Camassie faux-scille (Camassia scilloides) : programme de rétablissement 2019
Titre officiel: Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) au Canada
Lois sur les espèces en péril
Série de Programmes de rétablissement
Adoption en vertu de l’article 44 de la LEP
Information sur le document
Référence recommandée : Environnement et Changement climatique Canada. 2019. Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) au Canada. Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril, Environnement et Changement climatique Canada,Ottawa, 3 parties, 22 p. + vi + 30 p. + annexe + 5 p.
Pour télécharger le présent programme de rétablissement ou pour obtenir un complément d’information sur les espèces en péril, incluant les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), les descriptions de la résidence, les plans d’action et d’autres documents connexes portant sur le rétablissement, veuillez consulter le Registre public des espèces en péril.
Illustration de la couverture : © Gary Allen
Also available in English under the title “Recovery Strategy for the Wild Hyacinth (Camassia scilloides) in Canada"
Le contenu du présent document (à l’exception des illustrations) peut être utilisé sans permission, mais en prenant soin d’indiquer la source.
En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques pour assurer la protection des espèces sauvages en péril au Canada.
Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de l’Ontario a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario (partie 2), en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Environnement et Changement climatique Canada inclut une addition fédérale (partie 1) dans le présent programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.
Environnement et Changement climatique Canada adopte le programme de rétablissement provincial, à l’exception de la section 2, « Rétablissement ». En remplacement de la section 2, Environnement et Changement climatique Canada a établi des objectifs en matière de population et de répartition ainsi que des indicateurs de rendement et adopte les mesures menées par le gouvernement de l’Ontario ainsi que les mesures appuyées par le gouvernement de l’Ontario qui sont énoncées dans le document intitulé Camassie faux-scille – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissementNote de bas de page 1 (partie 3) comme stratégies et approches générales pour l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition.
Le programme de rétablissement fédéral de la camassie faux-scille au Canada est composé des trois parties suivantes :
Partie 1 - Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario, préparée par Environnement et Changement climatique Canada.
Partie 2 - Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario, préparé par J.V. Jalava pour le ministère des Richesses naturelles de l’OntarioNote de bas de page 2.
Partie 3 – Camassie faux-scille – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement, préparée par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario.
Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario, préparée par Environnement et Changement climatique Canada
Préface
En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d’établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l’élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.
La ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de l’Agence Parcs Canada est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de la camassie faux-scille et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). Le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario a dirigé l’élaboration du Programme de rétablissement de la camassie faux-scille présenté en pièce jointe (partie 2), en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada et l’Agence Parcs Canada. La province de l’Ontario a également dirigé l’élaboration de la Déclaration du gouvernement jointe au présent document (partie 3). Cette déclaration est la réponse stratégique du gouvernement de l’Ontario au programme de rétablissement provincial; elle résume les mesures prioritaires que le gouvernement de l’Ontario entend prendre et soutenir.
La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration d’un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada et l’Agence Parcs Canada ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la camassie faux-scille et de l’ensemble de la société canadienne.
Le présent programme de rétablissement sera suivi d’un ou de plusieurs plans d’action qui présenteront de l’information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et l’Agence Parcs Canada et d’autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l’espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.
Le programme de rétablissement établit l’orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l’espèce, incluant la désignation de l’habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l’information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l’espèce. Lorsque l’habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d’action, la LEP exige que l’habitat essentiel soit alors protégé.
Dans le cas de l’habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l’habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote de bas de page 3 soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l’ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d’action qui a désigné l’habitat essentiel. L’interdiction de détruire l’habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s’appliquera 90 jours après la publication de la description de l’habitat essentiel dans la Gazette du Canada.
Pour l’habitat essentiel se trouvant sur d’autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l’habitat essentiel soient appliquées.
Si l’habitat essentiel d’un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l’intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l’interdiction de le détruire ne peut s’appliquer qu’aux parties de cet habitat essentiel — constituées de tout ou partie de l’habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s’applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.
En ce qui concerne tout élément de l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu’une partie de l’habitat essentiel n’est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d’autres lois fédérales, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l’interdiction de détruire l’habitat essentiel. La décision de protéger l’habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n’étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.
Remerciements
La première ébauche de la présente addition du gouvernement fédéral a été rédigée par Jennie Pearce (Pearce and Associates Ecological Research). La préparation additionnelle et la révision du document ont été assurées par Rachel deCatanzaro, Angela Darwin, Christina Rohe, Krista Holmes, Lesley Dunn (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – Ontario) et Madeline Austen (anciennement d’Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – Ontario). Les personnes et organisations suivantes ont apporté de précieux commentaires, révisions et suggestions : Paul Johanson (Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune – Région de la capitale nationale), Tammy Dobbie et Gary Allen (Agence Parcs Canada), Aileen Wheeldon (ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario) et Clint Jacobs (Walpole Island Heritage Centre). Des données à jour sur la population de l’île Middle ont été fournies par Tammy Dobbie (Agence Parcs Canada).
Des remerciements sont aussi adressés à toutes les autres parties qui ont fourni des conseils et des commentaires ayant permis d’enrichir le programme de rétablissement, dont diverses organisations et membres de communautés autochtones, propriétaires et intervenants qui ont fait part de leurs idées ou participé aux réunions de consultation.
Ajouts et modifications apportés au document adopté
Les sections qui suivent ont été incluses pour satisfaire aux exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario (partie 2 du présent document, désigné ci-après sous le nom de « programme de rétablissement provincial ») et/ou pour présenter des informations à jour ou des renseignements additionnels.
En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l’habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du programme de rétablissement provincial concernant la protection de l’habitat de l’espèce peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l’habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l’habitat essentiel en vertu de la LEP.
1 Information sur la situation de l’espèce
La camassie faux-scille est présente dans le sud-est et le Midwest des États-Unis, depuis le nord-ouest de la Géorgie jusque dans l’est du Texas, et depuis le sud du Wisconsin jusqu’à l’ouest du lac Érié. À l’échelle mondiale, la camassie faux-scille est jugée apparemment non en périlNote de bas de page 4 à non en périlNote de bas de page 5 (G4G5). Son statut de conservation n’a pas été évalué (NNR) à l’échelle nationale aux États-Unis ainsi qu’à l’échelle infranationale dans de nombreux États (annexe A). Au Canada, la camassie faux-scille a été cotée « en péril »Note de bas de page 6 à l’échelle nationale (N2) et infranationale (S2, Ontario) (NatureServe, 2013). La camassie faux-scille est désignée comme espèce menacéeNote de bas de page 7 aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) de l’Ontario et est inscrite à titre d’espèce menacéeNote de bas de page 8 à l’annexe 1 de la LEP du gouvernement fédéral.
L’espèce atteint la limite nord de son aire de répartition au Canada, sur des îles situées dans le lac Érié, en Ontario (COSEWIC, 2002). On estime que la population canadienne de camassie faux-scille, dont la zone d’occupationNote de bas de page 9 s’établit à 1,1 km2, représente moins de un pour cent de la répartition mondiale de l’espèce (COSEWIC, 2002).
2 Résumé du caractère réalisable du rétablissement
D’après les quatre critères suivants, utilisés par Environnement et Changement climatique Canada pour l’évaluation du caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement de la camassie faux-scille a été jugé réalisable sur les plans technique et biologique.
1. Des individus de l’espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.
Oui. On trouve cinq populations reproductrices relativement grandes sur les îles Hen (une population), Middle (une population) et Pelée (trois populations), et ces colonies semblent être demeurées stables au cours des dernières décennies (Jalava, 2013; NHIC, 2014). Deux petites populations additionnelles ont récemment été retrouvées sur les îles East Sister et Middle Sister (NHIC, 2014), mais on ignore si ces populations sont stables et si des individus matures reproducteurs y sont disponibles chaque année. En 2001, selon le COSEPAC (2002), la population canadienne totale de camassie faux-scille comptait environ 21 212 individus florifères. Plusieurs sites ont été visités récemment (voir tableau 1), mais aucun relevé officiel de la population n’a été réalisé depuis 2001, et on ne dispose pas d’estimation plus récente de la population totale au Canada.
2. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l’espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l’habitat.
Oui. De l’habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir les cinq populations existantes qui se trouvent sur les îles Hen, Middle et Pelée. Toutefois, une gestion continue des populations de cormorans à aigrettes (Phalacrocorax auritus) nichant en colonie (ci-après nommé « cormoran ») et de bernaches du Canada (Branta canadensis) est probablement nécessaire au maintien de l’habitat de la camassie faux-scille sur l’île Middle. En outre, la restauration de l’habitat et la gestion des populations hyper-abondantes de cormorans sont probablement nécessaires sur les îles East Sister et Middle Sister en vue du maintien ou de l’augmentation de l’abondance de la camassie faux-scille et du maintien de la viabilité des deux populations de ces îles.
3. Les principales menaces pesant sur l’espèce ou son habitat (y compris les menaces à l’extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.
Oui. Les principales menaces pesant sur les populations de camassie faux-scille au Canada sont la mort des individus de l’espèce et la dégradation de son habitat causées par le cormoran (qui forme de grandes colonies de nidification) et, dans une moindre mesure, par la bernache du Canada. L’accroissement des populations de cormoran observé depuis les années 1980 a causé des dommages considérables à la végétation et constitue une menace pour la camassie faux-scille sur les îles Middle, Middle Sister et East Sister (Jalava, 2013). En outre, les populations en expansion de bernache du Canada ont piétiné et endommagé la végétation sur l’île Middle (PCA, 2012). Une amélioration de la qualité de l’habitat et une hausse de l’abondance de la camassie faux-scille ont été observées sur l’île Middle depuis que le parc national de la Pointe-Pelée a mis en œuvre, en 2008, des mesures de gestion des populations de cormorans et de dissuasion de la nidification de la bernache du Canada et du cormoran (Dobbie, comm. pers., 2014), ce qui donne à penser qu’il est possible d’atténuer efficacement ces menaces. Les autres menaces connues, y compris la perte d’habitat associée à l’aménagement des terres et à l’invasion de l’habitat par les espèces exotiques ou les espèces envahissantes, pourraient être réduites par des mesures de protection et de gestion de l’habitat.
4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition, ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.
Oui. Les principales menaces pesant sur la camassie faux-scille sont la mort des individus de l’espèce et la dégradation de son habitat causées par les grandes colonies de nidification de cormorans et de bernaches du Canada. Des techniques de gestion existent pour gérer les populations de cormorans, et celles-ci peuvent être mises en œuvre, au besoin, par des mesures de gestion de site et d’intendance, de concert avec la protection des populations locales de camassie faux-scille. La gestion des cormorans a été couronnée de succès sur l’île Middle; la population de camassie faux-scille était passée d’environ 5 000 individus en 1988 à 500 individus en 2003 à cause des répercussions des cormorans et des bernaches du Canada, puis elle s’est rétablie à plus de 8 000 individus en 2012, après le début des mesures de gestion des cormorans et des bernaches du Canada (Dobbie, comm. pers., 2014; PCA, 2014).
Au Canada, la camassie faux-scille a une répartition très limitée et atteint la limite nord de son aire de répartition. De ce fait, et puisque rien n’indique que la camassie faux-scille ait jamais été commune en Ontario (Jalava, 2013), l’espèce continuera probablement d’être considérée comme « en péril » au pays, malgré l’application des techniques de rétablissement disponibles et le maintien des populations existantes.
3 Population et répartition
Le Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario (partie 2; Jalava, 2013) contient un résumé du statut des occurrences de camassie faux-scille existantes, historiquesNote de bas de page 10 et disparuesNote de bas de page 11 en Ontario, fondé sur les observations réalisées jusqu’à 2011. Depuis, l’Agence Parcs Canada a entrepris des mesures de gestion et de suivi de la population de l’île Middle. D’après des relevés réalisés en 2012, on trouve 8 411 individus de l’espèce sur l’île Middle, ce qui correspond environ au double des individus dénombrés en 2008 (PCA, 2014).Cependant, la population subit encore les répercussions des fortes densités de cormorans nicheurs et du broutage occasionnel par la bernache du Canada, qui se traduisent par l’absence de floraison et la redistribution des individus à l’extérieur des zones où la densité de nids de cormorans est élevée (PCA, 2014; Dobbie, comm. pers., 2015). De plus, en 2013, la présence de la camassie faux-scille a été confirmée dans deux emplacements (îles Middle Sister et East Sister) où aucun individu n’avait été observé en 2001 (NHIC, 2014). Actuellement, on estime qu’il y a sept populations existantes de camassie faux-scille au Canada, toutes situées sur des îles du lac Érié. Deux autres populations sont présumées disparues (voir tableau 1).
| Comté ou région | Population | Statut connu le plus récent |
|---|---|---|
| Essex | Île Hen | 2001 : 5 680 individus |
| Essex | Pointe Middle (île Pelée) | 2013 : des milliers d’individusa |
| Essex | Alvar du chemin Stone (île Pelée) | 2001 : 4 485 individus |
| Essex | Pointe Fish (île Pelée) | 2001 : 2 090 individus |
| Essex | Île Middle | 2012 : 8 411 individusa |
| Essex | Île Middle Sister | 2013 : 230+ individusa |
| Essex | Île East Sister | 2013 : 50-100 individusa |
| Essex | Île North Harbour | Présumée disparue |
| Essex | Île Bois-Blanc (rivière Détroit) | Présumée disparue |
a Données mises à jour depuis la publication du programme de rétablissement provincial.
4 Menaces
En plus des menaces connues et potentielles énoncées dans la partie 2 - Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario, le déclin des populations d’insectes pollinisateurs constitue une autre menace potentielle pesant sur l’espèce. La camassie faux-scille est pollinisée par les insectes, notamment des papillons (superfamille des Papilionoidés), des bourdons (Bombus spp.), des abeilles halictes (Agapostemon spp.), de petites abeilles solitaires (mégachilidés), des bombyles (bombyliidés) et des syrphes (syrphidés) (COSEWIC, 2002). On soupçonne qu’un certain nombre de facteurs contribuent au déclin des populations d’insectes pollinisateurs, à l’échelle mondiale et au Canada. Parmi ces facteurs figurent la perte d’habitat et de sources de nourriture, les maladies, les virus, les organismes nuisibles et l’exposition aux pesticides (Health Canada, 2014). De plus en plus d’observations semblent notamment indiquer que les pesticides, y compris les néonicotinoïdes, pourraient avoir des effets négatifs sur les populations d’insectes pollinisateurs, en raison de leurs propriétés toxiques et de leur persistance dans le sol et l’eau (van der Sluijs et al., 2013; Cutler et al., 2014). À l’heure actuelle, l’ampleur des répercussions du déclin des populations d’insectes pollinisateurs sur la camassie faux-scille est inconnue.
