université Victoria. Par conséquent, les nouvelles mentions d’espèces des mares printanières ont abondé dans la région de Victoria (Fairbarns, obs. pers.). En 1991, le gouvernement provincial a mis sur pied le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique et a embauché G. Douglas, botaniste ayant un grand intérêt pour les plantes rares de la région de Victoria, où la plupart des sites clés pouvaient facilement être visités et documentés. La création de l’équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry, en 2000, et d’un groupe de travail sur les plantes rares au sein de cette équipe, a donné un nouvel élan aux recherches ciblant les espèces rares des mares printanières dans le sud-est de l’île de Vancouver, et elle a coïncidé avec la publication du premier rapport de situation sur le psilocarphe élevé (Fairbarns, obs. pers.). Depuis 2002, des relevés systématiques ciblant les espèces rares des mares printanières ont été réalisés dans l’ensemble de l’aire de répartition canadienne du psilocarphe élevé, notamment par H. Roemer (qui étudiait les espèces rares depuis déjà trente ans), M. Ryan, M. Miller et M. Fairbarns. Il est impossible de quantifier précisément le temps que ces personnes ont consacré aux recherches dans les mares printanières dans les zones côtières du sud-est de l’île de Vancouver, mais il s’agit certainement de plusieurs milliers d’heures.
De 2003 à 2015, M. Fairbarns (obs. pers.) a effectué des relevés ciblant le psilocarphe élevé dans plusieurs centaines de mares printanières dans le sud-est de l’île de Vancouver, et il a également cherché l’espèce dans la région d’Ucluelet et dans les zones côtières des basses terres continentales. La répartition géographique de ses activités de recherche, qui ont totalisé environ 250 heures-personnes (sans compter le voyagement), est illustrée à la figure 6.
L’ensemble des activités de recherche ci-dessus a probablement permis l’examen de plus de 70 % des mares printanières dans l’aire de répartition du psilocarphe élevé dans le District régional de la capitale (région qui renferme la plupart des souspopulations existantes, disparues et historiques de psilocarphe élevé). Les activités de recherche ont été de moins grande envergure dans le secteur de la souspopulation de Somenos, près de Duncan. Les activités de recherche ont été relativement peu nombreuses dans la région d’Ucluelet, car aucun milieu correspondant à ceux occupés par le psilocarphe élevé ailleurs dans son aire de répartition n’y a été trouvé.
Habitat
Besoins en matière d’habitat
Au Canada, le psilocarphe élevé se rencontre uniquement dans une petite zone du sud-est de l’île de Vancouver, qui coïncide avec l’aire de répartition du chêne de Garry.
Le sud-est de l’île de Vancouver présente un climat de type méditerranéen, avec des hivers doux et pluvieux et des étés chauds et secs, et on y observe le plus grand nombre d’heures d’ensoleillement par année en Colombie-Britannique. La neige étant rare et les gelées étant peu fréquentes et de courte durée, la végétation demeure verte tout au long de l’hiver. La bande de milieux côtiers de faible altitude est étroite et cède rapidement la place à des terrains élevés où les conditions mésoclimatiques ne sont pas propices à la croissance de l’espèce. Les terrains accidentés qui occupent une bonne partie de la bande de basses terres forment de nombreuses pentes exposées au nord ou à l’est qui demeurent fraîches et avantagent les plantes forestières. Comme les sols bien drainés à modérément drainés favorisent la végétation forestière, les milieux pouvant convenir au psilocarphe élevé sont plutôt morcelés, selon les conditions naturelles du terrain. Ce manque naturel de continuité est aggravé par l’étendue des aménagements humains réalisés dans la région.
Les mares printanières où pousse le psilocarphe élevé sont saturées d’eau durant la majeure partie de l’automne, l’hiver et le début du printemps, mais le déficit hydrique y est prononcé du milieu à la fin de l’été. Ces contraintes rendent les mares printanières inhospitalières pour les plantes ligneuses, et de nombreuses plantes herbacées indigènes ne tolèrent pas les longues périodes de saturation durant la période de dormance ou la sécheresse en été (Fairbarns, obs. pers.). Certaines des mares printanières où le psilocarphe élevé pousse renferment parfois des masses d’algues filamenteuses durant l’hiver et le début du printemps, et celles-ci forment une mince croûte squameuse lorsque la mare s’assèche. Le psilocarphe élevé ne pousse pas où pousse en faible nombre là ou cette croûte recouvre le sol (Fairbarns, obs. pers.).
Le psilocarphe élevé est principalement associé aux dépressions peu profondes à humidité printanière et il y pousse aux côtés d’autres annuelles indigènes, principalement la plagiobothryde de Scouler (Plagiobothrys scouleri), le phlox grêle (Phlox gracilis), le trèfle à fleurs peu nombreuses (Trifolium oliganthum), le lotier à petites fleurs d'Amérique (Acmispon parviflorus), la montie des sources (Montia fontana) et le plantain à feuilles linéaires (Plantago elongata). Plusieurs annuelles indigènes rares ont été observées dans les mares printanières occupées par le psilocarphe élevé au Canada, notamment la petite-centaurée de Muhlenberg (Zeltnera muehlenbergii), l’hétérocodon rariflore (Heterocodon rariflorum), la callitriche marginée (Callitriche marginata), le jonc de Kellogg (Juncus kelloggii), le lotier des prairies (Acmispon americanus var. americanus), le trèfle appauvri (Trifolium depauperatum), la castilléjie de Victoria (Castilleja victoriae) et la limnanthe de Macoun.
Tendances en matière d’habitat
La superficie de milieux favorables a diminué considérablement au cours du dernier siècle, en raison de l’aménagement des secteurs côtiers du sud-est de l’île de Vancouver à des fins résidentielles et récréatives.
Il n’existe aucune estimation de la superficie passée ou actuelle des types d’habitat où pousse le psilocarphe élevé, de sorte qu’il est impossible d’estimer le taux de perte et de dégradation de l’habitat. Comme l’habitat du psilocarphe élevé se situe habituellement à l’intérieur d’une matrice d’écosystèmes du chêne de Garry, le déclin de ces écosystèmes fournit une mesure indirecte de la perte d’habitat. L’étendue et l’état des écosystèmes de la chênaie de Garry au Canada ont diminué de plus de 95 % depuis le milieu du 19e siècle (Lea 2006).
L’étendue des milieux occupés par le psilocarphe élevé à Somenos a considérablement diminué après qu’une portion du ruisseau Somenos adjacente à la souspopulation ait été draguée au cours de l’hiver 2008-2009 et que les déblais de dragage aient été déposés sur une portion de la souspopulation de psilocarphe élevé (Fairbarns, obs. pers.). Les vastes amas de déblais étaient d’une hauteur supérieure à la hauteur des inondations hivernales nécessaires à la souspopulation de psilocarphe élevé, ce qui a entraîné un déclin considérable de la superficie d’habitat disponible (Fairbarns, obs. pers.). De plus, l’enlèvement d’un barrage de castor au ruisseau Somenos et la perte subséquente des inondations ont entraîné la disparition de portions de la souspopulation de Somenos, car l’alpiste roseau (Phalaris arundinacea) s’est installé sur de vastes superficies et a ainsi supplanté et éliminé certaines parcelles de psilocarphe élevé en créant de l’ombre (Fairbarns, obs. pers.). La superficie de l’habitat non perturbé occupé par le psilocarphe élevé à Somenos représente moins de 50 % de celle occupée par l’espèce avant le dragage et l’élimination du barrage de castor. Le psilocarphe élevé est encore absent des piles de déblais de dragage (Fairbarns, obs. pers., 2016).
