Examen de la LEP Étude de cas du Bison des prairies

La présente étude de cas fait un bref survol des activités de rétablissement du Bison des prairies, lesquelles ont été menées avant la promulgation de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Il existe un long passé d’activités visant à assurer la survie et le rétablissement du Bison des prairies. Cette étude de cas offre aussi un exemple de la manière dont les mesures de rétablissement d’une seule espèce peuvent profiter à l’ensemble d’un écosystème menacé.

Le Bison des prairies (Bison bison bison) est l’une des deux sous-espèces de bisons que l’on trouve en Amérique du Nord. Par le passé, le Bison des prairies a habité divers écosystèmes au Canada (y compris des prairies, des arbustaies, des prairies montagnardes et des zones boisées), dont l’aire de répartition s’étendait de l’est des Rocheuses jusqu’au sud de l’Alberta et couvrait également la Saskatchewan et le Manitoba. Le Bison des prairies est presque disparu à la suite de l’établissement européen. En 1888, il ne restait au Canada que huit Bisons des prairies et seulement 85 dans toute l’Amérique du Nord.

En 1907, dans le but de réintroduire le bison dans les prairies canadiennes, le gouvernement du Canada a acheté environ 400 bisons d’éleveurs du Montana, et les a gardés dans le parc national du Canada Elk Island, près d’Edmonton, en Alberta. Peu après, l’ensemble du troupeau, moins une cinquantaine de ces bisons, a été amené au parc national Buffalo près de Wainwright, en Alberta.

En mai 2004, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué la situation du Bison des prairies comme étant une espèce menacée. Le Bison des prairies n’a cependant pas été inscrit sur la liste des espèces visées par la LEP en raison des craintes que son inscription puisse entraîner une réduction de la demande des consommateurs pour les produits du bison, ce qui pourrait avoir des effets économiques négatifs pour l’industrie canadienne du bison d’élevage. De plus, comme tous les Bisons des prairies sauvages du Canada se trouvent dans des parcs nationaux, ils resteraient protégés par la Loi sur les parcs nationaux du Canada.

Bien que le bison ne soit pas officiellement inscrit sur la liste des espèces en péril sous le régime de la LEP, le gouvernement fédéral travaille avec les gouvernements des provinces et des territoires, l’industrie du bison et d’autres intervenants en vue du rétablissement du Bison des prairies sauvage.

En mai 2006, 71 Bisons des prairies ont pu être libérés dans le parc national du Canada des Prairies dans le sud-ouest de la Saskatchewan, une région où vivaient des millions de bisons avant l’arrivée des Européens.

Comme le pâturage des bisons avait une importance fondamentale pour le maintien des divers modèles de végétation qui sustentaient un large éventail d’espèces indigènes, la disparition du bison vers la fin du 19e siècle a eu de profonds effets sur les écosystèmes des terrains herbeux dans les Prairies. Les terrains herbeux des Prairies sont l’un des écosystèmes les plus menacés du pays. En Saskatchewan, il ne reste que 19 p. 100 de l’écosystème original de prairie d’herbes mixtes, en grande partie à cause de la destruction de l’habitat et de la conversion en terres agricoles, et ceci est largement fragmenté en petites parcelles. Le parc national du Canada des Prairies protège la dernière région de prairie d’herbes mixte contigüe du Canada.

La réussite de la réintroduction du Bison des prairies dans le parc national du Canada des Prairies, en dépit du fait que l’espèce n’ait pas été inscrite sur la liste de la LEP, représente une importante activité de rétablissement de l’espèce. Elle permet également le pâturage essentiel à la remise en état de l’écosystème de prairie indigène en voie de disparition, ce qui à son tour est important pour la conservation et le rétablissement d’autres espèces des prairies.

La présente étude de cas démontre la possibilité de mettre en œuvre plusieurs éléments du cycle de conservation des espèces en péril simultanément, lorsqu’il existe suffisamment d’information, et d’entreprendre des mesures de rétablissement avant l’inscription sur la liste. Elle illustre aussi le potentiel de mesures sous le régime de la LEP pour faire avancer le programme de conservation du Canada de façon plus générale, parce que les mesures de rétablissement d’une espèce menacée -- dans ce cas-ci le Bison des prairies -- peuvent aussi favoriser le rétablissement d’écosystèmes indigènes en voie de disparition.

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