5 Objectifs en matière de population et de répartition
En vertu de la LEP, un objectif en matière de population et de répartition doit être établi pour l’espèce. Environnement et Changement climatique Canada a établi l’objectif en matière de population et de répartition suivant pour la camassie faux-scille :
- Maintenir ou, dans la mesure où cela est réalisable sur le plan biologique et technique et est nécessaire, accroître l’abondance et la répartition actuelles de l’espèce dans les populations existantes au Canada
Cet objectif est conforme au but du gouvernement provincial en matière de rétablissement de l’espèce énoncé dans la Déclaration du gouvernement de l’Ontario en réponse au programme de rétablissement, mais il a été légèrement modifié en fonction de renseignements récents sur la répartition de l’espèce. Le but énoncé pour le rétablissement de la camassie faux-scille en Ontario dans la Déclaration du gouvernement de l’Ontario en réponse au programme de rétablissement de l’espèce (partie 3) est le suivant :
Maintenir des populations autonomes à tous les sites existants et, lorsque la recolonisation est réalisable, remettre en état l’habitat dégradé aux emplacements historiques.
Au moment de la préparation du programme de rétablissement provincial (partie 2), on comptait cinq populations existantes connues, et il avait été avancé que le maintien de ces cinq populations à leur effectif actuel et le réétablissement des populations des îles East Sister et Middle Sister (dans la mesure où la restauration de l’habitat était possible dans ces sites) assureraient probablement la viabilité de la camassie faux-scille au Canada. Depuis la publication du programme de rétablissement provincial, un petit nombre d’individus de l’espèce ont été retrouvés aux îles East Sister et Middle Sister (voir tableau 1). Ainsi, on compte actuellement sept populations existantes connues de camassie faux-scille au Canada. Pour maintenir ou accroître l’abondance et la répartition des populations de camassie faux-scille des îles East Sister et Middle Sister, où l’abondance est actuellement faible et les cormorans ont des répercussions considérables, il faudra probablement gérer les menaces associées aux cormorans. De même, une gestion continue des populations de cormorans et de Bernaches du Canada sera probablement nécessaire au maintien de l’abondance et de la répartition de la camassie faux-scille à l’île Middle. Il serait utile de réaliser une analyse de viabilité de la population pour la camassie faux-scille afin de déterminer si et dans quels cas l’augmentation de l’abondance est nécessaire pour favoriser l’autosuffisance des populations et la persistance de l’espèce à long terme.
6 Stratégies et approches générales pour l’atteinte des objectifs
Les mesures menées par le gouvernement et les mesures appuyées par le gouvernement qui sont énoncées dans le document intitulé Camassie faux-scille – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement (partie 3) sont adoptées à titre de stratégies et d’approches générales recommandées pour l’atteinte de l’objectif en matière de population et de répartition. Environnement et Changement climatique Canada n’adopte pas les stratégies de rétablissement énoncées à la section 2 du Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario (partie 2).
7 Habitat essentiel
7.1 Désignation de l’habitat essentiel de l’espèce
En vertu de l’alinéa 41(1)c) de la Loi sur les espèces en péril, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l’habitat essentiel de l’espèce, dans la mesure du possible, et énoncer des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de cet habitat. Aux termes de la LEP, l’habitat essentiel est l’« habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d’action élaboré à l’égard de l’espèce ».
La LEVD de l’Ontario n’exige pas que les programmes de rétablissement provinciaux comprennent une désignation de l’habitat essentiel. Aux termes de la LEVD, une espèce qui est inscrite sur la Liste des espèces en péril en Ontario comme espèce en voie de disparition ou menacée bénéficie automatiquement d’une protection générale de son habitat. La camassie faux-scille bénéficie actuellement d’une protection générale de son habitat en vertu de la LEVD. Cependant, la description de l’habitat général n’a pas encore été établie. Dans certains cas, un règlement sur l’habitat de l’espèce peut être élaboré en remplacement des dispositions sur la protection générale de l’habitat. Le règlement sur l’habitat est l’instrument juridique par lequel la Province de l’Ontario prescrit une aire à protégerNote de bas de page 12 à titre d’habitat de l’espèce. Aucun règlement sur l’habitat de la camassie faux-scille n’a été élaboré en vertu de la LEVD; le programme de rétablissement provincial (partie 2) contient toutefois une recommandation concernant l’aire à prendre en compte dans l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Le présent programme de rétablissement fédéral désigne dans la mesure du possible l’habitat essentiel de la camassie faux-scille au Canada, sur la base de cette recommandation et de la meilleure information accessible en décembre 2014.
L’habitat essentiel des sept populations existantes de camassie faux-scille en Ontario est ici désigné et suffisant pour l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition; par conséquent, aucun calendrier d’études n’est nécessaire. De l’habitat essentiel additionnel pourrait être ajouté dans l’avenir, si de l’information nouvelle ou additionnelle justifie l’inclusion de zones au-delà de celles qui sont actuellement désignées (par exemple, nouveaux sites colonisés par l’espèce ou sites existants qui s’étendent aux zones adjacentes).
La désignation de l’habitat essentiel de la camassie faux-scille repose sur deux critères : l’occupation de l’habitat et le caractère convenable de l’habitat.
7.1.1 Occupation de l’habitat
Le critère d’occupation de l’habitat fait référence aux zones d’habitat convenable pour lesquelles on peut affirmer avec une certaine certitude qu’elles sont actuellement utilisées par l’espèce.
L’habitat est considéré comme occupé dans les cas où :
- Au moins un individu indigène de la camassie faux-scille a été observé au cours d’une année depuis 1994
L’occupation est fondée sur les mentions récentes de l’espèce disponibles pour toutes les populations connues, d’après le Centre de données sur la conservation de l’Ontario (Centre d’information sur le patrimoine naturel) et le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). On pense que la camassie faux-scille aurait une longue durée de vie, étant donné que la camassie camash (Camassia quamash), espèce étroitement apparentée, a une longévité de 15 à 20 ans (Stevens et al. 2001, in Jalava 2013) et que les observations de la camassie faux-scille en Ontario semblent indiquer que l’espèce persiste souvent à un même emplacement durant des décennies (COSEWIC, 2002). Récemment, l’espèce a été retrouvée dans deux emplacements (îles East Sister et Middle Sister, dans le lac Érié) d’où on croyait qu’elle était disparue (NHIC, 2014). La période débutant en 1994 correspond au seuil avant lequel une mention est considérée comme historique par les centres de données sur la conservation (période de 20 ans dans le cas du Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario [CIPN]) et permet l’inclusion des données sur les sept populations existantes connues. Si de nouvelles occurrences de camassie faux-scille sont découvertes, on évaluera la possibilité de désigner de l’habitat essentiel additionnel.
Les individus considérés comme des spécimens d’origine horticole et ceux manifestement plantés dans des lieux aménagés, comme les jardins urbains, ne sont pas considérés comme des individus occupant l’habitat aux fins de la désignation de l’habitat essentiel.
7.1.2 Caractère convenable de l’habitat
Le caractère convenable de l’habitat s’applique aux zones présentant un ensemble particulier de caractéristiques biophysiques permettant aux individus de l’espèce de mener à bien les aspects essentiels de leur cycle vital. Dans les emplacements existants au Canada, la camassie faux-scille pousse dans des milieux partiellement à modérément ombragés, dans des boisés dégagés à semi-dégagés, généralement dans des boisés de feuillus et des broussailles d’aubépines (COSEWIC, 2002; Jalava, 2013).
Les caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable de la camassie faux-scille sont généralement les suivantes, mais ces caractéristiques ne sont pas nécessairement toutes présentes dans chaque emplacement :
- boisés dégagés à semi-dégagés présentant des zones partiellement à modérément ombragées
- substratum calcaire près de la surface du sol; et
- sol argileux riche à organique
D’après les meilleures informations disponibles, l’habitat convenable pour la camassie faux-scille est actuellement défini comme étant l’étendue des caractéristiques biophysiques là où la camassie faux-scille existe en Ontario. En plus de l’habitat convenable, une zone de fonctions essentielles de 50 m (distance radiale) est appliquée lorsque les caractéristiques biophysiques s’étendent sur moins de 50 m autour d’un individu. En Ontario, l’habitat convenable de la camassie faux-scille peut être décrit au moyen de la classification écologique des terres (CET) pour le sud de l’Ontario (Lee et al., 1998). La CET fournit un cadre normalisé pour l’interprétation et l’établissement des limites des écosystèmes dynamiques. Elle catégorise les milieux non seulement en fonction des communautés végétales, mais aussi en fonction de l’humidité du sol et de la topographie. Elle constitue ainsi un point de départ pour la description des exigences écosystémiques (par exemple, effets locaux du régime hydrologique associé, couvert forestier) de la camassie faux-scille et couvre ainsi les caractéristiques biophysiques de son habitat convenable. En Ontario, beaucoup de gestionnaires des terres et de spécialistes de la conservation connaissent bien la terminologie et les méthodes associées à la CET et ont adopté cet outil comme norme en Ontario.
À l’intérieur de la CET en Ontario, les limites de l’écosite constituent l’échelle la plus efficace pour la délimitation de l’étendue des caractéristiques biophysiques nécessaires à l’espèce. L’écosite comprend la superficie occupée par la camassie faux-scille et les zones environnantes qui présentent les conditions d’habitat convenable (par exemple, zones partiellement à modérément ombragées des boisés dégagés à semi-dégagés) nécessaires aux processus vitaux de l’espèce et aux processus naturels associés à la dynamique des populations et à la reproduction (dispersion, pollinisation, etc.) de se produire. Le fait que la camassie faux-scille forme des colonies denses donne à penser que l’espèce ne se disperse pas sur de longues distances (Jalava, 2013) et que l’écosite de la CET occupé devrait être suffisant pour permettre la dispersion de l’espèce et l’expansion des populations. En outre, l’échelle de l’écosite est adoptée par prudence, car on ne dispose pas de suffisamment de données sur les besoins de la camassie faux-scille en matière d’habitat pour déterminer si le type de végétation de la CET, dont les limites sont mieux définies, fournirait suffisamment d’habitat pour répondre aux besoins de l’espèce. À l’heure actuelle, les écosites de la CET qui renferment les individus existants de camassie faux-scille sont inconnus. Des évaluations supplémentaires de l’habitat sont nécessaires pour décrire et cartographier les écosites de la CET actuellement occupés par la camassie faux-scille au Canada.
La camassie faux-scille pourrait être sensible aux modifications du microclimat et des caractéristiques du microhabitat, de sorte qu’une distance de 50 m a été définie comme « zone de fonctions essentielles » minimale, ou comme la superficie minimale nécessaire au maintien des propriétés constitutives du microhabitat de l’espèce (par exemple, luminosité, température, humidité de la litière, humidité nécessaire à la survie) et au déroulement des processus naturels (par exemple, régime hydrologique, dispersion). Actuellement, on ignore exactement à partir de quelle distance les processus physiques et/ou biologiques commencent à avoir des effets négatifs sur la camassie faux-scille. Des études sur les gradients microenvironnementaux en bordure des habitats, soit la luminosité, la température et l’humidité de la litière (Matlack, 1993), et sur les effets de bordure sur les plantes dans les forêts de feuillus mixtes, qui se traduisent par des changements de la structure et de la composition des communautés végétales (Fraver, 1994), montrent que les effets de bordure peuvent être décelés jusqu’à 50 m à l’intérieur des fragments d’habitat; toutefois, d’autres études montrent que l’ampleur et la distance des effets de bordure varient en fonction de la structure et de la composition des types de milieux adjacents (Harper et al., 2005). Selon Forman et Alexander et Forman et al. (2003), les effets de bordure associés à la construction de chemins et à la circulation répétée se font principalement sentir, chez les végétaux, dans les premiers 30 à 50 m. Ainsi, comme mesure de précaution, une zone de 50 m de tout individu de l’espèce a été incluse dans l’habitat essentiel, pour le maintien des propriétés du microhabitat de l’espèce. L’aire au sein de la zone de fonctions essentielles peut comprendre de l’habitat convenable et de l’habitat non convenable, car des individus de l’espèce peuvent pousser à proximité de la zone de transition entre l’habitat convenable et l’habitat non convenable (petites trouées dans la forêt, lisière des bois, etc.). À mesure que de nouveaux renseignements sur les besoins en matière d’habitat de l’espèce et les caractéristiques propres à chaque site deviennent disponibles, ces distances pourraient être révisées.
Les chemins entretenus et les structures artificielles, comme les bâtiments, ne possèdent pas les caractéristiques biophysiques de l’habitat convenable et ne participent pas au maintien des processus naturels; ils ne sont donc pas considérés comme de l’habitat essentiel.
7.1.3 Application des critères de désignation de l’habitat essentiel de la camassie faux-scille
L’habitat essentiel de la camassie faux-scille est désigné comme étant l’étendue d’habitat convenable (section 7.1.2) là où le critère d’occupation de l’habitat (section 7.1.1) est respecté. Dans les cas où l’habitat convenable s’étend sur moins de 50 m autour d’un individu, une zone de fonctions essentielles englobant une superficie dans un rayon de 50 m est aussi incluse comme habitat essentiel.
Comme il est indiqué précédemment, en Ontario, l’échelle de l’écosite de la CET est la plus appropriée pour la délimitation de l’habitat convenable de la camassie faux-scille. À l’heure actuelle, on ne dispose pas des descriptions et des délimitations des écosites nécessaires à la désignation de l’habitat essentiel des populations en Ontario. Pour l’instant, l’échelle des séries de communautés végétales de la CET est définie comme étant la zone au sein de laquelle l’habitat essentiel se trouve. En Ontario, l’habitat essentiel est situé à l’intérieur de ces limites où les caractéristiques biophysiques décrites dans la section 7.1.2 se trouvent et là où le critère d’occupation de l’habitat (section 7.1.1) est respecté. Une fois que les limites des écosites auront été définies, la désignation de l’habitat essentiel sera mise à jour.
L’application des critères d’habitat essentiel à la meilleure information disponible a permis de désigner l’habitat essentiel pour les sept populations existantes connues de camassie faux-scille au Canada (figure 1; voir aussi tableau 2), pour un total allant jusqu’à 139 haNote de bas de page 13.