Une grande partie de l’habitat potentiel qui subsiste pour le psilocarphe élevé a été fortement altéré par les plantes exotiques envahissantes (voir la section Menaces), qui ont entraîné une diminution de la proportion de mares printanières convenant au psilocarphe élevé.
Biologie
Généralités
On dispose de très peu de renseignements publiés sur le cycle vital, la démographie ou la physiologie du psilocarphe élevé et des autres espèces appartenant au même genre. Une monographie sur le genre Psilocarphus (Cronquist, 1950) demeure l’une des meilleures sources de renseignements, mais certains aspects du cycle vital de l’espèce peuvent être inférés d’après des études portant sur d’autres espèces annuelles des mares printanières qui possèdent des caractéristiques phénologiques semblables.
Cycle vital et reproduction
Le psilocarphe élevé est une plante annuelle à courte durée de vie qui est incapable de se reproduire par clonage; selon des expériences en jardin et des observations réalisées dans des souspopulations indigènes, moins de 5 mois s’écoulent entre la germination et la mort à maturité de la plante (Fairbarns, obs. pers.). Les individus se reproduisent probablement principalement par auto-pollinisation.
La capacité de l’espèce de persister durant de longues périodes dans le réservoir de semences du sol n’a pas été étudiée. Le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus), très semblable au psilocarphe élevé sur le plan biologique, semble capable de survivre durant plusieurs années, voire même des décennies, entre les inondations qui stimulent la germination des graines (COSEWIC, 2006). La durée d’une génération du psilocarphe élevé pourrait être d’environ 12 mois (absence de persistance dans le réservoir de semences du sol), mais il est plausible que la longévité des graines dans le réservoir de semences pourrait être de dix ans ou plus. Au parc Uplands, où des études détaillées sont menées depuis longtemps, les années où des inondations se sont produites, un grand nombre d’individus de l’espèce a été observé dans des sites qui sont rarement inondés. De même, une germination massive des graines du psilocarphe nain a été observée dans des milieux humides rarement inondés malgré l’absence d’individus de cette espèce entre les inondations (COSEWIC, 2006). D’après ces renseignements, la durée d’une génération est estimée à 5 ans, ce qui correspond à la demi-vie estimative des graines dans le réservoir de semences du sol. Cette estimation comporte une incertitude considérable, mais la demi-vie des réservoirs de semences varie généralement entre < 1 et 10 ans selon l’UICN (IUCN, 2017: 28).
Les graines du psilocarphe élevé germent au printemps, après le retrait des eaux stagnantes (Fairbarns, obs. pers.). La croissance végétative, la floraison et la production des fruits semblent être régulées par la vitesse de dessèchement du sol. Les individus meurent lorsque le sol devient desséché, la plupart des années en mai ou en juin. Si les individus reçoivent un apport en eau, elles continuent de pousser et de fleurir jusqu’en juillet (Fairbarns, obs. pers.). Les pluies de la fin du printemps et du début de l’été, si elles permettent de prolonger la période de croissance, entraînent une hausse de la fécondité. La présence d’une teneur en eau élevée et constante au printemps et au début de l’été favorisent probablement une hausse du couvert de plantes herbacées vivaces, qui peuvent supplanter le psilocarphe élevé.
Physiologie et adaptabilité
Aucune étude sur la physiologie du psilocarphe élevé n’a été réalisée. Le psilocarphe élevé, comme les autres plantes herbacées annuelles, survit aux sécheresses estivales et au froid hivernal grâce à ses graines qui demeurent en dormance jusqu’au retour de conditions favorables à la croissance, à la fin du printemps (Fairbarns, obs. pers.).
Selon les informations disponibles, le psilocarphe élevé n’a jamais été cultivé jusqu’à maturité en milieu horticole, et aucune tentative de transplantation de matériel de multiplication en milieu naturel.
Dispersion
Les légères bractées duveteuses, qui persistent autour des akènes matures du psilocarphe élevé, peuvent flotter lorsqu’un site est inondé et permettant la dispersion des graines sur de courtes distances dans un étang ou une mare (Cronquist, 1950). De plus, les bractées peuvent parfois permettre la dispersion des graines par le vent sur des distances légèrement plus longues.
Les mammifères herbivores généralistes pourraient jouer un rôle dans la dispersion sur moyenne distance. Dans le cadre d’une étude menée en Californie, on a observé la germination de graines du psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus) présentes dans des excréments de lapins (Sylvilagus spp.) ou de lièvre de Californie (Lepus californicus) récoltés à proximité de mares printanières, y compris de mares artificielles. Les données donnent à penser que les lapins, malgré leur faible aptitude à la dispersion des graines, pourraient jouer un rôle important dans la colonisation et la réintroduction des psilocarphes dans des parcelles d’habitat (Zedler et Black, 1992). Le lapin à queue blanche (Sylvilagus floridanus) a été introduit dans l’aire de répartition canadienne du psilocarphe élevé et y est largement établi (B.C. Conservation Data Centre, 2015).
Des akènes pourraient être transportés sur de longues distances dans la boue collant aux pattes des oiseaux de rivage et de la sauvagine (Cronquist, 1950). Plusieurs des espèces de sauvagine, d’oiseaux de rivage et de passereau qui fréquentent les mares printanières et les dépressions humides (Silveira, 1998) pourraient constituer des vecteurs. Dans le parc Uplands, le psilocarphe élevé se rencontre souvent en bordure de sentiers pédestres fortement utilisés, à jusqu’à 200 m de la mare printanière la plus proche (Fairbarns, obs. pers.), ce qui donne à penser que les fruits pourraient être transportés sur les bottes et les vêtements des randonneurs.
Relations interspécifiques
Aucun signe d’individus de l’espèce par des herbivores n’a été observé (Fairbarns, obs. pers.). Les relations interspécifiques du psilocarphe élevé n’ont pas été étudiées, mais les dommages associés à la hausse des populations de Bernache du Canada (Branta canadensis) sont présentés ci-dessous (voir la section Menaces).
Taille et tendances de la population
Activités et méthodes d’échantillonnage
Les plantes annuelles sont théoriquement capables de se reproduire au cours de l’année où elles sont observées, mais de nombreux individus peuvent être tués prématurément par la sécheresse ou d’autres facteurs, et ces individus n’ont pas été pris en compte pour les dénombrements des individus matures. Aux fins du présent rapport, un individu ayant produit des fleurs ou des fruits est considéré comme un individu mature.
Les données de 2015 concernant la situation des souspopulations de psilocarphe élevé existantes ont été recueillies dans le cadre de relevés exhaustifs de toutes les souspopulations connues. Toutes les mares printanières situées dans un rayon de 100 m des souspopulations connues ont été visitées, pour déterminer si l’étendue de la souspopulation avait pu être sous-estimée dans les rapports précédents. La méthode de dénombrement des individus dans les souspopulations variait en fonction de la taille de celle-ci. Dans le cas des populations comptant 500 individus matures ou moins, les individus florifères ou fructifères ont été comptés, et la périphérie de la souspopulation a été cartographiée au moyen d’un appareil GPS portatif ayant une précision générale de 10 m ou moins.