L’habitat essentiel de la camassie faux-scille est présenté au moyen de carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km. Les carrés du quadrillage UTM présentés dans la figure 1 font partie d’un système de quadrillage de référence qui indique l’emplacement géographique général renfermant de l’habitat essentiel, à des fins de planification de l’aménagement du territoire et/ou d’évaluation environnementale. En plus d’offrir ces avantages, le quadrillage UTM de 1 km × 1 km est conforme aux ententes de partage des données avec la province de l’Ontario. L’habitat essentiel dans chaque carré du quadrillage se trouve là où la description de l’occupation de l’habitat (section 7.1.1) et celle du caractère convenable de l’habitat (section 7.1.2) sont respectées. Il est possible d’obtenir des renseignements supplémentaires sur l’habitat essentiel pour soutenir la protection de l’espèce et de son habitat, sur justification, auprès d’Environnement et Changement climatique Canada, Service canadien de la faune, à : ec.planificationduretablissement-recoveryplanning.ec@canada.ca.
| Population | Code d’identifi-cation du carré du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 kmb | UTM Est Coordonnées du carré du quadrillage UTMc |
UTM Nord Coordonnées du carré du quadrillage UTMc |
Régime foncierd |
|---|---|---|---|---|
| Île East Sister | 17TLG4350 | 345000 | 4630000 | Territoire non domanial |
| Île Hen | 17TLG5207 | 350000 | 4627000 | Territoire non domanial |
| Île Middle | 17TLG5195 | 359000 | 4615000 | Aire protégée fédérale (parc national de la Pointe-Pelée) |
| Île Middle | 17TLG5196 | 359000 | 4616000 | Aire protégée fédérale (parc national de la Pointe-Pelée) |
| Île Middle | 17TLG6105 | 360000 | 4615000 | Aire protégée fédérale (parc national de la Pointe-Pelée) |
| Île Middle | 17TLG6106 | 360000 | 4616000 | Aire protégée fédérale (parc national de la Pointe-Pelée) |
| Île Middle Sister | 17TLG3334 | 333000 | 4634000 | Territoire non domanial |
| Île Middle Sister | 17TLG3335 | 333000 | 4635000 | Territoire non domanial |
| Île Middle Sister | 17TLG3344 | 334000 | 4634000 | Territoire non domanial |
| Pointe Fish (île Pelée) | 17TLG6201 | 360000 | 4621000 | Territoire non domanial |
| Pointe Fish (île Pelée) | 17TLG6211 | 361000 | 4621000 | Territoire non domanial |
| Pointe Middle (île Pelée) | 17TLG6248 | 364000 | 4628000 | Territoire non domanial |
| Alvar du chemin Stone (île Pelée) | 17TLG6232 | 363000 | 4622000 | Territoire non domanial |
| Alvar du chemin Stone (île Pelée) | 17TLG6233 | 363000 | 4623000 | Territoire non domanial |
| Alvar du chemin Stone (île Pelée) | 17TLG6234 | 363000 | 4624000 | Territoire non domanial |
| Alvar du chemin Stone (île Pelée) | 17TLG6242 | 364000 | 4622000 | Territoire non domanial |
| Alvar du chemin Stone (île Pelée) | 17TLG6243 | 364000 | 4623000 | Territoire non domanial |
| Alvar du chemin Stone (île Pelée) | 17TLG6244 | 364000 | 4624000 | Territoire non domanial |
Total = 18 carrés
b Code d’identification dans le système militaire de quadrillage UTM de référence; les deux premiers caractères correspondent à la zone UTM, les deux suivants (lettres) désignent le carré du quadrillage UTM de référence de 100 km × 100 km, les deux caractères suivants désignent le carré de 10 km × 10 km, et les deux derniers, le carré de 1 km × 1 km qui contient au moins une partie d’une unité d’habitat essentiel. L’utilisation du code alphanumérique univoque du système militaire de quadrillage UTM de référence s’inspire de la méthodologie utilisée pour les Atlas des oiseaux nicheurs du Canada.
c Les coordonnées indiquées sont celles de la représentation cartographique de l’habitat essentiel, c.-à-d. du coin sud-ouest du carré de 1 km × 1 km du quadrillage UTM de référence contenant au moins une partie d’une unité d’habitat essentiel. Elles sont données à titre indicatif seulement.
d Cette information est fournie à titre indicatif seulement, pour donner une idée générale des détenteurs des droits de propriété des terres où sont situées les unités d’habitat essentiel. Pour déterminer avec exactitude qui détient les droits de propriété d’une terre, il faudra comparer les limites de l’habitat essentiel aux informations figurant au cadastre.
7.2 Activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel
La compréhension de ce qui constitue la destruction de l’habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu’il y a dégradation d’un élément de l’habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l’habitat essentiel n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions lorsque exigé par l’espèce. La destruction peut découler d’une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d’une ou de plusieurs activités au fil du temps.
Le tableau 3 donne des exemples d’activités susceptibles d’entraîner la destruction de l’habitat essentiel de l’espèce; il peut toutefois exister d’autres activités destructrices.
| Description de l’activité | Description de l’effet relatif à la perte de fonction de l’habitat essentiel | Information détaillée sur l’effet (y compris menace associée, portée et seuils) |
|---|---|---|
| Activités qui compactent le sol, qui perturbent la végétation ou qui en causent le piétinement (par exemple, utilisation de véhicules tout-terrain ou de machinerie lourde) | On pense que la camassie faux-scille a besoin d’un sol meuble pour la germination, de sorte que la modification des propriétés physiques du sol associées au compactage pourrait rendre le sol non propice à la germination. La perturbation de la couverture indigène du sol peut accroître la capacité des plantes envahissantes de coloniser le milieu – voir ci-dessous. |
Un seul épisode de cette activité (d’ampleur considérable) pourrait causer le compactage du sol et la perturbation de la végétation, tout comme de plus légères perturbations répétées à l’intérieur de l’habitat essentiel. L’activité risque le plus de causer la destruction si elle est réalisée lorsque le sol n’est pas entièrement gelé. |
| Aménagement et conversion des terres (par exemple, expansion de l’agriculture, développement résidentiel et commercial, construction de routes) | L’aménagement et la conversion des terres peuvent entraîner l’élimination physique directe de l’habitat (par exemple, construction de structures) dont l’espèce a besoin pour accomplir son cycle vital. L’aménagement et la conversion des terres peuvent éliminer la végétation indigène et/ou perturber le sol, ce qui peut modifier le degré d’ombre et /ou d’autres conditions biophysiques (par exemple, propriétés et humidité du sol) et faire en sorte que l’habitat ne convient plus à la camassie faux-scille et ne lui permet plus d’accomplir son cycle vital (dispersion, reproduction et croissance). |
Un seul épisode de cette activité à l’intérieur des limites de l’habitat essentiel, peu importe le moment de l’année, risque de causer la destruction de l’habitat essentiel. Cette activité pourrait aussi causer la destruction de l’habitat essentiel si elle se déroulait à l’extérieur de ses limites, si elle modifie le degré d’ombre et/ou le régime hydrologique du site. |
| Introduction d’espèces exotiques envahissantes, tout particulièrement des plantes ou des invertébrés (par exemple, introduction de semences de plantes exotiques, de plantes exotiques et de sol ou de gravier étrangers, compostage ou dépôt de résidus de jardin, utilisation de véhicules tout-terrain, pâturage du bétail) | Les plantes envahissantes introduites peuvent entrer en concurrence avec la camassie faux-scille pour les ressources limitées. En outre, les espèces envahissantes peuvent altérer la dynamique écologique et/ou causer des changements physiques ou chimiques dans l’habitat (par exemple, modifier l’ombre ou l’humidité du sol) et faire en sorte que l’habitat ne convienne plus à la camassie faux-scille. | L’introduction d’une espèce envahissante à l’intérieur de l’habitat essentiel ou à proximité peut entraîner la destruction graduelle de l’habitat essentiel au fil du temps. Aucun seuil ne s’applique à cette activité, puisque l’introduction d’un seul individu d’une espèce envahissante pourrait ensuite mener à la propagation de celle-ci. |
8 Mesure des progrès
L’indicateur de rendement présenté ci-dessous propose un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l’atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Tous les cinq ans, le succès de la mise en œuvre du programme de rétablissement sera évalué au moyen de l’indicateur de rendement suivant :
- L’abondance et la répartition des populations existantes de camassie faux-scille au Canada ont été maintenues, ou ont été augmentées dans la mesure où cela était jugé réalisable sur le plan biologique et technique et était nécessaire
9 Énoncé sur les plans d’action
Un ou plusieurs plans d’action visant la camassie faux-scille seront préparés et publiés dans le Registre public des espèces en péril d’ici le 31 décembre 2026.
10 Effets sur l’environnement et sur les espèces non ciblées
Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L’objet de l’EES est d’incorporer les considérations environnementales à l’élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairée du point de vue de l’environnement et d’évaluer si les résultats d’un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l’environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).
La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l’EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.
Le présent programme de rétablissement aura assurément un effet bénéfique sur l’environnement en favorisant le rétablissement de la camassie faux-scille. La possibilité que la mise en œuvre du présent programme de rétablissement ait des conséquences néfastes imprévues sur d’autres espèces a été envisagée. D’autres espèces en péril sont présentes sur les îles du lac Érié, en Ontario, notamment la paruline orangée (Protonotaria citrea), le petit blongios (Ixobrychus exilis), la rainette grillon de Blanchard (Acris blanchardi), la salamandre à nez court (Ambystoma texanum), la couleuvre agile bleue (Coluber constrictor foxii), la couleuvre fauve de l’Est (Elaphe gloydi), population carolinienne, la couleuvre d’eau du lac Érié (Nerodia sipedon insularum), le martinet ramoneur (Chaetura pelagica), l’oponce de l’Est (Opuntia humifusa), le renard gris (Urocyon cinereoargenteus), le frêne bleu (Fraxinus quadrangulata), le ptéléa trifolié (Ptelea trifoliata), le chicot févier (Gymnocladus dioicus), le mûrier rouge (Morus rubra), le moucherolle vert (Empidonax virescens), le monarque (Danaus plexippus) et la tortue molle à épines (Apalone spinifera spinifera). On ne prévoit pas que les approches pour le rétablissement de la camassie faux-scille auront des effets négatifs sur ces espèces. La gestion des cormorans devrait être bénéfique pour plusieurs espèces, y compris le chicot févier, le ptéléa trifolié, le frêne bleu et le mûrier rouge, qui sont toutes menacées par le cormoran à aigrettes nichant en colonie.
L’EES a permis de conclure que le présent programme sera manifestement favorable à l’environnement et n’entraînera aucun effet négatif significatif qui ne peut être éliminé ou atténué.
Références
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Fraver, S. 1994. Vegetation responses along edge-to-interior gradients in the mixed hardwood forests of the Roanoke River Basin, North Carolina. Conservation Biology 8(3):822-832.
Harper. K.A., S.E. MacDonald, P.J. Burton, J. Chen, K.D. Brosofske, S.C. Saunders, E.S. Euskirchen, D. Roberts, M.S. Jaiteh et P. Esseen. 2005. Edge influence on forest structure and composition in fragmented landscapes. Conservation Biology 19(3):768-782.
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Jalava, J.V. 2013. Recovery Strategy for the Wild Hyacinth (Camassia scilloides) in Ontario. Ontario Recovery Strategy Series. Prepared for the Ontario Ministry of Natural Resources, Peterborough, Ontario. v + 26 pp + appendix (Également disponible en français : Jalava, J.V. 2013. Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario, Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario. Document préparé pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough, Ontario, vi + 30 p. + annexe.)
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Annexe A. Cotes de conservation infranationales attribuées à la camassie faux-scille (Camassia scilloides) au Canada et aux États-Unis
| Cote infranationale (S) | État/Province |
|---|---|
| S1 (gravement en péril) | Caroline du Nord, Pennsylvanie |
| S2 (en péri) | Ontario, Caroline du Sud, Géorgie, Iowa, Michigan, Virginie, Wisconsin |
| S2S3 (en péril-vulnérable) | Mississippi |
| S3 (vulnérable) | Louisiane |
| S3S4 (vulnérable-apparemment non en péril) | Illinois |
| S4 (apparemment non en péril) | Kentucky, Virginie-Occidentale |
| SNR (non classée) | Alabama, Arkansas, District de Columbia, Indiana, Kansas, Maryland, Missouri, Ohio, Oklahoma, Tennessee, Texas |
Définitions des rangs de conservation (NatureServe, 2015)
S1 : Gravement en péril – Espèce gravement en péril dans l’État ou la province et particulièrement susceptible d’y disparaître en raison de son extrême rareté (souvent 5 occurrences ou moins) ou de certains facteurs, tels des déclins très marqués.
S2 : En péril – Espèce en péril dans l’État ou la province et très susceptible d’y disparaître en raison de sa rareté, laquelle découle d’une aire de répartition très restreinte, d’un très petit nombre de populations (souvent 20 ou moins), de déclins très marqués ou d’autres facteurs.
S3 : Vulnérable – Espèce vulnérable dans l’État ou la province et susceptible d’y disparaître en raison d’une aire de répartition restreinte, d’un nombre relativement faible de populations (souvent 80 ou moins), de déclins récents et généralisés ou d’autres facteurs.
S4 : Apparemment non en péril – Espèce peu commune sans être rare; source de préoccupation à long terme en raison de déclins ou d’autres facteurs.
SNR : Non classée – Espèce dont le statut de conservation dans l’État ou la province n’a pas encore été évalué.
Partie 2 – Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario, préparé par J.V. Jalava pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Camassie faux-scille
(Camassia scilloides) en Ontario
Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario
Naturel. Apprécié. Protégé.
Ministère des Richesses naturelles
À propos de la Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario
Cette série présente l’ensemble des programmes de rétablissement préparés ou adoptés à l’intention du gouvernement de l’Ontario en ce qui concerne l’approche recommandée pour le rétablissement des espèces en péril. La Province s’assure que la préparation des programmes de rétablissement respecte son engagement de rétablir les espèces en péril en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD 2007) et de l’Accord pour la protection des espèces en péril au Canada.
Qu’est-ce que le rétablissement?
Le rétablissement des espèces en péril est le processus par lequel le déclin d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est arrêté ou inversé et par lequel les menaces qui pèsent sur cette espèce sont éliminées ou réduites de façon à augmenter la probabilité de survie à l’état sauvage.
Qu’est-ce qu’un programme de rétablissement?
En vertu de la LEVD 2007, un programme de rétablissement fournit les meilleures connaissances scientifiques disponibles quant aux mesures à prendre pour assurer le rétablissement d’une espèce. Un programme de rétablissement présente de l’information sur les besoins de l’espèce en matière d’habitat et sur les types de menaces à la survie et au rétablissement de l’espèce. Il présente également des recommandations quant aux objectifs de protection et de rétablissement, aux méthodes à adopter pour atteindre ces objectifs et à la zone qui devrait être prise en considération pour l’élaboration d’un règlement visant l’habitat. Les paragraphes 11 à 15 de la LEVD 2007 présentent le contenu requis et les délais pour l’élaboration des programmes de rétablissement publiés dans cette série.