Dans le cas des souspopulations plus grandes, chaque colonie a été cartographiée au moyen d’un appareil GPS portatif ayant une précision de 10 m ou moins, sans égard un nombre d’individus matures qu’elle contenait. Dans les colonies comptant moins de 20 individus matures, chaque individu florifère ou fructifère a été dénombré. Dans les colonies comptant plus de 20 individus matures, le nombre d’individus matures a été estimé en fonction d’unités de référence à l’intérieur desquelles les individus florifères et fructifères avaient été comptés un à un, l’unité de référence variant selon la taille et la densité de la colonie.
Abondance
En 2015, la population canadienne de psilocarphe élevé comprenait 50 000 à 65 000 individus matures au Canada (tableau 1). Le nombre total d’individus n’a pas été évalué, mais environ 60-70 % des individus observés étaient matures. Les individus immatures étaient déjà sénescents et ne seraient pas parvenus à maturité plus tard dans la saison, la sécheresse estivale s’accentuant (Fairbarns, obs. pers.).
Fluctuations et tendances
Les données de relevés indiquent que le nombre d’individus matures ne subit pas de fluctuations de plus d’un ordre de grandeur au parc Uplands; toutefois, selon des observations fortuites, de nombreuses colonies n’ont produit aucune fleur au cours des saisons de croissance sèches de 2011 et de 2013, et certaines des grandes colonies comptaient beaucoup moins d’individus qu’à la normale. Selon l’impression générale, la population a connu au cours de ces années un déclin de jusqu’à 90 % par rapport aux années d’abondance maximale (Fairbarns, obs. pers.). Les données disparates concernant les effectifs de la souspopulation du parc Uplands pourraient masquer les fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures.
Les fluctuations annuelles des individus matures de la souspopulation de la colline Christmas étaient de plus d’un ordre de grandeur (tableau 1), alors qu’elles étaient de quatre ordres de grandeur dans la souspopulation de Somenos, même avant la diminution de l’étendue de l’habitat associée au dépôt de déblais de dragage et aux modifications connexes de la végétation (voir ci-dessous). Les données sont insuffisantes pour déterminer l’ampleur des fluctuations du nombre d’individus matures dans la souspopulation de l’île Mary.
La souspopulation de Somenos a déjà compté des millions d’individus matures certaines années, mais elle n’a plus dépassé les 100 000 individus depuis les importantes altérations de l’habitat survenues en 2006. Seulement environ 3 000 individus ont été observés en 2015, malgré la présence de conditions favorables à l’espèce.
Les fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures pourraient représenter un facteur limitatif considérable si les graines ne persistent pas dans le sol durant de nombreuses années. Toutefois, si les graines ont une longue durée de vie dans le sol, ces fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures pourraient ne pas représenter des fluctuations extrêmes de la population totale.
Immigration de source externe
Il n’existe aucune mention du psilocarphe élevé dans la presqu’île Oly ou les îles San Juan, dans l’État de Washington, à l’exception d’un spécimen récolté en 1968 au lac Terrell (Sundquist, 1710, WWB 11 449, 27 juin 1968), à 58 km de l’aire de répartition canadienne, de l’autre côté du détroit de Georgia. Le psilocarphe élevé est absent de la grande majorité des mares printanières situées à l’intérieur de son aire de répartition canadienne (voir la figure 6), ce qui donne à penser que la dispersion sur de longues distances est rare. Il y aurait donc peu de possibilités d’immigration de source externe si la population canadienne venait à disparaître.
Menaces et facteurs limitatifs
Menaces
Les menaces directes pesant sur le psilocarphe élevé qui sont abordées dans le présent rapport ont été structurées et évaluées en fonction du système unifié de classification des menaces proposé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Partenariat pour les mesures de conservation (Conservation Measures Partnership, ou CMP) (IUCN-CMP) (Master et al., 2012). Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont une incidence directe et négative sur la population. Les résultats de l’évaluation de l’impact, de la portée, de la gravité et de l’immédiateté de ces menaces sont présentés sous forme de tableau à l’annexe 1. L’impact global des menaces calculé et attribué est moyen.
Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes (UICN 8.1)
De nombreuses espèces exotiques envahissantes sont présentes dans les colonies de psilocarphe élevé.
Dans les mares printanières bien définies, le complexe d’espèces envahissantes est généralement dominé par des annuelles, notamment la tillée mousse (Crassula tillaea), le gnaphale des vases (Gnaphalium uliginosum), la spergulaire rouge (Spergularia rubra), le petit trèfle jaune (Trifolium dubium), la drave printanière (Draba verna), le brome mou (Bromus hordeaceus), la canche précoce (Aira praecox), la canche caryophyllée (A. caryophyllea) et la vulpie faux-brome (Vulpia bromoides). Une autre espèce annuelle exotique, la soliva sessile (Soliva sessilis), fait une entrée agressive dans les milieux humides au printemps, particulièrement au parc Uplands. Le désherbage, qui nécessite beaucoup de main-d’œuvre, permet de ralentir la propagation de la soliva sessile au parc Uplands, et cette espèce n’a pas encore été observée dans les mares printanières où pousse le psilocarphe élevé, mais elle pourrait devenir une des principales espèces concurrentes du psilocarphe élevé au cours des prochaines années. Quelques espèces vivaces envahissantes, dont la porcelle enracinée (Hypochaeris radicata), le plantain lancéolé (Plantago lanceolata), la petite oseille (Rumex acetosella) et la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), peuvent parfois être présentes dans les mares printanières de la région et parfois même y être abondantes (Fairbarns, obs. pers.).
Dans les zones humides bordant des sentiers fortement utilisés, le psilocarphe élevé est généralement supplanté par le gnaphale des vases. Le psilocarphe élevé peut prospérer dans des sites semblables où le piétinement est modéré, mais lorsque le piétinement est suspendu, des graminées envahissantes, comme l’ivraie vivace (Lolium perenne), l’agrostide stolonifère (Agrostis stolonifera), le dactyle pelotonné (Dactylis glomerata) et l’houlque laineuse (Holcus lanatus), prennent rapidement le dessus dans ces sites et entraînent la disparition rapide du psilocarphe élevé (Fairbarns, obs. pers.).
Gestion et utilisation de l’eau et exploitation de barrages (UICN 7.2)
La souspopulation de Somenos se trouve dans la plaine inondable du ruisseau Somenos, à environ 150 m en aval du lac Somenos. Le lac Somenos et la portion supérieure du ruisseau Somenos sont entourés de vastes milieux humides. Une grande partie des milieux humides a été endiguée ou a fait l’objet d’aménagements de fossés au début du 20e siècle, pour la création de prairies de fauche d’alpiste roseau. Ces prairies, qui produisent une quantité optimale de fourrage de grande qualité, sont fauchées à la fin juin et au début septembre. Dans les dernières années, elles ont été fauchées principalement en vue du maintien d’un habitat hivernal (prairies inondées) pour la sauvagine en général et plus particulièrement pour le Cygne trompette (Cygnus buccinator) et le Grand Héron (Ardea herodias); la valeur commerciale du foin compense les coûts associés au fauchage, mais les coûts ne sont pas une préoccupation de premier plan. Le ruisseau Somenos, exutoire principal du lac Somenos, a été modifié pour en accroître le débit au cours de la deuxième moitié du 20e siècle. La dernière intervention importante a été effectuée en 1982; le ruisseau Somenos a alors été dragué et redressé. Depuis, le niveau d’eau du ruisseau Somenos au cours de la période critique de la fin juin est d’en moyenne 20 cm supérieur au niveau jugé idéal pour le fauchage, au début juillet. Ce phénomène a constitué un des principaux facteurs ayant mené à l’élaboration du plan de gestion de la région de Somenos (Williams et Radcliffe, 2001), en 2001. Un des principaux objectifs du plan est que le lac ait un niveau géodésique de 4,6 m au 15 juin chaque année, pour permettre une première fauche au début juillet. En vue de cet objectif, le plan recommande l’élimination des barrages de castor et de l’alpiste roseau au ruisseau Somenos, pour accroître le débit à la fin du printemps (Williams et Radcliffe, 2001).
Le ruisseau Somenos a été dragué à l’hiver 2008-2009, et les déblais de dragage ont été déposés sur une portion de la population de psilocarphe élevé (Fairbarns, obs. pers.). Le psilocarphe élevé n’a pas recolonisé les déblais, qui sont jusqu’à 1 m plus haut que le niveau initial su sol et sont devenus dominés par des espèces envahissantes, comme le gnaphale des vases. Des barrages de castor ont été retirés du ruisseau Somenos en juillet 2010 (Fairbarns, obs. pers.). En 2011, dans une grande partie la superficie qui était inondée au cours des années précédentes, les prés dégagés comprenant des colonies de psilocarphe élevé avaient été remplacés par des fourrés de saules et de denses peuplements d’alpiste roseau (Fairbarns, obs. pers.).
Dans le parc Uplands, de vastes zones de prés humides ont été drainées au début du 20e siècle et sont maintenant occupées par des fourrés et des boisés. Dans ces prés dégagés, il est possible que de petites parcelles présentant des sols minéraux minces aient déjà hébergé des colonies de psilocarphe élevé, car l’espèce y pousse encore dans des parcelles boueuses dégagées qui bordent des sentiers dans les zones où des fossés ont été creusés (Fairbarns, obs. pers.).
Activités récréatives (UICN 6.1)
La région du Grand Victoria comprend trois des quatre souspopulations de psilocarphe élevé existantes ainsi que la majorité des souspopulations apparemment disparues. La population humaine de cette région métropolitaine est passée d’environ 180 000 habitants en 1966 à 359 454 habitants en 2014, et on s’attend à ce qu’elle atteigne 428 600 personnes en 2026 (CRD, 2014). L’utilisation récréative des sites qui abritent l’espèce augmente avec la croissance de la population humaine.
La souspopulation de la colline Christmas est protégée contre le piétinement par une clôture, et celles de l’île Mary Tod et de Somenos sont soumises à un piétinement léger, car l’île Mary Tod est accessible uniquement en bateau, et le site site de Somenos est protégé des randonneurs par un fourré broussailleux (Fairbarns, obs. pers.).
La circulation de visiteurs est modérée à élevée dans certaines portions de la souspopulation du parc Uplands. Les répercussions sont les plus élevées là où le psilocarphe élevé pousse dans des zones humides une partie de l’année qui bordent d’importants sentiers de randonnée (environ 10 % de la souspopulation totale). La plus grande souspopulation, qui se trouve dans le pré central du parc Uplands, est soumise à une circulation légère à forte et de randonneurs et de chiens, selon l’année (Fairbarns, obs. pers.).
Espèces indigènes problématiques (UICN 8.2)
La population non indigène résidente de Bernache du Canada, qui connaît une croissance rapide, est récemment devenue une menace pour les zones riveraines et constitue une menace considérable pour les souspopulations riveraines de psilocarphe élevé du parc Uplands et de l’île Mary Tod; dans les zones fortement utilisées par les Bernaches du Canada, une augmentation de la proportion de sol minéral nu, une diminution du nombre d’espèces végétales indigènes et une hausse du nombre d’espèces végétales exotiques (p. ex. remplacement du psilocarphe élevé par le gnaphale des vases) ont été observées. Jusqu’à environ 2005, la Bernache du Canada était migratrice et était parfois observée dans la région en été. La Bernache du Canada a été signalée dans le cadre du Recensement des oiseaux de Noël pour la première fois en1958. Depuis, des oisons et des reproducteurs ont été introduits dans la région côtière de la Colombie-Britannique. Ces oiseaux introduits n’ont pas imité les individus migrateurs et sont devenus des résidants permanents. Le nombre de Bernaches du Canada a augmenté rapidement, et on prévoit que le nombre d’individus augmentera de manière exponentielle et continue à moins qu’un nouveau régime de gestion soit adopté. D’après des modélisations, la seule façon de réduire le nombre de Bernaches du Canada dans le District régional de la capitale est de mettre en œuvre un programme de stérilisation des œufs combiné à un abattage annuel d’au moins 100 oiseaux. De plus, il est probable que la croissance exponentielle de la population recommence si le programme combinant la stérilisation des œufs et l’abattage est interrompu (EBB Environmental Consulting Ltd., 2012).
Les Bernaches du Canada non indigènes résidentes avaient rarement été observées l’île Mary Tod avant environ 2008 (Fairbarns, obs. pers.). Toutefois, depuis, des Bernaches du Canada résidentes ont commencé à se nourrir, à se reposer et à construire leurs nids sur l’île, et le couvert végétal indigène dans les zones privilégiées par cellesci devient progressivement dominé par des espèces exotiques basses. Le nombre de sites ainsi perturbés et la superficie de ces sites sont en hausse constante depuis que la Bernache utilise l’île, ce qui représente une menace considérable pour la petite souspopulation de psilocarphe élevé (toutefois, le nid le plus proche se trouvait à environ 10 m de celle-ci en 2015, et aucun les individus de l’espèce et leur habitat n’ont apparemment subi aucun dommage jusqu’à maintenant; Fairbarns, obs. pers.).
Agriculture (IUCN 2.3)
À Somenos, les colonies de psilocarphe élevé les plus septentrionales se trouvent dans une zone inondée une partie de l’année ainsi qu’en bordure d’un champ de foin. En fin de saison, le fauchage semble être effectué jusque dans ces colonies, qui n’ont pas été observées dans les dernières années.
Travail et autres activités (UICN 6.3)
Au parc Uplands, certaines colonies de psilocarphe élevé sont fauchées par le personnel de la municipalité, qui aménage des coupe-feu dans l’ensemble du parc. Le fauchage en lui-même représente probablement une menace faible ou ne représente pas une menace pour le psilocarphe élevé, mais le chaume laissé en place étouffe le psilocarphe élevé et favorise la dispersion de graines de mauvaises herbes le long des corridors de fauche. Au cours des cinq dernières années, au parc Uplands, certaines colonies de psilocarphe élevé ont été recouvertes de copeaux de bois, ce matériau ayant été utilisé pour surélever la surface du sentier où il y a des eaux stagnantes une partie de l’année (Fairbarns, obs. pers.).
Incendies et suppression des incendies (UICN 7.1)
Durant l’époque précolombienne, les régimes d’incendie de la bande côtière aride du sud-est de l’île de Vancouver étaient probablement plus complexes qu’on ne le croit généralement. Il ne fait aucun doute que les Premières Nations de la région brûlaient de vastes secteurs pour y stimuler la croissance de plantes comestibles, en particulier les camassies (Camassia spp.), dont les bulbes permettaient de constituer des réserves d’amidon. Le feu était peut-être également employé pour améliorer la végétation servant de nourriture au gibier (wapiti de Roosevelt [Cervus elaphus roosevelti] et cerf à queue noire [Odocoileus hemionus columbianus]) (Turner et Bell, 1971).