Après l’inscription d’une espèce sur la Liste des espèces en péril en Ontario, des programmes de rétablissement doivent être préparés dans un délai d’un an pour les espèces en voie de disparition et de deux ans pour les espèces menacées. Une période de transition de cinq ans (jusqu’au 30 juin 2013) est prévue pour l’élaboration des programmes de rétablissement visant les espèces menacées et en voie de disparition qui figurent aux annexes de la LEVD 2007. Des programmes de rétablissement doivent obligatoirement être préparés pour les espèces disparues de l’Ontario si leur réintroduction sur le territoire de la province est jugée réalisable.
Et ensuite?
Neuf mois après l’élaboration d’un programme de rétablissement, un énoncé de réaction est publié. Il décrit les mesures que le gouvernement de l’Ontario entend prendre en réponse au programme de rétablissement. La mise en œuvre d’un programme de rétablissement dépend de la collaboration soutenue et des mesures prises par les organismes gouvernementaux, les particuliers, les collectivités, les utilisateurs des terres et les partenaires de la conservation.
Pour plus d’information
Pour en savoir plus sur le rétablissement des espèces en péril en Ontario, veuillez visiter la page Web des espèces en péril du ministère des Richesses naturelles.
Information sur le document
Référence recommandée : Jalava, J.V. 2013. Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario, Série de Programmes de rétablissement de l’Ontario, préparé pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario), vi + 30 p. + annexe.
Illustration de la couverture : Allen Woodliffe
Le contenu du présent document (à l’exception de l’illustration de la couverture) peut être utilisé sans permission, pourvu que la source soit dûment mentionnée.
Auteurs
Jarmo V. Jalava, écologiste-conseil, Carolinian Canada Coalition
Remerciements
Jarmo Jalava a préparé le présent programme de rétablissement en consultation avec le comité technique des plantes de la forêt carolinienne (Carolinian Woodlands Plants Technical Committee) et avec le concours des personnes suivantes : Allen Woodliffe (ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, District d’Aylmer); Michael Oldham et Sam Brinker (Centre d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario); John Ambrose (botaniste-conseil); Chris Risley, Amelia Argue, Vivian Brownell, Carolyn Seburn, Eric Snyder et Bree Walpole (ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Direction des espèces en péril); Kate Hayes, Graham Bryan, Angela Darwin et Barbara Slezak (Service canadien de la faune, Environnement Canada); Mhairi McFarlane (Conservation de la nature Canada); Judith Jones (écologiste-conseil); Melody Cairns et Sandy Dobbyn (Parcs Ontario); Dan Lebedyk (Office de protection de la nature de la région d’Essex); Kim Borg et Valerie Minelga (Agence Parcs Canada).
Déclaration
Le présent programme de rétablissement de la camassie faux-scille a été élaboré conformément aux exigences de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD). Il a pour objet de conseiller le gouvernement de l’Ontario, d’autres autorités responsables et les nombreuses parties concernées par le rétablissement de l’espèce.
Ce programme de rétablissement ne représente pas nécessairement les opinions de toutes les personnes qui ont transmis des avis ou qui ont participé à sa préparation, ni les positions officielles des organismes auxquels ces personnes sont associées.
Les buts, les objectifs et les approches en matière de rétablissement présentés dans le programme sont fondés sur les meilleures connaissances disponibles et pourraient être modifiés à mesure que de nouveaux renseignements deviennent disponibles. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des instances et organisations participantes.
La réussite du rétablissement de l’espèce dépendra de l’engagement et de la collaboration des nombreuses parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des orientations établies dans le présent programme.
Autorités responsables
Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Environnement Canada – Service canadien de la faune, Région de l’Ontario
Agence Parcs Canada
Sommaire
La camassie faux-scille (Camassia scilloides) est une plante vivace à bulbe de la famille des Liliacées qui produit des fleurs voyantes au printemps. Elle a des feuilles linéaires et une tige qui peut porter jusqu’à 100 fleurs bleu pâle ou blanches en forme d’étoile. Dans son aire de répartition canadienne, elle occupe des stations partiellement ou modérément ombragées dans des forêts basses au sol argileux humide ainsi que dans des stations plus sèches dans des fourrés d’aubépines et des forêts de micocouliers aux sol mince et rocheux sur un substrat calcaire. Aux États-Unis, l’espèce pousse également sur des sols plus profonds dans des forêts et prairies de plaine d’inondation, ainsi que dans divers autres milieux semi-ouverts.
La camassie faux-scille est désignée espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition (LEVD) de l’Ontario. En 2002, le COSEPAC l’a désignée espèce menacée au Canada, statut qui été adopté au fédéral en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Elle est considérée comme une espèce préoccupante ou très rare (S1 ou S2) dans 8 des 25 États des États-Unis se trouvant dans son aire de répartition. Elle est cependant commune dans son aire de répartition principale, le bassin du fleuve Mississippi.
Tous les sites d’occurrence actuelle ou historique de la camassie faux-scille en Ontario se trouvent sur des îles dans l’ouest du lac Érié et la rivière Détroit, dans le sud-ouest du comté d’Essex. D’après des relevés visant l’espèce réalisés en 2001 et les visites ultérieures des sites, cinq occurrences actuelles sont grandes (de 2000 à plus de 5000 individus) et sont considérées comme stables. On croit que les dommages causés à l’habitat par des cormorans à aigrettes nichant en colonie auraient détruit deux occurrences depuis deux décennies, et une autre occurrence a été gravement touchée, mais s’est rétablie depuis qu’on a commencé à appliquer des mesures de gestion du cormoran au site. Une sous-population sur l’île Pelée a également disparu depuis 15 ans en raison du défrichage. Les deux populations historiques disparues ont également été perdues en raison de l’aménagement du terrain.
Le but du rétablissement est de maintenir des populations autosuffisantes et viables de camassies faux-scilles et, s’il y a lieu, d’en établir aux sites existants et aux sites historiques convenables dans le sud de l’Ontario. Bien que les occurrences actuelles semblent avoir des populations stables, il peut être nécessaire d’intervenir pour les empêcher de diminuer en raison des impacts causés par le cormoran ou d’éventuels aménagements de terrains privés.
Voici les objectifs de rétablissement :
- Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario
- Déterminer la répartition et l’abondance actuelles des populations de camassies faux-scilles en Ontario par des travaux d’inventaire et de suivi visant également d’autres espèces végétales en péril de la forêt carolinienne
- Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie et l’habitat de l’espèce, ainsi que sur les menaces qui pèsent sur elle
- Déterminer la faisabilité de la réintroduction et réintroduire des populations de camassies faux-scilles dans les sites historiques convenables et dans l’habitat de rétablissement
- Préparer et diffuser des renseignements sur les bonnes pratiques de gestion de l’espèce
Il est recommandé d’utiliser l’approche fondée sur les milieux occupés par l’espèce pour définir l’aire devant faire l’objet d’un règlement à titre d’habitat en vertu de la LEVD. Comme la camassie faux-scille n’occupe pas tout l’habitat apparemment convenable à ses quelques sites existants en Ontario, il est recommandé de prescrire les zones occupées par l’espèce et l’habitat adjacent nécessaire à la dispersion et à l’expansion des populations comme habitat de l’espèce dans le règlement. L’aire prescrite devrait comprendre tout le polygone d’écosite de la classification écologique des terres (CET), cartographié par un biologiste, un écologiste ou une autre personne qualifiée, dans lequel une population se trouve.
Comme la camassie faux-scille est parfois cultivée, il est recommandé d’en exclure les populations horticoles du règlement sur l’habitat.
1 Renseignements généraux
1.1 Évaluation et statut de l’espèce
Nom commun : Camassie faux-scille
Nom scientifique : Camassia scilloides
Statut selon la LEPO : Espèce menacée
Historique du statut selon la LEPO : Espèce menacée (2004)
Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce menacée (2002), espèce préoccupante (1990)
Annexe 1 de la LEP : Espèce menacée
Cotes de conservation : COTE G : G4G5 COTE N : N2 COTE S : S2
Le glossaire présente les définitions de termes techniques, y compris les abréviations mentionnées ci-haut.
1.2 Description et biologie de l’espèce
Description de l’espèce
La camassie faux-scille (Camassia scilloides) est une plante vivace de la famille des Liliacées qui produit des fleurs voyantes au printemps (Gould, 1942). Elle se développe à partir d’un bulbe et présente des feuilles basales, linéaires et carénées. Sa tige peut atteindre 70 cm de haut et porter jusqu’à 100 fleurs bleu pâle ou blanches en forme d’étoile, munies de six pétales et d’anthères jaunes (Gould, 1942; Gleason et Cronquist, 1991).
Biologie de l’espèce
Au Canada, la camassie faux-scille fleurit du milieu à la fin de mai lorsque les insectes pollinisateurs sont abondants. Les insectes qu’on a observés visiter ses fleurs par temps ensoleillé comprennent des papillons (superfamille Papilionoidea), des bourdons (Bombus spp.), des abeilles halictes (Agapostemon spp.), de petites abeilles solitaires (mégachilidés), des bombyles (bombyliidés) et des syrphes (syrphidés), mais les fleurs sont peu ou pas visitées lorsque le temps est nuageux ou pluvieux (COSEWIC, 2002). Comme les autres plantes printanières éphémères, la camassie faux-scille perd ses feuilles et sa hampe florale avant le milieu de l’été.
Les graines produites en abondance par des capsules sèches germent le printemps suivant. Certaines capsules tombent avant de s’ouvrir, ce qui laisse croire que les graines ne sont dispersées très loin. Les graines dures et sèches ne semblent pas attrayantes pour les agents de dispersion forestiers, comme les fourmis. Une parcelle d’habitat peut contenir plusieurs colonies denses de camassies faux-scilles. On ignore les mécanismes de dispersion qui permettent la création d’une nouvelle colonie (COSEWIC, 2002).
Il semble que la reproduction végétative par rejets du bulbe ne se produise pas souvent chez les populations canadiennes (Oldham, 1990; COSEWIC, 2002). Lors des travaux de terrain pour le rapport COSEWIC (2002), on a déterré les bulbes d’un groupe de camassies faux-scilles pour déterminer s’il y avait des signes de croissance de la population par reproduction végétative : aucun rejet de bulbe ni bulbille n’a été observé. Toutefois, de nombreux petits bulbes étaient présents parmi les bulbes matures, mais nettement séparés de ces derniers, de sorte qu’on peut penser qu’il s’agissait d’individus d’âges différents. La présence au sein d’une même colonie de fleurs de différentes couleurs (blanches, bleu très pâle et bleu pâle) témoigne d’une variabilité génétique à laquelle on ne s’attendrait pas chez des populations s’étant développées uniquement par voie végétative (COSEWIC, 2002).
La camassie faux-scille vit sans doute longtemps, car la camassie quamash (Camassia quamash) de l’ouest de l’Amérique du Nord qui lui est étroitement apparentée a une durée de vie de 15 à 20 ans (Stevens et al., 2001). D’après les différentes observations faites en Ontario au fil des décennies, les emplacements occupés par la camassie faux-scille ont peu changé (COSEWIC, 2002).
On a observé divers insectes pollinisateurs fréquentant la camassie faux-scille; il s’agit sans doute d’une relation symbiotique dans laquelle la plante fournit de l’énergie alimentaire aux pollinisateurs qui en retour assurent l’échange de gènes de la plante. Comme les camassies (Camassia spp.) constituaient un aliment de base pour les peuples autochtones de l’Amérique du Nord, elles jouaient un important rôle socioécologique dans des écosystèmes fonctionnels avant l’arrivée des colons européens (voir p. ex. Garibaldi et Turner, 2004).
1.3 Répartition, abondance et tendances démographiques
La camassie faux-scille est présente à l’état sauvage dans le sud-est et le centre-ouest des États-Unis, son aire de répartition étant centrée sur le bassin hydrographique du fleuve Mississippi. On la trouve depuis le nord-ouest de la Géorgie jusqu’à l’est du Texas et, vers le nord, jusqu’à son aire de répartition canadienne extrêmement limitée sur des îles du lac Érié, en Ontario. L’ouest du lac Érié et le sud du Wisconsin constituent les limites nord-est et nord-ouest, respectivement, de son aire de répartition.
La conservation de la camassie faux-scille est préoccupante en Ontario et dans presque tous les États américains où son statut a été évalué. Elle est désignée espèce en voie de disparition en Pennsylvanie et au Wisconsin et espèce menacée au Michigan et en Caroline du Nord (USDA, 2012). Elle est également désignée espèce menacée au Canada en vertu de la Loi sur les espèces en péril et en Ontario en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition. NatureServe (2012) la classe comme « gravement en péril » (S1) en Caroline du Nord et en Pennsylvanie, « en péril » (S2) en Ontario, en Géorgie, en Iowa, au Michigan, en Caroline du Sud, en Virginie et au Wisconsin, « en péril à vulnérable » (S2S3) au Mississippi, « vulnérable » (S3) en Louisiane et « vulnérable à apparemment non en péril » (S3S4) en Illinois. Elle est considérée comme « apparemment non en péril (S4) au Kentucky et en Virginie occidentale (NatureServe, 2012). Selon NatureServe (2012), aucune cote de conservation ne lui a été attribuée au Missouri, au Kansas, au Tennessee, au Texas et en AlabamaNote de bas de page 14.
Tous les sites d’occurrence actuelle ou historique de la camassie faux-scille en Ontario se trouvent sur des îles dans l’ouest du lac Érié et la rivière Détroit, dans le comté d’Essex (COSEWIC, 2002; NHIC, 2006). Une mention historique de l’espèce sur la terre ferme du parc national de la Pointe-Pelée concerne des individus qui auraient été plantés (PCA, 2011a). D’après des relevés détaillés de l’espèce effectués entre 2001 (COSEWIC, 2002) et 2012 (PCA, 2011b; McFarlane, comm. pers., 2012), cinq occurrences actuelles comptent un nombre relativement élevé d’individus (de 2000 à plus de 5000). En raison des dommages causés par le cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus) nichant en colonie, les populations des îles East Sister et Middle Sister semblent avoir disparu. La population de l’île Middle est passée d’environ 5000 individus en 1988 à moins de 865 (dont 700 à l’état végétatif) en 2001, puis à moins de 500 en 2003 (North-South Environmental, 2004), avant de remonter à environ 4000 individus en 2008, année où l’on a commencé à gérer la population de cormorans au site.