Ces fréquents brûlages de faible intensité tuent les jeunes pousses d’aulne rouge (Alnus rubra) et de douglas (Pseudotsuga menziesii) et freinent la croissance du peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) et de la plupart des espèces arbustives, notamment la symphorine blanche (Symphoricarpos albus) et le rosier de Nootka (Rosa nutkana). Le résultat, une exposition accrue au soleil et une baisse de la compétition, favorise la croissance des plantes herbacées. Ces pratiques modifiaient même la composition de la strate herbacée, puisque la fréquence de plusieurs espèces hautement compétitives est réduite par une succession rapide d’incendies. À cause de la suppression des incendies, les prés dégagés ont été remplacés par des arbustaies denses dominées par la symphorine blanche dans certaines chênaies de Garry (Agee, 1996; Chappell et Crawford, 1997; Storm et Shebitz, 2006; Hamman et al., 2011).
Dans le parc Uplands, de nombreuses zones qui étaient auparavant occupées par des prés dégagés exempts de communautés arbustives denses, comme le montrent de vieilles photographies, présentent maintenant une couverture dense d’arbustes dominés par la symphorine blanche (Fairbarns, obs. pers.). Dans ces anciennes prairies, les dépressions humides, qui ont peut-être déjà été des mares printanières convenant au psilocarphe élevé, sont maintenant fortement ombragées et recouvertes d’une couche de litière (Fairbarns, obs. pers.). Il a été envisagé de réintroduire les incendies dans les chênaies de Garry au parc Uplands (Dick, comm. pers., 2015), mais il est peu probable que cette idée soit mise en œuvre, à moins qu’on trouve des techniques permettant de réduire les risques et les désagréments pour les propriétaires des terrains adjacents (Cockle, comm. pers., 2015). En outre, au parc Uplands, les incendies imprévus ont souvent entraîné l’établissement de peuplements denses d’espèces envahissantes dans les sites en terrain élevé (Fairbarns, obs. pers.), résultat collatéral qui réduit l’attrait des brûlages dirigés comme outil de conservation, peu importe leurs avantages potentiels pour les mares printanières où le psilocarphe élevé pourrait prospérer.
Changements climatiques : sécheresses (UICN 11.2)
Les changements climatiques, plus particulièrement les modifications des précipitations et de l’évaporation, pourraient avoir des effets dévastateurs sur les mares printanières. Les mares printanières petites et peu profondes, comme celles où pousse actuellement le psilocarphe élevé, sont particulièrement susceptibles de subir des modifications de la fréquence, de la durée et de la répartition saisonnière des inondations (Pyke, 2005). La perte de certains milieux de mares printanières pourrait être compensée par l’amélioration de milieux actuellement marginaux, mais ces derniers sont peu susceptibles d’accueillir des sous-populations de psilocarphe élevé sans intervention humaine délibérée, à moins que des sous-populations existent déjà à proximité, parce que l’espèce semble avoir une faible capacité de dispersion.
Changements climatiques : tempêtes et inondations (UICN 11.4)
D’ici 2100, l’élévation du niveau eustatique de la mer induite par les changements climatiques pourrait entraîner une hausse de 90 à 100 cm du niveau relatif de la mer près de Victoria. À ce phénomène s’ajoute un cycle annuel d’élévation de 30 à 50 cm associé aux fluctuations saisonnières de la pression atmosphérique. Une autre hausse de 30 à 40 cm du niveau relatif de la mer pourrait se produire durant les années où le phénomène El Niño est extrême. Ces facteurs, combinés à la hausse estimative de 100 cm qui pourrait être occasionnée par d’importantes ondes de tempêtes durant une marée de vives-eaux, pourraient entraîner une élévation totale du niveau relatif de la mer de 290 cm au parc Uplands (Thomson et al., 2008); les conséquences seraient semblables à celles prévues en cas de tsunami associé à des ondes de tempête durant une année El Niño (voir ci-dessous).
Tremblements de terre et tsunamis (UICN 10.2)
La majeure partie de la souspopulation du parc Uplands se trouve à moins de 3 m au-dessus du niveau de la mer. Les probabilités sont de 5 à 10 % qu’un tremblement de terre de magnitude 9 se produise au cours des 50 prochaines années quelque part le long de la zone de subduction de Cascadia (Thomson et al., 2008), qui s’étend du nord de l’île de Vancouver jusqu’au nord de la Californie. Si un tel tremblement de terre entraînait un tsunami, celui-ci pourrait causer une élévation temporaire de jusqu’à 250 cm du niveau de la mer dans la région de Uplands (AECOM, 2015). De plus, si un tsunami de cette ampleur coïncidait avec une onde de tempête majeure ou une marée de vives-eaux, celui-ci pourrait recouvrir les colonies de psilocarphe élevé qui bordent la limite est et la limite face à la mer du parc Uplands, causant l’affouillement des mares printanières et déplaçant les individus et les graines du psilocarphe élevé jusqu’à des milieux non propices. Les souspopulations de l’île Mary Tod, de la colline Christmas et de Somenos se trouvent à une altitude suffisante pour échapper aux tsunamis projetés en cas de tremblement de terre de magnitude 9, décrits précédemment.
Nombre de localités
Les souspopulations de la colline Christmas et de l’île Mary Tods occupent chacune de très petites superficies dans des parcs locaux situés dans des municipalités distinctes; chacune constitue donc une seule localité en fonction de la menace principale que représentent les espèces envahissantes. Bien qu’elle soit plus grande, la souspopulation de Somenos occupe une zone relativement petite où les principales menaces (perturbation du sol, notamment associée au dragage, dans le passé et aux plantes envahissantes actuellement) sont relativement uniformes, de sorte qu’elle est considérée comme une seule localité. La souspopulation du parc Uplands se compose de nombreuses colonies réparties dans une zone d’environ 20 ha, mais les principales menaces (piétinement, mauvaises herbes envahissantes) et les mesures de lutte mises en œuvre contre celles-ci s’appliquent à toutes les colonies; cette souspopulation forme donc une seule localité. Ainsi, il y a quatre localités existantes, ce qui est équivalent au nombre de souspopulations.
Protection, statuts et classements
Statuts et protection juridiques
En Colombie-Britannique, il n’existe aucune loi distincte permettant de protéger les sous-populations d’espèces en péril sur les terres non fédérales.
Le psilocarphe élevé a été désigné « espèce en voie de disparition » (COSEWIC, 2001) et est protégé sur les terres fédérales aux termes l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral, et cette loi offre une protection de base à l’espèce sur les terres autres que fédérales.
Le psilocarphe élevé fait partie des espèces visées par un programme de rétablissement des espèces rares des mares printanières et et autres milieux humides saisonniers associés aux chênaies de Garry au Canada (Parks Canada Agency, 2006, 2016). Dans ce programme, trois buts sont établis pour le rétablissement du psilocarphe élevé au Canada :
- Maintenir ou accroître l’effectif actuel des populations existantes;
- Rétablir le psilocarphe élevé dans sa zone d’occurrence et sa zone d’occupation historiques approximatives dans la péninsule de Saanich (y établir au moins 5 nouvelles populations indépendantes et viables).