Rien n’indique que la camassie faux-scille ait jamais été commune en Ontario. Oldham (1990) a estimé qu’à la fin des années 1980, la population totale en Ontario était de 14 000 à 16 000 individus, sans compter la grande population de l’île Hen qui n’avait pas été dénombrée. Un inventaire mené en 2001 à tous les sites connus de l’espèce avec l’aide de bénévoles compétents a donné un dénombrement total de 21 212 individus en floraison (COSEWIC, 2002), ce qui indique que les populations sont relativement dans la plupart des sites depuis quelques décennies. Toutefois, la disparition de la population de l’île East Sister apparemment attribuable aux dommages causés par le cormoran (COSEWIC 2002), ainsi que la perte de deux populations historiques et d’une sous-population de la pointe Fish attribuable à l’aménagement des terrains, portent à croire qu’il y a un déclin général à long terme de l’espèce dans la province.
La camassie (Camassia spp.) a un bulbe féculent comestible, et ses espèces présentes dans l’ouest de l’Amérique du (C. leichtlinii et C. quamash) constituait un aliment de base pour les Autochtones et les premiers explorateurs européens. De même, les peuples autochtones de la région du lac Érié consommaient sans doute la camassie faux-scille. Il est possible que ces gens aient intentionnellement ou fortuitement introduit l’espèce sur les îles du lac Érié (COSEWIC, 2002), ce qui pourrait donner des indications quant à la capacité de l’espèce à persister ou à accroître ses populations en Ontario. Des bulbes de camasssie, habituellement d’une espèce de l’ouest, sont faciles à trouver dans les commerces de spécialités horticoles (COSEWIC 2002), ce qui nuirait à la « pureté » des populations indigènes en cas d’échanges génétiques.
| Comté | Site | Cote de qualitée | Dernière observ. | Statut | Remarques |
|---|---|---|---|---|---|
| Essex | Île Hen, lac Érié | Af | 2001 | Une population; 5680 individus (ind.). | Terrain privé; des espèces envahissantes constituent une menace. |
| Essex | Pointe Middle | A | 2011 | Deux sous-pop.; 4862 ind. en 2001; population semblable ou légèrement plus élevée en 2011. | Terrain appartenant à Conservation de la nature Canada (CNC); la population semble croître; aucune menace immédiate. McFarlane (comm. pers., 2012) a découvert une population de 10 à 15 individus, non documentée auparavant, qui serait menacée par la pervenche (Vinca minor) sur une terre privée à l’est du chemin East Shore. |
| Essex | Alvar du chemin Stone | A | 2001 | Cinq ou six sous-pop. (Woodliffe, comm. pers., 2011); 4485 ind. | La majeure partie du site est protégée comme réserve naturelle par divers organismes; les populations sur des terrains privés pourraient être menacées par l’aménagement des terrains. |
| Essex | Réserve naturelle provinciale Fish Point | A | 2001 | Deux sous-pop.; 2090 ind. | Une sous-pop. sur un terrain privé a disparu en raison du développement résidentiel; les autres sont protégées dans la réserve naturelle provinciale. |
| Essex | Île Middle | B | 2008 | ~4000 ind. (PCA, 2011b). | Terrain acquis par CNC en 2001 et maintenant géré par le parc national de la Pointe-Pelée; le cormoran à aigrettes fait l’objet d’une gestion visant à en réduire les impacts. |
| Essex | Île Middle Sister | Fg | 2001, 2011 | Une sous-pop.; 3230 ind. en 2001, mais aucun observé en 2011. | Terrain privé; peut-être menacée par l’aménagement du terrain. Selon des observations sommaires faites en 2011, la population serait disparue; l’île est couverte d’excréments de cormorans, et la seule végétation herbacée qui reste est un peuplement de phytolaques d’Amérique (Phytolacca americana) (PCA, 2011b). |
| Essex | Île East Sister | Hh | 1985 | Aucun individu trouvé en 2001; pop. présumée disparue. | Réserve naturelle provinciale; habitat très endommagé par une colonie de nidification du cormoran à aigrettes. |
| Essex | Île North Harbour | X | 1948 | Pop. présumée disparue. | Terrain privé. La majeure partie de l’île est maintenant une vaste pelouse; une recherche détaillée en 1987 n’a pas permis de trouver l’espèce. |
| Essex | Île Bois-Blanc, rivière Détroit (White Island, à l’ouest d’Amherstberg) | X | 1882 | Pop. présumée disparue. | Terrain privé. Toutes les recherches récentes (au moins jusqu’en 1999) n’ont pas permis de trouver l’espèce; la majeure partie de l’île est maintenant un parc d’attractions (COSEWIC, 2002). |
e La cote de qualité est attribuée par le Centre d’information sur le patrimoine naturel (NHIC : Natural Heritage Information Centre) selon la viabilité prédite de l’occurrence : A - Excellente, B - Bonne, C - Passable, D - Probablement non viable; E - Existence vérifiée, F - Population cherchée, mais pas trouvée, H - Occurrence historique, X - Population disparue.
f La cote E attribuée par NHIC (2006) doit être remplacée par une cote A.
g La cote A attribuée par NHIC (2006) doit être remplacée par une cote F.
h La cote C attribuée par NHIC (2006) doit être remplacée par une cote H.
1.4 Besoins en matière d’habitat
Au Canada, la camassie faux-scille est restreinte à des îles à l’extrémité ouest du lac Érié, dans une région où le climat est tempéré par ce grand plan d’eau. Il s’agit d’une région qui présente une des plus longues saisons de croissance en Ontario, le plus d’unités thermiques au Canada, ainsi que des étés relativement secs par rapport au reste du sud de l’Ontario. La camassie faux-scille occupe des stations partiellement ou modérément ombragées dans des forêts claires de feuillus et des broussailles d’aubépines. Les riches loams argileux de Farmington (Richards et al., 1949) et sols organiques dans cet habitat sont peu profonds, et le substratum calcaire se trouve près de la surface (COSEWIC, 2002).
En Ontario, les occurrences actuelles de la camassie faux-scille se trouvent dans des forêts basses sur sol argileux humide, ainsi que dans des forêts broussailleuses sèches sur sol rocailleux peu profond à substratum calcaire (Oldham, 1990). Les occurrences de l’alvar du chemin Stone se trouvent dans une arbustaie sur alvar, une savane à frêne bleu, à chêne jaune et à micocoulier, une forêt de frênes rouges et de chênes bicolores, une forêt de caryers ovales et une savane à micocoulier et à aubépine. À la pointe Middle, les milieux où la camassie faux-scille est présente sont décrits comme une forêt de micocouliers et d’érables, une forêt de micocouliers, une riche forêt de micocouliers, des bois sur sol humide et des bois sur sol rocailleux. Aux autres occurrences, les arbres et arbustes dominants comprennent le frêne rouge (Fraxinus pennsylvanica), l’aubépine duveteuse (Crataegus mollis) et le micocoulier occidental (Celtis occidentalis), avec le caryer ovale (Carya ovata), le chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa) et l’érable à sucre (Acer saccharum) à l’étage supérieur (Oldham, 1990). Les herbacées présentes dans ces sites comprennent la floerkée fausse-proserpinie (Floerkia proserpinacoides), la benoîte du Canada (Geum canadense), la benoîte printanière (Geum vernum), l’alliaire officinale (Alliaria petiolata), la renoncule abortive (Ranunculus abortivus), la vigne vierge (Parthenocissus sp.), l’impatiente du Cap (Impatiens capensis), l’osmorhize à long style (Osmorhiza longistylis), le gaillet gratteron (Galium aparine), le phlox divariqué (Phlox divaricatus), l’aster de Short (Aster shortii), l’ail du Canada (Allium canadense), l’érythrone blanchâtre (Erythronium albidum) et l’hydrophylle de Virginie (Hydrophyllum virginianum) (Oldham, 1990). L’habitat de l’occurrence historique de l’île Bois-Blanc, dans la rivière Détroit, a été décrit comme des « prés humides ».
Aux États-Unis, l’espèce est également présente dans des forêts de plaine d’inondation au sol plus profond; on la considère comme une espèce « de sols de prairie humides et d’emprises de routes et de voies ferrées » au Wisconsin (WDNR, 2006) et comme une espèce « de prairies, de clairières et de forêts clairsemées » (CCM, 2006). D’après des sources publiées et des données d’herbiers, Oldham (1990) énumère les types d’habitat suivants pour les occurrences aux États-Unis : pré de prairie; prairies légèrement sèches à humides; forêts clairsemées; clairières ou affleurements calcaires dans des forêts au sol rocailleux; forêts ou prés humides; prairies de collines et prairies de chemin de fer; orées de bois, particulièrement sur des sols calcaires; forêts de plaine d’inondation et forêts riveraines; pentes boisées escarpées sur sol calcaire rocailleux; forêts de micocouliers; plaines alluvionnaires et berges de cours d’eau; vestiges de prairie humide-mésique en bordure de routes; prés humides; bords de routes herbeux; chênaies sur pentes abruptes; flancs de collines sur sol calcaire; forêts basses de chênes, de genévriers de Virginie et de micocouliers; points les plus bas et les plus humides de la prairie; basses crêtes de calcaire, prairie; forêts au sol riche et humide.
En milieu horticole, les Camassia tolèrent une vaste gamme d’habitats et d’humidité du sol et poussent bien dans tout sol fertile humide, mais pas saturé au printemps (Oldham, 1990). Les plantes de ce genre ne semblent pas souffrir de la sécheresse l’été et semblent pousser le mieux en plein soleil (Oldham 1990), bien que, selon UTLBJWC (2012), elles préfèrent l’ombre ou l’ombre partielle.
1.5 Facteurs limitatifs
Sur les îles du lac Érié, où les extrêmes de température sont atténués et la saison de croissance est allongée en raison de l’effet modérateur des eaux du lac, la camassie faux-scille se trouve à la limite nord de son aire de répartition. Cette situation laisse croire que le climat serait un facteur qui limite l’expansion de l’aire de répartition de l’espèce en Ontario. Comme la présence d’une population indigène n’a jamais été confirmée sur la terre fermeNote de bas de page 15, les eaux du lac ont peut-être également restreint l’expansion de la population (des Autochtones ayant peut-être introduit l’espèce sur les îles, tel que mentionné plus haut). La structure démographique des populations, abordée plus haut, et le groupement des individus en colonies portent à croire que l’espèce a une capacité limitée de se disperser sur de grandes distances.
Selon Macior (1978), la camassie faux-scille dépend exclusivement d’insectes pour sa pollinisation, ce qui constituerait un facteur limitatif important si les populations de ses pollinisateurs diminuaient.
Bien que la camassie faux-scille ait une vaste répartition géographique, le fait qu’elle soit considérée comme rare dans de nombreux territoires (NatureServe, 2012) de son aire de répartition donne à penser qu’elle aurait certaines limitations biologiques ou limitations en matière d’habitat inconnues jusqu’ici. Par contre, le fait qu’elle puisse croître au bord de routes ou de voies ferrées dans certaines parties de son aire de répartition (WDNR, 2006) indiquerait qu’elle peut profiter d’un niveau modéré de certains types de perturbations si les autres facteurs écologiques lui sont favorables.
1.6 Menaces à la survie et au rétablissement
Menaces connues
Espèces indigènes hyperabondantes
L’explosion des populations de cormorans à aigrettes du lac Érié depuis le début des années 1980 constitue une des principales menaces pour la survie de la camassie faux-scille au Canada. Les populations de bernaches du Canada ont également beaucoup augmenté dans le sud de l’Ontario durant cette période (CWS, 2012). Les cormorans nichent en grandes colonies (plus de 5000 individus) qui endommagent gravement les arbres et la végétation au sol à proximité. Le piétinement de camassie faux-scilles par des bernaches du Canada constitue un important impact récent sur la population de l’île Middle (PCA 2011b). Woodliffe (comm. pers., 2009) a également observé des bernaches brouter des camassie faux-scilles, mais on ignore la gravité de cet impact. De plus, les excréments riches en ammoniac des cormorans ont détruit une bonne partie de la végétation indigène de sous-étage, créant des conditions propices à une rapide colonisation par des espèces végétales très compétitives comme le phytolaque d’Amérique Pokeweed (Phytolacca americana) et l’ortie dioïque (Urtica dioica ssp. dioica) (Jalava et al., 2008b). Toutefois, de récents travaux visant à contrôler les cormorans et les bernaches du Canada à l’île Middle semblent avoir permis un rétablissement important de la population de camassies faux-scille de l’île (PCA, 2011b). Comme les cormorans préfèrent nicher sur de petites îles isolées abritant peu de prédateurs, de sorte qu’on peut présumer que la population de l’île Hen serait beaucoup plus susceptible de subir l’impact de ces oiseaux que les occurrences de l’île Pelée.
La hausse de l’abondance des cormorans à aigrettes est un phénomène récent attribuable à des facteurs anthropiques. L’expansion de leur aire de répartition aux Grands Lacs à partir de l’ouest au début du XXe siècle était probablement liée à une hausse de l’abondance de leurs poissons-proies attribuable aux déclins des espèces de poissons prédateurs causés par la surpêche commerciale, l’introduction de la lamproie marine et d’autres facteurs (Environment Canada, 2006). Une baisse importante des populations de cormorans s’est produite des années 1950 aux années 1970 en raison de la bioaccumulation de produits chimiques toxiques et de leur persécution directe par les pêcheurs qui croyaient que les cormorans se nourrissaient de juvéniles d’espèces de poissons d’intérêt commercial ou sportif. Les populations de cormorans ont commencé à se rétablir graduellement dans les années 1970, après l’adoption de règlements limitant la production de DDT et interdisant son utilisation en Amérique du Nord, et ont augmenté rapidement à compter de la fin des années 1980. Aux États-Unis, la protection fédérale du cormoran en vertu du Migratory Bird Treaty Act en 1972 ainsi que l’expansion de l’industrie aquacole et la construction de réservoirs dans le sud-est du pays sont considérées comme des facteurs importants du rétablissement (USFWS, 2012). L’introduction du gobie à taches noires et d’autres espèces-proies dans les Grands Lacs inférieurs a peut-être également favorisé les cormorans depuis quelques décennies. De plus, la réduction de la turbidité de l’eau des lacs en raison attribuable aux moules introduites a sans doute permis aux cormorans de mieux voir leurs proies.
Développement résidentiel
Deux occurrences historiques de la camassie faux-scille (îles Bois-Blanc et North Harbour) ont disparu en raison du défrichage pour le développement résidentiel et autre (COSEWIC, 2002). L’habitat d’une population occupant du terrain zoné résidentiel à la pointe Fish (pointe Mosquito), sur l’île Pelée, a été défriché pour la construction de chalets avant que la camassie faux-scille ne soit désignée espèce menacée. Les occurrences sur des terrains privés sur le chemin Stone et la pointe Middle ne se trouvent pas près du littoral, où la construction de chalets est plus probable; comme elles sont maintenant presque entièrement situées dans des aires de conservation privées ou publiques, elles ne seront probablement pas touchées par cette menace.
Espèces exotiques ou envahissantes
L’invasion de l’habitat de la camassie faux-scille par des espèces exotiques est souvent liée à d’autres menaces, comme les colonies de cormorans, le développement résidentiel, l’exploitation forestière, les routes et sentiers et d’autres perturbations. Les espèces végétales exotiques envahissantes font concurrence aux espèces indigènes pour des ressources limitées. Leur présence modifie la composition générale des communautés écologiques et peut nuire à d’autres types d’organismes, notamment les insectes pollinisateurs. Des espèces envahissantes constituent un problème pour l’occurrence de l’île Middle et celle (probablement disparue) de l’île East Sister (COSEWIC 2002, Jalava et al. 2008b). L’alliaire officinale et l’érable de Norvège envahissent les boisés près de la population de la pointe Middle (COSEWIC, 2002), mais pas au site d’occurrence; la lutte contre les espèces envahissantes constitue d’ailleurs une des priorités de gestion pour cette occurrence (McFarlane, comm. pers., 2012). Des espèces envahissantes ont causé de « graves impacts » aux espèces de Camassia de l’ouest dans les écosystèmes à chêne de Garry de l’île de Vancouver (Garibaldi et Turner, 2004).
Récemment arrivé sur l’île Pelée, l’agrile du frêne y a causé le dépérissement de diverses espèces de frênes. Le frêne est une des essences dominantes sur l’île Pelée, et son dépérissement a ouvert le couvert forestier, de sorte que les populations de ronces et de vignes (particulièrement Parthenocissus spp., Rubus spp., Rhus spp. et Smilax spp.) ont beaucoup augmenté. Aux sites dont le couvert forestier a été réduit, la luminosité accrue en sous-étage pourrait nuire à camassie faux-scille (Anonyme, 2011).
Menaces potentielles
Piétinement
Le piétinement d’individus par des humains n’a pas été mentionné comme menace qui pèse sur la camassie faux-scille au Canada. Cette menace potentielle existe cependant à tous les sites accessibles sur l’île Pelée, même s’il est interdit de quitter les sentiers dans la réserve naturelle provinciale et d’autres sites protégés. On ignore dans quelle mesure les plaisanciers visitent les plus petites îles du lac Érié, mais ils ne le font sans doute que relativement peu fréquemment. Le piétinement peut endommager directement les individus, perturber l’habitat et créer des conditions favorables à l’invasion d’espèces exotiques. À l’heure actuelle, le piétinement devrait être considéré comme une menace relativement mineure. Comme il a été mentionné plus haut, le piétinement par des bernaches du Canada endommageait les populations de l’île Middle avant la mise en place de mesures pour les en dissuader (Anonyme, 2011; PCA, 2011b).
Collecte à des fins horticoles
Comme la camassie faux-scille est une plante voyante aux belles fleurs printanières, elle présente un risque considérable d’être transplantée par des horticulteurs. Diverses espèces de Camassia sont faciles à trouver dans les commerces de spécialités horticoles spp.), mais les espèces de l’ouest et leurs cultivars sont les plus fréquemment vendues dans ces commerces en Amérique du Nord (COSEWIC, 2002). Aucun cas de collecte de camassies faux-scilles n’a été documenté en Ontario; par conséquent, cette menace est actuellement considérée comme relativement mineure.
Succession naturelle
Comme presque toutes les populations de camassies faux-scilles de l’Ontario se trouvent dans des habitats forestiers ouverts ou semi-ouverts, près d’ouvertures ou à la bordure de boisés, sans doute en raison des besoins de l’espèce en matière de luminosité, la succession naturelle menant à la fermeture du couvert pourrait rendre l’habitat non propice à l’espèce. Toutefois, certaines des plus grandes populations de l’Ontario se trouvent loin des bordures à l’intérieur de la forêt, sous un couvert forestier assez dense à la fin du printemps et tout au long de l’été. Essence dominante dans ces sites, le micocoulier occidental (Celtis occidentalis) est un des derniers arbres à débourrer, ce qui permet à la lumière du soleil d’atteindre le sol forestier durant la période de floraison maximale de la camassie faux-scille. Lorsque le sol devient très ombragé, la floraison est terminée et les semences sont déjà largement produites (Woodliffe, comm. pers., 2011).
1.7 Lacunes dans les connaissances
Pour mieux comprendre la situation et l’écologie de la camassie faux-scille en Ontario, il faut mener d’autres recherches permettant :
- de déterminer ce qui constitue une population autosuffisante viable en Ontario
- de déterminer, par des relevés et le suivi sur le terrain, la répartition et les effectifs des populations actuelles, particulièrement aux sites les plus dégradés
- de mieux comprendre les tendances des populations à l’échelle de la province et à chaque site
- de déterminer si les pratiques de gestion des colonies de cormorans à aigrettes actuellement recommandées répondent convenablement aux besoins des populations de camassies faux-scilles aux sites touchés
- de mieux définir les besoins de l’espèce en matière d’habitat en Ontario
- de déterminer le niveau de menace que présentent le développement résidentiel et l’aménagement forestier sur les sites situés sur des terrains privés
- de mieux comprendre la gravité relative et l’importance des menaces potentielles ou mal connues comme les espèces envahissantes, le piétinement et la collecte à des fins horticoles
- de mieux comprendre la biologie de reproduction de la camassie faux-scille (dormance, viabilité et germination des graines; structure du réservoir de semences dans le sol; méthodes de pollinisation et pollinisateurs), sa dispersion (mécanismes et distances) et son établissement (conditions écologiques, pression minimale de propagules)
- de documenter les bonnes pratiques de gestion (p. ex. voir Franken et al. [2009] sur les effets possibles du brûlage dirigé)
- de comprendre les besoins en matière d’établissement de l’espèce et la faisabilité de sa réintroduction dans ses sites historiques
1.8 Mesures de rétablissement achevées ou en cours
En 2001, une équipe de bénévoles a entrepris un relevé exhaustif des populations actuelles et historiques connues de camassies faux-scilles (COSEWIC 2002).
La gestion passive est la pratique normale aux réserves naturelles provinciales (île East Sister et pointe Fish), et aucune gestion particulière de la camassie faux-scille n’est prévue dans le plan directeur pour la pointe Fish (Ontario Parks, 2005), dans lequel l’espèce est indiquée à tort comme étant désignée espèce préoccupante. L’alvar du chemin Stone est une réserve naturelle constituée de terrains appartenant à la Federation of Ontario Naturalists (Ontario Nature), à Conservation de la nature Canada (CNC) et à l’Office de protection de la nature de la région d’Essex (OPNRE); sur les terrains d’Ontario Nature et de l’OPNRE, les travaux de gestion comprennent des brûlages dirigés visant à empêcher la succession naturelle menant à l’empiètement d’arbustes sur les communautés de savane (Ontario Nature, 2006).
Les responsables du parc national de la Pointe-Pelée gèrent l’île Middle pour en protéger le patrimoine naturel. En 2008, on y a lancé un programme de contrôle du cormoran à aigrettes afin de réduire les impacts de sa colonie de nidification sur la végétation et les espèces en péril du site.
Dans le plan de conservation des aires naturelles de CNC pour les îles de l’ouest du lac Érié, l’habitat de la camassie faux-scille constitue une des principales priorités de conservation. CNC a récemment fait l’acquisition du terrain abritant la principale population de la pointe Middle et d’un autre abritant une des sous-populations de l’alvar du chemin Stone et effectue des relevés, du suivi et de la gestion de la camassie faux-scille à ces sites (McFarlane, comm. pers., 2012).
En 2007, Waldron (comm. pers., 2012) a inventorié la flore et la faune de l’île Bois-Blanc, mais n’y a observé aucune camassie faux-scille. Toutefois, certains secteurs de la partie sud de l’île pourraient soutenir une population de camassies faux-scilles. Certains de ces secteurs relèvent du gouvernement fédéral, bien que l’Office de protection de la nature de la région d’Essex est responsable de leur gestion. Selon Waldron (comm. pers., 2012), ces secteurs pourraient constituer des sites de réintroduction convenables.
2 Rétablissement
2.1 But du rétablissement
Le but du rétablissement est de maintenir des populations autosuffisantes et viables de camassies faux-scilles et, s’il y a lieu, d’en établir aux sites existants et aux sites historiques convenables dans le sud de l’Ontario.
Il faut au moins plusieurs populations robustes reproductrices pour assurer la viabilité à long terme de l’espèce en Ontario. Le maintien des populations existantes à leur effectif actuel, sans autre perte d’habitat, ainsi que le réétablissement des populations des îles East Sister et Middle Sister, s’il est possible de restaurer l’habitat de rétablissementNote de bas de page 16 à ces sites affectés par les cormorans, assureraient probablement la viabilité de la camassie faux‑scille en Ontario. Il est recommandé d’effectuer une analyse de viabilité des populations pour confirmer cette supposition. Étant donné l’ampleur de la conversion des terres dans l’aire de répartition historique de l’espèce en Ontario, les possibilités de réétablir les populations sont limitées.
2.2 Objectifs en matière de protection et de rétablissement
| No | Objectif en matière de protection ou de rétablissement |
|---|---|
| 1 | Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario. |
| 2 | Déterminer la répartition et l’abondance actuelles des populations de camassies faux-scilles en Ontario par des travaux d’inventaire et de suivi visant également d’autres espèces végétales en péril de la forêt carolinienne. |
| 3 | Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie et l’habitat de l’espèce, ainsi que sur les menaces qui pèsent sur elle. |
| 4 | Déterminer la faisabilité de la réintroduction et réintroduire des populations de camassies faux-scilles dans les sites historiques et dans l’habitat de rétablissement. |
| 5 | Préparer et diffuser des renseignements sur les bonnes pratiques de gestion de l’espèce. |
2.3 Méthodes de rétablissement
| No. | Priorité relative | Échéance relative | Volet du rétablissement | Méthode de rétablissement | Menaces ou lacunes dans les connaissances visées |
|---|---|---|---|---|---|
| 1. Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario | Critique | Court terme | Gestion | 1.1 Appliquer les bonnes pratiques de gestion visant à réduire les impacts du cormoran, en les adaptant au besoin. | Impacts du cormoran à aigrettes. |
| 1. Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario | Nécessaire | Court terme | Protection | 1.2 Déterminer les effets positifs et négatifs des pratiques d’utilisation et de gestion des terres. | Toutes les menaces liées aux utilisations du site et des terrains adjacents. |
| 1. Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario | Nécessaire | Court terme | Protection | 1.3 Relever les sites menacés par un éventuel aménagement du terrain, s’assurer de bien cartographier l’habitat et de bien le protéger par réglementation, intendance, servitude ou acquisition. | Toutes les menaces liées aux utilisations du site et des terrains adjacents. |
| 1. Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario | Nécessaire | Court terme | Protection | 1.4 Élaborer de bonnes pratiques de gestion pour maintenir l’habitat de la camassie faux-scille. | Toutes les menaces liées aux utilisations du site et des terrains adjacents. |
| 1. Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario | Nécessaire | Court terme | Protection | 1.5 Encourager et soutenir les intendants de terrains privés et les gestionnaires de terres publiques dans leur mise en œuvre de bonnes pratiques de gestion. | Toutes les menaces liées aux utilisations du site et des terrains adjacents. |
| 1. Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario | Bénéfique | Court terme | Gestion | 1.6 Éclaircir la propriété des terrains abritant certaines populations afin de déterminer les options en matière d’intendance ou d’acquisition de terres à des fins de préservation. | Toutes les menaces liées aux utilisations du site et des terrains adjacents. |
| 1. Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario | Bénéfique | Long terme | Intendance | 1.7 Déterminer si la restauration ou la remise en état de l’habitat des occurrences historiques et de l’habitat de rétablissement est faisable. | Vulnérabilité due à de faibles populations et au faible nombre d’occurrences. |
| 1. Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario | Bénéfique | Long terme | Intendance | 1.8 Déterminer et appliquer les meilleures méthodes de lutte contre les espèces exotiques et envahissantes aux sites dégradés. | Colonies de nidification du cormoran à aigrettes; espèces exotiques ou envahissantes; piétinement. |
| 1. Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario | Bénéfique | Long terme | Intendance | 1.9 Intégrer la planification de la restauration et les mesures de rétablissement au plan de conservation des aires naturelles de CNC et aux programmes d’autres organismes partenaires. | Colonies de nidification du cormoran à aigrettes; espèces exotiques ou envahissantes; piétinement. |
| 1. Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario | Bénéfique | Long terme | Protection | 1.10 Relever d’importants sites à protéger dans le cadre du programme général de rétablissement de la forêt carolinienne (Jalava et al., 2008a, 2009). | Aménagement des terres; foresterie. |
| 1. Protéger et gérer l’habitat afin de maintenir les populations existantes en Ontario | Bénéfique | Long terme | Protection | 1.11 Protéger d’importants sites en les acquérant ou en instaurant des servitudes. | Aménagement des terres; foresterie. |
| 2. Déterminer la répartition et l’abondance actuelles des populations de camassies faux-scilles en Ontario par des travaux d’inventaire et de suivi visant également d’autres espèces végétales en péril de la forêt carolinienne | Critique | Court terme | Inventaire, suivi et évaluation | 2.1 Aux 3 à 5 ans, dénombrer chaque population, en caractériser l’habitat et évaluer les menaces. | Lacunes dans les connaissances liées à la situation de l’espèce. |
| 2. Déterminer la répartition et l’abondance actuelles des populations de camassies faux-scilles en Ontario par des travaux d’inventaire et de suivi visant également d’autres espèces végétales en péril de la forêt carolinienne | Nécessaire | Court terme | Inventaire, suivi et évaluation | 2.2 Identifier et examiner tout autre site qui présente de l’habitat potentiellement convenable. | Lacunes dans les connaissances liées à la situation de l’espèce. |
| 2. Déterminer la répartition et l’abondance actuelles des populations de camassies faux-scilles en Ontario par des travaux d’inventaire et de suivi visant également d’autres espèces végétales en péril de la forêt carolinienne | Nécessaire | Court terme | Inventaire, suivi et évaluation | 2.3 Élaborer une stratégie de suivi de la camassie faux-scille (annexe 1). | Toutes les menaces. Lacunes dans les connaissances pour mieux comprendre la situation de l’espèce. |
| 2. Déterminer la répartition et l’abondance actuelles des populations de camassies faux-scilles en Ontario par des travaux d’inventaire et de suivi visant également d’autres espèces végétales en péril de la forêt carolinienne | Nécessaire | En permanence | Inventaire, suivi et évaluation | 2.4 Appliquer le protocole de suivi de l’espèce aux 3 à 5 ans dans le cadre du suivi des autres espèces prioritaires du programme général de rétablissement de la forêt carolinienne (Jalava et al., 2008a, 2009). | Toutes les menaces. Lacunes dans les connaissances pour mieux comprendre la situation de l’espèce. |