- Obtenir une population (du Pacifique) canadienne viable ayant une probabilité élevée de survie à long terme.
Neuf ans après la publication de ce programme, aucune sous-population, sauf celle de Somenos, n’a fait l’objet d’activités de suivi pour déterminer efficacement si la population canadienne de l’espèce est en croissance, en déclin ou à peu près stable, et aucune tendance manifeste n’a été observée. Ainsi, il est impossible d’évaluer si le but a été atteint en ce qui a trait au maintien ou à l’accroissement des effectifs actuels des sous-populations existantes. Aucune initiative n’a été mise en œuvre pour l’établissement de nouvelles sous-populations en vue de l’accomplissement du deuxième but du plan de rétablissement. Il est impossible d’évaluer le troisième but, vu l’absence de données de suivi exhaustives et d’une analyse de viabilité de la population qui permettraient de calculer le taux de croissance démographique stochastique prévu (Parks Canada, 2006). L’habitat essentiel de l’espèce a récemment été désigné (Parks Canada, 2016).
Dans le programme de rétablissement, neuf buts étaient fixés pour la période 20062015 (Parks Canada, 2006). Des progrès limités ont été réalisés en vue de l’atteinte de ces objectifs, notamment en ce qui a trait à la collaboration avec les propriétaires de terrains privés (sauf au site de Somenos), à l’installation de clôtures de protection autour des occurrences du parc Uplands (une colonie) et de la colline Christmas et à la gestion de l’habitat au parc Uplands, mais rien n’a été accompli dans le cas de la majorité des buts.
Statuts et classements non juridiques
En 2001, le psilocarphe élevé a été classé G4 (apparemment non en péril à l’échelle mondiale) par NatureServe (2012). Depuis, NatureServe n’a pas réévalué la situation de l’espèce à cette échelle. Au Canada, l’espèce a été classée N1 (gravement en péril) par NatureServe (2012) et a été cotée « 1 » (en péril) dans le cadre du Programme sur la situation générale des espèces (Canadian Endangered Species Conservation Council, 2011).
En Colombie-Britannique, le psilocarphe élevé est classé S1 (gravement en péril). Le psilocarphe élevé est une espèce de priorité 1 au titre du Cadre de conservation de la Colombie-Britannique (objectif 3 : Maintenir la diversité des espèces et des écosystèmes indigènes) et fait partie de la liste rouge de la Colombie-Britannique, qui comprend les espèces désignées comme « en voie de disparition », « menacées » ou « disparues » en fonction de l’information disponible. L’inclusion d’une espèce sur la liste rouge ne lui confère pas de protection juridique (B.C. Conservation Data Centre, 2015).
La situation du psilocarphe élevé n’a pas été évaluée dans l’État de Washington, en Oregon ou en Idaho, mais l’espèce a été classée S3.3 (plante sur laquelle de plus amples renseignements sont nécessaires; pas très menacée) en Californie. Enfin, la cote SU (espèce actuellement impossible à classer en raison d’un manque de données ou de données passablement contradictoires sur sa situation ou les tendances qui la touchent) a été attribuée au psilocarphe élevé au Montana (NatureServe, 2012).
Protection et propriété de l’habitat
Terres fédérales
Aucune des souspopulations canadiennes de psilocarphe élevé ne se trouve sur des terres fédérales.
Aires protégées de la Colombie-Britannique
La souspopulation de Somenos se trouve dans la réserve de chênes de Garry de Somenos. Cette réserve est gérée par BC Parks et appartient à une catégorie spéciale où des expériences peuvent être réalisées en vue de la mise au point de stratégies de remise en état efficaces. À cause du statut spécial du site de Somenos, la souspopulation du psilocarphe élevé qui s’y trouve ne jouit pas de la protection juridique complète dont elle bénéficierait si elle se trouvait dans un parc provincial ou une réserve écologique. Toutefois, cette désignation spéciale permet la mise en œuvre de mesures pour protéger le psilocarphe élevé, notamment l’élimination des arbustes indigènes qui empiètent sur l’habitat, ce qui pourrait autrement être difficile ou même impossible à réaliser.
Autres terres publiques appartenant à la Colombie-Britannique
Aucune souspopulation ou partie d’une souspopulation de psilocarphe élevé ne se trouve sur des terres de la couronne de la Colombie-Britannique, sauf les terres du site de Somenos, qui sont gérées par B.C. Parks (voir ci-dessus).
Parcs municipaux
Les souspopulations du parc Uplands, de la colline Christmas et de l’île Mary Tod se trouvent dans des parcs municipaux. Aucune des deux municipalités concernées n’a adopté de réglementation pour protéger les sous-populations de psilocarphe élevé, mais elles offrent un certain soutien non officiel pour leur gestion. Une petite portion de la souspopulation du parc Uplands, ainsi que la totalité de la souspopulation de la colline Christmas ont été protégées par des clôtures pour réduire le piétinement.
Terrain privé
Une petite portion de la souspopulation de Somenos chevauche un terrain privé. Cette zone, qui appartient à une entreprise agricole locale, n’est pas officiellement protégée contre l’aménagement, et le propriétaire n'a pas souhaité effectuer une gestion de l’espèce (Fairbarns, obs. pers.).
Remerciements et experts contactés
Del Meidinger, Jim Pojar, Joyce Gould, Dan Brunton, Bruce Bennett et Andy MacKinnon (Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC), Jeff Saarela (Musée canadien de la nature), James Miskelly (Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry), Matt Huntley (Service canadien de la faune) et Ruben Boles (Environnement et Changement climatique Canada) ont fourni des commentaires très utiles concernant les ébauches du présent rapport. Tracy Fleming a guidé le rédacteur jusqu’à différents endroits dans la région de Duncan pour qu’il puisse identifier des souspopulations de psilocarphe (qui se sont toutes avérées être des souspopulations de psilocarphe grêle). Wylie Thomas a aidé le rédacteur à découvrir des colonies de psilocarphe élevé qui n’avaient pas encore été signalées au parc Uplands. Les personnes suivantes ont effectué al vérification de spécimens dans leur herbier : Stephen Darbyshire (biologiste, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Centre de recherches de l’Est sur les céréales et oléagineux), Lyndsey Sharp (responsable des collections botaniques, Musée canadien de la nature), Jeannette Whitton (directrice, herbier UBC, Beaty Biodiversity Museum), Jamie Fenneman (herbier UBC, Beaty Biodiversity Museum) et Linda Jennings (gestionnaire des collections, plantes vasculaires et algues, UBC Herbarium, Beaty Biodiversity Museum). Jenifer Penny et Marta Donovan (Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique) ont fourni des renseignements généraux utiles.
Experts contactés
Rhonda L. Millikin, Ph. D. Chef par intérim, Évaluation des populations, Centre de recherche sur la faune du Pacifique, Service canadien de la faune, Environnement et Changement climatique Canada, Delta (Colombie-Britannique).
Jennifer Doubt. Responsable principale des collections, botanique, Musée canadien de la nature, Ottawa (Ontario).
Jennifer Rowland. Chef de section, Politiques, stratégies et gouvernance (Infrastructure et environnement), ministère de la Défense nationale
Patrick Nantel. Biologiste de la conservation, Programme des espèces en péril. Direction de l’intégrité écologique, Agence Parcs Canada, Gatineau (Québec).
David F. Fraser. Spécialiste des espèces en péril, Ecosystem Branch, Conservation Planning Section. Ministry of Environment, gouvernement de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).
Jenifer Penny. Botaniste, Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique).
Sources d’information
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Turner, N.C. et M. Bell. 1971. The Ethnobotany of the Coast Salish Indians of Vancouver Island. J. of Economic Botany. 25: 63-104.
Williams, P. et G. Radcliffe. 2001. Somenos Management Plan. Prepared for the Somenos Steering Committee. 66 pp. [consulté le 23 novembre 2015].
Zedler, P.H. et C. Black. 1992. Seed dispersal by a generalized herbivore: rabbits as dispersal vectors in a semiarid California vernal pool landscape. American Midland Naturalist 128:110.
Sommaire biographique des rédactrices du rapport
Matt Fairbarns est titulaire d’un baccalauréat ès sciences avec spécialisation en botanique de l’University of Guelph (1980). Il compte à son actif environ 30 années d’expérience dans le domaine de la cartographie, du recensement et de la conservation des plantes rares et des écosystèmes de l’ouest du Canada.
Collections examinées
Les spécimens du Musée royal de la Colombie-Britannique et de l’Université de Victoria ont été examinés directement. Des photographies des spécimens de l’Université de la Colombie-Britannique, d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et du Musée canadien de la nature ont été examinées. Les spécimens de l’University of Washington ont été consultés par l’entremise de la base de données en ligne du Consortium of Pacific Northwest Herbaria (2007-2011).
Annexe 1. Tableau d’évaluation des menaces.
Tableau d’évaluation des menaces
- Nom scientifique de l’espèce ou de l’écosystème :
- Psilocarphe élevé (Psilocarphus elatior)
- Date :
- 06/06/2016
- Évaluateur(s) :
- Del Meidinger, Matt Fairbarns, Andy MacKinnon, Daniel Brunton, Dave Polster, Joanna James
| Impact des menaces (descriptions) | Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact : Maximum de la plage d’intensité |
Comptes des menaces de niveau 1 selon l’intensité de leur impact : Minimum de la plage d’intensité |
|---|---|---|
| A (Très élevé) | 0 | 0 |
| B (Élevé) | 0 | 0 |
| C (Moyen) | 0 | 0 |
| D (Faible) | 5 | 5 |
| Impact global des menaces calculé : | Moyen | Moyen |
- Valeur de l’impact global attribuée :
- Sans objet
- Ajustement de la valeur de l’impact – justification :
- Insérer le texte ici
- Impact global des menaces – commentaires :
- Durée d’une génération : 5 (1-7) ans. 4 localités - Somenos, parc Uplands, colline Christmas et île Mary Tod. Plante annuelle. Âge moyen des graines à la germination inconnu. Chez des espèces étroitement apparentées, les graines pourraient demeurer en dormance dans le sol durant 10 ans ou plus. Une durée d’une génération de 5 ans est avancée, d’après la demi-vie estimative des graines dans le réservoir de semences du sol.
| Numéro | Menace | Impact (calculé) |
Portée (10 prochaines années) |
Gravité (10 années ou 3 générations) |
Immédiateté | Commentaires |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Développement résidentiel et commercial (en anglais seulement) | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Selon le rédacteur, cette activité représentait probablement une menace dans le passé, mais n’est pas préoccupante à l’heure actuelle. |
| 1.1 | Habitations et zones urbaines | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 1.2 | Zones commerciales et industrielles | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 1.3 | Tourisme et espaces récréatifs | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2 | Agriculture et aquaculture (en anglais seulement) | Faible | Petite (110 %) | Extrême (71100 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 2.1 | Cultures annuelles et pluriannuelles de produits autres que le bois | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Le foin est produit dans le cadre de l’élevage de bétail – voir la section 2.3. |
| 2.2 | Plantations pour la production de bois et de pâte | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 2.3 | Élevage et élevage à grande échelle | Faible | Petite (110 %) | Extrême (71100 %) | Élevée (continue) | Du foin est produit au site de Somenos pour l’élevage de bétail. La région a été fauchée l’an passé, et le rédacteur n’a trouvé aucun individu de l’espèce dans la parcelle située sur un terrain privé où celle-ci poussait auparavant. Gravité extrême. |
| 2.4 | Aquaculture en mer et en eau douce | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 3 | Production d’énergie et exploitation minière (en anglais seulement) | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 3.1 | Forage pétrolier et gazier | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 3.2 | Exploitation de mines et de carrières | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 3.3 | Énergie renouvelable | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 4 | Corridors de transport et de service (en anglais seulement) | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 4.1 | Routes et voies ferrées | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | La construction routière représentait une menace potentielle au site de Somenos dans le passé (il y a plus de 10 ans). Cette activité pourrait encore représenter une menace mineure, mais il est peu probable qu’elle se produise. |
| 4.2 | Lignes de services publics | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 4.3 | Transport par eau | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 4.4 | Trajectoires de vol | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5 | Utilisation des ressources biologiques (en anglais seulement) | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5.1 | Chasse et prélèvement d’animaux terrestres | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5.2 | Cueillette de plantes terrestres | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5.3 | Exploitation forestière et récolte du bois | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 5.4 | Pêche et récolte des ressources aquatiques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 6 | Intrusions et perturbations humaines (en anglais seulement) | Faible | Grande (31-70 %) | Légère (110 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 6.1 | Activités récréatives | Faible | Grande (31-70 %) | Légère (110 %) | Élevée (continue) | Le parc Uplands est modérément à fortement fréquenté, et les chiens y sont autorisés. La grande souspopulation a subsisté malgré certaines perturbations au fil du temps. Les autres sites ne sont pas touchés. L’impact est moins élevé à Somenos, car les visiteurs ne sortent pas des sentiers de randonnée (impact de la circulation hors sentier négligeable). Le piétinement de forte intensité a un impact négatif sur l’espèce, mais le piétinement peut aussi être favorable car il peut permettre la dispersion de l’espèce à proximité des sentiers – le piétinement peut réduire al couverture herbacée dense, qui peut supplanter l’espèce (signe de ce phénomène à proximité de sentiers). Le piétinement peut donc des effets positifs et des effets négatifs sur l’espèce. De nouveaux sentiers pourraient être aménagés à Somenos. |
| 6.2 | Guerre, troubles civils et exercices militaires | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 6.3 | Travaux et autres activités | Faible | Petite (110 %) | Élevée-modérée (11-70 %) | Élevée (continue) | Le fauchage effectué au parc Uplands pour aménager des coupefeu a un impact sur certaines colonies. Préoccupations liées au chaume et au risque de dispersion de mauvaises herbes. Certaines parcelles au parc Uplands ont été recouvertes de copeaux de bois, pour surélever la surface des sentiers. Les copeaux de bois peuvent modifier la composition chimique dans les milieux voisins et pourraient ainsi nuire à la croissance de l’espèce, mais les grandes colonies existantes ne sont pas affectées par le fauchage ou les copeaux de bois. Une petite portion de la souspopulation du parc Uplands est touchée par l’utilisation de copeaux de bois (1 à 5 % de la population totale). Des travaux de débroussaillage sont effectués à Somenos depuis 2013, mais ils n’ont probablement pas un effet mesurable sur l’espèce. |