| 3. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie, l’habitat et les menaces | Critique | Court terme | Recherche | 3.1 Déterminer dans quelle mesure les colonies de cormorans à aigrettes doivent être gérées pour assurer la viabilité de la camassie faux-scille. | Impacts du cormoran à aigrettes. |
| 3. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie, l’habitat et les menaces | Nécessaire | Court terme | Recherche | 3.2 Déterminer si la succession naturelle nuit aux populations. | Succession naturelle. |
| 3. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie, l’habitat et les menaces | Nécessaire | Long terme | Recherche | 3.3 Mobiliser des universitaires pour qu’ils étudient la biologie de reproduction de la camassie faux-scille (dormance, viabilité et germination des graines; structure du réservoir de semences dans le sol; méthodes de pollinisation et pollinisateurs), sa dispersion (mécanismes et distances) et son établissement (conditions écologiques, pression minimale de propagules)i. | Lacunes dans les connaissances sur la biologie de reproduction, la dispersion et l’établissement. |
| 3. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie, l’habitat et les menaces | Nécessaire | Court terme | Inventaire, suivi et évaluation | 3.4 Effectuer une analyse de viabilité des populations. | Lacune dans les connaissances sur la population viable minimum. |
| 3. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie, l’habitat et les menaces | Nécessaire | Court terme | Recherche, Intendance | 3.5 Effectuer de la recherche pour déterminer les bonnes pratiques de gestion de la camassie faux-scille et de son habitat. | Toutes les menaces anthropiques; lacunes dans les connaissances sur la gestion de site. |
| 3. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie, l’habitat et les menaces | Bénéfique | Long terme | Recherche | 3.5 Déterminer si la camassie faux-scille est menacée par la collecte à des fins horticoles. | Collecte à des fins horticoles. |
| 3. Combler les lacunes dans les connaissances sur la biologie, l’écologie, l’habitat et les menaces | Bénéfique | Long terme | Éducation et sensibilisation | 3.6 Produire au besoin des documents d’éducation et de sensibilisation et les distribuer aux clubs horticoles et aux pépinières de plantes indigènes. | Collecte à des fins horticoles. |
| 4. Déterminer la faisabilité de la réintroduction et réintroduire des populations de camassies faux-scilles dans les sites historiques convenables et dans l’habitat de rétablissement | Bénéfique ou nécessaire | Long terme | Intendance | 4.1 Déterminer la faisabilité de la réintroduction de l’espèce d’après l’évaluation des menaces, l’étude de sa biologie et de son écologie et l’analyse de viabilité des populations. | Vulnérabilité due au faible nombre d’occurrences. |
| 4. Déterminer la faisabilité de la réintroduction et réintroduire des populations de camassies faux-scilles dans les sites historiques convenables et dans l’habitat de rétablissement | Bénéfique ou nécessaire | Long terme | Intendance | 4.2. Réintroduire la camassie faux-scille dans les sites historiques là où c’est possible. | Vulnérabilité due à la perte récente de quelques populations et au faible nombre d’occurrences qui restent. |
| 5. Préparer et diffuser des renseignements sur les bonnes pratiques de gestion de l’espèce | Nécessaire | Long terme | Intendance | 5.1 Produire des fiches d’information sur les meilleures pratiques de gestion et les distribuer aux propriétaires et gestionnaires de terrains qui contiennent de l’habitat de la camassie faux-scille, ainsi qu’aux clubs horticoles et aux jardineries. | Dommages à l’habitat causés par inadvertance; introduction d’espèces envahissantes; contamination génétique par des variétés non indigènes. |
i Ambrose (2012), ancien conservateur de l’arborétum de l’University of Guelph, a cultivé l’espèce en abondance à partir de graines semées l’automne dans une pépinière installée dans un boisé. Il estime que l’espèce peut être établie sans difficulté apparente, du moins dans des conditions contrôlées. Comme il s’agit d’une plante d’intérêt pour l’horticulture et la réintroduction, on trouve facilement de l’information sur la façon de l’établir (p. ex. Horvath et al., 2001; UTLBJWC, 2012)
Justification des méthodes de rétablissement
Afin d’établir l’ordre de priorité des activités de rétablissement, il faut obtenir à tous les sites d’occurrence actuelle des données à jour sur l’abondance de la population, les nombres d’individus fructifères et de semis, la longévité, la caractérisation et l’état de l’habitat ainsi que les menaces. La situation actuelle de toutes les populations doit être systématiquement vérifiée.
Pour accroître au maximum l’efficacité et réduire les coûts, il faut bien planifier les travaux d’inventaire et de rétablissement et, le cas échéant, les réaliser en même temps que ceux concernant les autres espèces prioritaires du programme général de rétablissement de la forêt carolinienne (Jalava, 2008a, 2009). Par exemple, il serait préférable que la ou les mêmes personnes effectuent l’inventaire et le suivi de plusieurs espèces présentes dans des sites voisins dans le cadre du même projet. Les méthodes de gestion des sites, d’intendance et d’atténuation des menaces devraient être élaborées en association avec celles pour d’autres espèces en péril de la forêt carolinienne qui ont des besoins semblables en matière d’habitat ou sur lesquelles pèsent des menaces semblables. De même, les sites à restaurer ou à protéger en priorité devraient être déterminés par une méthode d’analyse des lacunes qui tient compte de toutes les espèces prioritaires du programme de rétablissement de la forêt carolinienne (Jalava, 2008a, 2009).
2.4 Mesures de rendement
Les travaux de rétablissement seront évalués dans leur ensemble selon les critères suivants :
- Il n’y a aucune perte de population existante. Les populations augmentent ou sont stables (c.-à-d. dans une plage acceptable de fluctuation annuelle)
- L’habitat est identifié et cartographié
- Des produits de communication sont produits et distribués aux propriétaires et gestionnaires des terres concernées
- Les sites de mentions historiques et d’autre habitat potentiel ont fait l’objet de relevés exhaustifs
- Les sites pouvant être restaurés sont identifiés
- Aucune autre baisse de population attribuable aux impacts du cormoran ou à une perturbation anthropique (tel que déterminé d’après les données de suivi). Les menaces sont adéquatement atténuées
- La restauration de l’habitat a commencé là où c’est possible
- La réintroduction de l’espèce, le cas échéant, a commencé aux sites historiques restaurés et à d’autres sites qui s’y prêtent
Les mesures prises pour rétablir les populations de camassies faux-scilles et leur habitat de la forêt carolinienne seront évaluées en fonction d’étapes précises et des effets escomptés. L’évaluation consistera à déterminer si les mesures ont été prises telles que décrites et si elles ont eu les effets escomptés.
2.5 Aire à considérer pour l’élaboration du règlement sur l’habitat
En vertu de la LEVD, le programme de rétablissement doit comporter une recommandation au ministre des Richesses naturelles concernant l’aire qui devrait être prise en considération lors de l’élaboration d’un règlement sur l’habitat. Un tel règlement est un instrument juridique qui prescrit une aire qui sera protégée à titre d’habitat de l’espèce. La recommandation énoncée ci-après par l’auteur sera l’une des nombreuses sources prises en compte par le ministre lors de l’élaboration du règlement sur l’habitat de cette espèce.
La camassie faux-scille a une répartition très limitée en Ontario, car il n’en existe actuellement qu’au plus six occurrences connues toutes situées sur les îles de l’ouest du lac Érié. En raison du nombre extrêmement faible d’occurrences, il est recommandé d’appliquer une approche de précaution à la définition de l’habitat de la camassie faux-scille.
Comme l’espèce est présente dans un large éventail d’habitats en Ontario et dans toute son aire de répartition, il est recommandé d’utiliser l’approche fondée sur les milieux occupés par l’espèce, plutôt qu’une définition générique de l’habitat, pour définir l’aire qui fera l’objet d’un règlement. Comme la camassie faux-scille n’occupe pas tout l’habitat apparemment convenable et qu’elle est présente dans moins de six sites, il est recommandé que l’aire faisant l’objet d’un règlement inclue suffisamment d’habitat convenable pour permettre la dispersion et l’expansion des populations. L’aire devrait également être de taille suffisante pour assurer que les activités humaines directes et à proximité ne nuisent pas aux populations.
Les zones occupées par les camassies faux-scilles ainsi que l’habitat environnant nécessaire à la dispersion et à l’expansion des populations devraient être prescrits à titre d’habitat par le règlement. L’aire prescrite devrait comprendre tout le polygone d’écosite de la classification écologique des terres (Lee et al., 1998; Lee, 2012), cartographié par un biologiste, écologiste ou autre personne qualifiée, dans lequel une population se trouve.
La définition de l’habitat au niveau de l’écosite plutôt que de l’écotype plus précis est prudente puisqu’elle tient compte de la nécessité de mieux comprendre les besoins de l’espèce en matière d’habitat. À mesure qu’on obtiendra de nouvelles données sur ces besoins et les caractéristiques propres au site, ces données devraient servir à préciser la définition de l’habitat, peut-être au niveau de l’écotype. L’analyse de viabilité des populations et de nouvelles données sur la biologie de reproduction et les besoins en matière de dispersion pourraient également améliorer la compréhension et la définition des besoins de l’espèce en matière d’habitat. En particulier, s’il est démontré qu’une superficie différente est nécessaire pour permettre la dispersion et l’expansion des populations, le règlement sur l’habitat devrait être modifié pour en tenir compte.
La camassie faux-scille a disparu de ses sites historiques surtout en raison de la perte d’habitat, mais il semble avoir de l’habitat convenable inoccupé par l’espèce dans son aire de répartition en Ontario. Il est donc recommandé que l’aire décrite à titre d’habitat soit en vertu de la LEVD suffisamment flexible pour permettre des sites de réintroduction de l’espèce, là où cela est faisable, si la réintroduction était jugée nécessaire ou bénéfique à son rétablissement.
Comme la camassie faux-scille est parfois cultivée, il est recommandé d’en exclure les populations horticoles du règlement sur l’habitat.
Glossaire
Anthropique : Causé ou produit par les activités humaines.
Comité de détermination du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO) : Comité chargé de l’évaluation et de la classification des espèces en péril en Ontario en vertu de l’article 3 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) : Comité chargé de l’évaluation et de la classification des espèces en péril au Canada.
Cote de conservation : Cote assignée à une espèce ou à une communauté écologique qui indique le degré de rareté de l’espèce ou de la communauté à l’échelle mondiale (G pour Global), nationale (N) ou provinciale (S pour Subnational). Ces cotes (G, N et S) ne sont pas des désignations légales. La cote attribuée à une espèce ou à un écosystème est désignée par un chiffre variant de 1 à 5 précédé de la lettre G, N ou S, qui indique la portée géographique de l’évaluation. Voici la signification des chiffres :
1 = gravement en péril
2 = en péril
3 = vulnérable
4 = apparemment non en péril
5 = non en péril
Liste des espèces en péril en Ontario (LEPO) : Règlement, passé en vertu de l’article 7 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition, qui établit les statuts de conservation officiels des espèces en péril en Ontario. Cette liste a d’abord été publiée en 2004 à titre de politique, puis est devenue un règlement en 2008.
Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) : Loi provinciale qui protège les espèces en péril de l’Ontario.
Loi sur les espèces en péril (LEP) : Loi fédérale qui protège les espèces en péril au Canada. L’annexe 1 de la Loi constitue la liste légale des espèces sauvages en péril visées par les dispositions de la LEP. Les annexes 2 et 3 contiennent des listes des espèces dont la situation devait être réévaluée au moment de l’entrée en vigueur de la Loi. Une fois que leur situation a été réévaluée et qu’elles ont été déclarées en péril, ces espèces font l’objet du processus d’inscription prévu par la LEP menant à leur inclusion à l’annexe 1.
Occurrence : Zone terrestre ou aquatique dans laquelle une espèce vit ou vivait et qui a une valeur pratique en matière de conservation.
Propagule : Toute matière végétale utilisée pour la multiplication de végétaux. En reproduction asexuée, une propagule peut consister en une bouture ligneuse ou semi-ligneuse, en une feuille ou en une autre partie d’une plante. En reproduction sexuée, une propagule est une graine ou une spore.
Symbiotique : Se dit d’une étroite association prolongée entre deux ou plusieurs organismes différents qui est souvent, mais pas nécessairement bénéfique pour chacun d’eux.
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USDA (United States Department of Agriculture). 2012. Plants Profile: Camassia scilloides (en anglais seulement).
USFWS (United States Fish and Wildlife Service). 2012. The Migratory Bird Program – Conserving America’s Birds. (consulté en février 2012) (en anglais seulement).
WDNR (Wisconsin Department of Natural Resources). 2006. http://www.dnr.state.wi.us/org/land/er/factsheets/plants/Hyacin.htm
Waldron, G. 2012. Communication personnelle avec J. Ambrose, mars 2012. Écologiste-conseil, Essex (Ontario).
Woodliffe, P.A. 2009, 2011. Communications personnelles avec J. Jalava, février et mars 2009, et commentaires sur une ébauche du présent rapport en 2011. District Ecologist, OMNR Aylmer District, Chatham Area Office, Chatham, Ontario.
Membres de l’équipe d’élaboration du programme de rétablissement
Les versions antérieures du présent programme de rétablissement ont été rédigées par Jarmo Jalava en 2007 et en 2009, avec l’aide des membres suivants de l’équipe de rétablissement :
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| Roxanne St. Martin (coprésidente) | Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario |
| Michelle Kanter (coprésidente) | Carolinian Canada Coalition |
| John Ambrose | Botaniste‑conseil |
| Dawn Bazely | York University |
| Jane Bowles | University of Western Ontario |
| Barb Boysen | Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario |
| Dawn Burke | Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario |
| Peter Carson | Consultant privé, Ontario Nature |
| Ken Elliott | Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario |
| Mary Gartshore | Consultante privée |
| Ron Gould | Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario |
| Karen Hartley | Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario |
| Steve Hounsell | Ontario Power Generation |
| Donald Kirk | Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario |
| Daniel Kraus | Conservation de la nature Canada |
| Nikki May | Carolinian Canada Coalition |
| Gordon Nelson | Carolinian Canada Coalition et University of Waterloo |
| Michael Oldham | Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario |
| Bernie Solymar | Consultant privé |
| Tara Tchir | Office de la protection de la nature de la haute rivière Thames |
| Allen Woodliffe | Anciennement du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario |
Annexe 1. Éléments à considérer pour le suivi de la camassie faux-scille
Les mesures de la réussite des activités de rétablissement feront partie intégrante du programme de suivi régulier. Les mesures comprendront les tendances à long terme de la taille et le nombre des sites existants (zone d’occupation et zone d’occurrence), la qualité du site (mesurée au moyen d’un indice de qualité de l’habitat) ainsi que les tendances et projections de la population déterminées au moyen de dénombrements réguliers de la population. Un système de cotation devrait être élaboré pour permettre des comparaisons quantitatives entre les populations de camassies faux-scilles et les facteurs qui ont des incidences sur la qualité et l’étendue des boisés occupés par l’espèce.