| 7 | Modification du système naturel (en anglais seulement) | Faible | Petite (110 %) | Extrême (71100 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 7.1 | Incendies et suppression des incendies | Faible | Petite (110 %) | Élevée (31-70 %) | Élevée (continue) | La suppression des incendies a modifié l’habitat au parc Uplands et a permis à la végétation ligneuse de prendre le dessus, mais cette menace touche seulement une petite zone de l’aire de répartition de l’espèce, car la majeure partie de la population pousse dans des sites où il la présence et le risque de présence d’arbustes sont faibles (le sol est trop mince). Remarque : la suppression des incendies est définie ici comme la suppression des brûlages traditionnels effectués par les Premières Nations (qui étaient fréquents dans le passé). Il a été proposé d’effectuer des brûlages dirigés au parc Uplands, mais il n’y a pas de projet précis, et la probabilité que des brûlages soient réalisés est inconnue. |
| 7.2 | Barrages, gestion et utilisation de l’eau | Faible | Petite (110 %) | Extrême (71100 %) | Élevée (continue) | Endiguement, excavation de fossés et dragage; élimination des barrages de castor; dépôt de déblais de dragage à la souspopulation du ruisseau Somenos. Le niveau d’eau était régulé pour la production de foin, et non en fonction de la survie des espèces rares. La souspopulation de Somenos représentait auparavant environ la moitié de la population canadienne totale. Les portions de la souspopulation situées en amont et en aval ont subi des répercussions différentes. Dans la portion amont de la population, l’élimination de barrages de castor a entraîné une importante diminution des inondations, et les zones auparavant occupées par le psilocarphe élevé et d’autres plantes annuelles sont maintenant peuplées de saules et d’alpiste roseau, de sorte que le psilocarphe élevé est quasiment disparu de cette portion. Dans la portion aval de la souspopulation, les déblais de dragage ont formé une haute berme recouvrant une grande portion du milieu auparavant occupé par le psilocarphe élevé, et ils empêchent les inondations dans le reste de la zone plus en aval où le psilocarphe élevé était auparavant présent. Ces modifications ont eu pour effet immédiat d’entraîner la disparition quasi complète de la souspopulation de psilocarphe élevé de Somenos. Plus récemment, une ouverture a été aménagée dans la berme pour permettre à l’eau d’inonder des portions de la zone basse, et un peuplement de psilocarphe élevé vigoureux y est maintenant présent. Néanmoins, le rétablissement du psilocarphe élevé a été négligeable dans la portion de la zone en aval occupée par la berme et dans la zone en amont où les saules et l’alpiste roseau sont maintenant prédominants. |
| 7.3 | Autres modifications de l’écosystème | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 8 | Espèces et gènes envahissants ou problématiques (en anglais seulement) | Faible | Généralisée (71100 %) | Légère (110 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 8.1 | Espèces exotiques/non indigènes envahissantes | Faible | Généralisée (71100 %) | Légère (110 %) | Élevée (continue) | De nombreuses espèces exotiques envahissantes sont présentes dans les mares printanières, dont certaines sont très agressives (soliva sessile). Élimination de la soliva sessile au parc Uplands. Les espèces exotiques sont une menace généralisée, mais elles coexistent avec le psilocarphe élevé dans ces milieux depuis de nombreuses années. On trouve plusieurs graminées envahissantes près des mares printanières, et celles-ci supplantent les espèces indigènes dans leur habitat optimal. Les populations denses sont relativement peu affectées par la concurrence exercée par les plantes envahissantes. La soliva sessile fait l’objet de mesures de lutte, mais les perspectives à long terme sont incertaines. |
| 8.2 | Espèces indigènes problématiques | Faible | Petite (110 %) | Légère (110 %) | Élevée (continue) | Hausse de la population résidente non indigène de Bernache du Canada, qui entraîne une modification de la végétation. Préoccupation dans les sites côtiers, comme l’île Mary Tod et le parc Uplands. La population de Bernaches a connu une hausse exponentielle au cours des dernières années. Certaines zones du parc Uplands sont encore épargnées par la Bernache, car le nombre élevé de randonneurs et de chiens dans ce parc font fuir l’oiseau. |
| 8.3 | Introduction de matériel génétique | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9 | Pollution (en anglais seulement) | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.1 | Eaux usées domestiques et urbaines | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.2 | Effluents industriels et militaires | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.3 | Effluents agricoles et forestiers | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.4 | Détritus et déchets solides | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.5 | Polluants atmosphériques | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 9.6 | Énergie excessive | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 10 | Phénomènes géologiques (en anglais seulement) | Non calculé (à l’extérieur de la période d’évaluation) | Petite (110 %) | Inconnue | Faible (possiblement à long terme, > 10 ans) | Sans objet |
| 10.1 | Volcans | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 10.2 | Tremblements de terre et tsunamis | Non calculé (à l’extérieur de la période d’évaluation) | Petite (110 %) | Inconnue | Faible (possiblement à long terme, > 10 ans) | Un tsunami associé à un tremblement de terre pourrait avoir des répercussions dans les zones de faible altitude. La souspopulation de l’île Mary Tod se trouve à plus de 3 m au-dessus du niveau de la mer, de sorte qu’il est peu probable qu’elle soit touchée par un tsunami. Pour la même raison, la majeure partie du site du parc Uplands est peu susceptible d’être touchée. Toutefois, un tsunami pourrait avoir de graves répercussions sur les colonies de la pointe Cattle (parc Uplands), situées à plus basse altitude, car il pourrait déloger les plantes et dégrader l’habitat de l’espèce (dépôt de gravier et/ou de bois de grève dans les zones basses); récemment des ondes de tempête d’une intensité inhabituelle ont déjà causé le dépôt de gravier et de bois de grève dans les zones basses de la pointe Cattle, mais les zones hébergeant le psilocarphe élevé ont heureusement été épargnées). |
| 10.3 | Avalanches et glissements de terrain | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11 | Changement climatique et phénomènes météorologiques violents (en anglais seulement) | Faible | Généralisée (71100 %) | Légère (110 %) | Élevée (continue) | Sans objet |
| 11.1 | Déplacement et altération de l’habitat | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11.2 | Sécheresses | Faible | Généralisée (71100 %) | Légère (110 %) | Élevée (continue) | Le climat dans cette région de la ColombieBritannique semble être en train de changer, ce qui explique que l’immédiateté a été jugée « continue ». Les modifications des régimes de précipitations et d’évaporation pourraient avoir une incidence sur l’étendue des mares printanières; la plupart des modèles prédisent une hausse des précipitations en hiver et une diminution de celles-ci en été, mais les prévisions diffèrent. L’effet de la relation entre l’humidité et les températures chez l’espèce est très subtil. Les mares printanières sont sensibles aux modifications de la période d’inondation et au moment où les sécheresses surviennent. Les graines du psilocarphe élevé germent au printemps, de sorte que l’absence de périodes prolongées de saturation en hiver aurait une incidence négative sur le psilocarphe élevé. La présence d’humidité durant une période prolongée au printemps pourrait permettre l’établissement de plantes vasculaires plus grandes (particulièrement des graminées envahissantes) dans les zones actuellement occupées par des plantes basses, dont le psilocarphe élevé. |
| 11.3 | Températures extrêmes | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
| 11.4 | Tempêtes et inondations | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet | Sans objet |
Classification des menaces d’après l’IUCN-CMP, Salafsky et al. (2008).