Le suivi pourra être entrepris à divers niveaux d’intensité selon le niveau des menaces ainsi que la taille et la qualité de chaque site. Les critères suivants se fondent en partie sur les méthodes de suivi recommandées par Bickerton (2003) et NatureServe (2006) :
- Un suivi d’intensité moindre pourra être effectué chaque année ou aux deux ans par des bénévoles ou des propriétaires fonciers. Les mesures de rendement comprendront la présence ou l’absence de la camassie faux-scille, un dénombrement approximatif de la population, une évaluation numérique grossière des menaces et une évaluation qualitative des changements dans la qualité de l’habitat et les menaces
- Un suivi plus intense consistera à effectuer le suivi des tendances des populations de camassies faux-scilles en fonction des stades du cycle vital, de l’établissement des semis, de la mortalité et d’autres facteurs. Un suivi intense sera envisagé pour les sites essentiels sur lesquels pèsent des menaces de niveau élevé, les sites pour lesquels il existe du personnel qualifié pour effectuer un suivi annuel et tout site de réintroduction de l’espèce. On devrait effectuer le suivi des populations pour en évaluer la stabilité, déterminer le recrutement et documenter la longévité des individus, leur taux de reproduction annuel ainsi que la nature et l’ampleur des impacts des diverses menaces (p. ex. colonies de cormorans et espèces envahissantes) sur les populations
Partie 3 – Camassie faux-scille – Déclaration du gouvernement en réponse au programme de rétablissement, préparée par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
La camassie faux-scille est une plante vivace qui pousse jusqu'à une hauteur de 70 cm et qui peut soutenir jusqu'à 100 fleurs en forme d'étoile bleues pâle à blanches. Elle pousse à l'ombre partielle sans les boisés humides, ouverts ou semi-ouverts ou dans les broussailles d'aubépines plus sèches. Les bulbes de camassie faux-scille sont comestibles et constituaient une plante alimentaire de base des peuples autochtones de l'Amérique du Nord.
La protection et le rétablissement des espèces en péril en Ontario
Le rétablissement des espèces en péril est un volet clé de la protection de la biodiversité en Ontario. La biodiversité – la diversité des organismes vivants sur la Terre – nous fournit de l'air et de l'eau propres, de la nourriture, des fibres, des médicaments et d'autres ressources dont nous avons besoin pour survivre.
La Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) représente l'engagement juridique du gouvernement de l'Ontario envers la protection et le rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats. Dès qu'une espèce est désignée comme disparue de l'Ontario, en voie de disparition ou menacée aux termes de la LEVD, elle est automatiquement protégée contre toute forme de harcèlement. En outre, dès qu'une espèce est désignée comme en voie de disparition ou menacée, son habitat est protégé contre les dommages et la destruction.
Aux termes de la LEVD, le ministère des Richesses naturelles (le ministère) doit veiller à ce qu'un programme de rétablissement soit élaboré pour chaque espèce inscrite à la liste des espèces en voie de disparition ou menacées. Un programme de rétablissement offre des conseils scientifiques au gouvernement à l'égard de ce qui est nécessaire pour réaliser le rétablissement d'une espèce.
Déclarations du gouvernement en réponse aux programmes de rétablissement
Dans les neuf mois qui suivent l'élaboration d'un programme de rétablissement, la LEVD exige que le ministère publie une déclaration qui résume les mesures que le gouvernement de l'Ontario prévoit prendre en réponse au programme de rétablissement et ses priorités à cet égard. Le programme de rétablissement pour la camassie faux-scille (Camassia scilloides) a été achevé le 11 janvier 2013 Camassie faux-scille
Cette déclaration est la réponse du gouvernement de l'Ontario aux conseils scientifiques fournis dans le programme de rétablissement. En plus de se fonder sur les renseignements fournis dans le programme de rétablissement, elle tient compte des commentaires reçus de la part de parties intéressées, d'autres territoires de compétence, des collectivités autochtones et du public. Cette déclaration reflète les meilleures connaissances traditionnelles, locales et scientifiques auxquelles on peut accéder en ce moment; elle pourrait être modifiée si de nouveaux renseignements deviennent accessibles. En mettant en œuvre les mesures prévues à la présente déclaration, la LEVD permet au ministère de déterminer ce qu'il est possible de réaliser, compte tenu des facteurs sociaux et économiques.
Démarches futures pour protéger et rétablir la camassie faux-scille
La camassie faux-scille est inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition de la LEVD. Aux termes de la LEVD, il est interdit d'endommager ou de perturber cette espèce, et d'endommager ou de détruire son habitat, à moins d'y avoir été autorisé. Une telle autorisation exigerait que des conditions établies par le ministère soient respectées.
La camassie faux-scille pousse naturellement dans le sud des États-Unis de la Caroline du Sud jusqu'au Texas et vers le nord jusqu'au sud du Michigan et au nord-est du Wisconsin. En Ontario, on la trouve seulement sur des îles de l'ouest du lac Érié. On la trouve principalement dans son aire de répartition principale dans le bassin hydrographique du Mississippi, mais son statut de conservation est préoccupant dans tous les territoires où elle a été classée. On ignore si la camassie faux-scille a déjà été plus commune en Ontario ou quels facteurs (comme le climat ou une incapacité de s'étendre jusqu'à la terre ferme) ont fait en sorte que l'espèce ne s'est pas propagée à l'extérieur de son aire restreinte. Il est aussi possible qu'à l'origine, l'espèce ait été introduite par les peuples autochtones qui l'utilisaient comme nourriture.
L'une des principales menaces pour le rétablissement de la camassie faux-scille en Ontario est la très grande abondance du cormoran à aigrettes (Phalocrocorax auritus), dont les nombreuses colonies reproductrices sur les îles du lac Érié détruisent la végétation. Parmi les autres menaces importantes, il y a le broutage et le piétinement par la bernache du Canada (Branta canadensis), la perte d'habitat en raison du développement et les espèces envahissantes comme l'alliaire officinale (Alliaria petiolata). Dans le sud de l'Ontario, on croit, en se fondant sur les recensements faits en 2001, que cinq des populations restantes ont une bonne viabilité. Deux populations de camassie faux-scille historiques et une sous-population ont été détruites à la suite d'aménagement foncier et deux autres situées sur les îles East Sister et Middle Sister peuvent avoir disparu en raison de l'impact des cormorans. La surveillance de l'impact des cormorans se poursuit dans le parc provincial East Sister Island pour déterminer si des mesures de gestion sont réalisables ou appropriées. La gestion des cormorans par Parcs Canada à l'un des cinq sites existants, sur l'île Middle, a eu comme résultat une augmentation des nombres de camassie faux-scille. La gestion continue du cormoran est probablement nécessaire pour en arriver à ces résultats. Sans traiter des menaces que représentent les cormorans, il est peu probable que la population de camassie faux-scille puisse être rétablie dans les sites des îles East Sister et Middle Sister, où l'impact des cormorans est le plus important. Si des conditions d'habitat adéquates peuvent être rétablies à des emplacements historiques à l'avenir, l'objectif gouvernemental pourrait être réévalué.
L'objectif du gouvernement pour le rétablissement de la camassie faux-scille est de maintenir des populations autonomes à tous les sites existants et, lorsque la recolonisation est réalisable, remettre en état l'habitat dégradé aux emplacements historiques.
La protection et le rétablissement des espèces en péril sont une responsabilité partagée. Aucune agence ni aucun organisme n'a toutes les connaissances, l'autorité ni les ressources financières pour protéger et rétablir toutes les espèces en péril de l'Ontario. Le succès sur le plan du rétablissement exige une coopération intergouvernementale et la participation de nombreuses personnes, organismes et collectivités.
En élaborant la présente déclaration, le ministère a tenu compte des démarches qu'il pourrait entreprendre directement et de celles qu'il pourrait confier à ses partenaires en conservation, tout en leur offrant son appui.
Mesures menées par le gouvernement
Afin de protéger et de rétablir la camassie faux-scille, le gouvernement entreprendra directement les mesures suivantes :
- Continuer de surveiller l'impact des cormorans à aigrette dans le parc provincial East Sister Island pour déterminer si la restauration de l'habitat et la réintroduction de la camassie faux-scille dans l'habitat qu'elle occupait auparavant sont réalisables
- Renseigner les autres organismes et autorités qui prennent part aux processus de planification et d'évaluation environnementales quant aux exigences de protection prévues à la LEVD
- Encourager la soumission de données sur la camassie faux-scille à l'entrepôt de données du ministère des Richesses naturelles au Centre d'information sur le patrimoine naturel
- Entreprendre des activités de communication et de diffusion afin d'augmenter la sensibilisation de la population quant aux espèces en péril en Ontario
- Protéger la camassie faux-scille et son habitat par l'entremise de la LEVD
- Appuyer les partenaires en conservation, et les organismes, municipalités et industries partenaires et les collectivités autochtones, pour qu'ils entreprennent des activités visant à protéger et rétablir la camassie faux-scille. Ce soutien prendra la forme de financement, d'ententes, de permis (assortis de conditions) et de services consultatifs
- Établir et communiquer des mesures prioritaires annuelles pour l'appui gouvernemental afin d'encourager la collaboration et réduire le chevauchement des travaux
Mesures appuyées par le gouvernement
Le gouvernement appuie les mesures suivantes qu'il juge comme étant nécessaires à la protection et au rétablissement de la camassie faux-scille. On accordera la priorité aux mesures portant la mention « hautement prioritaire » en ce qui concerne le financement ou les autorisations aux termes de la LEVD. Le gouvernement ciblera son appui sur ces mesures hautement prioritaires au cours des cinq prochaines années.
Secteurs d'intervention
protection et gestion
Objectif :
Protéger et améliorer l'habitat de la camassie faux-scille existant et corriger les menaces principales.
Mesures :
1. (Hautement Prioritaire) Concevoir et mettre en œuvre des pratiques de gestion optimales pour maintenir ou améliorer l'habitat de la camassie faux-scille en supprimant les espèces envahissantes, en maintenant des conditions forestières semi-ouvertes pendant la floraison et en empêchant le piétinement par inadvertance.
2. Cibler et protéger les sites clés par l'entremise d'achat de terres conjointement avec les initiatives et les partenaires existants.
Secteurs d'intervention
surveillance et recherche
Objectif :
Accroître les connaissances sur les tendances au sein des populations, la biologie, l'habitat de la camassie faux-scille et les menaces qui pèsent sur l'espèce.
Mesures :
3. (Hautement Prioritaire) Concevoir et mettre en œuvre un programme de surveillance normalisé pour la camassie faux-scille pour documenter la taille et la dynamique de ses populations et son succès de reproduction, caractériser son habitat et évaluer ses menaces.
4. Faire des recherches sur les conditions pour le succès de l'établissement de la camassie faux-scille, y compris la pollinisation et les mécanismes et distances de dissémination.
5. Entreprendre des recherches sur la viabilité de la population de camassie faux-scille qui tiendront compte de sa biologie reproductive, de sa dispersion et ses conditions pour son établissement.
Secteurs d'intervention
sensibilisation
Objectif
Éduquer les groupes locaux pour promouvoir la protection de la camassie faux- scille.
Mesures
6. Mettre au point du matériel éducatif et de sensibilisation sur la sensibilité de la camassie faux-scille à la cueillette par inadvertance, le piétinement et le croisement avec les variétés de jacinthe horticole et distribuer ce matériel aux organismes d'intendance locaux, aux clubs horticoles et aux pépinières de plantes indigènes.
7. Travailler en collaboration avec les Premières Nations pour intégrer le savoir traditionnel autochtone aux initiatives de sensibilisation, lorsque cela est possible.
8. Travailler en collaboration avec les groupes et les initiatives de conservation des îles du lac Érié pour coordonner la mise en œuvre stratégique des mesures avec les travaux de rétablissement des écosystèmes de plus grande envergure.
Mise en œuvre des mesures
Le soutien financier pour la mise en œuvre des mesures de rétablissement approuvées pourrait être fourni par l'entremise du Fonds d'intendance des espèces en péril, ou du Programme d'encouragement des exploitants agricoles à la protection des espèces en péril. On encourage les partenaires en conservation à discuter de leurs propositions de projets liés à la présente déclaration avec le ministère des Richesses naturelles. Le ministère peut aussi conseiller ses partenaires à l'égard des autorisations exigées aux termes de la LEVD afin d'entreprendre le projet.
La mise en œuvre des mesures pourra être modifiée si les priorités touchant l'ensemble des espèces en péril changent selon les ressources disponibles et la capacité des partenaires à entreprendre des activités de rétablissement. La mise en œuvre des mesures visant plusieurs espèces sera coordonnée partout là où les déclarations du gouvernement en réponse au programme de rétablissement l'exigent.
Évaluation des progrès
Aux termes de la LEVD, le gouvernement doit évaluer l'efficacité des mesures de protection et de rétablissement visant une espèce au plus tard cinq ans après la publication de la présente déclaration en réponse au programme de rétablissement. Cette évaluation permettra de déterminer si des rectifications sont nécessaires pour en arriver à protéger et à rétablir l'espèce.
Remerciements
Nous tenons à remercier tous ceux et celles qui ont pris part à l'élaboration du Programme de rétablissement de la camassie faux-scille (Camassia scilloides) en Ontario pour leur dévouement en ce qui a trait à la protection et au rétablissement des espèces en péril.
Renseignements supplémentaires :
Consultez le site Web des espèces en péril
Communiquez avec votre bureau de district du MRN
Communiquez avec le Centre d'information sur les ressources naturelles
Tél. : 1 800 667-1940
ATS : 1 866 686-6072
Courriel : mnr.nric.mnr@ontario.ca
site Webcc : Ministère des Richesses naturelles et des Forêts